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Politique - Page 326

  • Pakistan : une chrétienne de 14 ans enlevée et mariée de force

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    PAKISTAN : Enlevée à 14 ans et mariée de force

    26 mai 2020

    Maira Shahbaz, une chrétienne pakistanaise de 14 ans a été enlevée pendant le confinement par des hommes armés. Elle a été forcée d’épouser son kidnappeur et de renoncer à sa foi, tout comme Huma Younus, il y a quelques mois.

    Le tribunal d’instance de Faisalabad a statué en faveur de Mohamad Nakash, qui a soutenu que la jeune catholique Maira Shahbaz avait 19 ans, malgré un certificat de naissance ainsi que des documents officiels de l’église et de l’école prouvant qu’elle a cinq ans de moins.

    « Je suis terrifiée à l’idée de ne plus jamais la revoir »

    En état de choc, la mère de Maira, Nighat, a été transportée d’urgence à l’hôpital de Faisalabad après que deux témoins, Parvaiz et Nadeem Masih, aient décrit comment, le 28 avril vers 14h, M. Nakash et deux complices – tous armés – ont embarqué la jeune fille de 14 ans dans une voiture près de chez elle, tirant des coups de feu en l’air tout en s’enfuyant. S’adressant à l’AED, Nighat, peu après sa sortie de l’hôpital, a déclaré : « Je prie pour que ma fille nous soit rendue. Je suis terrifiée à l’idée de ne plus jamais la revoir. »

    La sœur aînée de Maira, Saira, 16 ans témoigne : « Maira est encore une enfant et elle a été abusée. Elle aime chanter, elle et ses chants me manquent beaucoup ». L’avocat de la famille, Khalil Tahir Sandhu, a déclaré que M. Nakash était déjà marié, père de deux enfants et qu’il a trouvé Maira, habitant non loin de chez elle, près de Madina Town, où il est coiffeur.

    « Ils nous traitent comme des animaux »

    Sandhu a déclaré qu’au tribunal, M. Nakash avait établi des documents fabriqués prétendant que Maira et lui s’étaient mariés en octobre dernier alors qu’elle avait encore 13 ans. L’avocat, un catholique, qui pendant plusieurs années à l’université fut un camarade de chambre du militant pakistanais des droits des minorités, l’ancien ministre assassiné Shahbaz Bhatti, a déclaré : « Les personnes qui font ce genre de choses à une jeune enfant comme Maira ne nous traitent pas comme des êtres humains, mais comme des animaux. » Il a ajouté que lors de l’audience, le 5 mai, le magistrat de Faisalabad, Kamran Khalid, s’était laissé influencé par près de 150 hommes rassemblés au tribunal pour soutenir M. Nakash.

    Le souvenir d’Asia Bibi maintient l’espoir

    Sandhu a déclaré qu’il ferait appel de la décision, portant l’affaire devant la Haute Cour de Lahore et, si nécessaire, devant la Cour suprême du Pakistan, qui, en octobre 2018, a renversé de manière sensationnelle le sort d’Asia Bibi, la chrétienne condamnée à mort pour blasphème.

    Lala Robin Daniel, militante des droits de l’Homme, amie et voisine de Maira et de sa famille, a déclaré : « La famille Shahbaz, a-t-elle indiqué, est l’une des plus pauvres de la ville de Madina. Le peu que gagnent ses membres provient de leur travail en tant qu’employés de ménage. « Le père les a quittés et dans notre société, cette pauvre famille chrétienne est très vulnérable. » La famille a expliqué que Maira avait dû quitter l’école tôt parce que la famille ne pouvait plus payer les frais et qu’à la place, elle a trouvé un emploi.

    Environ 1 000 femmes et filles chrétiennes et hindoues sont enlevées chaque année au Pakistan, selon le Mouvement pour la Solidarité et la Paix, une organisation de défense des droits de l’Homme dans le pays.

  • Pandémie et culte : l'évêque de Tournai s'impatiente et ironise

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    En "contribution externe", sur le site de la Libre, cette "opinion" de Mgr Harpigny, évêque de Tournai :

    Faut-il faire venir quelques chameaux, lions, girafes et ours à la Cathédrale de Tournai pour pouvoir y redire la messe?

    Faut-il faire venir quelques chameaux, lions, girafes et ours à la Cathédrale de Tournai pour pouvoir y redire la messe?

    © Coralie Cardon

    Depuis le 4 mai 2020, le ministre de la Justice chargé des Cultes, Koen Geens, a demandé aux chefs des cultes reconnus par la Constitution de se mettre d’accord sur quelques principes et sur les lignes directrices d’un protocole technique efficace pour prévoir des célébrations au fur et à mesure du déconfinement.

    Ce travail a été réalisé par les chefs de culte le 8 mai 2020. Il a été envoyé au Ministère de la Justice pour être proposé aux membres du GEES le 11 mai 2020. Comme représentant du culte catholique, avec mon collègue Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers, j’ai bien écouté
    la conférence de presse de Mme Sophie Wilmès, Première Ministre, en fin du Conseil National de Sécurité d’après le 11 mai 2020.

    J’ai appris que les funérailles et les mariages pouvaient être célébrés dans les lieux de culte à partir du 18 mai 2020, en présence d’un maximum de 30 personnes. Pour la partie francophone du pays, c’était une avancée énorme. Dans des arrêtés des Gouverneurs de Province précédents, les funérailles dans les lieux de culte étaient interdites.

    Ce qui m’a étonné, c’est que rien n’était annoncé pour la reprise des célébrations habituelles dans les lieux de culte. Selon moi, si j’ai bien compris, les célébrations des messes le dimanche et en semaine étaient reportées après le 8 juin 2020.

    Or, en même temps, Pairi Daiza pouvait, sous certaines conditions, accueillir des visiteurs. J’étais abasourdi.

    Une autre question se pose. L’Etat belge a-t-il les mêmes prérogatives que l’empereur Joseph II, le fils héritier de l’impératrice Marie-Thérèse, de la dynastie des Habsbourg ? Joseph II a été appelé le « roi sacristain » car il s’est immiscé dans le déroulement de la liturgie catholique et dans bien d’autres domaines des cultes. Il n’en avait pas le droit, aux yeux de l’Eglise catholique, mais aussi aux yeux de bien des intellectuels théologiens, canonistes, juristes et philosophes du droit de son temps.

    Dois-je m’attendre que, lorsque le déconfinement sera autorisé pour la célébration publique dans les lieux de culte, un nouveau Joseph II se lève pour imposer sa loi aux cultes de Belgique ?

    Ceci est un billet d’humeur. Beaucoup de catholiques sont étonnés de l’inexistence des cultes dans les annonces du Conseil National de Sécurité. Il est temps que cet aspect de la vie sociale soit pris en compte.

    --> Titre de la rédaction. Titre original: Entre le chameau et Joseph II

  • Hong Kong menacée du pire par un régime chinois toujours plus totalitaire

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    De Dorian Malovic sur le site du journal la Croix :

    Cardinal Joseph Zen : « Hong Kong peut maintenant s’attendre au pire ! »

    Chine. Le cardinal Zen est "effrayé" à juste titre | Diakonos.be

    Le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, grande figure de la lutte pour la démocratie et les libertés religieuses en Chine, a réagi en exclusivité pour La Croix à la loi de « sécurité nationale » que veut imposer Pékin à Hong Kong.

    « C’est une décision terrible pour Hong Kong. Depuis hier soir (jeudi 21 mai) je m’informe en détail sur la nature de cette nouvelle loi sur la « sécurité nationale » que les députés chinois à Pékin vont intégrer dans la Constitution de Hong Kong. Il semblerait de plus que les autorités de Pékin vont créer un bureau spécial autonome basé à Hong Kong pour vérifier l’application de cette loi.

    « Cette loi imposée à Hong Kong est stupide »

    J’écoute toutes les réactions venant des milieux politiques locaux et de l’étranger et je pense que cette démarche politique de Pékin est très très mauvaise pour tout le monde, pour les libertés des Hongkongais, la réputation du parti communiste chinois et pour la paix dans le monde. Cette loi imposée à Hong Kong est stupide.

    Je ne suis pas encore en mesure de tirer des conclusions définitives car il faut voir comment et quand les députés chinois vont la voter, la promulguer et puis l’appliquer dans l’avenir proche. Il faudra également observer la manière dont le gouvernement de Hong Kong va réagir et surtout comment il va utiliser ou non cette loi face aux contestations locales qui durent depuis des années.

    « La Chine est devenue un pays de plus en plus totalitaire »

    Il y a bien sûr de l’inquiétude et de la colère à Hong Kong car on sent qu’elle risque de perdre sa singularité pour devenir une simple ville chinoise comme les autres où les libertés n’existent plus. J’ai peur que nous perdions notre autonomie, laquelle a été promise par le régime de Pékin il y a des années dans la déclaration commune sino-britannique de 1984. Pékin est à l’origine de tous les problèmes actuels de Hong Kong. Il faut pourtant tenter de calmer les tensions et d’éviter de nouvelles confrontations dans l’avenir.

    Nous sommes tous inquiets à Hong Kong et beaucoup vont fuir à l’étranger car même l’Occident semble avoir perdu tout espoir en réalisant le comportement agressif de la Chine. Depuis la rétrocession de Hong Kong le 1er juillet 1997, le régime chinois n’a cessé de se transformer en un régime de plus en plus totalitaire, à l’intérieur de ses frontières comme pour Hong Kong ou Taïwan. Hong Kong s’attend au pire maintenant et je ne vois pas ce que nous pourrions faire à moins d’une réaction internationale forte. »

  • "Laudato Si": une célébration démesurée durant un an avec le Seigneur en grand absent...

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    De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur Diakonos.be :

    Pendant l’année de « Laudato si’ » c’est la fête pour tout le monde, sauf pour « mi’ Signore »

    En cette période de vaches maigres dans le monde entier, les grands argentiers du Vatican – le jésuite Juan Antonio Guerrero Alves et le cardinal Reinhard Marx, l’un préfet de la Secrétairerie pour l’économie et l’autre du Conseil pour l’économie – ont fait parvenir aux différents responsables de la Curie des invitations pressantes à être « sobres » et à « couper dans les dépenses des colloques, des transferts à l’étranger et dans les frais de consultance ».

    Mais les réjouissances autour de « Laudato si’ » font naturellement exception.  Hier, dimanche 24 mars, c’était le cinquième anniversaire de la signature de l’encyclique et pour fêter l’occasion, on a prévu un jubilé d’une année entière, avec un programme démesuré.

    *

    Pour commencer, nous avons déjà eu droit à un prélude, la « Semaine de Laudato si’ », lancée le 16 mai dans un message vidéo par le Pape François accompagné d’imagines suggestives de zèbres, de chameaux et de savane, culminant le dimanche 24 par la récitation commune dans le monde entier, à midi selon l’heure locale, d’une prière composée par le Vatican pour l’occasion, afin que nous « nous sachions écouter et répondre au cri de la terre et au cri des pauvres ».

    Parmi ceux qui ont participé à la semaine préparatoire – à travers une multitude d’initiatives locales – les États-Unis se distinguent avec 2 316 inscriptions, suivis dans le classement par l’Italie, la France, l’Espagne, l’Argentine, le Brésil puis des autres pays, avec tout à la fin la Chine avec une seule personne connectée.

    Mais pour ces gens, c’est tout un programme qui les attend.  En effet, à la fin de l’été, ils se retrouveront ensemble pendant la « Saison de la création », qui se déroulera comme les années précédentes à partir du 1er septembre, journée mondiale de prière pour la Création jusqu’au 4 octobre, et jour de la fête de saint François d’Assise, avec une invitation à trouver et à mettre en pratique dans ce laps de temps des initiatives de « réparation de nos relations avec les autres et avec toute la création ».

    Il s’agit d’une initiative œcuménique lancée non seulement par le Pape François mais aussi conjointement par le patriarche orthodoxe de Constantinople Bartholomée, par l’archevêque anglican de Canterbury Justin Welby et par le Secrétaire général sortant du Conseil Œcuménique des Églises, le luthérien Olav Fyscke.

    Lors de l’édition 2019 de la « saison de la création », le 20 septembre, on avait beaucoup parlé de cette grève mondiale pour le climat avec des étudiants du monde entier qui séchaient les cours et Greta Thunberg dans le rôle de la star.  On prévoit que cette année la grève reviendra au menu.

    Mais avant d’arriver à la « saison de la création », deux initiatives du Dicastère pour le service du développement intégral présidé par le cardinal Peter Turkson sont programmées en juin.

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  • In memoriam : retour sur la célébration du centenaire de la naissance de Jean-Paul II (1920-2005)

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    Mémoire et identité 51XZK3V2RGL._SX290_BO1,204,203,200_.jpgEn relisant « Mémoire et Identité » qui constitue le testament spirituel (l’ouvrage fut publié chez Flammarion en 2005) de ce grand pape, on comprend mieux encore ses affinités avec son proche collaborateur le futur Benoît XVI, et la distance qui les sépare, l’un et l’autre, des intellectuels post-modernes sévissant aujourd’hui, plus que jamais, en Europe. Extraits choisis d’une pensée qui fâche un monde qui a cessé d’être chrétien :

    1.- Descartes et les Lumières : à la source de l’enracinement des idéologies du mal dans la pensée philosophique européenne (pp. 19 à 25).

    « Je dois me référer ici, déclare le pape Jean-Paul II, à certains faits liés à l’histoire de l’Europe, et de manière particulière à l’histoire de sa culture dominante.

    Quand fut publiée l’encyclique sur l’Esprit-Saint [« Dominum et vivificanten, en 1986] certains milieux en Occident ont réagi négativement, et cela d’une manière plutôt vive. D’où venait une telle réaction ? Elle provenait des mêmes origines que celles dont étaient nées, plus de deux cents ans auparavant, les Lumières européennes – en particulier françaises, sans pour autant exclure les Lumières anglaises, allemandes, espagnoles et italiennes. […]

    Pour mieux illustrer un tel phénomène, il faut remonter à la période antérieure aux Lumières, en particulier à la révolution de la pensée philosophique opérée par Descartes.

    Le « cogito, ergo sum » (« je pense, donc je suis ») apporta un bouleversement dans la manière de faire de la philosophie. Dans la période pré-cartésienne, la philosophie, et donc le « cogito », ou plutôt le « cognosco » (je connais), étaient subordonnés à l’« esse » (être) qui était considéré comme quelque chose de primordial. Pour Descartes, à l’inverse, l’« esse » apparaissait secondaire, tandis qu’il considérait le « cogito » comme primordial.

    Ainsi, non seulement on opérait un changement de direction dans la façon de faire de la philosophie mais on abandonnait de manière décisive ce que la philosophie avait été jusque là, en particulier la philosophie de saint Thomas d’Aquin : la philosophie de l’ «esse». Auparavant, tout était interprété dans la perspective de l’ «esse» et on cherchait une explication de tout selon cette perspective. Dieu, comme Être pleinement autosuffisant (ens subsistens) était considéré comme le soutien indispensable pour tout « ens non subsistens », pour tout « ens participatum », c’est-à-dire pour tout être créé, et donc aussi pour l’homme.

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  • « PAS D’AVENIR SANS AÎNÉS » APPEL INTERNATIONAL POUR « RÉHUMANISER NOS SOCIÉTÉS » CONTRE UNE « SANTÉ SÉLECTIVE »

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    « PAS D’AVENIR SANS AÎNÉS »
    APPEL INTERNATIONAL POUR « RÉHUMANISER NOS SOCIÉTÉS »
    CONTRE UNE « SANTÉ SÉLECTIVE »

    Premier signataire Riccardi (Sant’Egidio), avec Prodi, Habermas, Sachs, Gonzalez, Pöttering, Zuppi, Bokova, De Rita et d’autres personnalités

    C’est d’une inquiétude de la Communauté de Sant’Egidio sur l’avenir de nos sociétés – survenue ces jours-ci à l’occasion de la crise provoquée par le coronavirus – que part cet appel, traduit dans différentes langues et diffusé à partir d’aujourd’hui au niveau international (voir les premiers signataires à la fin).
    Il s’adresse à tous, citoyens et institutions, pour un changement ferme des mentalités qui conduise à prendre de nouvelles initiatives, sociales et sanitaires, à l’égard des populations âgées.

    PAS D’AVENIR SANS AÎNÉS

    Appel pour réhumaniser nos sociétés. Non à une santé sélective

    Avec la pandémie du Covid-19 les personnes âgées sont en danger dans beaucoup de pays européens comme ailleurs. Les chiffres dramatiques des décès dans les institutions font frémir.

    Il y aura beaucoup à revoir dans les systèmes de santé publique et dans les bonnes pratiques nécessaires pour rejoindre et soigner tout le monde avec efficacité, pour dépasser le placement en établissement.

    Nous sommes préoccupés par les récits funestes des hécatombes qui se produisent dans les instituts pour personnes âgées
    . L’idée s’installe qu’il est possible de sacrifier leurs vies en faveur d’autres vies. Le pape François parle à ce propos de « culture du déchet » qui retire aux personnes âgées le droit d’être considérées comme des personnes et fait d’elles un numéro et, dans certains cas, même moins que cela.


    Dans beaucoup de pays d’Europe, face à l’exigence des soins, nous voyons apparaître un modèle périlleux qui privilégie une «santé sélective», tenant pour résiduelle la vie des personnes âgées
    . Leur plus grande vulnérabilité, l’avancée en âge et les autres pathologies possibles dont elles sont porteuses justifieraient une forme de « sélection » en faveur des sujets plus jeunes et plus sains.


    Se résigner à une issue de cette sorte est humainement et juridiquement inacceptable
    . Cela l’est également dans une vision religieuse de la vie, mais aussi dans la logique des droits de l’homme et de la déontologie médicale. Aucun « état de nécessité » ne peut être accepté qui légitimerait ou codifierait des dérogations à de tels principes. La thèse qu’une espérance de vie plus courte comporte une diminution « légale » de sa valeur est, d’un point de vue juridique, une barbarie. Que cela advienne par le moyen d’une imposition (par l’État ou par les autorités sanitaires) extérieure à la volonté même de la personne représente une expropriation intolérable de plus des droits de l’individu.


    L’apport des personnes âgées continue d’être l’objet d’importantes réflexions dans toutes les civilisations. Il est fondamental dans la trame sociale de la solidarité entre les générations. Nous ne pouvons pas laisser mourir la génération qui a lutté contre les dictatures, qui a peiné pour reconstruire après la guerre et qui a construit l’Europe.

    Nous croyons qu’il est nécessaire de réaffirmer avec force les principes de l’égalité de traitement et du droit universel aux soins, conquis au cours des siècles. Le moment est venu de dédier toutes les ressources nécessaires à la sauvegarde du plus grand nombre de vies et d’humaniser l’accès aux soins pour tous. Que la valeur de la vie reste la même pour tous. Celui qui méprise l’existence fragile et faible des plus âgés se prépare à dévaluer toutes les existences.

    Par cet appel, nous exprimons notre douleur et notre inquiétude devant le nombre excessif de morts de personnes âgées ces derniers mois et nous appelons de nos vœux une révolte morale afin qu’un changement de direction s’opère dans le soin réservé aux aînés, afin surtout que les plus vulnérables ne soient jamais considérés comme un poids ou, pire, comme inutiles.

    Signez l'appel



    Premiers signataires:

    Andrea Riccardi, historien, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio
    Romano Prodi, ancien président du Conseil des ministres de la Commission européenne
    Jeffrey D. Sachs, directeur de UN Sustainable Development Solutions Network
    Aleksandra Dulkiewicz, maire de Gdansk, Pologne
    Simonetta Agnello Hornby, écrivain, Royaume-Uni
    Manuel Castells, professeur de sociologie de l’Université de Californie Berkeley, Espagne
    Irina Bokova, ancienne directrice générale de l’UNESCO, membre du Haut comité pour la fraternité humaine, Bulgarie
    Mark Eyskens, ancien premier ministre belge
    Hans Gert Pöttering, ancien président du Parlement européen, Allemagne
    Felipe González Márquez, ancien premier ministre espagnol
    Marie De Hennezel, psychologue, France
    Jean-Pierre Denis, directeur de l’hebdomadaire La Vie, France
    Card. Matteo Zuppi, archevêque de Bologne
    Adam Michnik, essayiste, directeur de Gazeta Wyborcza, Pologne
    Michel Wieviorka, sociologue, président de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme de Paris, France
    Giuseppe De Rita, fondateur de CENSIS
    Stefania Giannini, directeur général adjoint de l’UNESCO
    Maria Antónia Palla, journaliste, Portugal
    Navi Pillay, juge, président ICDP, Afrique du Sud
    Annette Schavan, ancienne ministre fédérale allemande de l’Éducation et de la recherche, Allemagne
    Jürgen Habermas, philosophe, Allemagne

  • Faire mémoire des victimes des Khmers rouges

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/CAMBODGE - Le souvenir des victimes des Khmers rouges, une occasion pour faire mémoire des martyrs cambodgiens

    20 mai 2020

     

    Phnom Penh (Agence Fides) - « Nous nous souvenons aujourd'hui des victimes et des souffrances qui ont été perpétrées au cours du régime génocidaire des Khmers rouges. Nous nous souvenons aussi de nos martyrs et nous prions pour la paix, le dialogue et la réconciliation, au Cambodge et dans le monde ». Tel est le message envoyé à l'Agence Fides par S.Exc. Mgr Olivier Schmitthaeusler, M.E.P, Vicaire apostolique de Phnom Penh, alors qu'en ce 20 mai est célébrée au Cambodge la Journée de commémoration des massacres perpétrés par les Khmers rouges et par le régime de Pol Pot. Les cambodgiens la qualifient de Journée de la colère et souvent, en différents lieux, on assiste à des reconstructions ou à des représentations dans le cadre desquelles des étudiants en noir recréent les vexations infligées dans les célèbres camps de massacre.

    Cependant, l'Eglise veut s'en souvenir et la célébrer en tant que Journée de la Mémoire, des Martyrs et de la Réconciliation, plutôt que de mettre l'accent sur des sentiments tels que la colère et la vengeance. Mgr Schmitthaeusler explique à Fides : « Cette année, nous célébrons le 45ème anniversaire de l'ordination épiscopale du premier Evêque cambodgien, S.Exc. Mgr Joseph Chhmar Salas, consacré en secret par S.Exc. Mgr Yves Ramousse, le 14 avril 1975, alors que l'église Notre-Dame de Phnom Penh était bombardée. Le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrèrent dans la capitale et toute la population s'enfuit ou fut évacuée. Mgr Chhmar Salas fut porté dans le nord-est du pays, à Tangkauk, où il mourut en 1977. Il a été le premier de notre liste de 14 martyrs dont la cause de béatification est en cours depuis le 15 mai 2015 ».

    Le Vicaire apostolique ajoute : « Cette année, nous célébrons en outre le XXXVI° anniversaire de la résurrection de l'Eglise au Cambodge. En effet, c'est le 14 avril 1990 que Mgr Emile Destombes put célébrer de nouveau Pâques, dans un cinéma de Phnom Penh. Il s'est agi d'un moment historique et de grande valeur symbolique et spirituelle. Au cours de ces années sombres du régime, la lumière de la foi ne s'était pas éteinte et la flamme du cierge pascal réchauffa et illumina cette pièce noire ». « Aujourd'hui – poursuit Mgr Schmitthaeusler – les catholiques disent avec foi : le Christ Jésus est vivant ! Ceci est ce que nous avons célébré 30 ans après dans notre monde envahi par l'obscurité de la mort, de la peur et de la solitude. Nous désirons rappeler les derniers mots de Mgr Salas à Mgr Ramousse, prononcés le 17 avril 1975, avant de partir sur les routes poussiéreuses du Cambodge : « Parlez de nous au monde ». Dans cet esprit, nous conservons bien vivante la mémoire de nos martyrs et nous vivons au Cambodge aujourd'hui l'Evangile de la paix et de la réconciliation ».

    Sous le régime des Khmers rouges, de 1975 à 1979, quelques 2 millions de cambodgiens moururent suite à des exécutions, de faim ou de maladies. Les camps d'extermination pointillaient le pays, sachant qu'ont été retrouvés 20.000 sites de fosses communes contenant plus de 1,38 millions de corps selon le Centre de documentation du Cambodge. Le plus grand camp était celui de Choeung Ek, dans la périphérie de Phnom Penh. Il sert actuellement de monument à tous ceux qui sont morts et qui ont survécu, permettant de conserver pour les générations futures le souvenir de cette souffrance inhumaine. De par les proportions du phénomène et de par l'impact qu'il a eu sur la population locale, l'extermination cambodgienne peut être considéré comme un cas sans précédent dans l'histoire de l'humanité. (PA) (Agence Fides 20/05/2020)

  • Archives vaticanes : tout focaliser sur la figure de Pie XII ?

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    De sur zenit.org :

    Archives de Pie XII : « L’attention au pouvoir du pape est légitime, mais aussi réductrice » 

    Un article de Nina Valbousquet

    Une historienne et membre de l’École française de Rome, Nina Valbousquet, partage ses impressions d’une courte semaine de travail dans les archives du pape Pie XII (1939-1958), ouvertes aux chercheurs le 2 mars 2020 et à nouveau fermées le 6 mars à cause de la pandémie. Elle affirme que, dans le contexte des persécutions des Juifs, l’intérêt pour la figure du pape Pie XII ainsi que pour ses actions est justifié, mais ne reflète pas la « complexité de la situation ecclésiastique » en cette période tragique   :

    « Les débats mémoriels et sociétaux sur l’Église face au nazisme, au fascisme et à l’antisémitisme tendent à se focaliser sur un seul individu, le pape, scrutant sa personnalité, ses dires et ses actions », écrit-elle. « Cette attention au pouvoir pontifical est légitime, mais elle est aussi quelque peu réductrice face à la complexité des rouages ecclésiastiques, pour ne pas parler du monde catholique. »

    La chercheuse affirme que la « réduction du cadre historique à la seule figure pontificale a souvent pour corollaire médiatique une mise en scène de la recherche en archives comme véritable chasse au trésor ». « Ainsi, poursuit-elle, l’énigme de l’attitude de Pie XII durant la Shoah serait résolue par la découverte d’un document unique, le document, la preuve absolue et univoque, servant soit au procès de canonisation, soit au tribunal d’inquisition. » Il s’agit, dit-elle, d’une approche erronée qui « aplatit » « ce qui est pourtant crucial pour comprendre l’attitude de l’Église durant cette période : l’ambivalence et l’ambiguïté ».

    Spécialiste d’histoire transnationale du XXe siècle, de l’antisémitisme, du catholicisme et du fascisme et lauréate 2015 du prix de la Ville de Paris pour la recherche sur la xénophobie et l’antisémitisme, Nina Valbousquet parle des principes du travail de l’archiviste et partage quelques notes préliminaires sur les dossiers dont elle avait étudiés dans les archives du pape Pie XII : il s’agit principalement du celui sur les « Juifs, 1940-1944 » dans « l’un des rares inventaires papiers encore disponibles : ‘Nonciature de France’ ».

    Pour retrouver les « nuances et contradictions, ce sfumato du passé proche », affirme l’historienne, il faut « accepter et embrasser l’équivocité et l’opacité de l’archive ». « Derrière l’attrait du sensationnalisme historico-médiatique, la réalité du travail en archives est bien différente, explique-t-elle. D’une part, le temps de la recherche est long et lent, la tâche est ample et collective ; d’autre part, l’intérêt de ces fonds documentaires immenses réside moins dans le dévoilement d’une improbable révélation que dans la diversité des acteurs et le jeu d’échelles qu’ils permettent d’appréhender comme autant d’objets historiques. »

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  • Reprise des cultes en France : ce sera effectif pour la Pentecôte. Et en Belgique ?

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    Lu sur le site web du quotidien «Le Figaro » :

    Les autorités publiques recommandent aux cultes d'attendre début juin pour une reprise des célébrations, ont affirmé plusieurs responsables religieux, auxquels va être transférée la responsabilité des conditions et du calendrier d'ouverture des lieux de cultes.

    À lire aussi : Mgr Lebrun: «C’est maintenant qu’il faut reprendre les cultes!»

    Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est entretenu vendredi matin avec les principaux responsables des cultes afin de mettre au point un texte de «recommandations», ont indiqué plusieurs d'entre eux à l'AFP. Cette réunion intervenait alors que le Premier ministre a été sommé lundi dernier par le Conseil d'Etat de lever dans un délai de «huit jours» l'interdiction totale de réunion de cultes figurant dans le décret de déconfinement du 11 mai.

    Un nouveau décret est donc attendu, pour «application immédiate» et «dans lequel il y aura la possibilité de reprendre les célébrations religieuses avec des conditions générales de reprise conformes aux impératifs de sécurité sanitaire», a souligné Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman.

    À lire aussi : Exercice du culte: pourquoi le Conseil d’État a levé l’interdit gouvernemental

    Dans le texte élaboré avec Christophe Castaner, figure l'idée que «les pouvoirs publics recommandent plutôt une reprise début juin, afin de laisser le temps suffisant pour analyser l'impact du déconfinement commencé le 11 mai», ont dit Mohammed Moussaoui ainsi que Joël Mergui, président du Consistoire israélite. Est aussi transférée à chaque culte «la responsabilité d'adapter les règles et le calendrier d'ouverture», a complété Joël Mergui.

    Parmi les recommandations générales figurent des mesures qui portent sur la distanciation physique (avoir 4 m2 autour de chaque personne), la régulation des flux pour l'entrée et la sortie, l'obligation de désinfection des objets utilisés, le port du masque et la communication envers les fidèles, ont énuméré les participants à la réunion. En revanche, rien n'est écrit sur la question d'un seuil limite d'occupation d'une église, d'une mosquée, d'un temple, d'une synagogue. «Ce sera décidé localement et laissé à l'appréciation des organisateurs», selon Mohammed Moussaoui.

    À lire aussi : «Le Conseil d’État rappelle que la liberté de culte est une garantie»

    «C'est un appel à la responsabilité de chacun» et un «encouragement à la reprise progressive», a résumé François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France. La reprise des célébrations avec public avait d'abord été annoncée pour le 2 juin, avant que le Premier ministre n'évoque la date du 29 mai. L'épiscopat catholique a fait pression ces dernières semaines pour que ce soit effectif pour le dimanche de Pentecôte, le 31 mai. Ce qui sera le cas après la décision du Conseil d'Etat.

    À lire aussi : «La liberté de culte serait-elle moins importante que la liberté de consommer?»

    Ref. Reprise des cultes: la date de début juin reste recommandée

    Et en Belgique ? Le Manitoba est toujours silencieux…

    JPSC

  • 26 mai : philo à Bruxelles avec Stéphane Mercier : "parole et politique dans une perspective thomiste"

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    Bienvenue à notre conférence avec Stéphane Mercier

    RDV exceptionnel en direct, pour la première fois - accès libre !

    ► Parole et politique dans une perspective thomiste ◄

    La science politique, comme prolongement de la réflexion éthique à l’échelle de la communauté, s’appuie notamment sur un vecteur privilégié : la parole. C’est ainsi que l’exercice de la vertu politique a donné naissance à l’art de la rhétorique. Loin d’être étrangère à la philosophie, la rhétorique lui appartient au rang des disciplines du « faire » qu’Aristote appelle « poïétiques ». Comment la rhétorique sert-elle le bien commun ? En quoi participe-t-elle de l’analyse pré-philosophique du langage, requise par Aristote dans son Organon, sa « boîte à outils » linguistique indispensable à toute réflexion philosophique ?

    https://www.youtube.com/watch?v=qlPtTU7CEb0&feature=youtu.be

  • L'ONU : ennemi juré des religions qui ne professent pas sa morale relativiste

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    De Paul Tardif sur le site de l'Homme Nouveau :

    La liberté de religion contre la liberté de religion

    La liberté de religion contre la liberté de religion

    Si la critique de la morale stricte qu'imposeraient les religions est un lieu commun, on parle moins du manque absolu d'indulgence des instances internationales à l'égard de ce qu'elles considèrent comme bon ou mauvais. L'ONU excelle en la matière, premier fournisseur mondial de rapports sur les libertés et l'égalité, soi-disant défenseur ardent de la liberté religieuse mais ennemi juré des religions qui ne professent pas sa morale relativiste.  

    Nommé en 2016 rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction, Ahmed Shaheed a publié le 27 février 2020 un rapport sur la liberté religieuse à l’occasion des sessions de l’ONU sur la promotion et la protection de tous les droits de l’homme[1]

    Ce rapport de 19 pages est construit autour de deux idées majeures. Tout d’abord, il cherche à démontrer que les religions favorisent les discriminations et les violences en tout genre envers les femmes et les LGBTQ+ (sic). Sans distinction ni catégorisation, « l’opium du peuple » serait donc responsable des mutilations génitales, des lapidations pour adultères et des « entraves à l’avortement ». C’est bien connu : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. Le rapport évoque indistinctement les « religions » ou les « convictions » mais jamais l’islam, le catholicisme ou le protestantisme ne sont clairement nommés, ce qui donne une impression que les toutes les religions se valent dans un cloaque indifférencié. La théorie du complot fonctionne également à plein dans les officines internationales et nous apprenons que les religions pourraient dans certains pays agir impunément soit parce qu’elles infiltrent les organes politiques, soit parce qu’elles bénéficient d’une influence idéologique sur la population. Puis Ahmed Shaheed affirme que les religions ne sont pas monolithiques et si certains groupes soutiennent les discriminations, d’autres au contraire peuvent être de puissants alliés pour favoriser « l’égalité des genres ». Il préconise un soutien actif des Nations-Unies envers ces groupes et ces initiatives. Un certain nombre d’exemples sont donnés comme celui de #Faith4Rights, cette organisation issue de l’ONU, qui vise à former les responsables religieux à l’égalité et à la diversité pour qu’ils en deviennent ensuite des apôtres auprès de leurs communautés.

    Lire la suite

  • "Le Monde d'après..." : le lancement d'une nouvelle revue trimestrielle

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    Le Monde d'après

    Le Monde d'après...

    Une nouvelle revue trimestrielle est lancée par les éditions France-Empire sous la direction de Frédéric Aimard. Elle explore « le monde d'après... » à la lumière de la doctrine sociale de l'Église.

    La consultation du n°1 (juin-juillet-août) de la revue est gratuite : cliquez sur l'image pour la feuilleter ou la télécharger en PDF.
    https://fr.calameo.com/read/0062449649948fbb58957

    Il n'y aura d'impression papier trimestrielle que si un nombre suffisant d'amis souscrivent à cet abonnement : 40 euros pour 4 numéros.

    SPFC-ACIP / France-Empire 60, rue de Fontenay 92350 LE PLESSIS-ROBINSON / 06 77 90 36 20