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Société - Page 700

  • PMA en Belgique: pénurie de sperme; le système belge victime de son libéralisme

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    Du Bulletin de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Pénurie de sperme en Belgique: les importations danoises à la rescousse

    Confrontées à une hausse des demandes de procréation médicalement assistée, les banques de sperme belges sont en pénurie, peut-on lire dans le journal L'Echo. Le problème est sérieux et les centres de procréation médicalement assistée (PMA) sont "inquiets". 

    En plus des hétérosexuels confrontés à l'infertilité, un nombre croissant de femmes seules et de lesbiennes sont candidates. Et le cadre légal belge très libéral en matière de PMA suscite la visite dans les centres belges de personnes venant de l’étranger. Toutefois, l'offre de sperme  ne suit pas. "Les centres de PMA doivent se fournir à l'étranger, surtout auprès de banques de sperme danoises Cryos et NordicCryobank", confirme le biologiste Olivier Gaspard, responsable technique du laboratoire de PMA du CHU de Liège.

    Cryos, le numéro un mondial, vend des centaines de milliers de paillettes de sperme (des mini-éprouvettes contenant des millions de spermatozoïdes) par an dans plus de 50 pays. Le prix d'une paillette varie entre 39 et 49 euros. Le sperme d'un donneur est généralement distribué à plusieurs femmes mais celui d'un donneur "exclusif" peut coûter jusque 12.000 euros. "Sans les dons danois, les centres de PMA belges ne pourraient répondre qu'à 10% ou 20% de la demande", précise Olivier Gaspard. En Belgique, la publicité est interdite pour les banques de sperme. Mais la toute récente campagne de communication quant au manque de sperme a été très largement relayée dans tous les médias belges faisant suite à un communiqué de presse.

    La sévérité des critères de recevabilité du sperme et la batterie de tests médicaux est une cause de pénurie. "Quand on a fini tous les tests, sur 25 candidats, il en reste 4 en bout de course", constate Michel Dubois, directeur médical du centre PMA de l'Université de Liège. Par ailleurs, la qualité du sperme s'appauvrit globalement. "Dans les années 60, l'OMS fixait la norme à 60 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme. Depuis 2010, elle est de 15 millions par millilitre", ajoute M. Dubois. Alors que la loi belge en matière de procréation médicalement assistée stipule que le don de sperme est anonyme et gratuit, le CHU de Liège octroie 75 euros par don à titre de « dédommagement ».

    Cette campagne est-elle une réplique à la mise en cause par l’association Donorkinderen België qui mettait en cause la firme Cryos ? Plusieurs femmes (au-delà du nombre autorisé) auraient reçus le sperme d’un donneur porteur d’une maladie génétique grave, dont l’enfant ainsi conçu serait aujourd’hui porteur ?

    Les dons de sperme posent des questions éthiques et notamment la souffrance pour les enfants ainsi conçus de ne pas connaître leur père biologique. Voir aussi ICI

  • James Foley : le pape a transmis ses condoléances aux parents du journaliste américain assassiné par des islamistes.

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    Selon le site web « aleteia », le pape François a tenu à appeler la famille de James Foley, le journaliste américain assassiné par les terroristes djihadistes de l'EEIL.

    Le Pape les a joints à Rochester, dans le New Hampshire, pour leur présenter ses plus sincères condoléances pour la perte de leur fils et les assurer de ses prières et de sa proximité dans ces moments d'épreuve, a expliqué jeudi le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi. Selon lui, la famille de James Foley a été "profondément touchée et reconnaissante" de cette démarche du Pape.

    James Folay était diplômé de l'université jésuite de Marquette, dans le Wisconsin. Il était toujours en contact avec eux, les informant de ses déplacements en zone de guerre, pour des missions humanitaires, mais surtout il leur demandait de l'accompagner dans la prière. L'université organisera le 26 août prochain une cérémonie en sa mémoire. Dans un texte plus qu'émouvant publié sur son site, il expliquait que, lors d'un premier kidnapping, entre les mains de fidèles du régime, durant la guerre civile en Lybie, il s'était mis à prier et réciter le Rosaire. En effet, comme le sont ses parents, James Foley était un fervent catholique.

     Voir ici : Le Pape François a appelé la famille de James Foley

    Sobre et discret. JPSC

  • Monseigneur Léonard , le Grand Rabbin Guigui et le Président de l’Exécutif des Musulmans de Belgique : « nous condamnons la violence perpétrée au nom de la foi »

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    Dans un communiqué diffusé par Belga et lu sur le site web de « La Libre » :

    L'archevêque de Malines-Bruxelles, Monseigneur Léonard, le Grand Rabbin Albert Guigui et le président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) Noureddine Smaili condamnent jeudi dans un communiqué commun "la violence perpétrée au nom de la foi" dans le monde. "Le nombre élevé des victimes innocentes, des populations déplacées, des lieux de cultes détruits, ou des droits bafoués dans un grand nombre de régions du monde, ne laisse personne indifférent", soulignent-ils.

    Les représentants de ces trois confessions se disent interpellés par "les événements atroces qui secouent le monde", pour plusieurs raisons. "D'abord il est tout à fait justifiable de craindre les implications de ces événements sur la sécurité du monde entier; beaucoup d'indices laissent présager que ces conflits ne resteront pas confinés aux régions dans lesquelles ils se déroulent. Ensuite, il est de notre devoir moral à tous de faire preuve de solidarité avec toutes ces populations qui encourent une série de malheurs incessants; il ne s'agit point d'importer les problèmes de ces régions chez nous en Europe, mais d'essayer de contribuer à l'exportation de solutions".

    "Aucune religion ne cautionnera la mise en péril de la stabilité, de la paix et de la cohésion entre les différentes constituantes de la société", ajoutent-ils, car "rien ne peut justifier l'expulsion ou l'extermination des minorités ethniques, religieuses ou autres".

    "Loin des discours politiques de circonstance, nous condamnons la violence perpétrée au nom de la foi. Nous lançons également un appel solennel au respect de l'autre, indépendamment de sa croyance, sa race, sa couleur, son origine ethnique ou culturelle", conclut le communiqué.

    Ref. Les représentants de trois religions en Belgique condamnent la violence "au nom de la foi"

    JPSC

  • James Foley : le témoignage de deux journalistes anciens otages détenus avec lui par les islamistes

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    « Le grand reporter d’Europe 1 Didier François est revenu mercredi sur la mort de James Foley, ce journaliste américain que les djihadistes de l’Etat islamique affirment avoir décapité. Ancien otage, Didier François avait été détenu avec lui mais n’avait rien dit par souci de sécurité de son compagnon d’infortune, comme il l'a expliqué dans Europe Midi.

    Un compagnon de cellule. "Pour des raisons évidentes de sécurité, les ravisseurs nous avaient menacé de représailles sur les otages restants si nous nous exprimions là-dessus. Ce n’est pas du tout pour cacher quoique ce soit à nos auditeurs", explique Didier François. "Nous avions bien sûr contacté la famille de James Foley et les autorités américaines. Mais publiquement, nous avions gardé le silence". Après une première rencontre, très rapide, pendant l'été 2013, "nous avons été séparés avant de nous retrouver à nouveau ensemble au mois de septembre, jusqu'à ma libération" au mois d'avril 2014.

    "Un garçon extraordinaire". Le grand reporter d’Europe 1 se souvient de James Foley, avec qui il a passé plus de huit mois. "C’était un garçon extraordinaire, un superbe journaliste, quelqu’un d’extrêmement fort, qui n’a jamais craqué (malgré) des conditions extrêmement difficiles". Didier François raconte qu'il "était agréable de partager avec lui ces longues heures difficiles". "C'était un excellent compagnon de cellule, extrêmement collectif", doté d'un "grand courage". "Il faisait partie de ces prisonniers qui, malgré les interdictions, continuaient à réclamer, toujours pour les autres : du pain quand on avait faim, des tours de toilettes supplémentaires...", se souvient Didier François pour qui James Foley était "l'un des piliers du groupe". Le journaliste a une pensée particulière pour la "famille et les proches" de James Foley", ainsi que pour les "autres otages qui restent, puisque l'Etat islamique revendique dans la vidéo l'enlèvement d'un second journaliste américain".

    Le reporter Didier François a été détenu avec... par Europe1fr


    Les conditions de son enlèvement. Didier François parle d'un "journaliste expérimenté, qui assumait les choix qu'il avait faits". "Il était déjà venu plusieurs fois (en Syrie, ndlr.)", continue le reporter d'Europe 1, qui détaille les conditions de l'enlèvement de James Foley, le 22 novembre 2012. "Il rentrait d'un reportage de plusieurs semaines (dans la région d'Idlib, ndlr.), vers la Turquie. Il s'était arrêté rapidement dans un café internet, dans une ville frontalière, pour envoyer un message à sa rédaction et sa famille", raconte-t-il. "En sortant du café, il a été intercepté par des gens de l'armée islamique" qui l'ont kidnappé.

     >> LIRE AUSSI - Le djihadiste qui a décapité James Foley est britannique

    "Je pense qu'ils avaient décidé de l'exécuter". A son retour en France, Didier François expliquait avoir subi des simulacres d'exécution. James Foley aussi, raconte le grand reporter d'Europe 1, qui se souvient : "une des dernières fois où je l'ai vu avant de partir, ce groupe, qui a le goût du macabre, l'avait fait prendre une pose, crucifié contre un mur". "C'est pour cela que, quand on me demande ce que je pense du motif avancé par les ravisseurs pour l'exécuter, je pense qu'ils avaient décidé de l'exécuter, point", assène-t-il. Les djihadistes ont "ensuite cherché des excuses pour justifier cet assassinat que rien ne justifie" : "ce qui a été donné après comme explications, ne sont que de vaines tentatives d'essayer de masquer leur crime, mais c'est un crime".

     >> LIRE AUSSI - Les Etats-Unis avaient tenté de libérer James Foley  » 

    Ref.http://www.europe1.fr/international/le-journaliste-james-foley-2206701

    Le journaliste français Nicolas Hénin a aussi été otage pendant sept mois avec le reporter James Foley. Après l'exécution de l'Américain, revendiquée par les djihadistes de l'Etat Islamique dans une vidéo, il témoigne pour L'Express. En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/james-foley-etait-le-souffre-douleur-des-geoliers-mais-il-restait-impassible_1569303.html#ipOupboWc9TRsep4.99

    Dans cette interview, relevons notamment ceci :

    Question : James Foley était-il davantage maltraité que les autres otages?

    Réponse : Oui. Il était vraiment plus maltraité. En fouillant dans son ordinateur, ils ont découvert que son frère travaillait dans l'US Air Force. A cause de cela et en tant qu'Américain, il a eu droit "à un traitement de faveur". Il est devenu le souffre-douleur des geôliers. Il s'en prenait plein la gueule mais il restait impassible. 

    Question : James Foley vous a-t-il dit ce qu'il aurait aimé faire une fois libéré?

    Réponse : Oui, il avait deux envies. Soit bosser au Committee to protect journalists (CPJ). Soit faire du dialogue interreligieux et contribuer au rétablissement de ponts entre les mondes chrétien et musulman. A ce titre, j'ai été révolté de la flambée d'islamophobie sur Twitter après la diffusion de la vidéo de son assassinat. Les mecs qui l'ont tué ont réussi leur coup: renforcer les populismes et les clichés réciproques. C'était contre cela que James voulait justement s'engager. 

     JPSC

  • Une encyclique pour condamner l’Islamisme ?

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    capture3-635x357.jpgAprès la décapitation, confirmée, du journaliste  James Foley (photo), Philippe Oswald, dans un « post » à lire sur le site web « aleteia » : Irak, la stratégie de la terreur  conclut sa réflexion comme ceci :

    "A bien des égards, l’islamisme se présente comme le nouveau totalitarisme. Contrer son expansion oblige à une révision générale des positionnements des uns et des autres, y compris du Vatican qui vient de reconnaître par la bouche du pape François lui-même la légitimité de l’actuelle intervention armée en Irak pour « stopper les barbares » comme le souligne Jean-Pierre Denis dans son éditorial de La Vie. Mais sur le fond, ne peut-on pas espérer un éclairage du Saint-Siège ? « L'analyse des erreurs qui ont jeté le monde dans le chaos (nazisme, communisme) a fait l'objet d'encycliques. Pourquoi pas une sur l'Islam ? » demandait hier (19 août) dans un tweet Jean-Marie Le Méné. A tout le moins,  la question des rapports entre l’islam et l’islamisme ne mériterait-elle pas d’être abordée en profondeur, sereinement mais sans tabou ? »
     

    Deux remarques  sur cette conclusion :

    Primo : dans une déclaration entortillée, le pape François a déclaré « Il est licite d’arrêter l’agresseur injuste.  Je dis bien ‘arrêter’, je ne dis pas bombarder ou faire la guerre. Les moyens de l’arrêter devront être évalués ». Il n’a donc pas fermé la porte à une intervention militaire, c’est vrai,  mais il n’a pas non plus donné son approbation aux opérations américaines actuelles.

    Comme l’écrit Jean-Pierre Denis dans l’'hebdomadaire « La Vie », « on sent l’Argentin gêné aux entournures. On le comprend, car l’Église a condamné jusqu’ici avec force toutes les interventions armées dans la région. Un peu… jésuite, François se refuse donc à parler explicitement de bombardements. C’est pourtant de cela qu’il s’agit, et il le sait. C’est ce que plaide aussi le maître de l’ordre dominicain, le ­Français Bruno Cadoré. Ce grand connaisseur de l’Irak est tout sauf un va-t-en-guerre. Il réclame pourtant, depuis la mi-août, « le déploiement immédiat d’unités militaires spéciales ». La force n’est que l’ultime recours. Mais on en est, hélas, arrivé là. La situation irakienne oblige à une révision tragique et douloureuse. Ne pas le reconnaître serait lâche. »

    Secundo : une encyclique "sereine mais sans tabou" sur l’Islamisme (et non l’Islam) ? Dans l’ordre des priorités, elle serait peut-être bien plus nécessaire que celle, déjà annoncée à plusieurs reprises, sur l’écologie. La question est de savoir si on prend le risque, comme le fit, en son temps le pape Pie XI avec sa grande trilogie : Non abbiamo bisogno du 29 juin 1931, contre le fascisme italien,, Divini Redemptoris, du 19 mars 1937, contre le communisme etMit brennender Sorge , 21 mars 1937, sur la condamnation du nazisme : la frilosité diplomatique n’était pas dans son tempérament, pas plus que le rêve pacifiste des baba cool des années 1970.

    JPSC 

  • Le Califat islamique expliqué à l’hebdomadaire « La Vie » par un intellectuel musulman

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    Que signifie la résurgence du concept de "califat" en 2014 ? Entretien de Laurence Desjoyaux (hebdomadaire « La Vie ») avec Mohammed Hocine BENKHEIRA, directeur d'étude à l'École Pratique des Hautes Etudes (EPHE). Extraits.

    D'où vient ce « califat islamique» proclamé par Abu Bakr Al-Bagdadi en Irak ?

    Le groupe qui s'est auto-constitué en califat à Mossoul en juin 2014 adhère vraisemblablement au wahhabisme, une interprétation piétiste de l'islam, apparue au 18e siècle, à la suite d'Ibn Abd al-Wahhab.(…)  

    À quel califat historique ce groupe fait-il référence ?

    Le nom même du nouveau calife autoproclamé, al-Baghdadi, est une référence claire au califat des Abassides dont la capitale était Bagdad. Le califat s’est mis en place tout de suite après la mort du Prophète en 632.. C'est la grande époque de gloire du califat régnant sur un monde musulman unifié ; c'est cette période, idéalisée, que le califat autoproclamé veut retrouver (…).

    Quel est le rôle traditionnel du calife ?

    Toutes proportions gardées, le calife est un peu l'équivalent du pape, mais seulement sur le plan séculier. Il fait office de chef mais n'a guère de pouvoir religieux, en tout cas depuis le Xe siècle. Celui-ci est accaparé par les oulémas, les docteurs de la Loi, qui détiennent la véritable autorité juridico-religieuse. Le calife est donc là pour faire appliquer la loi islamique et unifier le monde musulman. C'est d'ailleurs l’objectif proclamé par le « calife » al-Baghdadi : dans un premier temps rétablir l'autorité de la loi islamique sur les musulmans et réunifier la communauté des fidèles.

    Pourquoi les musulmans sunnites auraient-ils besoin d'un calife ?

    Le calife est présenté comme le successeur du Prophète. Il doit d'ailleurs appartenir à la tribu de celui-ci : les Quraychites. Les chiites, eux, n'ont pas besoin de successeur du Prophète car ils ont des imams qui sont considérés comme des descendants du Prophète. Par ailleurs, là où il n'y a pas de califat, il y a des puissances locales qui s'érigent en entités politiques diverses. Du coup, c'est l'émiettement de la communauté musulmane et donc son affaiblissement. La seule force qu’a pu opposer le monde sunnite, sous la direction des Ottomans, au monde chrétien, c’était une relative unité. Tous ceux qui cherchent à restaurer le califat rêvent de cette unité perdue, parce qu’ils pensent que s’ils la retrouvaient, ils pourraient mieux faire échec au projet impérial des puissances occidentales.

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  • Le voyage du pape en Corée (mise à jour 18/8)

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    Sur Eglise d'Asie :

    Avant de quitter Séoul, le pape prie pour le « pardon » au sein de « l’unique peuple » coréen

    • Dernière étape de son séjour en Corée du Sud, le pape François a présidé une messe pour la « réconciliation » de la péninsule, dans la cathédrale Myeongdong de Séoul, dans la matinée du 18 août 2014...

    A Haemi, le pape demande aux jeunes d’Asie de bâtir une Eglise « plus sainte, plus missionnaire et humble »

    • Le 17 août 2014, au quatrième et avant-dernier jour de sa visite en Corée du Sud, à Haemi, le pape François a célébré la messe devant plus de 50 000 jeunes de Corée et du continent asiatique. Il les...

    Devant les évêques d’Asie, le pape souhaite l’ouverture de relations diplomatiques avec des pays comme la Chine et le Vietnam

    • Lors d’une rencontre avec près de 70 évêques asiatiques à Haemi, le pape François a exprimé avec fermeté le souhait que les pays du continent qui n’ont pas encore de relations diplomatiques avec le ...

    Discours aux religieux : le pape fustige « l’hypocrisie » de ceux qui font vœu de pauvreté et « vivent comme des riches »

    • Le pape François a rencontré quelque 5 000 religieuses et des centaines de religieux coréens qu'il a appelés à un « témoignage joyeux » dans la chasteté, la pauvreté et l’obéissance, au village comm...

    Visite émouvante du pape François dans un centre pour personnes handicapées à Kkottongnae

    • Pour le troisième jour de sa visite en Corée du Sud, après avoir présidé la messe de béatification de 124 martyrs à Séoul , le pape François s’est rendu dans l’après-midi du 16 août 2014 dans un ce...

    En béatifiant 124 martyrs, le pape exhorte les fidèles à suivre le Christ plutôt que « le monde »

    • Le pape François a célébré la béatification de 124 martyrs coréens des XVIIIème et XIXème siècles le 16 août 2014 au centre de Séoul, devant quelque 800 000 fidèles. A cette occasion, il a appelé l...

    Aux jeunes d’Asie, le pape demande d’être missionnaires dans un « désert spirituel » croissant

    • Au deuxième jour de sa visite en Corée du Sud, le pape François a rencontré les quelque 6 000 participants aux VIèmes Journées asiatiques de la jeunesse, au sanctuaire de Solmoe, dans l’après-midi d...

    A Daejeon, le pape François fustige « les modèles économiques inhumains » et « la culture de la mort »

    • Célébrant la messe de l’Assomption dans le World Cup Stadium de Daejeon, le 15 août 2014, le pape François a demandé aux chrétiens de s’opposer aux « modèles économiques inhumains » qui créent « de ...
  • L’Eglise de Corée a-t-elle besoin d’un « aggiornamento » ?

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    Jean Mercier, sur le site de « La Vie », pointe ce qui contrarie, selon lui, l’Eglise du pape François (extraits) :

     « Que le christianisme soit la première religion parmi les Coréens - un tiers d'entre eux sont chrétiens, et 12% catholiques -, voilà qui constitue une mystérieuse anomalie si l’on considère l’incompatibilité qui existerait, a priori, entre la culture coréenne et les valeurs évangéliques (…) Même si le bouddhisme, et surtout le chamanisme - encore plus ancien - sont encore influents en Corée, c’est sans doute le système hérité du confucianisme qui marque le plus les rapports interpersonnels et les mentalités. »

    Selon le correspondant de « La Vie », les difficultés seraient les suivantes : trop de prêtres, trop d’esprit hiérarchique, trop de discipline, trop de déférence et trop de différences conceptuelles :

    « L’Eglise institutionnelle coréenne a vu gonfler ses rangs de centaines de milliers de convertis depuis le début des années 1980. Elle peut s’appuyer sur de très nombreux prêtres. Au-delà de l’image très positive de l’Eglise catholique dans la société (pour son rôle dans la démocratisation), le prêtre - contrairement à ce qui se passe en Occident - jouit d’un statut socialement valorisé, en raison des valeurs confucéennes qui renforcent son autorité. Le respect dû au supérieur renforce le respect dû au prêtre par son ordination (…). Ce phénomène a des conséquences négatives. En effet, il renforce l’architecture verticalisée de l’Eglise. La pléthore de prêtres et le nombre limité de paroisses implique que de nombreux jeunes prêtres se trouvent sous la coupe d’un curé tout puissant pendant de nombreuses années.(…)

    Les valeurs évangéliques de fraternité et d’égalité abolissent, théoriquement, dans la même appartenance au corps du Christ, les différences d’origine sociale et les niveaux hiérarchiques. Si ce défi est déjà difficile à relever dans l’Eglise catholique occidentale, il se mue en totale utopie dans le système culturel coréen où les rapports humains sont d’emblée marqués par un rapport hiérarchique.(…)

    Cette déférence hiérarchique existe dans aussi dans le rapport que le croyant doit entretenir avec Dieu. “Quand on est européen, on est habitué à tutoyer Dieu, et il n’est pas toujours facile de conduire une prière et de s’adresser à Dieu comme à une sorte de “super Empereur” par delà les nuées”, témoigne Laurence Vasseur, missionnaire d’origine belge (…).

    Au-delà du conflit de fond entre christianisme et confucianisme, la rencontre est laborieuse entre la pensée asiatique et la théologie chrétienne, Le jésuite Paul Park, théologien de l’université de Sogang, à Séoul, est le premier à se lamenter de cette difficulté (…).  Le conflit fondamental entre le mode de pensée asiatique et la théologie chrétienne explique que, très souvent, séminaristes et catéchumènes mémorisent gentiment la doctrine que l’on enseigne sans réellement comprendre de quoi il s’agit, ni pouvoir réellement s’approprier le fond du christianisme, se limitant à une pratique rituelle et collective. Les plus lucides des prêtres et évêques coréens y voient un défi particulièrement exigeant pour l’avenir du catholicisme au Pays du matin calme.

    Ref. La laborieuse rencontre entre la culture coréenne et le christianisme

    A lire cette analyse, on se prend à inverser la question posée : n’y aurait-il pas quelque valeur, dans la culture coréenne, dont l’ Occident "chrétien", ou postchrétien, pourrait tirer profit ?

    JPSC

  • Le pape a changé de planète

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    661009-pape-francois (1).jpgSe posant à Séoul à près de douze heures de vol et sept heures de décalage horaire de l’affligeante actualité de l’Irak, François - à 77 ans, il a seulement ralenti ses activités cet été sans prendre de vraies vacances - arrive donc sur une tout autre planète. Dans le « Figaro » de ce jour, Jean-Marie Guénois commente (extrait) :

     « Elle lui est totalement inconnue, mais il en a rêvé toute sa vie. L'enjeu de ce déplacement est majeur pour lui, car l'Asie pourrait être la grande priorité pastorale de tout son pontificat. Il y retournera d'ailleurs dès janvier 2015 avec une visite au Sri Lanka et aux Philippines.

    S'il commence par la Corée du Sud, c'est parce que s'y tiennent, autour du 15 août, des JMJ continentales (Journées mondiales de la jeunesse). Il y a les grands rendez-vous connus et internationaux comme celui de l'an passé à Rio ou le prochain, en juillet 2016, à Cracovie, en Pologne, mais il existe aussi des mini-JMJ locales. Ce rassemblement n'est toutefois que le noble prétexte de ce long déplacement, car le choix de la Corée est dicté par deux autres raisons dont l'une tient particulièrement au cœur de ce pape.

    Il visite là, première raison, l'Église catholique de Corée, qui est probablement, avec celle du Vietnam et celle des Philippines, celle qui connaît un taux de développement absolument spectaculaire. Performance d'autant plus remarquable que contrairement aux Philippines, où la quasi-totalité de la population est catholique, et à la différence du Vietnam, où l'Église, bien que fortement persécutée par le régime communiste, bénéficie d'un socle historique très profond, l'Église catholique de Corée du Sud est mystérieusement en train de passer du statut de minorité à celui de la communauté religieuse montante face à des protestants et des évangéliques qui tenaient la corde.

    L'Église catholique de Corée est probablement, avec celle du Vietnam et celle des Philippines, celle qui connaît un taux de développement absolument spectaculaire.

    Le dernier recensement en date de 2007 donne, pour 50 millions de Coréens du Sud, une majorité de chrétiens (29,2 %) dont 18,3 % de protestants et 10,9 % de catholiques, un petit quart de bouddhistes (22,8 %) et autres religions. Et… 45 % sans religion. Une remarquable étude de Park Moon-su, sociologue spécialiste des religions en Corée, accessible sur le site d'Église d'Asie, démontre toutefois que les protestants ont tendance à stagner et les catholiques à progresser: depuis l'an 2000, le nombre des catholiques a augmenté de… 30 %! Ils sont passés de 4 millions en 2000 à plus de 5 millions en 2011. Une tendance qui «se poursuit», affirme-t-il. Sur la même période, le nombre de prêtres a connu une croissance de… 54%! Ils étaient 2868 au début du troisième millénaire, ils sont 4415 aujourd'hui. La Corée, pour l'Église catholique et pour François, représente donc un laboratoire d'évangélisation dans un pays en pleine explosion économique. Cela pourrait servir de modèle pour d'autres pays en Asie.

    Mais la seconde raison, plus universelle cette fois mais aussi plus personnelle du choix de François pour la Corée du Sud, est profondément ecclésiale. Il va béatifier samedi, à Séoul, Paul Yun Ji-chung et ses 123 compagnons martyrs. Ce sont tous des laïcs, à l'exception d'un prêtre chinois. Jean-Paul II, qui a visité deux fois la Corée, a déjà procédé à des canonisations d'autres martyrs coréens plus tardifs, mais, curieusement, cette première génération de laïcs chrétiens coréens à qui l'Église doit tout ici a été comme oubliée… Son histoire est pourtant fabuleuse: issus d'un groupe de recherche intellectuelle au milieu du XVIIIe siècle, quelques-uns sont allés en Chine pour prendre connaissance de cette nouvelle religion, le christianisme, arrivée là par les Jésuites. Ils sont ensuite rentrés en Corée, où ils ont rédigé une synthèse de la Bible et de l'Évangile. Puis, sans prêtre, ils ont mis en pratique la vie chrétienne pendant des décennies avant d'écrire à Rome pour demander des prêtres et un évêque, qui arrivèrent en 1836, presque un siècle plus tard. François, pape aux accents parfois anticléricaux, apprécie cette saga de laïcs catholiques qui ont pris leurs responsabilités pour diffuser l'Évangile sans attendre la hiérarchie. Cette histoire-là, d'une Église fondée sur des laïcs très fervents qui ont prié et attendu leurs prêtres, le Pape veut en faire un exemple pour l'Église du monde entier.

    Autant de perspectives profondément religieuses, donc, pour ce voyage qui évoquera toutefois le divorce politique en deux blocs de la Corée. Le Pape priera publiquement pour la réunification du pays. Sans exclure, même si cela n'est pas acquis, un geste spectaculaire en ce sens dont François a le secret.

    Réf. En Corée, le pape François part à la conquête de l'Asie

    Ne nous trompons pas de discours : l’histoire d’une périphérie à la recherche de son centre, qu’elle a aujourd’hui trouvé, est évidemment admirable. Ceci dit, une Eglise sans évêques, ni prêtres n’était évidemment pas un idéal à promouvoir, mais une pierre d’attente, dans une ferveur qui nous touche encore à présent. JPSC 

  • Ne me réanimez pas

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    Jeanne Smits, sur son blog, nous informe des progrès de la mentalité euthanasique aux Pays-Bas et en Flandre :

    C’est encore une retombée de la « société euthanasique » où par définition, se répand une propagande pro-mort qui est véritablement une culture de mort. Aux Pays-Bas comme en Belgique néerlandophone, le nombre de porteurs d’un refus de réanimation augmente de manière « explosive ». Plaque d’identité ou format carte de crédit, c’est un petit document que l’on garde sur soi en toute circonstance pour décourager toute tentative de secours en cas de crise cardiaque, arrêt respiratoire ou autre AVC.

    Les partisans de la non-réanimation ont entendu dire que les chances de guérir après une réanimation sont modestes. Et même si les statistiques affichées sont un peu meilleures lorsque les soins sont donnés à l’hôpital, leur crainte est de survivre à l’état de « légume ».

    Le risque de devenir totalement dépendant à la suite d’une réanimation est pourtant minime : 1 % (la probabilité d’y survivre, elle, se situe entre 10 et 20 %).

    Aux Pays-Bascomme en Flandres, ce sont les associations pour la « mort digne » ou la « fin de vie choisie »  (c’est équivalent) qui font la promotion et la distribution de ces documents non officiels mais qui sont généralement respectés par les soignants puisque cela leur est imposé par la loi. Aux Pays-Bas, la NVVE commercialise les plaques d’identité marquées de la photo, du nom et des coordonnées du porteur, pour la modique somme de 37,50 €. On ne peut l’obtenir sans devenir membre. Il suffit ensuite de les porter.

    En Belgique, la procédure est plus compliquée : il faut faire préciser ses directives anticipées (refus de réanimation, demande d’euthanasie en cas de coma, don d’organes, directives pour l’enterrement, don du corps à la science) et les mettre en sécurité chez une personne de confiance. La « Leifkaart » portée sur soi renvoie vers cette personne. Et c’est gratuit, grâce au concours de plusieurs associations « humanistes ».

    Aux Pays-Bas, le nombre total de plaques commandées atteint désormais plus de 20.000 ; le nombre d’enregistrements est passé de 1.200 en 2007 à 5.000 en 2013. En Belgique l’augmentation des demandes a été encore bien plus rapide et le nombre de porteurs avoisine les 30.000. L’association LEIF annonce une attente de deux mois pour la fourniture des cartes.

    Cette nouvelle mode n’est certainement pas sans rapport avec la propagande médiatique et les réunions d’information, souvent organisées par les associations pour l’euthanasie, visant à sensibiliser la population sur le risque de la démence ou de la dépendance. Aux Pays-Bas, beaucoup de directives anticipées sont rédigées en ces occasions.

    L’association néerlandaise du cœur a réagi à l’information en invitant les Néerlandais à bien réfléchir avant de faire un tel choix, rappelant que la réanimation offre la chance d’une seconde vie. Elle cite le cas d’un cycliste amateur réanimé l’an dernier à 58 ans à la suite d’une défaillance cardiaque. Il est aujourd’hui en pleine santé.

  • Pourquoi le Vatican considère-t-il qu’une intervention militaire en Irak est « nécessaire » ?

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    Pourquoi-le-Vatican-considere-t-il-qu-une-intervention-militaire-en-Irak-est-necessaire_article_main (2).jpgLu sur le site de « La Croix » (extraits) :

    « Alors que depuis les années 1960, les positions du Vatican se caractérisent par une forte réticence face à l’usage de la force armée dans la résolution de conflits, Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, a déclaré samedi 9 août, qu’une intervention militaire en Irak est « nécessaire en ce moment pour arrêter l’avancée des djihadistes en Irak ». (…)

    Entretien avec Christian Mellon, jésuite, membre du Centre de recherche et d’action sociales (Ceras) :

    « Il est vrai que selon la ”doctrine de la guerre juste”, c’est-à-dire la position traditionnellement tenue par l’Église catholique sur la légitimité éthique de la guerre, une intervention militaire est rarement légitimée. Mais elle l’est en cas d’épuration ethnique ou de génocide, et plus généralement lorsque “des populations civiles risquent de succomber sous les coups d’une injuste agression”, comme l’avait dit Jean-Paul II le 16 janvier 1993 au corps diplomatique, lors des dramatiques événements de Bosnie.

    De même, le 1er  janvier 2000, à l’occasion de son message pour la journée de la Paix, Jean-Paul II rappelait que, “quand les populations civiles risquent de succomber et que les efforts de la politique et les instruments de défense non violente n’ont eu aucun résultat, il est légitime, et c’est même un devoir, de recourir à des initiatives concrètes pour désarmer l’agresseur. Toutefois, ces initiatives doivent être limitées dans le temps, avoir des objectifs précis, être mises en œuvre dans le plein respect du droit international, être garanties par une autorité reconnue au niveau supranational et n’être jamais laissées à la pure logique des armes.”

    Quant à la divergence d’expression entre Mgr Silvano Tomasi, qui parle d’intervention militaire, et le pape François qui évoque une “solution politique (une intervention militaire devant viser à une solution politique), elle peut surprendre en effet, car la position de Mgr Tomasi a sans doute été prise avec l’accord du pape. Mais cette différence peut se comprendre du fait des contextes respectifs de ces paroles : une prière place Saint-Pierre ne peut être comparée à une prise de parole dans l’enceinte de l’ONU. »

    RECUEILLI PAR CLAIRE LESEGRETAIN »

     Réf. Pourquoi le Vatican considère-t-il qu’une intervention militaire en Irak est « nécessaire » ?

    Si la différence d’expression entre le pape François et Mgr Tomasi, que nous avions déjà relevée,  n’est pas une divergence, on s’en réjouira, mais elle peut effectivement surprendre : laisser planer un doute ou une ambiguïté déforce évidemment le message. JPSC

     

  • Annie Laurent : les chrétiens d’Irak ne sont pas une minorité comme les autres

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    L’hebdomadaire « Famille chrétienne » a eu la bonne idée d’interroger l’une des personnes les mieux informées sur la question des chrétiens du Proche-Orient :

    0_Annie-Laurent.jpg« L’invasion de l’Irak par les jihadistes de l’État islamique s’inscrit dans l’affrontement sanglant que se livrent sunnites et chiites depuis des siècles. Dans ce conflit séculaire, les chrétiens essayent de jouer un rôle de médiateur. Éclairage avec Annie Laurent, docteur d’État en sciences politiques, journaliste et auteur en 2008 de Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ? (éd. Salvator)

    Qui sont les jihadistes de l’État Islamique ? D’où viennent-ils et qui sont-ils ?

    Ce sont des combattants sunnites, qui émanent d’une dissidence d’Al Qaïda, apparue dans le nord de la Syrie, quelques mois après le début de la révolte contre le président Bachar el-Assad. Ils ont pris le contrôle d’une grande partie du nord-est de la Syrie à partir de la moitié d’Alep et jusqu’à la frontière irakienne. Ils ont sous leur contrôle un territoire assez important en Syrie, et contrôlent maintenant près de la moitié de l’Irak.

    Ils viennent des pays arabo-musulmans, dont la Syrie, l’Afghanistan, l’Irak… Leur chef, Abou Bakr al-Baghdadi, alias calife Ibrahim, est lui-même irakien. Son nom signifie « de Bagdad ».

    Pourquoi ces jihadistes veulent-ils s’emparer de l’Irak ?

    Il faut situer ces événements dans le contexte régional de l’antagonisme séculaire entre le monde sunnite et le monde chiite. Pendant des siècles, les sunnites ont dominé la Mésopotamie, c’est-à-dire l’actuel Irak. En 2003, grâce à la guerre menée par les Américains contre Saddam Hussein, les chiites – devenus majoritaires dans le pays (+ de 60 % de la population) – ont pris leur revanche contre les sunnites.

    Furieux que le pouvoir leur ait échappé, les sunnites s’efforcent aujourd’hui de reconquérir le pouvoir. Le comportement sectaire de l’actuel Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a profondément choqué les sunnites. C’est la raison pour laquelle les jihadistes ont bénéficié, dans les premiers temps de leur offensive, du soutien des tribus traditionnelles et même d’anciens militants du parti baas de Saddam Hussein. Mais devant les horreurs perpétrées par les jihadistes, ces derniers commencent amèrement à regretter ce soutien.

    Peut-on parler d’un règlement de compte entre musulmans ?

    On passe sans cesse d’une revanche à l’autre. Les sunnites veulent briser l’arc chiite qui s’est formé après la révolution de Khomeini en Iran en 1979. Quand il a renversé le Shah, Khomeini a voulu étendre sa révolution en créant le Hezbollah au Liban, puis, pour assurer une continuité territoriale, il a conclu une alliance avec la Syrie de Hafez el-Assad, le père de Bachar. Non pour des raisons confessionnelles – la parenté chiite-alaouite n’était qu’un prétexte –, mais pour des raisons stratégiques. Dans cet axe Iran-Syrie-Liban, l’Irak occupe une place centrale : d’une part parce que la population y est majoritairement chiite, d’autre part car le pays abrite les deux principaux lieux saints des chiites où sont enterrés Ali, cousin de Mahomet, et son fils Hussein, assassinés tous les deux au VIIe siècle.

    L’origine du conflit irakien est donc la même qu’en Syrie.

    C’est la même chose. Les alaouites – branche dissidente des chiites – ont le pouvoir depuis 1970. Pendant des siècles, ils ont été persécutés jusqu’à ce qu’ils s’emparent du pouvoir en 1970 grâce à Hafez el-Assad. Ce fut pour les alaouites une revanche sur une histoire extrêmement douloureuse. Avec les révoltes arabes, le monde sunnite a pensé que le moment était venu d’en finir avec le régime alaouite.

    Qui finance les jihadistes de l’État Islamique ?

    Ce sont les autres pays sunnites – très riches – de la région, notamment l’Arabie Saoudite et les émirats de la péninsule (Oman…). Leur haine vis-à-vis des chiites et des alaouites, qui remonte aux origines de l’Islam, est à peine dissimulée. Ainsi, très peu de temps après la révolte en Syrie, tous les appels à la prière en Arabie Saoudite étaient complétés par l’invocation suivante : « Que Dieu nous envoie le moujahid (combattant) capable d’abattre le traitre Bachar el-Assad ».

    Faut-il pour autant regretter les dictatures arabes ?

    Aussi bien en Syrie qu’en Irak, les régimes du Baas – que ce soit celui de Saddam Hussein en Irak ou Bachar el-Assad en Syrie – ont eu au moins le mérite de pacifier les relations entre des communautés qui ne s’aimaient pas. D’ailleurs, les chrétiens en ont bénéficié et certains regrettent ce temps-là.

    Les Occidentaux ont-ils intérêt à ce qu’un état sunnite émerge à côté de l’Iran ?

    Normalement, leur intérêt serait de rechercher la stabilité de ces États, avec leur dimension multiconfessionnelle. Mais je pense qu’il faut plutôt aborder la question du point de vue d’Israël. Le chaos du Proche-Orient peut être une occasion opportune pour l’État Hébreu de voir la région éclater en entités ethniques et/ou confessionnelles. Selon eux, cette nouvelle configuration les laisserait tranquilles en déplaçant le conflit.

    Comment jugez-vous l’absence de réaction des Occidentaux pendant plusieurs semaines vis-à-vis des chrétiens d’Irak ?

    Je suis très choquée par leur attitude. Les Occidentaux sont incapables de comprendre ce que les chrétiens au Proche-Orient ont de spécifique, et ce qu’ils peuvent et doivent apporter aux sociétés dans lesquelles ils vivent.

    Ils ne sont pas une minorité à côté d’une autre. Ils peuvent apporter le progrès, l’ouverture, les valeurs de l’Évangile – comme le pardon par exemple –, le sens de la gratuité ou encore celui du bien commun… Alors que les chrétiens sont minoritaires, leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs œuvres sociales attirent beaucoup de familles musulmanes. L’élément chrétien sert l’unité au Proche-Orient. Comment le faire comprendre à nos dirigeants aveuglés par leur laïcisme ?

    Les États-Unis ont-ils raison de procéder à des frappes aériennes ?

    Je crains que ces frappes n’aggravent encore plus le chaos. Les musulmans en Orient considèrent les chrétiens de leur pays comme des alliés de l’Occident. Quelle sera leur réaction ? Mais si l’Irak en est arrivée là aujourd’hui, c’est bien à cause des Américains. Ils ont commis leur plus grave erreur en 2003, lorsqu’ils ont engagé leur guerre contre Saddam Hussein et ont cru pouvoir imposer la démocratie. Ça ne s’impose pas la démocratie.

    Comment aider les chrétiens à rester ?

    Nous ne devons surtout pas, sous prétexte d’assurer leur protection, les cantonner dans des zones où ils seraient seulement entre eux. Ce serait criminel, car on empêcherait les chrétiens d’accomplir leur vocation qui est au service de tous. À terme, ce serait les conduire à leur disparition. Nos gouvernants doivent au contraire exiger de nos partenaires un statut de pleine citoyenneté pour les chrétiens.

    Ref. « Les chrétiens d’Irak ne sont pas une minorité comme les autres »

    Annie Laurent est titulaire d’une maîtrise en droit international et d’un doctorat d’Etat en sciences politiques pour une thèse sur « le Liban et son voisinage ». Connaissant le Proche-Orient (où elle a vécu) depuis 1980, elle s’est spécialisée dans les domaines touchant aux questions politiques de cette région, à l’islam, aux chrétiens d’Orient et aux relations interreligieuses. Auteur de plusieurs livres sur ces sujets, Annie Laurent est aussi à l’origine de l’association « Clarifier ». Le pape Benoît XVI l’avait nommée experte au Synode spécial des Evêques pour le Moyen-Orient, qui s’est tenu à Rome en octobre 2010. JPSC