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Politique - Page 458

  • "Affaire Mercier" : les propos chèvrechoutistes du porte-parole de l'épiscopat

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    Lu sur le Soir de ce jour (p. 7), ce type de propos mous qui dispense nos éminences de prendre la défense d'un enseignant authentiquement catholique face à une institution qui renie la morale du respect de la vie qu'elle serait censée promouvoir; propos qui dispensent également ces mêmes éminences de soutenir la Marche pour la Vie à laquelle Mgr Léonard ne craignait pourtant pas de prendre part... :

    Le jeu d’équilibriste de l’Eglise

    Tommy Scholtès, porte-parole de la Conférence épiscopale, se veut très nuancé. D’une part, il condamne les propos du professeur Mercier : « Les mots de Stéphane Mercier me paraissent caricaturaux. Le mot meurtre est trop fort : il suppose une violence, un acte commis en pleine conscience, avec une intention, et cela ne tient pas compte de la situation des personnes, souvent dans la plus grande détresse. » « De telles formules n’aident pas vraiment l’Eglise notamment dans le cadre de l’appel à la vie lancé par le Pape. » Car, d’autre part, le respect de la vie demeure évidemment au centre de la doctrine. « Mais le Pape en appelle aussi à la miséricorde : nous devons montrer de la compréhension, de la compassion. » Le porte-parole des évêques belges joue la prudence également quand il s’agit de se prononcer sur la réaction de l’UCL : « L’UCL et les évêques de Belgique sont deux choses à la fois proches et différentes. Nous n’avons pas d’avis à donner sur ce que dit l’Université. » Il se distancie également de la Marche pour la vie, rappelant qu’il s’agit bien d’une initiative privée, venant de catholiques, et non d’une initiative officielle.

    ... mais, fort heureusement, de nombreux catholiques n'attendent plus d'improbables consignes de leurs évêques pour descendre dans la rue défendre la cause de ces petits d'homme que l'on détruit en toute légalité :

    en page 6 du Soir :

    Mercier, nouveau héros « pro vita » 

    Environ 1.500 militants « pro vie » ont défilé dans les rues de Bruxelles ce dimanche. Stéphane Mercier, chargé de cours à l’UCL, suspendu de ses fonctions après son plaidoyer anti-avortement, a été accueilli sous les applaudissements. … Car n’allez pas imaginer que la «Marche pour la Vie » ne rassemble qu’une ancienne génération de catholiques. Au contraire : les poussettes, comme autant de pains multipliés, révèlent la présence de nombreuses familles, tandis que des groupes de jeunes défilent, enthousiastes, aux côtés de leurs aînés. « Pro-Life Generation » proclament les T-shirts fièrement arborés par les jeunes organisateurs hyperactifs. Une marche qui permet de prendre la mesure de la frange catholique traditionaliste de Belgique. Les organisateurs évoquent 3.000 participants. La Police parle, elle, de 1.000 à 2.000 manifestants. On est donc encore (très) loin d’un mouvement comme la « Manif pour tous », en France, qui avait rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes.

    Pages intégrales : page 6, page 7

  • A l’Université de Liège, le 4 avril prochain: un débat sur le thème « Immigration, identité et multiculturalité » organisé par l’Union des étudiants catholiques et le groupe de réflexion « Ethique sociale »

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    A l’Ulg, le mardi 4 avril 2017, l'Union des étudiants catholiques de Liège et le groupe de réflexion Ethique sociale lancent un nouveau lunch débat; il est urgent de s'inscrire : 

    « IMMIGRATION, IDENTITÉ ET MULTICULTURALITÉ»

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    animé par Annie LAURENT

    experte au Synode des évêques sur le Moyen Orient

    Sous l’intitulé « L’Europe, ses fondements, aujourd’hui et demain », l’ « Union », cercle inter-facultaire des étudiants catholiques de Liège, et le groupe de réflexion « Ethique sociale » proposent cette année quatre rencontres sur les enjeux  majeurs de la crise actuelle de l’Europe. Celles-ci ont lieu sous forme de lunchs débats organisés à l’Université de Liège dans la Salle des Professeurs de l’Université, Bâtiment du Rectorat, place du XX août, 7, 1er étage à Liège (parcours fléché à partir de la grande entrée).

    Le cycle a été inauguré le 17 janvier dernier par un exposé de Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, sur « Le Christianisme médiéval, creuset de l’Europe ».

    La prochaine rencontre aura pour titre «Immigration, identité et multiculturalité » : un thème délicat qui sera abordé par  Mme Annie Laurent, experte au Synode des évêques sur le Moyen Orient.

    Journaliste et écrivain, Mme Laurent est titulaire d’une maîtrise en droit international et d’un doctorat d’Etat en science politique (Université Panthéon-Assas, Paris) pour une thèse sur « Le Liban et son voisinage », une région où elle a séjourné de nombreuses années. Elle a fondé l’Association « Clarifier » pour éclairer sur les réalités de l’Islam selon une approche pédagogique et respectueuse des personnes qui s’y réfèrent. Elle explique non seulement le credo de l’islam, mais aussi l’anthropologie qui en découle, essayant d’identifier les références, les croyances, les aspirations du musulman qui vit dans nos pays.

    lunch_debat_avril2017.jpg

    Mardi 4 avril prochain à 18h00 dans la Salle des Professeurs de l’Université de Liège, Bâtiment du Rectorat, place du XX août, 7, 1er étage (parcours fléché à partir de la grande entrée.). P.A.F 15 € (5 € pour les étudiants) à payer sur place.

    Réservation obligatoire le 31 mars au plus tard : on peut s’inscrire

    -par téléphone 04.344.10.89 ou

    -par email info@ethiquesociale.org ou uniondesetudiantscatholiqueliege@skynet.be

    -plus de renseignements et s’inscrire en ligne, cliquez ici : http://www.ethiquesociale.org/conference/immigration-identite-et-multiculturalite/

    JPSC 

  • Réfléchir sur les migrations

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    De Yves Gazzo sur Magistro :

    Quelques réflexions sur les migrations

    Intervention présentée à l'occasion de l'Assemblée générale des anciens fonctionnaires de l'UE lundi 27 mars

    De nos jours nous avons tendance, en Europe, en France, simples citoyens ou responsables politiques, à commenter, à disserter, à s'opposer, sur le thème des migrations humaines : danger ou apport pour nos sociétés post industrielles et vieillissantes, mais qui restent attractives pour ceux et celles qui sont à la recherche d'un El Dorado, d'un monde simplement meilleur ; au risque de nous faire oublier que les migrations sont multiples, qu'elles concernent des domaines variés avant tout et qu'elles sont évolutives, dans l'espace et dans le temps même si certaines constantes sont à souligner ici ou là et que les déclarations intempestives de responsables politiques sur ce sujet relèvent plutôt de la posture que de la possibilité réelle de contrôler les flux migratoires.

    La diversité des types de migrations 

    Il existe des types très variés de migrations : celles animales bien connues avec les longs déplacements des oiseaux, des animaux en liberté, des occupants des mers ; qui d'entre nous n'a pas admiré la beauté des flamands roses ou des gnous en Afrique de l'est, des oies du Canada aux Etats-Unis, des requins baleine dans le goubet de Djibouti ? Mais souvent certains virus émergent, voyagent aussi et représentent des dangers réels pour les habitants de cette planète. Migrations de l'information, des œuvres d'art, des systèmes politiques, des finances (envois d'argent des émigrés vers leur pays d'origine),… etc.

    Ces thèmes variés, avec le phénomène migratoire en commun feront l'objet de différentes communications au sein de l'Académie des sciences d'outre-mer dont j'assure la présidence, sans oublier les migrations humaines, sujet dont je souhaite vous entretenir aujourd'hui.

    Les migrations humaines aujourd'hui : un mouvement fort et qui n'est pas près de s'arrêter 

    Entre 2000 et 2015 le nombre de migrants a bondi pour atteindre un total de 244 millions de personnes vivant en dehors de leur pays d'origine dans le monde selon les sources des Nations Unies. Parmi elles, 60 millions sont des migrants et des réfugiés hors de leur pays d'origine et environ 6 millions sont "coincés" dans un pays ou une zone de transit ; 1 personne sur 112 est, soit un réfugié soit un demandeur d'asile soit un déplacé intérieur. La gestion hasardeuse de ces populations a aussi contribué à la création de camps de réfugiés de "longue durée". On compte aujourd’hui 32 camps de réfugiés installés depuis plus de 25 ans et ces colonies temporaires sont destinées à devenir des villes permanentes, privées toutefois d'infrastructures et d'activités économiques dignes de ce nom.

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  • Bénéton ou la nécessité de se libérer des idées folles de notre temps

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    73830151_14517127.jpgLu ICI :

    L’occident déréglé of Bénéton

    Peut-on trouver titre mieux choisi pour décrire l’état de déréliction dans lequel se trouve l’Occident ? Publié au Cerf, Le dérèglement moral de l’Occident de Philippe Bénéton, professeur émérite de la faculté de droit et sciences politique de Rennes, renvoie à Jean Sévillia qui voit dans l’absence de morale le chaînon manquant à nos sociétés pour qu’elles vivent en harmonie et aient un réel avenir. D’emblée, notre professeur nous immerge dans le propos de son ouvrage : « l’idée d’émancipation n’est pas née en 1965 ou 1968 mais a cheminé, chez les modernes, pendant des siècles depuis Machiavel et Bacon », et « la dynamique de l’autonomie individuelle est allée beaucoup plus loin que ne pouvaient le penser Locke ou Montesquieu ». La tempête de 1968 et l’émancipation radicale qui l’a accompagnée ont selon lui tout balayé : « la modernité libérale avait mis fin au pouvoir politique de l’Eglise et rogné son autorité intellectuelle, la modernité tardive a mis fin à l’emprise des mœurs traditionnelles, façonnées par le christianisme. L’une des conséquences est que le peuple a disparu. Ne restent que des individus ».

    Chantal Delsol dans la Haine du monde et Alain de Benoist dans Au-delà des droits de l’homme commentés pour Mauvaise Nouvelle ont finement analysé ces phénomènes d’auto-engendrement de l’individu promus par les idéologies libérales libertaires, ainsi que cette tendance lourde à l’abstraction (la démocratie, les droits de l’homme, l’humanité multiculturelle, pacifiée et sortie de l’histoire, la non-discrimination, la tolérance, le marché bienfaiteur) qui se substitue peu à peu à l’incarnation (le monde réel, l’homme singulier, la mort, le tragique de l’existence, les passions humaines heureuses ou tristes). Nous avons eu l’occasion d’expliquer par ailleurs ce lien étroit qui unit le libéralisme et l’arasement culturel qui prépare son terrain de jeu. Bénéton le dit ainsi : « Notre modernité est une puissante machine qui écrase les différences que la civilisation occidentale tenait pour significatives. Par-là, elle travaille à produire un monde homogène ». Il va sans dire que les fruits (assumés et revendiqués) de cette idéologie mondialisée du libéralisme triomphant sont prégnants dans nos quotidiens : inculture, indifférence et indifférenciation. Ces fruits sont l’exact opposé de ceux patiemment mûris par notre civilisation judéo-chrétienne au cours des siècles écoulés : goût pour la culture, l’intelligence et l’esprit, primauté de la communauté ou du corps social sur les individus et les minorités, claire distinction des génies respectifs de l’homme et de la femme.

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  • Stéphane Mercier était présent aux côtés de nombreux manifestants à la Marche pour la Vie à Bruxelles

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    Du site du Soir.be :

    Stéphane Mercier à la «Marche pour la vie»: «Je suis ici comme croyant»

    Le professeur, suspendu par l’UCL, a clôturé la marche anti-avortement à Bruxelles ce dimanche.

    Mille manifestants et une « guest star » : tel est le bilan, en deux mots, de la « Marche pour la vie », à Bruxelles ce dimanche. Environ 1.000 personnes, selon la police (trois mille selon les organisateurs - ndB), ont manifesté contre l’avortement. Le cortège s’est achevé par le discours attendu d’une nouvelle « star » de la cause, Stéphane Mercier, le professeur suspendu par l’UCL et sous le coup d’une procédure disciplinaire après des propos anti IVG très radicaux dans un cours.

    Face aux « marcheurs » anti-IVG, Stéphane Mercier a rappelé qu’il était à l’UCL depuis un certain temps : «  Assistant pendant six ans, chercheur et chargé de cours…  » «  Je suis ici comme être humain, comme philosophe, comme croyant  », souligne-t-il.

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    «Je suis ici comme être humain, comme philosophe, comme croyant» @lesoir 

    Interrogés par « Le Soir » avant la manifestation, les organisateurs s’étaient déclarés ravis de la présence de Stéphane Mercier.

    L’Université catholique de Louvain a entamé une procédure disciplinaire à l’encontre de Stéphane Mercier après avoir entendu ce dernier à propos de sa note rédigée dans le cadre de l’un de ses cours et dans laquelle il qualifiait notamment l’avortement de «  meurtre  », «  plus grave que le viol  ».

    L’UCL, qui avait déjà clairement pris ses distances plus tôt dans la semaine avec les propos de son chargé de cours invité, précise également avoir suspendu «  jusqu’à nouvel ordre  » les deux cours dont l’intéressé avait la charge.

  • Avortement : quand l'archevêque de Malines-Bruxelles s'exprimait sans ambiguïtés

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    D'Arnaud Dumouch : 

    AVORTEMENT : Quand Mgr Léonard s'exprimait (à propos de l'affaire UCL / Pr Stéphane Mercier)

    Lors de sa nomination en octobre 2013 comme archevêque de Malines-Bruxelles et comme grand chancelier de l'Université Catholique de Louvain (UCL), Monseigneur André-Joseph Léonard s'était exprimé sur l'avortement. 

    Il avait donné une parole prophétique qui devrait éclairer l'affaire du Professeur Stéphane Mercier qui, en mars 2017, agite le Royaume de Belgique. Rappelons que ce professeur de philosophie a été suspendu de son cours pour un texte et un débat abordant de front la question de l'enfant avorté, comme être humain mis à mort. 

    Très attaqué par les médias belges, caricaturé et vilipendé, Monseigneur Léonard présentait sur la RTBF, dans l'émission "J'ai une question à vous poser", la foi catholique sur cette question.

    A la fin de l'émission, les Belges furent conquis par sa foi, la précision de ses explications.

    Et pour une rare fois, un archevêque catholique donnait la raison de la gravité de l'acte d'avortement : "L'enfant vit. Il accueillera sa mère, pour se réconcilier avec elle, de l'autre côté de cette vie."

  • Quand François discerne les voies de l'espérance pour l'Europe

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    De zenit.org :

    Soixante ans après, discerner les voies de l’espérance pour l’Europe (texte intégral)

    Les piliers de l’édifice des « Pères de l’Europe »

    Les piliers de la construction européenne, il y a soixante ans, sont autant de balises pour tracer son avenir et un chemin d’espérance, estime le pape François qui décline: « la centralité de l’homme, une solidarité effective, l’ouverture au monde, la poursuite de la paix et du développement, l’ouverture à l’avenir ».

    Le pape a en effet reçu les responsables européens à l’occasion du 60e anniversaire de la signature des Traités de Rome, le 25 mars 1957, ce vendredi 24 mars 2017, à 18h, au Vatican.

    Le pape, qui s’est exprimé en italien, et debout, a évoqué les « Pères de l’Europe » et il a invité les Européens à se laisser « provoquer par leurs paroles, par l’actualité de leur pensée, par l’engagement passionné pour le bien commun qui les a caractérisés, par la certitude de faire partie d’une œuvre plus grande que leurs personnes et par la grandeur de l’idéal qui les animait ». Il a rappelé que l’Europe ne peut être réduite à un ensemble de règlements contraignants.

    Il a offert cette définition de l’Europe: « L’Europe a un patrimoine d’idéaux et de spiritualité unique au monde qui mérite d’être proposé à nouveau avec passion et avec une fraîcheur renouvelée et qui est le meilleur antidote contre le vide de valeurs de notre temps, terrain fertile pour toute forme d’extrémisme. »

    Il conclut par un appel pour les jeunes, la famille et la vie: « L’Europe retrouve l’espérancelorsqu’elle s’ouvre à l’avenir. Lorsqu’elle s’ouvre aux jeunes, en leur offrant de sérieuses perspectives d’éducation, de réelles possibilités d’insertion dans le monde du travail. Lorsqu’elle investit dans la famille, qui est la première et fondamentale cellule de la société. Lorsqu’elle respecte la conscience et les idéaux de ses citoyens. Lorsqu’elle garantit la possibilité d’avoir des enfants, sans la peur de ne pas pouvoir les entretenir. Lorsqu’elle défend la vie dans toute sa sacralité. »

    Le pape a reçu 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne – dont le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel – et leurs délégations, dans la Sala Regia du palais apostolique du Vatican, en présence de représentants des Institutions européennes, M. Antonio Tajani, président du Parlement, M. Donald Tusk, président du Conseil européen, M. Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, Mme Federica Mogherini, ministre des Affaires étrangères de l’Union.

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  • "Affaire Mercier" : supprimer la liberté d'expression ?

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    De Martin Van Breusegem (enseignant) en tribune libre sur le site du Vif :

    Et si on supprimait la liberté d'expression ?

    Les notes de cours d'un professeur de philosophie de l'UCL, consacrée à l'avortement, posent question quant à la liberté dont jouissent les individus d'exprimer leurs opinions et ce, particulièrement, dans le cadre d'une institution d'enseignement et de recherche telle qu'une université.

    Le document en question a été rendu public en début de semaine et provoqué depuis de nombreuses réactions. L'auteur déroule un argumentaire philosophique dense dont l'objectif est d'"aider à réfléchir et tâcher de dégager la vérité sur une question grave"1. Il s'agit là de ce que l'on peut logiquement attendre d'un cours de philosophie dispensé à l'université. Parmi les valeurs qui sous-tendent la vision de l'UCL, on trouve d'ailleurs "la liberté académique, inscrite dans la constitution, c'est-à-dire la liberté de pensée dans la recherche d'une vérité construite scientifiquement et non soumise à la norme du moment."²

    Que la réflexion développée par l'auteur soit solidement argumentée, et constitue une invitation à en faire de même lancée aux étudiants, personne ne semble le lui reprocher. Que la thèse soutenue aille à contre-courant du discours ambiant, est jugé problématique par certains. En quoi ces deux éléments garantissent-ils pourtant, l'un comme l'autre, qu'un débat démocratique ait lieu ?

    La liberté d'expression est une condition nécessaire, bien que loin d'être suffisante, à la mise en oeuvre de nos démocraties modernes. "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire" (n)'aurait (pas) dit Voltaire ! La DDHC, rédigée en 1789, affirme quant à elle, que "la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme" (art. 11).

    La liberté d'expression n'est pas absolue pour autant. En effet, elle ne peut être exercée que dans certaines limites, dont certaines sont définies par le législateur, qui garantissent le vivre ensemble, tout autant que la liberté d'expression elle-même. Ainsi le racisme et la xénophobie ne peuvent-ils être considérés comme de simples opinions, mais bien comme des délits. Il n'est pas question de cela ici. En effet, les propos tenus par l'auteur, aussi violents soient-ils, ne vont pas "à l'encontre de nos lois"3, contrairement à ce qu'a affirmé à La Libre Marc Lits, prorecteur à l'enseignement à l'UCL. En effet, Il n'y a pas de droit à l'avortement en matière de droit belge, contrairement à ce qu'affirme le communiqué de l'UCL, mais bien une dépénalisation.

    Sur Le Soir +, Jean-François Kahn, expliquait avec clarté ce lundi que "le discours communiste du temps du stalinisme [...] rejetait dans les ténèbres de la droite conservatrice [...] tout ce qui ne se pliait pas à sa propre doxa."4 Dans sa tribune, l'essayiste français dénonçait le fait qu'aujourd'hui comme hier, la dictature de la pensée unique -quelle que soit sa couleur politique- mette à mal la démocratie. Cette tentation est forte. Elle est notamment présente lorsque Laurette Onkelinx affirme dans les pages de la DH qu'en ce qui concerne les pro vie, "le problème [...] est qu'on ne peut pas aller à l'encontre de la liberté d'expression."5

    La liberté d'expression n'est pas relative, en tant qu'elle octroierait à certains la liberté de s'exprimer, tandis que d'autres seraient sommés de se taire ! Aujourd'hui en Belgique, la question douloureuse de l'avortement n'est pas close et fait bien l'objet d'un débat, dans lequel il est sain, et même vital, que des opinions multiples voire divergentes puissent être exprimées librement. Tous s'accorderont au moins sur le fait que l'avortement suscite une réelle souffrance chez bien des femmes. Bien que l'UCL se propose de promouvoir dans ses amphithéâtres un'"esprit de discussion rationnelle", force est de constater que le débat est ici anesthésié, la voix d'un des participants étant étouffée.

    La liberté reconnue à tous de s'exprimer, de surcroît quand il s'agit d'enjeux particulièrement graves, anime la démocratie tandis que la tyrannie de la pensée dominante l'étouffe. Agissons pour que le débat vive, au risque qu'il ne devienne combat !

    Martin Van Breusegem,

    1 MERCIER, S., La philosophie pour la vie, p. 1.

    ² https://uclouvain.be/fr/decouvrir/valeurs-et-vision.html, consulté le 22 mars 2017

    ³ Un ultra embarrasse l'unif catholique, dans La Libre Belgique du 22 mars 2017, p. 9.

    4http://plus.lesoir.be/86658/article/2017-03-20/en-france-laffirmation-du-stalinisme-de-droite, consulté le 22 mars 2017.

    5 Anti-IVG : la menace est sérieuse, dans La dernière heure du 11 et 12 mars 2017, p. 16.

  • Euthanasie : 15 ans après sa dépénalisation en Belgique, qui sont les victimes collatérales ?

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    Lu sur le site Gènétique :

    « En Belgique, l’euthanasie a été dépénalisée le 28 mai 2002. 15 ans après, la pratique s’est développée et la loi a été étendue. Mais les conséquences sont lourdes pour l’ensemble de la société. 

    Votées à l’origine pour accompagner la fin de vie de personnes confrontées à des souffrances physiques ou psychiques insupportables, les lois dépénalisant l’euthanasie ou le suicide assisté ont engagé les pays sur une pente glissante. En Belgique, l’euthanasie peut désormais être demandée par des mineurs, des personnes en détresse psychique, ou des personnes atteintes de polypathologies dues à l’âge... Aux Pays-Bas, alors qu’un médecin vient d’administrer contre son gré un cocktail létal à une personne démente, la ministre de la santé parle d’élargir l’accès de ce « service » aux personnes de plus de 75 ans qui estiment avoir eu une « vie complète ». Il y a un an, la France a ouvert la boîte de Pandore en autorisant la sédation profonde et continue jusqu’au décès avec arrêt des traitements. Une euthanasie qui ne dit pas son nom. A l’autre bout du monde, la Nouvelle Zélande s’interroge à son tour sur l’opportunité d’une telle législation. Mais à mesure que se multiplient les lois permissives, les conséquences délétères de l’euthanasie se disent.

    15 ans après la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique, Carine Brochier de l’Institut Européen de Bioéthique (IEB) en analyse pour Gènéthique les dommages collatéraux.

    Gènéthique : Quel est votre premier constat ?

    Carine Brochier : Les promoteurs de l’euthanasie affirment que « tout est maîtrisé ». Je ne le crois vraiment pas. L’application de la loi sur l’euthanasie est difficile à contrôler principalement parce qu’elle est soutenue par deux concepts : celui de l’autonomie du patient et celui de la souffrance physique ou psychique insupportable qu’il est difficile d’appréhender. Ce concept n’est ni mesurable, ni quantifiable. Il est donc forcément tributaire d’une évaluation ou d’un ressenti purement subjectif qui, de ce fait, échappe à tout contrôle. L’individu autonome en est le seul maître, car il peut même refuser que le médecin allège sa souffrance. La justification de l’acte a par ailleurs évolué. Actuellement, l’argument de la souffrance inapaisable est difficilement recevable parce que la prise en charge en soins palliatifs, lorsqu’ils sont performants et disponibles, permet de la soulager dans 96% des cas. Le diktat aujourd’hui est celui de l’autonomie du patient tout puissant qui s’impose aux médecins : « Faites ce que je vous ai demandé ! Faites ce que je veux ». Et ce, quelles que soient les alternatives possibles comme, par exemple, les soins palliatifs. C’est tellement fort que l’euthanasie est en passe d’être banalisée, de devenir un « acte de soin » comme un autre, accessible plus ou moins facilement, et même intégré dans la dénominatif des « Soins palliatifs intégraux ». L’euthanasie est présentée par les médias comme étant la meilleure façon de mourir sans souffrance, sans souci, en toute liberté pour ne pas se sentir « passer ».

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  • Centième anniversaire des apparitions à Fatima: plusieurs chefs d’Etat se joindront au pape François

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    De zenit.org (Anita Bourdin) :

    Fatima: des chefs d’Etat se joignent au pape François

    Cinq sont déjà annoncés, aux côtés du président portugais

    Après le président du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, d’autres présidenst annoncent leur présence auprès du pape François lors de son pèlerinage à Fatima pour le centenaire des apparitions, à la Cova da Iria.

    Ce sont les présidents de la Colombie, Juan Manuel Santos, et celui su Paraguay, Horacio Cartes, qui se rendront au Portugal le 12 mai prochain.

    Le président Rebelo de Sousa l’a lui-même annoncé à la radio catholique portugaise « Radio Renascença » de ce 18 mars 2017.

    A leurs côtés aussi les chefs d’Etat de Sao Tomé, du Cap Vert et de Guinée Bissau, même si le Vatican a précisé qu’il s’agissait d’un pèlerinage et non d’une visite d’Etat.

    Le pape arrivera à 16h à l’aéroport de Monte Real, au nord de Lisbonne, et deux heures plus tard il sera à Fatima. Il atterrira au stade de football et il se rendra au sanctuaire de Fatima, à 3 kilomètres de là, en papamobile.

    A son arrivée, le pape se rendra directement à la chapelle édifiée sur le lieu des apparitions de 1917 (13 mai-13 octobre). Il présidera différents événements et la procession aux flambeaux.

    Il passera ensuite la nuit, comme Jean-Paul II et Benoît XVI, à la Maison Notre Dame du Carmel (Casa de Nuestra Señora do Carmo).

  • Quand, face à Trump, l'Union Européenne s'entête à faire de l'avortement un enjeu majeur

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    De genethique.org :

    FACE À DONALD TRUMP, L’UNION EUROPÉENNE S’ENTÊTE À FAIRE DE L’AVORTEMENT UN ENJEU MAJEUR

    L’union européenne s’accorde pour dénoncer les décisions prises par l’administration Trump au sujet de l’avortement, mais oublie que cette question est en dehors de sa compétence et étouffe les voix qui dénoncent l’IVG.

    La « politique de Mexico » rétablie par Donald Trump en janvier interdit aux organisations non gouvernementales internationales financées par les Etats-Unis de pratiquer des avortements ou de fournir des informations à ce sujet dans les pays en développement. Rebaptisée « règle du bâillon mondial » au Parlement Européen, cette mesure et ses conséquences ont été débattues en session plénière à Strasbourg mardi dernier, sous la houlette du commissaire européen en charge de l’aide humanitaire, Christos Stylianides.

    Le commissaire s’est dit « préoccupé »  par les « effets néfastes » de cette décision, qui « pourrait avoir un impact sur les objectifs [européens] de développement dans le monde ». C’est pourquoi il souhaite définir une position commune au sein de l’UE pour contrer cet impact. Selon lui, « les politiques de l’Union européenne sont fondées sur nos priorités et nos valeurs, et pas sur ce que d’autres acteurs dans le monde font ou cessent de faire ». Suivant son raisonnement, faut-il conclure que l’avortement est une valeur européenne ?

    De nombreux eurodéputés ont partagé son « indignation », et exhorté à l’engagement de fonds européens pour pallier aux futurs manques de financements des organisations concernées. Un amendement au projet de budget de l’UE a notamment été déposé par l’eurodéputé hollandaise Sophia in’t Veld. Selon ces députés le risque serait de voir augmenter la mortalité des femmes du fait d’avortements clandestins. Ils plaident donc au nom de la « santé », de la « sécurité » et même de la « protection de l’enfance ». Une « question de vie ou de mort pour les femmes dans le monde » a déclaré Malin Björk (Suède). Un soutien aux « médecins qui sauvent des vies » en avortant, a-t-on pu entendre dans la bouche du luxembourgeois Charles Goerens. Pendant ce temps, en Afrique, on attend des aides pour que les femmes puissent accoucher sans risque (cf. « She decides » : Objaniju Ekeocha demande à l’occident des accouchements dans risque plutôt que des avortements sans risque). L’incompréhension semble totale.

    Face à ce déferlement accusant Donald Trump de « haine envers les femmes », quelques députés ont vaillamment tenté de faire entendre leurs arguments. « Pourquoi se plaindre ? », a interrogé Branislav Skripek (Slovaquie), « L’IVG est un génocide (…) avorter c’est tuer un enfant, il ne s’agit ni d’un soin de santé, ni d’un soin de base ». Au nom de son groupe politique (Conservateur et réformateur européen, ECR), il a déclaré « ne pas soutenir la tentative de la Commission de dépenser des millions pour exporter cette cruauté dans les pays en voie de développement ». Beatrix von Storch (Allemagne) a pour sa part rappelé que « l’UE n’a aucune compétence dans ce domaine » et émis l’idée avec Marek Jurek (Pologne) que l’UE devrait plutôt s’ « engouffrer dans la brèche ». Marie-Christine Arnautu, eurodéputé française, a elle aussi tenu une position engagée, déplorant au passage le délit d’entrave à l’IVG créé dans notre pays (cf. Délit d’entrave à l’IVG : l’Assemblée nationale censure la liberté d’expression). En appelant au bon sens de ses collègues, elle a mentionné qu’il « appartenait au gouvernement américain de décider de ses propres critères de financement des ONG ». A l’heure où « près de 50 millions d’avortements sont pratiqués chaque année à travers le monde, la réduction du recours à l’avortement devrait réellement  devenir un objectif de santé publique », a-t-elle ajouté, « ainsi que l’information sur les alternatives ». Marijana Petri (Croatie) a pointé, quant à elle, que la principale ONG en jeu était « le planning familial, basé sur l’avortement ».

    Malgré ces quelques interventions sensées, le débat a été un long dialogue de sourds, employant un vocabulaire biaisé. L’avortement est désormais un « enjeu humanitaire » pour le Parlement européen, qui « sauve des vies ». Une définition qui n’admet aucune contradiction, aucune remise en cause, fut-elle sur la forme ! Reste à savoir si ces « débats » se cantonneront au stade d’une simple agitation « bien pensante » ou bien si ils se traduiront en actes par des financements. A surveiller.

  • La foi chrétienne peut-elle s'accomoder du libéralisme économique ?

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    Du Père Etienne Perrot s.J. sur le site aleteia.org :

    Le libéralisme économique est-il compatible avec la foi chrétienne ? 

    Oui mais. L’Église a fini par s’accommoder, sinon à se rallier, à la démocratie libérale. En revanche, le capitalisme libéral, dominé aujourd’hui par la sphère financière, appelle un discernement critique.

    Un peu d’histoire

    Le libéralisme est à la fois un mouvement historique et une idéologie fondée sur le principe de l’autonomie individuelle. L’enjeu en est le rapport entre, d’une part, la vérité de l’homme dans sa liberté et, d’autre part, la justice sociale. Comme pour le marxisme, l’Église a distingué le libéralisme comme « idéologie condamnable » du libéralisme comme « mouvement historique » avec lequel on peut, dans la pratique, composer. Jean-Paul II, en 1981, dans Laborem exercens (LE 14, 3-4) rappelle en outre le primat du travail sur le capital et promeut la participation, non seulement au profit, mais également au pouvoir dans l’entreprise. Il écorne ainsi le droit exclusif des actionnaires.

    Faire triompher la justice

    Dès l’encyclique inaugurale du 15 mai 1891 Rerum novarum (RN) Léon XIII prend acte de la disparition de l’ancienne organisation du travail qui insérait les ouvriers dans des solidarités corporatives et professionnelles. L’encyclique avance que les deux classes sociales (patrons et ouvriers) ainsi formées ne sont pas antagonistes (RN 15, 1) mais qu’elles doivent se coordonner pour faire triompher la justice. L’originalité la plus remarquable de cette première grande encyclique sociale est qu’elle se situe dans une perspective de réforme de la société. Elle va au-delà d’un appel à la conversion des mœurs et ne se contente pas de promouvoir la sensibilité sociale dont avaient fait preuve tant de chrétiens des siècles passés. Il est vrai que les catholiques sociaux, du XIXesiècle notamment, furent le plus souvent antimodernes et bien peu libéraux.

    Un dilemme à discerner

    Vu sous l’angle d’un mouvement historique dont le catholicisme ne remet pas en cause les deux prémisses institutionnelles, propriété privée et salariat, les effets sociaux du capitalisme libéral ont cependant provoqué une parole de discernement critique : d’un côté l’efficacité de la production favorisée par la concurrence ; de l’autre côté les dérives trop réelles du système de marché laissé à lui-même sans autre règle que celle des préférences individuelles. Le marché libéral a des effets sociaux injustifiables dénoncés dès Rerum novarum. Jean-Paul II dans l’encyclique Centesimus annus (1991) soulignait le dilemme : « Il semble que, à l’intérieur de chaque pays comme dans les rapports internationaux, le marché libre soit l’instrument le plus approprié pour répartir les ressources [sous-entendu productives] et répondre efficacement aux besoins. Toutefois, cela ne vaut que pour les besoins “solvables” parce que l’on dispose d’un pouvoir d’achat. » (CA 34)

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