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Société - Page 543

  • A propos de l' Affaire Mercier: Savonarole réanimé à Louvain-La-Neuve

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    Lu dans le magazine trimestriel "Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle" n° 103 (été 2017)

    C'est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher (Descartes). Il semble qu’à l’Université Catholique de Louvain (UCL), on ait amendé la mise en garde cartésienne contre l’esprit moutonnier : on peut y philosopher, sans doute, mais seulement en fermant les yeux sur les questions susceptibles de déranger le consensualisme du « vivre ensemble ». C’est que nous sommes sous le règne du prêt-à-penser, absolument incompatible avec... la philosophie.

    Brève chronique de l’événement

    Même si l’« affaire Mercier » a fait grand bruit dans les médias, un bref rappel des faits n’est peut-être pas inutile. Début février 2017, Stéphane Mercier, docteur en philosophie, chargé de cours invité à l’Université Catholique de Louvain (UCL)[1], présente à plus de cinq cents étudiants de première année (environ 250 en Sciences appliquées et 300 en Sciences économiques et politiques) un argumentaire intitulé La philosophie pour la vie. Contre le prétendu « droit de choisir » l’avortement et qui, indique l’auteur, suit de près celui de Peter Kreeft[2]. Loin de soulever dans l’auditoire le tollé dont allaient, le mois suivant, parler les médias, le professeur poursuit son cours pendant cinq semaines d’affilée, « sans le moindre problème », me précise M. Mercier. Mais le 14 mars, un (ou une) élève du 1er baccalauréat en Sciences politiques alerte l’association féministe « Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes ». Le texte de l’exposé paraît le 21 mars sur la Toile. Émoi dans les réseaux sociaux. 

    À peine saisie, l’UCL réagit durement et convoque l’enseignant, dont elle suspend illico la fonction. Le 21 mars, sur le site de la RTBF, Tania Van Hemelrijck, « conseillère du Recteur à la politique du genre » – une appellation pas très... neutre – déclare : Ce sont des propos totalement inacceptables étant donné que l’UCL défend ce droit [sic] fondamental à l’avortement. Sur le même site, on lit encore : l’autre argument avancé par l’UCL est que « le droit [resic] à l’avortement est inscrit dans la constitution [reresic], et qu’il n’y a pas à sortir de là ». Comme si un texte juridique était en soi une référence irréfragable en matière de philosophie ! Le même jour, l’UCL s’empresse de désavouer publiquement son invité avant même de l’entendre :  Quelle que soit l’issue de l’instruction, le droit [rereresic] à l’avortement est inscrit dans le droit belge et la note dont l’UCL a connaissance est en contradiction avec les valeurs portées par l’université. Le fait de véhiculer des positions contraires à ces valeurs est inacceptable. Ce communiqué en étonna plus d’un. Après s’être référé à une loi (dont il altérait l’objet[3]), il affirmait, en fait, que le respect dû à tout embryon humain n’était pas au nombre des valeurs d’une université catholique. En outre, il légitimait l’avortement par sa légalité (en Belgique), comme si la loi, en disant le droit, décrétait, ipso facto et infailliblement, la morale. Après une telle injure au bon sens, l’UCL méritait bien un rappel à l’ordre. Elle l’a eu. Le 26 mars, à Bruxelles, Stéphane Mercier, prenait la parole à l’occasion d’une « Marche pour la vie » qui rassembla de deux à trois mille personnes. Actuellement, M. Mercier est licencié, mais a introduit un recours auprès de la commission disciplinaire.  Adhuc sub judice lis est ; autrement dit : l’ordalie est en cours.

    Un curieux attelage philosophique : UCL-SW

    Nous ne sommes pas à Florence, ni au XVe siècle, mais tout de même ! Si l’UCL n’a pas voué au gibet et au bûcher le Savonarole louvaniste, elle l’a de fait trucidé académiquement pour avoir amorcé une disputatio malséante, inconvenante, inopportune, en deux mots : politiquement incorrecte. Pensez un peu : le misérable avait osé aborder un sujet, l’avortement, tellement anodin et banal, il est vrai, que d’aucuns voudraient le retirer du code pénal. Ce nouveau « progrès » est, en effet, à l’ordre du jour de plus d’une officine, qui, naturellement, s’oppose à tout projet visant à conférer un statut juridique à un fœtus ou à un enfant mort-né. Or, depuis Socrate, tous les pédagogues le savent : l’actualité d’une question est un puissant facteur de motivation. Il était donc particulièrement opportun d’engager sur la question un débat philosophique avec des rhétoriciens fraîchement émoulus. Avec la disparition des « humanités » et, partant, la décadence du cours de français, nos jeunes étudiants n’ont guère appris à disserter[4] ! Mais voilà : l’impertinent Mercier avait, sur la question, défendu une thèse contraire à la seule doxa bienséante, celle du progressisme main stream, comme dit Finkielkraut. Le déferlement de blâmes qui accabla l’enseignant  procède d’une étrange conjuration : s’y coalisent, notamment, des associations féministes – comme « Synergie Wallonie » (SW) – et des laïcistes militants, mais aussi une institution dite « catholique » dont le grand chancelier n’est autre – ex officio – que l’Archevêque de Malines-Bruxelles. On aura vraiment tout vu !

    Morale et Génétique

    Quelles objections oppose-t-on à l’argumentaire incriminé ? Les plaignants de SW situent le débat sur le terrain des opinions : L’auteur du texte est opposé à la pratique de l’avortement pour différentes raisons, dont le droit à la vie du fœtus, qu’il considère comme un être humain. Nous ne partageons pas son opinion car nous revendiquons le droit pour les femmes de disposer de leur propre corps. Or, sur ce point, M. Mercier rappelle non une opinion, mais les données de la Science : primo, l’individuation de l’embryon est assurée dès le début du processus vital ; secundo, de la conception à la mort, il n’y a aucune solution de continuité. Très pertinemment, l’auteur souligne l’impossibilité (et le ridicule) de justifier une quantification du respect dû à un fœtus sur un critère de temps et de lieu. Bref, la génétique confirme un sentiment intime, à savoir l’altérité mère-enfant, lequel enfant n’est jamais, en aucune façon, une propriété. Comme l’observait le grand généticien français Jérôme Lejeune : Si l’on supposait que ce qui se développe dans le ventre de la mère n’est pas un être humain, pourquoi donc ferait-on une loi spéciale pour l’éliminer ? Il n’y a pas de loi pour réglementer ou pour interdire d’arracher une dent ou d’enlever une tumeur[5].

    L’altérité de l’embryon par rapport à sa mère : voilà le point faible de l’argumentaire opposé à celui de M. Mercier. Mon ventre est à moi, c’est, avec le spectre des faiseuses d’anges, le slogan qu’en France, Simone Veil a sans doute le plus exploité. Elle-même indique que, si elle se refuse à entrer dans des discussions scientifiques [elle admet les enseignements de la génétique] ou philosophiques, elle tient cependant à observer : La seule certitude sur laquelle nous puissions nous appuyer, c’est le fait qu’une femme ne prend pleine conscience qu’elle porte un être vivant qui sera un jour son enfant que lorsqu’elle ressent en elle-même les premières manifestations de cette vie[6]. Dans un essai, j’ai longuement analysé la dialectique déployée par l’ancienne ministre de la Santé, et l’on conviendra que, sur ce point, son opinion est assez personnelle, comme je l’ai souligné :

    Tout importantes qu’elles soient, les approches juridique et scientifique des questions analysées ici, n’exemptent pas d’enrichir le débat d’un éclairage de nature plus existentielle, plus proche de l’intimité des personnes et de leur vécu. Une question, récurrente dans la vie comme dans les romans et autres fictions, est extrêmement révélatrice de la manière dont une femme enceinte, son partenaire et leur entourage peuvent s’interroger à la survenue d’une grossesse non désirée. Que les protagonistes s’expriment de façon voilée (Que fait-on?) ou plus ou moins explicite (Va-t-on « le » garder? ou Fais- « le » passer!), tous parlent d’un même sujet, et qui, dans leur esprit, ne se réduit pas à un quelconque agglomérat de cellules. Le pudique pronom le est à l’évidence un substitut pour bébé ou enfant. Et l’on notera que ces interrogations s’imposent bien avant que la femme ne ressente en elle les premières manifestations de la vie, quoi qu’en dise Simone Veil. Pour n’être pas de nature juridique ni scientifique, les propos de ce genre n’en ont que plus de prégnance authentiquement humaine: ils révèlent ce que les protagonistes vivent en leur for intérieur dans un désarroi que d’aucuns nommeront situation de détresse, une expression qui appelle plus aisément la compassion, au risque d’occulter le tragique d’une autre destinée, latente celle-là. Le langage, ici encore, se fait le serviteur des causes les plus contestables…[7]

    Mise en exergue dans toutes les critiques mais toujours citée hors contexte, la comparaison avortement-viol, a soulevé une indignation discutable, évidemment logique si l’IVG n’est pas considérée comme un meurtre, mais parfaitement rationnelle dans le cas contraire ; si le viol est évoqué, c’est  précisément parce que, plus médiatisé, il  est ressenti, notamment par un auditoire de jeunes anesthésiés en matière d’IVG-IMG-GPA, comme un sommet dans l’horreur, alors que l’IVG – un sigle ! – est devenue une pratique « sociétale » presque banalisée à la faveur d’une loi toujours plus laxiste et de mœurs toujours plus permissives. La violence faite à un fœtus lors d’un acte abortif est comme escamotée par le fait que, médicalisée, l’intervention se déroule quotidiennement, légalement, en milieu hospitalier et bénéficie d’une aide sociale, tous gages extérieurs d’honorable normalité. Les IVG-IMG se comptent annuellement par milliers en Belgique[8], mais, médiatiquement, c’est un non-événement, contrairement aux procès criminels, tel le viol, qui défraient les chroniques judiciaires : le temps du Dr Willy Peers est, de longue date, révolu.

    Une cacophonie pas très catholique à l’UCL

    Au sein même du monde « catholique », le cas Mercier a créé un profond malaise et suscité de vives oppositions. La discorde fut évidente à l’UCL. Le montrent, entre autres analyses, le Oui du pro-recteur Marc Lits et le Non du professeur émérite Silvio Marcus Helmons, en réponse à la question : Fallait-il suspendre le cours du professeur Mercier [9].

    Dans une rencontre avec Christian Laporte, le professeur émérite de l’UCL Vincent Hanssens, contempteur du discours politique (!) de M. Mercier, souligne qu’une université catholique se doit d’assurer un enseignement axé fondamentalement sur la recherche scientifique et non sur la Révélation[10]. Et alors ? M. Mercier ne dit pas autre chose : Ce qui est proposé ici est un argument philosophique, pas un argument théologique reposant sur la Révélation. En vérité, la position de l’Université est doublement intenable : non seulement elle bafoue, à l’évidence, son identité idéologique, mais aussi et surtout, elle porte atteinte à son identité académique en se soumettant à la pire des dictatures pour une institution universitaire, celle de la pensée dominante et du politiquement correct. À cela s’ajoute, avec une belle inconséquence, l’affirmation réitérée de l’attachement de l’UCL à la liberté académique ! Heureusement, tous les ex-collègues de M. Mercier ne s’alignent pas sur les positions officielles de leur Alma Mater. Ainsi, dans Le Soir (mis en ligne le 29 mars), a paru un article intitulé Propos anti-avortements à l’UCL : la liberté académique menacée ? où s’exprime l’inquiétude de deux professeurs émérites de l’UCL ; l’un signe Jean Bricmont, athée et pro-choix, et l’autre, Michel Ghins, catholique et pro-vie.

    Des réactions pastorales diverses

    Dans l’affaire qui nous occupe, l’épiscopat aura donné un exemple achevé de langue de buis et d’irénisme. Répondant à une pétition de « Pro Christiana » en faveur du jeune professeur, les évêques francophones de Belgique, légitimant les exigences pédagogiques de l’UCL, laissèrent entendre qu’un débat sur l’avortement n’avait peut-être pas sa place dans un cours d’initiation à la philosophie et qu’en outre, la question ne pouvait, somme toute, être tranchée qu’en élevant la disputatio au niveau de la théologie. Pour ce qui est de la pédagogie, j’ai montré en quoi un débat sur un sujet sociétal litigieux est, au contraire, tout à fait opportun. Quant à la dévolution à la seule théologie d’une doctrine qui est défendable sur des bases purement philosophiques, elle confine au fidéisme : le Fides et Ratio de saint Jean-Paul II n’est pas opposable à l’Evangelium Vitae du même pape. Pour pacifier les esprits, nos évêques ont évidemment préféré citer un passage consolateur et rassembleur de Misericordia et misera où le pape François rappelle que si l’avortement est un péché grave [...], il n’existe aucun péché que la miséricorde de Dieu ne puisse rejoindre et détruire quand elle trouve un cœur contrit qui demande à être réconcilié avec le Père.

    De son côté, le R.P. Tommy Scholtès, porte-parole de la Conférence épiscopale, tint, forcément, des propos peu convaincants : Les mots de Stéphane Mercier me paraissent caricaturaux. Le mot meurtre est trop fort : il suppose une violence, un acte commis en pleine conscience, avec une intention, et cela ne tient pas compte de la situation des personnes, souvent dans la plus grande détresse.[11] Ni violence, ni  pleine conscience, ni intention dans un acte d’IVG ? Quant à la « situation des personnes » – qui n’est pas l’objet premier du propos – elle n’est pas ignorée dans l’argumentaire incriminé, même si elle aurait certainement donné lieu à des développements ultérieurs ; n’oublions pas que l’enseignant inscrivait son exposé dans la perspective de débats, dont son texte est explicitement une amorce : Il est tout à fait permis de discuter : la philosophie sert précisément à cela.

    À propos de commentaires « ecclésiastiques », il faut citer la très belle exhortation du R.P. Charles Delhez Poursuivre l’aventure de la vie[12], remarquable de justesse, d’humanité, de pondération et de miséricorde, mais ferme dans les convictions et fidèle à la doctrine de l’Église.

    And the winner is...

    Au final, il est clair que l’ « affaire Mercier » est une manifestation de plus des effets délétères d’une police de la pensée dans un monde qui s’autodétruit par individualisme, relativisme et hédonisme. Pareille atteinte à la liberté académique et à la liberté d’expression ne peut que disqualifier ses auteurs, d’autant qu’ils appartiennent au monde universitaire. Du moins l’incident aura-t-il eu le mérite de réveiller quelques consciences à propos d’une question jugée dépassée du fait que les mœurs et la loi y auraient apporté une réponse définitive. Là où l’on brûle des livres, on finit par brûler des hommes, écrivait déjà Heinrich Heine ; la censure fut, hélas ! le fait du Savonarole florentin, mais rien de pareil n’est à redouter à Louvain-la-Neuve.  

    L’inévitable querelle intestine qui s’est déclarée entre croyants ne pouvait qu’amuser la galerie des athées militants. On imagine aisément leur jubilation à réactualiser une séquence fameuse de La Grande Vadrouille : sous bonne garde teutonne passent deux Français capturés (Stanislas-de Funès et Augustin-Bourvil), mais déguisés en « collègues » de la Feldgendarmerie ; surpris par cet improbable défilé, le désopilant Paul Préboist confie à son copain de pêche : V’là qu’ils s’arrêtent entre eux maintenant, ça doit pas marcher ben fort !

     

    Mutien-Omer Houziaux,

    ancien embryon.

    [1] Et non professeur, comme l’a rappelé l’aimable rectification cathoDique d’un évêque. – Les médias ont laissé entendre que M. Mercier était un novice dans le métier. En réalité, son curriculum vitae mentionne six années d’assistanat, quatre années au FNRS en qualité de chargé de recherches et trois années consécutives à l’UCL en qualité de chargé de cours (par renouvellement annuel).

    [2] Né en 1937. Professeur de philosophie au Boston College de Chesnut Hill et au KIng’s College de NewYork.

    [3] En Belgique, l’avortement reste un délit, qui peut être dépénalisé sous certaines conditions.

    [4] Ancien professeur de français, chercheur et enseignant à l’université, j’ai huit petits-enfants et un arrière-petit-fils... et des centaines d’anciens étudiants. Je sais de quoi je parle ! Indigence lexicale, pauvreté syntaxique, absence de rigueur intellectuelle, massacre de l’orthographe, culture classique en berne : un diagnostic largement partagé par nombre de collègues. Quant au salut par un certain Pacte d’Excellence, la chose relève plutôt de la foi (en sainte Rita). 

    [5] http://publications.fondationlejeune.org/article.asp?filename=fjl441.xml

    [6] Simone Veil, Une vie, Stock, 2007, pp. 352-353.

    [7] M.-O. Houziaux, À contretemps. Regards politiquement incorrects. Préface de M. Dangoisse, Mols, 2010, p. 90.

    [8] Le dernier rapport (2012) de la Commission (belge) d’évaluation de l’avortement indique une augmentation constante du nombre d’IVG ; de 2006 à 2011, ce nombre est passé de 17.640 à 19.578. Les chiffres déclarés sont très inférieurs à la réalité car souvent les hôpitaux ne déclarent pas les avortements ni les médecins gynécologues en pratique cabinets privés, me signale Carine Brochier, Project Manager à l’Institut Européen de Bioéthique. Et l’on ne parle pas des embryons (dis) qualifiés de surnuméraires (et réifiés) ni des avortements médicamenteux.

    [9] La Libre Belgique du 28 mars 2017, pp. 40-41. En pages 42 et 43, le même quotidien donne aussi la parole à Henri Bartholomeeusen, avocat et président du Centre d’Action laïque, qui s’insurge contre le prétendu simplisme d’un opposant à l’IVG, Alain Tiri, auteur d’un article intitulé « Le progressisme ou la mort de la pensée », également paru dans LLB (23 mars 2017).

    [10] Christian Laporte, « L’UCL est d’abord une université », La Libre Belgique, 3 avril 2017, p. 8.– Sur le site de Belgicatho, 10/04/2017, le R.P. Xavier Dijon, professeur émérite (UNamur) a convenu, avec son collègue Hanssens, qu’une université catholique n’était pas une institution ecclésiale, mais ajoute que, pour autant, elle ne peut s’abstraire d’une conscience spécifique : Est-il sûr par exemple que la façon dont les embryons humains sont traités aujourd’hui dans nos centres de recherches correspond à la dignité dont ils sont titulaires ? X. Dijon souligne aussi la légitimité d’un débat académique sur une question déjà tranchée par le pouvoir politique.

    [11] Le Soir, 27 mars 2017, p. 7.

    [12] La Libre Belgique, 3 avril 2017, p. 45. Le R.P. Delhez rappelle  que, pour le généticien agnostique Axel Kahn, on peut, s’agissant de l’embryon, parler de singularité admirable et de début possible d’une personne.

    JPSC

  • Vient de paraître : le magazine « Vérité et Espérance-Pâque Nouvelle » : n° 103, été 2017

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    Le magazine trimestriel « Vérité & Espérance – Pâque Nouvelle » édité par l’association « Sursum Corda » (responsable de l'église du Saint-Sacrement à Liège) a publié sa livraison de l’été 2017. Tiré à 4.000 exemplaires, ce magazine abondamment illustré parcourt pour vous l’actualité religieuse et vous livre quelques sujets de méditation.

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    Au sommaire de ce numéro n° 103 (été 2017) : 

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    Fête-Dieu 2017 à Liège 

    Brève histoire du sacrement de pénitence (V et fin)

    A propos de l’affaire Mercier : Savonarole réanimé à Louvain-la-Neuve

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    Rome et le monde : 

    Les 90 ans de Benoît XVI

    Emmanuel Macron et Dieu

    La célébration du centenaire des apparitions de Fatima

    Liturgie : l’héritage de Benoît XVI en péril ? 

    Belgique:

    L’ « Affaire Mercier » et le rôle d’une université catholique

    Les Frères de la Charité de Belgique autorisent l’euthanasie dans leurs centres psychiatriques

    Le régime des cultes en Belgique : reconnaître la primauté de l’Etat ou obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes

    Sans Mgr Léonard, plus de vocations ?

     

    Secrétaires de Rédaction : Jean-Paul Schyns et Ghislain Lahaye

    Editeur responsable: SURSUM CORDA a.s.b.l. ,

    Vinâve d’île, 20 bte 64 à B- 4000 LIEGE.

    La revue est disponible gratuitement sur simple demande :

    Tél. 04.344.10.89  e-mail : sursumcorda@skynet.be 

    Les dons de soutien à la revue sont reçus  avec gratitude au compte IBAN:

     BE58 0016 3718 3679   BIC: GEBABEBB de Vérité et Espérance 3000, B-4000 Liège

     

     JPSC

  • Des médecins néerlandais protestent contre l’euthanasie de patients déments dans leur pays

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    Lu sur le site d'Ouest-France :

    Pays-Bas. Des médecins s’opposent à l’euthanasie des patients déments

    Pour la première fois depuis 2002, des médecins néerlandais se sont unis pour protester contre la loi sur l’euthanasie dans leur pays. Cette dernière autorise à mettre fin aux jours d’un patient atteint de démence, s’il a signalé sa volonté de mourir dans une déclaration remplie avant de perdre sa lucidité. Certains professionnels refusent cependant de mettre fin aux jours des malades qui n’ont plus conscience de leur situation.

    Publiée dans deux grands journaux quotidiens néerlandais, une pétition s’insurge contre la possibilité de mettre fin aux jours des patients atteints de démence aux Pays-Bas. En une semaine, l’appel lancé par un groupe réunissant 34 médecins a recueilli plus de 350 signatures, dont celles de nombreux acteurs du secteur de la santé concernés par l’euthanasie.

    Tous s’associent à la position des professionnels à l’origine du mouvement : « Donner une injection mortelle à un patient atteint de démence avancée, sur la simple base d’une déclaration anticipée ? À quelqu’un qui n’est pas en mesure de confirmer qu’il veut mourir ? Non, nous nous y refusons. Notre réticence morale à mettre fin à la vie d’un être humain sans défense est trop grande. »

    La démarche simplifiée en 2015

    Comme le rappelle La Croix, la loi encadrant la pratique de l’euthanasie aux Pays-Bas depuis 2002 permet d’abréger les « souffrances insupportables et sans perspectives d’amélioration » des patients capables d’exprimer leur choix, mais aussi des malades inconscients ayant préalablement fait connaître leur volonté. Or, la démence entre dans la catégorie des souffrances psychiques que couvre le texte de loi.

    La démarche létale devait à l’origine être obligatoirement assortie d’une demande écrite par le patient avant que ne s’installe la maladie mentale. Le patient devait aussi être encore en mesure de confirmer son choix. Mais le processus d’euthanasie des personnes démentes a été simplifié en 2015. Le gouvernement hollandais a décidé que ces patients, même devenus incapables d’exprimer leur désir, pouvaient mourir tant qu’une demande préalable avait été déposée par les intéressés quand ils étaient lucides.

    En 2015, 109 Néerlandais atteints de démence ont ainsi été euthanasiés. Une situation qui révolte les signataires de la pétition. C’est la première fois qu’une partie du monde médical se mobilise pour limiter la portée de la loi sur l’euthanasie aux Pays-Bas. Les professionnels qui ont fait entendre leur voix espèrent désormais un débat national sur le sujet.

  • L'Italie crée un « observatoire sur les minorités religieuses dans le monde et le respect de la liberté religieuse »

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    De Gauthier Vaillant sur le site du journal La Croix :

    L’Italie se dote d’un observatoire de la liberté religieuse

    Le ministre italien des affaires étrangères, Angelino Alfano, a annoncé jeudi 13 juillet la création d’un « observatoire sur les minorités religieuses dans le monde et le respect de la liberté religieuse ».

    « La protection et la promotion de la liberté religieuse constituent l’une des priorités de la politique étrangère italienne, et de l’engagement de l’Italie en matière de droits de l’homme. » C’est sur ces mots que le ministre italien des affaires étrangères et de la coopération internationale, Angelino Alfano, a annoncé jeudi 13 juillet la création d’un « observatoire sur les minorités religieuses dans le monde et le respect de la liberté religieuse ». L’annonce a été faite, à Rome, en présence notamment de Mgr Paul Gallagher, secrétaire d’État du Saint-Siège pour les relations avec les États.

    « Défendre la liberté de chaque individu de pratiquer leur foi et protéger les droits des minorités et des communautés religieuses, sont des éléments essentiels à la promotion de sociétés inclusives et pacifiques », a affirmé le ministre italien, estimant que « la réalité actuelle exige des efforts supplémentaires ». Il a notamment cité l’exemple du Moyen-Orient, dénonçant « la sélectivité et la nature systématique de la violence contre les communautés minoritaires de croyants » qui y sont pratiquées.

    Angelo Alfano souhaite, entre autres, que cette nouvelle structure permette de promouvoir le rôle des religions dans la résolution des crises. « Trop souvent, le facteur religieux a été considéré comme une cause de conflit plutôt qu’un élément de la solution », a-t-il regretté.

    La présidence de l’observatoire a été confiée à Salvatore Martinez, figure du Renouveau charismatique italien, et consulteur pour le Saint-Siège auprès de plusieurs dicastères. Les autres membres sont Alessandro Monteduro, directeur de la branche italienne de l’Aide à l’Église en détresse (AED), ainsi que deux diplomates et un universitaire, spécialiste de la géopolitique.

    L’objectif doit maintenant être de « défendre les droits de l’homme de tous, quelles que soient la foi et l’origine », a réagi Mgr Gallagher après cette annonce. Le pluralisme religieux « n’est pas quelque chose qui doit être importé ou imposé, mais une réalité qui doit être reconnue », a-t-il insisté.

    Une initiative encore rare

    Plusieurs organismes surveillent déjà l’évolution de la liberté religieuse dans le monde, et publient régulièrement des rapports sur la question. C’est notamment le cas du think tank américain « Pew Research Center », de l’Aide à l’Église en Détresse, qui dispose de son propre observatoire, ou encore de l’ONG chrétienne « Porte Ouvertes ». Moins systématiquement, d’autres ONG comme Anmesty International ou Human Rights Watch ont déjà publié des rapports sur la liberté religieuse.

    En revanche, rare sont les États qui se sont à ce jour dotés d’un tel observatoire. Créée en 1998, la commission du Département d’État américain, l’Uscirf, fait figure de pionnière. Elle publie d’ailleurs chaque année un rapport très commenté.

    > LIRE AUSSI : La liberté religieuse recule dans le monde (RAPPORT DE L’USCIRF 2017)

    Au Canada, un Bureau de la liberté religieuse a vu le jour en janvier 2012, mais a cessé ses activités en avril 2016. Institué par un gouvernement conservateur, il avait été critiqué comme un relais du protestantisme évangélique.

    En France, l’observatoire Pharos, subventionné par le Quai d’Orsay mais indépendant, promeut depuis 2012 le pluralisme des cultures et des religions. Enfin, au niveau international, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dispose d’un Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme, qui publie chaque année un rapport sur les « crimes inspirés par la haine » dans ses pays membres.

  • Malte : un paradoxe vraiment surprenant ?

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    De Guillaume Lecaplain sur le site de Libération :

    «Malte fait la révolution du mariage pour tous alors que l'avortement n'est toujours pas légal»

    Les Maltais fêtent le vote historique du Parlement, le 12 juillet à La Valette. Photo Darrin Zammit Lupi. REUTERS

    Grâce à un militantisme actif, le plus petit pays de l'Union européenne, pourtant très catholique, est aujourd'hui à la pointe des combats pour les droits LGBTI. Décryptage avec la directrice de l'association ILGA-Europe.

    «Malte fait la révolution du mariage pour tous alors que l'avortement n'est toujours pas légal»

    Le Parlement de Malte a voté mercredi à la quasi-unanimité une loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, trois ans après la création d’une union civile. Plus petit Etat de l’Union européenne, Malte devient ainsi le 25e pays du monde à ouvrir le mariage aux couples homosexuels et le 15e en Europe. Comment Malte, dont le catholicisme est religion d’Etat et où l’avortement reste illégal, a pu se retrouver à la pointe sur ces questions de mœurs ? Nous avons posé la question à Evelyne Paradis, directrice de l’association ILGA-Europe, qui milite pour les droits LGBTI.

    Malte a été le premier pays à interdire les thérapies qui prétendent «guérir» l’homosexualité, et vient de voter le mariage pour tous. Comment expliquer la possibilité de telles avancées ?

    D’abord, des activistes à Malte œuvrent depuis plus d’une décennie de manière incroyable, ils ont fait un gros travail de pédagogie. Ces associations, comme le Malta Gay Rights Movement, ont préparé le terrain pour le gouvernement actuel. Et justement, le leadership politique actuel est très favorable. Le gouvernement Muscat, qui vient d’être reconduit, compte Helena Dalli. Cette ministre du dialogue social est devenue une championne des droits LGBTI. Il y a très peu de gens comme elle en Europe et même dans le monde. Elle a pris à cœur ces sujets et les a fait avancer sur le plan législatif, tout en ouvrant un dialogue avec les autres partis et avec l’Eglise. Ceci explique que le mariage ait été adopté avec seulement une voix contre.

    Est-ce vraiment en phase avec la société ? Y avait-il une opposition au mariage pour tous ?

    Des voix se sont fait entendre : des évêques, des archevêques. Le député qui a voté contre avait une pression religieuse sur lui pour que la loi ne passe pas à l’unanimité. Il y a une grande influence de l’Eglise à Malte, mais le débat et le dialogue se sont faits à tellement de niveaux au cours des dernières années qu’il y a une réelle acceptation. Le pays est aujourd’hui à l’avant-garde des combats. Il existe une loi pour permettre aux personnes trans de changer d’état civil, qui est reconnue comme un modèle à l’échelle internationale. C’est aussi l’un des très rares pays à avoir interdit l’intervention médicale sans consentement sur les personnes intersexes.

    Pourtant, Malte est en retard sur les questions de droit des femmes. Comment expliquer ce paradoxe ?

    C’est vrai que c’est une chose extraordinaire. Malte fait la révolution du mariage pour tous seulement six ans après avoir légalisé le divorce et alors que l’avortement n’est toujours pas légal. Nous discutons beaucoup avec les associations maltaises de droits des femmes. Je pense que le rôle de l’Eglise est en train de changer à Malte. La laïcité prend un peu le dessus sur ces questions. Pour moi, avancer sur ces sujets est la prochaine étape.

    Est-ce si étonnant à l'heure où le catholicisme se fait tellement déliquescent et où l'épiscopat maltais s'est distingué par son interprétation très libérale d'Amoris Laetitia ?

  • Signer une pétition pour la libération et l'octroi de l'asile de Provudan Marandy, un jeune chrétien du Bangladesh détenu à Vottem

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    Pour la libération et l'octroi de l'asile de Provudan Marandy

    Lettre adressée au C.G.R.A, à l’Office des étrangers, à différents ministères, aux institutions politiques et publiques, aux médias et à différentes associations.

    Nous voulons par cette lettre vous communiquer notre inquiétude pour le sort du jeune Bangladais Provudan Marandy, actuellement en centre fermé à Vottem.

    Nous sommes maintenus au courant du sort des chrétiens dans bien des pays par plusieurs associations et notamment l’ONG Portes Ouvertes qui publie chaque année l’index mondial de persécution des chrétiens dans le monde[1].

    La persécution a fortement augmenté dans 3 pays cette année, dont le Bangladesh. Classé en 43ème position des pays où les chrétiens sont les plus persécutés en 2015, il est passé à la 35ème position en 2016 et à la 26ème en 2017. La population chrétienne représente 1% de la population totale et 14 églises ont été ciblées en 2016.

    Le 6 novembre 2016, 2500 personnes de l’ethnie santale ont été délogées par la force, et leurs maisons brulées[2].

    L’association Human Rights Whithout Frontiers a fourni récemment au CGRA de nouveaux dossiers concernant les infractions aux droits de l’homme à l’encontre des minorités ethniques au Bangladesh.

    Le CGRA ne conteste pas que Provudan est chrétien et fait partie de la minorité ethnique des Santals. Mais alors que sa vie est en danger au Bangladesh le CGRA lui refuse le droit d’asile.

    En 2012, il a été battu par 7-8 personnes avec des bâtons et des armes blanches. Il conserve notamment une cicatrice proche de l’œil qui provient d’une blessure au couteau. Un certificat d’une clinique du Bangladesh atteste d’une hospitalisation de 16 jours. Il a ensuite voulu porter plainte à la police, qui a déchiré sa plainte[3] et prévenu ses agresseurs, qui sont ensuite revenus pour finir leur besogne. C’est ce qui a provoqué sa fuite.

    Lors de son arrivée, Provudan s’est battu pour bénéficier d’un interprète santali, mais le C.G.R.A. n’a pas su lui en trouver. C’est pourtant sa langue maternelle et celle de son ethnie. Ses propos ont finalement été traduits par un interprète bangali qui ne connaissait manifestement pas les problèmes des minorités ethniques et doutait de son récit.

    Un certificat médical belge parle d’un problème grave de traumatisme, tandis qu’une psychologue fait état de dépression sévère.

    Nous ne saurions rester insensibles à la souffrance d’un être humain. C’est pourquoi nous vous demandons de faire connaître ce dossier et de mettre tout en œuvre pour que les instances officielles puissent revoir ce dossier et que Provudan puisse obtenir son droit d’asile, tel que la convention de Genève le prévoit.

    Nous mettons tout en œuvre pour qu’un maximum de personnes (et notamment les responsables politiques, médiatiques et religieux) puissent consulter la partie du dossier en notre possession.

    Nous restons disponibles via l’adresse [ tendrelesmains@gmail.com ].

    [1] Voir l’index sur le site de l’ONG « Portes Ouvertes » à l’adresse ( https://www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens/ )

    [2] https://wn.com/police_set_fire_to_santal_houses_in_gaibandha_al_jazeera_news

    [3] Ceci est loin d’être un fait unique dans ce pays.

    SIGNER 

    Lorsque vous aurez signé, il faut confirmer votre signature à l'aide du lien contenu dans le mail que vous aurez reçu sur votre boite mail. Merci

  • Les chrétiens sont-ils capables de transmettre leurs convictions sur l’importance de l’existence, la relativité de l’économique, la valeur de l’engagement, de la solidarité ?

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    Lu sur le site de l'Eglise catholique à Paris :

    Entretien du cardinal André Vingt-Trois à l’AFP (12 juillet 2017)

    Politique française, crise des migrants, jihadisme... À quelques mois de son départ du siège d’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, 74 ans, dessine son “idéal” de société contre une “société de fric”, dans un entretien à l’AFP après des mois de silence médiatique - Réalisé par Benoît Fauchet.

    Vous traversez une épreuve de santé, un syndrome neurologique de Guillain-Barré, maladie auto-immune du système nerveux. Comment le vit-on quand on assume vos responsabilités ?

    Je suis un long chemin de convalescence. J’ai partagé modestement la condition des malades, expérimenté la dépendance. J’ai vérifié que mon identité ne se réduisait pas aux activités que je pouvais mener. C’est une leçon de vie, parce que beaucoup de gens ont tendance à juger la valeur des autres par ce qu’ils font, l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes, pas par leur existence propre.

    Quel regard avez-vous porté sur la présidentielle, lorsque les évêques ont été invités à prendre position entre les deux finalistes ?

    Beaucoup de temps médiatique est consacré à des oppositions entre personnages publics, très peu au contenu des événements. Ce n’est pas sain pour la démocratie. Si on essaye de réfléchir sur les enjeux, ce que le conseil permanent des évêques a fait à deux reprises, on dit +l’Eglise n’a rien à dire+. Mais je ne me souviens pas d’un débat électoral où l’Eglise a dit +il faut voter pour untel+. Au fond certains veulent une parole utilisable pour servir de combustible à la polémique. C’est pour ça que je me tais dans ce genre de débat !

    Quelles attentes avez-vous à l’égard du nouveau pouvoir : le rassemblement, l’apaisement des fractures, y compris sur des sujets sociétaux sensibles comme la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui) ?

    La responsabilité de nos gouvernants est d’incarner un projet collectif. C’est irréductible à une vision purement économique et financière de la société, c’est le principe d’une société animée par un idéal. Qu’est-ce qui fait que les Français vivent ensemble, qu’ils sont une nation, une société organisée autour d’un corpus commun ? Chaque fois qu’on prend des décisions qui effritent ce corpus, on appauvrit les possibilités de permettre aux jeunes d’identifier ce qui est commun. Donner l’impression qu’on peut fabriquer des enfants au gré de ses désirs et les regarder pousser de loin, ce n’est quand même pas donner une image très forte de la transmission intergénérationnelle... Si nous n’avons pas un minimum d’idées et de consensus sur ce qui est bon pour l’Homme, aucun vote ne peut le définir.

    On pourrait penser que l’Église est plus discrète sur les questions de solidarité, l’accueil des migrants : ce n’est pas le cas ?

    Ce qui définit clairement l’identité chrétienne, ça n’est pas l’adhésion à des valeurs, c’est la mise en pratique de convictions. Il n’est pas difficile de tenir des discours enflammés ; ce qui est plus compliqué, c’est de retrousser ses manches et de réaliser quelque chose, qui n’est pas forcément spectaculaire. Ainsi des paroisses et associations dans les quartiers nord de Paris, qui n’ont pas des ressources illimitées, s’engagent sur l’accompagnement et l’intégration des migrants.

    Mais - question plus radicale - veut-on ou non accueillir ces malheureux ? Cette question semble appeler une réponse évidente, qui n’est pas portée par la société. Il faut un objectif suffisamment structurant pour convaincre que l’accueil des pauvres va coûter quelque chose à chacun.

    Comment voyez-vous les tensions que le terrorisme islamiste fait peser sur le monde, notamment sur la France ?

    Nous pouvons espérer que les armées vont arriver à venir à bout du groupe Etat islamique. Mais quand ce sera fini, ce ne sera pas fini ! Ce serait céder à l’illusion de certains courants politiques selon laquelle le terrorisme nous vient d’ailleurs et par des migrants. La majeure partie des terroristes ont surgi dans nos sociétés, trop souvent vides de sens. Il faut développer les mesures coercitives, mais quand on traite les symptômes, on n’a pas soigné la maladie. Notre société ne peut-elle susciter que le rejet ou le fanatisme terroriste, ou bien susciter une compétition positive par les espérances qu’elle porte ?

    Dans quelques mois, atteint par la limite d’âge (75 ans en novembre), vous allez quitter votre siège d’archevêque de Paris. Quels seront les défis à relever par votre successeur ?

    L’Église qui est à Paris est vivante, elle a la capacité de se développer. Comme d’autres, elle est dans une période de cassure entre l’héritage d’une société post-chrétienne et l’avènement d’une société des idoles - une société de fric. Le défi des chrétiens est de savoir s’ils vont être capables de transmettre à la génération qui vient leurs convictions sur l’importance de l’existence, la relativité de l’économique par rapport au spirituel ou au culturel, la valeur de l’engagement, de la solidarité.

  • Un philosophe, ami de Benoît XVI et ancien Président du Sénat italien, critique sévèrement les positions du pape François sur l'immigration et la politique

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    Marcello Pera est un philosophe italien très apprécié de Benoît XVI qui s'est dit très proche de ses positions lors de la publication d'un ouvrage intitulé "Pourquoi nous devons nous dire chrétiens. Le libéralisme, l'Europe, l'éthique". L'amitié qui les lie n'est un mystère pour personne. Marcello Pera juge très sévèrement les positions exprimées par le pape François...

    De Corrado Ocone sur Il Mattino (9/7, p. 9), transmis et traduit par un ami auquel nous exprimons toute notre gratitude. 

    Bergoglio veut faire de la politique, ça n’a rien à voir avec l’Evangile !

    Marcello Pera : « Ouvrir grand les portes aux migrants risque d’exacerber les tensions » 

    Dans un entretien exclusif avec Eugenio Scalfari pour le quotidien « La Repubblica », le pape François est à nouveau intervenu dans le débat politique avec des positions fortes et dérangeantes, des positions que l’on aurait autrefois qualifiées de « gauchistes ».  Cette fois, le pape s’est adressé directement aux grands de ce monde réunis à Hambourg à l'occasion du G20 pour s’opposer par principe à toute politique visant à contrôler et à limiter les migrations de masse en provenance des pays pauvres vers l’Europe. Pour mieux comprendre les idées et surtout l’action politique et médiatique du pape, aux antipodes de celle de son prédécesseur, nous avons posé quelques questions à l’ex-président du Sénat Marcello Pera.  Il se définit comme libéral et catholique et partage, comme on le sait, de nombreuses idées avec le pape émérite Benoît XVI avec lequel il a même rédigé un livre à quatre mains intitulé « Sans racines » (Senza radici.  Europa, relativismo, cristianesimo, Islam. Mondadori. 2004).

    Président, quel jugement portez-vous sur les appels incessants du pape François à accueillir les migrants ?  Un accueil indiscriminé, inconditionnel, total ?

    « Franchement, je ne comprends pas ce pape, ce qu’il dit dépasse tout entendement rationnel.  Il est évident pour tout le monde qu’un accueil indiscriminé n’est pas possible : il y a un seuil critique qu’on ne peut pas dépasser. Si le pape ne fait pas référence à ce point critique, s’il insiste sur un accueil massif et total, alors je me pose cette question : pourquoi dit-il cela ?  Quel est le véritable but de ses déclarations ?  Pourquoi ne fait-il pas preuve d’un minimum de réalisme ?  Je ne peux donner qu’une seule réponse : le pape le fait parce qu’il déteste l’Occident, il aspire à le détruire et il fait tout pour atteindre ce but.  Tout comme il aspire à détruire la tradition chrétienne, le christianisme tel qu’il s’est réalisé dans l’histoire. S’il ne tient pas compte du seuil critique au-delà duquel nos sociétés ne peuvent plus accueillir personne ni garantir à quiconque la dignité minimale due à tout être humain, nous allons rapidement assister à une véritable invasion qui nous submergera et remettra en cause nos façons de vivre, nos libertés et le christianisme lui-même. l y aura une réaction et une guerre. Comment le pape ne le comprend-il pas ?  Et dans quel camp sera-t-il une fois que cette guerre civile éclatera ? »

    Ne considérez-vous pas qu’il y ait un lien avec l’Evangile et l’enseignement du Christ ?  L’éthique du pape ne serait-elle pas celle d’une conviction absolue, abstraite, qui ne tient pas compte des conséquences ?

    « Absolument pas.  Tout comme il n’y a aucune motivation rationnelle, il n’y a pas davantage de motivation évangélique susceptible d’expliquer ce que dit le pape. Par ailleurs nous avons affaire à un pape qui, depuis le jour de son installation, fait uniquement de la politique. Il cherche les applaudissements faciles en jouant tantôt au secrétaire général de l’ONU, tantôt au chef de gouvernement et même au syndicaliste quand il intervient dans les dossiers contractuels d’une société comme Mediaset.  Sa vision est dans la droite ligne du justicialisme péroniste sud-américain qui n’a rien à voir avec la tradition occidentale des libertés politiques avec ses racines chrétiennes. Le christianisme du pape est d’une autre nature.  Il s’agit d’un christianisme entièrement politisé ».

    Comment se fait-il que cela ne suscite aucune réaction des défenseurs de la laïcité qui n’ont pourtant eu de cesse de faire entendre leur voix au cours des pontificats précédents ?

    « En Italie, le conformisme est à son apogée. Ce pape plaît à l’opinion publique avertie qui apprécie sa manière d’être et qui est prête à l’applaudir même quand il dit des banalités ».

    Dans un passage de l’interview de Scalfari, Bergoglio, après avoir fait un appel à l’Europe, évoque des « alliances très dangereuses » contre les migrants dans le chef de « puissances qui ont une vision déformée du monde : l’Amérique et la Russie, la Chine et la Corée du Nord ».  N’est-il pas curieux de mettre sur un même pied une ancienne démocratie telle que l’Amérique et des pays fortement autoritaires voire totalitaires ?

    « Ça l’est mais cela n’a rien d’étonnant à la lumière de ce que je viens de dire. Le pape ressort toutes les idées préconçues du Sud-Américain envers l’Amérique du Nord, vis-à-vis du marché, des libertés et du capitalisme. Cela aurait été pareil même si Obama était resté en place à la présidence des Etats-Unis mais il ne fait aucun doute que ces idées du pape rejoignent aujourd’hui, dans une combinaison explosive, le sentiment anti-Trump répandu en Europe ».

    Monsieur le Président, j’aimerais revenir un instant sur le fait que le pape « fasse de la politique ».  S’agit-il vraiment d’une nouveauté par rapport au passé ?

    « Certainement. Bergoglio ne s’intéresse que peu voire pas du tout au christianisme en tant que doctrine, à l’aspect théologique. Et c’est sans aucun doute une nouveauté. Ce pape a pris le christianisme et l’a transformé en un programme politique. En apparence, ses affirmations reposent sur l’Ecriture mais en réalité elles sont fortement sécularistes. Bergoglio ne se préoccupe pas du salut des âmes mais seulement de la sécurité et du bien-être social. C’est un fait préliminaire. Sur le fond de ses déclarations, on ne peut manquer de s’inquiéter que ses affirmations ne finissent par déclencher de façon incontrôlable une crise politique et une crise religieuse.  Du premier point de vue, il suggère à nos Etats de se suicider, il incite l’Europe à ne plus être ce qu’elle est. Du second point de vue, on ne peut pas nier qu’un schisme latent divise le monde catholique et qu’il est entretenu par Bergoglio avec obstination et détermination et, en ce qui concerne ses collaborateurs, même avec méchanceté ».

    Quelle est la raison de tout cela ?  N’est-ce pas profondément irrationnel ?

    « Non, ça ne l’est pas. Je dirais même que le Concile Vatican II vient finalement d’exploser dans toute sa radicalité révolutionnaire et subversive. Ce sont des idées qui mènent l’Eglise catholique au suicide mais elles étaient déjà soutenues et justifiées à l’époque et à cette occasion. On oublie parfois que le Concile a historiquement précédé la révolution étudiante, la révolution sexuelle, celle des coutumes et des manières de vivre. Il l’a anticipée et d’une certaine façon provoquée. L’aggiornamento du christianisme a alors profondément laïcisé l’Eglise et a initié un changement très profond qui risquait de mener au schisme même s’il fut gouverné et étroitement contrôlé au cours des années qui ont suivi. Paul VI l’avait soutenu mais il en fut finalement lui-même victime. Les deux très grands papes qui lui ont succédé étaient parfaitement conscients des conséquences que cela risquait de provoquer mais ils ont toujours tenté de les contenir et de les garder sous contrôle. Ils ont adopté une vision tragique de la réalité, ils ont résisté en cherchant à mitiger le nouveau à l’aide de la tradition et ils l’ont fait d’une façon remarquable. Ils avaient entrepris une marche en arrière mais aujourd’hui les barrières sont tombées : la société plutôt que le salut, c’est la cité terrestre de Saint Augustin plutôt que la cité céleste qui semble à présent former l’horizon de référence de la hiérarchie ecclésiastique dominante. Les droits de l’homme, tous et sans exclusion, sont devenu la référence idéale et la boussole de l’Eglise et il n’y a presque plus d’espace pour les droits de Dieu et de la tradition. À tout le moins en apparence. Bergoglio se sent totalement libre par rapport à cela ».

    Pourquoi dites-vous « en apparence » ?

    « Parce que derrière la façade et les applaudissements, tout ce qui brille n’est pas or. Il n’y a pas que les applaudissements place Saint-Pierre. Moi qui vis en province, je me rends compte qu’une partie du clergé, surtout et de manière étonnante les plus jeunes, sont stupéfaits et déconcertés par certaines affirmations du pape. Pour ne pas parler de tant de personnes simples qui sont aujourd’hui victimes des problèmes d’insécurité que les migrants créent dans nos périphéries et qui sont outrés d’entendre parler d’accueil sans condition. Le clergé plus adulte, celui d’âge moyen, est en revanche davantage dans le camp de Bergoglio : qui par conformisme, qui par opportunisme, qui par conviction, ayant eux-mêmes grandi dans ce climat culturel des années soixante qui est à l’origine de certains choix.  C’est justement pour cela que je parle d’un schisme profond et latent. Dont le pape ne semble cependant pas se préoccuper le moins du monde ».

    Que pensez-vous, de façon plus générale, de la gestion des flux migratoires et de l’insensibilité de l’Europe envers l’Italie ?

    « Notre pays est seul, désespérément seul. C’est dangereux. Cela m’inquiète. Nous sommes seuls parce que les autres pays font passer leur propre intérêt national avant tout. Derrière les belles déclarations publiques, ils ne se préoccupent pas tellement de nous.  Et nous sommes seuls parce que l’Eglise nous invite à ouvrir grand nos portes, presque comme s’ils voulaient profiter de notre faiblesse. Je crains une réaction négative. Je crains que la protestation du peuple ne se renforce et ne débouche sur quelque chose de peu souhaitable. Dans le cas présent, ce n’est plus une question de gauche ou de droite. Par ailleurs, je pense que les contradictions du pape seront rapidement mises en évidence : il n’est déjà plus en phase avec ses fidèles. Une alliance entre catholiques conservateurs et les forces souverainistes, pour le dire comme cela, est très probable ».

    Que pensez-vous de « l’incident » concernant Renzi qui a dû supprimer le post Facebook dans lequel il citait un passage de son prochain livre réclamant un « numerus clausus » et invitant à aider les migrants chez eux ?

    « Renzi a raison sur ce point. Le slogan est correct. Même s’il faut admettre qu’il faut aussi savoir concilier certaines idées en politique. La grave crise dans laquelle notre pays est plongé est celle d’une classe politique qui n’est tout simplement plus à la hauteur de sa mission. A droite comme à gauche, Renzi est sur la courbe descendante et paye les nombreuses erreurs qu’il a commises : il aura du mal à s’en relever…  Il suffit de penser à notre provincialisme et à la façon dont nous sommes rapidement tombés amoureux d’un leader comme Macron qui appartient davantage au monde de la robotique qu’à celui de la politique. Et qui, par-dessus le marché, sert avant tout les intérêts de la France ».

    Comment sortir de la crise ?  Qu’est-ce que vous souhaitez ?

    « Je souhaite un pape qui prenne en mains la croix de l’Occident, de ses valeurs.  Qui ne rêve pas d’un Occident paupérisé. Et je souhaite à l’Italie une classe politique et une opinion publique qui remette les thèmes de l’identité, le sens national et la tradition au centre du discours. Je suis de plus en plus pessimiste. Et je prends toujours plus de pilules pour chercher à me tranquilliser ».

    © Tous droits réservés

  • Le G20 inquiète le pape François

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    Pape-François-audience-générale-du-10-avril-2013-FB-news.va_ (1).jpgLu sur "yahoo actualités" : le pape François se dit inquiet des alliances qui pourraient être scellées aux dépens des pauvres et des migrants à l'occasion du sommet du G20.

    « Le pape François se dit inquiet des alliances qui pourraient être scellées aux dépens des pauvres et des migrants à l'occasion du sommet du G20, dans un entretien publié samedi par le quotidien italien La Repubblica.

    "Je crains qu'il y ait des alliances très dangereuses entre les puissances qui ont une vision déformée du monde : l'Amérique et la Russie, la Chine et la Corée du Nord, la Russie et Assad dans la guerre en Syrie", dit-il.

    Les plus grands dangers, poursuit le souverain pontife, sont ceux qui pèsent sur "les pauvres, les faibles, les exclus, dont les migrants font partie".

    "D'autre part, il y a des pays où la majorité des pauvres ne provient pas de flux migratoires, mais de catastrophes sociales. D'autres ont peu de pauvres, mais craignent l'invasion des migrants. Voilà pourquoi le G20 m'inquiète", ajoute-t-il.

    (Giulia Segreti, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

    Ref. le G20 inquiète le pape François

    Une vision politique énoncée en forme de slogan  par le pape, dans une nouvelle interview réalisée par Eugenio Scalfari et publiée dans le quotidien de gauche « La Repubblica ». Elle mériterait sans doute d’être étayée par quelques développements de la pensée  pontificale.

    JPSC

  • Emblématique: que fait Mgr Crépy à la tête du diocèse du Puy ?

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    « De Jean Chastel pour les lecteurs du Salon Beige :

    Evêque du Puy de 1988 à 2014, Mgr Henri Brincard est remplacé en 2015 par Mgr Luc Crépy. Mgr Brincard laisse un diocèse en assez bonne santé. Les finances sont saines et le clergé relativement jeune : Mgr Brincard a ordonné une petite vingtaine de prêtres. Rappelons que le jour des funérailles de Mgr Brincard, il y avait 300 prêtres et des dizaines d’évêques, supérieurs de congrégations, pères abbés…

    Ouvert, Mgr Brincard a bien voulu accueillir des forces vives pour l’aider à annoncer l’Evangile : les Sœurs apostoliques de St Jean, une fraternité monastique située à Sereys, les Oblats de Saint Vincent de Paul et enfin la communauté Saint Martin auquel il confia une grosse paroisse de la ville du Puy en perspective d’un apostolat plus conséquent en lien avec la cathédrale.

    Des prêtres jeunes sont aussi venus grossir les rangs du presbytérium et, pour certains, recevoir l’incardination dans le diocèse.

    En moins de deux ans, Mgr Crépy renverse la donne. Il commence par en congédier des laïcs influents. S’il est clair que l’évêque peut changer qui il veut dans son diocèse, il apparaît  nettement que Mgr Crépy remplace ceux dont l’orthodoxie est sûre :

    • La déléguée à la pastorale familiale du diocèse, par ailleurs correspondante locale de l’Alliance Vita. Au bout de quelques mois, ne parvenant pas à la remplacer, il décide finalement de la réintégrer à la grande surprise de tous.
    • Le docteur Bernard Dubois, animateur et fondateur des Sessions Agape au Puy, est mis en demeure de cesser ses activités avec interdiction de résidence dans la ville, sans aucune raison. Mgr Brincard, en lien avec une équipe de psychiatres et théologiens, avait bien cadré le fonctionnement de ces sessions auxquelles des dizaines de milliers de personnes ont participé avec grand fruit. Actuellement quelques jésuites vieux jeu, style « Centre Sèvres », viennent prendre la place…

    Une large partie du clergé ne se sent plus en phase avec la nouvelle « gouvernance ». La quasi-totalité des récents ordonnés. Et c’est le départ de prêtres jeunes :

    • L’abbé Henri Vannier, incardiné au Puy, qui demande à rejoindre un diocèse de Normandie.
    • L’abbé Florent de Rugy, incardiné lui aussi au Puy, qui s’apprête à rejoindre le diocèse aux armées.
    • La communauté Saint Martin, au terme d’un bras de fer qui dure depuis l’arrivée du nouvel évêque, décide de se retirer pour répondre à d’autres demandes d’évêques avec lesquels la coopération missionnaire sera plus respectueuse de son charisme (40 diocèses demandent actuellement l’aide de la communauté Saint-Martin (cette dernière gardera, pour combien de temps, l’internat qu’elle anime à Brive-Charensac). A la place, une méga paroisse regroupant les clochers de la ville du Puy, cathédrale exceptée. A la tête un nouveau curé, l’actuel curé de la paroisse des Carmes, bastion des anti-Brincard, âgé de 73 ans.
    • L’abbé Roland Bresson, cérémoniaire à la cathédrale, est envoyé à l’autre bout du diocèse dans un village rural, Saint-Didier en Velay. Entendons-nous bien, les âmes campagnardes ont autant de valeur que les citadines, mais la jeunesse et la population se trouve majoritairement en ville…
    • Il se murmure que les Oblats de Saint Vincent de Paul sont les prochains sur la liste…

    Pour un petit diocèse comme celui du Puy, c’est beaucoup !... A noter, une rencontre entre les prêtres et l’évêque a été très mouvementée : le jeune clergé et de nombreux autres, moins jeunes, ont fait savoir leur amertume et, pour certains, leur colère.

    On ne reprochera pas à Mgr Crépy de vouloir gouverner son diocèse, mais, faisant semblant d’écouter et de dialoguer, il en sape véritablement les forces vives. De très nombreux fidèles murmurent de plus en plus ouvertement leur amertume et leur désarroi. Ce qui est tout à fait nouveau au Puy.

    En conclusion, on se demandera comment un évêque, dont on dit qu’il est destiné à de hautes responsabilités dans l’organigramme de la Conférence des évêques de France, peut porter une charge importante alors qu’il se montre très handicapé pour accompagner, soit des communautés nouvelles, soit les jeunes prêtres, dont les attentes sont, il est vrai, quelques peu différentes de ceux qui avaient 20 ans dans les années 70. Nous savons par ailleurs que jusque dans l’entourage très proche de Mgr Crépy, la souffrance est réelle et la colère contenue… mais difficilemen

    Michel Janva

    Ref . Diocèse du Puy : que fait Mgr Crépy

    L’esprit régnant aujourd'hui à Rome souffle sur le Puy…

    JPSC

  • Aux Pays-Bas : une loi vidée de son sens et qui n’assure plus la protection des personnes souffrant de démence ou de troubles psychiatriques

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    Du Bulletin d'Information de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Pays-Bas : érosion de la loi euthanasie et dangers pour les personnes atteintes de démence

    Entièreté de l'opinion du Dr. Chabot : ICI

    A la suite de la publication du troisième Rapport quinquennal d’évaluation de la loi Euthanasie aux Pays-Bas, dans lequel des experts se félicitent de la bonne application de la loi, le psychiatre Boudewijn Chabot dénonce quant à lui, le fait que cette loi ait été vidée de son sens et n’assure plus la protection des personnes souffrant de démence ou de troubles psychiatriques, qui sont de plus en plus nombreuses et pour lesquelles de plus en plus de médecins pratiquent l’euthanasie.

    Tout d’abord, il s’inquiète du laxisme de certains médecins et de la Commission d’évaluation de la loi quant à l’appréciation des critères de conformité. La loi en prévoit trois pour pouvoir pratiquer une euthanasie : il doit y avoir une « demande volontaire et délibérée » du patient, exprimant une « souffrance insupportable sans perspective d’amélioration » et qu’il n’y ait « aucune alternative raisonnable à l’euthanasie ».

    Or, ce dernier critère (absence d'alternative raisonnable) est mis à mal à partir du moment où le patient refuse l’alternative proposée par le thérapeute et qui pourrait soulager sa souffrance. De même pour le critère de "souffrance insupportable", pour lequel un simple refus d’alternative raisonnable annihile la perspective d’alléger la souffrance. La demande d’euthanasie ne dépend donc réellement que de son caractère « volontaire et délibéré » et donc de la seule autonomie et volonté personnelle du patient, qui peut rejeter tout accompagnement thérapeutique.

    Ensuite, cette « culture euthanasique » se développe également par le biais de la Clinique de Fin de Vie (Levenseindekliniek), constate le Dr Chabot. Lorsque le médecin traitant refuse d’accéder à la demande d’euthanasie de son patient, il se peut que la Clinique de Fin de Vie le fasse.  « En 2016, environ 40 médecins travaillant à temps partiel à la Clinique de Fin de Vie ont pratiqué 498 euthanasies. En moyenne, cela revient à 12 euthanasies par médecin, soit une par mois. Au sein de la clinique, la pratique de l’euthanasie devient un acte vertueux dont se targuent les médecins, surtout dans les cas de démence sévère et de patients psychiatriques chroniques », dixit le psychiatre qui s’interroge : « Que se passe-t-il chez un médecin pour qui l’injection létale devient une routine mensuelle ? ».

    N’ayant pas pour mission d’offrir un accompagnement thérapeutique aux patients mais bien de répondre le plus largement possible aux demandes d’euthanasies, les médecins de cette clinique ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une relation thérapeutique avec leurs patients. Or, le traitement des maladies psychiques nécessite une relation dans la durée.

    A un degré avancé de démence, et même si le patient a rédigé des directives anticipées, comment se situer puisqu’il n’est plus en mesure au moment même, de formuler sa demande de façon « volontaire et délibérée » ?   « Peut-on euthanasier un patient dément puisqu’il n’a pas conscience de ce qui est en train de lui arriver ? Comment peut-on tuer quelqu’un qui ne comprend pas qu’il va être tué ? »

    Le Dr. Chabot développe d’autres critiques qui sont ICI

  • Quand notre société organise la traque des enfants trisomiques

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    De Sandrine De Schutter sur le site de LaLibre.be relayé par didoc.be :

    Pourquoi traquer les enfants trisomiques ?

    Une mère réagit à une nouvelle mesure du gouvernement. Celle-ci prévoit le remboursement presque intégral d’un test de dépistage de la trisomie 21, alors que plus de fonds devraient être débloqués pour le traitement de cette même maladie.

    Je veux hurler que ma petite fille blonde aux yeux bleus est un trésor ! Que chacun de ses progrès nous fait vivre un bonheur intense. Elle est trisomique, et alors ? Le budget consacré au dépistage précoce me dégoûte !

    C’est la douleur d’une mère, celle d’un enfant trisomique, que j’ai envie de hurler à la face du monde en apprenant ce matin, à la radio, que le test prénatal non invasif (ou « NIPT ») sera désormais remboursé, en totalité ou en très grande partie, à tous ceux qui y recourent.

    Le NIPT permet de dépister précocement la trisomie 21 avec un taux de certitude de 99,8 %. Actuellement, il coûte environ 290 euros. À partir du 1er juillet prochain, il devrait être presque intégralement remboursé. Pour assurer ce dépistage à grande échelle, traquer au mieux ces enfants trisomiques, quinze millions d’euros ont été débloqués. Quelque 100.000 tests par an sont annoncés : de quoi avertir (et prévenir) autant que possible de la naissance de ce que le ministre De Block appelle les mongoloïdes.

    Gestion sélective des naissances ?

    Ce test contribue à éviter à la mère une amniocentèse dangereuse, c’est vrai. Mais est-ce là l’objectif véritable d’un tel dépistage ? N’a-t-on pas plutôt fait un pas de plus dans ce qu’il est désormais convenu pudiquement d’appeler la « gestion sélective des naissances » ? La honte et le dégoût m’étreignent.

    Nous, parents d’un enfant trisomique, aurions tellement aimé recevoir du ministre de la Santé le même soutien : en remboursant la logopédie, les services d’aide précoce ou l’inclusion scolaire, par exemple. Mais avec un quotient intellectuel en dessous de 86 points (s’agissant de notre enfant), on ne veut pas investir : c’est grave.

    Je veux crier haut et fort que ma petite fille blonde aux yeux bleus est un trésor ! Que chacun de ses progrès est une vraie victoire qui nous fait vivre un bonheur intense : bien plus beau, bien plus vrai, bien plus profond, que tous les bonheurs éphémères inlassablement proposés par la société de consommation. Elle est trisomique, et alors ?

    Chaque jour, elle nous fait grandir

    À force de stimulations et de persévérance, notre fille suit une scolarité normale avec de l’aide, engrange les amitiés, apprend à lire et à écrire, nage, roule à vélo,… à son rythme. Investir en elle, c’est l’aider à progresser et à devenir autonome. Elle est profondément heureuse avec sa trisomie : c’est une autre réalité qu’il est bon de souligner, encore et encore. Pour cela, il lui suffit de se sentir aimée.

    Bien sûr, la vie n’est pas toujours facile. Ni la sienne, ni la nôtre. Mais quelle vie est facile ? Notre vie a du sens car elle est utile à un autre être, plus faible peut-être, mais qui a tant à nous apporter. Combien de personnes dépressives ne retrouvent-elles pas du sens à leur existence en s’engageant au service des autres ?

    À 9 ans, elle est rayonnante, pleine d’empathie et de joie. Elle rend ses frères et sœurs plus attentifs aux autres, nous fait tous grandir dans le don de nous-même, nous enseigne la patience et le courage. La vérité est que notre fille trisomique, jour après jour, continue à nous faire grandir en humanité.

    Pourquoi cette traque ?

    Alors je veux crier une nouvelle fois ma tristesse face à une société qui semble avoir définitivement démissionné face à la fragilité. Pourquoi traque-t-on ainsi les enfants trisomiques ? Parce qu’un avortement coûterait moins cher à la collectivité qu’en assurer la prise en charge adéquate ? La vie de ma fille vaudrait-elle moins que celle d’un autre ? Dois-je comprendre que la différence rend indigne de vivre ?

    Combien de temps faudra-t-il encore avant que je ne me voie reprocher un manque de conscience citoyenne en faisant le choix personnel de garder un enfant dont le handicap coûtera cher au reste de la population ? Combien de temps s’écoulera-t-il avant qu’on ne me considère comme l’égoïste n’ayant pas voulu tirer les leçons pourtant si simples d’un NIPT positif ? N’aurais-je pas manqué de solidarité avec le portefeuille de mon voisin ?

    Non, définitivement, une campagne de dépistage précoce de la trisomie 21, remboursement à la clé, n’est ni un progrès ni une avancée. Vers où allons-nous ? Faut-il être parfait pour rester en vie ? Allons-nous aussi supprimer les enfants atteints de mucoviscidose ? Ou ceux qui, plus tard, développeront un cancer ? Où nous arrêterons-nous ? Quelle société sommes-nous en train de construire ? Peut-être celle du mensonge, où une pratique eugéniste nous est vendue comme un simple test destiné à aider les parents à se préparer au mieux à la naissance de leur enfant. Mais de quoi parle-t-on ?

    Le manque d’accompagnement

    Une fois le syndrome de Down détecté, quelle information et quel accompagnement sont apportés aux parents ? Presque aucun. A-t-on vraiment le droit de décider de la vie ou de la mort d’un enfant dont personne ne nous dit le bonheur qu’il vivra et qu’il nous procurera au-delà de sa différence ? On a peur de ce qu’on ne connaît pas. Pourtant, nombreux sont les parents qui, après avoir découvert à la naissance la trisomie de leur enfant, après avoir encaissé ce qui fut assurément un choc, se sont relevés et n’imaginent désormais plus la vie sans cet enfant.

    Ce n’est pas du handicap que l’enfant trisomique et sa famille souffrent le plus. C’est d’être pointés du doigt. Alors, qu’il me soit permis de faire ici une confidence : mon mari et moi-même n’avons pas choisi de poursuivre une grossesse déjà bien entamée, mais d’adopter notre fille trisomique. Oui, d’adopter. Nous avons fait un choix, en pleine conscience. Un choix de vie qui est pour nous un vrai chemin de bonheur.

    C’est ce bonheur que je veux aussi hurler à qui veut l’entendre, plus encore que la colère qui m’habite face à cette traque honteuse qu’on appelle dépistage. C’est la joie qu’apporte notre enfant trisomique que je veux clamer à la société tout entière. Jusqu’à m’en époumoner.

    Cet article a été publié dans La Libre Belgique du 19-6-17 sous le titre « Ce n’est pas du handicap que l’enfant trisomique et sa famille souffrent le plus. C’est d’être pointés du doigt. » Sandrine De Schutter se présente comme maman.

    Source : http://www.lalibre.be/debats/opinions/ce-n-est-pas-du-handicap-que-l-enfant-trisomique-et-sa-famille-souffrent-le-plus-c-est-d-etre-pointes-du-doigt-opinion-59469955cd709410f324f151