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Magistère - Page 11

  • Léon XIV : Les appels à la paix et la voix du Saint-Siège

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV a personnellement porté la Croix à travers les quatorze stations du Chemin de Croix au Colisée le Vendredi saint.

    Ce fut un geste fort, non seulement parce qu'il montrait un pontife à la fois robuste et âgé – à l'instar de Jean-Paul II au début de son pontificat, et de Paul VI, qui institua la tradition du Chemin de Croix au Colisée – mais aussi parce qu'il comprenait la puissance des actions symboliques.  Les gestes de Léon XIV sont délibérés et ancrés dans la tradition chrétienne et romaine. C'est là une clé pour comprendre son pontificat.

    Le choix de la mozzetta lors des occasions officielles, le retour au lavement des pieds avec les prêtres comme apôtres à Saint-Jean-de-Latran, et le port personnel de la Croix (ou de l'ostensoir, comme il le faisait lors de la procession de la Fête-Dieu) témoignent tous de sa volonté de placer l'identité de l'Église au centre.

    En s'appuyant sur ces traditions, Léon XIV présente la foi comme le fondement du message de l'Église au monde, insistant sur le pouvoir des symboles par rapport à la rhétorique.

    Partant de ce principe, le pape a décidé de porter la Croix, soulignant que dans la souffrance, nos yeux doivent rester fixés sur le Christ. Par ce geste, il entendait s'effacer et laisser le Christ au premier plan, comme il l'avait affirmé dans sa première homélie papale à la chapelle Sixtine.

    Le pape a également rendu encore plus vibrant le cri mondial des chrétiens pour la paix.

    Ce n'est pas un hasard si Léon XIV a choisi le père Francesco Patton, franciscain et ancien custode de Terre sainte, pour écrire les méditations du Chemin de Croix . En ce huitième centenaire de la mort de saint François, un franciscain issu d'une zone de conflit délivre un message de paix.

    La paix a été au cœur des efforts de Léon XIV dès le début de son pontificat, lorsqu'en sortant pour la première fois de la Loggia des Bénédictions, il a invoqué la paix « désarmée et désarmante » que seul le Christ peut donner.

    Les appels à la paix de Léon XIV se sont multipliés et intensifiés, trouvant un écho dans ses homélies et ses apparitions publiques.

    Dans son homélie du dimanche des Rameaux, par exemple, il a déclaré : « Voici notre Dieu : Jésus, Roi de la Paix… qui n’écoute pas les prières de ceux qui font la guerre et les rejette, disant : « Même si vous multipliiez vos prières, je n’écouterais pas : vos mains sont tachées de sang . »

    Dans son discours Urbi et Orbi du dimanche de Pâques, Léo s'est montré sans doute plus urgent et plus retentissant.

    « À la lumière de Pâques », a-t-il dit, « laissons-nous émerveiller par le Christ ! »

    « Laissons nos cœurs se transformer sous l'effet de son immense amour pour nous ! » dit Léon. « Que ceux qui possèdent des armes les déposent ! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! »

    Ce sont là des paroles fortes d'avertissement et d'exhortation, adressées sans détour aux puissants, mais force est de constater que les appels de Léon XIV ne suscitent qu'un intérêt fugace avant de sombrer dans l'oubli. Ceci souligne le décalage entre la stratégie de communication symbolique du pape et l'influence réelle de son message dans le paysage médiatique actuel.

    Dans sa lettre d'information « Newman », parue il y a quelques semaines, Matteo Matzuzzi abordait la question du silence papal. Léon XIV est critiqué pour son manque de clarté concernant les Palestiniens, son absence de condamnation directe d'Israël et son silence face aux conflits majeurs. Ses détracteurs interprètent ce silence comme une réticence à prendre position ou à se ranger du côté de l'histoire.

    Matzuzzi soulève une question essentielle : un pape doit-il prendre des positions politiques explicites, ou doit-il plutôt définir une orientation générale et donner aux catholiques les moyens d’agir ? Cette question est au cœur des débats actuels sur la communication papale et l’efficacité de l’approche choisie par Léon XIV .

    En définitive, le Saint-Siège est un acteur mondial.

    Le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques précisément parce que ces relations lui permettent de défendre les pauvres et les défavorisés, et le Pape est appelé à en tenir compte.

    L'objectif de Léon XIV est l'unité et la paix, plaçant le Christ au centre et encourageant les chrétiens à agir avec foi. Ses messages reprennent souvent l'idée que le prêtre est un alter Christus, incitant les croyants à se concentrer sur une action inspirée par le Christ .

    Le contraste avec les interventions spontanées du pape François et sa volonté d'entrer directement dans les débats politiques met en lumière l'argument principal : l'efficacité et la réception de la communication papale dépendent de la manière dont le pape s'exprime : en tant que participant ou en tant que symbole directeur.

    L'approche directe de François a suscité un engagement immédiat, mais a également brouillé le rôle diplomatique unique du Saint-Siège.

    Cela plut à la presse, qui voyait en François une manière authentique de faire les choses, et aussi un champion de tous leurs combats, un « cheval fou » destiné à semer la confusion dans l'Église, l'ouvrant en fait à la modernité.

    Le style « anticonformiste » de François a toutefois eu de graves conséquences – probablement imprévues et involontaires – qui nécessitent encore d'être prises en compte.

    La diplomatie est un langage à part entière, après tout, et l'abandonner en dit long.

    Pour le pape François, l'abandon du langage diplomatique a également diminué l'influence du Saint-Siège ; le traitement des problèmes immédiats par le biais d'encycliques et de documents non universels a fait du pape un acteur mondial parmi d'autres, et non une figure prophétique ; la poursuite d'accords de paix à tout prix — à commencer par l'accord controversé des évêques avec la Chine communiste — montre que le Saint-Siège prendra toutes les mesures pour atteindre des objectifs pragmatiques.

    L'histoire nous a donné un pape (François) dont la voix a largement circulé, voire suscité la controverse, divisant, attaquant et louant de toutes parts. Le pontificat de François, à son tour, a laissé un Saint-Siège affaibli à un moment historique crucial.

    Ces dernières années, le Saint-Siège a vu ses diplomates expulsés du Nicaragua, a essuyé trois échecs de médiation au Venezuela et a lancé des appels à la fin de la guerre en Ukraine qui sont restés lettre morte, contraignant le Saint-Siège à se replier sur une mission essentiellement humanitaire plutôt que diplomatique.

    Léon XIV restaure les symboles, mais il n'a pas encore rétabli le respect qu'ils inspirent.

    Il agit dans un contexte de mutation rapide où la communication est extrêmement rapide, ce qui rend l'absence de réponse immédiate d'autant plus problématique. Mais il agit avant tout pour l'Église.

    Cela déplaît à beaucoup, qui souhaitent influencer le pape. William McGurn a publié un éditorial virulent critiquant l'absence de prise de position du pape, soulignant que les homélies ne sauraient aider l'Iran.

    Ces critiques négligent la mission principale du Pape et du Saint-Siège : assurer l’équilibre et œuvrer pour la paix. La doctrine sociale de l’Église est son instrument, mais sa mise en œuvre concrète incombe à d’autres. Le Pape définit la vision ; l’action requiert la responsabilité de tous.

    Il s'agit d'une approche résolument synodale, au sens le plus clair du terme, et pourtant, elle est contestée par tous ceux qui ont véritablement défendu la synodalité. La synodalité devrait fonctionner comme une forme de démocratisation de l'Église, mais en matière d'idéologie, une position doit être prise.

    C’est peut-être pour cette raison que les appels du pape se heurtent désormais à l’indifférence des médias.

    Alors que les débats passés sur la présence médiatique du pape laissaient entrevoir une possible dilution du message, le contexte actuel marginalise souvent les tentatives de médiation du pape, illustrant ainsi la difficulté d'avoir un impact par la seule communication symbolique .

    Le Vendredi saint, Léon XIV porta la Croix, et à Pâques, dans l'encyclique Urbi et Orbi, il lança son puissant appel à la paix.

    L’espoir est que l’Église se relève et que le Saint-Siège exerce à nouveau une influence sur le destin du monde. Cette influence n’a pas besoin d’être visible, ni de faire les gros titres. Elle doit avoir un impact réel.

  • Jeudi Saint : une homélie de Benoît XVI

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    MESSE DE LA CÈNE DU SEIGNEUR

    HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

    Basilique Saint-Jean-de-Latran
    Jeudi Saint, 21 avril 2011

    Chers frères et sœurs,

    «J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir!» (Lc22, 15). Par ces mots, Jésus a ouvert la célébration de son dernier banquet et de l’institution de la sainte Eucharistie. Jésus est allé au devant de cette heure, en la désirant. Au fond de lui-même, il a attendu ce moment où il se donnerait lui-même aux siens sous les espèces du pain et du vin. Il a attendu ce moment qui aurait dû être en quelque sorte les véritables noces messianiques: la transformation des dons de cette terre et le fait de devenir un avec les siens, pour les transformer et inaugurer ainsi la transformation du monde. Dans le désir de Jésus, nous pouvons reconnaître le désir de Dieu lui-même – son amour pour les hommes, pour sa création, un amour en attente. L’amour qui attend le moment de l’union, l’amour qui veut attirer les hommes à soi, pour ainsi réaliser entièrement le désir de la création elle-même: en effet, celle-ci est tendue vers la manifestation des fils de Dieu (cf. Rm 8, 19). Jésus nous désire, il nous attend. Et nous, le désirons-nous vraiment? Nous sentons-nous poussés intérieurement à le rencontrer? Désirons-nous ardemment sa proximité, devenir un avec lui, don qu’il nous fait dans la sainte Eucharistie? Ou bien sommes-nous indifférents, distraits, remplis d’autres choses? D’après les paraboles de Jésus sur les banquets, nous savons qu’il connaît la réalité des places restées vides, la réponse négative, le désintérêt pour lui et pour sa proximité. Les places vides au banquet nuptial du Seigneur, avec ou sans excuses, sont pour nous, depuis longtemps désormais, non pas une parabole, mais une réalité présente, précisément dans ces pays auxquels il avait manifesté sa proximité particulière. Jésus savait aussi que des invités seraient venus, oui, mais sans être revêtus de l’habit nuptial – sans la joie de sa proximité, suivant seulement une habitude, et avec une tout autre orientation de leur vie. Saint Grégoire le Grand, dans une de ses homélies, se demandait: quel genre de personnes sont celles qui viennent sans habit nuptial? En quoi consiste cet habit et comment l’acquiert-on? Sa réponse est: ceux qui ont été appelés et viennent ont en quelque sorte la foi. C’est la foi qui leur ouvre la porte. Mais il leur manque l’habit nuptial de l’amour. Celui qui ne vit pas la foi en tant qu’amour n’est pas préparé pour les noces et il est jeté dehors. La communion eucharistique requiert la foi, mais la foi requiert l’amour, autrement elle est morte aussi comme foi.

    À travers les quatre Évangiles, nous savons que le dernier banquet de Jésus, avant sa Passion, a été aussi un lieu d’annonce. Jésus a proposé encore une fois avec insistance les éléments fondamentaux de son message. Parole et Sacrement, message et don sont inséparablement unis. Cependant, durant son dernier banquet, Jésus a surtout prié. Matthieu, Marc et Luc utilisent deux mots pour décrire la prière de Jésus au moment central de la Cène: «eucharistesas» et «eulogesas» - «remercier» et «bénir». Le mouvement ascendant du remerciement et celui descendant de la bénédiction vont ensemble. Les paroles de la transsubstantiation font partie de cette prière de Jésus. Ce sont des paroles de prière. Jésus transforme sa Passion en prière, en offrande au Père pour les hommes. Cette transformation de sa souffrance en amour possède une force transformante pour les dons dans lesquels, à présent, il se donne lui-même. Il nous les donne afin que nous-mêmes et le monde soyons transformés. Le but véritable et dernier de la transformation eucharistique c’est notre transformation elle-même dans la communion avec le Christ. L’Eucharistie vise l’homme nouveau, le monde nouveau tel qu’il peut naître uniquement à partir de Dieu à travers l’œuvre du Serviteur de Dieu.

    Grâce à Luc et surtout à Jean, nous savons que Jésus dans sa prière durant la Dernière Cène a aussi adressé des suppliques au Père – suppliques qui, en même temps, contiennent des appels à ses disciples d’alors et de tout temps. En cette heure, je voudrais choisir uniquement une supplique que, selon Jean, Jésus a répétée quatre fois au cours de sa Prière sacerdotale. Combien a-t-elle dû le préoccuper en son for intérieur! Elle reste constamment sa prière au Père pour nous: c’est la prière pour l’unité. Jésus dit explicitement que cette supplique n’est pas valable seulement pour les disciples présents à ce moment-là, mais qu’elle concerne tous ceux qui croiront en lui (cf. Jn 17, 20). Elle demande que tous soient un «comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin que le monde croie» (Jn 17, 21). L’unité des chrétiens ne peut se réaliser que si les chrétiens sont intimement unis à lui, à Jésus. Foi et amour pour Jésus, foi dans son être un avec le Père et ouverture à l’unité avec lui sont essentiels. Cette unité n’est donc pas seulement quelque chose d’intérieur, de mystique. Elle doit devenir visible, visible au point de constituer pour le monde la preuve que Jésus a été envoyé en mission par le Père. C’est pour cela que cette supplique a un sens eucharistique caché que Paul a clairement mis en évidence dans la Première Lettre aux Corinthiens: «Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ? Puisqu’il y a un seul pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un corps, car tous nous participons à ce pain unique.» (1 Co 10, 16s). Avec l’Eucharistie naît l’Église. Nous tous nous mangeons le même pain, nous recevons le même corps du Seigneur, ce qui signifie qu’Il ouvre chacun de nous, au-delà de lui-même. Il nous rend tous un. L’Eucharistie est le mystère de la proximité et de la communion intimes de chacun avec le Seigneur. Et, en même temps, elle est l’union visible de tous. L’Eucharistie est Sacrement de l’unité. Elle parvient jusque dans le mystère trinitaire, et elle crée ainsi, en même temps, l’unité visible. Disons-le encore une fois: elle est la rencontre très personnelle avec le Seigneur et, toutefois, elle n’est jamais seulement un acte individuel de dévotion. Nous la célébrons nécessairement tous ensemble. Dans chaque communauté, le Seigneur est présent de manière totale. Mais il est un seul dans toutes les communautés. C’est pourquoi les paroles: «Una cum Papa nostro et cum Episcopo nostro» font nécessairement partie de la prière eucharistique de l’Église. Ce n’est pas un ajout extérieur à ce qui se produit intérieurement, mais une expression nécessaire de la réalité eucharistique elle-même. Et nous mentionnons le Pape et l’Évêque par leur nom: l’unité est tout-à-fait concrète, elle porte des noms. Ainsi l’unité devient visible, elle devient signe pour le monde et elle établit pour nous-mêmes un critère concret.

    Saint Luc a conservé pour nous un élément concret de la prière de Jésus pour l’unité: «Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment; mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères» (Lc 22, 31s). Aujourd’hui nous constatons de nouveau avec douleur qu’il a été concédé à Satan de cribler les disciples, de manière visible, face au monde entier. Et nous savons que Jésus prie pour la foi de Pierre et de ses successeurs. Nous savons que Pierre qui, à travers les eaux agitées de l’histoire va à la rencontre du Seigneur et risque de couler, est toujours à nouveau soutenu par la main du Seigneur et guidé sur les eaux. Mais après suit une annonce et une tâche. «Toi donc, quand tu seras revenu…»: Tous les êtres humains, excepté Marie, ont continuellement besoin de conversion. Jésus prédit à Pierre sa chute et sa conversion. De quoi Pierre a-t-il dû se convertir? Au début, lors de son appel, effrayé par le pouvoir divin du Seigneur et par sa propre misère, Pierre avait dit: «Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur!» (Lc 5, 8). À la lumière du Seigneur, il reconnaît son imperfection. C’est précisément ainsi, dans l’humilité de celui qui se sait pécheur, qu’il est appelé. Il doit toujours retrouver à nouveau cette humilité. Près de Césarée de Philippe, Pierre n’avait pas voulu accepter que Jésus ait à souffrir et à être crucifié. Cela n’était pas conciliable avec l’image qu’il se faisait de Dieu et du Messie. Au Cénacle, il n’a pas voulu accepter que Jésus lui lave les pieds: cela n’allait pas avec son idée de la dignité du Maître. Au Jardin des Oliviers, il a frappé de son glaive. Il voulait démontrer son courage. Cependant, devant la servante, il a affirmé ne pas connaître Jésus. À ce moment-là, cela ne lui semblait qu’un petit mensonge, pour pouvoir rester près de Jésus. Son héroïsme s’est effondré à cause d’un jeu mesquin pour une place au centre des évènements. Nous tous nous devons toujours à nouveau apprendre à accepter Dieu et Jésus Christ tel qu’il est, et non tel que nous voudrions qu’il soit. Nous aussi nous avons du mal à accepter qu’il se soit lié aux limites de son Église et de ses ministres. Nous non plus nous ne voulons pas accepter qu’il soit sans pouvoir en ce monde. Nous aussi nous nous cachons derrière des prétextes, lorsque notre appartenance au Christ devient trop coûteuse et trop dangereuse. Nous tous nous avons besoin de conversion pour accueillir Jésus dans son être-Dieu et son être-Homme. Nous avons besoin de l’humilité du disciple qui observe la volonté du Maître. En cette heure, nous voulons le prier de nous regarder nous aussi comme il a regardé Pierre, au moment propice, avec ses yeux bienveillants, et de nous convertir.

    Pierre, le converti, est appelé à affermir ses frères. Ce n’est pas un fait extérieur que cette tâche lui soit confiée au Cénacle. Le service de l’unité a son lieu visible dans la célébration de la sainte Eucharistie. Chers amis, pour le Pape c’est un grand réconfort que de savoir qu’au cours de chaque Célébration eucharistique, tous prient pour lui; que notre prière s’unit à la prière du Seigneur pour Pierre. C’est seulement grâce à la prière du Seigneur et de l’Église que le Pape peut accomplir sa tâche d’affermir ses frères – de paître le troupeau de Jésus et de se porter garant de cette unité qui devient témoignage visible de la mission de Jésus de la part du Père.

    «J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous». Seigneur, tu nous désires, tu me désires. Tu désires te donner toi-même à nous dans la sainte Eucharistie, t’unir à nous. Seigneur, suscite aussi en nous le désir de toi. Renforce-nous dans l’unité avec toi et entre nous. Donne à ton Église l’unité, afin que le monde croie. Amen.

  • L’intention de prière du Pape pour le mois d’avril : prier pour les prêtres en crise

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    De Vatican News :

    En avril, Léon XIV invite à prier pour les prêtres en crise

    L’intention de prière du Pape pour le mois d’avril, diffusée par la campagne «Prie avec le Pape» via le Réseau mondial de prière du Pape met l’accent sur l’accompagnement humain et spirituel des prêtres qui traversent des moments de difficulté.

    Au début de la Semaine Sainte, le Pape Léon XIV fait connaître son intention de prière pour le mois d’avril, consacrée aux prêtres en crise, ouvrant un espace de réflexion sur la nécessité de prendre soin d’eux, de les écouter et de les accompagner. Par l’intermédiaire du Réseau Mondial de prière du Pape et de la campagne «Prie avec le Pape», le Saint-Père invite les fidèles et les personnes de bonne volonté à s’arrêter un moment dans la prière, afin de reconnaître et d’approfondir le fait que, derrière chaque ministère, il y a une vie qui a elle aussi besoin de proximité et d’écoute. 

    Dans sa prière, le Pape adresse une supplication profonde pour les prêtres qui traversent des moments de difficulté: «lorsque la solitude pèse, que les doutes obscurcissent le cœur et que la fatigue semble plus forte que l’espérance». Léon XIV rappelle que les prêtres «ne sont ni des fonctionnaires ni des héros solitaires, mais des fils bien-aimés, des disciples humbles et aimés, et des pasteurs soutenus par la prière de leur peuple».

    En outre, le Souverain pontife souligne l’importance de redécouvrir la dimension communautaire du ministère sacerdotal. En particulier, il invite les fidèles à «écouter sans juger, remercier sans exiger la perfection et accompagner avec proximité et une prière sincère», en reconnaissant que le soin des prêtres est une responsabilité partagée par tout le Peuple de Dieu. 

    Dans sa prière, le Pape demande en particulier que les prêtres puissent compter sur «des amitiés saines, des réseaux de soutien fraternel» et sur la grâce de redécouvrir la beauté de leur vocation.

    Soutenir fraternellement ceux qui soutiennent

    Le Directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, le Père Cristóbal Fones souligne que cette intention de prière lui tient particulièrement à cœur: «Le Pape nous rappelle que nous devons soutenir fraternellement ceux qui soutiennent. Moi-même, je la ressens de très près, à cause de tant de confrères et amis prêtres qui traversent des moments difficiles. Il est fondamental de rappeler l’importance de l’accompagnement humain, de l’amitié sincère et, surtout, du soutien dans la prière. Les prêtres ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls».

    À la lumière du magistère récent de l’Église — depuis le Concile Vatican II jusqu’aux enseignements des derniers pontifes — il est souligné que le prêtre est un homme fragile qui a besoin de miséricorde, de proximité et de compréhension. C’est pourquoi il est essentiel de rappeler qu’il ne doit pas affronter seul les moments de découragement, mais se laisser accompagner et soutenir par la communauté. La fraternité sacerdotale, la vie partagée et la prière du Peuple de Dieu apparaissent ainsi comme des sources essentielles de grâce, capables de renouveler leur vocation et de les soutenir dans leur mission quotidienne.

    « N’ayez pas peur de votre fragilité: le Seigneur ne cherche pas des prêtres parfaits »

    Une Église synodale est aussi une Église qui prend soin de la vocation des prêtres et la soutient, en les aidant à être de meilleurs pasteurs, de meilleurs frères, de meilleures personnes. Le Pape François, dans La vidéo du Pape de juillet 2018 , exprimait déjà sa préoccupation pour ses frères prêtres, en commençant son intervention par ces mots: «La fatigue des prêtres… Savez-vous combien de fois j’y pense ?».

    Le 27 juin 2025, le Pape Léon XIV lui-même, à l’occasion de la Journée de sanctification sacerdotale  s’est adressé aux prêtres en ces termes: «N’ayez pas peur de votre fragilité: le Seigneur ne cherche pas des prêtres parfaits, mais des cœurs humbles, disponibles à la conversion et prêts à aimer comme Lui-même nous a aimés». De même, le 26 juin 2025, le Pape avait interpellé les participants à une rencontre internationale sur les "prêtres heureux" promue par le Dicastère pour le Clergé lors du Jubilé des prêtres, en leur disant: «Au cœur de l’Année Sainte, ensemble nous voulons témoigner qu’il est possible d’être des prêtres heureux, parce que le Christ nous a appelés, le Christ nous a faits ses amis (cf. Jn 15,15); c’est une grâce que nous voulons accueillir avec gratitude et responsabilité».

    Depuis le Réseau Mondial de Prière du Pape, il est mis en lumière que cette intention n’est pas seulement une invitation à prier, mais aussi à agir : promouvoir des espaces d’écoute, favoriser des communautés accueillantes, éviter les critiques destructrices et renforcer les liens au sein de la communauté. 

    Le réseau mondial de prière

    Le Réseau Mondial de Prière du Pape, confié à la Compagnie de Jésus, est aujourd’hui présent dans plus de 90 pays et rassemble plus de 22 millions de personnes. Fondé en 1844 sous le nom d’«Apostolat de la Prière», ce réseau est devenu une fondation vaticane en 2020 à l’initiative du Pape François. Ses intentions mensuelles invitent les fidèles à prier et à agir face aux grands défis de l’humanité et de la mission de l’Église. 

  • Le catholicisme comme religion d'État, l'exception positive de Monaco

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Le catholicisme comme religion d'État, l'exception positive de Monaco

    Lors de son voyage apostolique en Principauté de Monaco, le pape Léon XIV a salué le catholicisme comme religion d'État. Un événement aujourd'hui rare, qui porte un coup dur au dogme moderne de la laïcité d'État, à condition toutefois que le catholicisme soit véritablement vécu comme religion publique. 

    31 mars 2026

    Léon XIV et la famille d'Albert II de Monaco

    Le voyage de Léon XIV en Principauté de Monaco, samedi 28 mars, présentait un double intérêt, comme l'a immédiatement souligné la presse : la Principauté est l'un des rares États catholiques où le catholicisme est religion d'État, et le Prince a récemment refusé de signer une loi, approuvée en mai dernier par le Conseil national, autorisant l'avortement jusqu'à la douzième semaine de grossesse, invoquant la religion catholique du souverain. Ces deux raisons sont liées, mais la première a manifestement suscité le plus d'intérêt. Aujourd'hui, en effet, l'idée même d'un État catholique est considérée comme un blasphème par le laïcisme dominant. De ce fait, cette visite a également pu être perçue comme une provocation envers l'un des dogmes les plus largement acceptés de la politique occidentale. Dans son message de bienvenue à la population lors de cette visite de courtoisie au Prince de Monaco, Léon XIV a fait directement référence à la question de l'État catholique dans un passage particulièrement révélateur : « La foi catholique, dont vous êtes parmi les rares pays au monde à avoir la religion d'État, nous place devant la souveraineté de Jésus. »

    Par ces mots, l'idée d'une religion d'État est acceptée positivement, ce qui constitue en soi une bonne nouvelle. Le Pape ne mentionne pas l'« autonomie légitime » de l'État, une expression qui masque souvent l'acceptation du sécularisme moderne. Il ne parle pas d'un sécularisme « ouvert » aux religions, une expression qui conduit généralement à l'indifférence religieuse et à l'égalité politique des différentes religions. En reconnaissant la religion d'État, il confirme que le catholicisme, en Principauté de Monaco, occupe une place primordiale et unique et, implicitement, affirme que cela est juste, conformément aux préceptes de l'Église catholique elle-même. Léon XIV reconnaissait implicitement une relation privilégiée entre l'État, et non seulement la personne du Prince ou sa famille, et une religion unique. La référence à la souveraineté du Christ comme fondement de la religion d'État revêt donc une importance considérable, avec tout ce que ce concept de royauté a signifié et signifie encore, malgré les récents réexamens théologiques. La souveraineté du Christ exige la religion d'État. Cela tend à faire de la situation de la Principauté non pas une exception isolée, mais la règle. D'où peut-être l'insistance du Pape sur des détails – comme la petitesse de la Principauté de Monaco – qui peuvent jouer un rôle majeur dans le plan providentiel de Dieu.

    Cette souveraineté du Christ, a poursuivi le Pape, « engage les chrétiens à devenir un royaume de frères et sœurs dans le monde, une présence qui n’écrase pas mais élève, qui ne sépare pas mais unit, prête à toujours protéger par amour toute vie humaine, à chaque instant et en toute circonstance, afin que nul ne soit jamais exclu de la table de la fraternité ». Ce développement du discours peut être compris comme la lumière que la vraie religion émane pour animer toute la société, dans une fraternité qui, si elle n’est pas fondée sur la religion, risque toujours de se perdre. Nous sommes tous frères au niveau naturel, mais sans la souveraineté du Christ, cette fraternité purement naturelle se perd.

    Le prince Albert II a également évoqué cette fonction sociale directe de la religion : « Le cadre actuel respecte qui nous sommes à la lumière du rôle qu'occupe la religion catholique dans notre pays, tout en assurant un soutien sûr et plus humain. »

    Il serait regrettable de ne pas prendre en compte les développements survenus lors de la visite papale en Principauté de Monaco. La reconnaissance du rôle public et politique (voire institutionnel) de la religion catholique constitue une contre-révolution face à l'irréligion qui domine la vie politique des pays occidentaux, notamment européens, et appelle à une profonde remise en question du concept obsolète de laïcité. Toutefois, il serait naïf de croire que les discours du Pape à Monaco constituaient un appel au retour à un régime chrétien. La Principauté, comme Léon XIV l'a lui-même reconnu, est un microcosme, une société profondément sécularisée, laïque dans son mode de vie et très prospère. Face à cette société, la religion d'État risque de devenir une simple convention, et non plus un élément de la vie quotidienne. Certes, le Prince s'est opposé à la loi sur l'avortement, mais il est tout aussi vrai que le Conseil national l'a approuvée.

    C’est là qu’intervient l’invitation du Pape à la communauté catholique, l’invitant à intégrer dans sa vie les enseignements tirés de son statut de religion d’État. Ce statut exige que la relation privilégiée avec le catholicisme se manifeste et s’accomplisse dans la vie de la communauté, dans le respect des autres religions et des différentes cultures, mais aussi en s’affirmant d’abord comme religion publique et comme culture sociale et politique. Si le catholicisme demeure cantonné à la dévotion privée, sa reconnaissance comme religion d’État risque de rester superficielle, et quelques déclarations marquantes du Prince ne suffiront pas à la garantir.

    Lire aussi : Le pape Léon à Monaco : un succès malgré la controverse

  • Quand Léon XIV se fait chantre de la vie monastique bénédictine

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV
    À LA COMMUNAUTÉ MONASTIQUE
    DE L'ABBAYE DE SANTA SCOLASTICA À SUBIACO,
    À LA COMMUNAUTÉ MONASTIQUE
    DE L'ABBAYE DE SANTA MARIA DEL MONTE À CESENA
    ET AUX BÉNÉDICTINES
    DE L'ABBAYE DE SANTA SCOLASTICA À BARI

    Salle du Consistoire, lundi 30 mars 2026

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    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

    Que la paix soit avec vous !

    Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Je me réjouis de cette rencontre, qui nous donne aussi l'occasion de réfléchir ensemble à la valeur du charisme bénédictin dans vos vies, dans la vie de l'Église et dans le monde.

    En identifiant « les instruments des bonnes œuvres », saint Benoît, au chapitre IV de la  Règle , nous exhorte à « veiller sur chacun de nos actes » (48). Vous, moniales bénédictines contemplatives, moines bénédictins, vous savez combien la prière et la lecture priante de la Parole de Dieu, en particulier la  Lectio divina , contribuent à cette vigilance, permettant à ceux qui les pratiquent de comprendre la vérité sur eux-mêmes, de reconnaître leurs faiblesses et leurs péchés et de célébrer les grâces et les bénédictions du Seigneur. C’est ainsi que se renouvelle en nous le désir de lui appartenir et que se confirme notre vœu de consécration. L’Écriture doit donc toujours être « la nourriture de notre vie, de notre contemplation et de notre vie quotidienne, afin que vous puissiez alors partager cette expérience transformatrice » (François, Constitution apostolique  Vultum Dei quaerere , 19).

    Le chemin de sanctification d'une personne consacrée, d'une religieuse, aussi riche soit-il de ferveur et d'inspiration, ne saurait se réduire à un simple parcours personnel. Il comporte une dimension communautaire essentielle, où la proclamation de la libération pascale prend une forme tangible dans le service fraternel, reflet de l'amour universel du Christ pour l'Église et pour l'humanité.

    À cet égard, la synodalité, promue par le pape François comme fondamentale pour la vie de l’Église, se traduit au monastère par la pratique quotidienne du cheminement commun, de l’écoute réciproque, du discernement communautaire sous la conduite de l’Esprit Saint et de la communion avec l’Église locale et la famille bénédictine. Cela se manifeste dans l’assemblée fraternelle, dans la prière commune et dans les décisions partagées, où autorité et obéissance dialoguent pour chercher ensemble la volonté de Dieu. La vie monastique ne saurait se réduire à un simple retrait du monde extérieur. Elle est un moyen par lequel un amour semblable à celui du Maître peut grandir dans le cœur des disciples, prêts à partager et à s’entraider, même entre monastères. Ainsi, dans un monde souvent marqué par le repli sur soi et l’individualisme, la vie monastique deviendra de plus en plus un modèle pour tout le peuple de Dieu, nous rappelant qu’être missionnaire, avant d’agir, exige une manière d’être et de vivre les relations.

    Il convient ici d’évoquer un aspect particulier propre à la vie missionnaire cloîtrée : l’intercession. Par la Parole faite prière, elle nous unit au Christ Médiateur, qui intercède pour nous (cf.  He  7, 25). L’intercession est le privilège des cœurs qui battent à l’unisson avec la miséricorde de Dieu (cf.  Catéchisme de l’Église catholique , 2635), prêts à recueillir et à présenter au Seigneur les joies et les peines, les espoirs et les angoisses des hommes d’aujourd’hui et de tous les temps (cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale  Gaudium et spes , 1). C’est là un aspect primordial et fondamental de l’œuvre qui vous est confiée.

    Anne, la prophétesse, en est un exemple. « Elle ne quittait point le temple, y servant Dieu nuit et jour, par le jeûne et la prière » ( Lc  2, 37). Veuve et d’un âge avancé, elle avait fait du temple sa demeure. La prière et l’ascèse l’ont conduite à reconnaître le Messie dans l’enfant pauvre et anonyme présenté par Marie et Joseph : elles lui ont permis de discerner, au cœur de l’histoire, l’intervention divine et d’en faire une proclamation prophétique de joie et d’espérance pour tout le peuple d’Israël.

    La prophétie et le discernement nous conduisent à un dernier thème que je souhaite aborder avec vous : la formation continue, particulièrement nécessaire à notre époque. Elle consiste avant tout à « connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance » (Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, Instruction  Cor Orans , 223) et est fondamentale pour que la vie consacrée « puisse accomplir son service au monastère, à l’Église et au monde d’une manière toujours plus appropriée » ( ibid ., 236). Toute la communauté est actrice de cette formation, par la prière, la Parole, les temps de célébration et de prise de décision, le dialogue et le renouveau, vécus et partagés dans la primauté de la charité. Cela implique un engagement, pour vous tous, avec sagesse et prudence, d’encourager toute bonne intention et de diriger tout effort vers une croissance commune dans la capacité de donner, afin que chaque monastère devienne, comme le souhaitait saint Benoît, toujours plus une « école du service du Seigneur » (cf.  Prologue à la Règle , 45).

    Chers frères et sœurs, merci pour l’immense bien, souvent invisible, que vous faites à l’Église par vos offrandes, vos prières incessantes, votre service et le témoignage de votre vie. Poursuivez cette œuvre, qui est « l’œuvre de Dieu » (cf. saint Benoît, Règle 43, 3). Je vous confie à Marie Très Sainte, Mère du Silence, Femme d’Écoute, à saint Benoît, à sainte Scholastique et aux nombreux saints bénédictins, et je vous bénis de tout cœur.

  • Léon XIV : vers un tournant ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : vers un tournant ?

    30 mars 2026

    Par une déclaration avisée et réfléchie, Léon XIV a à la fois recentré et relativisé la question de l’usage du rite ancien.

    Dans un message adressé aux évêques français réunis à Lourdes pour leur assemblée plénière périodique, le pape a exprimé son espoir que le Saint-Esprit incite les évêques à trouver « des solutions concrètes qui permettront l’inclusion généreuse de ceux qui adhèrent sincèrement au Vetus Ordo », c’est-à-dire aux rites anciens, « selon les lignes directrices établies par le Concile Vatican II concernant la liturgie ».

    Il s’agit d’une déclaration habile pour plusieurs raisons, notamment parce qu’elle cite les lignes directrices de réforme établies par le Concile Vatican II, ce qui a permis aux évêques d’agir sans rompre avec les objectifs déclarés du pape François visant à restreindre la messe traditionnelle en latin en 2021, tout en omettant ostensiblement de mentionner le très impopulaire Traditionis custodes de François, le motu proprio par lequel il a restreint l’ancienne messe.

    Léon XIV a démontré son désir d’aller au-delà du pape François, en d’autres termes, en recherchant une « paix liturgique » qui serait d’un grand service à l’Église aujourd’hui. Léon a également reconnu – sans pour autant rejeter la faute sur quiconque – que le pape François, avec Traditionis custodes, avait créé une fracture qui serait très difficile à réparer.

    Léon XIV, confronté à une Église française qui s'interrogeait sur le nombre sans cesse croissant de baptêmes d'adultes dans un contexte de foi globalement traditionnelle, a souligné que non, les fidèles qui se sentent les plus proches de l'ancien rite ne peuvent être mis à l'écart.

    La démarche du pape est intéressante, car elle laisse entendre que le problème pourrait être surmonté. De plus, en France, même un évêque non traditionaliste comme le cardinal Jean-Marc Aveline, aujourd’hui président des évêques de France, a célébré selon l’ancien rite précisément pour éviter de perdre un groupe important de fidèles qui restent néanmoins dans le giron de la tradition catholique.

    Le sujet est vaste. Face à une sécularisation croissante, on observe un intérêt toujours plus grand pour la tradition de l’Église, qui se reflète également dans le recours au rite ancien. Ce retour à l’Église et à la foi s’observe aussi dans des pays comme la Suisse, où le portail épiscopal catt.ch a consacré une grande enquête au retour à la foi et à l’augmentation des baptêmes d’adultes.

    La réalisation de la paix liturgique serait une grande réussite pour Léon XIV et pour l’Église.

    Depuis le Concile Vatican II, le sujet de la liturgie a suscité de vives polémiques, créant des divisions et plaçant les chrétiens dans une situation de « avant et après », les rangeant d’un côté ou de l’autre. Léon XIV souhaite apaiser ces divisions et rétablir l’unité. Il entend le faire – comme le montre la lettre – en partant d’une perspective locale, en traitant chaque cas individuellement, sans modifier les dispositions du pape François, mais simplement en ne les appliquant pas pleinement. C’est une décision sage, qui marque également un tournant dans le pontificat.

    Léon XIV rencontre et écoute tout le monde. L’audience accordée à Gareth Gore, auteur d’un livre très critique sur l’Opus Dei, a fait sensation, mais s’inscrivait en réalité dans la « campagne d’écoute » de Léon et s’inscrivait dans la continuité de la pratique du pontife consistant à entretenir des contacts avec des journalistes qu’il connaissait au Pérou.

    C’est un pape attentif à l’opinion publique, mais pas pour autant esclave de celle-ci. Gore a demandé au pape de créer une commission d’enquête sur l’Opus Dei, mais il n’est pas certain que le pape donne suite à cette demande, d’autant plus que l’Église dispose des moyens nécessaires pour comprendre les situations au sein des organisations religieuses.

    Écouter ne signifie toutefois pas se soumettre. Le pape recueille des informations et les évalue avant de prendre des décisions.

    La question de la liturgie est cruciale, et le dialogue avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, lorsque celle-ci a annoncé son intention d’ordonner de nouveaux évêques sans mandat papal, a en effet constitué un premier test. Avant même cela, Léon XIV avait adressé un message au pèlerinage Paris-Chartres l’été dernier, ce qui était significatif, étant donné que ce pèlerinage avait été lancé par une association de fidèles de la messe tridentine.

    Dans l’ensemble, Léon XIV s’efforce d’harmoniser le gouvernement de l’Église.

    En ce sens, Léon XIV recherche des profils présentant des caractéristiques très spécifiques. La dernière nomination de la Curie est celle de l’évêque australien Anthony Randazzo au poste de préfet du Dicastère pour les textes législatifs.

    Randazzo vient d’assez loin pour ne pas devenir esclave des procédures romaines, mais il a vécu à Rome assez longtemps pour comprendre le fonctionnement de la Curie. Randazzo a notamment été fonctionnaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi sous la direction du cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet. Il apporte donc un état d’esprit traditionnel ancré dans les pratiques de la Curie de la fin des années 1990, ainsi que l’expérience pastorale d’un évêque venu de l’autre bout du monde et une certaine capacité à relever des défis majeurs sans trop de tapage ni de visibilité. C’est ce que recherche Léon XIV.

    Renzo Pegoraro, chancelier de l’Académie pontificale pour la vie, a occupé le devant de la scène. Léon XIV lui a conféré le titre d’archevêque, rétablissant ainsi le principe selon lequel les responsables des dicastères et des académies pontificales doivent être des archevêques, en collégialité avec le pape.

    Tous les regards sont désormais tournés vers le Dicastère de la Communication, d’autant plus qu’il serait logique de remplacer un laïc comme l’actuel préfet, Paolo Ruffini, par un ecclésiastique. Cela démontrerait que ce pontificat prend une direction claire : pas de rupture avec le pontificat précédent, mais un retour manifeste à un pontificat « romain » dans sa forme (avec tous les chefs de dicastères au moins archevêques, c'est-à-dire en collégialité avec le pape) et institutionnel dans ses méthodes.

    Dans le même temps, il semble que le pape s’apprête enfin à entamer le remaniement de la Secrétairerie d’État : selon les rumeurs, Mgr Edgar Pena Parra serait nommé nonce en Italie, Mgr Paolo Rudelli deviendrait le nouveau sostituto, et Mgr Petar Rajić serait le nouveau préfet de la Maison pontificale. Ces nominations pourraient prendre effet après Pâques, mais il est également possible que le pape promeuve l’archevêque Paul Richard Gallagher, actuellement « ministre des Affaires étrangères » du Vatican, et nomme ensuite un nouveau ministre chargé des relations avec les États.

    En résumé, le pontificat de Léon XIV apparaît de plus en plus comme un pontificat qui ne cherche pas à marquer une rupture, mais plutôt à saisir l’occasion de conduire l’Église au cœur du XXIe siècle et au-delà.

    Pour Léon XIV, un renouveau générationnel s’impose. Mais avant tout, il faut ramener les gens à la foi et les y former. La paix liturgique y contribuera. Des ajustements institutionnels permettront au pape d’agir en tant que pape.

  • Gravir "l'Echelle du Paradis" avec Jean Climaque (30 mars)

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    De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 11 février 2009 :

    Jean Climaque

    Chers frères et sœurs,

    Après vingt catéchèses consacrées à l'Apôtre Paul, je voudrais reprendre aujourd'hui la présentation des grands Ecrivains de l'Eglise d'Orient et d'Occident de l'époque médiévale. Et je propose la figure de Jean, dit Climaque, translittération latine du terme grec klímakos, qui signifie de l'échelle (klímax). Il s'agit du titre de son œuvre principale, dans laquelle il décrit l'ascension de la vie humaine vers Dieu. Il naquit vers 575. Sa vie se déroula donc pendant les années où Byzance, capitale de l'empire romain d'Orient, connut la plus grande crise de son histoire. A l'improviste, le cadre géographique de l'empire se transforma et le torrent des invasions barbares fit s'effondrer toutes ses structures. Seule tint bon la structure de l'Eglise, qui continua pendant ces temps difficiles à exercer son action missionnaire, humaine et socio-culturelle, en particulier à travers le réseau des monastères, dans lesquels œuvraient de grandes personnalités religieuses, comme celle, précisément, de Jean Climaque.

    Jean vécut et raconta ses expériences spirituelles dans les montagnes du Sinaï, où Moïse rencontra Dieu et Elie en entendit la voix. On conserve des informations le concernant dans une brève Vita (pg 88, 596-608), écrite par le moine Daniel de Raito:  à seize ans, Jean, devenu moine sur le mont Sinaï, y devint le disciple de l'abbé Martirio, un "ancien"; c'est-à-dire un "sage". Vers vingt ans, il choisit de vivre en ermite dans une grotte au pied de la montagne, dans un lieu appelé Tola, à huit kilomètres du monastère de Sainte-Catherine. Mais la solitude ne l'empêcha pas de rencontrer des personnes souhaitant avoir une direction spirituelle, ainsi que de se rendre en visite dans plusieurs monastères à Alexandrie. En effet, sa retraite d'ermite, loin d'être une fuite du monde et de la réalité humaine, déboucha sur un amour ardent pour les autres (Vita 5) et pour Dieu (Vita 7). Après quarante ans de vie érémitique vécue dans l'amour pour Dieu et pour son prochain, des années pendant lesquelles il pleura, il pria, il lutta contre les démons, il fut nommé higoumène du grand monastère du mont Sinaï et revint ainsi à la vie cénobitique, dans un monastère. Mais, quelques années avant sa mort, nostalgique de sa vie d'ermite, il laissa à son frère, moine dans le même monastère, la conduite de la communauté. Il mourut après 650. La vie de Jean se développe entre deux montagnes, le Sinaï et le Thabor, et on peut vraiment dire que de lui rayonna la lumière vue par Moïse sur le Sinaï et contemplée par les trois apôtres sur le Thabor.

    Il devint célèbre, comme je l'ai déjà dit, pour l'œuvre intitulée l'Echelle (klímax), qualifiée en Occident comme Echelle du paradis (pg 88, 632-1164). Composée sur la requête insistante du proche higoumène du monastère de Raito au Sinaï, l'Echelle est un traité complet de vie spirituelle, où Jean décrit le chemin du moine depuis le renoncement au monde jusqu'à la perfection de l'amour. C'est un chemin qui - selon ce livre - se développe à travers trente marches, chacune d'elle étant liée à la suivante. Le chemin peut être synthétisé en trois phases successives:  la première s'exprime dans la rupture avec le monde dans le but de retourner à l'état de l'enfance évangélique. L'essentiel n'est donc pas la rupture, mais le lien avec ce que Jésus a dit, c'est-à-dire revenir à la véritable enfance dans un sens spirituel, devenir comme les enfants. Jean commente:  "Une bonne fondation est celle qui est formée par trois bases et par trois colonnes:  innocence, jeûne et chasteté. Que tous les nouveau-nés en Christ (cf. 1 Co 3, 1) commencent par ces choses, en prenant exemple de ceux qui sont nouveau-nés physiquement" (1, 20; 636). Le détachement volontaire des personnes et des lieux chers permet à l'âme d'entrer en communion plus profonde avec Dieu. Ce renoncement débouche sur l'obéissance, qui est une voie vers l'humilité à travers les humiliations - qui ne manqueront jamais - de la part des frères. Jean commente:  "Bienheureux celui qui a mortifié sa propre volonté jusqu'à la fin et qui a confié le soin de sa propre personne à son maître dans le Seigneur:  en effet, il sera placé à la droite du Crucifié!" (4, 37; 704).

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  • "Le signe de Jésus : donner la vie"; l'homélie du pape Léon XIV lors de son voyage à Monaco

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    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
    EN PRINCIPAUTÉ DE MONACO

    MESSE

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Stade Louis II
    Samedi 28 mars 2026

    ______________________________

    Chers frères et sœurs,

    l’Évangile que nous venons d’entendre (cf. Jn 11, 45-57) rapporte une décision cruelle à l’égard de Jésus. Il nous raconte le jour où les membres du Sanhédrin « décidèrent de le tuer » (v. 53). Pourquoi cela lui arrive-t-il ? Parce qu’il a ressuscité Lazare d’entre les morts ; parce qu’il a redonné la vie à son ami, après avoir pleuré devant sa tombe en s’unissant à la douleur de Marthe et de Marie. C’est précisément Jésus, venu dans le monde pour nous libérer de la condamnation de la mort, qui est condamné à mort. Il ne s’agit pas d’une fatalité, mais d’une volonté précise et mûrement réfléchie.

    Le verdict de Caïphe et du Sanhédrin résulte d’un calcul politique fondé sur la peur : si Jésus continue à donner de l’espérance, transformant la souffrance du peuple en joie, « les Romains viendront » et ravageront le pays (cf. v. 48). Au lieu de reconnaître en ce Nazaréen le Messie, c’est-à-dire le Christ tant attendu, les chefs religieux voient en Lui une menace. Leur regard est faussé, au point que ce sont précisément les docteurs de la Loi qui la transgressent. Oubliant la promesse de Dieu à son peuple, ils veulent tuer l’innocent, car derrière leur peur se trouve l’attachement au pouvoir. Mais, si les hommes oublient la Loi qui commande de ne pas tuer, Dieu n’oublie pas la promesse qui prépare le monde au salut. Sa providence fait de ce verdict meurtrier le moyen de manifester un dessein d’amour suprême : malgré sa méchanceté, Caïphe « a prophétisé que Jésus allait mourir pour la nation » (v. 51).

    Nous assistons ainsi à deux mouvements opposés : d’une part, la révélation de Dieu, qui montre son visage de Seigneur tout-puissant et sauveur ; d’autre part, l’action occulte d’autorités puissantes, prêtes à tuer sans scrupule. N’est-ce pas ce qui se passe aujourd’hui ? À leur point de rencontre il y a le signe de Jésus : donner la vie. C’est un signe qui trouve en Lazare ressuscité son anticipation, la prophétie la plus proche de ce qui arrivera au Christ dans sa passion, sa mort et sa résurrection. En cette Pâque, le Fils mènera à son accomplissement l’œuvre du Père par la puissance de l’Esprit Saint. De même qu’au commencement des temps Dieu donna la vie à l’être à partir du néant, de même, à la plénitude des temps, Il rachètera toute vie de la mort qui ruine la création.

    La joie de la foi et la force de notre témoignage découlent de cette rédemption, en tout lieu et en tout temps. L’histoire de Jésus résume en effet le destin de chacun de nous, à commencer par les plus petits et les opprimés. Encore aujourd’hui, combien de calculs sont faits dans le monde pour tuer des innocents ; combien de fausses raisons sont revendiquées pour les éliminer ! Cependant face à l’insistance du mal la justice éternelle de Dieu se dresse, qui sans cesse nous délivre de nos tombeaux, comme pour Lazare, et nous donne une vie nouvelle. Le Seigneur libère de la souffrance en suscitant l’espérance. Il convertit la dureté du cœur en transformant le pouvoir en service, en manifestant le véritable nom de sa toute-puissance : miséricorde. C’est la miséricorde qui sauve le monde : elle prend soin de chaque existence humaine, depuis son apparition dans le sein maternel jusqu’au moment où elle se flétrit, et dans toute ses fragilités. Comme l’a enseigné le Pape François, la culture de la miséricorde repousse la culture du rejet.

    La voix des prophètes, que nous venons d’entendre, témoigne de la manière dont Dieu accomplit son dessein de salut. Dans la première lecture, Ézéchiel annonce que l’œuvre divine commence par une libération (Ez 37,23) et s’accomplit par la sanctification du peuple (cf. v. 28) : un chemin de conversion, comme celui dont nous faisons l’expérience en Carême. Il ne s’agit pas d’une initiative privée ou individuelle, mais d’une initiative qui nous engage tous, qui transforme nos relations avec Dieu et avec notre prochain.

    La libération prend avant tout la forme d’une purification des « idoles immondes » (v. 23). Que sont-elles ? Par ce terme, le prophète désigne toutes ces choses qui asservissent le cœur, qui l’achètent et le corrompent. Le mot idole signifie “petite idée”, c’est-à-dire une vision réduite qui diminue non seulement la gloire du Tout-Puissant, en le transformant en objet, mais aussi l’esprit de l’homme. Les idolâtres sont des personnes à la vue courte : ils regardent ce qui captive leur yeux en les aveuglant. Les grandes et bonnes choses de cette terre se changent en idoles qui deviennent des servitudes, non pas pour ceux qui en sont privés, mais pour ceux qui s’en repaissent, laissant le prochain dans la misère et la tristesse. L’affranchissement des idoles libére d’un pouvoir qui se fait domination, de la richesse qui devient convoitise, de la beauté qui porte à vanité.

    Dieu ne nous abandonne pas dans ces tentations. Il vient au secours de l’homme, faible et triste, qui croit que les idoles du monde lui sauveront la vie. Comme l’enseigne saint Augustin, « l’homme se libère de leur emprise lorsqu’il croit en Celui qui, pour le relever, a donné un exemple d’humilité » (De civitate Dei, VII, 33). Cet exemple, c’est la vie même de Jésus, Dieu fait homme pour notre salut. Au lieu de nous punir, Il détruit le mal par son amour, accomplissant ainsi une promesse solennelle : « Je les purifierai. Alors ils seront mon peuple et moi Je serai leur Dieu » (Ez 37, 23). Le Seigneur change l’histoire du monde en nous appelant de l’idolâtrie à la vraie foi, de la mort à la vie.

    C’est pourquoi, chers frères et sœurs, face aux nombreuses injustices qui blessent les peuples, et face à la guerre qui déchire les nations, la voix du prophète Jérémie s’élève sans cesse, proclamée aujourd’hui dans le psaume : « Je change leur deuil en joie, les réjouis, les console après leur peine » (Jr 31, 13). La purification de l’idolâtrie, qui rend les hommes esclaves d’autres hommes, s’accomplit par une sanctification, un don de grâce faisant des hommes des enfants de Dieu, des frères et des sœurs. Ce don éclaire notre présent car les guerres qui l’ensanglantent sont le fruit de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent. Chaque vie brisée est une blessure infligée au Corps du Christ. Ne nous habituons pas au fracas des armes, aux images de guerre ! La paix n’est pas un simple équilibre des forces, elle est l’œuvre de cœurs purifiés, l’œuvre de ceux qui voient dans l’autre un frère à protéger, et non un ennemi à abattre.

    L’Église à Monaco est appelée à témoigner en vivant dans la paix et la bénédiction de Dieu : alors, bien-aimés, rendez heureux beaucoup de personnes par votre foi en manifestant la joie authentique, celle qui ne se gagne pas par un pari, mais qui se partage par la charité. La source de cette joie est l’amour de Dieu : amour pour la vie naissante et indigente, à accueillir et à soigner sans cesse ; amour pour la vie jeune et âgée, à encourager dans les épreuves de chaque âge ; amour pour la vie, en bonne santé comme malade, parfois solitaire, qui a toujours besoin d’être accompagnée avec attention. Que la Vierge Marie, votre patronne, vous aide à être un lieu d’accueil, de dignité pour les petits et les pauvres, de développement intégral et inclusif.    

    Au cours de ce long Carême du monde, alors même que le mal fait rage et que l’idolâtrie rend les cœurs indifférents, le Seigneur prépare sa Pâque. Le signe de cet événement, c’est l’homme : c’est Lazare, appelé hors du tombeau ; c’est nous, pécheurs pardonnés ; c’est le Crucifié ressuscité, auteur du salut. Il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6) qui soutient notre pèlerinage et la mission de l’Église dans le monde : donner la vie de Dieu. Une tâche sublime et impossible sans donner notre vie au prochain. Une tâche passionnante et féconde, lorsque l’Évangile éclaire nos pas.

  • Quels sont les différents degrés d'autorité du magistère ?

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    De Matthieu Lavagna sur le site de La Nef :

    Les degrés d’autorité du magistère

    Beaucoup de catholiques n’ont pas une idée précise de ce que sont les différents degrés d’autorité du magistère dans l’Église. À l’heure où beaucoup le contestent, aussi bien du côté du chemin synodal allemand que de la Fraternité Saint-Pie X, il est utile de préciser quels sont ces degrés et l’adhésion que réclame le magistère.

    Aujourd’hui, certains catholiques se trouvent parfois déconcertés et insuffisamment informés au sujet du magistère de l’Église et de ses degrés d’autorité. Ils s’interrogent notamment sur l’attitude que le fidèle doit adopter à son égard : quels en sont les différents degrés d’autorité ? Dans quels cas l’infaillibilité s’exerce-t-elle ? Est-il légitime de rejeter un enseignement du magistère qui n’est pas infaillible ? C’est à ces questions essentielles que nous nous proposons de répondre dans cet article.[1]

    Degrés d’autorité du magistère suprême

    Dans le magistère suprême, on distingue trois degrés d’autorité :

    Niveau 1 : Engagement absolu, avec pleine assistance divine et donc infaillibilité.
    Niveau 2 : Engagement avec autorité, mais partielle, jouissant d’une assistance divine non absolue ni infaillible. On parle alors de magistère « simplement authentique »
    Niveau 3 : Engagement seulement pédagogique, non autoritaire. 

    * Les enseignements du niveau 1 concernent les vérités présentées comme révélées formellement de Dieu ou comme nécessairement connexes à ces vérités formellement révélées. Ils nécessitent un assentiment de Foi. Cet assentiment est certain et irrévocable. L’erreur est impossible même si la formulation peut être améliorée.

    * Les enseignements du niveau 2 ne se présentent pas comme formellement révélés de Dieu mais nécessitent l’assentiment et de la volonté et de l’intelligence (Donum veritatis 23 ; LG 25 ; Note doctrinale CDF 29 juin 1998). Il s’agit là d’un jugement probable qui ne relève pas formellement de la Foi. L’erreur est improbable (mais non impossible).

    * Le niveau 3 nécessite seulement une attention docile, sans que l’adhésion ne s’impose. En effet ce niveau fait souvent usage d’illustrations, images, exemples, argumentations, etc., il ne met pas proprement en œuvre l’assistance divine. Il exerce seulement son rôle pédagogique. C’est pourquoi, à ce niveau, le magistère authentique ne parle pas de façon autoritaire.

    L’engagement du magistère varie dans un même document. Il est donc tout à fait inapproprié de demander si « cette encyclique », ou « ce concile » est infaillible : une réponse générale est impossible. Il faut analyser chaque partie du document et déterminer ce qui relève du niveau 1, 2 ou 3 et distinguer ce qui relève de la discipline ou de la pastorale et ce qui relève d’un réel enseignement doctrinal. Il faut aussi distinguer ce qui est directement visé et ce qui est utilisé à titre d’illustration, d’argumentation ou de commentaire. Seul ce qui est directement visé relève de l’autorité magistérielle à proprement parler. Pour le reste, les propos du magistère ne requièrent pas l’adhésion mais une simple docilité ou « prise en compte respectueuse ».

    Lire la suite sur le site de La Nef

  • Léon XIV et la messe traditionnelle : vers un changement ?

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    De Joseph Shaw sur le Catholic Herald :

    Le pape Léon XIV annonce un changement concernant la messe traditionnelle.

    Le 18 mars, le cardinal Parolin s'est exprimé par lettre à l'assemblée plénière des évêques français, transmettant un message, ou une série de messages, du pape Léon XIV. Cette lettre les a appelés à défendre les écoles catholiques et à ne pas oublier la protection due aux prêtres coupables d'abus ; elle abordait également la question de la messe traditionnelle.

    « Chers frères, vous vous préparez à aborder le sujet délicat de la liturgie, auquel le Saint-Père accorde une attention particulière, dans le contexte de la croissance des communautés attachées au Vetus Ordo. Il est préoccupant qu'une blessure douloureuse persiste au sein de l'Église concernant la célébration de la messe, sacrement même de l'unité. La guérison exige une ouverture renouvelée les uns envers les autres, une compréhension plus profonde des sensibilités de chacun – une perspective qui permette aux frères, enrichis par leur diversité, de s'accueillir mutuellement dans la charité et dans l'unité de la foi. Que l'Esprit Saint vous inspire des solutions pratiques qui incluent généreusement ceux qui sont sincèrement attachés au Vetus Ordo , en harmonie avec les directives du Concile Vatican II concernant la liturgie. »

    Nous avons été plutôt privés d'indications concrètes sur l'attitude du pape Léon à l'égard de la messe traditionnelle (s'il a opté pour le terme Vetus Ordo, cela me convient parfaitement) et cette lettre a suscité de nombreux commentaires.

    Il convient de noter en premier lieu la manière dont le pape Léon a choisi de contribuer au débat des évêques français : par une lettre non pas de sa main, mais de celle de son secrétaire d'État. Ce faisant, il agit par les voies officielles et s'abstient de produire ce qui pourrait être perçu comme un texte magistral officiel.

    En revanche, il ne s'est pas exprimé par l'intermédiaire du nonce apostolique en France, Mgr Migliore. L'intervention du cardinal Parolin, le plus haut dignitaire de la Curie, lui confère un poids considérable, et sa forme garantit sa publicité. Tout cela semble avoir été soigneusement orchestré. Fait intéressant, Parolin n'est pas réputé pour être un ami du Vetus Ordo; un message conciliant transmis par lui semble donc particulièrement puissant, et il ne fait aucun doute que les idées contenues dans la lettre émanent directement du Saint-Père.

    Le texte est rédigé avec soin. Le pape Léon XIV exprime l'espoir que l'Esprit Saint inspirera aux évêques des solutions concrètes : il n'en propose aucune lui-même. Mais il leur donne une idée de ce à quoi pourrait ressembler de bonnes solutions.

    Premièrement, les mesures prises seront pragmatiques, par opposition à idéologiques ou théologiques. Le problème n'est pas uniquement d'ordre pratique, mais les évêques doivent l'aborder en vue d'une solution concrète, c'est-à-dire inclure généreusement les fidèles du Vetus Ordo . Cela implique un aménagement pratique, qui ne peut se traduire que par l'autorisation d'un plus grand nombre de célébrations de l'ancienne liturgie.

    Cet aménagement est destiné à ceux qui sont sincèrement attachés à l'ancienne messe. Le terme « sincère » souligne le contraste avec ceux dont l'attachement est intéressé : ceux qui veulent utiliser le Vetus Ordo à des fins inavouées. Leur existence n'est pas exclue, et on peut peut-être leur imputer l'ancienne politique, mais il est clair qu'ils sont désormais moins importants que la grande majorité des fidèles qui y assistent et qui l'apprécient pour la satisfaction spirituelle qu'elle leur apporte. Dès lors, aucun autre motif n'est nécessaire.

    L'importance et la pertinence de ce type de solution se trouvent ainsi précisées. Elle est importante car la situation actuelle représente une « plaie douloureuse ». Personne n'est tenu responsable de cette plaie ; il est peut-être préférable de la considérer simplement comme le fruit malheureux de l'histoire, y compris d'une histoire très récente. À première vue, la métaphore de la « plaie » pourrait sembler renvoyer à la division induite par la simple existence de deux rites liturgiques rivaux, mais si le pape Léon XIV se soucie d'une solution concrète pour aider les fidèles de l'ancien rite, ce n'est certainement pas de cela qu'il parle. La plaie qui préoccupe le Saint-Père est celle qui peut être guérie par une inclusion sincère des fidèles du Vetus Ordo, ce qui laisse supposer qu'il faisait référence à leur profond mal-être actuel, lié au sentiment d'exclusion de la pastorale de l'Église. Le pape Léon XIV appelle les évêques à comprendre les sensibilités de ceux qui sont attachés au Vetus Ordo et, ayant acquis cette compréhension, à répondre à cette sensibilité en prévoyant la célébration de cette liturgie.

    Certains pourraient suggérer que les partisans du Vetus Ordo auraient une meilleure compréhension de l'autre camp dans ce débat, mais cette lettre n'est évidemment pas adressée à une assemblée de traditionalistes, mais à une assemblée d'évêques. En réalité, la situation est loin d'être symétrique. La grande majorité des catholiques attachés à l'ancienne messe connaissent parfaitement la messe réformée et ses fidèles, ayant vécu pendant des décennies avec le Novus Ordo et n'ayant découvert le Vetus Ordo qu'à l'âge adulte. C'est le milieu traditionnel qui, sans surprise, reste un mystère pour ceux, prêtres et évêques, qui le côtoient peu.

    L’opportunité d’un aménagement pour le Vetus Ordo se justifie par le fait qu’il s’inscrit dans une perspective permettant aux frères, enrichis par leur diversité, de s’accueillir mutuellement dans la charité et l’unité de la foi. Il est primordial que le Vetus Ordo puisse être considéré comme une composante positive de la diversité. Cela signifie que le pape Léon XIV le perçoit comme ayant une contribution à apporter à l’Église – un enrichissement pour l’ensemble – et comme pouvant le faire dans la charité et l’unité de la foi.

    Ceux qui sont attachés au Vetus Ordo , comme tous les catholiques, sont appelés à l'unité de la foi, et c'est un appel auquel les traditionalistes répondent avec joie. L'essentiel est que l'ancienne liturgie ne soit pas perçue comme un obstacle à cette unité. C'est cette idée qui a justifié la suppression de l'ancienne messe, proposée par le pape François dans Traditionis custodes : la diversité liturgique compromet l'unité de l'Église. Cet argument a été réaffirmé par le cardinal Arthur Roche lors du dernier consistoire, dans le court document qu'il a distribué aux cardinaux.

    Cette lettre sonne assurément le glas de cet argument. Le problème demeure cependant que Traditionis custodes reste la loi de l'Église et entrave considérablement les évêques, en France et ailleurs, dans l'application des solutions pratiques préconisées par le pape Léon XIV. Les évêques ne peuvent autoriser les célébrations du Vetus Ordo dans les églises paroissiales ; ils ne peuvent créer de nouvelles paroisses personnelles; et ils ne peuvent permettre aux prêtres ordonnés depuis Traditionis custodes de le célébrer. Toutes ces mesures visaient explicitement à éliminer l'ancienne liturgie et à établir l'unité liturgique (selon les termes du pape François) « dans toute l'Église de rite romain ». Si le pape Léon XIV rejette la critique de la diversité liturgique et souhaite des solutions pratiques à une autre blessure au sein de l'Église, celle de la marginalisation des catholiques attachés au Vetus Ordo, il doit reconsidérer ces règles.

  • Abus : la nouvelle position du pape Léon XIV sur la « vulnérabilité »

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    La nouvelle position du pape Léon sur la « vulnérabilité »

    Dans un discours prononcé la semaine dernière, le pape Léon XIV a semblé signaler un changement dans la manière dont l'Église devrait considérer les victimes adultes d'abus.

    Les questions relatives aux abus sexuels sur adultes au sein de l'Église ont figuré parmi les domaines les plus importants et les plus controversés de la réforme canonique dans les années qui ont suivi le scandale impliquant feu l'ancien cardinal Theodore McCarrick.

    En 2019, le pape François a considérablement élargi la définition de « vulnérabilité » utilisée pour déterminer si une inconduite sexuelle est canoniquement criminelle avec le motu proprio Vos estis lux mundi, créant des années de débats entre les canonistes et les départements du Vatican, et laissant de nombreux diocèses perplexes quant à la manière et à l'étendue de son application.

    Bien que certaines clarifications soient apparues sous la forme de manuels et de clarifications de divers dicastères, un débat persiste quant à savoir qui, exactement, est un « adulte vulnérable », d'un point de vue canonique.

    Mais dans un discours prononcé la semaine dernière, le pape Léon XIV a semblé annoncer un changement dans l'application du droit canonique et dans la manière dont les cas de vulnérabilité sont examinés. Ce changement pourrait apporter la clarté nécessaire à la procédure canonique, en déplaçant l'attention portée à la vulnérabilité de la personne vers la situation.

    Dans son discours prononcé la semaine dernière devant la session plénière de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, le pape Léon XIV a déclaré à cet organisme que son travail de prévention des abus relève à la fois de « protocoles ou de procédures » et de la mise en place d’une « culture de la sollicitude » plus large.

    Tout au long de son discours, le pape a évoqué – comme c’est devenu la norme papale depuis les scandales de 2018 – les abus commis sur des mineurs et sur des adultes, comme un seul et même domaine de préoccupation pour la commission.

    Sous le pape François, tant dans les textes de ses discours publics que dans la loi Vos estis, la terminologie acceptée était de parler d’abus sur les « mineurs et les adultes vulnérables ».

    Le texte original de Vos estis criminalisait spécifiquement « le fait de se livrer à des actes sexuels avec un mineur ou une personne vulnérable », bien que les relations sexuelles avec des mineurs constituaient déjà une infraction pénale canonique.

    Dans une mise à jour du document datant de 2023, le texte a été modifié pour utiliser le terme « adulte vulnérable », tout en conservant la définition de la vulnérabilité comme « toute personne dans un état d’infirmité, de déficience physique ou mentale, ou de privation de liberté personnelle qui, de fait, même occasionnellement, limite sa capacité à comprendre ou à vouloir, ou en tout cas à résister à l’infraction ».

    Cette définition a engendré de nombreux problèmes canoniques au fil des ans. Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi est exclusivement compétent pour traiter les cas d'abus sexuels sur mineurs et, selon son propre droit, ceux des personnes « ayant habituellement un usage imparfait de la raison » — des adultes atteints de handicaps mentaux graves, considérés comme juridiquement équivalents à des mineurs.

    Mais il n’était pas clair si la définition élargie de « personne adulte vulnérable » conférait au DDF une compétence élargie pour statuer sur les cas d’autres types de « personnes adultes vulnérables ».

    Le DDF a précisé en 2020 qu'il ne restait compétent que pour traiter les affaires pénales impliquant des mineurs et ceux qui leur sont assimilés en droit — ceux qui ont un usage habituellement imparfait de la raison — et l'a réaffirmé en 2024 , les autres cas de vulnérabilité devant être traités par d'autres dicastères romains, selon le cas.

    La raison de ces clarifications successives réside dans le débat persistant, même parmi les cardinaux les plus anciens, sur la portée de la définition de la vulnérabilité selon le décret Vos estis et sur l'équivalence juridique à lui accorder par rapport aux abus commis sur des mineurs.

    La question est devenue quelque peu plus claire lorsque le pape François a promulgué une nouvelle version du Livre VI du Code de droit canonique, établissant une distinction supplémentaire entre deux notions d’« adulte vulnérable » dans le canon 1398 révisé, qui reconnaissait d’une part « une personne qui a habituellement un usage imparfait de la raison [équivalent à un mineur] », et d’autre part : « une personne à qui la loi reconnaît une égale protection » selon la définition de Vos estis .

    Bien que la jurisprudence ait établi qu’une distinction substantielle devait être faite entre l’abus sexuel d’un mineur et la coercition sexuelle d’un adulte, la question du traitement des différentes catégories de victimes adultes est restée d’actualité, tout comme celle de l’utilité juridique de la large catégorie créée par l’arrêt Vos estis .

    Le père Hans Zollner, SJ, membre fondateur de la Commission pontificale pour la protection des mineurs et pendant des années le porte-parole expert de facto du Vatican sur les questions de réforme des abus, a indiqué à plusieurs reprises qu'il considérait la définition d'adulte vulnérable dans Vos estis comme inapplicable, voire inutilement large .

    Le prêtre a remis en question la portée de ce terme et a fait valoir qu'il nuisait à une application saine de la loi.

    « Voulez-vous vraiment être une "personne vulnérable" [juste] parce que vous êtes une femme et parce que vous êtes paroissienne ? Je ne le pense pas », a déclaré Zollner lors d'une séance publique de questions-réponses sur la réforme de la lutte contre les abus en 2023, peu de temps avant d'annoncer sa démission surprise de la commission pontificale et son désenchantement quant à son travail et ses progrès .

    Mais les défenseurs des victimes de coercition ou de manipulation sexuelle de la part du clergé ont soutenu que l'Église devrait continuer à reconnaître juridiquement la manière dont l'autorité spirituelle ou les déséquilibres de pouvoir peuvent influencer le consentement.

    Dans ce débat, le pape Léon XIV a introduit la semaine dernière une nuance importante dans son discours devant le Conseil privé du Prophète (CPP), rompant ainsi avec l'usage de son prédécesseur et le texte de loi en n'évoquant pas une seule fois les « adultes vulnérables ». Il a préféré employer la formule « mineurs et personnes en situation de vulnérabilité », qu'il a répétée à trois reprises.

    Bien que la différence puisse sembler être une distinction sans différence, les canonistes ont perçu dans cette nouvelle formulation une signification potentielle.

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  • Le pape Léon XIV explique pourquoi le sacerdoce est réservé aux hommes

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    De Victoria Cardiel sur EWTN News :

    Le pape Léon XIV explique pourquoi le sacerdoce est réservé aux hommes

    Le pape a également invité les catholiques à prier pour les vocations sacerdotales.

    25 mars 2026

    Le pape Léon XIV a déclaré mercredi que le ministère sacerdotal dans l'Église catholique, confié uniquement aux hommes, se comprend à la lumière de la succession apostolique et a appelé à des prêtres « ardents dans la charité évangélique » et « courageux missionnaires ».

    Lors de sa catéchèse du 25 mars consacrée à la constitution dogmatique Lumen Gentium du concile Vatican II, Léon XIV a expliqué que l’Église « est fondée sur les apôtres, que le Christ a désignés comme les piliers vivants de son corps mystique ».

    S'exprimant sur la place Saint-Pierre, le pape a souligné que l'Église possède une « structure hiérarchique qui œuvre au service de l'unité, de la mission et de la sanctification de tous ses membres », et qu'il ne s'agit pas simplement d'une structure organisationnelle, mais d'une institution d'origine divine.

    Le pape a rappelé que les apôtres, témoins faisant autorité de la Résurrection, ont reçu du Christ la mission d’enseigner, de sanctifier et de guider, et que ce ministère « est transmis à des hommes qui, jusqu’au retour du Christ, continuent de sanctifier, de guider et d’instruire l’Église “par l’intermédiaire de leurs successeurs dans la charge pastorale” ».

    Cette transmission, expliqua-t-il, constitue la base de la succession apostolique et du sacrement de l'ordre, qui est structuré en trois degrés : l'épiscopat, le presbytérat et le diaconat.

    Le pape a cité le chapitre 3 de Lumen Gentium , qui traite de la structure hiérarchique de l'Église, et affirme que cette structure « n'est pas une construction humaine, fonctionnelle à l'organisation interne de l'Église en tant que corps social », mais une institution divine par laquelle la mission du Christ se poursuit à travers l'histoire.

    La différence essentielle du sacerdoce ministériel

    Dans son discours, le pape a souligné que Vatican II enseigne que le sacerdoce ministériel ou hiérarchique « diffère par essence et non seulement par degré » du sacerdoce commun des fidèles », tout en précisant que ces derniers sont « néanmoins interdépendants : chacun d’eux, à sa manière particulière, est une participation à l’unique sacerdoce du Christ ».

    Ainsi, le ministère ordonné est conféré aux hommes qui reçoivent la « sacra potestas », ou pouvoir sacré, pour le service dans l’Église, dans la continuité de la mission apostolique confiée à l’origine aux Douze Apôtres.

    Ce lien avec les apôtres — choisis par le Christ parmi les hommes — constitue le fondement théologique expliquant pourquoi l’Église considère le sacerdoce ministériel comme réservé aux hommes, par fidélité à la tradition et au mandat reçu du Christ.

    Un service né de la charité

    Léon insistait sur le fait que cette structure hiérarchique devait toujours être comprise comme un service. Citant le concile Vatican II, il rappelait que la mission confiée aux pasteurs « est un véritable service, que la littérature sacrée appelle de manière significative "diakonia" ou ministère ».

    Il a également rappelé les paroles de saint Paul VI, qui décrivait la hiérarchie comme une réalité « née de la charité du Christ, pour accomplir, répandre et assurer la transmission intacte et fructueuse de la richesse de la foi, des exemples, des préceptes et des charismes légués par le Christ à son Église ».

    Appel à de nouveaux prêtres

    Dans la dernière partie de sa catéchèse, le pape a invité les catholiques à prier pour les vocations sacerdotales.

    « Prions le Seigneur afin qu’il envoie à son Église des ministres ardents dans la charité évangélique, dévoués au bien de tous les baptisés, et des missionnaires courageux dans toutes les parties du monde », a-t-il déclaré.

    Adoption spirituelle des enfants à naître

    Dans son discours aux pèlerins polonais lors de l'audience générale, le pape a salué une initiative en faveur de la défense de la vie humaine, notamment dans un contexte international marqué par les conflits et les guerres.

    Le 25 mars, la Pologne célèbre la « Journée pour la sainteté de la vie », instituée en réponse à l’appel de saint Jean-Paul II à promouvoir le respect de la vie humaine dans l’encyclique Evangelium Vitae .

    « Nous avons vraiment besoin d’initiatives comme l’adoption spirituelle d’un enfant à naître, qui est lancée aujourd’hui. En cette période marquée par la folie de la guerre, il est important de défendre la vie de la conception à sa fin naturelle », a déclaré Leo.

    En Pologne, les catholiques encouragent la population à s'engager à prier pendant neuf mois, entre la solennité de l'Annonciation le 25 mars et le 25 décembre, pour un enfant à naître menacé d'avortement.