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Hostilité au christianisme et à l'Eglise - Page 76

  • Israël : nouvelles intimidations antichrétiennes

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    Du site de France Catholique :

    Nouvelles intimidations antichrétiennes en Israël

    24 juillet 2019

    L’église Saint-Maron de Jish (CC / Bukvoed)

    Dégradations, graffitis, jets de projectiles… Des petites communautés chrétiennes de Terre Sainte sont régulièrement les cibles de mouvements extrémistes juifs, proches des colons. L’Assemblée des ordinaires catholiques de Terre Sainte a fait part de sa préoccupation après de nouvelles agressions.

    « Le prix à payer » (« Tag Mehir » en hébreu). C’est le slogan, identifié dès 2012, utilisé par les extrémistes juifs pour intimider les communautés palestiniennes, notamment chrétiennes, dans plusieurs régions d’Israël. Les derniers tags de ce type ont été observés vendredi 19 juillet au matin à Jish, une localité de 3000 habitants à majorité chrétienne située en Haute-Galilée, à proximité de la frontière libanaise. Plusieurs véhicules ont également été vandalisés à cette occasion. Le chef du conseil communal a qualifié ces actes de « méprisables » et a appelé la police à identifier leurs auteurs.

    Agenzia Fides@AgenziaFides

    ASIA/ISRAELE - Vescovi cattolici denunciano nuovi atti intimidatori verso le comunità cristiane http://dlvr.it/R8rlMP 

    Voir l'image sur Twitter

    Sentiment d’impunité

    Ces nouveaux incidents ont suscité la réaction de l’Assemblée des ordinaires de Terre Sainte qui regroupe les responsables des différents rites catholiques locaux (latin, maronite, grec melkite, syro-catholique, arménien, chaldéen…). Dans un communiqué diffusé peu après les agressions de Jish, elle a déploré l’impunité dont semble bénéficier les activistes juifs et réclamé que des mesures de sécurité soient prises par les forces de police.

    Les autorités catholiques ont par ailleurs assuré les fidèles de leur solidarité. « Nous prions le Tout-Puissant de les encourager à persévérer malgré les menaces et nous prions pour les agresseurs et ceux qui les soutiennent, en les invitant à se repentir pour le mal commis et à œuvrer pour que tous puissent vivre ensemble dans un pays sûr  » ont-elles indiqué, selon l’agence SIR.

    Des précédents réguliers

    Les chrétiens de Terre Sainte sont régulièrement l’objet des menaces des extrémistes orthodoxes juifs. Un pic avait été enregistré avant la visite du pape François qui s’étaient tenue du 24 au 26 mai 2014. De 2011 à mars 2014, vingt-deux attaques visant des églises, des monastères ou des couvents avaient ainsi été décomptées, sans parler des tags blasphématoires ou des menaces de mort. Le 27 avril 2014, jour de la canonisation de Jean-Paul II et Jean XXIII, trois sites chrétiens avaient été vandalisés ou profanés par les extrémistes en Galilée.

  • Quel avenir pour l'Eglise catholique en Erythrée ?

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    De Vatican News

    La présence catholique serait à risque en Érythrée

    L’Église catholique dans l’expectative en Erythrée. Quel sera son avenir, et surtout celui de ses malades et de ses élèves? L’Aide à l’Église en détresse, sa branche italienne, rapporte la détresse de catholiques qui préfèrent garder l’anonymat. Lors de la rentrée prochaine, les écoles gérées par l’église pourraient fermer après les structures de santé.
     

    Marie Duhamel – Cité du Vatican

    L’Église catholique gère 100 crèches et 50 écoles à travers le pays, des classes élémentaires à celles du lycée, mais pas la terminale, puisque le gouvernement a imposé l’an dernier à tous les élèves de finir leurs études secondaires dans un institut militaire. «Ceux qui ne fréquentent pas cette dernière année n’obtiennent pas leur diplôme», explique une source anonyme à l’Aide à l’Église en détresse.

    Le sort des élèves, des enseignants et de leurs responsables est en suspens. Ils craignent le pire à la rentrée de septembre après la fermeture récente des centres de santé tenus par l’Église. Il y a une dizaine d’années, les élèves d’un établissement scolaire géré par l’Église avaient été transférés, sans préavis, dans un institut public. L’école catholique n’avait pu rouvrir que quatre ans plus tard.

    Les écoles, après les centres de soin

    Le sort de nombre des religieux et religieuses qui s’occupaient des structures de santé, tout juste fermées par les autorités, est également incertain.

    La police a posé des scellés sur les portes de 22 centres de santé à travers le pays, mais également sur leurs logements annexes. Les religieux ont du se réfugier dans d’autres maisons de leur congrégation. Beaucoup d’entre eux sont dans l’impossibilité de quitter le pays, car le gouvernement interdit aux femmes de moins de 40 ans et aux hommes de moins de 50 ans de quitter le pays, s’ils n’ont pas fait leur service militaire.

    Une nationalisation des structures de santé saisies avait été annoncée, mais pour l’instant «il n’y a eu aucun transfert de personnel». Outre les 22 centres de santé fermés ces dernières semaines, 8 l’avaient été en 2017 et 2018. Selon le père Mussie Zerai de l’Éparchie d’Asmara qui s’occupent des communautés érythréennes en Europe, l’Église soignait quelque 200 000 personnes chaque année, soit 6% de la population.

    Que deviendra le peuple?

    «Ils nous ont empêché d’offrir le peu que nous avions à donner, dans des lieux où personne ne prenait soin de la population, pas même l’État. Si le gouvernement nous oblige à fermer aussi les écoles, nos prêtres et nos religieuses trouveront un moyen de survivre. Mais le peuple, comment fera-t-il?», s’interroge un témoin anonyme.

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  • Secret de la confession : quand on impose aux ministres du culte de choisir entre la prison et l’excommunication

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site Diakonos.be :

    Attaque mondiale contre le secret de la confession.  La prison ou l’excommunication

    La dernière attaque en date vient d’être déjouée il y a quelques jours à peine en Californie.  Le 13 juillet, le comité d’État pour la sécurité publique a dû faire retirer la proposition de loi SB 360 présentée par le sénateur Jerry Hill – et déjà approuvée par le sénat – visant à abolir le secret de la confession.

    En donnant cette information, « Vatican News » précise qu’il aura fallu « 140.000 lettres, 17.000 mails et des centaines de coups de téléphone » pour obtenir le retrait de cette « menace pour la conscience de chaque américain », comme l’avait définit Mgr Peter Gomez, l’archevêque de Los Angeles, qui a conduit la mobilisation.

    En 2000 déjà, dans le débat sur les « Rules of Procedure and Evidence », la Cour pénale internationale avait rejeté la demande du Canada et de la France pour que cesse d’être reconnu le droit des ministres religieux de s’abstenir de témoigner sur des questions dont ils ont eu connaissance à travers le secret de la confession.

    En 2016 à nouveau, la Cour suprême de l’État de Louisiane avait répété qu’« un prêtre, un rabbin ou un ministre dûment ordonné » ne pouvait être qualifié de « mandatory reporter », c’est-à-dire obligé de dénoncer « ce qu’il a appris au cours d’une confession ou d’une autre communication sacrée ».

    Mais entretemps, surfant sur la vague des scandales des abus sexuels, les attaques contre le secret de la confession sacramentelle sont en train de se multiplier.  Par exemple en 2011 en Irlande, avec à la barre le premier ministre de l’époque, Enda Kenny.  Ou encore en 2014 à Genève, sous l’impulsion du comité de l’ONU pour la Convention sur les droits de l’enfant.  Et à chaque fois c’est l’Église catholique qui se trouvait sur le banc des accusés.

    Jusqu’à ce jour du 7 juin 2018 où le secret de la confession a été battu en brèche en Australie, dans le territoire de la capitale, Canberra, par l’approbation, avec le soutien de tous les paris, d’une loi imposant aux prêtres catholiques – ainsi qu’aux ministres des autres cultes – de violer le sceau sacramentel s’ils viennent à connaissance de faits d’abus sexuels sur mineurs.  Cette loi est entrée en vigueur le 31 mars 2019.

    *

    Jusqu’ici, il ne s’agissait que de faits relativement connus.  Mais ce que très peu savent, c’est que le secret de la confession est sérieusement menacé là où on s’y attendrait le moins.

    L’Italie est l’un de ces cas passés sous silence, y compris de la part des autorités de l’Eglise.  Dans ce pays, le jugement n. 6912 du 14 janvier 2017 rendu par la Cour suprême de cassation a disposé que le prêtre appelé à témoigné dans un procès pénal pour abus sexuel encourt le délit de faux témoignage s’il refuse de divulguer ce qu’il a appris pendant la confession en-dehors des péchés commis par le pénitent, par exemple s’il lui a révélé avoir subi un abus, et pas de l’avoir commis.

    C’est précisément ce jugement italien qui a fait réagir Andrea Bettetini, professeur de droit canon à l’Université catholique de Milan et professeur invité dans de nombreuses universités d’Europe et d’Amérique, dans un article publié dans le dernier numéro de « Vita e Pensiero », la revue de son université, consacré aux attaques contre le secret de la confession.

    Le professeur Bettetini rapproche le jugement italien de la nouvelle loi qui vient d’entrer en vigueur en Australie pour montrer qu’elles sont bien plus proches qu’il n’y paraît puisqu’elles sont toutes les deux en faveur de l’obligation de dénonciation aux dépens de ce « droit juridique et moral fondamental » qu’est « la protection de la conscience de la personne qui ouvre son âme à un ministre du culte ».

    Dans la partie centrale de son article, le professeur Bettetini argumente la protection du sceau sacramentel de l’Église catholique, dans le droit catholique et dans le magistère, en montrant comment une telle protection s’étend à tout ce que le prêtre apprend en confession et pas seulement aux péchés du pénitent.

    Il ne cite pas la « Note de la Pénitencerie apostolique sur l’importance du for interne et sur l’inviolabilité du sceau sacramentel » promulguée le 29 juin dernier avec l’accord du pape François, étant donné que cette dernière est sortie alors que l’article était déjà sous presse.  Mais cette note est tombée bien à propos, vu les « préjugés négatifs » de nombre d’autorités civiles contre le fondement même et l’extension d’un tel secret.

    En outre, le professeur Bettetini montre comment, même dans le droit italien, le secret de la confession aurait été bien protégé sans ce jugement de 2019 de la Cours de cassation.

    Et voici les conclusions dramatiques qu’il tire dans la conclusion de son article.  Quand on impose aux ministres du culte de choisir entre la prison et l’excommunication.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    *

    Abus sexuels et secret de la confession

    d’Andrea Bettetini

    […]

    S’il fallait tirer les conclusions de tout ce dont nous avons débattu jusqu’ici, nous pouvons affirmer que les deux exemples [l’Italie et l’Australie] cités au début de notre article sont les paradigmes d’un néojuridictionnalisme aux conséquences incertaines qui est en train de s’insinuer dans de nombreuses structures politiques à cause d’une législation et d’une interprétation législative qui, à bas bruit mais avec des effets importants, est en train de modifier dans les faits la répartition des équilibres (et des compétences relatives) entre ordre temporel et ordre spirituel.  Et par ce dernier, j’entends non seulement la latitude d’autonomie de l’Église catholique mais également celle d’action des confessions religieuses différentes de la foi catholique et, plus généralement, celle de la religion.

    Dans le « Canberra Times », Christopher Prowser, l’archevêque de Canberra et de Goulburn, a vigoureusement critique la nouvelle loi australienne en mettant en évidence la raison ultime de son incohérence : « Sans ce sceau, qui sera encore disposé à se libérer de ses propres péchés, à chercher le sage conseil d’un prêtre et à recevoir le pardon miséricordieux de Dieu ? ».  Le droit de l’Église et dans l’Église sert justement à en préserver la nature en tant qu’instrument de salut pour chaque homme, dont la vie et l’expérience se déplace dans une dimension de droit et de justice, en s’engageant à donner visibilité et contenu à des normes qui répondent, dans les limites de la médiation linguistique humaine, à la vérité et à la justice.

    Or, il se fait que dans l’équilibrage entre deux valeurs capitales telles que la liberté de conscience et de religion d’un côté et l’exercice de l’action pénale pour punir un délit inhumain de l’autre, la tradition juridique occidentale a toujours privilégié la première, aussi bien parce qu’elle constitue le noyau le plus intime de la liberté et de la responsabilité de l’homme que parce qu’après le don de la vie, il s’agit de la réalité qui appartient de la façon la plus originelle et inaliénable à la personne humaine, et qu’il faut lui rendre justice.

    Et il ne s‘agit là de rien d’autre que du reflet de ce qui représente l’apport le plus précieux du monde occidental à l’ordonnancement juridique de la civilisation mondiale : le concept de personne et de sa dignité, de la protection de ses droits inaliénables, au premier titre desquels se trouve justement celui de liberté religieuse.  Agir autrement reviendrait à une régression de notre civilisation juridique, et donc humaine, et c’est d’ailleurs ce que craignait encore une fois l’archevêque de Canberra quand il affirmait, à la veille de de l’entrée en vigueur de la loi qui impose au confesseur de violer si nécessaire le secret sacramentel : « À présent, nous autres prêtres de l’ACT [Asutralian Capital Territory] nous nous trouvons devant un choix impossible.  Soit nous respectons le sceau de la confession et nous risquons une procédure pénale soit nous respectons la loi et nous encourons l’excommunication d’office ».

  • Quand des évêques chinois sont accueillis à Liège...

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    Les voici posant devant la Vierge du sanctuaire de Banneux.

    à Banneux (photo du site de La Meuse)

    Ce vendredi 19 juillet, des évêques chinois étaient en visite à Liège comme nous l'apprend ce communiqué :

    Cinq évêques chinois en visite officielle à Liège ce vendredi 19 juillet

    À l’invitation de la Fraternité d'Eglise Liège-Chine et de la Fondation Verbiest de la KULeuven, une délégation de cinq évêques catholiques chinois visite le diocèse de Liège ce vendredi 19 juillet.

    La délégation est présidée par Mgr John Fang Xingyao, évêque du diocèse de Lin yi (Shan dong), président de l’association des catholiques chinois, et par Mgr Joseph Shen Bin, évêque du diocèse de Hai men(Jiang su) et vice-président de la Conférence épiscopale de Chine, qui compte 98 évêques. La délégation est accompagnée par le P. Jeroom Heyndrickx, de la congrégation de Scheut, grand spécialiste de la Chine depuis plus de trente ans et artisan du dialogue entre l’Église de Chine et Rome.

    Cela nous interroge. Une opération de propagande ? En effet, ces évêques n'ont pu quitter leur pays et recevoir les autorisations pour effectuer leurs visites en Occident qu'en accord avec les autorités politiques de la Chine communiste. D'ailleurs, Mgr John Fang Xingyao est président de l'association patriotique des catholiques chinois. Le rôle de cette association qui prône une collaboration avec le régime est, pour le moins, discutable comme on pourra s'en rendre compte en lisant l'article suivant daté du mois de septembre dernier :

    L’Eglise de l’Association patriotique catholique de Chine refait allégeance au Parti communiste après l’accord avec Rome

    Eglise Association patriotique catholique Chine allégeance Parti communiste accord Rome
     
    Au-delà de l’optimisme et du pessimisme qui ont, des deux côtés de l’échiquier, accueilli l’annonce un accord provisoire entre le Vatican et Pékin en vue de la régularisation immédiate de tous les évêques excommuniés et du droit de regard du pouvoir en Chine sur la nomination des évêques catholiques, il est certainement bon de s’attacher avant tout aux faits. Parmi les plus récents concernant le sort de l’Eglise en Chine, celui-ci est sans aucun doute le plus significatif : l’Association patriotique catholique, connue également comme l’Eglise nationaliste, vient de réaffirmer sa loyauté à l’égard du parti communiste au pouvoir, quasiment dans le même mouvement que celui de l’accord Rome-Pekin. Une protestation d’allégeance lourde de menaces pour l’avenir

    Cela ne faisait que quelques heures que l’accord avait été rendu public à la suite de longues négociations entre le Saint-Siège et le régime communiste chinois – longues parce que l’on peut supposer que les accords provisoires sont le résultat de bien des années de contacts et de discussions. C’est donc dans la foulée de l’accord est en quelque sorte pour le ponctuer que l’Association patriotique catholique chinoise a publié un communiqué portant la signature de son porte-parole :

    « Il me plaît d’apprendre que la Chine et le Vatican ont signé un accord provisoire sur la nomination des évêques. L’Association patriotique catholique de Chine et la conférence des évêques catholiques de Chine lui apportent leur soutien sincère. »

    L’Association patriotique catholique de Chine se félicite de l’accord avec Rome

    Rappelons que la conférence des évêques catholiques de Chine désignée ici est celle qui est officiellement reconnue par le pouvoir. Mais le plus important est ce qui suit :

    « L’Eglise catholique chinoise aime profondément sa mère patrie. Nous adhérons à la magnifique tradition de patriotisme et d’amour pour la religion, nous adhérons au principe de l’Eglise indépendante et auto-gouvernante, nous maintiendrons le cap de la sinisation, nous adhérons à la voix de l’adaptation à la société socialiste et, sous la conduite du Parti communiste de Chine, nous travaillerons avec des gens de toutes nationalités dans le pays pour rendre compte de la grandeur de la nation chinoise. »

    On ne saurait être plus clair : cette association patriotique épouse sans réserve les orientations politiques du régime chinois, y compris la construction du socialisme, dans un contexte de religion autocéphale certes disposée à considérer le pape de Rome comme son chef visible, mais de très, très loin.

    Le communiqué poursuit :

    « L’Eglise catholique de Chine partage les mêmes croyances que les Eglises catholiques du monde. Nous sommes disposés à mener à bien des échanges amicaux avec d’autres Eglises catholiques sur la base de l’indépendance, du respect mutuel, de l’égalité et de l’amitié. »

    L’allégeance au Parti communiste suppose l’indépendance par rapport à Rome

    Autrement dit, l’accord s’est fait, du moins dans l’esprit des responsables chinois, dans l’idée que de nombreuses Eglises nationales se côtoient dans le monde, partageant sans doute les mêmes convictions spirituelles mais toutes égales et toutes indépendantes les unes par rapport aux autres.

    Avec tout cela, les catholiques officiels de Chine « espèrent sincèrement » selon leur porte-parole que « les relations entre la Chine et le Vatican continuent de s’améliorer ».

    Faut-il le rappeler ? Le communisme, athée et anticatholique par nature – et Dieu sait s’il continue de l’être en Chine – a été jugé « intrinsèquement pervers » par Pie XI. Serait-ce un enseignement révolu ? Le communisme chinois, qui se veut de plus en plus marxiste, de plus en plus proche de Mao, de plus en plus attaché au culte de la personnalité de Xi Jinping, œuvrant de plus en plus pour la « sinisation » accueillie sans critique par l’Eglise patriotique, accentue aujourd’hui sa pression persécutrice sur les minorités religieuses et en particulier à l’encontre de l’Eglise clandestine.

    L’accord de Rome avec le Parti communiste chinois passe sous silence persécution et génocide

    Faut-il le rappeler ? Par une toute récente loi, il est interdit aux mineurs de fréquenter les églises, fussent-elles officielles, et les parents contrevenants à cette règle risquent gros.

    Faut-il le rappeler ? Ce pouvoir communiste avec lequel Rome compose porte la responsabilité d’innombrables stérilisations et avortements forcés pour mettre en œuvre sa politique de contrôle de la population aussi contraignante que cruelle, et toujours d’actualité, même si des ajustements sont apportés au nombre d’enfants toléré.

    S’il s’agissait vraiment de protéger les catholiques en Chine, et plus encore leur foi, s’il fallait pour cela faire semblant de croire qu’un pouvoir communiste est tenu par sa propre parole, ces réalités sont suffisantes pour rendre la conclusion d’un accord provisoire incompréhensible, et même scandaleuse.

    Jeanne Smits

    L'excellent site Bitter Winter délivre des informations quotidiennes sur la situation des croyants en Chine communiste.

  • Chine-Vatican : la Chine viole l’accord; un évêque se rebelle

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    De Sandro Magister en traduction française sur Diakonos.be :

    La Chine viole l’accord.  Un évêque se rebelle

    Il y a une information importante dans les « Orientations » que le Saint-Siège a données le 28 juin aux évêques et aux prêtres chinois concernant l’obligation qui leur est faite de signer un acte d’enregistrement civil, « sous peine d’impossibilité d’agir pastoralement ».

    Cette information lève un coin du voile sur l’un des points clés de l’ « Accord provisoire », toujours secret à l’heure actuelle, sur la nomination des évêques qui a été signé entre le Saint-Siège et la Chine le 22 septembre dernier.

    Grâce à ces « Orientations », nous savons à présent que dans cet accord, la Chine communiste a pour la première fois « reconnu le rôle particulier du successeur de Pierre ».  Dont il découle que l’ « indépendance » de l’Église catholique chinoise de toute puissance étrangère, un élément auquel Pékin n’est toujours pas prêt à renoncer, ne doit plus être comprise « au sens absolu, c’est-à-dire comme une séparation d’avec pape et de l’Église universelle » mais dans un sens « relatif à la seule sphère politique ».

    Pourtant, ces « Orientations » nous apprennent également que les faits ne correspondent pas à cet accord parce que « presque toujours », des prêtres et des évêques continuent à être forcés de signer des documents dans lesquels « le principe d’indépendance, d’autonomie et d’auto-administration de l’Église en Chine » est affirmé en termes absolus, « malgré l’engagement pris par les autorités chinoises de respecter également la doctrine catholique ».

    Voilà la raison pour laquelle, dans la lettre aux catholiques chinoise de 2007 – qui constitue toujours la « magna carta » de l’Église catholique en Chine – Benoît XVI qualifiait d’ « inconciliables avec la doctrine catholique » les principes de base de l’Association patriotique des catholiques chinois, l’organe de contrôle du régime, auquel étaient obligés de s’inscrire tous ceux qui voulaient sortir de la clandestinité.

    Aujourd’hui, en revanche, pour le Saint-Siège, l’inscription à l’Association patriotique – où à une autre association équivalente – ne doit plus être exclue de façon absolue, pour autant qu’elle s’accompagne dans le même temps d’une attestation d’observance de la doctrine catholique, faite par écrit ou « même simplement oralement, si possible en présence d’un témoin » et dans tous les cas en informant son propre évêque de l’ « intention » avec laquelle l’acte a été signé.

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  • Pour Pékin, les accords avec le Saint-Siège vont de pair avec l’étouffement de l’Église

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    Du blog d'Yves Daoudal :

    Chine : les dix commandements

    Lu sur Asianews, agence de presse de l’Institut pontifical pour les missions étrangères :

    Un document publié par les autorités du Fujian exige des prêtres de paroisse et du personnel religieux qu’ils interdisent aux mineurs l'église et l'éducation, qu’ils refusent les relations avec les catholiques étrangers, qu’ils freinent tout élan d'évangélisation. Dans le même temps, le "Global Times" célèbre l'exposition des musées du Vatican et des conférences sur "le pape François" et "l'amitié" entre la Chine et le Vatican. Pour Pékin, les accords avec le Saint-Siège vont de pair avec l’étouffement de l’Église.

    Et Asianews publie une traduction en anglais du document du Fujian, dont voici une traduction française.

    Lettre d'engagement des responsables des lieux de culte et des personnes consacrées

    Selon le "Règlement pour les affaires religieuses" et autres lois connexes, la "Liste des responsabilités assumées par les responsables du Comité administratif des lieux de culte et des personnes consacrées" et la "Liste négative des chefs du Comité administratif des lieux religieux personnes consacrées",

    En tant que dirigeant (personnes consacrées) de ........., je m'engage à:

    1. aimer la patrie et aimer la religion, étudier et suivre consciemment la politique du Parti et les lois et règlements de l'État, mener sciemment des activités conformément aux lois et règlements, interdire l'entrée de mineurs à l'église.

    2. Au nom de l'indépendance, de l'autonomie et de l'autogestion, boycotter consciemment les interventions des étrangers; ne pas contacter de puissances étrangères, ne pas accueillir des étrangers, ne pas accepter de délégation de communautés ou d'institutions religieuses étrangères, ne pas accepter d'entretiens, de formation ou d'invitations à des conférences à l'étranger, ne pas enfreindre les réglementations nationales en acceptant des dons nationaux et internationaux.

    3. ne pas commercialiser ou distribuer des imprimés religieux sans numéro de série.

    4. Accepter consciemment l'inspection et le contrôle des supérieurs et publier sciemment des comptes rendus mensuels.

    5. insister sur la sinisation, pour pratiquer consciemment les valeurs fondamentales du socialisme; respecter les cultures et les traditions locales, promouvoir les cultures et les traditions nationales, ne pas diffuser les idéologies qui soutiennent l'extrémisme, ne pas financer des activités extrémistes.

    6. ne pas organiser de cours de formation pour mineurs, ne pas mener d'activités religieuses en ligne, promouvoir les vocations ou publier des contenus enfreignant les lois.

    7. ne pas intervenir dans l'administration des affaires locales ou politiques, ne pas intervenir dans la vie privée et personnelle de la population.

    8. En l'absence de permis, les communautés telles que les groupes pastoraux, les chorales et les orchestres ne peuvent organiser d'événements publics ni, sous prétexte de rendre visite aux malades, évangéliser dans des lieux publics tels que les hôpitaux.

    9. ne pas poser des affiches et des enseignes à l'extérieur et sur les toits à des fins évangéliques.

    10. ne pas installer de haut-parleurs exterieurs, et ceux à l'intérieur ne doivent pas déranger les habitants ; en cas de violation, accepter volontairement les sanctions du Bureau des affaires religieuses.

    En fait il n’y a rien de vraiment nouveau dans ces dix commandements, qui reprennent les consignes des dernières lois religieuses. Mais le martellement de ces consignes, en permanence et à tout propos, montre la volonté effective de persécution des chrétiens. Tandis que les médias officiels chantent les bonnes relations entre Pékin et le Vatican. « Pour la première fois », a souligné le Global Times, a eu lieu à l’Université de Pékin une conférence sur « le pape François et sa vision », par le jésuite Benoît Vermander, et « pour la première fois » a eu lieu à l’Académie des sciences de Pékin une conférence le thème : « Grandir en amitié – une perspective des relations sino-vaticanes », par… Antonio Spadaro, autre jésuite, directeur de La Civiltà Cattolica, un très proche de François.

  • Le Saint-Siège regrette que le terrorisme anti-chrétien ne soit pas explicitement nommé

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    Du site aleteia.org :

    Le Saint-Siège déplore que le terrorisme anti-chrétien ne soit pas explicitement nommé

    I.Media | 25 juin 2019
    La nature « spécifiquement anti-chrétienne » de certaines violences est souvent passée sous silence par de nombreux médias et dirigeants, a déploré Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies.

    Pour lutter contre le fléau du terrorisme, les États doivent garantir « l’égalité de tous les citoyens devant la loi, quelle que soit leur identité religieuse ou ethnique, en tant qu’exigence fondamentale de justice », a plaidé Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies, à l’occasion d’une table ronde sur le terrorisme. Invitant les dirigeants politiques, sociaux et religieux à condamner l’utilisation de la religion comme vecteur de haine, il a appelé à une « une séparation positive et respectueuse de la religion et de l’État ».

    Attention aux « nouveaux euphémismes »

    Si les Nations unies ont adopté une résolution condamnant explicitement la « christianophobie » – aux côtés de l’islamophobie et de l’antisémitisme – le prélat a regretté que ce ne soit pas le cas de nombreux dirigeants et médias. En effet, a-t-il dénoncé, de « nouveaux euphémismes » sont utilisés pour éviter d’évoquer la nature « spécifiquement anti-chrétienne » de certaines violences. Le diplomate a ainsi cité les récentes attaques au Sri Lanka où selon lui certains ont parlé « d’adorateurs de Pâques » pour éviter de nommer les chrétiens. Il faut avoir « le courage d’appeler les choses par leur nom », a insisté Mgr Auza. Le nonce apostolique a également rappelé à l’assemblée l’ensemble des attaques récentes, se disant horrifié par chacune d’elles. Il a ainsi mentionné celles contre les juifs aux États-Unis ou en France, celles contre les musulmans notamment à Londres (Angleterre) et à Christchurch (Nouvelle-Zélande) ou encore celles contre les chrétiens en Irak et en Syrie. Pour faire face au terrorisme, les « meilleurs instruments internationaux ne suffisent pas », a-t-il considéré. C’est pourquoi, les États doivent s’attaquer avec vigueur aux « facteurs culturels » nécessaires à la promotion de la tolérance et de l’inclusivité.
  • Chine : les autorités s'acharnent contre les évêques non reconnus même après leur mort

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    De Sandro Magister en traduction française sur le site "Diakonos.be" :

    La Chine persécute les évêques « souterrains » même après leur mort.  Inquiétude au Vatican

    Comme on le sait, avant de signer avec la Chine l’accord secret du 22 septembre 2018 sur la nomination des évêques, le pape François a dû auparavant gracier huit évêques installés par les autorités chinoises sans l’accord de Rome et qui étaient donc frappés d’excommunication.

    L’un de ces évêques était mort deux ans plus tôt mais le gouvernement de Pékin avait également exigé et obtenu cette anormale amnistie posthume.

    Mais en échange, François n’a pas obtenu la même reconnaissance, de la part de la Chine, des évêques soi-disant « souterrains », consacrés par Rome sans l’accord du gouvernement.

    L’un d’entre eux, Mgr Étienne Li Side, l’évêque de Tien-Tsin, est mort la veille de la Pentecôte à l’âge de 93 ans mais même après sa mort, les autorités chinoises n’ont pas fait preuve de clémence.

    Elles sont même allées jusqu’à lui refuser des funérailles dans sa propre cathédrale.

    C’est ce que fait remarquer, avec des mots bien pesés, la nécrologie officielle publiée par la Secrétairerie d’État du Vatican le 24 juin, seize jours après le décès de Li :

    « Les messes commémoratives, les condoléances et les cérémonies de deuil se sont déroulées dans un funérarium du district de Jizhou et non à la cathédrale Saint-Joseph de Tien-Tsin ».

    Et ce malgré la vie exemplaire du défunt, non seulement comme ministre de Dieu mais également en tant que citoyen :

    « Mgr Li Side vivait dans la pauvreté et dans une profonde humilité.  Il exhortait toujours les fidèles à respecter les lois du pays et à aider les pauvres.  Même dans les douloureuses vicissitudes en tout genre qui ont émaillé sa vie longue, il ne s’est jamais plaint, acceptant toute chose comme la volonté du Seigneur ».

    Les « douloureuses vicissitudes » en question ont consisté en quatre années de prison de 1958 à 1962, dix-sept années de travaux forcés de 1963 à 1980 plus deux autres années de prison de 1989 à 1991.  Après quoi, l’évêque consacré sans avoir été reconnu par le gouvernement a dû passer le reste de sa vie – pour le dire encore avec les mots de la nécrologie vaticane – « aux arrêts domiciliaires dans le village perdu dans les montagnes de Liang Zhuang Zi, dans le district de Jixian, à 60 kilomètres de Tien-Tsin, où il est resté jusqu’à sa mort, n’étant autorisé à s’éloigner que pour se rendre à l’hôpital ».

    Mais « malgré l’exil et l’éloignement – poursuit la nécrologie – les fidèles qui allaient le trouver étaient toujours nombreux.  Le prélat a défendu les principes de l’Église catholique avec cohérence et a témoigné de l’Évangile du Christ en demeurant héroïquement en communion avec le successeur de Pierre ».

    Pour les détails du traitement surréaliste réservé à Mgr Li après sa mort – les autorités chinoises ayant continué à lui refuser jusqu’au titre même d’évêque – nous renvoyons à ces deux articles d’Asia News, l’agence spécialisée sur la Chine de l’Institut pontifical pour les mission étrangères :

    > Niente funerali pubblici per mons. Stefano Li Side, vescovo di Tianjin

    > Il funerale di mons. Li Side, un ‘affare di Stato’ nelle mani di polizia, personale di sicurezza, controlli

    Pour la diplomatie vaticane, cet ostracisme opiniâtre de la part des autorités chinoises n’est pas très encourageant pour les futurs développements de l’accord du 22 septembre.  À Rome, les gestes d’ouverture se succèdent, comme par exemple la longue et irénique interview donnée par le cardinal secrétaire d’État Pierre Parolin au « Global Times », un version anglophone du « Quotidiano del Popolo », l’organe officiel du parti communiste italien.  Mais il se fait que l’interview n’a pas été traduite en mandarin, pas même une petite partie, dans aucun journal de Chine.

    Et puis il y a l’écueil de Hong Kong et de la rébellion d’une grande partie de la population contre la loi – à présent suspendue – qui autoriserait l’extradition sur le territoire chinois, même des opposants politiques, une rébellion surtout emmenée par les catholiques de la ville, à commencer par leurs derniers évêques et cardinaux, non seulement l’intrépide cardinal Joseph Zen Zekiun, critique irréductible de l’accord du 22 septembre entre le Vatican et la Chine mais également son successeur, John Tong Hon, plus modéré.

    Mgr Tong étant sur le départ pour dépassement de la limite d’âge, la désignation du nouvel évêque de Hong Kong sera un véritable casse-tête pour le pape François qui, entre rébellion et dialogue, penchera tout naturellement pour le second mais il devra également tenir compte de la soif de liberté et de dignité de nombreux catholiques – et d’évêques – de Hong Kong et de toute la Chine.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

    Lire aussi : « Arrêtés, maltraités, torturés » : un rapport du département d’Etat dénonce la persécution religieuse en Chine

  • 14 religieuses espagnoles massacrées par les Rouges espagnols en 1936 ont été béatifiées

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    Ritratto delle martiri Concezioniste francescane - Monastero di Madrid

    De Vatican News :

    Le cardinal Becciu béatifie 14 contemplatives espagnoles

    Pour le préfet de la Congrégation pour les Causes des saints, ces 14 sœurs de l’Ordre de l’Immaculée Conception tuées «in odium fidei» au début de la guerre civile espagnole, représentent «un encouragement à poursuivre, avec joie, le témoignage de la miséricorde de Dieu».
     
    Roberta Barbi – Cité du Vatican«Dieu ne nous abandonne jamais, surtout au moment de la défaite et de l’échec». Les quatorze religieuses béatifiées ce samedi le savaient très bien, a assuré le cardinal Angelo Becciu. Elles ont été tuées durant la guerre civile en divers lieux mais, toutes en raison de leur foi et de leur appartenance à l’Église et, jusqu’au dernier moment, elles ont senti la présence de Dieu. 

    La présence de Dieu

    Lors de la cérémonie de béatification de Mère Maria Carmen Lacaba Andia et de treize compagnes martyres, le préfet a mis en exergue la force que Dieu offre à chacun, Lui qui est présent à chaque instant de la vie, en particulier lors des épreuves les plus difficiles. «Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort», peut-on lire dans la seconde Lettre aux Corinthiens (2 Co 12:10). Les lieux et les dates des décès ne sont pas les mêmes, mais il s’agit d’un unique sacrifice, le plus extrême, affronté avec la même générosité et le même courage. Dans son homélie, le cardinal Becciu évoque les trois guet-apens lors desquels les 14 religieuses furent tuées à la fin de 1936.

    Trois guet-apens

    Il décrit «l’assaut lancé contre le monastère de Madrid par des agresseurs qui criaient: ‘Mort aux religieuses’ ; et celle-ci qui moururent en s’exclamant: ‘Vive le Christ Roi ! » Le monastère d’El Pardo avait, lui, déjà été abandonné et les sœurs avaient trouvé refuge dans les maisons voisines. Quand elle furent découvertes, lorsqu’il leur fut demandé si elles étaient religieuses, elles répondirent: «Oui, par la grâce de Dieu». Des paroles qui les condamnèrent à mort. Enfin, le cardinal Becciu se souvient des victimes du monastère d’Escolana. «Expulsée par la mairie et des miliciens locaux, elles furent envoyées à la Direction générale de la Sécurité à Madrid pour les contraindre à abandonner leur foi et faire d’elles des apostats». A ces fins, les agresseurs tuèrent les plus âgées devant les plus jeunes, sans résultat.

    Un exemple pour les consacrés et les laïcs

    Toutes ces bienheureuses ont été tuées «en raison de leur état de vie religieuse et de leur adhésion totale au Christ et à l’Église, et ce fut bien l’aversion pour Dieu et pour la foi chrétienne qui détermina le martyre» explique le cardinal Becciu. La rapidité avec laquelle a été scellée, avec le sacrifice de leurs vies, la Vérité qu’elles annonçaient «associant leur martyre de foi, d’espérance et de charité», fait d’elles un modèle de vie pour tous. Elles sont un exemple «pour les religieuses de leur ordre et pour toutes les consacrées qui dédient leur vie entière à la prière et à la contemplation ; elles qui sont appelées à témoigner combien l’amour de Dieu est enveloppant» affirme le cardinal. Quant aux laïcs, elles leur enseignent «la nécessité d’écouter et d’adhérer docilement à la parole de Dieu».

    Le martyre, révélation du mystère pascal

    L’expérience des martyres montre combien «la force de la foi, de l’espérance et de l’amour est plus fort que la violence». Le martyre «est une révélation particulière du mystère pascal qui continue à œuvrer et à s’offrir aux hommes de tout temps comme promesse de vie nouvelle», a expliqué le cardinal Becciu.Les bienheureuses n’avaient pas la frénésie d’être des acteurs de premier plan. Elles étaient simplement fidèles à leur vocation de croyantes qui aiment Jésus sans réserve, jusqu’au prix de leur vie. «Voilà un signe éloquent qui montre comme la vitalité de l’Église ne dépend pas de projets ou de calculs humains mais jaillit d’une adhésion totale au Christ et à son message de salut» a conclu le Préfet. 
  • Il y a cent ans : le Saint-Siège grand absent d'une paix bancale

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    Du site de France Catholique :

    Centenaire de la fin de la Grande Guerre

    Le Saint-Siège grand absent d’une paix bancale

    propos recueillis par Frédéric Aimard

    mercredi 19 juin 2019

    La signature de la paix dans la galerie des Glaces du château de Versailles, 28 juin 1919,
    par William Orpen (1878–1931), musée de la Guerre impériale à Londres.

    Le traité de paix de Versailles, signé il y a cent ans le 28 juin 1919 entre l’Allemagne et les Alliés, n’est pas directement à l’origine de la crise de 1929 ni de la Seconde Guerre mondiale. Mais c’est un échec diplomatique qui prépara mal l’avenir. Dominique Decherf, ancien ambassadeur de France, spécialiste de l’historien Jacques Bainville, revient sur le rôle du Saint-Siège, absent du traité, dans la recherche d’une paix juste.

    Pourquoi le Saint-Siège a-t-il été absent de la conférence de paix ?

    Dominique Decherf : Absent parce que exclu : l’Italie en avait fait une condition de son engagement aux côtés des Alliés en 1915. La question romaine n’avait pas encore été réglée. Elle le sera par les accords du Latran du 11 février 1929. Depuis 1870, le pape est prisonnier dans Rome. Il n’exerce plus de pouvoir temporel. Or seul un État a capacité de traiter internationalement. Il recouvrera ce droit avec la création de la Cité du Vatican.

    Cependant le pape, Benoît XV, cherchera à peser en faveur d’une paix juste ainsi qu’à défendre les intérêts de l’Église. Il envoie à Versailles Mgr Bonaventura Cerretti qui nouera de premiers contacts avec la délégation italienne sur la question romaine, cherchera à maintenir le protectorat sur les Lieux Saints – la Palestine étant devenue mandat britannique. Il réussira à amender un article du traité concernant le respect du caractère catholique des missions dans les ex-colonies allemandes d’Afrique et du Pacifique transformées en mandat. Mgr Cerretti fut ensuite nonce apostolique en France de 1921 à 1926.

    Le Saint-Siège devient-il de ce fait un critique de premier plan du traité établi en dehors de lui ?

    Le traité fut négocié par deux hommes de la Bible, des protestants calvinistes puritains, un fils de pasteur presbytérien, le président américain Wilson, un prédicateur non conformiste gallois, le Premier ministre britannique Lloyd George, et par un anticlérical non repenti, le Père-la-Victoire, président du Conseil, Georges Clemenceau opposé au rétablissement de l’ambassade de France près le Saint-Siège (supprimée en 1904, rétablie en 1921), qui avait aussi refusé qu’aucun officiel assiste au Te Deum à Notre-Dame de Paris le 14 novembre 1918. Tous trois concordaient à « punir » l’Allemagne. Or, côté allemand, le parti catholique, le Zentrum, était une force dominante avec Matthias Erzberger qui jouissait des meilleures entrées à la Curie romaine.

    Le pape Benoît XV auquel Clemenceau ne pardonnait pas sa tentative de médiation du 1er août 1917 – pour sauver l’Autriche-Hongrie – et son successeur en 1922 Pie XI seront régulièrement accusés de favoriser l’Allemagne au détriment des Alliés pour avoir plaidé en faveur d’un allégement du poids des réparations ou de l’occupation militaire française dans la Rhénanie majoritairement catholique. Ce fut notamment l’objet de la première lettre encyclique de Pie XI, Ubi arcano Dei (23 décembre 1922).

    C’est que l’Église devait faire face, d’un côté, à la révolution spartakiste – marxiste – allemande en confortant le régime de Weimar, et d’autre part à une France officielle qui n’avait pas renoncé à son programme laïque et tentait maladroitement d’imposer le régime de séparation des Églises et de l’État à l’Alsace-Lorraine !

    Le propos néanmoins dépassait de loin les enjeux immédiats : il posait au lendemain de la guerre les principes d’un véritable ordre international chrétien dans l’encyclique Pacem Dei munus pulcherrimum (23 mai 1920). Selon ce texte, une paix véritable et durable doit être nécessairement rapportée à l’exercice de la charité chrétienne. Les nations sont appelées à se réunir dans la mise en œuvre d’un ordre international permettant la conservation de la société humaine.

    Retrouver l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

  • Notre simple existence est un défi pour le monde

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    De Samuel Pruvot et Théophane Leroux, avec Erwan de Botmiliau sur le site de Famille Chrétienne :

    Rémi Brague : « Notre simple existence est un défi pour le monde »

    Entretien avec le philosophe Rémi Brague, pour qui la Passion reste la profanation majeure.

    Qu’est-ce qu’un sacrilège ?

    On ne peut pas faire pire que crucifier Dieu. Tout sacrilège perd son pantalon par rap­port à la Passion ! Tout sacrilège est ridicule par rapport à ce qui s’est réellement passé.

    Mesurer la gravité des actes

    Pour le Catéchisme de l’Église catholique, il ne faut pas sous-estimer, d’un point de vue moral, la gravité des actes de profanation même si l’intention des profanateurs n’est pas toujours claire. « Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances […], sont toujours illicites en raison de leur objet : ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère » (§ 1756).

    Les actes antichrétiens ont augmenté de plus de 220 % en dix ans… Les vols dans une église, c’est une vieille histoire : de simples larcins, avec peut-être un petit frisson blasphématoire. Les tags, profanations, etc., restent de l’ordre de la bêtise. La recrudescence de ces dix dernières années est curieuse : qu’est-ce qui a pu se passer dans le cerveau de certains détraqués dans les années 2010 ?

    Les chrétiens sont-ils persécutés sous nos latitudes ?

    Il y a une persécution mais qui est soft, ou plutôt une décision de la part des gens qui ont le pouvoir politique ou médiatique de ne pas nous écouter : nous comptons pour du beurre. Toute mention de ce qui est chrétien est accompagnée d’un ricanement. Que faire contre ? Peut-être montrer que nous sommes plus malins qu’eux et que nous avons à dire quelque chose de plus intéressant. Ça suppose que nous soyons deux fois meilleurs pour réussir à nous faire pardonner le fait que nous sommes chrétiens.

    ▶︎ À LIRE AUSSI. Rémi Brague : « Le christianisme déculpabilise »

    Pourquoi le christianisme suscite-t-il la haine ?

    Jésus l’a dit : le disciple n’est pas plus grand que le maître. Il est tout à fait normal que ce qui arrive au maître arrive aux disciples. Notre simple existence est un défi pour le monde : la transgression que représente l’idée d’un Dieu incarné est énorme. Cela gêne moins de supposer une sorte de division du travail comme dans le psaume : le Ciel est à Dieu, la Terre est aux hommes (1). Les religions païennes – dont l’islam – respectent cette division. Le christianisme, lui, suppose une aventure de Dieu avec l’humanité, laquelle est rendue à son tour capable d’une caractéristique divine : la sainteté. Le paganisme, c’est le refus de l’alliance entre Dieu et son peuple, qui culmine dans l’Incarnation. Et c’est l’usage idolâtrique du divin qui en fait le miroir de nos propres désirs : être tout-puissant, écraser ses ennemis, etc. C’est le rêve de chaque homme pécheur, donc notre rêve à tous si on n’y fait pas attention.

    N’y a-t-il pas aujourd’hui une perte du sens du sacré ?

    C’est un phénomène intéressant de la culture contemporaine : il devient de plus en plus difficile de blasphémer. Où trouver quelque chose de sacré dont on pourrait se moquer ? Toutes les différences sociales étant arasées, il n’y a plus rien d’inviolable.

    Le christianisme passe pour être l’un des derniers lieux du sacré, par contresens, puisqu’il est le lieu de la sainteté, pas de la sacralité. Les chrétiens sont considérés comme étant les seuls à pouvoir être choqués. C’est devenu un fonds de commerce.

    Les chrétiens sont considérés comme étant les seuls à pouvoir être choqués. C’est devenu un fonds de commerce.

    Quelle est la différence entre le sacré et le saint ?

    Le sacré, c’est ce par quoi vous vous soumettez à quelque chose qui demande votre vie. On le reconnaît à ce qu’il se nourrit de sang : la Nation, le prolétariat, la race… Les dieux ont soif. Le saint, c’est ce qui fait vivre, ce qui vous donne la vie, pas ce qui vous la prend. Nous employons le mot « sacré » tous les jours, mais ce qui est vraiment visé, c’est plu­tôt le saint. Le sacré se concentre dans l’individu et ne fait que le ramener à sa vérité de pécheur, puisque ce que je cherche dans l’idole, c’est l’idéal de ce que je devrais être. Cet individu qui n’a d’autres points de fuite que lui-même se trouve obligé de tourner en rond si la contemplation devient impossible : « Circulez, y’a rien à voir… »

    C’est la liberté individuelle qui devient sacrée…

    Nous nous imaginons libres, mais la liberté de l’homme moderne, c’est celle de l’esclave. Aristote dit que les hommes libres sont plus liés que les esclaves. Lorsque le fouet du garde-chiourme s’éloigne, les esclaves font ce qu’ils veulent. Les hommes libres ont la responsabilité, une conscience, un code d’honneur, les règles de la chevalerie et de la courtoisie, etc. Certaines choses se font et d’autres ne se font pas : d’une certaine manière, ils sont moins libres, puisqu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi. Une autre image, c’est la liberté du taxi : un taxi libre est vide, ne va nulle part et peut être pris d’assaut par ceux qui peuvent payer.

    Samuel Pruvot et Théophane Leroux, avec Erwan de Botmiliau

    (1) «  Le Ciel, c’est le Ciel du Seigneur ; aux hommes, Il a donné la Terre  » (Ps 113b, 16).

  • Retour sur Kongolo et l’Eglise martyre au Congo indépendant

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    Pour ceux qui souhaiteraient connaître le contexte du massacre des missionnaires à Kongolo, Paul Vaute a publié l'an dernier un article sur ce sujet, basé sur l'ouvrage que lui a consacré le professeur Dries Vanysacker (KULeuven).

    A noter que le mémorial de Gentinnes ne contient pas les noms de 217 spiritains, comme le dit Kerknet, mais bien de 216 hommes et femmes, dont 156 prêtres, religieuses et religieux de différents ordres et congrégations, victimes des troubles qui ont suivi l'indépendance congolaise.

    Voici le lien:

            https://lepassebelge.blog/2018/01/29/leglise-martyre-au-congo-independant/