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Actualité - Page 1352

  • Divorcés remariés : querelle de famille au Vatican

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    De Jean-Marie Guénois dans le « Figaro » du 10 octobre :

    "La question des divorcés remariés, qui s'impose dans les débats, oppose le Pape à une partie des cardinaux.

    PHO856cf826-508b-11e4-9c78-714bf920bbe7-805x453 (2).jpgC'est comme un long repas de famille. Les convives de toutes couleurs et de toutes langues sont venus de très loin. Le pape François est à la place d'honneur. Tel un patriarche, il préside ce synode qu'il a convoqué pour parler sans tabou des problèmes que l'Église catholique affronte avec les questions de la famille, du mariage et de la sexualité.

    Vendredi, au terme de cinq jours de débats, ils sont 240, sur 253, à avoir pris la parole. Couples de laïques, experts, théologiens, évêques, cardinaux, chacun disposait de quatre minutes pour dire ce qu'il avait sur le cœur sans avoir peur du jugement des autres - et encore moins de celui du pape - comme François l'avait exigé dimanche en ouvrant le bal.

    C'est donc la profusion de points de vue, de témoignages, de rappels, de questions, d'émotions. Une foire aux idées qui finit par donner le tournis si un sujet majeur n'émergeait pas de jour en jour, une sorte d'idée fixe, impossible à contenir et plus forte que tout.

     «La question critique» des divorcés remariés

    Comme si les questions pourtant importantes - et toutes évoquées - de contraception, de polygamie, d'accueil des personnes homosexuelles,  de préparation au mariage, de drames familiaux liés à la guerre dans certains pays ou d'éloignement familial pour chercher du travail au loin, et tellement d'autres sujets, n'étaient qu'accessoires par rapport à «la question critique», comme l'a située un témoin: celle des divorcés remariés.

    Considérée au début de la semaine comme un souci «occidental», concernant peu les Africains par exemple, elle s'est imposée et se pose pour la dernière semaine de ce synode comme le sujet dominant qui pourrait aboutir à ce que le cardinal Kasper, en première ligne dans ce débat, craignait, à savoir «un divorce sur le mariage».

    Car les choses se corsent en réalité. Alors que les pères synodaux ne devaient en parler que lors d'une séance, ils ont occupé une deuxième puis une troisième séance pour ferrailler sur le sujet, même si tout est fait, à l'extérieur, pour que les bruits d'éventuelle vaisselle cassée ne transparaissent pas car il y va de l'image de l'Église.

     Banquet théologique

    Par exemple, aucun des cardinaux ou évêques qui sont farouchement contre une évolution de la doctrine de l'Église pour donner la communion aux divorcés remariés - car ils y voient le risque «de voir s'écrouler l'édifice des sacrements», dont le mariage mais aussi l'eucharistie - n'est admis à la salle de presse pour les briefings quotidiens.

    Le Vatican ne nie pas l'existence de deux écoles théologiques opposées sur cette question - l'autre étant celle du Pape et du cardinal Kasper, qui entendent trouver une voie pour mieux accueillir les divorcés remariés -, mais on minimise certaines interventions très tranchées contre cette perspective. Un peu comme si, dans une réunion de famille, on tournait la tête quand le vieil oncle, conservateur, reprenait sa rengaine!

    Ce banquet théologique entame donc seulement son plat de résistance. Toute la semaine prochaine, les pères synodaux travaillent par groupes linguistiques. Un second synode, dans un an, abordera les conclusions pratiques. Mais il est clair que l'unanimisme porté lors d'une sorte de toast unitaire, en début de session, pour «préserver l'indissolubilité du mariage» face à la question des divorcés remariés, est profondément fissuré quant aux chemins pour y parvenir."

    Ref : Divorcés remariés : querelle de famille au Vatican

     JPSC

  • Qu’attendez-vous du synode sur la famille ?

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     De passage à Paris pour fêter les 30 ans de Jeunesse-Lumière dont il est le fondateur, le père Daniel-Ange adresse aux évêques un appel au courage. Fermement hostile à l'enseignement du genre à l’école ou au recours aux mères porteuses, il encourage le vaste mouvement du « bon sens »  incarné par La Manif pour tous pour défendre la famille, qui est le signe visible de la Trinité sur terre, et les enfants, premières victimes quand celle-ci fait naufrage.

    3 minutes en vérité avec le Père Daniel-Ange – « Plus le droit de se taire face aux attaques contre la famille ! ». Sur le site de l’hebdomadaire « Famille chrétienne » :

     

    JPSC

  • Synode sur la famille: Le Cardinal Vingt-Trois dans la ligne de l’encyclique « Humanae vitae »

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    Lu sur le site « riposte catholique » (extrait) :

    Président délégué du synode, l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, a introduit les travaux de la 7e Congrégation générale du synode extraordinaire sur la famille qui s’est réunie jeudi 9 octobre au matin. Une intervention de qualité comme vous allez pouvoir en juger vous-même. L’archevêque a indiqué le thème : « l’ouverture à la vie et de la responsabilité éducative« . Il a notamment invité à une meilleure formation sur l’enseignement de l’Eglise et les méthodes naturelles de régulation des naissances (…) :

    Voici son intervention :

    « Aujourd’hui, cette Septième Congrégation Générale sera consacrée à un sujet présenté dans la troisième partie de l’Instrumentum laboris qui traite de l’ouverture à la vie et de la responsabilité éducative. Ce matin nous concentrerons notre attention et nos débats sur le chapitre 1 qui affronte plus particulièrement les défis pastoraux concernant l’ouverture à la vie. Dans ce domaine, on touche des dimensions et des aspects très intimes de l’existence, pour lesquels ressortent des différences substantielles entre une vision chrétienne de la vie et de la sexualité et un mode de vie fortement sécularisé.

    C’est pourquoi la connaissance et l’accueil du Magistère sur l’ouverture à la vie (123-125) sont essentiels. En effet, nombreux sont ceux qui ont des difficultés à saisir la distinction entre les méthodes naturelles de régulation de la fertilité et la contraception. Les causes principales de cet accueil difficile (126-127) proviennent de la différence entre la conception anthropologique chrétienne et celle de la mentalité dominante. C’est ainsi que du point de vue pastoral (128), il importe de faire davantage connaître – dans un nouveau langage et en collaboration avec le monde universitaire, la cohérence de la vision anthropologique proposée par l’Église.

    Tout cela n’est pas sans conséquences sur la pratique sacramentelle (129) des couples qui, souvent, n’estiment pas que l’utilisation de méthodes anticonceptionnelles soit un péché et donc tendent à ne pas en faire une matière à confession et ainsi recevoir la communion sans problèmes.

    Enfin, il faut encourager une mentalité ouverte à la vie (130-131) pour contrecarrer la mentalité contraceptive et la diffusion d’un modèle anthropologique individualiste qui déterminent en certaines régions du monde une forte baisse démographique dont les conséquences sociales et humaines ne sont pas aujourd’hui assez tenues en considération. Dans ce contexte, il faut reconnaître l’utilité des planning familiaux liés aux diocèses et les associations de familles qui deviennent témoins de la beauté et de la valeur de l’ouverture à la vie.

    Conscients de l’importance de ce témoignage de vie auprès de nos contemporains, écoutons maintenant l’attestation des époux Arturo et Hermelinda As Zamberline, Couple responsable de la sous-région du Brésil des Équipes Notre-Dame, qui nous viennent tout droit de ce grand pays où la statue monumentale du Christ Rédempteur rappelle à tous que son image sacrée est le symbole de sa protection et de sa bénédiction qui rayonne sur le Brésil et les Brésiliens. »

    Ref. Le Cal Vingt-Trois encourage une mentalité ouverte à la vie contre la mentalité contraceptive

    JPSC

  • Liège, dimanche 12 octobre 2014 à 10h: le Collegium Mergelland chante la messe grégorienne à l'église du Saint-Sacrement

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    EGLISE DU SAINT-SACREMENT 

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    Boulevard d’Avroy, 132 à Liège

    DIMANCHE 12 OCTOBRE À 10 HEURES

    GRANDE MESSE GREGORIENNE “ DA PACEM”

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    Propre du  XVIIIe dimanche après la Pentecôte,  Kyriale “Orbis Factor”

    chantée par le

    COLLEGIUM GREGORIANUM MERGELLAND

    Le Mergelland est cette région frontalière du Sud-Limbourg néerlandais qui étend son paysage de marnes, collines, vergers et pâturages entre Maastricht, Vaals et Kerkrade. 

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    013-chants-of-the-priest.jpg

    Le Collegium Gregorianum de ce “pays des marnes” (mergelland) a été fondé en 1977.  Il poursuit un triple but: approfondir la spiritualité chrétienne personnelle par le chant grégorien, améliorer la connaissance des fondements du chant grégorien et son interpretation authentique authentique, pratiquer le chant gregorien dans la liturgie de nos jours.

    Actuellement le Collegium comprend de 13 membres. Il est dirigé par  Peter Schroen et son assistant Robert Boersema. Plusieurs members du collegium se sont perfectionnés au Centre grégorien de Drongen (Tronchiennes, près de Gand). Peter Schroen et Robert Boersema ont acquis leur formation chez le professeur Alfons Kurris au conservatoire de Maastricht. Les choristes participent régulièrement aux journées d’études de la ‘Stichting Musica Gregoriana’ de Roermond (NL).  

    Le Collegium n’est pas lié à une église particulière, mais il contribue régulièrement aux offices de paroisses et couvents, aux Pays Bas comme en Belgique. Sur demande il se produit aussi volontiers en concert. Renseignements: roboma@hetnet.nl et werrijmeisen@hetnet.nl

     Tel. sursum corda: 04.344.10.89

  • La nouvelle pastorale a aussi sa doctrine

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    En lisant les articles consacrés au synode de la famille, on voit fleurir une novlangue relativiste dont le jésuite Alain Thomasset, professeur de théologie morale au Centre Sèvres à Paris, nous expose fort bien le sens. Pour être miséricordieux "comme François", il s'agit de bien prendre en compte des limites humaines : "nous sommes des êtres historiques, faibles et habités par le péché ! Ce qui signifie que l’on ne peut exiger du chrétien qu’il applique toute la loi morale, entièrement et d’un coup, mais qu’il faut au contraire l’aider à avancer sur un chemin de croissance, dans la durée”. 

    Certes et, comme dit l’Ecriture, le juste lui-même pèche sept fois par jour (Proverbes, 24, 16). Le danger serait que, dès lors, la loi objective se relativise ou cesse même d’être enseignée.

    Or,il n’y a pas de miséricorde sans justice ni peine adéquate et c’est ce qu’on découvre dans la pratique du sacrement de guérison que nous appelons pénitence. Une pénitence dont l'objet est médicinal. Mais qui se confesse encore aujourd’hui ?

    Sur son site « Pro liturgia », Denis Crouan poursuit  le commentaire en ces termes :  

    «... Et le jésuite d’expliquer qu’il s’agit de mettre en œuvre une pastorale basée sur la “loi de gradualité” qui peut aider le fidèle à “distinguer l’idéal à atteindre et le bien qu’il arrive sincèrement à faire”. Et de conclure qu’ “il est nécessaire de changer de langage, de supprimer des formules qui ne sont plus comprises, telles “vivre dans le péché” ou “actes intrinsèquement désordonnés”.... 

    On comprend que ce qu’il faut, c’est nommer une commission (nos évêques sont très friands de commissions) qu’on chargera de publier le dictionnaire de la “novlangue” pastorale. Comme dans “1984”, le livre d’Orwell, il faut diminuer le nombre de mots d’une langue. Car plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir en éliminant les finesses du langage, plus on rend les gens incapables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l’affect. Cette simplification de la langue rendra impossible l’expression d’idées potentiellement subversives pour la pastorale qu’on aura officialisée.

    Parallèlement, il faudra toujours se souvenir que tout est “historique”. C’est-à-dire qu’il ne faudra jamais rappeler que c’est au nom de l’ “historique” que Bultmann et ses disciples ont réduit les Evangiles à une simple histoire sans dimension surnaturelle ; que c’est au nom de l’ “historique” que les idéologues de Mai 68 ont déconstruit le socle qui garantissait la solidité de valeurs sociales permanentes ; que c’est au nom de l’ “historique” qu’on nous impose des liturgies sans cesse reconstruites et au cours desquelles ont chante des refrains qui, au bout de 3 ans au maximum, sont démodés et doivent être remplacés par d’autres airs tout aussi éphémères.

    Une Eglise qui, au nom de l’ “historique”, statuera par un fléchissement de ses règles, finira immanquablement par ouvrir la porte à d’autres opportunités pour toucher aux règles. N’oublions pas que ceux qui militent pour une idéologie ont déjà un processus de remplacement en tête. Pire : ils ont déjà d'autres requêtes dévastatrices à présenter. »

     http://www.proliturgia.org/

     JPSC

  • Bénir des unions homosexuelles ?

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    La question de l’accueil des personnes de tendance homosexuelle est à l’ordre du jour du synode sur la famille. Mais de quoi parle-t-on ? Dans le journal « La Croix » du 7 octobre, le P. Antoine Guggenheim,  directeur du pôle de recherche du Collège des Bernardins à Paris, répondait « oui » à la question de savoir s’il fallait bénir les unions de personnes de même sexe. Avec un « repentir » à la sauce Kasper à la clé ? Le philosophe Thibaud Collin lui répond (JPSC) :

    « Serait-il envisageable de bénir les unions entre personnes de même sexe ? Telle est la question que pose le père Antoine Guggenheim dans La Croix du mardi 7 octobre. Alors même que la question de l’accueil des personnes ayant une tendance homosexuelle est à l’agenda du synode sur la famille, il n’est pas inutile de réfléchir à une telle proposition et à ce qu’elle implique.

    Le père Guggenheim se situe dans une perspective qu’il nomme « théologie de la rencontre et de l’écoute ». Il affirme que « l’importance accordée à l’homosexualité dans la société et dans l’Eglise » ne doit pas être seulement vue comme la marque d’une idéologie mais « aussi révélatrice du travail de l’Évangile dans les cœurs ». Fort d’une telle lecture des signes des temps, le père Guggenheim envisage la possibilité « d’esquisser une vision chrétienne de l’homosexualité ». En attendant son prochain livre qui devrait nous éclairer sur ce qu’il entend par là, on peut comprendre ce qui à ses yeux légitime une telle vision : le constat que certaines « personnes homosexuelles souhaitent rester chrétiennes, tout en vivant un amour humain authentique étant donné ce qu’elles sont ». Notons que le père Guggenheim change subrepticement de registre, passant des personnes à la tendance considérée en elle-même.  Ce qui justifie pour lui le passage d’un registre à l’autre est ce qu’il désigne comme « l’amour authentique » vécu par ces personnes. Effectivement comment nier que la nature de cet amour relève de ce qu’il faut bien appeler l’homosexualité ? Dès lors au nom de ce qu’il y a d’authentique dans cet amour, une vision chrétienne de l’homosexualité ne serait-elle pas envisageable ? Cela pourrait s’incarner dans ce qui n’est pour l’instant présenté que comme une hypothèse, « la reconnaissance d’un amour fidèle et durable entre deux personnes homosexuelles, quel que soit leur degré de chasteté », reconnaissance s’incarnant dans une bénédiction.

    Il me semble qu’une telle proposition repose sur de graves confusions touchant aussi bien la méthode que le contenu. Le père Guggenheim souligne avec justesse la nécessaire attitude d’écoute et de rencontre que tout baptisé, et a fortiori tout pasteur, doit avoir envers qui que ce soit. Certes dans la perspective de l’évangélisation qui est celle du synode, le Christ offrant le salut à tous, tous doivent être rejoints, là où ils en sont. Mais une telle attitude d’écoute des personnes implique-t-elle nécessairement de bénir pour autant ce qu’elles vivent ? Une bénédiction n’est-elle pas à la fois approbation et soutien? Il est parfaitement compréhensible qu’une personne se sente rejetée lorsque son interlocuteur se désintéresse ostensiblement de ce qui constitue des contenus importants de sa vie, et il faut veiller à ne pas blesser l’autre. De là conclure que l’accueil des personnes homosexuelles passera par la reconnaissance de « l’amour authentique » qui les unirait est une fausse piste.

    Que signifie « amour authentique entre personnes de même sexe » ? De deux choses l’une : soit il s’agit d’une complicité, d’une proximité chaste, relevant donc de l’amitié entre personnes de même sexe, et qui ne peut de fait s’apparenter à une union homosexuelle ; on peut alors effectivement en  « dire du bien », sans aller jusqu’à une bénédiction en bonne et due forme pour éviter toute confusion ; soit il s’agit d’un sentiment amoureux et d’une attirance sexuelle dans lesquels l’autre est vu comme un objet de jouissance (quelque soit le vécu subjectif qui lui peut être sincère) tel que Karol Wojtyla le démontre dans Amour et responsabilité. Dès lors parler ici d’ « amour authentique quelque soit le degré de chasteté » est une contradiction dans les termes. Gardons-nous de confondre la bénédiction des personnes et la bénédiction de ce qu’elles vivent, tout comme le jugement de ce qu’elles vivent n’a rien à voir avec le jugement de ce qu’elles sont. Gardons-nous aussi d’absolutiser la recherche de communion qui doit, elle aussi, rester au niveau des personnes mais savoir trouver le recul sur les actes.

    Nous avons vu de grands théologiens découvrir dans les années 1950/60 la classe ouvrière et qui, au nom du « dialogue, de la rencontre et de l’hospitalité », en arrivèrent à bénir les revendications de certains syndicalistes avant de devenir de fidèles compagnons de route du Parti communiste, oubliant l’incompatibilité de Marx avec l’Evangile ! C’est un peu comme si Jésus avait pensé que pour rejoindre Zachée il lui fallût d’abord dire du bien de la corruption des collecteurs d’impôts. Dans ce cas, qu’aurait-il eu encore à lui apporter ?

    La miséricorde divine est offerte à tous quelque soit sa situation mais la miséricorde présuppose la vérité à l’aune de laquelle chacun peut découvrir sa misère et accueillir le don de la grâce. »

     Ref. Bénir des unions homosexuelles ?

  • Synode : débats intenses sur l’absolution aux divorcés-remariés

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    Faut-il oui ou non donner la communion aux divorcés remariés ? C’est le pape François lui-même qui a mis cette question sur le tapis en confiant au cardinal Kasper le soin de l’introduire lors du débat consistorial préparatoire au synode en février dernier. Premier constat, hier et avant-hier, en congrégation générale de l’assemblée synodale : cette question n’intéresse que les « occidentaux » du centre historique de l’Eglise. Deuxième constat : beaucoup de réponses sont « à côté » de la question. Que ceux qui ont des oreilles entendent.  Lu sur le site « aleteia », sous la signature d’Elisabeth de Baudouin (JPSC) :

    Faut-il oui ou non donner la communion aux divorcés remariés ? Cette fois, la question s’est invitée pour de bon dans la salle du synode. Mercredi soir et jeudi matin 8 et 9 octobre, dans le cadre des congrégations consacrées aux situations pastorales difficiles, pas moins de 40 pères – la plupart occidentaux - se sont succédés pour s’exprimer sur ce sujet sensible et controversé. Les débats « intenses, passionnés »  mais « très fraternels », a insisté Romilda Ferrauto, porte parole du synode pour le groupe francophone, permettent de brosser le tableau d’une assemblée moins clivée et cristallisée sur cette question qu’on a pu le dire ou l’écrire. Même si certaines phrases ressemblent à des passes d’arme (« le remède que vous proposez est pire que le mal lui-même »), pour elle, « l’assemblée n’est pas au bord de la rupture ».

    Un vaste panel de propositions pastorales

    Entre deux minorités -  les « gardiens du dogme » qui se préoccupent avant tout de la défense du magistère et ceux qui, en face, plaident pour l’accès, dans certains cas, à la communion pour les divorcés remariés, la grande majorité des Pères, a expliqué Romilda Ferrauto, souhaite que « l’Eglise se bouge » pour apporter des réponses et des solutions pastorales, qui aident, accompagnent et soignent les personnes, « comme le fait une mère ». Il faut agir vite, disent les uns, pour ne pas qu’on accuse l’Eglise de s’être réunie encore pour ne rien dire ! Le panel assez vaste des solutions en amont et en aval tient compte des différentes étapes de la vie : amélioration de la préparation au mariage, simplification des procédures de nullité, institution d’un catéchuménat du mariage, création de structures d’accueil dans les paroisses, développement de la pastorale de la gradualité, promotion de la communion spirituelle. Mais cela prendra du temps ! Alors que beaucoup prêchent pour l’abolition d’un langage blessant et stigmatisant vis-à-vis des divorcés remariés mais aussi des personnes homosexuelles, d’autres invitent à se pencher sur le « modèle » orthodoxe (lire ici).

    Pas de généralisation de l’accès à la communion

    Ces réponses « tombent à côté » de la question du « oui ou non à la communion » qui, pour la majorité des pères,n’est pas le vrai enjeu du débat, selon Romilda Ferrauto. « Tout le monde tient à l’indissolubilité du mariage et personne n’a demandé la généralisation de l’accès à la communion », a-t-elle rapporté par ailleurs. Finalement, c’est davantage la question de l’absolution qui semble poser problème : comment, par exemple, refuser l’absolution pré-mortem à certaines personnes en « situation irrégulière », mais qui sont restées proches de l’Eglise, voir investies dans la vie paroisse ? « N’est-on pas en train de passer un chiffon sur un meuble pour enlever la poussière, alors que dehors, il y a une tempête de sable ? », a dit enfin un père, dont l’identité ne sortira pas du synode. A-t-il voulu dire qu’il ne faut pas focaliser sur ce défi, qui n’est pas, loin de là, le seul qui se pose aujourd’hui à l’Eglise ? Alors que les débats se poursuivent sur la question de l’ouverture à la vie, l’énigme reste entière. »

    Réf. Divorcés remariés : Pas de généralisation de l’accès à la communion 

    Note bene : Selon I.Media, le cardinal belge Godfried Danneels, connu pour ses positions ‘progressistes’, s’est exprimé de façon inattendue, mercredi lors de la congrégation générale  du synode, en faveur d’un meilleur accompagnement pastoral des couples divorcés remariés sans pour autant changer la discipline.  JPSC

  • Ces deux époux qui frappent à la porte du synode

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    Ludmila et Stanislaw Grygiel enseignent à l'Institut pontifical pour les études sur le mariage et la famille créé par le pape Karol Wojtyla, leur ami de toute une vie. Ils n’ont pas été invités. Mais ils avaient beaucoup à dire aux pères synodaux. Et ils l’ont dit. Avec clarté et courage. C’est ce que rapporte Sandro Magister sur son blog « Chiesa »

    « Un synode "ouvert", comme tout le monde, à commencer par le pape François, souhaite qu’il le soit, c’est un synode prêt a écouter également les voix qui lui viennent de l’extérieur, à plus forte raison s’il s’agit de personnes compétentes.

    À la veille du synode, l'assemblée plénière du "Consilium Conferentiarum Episcoporum Europæ", qui a eu lieu du 2 au 4 octobre, a constitué un pont faisant autorité et reliant l’intérieur du synode à l’extérieur.

    Cette assemblée était directement projetée sur le synode, jusque dans son titre : "La famille et l’avenir de l'Europe".

    Parmi les orateurs qui y sont intervenus, il y avait des pères synodaux de premier plan, tels que le cardinal hongrois Péter Erdö, président du CCEE [Conseil des conférences épiscopales européennes] et rapporteur général du synode, le cardinal canadien Marc Ouellet, préfet de la congrégation pour les évêques, le cardinal Angelo Bagnasco, président de la conférence des évêques d’Italie, et Sa Béatitude Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem.

    Mais il y avait surtout un couple de philosophes polonais, Ludmila et Stanislaw Grygiel, amis depuis leur jeunesse de Karol Wojtyla qu’ils ont connu prêtre, évêque et pape, et tous les deux enseignants à l'Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille.

    L'Institut a été créé par le pape Wojtyla en 1982, deux ans après un synode également consacré à la famille et un an après l’exhortation apostolique "Familiaris consortio" qui avait lancé sa réalisation.

    L'Institut, dont le siège central se trouve au sein de l’Université Pontificale du Latran, à Rome, comporte des sections dans le monde entier, des États-Unis à l’Espagne, du Brésil à l’Allemagne, du Mexique à l'Inde, du Bénin aux Philippines, et le nombre d’étudiants et d’étudiantes est en augmentation.

    Les cardinaux Carlo Caffarra, Angelo Scola et Marc Ouellet ont figuré parmi ses présidents ou enseignants.

    Alors que le synode de ce mois d’octobre était sur le point de commencer, l'Institut a publié une série notable de contributions. La dernière en date, parue sous le titre "Il Vangelo della famiglia nel dibattito sinodale. Oltre la proposta del cardinale Kasper" ["L’Évangile de la famille dans le débat synodal. Au-delà de la proposition du cardinal Kasper"], a été publiée simultanément dans plusieurs pays : en Italie aux éditions Cantagalli, aux États-Unis aux éditions Ignatius Press, en Espagne aux éditions Biblioteca de Autores Cristianos et en Allemagne aux éditions Media Maria Verlag.

    Les auteurs de cet ouvrage sont le théologien espagnol Juan José Pérez-Soba et l'anthropologue allemand Stephan Kampowski, qui sont tous les deux professeurs au siège romain de l'Institut.

    La préface en a été écrite par l’Australien George Pell, l’un des huit cardinaux qui assistent le pape François dans la réforme de la curie et dans le gouvernement de l’Église. Le 3 octobre, Pell a également présenté le livre au public, dans les locaux de l'Institut.

    Autrement dit, il est difficile de trouver aujourd’hui, dans l’Église catholique, un institut d’études philosophiques, théologiques et pastorales qui fasse davantage autorité et qui soit plus compétent que celui-là, pour les questions relatives au mariage et à la famille.

    Eh bien l’incroyable s’est produit : pas un seul des enseignants de cet Institut pontifical n’a été invité à prendre la parole au synode consacré à la famille qui s’est ouvert le 5 octobre et qui se conclura le 19 du même mois.

    Cela fait une raison de plus de réécouter ce qu’ont dit Ludmila et Stanislaw Grygiel lors de l'assemblée pré-synodale organisée par le Conseil des conférences épiscopales d'Europe [CCEE].

    On peut lire ici: Ces deux époux qui frappent à la porte du synode des extraits de leurs interventions, argumentées et prononcées en recourant à la "parrhésie", c’est-à-dire en faisant preuve de la franchise, de la clarté, du courage, de l'humilité que le pape François a recommandés à tous pour ce synode

    JPSC

  • Irak, les raisons d’espérer: interview de Mgr Sako, Primat de l’ Eglise chaldéenne

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    JPSC

  • Les défis du mariage chrétien en Afrique

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    Pour oublier un instant la rengaine à la mode sur la distribution de la communion aux "divorcés-remariés", nous avons déjàimage (5).jpg évoqué cet autre sujet ici : Synode sur la famille : la parole aussi africaine . Le site de « La Vie » revient, en effet, sur la problématique du mariage en Afrique avec une analyse de Bernard Ugeux, prêtre belge aujourd’hui en poste à Bukavu (RDC). Pour l’essentiel, cette analyse recoupe, en l’actualisant, celle qu’un ancien de l’Afrique belge avait faite en quelques mots sous notre précédent article : « le modèle individualiste du mariage occidental contemporain a profondément déstabilisé le mariage coutumier en Afrique, sans que l’Eglise soit encore parvenue à y acculturer la conception chrétienne de l’union matrimoniale dans ce qu’elle a de profondément vrai. Avec le combat contre la polygamie (encouragé jadis par l’autorité coloniale) cette conception a, bien involontairement sans doute, encore accru le concubinage et l’union libre. C’est du moins ce que j’ai cru voir sur le petit bout de terre congolaise où j’ai vécu dans ma jeunesse, entre 1950 et 1960. Les choses ont-elles changé un demi-siècle plus tard ? »

     En Afrique, à l’heure où commence le Synode sur la famille, le mariage apparaît toujours fragilisé : c’est ce que confirme le texte un peu long du Père Ugeux. Mais, à juste titre, il souligne aussi certains progrès acquis du sens chrétien authentique de la famille,  vécu par une minorité avec cette fraîcheur d’âme qui est le meilleur de l’ « authenticité » africaine. Les élites spirituelles montrent le chemin.

    « Les Eglises d’Afrique sont confrontées à de nombreux défis car elles se situent entre plusieurs cultures et que les difficultés s’additionnent en milieu urbain. Il faut dire d’emblée qu’il existe de nombreuses familles catholiques fidèles et généreuses qui représentent un très beau témoignage et une grande promesse pour l’avenir, même si la part laissée aux laïcs dans les responsabilités ecclésiales y restent souvent la portion congrue.
    Lors d’un colloque sur la Famille chrétienne organisé récemment par un diocèse d’Afrique centrale, des laïcs mariés et engagés ont présenté un visage plutôt pessimiste du mariage, écartelé entre les traditions ancestrales et le relativisme introduit par la mondialisation. L’un d’entre eux déclarait : « les indicateurs sont au rouge… ». Voici quelques défis énumérés lors de leurs interventions, qui ne peuvent être  approfondies ici:

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  • Franciscains de l’Immaculée : vers un nouvel Institut ?

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    Peut-être, enfin, une porte de sortie pour les Franciscains de l’Immaculée accusés de ‘traditionalisme’  par la congrégation romaine des religieux ? Lu sur le site web « riposte catholique » :

     « La nouvelle de la suspense a divinis de six religieux des Franciscains de l’Immaculée a suscité une légitime émotion en Italie et aussi à l’étranger. Au point de contraindre les actuelles autorités de l’Institut à clarifier les choses sur le site officiel (avec un ton ironique – par exemple : « qui a payé l’avion » des « fuyards » ? – ce qui n’est pas fait pour calmer le jeu).

    À présent, quelques précisions sur les religieux frappés de suspense. On apprend par le site qu’il s’agit d’un Nigérian et de cinq Philippins. Le lieu d’accueil des Philippins qui veulent quitter leur Institut est également indiqué : c’est le diocèse de Lipa City, à 80 km au sud de Manille, où ils ont trouvé « des complicités », dit le site officiel. L’archevêque actuel, Mgr Ramon Argüelles, a été auxiliaire de Manille et évêque aux Armées avant d’occuper ce poste. On imagine qu’il n’a pas accueilli ces Pères prétendument « en fuite » à la légère. Par ailleurs, la communication officielle a le mérite de manifester une vérité que les autorités actuelles n’avaient jamais admise jusqu’à présent : la ligne exigée par le P. Volpi, le commissaire imposé par la Congrégation des Religieux, cause de plus en plus de trouble dans l’Institut. Au point qu’au Nigéria, s’est déclaré un véritable soulèvement contre les nouveaux supérieurs qui ont été imposés. D’où la suspense tombée sur l’un des Pères, qui serait l’âme de la révolte. Mais le blogue Riscossa Cristiana, fort bien informé, n’a pas tardé à répondre : le malheureux Père était absent du couvent au moment de la « mutinerie ».

    En tout cas, le site officiel avoue concrètement, noir sur blanc, que les procédures n’ont pas été respectées. L’auteur de l’article (le P. Alfonso Bruno, secrétaire général) ne parle dans le cas du Nigéria que d’une seule monition – il en faut deux avant de fulminer une peine ecclésiastique –, monition qui n’est même pas parvenue à l’intéressé (peut-être de son fait, mais cela reste à prouver). Dans le cas des Philippines, l’article admet que les Pères ont reçu les deux monitions et la signification de la peine dans le même temps (sous prétexte qu’on ne savait pas où ils se trouvaient). Bref, ces prises de sanctions sentent l’amateurisme et l’énervement d’autorités dépassées par la situation.

    Mais l’information la plus intéressante donnée par le site officiel des Franciscains de l’Immaculée est celle-ci : une « association publique de fidèles », premier stade de l’érection d’un nouvel Institut, a été érigée [dans l’archidiocèse de Lipa] le 28 juin 2014. On apprend ainsi, que grâce à un évêque serein (dont on sait par ailleurs qu’il a donné un celebret – une autorisation de célébrer – aux cinq religieux persécutés), les Franciscains de l’Immaculée selon l’esprit du P. Stefano Manelli vont pouvoir renaître de leurs cendres, quitte à prendre un autre nom (comme en France, les refondateurs des Pères de Saint-Vincent de Paul sont devenus les Oblats de Saint-Vincent de Paul). Voilà donc enfin une bonne nouvelle au sein de cet immense gâchis. »

    Ref. Franciscains de l’Immaculée : vers un nouvel Institut ?

    JPSC