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  • Congo : Tshisekedi se débat dans les fils de l’araignée kabiliste

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    Deux pas en avant aujourd’hui et peut-être trois en arrière demain : Etienne Tshisekedi a-t-il les moyens de sortir de la souricière où son prédécesseur l‘a coincé en lui offrant la présidence truquée de la RDC ?  Lu sur le site « Afrikarabia » sous la plume de Christophe Rigaud :

    « Une nouvelle majorité ou la dissolution. C’est l’alternative qu’a présenté le président Félix Tshisekedi lors d’une allocution, ce dimanche, sur les ondes de la télévision nationale. Après trois semaines de consultations avec les représentants des forces politiques et sociales du pays, le chef de l’Etat a décidé de mettre fin à l’étrange coalition qu’il entretenait avec le FCC de Joseph Kabila dont les désaccords paralysent les institutions congolaises depuis plusieurs mois.

    « Une nouvelle coalition pour un nouveau gouvernement

    « Nous n’avons pas le droit de prendre en otage le devenir de notre Nation à cause de querelles politiciennes et de repositionnement. Je ne peux en conséquence me résoudre à demeurer dans le statu quo et l’immobilisme » a constaté Félix Tshisekedi dans son adresse à la Nation. Face au rejet de la coalition FCC-CACH, le président a décidé de nommer un « informateur » chargé d’identifier une nouvelle coalition « réunissant la majorité absolue des membres au sein de l’Assemblée Nationale ». Une nouvelle coalition qui devrait déboucher sur la composition d’un nouveau gouvernement, plus à même de porter le programme de Félix Tshisekedi.

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  • Suivre ici en vidéo, dès aujourd’hui, la messe traditionnelle de ce dimanche 6 décembre 2020 en l’église du Saint-Sacrement à Liège :

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    Sion emission_radio_avent2_jose_leonardo_1635_losangeles_county_museumofart.jpgLes chants de la messe d’aujourd’hui, deuxième dimanche de l’Avent, sont entièrement consacrés à Jérusalem : « Peuple de Sion, le Seigneur va venir pour sauver les Gentils. Le Seigneur fait entendre sa voix pour la joie de votre cœur (Intr.). « De Sion resplendit l’éclat de Sa gloire : Dieu va venir, d’une manière visible. Rassemblez autour de lui ses saints qui ont conclu avec lui l’alliance du sacrifice » (Grad.). « Jérusalem lève-toi et monte à l’observatoire et vois la douceur qui va te venir de ton Dieu » (Comm.). Sion, ville de notre force, le Sauveur est en toi comme un mur et un avant-mur : ouvre largement tes portes car Dieu est avec nous, Alléluia » (Ant. laudes).

    Nous voyons d’abord apparaître la Jérusalem du pays de Judée, cette ville vénérable où le Seigneur Jésus a commencé sa mission de Rédempteur, où il a souffert, où il est mort. C’est la Jérusalem juive pour laquelle nous devons avoir un grand respect.

    Sur ces fondements, une autre Jérusalem s’est bâtie : la Jérusalem des chrétiens qui est le royaume de Dieu sur la terre, la sainte Église. Cette Jérusalem est toujours debout, c’est elle que le divin Roi doit visiter à Noël.

    Mais cette ville a encore un troisième étage. Au-dessus de la seconde Jérusalem s’en élèvera une troisième, la Jérusalem céleste, quand les temps seront accomplis. L’Église pense déjà à cette Jérusalem dans ses chants. Dans l’Avent nous attendons aussi le Sauveur qui doit venir au dernier jour pour nous introduire tous dans la Jérusalem céleste.

     Enfin nous pouvons découvrir une quatrième Jérusalem, c’est notre âme. Le Roi veut aussi faire son entrée dans cette Jérusalem et c’est cette Jérusalem qu’il nous importe spécialement d’orner et de préparer — cela aussi est une tâche de l’Avent.

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  • Les pièces grégoriennes du deuxième dimanche de l'Avent

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    Du site d'Una Voce (France) :

    Deuxième dimanche de l’Avent (Triors et Ligugé)

    « Intr. Pópulus Síon »Deuxième dimanche de l'Avent (Triors et Ligugé)

    Les moines de l’abbaye Notre-Dame de Triors chantent les cinq pièces de cette messe, isolées pour les choristes. L’émission complète avec ses commentaires vous fera remonter dans le temps.

    Découvrir la suite sur le site d'Una Voce

  • L’accueil du Messie hier et aujourd’hui (2ème dimanche de l'Avent)

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    Une homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le deuxième dimanche de l'Avent :

    Giovanni Battista | Cercare la fede

    L’accueil du Messie hier et aujourd’hui

    Une petite vingtaine d’années avant que Jean n’offre le baptême de conversion au désert, un garçon de 12 ans avait impressionné les docteurs de la Loi par sa sagesse vive et perçante. Certains ont dû se demander si le Messie n’était pas venu dans le monde. Et puis, plus rien. Silence du côté de Dieu… Les années passent… Que fait le Seigneur ? Ne nous a-t-il pas abandonnés ? Paraîtra-t-il bientôt ? Il devait y avoir une réelle attente du Messie pour que les gens se ruent ainsi au baptême de Jean, « toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem ».

    Quand Celui qui est plus grand que Jean s’est mis à parler et à agir, un certain nombre de Juifs n’ont pas trouvé qu’il répondait à leurs attentes, tandis que d’autres lui on ouvert leur cœur et sont devenus disciples, de près ou de loin. Quand les apôtres et leurs successeurs ont annoncé Jésus dans tout le monde de leur époque, certains ont voulu les faire taire à tout prix car ils dérangeaient l’ordre de la société qui leur convenait ou qu’ils aimaient. Mais d’autres ont accueilli leur parole et se sont mis à en vivre. Ils l’ont fait d’autant plus ardemment que l’Évangile leur venait comme une libération par rapport à la violence ou au mépris dont ils souffraient, par rapport aux ténèbres contres lesquelles ils étaient fatigués de lutter. Et c’est ainsi que l’Évangile a gagné de plus en plus de cœurs, tandis que d’autres lui restaient fermés — bien qu’à une époque ces gens fermés au Christ étaient quand même répertoriés parmi les « chrétiens ».

    Aujourd’hui, les cœurs sont-ils disponibles pour le Messie comme ils l’étaient alors ? Sans doute que oui, comme à toute époque : ni moins, ni plus. Il y a ceux qui sont satisfaits et n’ont pas besoin que Dieu s’approche d’eux, car il serait plutôt une menace pour leur style de vie. Mais il y a aussi ceux qui n’en peuvent plus et qui cherchent une vraie consolation. Souvent, ils l’ont d’abord cherchée dans toutes les propositions ésotériques qui sont sur le marché. Ils ne pensaient pas la trouver dans le christianisme, mais s’ils ont rencontré un témoin authentique du Christ cela a pu toucher leur cœur. Ces jours-ci, les frères et sœurs de Tibériade sont allés donner un coup de main à l’aumônerie de Jolimont, et j’entends dire que bien des cœurs ont été touchés et ont envie de se remettre à chercher le Christ.

    Ceux qui viennent ou reviennent à Jésus, ceux qui lui font une place en eux, et nous qui voulons revenir à lui en cet Avent, tous nous recevons une lumière d’amour et nous sommes consolés. Les textes de la liturgie de tous ces jours sont une telle consolation, une telle espérance ! Mais ensuite, nous avons tous besoin de deux choses que les textes nous rappellent aujourd’hui.

    Nous avons besoin de conversion, de préparer dans notre vie les chemins par où le Seigneur pourra continuer à venir nous rejoindre. Sans un cœur qui cherche à retrouver sa pureté, comment continuer d’avoir du goût pour le Seigneur ? Sans chasser l’inquiétude par la confiance, comment redevenir enfant de Dieu ? Sans grandir dans l’humilité, comment aimer notre prochain comme nous-même ? Oui, les chemins du Seigneur se préparent, afin qu’il ait un plein accès à notre intériorité. Si nous ne les préparons pas, nous serons comme ces routes encombrées où les secours ne savent pas circuler pour sauver ceux qui sont en danger. Il ne faut pas que le Seigneur soit pris dans nos embouteillages intérieurs.

    Enfin, la lumière et la consolation de Dieu se fixent en nous par la persévérance, comme nous y exhortait saint Pierre. Bien des fois nous serons tentés par le découragement. Nous dirons que le Seigneur tarde, encore plus que le déconfinement. Mais si pour le premier ministre une semaine est comme un jour, pour le Seigneur c’est mille ans qui sont comme un seul jour. Ne restons pas fixés sur ce qui ne va pas. Même si nous nous sommes lamentés, ne nous lamentons plus sur notre vie. Veillons à creuser notre désir plutôt qu’à réduire nos attentes. Ainsi notre cœur restera brûlant même quand il ne se passe rien en apparence. Car le Seigneur vient !

  • Chers amis, agissons pour lever l'interdiction des célébrations eucharistiques

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    Chers amis,
     
    Voici plusieurs semaines et jusqu'au 15 janvier que les eucharisties, les baptêmes, le sacrement de réconciliation, les mariages et enterrements à plus de quelques fidèles sont  de nouveau interdits en Belgique. Dans le même temps, depuis le 1er décembre, les commerces les plus divers ont rouvert, il est possible de se rendre à un musée,  ou même à la piscine. Bien que nous soyons encouragés à acheter des cadeaux en tous genre pour fêter Noël... Les églises resteront quant à elles le 25 décembre interdites aux offices de la nativité, et même jusqu'au-delà de l'épiphanie !
     
    De nouveau, notre gouvernement nous a imposé une décision profondément injuste, disproportionnée et paternaliste, d'autant plus que les catholiques ont prouvé entretemps être parfaitement capables d'organiser des célébrations eucharistiques de manière sûre et sans que cela ne mène à des contaminations.

    Vous le savez, nous avons en mai dernier agi auprès du conseil d'état pour protéger notre liberté de culte, qui  est garantie par notre Constitution (art. 19) et la Convention européenne des droits de l'homme. Nous trouvons intolérable que notre gouvernement témoigne un tel mépris envers les libertés des citoyens, en particulier celles des catholiques et de leurs spécificités. Grâce à votre soutien nous avons introduit une requête au conseil d'étatcosignée par des centaines de personnes. Notre requête a été rejetée, mais a permis d'arracher aux avocats du gouvernement l'engagement de lever l'interdiction du culte le 3 juin, quelques jours plus tard.

    Depuis les annonces du 26 novembre, nous avons longuement consulté nos avocats et nous avons décidé d'à nouveau introduire non pas une, mais plusieurs actions, cette fois auprès des tribunaux civils. Vous pouvez lire ci-dessous le détail de notre action. Nous avons donc une nouvelle fois besoin de vous pour nous aider à mener à bien ce recours en justice. Sans votre aide, nous tomberons rapidement à cours de moyens en ne pourrons plus défendre notre droit à pratiquer les sacrements et vivre pleinement notre vie de chrétien.

    Si vous êtes prêts à nous aider, vous pouvez le faire de plusieurs manières :

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  • La crèche, la croix et le tabernacle (Père Chevrier) (feuillet pour le temps du confinement)

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  • Célébrations : il suffisait d'y penser

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    Extrait du journal Le Soir :

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  • Belgique : une reprise des célébrations religieuses à l'ordre du jour ?

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    De Bosco d'Otreppe sur le site de la Libre :

    Reprise des célébrations religieuses : les représentants des cultes rencontreront le ministre de la Justice la semaine prochaine

    Il ressort de cet article (réservé aux abonnés de la Libre) que :

    - L’ensemble des représentants des cultes et de la laïcité seront reçus dans le courant de la semaine prochaine par le ministre de la Justice en charge des cultes, le libéral Vincent Van Quickenborne (Open VLD).

    - Cette réunion se tiendra dans le cadre du dialogue régulier entre le ministre et les représentants des cultes reconnus, précise-t-on prudemment du côté du cabinet. Il s’agit donc d’un dialogue préalable mais qui n’augure en rien un prochain assouplissement des règles prises dans le cadre du comité de concertation.

    - Les cultes se rendront au cabinet en front commun et veulent emprunter le chemin du dialogue avec les autorités, et non celui de l’affrontement juridique, comme ce fut par exemple le cas en France de la part des évêques locaux.

    - Les évêques de Belgique devront trouver le juste ton (...) face à leurs troupes, dont près de 10 000 diacres, prêtres, religieux et laïcs (dont l’évêque de Liège Mgr Jean-Pierre Delville) ont signé cette semaine une lettre ouverte au Premier Ministre, appelant à la reprise des célébrations.

    - La rapidité et l’ampleur de la récolte des signatures soutenant cette lettre ouverte, à tous les étages de l’Église et dans toutes les provinces, a surpris les catholiques eux-mêmes.

    - Le cdH bruxellois demande lui aussi la reprise des célébrations, comme on peut le lire ce vendredi sur le site de La Capitale."

  • Les vertus de la vulnérabilité

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    De gènéthique.org :

    Cet essai du philosophe Alasdair Macintyre est une réécriture de plusieurs conférences de philosophie politique données en 1997. Très didactique, il permet à un lecteur, pas nécessairement habitué à lire des ouvrages de philosophie, de le suivre pas à pas. Au fil des pages, il montre que l’être humain, pour s’épanouir pleinement, doit vivre en recherchant le bien commun, c’est-à-dire non seulement ce qu’on estime être le bien pour soi, mais aussi ce qui est bon pour les autres et dont ils ont besoin. Sortant de la mentalité de l’échange occidentale actuelle où tout se négocie et s’évalue, l’auteur montre comment l’homme, dans sa nature animale, est dépendant des autres, premièrement pour vivre lorsqu’il est vulnérable (nourrisson, âgé, malade ou handicapé), mais aussi pour devenir capable de raisonner en personne indépendante, c’est-à-dire détaché de ses pulsions et émotions infantiles. En reconnaissant cette dépendance nécessaire, il peut apprendre les « vertus de la dépendance reconnue », et en premier lieu la « juste générosité », celle qui conduit à donner à celui dans le besoin gratuitement, et à recevoir simplement ce dont on a besoin. En découle la nécessité pour une société juste et orientée vers le bien commun de prendre en considération ses membres les plus vulnérables, non par pitié, mais comme des personnes à part entière qui apportent par leur vulnérabilité même un ciment à la société : l’occasion de les écouter et de rechercher leur épanouissement comme celui de n’importe quelle autre personne.

    On est loin de la pitié envers les personnes âgées ou les handicapés pour se donner bonne conscience ! Une lecture parfois un peu ardue (on a du mal dans les premiers chapitres à comprendre où veut en venir l’auteur avec l’étude du langage chez certains animaux), mais les derniers chapitres sont une révélation. La réfutation en conclusion de Nietzsche, promoteur de l’indépendance absolue de l’homme, vient couronner le livre.

    Nombre de pages: 256

    Date de publication: 2/07/2020

    EditeurTallandier

  • "La figure du diable est indispensable pour comprendre le mystère de la foi"

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Exorciste depuis longtemps : Le satanisme se développe dans les sociétés occidentales

    Le père François-Marie Dermine, promoteur d'un cours international annuel sur l'exorcisme à Rome, parle de son récent travail populaire sur le diable, offrant des clés de discernement sur ce sujet controversé et sensible.

    4 décembre 2020

    La "mort" du diable dans l'esprit des gens accélère la "mort" de Dieu dans les sociétés occidentales déchristianisées. C'est pourquoi le père dominicain François-Marie Dermine a décidé, il y a 20 ans, de recatéchiser les catholiques par différentes initiatives. 

    Canadien de naissance, le père Dermine est exorciste pour plusieurs diocèses italiens depuis 1994. En 2003, il a contribué à la création du "Cours sur l'exorcisme et la prière de libération", un atelier interdisciplinaire d'une semaine sur l'exorcisme. Cet événement annuel, qui se tient à Rome, rassemble des prêtres, des femmes religieuses et des experts laïcs du monde entier pour se pencher sur l'activité satanique et le ministère officiel que l'Église a mis en place pour répondre à cette activité. 

    Le père Dermine est président de l'association catholique italienne GRIS (Groupe de recherche d'informations socio-religieuses) et professeur de théologie morale à la faculté de théologie d'Émilie-Romagne ; il est également l'auteur de plusieurs livres sur le ministère de l'exorcisme et les dangers entourant les croyances et pratiques obscures et dangereuses de l'occultisme. 

    Son dernier ouvrage, Ragioniamo sul demonio. Tra superstizioni, mito e realtà ("Raisonnons sur le diable : entre superstitions, mythes et réalité"), a été écrit sous forme de questions-réponses et vise à informer le public - croyants et non-croyants - sur la nature et la portée de l'activité satanique à une époque où l'existence même du diable est de plus en plus remise en question, même par les dirigeants catholiques. 

    En discutant du contenu de son livre avec le Register, le père Dermine a mis en garde les fidèles catholiques contre le fait de négliger l'éducation religieuse, qui est le premier rempart contre l'avancée du diable et du satanisme dans la société. 

    Pourquoi avez-vous écrit ce livre, qui s'adresse à un large public ? 

    Tout d'abord, je l'ai écrit parce qu'il y a beaucoup de préjugés, d'ignorance et de confusions à traiter. En effet, je suis un exorciste, et cela me fait vraiment mal d'entendre les gens en général et les prêtres en particulier nier l'action concrète du diable dans nos vies. Je ne pouvais plus supporter cette situation. C'est la raison fondamentale pour laquelle j'ai écrit ce livre. La foi privée de la croyance en l'existence du diable n'est pas authentique car l'existence des anges est une vérité de foi, et le diable est un ange déchu. De ce point de vue, je suis très clair. Quiconque nie l'existence du diable est un hérétique. Il est évident que le diable n'est pas au centre de la foi, mais sa figure est indispensable pour comprendre le mystère de la foi.

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  • Les martyrs scillitains (en 180 à Carthage) (feuillet pour le temps du confinement)

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  • Le temps de la grande épreuve

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    Lu sur le site du mensuel « La Nef » cette interview de Mgr Rougé, évêque de Nanterre

    Mgr Matthieu Rougé est évêque de Nanterre depuis 2018. Il vient de publier un essai tonique inspiré par le confinement vécu au printemps dernier. Entretien autour de cet ouvrage (1).

    La Nef – À propos de l’idée que la pandémie de Covid-19 serait un « châtiment divin », idée fréquente dans la Bible, vous écrivez que « cette réaction est moins chrétienne que païenne » : pourriez-vous nous expliquer cela ?
    Mgr Matthieu Rougé
     – Dieu ne nous veut que du bien. Sa « colère » ne s’exerce que contre le mal comme tel. Le grand théologien Hans Urs von Balthasar définit la colère de Dieu comme son « non absolu au péché ». En un sens, l’histoire tout entière est le temps de la colère de Dieu parce qu’elle est aussi et d’abord le temps de sa miséricorde, de sa révélation, de son salut. Les événements particulièrement forts de l’histoire, comme la crise sanitaire actuelle, peuvent constituer des occasions singulières de percevoir et l’énigme du péché et le mystère de la grâce pour que nous puissions progresser sur le chemin du salut.

    Nos gouvernants ont géré la crise de Covid avec l’obsession de sauver la vie dans sa dimension physiologique, et cela continue : comment expliquer ce regard réducteur sur notre humanité ?
    L’expression « sauver des vies », qui constitue un leitmotiv de la crise sanitaire, est certes pleine d’ambiguïtés mais aussi et d’abord de promesses. Il est bienfaisant que la thématique du salut, parfois peu présente non seulement dans la mentalité contemporaine mais aussi dans la prédication chrétienne habituelle, retrouve droit de cité. Il est heureux que le caractère sacré de toute vie humaine soit affirmé et défendu. Encore faut-il qu’on ne confonde pas salut des personnes et survie des corps. Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous délivre du péché et de la mort et nous ouvre les portes de la conversion du cœur et de la vie éternelle. C’est à l’aune de cette profondeur, de cette ampleur de salut que l’authenticité du soin temporel des personnes doit être mesurée.

    La pandémie a mis en lumière notre fragilité et notre dépendance quand nous pensions être tout-puissants : en a-t-on tiré des conclusions ?
    C’est le chemin qui s’ouvre devant nous. Comment mieux assumer la bienheureuse fragilité qui fait partie de notre condition humaine ? En donnant davantage leur place dans notre société aux personnes fragiles, âgées, malades, handicapées ; en rééquilibrant nos existences à chacun entre vie spirituelle, familiale, professionnelle, intellectuelle, caritative ; en intégrant la part de risque et d’échec possible inhérente à nos projets et à nos réalisations ; en acceptant que la mort fasse partie du mystère de la vie, ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle puisque le Christ l’a vaincue par sa résurrection et ouverte sur la vie éternelle.

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