Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Politique - Page 232

  • La stratégie du gouvernement belge face au coronavirus est-elle encore tenable ?

    IMPRIMER

    Des experts honorablement connus préconisent l’abandon de la méthode peu imaginative du « big stick », chère au ministre fédéral de la santé, le socialiste Frank Vandenbroucke, dont les cultes (entre autres) subissent la férule arbitraire exercée aussi, en l'occurrence, par le ministre libéral de la justice Vincent Van Quickenborne.

    Après le plaidoyer de Bernard Rentier, recteur émérite de l’Ulg, une nouvelle salve pour un changement stratégique a été tirée ce week-end des 10-11 avril : par Yves Coppieters, professeur de santé publique à l’ULB , sous la forme d’un point de vue relaté dans la « Libre Belgique » par Marie Rigot et Jonas Legge . Cet extrait en donne le ton :

    « (…) L’épidémiologiste de l’ULB estime que les autorités politiques doivent désormais cesser d’imposer des mesures fortes dans le but de marquer les esprits : ‘cette approche ne se défend pas en termes de santé publique. Cette prévention passive, axée sur le bâton, est très efficace lorsqu’on est pris au dépourvu en début d’épidémie. Mais on se rend compte à présent que cette stratégie qui consiste tout simplement à interdire des choses aux gens, ne fonctionne plus. Malheureusement, nos décideurs sont toujours dans cette vision de la peur, de l’angoisse du lendemain, qu’on peut comprendre sur le plan politique, mais pas sur le plan sanitaire’.

    « Yves Coppieters regrette que ‘le gouvernement n’ait jamais exprimé de façon claire son objectif’, or -d’après lui- deux options sont possibles. ‘La première c’est de chercher une circulation très faible du Covid, quasiment équivalente à zéro. Les mesures actuelles tendent plutôt vers ce scénario. La deuxième est d’accepter de vivre avec le virus une fois qu’une certaine couverture vaccinale est atteinte

    « Favorable à ce deuxième scénario, le professeur de santé publique estime que les politiques et experts officiels ne doivent pas envisager un retour à la vie normale uniquement sur la base du taux de vaccination.  ‘C’est de la com, ce n’est pas honnête sur le plan scientifique. Tout d’abord parce qu’on n’atteindra pas la couverture vaccinale de 80 à 90% de la population. Ensuite parce qu’on ne connaît pas l’efficacité des vaccins à long terme. Et, enfin, parce qu’on omet les autres stratégies, dont l’immunité déjà acquise par les Belges. Cette immunité qui fait suite à une infection est même potentiellement meilleure que celle fournie par le vaccin. Elle est certes de plus courte durée, mais elle est sans doute plus résistante face aux variants, dont le sud-africain et le brésilien. Ce qui n’est pas le cas des vaccins qui protègent, eux, contre la forme de base du coronavirus et contre le variant britannique’

    « (…) D’après l’épidémiologiste, certains politiques ‘hautement placés’ voudraient revoir la stratégie du gouvernement actuel mais ‘ils sont craintifs, ils redoutent un retour de manivelle s’ils osent s’opposer aux paroles des experts officiels. Quelques politiques qui participent au Comité de concertation me téléphonent pour me dire qu’encore actuellement ils se sentent coincés par ces experts’ […] »

    Lire la suite

  • La 12e Veillée de prière pour la Vie ce lundi sur KTO

    IMPRIMER

    La 12e Veillée de prière pour la Vie ce lundi sur KTO

    10/04/2021

    La Veillée de prière pour la Vie en présence des évêques d'Île-de-France a lieu ce lundi 12 avril, à 19h30. En raison de la crise sanitaire, l'événement, se tiendra à huis-clos. Il sera retransmis sur KTO, YouTube et Facebook.

    Les évêques d'Île-de-France se rassemblent à l'église Saint-Sulpice ce lundi 12 avril pour la Veillée de prière pour la Vie. Au-delà des moments propices à la prière, quatre personnes viendront témoigner de leur expérience de la crise sanitaire. Leur témoignage est suivi d'une adoration, d'une prière des évêques et d'une prière d’intercession et d’engagement. La veillée est commentée par Philippine de Saint Pierre.

    La Veillée de prière pour la Vie n'avait pas eu lieu l'an passé en raison du premier confinement. Cette année, le contexte sanitaire ne permet toujours pas aux fidèles d'y assister. Cependant, il est possible de déposer en ligne une intention de prière via ce formulaire.

  • Afrique : le cardinal Philippe Ouédraogo dénonce la culture de mort et le mariage homosexuel

    IMPRIMER

    De Guy Aimé Eblotié sur le site de La Croix - Africa :

    Au Burkina Faso, le cardinal Ouédraogo s’insurge contre «la culture de la mort» et le mariage homosexuel

    Dans son homélie pascale, du 4 avril, le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou et président en exercice du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam) a rappelé les grands principes de l’enseignement de l’Église sur la valeur de la vie humaine et le mariage, qu’il souhaite que les fidèles défendent « sans peur ».

    « À Pâques, si la lumière a brillé sur les ténèbres, l’Église aussi devrait apporter sa contribution, dire halte à la dictature de la pensée unique et des informations manipulées, qui trompent et compromettent la vie de générations entières, en promouvant « la culture de la mort » : avortement, euthanasie, méthodes contraceptives et antinatalistes », a estimé le cardinal Philippe Ouédraogo.

    En Afrique – le continent qui abrite la majorité des populations les plus pauvres au monde – le taux de natalité reste le plus élevé de tous les continents : 4,5 enfants par femme en 2017, selon l’Agence Française de développement qui a publié fin août 2020, un « Atlas de l’Afrique AFD ».

    A lire : Au Kenya, déclaration de l’épiscopat contre l’avortement

    Le cardinal burkinabè, président du Sceam, dit avoir constaté la diffusion d’idées et de politiques qui tendent à réduire le fort taux de natalité soupçonné d’être à la base de la pauvreté de certaines sociétés. Pour le cardinal burkinabè, ces idées sont à l’origine de « la propagation des méthodes contraceptives, leur imposition insidieuse aux femmes et aux jeunes filles pour éviter les grossesses en vue de la réalisation du « dividende démographique », pour on ne sait quel bonheur ».

    Lire la suite

  • Pakistan : deux infirmières chrétiennes accusées de blasphème

    IMPRIMER

    Dépêche de l'Agence Fides (En) :

    ASIE/PAKISTAN- Deux infirmières chrétiennes accusées de blasphème

    10 avril 2021

    Faisalabad (Agenzia Fides) - Deux infirmières chrétiennes de Faisalabad, une ville du Pendjab pakistanais, ont été formellement accusées, en vertu du code pénal pakistanais 295 B, l'un des articles de la fameuse " loi sur le blasphème ", de commettre un blasphème contre l'Islam.

    Comme l'a appris l'Agence Fides, le premier rapport d'enquête (FIR) n. 371/21 c a été déposé hier, le 9 avril. L'affaire a été enregistrée à la demande du médecin-chef Dr. Mirza Mohammad Ali de l'hôpital civil de Faisalabad. Le 8 avril 2021, les deux infirmières chrétiennes Mariam Lal et Navish Arooj ont retiré et déchiré d'une armoire un autocollant contenant des versets du Coran. Le médecin affirme que Navish Arooj a retiré l'autocollant et l'a remis à Maryam, qui l'a caché dans sa main lorsqu'elle a vu une infirmière principale, Rukhsana, venir vers elles. À la demande de l'infirmière principale, Maryam, selon son récit, ne lui a pas donné de réponse adéquate. L'infirmière principale a placé l'autocollant en garde à vue et a pris des photos. Le lendemain, le 9 avril, l'infirmière musulmane a fait part de l'affaire à l'administrateur de l'hôpital et à l'inspecteur sanitaire Faisal Yaqoob. Ils ont jugé les deux infirmières chrétiennes coupables d'avoir déshonoré les versets du Saint Coran, déposant une plainte pour blasphème. Dans la confusion qui a éclaté dans l'hôpital, en apprenant la nouvelle, l'un des garçons du service, Muhammad Waqas, a essayé de tuer l'infirmière chrétienne Maryam avec un couteau, mais Maryam n'a été blessée qu'au bras. Les deux infirmières sont maintenant en garde à vue.

    Kashif Aslam, coordinateur des programmes au sein de la Commission nationale pour la justice et la paix, des évêques du Pakistan, s'adressant à Fides, note : " Il s'agit d'une autre fausse accusation contre des chrétiennes ; il y a une affaire personnelle parmi les membres du personnel qui doit être découverte dans l'enquête. Les fidèles chrétiens ont une profonde sensibilité sur ces questions, et on leur apprend aussi à respecter les autres religions. Je ne crois pas que les jeunes infirmières chrétiennes aient profané l'autocollant contenant les versets du Saint Coran".

    Saleem Iqbal, un militant chrétien des droits de l'homme qui s'est adressé à Fides, déclare : "Il est alarmant de voir une augmentation du nombre d'accusés injustement dans des cas de blasphème et de conversions forcées de filles appartenant à des minorités religieuses. C'est le deuxième cas enregistré cette année : précédemment, l'infirmière chrétienne Tabitha Gill avait été accusée dans un hôpital de Karachi (voir Fides, 29/1/2021, 30/1/2021 et 2/2/2021). Maintenant, cela s'est produit à Faisalabad". Il ajoute : "Nous lançons un appel aux politiciens chrétiens pour qu'ils se dépêchent d'agir afin de protéger leur peuple et nous demandons aux fidèles d'être toujours attentifs à ceux qui peuvent les piéger dans de telles affaires, en utilisant le blasphème pour des disputes personnelles ou des jalousies personnelles". (AG-PA) (Agenzia Fides, 10/4/2021)

  • Robert Schuman bientôt déclaré vénérable

    IMPRIMER

    De Loup Besmond de Senneville sur le site de La Croix :

    Robert Schuman bientôt vénérable

    Robert Schuman, l’un des pères de l’Europe, devrait être déclaré vénérable avant l’été, a appris « La Croix » auprès du cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation des causes des saints.

    Ce n’est plus qu’une question de semaines. Le pape François devrait déclarer « vénérable », avant l’été, le Français Robert Schuman, souvent décrit comme l’un des pères de l’Europe. C’est ce qu’a affirmé le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation des causes des saints, à La Croix.

    Les évêques et cardinaux membres du dicastère devraient valider au cours du mois d’avril l’« héroïcité des vertus » de l’homme politique français. Le pape François devrait ainsi déclarer Schuman vénérable « en juin »« ou en tout cas avant l’été », affirme le cardinal Semeraro.

    La déclaration du 9 mai

    Première étape vers la béatification, puis la canonisation, la reconnaissance par l’Église d’une personne comme « vénérable » suppose l’examen approfondi de sa vie et de ses écrits, notamment par des historiens et des théologiens. Pour Robert Schuman, le travail a commencé en 1990 dans le diocèse de Metz, où l’homme politique a vécu, avant d’être transmis à Rome 14 ans plus tard, en 2004.

    → À LIRE. Robert Schuman, la politique comme chemin de sainteté

    Ce catholique convaincu, proche de la spiritualité franciscaine, a été l’un des artisans de la réconciliation franco-allemande. Né à Luxembourg en 1886, avec la nationalité allemande, il devient Français après la Première Guerre mondiale et entre au Parlement comme député de la Moselle.

    Mais c’est après la Seconde Guerre mondiale, comme ministre des affaires étrangères (1948-1952) qu’il œuvre au rapprochement des deux anciens ennemis, et annonce le 9 mai 1950, que « le gouvernement français propose de placer l’ensemble de la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe ». Une déclaration qui entrera dans l’histoire et pose les fondements de ce qui est devenu aujourd’hui l’Union européenne.

    « Il a su appliquer la parole des évangiles à sa mission politique : le pardon des ennemis »

    « Schuman a été un laïc qui a œuvré de toutes ses forces à sanctifier son époque et la société dans laquelle il a vécu », explique le père Cédric Burgun, qui fut pendant quatre ans président de l’Institut Saint-Benoît, l’association à l’initiative de la demande de canonisation de Schuman.

    → ARCHIVES. L’Europe de Robert Schuman

    Mais Schuman fut aussi celui qui « a su ne pas se désespérer des problèmes de son temps », poursuit le père Burgun. « Il a vu les deux guerres mondiales, a su être prophétique et a tenté de faire coïncider sa mission politique avec les paroles des évangiles : le pardon des ennemis. Il l’a appliquée aux relations franco allemandes de son temps. Ce qu’il a fait pour la réconciliation franco allemande est un signe incroyable d’espérance en termes de politique. Il a marché vers de vrais chemins de réconciliation. »

  • La Révolution racialiste, et autres virus idéologiques (recension)

    IMPRIMER

    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    La Révolution racialiste, et autres virus idéologiques (recension)

    8 avril 2021

    Mathieu Bock-Côté, sociologue bien connu, va publier un nouvel essai à Paris le 15 avril 2021. Voici la recension de son nouvel ouvrage par Michel de Jaeghere publiée dans Le Figaro Histoire (avril-mai 2021).

    IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION

    Nous croyons trop souvent avoir affaire à des échappés de l’asile.

    Devant les délires de la cancel culture [culture du bâillon], le boycottage vertueux de Sylviane Agacinski, l’interruption violente des représentations d’une pièce d’Eschyle, ou la justification balbutiante de réunions non mixtes, réservées aux « non-Blancs », par la présidente de l’Unef, nous avons le sentiment d’assister à de déplorables sorties de route, témoignant que la montée de l’intolérance est corrélée à celle de la bêtise. Nous sourions de l’extension illimitée du domaine de la lutte. De la multiplication des phobies traquées par les experts auto proclamés de la sociologie comme par leurs servants du monde médiatique, vigilants de la conscience morale ou professionnels de l’indignation, vérificateurs de faits du politiquement correct associant l’arrogance du bas clergé à la science confuse de Diafoirus, et prompts à recueillir les humeurs des représentants des minorités ethniques ou sexuelles avec une servilité de domestiques.

    La Révolution racialiste, le nouveau livre de Mathieu Bock-Côté, vient mettre fin à notre insouciance. Il nous révèle qu’il ne suffit pas d’éteindre nos télévisions non plus que de déserter les réseaux sociaux pour échapper au cirque. Les thèmes mis en circulation, depuis cinquante ans, par les tenants du décolonialisme, pourfendeurs du racisme systémique ou militants de l’indigénisme qui ont prospéré sur les campus américains ou dans les universités françaises, ne relèvent pas d’une polémique absurde. Ils forment une « idéologie toxique », un corpus doctrinal d’une cohérence redoutable.

    Lire la suite

  • Débat sur l'euthanasie en France : le contre-exemple des lois belge et néerlandaise

    IMPRIMER

    De gènéthique.org :

    Euthanasie : le contre-exemple des lois belge et néerlandaise

    8 avril 2021

    Cinq ans seulement après la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016, le débat sur la fin de vie est relancé en France avec une offensive pro-euthanasie consistant en quatre propositions de loi.

    Au Sénat, celle « visant à établir le droit à mourir dans la dignité » (n° 131) portée par la sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie (PS) a été rejetée le 11 mars 2021. Il s’agissait d’un texte reprenant pour l’essentiel une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté et à assurer un accès universel aux soins palliatifs rédigée par l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD) en 2018.

    À l’Assemblée nationale, l’actuelle offensive pro-euthanasie a pris corps par les propositions de loi n° 3806 « visant à garantir et renforcer les droits des personnes en fin de vie » portée par Jean-Louis Touraine (LREM), n° 3755 « visant à affirmer le libre choix de la fin de vie et à assurer un accès universel aux soins palliatifs en France »  portée  par Marine Brenier (LR) et  n° 288 « donnant le droit à une fin de vie libre et choisie »  portée par Olivier Falorni (groupe Libertés et Territoires). Cette dernière sera débattue le 8 avril prochain. Le gouvernement ne semble toutefois pas favorable à une légalisation de l’euthanasie dans l’immédiat : au Sénat, le 11 mars dernier, le ministre de la Santé Olivier Véran a déclaré qu’il « ne [croit] pas que le moment choisi pour modifier le régime juridique de la fin de vie soit le moment opportun ». Il a annoncé également la création, à compter du mois d’avril 2021, d’un nouveau plan national de développement des soins palliatifs et d’accompagnement de la fin de vie.

    « On meurt mal en France ». Tel est le leitmotiv des partisans de la légalisation de l’euthanasie, que les députés Touraine et Brenier reprennent à leur compte dans l’exposé des motifs de leurs propositions de loi. On peut ainsi y lire que la loi Claeys‑Leonetti constitue un « cadre juridique trop restrictif » (proposition Brenier) et « présente (…) quelques lacunes, responsables de souffrances et d’affaires médiatiques régulières » (proposition Touraine). L’objectif est donc de faire évoluer le droit français de la fin de vie par une nouvelle étape comprenant l’euthanasie, de manière à « mettre fin à une hypocrisie qui n’a que trop duré » dès lors qu’il semblerait « qu’entre 2 000 et 4 000 personnes terminent leur vie, chaque année en France, grâce à l’assistance active à mourir d’un médecin » (proposition Touraine) : ce serait donc parce qu’une telle pratique existe clandestinement qu’il faudrait officiellement l’autoriser. Or cette conception de la loi délégitime toute interdiction ou obligation, et rend in fine inutile la loi elle-même.

    Lire la suite

  • Inde : les guerilleros maoïstes actifs dans l'Est du pays

    IMPRIMER

    De Fabrice Deprez sur le site de La Croix :

    En Inde, la guérilla maoïste frappe à nouveau

    Les autorités ont promis « d’intensifier l’opération » contre ce groupe implanté depuis des décennies dans l’Est du pays, après la mort de 22 policiers dans une attaque samedi 3 avril. Ce conflit aurait fait près de 10 000 morts depuis le début des années 2000.

    ► Que s’est-il passé ?

    Une opération des forces de sécurité indiennes dans l’État du Chhattisgarh s’est soldée par la mort d’au moins 22 policiers, samedi 3 avril. C’est le plus lourd bilan humain depuis 2017 dans la lutte que mène le gouvernement contre la rébellion maoïste. 30 membres des forces de sécurité indiennes ont aussi été blessés dans l’affrontement, qui s’est déroulé durant plus de quatre heures samedi dernier. Les autorités ont, depuis, annoncé leur intention de renforcer leur activité dans cette région tropicale devenue bastion du groupe maoïste. Parsemée de collines et de denses forêts, elle abrite aussi d’immenses réserves de diamants, d’or, de charbon et d’autres minerais.

    ► Qui sont ces rebelles ?

    Cette insurrection maoïste indienne, aussi connue sous le nom de « naxalite », opère depuis plusieurs décennies dans une diagonale de l’est du pays parfois qualifiée de « corridor rouge ». Tirant leur nom de Naxalbari, un village dans le Bengale occidental où le groupe est d’abord apparu en 1967, ils émergent comme mouvement de soutien aux paysans, mais mènent depuis le début des années 2000 des attaques régulières contre les forces de sécurité indiennes. Au point d’en faire, d’après une déclaration du premier ministre Manmohan Singh en 2009, « la plus grave menace à la sécurité intérieure de notre pays ».

    Depuis, « les incidents de violence maoïste ont clairement diminué, si vous regardez les statistiques » assure Yashovardhan Azad, ancien directeur adjoint du renseignement intérieur indien. « La zone d’opération des naxalites s’est réduite, et elle est maintenant limitée à environ 90 districts dans tout le pays, mais les maoïstes se sont profondément enfoncés dans la jungle de Chhattisgarh, qui est extrêmement difficile d’accès » ajoute ce policier à la retraite, en notant tout de même qu’il « faut se méfier des statistiques : si ce groupe est capable d’attaquer et de tuer 22 membres des forces de sécurité, c’est qu’il représente encore une menace très sérieuse ».

    ► Quelles sont les conséquences du conflit ?

    Le conflit entre le gouvernement indien et l’insurrection maoïste a fait près de 10 000 morts depuis le début des années 2000, d’après un décompte du « South Asia Terrorism Portal ». Et si des tentatives pour arriver à un accord de paix ont été réalisées durant cette période, le processus semble aujourd’hui au point mort.

    « Le gouvernement combat ce problème uniquement par des méthodes militaires, critique Ghazala Wahab, une spécialiste des questions de sécurité en Inde et directrice du magazine Force IndiaL’approche du gouvernement a été de coincer les maoïstes, de les encercler, d’en tuer autant que possible, afin qu’une fois la zone nettoyée, ils puissent démarrer le travail de développement, construire des routes et des écoles pour convaincre les tribus locales de soutenir le gouvernement plutôt que l’insurrection. »

    Tout en dénonçant l’attaque du 3 avril, l’Union populaire pour les libertés civiles (PUCL), une ONG de défense des droits de l’homme indienne, s’est inquiétée de la « militarisation extensive de la région », responsable selon elle de « l’aliénation des tribus locales »« Pris entre deux feux », les locaux sont « harcelés » par les forces de sécurité et parfois exécutés en tant qu’informateurs par les maoïstes, affirme l’organisation.

    Dans un contexte de pauvreté, de débat sur la propriété des terres et d’accès aux richesses minières de la région, les autorités ont, d’après Ghazala Wahab, échoué à convaincre les autochtones du bien-fondé de leur politique. « Dans cette région, le gouvernement est représenté par la police ou les groupes paramilitaires, qui sont vus comme des outsiders » note-t-elle. Assurant ainsi au groupe un soutien toujours réel.

  • Quand est venu le temps de la peur...

    IMPRIMER

    De la Revue Catholica (Bernard Dumont), numéro 151 :

    Le temps de la peur

    5 Avr 2021

    En 2009, Jacques Attali, qui assume volontiers un rôle de conseiller du prince, avait émis une sentence qui acquiert aujourd’hui un relief particulier : « L’Histoire nous apprend que l’humanité n’évolue significativement que lorsqu’elle a vraiment peur[1] ».

    La formule est grandiloquente mais elle suggère une intention politique derrière la généralité du propos. Pour ceux qui entendent profiter d’une occasion telle que l’actuelle attaque virale mondiale pour orienter le cours des choses dans le sens qui leur convient, il est utile d’obtenir la soumission des masses par un moyen psychologique plutôt que seulement par l’usage de la force. Dans cette optique que l’on peut qualifier d’économique, il est tout naturel que l’utilisation de la peur soit un ingrédient privilégié de la fabrique du consentement, de la propagande de guerre à la « communication sociale »[2]. Il s’agira donc d’alterner séduction et menace, promesse de protection et annonce des pires calamités en fonction de l’acceptation ou du rejet des contraintes imposées.

    Parmi les nombreuses – et inégales – analyses des manipulations qui se sont multipliées depuis l’irruption du dernier coronarirus, un documentaire belge[3] produit l’extrait d’une conférence donnée par un important virologue, belge lui aussi, Marc Van Ranst, en 2019, au Royal Institute of International Affairs, à Londres. Cet autre conseiller du prince y explique avec complaisance comment il avait déjà procédé, dix ans auparavant, pour obtenir une réaction massive en faveur de la vaccination contre le virus H1N1. Tout d’abord, il avait pris contact avec des journalistes afin d’être considéré comme « l’expert incontournable » et toujours disponible, ensuite il leur avait répété avec insistance un message alarmiste et compté sur eux pour le diffuser avec toute la dramatisation souhaitée, sur le thème : le vaccin ou la mort[4]. La peur est donc utilisée non pas tant pour briser les résistances que pour obtenir l’acceptation volontaire de toutes sortes de contraintes, y compris lorsqu’elles sont déclassées pour être remplacées par d’autres présentées comme tout aussi impératives. Que le procédé puisse servir à satisfaire des intérêts particuliers ou des projets de domination sous couvert d’expertise, ou qu’il soit simplement un instrument de fortune au sein d’une société de masse sensible aux émotions plus qu’aux arguments élaborés, le fait est là.

    L’instrumentalisation de la peur a fait l’objet d’études scientifiques, au même titre que d’autres éléments entrant dans le champ de la psychologie des masses. Serge Tchakhotine, disciple de Pavlov, estime, dans son maître livre Le viol des foules par la propagande politique, une première fois réédité en 1952, et adapté à la situation alors actuelle du monde, que l’« on vit sous deux facteurs capitaux, qui ont la même origine – la peur, la Grande Peur Universelle. D’un côté, c’est la peur de la guerre […] celle de la bombe atomique ; de l’autre, la peur qui est à la base de méthodes actuelles de gouvernement : le viol psychique des masses. » Un peu plus loin, Tchakhotine précise, sur le même registre : « Aujourd’hui, le viol psychique des masses est sur le point de devenir une arme d’une extrême puissance et épouvantablement dangereuse. Les découvertes scientifiques récentes contribuent à ce danger dans une mesure jusqu’alors insoupçonnée même dans ce domaine. C’est la télévision qui menace de devenir un véhicule terrible du viol psychique.[5] »

    Lire la suite

  • “Quand on veut faire disparaitre les religions de l’espace public, c’est une façon d’imposer l’athéisme”

    IMPRIMER

    De Maximilien Bernard sur "Riposte catholique" :

    “Quand on veut faire disparaitre les religions de l’espace public, c’est une façon d’imposer l’athéisme”

  • Euthanasie : un "modèle belge", vraiment ?

    IMPRIMER
    Les auteurs de la proposition de loi sénatoriale à l’origine de la loi définitivement adoptée considéraient que l’état de nécessité avait pour effet de mettre à l’abri de poursuites pénales les médecins pratiquant des euthanasies. Pour eux, cette situation « entraînait des pratiques semi-clandestines, ne permettant pas le contrôle social de ces pratiques et rendant plus difficile la tenue d’un dialogue approfondi entre le patient et son médecin ». Cependant, tant implicitement les rapports de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCEE) que des études scientifiques révèlent que cet objectif de transparence n’a pas été atteint.

    Lire la suite

  • «Une civilisation qui légalise l’euthanasie perd tout droit au respect» (Michel Houellebecq)

    IMPRIMER

    Du Figaro Vox via ce blog :

    Michel Houellebecq: «Une civilisation qui légalise l’euthanasie perd tout droit au respect»

    5 avril 2021

    -Alors qu’une proposition de loi pour légaliser le suicide assisté sera débattue à l’Assemblée cette semaine, l’écrivain, qui intervient très rarement dans le débat public, explique pourquoi il est farouchement opposé à ce qu’il considère comme une rupture anthropologique inédite.Par Michel HouellebecqPublié il y a 4 heures, mis à jour il y a 2 heures

    Proposition numéro 1 : personne n’a envie de mourir. On préfère en général une vie amoindrie à pas de vie du tout ; parce qu’il reste de petites joies. La vie n’est-elle pas de toute façon, par définition presque, un processus d’amoindrissement? Et y a-t-il d’autres joies que de petites joies (cela mériterait d’être creusé)?

    À LIRE AUSSI :Le débat sur l’euthanasie refait surface en France

    Proposition numéro 2 : personne n’a envie de souffrir. J’entends, de souffrir physiquement. La souffrance morale a ses charmes, on peut même en faire un matériau esthétique (et je ne m’en suis pas privé). La souffrance physique n’est rien d’autre qu’un enfer pur, dénué d’intérêt comme de sens, dont on ne peut tirer aucun enseignement. La vie a pu être sommairement (et faussement) décrite comme une recherche du plaisir ; elle est, bien plus sûrement, un évitement de la souffrance ; et à peu près tout le monde, placé devant une alternative entre une souffrance insoutenable et la mort, choisit la mort.

    Proposition numéro 3, la plus importante: on peut éliminer la souffrance physique. Début du XIXe siècle: découverte de la morphine ; un grand nombre de molécules apparentées sont apparues depuis lors. Fin du XIXe siècle: redécouverte de l’hypnose ; demeure peu utilisée en France.

    L’omission de ces faits peut expliquer à lui seul les sondages effarants en faveur de l’euthanasie (96 % d’opinions favorables, si je me souviens bien). 96 % des gens comprennent qu’on leur pose la question: «Préférez-vous qu’on vous aide à mourir ou passer le restant de vos jours dans des souffrances épouvantables?», alors que 4 % connaissent réellement la morphine et l’hypnose ; le pourcentage paraît plausible.

    Je résiste à l’occasion de me lancer dans un plaidoyer pour la dépénalisation des drogues (et pas seulement des drogues «douces») ; c’est un autre sujet, sur lequel je renvoie aux observations pleines de sagesse de l’excellent Patrick Eudeline.

    Les partisans de l’euthanasie se gargarisent de mots dont ils dévoient la signification à un point tel qu’ils ne devraient même plus avoir le droit de les prononcer. Dans le cas de la «compassion», le mensonge est palpable. En ce qui concerne la «dignité», c’est plus insidieux. Nous nous sommes sérieusement écartés de la définition kantienne de la dignité en substituant peu à peu l’être physique à l’être moral (en niant la notion même d’être moral?), en substituant à la capacité proprement humaine d’agir par obéissance à l’impératif catégorique la conception, plus animale et plus plate, d’état de santé, devenu une sorte de condition de possibilité de la dignité humaine, jusqu’à représenter finalement son seul sens véritable.

    Lire la suite