Et pendant ce temps, deux ouvrages richement documentés sur la gestion des finances au Vatican sont attendus en librairie. Lu sur le site web « aleteia » (source : Vatican Insider)
« L’ordinateur de Libero Milone, le contrôleur général des finances du Saint-Siège, victime d’une attaque informatique : la gendarmerie du Vatican a ouvert une enquête pour tenter de découvrir l’identité de celui qui a tenté, au cours de ces dernières semaines, de soustraire les données du PC de l’homme en charge du contrôle des finances au Vatican. En juin dernier, Libero Milone était en effet nommé à ce poste, fraîchement créé dans le cadre de la réforme des finances et de l’ensemble des institutions économiques de l’État du Vatican.
L’information, qui a filtré hier soir lors de l’émission «Virus» de Luigi Bisignani, diffusée sur la chaîne publique italienne RaiDue, a été relayé aujourd’hui par le quotidien « Il Tempo ». De son côté, le bureau de presse du Saint-Siège n’a pas souhaité s’exprimer sur l’affaire, se bornant à un laconique : « nous n’avons aucun commentaire à apporter pour l’instant ». Libero Milone, 67 ans, a été chargé par le pape François de l’audit des comptes et des résultats financiers de tous les organismes, bureaux et institutions du Saint-Siège.
Un ancien Directeur général de Deloitte passé au Vatican
Ce super-comptable a effectué une grande partie de sa carrière (32 années) au cabinet d’audit et de conseil Deloitte, dont il a été directeur général pour l’Italie jusqu’en 2007. Il a ensuite travaillé en qualité de consultant pour le compte de plusieurs sociétés privées et a exercé des mandats d’administrateur dans des sociétés cotées. Aujourd’hui, au poste de contrôleur général, le bureau dont il est en charge a, selon les nouveaux statuts, la mission de procéder au contrôle financier des dicastères de la Curie romaine et des institutions lui étant rattachées ainsi que des administrations dépendant du Gouvernorat de la Cité du Vatican.
Cette affaire éclate une semaine à peine avant la sortie de deux ouvrages, signés respectivement par les journalistes Emiliano Fittipaldi de «L’Espresso» et Gianluigi Nuzzi de Medias, et annonçant la publication de documents inédits internes au Vatican et de révélations sur les dernières affaires financières du Saint-Siège.
Doit-on le rappeler, quelques mois après son élection, en juillet 2013, le pape François avait rapidement mis en place deux commissions, l’une chargée de plancher sur une réforme de l’IOR, l’autre ayant la responsabilité d’analyser l’organisation de la structure économique et administrative du Saint-Siège et d’en fixer les orientations. Cette dernière, baptisée COSEA, a, un an durant, passé les comptes au crible et aux termes de cet exercice, proposé des réformes allant dans le sens d’une réduction des dépenses et d’une meilleure gestion globale. Le labeur de cette commission d’études a abouti, entre autres, à la création du Secrétariat pour l’économie, dirigé par le cardinal George Pell. Un parcours parfois semé d’embûches, parfois aussi émaillé de frictions internes entre le nouveau dicastère et l’Administration du patrimoine du Saint-Siège au sujet notamment de l’attribution des compétences et de la direction à donner à la gestion des finances. Quelques fuites laissent présager que ces frictions sont également décortiquées dans les deux ouvrages à paraître sur ce sujet. »
Ref. L’ordinateur du contrôleur général des finances du Saint-Siège victime d’une attaque informatique
JPSC
"C’est une victoire à l’arrachée pour ce pape jésuite qui, depuis deux ans et demi, bouscule les siens, sous le regard étonné du monde. Jusqu’au bout de ce synode, il aura pris des risques pour exiger du changement sans toucher à la doctrine, pour assouplir la «discipline»catholique dans ce domaine de la morale où le monde séculier guette tous les conservatismes et les progrès de l’Église. Jusqu’au bout, François aura fait souffler l’esprit du concile Vatican II des années 1960, celui qui avait permis à l’Église catholique, après des siècles d’«intransigeance» anti-moderne, de sortir de sa forteresse, de faire son aggiornamento (mise à jour), de s’ouvrir au monde libéral et laïque.
Alors que beaucoup de catholiques se disent désorientés par ce qu’ils lisent ces jours-ci dans la presse sur la portée exacte de l’enseignement de l’Eglise en cette matière, il est peut-être bon de rappeler ce qu’écrivait en juin 2012 Monseigneur Léonard dans les « Pastoralia » de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles.
« Dans les remous autour du débat sur l’accès à la communion des divorcés remariés que le cardinal Kasper (ici, sur la photo avec le pape François, ndB) a lancé lors du synode de 2014, les croyants risquent parfois d’oublier la Parole qui est en réalité plus claire qu’il n’y paraît. Avec l’avènement du Christ, c’est le dessein original du Créateur qui est restauré : celui dans lequel le mari et l’épouse, homme et femme, sont appelés à devenir « un seul corps et un seul esprit ». Dans l’Ancien Testament, Dieu permettait de répudier sa femme mais seulement « à cause de la dureté de vos cœurs ». Dans le Nouveau Testament, cette possibilité a été exclue et l’indissolubilité du mariage a été affirmée sans concession.