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Politique - Page 81

  • La Cour Européenne des Droits de l'Homme valide l’interdiction des signes religieux visibles faite aux élèves belges

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    Du site de l'ECLJ :

    La CEDH valide l’interdiction des signes religieux visibles faite aux élèves belges

    11 juin 2024

    Saisie par trois jeunes Belges musulmanes qui souhaitaient conserver leur voile islamique dans leur établissement scolaire malgré l’interdiction du port de signes religieux visibles, la Cour européenne des droits de l'homme a jugé le 9 avril 2024 que cette interdiction était légitime et proportionnée aux fins d’assurer la protection des droits et libertés d’autrui et de l’ordre public. Malgré les recommandations contraires des Comités onusiens, la jurisprudence de la Cour demeure constante. 

    Dans son arrêt Mikyas et autres contre la Belgique du 9 avril 2024 (n° 50681/20), la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a estimé que l’interdiction pour les élèves de porter des signes religieux visibles, au nom de la neutralité de l’enseignement, « ne heurte pas en soi » l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme (liberté de religion), et ce même s’il peut exister d’autres conceptions de cette neutralité. L’affaire concerne trois jeunes femmes musulmanes qui indiquent porter le voile islamique en accord avec leurs convictions religieuses.  

    En 2009, le Conseil de l’enseignement officiel organisé par la Communauté flamande décida d’étendre à l’ensemble de son réseau l’interdiction du port de signes convictionnels visibles, voulant ainsi lutter contre « une ségrégation, non seulement entre les écoles, mais aussi entre les élèves du même établissement ». En effet, le Conseil déplorait des pressions sur des jeunes filles pour leur faire porter certains symboles convictionnels. Il regrettait également le fait que le choix de l’école soit exclusivement déterminé par l’autorisation ou non de symboles convictionnels. En 2017, les parents des requérantes, scolarisées dans des établissements du réseau du Conseil, demandèrent à la justice belge que cette interdiction soit déclarée illégale car ils l’estimaient contraire à la liberté de religion. 

    Accusations d’islamophobie et misogynie : la mauvaise foi des requérantes encouragée par l’ONU mais condamnée par la CEDH 

    Devant la CEDH, les requérantes contestent le but légitime d’une telle interdiction. Selon elles, la mesure vise en réalité à « dissuader les jeunes filles musulmanes de s’inscrire dans les établissements scolaires concernés ». Dans leurs observations, le Centre des droits de l’homme de l’Université de Gand et l’Equality Law Clinic de l’Université libre de Bruxelles affirment que l’interdiction litigieuse témoigne « d’une hostilité croissante à l’égard des musulmans » et « invitent la Cour à adopter, pour appréhender la question de la vulnérabilité des jeunes filles musulmanes, une approche intersectionnelle, c’est-à-dire une approche qui prenne en compte non seulement leur religion, mais aussi leur genre, leur âge et leur race ».  

    Cette « approche intersectionnelle » trouve sa justification dans les observations des différents Comités de l’ONU. En 2014, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale avertissait que l’interdiction du « port de symboles religieux dans toutes les écoles » de la communauté flamande était « susceptible d’ouvrir la voie à des actes de discrimination contre les membres de certaines minorités ethniques ». Des positions similaires furent tenues par le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, le Comité des droits de l’enfant, le Comité des droits de l’homme et le Comité des droits économiques, sociaux et culturels, ce dernier évoquant même en 2020 « le risque de décrochage scolaire causé » par cette interdiction. 

    La Cour écarte en bloc les positions des Comités de l’ONU. D’une part, la question porte sur la « compatibilité de l’interdiction litigieuse avec la Convention européenne des droits de l’homme dont elle assure le respect », et non pas sur la compatibilité avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui appartient au système onusien. D’autre part, et bien que les articles 18 du PIDCP et 9 de la Convention soient en substance très similaires, la Cour préfère naturellement se référer à sa propre « jurisprudence déjà fournie sur la question présentement en jeu ». À cet égard, elle note qu’il « n’a pas été établi que l’interdiction litigieuse ait été inspirée par une quelconque forme d’hostilité à l’égard des personnes de confession musulmane ». En effet, « l’interdiction litigieuse ne vise pas uniquement le voile islamique, mais s’applique sans distinction à tout signe convictionnel visible ». Enfin, la Cour met en avant que les requérantes avaient librement choisi leurs établissements scolaires, sans qu'elles puissent ignorer l’impératif du respect du principe de neutralité, et avaient accepté de se conformer aux règles applicables. 

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  • La FAFCE écrit une lettre ouverte aux députés européens élus pour la législature 2024-2029 du Parlement européen

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    COMMUNIQUE DE PRESSE

    La FAFCE écrit une lettre ouverte aux députés européens élus pour la législature 2024-2029 du Parlement européen

    Bruxelles, 11 juin 2024

    Ce lundi dernier, la Fédération des associations familiales catholiques en Europe (FAFCE) a écrit une lettre ouverte à tous les députés européens élus après les élections du Parlement européen de 2024, signée par le président de la FAFCE, Vincenzo Bassi, au nom de ses organisations membres à travers le continent.

    Cette lettre fait suite à la diffusion d'une boîte à outils politique détaillant les priorités de la nouvelle législature, du point de vue de la famille. Les cinq domaines mis en avant sont l'hiver démographique, la famille en tant qu'investissement, l'équilibre travail-famille, la protection des enfants et l'écologie intégrale.

    Lettre ouverte à tous les élus du Parlement européen

    Chère députée, cher député,

    Félicitations pour votre élection ! Les citoyens européens vous ont confié l'honneur de les représenter pour cette cinq ans législature. C'est une grande responsabilité pour l'avenir de l'Europe et pour les familles européennes.

    A cette occasion, au nom de toutes les organisations membres de la Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE), je voudrais partager avec vous quelques-unes de nos réflexions et propositions pour ce mandat, que vous pourrez trouver dans la boîte à outils que nous avons préparée dans le but d’inspirer votre activité législative.

    1. L'Europe est plongée dans un hiver démographique qui constitue un défi pour les générations futures.

    Les défis démographiques doivent reposer sur le principe de la solidarité intergénérationnelle, en mettant l'accent sur la promotion des réseaux familiaux en tant qu'antidote à la solitude : Les familles sont le trésor de l'Europe. Je voudrais vous inviter à soutenir, promouvoir et garantir la renomination d'un commissaire européen en charge du sujet de la démographie, doté de ressources suffisantes pour mettre en place une coopération intergouvernementale en vue de relever ces défis. J'aimerais également proposer de créer et de rejoindre un intergroupe du Parlement européen sur « la démographie, l'équilibre travail-famille et les générations futures », en vertu de l'article 35 du Règlement.

    2. Les familles jouent un rôle central dans la formation de nos sociétés et constituent un investissement pour l'avenir de l'Europe

    Investir dans les familles, c'est investir dans l'avenir. C'est la raison pour laquelle les politiques familiales devraient être considérées comme des investissements dans la balance des comptes des États, et non comme des coûts. Je vous invite à promouvoir et à participer à une réflexion européenne de haut niveau et au sein du Parlement européen sur la réforme des critères macroéconomiques des politiques familiales.

    3. L'équilibre travail-famille devrait être la clé des politiques d'égalité de traitement

    Les États membres sont compétents en matière de politiques familiales et le principe de subsidiarité doit toujours être respecté pour le bien de l'Union européenne. Cependant, l'Europe peut promouvoir l'équilibre travail-famille en reconnaissant le droit à la déconnexion et le dimanche comme jour de repos commun en Europe. Il existe également quatre directives pertinentes qui peuvent être révisées afin d'améliorer l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée des familles.

    4. Nos enfants sont l'avenir de l'Europe et leur protection doit être une priorité

    Nos enfants sont notre avenir. Les nouvelles générations sont confrontées à des risques croissants liés à l'évolution rapide de notre époque. La numérisation aide les sociétés à bien des égards, mais il est nécessaire d'en faire un usage responsable pour éviter les effets secondaires destructeurs.

    Dans cette optique, nous aimerions proposer de reconnaître la consommation de pornographie comme un problème de santé publique et de l'introduire comme une forme d'abus sexuel sur les enfants dans la proposition de directive de la Commission relative à la lutte contre les abus sexuels sur les enfants. En outre, je vous invite à soutenir l'initiative de la European Child Shield Platform, car ses membres très divers font un travail fructueux en rassemblant des données et en proposant des solutions aux conséquences sur la santé physique et mentale de nos générations futures.

    En outre, nous vous invitons à soutenir une convention internationale pour l'abolition de la maternité de substitution, inspirée de la déclaration de Casablanca, car la maternité de substitution est une forme de traite des enfants et d'exploitation des femmes.

    Enfin, nous aimerions vous proposer, en tant que membre du Parlement européen, de promouvoir une institution véritablement inclusive, par la création d'un organe représentatif au sein du Parlement européen pour les personnes handicapées et les personnes ayant des besoins particuliers.

    5. La Création souffre et les familles sont la clé de l'écologie humaine intégrale

    Il n'y a pas de développement durable sans familles. Comme le rappelle la résolution de notre dernière réunion de printemps du Conseil de Présidence, « l'écologie humaine intégrale implique une approche holistique de la complexité des problèmes écologiques, unissant les dimensions culturelles, politiques, sociales et économiques de cette réalité ». Je vous invite à placer les familles au centre de la solution pour protéger la Création et prévenir une dégradation catastrophique de l'environnement.

    La FAFCE souhaite mettre à disposition son expérience en Europe et ses idées issues de la base de nos associations membres sur tout le continent.

    La FAFCE souhaite contribuer à la résolution des défis actuels et être la voix des familles. Nous serons très heureux de coopérer avec vous pendant votre mandat.

    Notre équipe basée à Bruxelles et moi-même restons à votre disposition et vous souhaitons un mandat fructueux pour les familles.

    Je vous adresse mes meilleurs vœux,

    Vincenzo Bassi, Président de la FAFCE

    The Federation of Catholic Family Associations in Europe represents 33 national and local organisations: we are the voice of families from a Catholic perspective at the European level. FACE holds a participatory status with the Council of Europe since 2001 and is a member of the Fundamental Rights Platform of the European Union. 

  • De persécutée à complice : les métamorphoses de l’Église orthodoxe russe

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (Diakonos.be) :

    De persécutée à complice. Les métamorphoses de l’Église orthodoxe russe

    C’est une période sombre pour le dialogue entre Rome et le patriarcat de Moscou. La rencontre entre le Pape François et Cyrille de Moscou à l’aéroport de La Havane le 12 février 2016 était déjà plombé par les agressions armées de Vladimir Poutine en Géorgie et en Ukraine, où il avait déjà pris la Crimée et contesté le Donbass. Mais depuis, les événements se sont enchaînés à une vitesse effrayante, avec la guerre féroce de la Russie contre l’Ukraine et l’Occident, exaltée en tant que « guerre sainte » par ce même patriarche de Moscou que le Pape en est venu à qualifier de « thuriféraire de Poutine ».

    Et pourtant, ce mystère d’iniquité ne demeure pas incompréhensible, si l’on prend la peine de relire le dernier siècle de l’histoire russe. Et ce que vient de faire avec une rare maîtrise et une abondante documentation Giovanni Codevilla, l’un des plus grands spécialistes en la matière, dans un livre fraîchement sorti de presse intitulé « Da Lenin a Puti. Politica e religione », édité chez Jaca Book.

    « De la persécution à la connivence », précise le sous-titre du livre, avec une allusion à la symphonie retrouvée entre le trône et l’autel, entre Poutine et Cyrille, qui caractérise l’actuelle période de l’histoire russe, après des décennies d’atroces persécutions et une fragile parenthèse de liberté retrouvée à la suite de la dissolution de l’Union soviétique, rapidement étouffée dans l’œuf.

    On sait qu’il y a eu des persécutions, mais tous ne connaissent pas ses variantes que Codevilla met en évidence. Déjà terrible sous Lénine, et à son comble avec Staline, pendant les années de la seconde guerre mondiale, elle a connu une interruption partielle et impromptue, souhaitée par Staline en personne pour renforcer notamment par l’apport de l’Église la résistance patriotique à l’invasion des armées d’Hitler.

    L’orthodoxie a retrouvé un espace de mouvement, ses hommes ont été libérés de prison, quelques églises ont été rouvertes. Et une fois la guerre terminée, on lui a confié la mission de faire la propagande de la politique du Kremlin dans le champ international, en particulier à travers la Conférence chrétienne pour la paix et le Conseil œcuménique des Églises, qui réunissait à Genève les représentants de plusieurs confessions chrétiennes, y compris les catholiques.

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  • Coup de barre à droite au Parlement européen

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    De

    Élections européennes : un Parlement à droite

    Le scrutin témoigne du souhait de ré-orienter l’Union européenne dans un sens plus conforme à son histoire et à sa civilisation.

    10 juin 2024

    En quelques chiffres, Brice Teinturier, directeur délégué d’Ipsos, a résumé le 9 juin au soir, sur le plateau de France 2, l’une des principales leçons de ces élections européennes : les partis dits « eurosceptiques » recueillaient, en moyenne, 8,7 % des suffrages exprimés en 2004. Puis 11,8 % en 2009 ; 15,7 % en 2014 ; 18 % en 2019, et environ 24 % cette année. Près d’un électeur sur quatre.

    Sans doute cette progression n’est-elle pas homogène. Encore faut-il aller en Finlande pour trouver une formation de la droite dite « souverainiste » ou « nationaliste » sur le recul : le Parti des Finlandais perd un peu plus de six points en cinq ans. Mais il s’agit bien d’une exception. Au Portugal, les eurosceptiques de Chega enregistrent un score moindre qu’aux législatives mais enverront pour la première fois des élus siéger à Strasbourg.

    En Allemagne, les sociaux-démocrates au pouvoir enregistrent une cuisante défaite, devancés par les conservateurs et, surtout, par la droite radicale AfD – près de 16 % des suffrages – qui gagne 6 sièges au Parlement européen. En Italie, le parti de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia, arrive en tête : plus 4 sièges. En Espagne, Vox en gagne 2. En Autriche, les « nationalistes » du FPÖ – plus de 25 % – devancent les conservateurs de l’ÖVP.

    En Pologne, bien que le scrutin ait été remporté par le parti pro-européen du Premier ministre Donald Tusk, la droite nationaliste de Konfederacja enverra 6 députés à Strasbourg. Et la formation souverainiste Droit et justice, fondée par les frères Kaczyński, recueille près de 36 % des voix. En Hongrie, si les médias se plaisent à souligner que le parti de Viktor Orban fait moins qu’en 2019, il obtient encore plus de 44 % des suffrages et finit en tête de cette consultation, alors qu’Orban dirige le pays depuis quatorze ans.

    Racines chrétiennes

    Au total, les droites souverainistes occuperont plus du quart des sièges au Parlement européen. Leurs élus parviendront-ils à imposer leur conception de l’Europe : non pas la défaire – il ne s’agit pas d’en sortir – mais défendre sa civilisation dont Giorgia Meloni, par exemple, rappelle sans cesse les racines chrétiennes ? Leur influence dépendra de leur capacité à s’allier car ils sont aujourd’hui divisés en deux groupes : les « Conservateurs et réformistes européens » et « Identité et Démocratie ».

    Le groupe majoritaire restera cependant le « Parti populaire européen », regroupant les partis du centre et du centre-droit, dont est issue l’actuelle présidente du Parlement, Ursula von der Leyen. Suivent les sociaux-démocrates, avec 139 élus. Et le groupe Renew, équivalent européen de Renaissance, avec 80 eurodéputés. Les écologistes, quant à eux, s’effondrent, de sorte qu’ils perdront 30 % de leurs élus à Strasbourg.

  • Les électeurs européens portent un coup à l'agenda du pape sur les migrations et le changement climatique

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    De John L. Allen Jr. sur Crux Now :

    Les électeurs européens portent un coup à l'agenda du pape sur les migrations et le changement climatique

    10 juin 2024

    ROME - Moins d'une semaine après l'appel du pape François à reconnaître les migrants comme « une image vivante du peuple de Dieu en route vers la patrie éternelle », les électeurs européens ont porté un coup sérieux à cette vision en récompensant les partis d'extrême droite et anti-immigrés lors des élections au Parlement européen.

    Alors que l'on s'attend toujours à ce que les forces traditionnelles, favorables à l'Union européenne, forment une majorité gouvernementale, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, proclamant que les résultats montrent que « le centre tient bon », l'un des faits marquants des élections du 6 au 9 juin a été la forte progression des partis d'extrême droite dans plusieurs pays.

    Les résultats ont été particulièrement spectaculaires en France, où la faction du président Emmanuel Macron a été submergée par le parti du Rassemblement national de Marine Le Pen, ce qui a contraint M. Macron à dissoudre le parlement et à convoquer des élections anticipées pour le 30 juin.

    En Autriche, en Allemagne et aux Pays-Bas également, les partis d'extrême droite ont enregistré des gains importants. À l'inverse, les partis verts et libéraux ont perdu environ 20 sièges chacun, les Verts passant de 72 sièges dans l'actuel parlement à seulement 53 dans le nouveau.

    En Italie, le parti de centre-droit des Frères d'Italie, dirigé par le Premier ministre Giorgia Meloni, a été le grand vainqueur, avec près de 30 % des voix, bien que le principal parti d'opposition de gauche, les Démocrates, ait également fait mieux que prévu, avec environ 24 % des voix.

    De nombreux analystes estiment que le fait que la France et l'Allemagne, considérées comme les deux membres les plus influents des 27 États qui composent l'Union européenne, soient toutes deux confrontées à la montée des mouvements populistes de droite pourrait s'avérer particulièrement important.

    Dans l'ensemble, la plupart des observateurs s'attendent à ce que le nouveau Parlement européen soit un peu plus eurosceptique, moins agressif dans sa réponse au changement climatique et dans ses politiques environnementales, et plus dur sur la question de l'immigration.

    Tout cela pourrait poser de sérieux défis à l'agenda diplomatique et politique du Vatican sous le pape François, qui a mis en garde à plusieurs reprises contre la montée du type même de forces nationalistes et populistes qui ont obtenu des gains importants.

    En novembre 2022, par exemple, François a organisé un déjeuner au Vatican pour des centaines de réfugiés et de sans-abri, déclarant à l'époque : « Ne nous laissons pas envoûter par les sirènes du populisme, qui exploitent les besoins réels des gens par des solutions faciles et hâtives. » En août dernier, il a profité de la tribune créée par les Journées mondiales de la jeunesse pour condamner « le populisme et les théories du complot ».

    À la veille des élections européennes, le cardinal Matteo Zuppi de Bologne, président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), et Mgr Mariano Crociata, évêque de Latina et président de la Commission des conférences épiscopales de l'Union européenne (COMECE), ont publié une lettre publique sur le vote, largement perçue comme ayant été inspirée par le pape François.

    Dans cette lettre, les deux prélats exhortent à l'engagement en faveur de l'unité européenne, en écrivant : « Certains voudraient nous faire croire que nous serions mieux isolés, alors que n'importe lequel de vos pays, même un grand, serait fatalement réduit à la position la plus faible. »

    Ils ont également insisté auprès des électeurs européens sur la question de l'immigration, affirmant que « vous ne pouvez pas vous contenter de regarder vers l'intérieur. Vous ne pouvez pas vivre uniquement pour vous sentir bien ; vous devez vous sentir suffisamment bien pour aider le monde, pour combattre l'injustice, pour lutter contre la pauvreté".

    « Tôt ou tard, nous apprendrons que les responsabilités, y compris celles envers les migrants, ne peuvent être que partagées, afin d'affronter et de résoudre des problèmes qui sont en fait des problèmes communs », ont déclaré les deux évêques.

    Les résultats des élections semblent toutefois indiquer que ces messages n'ont pas été partagés par un nombre croissant d'électeurs européens.

    Les résultats risquent d'être particulièrement difficiles pour les dirigeants catholiques en Allemagne, où les évêques ont qualifié en février le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne d'« incompatible » avec l'enseignement de l'Église, et où un employé de paroisse qui était également un membre éminent du parti a été licencié. Malgré ces efforts, l'Alliance pour l'Allemagne a obtenu 16 % des voix, dépassant ainsi les sociaux-démocrates du chancelier Olaf Scholz et devenant la deuxième force politique du pays.

    D'un autre côté, l'influence politique croissante des forces de droite en Europe pourrait aider François sur plusieurs autres fronts, notamment en Ukraine, où François et certains groupes populistes partagent un même scepticisme quant au soutien occidental à la prolongation de la guerre avec la Russie, ainsi que l'opposition notoire du pape à la « théorie du genre », à l'euthanasie et à l'avortement.

    En avril, le Parlement européen a voté en faveur de l'inclusion de l'accès à l'avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l'UE, un résultat considéré comme essentiellement symbolique étant donné que les 27 États membres devraient approuver un tel amendement, et que la Pologne et Malte ont juré de le bloquer.

    Compte tenu de la nouvelle composition du Parlement, de telles mesures sont susceptibles de se heurter à une plus grande résistance.

  • Les perspectives politiques de la Belgique au moment des élections

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    De Vatican News (Jean-Benoît Harel) :

    Élections fédérales aux résultats imprévisibles en Belgique

    Les électeurs belges se rendront aux urnes ce dimanche 9 juin pour élire leurs représentants au niveau régional et fédéral. La multiplication des partis et l’indécision des électeurs rendent difficile d’anticiper le futur gouvernement, qui sera issue d’une coalition de partis après de longues négociations.

    En Belgique, les extrêmes sont en tête des sondages, à gauche comme à droite pour les élections régionales et fédérales. Mais difficile de faire des projections sur l’issue du scrutin et la coalition gouvernementale future, notamment en raison du système électoral belge. Audrey Vandeleene, chercheur en science politique à l’Université libre de Bruxelles analyse les enjeux du scrutin.

    Entretien avec Audrey Vandeleene, chercheur en science politique à l’Université libre de Bruxelles.

    Les électeurs ont tendance à oublier les élections européennes, parce qu'ils sont pris par les enjeux des élections fédérales et régionales qui tendent à prendre tout l'espace médiatique, autant dans les médias traditionnels que sur les réseaux sociaux. De plus, il y a beaucoup plus d'indécis que les autres années, les électeurs ont tendance à être un peu perdus. On parle d'un tiers environ de personnes qui ne sont pas encore certaines de leur vote à quelques jours des élections.

    Ainsi, il y a pas mal d'enjeux car il est difficile de savoir quel parti va arriver en tête. Comme c'est un système proportionnel avec beaucoup de partis, et non un système majoritaire, il y a plusieurs partis et la compétition est serrée.

    D'où vient cette indécision des électeurs?

    De manière générale, il y a toujours une indécision dans les élections en Belgique. Une partie de l'explication, c'est la volatilité électorale, le fait que les électeurs changent d'opinion d'une élection à l'autre. Et cette volatilité électorale, elle existe pour les électeurs qui ont tendance à ne pas savoir pour quel parti voter au sein d'un même bloc idéologique. Par exemple, si quelqu'un se sent de gauche, il se demande pour quel parti de gauche voter.

    Ce qu'on a constaté dans les dernières années en Belgique, c'est qu'il y a un repositionnement des partis: plusieurs partis se sont rapprochés les uns des autres, ce qui peut compliquer la prise de décision pour un électeur ou une électrice qui se sentirait proche d'une idéologie et qui ne saurait plus pour quel parti voter dans le bloc idéologique qui lui parle.

    Ensuite, il y a des nouveaux partis qui sont arrivés sur la scène politique ou en tout cas qui ont grandi, notamment les partis d'extrême gauche qui complexifient encore le jeu parce qu'il y a encore plus de possibilités parmi lesquelles faire un choix.

    Quels ont été les thèmes de campagne les plus saillants?

    Le thème qui est arrivé de manière assez étonnante dans la campagne, aussi bien dans la partie néerlandophone que la partie francophone du pays, c'est le thème des réformes institutionnelles. Et du fait de savoir si on va se lancer dans une nouvelle réforme de l'État ou pas, avec des exclusives de coalitions: «je rentre dans un cabinet seulement si on se lance dans des réformes institutionnelles» ou bien «je ne rentrerai pas dans le gouvernement si on se lance dans telle ou telle réforme institutionnelle».

    Maintenant, sur le reste, la campagne a été assez variée, avec peu de thèmes généraux deux campagnes relativement parallèles entre le côté néerlandophone, les Flamands et les francophones.

    Depuis 2020, c'est une coalition de sept partis qui est au pouvoir en Belgique. Est-ce que cette coalition peut survivre aux élections de ce dimanche 9 juin?

    Il est probable que la coalition ne tienne pas. C'était une coalition assez large, de sept partis qu'on appelait la Vivaldi, en référence aux Quatre Saisons de Vivaldi. Elle rassemblait les familles libérales socialistes, les Verts et les chrétiens démocrates (côté flamand seulement). Ces sept partis ont eu des difficultés à s'entendre tout au long de la législature et surtout sur la fin, ce qui a amené de la méfiance entre les partenaires. Donc, d’un point de vue personnel, ça risque d'être compliqué, notamment entre les libéraux et les Verts.

    Et puis, le deuxième élément c'est que cette coalition perdra probablement des plumes aux élections et n’aura probablement pas la majorité ensemble. Ils vont devoir entrer en coalition avec d'autres partis et potentiellement reformer une nouvelle coalition. Il est assez probable que les Verts ne rentrent pas dans le gouvernement au niveau fédéral vu la force de la droite en Flandre qui a plus ou moins dit qu'elle n'avait pas envie de rentrer en coalition avec les Verts.

    De nombreux mois avaient été nécessaires pour parvenir à un accord pour former le précédent gouvernement. Se dirige-t-on vers le même scénario à l'issue des élections?

    C'est vrai que c'est un peu la réputation de la Belgique d'avoir des longues périodes de formation de gouvernement. Cette fois ci, il y a quelque chose de spécial qui va arriver dû à l'agenda électoral. Le 13 octobre, nous aurons les élections locales. Cela va probablement avoir pour conséquence que les partis vont attendre, avant de rentrer en coalition, que le résultat des élections locales soit connu, de peur d'influencer ce résultat dans le cas où les électeurs voudraient les sanctionner du fait de s'être allié à tel ou tel parti.

    En Belgique, le niveau local est important, notamment au niveau individuel pour certains leaders politiques qui veulent rester bourgmestre, c’est-à-dire maire, des grandes villes. Donc il est assez probable qu'on attende au moins jusqu'à octobre avant la nouvelle coalition.

     
  • Comment l’OMS fait tout pour limiter la démographie mondiale

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    Du site de l'ECLJ :

    Publié par l’Harmattan et écrit par notre chercheur associé, Louis-Marie Bonneau, sous la direction de Grégor Puppinck, avec une préface de Giuseppe Benagiano:

    L'OMS ET LE PROGRAMME DE REPRODUCTION HUMAINE, 1950-2020 : 70 ans de politique démographique

    Commander le livre sur le site de l'Harmattan.

    Il s’agit de la première étude historique complète sur le plus grand programme de l’ONU visant à limiter et contrôler la croissance de la population mondiale.

    Qu’est-ce que le HRP?

    Comme vous le savez peut-être, Paul R. Ehrlich a publié en 1968 le best-seller "La bombe démographique" (The Population Bomb). La thèse catastrophiste de ce livre était que la croissance de la population mondiale conduirait à une famine dans les années 70 et 80, entraînant la mort de centaines de millions de personnes et à l’effondrement de l’humanité dans une guerre thermonucléaire… à moins que des mesures drastiques ne fussent prises pour limiter la croissance de la population.

    Le « Programme de reproduction humaine » (Human Reproduction Programme, HRP) fut la réponse de l’ONU à cette soi-disant menace démographique.

    Pendant plus de cinq décennies, le HRP a pris des mesures pour mettre au point des abortifs et des contraceptifs, dont plusieurs sont largement utilisés aujourd’hui, tout en promouvant ces produits sous un discours de progrès pour les femmes et les droits de l’homme.

    Le HRP a commencé ses activités avec des millions de dollars provenant des pays occidentaux et de puissantes fondations privées (Ford, IPPF...), en tant qu’autorité scientifique mondiale. Le programme a produit de nombreuses lignes directrices et guides pour influencer les politiques publiques en matière de « santé sexuelle et reproductive ». Il a largement contribué au développement de différentes méthodes contraceptives et abortives utilisées aujourd’hui, comme la pilule du lendemain, les dispositifs intra-utérins, les produits stérilisants et l’avortement médicamenteux par mifépristone et misoprostol. Il a aussi travaillé au développement de produits qui, aujourd’hui, ne sont pas encore sur le marché, comme les vaccins contraceptifs. Le HRP a ainsi joué un rôle clé dans le développement de ces méthodes et pour leur acceptabilité sociale.

    Depuis les années 2010, alors que les financements privés ont pris le pas sur les financements étatiques, le HRP a progressivement abandonné ses activités scientifiques pour se concentrer davantage sur les questions de liberté sexuelle. Nous vous avions expliqué il y a 2 ans, comment le HRP promouvait l’avortement à la demande et sans condition jusqu’au terme de la grossesse. Il continue aujourd’hui encore, de faire des recommandations aux pays qui les reçoivent avec l’autorité scientifique de l’OMS.

    Ce livre, rédigé à partir de témoignages et de documents officiels, révèle l’importance de ce programme de reproduction. Nous en discutons dans cette nouvelle vidéo ci-dessus, avec Louis-Marie Bonneau.

  • L’antisémitisme en Belgique est à son plus haut niveau

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    D'Alain Destexhe sur Causeur via Artofuss :

    L’antisémitisme en Belgique à son plus haut niveau 

    « Certains chiffres donnent une image mitigée du « vivre ensemble » à la belge tant vantée par les médias et les acteurs politiques », observe l’institut Jonathas, créé après les massacres du 7 octobre 

    6 juin 2024

    Selon un sondage IPSOS pour l’Institut Jonathas, 14% des Belges expriment une aversion pour les Juifs, deux fois plus que les Français. Ce chiffre monte à 22% à Bruxelles où 11% de la population a de la sympathie pour le Hamas. Alarmant.


    On savait l’antisémitisme répandu en Belgique, ce sondage en apporte une nouvelle confirmation et montre que la perception des juifs s’est encore beaucoup dégradée depuis le 7 octobre avec l’augmentation d’actes antisémites, dénoncés par La Ligue Belge contre l’antisémitisme. Ce qui frappe dans le sondage, c’est qu’à chaque question, le préjugé antisémite est beaucoup plus important à Bruxelles qu’au niveau national : la capitale de la Belgique et de l’Europe compte 30 à 40% de musulmans.

    Affolant

    Ainsi, 16% des Bruxellois pensent qu’il y a trop de juifs en Belgique (contre 11% au niveau national), 29% qu’ils sont responsables des crises économiques (14%), 48% qu’ils se sentent supérieurs aux autres (34%), 47% qu’ils font subir aux Palestiniens ce que les Allemands ont fait subir aux juifs (35%).

    Sur l’ensemble du pays, 43% des musulmans pensent que «les Juifs belges ne sont pas vraiment des Belges comme les autres». 

    Ces chiffres sont affolants. Le constat n’est cependant pas sans défaut. Les conclusions de l’étude minimisent le facteur central de l’antisémitisme contemporain en Belgique qui est l’implantation, relativement récente, de l’islam.

    Elle met sur le même pied comme coresponsables de cette situation les musulmans, l’extrême droite et l’extrême gauche, ces deux dernières étant définies selon une méthode propre à l’Ipsos et représentant respectivement 4 et 2% de l’échantillon. Pourtant, l’extrême gauche et la gauche en Belgique, comme en France, ont pris massivement fait et cause pour les Palestiniens dans le conflit à Gaza, leurs actions s’accompagnant souvent de débordements antisémites.

    À l’inverse, le Vlaams Belang en Belgique et le Rassemblement national en France (...) qualifiés d’extrême-droite, ont plutôt montré de la sympathie envers Israël et n’ont été à l’origine d’aucun dérapage antisémite depuis le 7 octobre. Sans doute que ce nouvel Institut Jonathas, créé au début de l’année 2024, par des personnalités libérales de gauche, éprouve encore quelques difficultés à se débarrasser des anciens logiciels assimilant l’antisémitisme à la chrétienté ou à l’extrême droite.

    De nombreux autres signaux témoignent de cette triste réalité que les juifs ne sont plus en sécurité à Bruxelles. Les lieux communautaires juifs sont protégés par des plots de béton, des caméras et un sas d’entrée. Alors que le voile est omniprésent dans l’espace public bruxellois (porté par plus de la moitié des femmes dans certains quartiers), on ne voit plus de kippa dans les rues de Bruxelles. Une école juive située près de la Gare du Midi, quartier à dominante musulmane, a dû déménager après la multiplication d’incidents mettant en danger les adolescents juifs qui prenaient le métro. La Shoah n’est plus enseignée depuis belle lurette dans la majorité des écoles de Bruxelles. Sur le campus de la mal nommée Université Libre de Bruxelles, des étudiants juifs ont été harcelés et molestés après le 7 octobre.

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  • Niger : le calvaire dans la savane

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/NIGER - Le calvaire dans la savane

    7 juin 2024

    par Mauro Armanino

    Niamey (Agence Fides) - C'était mercredi dernier, le 29 mai, dans la savane qui mène au Burkina Faso. Un groupe de militaires nigériens a incendié des granges dans le village de Nadouani, dans la paroisse de Bomoanga.

    Plus tard, dans le village de Tchinibai, d'autres militaires, après avoir découvert puis brûlé une moto cachée dans la case, ont tué sept paysans qui tissaient des nattes à l'abri d'un arbre. Des morts de paysans qui restent invisibles, tués par des groupes armés qui apparemment devraient les protéger. D'arme en arme et d'abus en abus, on vit dans la peur quotidienne que demain n'arrive pas trop tard, avec plus de questions et de menaces de la part des « djihadistes » ou des « autoproclamés.»

    Le calvaire du peuple Gourmanché, installé à la frontière entre le Burkina et le Niger, semble sans fin. Il s'agit d'un peuple qui a longtemps résisté aux pressions de l'imposition musulmane et qui a ensuite adhéré de manière surprenante au christianisme. Ce peuple se trouve depuis longtemps dans une situation de persécution ouverte et douloureuse de la part de groupes armés composés principalement de jeunes Peuls, traditionnellement éleveurs de bétail.

    Le conflit armé est teinté d'idéologie islamique « salafiste ». Mais cela n'explique pas tout ce qui se passe dans cette région située à une centaine de kilomètres de la capitale Niamey. Eleveurs, agriculteurs, chrétiens, musulmans principalement de l'ethnie peul dans un contexte militarisé où les paysans de la région comptent de moins en moins. Dans cette phase de transition politique, après le coup d'Etat de fin juillet (voir Fides 27/7/2023), les conditions de vie des pauvres se sont encore détériorées. Le mot « génocide », utilisé et galvaudé sur d'autres rivages, peut sembler excessif. Pourtant, ce à quoi nous assistons, avec les proportions et les différences qui s'imposent, ressemble à ce processus particulier de disparition. Ce n'est pas un hasard si, parfois dans la relative indifférence des forces de sécurité, un calvaire culturel, économique, religieux et ethnique se perpétue dans la savane.

    Un peuple longtemps « oublié » par l'Etat. L'élément chrétien, bien présent au sein de ce peuple, s'est progressivement transformé en facteur « aggravant » de la persécution. Il y a maintenant de nombreux villages dans cette zone frontalière que les paysans Gourmanché ont dû abandonner. Curieusement, mais pas vraiment, des membres de l'ethnie "peul" vivent tranquillement dans ces mêmes villages, protégés par des groupes armés et ignorés par les militaires. Par une ironie divine, c'est précisément de cette région que sont originaires les deux prochains presbytres de l'église de Niamey, dont l'ordination est prévue en septembre prochain. Du calvaire à la résurrection dans la savane, il s'écoule à peine trois jours.

    (Agence Fides 7/6/2024)

     
  • RDC : de nouvelles attaques de rebelles islamistes ont fait plus de 50 morts dans le Nord-Kivu

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    Du site du Figaro :

    De nouvelles attaques de rebelles ont fait plus de 50 morts à l'Est de la RDC

    Plus de cinquante personnes ont été tuées cette semaine dans la région de Beni (est de la République démocratique du Congo), dans une série de nouvelles attaques des rebelles affiliés au groupe État islamique, ont indiqué vendredi des sources locales à l'AFP. Les Forces démocratiques alliées (ADF) ont tué 13 personnes lors de leur dernière attaque menée jeudi dans trois villages situés sur le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP un responsable de la société civile.

    «Sept hommes et six femmes» ont été tués «et plusieurs autres (personnes) sont portées disparues», a déclaré Kinos Katuo, président de la société civile de la localité de Mamove où ont eu lieu les attaques. Au cours d'incursions menées mardi, les ADF ont tué 39 autres personnes dans trois autres villages du Nord-Kivu, a déclaré de son côté à l'AFP Léon Siviwe, un responsable administratif de Beni. Des sources ont indiqué mercredi à l'AFP que 15 personnes avaient été tuées lors d'une autre attaque menée la veille à Masau, l'un de ces trois villages.

    Environ 85% de la population de ce village est partie vers des villes voisines, pour se réfugier notamment à Beni, a-t-il expliqué. Les ADF, à l'origine des rebelles ougandais majoritairement musulmans, sont implantés depuis le milieu des années 1990 dans l'est de la RDC, où ils ont tué des milliers de civils. Ils ont prêté allégeance en 2019 à l'EI, qui les présente comme sa «province d'Afrique centrale» (Iscap), et sont aussi accusés de récentes attaques sur le sol ougandais. Fin 2021, Kampala et Kinshasa ont lancé contre eux une opération militaire conjointe, baptisée «Shujaa», sans parvenir jusqu'à présent à mettre fin à leurs exactions.

  • Les consciences éveillées changent l'histoire

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    De George Weigel sur First Things :

    LES CONSCIENCES ÉVEILLÉES CHANGENT L'HISTOIRE

    5 juin 2024

    Il y a quarante-cinq ans, le New York Times examinait d'un œil critique les trois premiers jours du retour du pape Jean-Paul II dans sa patrie polonaise. Lisant les signes de l'époque à travers la sagesse conventionnelle du jour, la Dame grise a ensuite offert un jugement typiquement ex cathedra, dans un éditorial du 5 juin 1979 : « Autant la visite de Jean-Paul II en Pologne doit revigorer et réinspirer l'Église catholique romaine en Pologne, autant elle ne menace pas l'ordre politique de la nation ou de l'Europe de l'Est ».

    Oups.

    Tout d'abord, l'Église polonaise n'avait pas besoin d'être revigorée ou réinspirée en juin 1979 - elle était l'Église locale la plus forte derrière le rideau de fer, le dépositaire de l'identité nationale authentique de la Pologne et une épine constante dans le pied des autorités communistes. (Staline avait déclaré qu'essayer de rendre la Pologne communiste revenait à mettre une selle sur une vache, ce qu'il ne savait pas). Il était loin de s'en douter).

    Quant à « l'ordre politique de la nation », le chef du parti communiste polonais, Edward Gierek, a assisté subrepticement à la messe de rentrée de Jean-Paul II, le 2 juin, depuis une chambre d'hôtel située au-dessus de ce qui était alors la « place de la Victoire » de Varsovie. Lorsqu'il a entendu le pape appeler l'Esprit Saint à « renouveler la face de la Terre - de cette terre », alors que des centaines de milliers de Polonais scandaient « Nous voulons Dieu ! Il a certainement senti le vent du changement souffler, même si les anémomètres de New York n'ont pas enregistré ce qui équivalait à une tempête de force 10 sur l'échelle de Beaufort.

    Quant à « l'ordre politique ... de l'Europe de l'Est », le principal historien américain de la guerre froide, John Lewis Gaddis, de Yale, écrira en 2005 que « lorsque Jean-Paul II a embrassé le sol de l'aéroport de Varsovie le 2 juin 1979, il a entamé le processus par lequel le communisme en Pologne - et finalement partout ailleurs en Europe - prendrait fin ». C'est précisément l'argument que j'avais avancé treize ans plus tôt dans mon livre La révolution finale. J'y suggérais que, bien que de nombreux facteurs causaux aient façonné ce que nous connaissons comme la révolution de 1989, le facteur indispensable qui a déterminé quand la révolution s'est produite et comment elle s'est produite, c'est Jean-Paul II.

    Qu'a-t-il fait et comment l'a-t-il fait ?

    Ce qu'il a fait, c'est déclencher une révolution de conscience qui a précédé et rendu possible la révolution politique non violente qui a fait tomber le mur de Berlin, émancipé les pays d'Europe centrale et orientale et, grâce à l'auto-libération des États baltes et de l'Ukraine, fait imploser l'Union soviétique. L'amorce d'une telle révolution de conscience - les décisions d'hommes et de femmes déterminés à « vivre dans la vérité », comme l'a dit Václav Havel - était en place depuis quelques années en Europe centrale de l'Est. Des militants encouragés par l'Acte final d'Helsinki de 1975 et ses dispositions relatives aux droits de l'homme dites « Basket Three » avaient créé des organisations telles que la Charte 77 de Tchécoslovaquie, le Comité pour la défense des droits des croyants de Lituanie et le KOR (Comité de défense des travailleurs) de Pologne, qui étaient liés aux « Helsinki Watch Groups » d'Amérique du Nord et d'Europe de l'Ouest. Jean-Paul a fourni la flamme qui a allumé l'amadou et a contribué à maintenir le feu allumé par son soutien vocal à ceux qui prenaient « le risque de la liberté » (comme il l'a décrit aux Nations Unies en 1995).

    Et comment cela s'est-il produit ?

    La révolution de conscience de Jean-Paul II a commencé lorsqu'il a restitué au peuple polonais la vérité sur son histoire et sa culture, que le régime communiste polonais avait à la fois déformée et supprimée depuis 1945. Vivez dans cette vérité, a suggéré le pape du 2 au 10 juin 1979, et vous trouverez des outils de résistance que la force brute du communisme ne peut égaler. Jean-Paul n'a pas conçu ces outils ; c'est le peuple polonais qui s'en est chargé lorsque, quatorze mois plus tard, il a formé le syndicat Solidarité, qui s'est ensuite transformé en un vaste mouvement social. Mais le cœur et l'âme du mouvement, tout comme son nom, ont été façonnés par la pensée et le témoignage de Jean-Paul II.

    L'ami du pape, le prêtre philosophe Józef Tischner, a un jour décrit le mouvement Solidarité comme une grande forêt plantée par des consciences éveillées. L'image brillante du père Tischner mérite réflexion aujourd'hui. En effet, l'Occident a besoin d'être « reboisé » : il faut planter de nouvelles graines de conscience, reflétant les vérités fondamentales sur la dignité humaine auxquelles Jean-Paul II a fait appel au cours de ces neuf jours de juin 1979. C'est au cours de ces journées que l'histoire moderne a basculé - pour une fois - dans une direction plus humaine et plus noble.

    Pour reprendre les termes du professeur Gaddis, Jean-Paul II faisait partie de ces « visionnaires » qui, en tant que « saboteurs du statu quo », ont pu « élargir l'éventail des possibilités historiques ». Y a-t-il de tels visionnaires parmi nous aujourd'hui ?

    La chronique de George Weigel « The Catholic Difference » est publiée par le Denver Catholic, la publication officielle de l'archidiocèse de Denver.

    George Weigel est Distinguished Senior Fellow du Ethics and Public Policy Center de Washington, D.C., où il est titulaire de la William E. Simon Chair in Catholic Studies.

  • Les sondages prédisent un glissement à droite des catholiques français lors des élections européennes

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Les sondages prédisent un glissement à droite des catholiques français lors des élections européennes

    6 juin 2024

    Les catholiques français devraient passer à droite lorsqu'ils voteront aux élections européennes ce dimanche. 

    Selon une étude réalisée par Claude Dargent, professeur à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, 42 % des catholiques devraient voter pour des partis souvent qualifiés d'extrême droite.

    Les électeurs de l'Union européenne - une union politique et économique de 27 pays - se rendront aux urnes du 6 au 9 juin pour élire les représentants au Parlement européen, l'organe législatif de l'UE.

    Les bulletins de vote déposés par les plus de 400 millions d'électeurs éligibles influenceront également la composition de la Commission européenne, l'organe exécutif de l'UE, et notamment le choix de son prochain président.

    Les observateurs prévoient que les partis de droite et d'extrême droite progresseront lors de la première élection du Parlement européen depuis le Brexit, le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

    Les citoyens français voteront le 9 juin pour les 81 sièges du pays sur les 720 que compte le Parlement européen, en choisissant parmi les listes de candidats présentées par un nombre record de 38 partis politiques.

    Une enquête réalisée par l'institut de sondage Ipsos en avril a interrogé un échantillon représentatif de la population française sur ses intentions de vote.

    Il leur a été demandé s'ils voteraient pour les candidats de gauche présentés par des partis tels que les socialistes, ou pour ceux de Renaissance (RE), un parti centriste associé au président Emmanuel Macron, des Républicains (LR), un parti libéral conservateur, du Rassemblement national (RN), un parti nationaliste et populiste de droite, ou de Reconquête (R !), un autre parti nationaliste fondé par l'écrivain Éric Zemmour.

    Les partis du Rassemblement national et de la Reconquête sont largement décrits comme étant d'extrême droite et eurosceptiques, c'est-à-dire critiques à l'égard des institutions politiques européennes et de l'évolution vers une intégration plus étroite à l'échelle du continent. 

    Le sondage Ipsos révèle que 24 % des catholiques français ont l'intention de voter pour les partis de gauche, 19 % pour Renaissance, 9 % pour les Républicains, 36 % pour le Rassemblement national, 6 % pour la Reconquête et le reste pour d'autres partis.

    L'enquête suggère que les catholiques sont plus susceptibles de voter pour les partis du Rassemblement national et de la Reconquête que leurs homologues protestants (20 % pour le RN et 4 % pour R !), ainsi que l'ensemble de la population française (31 % pour le RN et 5 % pour R !).

    Lorsque les résultats sont limités aux catholiques pratiquants, 24 % d'entre eux déclarent avoir l'intention de voter pour les partis de gauche, 19 % pour Renaissance, 11 % pour les Républicains, 31 % pour le Rassemblement national, 7 % pour la Reconquête et le reste pour d'autres partis.

    Dans son analyse, publiée en mai, Claude Dargent note que les catholiques pratiquants sont moins nombreux à voter pour le Rassemblement national que les non-pratiquants (31 % contre 41 %).


    « En revanche, c'est l'inverse pour l'électorat de la Reconquête, soutenu par Éric Zemmour », écrit-il. 

    "Plus la pratique religieuse s'intensifie, plus ce vote augmente : 9,5 % chez les catholiques pratiquants réguliers et jusqu'à 11 % chez les Français qui vont à la messe toutes les semaines, alors qu'il ne concerne que 6 % de l'ensemble des catholiques."

    Cette tendance pourrait s'expliquer par le fait que Marion Maréchal, candidate principale du parti Reconquête au Parlement européen, s'identifie comme une catholique pratiquante.

    En mai, elle a prononcé un discours à Domrémy-la-Pucelle, la ville natale de Sainte Jeanne d'Arc dans le nord-est de la France.

    S'adressant à la sainte patronne de la France, elle a déclaré : "C'est ici, devant votre basilique, au pied de votre statue, que je m'adresse à vous, Jeanne d'Arc, figure de l'espoir. Aide-nous, Français, à trouver l'énergie et la force de poursuivre l'histoire glorieuse de notre pays".

    M. Maréchal a également été photographiée lors du pèlerinage de Chartres, qui a battu tous les records cette année.

    Le principal candidat du Rassemblement national au Parlement européen est Jordan Bardella, un homme de 28 ans d'origine italienne qui se décrit comme un non-croyant respectueux des croyants.

    Les résultats du sondage Ipsos 2024 contrastent avec une enquête réalisée par l'institut de sondage Ifop pour le journal catholique La Croix au lendemain de la dernière élection du Parlement européen en 2019.

    Selon le sondage de 2019, 37% des catholiques ont voté pour la liste unifiée de La République En Marche ! (LREM) et du Mouvement démocrate (MoDem), identifiée au président Macron, 22 % pour Les Républicains et 14 % pour le Rassemblement national. (Reconquête a été fondé après les élections de 2019).

    Les analystes ont noté un glissement vers la droite parmi les catholiques français lors de l'élection présidentielle de 2022. 

    Le Rassemblement national se décrit comme un parti « attaché à l'égalité de tous les citoyens français devant la loi, sans distinction d'origine, de race ou de religion » et « défendant la souveraineté, l'indépendance et l'identité de la nation. »Il affirme vouloir instaurer une « double frontière », avec des contrôles aux frontières de l'Union européenne et aux frontières terrestres de la France, et construire une « alliance européenne des nations ».
    Reconquest affirme vouloir « défendre l'intérêt national et promouvoir la grandeur de la France ».

    Elle souhaite créer une « triple frontière », en renforçant les frontières de la France et de l'Union européenne et en concluant des accords avec les pays du pourtour méditerranéen.Il souhaite également interdire les Frères musulmans, une organisation islamiste sunnite, dans toute l'Europe.Sébastien Maillard, conseiller spécial à l'Institut Jacques Delors, un groupe de réflexion situé à Paris, a déclaré au journal La Croix qu'il existait une fracture générationnelle parmi les catholiques français. 

    « Les jeunes sont moins affectés par l'histoire directe de la Seconde Guerre mondiale et la naissance de l'intégration européenne », a-t-il déclaré. 

    « Pour leurs grands-parents, en revanche, elle reste un projet de réconciliation entre les peuples, notamment français et allemand, qui est véritablement l'œuvre de la démocratie chrétienne ».

    Parmi les pères fondateurs de l'UE figuraient les fervents catholiques Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi et Robert Schuman. En 2021, le pape François a approuvé un décret en faveur de la béatification de Robert Schuman.

    Alors que l'Église catholique a toujours soutenu une intégration européenne plus poussée, les dirigeants de l'Église ont exprimé leur consternation face à la décision de l'UE de ne pas faire référence à Dieu dans sa constitution.

    En mars, le président de la conférence épiscopale française, l'archevêque Éric de Moulins-Beaufort, a exhorté les électeurs à se rendre aux urnes pour l'élection du Parlement européen. 

    Il a décrit l'UE comme étant « non seulement une union économique ou commerciale », mais aussi « une aventure spirituelle ».« Notre vote du 9 juin ne doit pas être un vote pour que l'Europe renonce à sa responsabilité universelle, ni un vote pour que notre pays renonce à sa responsabilité à l'égard du monde entier », a-t-il déclaré. 

    "Il doit plutôt être un vote qui démontre notre engagement à servir la liberté de penser, d'agir et de travailler ensemble, de notre pays et de tous les pays.

    Dans l'Allemagne voisine, les responsables de l'Église exhortent activement les catholiques à ne pas voter pour des partis considérés comme d'extrême droite.

    En février, les évêques allemands ont approuvé à l'unanimité une déclaration disant : « Nous appelons nos concitoyens, y compris ceux qui ne partagent pas notre foi, à rejeter et à répudier les offres politiques de l'extrême droite. » 

    Les évêques ont déclaré que le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) - qui devrait faire des gains lors de l'élection du Parlement européen - était « maintenant dominé par une attitude raciale-nationaliste. »

    Ils ont souligné que « la diffusion de slogans d'extrême droite - y compris le racisme et l'antisémitisme en particulier - est incompatible avec le service professionnel ou bénévole dans l'Église. »

    Dans un message publié cette semaine, le président de la Commission des épiscopats de l'Union européenne (COMECE) a exhorté les électeurs à soutenir « les candidats et les partis qui continueront à construire une Europe meilleure pour tous ».Mgr Mariano Crociata a déclaré que les évêques européens reconnaissaient que « l'UE n'est pas parfaite, mais nous voulons l'améliorer ensemble en utilisant les outils démocratiques dont nous disposons, à commencer par notre droit de vote ».