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Société - Page 74

  • 112 églises incendiées ou vandalisées au Canada

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Canada — 112 églises incendiées ou vandalisées, timide réaction du PM Trudeau qui organisa un sommet sur l'islamophobie (m à j)

    Mise à jour du 30 septembre 2024

    Au Canada, 112 églises été vandalisées, incendiées ou profanées depuis l'annonce de la découverte apparente de prétendues sépultures à proximité d'un pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique.

    Depuis, trois autres tribus amérindiennes ont annoncé des découvertes similaires situées près d'anciens pensionnats.


    En réponse à ces annonces, des radicaux d'extrême gauche ont saisi cette occasion pour terroriser les communautés catholiques et autres communautés chrétiennes en s'en prenant aux églises.

    Projet de loi pour durcir les peines

    Les conservateurs fédéraux ont introduit le projet de loi C-411 pour augmenter la peine pour le crime d'incendie criminel contre les églises.

    Le texte modifie le Code criminel afin d’ériger en infraction le fait de causer un feu de végétation et le fait de causer par le feu ou une explosion un dommage à un lieu de culte. Il exige également que le tribunal considère comme circonstance aggravante, dans le contexte d’un incendie criminel par négligence, le fait que l’infraction a provoqué un feu de végétation ou la destruction d’un lieu de culte.

    Parmi les dernières églises incendiées :

    L'Église Saint George Anglican Church, at Loon Lake Sask a été incendiée samedi 28 septembre.

    Le bâtiment datant de 1938 qui accueillait encore des offices mensuels. Personne n'a été blessé, mais la cause de l'incendie fait l'objet d'une enquête.

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  • Honte à l'évêque de Namur !

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    La pusillanimité de l'évêque de Namur lui fait honte (source) :

    Mgr Warin : « Le témoignage chrétien doit être plus humble »

    Dès le jeudi soir, Mgr Pierre Warin était, avec les autres évêques belges, à Melsbroek pour accueillir le pape à sa sortie de l’avion. Durant ces journées marathon, il aura eu, une seule fois, l’occasion de lui serrer la main et d’échanger trois mots avec lui. Si Mgr Warin est heureux de l’accueil que le pape a reçu, il a moins apprécié ses prises de position notamment sur l’avortement.

    Beaucoup de personnes ont, sans doute, été déçues de ne pouvoir approcher le pape, de ne pouvoir lui serrer la main, échanger quelques mots avec lui… Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les évêques sont, à peine, plus privilégiés. Samedi, alors que le pape François quittait la basilique de Koekelbergh, Mgr Warin a échangé, avec lui, une poignée de main et quelques mots. C’était là la seule et unique fois.

    Alors que la frénésie autour de ce voyage se calme, l’évêque de Namur ne peut s’empêcher d’être partagé dans ses impressions quant à ce séjour. « J’ai beaucoup aimé que le pape François aille à la rencontre des plus pauvres. J’ai apprécié, à Louvain-la-Meuse, qu’il félicite la chanteuse. Et puis, il y a eu l’accueil qu’il a reçu. Il a été acclamé. »

    Mgr Warin a moins apprécié les différents propos du Saint-Père sur la place des femmes ou encore l’avortement. « Il a suscité la polémique. Il faut accepter notre société comme elle est. Le témoignage chrétien doit être plus humble. Je me doute que le pape n’écrit pas tous ses discours mais il faut tenir compte du contexte du pays dans lequel on se trouve. »

  • Après son expérience belge, François commencera-t-il à se méfier du catholicisme progressiste ?

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    En Belgique, les progressistes attaquent le pape et il fait l'éloge de Baudouin

    Traitement indécent réservé à Francesco lors du voyage en Belgique, qui s'est terminé hier. A Louvain, l'Université catholique l'attaque sur les femmes et l'homosexualité. Le pape répond aux critiques et prône l'ouverture de la cause de béatification de Baldwin, le roi qui n'a pas signé la loi sur l'avortement.

    30_09_2024

    Qui sait si, après la mauvaise expérience belge, François commencera à se méfier du catholicisme progressiste. Ce qui est sûr, c'est qu'hier, dans le vol retour de Bruxelles, le Pape a exprimé son irritation face au traitement qu'il a reçu à Louvain. D'abord, le recteur Luc Sels lui a reproché en face de traiter la « question de la diversité des genres de manière aussi rigide » et a demandé à l'Église « une plus grande ouverture à l'égard de la communauté LGBTQ+ » et même du sacerdoce féminin. Puis l'incident de l'Université Catholique, avec la lettre critique des étudiants et des professeurs sur les femmes et l'homosexualité sur laquelle le Pape n'a pas reculé, disant « non » aux idéologies qui prétendent décider de ce qui est féminin et ajoutant - probablement en réponse à celles qui l'a insisté sur l'ordination féminine - que c'est "mauvais quand une femme veut être un homme".

    Mais les responsables de l'université, qui maintient toujours l'appellation de "catholique" , n'ont cependant pas voulu laisser le dernier mot au Pontife et, avant même la fin de la réunion, ils ont publié une note dans laquelle "l'incompréhension et la désapprobation concernant la position exprimée du pape François sur la place des femmes dans l'Église et dans la société". Certains étudiants ont donné lieu à un véritable tractage parmi la foule qui sortait de la classe pour délivrer le texte de cette déclaration. Le comportement de l'université était vraiment inqualifiable, surtout si l'on considère que le vieux Pontife, qui revenait lui aussi d'un long voyage de 11 jours entre quatre pays, avait également voulu partir en Belgique précisément pour commémorer le 600e anniversaire de la fondation de l'université.

    Bergoglio en a, à juste titre, éprouvé du ressentiment et en a parlé pendant le vol à destination de Rome, expliquant que la déclaration de protestation «a été faite au moment où je parlais. C'était préfabriqué et ce n'est pas moral." Ce que décrit le Pontife est une véritable « embuscade », incompréhensible de la part d’une université catholique. Pourquoi ont-ils choisi d’inviter le Pape pour cet anniversaire ? L'interpeller devant le monde entier en l'accusant d'avoir défendu les enseignements historiques de l'Église ? François, en tout cas, s'est comporté admirablement en Belgique. Il a voulu rappeler à l'Église locale ultra progressiste les véritables défis auxquels elle est appelée à faire face, affirmant que « le processus synodal doit être un retour à l'Évangile ; elle ne doit pas avoir parmi ses priorités une quelconque réforme "à la mode", mais se demander : comment faire parvenir l'Évangile à une société qui ne l'écoute plus ou s'est éloignée de la foi ?".

    Dans un pays où l'euthanasie est légale depuis des décennies, où la maternité de substitution est encouragée et où les cours de religion dans les écoles ont été supprimés, François a exalté la figure du roi Baudouin qui, en 1990, a refusé de promulguer la loi sur l'avortement, préférant être "suspendu" pendant 48 heures après avoir envoyé une lettre au Parlement exprimant son opposition. Le pape a d'abord prié sur sa tombe (sur la photo de Vatican Media/LaPresse), puis devant les dirigeants d'aujourd'hui, il a loué son courage, lorsqu'il a choisi de "quitter sa place de roi pour ne pas signer une loi meurtrière" le désignant comme un exemple « à l'heure où les lois pénales font leur chemin ». Hier, à la fin de la messe au stade, François a annoncé qu'il voulait sa béatification, s'en prenant aux pouvoirs civils et religieux avec des paroles éloquentes: «Que son exemple d'homme de foi éclaire les gouvernants. Je demande que les évêques belges s'engagent à faire avancer cette cause."

    Un discours qui n'est pas fortuit car le Pape est bien conscient de la résistance que pourrait rencontrer la béatification de Baudouin pour sa cohérence en tant que souverain catholique non seulement parmi les hommes politiques laïcs mais aussi dans l'épiscopat belge lui-même. En effet, un journaliste à bord du vol a immédiatement fait part de son "étonnement" face aux paroles papales sur le roi décédé en 1993. François a cependant maintenu une fois de plus son propos et a répondu: "Le roi a été courageux car devant une loi de mort, il n'a pas signé et a démissionné. Il faut du courage, non ? Il faut un homme politique « en pantalon » pour faire cela. Il faut du courage. Lui aussi a donné un message avec cela et il l'a aussi fait parce qu'il était un saint. Cet homme est un saint et le processus de béatification continuera, car il m'en a donné la preuve." Au même journaliste qui évoquait ce qu'il définissait comme « le droit des femmes à vivre sans souffrance », le Pape a clairement répondu que « les femmes ont droit à la vie : à leur vie, à la vie de leurs enfants ». Plus clairement encore, François poursuit : « L'avortement est un meurtre. La science vous dit qu'au mois de la conception tous les organes sont déjà là... Un être humain est tué. Et les médecins qui font ça sont des tueurs à gages. Ce sont des tueurs à gages. Et cela ne fait aucun doute. Une vie humaine est supprimée. Et les femmes ont le droit de protéger la vie. » Le Pontife a ensuite ajouté que les méthodes contraceptives sont « une autre chose » pour préciser, une fois de plus, que le fait que l'avortement soit un meurtre « ne peut être discuté » car « c'est la vérité ».

  • Abus, Baudouin, UCL... : dans l'avion qui le ramenait à Rome, le pape a mis les points sur les i

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    Lors de son retour de Belgique en avion, le pape n'a pas mâché ses mots (source) :

    Valérie Dupont, RTBF: Saint-Père, merci pour votre disponibilité. Excusez ma voix mais la pluie m'a un peu touchée. Vos propos sur la tombe du roi Baudouin ont suscité un peu d'étonnement en Belgique....

    Mais vous savez que l'étonnement est le début de la philosophie et c'est très bien...

    Peut-être… Certains y ont également vu une ingérence politique dans la vie démocratique de la Belgique. Le processus de béatification du roi est lié à ses fonctions. Et comment concilier le droit à la vie, la défense de la vie, et aussi le droit des femmes à avoir une vie sans souffrance?

    Toutes ces vies... Le roi a été courageux parce que face à une loi de mort, il n'a pas signé et a démissionné. Il faut du courage, non? Il faut un homme politique «avec un pantalon» pour faire cela. Il faut du courage. Lui aussi a fait passer un message en agissant de la sorte et il l'a fait parce que c’était un saint. Il n'est pas encore saint, mais le processus de béatification va avancer, car nous en avons eu la preuve.

    Les femmes. Les femmes ont droit à la vie: à leur vie, à la vie de leurs enfants. N'oublions pas de dire ceci: un avortement est un homicide. La science nous dit que le mois de la conception, tous les organes sont déjà là... Vous tuez un être humain. Et les médecins qui s'y prêtent sont -permettez-moi le mot- des tueurs à gages. Ce sont des tueurs à gages. Et sur ce point on ne peut pas discuter. On tue une vie humaine. Et les femmes ont le droit de protéger la vie. Les méthodes anti-contraceptives sont autre chose. Il ne faut pas confondre. Je ne parle maintenant que de l'avortement. Et cela ne peut pas être débattu. Pardonnez-moi, mais c'est la vérité.

    Je vous remercie. Sur ce dernier point... Il y a déjà un département au Vatican. Il y a une structure, dont le président est un évêque colombien, pour les cas d'abus. Il y a une commission mise sur pied par le cardinal O'Malley. Cela fonctionne! On reçoit tous les dossiers au Vatican et on en discute. Moi aussi, j’ai reçu des victimes d'abus au Vatican et j’insiste avec force que les choses avancent. C'est le premier point. Deuxièmement,

    J'ai écouté les victimes. Je crois que c'est un devoir. Certains disent: les statistiques disent que 40-42-46% des abus sont commis dans la famille et le voisinage, et seulement 3% dans l'Église. Tout ça m’importe peu, je m'occupe des victimes dans l'Église! Nous avons la responsabilité d'aider les victimes d'abus et de prendre soin d'elles. Certaines ont besoin d'un traitement psychologique, nous devons les aider. On parle aussi d'indemnisation, parce qu'en droit civil, il y en a une. En droit civil, je pense que le montant est de 50 000 euros en Belgique, ce qui est trop faible. Je crois que c'est le chiffre, mais je n'en suis pas certain. Ce n'est pas quelque chose d’utile. Mais nous devons nous occuper des personnes maltraitées et punir les agresseurs, car la maltraitance n'est pas un péché d'aujourd'hui qui n'existera peut-être plus demain... C'est une tendance, une maladie psychiatrique et c'est pourquoi nous devons les placer sous traitement et les contrôler de cette manière. On ne peut pas laisser un abuseur libre vivre une vie normale, avec des responsabilités dans les paroisses et les écoles. Après leur procès et la condamnation, certains évêques ont donné à des prêtres ayant commis de tels abus une activité, par exemple, dans une bibliothèque, mais sans contact avec les enfants dans les écoles et les paroisses. Nous devons poursuivre dans cette voie. J'ai dit aux évêques belges de ne pas avoir peur et de continuer, d’avancer. La honte, c’est de couvrir. C'est ça la honte.

    (...)

    Tout d'abord, cette déclaration a été faite au moment où j'ai pris la parole. Elle a été faite à l'avance et ce n'est pas moral. Je parle toujours de la dignité des femmes et j'ai dit quelque chose que je ne peux pas dire au sujet des hommes: l'Église est «femme», elle est l'épouse de Jésus. Masculiniser l'Église, masculiniser les femmes, ce n'est pas humain, ce n'est pas chrétien. Le féminin a sa propre force. En effet, les femmes -je le dis toujours- sont plus importantes que les hommes, parce que l'Église est femme, l'Église est l'épouse de Jésus. Si cela semble conservateur à ces dames, alors je suis Carlo Gardell (célèbre chanteur de tango argentin, ndlr)., parce que… je ne comprends pas... Je remarque qu'il y a un esprit obtus qui ne veut pas entendre parler de cela. La femme est l'égale de l'homme, et même, dans la vie de l'Église, la femme est supérieure, parce que l'Église est femme. En ce qui concerne le ministère, la mystique de la femme est plus grande que le ministère. Un grand théologien a fait des études à ce sujet: lequel est le plus grand, le ministère pétrinien ou le ministère marial? Le ministère marial est plus grand parce que c'est un ministère d'unité, engageant, tandis que l'autre est un ministère de guide. La maternité de l'Église est une maternité de femmes. Le ministère est un ministère très mineur, donné pour accompagner les fidèles, toujours dans le cadre de la maternité. Plusieurs théologiens ont étudié cette question et disent que c'est une réalité, je ne dis pas moderne, mais réelle. Ce n'est pas dépassé. Un féminisme exagéré qui veut que les femmes soient machistes ne fonctionne pas. Il y a d’un côté un machisme qui ne va pas, et de l’autre un féminisme qui ne va pas non plus. Ce qui fonctionne, c'est l'Église «femme», qui est supérieure au ministère sacerdotal. Et parfois, on n'y pense pas.

    Mais je vous remercie pour cette question. Et merci à vous tous pour ce voyage, pour le travail que vous avez accompli. Je regrette que le temps soit compté. Mais merci, merci beaucoup. Je prie pour vous, vous priez pour moi. Priez pour moi!

  • Le discours du pape à l'Aula magna de Louvain-la-Neuve

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    Un discours qui a fait grincer des dents, notamment celles de la rectrice de l'UCL qui n'apprécie pas que l'on rappelle la différence entre les sexes ni la vocation respective de chacun d'entre eux et qui considère que ces propos du pape relèvent d'un insupportable conservatisme...

    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETE FRANCIS
    AU LUXEMBOURG ET EN BELGIQUE
    (26-29 septembre 2024)

    RENCONTRE AVEC DES ÉTUDIANTS UNIVERSITAIRES 

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE

    Aula Magna de l'Université Catholique de Louvain
    Samedi, 28 Septembre 2024

    ___________________________

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Merci, Madame la Rectrice, pour vos aimables paroles. Chers étudiants, je suis heureux de vous rencontrer et d'écouter vos réflexions. Dans ces mots, j'entends la passion et l'espoir, un désir de justice, une recherche de la vérité.

    Parmi les questions que vous abordez, j'ai été frappé par celle de l'avenir et de l'angoisse. Nous voyons combien le mal qui détruit l'environnement et les peuples est violent et arrogant. Il semble ne connaître aucune limite. La guerre est son expression la plus brutale - vous savez que dans un pays, que je ne nommerai pas, les investissements les plus générateurs de revenus sont aujourd'hui des usines d'armement, c'est moche ! - et ne semble pas connaître de limites à cet égard : la guerre est une expression brutale, tout comme la corruption et les formes modernes d'esclavage. La guerre, la corruption et les nouvelles formes d'esclavage. Parfois, ces maux polluent la religion elle-même, qui devient un instrument de domination. Attention ! Mais c'est un blasphème. L'union des hommes avec Dieu, qui est l'Amour sauveur, devient alors un esclavage. Même le nom du Père, qui est une révélation d'attention, devient une expression d'arrogance. Dieu est Père, pas maître ; il est Fils et Frère, pas dictateur ; il est Esprit d'amour, pas dominateur.

    Nous, chrétiens, savons que le mal n'a pas le dernier mot - et sur ce point nous devons être forts : le mal n'a pas le dernier mot - qu'il a, comme on dit, ses jours comptés. Cela n'enlève rien à notre engagement, au contraire : l'espérance est notre responsabilité. Une responsabilité à assumer parce que l'espoir ne déçoit jamais, ne déçoit jamais. Et cette certitude a raison de la conscience pessimiste, du style de Turandot... L'espoir ne déçoit jamais !

    Et maintenant, trois mots : gratitude, mission, fidélité.

    La première attitude est la gratitude, parce que cette maison nous est donnée : nous n'en sommes pas les maîtres, nous sommes des hôtes et des pèlerins sur la terre. Le premier à en prendre soin est Dieu : nous sommes avant tout pris en charge par Dieu, qui a créé la terre - dit Isaïe - « non pas comme une contrée affreuse, mais pour qu'elle soit habitée » (cf. Is 45, 18). Le huitième psaume est plein de gratitude émerveillée : « Quand je vois tes cieux, œuvre de tes doigts, / la lune et les étoiles que tu as fixées, / qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, / le fils de l'homme pour que tu prennes soin de lui ? » (Ps 8, 4-5). La prière du cœur qui me vient est : Merci, ô Père, pour le ciel étoilé et pour la vie dans cet univers !

    La seconde attitude est celle de la mission : nous sommes dans le monde pour en préserver la beauté et le cultiver pour le bien de tous, en particulier de la postérité, celle qui suivra dans l'avenir. C'est le « programme écologique » de l'Église. Mais aucun plan de développement ne réussira si l'arrogance, la violence, la rivalité demeurent dans nos consciences, voire dans notre société. Il faut aller à la source du problème, qui est le cœur de l'homme. C'est aussi du cœur de l'homme que vient l'urgence dramatique de la question écologique : de l'indifférence arrogante des puissants, qui privilégient toujours l'intérêt économique. L'intérêt économique : l'argent. Je me souviens de ce que me disait ma grand-mère : « Fais attention dans la vie, car le diable vient dans tes poches ». L'intérêt économique. Tant qu'il en sera ainsi, tout appel sera réduit au silence ou ne sera pris en compte que dans la mesure où il convient au marché. Cette « spiritualité » est donc celle du marché. Et tant que le marché restera premier, notre maison commune souffrira d'injustice. La beauté du don exige notre responsabilité : nous sommes des hôtes, pas des despotes. À cet égard, chers étudiants, considérez la culture comme la culture du monde, et pas seulement des idées.

    C'est là que réside le défi du développement intégral, qui requiert la troisième attitude : la fidélité. Fidélité à Dieu et fidélité à l'homme. Ce développement concerne en effet toutes les personnes dans tous les aspects de leur vie : physique, morale, culturelle, sociopolitique ; et il s'oppose à toute forme d'oppression et de mise à l'écart. L'Eglise dénonce ces abus, s'engageant avant tout à la conversion de chacun de ses membres, de nous-mêmes, à la justice et à la vérité. En ce sens, le développement intégral fait appel à notre sainteté : c'est une vocation à une vie juste et heureuse, pour tous.

    Alors maintenant, l'option à faire est entre manipuler la nature et cultiver la nature. Une option comme celle-ci : soit manipuler la nature, soit cultiver la nature. En commençant par notre nature humaine - pensez à l'eugénisme, aux organismes cybernétiques, à l'intelligence artificielle. L'option entre manipuler ou cultiver concerne également notre monde intérieur.

    La réflexion sur l'écologie humaine nous amène à une question qui vous tient à cœur et, avant cela, à moi et à mes prédécesseurs : le rôle des femmes dans l'Église. J'aime ce que vous avez dit. La violence et l'injustice pèsent lourd ici, ainsi que les préjugés idéologiques. C'est pourquoi nous devons redécouvrir le point de départ : qui est la femme et qui est l'Église. L'Église est la femme, elle n'est pas « l'Église », elle est « l'Église », elle est l'épouse. L'Église est le peuple de Dieu, pas une multinationale. La femme, dans le peuple de Dieu, est fille, sœur, mère. Comme je suis fils, frère, père. Telles sont les relations qui expriment notre être à l'image de Dieu, homme et femme, ensemble et non séparément ! En effet, les femmes et les hommes sont des personnes et non des individus ; ils sont appelés dès le « commencement » à aimer et à être aimés. Une vocation qui est une mission. Et c'est de là que vient leur rôle dans la société et dans l'Église (cf. saint Jean-Paul II, Lettre apostolique Mulieris Dignitatem, 1).

    Ce qui caractérise la femme, ce qui est féminin, n'est pas consacré par des consensus ou des idéologies. Et la dignité est assurée par une loi originelle, non pas écrite sur le papier, mais dans la chair. La dignité est un bien inestimable, une qualité originelle, qu'aucune loi humaine ne peut donner ou enlever. À partir de cette dignité, commune et partagée, la culture chrétienne élabore toujours à nouveau, dans des contextes différents, la mission et la vie de l'homme et de la femme et leur être mutuel, en communion. Non pas l'un contre l'autre, ce qui serait du féminisme ou du machisme, et non pas dans des revendications opposées, mais l'homme pour la femme et la femme pour l'homme, ensemble.

    Rappelons-nous que la femme est au cœur de l'événement salvifique. C'est à partir du « oui » de Marie que Dieu lui-même vient au monde. La femme est accueil fécond, attention, dévouement vital. C'est pourquoi la femme est plus importante que l'homme, mais il est mauvais que la femme veuille être homme : non, elle est femme, et c'est « lourd », c'est important. Ouvrons les yeux sur les nombreux exemples quotidiens d'amour, de l'amitié au travail, de l'étude à la responsabilité sociale et ecclésiale, de l'union conjugale à la maternité, à la virginité pour le Royaume de Dieu et pour le service. N'oublions pas, je le répète : l'Église est femme, elle n'est pas masculine, elle est femme.

    Vous êtes ici pour grandir en tant que femmes et en tant qu'hommes. Vous êtes en voyage, en formation en tant que personnes. C'est pourquoi votre parcours académique englobe différents domaines : la recherche, l'amitié, le service social, la responsabilité civile et politique, l'expression artistique...

    Je pense à l'expérience que vous vivez chaque jour, dans cette Université catholique de Louvain, et je partage avec vous trois aspects simples et décisifs de la formation : comment étudier ? pourquoi étudier ? et pour qui étudier ?

    Comment étudier : il n'y a pas seulement une méthode, comme dans toute science, mais aussi un style. Chacun peut cultiver le sien. En effet, l'étude est toujours un chemin vers la connaissance de soi et des autres. Mais il y a aussi un style commun qui peut être partagé dans la communauté universitaire. On étudie ensemble : avec ceux qui ont étudié avant moi - les professeurs, les camarades plus avancés - avec ceux qui étudient à mes côtés, dans la salle de classe. La culture comme soin de soi implique de prendre soin les uns des autres. Il n'y a pas de guerre entre les étudiants et les professeurs, il y a un dialogue, parfois un peu intense, mais il y a un dialogue et le dialogue fait grandir la communauté universitaire.

    Deuxièmement, pourquoi étudier ? Il y a une raison qui nous pousse et un objectif qui nous attire. Il faut qu'ils soient bons, car le sens des études en dépend, la direction de notre vie en dépend. Parfois, j'étudie pour trouver ce type de travail, mais je finis par vivre en fonction de cela. Nous devenons la « marchandise », nous vivons en fonction du travail. Nous ne vivons pas pour travailler, mais nous travaillons pour vivre ; c'est facile à dire, mais il faut s'engager à le mettre en pratique de manière cohérente. Et ce mot de cohérence est très important pour tout le monde, mais surtout pour vous, les étudiants. Vous devez apprendre cette attitude de cohérence, être cohérent.

    Troisièmement : pour qui étudier ? Pour vous-mêmes ? Pour rendre des comptes aux autres ? Nous étudions pour pouvoir éduquer et servir les autres, avant tout avec le service de la compétence et de l'autorité. Avant de nous demander si nous étudions pour quelque chose, préoccupons-nous de servir quelqu'un. Une bonne question à se poser pour un étudiant universitaire : qui est-ce que je sers, moi ? Ou ai-je le cœur ouvert à un autre service ? Le diplôme universitaire témoigne alors d'une capacité à servir le bien commun. J'étudie pour moi, pour travailler, pour être utile, pour le bien commun. Et cela doit être très équilibré, très équilibré !

    Chers étudiants, c'est une joie pour moi de partager ces réflexions avec vous. Ce faisant, nous percevons qu'il existe une réalité plus grande qui nous éclaire et nous dépasse : la vérité. Qu'est-ce que la vérité ? Pilate a posé cette question. Sans vérité, notre vie perd son sens. L'étude a un sens lorsqu'elle cherche la vérité, lorsqu'elle essaie de la trouver, mais avec un esprit critique. Mais la vérité, pour la trouver, a besoin de cette attitude critique, pour pouvoir avancer. L'étude a du sens quand elle cherche la vérité, ne l'oubliez pas. Et en la cherchant, elle comprend que nous sommes faits pour la trouver. La vérité se fait trouver : elle est accueillante, elle est disponible, elle est généreuse. Si nous renonçons à chercher ensemble la vérité, l'étude devient un instrument de pouvoir, de contrôle sur les autres. Et je vous avoue que cela m'attriste de trouver, partout dans le monde, des universités qui ne préparent les étudiants qu'à acquérir ou à détenir le pouvoir. C'est trop individualiste, sans communauté. L'alma mater est la communauté universitaire, l'université, ce qui nous aide à faire société, à faire fraternité. L'étude sans (recherche de la vérité) ensemble n'est pas utile, elle domine. Au contraire, la vérité nous rend libres (cf. Jn 8,32). Chers étudiants, voulez-vous la liberté ? Soyez des chercheurs et des témoins de la vérité ! Essayez d'être crédibles et cohérents à travers les choix quotidiens les plus simples. C'est ainsi qu'elle devient, chaque jour, ce qu'elle veut être : une université catholique ! Et allez-y, allez-y, et n'entrez pas dans les luttes avec des dichotomies idéologiques, non. N'oubliez pas que l'Église est une femme et que cela nous aidera beaucoup.

    Merci pour cette rencontre. Merci d'être bons ! Je vous bénis de tout cœur. Je vous bénis de tout cœur, vous et votre chemin de formation. Et je vous demande de prier pour moi. Et si quelqu'un ne prie pas ou ne sait pas prier ou ne veut pas prier, envoyez-moi au moins de bonnes ondes, qui sont nécessaires ! Je vous remercie !

    Traduit de l'italien avec deepl

  • « L'Église devrait avoir honte » (pape François)

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    De Courtney Mares sur le CWR :

    En Belgique, le pape François déclare que « l'Église devrait avoir honte » des abus commis par le clergé

    27 septembre 2024

    Au château de Laeken, en Belgique, le pape François a abordé la crise des abus du clergé qui sévit depuis longtemps dans l'Église catholique, déclarant sans équivoque que « l'Église devrait avoir honte » et doit demander pardon pour ses manquements.

    S'exprimant devant environ 300 dignitaires, dont le roi Philippe et le Premier ministre belge Alexander De Croo, le pape a déclaré que la maltraitance des enfants est « un fléau que l'Église combat avec détermination et fermeté, en écoutant et en accompagnant les blessés et en mettant en œuvre un programme de prévention à grande échelle dans le monde entier ».

    « L’Église est à la fois sainte et pécheresse », a déclaré le pape François dans la Grande Galerie du château, le 27 septembre, dans son premier discours depuis son arrivée en Belgique. « L’Église vit dans cette coexistence perpétuelle de sainteté et de péché, de lumière et d’ombre, avec des résultats souvent d’une grande générosité et d’un dévouement splendide, et parfois malheureusement avec l’émergence de contre-témoignages douloureux. »

    « Je pense aux cas dramatiques d’abus sur mineurs », a-t-il ajouté. « L’Église devrait avoir honte, demander pardon et essayer de résoudre cette situation avec humilité chrétienne. »

    Les propos du pape font suite à sa décision de laïciser l'ancien évêque de Bruges Roger Vangheluwe, plusieurs années après que ce dernier ait admis avoir abusé sexuellement de ses neveux à plusieurs reprises. Un ancien archevêque de Bruxelles, feu le cardinal Godfried Danneels, aurait appelé une victime des abus de Vangheluwe à garder le silence .

    En Belgique, l’Église catholique est confrontée à une baisse significative de la confiance du public. En 2022, seuls 50 % des Belges se sont identifiés comme catholiques, soit une baisse de 16 % par rapport à la décennie précédente, et seuls 8,9 % assistent à la messe au moins une fois par mois.

    Selon un rapport récent, le nombre de catholiques demandant que leur nom soit retiré des registres de baptême est passé à 1 270 en 2023.

    Le pape a évoqué les abus du clergé dans une réponse improvisée à la vive condamnation par De Croo de la manière dont l'Église gère les abus du clergé.

    De Croo a imploré l’Église de donner la priorité aux besoins des victimes, affirmant : « Aujourd’hui, les mots seuls ne suffisent pas. Nous avons également besoin de mesures concrètes. » Le roi Philippe s’est également joint à l’appel à la responsabilité dans son discours, affirmant que l’Église doit travailler « sans relâche » pour expier les crimes et aider à la guérison des victimes.

    La visite du pape François fait suite à une série de scandales qui ont ébranlé l’Église belge, dont le point culminant a été la publication en 2010 d’un rapport accablant révélant que plus de 500 personnes avaient dénoncé des abus commis par des prêtres. Les retombées de ces révélations ont conduit à un examen approfondi de la direction et des pratiques de l’Église, de nombreux appelant à une approche plus transparente dans le traitement des allégations d’abus.

    Un documentaire récent, « Godvergeten » (« Abandonnés de Dieu »), diffusé à la télévision belge, montre des victimes partageant leurs histoires poignantes, alimentant encore davantage l'indignation du public et déclenchant des enquêtes sur les pratiques de l'Église.

    Le Premier ministre et le roi Philippe ont tous deux tenu leurs propos les plus pointus en néerlandais, la langue de la Flandre, où les cas d'abus ont acquis une notoriété particulière.

    Le pape a également évoqué l'histoire troublée des « adoptions forcées » en Belgique, une pratique qui a perduré jusque dans les années 1980 et qui a contraint des mères célibataires à abandonner leurs enfants. « Souvent, la famille et d'autres acteurs sociaux, y compris l'Église, pensaient que pour éliminer la stigmatisation négative (...) il était préférable pour le bien de la mère et de l'enfant que ce dernier soit adopté », a-t-il déploré, ajoutant que cet état d'esprit contribuait à de profondes blessures sociétales.

    Dans son discours, le pape François a également évoqué le rôle unique de la Belgique en Europe, la qualifiant de pont entre les cultures et de centre de paix. « Ce sont les deux calamités de notre époque : l'enfer de la guerre… et l'hiver démographique », a-t-il déclaré.

    « C’est pourquoi nous devons être pragmatiques : ayez des enfants ! Ayez des enfants ! », a ajouté le pape.

    François n'a cependant pas abordé le sujet controversé de l'euthanasie en Belgique, une omission notable dans son discours compte tenu des discussions en cours autour de cette question dans les établissements de santé catholiques du pays.

    Après son discours au château de Laeken, le pape a visité une résidence pour personnes âgées en difficulté gérée par les Petites Sœurs des Pauvres. Le pape devrait également rencontrer vendredi soir des victimes d'abus sexuels.

    Lire aussi : Les excuses du pape aux victimes d'abus sexuels rejetées par un groupe de survivants, car elles visent seulement à « limiter les dégâts »

  • Le pape en Belgique (27/9)

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  • Le secrétaire d'État du Vatican met en garde contre les faibles taux de natalité en Europe et « l'hiver démographique »

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    De Jonah McKeown sur CNA :

    Le secrétaire d'État du Vatican met en garde contre les faibles taux de natalité en Europe et « l'hiver démographique »

    Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Vatican, a déclaré dans une récente interview que le pape François souhaitait que l'Europe redécouvre ses principes fondateurs afin d'aborder les problèmes - y compris l'imminent  « hiver démographique »  causé par les faibles taux de natalité - avec « un esprit de solidarité tourné vers l'avenir ».

    S'adressant aux médias du Vatican  la veille du  départ du pape François pour un voyage au Luxembourg et en Belgique,  Parolin a déclaré que sans la vertu de l'espérance et la conviction profonde de l'aide de Dieu dans nos vies, « chaque difficulté, bien que réelle, semblera amplifiée et les impulsions égoïstes auront plus de liberté pour s'imposer ». Il a ajouté que l'Église catholique et les acteurs étatiques ont la responsabilité de soutenir les familles et de leur permettre de se donner généreusement.

    « Je crois que pour contrer la baisse dramatique de la natalité, une série d’actions de la part de différents acteurs est nécessaire et urgente. L’Église, les États et les organisations intermédiaires doivent tous prendre conscience de l’importance – j’oserais dire vitale – de ce problème et intervenir avec une série de mesures qui devraient être bien coordonnées, si possible », a déclaré Parolin.

    Il faut veiller à « écouter attentivement les familles pour identifier leurs besoins réels et leur fournir de l’aide, en impactant le concret de leur vie afin d’éliminer divers obstacles à l’accueil généreux d’une nouvelle vie », a déclaré le cardinal. 

    La fécondité mondiale est en baisse depuis des décennies, le problème étant souvent plus aigu dans les pays industrialisés où le niveau de vie est élevé, alors même que les taux de fécondité continuent de grimper dans de nombreux pays en développement aux ressources limitées, notamment en Afrique subsaharienne. Selon les données recueillies par la Banque mondiale , bon nombre des pays les plus développés du monde se situent bien en dessous du « taux de remplacement » de la fécondité (en général environ 2,1 naissances par femme au cours de sa vie) nécessaire pour maintenir une population stable.

    Ce n’est pas la première fois que Parolin évoque la possibilité d’un « hiver démographique » – une diminution spectaculaire et lourde de conséquences de la population causée par  un faible taux de natalité.  Il l’avait déjà fait  en 2021 lors d’un discours en France  , où il avait également exhorté le continent à redécouvrir ses racines chrétiennes.

    Le pape François lui-même a déjà décrit le faible nombre de naissances comme « un chiffre qui révèle une grande préoccupation pour l’avenir ». Il a critiqué ce qu’il décrit comme « un climat social dans lequel fonder une famille est devenu un effort titanesque, au lieu d’être une valeur partagée que tout le monde reconnaît et soutient ».

    En 2022, François a également décrit la chute des taux de fécondité comme une « urgence sociale », affirmant que si la crise n'était « pas immédiatement perceptible, comme d'autres problèmes qui occupent l'actualité », elle était néanmoins « très urgente » dans la mesure où les faibles taux de natalité « appauvrissent l'avenir de tous ».

    Lire la suite

  • De multiples nuances pour la visite du pape en Belgique

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    De Elise Ann Allen sur Crux Now :

    Le pape au Luxembourg et en Belgique : un voyage aux nuances multiples

    25 septembre 2024

    ROME – Alors que le pape François se prépare à se rendre au Luxembourg et en Belgique cette semaine malgré un léger rhume, son voyage comportera plusieurs thèmes sous-jacents importants alors qu'il mettra le pied dans l'une des nations les plus laïques d'Europe et se prépare à délivrer des messages à un continent ravagé par la guerre.

    La visite du pape François au Luxembourg et en Belgique, du 26 au 29 septembre, marquera son 46e voyage international en tant que pape, avec un total de 77 pays visités depuis son élection au pontificat en 2013.

    Bien qu'il fasse ce voyage principalement à l'occasion du 600e anniversaire de la fondation des universités de Louvain et de Louvain, étant donné la présence d'importantes institutions européennes dans les deux villes et les récents scandales d'abus qui ont mis à l'épreuve l'Église dans un paysage déjà précaire en raison de la croissance rapide de la laïcité, tous ces thèmes devraient être présents à un certain niveau dans ce que dit et fait le pape.

    « La sécularisation est un problème, mais peut-être plus encore est-ce le défi du témoignage chrétien dans une Europe où le christianisme est moins connu que par le passé, plein de questions, souvent non exprimées, avec une perception de déclin », a déclaré le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, lors d'une conférence de presse le 23 septembre.

    « Il y a déjà des tentatives de réponse à ces questions au sein de ces communautés qui seront encouragées par le pape », a-t-il déclaré.

    Alors que 57 pour cent de la population belge est catholique, le taux de participation active à la messe dominicale n'est que de 6 à 10 pour cent. (?)

    L’Église en Belgique est également confrontée à d’importants défis sociaux, puisque le pays a été le deuxième au monde à légaliser le mariage homosexuel en 2003, et il est devenu une destination mondiale pour ceux qui recherchent l’euthanasie – qui a été légalisée en Belgique en 2002 et permet aux étrangers de soumettre une demande pour mettre fin à leurs jours dans le pays.

    La Belgique est également l’un des rares pays où l’euthanasie est autorisée pour les personnes souffrant de « souffrances insupportables » causées par un trouble psychiatrique ou une démence. La Belgique est devenue le premier pays à légaliser l’euthanasie pour les enfants en 2014, sans condition d’âge minimum, mais avec des conditions de consentement écrit des parents.

    Selon Bruni, en plus du message que le pape François offrira à un monde sécularisé, il portera également un message aux pays qui accueillent « le siège de diverses institutions européennes, notamment de nature financière », une référence à l'industrie mondiale des fonds au Luxembourg, et « le siège d'une grande partie de l'administration de l'UE », puisque la Belgique abrite le siège de la Commission européenne.

    Ces pays sont « une partie du monde vers laquelle les autres se tournent », ce qui signifie que les paroles du pape seront « adressées au cœur de l'Europe » à la lumière du « rôle qu'elle veut jouer dans le monde dans un avenir proche », a déclaré Bruni.

    À cette fin, il a souligné les discours précédents du pape devant l'UE lors de sa visite à Strasbourg en 2014, lorsque François avait qualifié l'Europe de « grand-mère » qui a perdu son dynamisme et sa créativité, ainsi que son discours d'acceptation du prix Charlemagne en 2016, où il avait réitéré cette comparaison, affirmant que l'Europe était devenue « fatiguée » et « enracinée » et avait perdu le contact avec ses racines chrétiennes et ses principes fondateurs.

    Bruni a déclaré que le message du pape se concentrerait probablement sur le rôle que l'Europe peut jouer à l'avenir pour devenir un lieu d'accueil et de solidarité entre toutes les nations et a noté que certaines nations sont devenues des « victimes » de l'occupation et de la destruction.

    À cette fin, a déclaré Bruni, le thème de la paix sera probablement aussi un thème sous-jacent clé, car François visitera des lieux qui ont travaillé dur pour parvenir à la paix après la Seconde Guerre mondiale, à un moment où le continent européen est à nouveau marqué par le conflit violent en Ukraine.

    Le pape François devrait également aborder les questions environnementales et migratoires, ainsi que le rôle de l’éducation catholique à une époque de croissance technologique rapide.

    Lors d'une rencontre avec des professeurs de l'Université catholique de Louvain, il montrera une vidéo sur l'aide humanitaire aux réfugiés, ce qui, selon Bruni, est un message opportun pour la Belgique compte tenu du défi de la migration ces dernières années et de la présence de réfugiés dans les institutions universitaires.

    Les rencontres du pape avec le monde universitaire, a déclaré Bruni, lui donneront l'occasion de délivrer un message sur « ce que le christianisme a encore à dire à la culture européenne ».

    Il existe également un lien fort entre l'Université catholique de Louvain et le Concile Vatican II, car l'université était déjà considérée, avant le début du concile, comme un précurseur de l'autonomisation des laïcs en vertu de leur baptême et de leur formation de théologiens.

    En 1970, l'université a créé le Centre d'études du Concile Vatican II, qui fonctionne encore aujourd'hui dans le but de collecter des documents documentant l'histoire du Concile et de faire progresser et de soutenir les recherches en cours sur celui-ci.

    De même, l’Université catholique de Louvain entretient depuis longtemps des liens étroits avec le mouvement de théologie de la libération qui est devenu populaire dans une grande partie de l’Amérique latine, et elle dispose toujours d’un Centre de théologie de la libération qui sert de « plate-forme de recherche théologique sur les théologies libératrices, contextuelles et critiques » à travers l’organisation de tables rondes, de groupes de discussion, de conférences, d’ateliers et de séminaires.

    Un autre sujet qui sera au cœur de la visite du pape en Belgique sera celui des abus commis par le clergé et des récents scandales qui ont frappé le pays, notamment le cas notoire de l'évêque Roger Vangheluwe, laïcisé par le Vatican en mars. Après que des accusations ont été portées contre lui en 2010, Vangheluwe a fini par admettre plusieurs abus sexuels, dont certains sur ses propres neveux.

    François devrait rencontrer lors de son séjour en Belgique 15 survivants d'abus sexuels, six hommes et neuf femmes, pour une rencontre qui n'a pas encore été annoncée afin de garantir la confidentialité des participants.

    Bruni a déclaré aux journalistes lundi que, comme d'habitude, la réunion serait annoncée ultérieurement et que, « en accord avec les victimes, nous fournirions des informations à ce sujet ultérieurement ».

    Au sujet des accusations portées contre Vangheluwe et de l'impact que le scandale qui l'entoure a eu sur la société belge, Bruni a déclaré que le pape François « est conscient de la douleur, du drame et de la souffrance en Belgique, et nous pouvons certainement nous attendre à des références à cela ».

    Le pape François sera accompagné lors de sa visite par le cardinal Robert Francis Prevost, préfet du Dicastère pour les évêques, et par le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les causes des saints.

    Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Vatican, ne l'accompagnera pas lors de ce voyage, car il sera à New York pour représenter le Saint-Siège à la 79e Assemblée générale de l'ONU.

    Suivez Elise Ann Allen sur X : @eliseannallen

  • Le secrétaire d'État du Vatican dénonce la promotion de l'avortement et de l'idéologie du genre par l'ONU

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    Du National Catholic Register (:

    Le secrétaire d'État du Vatican dénonce la promotion de l'avortement et de l'idéologie du genre par l'ONU

    Le cardinal Pietro Parolin a souligné la nécessité de promouvoir la dignité de la personne humaine et a exprimé la désapprobation du Vatican à l'égard de la promotion de l'avortement et de l'idéologie du genre par l'Assemblée, le 23 septembre.

    Dans un discours au « Sommet du futur » des Nations Unies à New York, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, a souligné la nécessité de promouvoir la dignité de la personne humaine et a exprimé la désapprobation du Vatican à l'égard de la promotion de l'avortement et de l'idéologie du genre par l'assemblée.

    Le cardinal Parolin s’est adressé lundi aux membres de l’ONU réunis pour le sommet. Tout en félicitant les participants au sommet pour leur engagement dans le dialogue, il a souligné qu’il était « nécessaire de repenser les actions dans un certain nombre de domaines ».

    Le cardinal a exprimé les inquiétudes du Vatican concernant le document intitulé « Pacte pour l'avenir », adopté par les participants au sommet dimanche . Il a déclaré que « conformément à sa nature et à sa mission particulière, [le Saint-Siège] souhaite exprimer ses réserves » concernant la promotion de l'avortement et de l'idéologie du genre par l'assemblée.

    Le Saint-Siège conserve le statut d’« observateur permanent » sans droit de vote auprès des Nations Unies.

    Qu'a dit le cardinal Parolin ?

    Le cardinal Parolin a souligné la nécessité de promouvoir la dignité de la personne humaine dans le monde entier. Il a salué le sommet comme un « motif d’espoir » dans un temps de crise où « la confiance entre les nations s’érode, comme en témoignent la prévalence et l’intensité croissantes des conflits ».

    « Aujourd’hui, le sentiment d’appartenir à une seule famille humaine s’estompe et le rêve de travailler ensemble pour la justice et la paix semble dépassé et utopique. Il n’en est pas forcément ainsi s’il existe une volonté de dialogue authentique », a déclaré le cardinal Parolin. « Si la dignité est le fondement et le développement humain intégral l’objectif de notre avenir, le dialogue est le moyen nécessaire ».

    Bien que le « Pacte pour l'avenir » adopté lors du sommet ne mentionne pas explicitement l'avortement, il énonce l'objectif du sommet de « garantir l'accès universel à la santé sexuelle et reproductive et aux droits reproductifs ». La « santé reproductive » et les « droits reproductifs » sont des termes utilisés pour désigner un ensemble de services de santé destinés principalement aux femmes, y compris souvent l'avortement.

    « En ce qui concerne les termes « santé sexuelle et reproductive » et « droits reproductifs », le Saint-Siège considère que ces termes s’appliquent à une conception holistique de la santé, qui embrasse, chacun à sa manière, la personne dans l’intégralité de sa personnalité, de son esprit et de son corps, et qui favorise la réalisation de la maturité personnelle dans la sexualité et dans l’amour mutuel et la prise de décision qui caractérisent la relation conjugale entre un homme et une femme conformément aux normes morales », a déclaré le cardinal Parolin.

    « Le Saint-Siège ne considère pas l’avortement ou l’accès à l’avortement ou aux produits abortifs comme une dimension de ces termes », a-t-il précisé.

    « En ce qui concerne le « genre », a poursuivi le cardinal Parolin, « le Saint-Siège comprend le terme comme étant fondé sur l’identité sexuelle biologique qui est masculine ou féminine. »

    Sur quels autres points le cardinal Parolin a-t-il mis l’accent ?

    Le cardinal Parolin a ensuite souligné la conviction du Vatican selon laquelle « l’éradication de la pauvreté » par le développement mondial doit être « l’objectif primordial de toute action future ».

    Il a également souligné la nécessité de rechercher la paix par le biais du désarmement mondial et de « l’élimination totale des armes nucléaires », affirmant que « les considérations géopolitiques étroites doivent être mises de côté et les lobbies économiques puissants doivent être résistés afin de défendre la dignité humaine et d’assurer un avenir dans lequel tous les êtres humains peuvent jouir d’un développement intégral, à la fois en tant qu’individus et en tant que communauté ».

    Enfin, le cardinal Parolin a également déclaré qu’il existe un « besoin urgent » pour les gouvernements de réglementer le développement de l’intelligence artificielle afin de promouvoir « une éthique de l’IA qui englobe le cycle de vie de l’IA et aborde, entre autres, la protection des données, la responsabilité, les préjugés et l’impact de l’IA sur l’emploi. »

    « Par-dessus tout, a déclaré le cardinal Parolin, penser à l’avenir doit tenir compte des besoins et des intérêts des générations futures. Il est impératif de garantir un avenir digne à tous, en garantissant la fourniture des conditions nécessaires – y compris un environnement familial stimulant – pour faciliter l’épanouissement tout en relevant simultanément les innombrables défis qui l’entravent, notamment ceux résultant de la pauvreté, des conflits, de l’exploitation et de la toxicomanie. »

  • 40 000 personnes ont participé à la marche nationale pro-vie en Slovaquie

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    De kath.net/news :

    Impressionnant : 40 000 personnes ont participé à la Marche pour la vie en Slovaquie

    25 septembre 2024

    Le nonce apostolique : « Je vous apporte le salut chaleureux du pape François… Le pape François manifeste avec vous aujourd'hui… Soyez toujours partisans de la vie. La vie est un don de Dieu. »

    Bratislava/Kosice (kath.net/pl) Cette année, 40 000 personnes ont participé à la marche nationale pro-vie en Slovaquie (photo). Le Nonce Apostolique, Mgr Nicola Girasolim, a prononcé un discours du Pape, dans lequel le Pape a écrit qu'il se joint spirituellement à la Marche pour la Vie : « Je vous apporte un salut chaleureux du Pape François... Le Pape François manifeste avec vous aujourd'hui. Que ce soit une marche pleine de joie et d'enthousiasme. Que ce soit une véritable marche pour la vie. Que ce soit une marche d'espoir. Soyez toujours des partisans de la vie. La vie est un don de Dieu. » C’est ce qu’a rapporté le quotidien « Štandard » publié à Bratislava.

    Selon l'Agence de presse catholique (Vienne), la Marche pour la vie dans la métropole slovaque orientale de Kosice était la quatrième après la première à Košice en 2013 et deux autres à Bratislava en 2017 et 2019, et la première après la pandémie corona. La participation a été bien inférieure à celle des précédentes « Marches pour la vie », mais également bien supérieure aux attentes des organisateurs, puisque divers mouvements pro-vie et l'organisation Kanet se sont présentés sous la protection honorifique de la Conférence des évêques catholiques.

  • France : 243 623 avortements en 2023, un chiffre encore en hausse

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    De gènéthique.org :

    France : 243 623 avortements en 2023, un chiffre encore en hausse

    25 septembre 2024
     

    En 2023, 243 623 avortements ont été pratiqués en France selon les derniers chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)[1]. L’année dernière, on a ainsi recensé 8 600 IVG de plus qu’en 2022, qui affichait pourtant les chiffres les plus élevés depuis 1990. Le nombre total d’IVG en 2022 a d’ailleurs « été rehaussé de 600 par rapport à la précédente publication » (cf. France : 234 300 avortements en 2022).

    Plus d’avortements et moins de naissances

    En 2023, le taux de recours à l’avortement s’élève 16,8 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans. Il est plus élevé entre 20 et 34 ans et a augmenté pour toutes les tranches d’âge [2]. Toutefois, l’âge de la femme au moment de l’interruption de sa grossesse était inconnu dans 946 cas [3]. La DREES estime qu’« avec l’hypothèse que ces 946 IVG concernent toujours des femmes mineures, le taux de recours calculé en les incluant atteindrait 6,0 ‰ femmes âgées de 15 à 17 ans, contre 5,3 ‰ sans les prendre en compte ».

    Le ratio d’avortement, c’est-à-dire le rapport entre le nombre d’interruptions de grossesse et le nombre de naissances vivantes une année donnée, augmente également en 2023 et atteint 0,34 [4]. Cette hausse est due à la fois à la baisse du nombre des naissances et à l’augmentation du nombre des IVG. Ainsi, en 2023, pour un avortement, on compte un peu moins de trois naissances.

    L’impact de l’allongement des délais ?

    Selon la DREES, l’allongement du délai légal de recours à l’IVG, passé à 14 semaines de grossesse en mars 2022, ne suffit pas à expliquer cette augmentation (cf. Avortement : Les députés adoptent définitivement la PPL Gaillot). 4 275 IVG ont été pratiquées entre 14 et 16 semaines d’aménorrhée (SA) en 2023.

    « Avant la prolongation du délai autorisé de 14 à 16 SA, 1 % des IVG en établissement de santé étaient enregistrées avec un terme supérieur à 14 SA, précise la Direction. Dans ces conditions, il est difficile de chiffrer exactement le nombre d’IVG concernées par l’allongement du délai de recours à l’IVG. Les données disponibles indiquent que 3,0 % des IVG réalisées en 2023 en établissement de santé ont concerné des grossesses entre 14 et 16 SA. On estime donc que les IVG au-delà de 14 SA pratiquées en établissement hospitalier en 2023 représentent 2 % à 3 % de l’ensemble des IVG en établissement et 1 % à 2 % du total des IVG. »

    Selon la DREES, il est « probable » que ce pourcentage « augmente encore un peu du fait de la diffusion progressive de cette pratique récente ». Il était estimé à 1,5 % des cas en 2022.

    Des sages-femmes qui pratiquent des IVG

    La très grande majorité des avortements, 79%, sont des avortements médicamenteux. Le recours à la téléconsultation pour ce type d’IVG a été autorisé lors du premier confinement de 2020 (cf. En France, l’IVG médicamenteuse à domicile possible jusqu’à 9 semaines) et a été pérennisé après la crise sanitaire. En faisant fi de l’aval la représentation nationale (cf. Olivier Véran auditionné par la délégation aux droits des femmes : promouvoir l’IVG par tous les moyens). La DREES ne peut recenser que les cas où la téléconsultation donne lieu à la remise de produits abortifs par un pharmacien, soit 1262 en 2023. En revanche, « lorsque la téléconsultation concerne la première consultation ou la consultation de suivi, ce n’est pas détectable dans le parcours de la femme, ce qui peut créer une sous-estimation des IVG réalisées en téléconsultation », note la Direction.

    Un recensement plus précis

    Dans sa note annuelle, la DREES consacre un encadré conséquent aux « sources mobilisées pour dénombrer les IVG »[5]. Elle y souligne que « la précision des effectifs a été améliorée depuis 2022 (et rétropolée à partir de 2016), en faisant le lien entre les différents épisodes du parcours de soins suivi par une même femme ». En effet, « ceci permet d’identifier les reprises d’IVG (à la suite d’un échec ou d’une complication de la méthode initiale) parfois codées comme une nouvelle IVG »[6]. Cette « correction des données » « a permis de retirer 7 758 reprises d’IVG des données brutes observées et de recenser 9 531 femmes (4 %) ayant eu recours à plus d’une IVG en 2023, avec un écart de plus de neuf semaines entre deux IVG consécutives ».

    Ces « reprises » représentent donc plus de 3 % des avortements en 2023 (cf. IVG en France : au milieu des chiffres, 3,1% de « réinterventions »). Les femmes sont-elles informées de ces risques, alors que la procédure est toujours plus banalisée ? (cf. IVG : une femme témoigne « ce n’était pas “mon choix”, mais “ma peur”»)

    « L’inscription de l’IVG dans la Constitution montre bien la volonté de ne plus pouvoir discuter cette question, devenue une évidence morale que tous doivent admettre », souligne la philosophe Chantal Delsol dans une tribune récente [7]. Pourtant ces chiffres, encore une fois à la hausse, ne devraient-ils pas pousser à s’interroger ?

     

    [1] La DREES précise que « les IVG réalisées en dehors du système de soins ne sont pas comptabilisées ici ».

    [2] Il est de « 28,0 ‰ parmi les 20-24 ans, 29,7 ‰ parmi les 25-29 ans, et 25,5 ‰ parmi les 30-34 ans, contre 16,5 ‰ parmi les 18-19 ans et 18,6 ‰ parmi les femmes de 35 à 39 ans ».

    [3] Il s’agit d’IVG « codées avec un identifiant anormal, ne permettant pas de relier cet acte à d’autres consommations de soins de la femme, souvent pour préserver son anonymat ».

    [4] +0,03 par rapport à 2022

    [5] « A partir de mars 2019, l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) a introduit de nouveaux codes diagnostics pour le codage des IVG, en ajoutant une extension spécifique à l’IVG (« 0 » en 5e position) au code O04 (avortement médical) de la classification internationale des maladies (CIM-10) utilisée en France (O04.00, O04.10, O04.20, O04.30, O04.40, O04.50, O04.60, O04.70, O04.80 et O04.90). Ce codage plus précis permet de mieux distinguer les IVG des interruptions médicales de grossesses (IMG) avant 22 SA, et de prendre en compte les IVG avec hospitalisation de plus de deux jours, auparavant exclues. Ces IVG, peu nombreuses (0,6 % des IVG hospitalières), correspondent à des séjours avec complications ou à un contexte pathologique particulier chez les femmes », indique la DREES.

    [6] « Si deux IVG ont été réalisées pour une même femme dans un délai inférieur à neuf semaines, une seule IVG est comptabilisée, indique la DREES. En effet, il est peu probable dans ce délai qu’une nouvelle grossesse soit survenue, et il s’agit plutôt de complications, de rétention à la suite d’une IVG, ou d’échecs de la première méthode. »

    [7] Le Figaro, Chantal Delsol : «Le ministère de la Famille, énième victime du magistère moral de la gauche» (22/09/2024)