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Foi - Page 190

  • "Quand la mer se retire" ou la tragédie de l'Eglise au XXIe siècle

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    Du site de Renaissance Catholique :

    Quand la mer se retire, La tragédie de l’Eglise au XXIème siècle

    C’est à une relecture des presque vingt années passées sous les pontificats des papes Benoît XVI et François que nous convient les textes ici rassemblés. Ils constituent un témoignage sur une parcelle de l’histoire de l’Eglise et de la France non par nostalgie mais par volonté de ne pas oublier, de tirer les enseignements d’un passé encore tout proche et de mieux comprendre l’enchaînement des faits et des idées. Nous avons suivi la trame chronologique avec, cependant, le souci de ne pas en rester à l’écume des choses et la volonté d’appréhender les véritables causes des événements, les repositionnant dans l’histoire longue et le flux des idées qui mènent le monde. 

    Le catholicisme contemporain est confronté à un double défi. D’une part l’Eglise catholique dont la vocation était de persister à indiquer le Nord semble s’interroger sur son identité et sa mission. Des croyances et des pratiques bi millénaires sont remises en cause entraînant une grande confusion. De cette instabilité découlent la chute continue de la pratique religieuse, l’effondrement des vocations sacerdotales et religieuses, un relativisme doctrinal généralisé, des innovations liturgiques débridées, etc. D’autre part, l’Eglise, en particulier en Occident, doit faire face à une sécularisation massive, les législations et la vie quotidienne s’éloignant chaque jour plus de l’enseignement évangélique et du simple respect de la loi naturelle.

    Ce coup d’œil politico-religieux, œuvre d’un simple laïc de la piétaille catholique, espère être une contribution à la réflexion sur l’analyse des maux qui accablent l’Eglise et la France. Il propose également des pistes de résistance et des axes de renouveau.

    L’auteur 

    Ancien élève de l’Ecole navale et ancien président du MJCF (Mouvement de la Jeunesse Catholique de France) Jean-Pierre Maugendre est Directeur général de Renaissance catholique. Il anime sur TV Libertés une émission d’information religieuse Terres de Mission et collabore régulièrement au Club des Hommes en noir sur la chaîne de l’Homme nouveau.

  • La réforme liturgique de 1969: le témoignage inédit de Louis Bouyer

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    De "Signo" sur le Forum Catholique :

    La galaxie traditionaliste, pour critiquer la révolution liturgique de 1969, n'a pas énormément renouvelé ses références, qui demeurent, pour l'essentiel, le fameux Bref examen critique des cardinaux Ottaviani et Bacci, le témoignage de Mgr Lefebvre, ainsi que les ouvrages de l'abbé Barthe. Ces angles d'analyses ont, à mon sens, tendance à tourner un peu en rond. Le Bref examen quand à lui me paraît un texte aujourd'hui daté et même contestable sur certaines de ses affirmations.

    Il existe pourtant un témoignage plus direct qui à mon avis mériterait d'être plus largement connu et diffusé. Il s'agit de celui de Louis Bouyer, ancien pasteur protestant devenu prêtre catholique, liturgiste et théologien de confiance de Paul VI. Il possède comme caractéristique, outre celle d'avoir été le directeur de thèse d'Hans Kung, celle d'avoir été nommé comme membre de la commission chargée de la conception de la réforme de 1969, sous la supervision de Bugnini qu'il a cotoyé de près et qu'il a donc connu personnellement. Son témoignage est d'autant plus intéressant que, loin d'être lefebvriste, il s'est montré un critique acerbe du traditionalisme catholique, notamment dans son pamphlet La décomposition du catholicisme, paru en 1968.

    Or il s'avère que dans ses Mémoires, parues à titre posthume en 2014 aux éditions du Cerf, il dresse dans de nombreux passages ce qui constitue une critique d'une rare virulence des dérives du mouvement liturgique tardif, mais aussi de la réforme liturgique elle-même.

    Démentant la réputation qu'on lui a faite d'être un maniaque des nouveautés en liturgie, il écrit, page 147:

    Je dois ajouter d'ailleurs que ceux qui ne sont pas dupes de cette réputation, ne m'en tenant pas moins pour un liturgiste, au sens où ils l'entendent, verront aussi bien en moi, particulièrement mais pas seulement chez les disciples de Mgr Lefebvre, un des premiers responsables des misérables chienlits qu'on décore aujourd'hui du nom de «nouvelle liturgie», et contre lesquels j'ai été en fait un des premiers à m'élever, parfaitement en vain, bien entendu!

    Témoignant toujours de ce qu'était devenu le mouvement liturgique à la fin des années 1950, il ajoute page 150:

    Il était donc déjà bien clair que la majorité des prêtres s'intéressant au nouveau mouvement [liturgique] n'y venaient nullement dans la perspective de rendre à la liturgie traditionnelle toute sa signification obscurcie, toute sa réalité de vie, mais de lui substituer peu à peu une autre liturgie, ou, comme on disait alors, une «paraliturgie», plus conforme aux goûts, aux habitudes d'esprit de ce que les braves gens appelaient l'«homme d'aujourd'hui», mais qui représentait surtout un homo clericalis plus ou moins coupé de ses propres sources, bien avant que ce qu'on appellerait l'«ouverture au monde» eût été opposée à la conversion à l'Evangile.

    Mais le témoignage le plus intéressant porte sur les conditions d'élaboration de la réforme liturgique elle-même, à laquelle le théologien a directement participé, sur demande expresse de Paul VI, comme membre du consilium chargé de la réforme des livres liturgiques. C'est un démontage en règle, probablement la critique la plus virulente de la réforme que j'ai eu l'occasion de lire, d'autant plus intéressante qu'elle provient de l'intérieur du cénacle qui l'a conçue. Le portrait qui y est fait de Bugnini et de son rôle est saisissant, et confirme les impressions qu'avait eu Mgr Lefebvre en côtoyant ce bien étrange personnage. Ainsi, parlant des membres de la commission, page 198:

    Dans d'autres conditions, ils auraient pu accomplir un excellent travail. Malheureusement, d'une part, une fatale erreur de jugement plaça la direction théorique de ce comité entre les mains d'un homme généreux et courageux, mais peu instruit, le cardinal Lercaro. Il fut complètement incapable de résister aux manoeuvres du scélérat doucereux qui ne tarda pas à se révéler en la personne du lazariste napolitain, aussi dépourvu de culture que de simple honnêteté, qu'était Bugnini.

    Plus loin:

    Le pire fut un invraisemblable offertoire, de style Action catholique sentimentalo-ouvriériste, oeuvre de l'abbé Cellier, qui manipula par des arguments à sa portée le méprisable Bugnini, de manière à faire passer son produit en dépit d'une opposition presque unanime.

    Et le reste du texte est du même acabit. Bouyer ne mâche pas ses mots. Qualifiée de «réforme à la sauvette», d'«invraisemblable composition», de «messe bâclée», par des «fanatiques archéologisant à tort et à travers», la réforme ne trouve guère de vertu à ses yeux. La narration des circonstances de rédaction de la deuxième prière eucharistique, terminée à la sauvette sur la table d'une terrasse du Trastevere juste avant de rendre la copie, est particulièrement consternante. La mention de la réforme du calendrier vaut la peine d'être intégralement citée:

    Je préfère ne rien dire ou si peu que rien du nouveau calendrier, oeuvre d'un trio de maniaques, supprimant sans aucun motif sérieux la Septuagésime et l'octave de Pentecôte, et balançant les trois quarts des saints n'importe où, en fonction d'idées à eux! [...] Après tout cela, il ne faut pas trop s'étonner si, par ses invraisemblables faiblesses, l'avorton que nous produisîmes devait susciter la risée ou l'indignation... au point de faire oublier nombre d'éléments excellents qu'il n'en charrie pas moins, et qu'il serait dommage que la révision qui s'imposera tôt ou tard ne sauvât pas au moins, comme des perles égarées...

    Puis vient le récit détaillé de la manière dont Bugnini (à propos duquel Bouyer évoque de mystérieux «commanditaires»... sans en dire plus) a manipulé et la commission et le pape en s'appuyant sur l'un contre l'autre, et inversement, pour faire passer des réformes objectivement indéfendables. Un dernier passage mérite d'être cité, car il montre le rôle qu'a joué la papolâtrie dans cette lamentable histoire:

    A différentes reprises, soit à propos du sabordage de la liturgie des défunts, soit encore dans cette incroyable entreprise d'expurger les psaumes en vue de leur utilisation dans l'Office, Bugnini se heurta à une opposition non seulement massive, mais on peut dire à peu près unanime. Dans de tels cas, il n'hésita pas à nous dire: «Mais le pape le veut!...». Après cela, bien sûr, il ne fut plus question de discuter.

    Je ne peux que conseiller à tous ceux que le sujet intéresse de se procurer et lire cet ouvrage qui vient compléter de manière plus qu'instructive ce que l'on savait déjà sur cette bien étrange réforme...

  • Don Prosper Guéranger et le travail de restauration de la liturgie au XIX° s, par le Dr Denis Crouan

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    https://youtu.be/ygHXuilClFc  

    L’histoire de la liturgie à l’époque contemporaine est centrée pour l’Eglise latine autour du rôle de Don Prosper Guéranger (1805-1875). Lorsqu’il a rétabli la vie bénédictine en France, la liturgie était en déliquescence, chaque diocèse ayant un Missel différent. Il a confié aux moines de Solesmes, à la demande du Vatican, une mission d’étude pour retrouver dans les bibliothèques et interpréter la liturgie romaine originelle ainsi que le chant grégorien. Ces travaux ont abouti à la publication au début du XXe siècle d’un Missel Romain unifié.

    Pour accéder à la totalité de la playlist :

    Institut Docteur Angélique

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch.
    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin.

    Denis Crouan, denis.crouan@wanadoo.fr; 2022-2024

  • Mgr Athanasius Schneider : la conscience de l'Église

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    De sur Crisis Magazine :

    Mgr Athanasius Schneider : La conscience de l'Église

    Une grande partie de ce à quoi l’évêque Schneider se sent obligé de répondre (et ce à quoi l’Église devrait répondre) est une « maladie » qui divise le monde dans sa lutte avec lui-même et avec Dieu.

    Né au Kirghizistan sous la répression soviétique, de parents catholiques très pratiquants, le futur évêque auxiliaire Athanasius Schneider a été élevé essentiellement dans la clandestinité catholique. Ses parents, qui avaient été prisonniers du goulag, parcouraient souvent des dizaines de kilomètres à la faveur de la nuit pour assister à la messe. S'ils avaient été capturés, les conséquences auraient été graves : goulag, perte de statut professionnel, voire pire.

    Lorsqu'il s'installe en Allemagne de l'Ouest dans les années 1970, lui et sa famille sont étonnés de voir les changements radicaux apportés par Vatican II, en particulier ceux apportés à la messe catholique, influencés par la révolution culturelle des années 60 et son sens diminué du sacré.

    L'évêque Schneider a observé que de nombreux enseignements du clergé de l'Église étaient plutôt ambigus et incertains. L'Église, suggère-t- il , a maintenant atteint le « point culminant » de ce qui a commencé dans les années 60 avec « l'ambiguïté » et constitue désormais un effort pour plaire au monde. 

    Dans de nombreux endroits, explique Schneider, le culte « est devenu une sorte de divertissement. Et ainsi, le centre est devenu l’homme. » Dieu a été marginalisé à la périphérie, et nous avons commencé à nous adorer nous-mêmes, ce qui « est la mort de tout véritable sens religieux. »

    La tâche qui nous attend aujourd’hui, affirme Schneider, est de « rétablir d’urgence dans l’Église catholique les formes de culte éprouvées, vieilles de plusieurs millénaires, qui étaient pratiquées avec amour et avec foi. » 

    D’abord et avant tout, l’auteur estime que la restauration de la messe tridentine devrait être l’effort prioritaire – comme règle plutôt que comme une exception « autorisée » à la messe selon le Novus Ordo.

    L'évêque conseille à ceux qui cherchent un catholicisme plus traditionnel de consulter les anciens catéchismes qui sont sans ambiguïté. L'évêque lui-même a écrit un catéchisme actualisé intitulé Credo, qui aborde les questions morales d'aujourd'hui ainsi que la manière de restaurer la société : la croyance juste, l'action morale juste, la prière et le culte.

    Il y a deux ans, le pape François s’exprimait lors du septième Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles à Nur-Sultan (Astana), au Kazakhstan, où réside l’évêque Schneider.

    Lors de la réunion, une déclaration du congrès a été publiée, reprenant presque mot pour mot le Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune , signé par le pape François et un éminent cheikh à Abou Dhabi en février 2019, qui stipule : « Le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, des sexes, des races et des langues sont voulus par Dieu dans sa sagesse, à travers laquelle il a créé les êtres humains », selon la version publiée par le Vatican.

    S'adressant à EWTN au Kazakhstan, l'évêque Schneider a déclaré que le congrès auquel participait le pape François risquait de donner l'impression d'un « supermarché des religions ».

    Tout en félicitant le congrès pour avoir promu « la compréhension, l’harmonie et la paix », Schneider a averti , selon le National Catholic Reporter, qu’« il existe également un danger que l’Église catholique n’apparaisse simplement comme l’une des nombreuses religions ».

    En octobre dernier, Sophia Institute Press a publié Credo : Compendium de la foi catholique de l'évêque Schneider. Cet ouvrage est le premier du genre rédigé par un évêque catholique depuis plus de 50 ans. Essentiellement un catéchisme pour laïcs, le texte vise à aider le lecteur à savoir ce qu'il doit croire, comment vivre et comment prier comme le Christ l'a enseigné.

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  • Ce que nous enseigne sainte Marguerite-Marie Alacoque

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    De Dawn Beutner sur le CWR :

    Plus qu'une image : Sur les autres leçons de sainte Marguerite-Marie Alacoque

    La religieuse et mystique française ne fut pas la première ni la seule catholique à promouvoir la dévotion au Sacré-Cœur, mais elle est certainement la plus célèbre.

    Détail d'un tableau du XIXe siècle représentant sainte Marguerite-Marie Alacoque. (Image : Wikipedia)
    Chaque statue, tableau, icône, médaille ou autre représentation de sainte Marguerite-Marie Alacoque comporte une représentation du Sacré-Cœur de Jésus. Ce n'est guère surprenant puisque ce sont en grande partie ses visions de Jésus-Christ qui ont fait que la dévotion au Sacré-Cœur s'est répandue dans le monde entier. Mais les révélations de cette religieuse française sont bien plus qu'une simple image. On pourrait dire que Dieu, par l'intermédiaire de Marguerite-Marie, a également fourni aux catholiques une arme de dévotion.

    Marguerite-Marie (1647-1690) est née dans une famille aisée de France, mais son père est décédé alors qu'elle n'avait que huit ans. Quelques années plus tard, elle est devenue alitée en raison d'une grave maladie. Elle a patiemment souffert pendant quatre ans, mais après avoir fait une promesse privée à Notre-Dame de devenir religieuse, elle a été instantanément guérie.

    À ce moment-là, sa famille était tombée dans la pauvreté. Un oncle cupide était devenu le tuteur des biens de son père, et il refusait d'utiliser ces fonds pour aider sa famille. Une sœur autoritaire prit le contrôle du foyer et força Marguerite et sa mère à devenir de simples servantes dans leur propre maison. Quelques années plus tard, les finances de la famille s'améliorèrent lorsqu'un frère fut en âge de se voir confier le contrôle légal des biens.

    L’ambiance familiale s’améliora également et Marguerite, âgée de dix-sept ans, fut encouragée par sa famille à se marier. Le mariage aurait été un moyen évident d’échapper à sa famille dysfonctionnelle et, pendant plusieurs années, elle aimait assister à des bals et à des événements sociaux. Mais, alors qu’elle revenait d’un bal un soir, elle eut une vision de notre Seigneur, couvert de sang et portant les marques de la Passion sur son corps. Il lui reprocha d’avoir oublié sa promesse d’entrer dans la vie religieuse et lui rappela son amour pour elle.

    Profondément émue, Marguerite entra bientôt au couvent de la Visitation à Paray-le-Monial, son frère fournissant la dot requise. Elle devint religieuse professe à l'âge de vingt-cinq ans.

    Marguerite-Marie était l’une de ces âmes enfantines qui apparaissent tout au long de l’histoire de l’Église, des femmes et des hommes qui sont pieux depuis leur enfance et qui promettent à Dieu qu’ils ne lui diront jamais non – et le pensent vraiment. C’est probablement pour cela que Jésus apparaissait à Marguerite depuis son enfance. Elle pensait simplement que cela arrivait à tout le monde. Le fait que Jésus lui soit apparu à plusieurs reprises après qu’elle soit devenue religieuse n’était pas si inhabituel. Ce qui était inhabituel, c’était le contenu de ses messages.

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  • Dieu ou rien ? La science moderne ne nous indique qu'une seule voie selon Michel-Yves Bolloré

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    De Philippe d'Avillez sur le Pillar :

    Dieu ou rien ? La science moderne ne nous indique qu'une seule voie, affirme un auteur français

    14 octobre 2024

    Michel-Yves Bolloré est le co-auteur de « Dieu : la science, la preuve », un nouveau livre qui vise à exposer les preuves scientifiques de l’existence de Dieu. 

    Dans un texte de près de 600 pages, lui et son co-auteur Olivier Bonassies expliquent comment des facteurs tels que la mort thermique et l'expansion de l'univers, ainsi que son réglage fin, donnent du poids à l'existence d'un créateur comme explication la plus rationnelle.

    L'avant-propos du livre est écrit par le prix Nobel et physicien Robert Wilson, et environ 30 autres scientifiques, issus de domaines variés, ont contribué à l'ouvrage, qui examine également brièvement les preuves historiques, philosophiques et morales de l'existence de Dieu, ainsi qu'un examen détaillé du miracle de Fatima. 

    Une traduction anglaise du livre est actuellement en cours de réalisation et devrait être publiée début 2025. 

    Le Pillar s'est entretenu avec Bolloré lors d'un voyage à Lisbonne, pour promouvoir le livre. 

    Le titre de votre livre est « Dieu : la science, la preuve », et le sous-titre est « L’aube d’une révolution ».
    Vous soutenez dans le livre que, contrairement à ce qui était attendu il y a environ 125 ans, la science actuelle semble soutenir massivement l’existence d’un Dieu créateur. 
    Pourriez-vous nous expliquer votre argumentation ?

    De la Renaissance jusqu’en 1900, de Copernic à Freud, toutes les découvertes semblaient dire qu’il était possible d’expliquer notre monde et l’univers sans un Dieu créateur. 

    Après Copernic, il y a eu Galilée, puis Newton, Laplace, puis Buffon – qui nous a dit que la Terre avait bien plus que quelques milliers d’années – et puis l’évolution, avec Lamarck et Darwin. 

    Et toutes ces découvertes nous ont appris que nous n'avons pas besoin d'un Dieu pour expliquer le fonctionnement du soleil, de la lune, de la mer, des montagnes ou de l'électricité. Tout cela n'est que la loi de l'univers. Les gens ont donc pensé que si Dieu n'était pas nécessaire pour expliquer le monde, alors Il n'était pas essentiel, et donc Il n'existait probablement pas. 

    Ensuite, il y a eu des intellectuels comme Karl Marx et Freud, qui ont dit que non seulement Dieu n’existe pas, mais que le fait que les gens continuent à penser qu’il existe détruit leur vie. Si les gens veulent être heureux, ils doivent se débarrasser non seulement de Dieu, mais aussi de l’idée de Dieu et de toute religion, car la religion est « l’opium du peuple ».

    Tous les intellectuels pensaient que plus nous en savons, plus nous avons de science, plus il est certain que « Dieu est mort » et n’existe pas du tout.

    Étonnamment, c’est exactement le contraire qui s’est produit. Après 1900, les découvertes se sont succédées et ont fait exactement le contraire : il n’est plus possible d’expliquer notre univers sans un Dieu créateur. 

    Et c'est une histoire que nous voulons raconter aux gens, que depuis quatre siècles les gens vous disent que la science dit que Dieu n'existe pas, et maintenant c'est le contraire, et la science fournit la preuve qu'il y a un Dieu créateur. 

    Nous tentons de décrire cette révolution intellectuelle en utilisant un langage simple.

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  • Qu'est-ce que l'Église synodale au sens catholique du terme ?

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    Du cardinal G. Müller sur kath.net/news :

    « Qu'est-ce que l'Église synodale au sens catholique du terme ? »

    « Souvent, II. Dans l'herméneutique néognostique et anticatholique, Vatican II est mal interprété comme s'il était le début d'une nouvelle ère d'une Église compatible avec les anthropologies woke-athées, qui se débarrasse élégamment de la croix du Christ ».

    15 octobre 2024

    Rome (kath.net) Pour la vision d'une Eglise synodale, on se réfère volontiers à la formule finale des sept épîtres de l'Apocalypse : « Entendez ce que le Seigneur dit aux Eglises » (Ap 2, 7.11.17.29 ; 3, 6.13.22). Il s'agit cependant d'une invitation à rester fidèle à Jésus-Christ, « qui est le même hier, aujourd'hui et à jamais » (He 13, 8). Les chrétiens ne doivent en aucun cas « se laisser égarer par diverses doctrines étrangères » (He 13, 9). Ils ne peuvent jamais aller au-delà de l'auto-révélation de Dieu en Jésus-Christ en direction d'une Église « moderniste ou progressiste », qui doit soi-disant rattraper les Lumières, mais qui ne fait que tomber dans son naturalisme (sans le Dieu de la révélation) et qui, en tant que religion civile, se soumet sans dignité à l'État absolu (dans le sens de Hobbes, Hegel et Marx).

    Dans une herméneutique néognostique et anticatholique, Vatican II est souvent mal interprété comme s'il était le début de la Nouvelle Ère d'une Église compatible avec les anthropologies woke-athéistes et qui, comme autrefois les abbés français de salon, se débarrasse élégamment de la croix du Christ. Du point de vue de la théologie de l'histoire, le royaume du Père et du Fils n'est en aucun cas suivi d'un royaume intramondain du Saint-Esprit au sens de Joachim de Fiore ou de Hegel.

    Le christianisme incarnationnel ne peut pas être surmonté par un christianisme spirituel montaniste ou exalté, sans dogme, sacrement et magistère apostolique. Nous ne pouvons pas non plus, à l'instar des anciens gnostiques, faire passer l'Église catholique à un stade supérieur de son existence historique et masquer cette trahison par la belle étiquette d'une Église synodale.

    La catholicité de l'Église est l'un de ses attributs essentiels, que nous confessons comme des vérités de la révélation. La synodalité signifie simplement, par analogie avec la collégialité des évêques lors des conciles œcuméniques et régionaux, un instrument et une méthode de coordination et de coopération des laïcs, des religieux et des clercs dans leur participation propre au ministère pastoral, enseignant et sacerdotal du Christ, chef de l'Église. En effet, l'Esprit Saint « prépare et dirige l'Église par les divers dons hiérarchiques et charismatiques et l'orne de ses fruits ». (Lumen gentium 4) Ce n'est pas nous qui donnons un avenir à l'Église par une réforme organisationnelle de ses structures. C'est plutôt l'Esprit du Père et du Fils qui, « par la puissance de l'Évangile, permet à l'Église de rajeunir sans cesse pour la conduire à l'union parfaite avec son Époux ». (Lumen gentium 4).

    Mais, de même que la quadrature du cercle est contraire aux principes de la géométrie, de même, dans l'ecclésiologie catholique, une combinaison du concept protestant de synodalité, qui repose sur la négation de l'ordo sacramentel institué par le Christ dans l'Église et de la constitution épiscopale de l'Église de droit divin, avec le concept catholique de synode et de synodalité est par principe vouée à l'échec.

    Dans son ouvrage « An Essay on Development of Christian Doctrine » (1845), John Henry Newman a démontré, en se référant à l'Église des Pères, que l'anglicanisme, en tant que voie médiane (via media) entre les conceptions protestante et catholique, a échoué et ne constitue pas une option pour l'œcuménisme catholique.

    Dans Lumen gentium 10, Vatican II indique une autre voie. L'unité dans l'action et la diversité dans la mission des laïcs en raison du baptême et des évêques et prêtres en raison du sacrement de l'ordre s'enracinent dans la participation à l'unique sacerdoce du Christ. Il est la tête du corps, représenté dans ses membres par tous les baptisés et spécifiquement comme tête par les évêques et les presbytres.

    La constitution sacramentelle de l'Église est fondée sur son unité de vie avec le Christ et ne doit en aucun cas être confondue ou mélangée avec les constitutions des communautés politiques. La notion grecque de constitution hiérarchique de l'Église, qui chez le pseudo-Denis l'Aréopagite (De ecclesiastica hierarchia) inclut également les charismes des fidèles, ne signifie rien d'autre dans la langue latine de l'Église que la sacramentalité de l'Église. Elle n'a rien à voir avec une forme sociologique de domination « du haut vers le bas », qui pourrait ou devrait être remplacée en temps de démocratie par une domination « du bas vers le haut ».

    Ce serait un péché contre l'Esprit Saint de l'unité de l'Église dans la vérité révélée que d'impliquer les porteurs de la mission globale de l'Église dans l'apostolat des laïcs, la vie consacrée des religieux et l'épiscopat dans une lutte pour le pouvoir au sens politique du terme, au lieu de comprendre que l'Esprit Saint guide leur coopération symphonique pour que tous convergent vers l'unité en Christ.

    En réalité, tous doivent se surpasser dans le service de l'édification du royaume de Dieu.

    Conclusion théologique :

    La synodalité au sens catholique n'est donc pas la construction d'une Église post-catholique ou sa transformation en une ONG conforme à l'idéologie woke, mais désigne la coopération, guidée par l'Esprit Saint, de tous les laïcs, religieux, diacres, prêtres, évêques, sous la direction du successeur de Pierre (Lumen gentium 23), afin que sur le visage de l'Église du Dieu trinitaire resplendisse Jésus-Christ comme la lumière des nations, « annonçant l'Évangile à toute créature ». (Lumen gentium 1).

  • Ce que l'Occident doit à l'Église

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    Du site des Librairies Indépendantes :

  • Que rien ne te trouble

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    " Que rien ne te trouble, ô mon âme,
      Que rien ne t'épouvante,
      Tout passe,
      Dieu ne change pas.
      La patience triomphe de tout.
      Celui qui possède Dieu,
      Ne manque de rien.
      Dieu seul suffit."

    Thérèse d'Avila (Musique de J. Berthier - chanté par la communauté de Taizé)

  • A Notre-Dame de Beauraing (J.-P. Snyers)

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    A Notre-Dame de Beauraing
     
    Debout à leurs côtés
    des badauds  s'interrogent:
    "Vous voyez quelque chose"?
    Mais toute voix  se lézarde
    si près de l'infini.
    Comment pourrait-on voir
    quand on vit de raisons
    et de ses habitudes?
    A des années-lumières
    de nos coeurs lents à croire,
    ils sont là tous les cinq
    buvant à une source qui jamais ne tarit.
    Combien donneraient-ils
    pour que durent ces instants?
    Combien, je ne sais pas.
    Lentement cependant
    la nuit prend le dessus.
    Mais elle est claire la nuit
    quand elle porte en son sein
    le souvenir d'une rencontre...
    Dans le ciel de Beauraing
    Marie, Mère de l'espoir,
    j'ai vu ton doux visage
    se pencher dans ma nuit.
    Dans ton coeur sI fragile
    que j'en tressaille encore,
    j'ai déposé ma vie.
     
    Jean-Pierre Snyers

  • « Pour moi, vivre c’est le Christ » : Mgr Jean-Pierre Cattenoz nous livre son témoignage de vie et de foi 

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    De Yohan Picquart sur zenit.org :

    Pour moi, vivre c'est le Christ ! - 1

    « Pour moi, vivre c’est le Christ » : Mgr Jean-Pierre Cattenoz nous livre son témoignage de vie et de foi 

    Un message d’espérance et de foi vivante

    14 octobre 2024

    Dans son ouvrage « Pour moi, vivre c’est le Christ », récemment publié aux éditions Parole et Silence, Monseigneur Jean-Pierre Cattenoz se confie, sous forme d’entretiens, sur son parcours de vie et de foi.

    Avec émotion et profondeur, il relate comment la Providence l’a conduit tout au long de son existence et nous partage ses réflexions sur l’évolution du monde et de l’Eglise.

    Dieu écrit droit avec des lignes courbes

    Le livre s’ouvre sur les sources de sa vocation sacerdotale, laquelle trouve ses racines dans une famille profondément chrétienne et un environnement où la foi catholique imprègne le quotidien. Au fil des pages, les lecteurs sont transportés à travers ses souvenirs marquants, notamment ses années passées au noviciat de Notre-Dame de Grâce de Bricquebec, qui lui permirent de découvrir aussi bien la richesse que les exigences de la vie monastique cistercienne.

    Un des moments les plus marquants des entretiens est le récit de ses missions en Afrique, où il s’engage comme coopérant dans un séminaire au Burkina Faso. Dans un contexte de pauvreté radicale où les infrastructures sont presque inexistantes, il est enseignant auprès de jeunes séminaristes et tisse des relations profondes avec les populations locales, impressionné par leur joie de vivre et leur foi. Il évoque aussi la richesse de l’oralité africaine et la coexistence entre les religions traditionnelles, le christianisme et l’islam. Il reviendra dans le pays par la suite, cette fois parmi le peuple Peuhl, partageant leur vie de berger tout en menant une existence contemplative centrée sur l’eucharistie.

    Vient ensuite son engagement auprès des Petits Frères de Foucauld, témoignage de sa volonté de vivre la simplicité, le service et la fraternité parmi les plus pauvres. Là, il put pleinement « rejoindre les périphéries », pour reprendre une expression qui sera si chère, bien des années plus tard, au pape François.

    Au sein de Notre-Dame de Vie, qu’il intégra peu avant son ordination sacerdotale, il se plongera dans une profonde spiritualité fondée sur l’oraison et l’intimité avec Dieu. Au terme de deux années de noviciat, il y prononcera ses vœux dans une paix profonde, convaincu d’avoir trouvé une plénitude spirituelle. Il continuera ensuite à se consacrer à la formation théologique et à l’accompagnement spirituel, tout en assurant, avec fidélité, un ministère pastoral fécond.

    Vient enfin le ministère qui l’a fait le mieux connaître : l’épiscopat d’Avignon, dont il reçut la charge en 2002. Au cœur d’une Église en crise, marquée par la désertion des fidèles – en particulier des plus jeunes – , par des revendications idéologiques nouvelles et la perte des fondamentaux, Monseigneur Cattenoz raconte en toute sincérité et sans langue de buis les défis pastoraux qu’il a rencontrés, pour le meilleur et pour le pire, n’esquivant aucune des questions sensibles qui lui sont posées.

    L’ouvrage se termine sur une série de réflexions personnelles sur la mission de l’Église dans le monde contemporain. L’archevêque émérite y exprime sa conviction que l’Église doit sans cesse se renouveler en s’appuyant sur la Parole de Dieu, qu’il considère comme le cœur battant de sa mission, en redécouvrant le véritable sens des sacrements, en retrouvant le sens de l’Éternité et en s’ouvrant plénière à l’action de l’Esprit Saint. Il exhorte également les fidèles à être des témoins audacieux de l’Évangile dans leurs vies quotidiennes, rappelant les mots de l’Apôtre Paul : « pour moi, vivre c’est le Christ ».

    Un message d’espérance et de foi vivante Au-delà de l’histoire personnelle (les anecdotes marquantes et amusantes ne manquent pas), cet écrit propose une vision passionnante, d’une grande profondeur, lucide mais remplie d’Espérance, sur le rôle et les défis de l’Église aujourd’hui, à l’école de nos derniers souverains pontifes. Au fil des entretiens, Monseigneur Cattenoz apparaît comme un pasteur profondément engagé, parfois incompris, animé par une foi authentique et un désir ardent de faire rayonner l’Évangile et de servir les plus démunis. Ce témoignage vibrant est appelé à être une source d’inspiration pour tous ceux qui souhaitent approfondir leur vie en Église, une méditation vivante sur l’appel à suivre le Christ et un encouragement constant à redécouvrir, au sein d’une société marquée par l’individualisme et la sécularisation, une véritable vocation à la Vie. 

    Rappel : Lorrain d’origine (il est né à Maxéville en 1945), Mgr Jean-Pierre Cattenoz a obtenu son doctorat en théologie à l’Institut catholique de Toulouse et fut ordonné prêtre en 1983 pour l’archidiocèse d’Avignon où il débuta son ministère avant de partit comme prêtre « Fidei Donum » à N'Djaména au Tchad. Il y fut  directeur des études du séminaire de Bakara pendant six ans. De retour en France, il enseigna au grand séminaire d'Avignon et au Studium de théologie de l'Institut Notre-Dame de Vie. De 2000 à 2002, il est responsable de la branche sacerdotale de cet institut de spiritualité carmélitaine, avant d’être nommé archevêque d’Avignon par Jean-Paul II (juin 2002).

    Rapidement après sa prise de fonction, il fut pris à partie par les milieux libéraux de son diocèse contestant sa politique d’implantation de communautés religieuses « étrangères » (qui ne tardèrent pas à susciter des vocations) et la fermeture du séminaire interdiocésain d’Avignon (très ouvert aux « valeurs » de la postmodernité). La promulgation d'une « charte diocésaine de l'enseignement catholique », qui demande aux élèves non catholiques des établissements catholiques de participer aux cours de première évangélisation ou de catéchèse, acheva de heurter la frange moderniste de son « gouvernement » diocésain qui réclama publiquement sa démission. Mais il fut confirmé dans son poste par le pape Benoît XVI (janvier 2010). Sous le règne du pape François, une nouvelle tentative libérale pour l’écarter, fit également long feu.

  • Le Journal du synode de Larry Chapp : le sujet de l’abandon de la foi par les jeunes

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    De First Things :

    Journal du synode de Larry Chapp

    13 octobre 2024

    Chaque fois que ma femme et moi venons à Rome, nous faisons toujours un pèlerinage à l'église Saint-Augustin pour prier sur la tombe de la mère de saint Augustin, sainte Monique. Nous apportons avec nous d'innombrables demandes de prière de la part d'amis et de parents nous demandant de prier pour leurs enfants qui se sont éloignés de la foi ou qui s'orientent dans cette direction. Nous avons réitéré ce pèlerinage la semaine dernière, après quoi j'ai publié sur les réseaux sociaux une photo de ma femme, Carrie, en train de prier sur la tombe de sainte Monique. Ce message a suscité la plus grande réponse que j'aie jamais reçue à tout ce que j'ai publié sur les réseaux sociaux, et cela en dit long. 

    De toute évidence, le sujet de l’abandon de la foi par les jeunes a touché une corde sensible, ce qui est corroboré, comme presque tout le monde le sait aujourd’hui, par les tristes statistiques montrant à quel point l’Église perd des jeunes de ses bancs. Les causes de cette triste réalité sont sans aucun doute multiples, mais une chose est sûre : ce phénomène ne se limite pas à l’Église catholique et on observe un déclin brutal de la religiosité chez les jeunes des cultures libérales occidentales, dans tous les systèmes de croyances. Par conséquent, on est en droit d’identifier la laïcité en tant que telle comme un facteur clé – sinon le facteur central – de cette érosion de la foi religieuse en Occident. 

    C’est une réalité sociologique qui, curieusement, n’est généralement pas mentionnée par les catholiques progressistes, qui continuent à faire valoir que la seule façon pour l’Église d’enrayer l’hémorragie des jeunes est de faire pression pour qu’elle modifie nombre de ses enseignements les plus « impopulaires » afin de les rendre conformes à la modernité laïque. Par exemple, l’évêque Georg Bätzing de Limbourg, en Allemagne (président de la conférence épiscopale allemande), a déclaré, en réponse au fait que l’Église allemande a perdu près de 1,7 million de fidèles au cours des cinq dernières années, que cela prouve la nécessité de poursuivre les réformes supposées du Synodale Weg (chemin synodal) allemand. Peu importe que les églises protestantes allemandes – qui ont toutes déjà institué ces changements sécularisants depuis des décennies maintenant – aient subi des déclins encore plus marqués. Peu importe tout cela, car le récit de la « réforme en tant que libéralisation laïque » doit aller de l’avant à tout prix, même si son efficacité en tant que stratégie pastorale a été démontrée à plusieurs reprises comme étant nulle.

    Nous avons vu ce même argument être à nouveau avancé l’autre jour, lors d’une conférence de presse du Synode 2024, où le diacre Geert De Cubber, de Belgique, a affirmé que , si l’Église ne poursuit pas une « voie synodale » sans revenir en arrière, l’Église en Belgique ne survivra pas. Comme d’habitude lors de ce Synode, il n’a pas pris la peine de définir ce qu’il entendait par synodalité. Il n’a pas non plus abordé les causes pour lesquelles l’Église belge, qui est selon tous les indicateurs extérieurs déjà moribonde et sous assistance respiratoire, se trouve déjà dans une situation aussi désespérée. En effet, on ne peut qu’être étonné par l’influence démesurée des Européens au Synode, puisque les diocèses qu’ils représentent constituent un témoignage vivant de ce qui ne devrait pas être fait pastoralement. 

    Ce qui ressort de ce synode, c’est que l’objectif des catholiques progressistes n’est pas simplement une Église qui « écoute » davantage les laïcs, mais une Église qui n’écoute que les laïcs qui cherchent à modifier les enseignements éternels de l’Église sur la morale sexuelle et l’ordination des femmes. Tout ce qui ne correspond pas à cela est considéré comme une « déception » et un « échec » du processus synodal. Derrière ces affirmations se cache l’idée qu’une Église à l’écoute est une Église plus « démocratique », dans laquelle l’opinion majoritaire des laïcs de l’Occident laïc devrait être considérée comme un indicateur de la parole du Saint-Esprit à l’Église. Par conséquent, ne pas réagir à ces impulsions prétendument populistes revient également à ne pas obéir aux incitations de « l’Esprit ». 

    On peut trouver d’autres preuves de ce récit progressiste et de son projet dans le rapport remis à l’assemblée synodale par le Groupe d’étude sur les questions controversées de théologie morale créé par le pape François. L’espace ne permet pas de passer en revue longuement ses divers arguments. Il suffit de dire qu’il s’agit d’un appel à un retour aux théologies morales proportionnalistes qui ont été définitivement rejetées par le pape Jean-Paul II dans Veritatis Splendor . Ce qui revient, comme nous l’avons vu dans les itérations précédentes de ces théologies, à baptiser la révolution sexuelle par le biais de la réduction de toute prise de décision morale à une considération des « expériences vécues » dans toutes nos « circonstances complexes ». En d’autres termes, et pour rester sur mon point principal, il s’agit d’un appel à un changement radical par rapport aux enseignements pérennes de l’Église fondés sur la loi naturelle, et à une adhésion plus large aux valeurs sexuelles de la laïcité moderne.

    Revenant à mon point de départ, la question se pose de la stratégie pastorale à adopter pour regagner un peu de traction évangélique auprès des jeunes catholiques. Et de mon point de vue, il y a beaucoup trop de réponses simplistes à ce problème proposées des deux côtés de l’échiquier ecclésial. La voie du doublement de la laïcité est clairement une impasse, et on espère que le synode de 2024 résistera au chant des sirènes de la popularité mondaine que semblent chanter les dirigeants synodaux importants. Mais tout aussi problématique est l’affirmation de nombreux soi-disant traditionalistes selon laquelle l’impasse de la laïcité signifie que nous devons nous engager dans un rejet de la terre brûlée de tout ce qui est moderne – un rejet qui inclut Vatican II et le magistère post-Vatican II – et revenir à une Église largement médiévale/tridentine/baroque de messes latines et à une lecture claustrophobiquement étroite de l’extra ecclesiam nulla salus (hors de l’Église, il n’y a pas de salut). 

    J’ai eu une conversation l’autre jour avec une religieuse qui travaille à Rome, qui m’a fait remarquer que les « catholiques moyens » ne se soucient tout simplement pas du synode de 2024. Ils ne savent pas ce que c’est ou, dans la plupart des cas, ils ne savent même pas que c’est le cas. Elle a déclaré que les préoccupations de la plupart, cachées sous leurs opinions sur diverses « questions », sont les préoccupations éternelles de voir dans l’Église quelque chose de surnaturel, quelque chose de Dieu et quelque chose qui montre que le Christ est vraiment réel et vivant. 

    Mais notre « écoute » synodale est-elle en phase avec cette tonalité ? Avec les tons du surnaturel ? Je me souviens d’une brève interview que j’ai vue l’autre jour avec l’historien populaire Tom Holland (auteur du merveilleux livre Dominion ), qui a déclaré avec audace que la seule véritable voie à suivre pour l’Église est de rendre le christianisme à nouveau « étrange » en soulignant, de toutes les manières imaginables, la réalité du surnaturel. Et de poursuivre en réitérant le message central de l’Église : que toutes les choses de ce monde sont une éruption sacramentelle, iconique et épiphanique dans le temps et l’espace d’un « Royaume qui n’est pas de ce monde ». 

    La réinterprétation du christianisme serait un excellent synode, car celui-ci est un exercice pastoral monumental qui passe à côté de l'essentiel.

    Le Dr Larry Chapp est un professeur de théologie à la retraite de l'Université De Sales et le cofondateur de la Dorothy Day Catholic Worker Farm à Harveys Lake, en Pennsylvanie.