Religions - Page 89
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Deux visions et un débat au sujet des catholiques et de la "tentation identitaire"
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Mgr Delville en lunch débat le mardi 17 janvier 2017 à l’Ulg

« Avec pour thème Le christianisme médiéval, creuset de l’Europe, Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, animera le mardi 17 janvier prochain la première rencontre du cycle de lunchs débats de l’année 2017 organisé à l’Université de Liège par le Groupe de réflexion sur l’éthique sociale et le Cercle inter-facultaire de l’Union des étudiants catholiques de Liège, avec le concours du Forum de conférences Calpurnia.
Le cycle de cette année est intitulé « L’Europe, ses fondements, aujourd’hui et demain ». Quatre rencontres seront proposées pour réfléchir sur des enjeux majeurs de la crise actuelle de l’Europe. Parmi les prochains conférenciers figureront notamment Hamza Fassi-Fihri, député à la Région de Bruxelles-Capitale, et Pierre Defraigne, directeur exécutif du Centre Madariaga-Collège de l’Europe.
Programme : apéritif à 18h ; exposé suivi du lunch débat de 18h15 à 20h30. La rencontre se tient à la Salle des professeurs, dans le bâtiment du Rectorat de l’Université de Liège, place du XX août, 7, 1er étage » (La Libre Belgique , 27 XII 2016).
Participation aux frais : 15 € (à régler sur place) – 5 € pour les étudiants
Inscription nécessaire au plus tard trois jours ouvrables à l’avance (12 janvier 2017)
soit par téléphone : 04 344 10 89
soit par email : info@ethiquesociale.org
Plus de renseignements et s’inscrire en ligne, cliquez ci-dessous:
http://www.ethiquesociale.org/
JPSC
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Le gouvernement « très chrétien » de Donald Trump
Découvrez les hommes à la foi chrétienne chevillée au corps qui composeront le cabinet du nouveau président des États-Unis d'Amérique. D’Alexandre Meyer sur le site « aleteia » (extraits) :« [… ] Si Donald Trump n’avait pas fait jusqu’ici la brillante démonstration de ses vertus chrétiennes ni de son adhésion aux valeurs évangéliques, les inquiétudes de nombreux américains de confession chrétienne se sont dissipées à mesure que « The Donald » a dévoilé les membres de son futur gouvernement. Il faut dire que son attitude vantarde et colérique durant les primaires, ses antécédents intimes et affectifs étalés partout, l’histoire rocambolesque de sa fortune ou sa vie tumultueuse de show-man n’avaient pas été d’un grand renfort. A contrario, le « President elect » s’est entouré d’hommes d’affaires, de politiciens chevronnés et de militaires dont la foi chrétienne détermine la vision du monde et devrait largement inspirer la mise en œuvre de son projet politique. Pour le meilleur ou pour le pire ?
Lire aussi : Clinton ou Trump ? Pour les catholiques, la peste ou le choléra !
Voici la liste des personnalités de confession chrétienne qui composeront la garde rapprochée du 45e Président des États-Unis d’Amérique :
Mike Pence, le Vice-président, numéro 2 du pouvoir exécutif américain
Homme de confiance de Donald Trump, Mike Pence est un chrétien croyant et pratiquant. Né dans une famille irlandaise catholique à Colombus, dans l’Indiana, ancien élève de l’école paroissiale et enfant de chœur dans sa jeunesse, il se convertit au protestantisme évangélique au lycée. La gauche américaine le déteste depuis que, gouverneur de son État natal, il a fait adopter des restrictions à l’accès à l’avortement et une clause de consciences pour les officiers municipaux ne souhaitant pas célébrer de mariages gays. Les chrétiens qui n’y sont pas favorables ne pourront plus être menacés de prison ni accusés de nier les « droits de l’homme ». « I’m a Christian, a conservative and a Republican, in that order » : Je suis chrétien, conservateur et républicain, dans cet ordre, affirmait-il en octobre dernier.
Steve Bannon, conseiller spécial du Président, l’éminence grise
Le principal stratège de la campagne électorale de Donald Trump est désormais son conseiller politique principal à la Maison Blanche. Steve Bannon, catholique pratiquant, croit fermement que les États-Unis ont une responsabilité dans la défense de la civilisation occidentale. Étant entendu que la civilisation occidentale s’appuie sur l’héritage judéo-chrétien qui lui a offert la primauté du droit et l’égalité devant la loi, le concept de droits de l’homme et les limites au pouvoir du gouvernement. Bannon considère que les démocrates ont bafoué ces règles civilisationnelles essentielles en tentant de dépouiller la sphère publique et politique de toute influence chrétienne.
Steve Bannon avait donné une conférence au Vatican en 2014 via Skype, décrivant devant un public de responsables du Saint-Siège la « crise, tant du capitalisme que des fondements de l’Occident judéo-chrétien que nous traversons » appelant à un sursaut « dans nos croyances ».
Lire aussi : Qui est vraiment Stephen Bannon ?
Reince Priebus, White House Chief of staff, numéro 1 de l’administration présidentielle
Directeur de cabinet du Président et premier fonctionnaire de la Maison Blanche. Ancien chef du Parti républicain, il est grec-orthodoxe pratiquant. Il anime toujours un cercle d’étude biblique et un groupe de prière pour les jeunes couples mariés.
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Congo : le miracle escompté par Colette Braekman n’a pas eu lieu
L’analyse des vieux cultivateurs coloniaux l’emporte sur celle des politologues distingués : le miracle escompté par Colette Braekman dans le Soir n’a pas eu lieu; c’est plutôt la prévision de « Belgicatho » qui se réalise : avec ou sans excommunication…
Lu dans le « Soir » du 20 décembre :
« Le miracle n’a pas eu lieu : sans attendre le retour des membres de la Conférence épiscopale, qui avaient prévu de reprendre mercredi les négociations avec les derniers récalcitrants de l’opposition, Joseph Kabila, dans les dernières minutes de son mandat présidentiel, a nommé son nouveau gouvernement. Autrement dit, craignant peut-être le vide du pouvoir, il a pris de court les hommes de bonne volonté qui, suivant le conseil du pape François, essayaient encore de « construire des ponts ». Défiant l’opinion, il a ainsi adressé une sorte de pied de nez aux évêques qui, à sa demande d‘ailleurs, avaient entrepris une « négociation de la dernière chance ».Alors qu’il était jeune militaire dans les rangs de l’AFDL, (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), un mouvement piloté par le Rwanda et qui finit par renverser Mobutu en 1997, Joseph Kabila, dans l’ombre de son père Laurent Désiré, apprit l’une des tactiques de base des rebelles auprès desquels il s’initiait au métier des armes : talk and fight. Parler, c’est à dire négocier, mais aussi combattre. Et ne jamais perdre de vue l’objectif final.
Depuis les élections de 2011, contestées à cause de nombreuses fraudes et irrégularités, Joseph Kabila n’a jamais cessé de mettre en œuvre cette méthode éprouvée : faire mine de négocier mais aussi combattre afin de rester au pouvoir au-delà de délais prévus. C’est ainsi qu’il organisé en 2012 les « concertations nationales », vaste forum réunissant l’opposition et la majorité présidentielle, qui accouchèrent de résolutions qui ne furent jamais mises en œuvre. Le « dialogue politique » mené à la cité de l’Organisation africaine, avec l’appui du médiateur nommé par l’Union africaine, Edem Kodjo, eut la même finalité : réunir la majorité présidentielle et des membres de l’opposition dans une vaste palabre, distribuer généreusement indemnités financières et promesses de partage du pouvoir, convaincre tout ce beau monde de l’impossibilité matérielle d’organiser les élections à la date prévue. Evidemment : la Commission électorale se révélait sous financée, les listes n’étaient pas prêtes, les nouveaux électeurs n’avaient pas été recensés…La nécessité s’imposait donc d’ organiser une transition sur mesure, avec délai élastique. Autrement dit le «glissement », c’est-à-dire un maintien au pouvoir qui ne porte pas ce nom. Si le président demeure taiseux, ses proches s’expriment, promettent, tentent de rassurer, s’engagent à soutenir un gouvernement de transition associant une partie de l’opposition. Durant des semaines, le « talk » occupe le devant de la scène. Mais dans les coulisses, c’est le « fight » qui domine : les forces de sécurité reçoivent du matériel neuf, la garde républicaine est renforcée, les agents de renseignements redoublent d’activité et la répression se durcit.
Cependant, on ne peut tromper tout le monde tout le temps : s’il devait se confirmer que, comme bien d’autres avant eux, les évêques eux aussi ont été roulés, il faut craindre le coup de crosse. Sinon pire. ».
Ref. Talk and fight, négocier et combattre…
JPSC
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En marge d'un nouvel attentat, le 11 décembre 2016 au Caire: qui sont les coptes d'Egypte ?
Plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, les coptes d’Égypte représentent près de 10 % de la population du pays.
En dépit de gestes symboliques du président Al-Sissi en faveur des chrétiens, ceux-ci restent discriminés et cibles d’attaques fréquentes, notamment dans les campagnes. De Marie Malzac, sur le site du journal La Croix :
« Quelles sont les origines de l’Église copte ?
Cette Église fut fondée selon la tradition en 43 par l’évangéliste saint Marc à Alexandrie, où il serait mort en martyr en l’an 68. L’Église d’Alexandrie, célèbre depuis les premiers temps du christianisme par la multitude de ses martyrs mais aussi pour la diffusion du monachisme, se sépare des autres Églises au moment du concile de Chalcédoine, en 451. L’Église copte est qualifiée d’orthodoxe car séparée de Rome, mais elle n’appartient pas pour autant à l’orthodoxie gréco-slave.
+> À LIRE Égypte : les coptes visés en pleine célébration au Caire
L’appellation « copte » – contraction arabe du mot grec aïguptios, « égyptien » – recouvre également une langue dont l’usage s’est perdu (sauf dans la liturgie) au profit de l’arabe à la faveur de la conquête musulmane, mais aussi une culture et une histoire collective qui se confondent avec celle de l’Égypte. Si copte signifie donc avant tout « égyptien », ce mot est attribué avant tout aux chrétiens d’Égypte, principalement orthodoxes, mais aussi catholiques (250 000 fidèles) et protestants.
Quel est le poids des coptes en Égypte ?
En l’absence de tout recensement des coptes, le gouvernement égyptien donne une estimation basse de 4-5%, les coptes de 15% et plus et les spécialistes estiment qu’ils représentent environ 10% de la population du pays, sur un total de près de 90 millions d’habitants.
Très bien intégrés dans le tissu économique égyptien, les coptes sont toutefois sous-représentés dans les institutions et dans les instances de pouvoir.
Très bien intégrés dans le tissu économique égyptien, ils sont toutefois sous-représentés dans les institutions et dans les instances de pouvoir.
Comment leur statut a-t-il évolué au cours de l’histoire ?
Avec la conquête arabe, au VIIe siècle, les coptes vont peu à peu perdre de leur importance, jusqu’à devenir minoritaires à partir du XIVe. Leur poids va continuer de décliner dans les siècles suivants.
Dès le début de l’islam, les chrétiens sont considérés comme dhimmis (c’est-à-dire des « soumis ») avec un statut juridique inférieur et ils sont assujettis au calife en échange de sa protection. C’est XIXe siècle, dès la modernisation de l’Égypte sous Méhémet Ali (1805-1849), puis au début du XXe siècle dans l’entre-deux-guerres, sous le règne de Fouad Ier, qu’ils retrouvent une place non négligeable, en particulier après la fondation du parti nationaliste Wafd en 1919 qui rassemble musulmans et chrétiens. En 1924 et en 1930, des ministres coptes furent nommés ainsi qu’un certain nombre de députés parfois proportionnellement supérieur à leur représentation démographique. « C’est notamment l’occupation britannique qui va permettre à cette époque aux musulmans et chrétiens de se serrer les coudes dans un grand élan national», estime Christine Chaillot, spécialiste des coptes et auteur du livre « Les Coptes d’Égypte ».
Le président Anouar el-Sadate (1970-1981) permit certaines libertés aux islamistes et en relâcha des prisons alors que Nasser (1954-1970) les avait fait emprisonner. « Dès les années 1970 et jusqu’à présent, des groupes islamiques s’en prirent à la communauté coptes : églises brûlées, assassinats, kidnappings », rappelle Christine Chaillot.
Les coptes constituent aujourd’hui dans le monde entier une importante diaspora, en particulier en Amérique du Nord, mas aussi en Australie et en Europe, y compris en France.
Quelle est leur situation actuelle ?
Tous les coptes peuvent être discriminés, qu’ils vivent en ville ou à la campagne, notamment en Haute-Égypte, en particulier dans les régions d’Assiout et de Minyia.
Avec l’éclatement des printemps arabes en 2011, les coptes ont été au cœur des convulsions de la société égyptienne. Le 1er janvier 2011, la communauté fut durement frappée par un attentat perpétré dans une église d’Alexandrie, causant plusieurs morts.
Le 25 janvier 2011, le début de la Révolution donna l’espoir de développer une société plus égalitaires entre les citoyens égyptiens des différentes confessions.
L’engagement de certains coptes très actifs dans la révolution fut cependant marqué par le massacre de Maspéro, en octobre 2011, commis par les forces de l’ordre égyptiennes pour réprimer leur manifestation pourtant pacifique.
> À LIRE : Mina Thabet, défenseur des coptes, est détenu par les autorités égyptiennes
À la suite du coup d’État et du départ forcé du président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, de nombreuses églises furent incendiées et des magasins appartenant à des coptes vandalisés.
Si le nouveau président égyptien depuis juin 2014, le général Abdel Fattah al-Sissi, a tenu à rassurer les chrétiens, par exemple en faisant preuve d’autorité face aux islamistes et en se rendant notamment à la cathédrale pour présenter ses vœux lors du Noël copte orthodoxe en janvier 2016, il n’y a pas eu pour le moment d’évolution concernant la totale liberté religieuse et la citoyenneté des chrétiens en Égypte. Certaines discriminations sont toujours d’actualité, par exemple dans l’administration, l’armée ou l’université.
En dépit des efforts du président Al-Sissi en leur faveur, ces chrétiens restent discriminés et cibles d’attaques fréquentes, comme le prouve l’attentat du 11 décembre 2016 à côté de la cathédrale au Caire. »
JPSC
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oecuménisme : le dialogue en vérité
Retour sur la visite pontificale en Suède: une réflexion de Christophe Geffroy dans « La Nef « n°287, décembre 2016 :
« Le pape François était en Suède les 31 octobre et 1er novembre à l’occasion de l’ouverture de l’année fêtant pour les protestants le 500e anniversaire de la Réforme, lorsque Luther afficha ses 95 thèses à Wittemberg le 31 octobre 1517. Ce voyage est l’occasion d’une petite réflexion sur l’œcuménisme.
Dans l’Église catholique, le déplacement du pape François en Suède pour fêter un événement qui marqua une rupture dramatique des chrétiens n’a pas fait l’unanimité. Cela peut se comprendre, mais nul ne peut ignorer l’injonction du Christ d’être « un » et donc de travailler inlassablement à l’unité des chrétiens quelles qu’en soient les difficultés. C’est assurément ce souci qui travaille le pape, comme c’était déjà le cas avec ses prédécesseurs. Le dialogue œcuménique est une réalité assez récente au regard de l’histoire de l’Église et le concile Vatican II a été une étape essentielle du rapprochement entre chrétiens. Comment ne pas se réjouir que des chrétiens, hier encore « frères ennemis », aujourd’hui se rencontrent, se parlent, apprennent à mieux se connaître et à se respecter ? Le « dialogue » qui s’est instauré au fil des ans, même s’il ne conduit pas à l’unité dans l’immédiat, est utile et bienfaisant, et préférable à une situation d’ignorance, voire de mépris réciproque.
Une distinction doit ici être faite entre les Églises orthodoxes, avec lesquelles une pleine unité semble possible à échéance plus ou moins proche, et les communautés protestantes avec lesquelles les différences sont trop profondes pour qu’une telle unité puisse être bientôt envisagée à vue humaine. Même la fameuse déclaration commune sur la doctrine de la justification du 31 octobre 1999 entre catholiques et luthériens, si elle est certes une avancée œcuménique, ne résout pas tous les problèmes autour de cette pomme de discorde (1).
Force est au reste de constater que si les relations demeurent fraternelles avec les protestants – et c’est tant mieux ! –, les divergences de fond ne cessent concrètement de s’accroître par l’engagement de plus en plus libéral de la plupart des courants protestants, sur l’ordination des femmes, y compris évêques, le « mariage » des homosexuels ou même leur ordination quand ils continuent à vivre en « couple » comme Mgr Eva Brunne, évêque de Stockholm, qui est une lesbienne revendiquée, leur acceptation du « crime abominable » (Vatican II) de l’avortement, etc. Bref, sur les questions de morale et de mœurs, la plupart des protestants (2) ont tout lâché pour épouser sans réserve toutes les évolutions les plus mortifères du libéralisme ambiant, quand l’Église catholique et les Orthodoxes sont bien seuls à résister à ce vent de folie. Et cela ne leur a pas réussi, tant ces branches protestantes sont aujourd’hui sécularisées et sans fidèles, à l’image des luthériens suédois. Osons le dire : le rameau directement issu de la Réforme est quasiment mort, le luthéranisme et le calvinisme d’aujourd’hui n’ayant plus grand-chose à voir avec la religion de leurs fondateurs.
Quel dialogue envisager ?
Cet écart grandissant entre catholiques et protestants peut être démoralisant et repousse toujours plus loin toute espérance d’unité. C’est dans ce contexte que certains en arrivent à des positions relativistes et d’indifférentisme religieux pourtant clairement condamnées par les papes, comme si le but était de trouver un plus petit dénominateur commun en bradant ce qui divise !
D’autres pensent que les questions doctrinales arrivent en second derrière l’urgence d’une réponse commune des chrétiens au phénomène de la sécularisation et face à la montée de l’islam, et qu’il faut donc se concentrer sur le cœur de la foi, le kérygme : l’idée est sympathique, sauf que les désaccords doctrinaux que l’on veut ignorer atteignent précisément ce « cœur de la foi » et que nombre de protestants sont d’ardents défenseurs de la sécularisation !
Enfin, dernière attitude : puisque la doctrine nous sépare, mettons-la de côté et voyons plutôt ce qui nous unit. La démarche peut être recevable à condition que ceux qui s’y engagent soient conscients de la réalité des divergences doctrinales, ce qui permet alors de se concentrer sur les choses concrètes de la vie qui nous réunissent, ce que l’on nomme le « dialogue de vie » : celui-ci n’a pas la prétention de conduire à l’unité, mais permet au moins, dans un monde ouvert et mélangé, de se rencontrer, de mettre en avant notre même amour du Christ et de mener à bien des actions communes dans des domaines déterminés de convergence (des actions humanitaires, par exemple).
Si l’on veut bien sortir de la langue de buis, c’est ainsi qu’il faut lire la « déclaration conjointe » du 31 octobre 2016, à Lund, du pape François et de l’évêque luthérien Munib Younan. Il est en effet significatif qu’elle n’aborde aucune question de fond (sauf un couplet sur l’inter-communion qui n’affirme que vouloir « progresser ») pour demeurer au niveau des généralités et… appeler « à travailler ensemble pour accueillir les étrangers » – sujet sur lequel, d’ailleurs, le pape, dans l’avion qui le ramenait à Rome, a mis un bémol certain à l’accueil inconditionnel en justifiant qu’un État y mette une limite selon sa capacité d’intégration.
Le dialogue œcuménique est nécessaire, mais il doit être fait en vérité, en se réjouissant des rapprochements opérés, principalement avec les Orthodoxes, et sans nier la distance qui s’accroît avec les protestants sur nombre de points. Le refus de la réalité ne peut conduire qu’à la désillusion, et finalement à saboter ce que l’on prétend construire – en bâtissant sur le sable et non sur le roc… »
Ref. oecuménisme : le dialogue en véritéJPSC
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Retour sur l’encyclique « Laudato si » et la question du mal
De Monseigneur Léonard interrogé par Drieu Godefridi, in « Un évêque dans le siècle » (éditions du CEP, septembre 2016) sur la question du mal et l’encyclique « Laudato si » (extraits) :→ Dieu et l’univers (*)
Mgr Léonard : « […] C’est intelligent de croire en Dieu, c’est tout à fait raisonnable, même si c’est transrationnel d’adhérer à Jésus tel qu’il est présenté dans le Nouveau Testament. Mais, après tout cela, les gens sont confrontés à tout ce qui fonctionne, dans cette admirable mécanique de l’univers, de manière peu sympathique, de notre petit point de vue en tout cas. Et pour les chrétiens qui mettent leur foi en un Dieu qui, en principe, serait tout-puissant et qui serait un père bienveillant, comment est-ce qu’on met cela en rapport avec le mal qui défigure et abîme la vie des hommes sur la terre et avec tout ce qui ne tourne pas rond dans l’univers, y compris dans notre fonctionnement biologique ? »
→ Je me méfie des apologétiques qui justifient le mal
Mgr Léonard : « […] Je dénonce toujours avec force, y compris dans le monde chrétien, les justifications du mal, qui me paraissent souvent odieuses et qu’on ne devrait jamais employer en présence d’une personne qui souffre […] en disant, comme Spinoza par exemple […], c’est négatif de votre petit point de vue, parce que vous voyez la mort de votre enfant, de votre petit point de vue de mère. Mais, dans la totalité de la substance, qui nous apparaît dans les deux attributs de l’étendue et de la pensée, cela fait partie du positif. Tout est plein, positif dans la substance ! Votre mal, un peu comme dans le bouddhisme, est donc une illusion liée à la perspective que vous avez. De même, on peut dire, d’un point de vue biologique, que la mort des individus d’une espèce fait partie de l’économie du fonctionnement de la vie. Ne pleurez donc pas vos morts! Oui, cette attitude stoïcienne a une certaine dignité, elle a une grandeur, mais qui passe au-dessus du drame des personnes. Je suis devenu allergique aux pensées systématiques, hégéliennes, pour lesquelles, de manière très subtile, le mal est finalement positif. Je me méfie des aologétiques qui justifient le mal en disant : Dieu permet le mal en vue d’un plus grand bien, le mal fait partie d’un premier état pédagogique de la création. Dieu a fait volontairement une création inachevée pour que ce soit l’homme qui l’achève. C’est joli à dire, comme cela, quand on écrit à son bureau, mais cela n’arrange pas les gens qui sont frappés par la douleur.
Drieu Godefridi : Alors, que leur dites-vous par rapport à cette question du mal ?
→ ἐδάκρυσεν ó ἰησοῦς.
Mgr Léonard : « D’abord, Jésus est sensible au mal et ne fait jamais de raisonnements pour dire qu’il n’y a pas de mal. L’attitude de Jésus, dans l’Evangile de Jean, devant la tombe de Lazare c’est d’abord de pleurer : « Jésus pleura » (ἐδάκρυσεν ó ἰησοῦς). C’est le verset le plus court de toute la Bible. Ces pleurs sont pour moi plus éloquents que beaucoup de théories. Jésus n’a pas fait une théorie. Il dit bien que la mort de Lazare va servir à la manifestation de la gloire de Dieu. Mais il ne dit pas à Marthe et à Marie : non, ne pleurez pas, la mort de Lazare c’est pour un bien. Non, il pleure ! Ce que je trouve admirable chez lui, c’est qu’il n’a pas expliqué le mal comme tant de religions ou de philosophies l’ont fait. D’abord, il en a éprouvé la dureté. Puis il l’a porté. Cela, c’est quand même unique dans l’histoire religieuse de l’humanité, un Dieu qui non seulement se fait homme mais qui en outre endure l’absurdité de la mort, l’angoisse qui est liée à la mort. L’attitude de Jésus face à sa mort n’est pas du tout héroïque, ce n’est pas une attitude de héros, c’est l’attitude d’un homme qui est submergé par l’angoisse, par la tristesse et qui, pour la première fois dans les Evangiles, où il a toujours une maîtrise des événements, mendie un peu de secours, de réconfort de la part de ses disciples : veillez avec moi, priez avec moi – et ils dorment pendant ce temps-là ! Eh bien, cela me paraît plus crédible que Spinoza, cela me paraît plus humain que le stoïcisme : « Je savais que mon fils était mortel, donc je ne m’attriste pas de sa mort ». C’est grand, mais en même temps c’est mesquin, pourrait-on dire, d'une telle attitude : cela ne prend pas au sérieux le drame de la vie humaine. »
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La liberté religieuse en recul dans le monde
D'Eugénie Bastié sur le site du Figaro :
La liberté religieuse est en recul dans le monde
L'association Aide à l'Église en Détresse (AED) pointe dans son rapport bisannuel la montée de «l'hyper-extrémisme islamiste» et d'une «nouvelle vague de répression» en Chine notamment, pour expliquer une «nette augmentation de l'intolérance religieuse» dans le monde.
● La situation a empiré dans 14 pays
La liberté religieuse est en net recul dans le monde. C'est ce que montre le rapport 2016 de l'association Aide à l'Église en Détresse (AED) qui vient en aide aux chrétiens persécutés aux quatre coins du globe. Ce rapport bisannuel, qui couvre donc la période juin 2014-juin 2016, fait un point détaillé sur la situation de 20 pays pratiquant la persécution religieuse. «Sur les 196 pays étudiés, 38 ont montré des preuves indubitables de violations importantes de la liberté religieuse», écrivent les auteurs. Sur ces 38 pays, la situation a empiré dans un tiers des cas (37 %, soit 14 pays). Parmi les pays où la liberté religieuse a empiré, on trouve la Chine, le Pakistan, le Soudan, le Niger, ou encore les pays en guerre comme la Libye et le Yémen. Les pays où il y a eu une amélioration sont rares: le Qatar, l'Égypte (notamment en raison des signes encourageants pour l'unité nationale entre musulmans et chrétiens donnés par le général Al-Sissi), et le Bouthan.

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USA : « Les catholiques se sont sentis méprisés sous Obama »
Lu sur le site du journal « La Croix» cette interview de Danielle Bean par Gauthier Vaillant. Danielle Bean est redactrice en chef du magazine americain « Catholic Digest » :
« La Croix : Les électeurs catholiques ont voté en majorité (52 %) pour Donald Trump. Cela vous surprend-il ?
Danielle Bean : Non, ce n’est pas très surprenant, pas plus que pour une autre catégorie. La défiance à l’égard de l’establishment, qui a été l’un des principaux moteurs de l’élection de Donald Trump, n’est pas spécialement une question de foi… Mais il est vrai que pour beaucoup de catholiques, le choix entre Hillary Clinton et Donald Trump a semblé pendant longtemps impossible à faire. J’ai observé un changement à ce niveau vers la fin de la campagne. Certains ont pris conscience de la nécessité de voter, que ne pas le faire serait du gâchis, même s’il s’agissait de choisir le moindre de deux maux. Quelques-uns ont aussi voté pour un candidat indépendant… Mais il est resté beaucoup de catholiques qui, jusqu’au bout, n’ont pas caché qu’ils resteraient à la maison le jour de l’élection.
Le positionnement « pro-vie » affiché par Donald Trump a-t-il joué un rôle dans le choix des catholiques ?
D.B. : La question des positions « pro-vie » ou « pro-choix » des candidats est toujours un débat central chez les électeurs catholiques. Je crois que cette fois-ci, nous avons assisté à des débats d’autant plus importants que la question se posait, de savoir si Donald Trump était réellement « pro-life ». Car il le proclame depuis le début de la campagne, mais par le passé, il s’est longtemps dit favorable à l’avortement. Je ne fais pas confiance à Trump sur ce sujet, comme beaucoup. En revanche, je crois que son colistier, Mike Pence, est vraiment sincère. À titre personnel, j’aurais préféré, de loin, que Mike Pence soit le candidat principal. Il est vrai que Donald Trump, même s’il n’est pas très chrétien lui-même, a su s’entourer de chrétiens, ce qui a rassuré certains électeurs.
Un autre sujet qui a beaucoup compté, c’est celui de la liberté religieuse. Et il faut bien dire que seul Trump s’est exprimé clairement sur ce sujet. (Il s’est notamment engagé à défendre la liberté religieuse dans une lettre à la Conférence annuelle des responsables catholiques, début octobre, NDLR.) D’autant que beaucoup de chrétiens et de catholiques se sont sentis méprisés, voir persécutés sous Obama. Souvenez-vous des Petites sœurs des Pauvres, obligées de payer pour la contraception de leurs employées…
> Lire aussi : Sur la contraception, la Cour suprême américaine renvoie à une juridiction inférieure
Parmi les e-mails des proches d’Hillary Clinton révélés par WikiLeaks au début du mois d’octobre, certains montraient un certain mépris envers les catholiques. Des membres de son équipe de campagne échangeaient même sur la nécessité d’organiser un « printemps catholique » à l’intérieur de l’Église, pour y faire avancer les idées progressistes. Quelles conséquences ont eu ces révélations ?
D.B. : Cela a été une révélation très importante pour les catholiques américains. Cela a ouvert les yeux sur l’ampleur et la profondeur de ce que le camp progressiste était capable d’organiser dans le but d’interférer avec la religion. Bien sûr, ces e-mails n’ont pas été écrits par Hillary Clinton elle-même, mais par son directeur de campagne. Mais cela a montré de façon choquante une forme de condescendance que beaucoup partagent, dans son camp, envers les croyants.
Je crois que beaucoup de catholiques avaient déjà ce sentiment. Mais de le voir exprimé aussi clairement, et avec leurs propres mots, a aggravé cette impression. Même si, au final, je crois qu’il y a eu tant de « scandales » et de « révélations » durant cette campagne, des deux côtés, que les gens ont fini par y devenir un peu insensibles.
Au lendemain de cette élection, la société américaine apparaît très divisée. Les catholiques américains le sont-ils aussi ?
D.B. : C’est difficile à dire. Il y a des déçus, c’est certain, notamment parmi les médias catholiques, qui sont très polarisés. La campagne électorale a été terrible. Le travail principal, pour les élus et pour l’ensemble de la société, est donc de travailler dès maintenant à retrouver l’unité, à rappeler nos valeurs communes. De ce point de vue, je trouve que la première prise de parole de Donald Trump après son élection a donné des raisons d’espérer.
Les divisions sont encore présentes car nous sommes encore vraiment dans les suites immédiates de l’élection. Et je dois dire que je suis un peu déçue par les manifestations anti-Trump, car je crois qu’il faut respecter le choix démocratique des Américains. Mais j’ai confiance dans le peuple américain et dans les catholiques américains. Nous avons déjà connu des ambiances similaires après d’autres élections. »
Ref. « Les catholiques se sont sentis méprisés sous Obama »
JPSC
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Orthodoxie : le métropolite Hilarion au sujet de l’élection de Donald Trump : «Avec son élection apparaît l’espoir de l’amélioration de tout le système des relations internationales»
Lu sur le website « Orthodoxie » cette interview du président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou :
« Le métropolite de Volokolamsk Hilarion a accordé une interview à l’agence russe « Interfax Religion » au sujet de l’élection de Donald Trump, que nous reproduisons intégralement ci-dessous :
– Monseigneur, comment évaluez-vous la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles aux États-Unis ?
– Les élections présidentielles sont une affaire interne des États-Unis d’Amérique. Nous ne sommes ici que des observateurs extérieurs. Mais j’ai suivi avec grand intérêt le développement des événements, particulièrement lors des dernières heures avant l’annonce des résultats. La chaîne télévisée CNN a fait une retransmission en direct, et le ton des commentaires changeait au fur et à mesure que tous les États, les uns après les autres, donnaient leur préférence à Trump. Mais à quel point ces estimations étaient-elles objectives ? Lorsque les élections elles-mêmes ont commencé, un favori s’est dessiné depuis le début. Cela a amené les commentateurs de CNN à un certain embarras, et je dirais même, à un choc. Ils se sont efforcés de trouver une explication, et chacun le faisait à sa façon. L’un accusait de tout le directeur du FBI, l’autre en est arrivé à dire que la Russie était coupable de tout. Il a dit à peu près ce qui suit : « Ce sont les premières élections dans l’histoire de l’Amérique quand l’ennemi s’en mêle directement ». Et il a nommé la Russie. Or, le peuple américain, au cours de toute la campagne pré-électorale avait la possibilité d’observer les candidats, d’écouter leurs interventions, évaluer leur approche des problèmes internationaux. Et il a fait son choix en conséquence. La rhétorique de Mme Clinton n’a pas convaincu la majorité des électeurs, et même le soutien actif du président en exercice Obama ne lui a pas ajouté des voix.
– Qu’est-ce qui, à votre avis, a été décisif pour les électeurs américains ?
– Le choix n’était pas seulement entre deux personnalités. En fait, la question suivante était posée aux Américains : voulez-vous que tout reste comme tel, ou voulez-vous des changements ? Et le peuple américain a voté pour les changements.
– Qu’est-ce qui est important, pour vous personnellement dans ces élections ?
– Pour moi, en tant que président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, c’est la question du Moyen Orient qui m’a particulièrement intéressé. La politique de l’Amérique au Moyen Orient, à commencer par le renversement de Saddam Hussein et jusqu’aux derniers événements en Syrie, a été, de mon point de vue, à courte vue et erronée. Renversant les uns après les autres les régimes existants dans les pays du Moyen Orient, soi-disant au nom de la démocratie, l’Amérique n’a apporté ni celle-ci, ni la liberté à la région. Au contraire, elle a provoqué le chaos, l’exil massif de la population civile, le génocide des minorités ethniques et religieuses. Les terroristes de « l’État islamique » n’auraient pas eu un tel succès en Syrie et en Irak s’ils n’avaient reçu de soutien international. Trump a parlé de tout cela directement et sans ambiguïté. Il a critiqué le gouvernement américain pour sa politique moyen-orientale, pour son refus de relations d’alliance avec la Russie. Et le peuple américain l’a entendu.
– Quelle doit être l’attitude des Russes envers l’issue des élections aux États-Unis d’Amérique ?
– Je ne pense pas que nous devions nous livrer à l’euphorie à l’occasion de la victoire du candidat républicain. Le temps montrera quel président il sera, s’il tient les promesses qu’il a données pendant la campagne électorale. Mais avec son élection apparaît l’espoir d’une amélioration de tout le système des relations internationales, pour la création d’une coalition du monde entier contre le terrorisme. »
(source Interfax)
JPSC
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Quelques principes fondamentaux de l’œcuménisme catholique
Du Père Simon Noël, sur son blog :
Dans cet article, je voudrais vous présenter quelques principes fondamentaux de l’œcuménisme catholique. Le Christ a prié pour l'unité de tous ceux qui croiraient en lui en faisant dépendre d'une certaine manière la conversion du monde de cette unité: Ce n'est pas seulement pour eux que je prie, mais aussi pour ceux qui croiront en moi par leur parole, pour que tous soient un. De même que toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé (Jn 17, 20-21).
La Sainte Trinité est le modèle et la source de l'unité de l'Eglise. Soloviev disait que tant que dure la division de l'Eglise, les âmes sont certes sauvées, car la grâce ne cesse d'agir. Mais le monde n'est pas sauvé, car la division des chrétiens est un scandale pour la foi et empêche la conversion du monde.
Lire la suite sur le blog du Père Simon Noël -
La déclaration conjointe entre le pape et l'église luthérienne ne favorisera pas le rapprochement entre Rome et la Fraternité Saint Pie X
Nous avons publié sur ce blog le texte de la déclaration conjointe entre le pape et l'Eglise luthérienne; peut-être contribuera-t-elle à rapprocher les luthériens des catholiques mais elle ne manque pas d'éloigner la Fraternité Saint-Pie X de Rome :
Déclaration conjointe entre le pape et l'église luthérienne :
communiqué du Supérieur du District de France - 2 nov. 2016A la lecture de la déclaration conjointe que le pape a faite avec les représentants de l’église luthérienne en Suède le 31 octobre, à l’occasion du cinquième centenaire de la révolte de Luther contre l’Église catholique, notre douleur est à son comble.
En présence du véritable scandale que représente une telle déclaration où s’enchaînent les erreurs historiques, de graves atteintes à la prédication de la foi catholique et un faux humanisme source de tant de maux, nous ne pouvons rester silencieux.
Sous le fallacieux prétexte de l’amour du prochain et le souhait d’une unité factice et illusoire, la foi catholique est sacrifiée sur l’autel de l’œcuménisme qui met en péril le salut des âmes. Les erreurs les plus énormes et la vérité de Notre-Seigneur Jésus-Christ sont mises sur le même pied d’égalité.
Comment « pouvons-nous être reconnaissants pour les dons spirituels et théologiques reçus à travers la Réforme », alors que Luther a manifesté une haine diabolique envers le Souverain Pontife, un mépris blasphématoire envers le saint sacrifice de la messe, ainsi qu’un refus de la grâce salvatrice de Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Il a aussi détruit la doctrine eucharistique en refusant la transsubstantiation, détourné les âmes de la très Sainte Vierge Marie et nié l’existence du Purgatoire.
Non, le protestantisme n’a rien apporté au catholicisme ! Il a ruiné l’unité de la chrétienté, séparé des pays entiers de l’Église catholique, plongé des âmes dans l’erreur mettant en péril leur salut éternel. Nous, catholiques, voulons que les protestants reviennent vers l’unique bercail du Christ qu’est l’Église catholique et prions à cette intention.
En ces jours où nous célébrons tous les saints, nous en appelons à saint Pie V, saint Charles Borromée, saint Ignace et saint Pierre Canisius qui ont combattu héroïquement l’hérésie protestante et sauvé l’Église catholique.
Nous invitons les fidèles du District de France à prier et à faire pénitence pour le Souverain Pontife afin que Notre-Seigneur, dont il est le Vicaire, le préserve de l’erreur et le garde dans la vérité dont il est le gardien.
J’invite les prêtres du district à célébrer une messe de réparation et à organiser une Heure Sainte devant le Très Saint Sacrement pour demander pardon pour ces scandales et supplier Notre-Seigneur d’apaiser la tempête qui secoue l’Église depuis plus d’un demi-siècle.
Notre-Dame, Secours des chrétiens, sauvez l’Église catholique et priez pour nous !
Abbé Christian BOUCHACOURT, Supérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
Suresnes, le 2 novembre 2016, commémoration de tous les fidèles défunts
Source : La Porte Latine du 2 novembre 2016