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Société - Page 78

  • Homélie pour la Fête-Dieu à l’Église du Saint-Sacrement à Liège : par Jean-Pierre Delville, évêque de Liège 1er juin 2024

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    Chers Frères et Sœurs,

    La Fête-Dieu, c’est l’actualisation de la Pâque aujourd’hui, c’est la fête de Pâques pour moi, pour nous, dans la communion au corps du Christ. En effet, Pâque, c’est le Christ qui donne sa vie pour nous et qui ressuscite pour la vie éternelle. C’est la Fête-Dieu, c’est notre communion à ce don de soi et à cette vie nouvelle dans le Christ. Comme le dit Jésus : « Celui qui me mange vivra par moi ; celui qui mange ce pain vivra éternellement » (Jn. 6, 56-58).  

    Ce mystère de vie est aussi un mystère d’amour, l’amour de Dieu pour nous, qui se manifeste dans le don que Jésus nous fait de son Corps et de son Sang, c’est-à-dire le don de toute sa vie. Nous découvrons que nous sommes des gens qui sont aimés, et non pas des gens lancés dans la vie par le hasard des choses. Chacun de nous est aimé par le Christ et nous sommes invités à répondre à cet amour en communiant avec lui et en recevant son Corps. Jésus nous a aimés le premier. Il est mort pour nous, c’est-à-dire qu’il est allé jusqu’au bout de sa vie d’amour, il n’a pas reculé au dernier moment. Mais il a voulu donner un signe du fait qu’il offrait sa vie pour nous. Il a voulu donner un signe qui dure : c’est le saint Sacrement de son Corps et de son Sang. Avant tout, nous le recevons comme un cadeau qui nourrit nos vies ; mais ensuite, nous nous engageons à répondre à ce cadeau par une vie qui répand l’amour autour d’elle.  C’est pourquoi nous conservons le Saint-Sacrement pour contempler en adoration cet amour reçu et pour diffuser cet amour autour de nous. L’Église conserve au tabernacle le sacrement du Corps du Christ pour qu’il soit une nourriture spirituelle perpétuelle.

    Cette année, nous faisons ici mémoire du carme Jean Soreth, pour lequel l’abbé Dor a préparé une exposition au fond de l’église. Le bienheureux Jean Soreth a habité Liège très régulièrement ; en 1451 il est élu supérieur général des carmes jusqu’à sa mort en 1471. Pour nous Liégeois, il est célèbre parce qu’il a tenté de convaincre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire de ne pas mettre Liège à feu et à sang en 1468. Malheureusement il n’a pas réussi à apaiser le duc. Dans le sac de la ville, Jean Soreth a assisté à un sacrilège : les hosties consacrées conservées dans le tabernacle d’une église ont été renversée sur le sol. Alors il s’est précipité au péril de sa vie pour les sauver et a réussi à les placer dans le tabernacle de son église. Il croyait de tout son cœur à la présence réelle du Corps du Christ sous les espèces du pain consacré. Cela se passait pas loin d’ici, place des Carmes, au croisement avec la rue Saint-Paul.

    Là il a prêché le carême en 1451 et ses sermons ont été transcrits par un père Croisier ; le manuscrit est encore conservé aujourd’hui à la Bibliothèque du Séminaire. Il insiste dans son premier point sur notre réconciliation avec Dieu  par la communion et il nous invite à nous donner à Dieu. En effet, Jean Soreth insiste sur la recherche personnelle de la purification du cœur, dans une communion continuelle à Dieu[1]. Comme le dit Jean Soreth d’une manière audacieuse, il ne suffit pas de communier au pain reçu du Christ, il nous faut aussi à notre tour offrir au Christ un bon pain, fait de farine bien moulue. En effet, comme Jésus le dit dans l’Apocalypse : «  Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap. 3, 20). Si le Seigneur vient prendre son repas chez nous, nous devons lui servir du bon pain.

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  • Elections : que proposent les partis en matière bioéthique?

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Bandeau ieb

    ELECTIONS 2024

    Découvrez les positions des partis sur les sujets bioéthiques

    Quelles sont les positions des partis politiques belges sur la procréation artificielle (PMA), sur la pratique des mères porteuses (GPA), sur l'avortement ou encore l'euthanasie ? 

    Le succès de notre conférence en ligne la semaine dernière confirme l'importance cruciale de ces sujets pour de nombreux citoyens.

    Sensibiliser le grand public aux enjeux bioéthiques implique pour notre Institut de proposer des mesures en faveur d'une société plus respectueuse de la personne humaine, quelles que soient ses vulnérabilités.

    Retrouvez ci-dessous les vidéos de la conférence par thématique, avec le bilan de la législature et les propositions des partis, confrontées aux priorités portées par l'IEB.

    Un tableau comparatif (résumé ou détaillé) vous est également proposé sur notre site internet.

    Avortement

    Procréation artificielle

    Gestation pour autrui

    Protection de la maternité

    Avortement

    Soins palliatifs

    Euthanasie

    Retrouvez sur notre site les tableaux comparatifs (synthétiques et détaillés) des positions des partis sur les différents thèmes bioéthiques. 

    Tableaux comparatifs des programmes

    Certains partis sont attachés à la liberté de vote en matière éthique et n'imposent pas de consigne de parti à leurs élus. 

    Dans ce cas, il est intéressant pour l’électeur de s’interroger sur la position de chaque candidat et de s’exprimer en faveur de ceux qui rejoignent sa conception quant au respect de la vie humaine et de la dignité de chaque personne.

  • La vocation d'une université catholique selon le cardinal Sarah

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    Du site de La Nef :

    Cardinal Sarah : quelle est la vocation d’une université catholique ?

    Discours prononcé en avril 2024 aux étudiants prêtres, religieux, religieuses et laïcs de l’École Théologique Saint-Cyprien du diocèse d’Obala (Cameroun), sur le thème suivant : « La vocation d’une université catholique à la lumière de l’enseignement de Benoît XVI »

    Chers étudiants de l’École Théologique Saint Cyprien du diocèse d’Obala,

    Je voudrais aujourd’hui réfléchir avec vous sur la vocation d’une université et en particulier d’une université catholique à la lumière de l’enseignement de Benoît X  VI.

    Benoît XVI l’a plusieurs fois souligné : « La vocation originelle de l’université est la recherche de la vérité, de toute la vérité de notre être. Et avec son obéissance à la vérité et aux exigences de sa connaissance, l’université devient une école d’humanitédans laquelle se cultive un savoir vital, se forgent de hautes personnalités et se transmettent des connaissances et des compétences de valeur »[1].

    La recherche de la vérité est donc votre programme, comme le proclame votre devise : « Au service de la Vérité et de la Justice ».

    Benoît XVI ajoutait : « Sans être orientée vers la vérité, sans une attitude d’humble et courageuse recherche de la vérité, toute culture se désagrège, tombe dans le relativisme et se perd dans l’éphémère ».

    Le sens de la Vérité est la pierre qui doit fonder toute culture solide. Sans recherche de la vérité, on ne peut s’appuyer sur rien. Tout devient liquide.

    Sans l’objectivité de la vérité, nous sommes livrés aux appétits et aux passions subjectives. Sans vérité, il n’y a plus d’ordre juste objectif et intangible, personne ne peut être protégé contre l’égoïsme capricieux et la violence.

    La vérité est le seul rempart solide qui s’oppose à la tentation de la toute-puissance et de l’arbitraire. La vérité fonde l’ordre et la justice. Son absence nous livre au chaos. Sans vérité, les opinions s’entrechoquent et nul ne peut les départager.

    Sans vérité, il n’y a plus d’unité possible entre les hommes. Ils sont condamnés à s’entre-déchirer sans cesse. Car la vérité est le seul bien qu’ils possèdent en commun et à partir duquel ils peuvent s’entendre.

    Benoît XVI le savait bien, lui qui avait vu dans sa jeunesse son pays sombrer dans l’idéologie nazie. Il avait vu de ses yeux un pays, héritier d’une civilisation raffinée, sombrer dans la barbarie. Pourquoi ? Parce qu’à l’amour de la vérité on avait substitué le doute. Et après le doute est venu le règne de la violence et de la volonté de puissance.

    Il y a là un enjeu capital pour l’Afrique de demain. Je voudrais vous inviter non seulement à chercher la vérité mais à l’aimer passionnément !

    Le monde universitaire africain doit prendre garde à ne pas se laisser contaminer par les maladies de l’esprit que l’Occident voudrait lui imposer. L’Occident a peur de la recherche de la vérité. Pour nombre d’Occidentaux la vérité est devenue un terme imprononçable. Si vous parlez de vérité, on vous accuse de dogmatisme, d’oppression. Mais en fait derrière ces discours trompeurs se cache la violence de la dictature du relativisme qui elle-même est souvent le masque des intérêts financiers et matériels inavoués.

    Le 13 décembre 2012, Benoît XVI rappelait à un groupe d’ambassadeurs africains : « De nos jours, dire le vrai est devenu suspect, vouloir vivre dans la vérité semble suranné, et la promouvoir semble être un effort vain. Et pourtant, l’avenir de l’humanité se trouve également dans la relation des enfants et des jeunes avec la vérité : la vérité sur l’homme, la vérité sur la création, la vérité sur les institutions, etc. C’est pourquoi, il est nécessaire d’éduquer dans la vérité et à la vérité ».

    N’ayons donc pas peur d’aimer et de chercher la vérité ! L’Occident est devenu sceptique à l’image de Ponce Pilate. Il répète sans cesse sur un ton désabusé : « Mais qu’est-ce que la vérité ? » (Jn 18, 38). Et comme Pilate, il met sa confiance dans la force politique pragmatique et souvent injuste parce qu’il ne peut plus s’appuyer sur la force de la vérité.

    Pourtant, « que se passe-t-il si la vérité ne compte pour rien ? Quelle justice sera alors possible ? Est-ce qu’il ne doit pas y avoir des critères communs qui garantissent véritablement la justice pour tous -critères soustraits à l’arbitraire des opinions changeantes et aux concentrations du pouvoir ? N’est-il pas vrai que les grandes dictatures se sont maintenues par la force du mensonge idéologique et que c’est la vérité seule qui a apporté la libération ? »[2]

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  • L'image du corps et de la sexualité (Claude Callens)

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    Du site youtube du diocèse de Namur :

  • Elections européennes : communiqué de presse de la FAFCE

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    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    La FAFCE développe une boîte à outils politique en amont de la nouvelle législature du Parlement européen, mettant en avant cinq priorités clés

    Bruxelles, le 5 juin 2024

    La FAFCE a développé une boîte à outils politique pour les membres élus du Parlement européen et les institutions de l'UE pour la nouvelle période législative, qui commence lundi prochain après ce week-end (6-9 juin) d'élections dans tous les États membres de l'UE. Plus de 400 millions d'Européens auront l'occasion de voter pour leurs députés européens. La FAFCE invite les nouveaux parlementaires à donner la priorité aux familles dans l'élaboration de leurs politiques pour cette nouvelle législature.

    La liste non exhaustive contient cinq domaines politiques clés :

    1. Démographie : La FAFCE invite les candidats à soutenir la renomination d'un commissaire européen pour poursuivre le travail de l'actuel commissaire vice-président pour la démocratie et la démographie, Dubravka Šuica, chargé de s'attaquer à la transition démographique.

    La Fédération encourage également la création d'un intergroupe parlementaire interpartis sur « les défis démographiques, l'équilibre travail-famille et les prochaines générations ».

    Le Président de la FAFCE, Vincenzo Bassi, déclare : « Alors que cette élection se déroule au début de l'été, nous sommes plongés dans un hiver démographique. Les taux de natalité ont chuté et la pandémie de solitude s'est répandue sur tout le continent. Nos institutions européennes doivent consacrer des ressources et du capital humain à la compréhension des causes profondes de cette situation et investir dans un printemps démographique pour le continent. Sans solidarité intergénérationnelle, nous ne pourrons pas commencer à relever les nombreux défis qui nous attendent. Pour cela, il faut donner la priorité aux familles et aux enfants, sans lesquels il n'y a pas d'avenir".

    2. La famille comme investissement

    La FAFCE invite les candidats à considérer les investissements de l'UE dans les politiques familiales comme un investissement stratégique dans l'avenir de l'Europe. Le budget que les Etats membres et, indirectement, l'UE investissent dans les politiques familiales doit être considéré comme un investissement dans le capital humain. Une réflexion sur les critères de Maastricht est nécessaire au niveau de l'UE. 

    Le Président de la FAFCE, Vincenzo Bassi, déclare : « Les politiques qui donnent la priorité à la famille sont aussi des politiques qui donnent la priorité au bien commun. La famille, en tant que cellule de base de la société, est elle-même au service du bien commun. Lorsque les parents ont un bon équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée, les enfants peuvent accéder à l'éducation et au logement lorsqu'ils grandissent, et lorsque les personnes âgées sont valorisées et prises en charge, tout cela sert le bien commun.

    "Dans toute l'Europe, nous constatons à quel point les réseaux familiaux sont précieux pour l'épanouissement des communautés, en particulier dans le contexte de la pandémie de solitude que nous connaissons. C'est en les soutenant et en y investissant que nous pourrons construire la solidarité entre les générations dont dépend notre avenir. La famille n'est pas un coût, mais le meilleur investissement possible".

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  • Bruxelles, 12 juin : "Au service des plus pauvres à Calcutta", conférence du père Laurent Bissara (KTO Belgique)

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    Téléchargez les images - 1

    KTO Belgique a la joie de vous inviter à la conférence

    AU SERVICE DES PLUS PAUVRES À CALCUTTA

    par le père Laurent Bissara

    le mercredi 12 juin à 19h

    conférence à 19h15 suivie d'une réception offerte - fin 21h45

    Adresse du jour : IPM Group - Rue des Francs, 79 à 1040 Bruxelles

    Réservations souhaitées (nombre de places limité)

    Pour toute question 0485 71 83 79

  • Claudia Sheinbaum : quand le pire Mexique l'emporte

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    Claudia Sheinbaum, le pire Mexique gagne

    Claudia Sheinbaum, candidate de la coalition de gauche, remporte l'élection présidentielle mexicaine avec une large majorité. Avorteuse, féministe, écologiste, elle est le pire choix pour un pays catholique.

    04_06_2024

    Le dimanche 2 juin, le vote a eu lieu au Mexique, l'électorat soutenant massivement le président de la République sortant Lopez Obrador et la coalition (« Continuons à faire l'histoire ») qui a soutenu la candidate de la gauche révolutionnaire Claudia Sheinbaum, élue avec environ 58% des voix (à l'heure où nous écrivons ces lignes, le résultat qui lui est attribué par l'Institut national électoral est de 58,8%).  

    Les deux autres candidats à la présidence du pays ont été disqualifiés : Bertha Xóchitl Gálvez Ruíz, qui a recueilli l'engagement des trois partis historiques (PAN, PRI et PRD) s'est arrêtée à moins de 30% (28,1%), tandis que Jorge Álvarez Máynez, du « Mouvement Ciudadano », a dû se contenter d'un maigre 10,5%. La participation au vote a été de 60% des électeurs, soit environ 49 millions de votants. Hier, à juste titre, le président Obrador, après avoir félicité son candidat nouvellement élu, s'est dit très satisfait du peuple mexicain et de la manière dont les citoyens ont manifesté et affirmé leurs libertés, réaffirmant ainsi leur vocation démocratique.

    « C'est vraiment un peuple exemplaire, hier [dimanche] il s'est manifesté, des millions de citoyens ont participé, quelque 60 millions de citoyens, et ils ont décidé librement de l'avenir de notre pays... le peuple mexicain est un peuple très conscient, très politisé, l'un des peuples les plus politisés du monde, très intelligent », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse. Le pari personnel du président Obrador a réussi et le triomphe de Sheinbaum, ainsi que l'obtention de la majorité qualifiée pour les 2/3 des réformes constitutionnelles dans les deux chambres du parlement, confirment l'énorme emprise du populisme marxiste à la sauce sud-américaine, jouée par le président controversé et bavard.

    Dans son premier discours, après avoir pris connaissance des résultats partiels mais consolidés, Mme Sheinbaum, qui dirigera le pays du 1er octobre jusqu'en 2030, a rappelé son engagement en faveur de « l'austérité républicaine, de la discipline fiscale et de l'autonomie de la banque centrale », tout en réaffirmant qu'elle souhaitait diriger le pays avec un profond esprit démocratique et en assurant que « nous ne formerons jamais un gouvernement autoritaire ou répressif. Nous respecterons la diversité politique, sociale, culturelle et religieuse. Nous respecterons l'esprit d'entreprise tout en veillant à respecter l'environnement ». Oui, parce que Claudia Sheinbaum ne sera pas seulement la première femme présidente du Mexique, mais aussi la première écologiste, abortiste et promotrice de toutes les déséducations et coutumes LGBTI néfastes.

    Le Groupe de Puebla, forum créé au Mexique à l'initiative de Lopez Obrador et réunissant des leaders hispano-américains de gauche, populistes et révolutionnaires, a félicité les nouveaux élus et tout le Mexique pour « un jour historique pour la démocratie dans ce pays ». Les présidents des autres pays social-marxistes, Maduro (Venezuela), Petro (Colombie), Díaz-Canel (Cuba), Xiomara Castro (Honduras), Arce (Bolivie), Arevalo (Guatemala), Lula (Brésil), Boric (Chili) ont tous félicité et salué l'élection d'une « femme progressiste ». Au chœur des nombreux interprètes du nouveau socialisme révolutionnaire latino-américain se sont ajoutés les vœux personnels que les anciens présidents d'Argentine, Alberto Fernández, et de Bolivie, Evo Morales, ont souhaité présenter directement à Mexico.  

    Comme nous l'avons déjà mentionné ces derniers jours, les trois candidats à la présidence s'opposent ouvertement non seulement aux principes non négociables, mais promeuvent même l'avortement, l'idéologie et tous les privilèges de la communauté LGBTI, les limites à la liberté d'éducation, les droits parentaux et la liberté de religion et d'église. Malheureusement, il faut rappeler que Claudia Sheinbaum est le pire choix que l'on puisse faire, étant donné que non seulement elle veut soutenir un « Programme national de santé pour les populations sexuellement diverses », mais qu'elle se décrit également comme une « féministe », une promotrice de « l'égalité substantielle », une enfant de « 68 », une spécialiste du changement climatique et une « écologiste convaincue ».

    Les membres de la présidence du « Frente de la Familia », le mouvement pro-famille et pro-vie enraciné dans le pays, ont envoyé à La Bussola une première réaction au vote de dimanche, appelant « les citoyens à lutter pour la paix, à défendre la vie, à lutter pour la démocratie, à défendre leurs libertés fondamentales, à lutter pour le bien commun en défendant nos familles contre un régime qui a consolidé la culture de la mort, de l'idéologie et de l'effacement, qui a livré le territoire à la domination du crime organisé [...]. un régime qui cherche à revenir à l'autoritarisme doré du nationalisme révolutionnaire ».

  • Melinda French Gates finance à coup de millions un cabinet d'avocats spécialisé dans l'avortement radical

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    De Rebecca Oas sur le Friday Fax (C-Fam) :

    Melinda Gates, divorcée milliardaire, vient de s'engager à verser des centaines de millions de dollars à des groupes de défense de l'avortement, dont le Center for Reproductive Rights (CRR), un organisme anti-vie et anti-famille. Melinda Gates a insisté dans le passé sur le fait que son argent n'irait pas à l'avortement, mais cela a toujours été faux. Elle a déjà versé des centaines de millions à des groupes d'avorteurs, et voici qu'une nouvelle avalanche d'argent de Gates vient tuer des bébés. Mme Gates affirme être une bonne catholique.

    Melinda French Gates finance un cabinet d'avocats spécialisé dans l'avortement radical

    30 mai 2024

    WASHINGTON, D.C. 31 mai (C-Fam) Melinda French Gates a annoncé qu'elle ferait don d'un milliard de dollars à des organisations féministes au cours des deux prochaines années, dont le Center for Reproductive Rights (CRR), qui promeut agressivement l'avortement tant au niveau national qu'à l'étranger.

    Dans un éditorial du New York Times, Mme Gates a rendu son soutien à l'avortement plus explicite qu'auparavant, bien qu'elle n'ait pas utilisé le mot « avortement » lui-même : « Alors que je me suis longtemps concentrée sur l'amélioration de l'accès à la contraception à l'étranger, dans l'ère post-Dobbs, je me sens désormais obligée de soutenir les droits reproductifs ici, chez nous », écrit-elle.

    Mme Gates est l'ex-femme de Bill Gates, ancien PDG de Microsoft, et a récemment annoncé qu'elle se retirerait de la direction de la Fondation Bill et Melinda Gates, l'organisation philanthropique qu'ils partagent.

    Melinda Gates a fait de la planification familiale un élément clé de sa philanthropie depuis 2012, lorsqu'elle a utilisé le slogan « Pas de controverse » pour promouvoir les contraceptifs comme quelque chose de totalement séparé de ses associations controversées avec l'avortement et le contrôle de la population.  Les critiques ont souligné que, bien qu'elle ait elle-même évité d'approuver explicitement l'avortement, citant même son éducation catholique, les organisations de planification familiale qu'elle a financées étaient souvent des défenseurs de l'avortement.

    Depuis lors, la Fondation Gates a fait don de fonds destinés à la planification familiale à divers groupes pro-avortement, dont Marie Stopes International, la Fédération internationale pour le planning familial et Ipas.

    Le CRR a représenté la Jackson Women's Health Clinic dans la décision de la Cour suprême Dobbs, qui a renversé la décision Roe v. Wade, vieille de près de 50 ans, établissant l'avortement tout au long de la grossesse dans tous les États américains.  Outre les poursuites judiciaires engagées dans de nombreux États américains après l'arrêt Dobbs, le CRR a intenté des procès ciblés dans de nombreux pays, en particulier en Amérique latine, afin de contraindre les pays à libéraliser leur législation en matière d'avortement.

    Le site web de Pivotal Ventures, l'organisation philanthropique fondée par Melinda Gates en 2015, décrit le CRR comme ayant « joué un rôle essentiel dans l'obtention de victoires pour l'avortement, la contraception, la santé maternelle et plus encore dans les couloirs du Congrès américain, devant les tribunaux nationaux et internationaux, et aux Nations Unies ».  Le même site note qu'un autre bénéficiaire de la subvention, le média indépendant « The 19th », a pour objectif « d'autonomiser les femmes et les personnes LGBTQ+ », et que le National Women's Law Center se concentre également sur les questions LGBTQ.

    Les féministes pro-avortement ont applaudi l'annonce de Mme Gates, même si certaines se sont plaintes qu'elle n'ait pas fait de dons directs à des fonds locaux pour l'avortement et ont exprimé leur déception quant au fait que « ses engagements concernent plus vaguement le planning familial et les droits reproductifs » que l'avortement en tant que tel.

    Nombreux sont ceux qui ont souligné les parallèles évidents entre Mme Gates et MacKenzie Scott, l'ex-femme du PDG d'Amazon Jeff Bezos, qui a également fait don d'importantes sommes d'argent à des groupes féministes et favorables à l'avortement.  En 2022, MacKenzie Scott a fait un don record de 275 millions de dollars à Planned Parenthood.

    Le plus grand donateur des associations américaines de lutte promouvant l'avortement est Warren Buffett, dont la fondation Susan Thompson Buffett, nommée en l'honneur de sa défunte épouse, a donné au moins 2 milliards de dollars à cette cause depuis 2000.  Buffett a également été l'un des principaux bailleurs de fonds de la promotion de l'avortement au niveau international, notamment en soutenant le projet de l'Organisation mondiale de la santé sur la reproduction humaine.  Un rapport récent du Centre européen pour le droit et la justice note que les orientations de l'OMS sur l'avortement pour 2022 ont été précédées d'un don de 100 millions de dollars de la part de Buffett.

  • Des excuses du pape...

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    De Matthew Santucci sur CNA via le Catholic World Report :

    Le Vatican présente ses excuses après la remarque désobligeante du pape sur les homosexuels dans les séminaires catholiques

    28 mai 2024

    Le Vatican a présenté ses excuses après l'utilisation par le pape François d'un mot offensant en italien à propos des séminaristes qui s'identifient comme homosexuels.

    Matteo Bruni, porte-parole du Saint-Siège, a déclaré dans le communiqué de presse de mardi que le Saint-Père était « conscient des articles récemment publiés sur une conversation, à huis clos, avec les évêques » de la Conférence épiscopale italienne (CEI).

    Les médias italiens ont rapporté que le pape François avait rencontré la CEI le 20 mai dans la salle synodale du Vatican. Lors de cette réunion, le pape a été interrogé sur l'admission au séminaire d'hommes homosexuels déclarés.

    En déclarant aux évêques que les hommes gays ne devraient pas être admis à la formation sacerdotale, le pape a soutenu qu'« il y a trop de “frociaggine” (en français "pédés" ou "tapettes") dans les séminaires ». 

    M. Bruni a déclaré aux journalistes que le pape « n'a jamais eu l'intention d'offenser ou de s'exprimer en termes homophobes, et il présente ses excuses à ceux qui se sont sentis offensés par l'utilisation d'un terme rapporté par d'autres ».

    Ces remarques ont d'abord été rapportées par le site tabloïd italien Dagospia, puis confirmées par les grands journaux italiens La Repubblica et Corriere della Sera.

    Citant plusieurs évêques anonymes, le Corriere della Sera a laissé entendre que le pape n'avait pas compris la gravité du terme en italien.

    Il y a près de vingt ans, le Vatican s'est penché sur la question de l'entrée des hommes homosexuels dans les séminaires catholiques. En 2005, la Congrégation pour l'éducation catholique a publié une instruction intitulée « Concernant les critères de discernement des vocations à l'égard des personnes ayant des tendances homosexuelles en vue de leur admission au séminaire et aux ordres sacrés ».

    Le document précise qu'« il est nécessaire d'affirmer clairement que l'Église, tout en respectant profondément les personnes en question, ne peut admettre au séminaire ou aux ordres sacrés ceux qui pratiquent l'homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondes ou soutiennent ce que l'on appelle la “culture gay” ».

    L'instruction poursuit en soulignant la différence entre ceux qui présentent des « tendances homosexuelles profondes » et ceux qui « ont des tendances homosexuelles qui ne sont que l'expression d'un problème passager ».

    Le pape François a confirmé la décision en 2016. En 2018, il a de nouveau demandé aux évêques italiens d'examiner soigneusement les candidats.

    La Repubblica a noté que les évêques italiens, lors de leur réunion à Assise en novembre dernier, ont approuvé une nouvelle Ratio Formationis Sacerdotalis, un document détaillant les critères d'admission et les normes pour les hommes dans les séminaires italiens.

    Le journal italien a ajouté que le document « a été examiné par le Dicastère du Vatican pour le clergé en vue d'une approbation finale ».

    Le biographe du pape Austen Ivereigh a écrit sur X mardi que le pape « s'inquiète du fait que les hommes homosexuels considèrent la prêtrise comme un moyen de vivre leur sexualité, et de la sous-culture homosexuelle dans de nombreux séminaires ».

    Le pape a parfois été salué pour son ouverture à la communauté LGBT.

    Lors d'une conférence de presse en vol en 2013, le pape a répondu à une question d'un journaliste sur son expérience en tant que confesseur de personnes homosexuelles en posant une question rhétorique : « Qui suis-je pour juger cette personne ? »

    Le pape a développé ces remarques dans un livre-entretien de 2016 intitulé « Le nom de Dieu est miséricorde », où il a déclaré qu'il « paraphrase par cœur » le Catéchisme de l'Église, qui affirme que « ces personnes doivent être traitées avec délicatesse et ne doivent pas être marginalisées ».

    « Je suis heureux que nous parlions des “personnes homosexuelles”, a poursuivi le pape, parce qu'avant tout, il y a la personne individuelle, dans son intégralité et sa dignité.

    En décembre de l'année dernière, le dicastère du Vatican pour la doctrine de la foi a publié Fiducia Supplicans, une déclaration autorisant les bénédictions non liturgiques pour les couples en situation « irrégulière », y compris les couples de même sexe.

    En réponse aux vives critiques suscitées par ce document, le pape François a déclaré en février que le fait d'être « scandalisé » par les bénédictions de couples homosexuels relevait de « l'hypocrisie ».

    « Personne ne se scandalise si je donne une bénédiction à un entrepreneur qui exploite peut-être les gens : c'est un péché très grave », a déclaré le pape dans l'interview accordée à l'hebdomadaire italien Credere.

    « Alors qu'ils sont scandalisés si je la donne à un homosexuel... C'est de l'hypocrisie ! Nous devons tous nous respecter les uns les autres. Tout le monde", a déclaré le Saint-Père.

    Lire égalementAn apology (of sorts) over slur

  • Avortement, euthanasie : la position du MR

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    A la question :

    "Pourriez-vous m'indiquer le(s) nom(s) de candidat(e)(s) qui s'engageraient à ne pas voter un allongement du délai permettant aux femmes de recourir à l'avortement et à ne pas voter de lois qui élargiraient davantage le recours à l'euthanasie ? Bref qui s'engageraient dans la voie du respect de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle."

    Le MR répond :

    "Face à la poussée du fait religieux et des obscurantismes, le MR propose d’intégrer dans la Constitution le droit à disposer librement de son corps afin de sanctuariser des droits fondamentaux, comme celui de pouvoir accéder à l’interruption volontaire de grossesse, dépénalisée depuis 1990 en Belgique, ou le droit à l’euthanasie. Si le législateur l’estime nécessaire, il peut restreindre cette liberté mais il devra le justifier en respectant le principe de proportionnalité.

    Par ailleurs, le débat sur l’extension des délais d’accès à l’IVG est un sujet bioéthique. Sur tous ces sujets, le MR laisse la liberté de vote à ses parlementaires, qui se prononcent en leur âme et conscience."

  • Audiovisuel : vous avez dit "pluralisme" ?

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    Du site de l'Institut Thomas More :

    L’audiovisuel public français est-il pluraliste ?

    Jean-Thomas Lesueur, directeur général, et Aymeric de Lamotte, directeur général adjoint de l’Institut Thomas More

    Mai 2024 • Rapport 30 •


    L’obligation de pluralisme incombe en premier lieu à l’audiovisuel public

    Le 13 février 2024, le Conseil d’État enjoignait à l’Arcom de « procéder au réexamen » de la demande de l’association Reporters sans frontières qui reproche à CNews de ne pas se conformer à ses obligations en matière de pluralisme et d’indépendance de l’information. Bien que cette décision soit dangereuse pour la démocratie, la liberté d’expression et le pluralisme dans les médias, il nous a semblé que, s’il y a un acteur médiatique auquel incombe l’obligation de pluralisme en premier lieu, c’est l’audiovisuel public, qui est financé par l’impôt de tous les Français. La tâche que s’assigne cette étude est donc d’examiner si celui-ci respecte ou non cette obligation.

    Une orientation politique et idéologique des participants marquée : 25% sont socialistes et progressistes, 4% sont libéraux et conservateurs

    La première partie de l’étude propose une analyse de l’orientation politique et idéologique des 587 participants qui sont intervenus sur les chaînes de France 2, France 5, France Info TV (canal 27), France Info Radio, France Culture et France Inter durant la période témoin du 19 au 24 février 2024, selon une nomenclature définie dans notre méthodologie. 294 participants relèvent de la qualification « Neutre », soit 50%. 26 participants relèvent de la qualification « Libéral et conservateur », soit 4%. 120 participants relèvent de la qualification « Libéral et progressiste », soit 21%. 147 participants relèvent de la qualification « Socialiste et progressiste », soit 25%.

    Des biais manifestes dans l’orientation politique et idéologique des thématiques traitées

    Fondée sur le même échantillon et la même durée que la première, la deuxième partie propose l’analyse de l’orientation politique et idéologique des thématiques traitées par l’audiovisuel public, à travers trois exemples :

    • L’écologie : très forte domination des thèses décroissantes avec 65,6% des avis exprimés.

    • Le multiculturalisme : éloge unanime de la diversité, systématiquement présentée comme une chance pour le pays d’accueil et une condition pour le développement d’une société plus harmonieuse.

    • Le traitement des personnalités politiques de droite : 57% des avis exprimés sur des personnalités politiques répondant à la qualification « Libéral et conservateur » sont défavorables, 8% sont favorables et 35% sont neutres.

    Déséquilibres patents dans la représentation de certains invités, tendances politiques et idéologiques nettement marquées, positions politiques revendiquées

    La troisième partie offre cinq études de cas :

    • La représentation des invités politiques dans l’audiovisuel public : sur une période longue (quatrième trimestre 2023), on observe une surreprésentation des invités politiques de gauche sur 4 chaînes de télévision publiques (France 2, France 3 national, France 5, France Info TV) alors que les représentants de la droite radicale ont bénéficié d’un temps de parole correspondant à la moitié de ses résultats au premier tour des élections législatives de 2022.

    France Inter se révèle la chaîne de l’échantillon de notre première partie dont l’orientation politique et idéologique est la plus marquée avec 32% de participants répondant à la qualification « Socialiste et progressiste ». Sur une période longue (4e trimestre 2023), les gauches bénéficient d’une audience nettement supérieure à leur poids électoral (+50%) alors que la droite radicale connaît une sous-représentation considérable (-58%). La directrice de la chaîne Adèle Van Reeth assume cette orientation quand elle affirme : « Les faits, c’est que nous sommes une radio progressiste, et nous l’assumons » (Le Figaro, 28 mars 2024).

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  • Musique, politique et satanisme au concours Eurovision 2024

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    De Peter Bannister sur la Sélection du Jour :

    Bambie Thug mélange musique, politique et satanisme au concours de l'Eurovision 2024

    Évolution ou involution, telle est la question. Le concours de l'Eurovision a offert son lot de performances controversées au rang desquelles l'Irlande occupe une place de choix. Immersion au cœur d'un univers volontairement noir dont bien peu semblent encore choqués.

    Quels que soient ses mérites musicaux ou leur absence, l'encre virtuelle ne cesse de couler au sujet du concours de l'Eurovision. Déjà regardée par quelque 160 millions de personnes en 2023, la finale de l'édition 2024 a eu lieu à Malmö en Suède le 11 mai. Le concours a été remporté par l'artiste suisse « non-binaire » Nemo. La plupart des controverses ont pourtant tourné autour de la participation d'Israël dans le contexte de la guerre à Gaza. Une présence contestée notamment par l'Irlandaise Bambie Thug, dont la chanson Doomsday Blue, terminant à la 6e place, a sans doute suscité le plus de commentaires par son mélange de protestation politique et d'images volontairement démoniaques.

    Pour comprendre les vives réactions à Bambie Thug (de son vrai nom, Bambie Ray Robinson), il faut la replacer dans le contexte historique des rapports entre l'Irlande et l'Eurovision. La presse irlandaise a qualifié Bambie Thug d' « anti-Dana », référence à la chanteuse Dana (Rosemary) Scallon, qui gagna le concours de l'Eurovision pour l'Irlande en 1970 à l'âge de 19 ans. Le gouffre entre les deux est effectivement béant, symbolisant en quelque sorte la transformation radicale de la société irlandaise au cours du dernier demi-siècle. Rosemary Scallon était une catholique engagée et membre du parlement européen entre 1999 et 2004. Elle a notamment dédié à Jean-Paul II son album Totus tuus (« complétement à toi », devise mariale du pape polonais) en 1980. Il comprenait des titres comme Notre-Dame de Knock, le « Lourdes irlandais ». Bambie Thug reprend cette imagerie catholique, mais pour l'inverser, comme avant elle Madonna et Lady Gaga, en exhibant par exemple un chapelet « gothique » aux grains noirs à côté du symbole satanique du pentagramme inversé sur sa main. C'est d'ailleurs dans un tel pentagramme que Bambie Thug a démarré Doomsday Blue lors du concours de l'Eurovision.

    Sa carrière s'est faite dans les cercles underground londoniens. Son premier tube a été la chanson Birthday en 2021, dont l'interprète essaie elle-même de se distancer car c'était un éloge de la drogue, accompagné d'une vidéo explicite sur les sites X. Voyant ces débuts assez marginaux, on peut s'interroger sur sa remarquable percée auprès du grand public. Notons qu'elle a été nommée « candidate préférée non officielle » par Spotify et qu'elle a eu droit aux félicitations du Premier ministre irlandais. Dans le titre Doomsday Blue de la compétition, son style est le ouija pop — une référence à la célèbre planchette pour communiquer avec les esprits défunts. Elle y juxtapose des éléments apparentés à la culture populaire, comme la malédiction initiale Avada Kevadra (« qu'on le détruise ») tirée d'Harry Potter, avec des symboles ésotériques témoignant d'une recherche plutôt studieuse. Parmi ces derniers, des textes sur la peau de l'artiste en ogham, l'alphabet ancien de l'Irlande, qui ont impressionné les linguistes spécialisés. En demi-finale, ces textes étaient pro-palestiniens : « Cessez-le-feu » et « Liberté pour la Palestine ». Toutefois, suite à une protestation des organisateurs, c'est le slogan « Couronnez la sorcière » qui a plutôt été retenu pour la finale.

    Car Bambie Thug s'affiche ouvertement en tant que sorcière ; elle est même apologiste de la sorcellerie en tant que religion nationale. Elle offre un récit assez répandu des bienfaits contemporains du néo-paganisme, sorte de retour « patriotique » aux racines pré-chrétiennes de la culture celte. Au passage, elle s'émancipe de toutes les religions et normes sociales qu'elle considère comme oppressives. Bambie Thug dit avoir été initiée aux pratiques occultes au quartier Muswell Hill de Londres. Si elle décrit sa sorcellerie comme étant purement bienveillante, elle ne masque pas son respect pour les satanistes qui « vivent dans la lumière et sont si gentils ». Ses propos se caractérisent par leur ton à la fois libertaire et moralisant, accusant de violence la chaîne israélienne KAN, dont les présentateurs ont dit :« c'est le moment d'éloigner vos enfants de l'écran TV […]. Il y aura beaucoup de sortilèges et de la magie noire […] Il y a une pétition contre Bambie Thug qui allègue qu'il/elle se moque de la culture irlandaise. »

    Il est pourtant curieux de constater que cette pétition n'a mobilisé que peu de signataires et que la chanson n'a provoqué quasiment aucune protestation dans les media mainstream anglophones. L'une des rares analyses critiques vient du Catholic Herald, où Katherine Bennett conteste le caractère supposément « progressiste » de Doomsday Blue. Elle affirme au contraire que le cocktail de libertinisme et d'occultisme populaire de Bambie Thug n'offre qu'un recyclage fatigué du vieux récit contestataire. Héritage de la Révolution française, c'est la première rupture historique d'avec la tradition judéo-chrétienne. « Il n'y a rien de radical ni transgressif dans tout cela en 2024. Ce qui serait radical et transgressif, ce serait un retour à l'Ordre Sacré et le fait de reconnaître que, sans la cohérence qu'il apporte, nous ne pouvons jamais vraiment être libres. » Une critique historique et théologique qui semble néanmoins peu audible dans une Irlande bien loin de celle de Dana en 1970.

    Pour aller plus loin :

    Eurovision 2024 : Les sortilèges cathartiques de Bambie Thug, artiste pro-Palestine

    >>> Lire l'article sur 20 Minutes