De Bénédicte Drouin sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne : "Le récent voyage de trois prélats français en Irak, les débats de société sur le mariage ou la fin de vie ont été l’occasion de mesurer le réveil des catholiques, trop longtemps silencieux les années passées sur les questions politiques et sociales. Certains médias y voient le résultat d'un groupe organisé et influent, assimilé à des lobbys. Faux, répondent les catholiques. Personne ne commande en secret ces réactions. Elles ne sont que le résultat de la foi et des convictions des catholiques pratiquants sur fond de déchristianisation de la société. Le tout démultiplié par les réseaux sociaux."
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France : Chrétiens d’Irak, euthanasie, Manif pour tous : le lobby catho existe-t-il ?
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Obama autorise des frappes aériennes contre les djihadistes en Irak
Dans le « Figaro » :
« Trois ans après avoir ordonné le retrait des derniers boys d'Irak - le président Obama sollicite ses militaires sur le terrain irakien pour venir en aide aux populations civiles en danger et assurer la protection des installations et personnels américains, face à la terrifiante avancée de l'armée de l'État islamique en Irak. «J'ai dit dans le passé que les États-Unis n'avaient pas vocation à intervenir partout, chaque fois qu'il y a une crise dans le monde», a-t-il déclaré jeudi soir, après avoir annoncé qu'il avait autorisé ses militaires à mener des frappes aériennes ciblées sur les positions de l'Armée islamique d'Irak et du Levant, si nécessaire. «Mais quand des innocents sont confrontés à un risque de violence sur une échelle horrible, quand nous avons une demande du gouvernement irakien et que nous avons la capacité d'agir, nous ne pouvons pas fermer les yeux», a expliqué le président… «L'Amérique vient pour aider», a-t-il ajouté.
Obama a précisé qu'il avait chargé le Pentagone de mener une opération humanitaire de largage de nourriture et d'eau dans le Nord-Est, pour soulager les souffrances de plusieurs minorités, et tout particulièrement la minorité des Yazidis, une secte religieuse très ancienne apparentée aux Zoroastriens, dont près de 40.000 membres sont bloqués dans la région montagneuse de Sinjar, où ils se sont réfugiés. Trois avions cargos, escortés par des F18, ont mené l'opération avec «succès», larguant des cargaisons d'eau et quelque 8000 repas, en coordination avec les centres opérationnels américains qui avaient été installés en juin à Erbil et à Bagdad, a précisé un représentant du Pentagone jeudi soir. Parlant de «menace de génocide», le président a justifié sa décision par «des rapports effrayants» décrivant «des exécutions de masse et des femmes yazidis réduites en esclavage». «Les gens ont faim, et les enfants meurent de soif, a dénoncé Obama, précisant que les forces de l'Armée islamique avaient appelé à «la destruction totale du peuple yazidi». «Ces familles sont confrontées à un horrible choix: descendre de la montagne et se faire massacrer, ou rester en haut et mourir lentement de soif et de faim», a poursuivi Barack Obama.
Réponse immédiate
Alors que des sources kurdes avaient annoncé que des frappes avaient déjà été menées ce jeudi soir, le Pentagone a démenti avoir frappé l'Irak mais a souligné que toute menace sur les intérêts américains - notamment dans la région de Erbil, aujourd'hui à l'épicentre de la progression de l'armée islamique, provoquerait une réponse immédiate. De hauts responsables de l'administration n'ont pas exclu non plus des frappes destinées à soulager la pression sur les populations yazidis bloquées dans la montagne.
Anxieux de montrer que l'Amérique ne va pas pour autant se laisser glisser dans une nouvelle campagne militaire, ces hauts responsables ont toutefois souligné que les États-Unis ne sont pas engagés dans une opération plus vaste visant à combattre l'armée islamique d'Irak, «mission qui relève de la responsabilité des forces irakiennes et des kurdes». «En tant que commandant en chef, je ne permettrai pas que les États-Unis soient entraînés dans une nouvelle guerre en Irak. Nos troupes ne retourneront pas y combattre, car il n'y a pas de solution militaire américaine au conflit en Irak», a insisté le patron de l'Amérique, rappelant qu'il avait été élu sur sa promesse de mettre fin à cette guerre. Il a toutefois garanti de continuer de fournir assistance, matériel et entraînement aux forces irakiennes et aux peshmergas kurdes.
Les analystes soulignent que des frappes militaires même ciblées, marquerait un tournant important de la stratégie américaine, forçant l'administration Obama à s'engager plus clairement aux côtés d'un pouvoir irakien dont elle se méfie, le jugeant non inclusif. L'un des piliers de la politique américaine consiste à encourager la création d'un gouvernement mettant en sourdine ses divisions religieuses ou sectaires. Une véritable gageure. »
Ref. Obama autorise des frappes aériennes contre les djihadistes en Irak
Un début de réponse entortillé par un politicien bien embarrassé ?
JPSC
Mise à jour ce soir du vendredi 8/8/14 (extrait du site web du Figaro) :
« Après avoir jeudi soir démenti de première frappes annoncées par des sources kurdes, le Pentagone a annoncé vendredi des bombardements dans la région d'Erbil, aujourd'hui à l'épicentre de la progression de l'armée islamique. La cible de deux chasseurs américains serait des pièces d'artillerie utilisées par l'État islamique contre les forces kurdes qui défendent la capitale du Kurdistan irakien autonome, où se trouve du personnel américain."
La pression de l’opinion chrétienne doit être maintenue pour qu’Obama, ravalant les erreurs de sa stratégie politique, s’engage réellement dans la voie qui s’impose.
JPSC.
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Chrétiens d’Irak : vœux pieux et inertie de la « communauté » internationale
Sous le titre « Qaraqosh : les croix ôtées des églises, les manuscrits brûlés » le site web aleteia rapporte :
« Fidèles à eux-même, les jihadistes prennent possession des lieux de cultes chrétiens de la ville. En profanant et en détruisant.
"C'est une des plus grandes tragédies pour les chrétiens d'Irak depuis 2003", estime Faraj Benoit Camurat, président de l'association Fraternité Irak. En effet, alors que la communauté chrétienne d'Irak est estimée à environ 400 000 personnes, un quart à un tiers d'entre elle se retrouve prise dans la tourmente d'un nouvel exode, encore pire que celui connu à Mossoul il y a quelques semaines de cela, du fait du recul des troupes kurdes. L'Etat Islamique a pour sa part diffusé jeudi à Mossoul un communiqué victorieux pour saluer "unenouvelle libération dans la province de Ninive, qui servira de leçon aux Kurdes profanes".C'est le patriarche chaldéen Louis Sako qui le confie : après la fuite des chrétiens et des minorités de la ville durant la nuit du 6 au 7 août, les combattants de l'Etat Islamique n'ont pas tardé à prendre possession de Qaraqosh, désormais ville ouverte. Selon Mgr Sako, ils ont immédiatement entrepris d'ôter les croix d'églises, et de brûler documents et manuscrits chrétiens. Plus de 1500 manuscrits antiques seraient partis en fumée. Autant de pertes irrémédiables pour la mémoire des descendants directs de l'Eglise du Christ.
Au désastre culturel s'ajoute un désastre humanitaire, avec plus de 100 000 chrétiens d'Irak, dont de nombreux réfugiés de Mossoul, de nouveau jetés sur les routes. Sans oublier, plus au nord, à Sinjar, les membres de la minorité Yezidi isolés dans les montagnes après la prise de la ville par les islamistes. "Les villes de Qaraqosh, Tal Kayf, Bartella et Karamlesh ont été vidées de leurs habitants et sont maintenant sous le contrôle des insurgés", a déclaré à l'AFP Mgr Joseph Thomas, archevêque chaldéen de Kirkouk et Souleimaniyeh. A Tal Kayf, tant les chrétiens que les membres de la minorité chiite Chabak onrt dû fuir dans la soirée, avant que l'Etat Islamique ne prenne le contrôle de la ville.
Mais à qui profite cette défaite des Peshmergas et cet exode des chrétiens ? Comment ne pas se poser la question d'un double jeu de la part du pouvoir central irakien ? En effet, au-delà de l'erreur stratégique des forces kurdes, qui se sont attaquées à l'EI sur plusieurs fronts à la fois, l'absence de soutien aérien des forces gouvernementales irakiennes affaiblit les indépendantistes kurdes. Le pouvoir irakien, ou ce qu'il en reste, peut aussi laisser aux combattants islamistes le soin de mettre un terme aux rêves d'autonomie des kurdes tout en se débarrassant des minorités, tels des dommages collatéraux inévitables. Quitte à devoir, demain, s'en remettre à l'aide de la Ligue Arabe pour réduire les troupes de l'Etat Islamique. Fasse que la communauté internationale se réveille avant que le pire ne soit arrivé. Mais, en fait, il est déjà arrivé."

Ref. Qaraqosh : les croix ôtées des églises, les manuscrits brûlés
Du pape au secrétaire général de l’Onu et des « puissances » qui se réclament de cette communauté mythique, que fait-on exactement?
JPSC
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Encore trois prêtres assassinés par des rebelles dans l’Est du Congo
Une dépêche de l’Agence Apic (datée du 7 août à Kinshasa) annonce que les trois religieux assomptionnistes, enlevés en octobre 2012 dans le Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, par les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF-NALU), seraient décédés. Selon Radio Kivu 1, ces prêtres auraient été exécutés «il y a quelques semaines», rapporte le 6 août 2014 le site internet du tabloïd «Le Potentiel», édité à Kinshasa. Le diocèse de Butembo-Beni (au nord de Goma) où se trouve la congrégation (photo) des assomptionnistes disparus, affirme cependant n'avoir aucune information confirmant les exécutions.Des troubles récurrents déstabilisent toute la région transfrontalière des grands lacs et l’est du Congo depuis l’époque des indépendances accordées voici plus de cinquante ans. Faut-il rappeler aux belges le massacre des vingt Père Spiritains, à Kongolo (Nord-Katanga), le 1er janvier 1962 ?
JPSC
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Quand de jeunes réfugiés chrétiens d’Irak découvrent en Europe un monde relativiste et indifférent
Lu sur le site de l’hebdomadaire Famille chrétienne sous le titre « Réfugiés en France, les chrétiens d’Irak se heurtent à l’indifférence ». Extraits.
Réfugiés politiques en France depuis l’attentat contre la cathédrale syriaque de Bagdad, en octobre 2010, trois jeunes Irakiens racontent sans concession la manière impersonnelle, voire glaciale, dont ils ont été accueillis en France.
Leur parole est franche envers le pays qui les a accueillis en octobre 2010, après l’attentat perpétré contre la cathédrale syriaque de Bagdad. La France, Pierre, Mariam et Benoît, jeunes réfugiés politiques irakiens, lui doivent énormément. Ils le savent. Le mouvement de solidarité qui s’est mis en place ces dernières semaines pour soutenir les chrétiens d’Orient les touche. « Je veux dire merci aux chrétiens, ici, en France, qui organisent des manifestations. Si elles ne changent rien à la situation en Irak, au moins elles ont le mérite de dire : on ne vous oublie pas. C’est très important », témoigne Pierre.
Comme Michèle Alliot-Marie l’avait fait en 2010, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, et son homologue de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, ont proposé le 28 juillet l’asile aux chrétiens irakiens. « Si Mgr Sako a raison de dire que les chrétiens d’Irak doivent rester sur leur terre historique, explique Benoît, les familles doivent aussi prendre une décision pour sauver leur vie ! La meilleure solution pour les chrétiens, aujourd’hui, c’est de partir », poursuit le jeune homme, ne cachant pas les faibles chances qu’il a un jour de revoir son pays.
Mariam, jeune lycéenne qui vient de passer son bac de français avec un brillant 19 à l’oral, se montre plus sceptique :« La France accepte de les accueillir. Mais comment pourront-ils venir ici ? », s’interroge-t-elle. Et surtout, comment seront-ils réellement accueillis ?
Car pour eux, comme pour de nombreuses autres familles irakiennes, arriver à Paris à l’automne 2010 ne fut pas simple. Loin de là. Ce fut, d’abord, le choc de découvrir une France qui n’est pas celle où ils avaient cru se réfugier. Non pas une société chrétienne, mais multiculturelle et athée. « J’avais imaginé la France et quand je suis arrivé à Paris, j’ai trouvé tout autre chose… », témoigne Benoît.
Ce choc, dont ils parlent volontiers, cache une autre amertume : celle de ne pas se sentir accueillis par les Français, particulièrement les chrétiens. Sur place, ils ont trouvé le traitement de l’administration française « froid et compliqué ». Aucune structure performante n’était présente pour les aider à s’insérer. Mariam se souvient : « On a trouvé de l’aide auprès des Arabes, qui croyaient que nous étions musulmans. Mais quand ils apprenaient que nous étions chrétiens, ils partaient ».
Est-ce plus difficile pour un chrétien de s’installer en France ? « Nous rencontrons beaucoup de difficultés, alors que nous sommes chassés de notre pays », répond la lycéenne. « Nous ne sommes pas venus par envie, mais parce que nous y étions obligés. Les Algériens, les Marocains, les Turcs viennent ici pour trouver un travail, et ils sont presque mieux traités par l’État », dénonce-t-elle sans concession.
Alors, quand ils entendent certains discours politiques, comme la réaction de Louis Aliot (FN) à la proposition de M. Fabius d’ouvrir l’asile aux chrétiens orientaux, les jeunes Irakiens voient rouge. « Selon lui, il n’y a plus de place en France pour les immigrés. Il nous a comparés à la misère, alors que nous n’étions pas pauvres dans notre pays. Étrangement, il y a toujours de la place pour les autres mais pas pour les chrétiens, alors qu’eux, ils ont vraiment besoin de se réfugier. J’ai toujours de la famille en Irak : ils sont morts de peur, et ne savent pas quoi faire. » (…)
Les beaux discours sont aussi souvent synonymes, ensuite, d’abandon. C’est l’avis d’Arnaud Duroyaume, qui s’occupe d’aider les Irakiens chrétiens. « Combien de fois on leur a dit : « On s’occupe de vous » ? Mitterrand a fait la même chose avec les Libanais : « Venez dans les hôpitaux ». Et après, c’était « Débrouillez-vous ». Combien de Libanais se sont retrouvés à la rue, alors qu’on leur avait fait miroiter un vrai accueil ? » Selon lui, cette froideur s’explique par une gêne envers les Arabes chrétiens.
Du coup, les Irakiens souffrent de vivre dans un contexte très éloigné du leur, déspiritualisé et parfois violent, comme les banlieues. Pour Arnaud Duroyaume, la solution consiste à sortir du ghetto communautaire, à s’ouvrir à la diversité dans l’Église. « Les Irakiens envoyés dans les banlieues, s’ils ne vont pas à la messe à côté de chez eux, au bout d’un moment, ils n’y vont plus. Je vois plein de jeunes livrés à eux-mêmes. Le père de famille, dans la culture orientale, est très important. Il y a un gros problème d’adaptation : soit le père verrouille tout, et ce n’est pas bon dans la société où l’on vit, soit il abandonne. Il y a beaucoup de jeunes qui sont livrés à eux-mêmes, et commencent à avoir des comportements choquants. » Et Mariam de confirmer : « On était dans un pays avec énormément de règles. Vivant en France, je découvre qu’en fait, les règles, j’aimais bien ».
Quand Arnaud Duroyaume est allé à la rencontre des rescapés de la cathédrale, il a réalisé qu’il était l’un des seuls chrétiens non orientaux à avoir eu cette démarche. L’accueil dans les paroisses n’a pas été non plus à la hauteur. « J’ai essayé de les intégrer dans diverses structures comme le scoutisme ou les Béatitudes, mais ça n’a pas marché », regrette-t-il. Ceux qui les reçoivent souvent et avec joie font partie de la frange la plus traditionnelle, comme la paroisse Saint-Eugène, le centre Saint-Paul ou encore la communauté Saint-Martin. « Au pèlerinage de Chartres, je me suis dit : enfin, je suis en France. Je me suis sentie intégrée ! On est mieux accueillis chez les traditionnalistes qu’ailleurs », confirme Mariam. « Je ne sais pas pourquoi, mais on a senti quelque chose de différent. » (…) . Pauline Quillon.
Ref. Réfugiés en France, les chrétiens d’Irak se heurtent à l’indifférence
C’est que la mentalité « traditionaliste » est, comme dirait Monsieur de la Palice, la plus proche de celle des chrétientés traditionnelles…
JPSC
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France : appel à un front commun contre la GPA
Lu sur le site de Famille chrétienne:
La présidente de La Manif pour tous , Ludovine de la Rochère, dénonce l’instrumentalisation faite de l’affaire de ce petit garçon trisomique abandonné à sa mère porteuse en Thaïlande pour promouvoir une gestation pour autrui (GPA) éthique. Une grande manifestation est prévue à Paris et Bordeaux le 5 octobre contre cette pratique « inhumaine ».Que vous inspire l’affaire Gammy, du nom de cet enfant trisomique abandonné par ses parents à la naissance en Thaïlande à l’issue d’une gestation pour autrui ?
Le sort de ce petit garçon est révélateur de ce qui se passe, de manière générale, dans la pratique de la gestation pour autrui (GPA). À savoir que les enfants sont choisis sur catalogue, après que les parents d’intention ont pris toutes les précautions du côté de la mère porteuse et de la donneuse d’ovocytes, comme l’on faisait autrefois pour les esclaves, dont on surveillait leurs capacités et leurs déposes éventuelles. Et lorsque le service après-vente n’est pas conforme à ce que l’on souhaite, on élimine, on trie, on choisit. Par essence, la GPA conduit à faire un choix sur les qualités, les attributs et la santé de la mère de substitution et de l’enfant pour que celui-ci ressemble le plus possible aux parents d’intention et à leurs critères. C’est humainement inacceptable.
Si cette affaire a été médiatisée, c’est parce que la mère porteuse a voulu garder ce petit garçon bien qu’il soit handicapé. Autrement, ça ne serait pas sorti. Le garçon a été abandonné par ses parents et sa sœur jumelle a été abandonnée par la mère porteuse. C’est ça la réalité de la GPA : une grossesse pour abandon et une marchandisation de l’enfant.
En France, certains rebondissent sur cette affaire pour défendre la notion de GPA éthique. Cette pratique peut-elle exister ?
On assiste en France à une véritable instrumentalisation de cette affaire. En somme, à entendre les commentateurs, le problème, ce n’est pas la GPA, mais ses dérives. Elle doit donc être encadrée. Et qui dit encadrer, dit légiférer. En fait, ces mêmes commentateurs détournent l’origine et les conséquences de cette affaire à leur profit en évoquant la possibilité d’une GPA éthique. Mais par essence, la GPA ne sera jamais éthique. Comme pourrait-elle l’être alors qu’elle instrumentalise la femme et son corps, et fait de l’enfant un objet de commerce ? En réalité, « GPA » et « éthique » sont deux termes antinomiques. Le journal Libération va même jusqu’à faire la différence, dans son édition du 6 août, entre compensation et rétribution. Mais il n’y a en réalité aucune différence entre ces deux termes car ce seront toujours des personnes aisées qui feront concevoir leurs enfants par des femmes pauvres. Imagine-t-on une femme cadre porter l’enfant d’une autre ? La maternité de substitution n’est rien d’autre que l’exploitation de la pauvreté. Et cela n’a rien d’éthique.
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France : quand Fabrice Hadjadj tacle le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel
[TRIBUNE] Fabrice Hadjadj au CSA : "Avis aux bisomiques""Le grand rabbin Abraham Karelitz se levait et se découvrait chaque fois qu’il voyait une personne atteinte de trisomie 21. — Pourquoi lui accordez-vous des honneurs que vous refusez aux grands de ce monde ? lui demandait-on. — Parce que, répondait-il, si Dieu ne lui a pas donné une capacité aussi grande d’étudier la Torah, c’est qu’elle est déjà plus parfaite et plus avancée que moi sur le chemin de la sainteté. A la suite de la décision controversée du CSA au sujet de la vidéo Dear Future Mom (Synthèses de presse Gènéthique du 1 août et du 4 août 2014), le philosophe Fabrice Hadjadj signe une tribune à paraître cette semaine dans l'hebdomadaire suisse l'Echo Magazine. Gènéthique en diffuse le texte à l'occasion de sa dernière synthèse de presse avant une pause en août (le fil d'actualités sur la bioéthique reste actif sur le nouveau compte Twitter de Gènéthique).
Nous avons oublié cette leçon. Nous traitons les enfants trisomiques avec la même bonté qu’on traitait les Juifs naguère, jugés comme des parasites et des Untermenschen. Nous les traquons, les dépistons, les exterminons. Cela se voit moins, parce que la chambre de mort est le ventre d’une pauvre mère consentante, embrigadée par le culte de la performance. Que voulez-vous ? Son petit n’aurait eu que la joie de vivre, et non l’orgueil de réussir. Il aurait été seulement humain, et non pas grand requin de la finance. Il ne serait pas allé à la Haute Ecole de Commerce ni à Polytechnique, il aurait juste ri, pleuré, joué, bousculé les convenances, sauté dans les bras des inconnus, posé des questions déconcertantes, métaphysiques… Il aurait même prié avec un cœur simple, ce qui est affreux, car il faut avoir le cœur dur et piétiner ses concurrents.
— Allons, cessez votre ironie, il aurait été malheureux, il aurait souffert !
— Vous croyez donc qu’il aurait plus souffert que n’importe quel bien portant, à un moment ou à un autre, et surtout vers la fin ? Vous pensez qu’il aurait été plus malheureux que tous ces tristes maîtres du monde qui se sont raffinés dans le mensonge, font des détournements de fonds et des orgies de viagra ?— Mais ce n’aurait pas été un enfant comme les autres.
— Ç’aurait été un enfant plus que les autres. Parce qu’il portait en lui l’enfance éternelle. Oui, éliminer un petit trisomique, c’est être infanticide deux fois.Un bouleversant message intitulé Dear future mom (5 millions de vues sur Youtube), et diffusé sur TF1, Canal+, M6, etc. présente des jeunes trisomiques qui s’adressent à une mère qui pourrait porter l’un d’entre eux, et lui confient qu’ils vivent une vraie vie, avec ses détresses et ses bonheurs… Mais ce message n’a pas plu au big boss de Big Brother, j’ai nommé Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Il a déclaré ce 25 juillet que, pour un « message d’intérêt général », celui-ci risquait de « ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle ». Je croyais ce type d’adhésion réservé aux bêtes, qui agissent par instinct. Mais non, elle doit être celle des bisomiques téléspectateurs, qui se croient néanmoins supérieurs à leurs frères trisomiques."
(Source : L'Echo Magazine de Genève (06/08/2014))
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Nicaragua: le pape François révoque la suspense d’un prêtre sandiniste
Lu sur le site du « Suisse Romain » :
Nicaragua: un prêtre suspendu revient vers la prêtrise : «Je me réjouis de pouvoir à nouveau célébrer la messe avant de mourir ».L'ex-ministre des Affaires étrangères du Nicaragua Miguel D'Escoto se réjouit de la révocation par le Pape François de sa suspension a divinis prononcé en 1985 par le Vatican en raison de ses activités politiques (théologie de la libération) qui l'empêchaient d'exercer le sacerdoce.
L’histoire ne dit pas si l’ancien ministre de la « Revolución Popular Sandinista » s’est repenti. Il est vrai que la théologie de la libération est aujourd’hui « hors course » et que l’URSS n’existe plus. La mode, en Amérique latine, est désormais au Pentecôtisme nord-américain…
JPSC
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L'abandon d'un enfant trisomique ou quand la GPA montre son vrai visage
Abandon d'un enfant trisomique : le vrai visage de la GPA (via Fondation Lejeune)
FIGAROVOX/TRIBUNE - L'abandon d'un enfant trisomique à l'issue d'un contrat de mère porteuse a suscité l'émoi du monde entier. Pour Jean-Marie Le Méné le rejet de cet enfant handicapé fait voler en éclats le mythe d'une GPA éthique.
Comment la naissance d'un enfant trisomique ruine la GPA
L'affaire de la GPA, dans laquelle un couple australien s'est emparé de l'enfant sain et a rejeté son jumeau trisomique qu'il a abandonné à la mère porteuse thaïlandaise, suscite des commentaires plutôt embarrassés. On comprend pourquoi.
Le mythe de la GPA vient d'être pulvérisé en plein vol.
D'un coup de baguette magique, la GPA quitte les strass et les paillettes qui la présentaient en bonne fée pourvoyeuse de Bébés-Cadum pour gentils couples en mal d'enfants.
Voilà que «le-couple-à-qui-nul-ne-saurait-imposer-une-souffrance» se transforme en client-roi parfaitement odieux qui bouffe ce qui lui plait et laisse le reste sur le bord de l'assiette.
Voilà que le refus par la mère porteuse de l'avortement du jumeau handicapé devient un acte de résistance.
Voilà que l'enfant trisomique devient une victime symbolique qui déclenche un élan international de générosité et le rend bénéficiaire - pour l'aider à vivre - d'une somme dix fois supérieure à celle promise à sa mère infortunée.
Bref, c'est l'horreur pour les promoteurs de la GPA qui sont pris à contre-pied. Les stéréotypes se retournent, la logique de la GPA s'inverse, Pierre Bergé peut se remettre à la couture.
Pourtant, rien ne devait poser de problème. Le couple était bien comme il faut, à l'ancienne, composé d'un homme et d'une femme, et frappé d'infertilité. Il s'agissait donc d'une indication quasiment médicale pour laquelle certaines bonnes âmes seraient tentées d'être accommodantes (le fameux «cas où» le GPA serait acceptable). La mère porteuse avait plus qu'honoré son contrat puisqu'elle avait donné naissance non pas à un, mais à deux enfants. N'était-ce pas une bonne nouvelle, pour tout couple en mal d'enfants, que d'être comblés par une surabondance imprévue?
Nul complot n'a été ourdi pour faire dérailler ce train d'une transgression si bien partie. Mais la nature humaine (qui, rappelons-le, ne devrait plus exister) a subrepticement repris ses droits. La réalité de la GPA a montré son vrai visage, à savoir qu'il s'agit d'une vraie grossesse dans le ventre d'une vraie femme.
D'abord, la biologie nous enseigne que la procréation assistée occasionne davantage de grossesses gémellaires. Ce genre de situation risque donc d'être fréquent. Ainsi, on rencontrera des couples qui, sans même que l'un de leurs jumeaux soit malade, refuseront tout simplement d'avoir deux enfants parce qu'ils n'en avaient commandé qu'un seul auprès de la mère porteuse. Qu'à cela ne tienne, nous dira-t-on, il y a l'avortement sélectif portant sur l'un des jumeaux, comme cela a été proposé à la jeune Thaïlandaise? Ce n'est pas si simple. L'acte consiste en une injection létale sur l'un des fœtus qui, une fois mort, restera in utero jusqu'au terme du développement de l'autre fœtus. Et la mère accouche à la fois d'un bébé vivant et d'un bébé mort. Faut-il préciser qu'il s'agit d'une pratique extrêmement contestée …
Ensuite, la mère porteuse reste une femme. Et l'appartenance à la nature humaine, qu'on le veuille ou non, se caractérise par la liberté. En l'occurrence, la parturiente s'est vue immédiatement proposer l'avortement du jumeau atteint dès que le diagnostic prénatal de la trisomie a été posé. Mais manque de «chance» pour ses clients, cette jeune maman de 21 ans, qui avait déjà deux enfants, a refusé d'avorter, fût-ce sélectivement, assumant les risques qui en découleraient pour elle et sa famille.
L'industrie de la GPA se retrouve bien mal en point. Si elle devait se développer, il lui faudrait trouver des parades à ces retours intempestifs de la nature.
D'une part, il conviendrait de renforcer encore l'eugénisme des procréations assistées pour être certain que l'embryon transféré sera exempt de toute maladie, donc lui faire subir toute la batterie des tests génétiques du diagnostic préimplantatoire. D'autre part, il faudra se résoudre à pratiquer des réductions embryonnaires pour ne laisser subsister qu'un seul embryon. Ces exigences d'eugénisme sécuritaire ne seront pas gratuites.
Mais surtout, il sera indispensable de prévoir au contrat que la mère porteuse devra avorter en cas de surproduction, de malfaçon ou défectuosité du bébé produit, ou qu'elle rembourse l'acheteur si celui-ci n'est pas satisfait, ou qu'elle reprenne l'achat si le produit lui est retourné.
Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour imaginer qu'il sera difficile, dans le contrat de GPA qui la lie à ses clients, d'obliger une femme à avorter (ou à ne pas avorter d'ailleurs) sauf à ce que le contrat soit nul.
Au final, on peut se demander si la naissance providentielle de cet enfant trisomique qui suscite un émoi dans le monde entier, n'est pas de nature à nous sauver, au moins pour un temps, de toute précipitation dans la légalisation de la GPA.
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Le Pape invite les scouts d'Europe à « se mettre en route »
Les « Scouts d’Europe » ont quarante ans et la loi du nombre a joué: le temps n’est plus, heureusement, où il fallait se cacher du clergé soixante-huitard pour lancer une unité de ce mouvement qui ose affirmer sa foi, contrairement à bien d’autres dont la dérive postconciliaire s’est conclue par une apostasie.
Faut-il, à cet égard, rappeler l’exemple emblématique de l’ancienne (et puissante) Fédération des Scouts Catholiques de Belgique, rebaptisée (si l’on ose dire) voici peu (2012) « Fédération des Scouts Baden-Powell» , après avoir exclu toute référence à Dieu dans leur loi scoute ?
Lu sur le site de Radio-Vatican :
« Les scouts ont débarqué en Normandie : une invasion pacifique du 3 au 10 août pour le 4ème Eurojam, le rassemblement de l’Union internationale des Guides et Scouts d’Europe. Les quelque 12 000 participants, âgés de 11 à 16 ans, sont originaires de 18 pays d’Europe et d’Amérique du Nord et de Russie.
A cette occasion, le Pape leur a fait parvenir un court message pour les saluer. Il leur explique que « pour connaître Jésus, il est nécessaire de se mettre en route », car chemin faisant, Dieu se fait rencontrer de diverses manières : « dans la beauté de sa création, lorsqu'il intervient avec amour dans notre histoire, dans les relations de fraternité et de service que nous entretenons avec le prochain ».
Pour illustrer son propos, François reprend alors une formule qu’il a déjà utilisé devant d’autres jeunes, à Rio de Janeiro, lors des JMJ l’été dernier. Il rappelle trois étapes importantes pour répondre à l'appel de Jésus : « Allez ; sans avoir peur ; pour servir ». « Si nous acceptons l'invitation du Seigneur à aller vers lui et à faire l'expérience de son amour qui remplit nos cœurs de joie, explique le Souverain pontife, alors il enlèvera toute peur : peur de Dieu, peur de l'autre, peur d'affronter les défis de la vie. Et il nous enverra annoncer son amour jusqu'aux extrémités de la terre, servir notre prochain dans les périphéries les plus reculées ».
« Mais tout cela n’est possible que si nous cultivons l'amitié avec Jésus, en cherchant à le rencontrer davantage, surtout dans sa Parole et dans les Sacrements », ajoute François.
Grande guerre et Seconde Guerre mondiale
Cent ans après le début de la première guerre mondiale, et 70 ans après le débarquement des alliés en Normandie, les jeunes scouts veulent témoigner que l’on peut vivre ensemble, et faire vivre de manière concrète la fraternité européenne.
Le Pape François, dans son message, a d’ailleurs souligné la coïncidence de leur rassemblement avec le centenaire du début de la première guerre mondiale. Il a donc invité les « acteurs de ce monde » à « prier pour qu’en Europe et dans le monde adviennent l’unité et la paix », il les a encouragé« à ne pas avoir peur d’affronter les défis afin de sauvegarder les valeurs chrétiennes, en particulier la défense de la vie, le développement, la dignité de la personne, la lutte contre la pauvreté, et tant d’autres combats que nous avons à livrer chaque jour ».
L'Eurojam est d’ailleurs né en Allemagne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour promouvoir parmi les jeunes un esprit de fraternité et de paix. Fidèle à la tradition du scoutisme catholique, la rencontre suscite un enthousiasme grandissant surtout dans les pays de l’Est. Elle éduque à l’unité dans le respect des diversités et propose la construction d’une Europe des peuples à partir des racines chrétiennes qui ont forgé le Vieux Continent. Elle accueille des orthodoxes en Roumanie et des évangéliques en Allemagne et au Canada, une manière aussi de promouvoir l’Unité des chrétiens.
Plus de 200 hectares de campement
Sous la devise « Venez et voyez », les scouts d’Europe ont choisi de planter leur tente dans le village de Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois, en Normandie. Le campement s’étendra sur plus de 200 hectares. Un pèlerinage au sanctuaire de Lisieux est prévu, à une cinquante de kilomètres de là. La petite Thérèse est en effet la « patronne » de l’Eurojam.
Le 3 août, la messe internationale d’ouverture a été présidée par Mgr Cyrill Vasil, secrétaire de la Congrégation pour les Eglises orientales, qui a été pendant quatre ans aumônier de la fédération. Mgr Vasil invite à bannir toutes les attitudes et les prises de paroles susceptibles de troubler nos relations avec les autres. Dans son homélie, il a incité les jeunes à accueillir« l’invitation de Jésus à Le chercher comme la Voie, la Vérité et la Vie, à le rencontrer chez lui, dans l’intimité d’une rencontre personnelle qui crée des liens profonds d’amitié », expliquant que leur rassemblement « est un exemple de la recherche personnelle du sens de la vie, de la recherche de Dieu. »
Après la Première, la Seconde guerre mondiale, le mur de Berlin, le continent s’est dirigé vers une Europe unie, explique Mgr Vasil : « Grâce à la réalisation des grands idéaux des Pères d’une Europe nouvelle et unie, ces penseurs et homme de foi valorisaient sa tradition profondément chrétienne, ouvrant ainsi le projet d’une Europe toujours plus unie. »
Grâce aussi « à la contribution représentée par une figure charismatique des dernières années du XXème siècle, comme l’a été le Saint Pape Jean-Paul II, voilà 25 ans – à partir de la Pologne – le Rideau de Fer a commencé à s’effriter, initiant une nouvelle étape de l’intégration européenne dans l’échange des dons spirituels et dans la solidarité sociale entre les diverses composantes de l’Europe ».
Ref. Le Pape invite les scouts d'Europe à « se mettre en route »
JPSC
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Abbé Grosjean : «Les chrétiens doivent investir la cité »
Le grand entretien sur « Figaro-Vox » :
Figaro Vox: Que vous inspire la situation des Chrétiens d'Orient? Trouvez-vous que les politiques français se mobilisent assez sur le sujet?Pierre-Hervé Grosjean: La persécution des chrétiens d'Orient, et particulièrement ceux d'Irak, est une tragédie qu'on ne peut ignorer. Le Cardinal Barbarin a posé un geste prophétique et fortement symbolique en se rendant lui-même sur place, à leurs côtés. Le Primat des Gaules rappelle ainsi non seulement la communion spirituelle, mais aussi le lien historique qui existe entre la France et les chrétiens d'Orient. Je me réjouis de voir se mobiliser peu à peu des politiques de tout bord. Mais comme le disait l'un d'eux, les paroles ne suffisent plus, il faut des actes pour sauver ces chrétiens et leur permettre de rester dans leur pays. C'est maintenant au Président de la République de s'engager. Nous savons défendre nos intérêts économiques et stratégiques partout dans le monde, et c'est bien. Mais saurons-nous protéger nos frères persécutés? Leurs regards sont tournés vers la France, protectrice des minorités.
L'Opinion a titré le 28 Juillet «le lobby catho sur tous les fronts» pour décrire la mobilisation intense des catholiques français au sujet des chrétiens d'Irak. Reconnaissez-vous l'existence de ce lobby catho? Les catholiques français ont-ils aussi tendance à se «communautariser»?
Ce mot lobby n'est pas tout à fait juste, car les catholiques ne défendent pas des intérêts particuliers, mais le bien commun. Ils ont conscience que leur foi les engage à servir la dignité de la personne humaine, à protéger les plus fragiles, du migrant à l'enfant à naître, en passant par le malade en fin de vie, le chômeur ou l'enfant au cœur des débats sur la famille. Les catholiques, loin de tout communautarisme qui les ferait se replier sur eux-mêmes, ont au contraire moins de complexes à assumer ce qu'ils sont et le message qu'ils portent. Ils prennent leur place dans la vie de la cité et dans les débats qui peuvent l'animer. C'est leur droit, et même leur devoir.
Vous animez l'association «Acteurs d'avenir», qui a pour ambition de former des jeunes chrétiens des grandes écoles à une conscience politique, en les faisant notamment rencontrer des «décideurs publics». Quel est l'objectif à long terme? Former des chrétiens politisés qui puissent envahir la cité et se réapproprier le débat public?
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Revisiter Péguy (1873-1914)
Lu sur le site du « monde des religions ». Questions au philosophe Camille Riquier (extraits) :Il y a cent ans mourait Charles Péguy (1873-1914). Camille Riquier, agrégé de philosophie, docteur en philosophie et maître de conférences à l’Institut Catholique de Paris, oriente actuellement ses recherches sur la figure de l’écrivain, socialiste sincère et catholique passionné (…)
Comment caractériser en quelques mots les rapports de Péguy à la foi et à la religion ? On le présente souvent comme un écrivain « catholique ». Peut-on dire qu’il était un mystique ?
Ces rapports sont complexes comme le reste ; et en lisant l’œuvre de Péguy, l’athée comme le croyant trouveront de quoi ébranler leurs siennes convictions plus encore que celles de leur adversaire. On m’a rapporté un jour d’un vieux péguyste qu’il disait n’avoir pas de religion, à moins, ajoutait-il, qu’on ne l’entende au sens de la religion de Péguy ! Péguy s’est converti d’abord au socialisme et baigna dans un climat familial et culturel qui favorisait la libre-pensée. La maison Baudouin/Péguy avait accueilli l’anarchiste féministe Louise Michel comme l’une des leurs et vivait encore du souvenir de la Commune. Parce qu’il rejetait l’Église et son autorité, Péguy pensait devoir rejeter le christianisme et la foi, sans s’apercevoir encore combien le combat qu’il mena avec les dreyfusards et plus généralement combien ses convictions de jeunesse étaient portés par un élan d’enthousiasme qui le rapprochait bien plus de la religion que de la politique.
Le socialisme était alors un mouvement d’idées et de sentiments si intenses que Péguy investissait spontanément un vocabulaire religieux pour s’exprimer. Par la suite, après avoir trouvé la foi, entre 1905 et 1909, il dira de son socialisme et de son dreyfusisme qu’ils étaient déjà une mystique, et que ce ne fut qu’au bout du socialisme qu’il avait trouvé le christianisme – par « voie d’approfondissement », – non pas en rebroussant chemin. Aussi, peut-on dire naturellement de Péguy qu’il est un mystique, qu’il fut un mystique, mais au sens qu’il a lui-même donné au mot, à prendre dans une acception très large que d’aucuns ont fini par dire vague, puisqu’à ses yeux il existait autant de mystiques qu’il y avait d’idées : une mystique républicaine, une mystique royaliste, une mystique hébraïque, une mystique chrétienne, etc. Par mystique, il entend moins un contenu de pensée que le moment inaugural de sa venue dans le monde, accompagné de l’émotion qu’il suscite. Pour Péguy, seul le commencement est digne, parce qu’il est jeune, frais et vif tout à la fois.
Une mystique indique un mouvement d’idées ou de sentiments à son point de naissance, quand les idées, encore incandescentes, brûlent des hommes qui s’apprêtent à mourir pour les défendre. Elle déborde donc très largement la religion confessionnelle, et loin de s’opposer à elle, la mystique s’oppose bien plus généralement à la politique, aux politiques qui vivent de leur mystique propre, comme des parasites : « Tout commence en mystique et finit en politique », retient-on de Notre jeunesse (1910). Et parce qu’il voulait rester fidèle au commencement, à tous les commencements, Péguy fut bien au bout un catholique, mais il fut avant tout et pour tout un mystique, de bout en bout.
Si vous deviez conseiller un seul livre de Péguy à quelqu’un qui ne l’aurait jamais lu, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?
L’œuvre de Péguy présente de nombreuses poignées pour s’y accrocher et autant de portes par où y entrer, tant les sujets abordés sont nombreux et variés. Malheureusement, peu de ses ouvrages sont encore disponibles en poche, ce qui limite également le choix de celui qui veut la découvrir. L’édition Pléiade, bien souvent, consacre l’homme mais enterre l’œuvre, désormais à prendre ou à laisser, d’un bloc. Celle de l’œuvre en prose, réalisée par Robert Burac (en trois volumes), n’en est pas moins remarquable à tous points de vue et très vite indispensable, chacun de ses livres nous invitant à ouvrir les autres et à la fin à étreindre l’homme lui-même qui se raconte en tous. L’édition des œuvres poétiques et dramatiques viendra en septembre prochain la rejoindre avec bonheur.
S’il faut désigner un ouvrage néanmoins, Notre jeunesse (1910) ressort, souvent désigné comme son chef-d’œuvre, y compris par ses amis, par les frères Tharaud, par l’historien Daniel Halévy lui-même contre qui il l’avait pourtant été écrit – sursaut d’orgueil de Péguy, fier du combat qu’il avait mené pour l’innocence de Dreyfus et réagissant aux remords qui assaillaient Halévy et beaucoup d’autres anciens dreyfusards. Publié en « Folio », accessible même en ligne, le texte est plus qu’un plaidoyer pro domo. En parlant de lui-même et de sa maison (« Les Cahiers de la Quinzaine »), il offre également à cette période de l’histoire de France – la fin du XIXe siècle et le début du XXe – l’un de ses témoignages les plus émouvants et passionnés. Péguy y a la même puissance évocatrice que Jules Michelet, le modèle du vrai historien à ses yeux, l’auteur de Ma jeunesse à qui il rendait par son titre indirectement hommage.
Pour aller plus loin
> « Charles Péguy, l’éternel marginal », un article d'Henri de Monvallier paru dans Le Monde des Religions de juillet-août 2014, p. 58-61.
> Charles Péguy, Camille Riquier (dir.), Éditions du Cerf, « Les Cahiers du Cerf », 300 p., 29 €.Ref. : Lire Péguy aujourd’hui : trois questions au philosophe Camille Riquier
Elève admirateur du philosophe Henry Bergson et apprécié lui-même par son maître, Péguy, poète mystique, retrouve la foi de son enfance en 1907. Le 16 janvier 1910 paraît Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc, qui manifeste publiquement sa conversion. La réaction du public catholique est plutôt méfiante, même si La Croix fait une critique élogieuse de l'ouvrage. Son intransigeance et son caractère passionné le rendent suspect à la fois aux yeux de l'Église, dont il attaque l'autoritarisme, et aux yeux des socialistes, dont il dénonce l'anticléricalisme ou, un peu plus tard, le pacifisme, pour lui inopérant et, qui plus est, à contre-sens, quand l'Allemagne redevient menaçante.
En 1912, touché par la maladie de l'un de ses enfants, il part en pèlerinage à Chartres, du 14 au 17 juin, parcourant 144 kmen trois jours ; Alain-Fournier l'accompagne sur une partie du chemin. Il fait à nouveau ce pèlerinage en 1913, du 25 au 28 juillet. Il écrit : «… J'ai tant souffert et tant prié… Mais j'ai des trésors de grâce, une surabondance de grâce inconcevable… ». Pourtant, il ne devient pas catholique pratiquant. En effet, Charles Péguy n'aurait jamais communié adulte et n'aurait reçu les sacrements qu'un mois avant sa mort sous l’uniforme, au champ d’honneur de la « Grande Guerre », tué d'une balle au front, le samedi 5 septembre 1914 à la veille de la première bataille de la Marne.,.
Qui de nous n’a jamais lu ces vers célèbres, qui font écho aux Béatitudes :
« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle/Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre. (…)
Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles/Couchés dessus le sol à la face de Dieu (…)
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés. »
"Profondément antimoderne, l'œuvre de Péguy célèbre avec flamme des valeurs qui pour lui sont les seules respectueuses de la noblesse naturelle de l'homme, de sa dignité et de sa liberté : d'abord, son humble travail, exécuté avec patience, sa terre, cultivée avec respect, sa famille : « Il n'y a qu'un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c'est le père de famille », écrit-il. Ce sont là ses valeurs essentielles, liées à son patriotisme et à sa foi dans une République qui serait enfin forte, généreuse et ouverte. Et c'est précisément là, pour lui, que dans une action résolue, se rencontre Dieu. À ce titre Péguy peut apparaître comme un théologien, chantre des valeurs de la nature créée par un Dieu d'amour. D'où aussi son attachement profond à Marie : il aurait passé la nuit précédant sa mort à fleurir la statue de la Vierge dans la petite église du village où stationnait son unité" (Charles Péguy, Wikipedia)
JPSC
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