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Actualité - Page 74

  • Massacre de chrétiens à Damas; le patriarcat grec orthodoxe : ce sont nos nouveaux martyrs

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    Une dépêche de l'Agence Fides (Pascale Rizk) :

    ASIE/SYRIE - Massacre de chrétiens à Damas. Le patriarcat grec orthodoxe : ce sont nos nouveaux martyrs

    23 juin 2025
     

    Damas (Agence Fides) – « En ce jour où notre Église d’Antioche commémore tous les saints antiochiens, la main perfide de l’iniquité s’est levée ce soir et a fauché nos âmes avec celles de nos proches tombés aujourd’hui en martyrs pendant la messe du soir dans l’église Saint-Élie, à Dwela’a, Damas ». C'est par ces mots que le Patriarcat grec orthodoxe d'Antioche et de tout l'Orient, dirigé par le patriarche Yohanna X, s'est adressé aux fidèles du monde entier après le massacre djihadiste perpétré pendant la messe du soir du dimanche 22 juin, qui a blessé tous les chrétiens de Syrie.

    L'église Saint-Élie est située dans le quartier de Tabbalah, près de l'entrée du quartier de Douweila. Elle a été construite en 1990. C'est un monastère qui comprend une église, une école et plusieurs salles pour les hôtes, avec des chambres pour les pèlerins et les étudiants.

    Selon les informations recueillies par l'Agence Fides auprès de sources locales, l'attaque a commencé par plusieurs coups de feu tirés depuis l'extérieur de l'église. Ensuite, au moins deux kamikazes portant des ceintures explosives sont entrés dans l'église par l'entrée principale, face à l'autel, et ont fait un massacre à l'aide d'explosifs.

    Le témoignage de Laure Al Nasr

    Sur les réseaux sociaux, une vidéo a été diffusée avec le récit de Laure al Nasr, témoin oculaire : son mari Geryes el Bechara, membre de la Direction générale de l'Autorité publique pour les transports routiers, ainsi que l'un des frères présents à la messe, Botros el Bechara, ont tenté d'arrêter l'agresseur. « Les coups de feu », raconte Laura dans son témoignage, traumatisée par la douleur, « ont d'abord touché les fenêtres de l'église, alors les gens ont pris peur et se sont rassemblés autour de l'autel. Lorsque l'assaillant a fait irruption dans l'église, poursuit le témoin, « Geryes et Botros ont tenté de l'arrêter : l'un en le frappant au bras pour lui faire lâcher une grenade, qui n'a pas explosé, l'autre en essayant de le traîner hors de l'église ». À ce moment-là, le kamikaze a déclenché sa ceinture explosive et s'est fait exploser. « J'ai vu les corps de mon mari et de mon beau-frère déchiquetés, l'un à côté de l'autre. Ils ont essayé de nous sauver tous, ce sont des martyrs pour notre Église ». D'autres membres de la même famille ont également péri dans le massacre : la sœur Myriam, les cousins Giulia, Sleman et Nabil. Une nièce et un troisième frère de Geryes et Botros, le notaire Elias el Bechara, sont gravement blessés.

    Selon des informations non confirmées, les kamikazes pourraient être d'origine pakistanaise, et l'un d'entre eux aurait pris la fuite après l'attentat.
    À l'heure actuelle, le bilan provisoire fait état de 22 morts et 53 blessés. « Nous continuons à rassembler les restes et les corps de nos martyrs », peut-on lire dans le communiqué publié par le Patriarcat..

    Les réactions du gouvernement

    La professeure Hind Aboud Kabawat (voir Fides 12/2/2025), ministre du Travail et des Affaires sociales, seule ministre chrétienne du gouvernement dirigé par Ahmad al Sharaa, s'est rendue sur les lieux de l'attentat pour exprimer la solidarité du gouvernement syrien envers la communauté touchée par le massacre. Les autorités gouvernementales ont condamné l'attentat, l'attribuant à des individus liés à Daech, le soi-disant « État islamique ». « Cet acte criminel qui vise des membres de la communauté chrétienne est une tentative désespérée de saper l'unité nationale et de déstabiliser le pays, ainsi qu'une réponse des résidus du terrorisme aux succès continus de l'État et du leadership syrien », peut-on lire dans les déclarations diffusées par les autorités gouvernementales.
    Le président Ahmad al Sharaa, sous le nom d'Abu Muhammad Jolani, a dirigé pendant des années Hayat Tahrir al Sham, la formation d'ascendance djihadiste qui a joué un rôle de premier plan au sein de la galaxie des groupes armés engagés dans la lutte contre le régime des Assad, qui s'est effondré en décembre dernier.

    Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Noureddine Al-Baba, a annoncé que « toutes les personnes impliquées dans cet acte criminel seront tenues responsables et nous travaillerons à la restauration de l'église afin de lui redonner toute sa splendeur d'antan ».

    La proximité de toute la population avec la communauté ecclésiale touchée par le massacre s'est également exprimée à travers la collecte de dons de sang dans les hôpitaux où les blessés sont hospitalisés. Tandis que sur les comptes sociaux de marque djihadiste, apparaissent des messages intimidants à l'encontre des chrétiens d'autres villes syriennes où on glorifie également le massacre. Des expressions formelles de solidarité avec les communautés chrétiennes syriennes ont été formulées par les chefs d'autres communautés religieuses, tandis que plusieurs ministres se sont rendus dans les hôpitaux pour rendre visite aux blessés et à leurs familles.

    Dans la dernière partie du message, diffusé par le Patriarcat grec orthodoxe d'Antioche, les autorités au pouvoir en Syrie sont appelées à assumer l'entière responsabilité de la protection des lieux saints et de tous les citoyens. À un moment où, plus que jamais, tout le Moyen-Orient semble être en proie à « des forces inhumaines qui semblent vouloir accélérer la fin du monde » (Pape François).(Agence Fides 23/6/2025)

  • Aucun séminariste ne sera ordonné prêtre cette année à Namur

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    De Christine Gosselin sur Cathobel :

    18 juin 2025

    Ce mois de juin, qui célèbre les 23 et 24 le jubilé des séminaristes, ne verra aucune nouvelle ordination presbytérale dans notre diocèse. Voilà une situation inédite à Namur, qui n’avait plus connu cela depuis des décennies ! Ce constat, bien qu’il puisse susciter une forme d’inquiétude ou de tristesse, mérite aussi d’être entendu autrement : comme une invitation à la réflexion, à l’espérance active, et à la gratitude.

    Si aucune ordination n’a lieu cette année, cela ne signifie pas que la vie ecclésiale s’est arrêtée. Au contraire. L’Église demeure bien vivante et en chemin. La richesse de la formation au séminaire, le sérieux du discernement vocationnel, la profondeur de la vie spirituelle de jeunes en quête de sens : tout cela se poursuit, fidèlement et patiemment. Le recteur du Grand Séminaire francophone de Belgique, l’abbé Joël Spronck, tient d’ailleurs à rappeler que « si aucun séminariste n’est ordonné prêtre cette année à Namur, il y aura, si Dieu le veut, des ordinations dans le diocèse de Liège et l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. »

    Cette pause apparente invite aussi à poser une question courageuse : pourquoi le sacerdoce attire-t-il moins au jourd’hui ? Non pour céder à la nostalgie, mais pour ouvrir un dialogue profond. Et si le Seigneur continuait d’appeler, mais que notre monde avait désappris à écouter ? Ou que les formes de l’appel avaient changé ? Et si c’était à nous, Église tout entière, de faire résonner à nouveau la beauté, la fécondité et la pertinence de cette vocation ?

    À ce titre, d’autres signes d’espérance méritent d’être mis en lumière. L’abbé Spronck souligne ainsi la croissance significative des vocations au baptême parmi les adultes. « Être baptisé ne va plus de soi aujourd’hui… », remarque t-il. Et pourtant, le nombre d’adultes baptisés par l’Église catholique en Belgique a triplé ces dix dernières années annonçait un communiqué de la Conférence épiscopale.

    « Aujourd’hui, le point de départ de la pastorale des vocations passe par la reconnaissance que l’Église est par nature vocationnelle », poursuit encore l’abbé Spronck. « Par le baptême, chaque membre de l’Église est appelé à la sainteté, à suivre le Christ dans une vie de foi, d’espérance et de charité. L’Église entière a pour mission d’aider chacun à grandir comme disciple et d’y discerner ensuite une vocation plus spécifique à un ministère, par exemple. »

    Dans ce contexte, le jubilé des séminaristes prend une tonalité particulière. Le Grand Séminaire francophone de Belgique ne se rendra pas à Rome ces 23 et 24 juin. À la sortie des examens, et en amont du jubilé des jeunes en juillet — auquel quelques séminaristes prendront part, notamment autour de la canonisation de Pier Giorgio Frassati —, il a semblé que ce déplacement serait « excessif ». D’autant qu’un pèlerinage à Rome, Assise et Turin est déjà prévu en octobre auquel se joindra le Séminaire Redemptoris Mater. C’est donc en Belgique, à l’église jubilaire de Lobbes, en Hainaut, que les séminaristes vivront ce jubilé qui se conclura par un temps fraternel au barrage de l’Eau d’Heure. D’autres étapes viendront encore nourrir leur cheminement prochainement comme la retraite de rentrée qui aura lieu cette année à Lisieux, à l’occasion du centenaire de la canonisation de sainte Thérèse.

    Une année sainte de prière et de gratitude pour ceux qui ont répondu hier, une année de mobilisation joyeuse, sous le signe de l’espérance, pour accompagner ceux qui pourraient répondre demain.

  • 90 nouveaux prêtres ordonnés pour la France en 2025

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    Du site de l'Eglise catholique en France :

    90 nouveaux prêtres ordonnés pour la France en 2025

    La grande majorité des ordinations de prêtres, en France, se déroulent au mois de juin, en particulier le dimanche qui précède la solennité des apôtres saint Pierre et saint Paul, colonnes de l’Église, fêtés le 29 juin.

    Combien de nouveaux prêtres ordonnés en France en 2025 ?

    En 2025, 90 prêtres seront ordonnés. Ils se répartissent ainsi :

    • 64 prêtres diocésains
    • 25 religieux et membres de communautés (5 d’entre eux étant déjà comptés parmi les 63 prêtres diocésains)
    • 1 membre de société de vie apostolique (MEP, dont 1 d’entre eux déjà compté parmi les 73 prêtres diocésains)

    (...)

    Les chiffres 2025 par diocèses et communautés religieuses

    Prêtres diocésains ordonnés (total : 73)

    Province de Besançon (total : 1)

    Province de Bordeaux (total : 2)

    • Diocèse de Bordeaux : 1 issu de la Communauté de l’Emmanuel
    • Diocèse de Bayonne : 1

    Province de Dijon (total : 1)

    Province de Lille (total : 5)

    Province de Lyon (total : 9)

    • Diocèse de Viviers : 2
    • Diocèse de Valence : 2 (dont 1 issu des Coopérateurs Paroissiaux du Christ Roi)
    • Diocèse de Lyon : 3 (dont 2 issus de la Compagnie de Jésus)
    • Diocèse de Saint-Étienne : 1
    • Diocèses de Chambéry-Maurienne-Tarentaise : 1

    Province de Marseille (total : 14)

    Province de Montpellier (total : 3)

    • Diocèse de Carcassonne-Narbonne : 1
    • Diocèse de Montpellier : 2 issus des Assomptionnistes

    Province de Paris (total : 22)

    • Diocèse de Créteil : 3 (dont 1 issu de la Communauté des Enfants de Padre Pio et 1 issu des Oblats de France)
    • Diocèse de Meaux : 2
    • Diocèse de Nanterre : 1
    • Diocèse de Paris : 16 (dont 4 issus de la Communauté de l’Emmanuel, 1 issu des MEP, 1 issu des la Congrégation des religieux de Saint-Vincent de Paul, 1 issu de la Congrégation des Sacrés-Coeurs de Jésus et Marie et 1 issu du Chemin Néocatéchuménal)

    Province de Poitiers (total : 2)

    Province de Reims (total : 6)

    • Diocèse de Soissons : 1
    • Diocèse de Troyes : 3 issus des Oblats de Saint-François de Sales
    • Diocèse de Beauvais : 2 (dont 1 issu de la congrégation des Serviteurs de Jésus et Marie)

    Province de Rennes (total : 18)

    Province de Toulouse (total : 3)

    Province de Tours (total : 1)

    Diocèses relevant directement du Saint-Siège (total : 1)

    • Prélature de la Mission de France : 1

    Diocèses d’Outre-mer (total : 2)

    • Diocèse de Papeete (Polynésie française) : 1
    • Diocèse de Guyane : 1 issu de la Communauté Mère du Divin Amour

    Congrégations, communautés et sociétés de vie apostolique

    Congrégations (total : 11)

    • Compagnie de Jésus (Jésuites) : 2
    • Les Augustins de l’Assomption : 2
    • La Congrégation des religieux de Saint-Vincent de Paul : 1
    • La Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie : 1
    • Les Oblats de France : 1
    • Les Oblats de Saint-François de Sales : 3
    • La congrégation des Serviteurs de Jésus et Marie : 1

    Communautés (total : 18)

    • Communauté de l’Emmanuel : 5
    • Chemin Néocatéchuménal : 1
    • Communauté des Enfants de Padre Pio : 1
    • Communauté Saint-Martin : 9
    • Coopérateurs Paroissiaux du Christ Roi : 1
    • Communauté Mère du Divin Amour : 1

    Société de vie apostolique (total : 1)

    • Missions Étrangères de Paris (MEP) : 1

     

    Commentaire sur le Forum Catholique :

    "Je ne sais pas comment ils comptent" par Ptitlu 2025-06-23

    Mais ce n'est pas ça

    En 2025, 90 prêtres seront ordonnés. Ils se répartissent ainsi :

    • 64 prêtres diocésains
    • 25 religieux et membres de communautés (5 d’entre eux étant déjà comptés parmi les 63 prêtres diocésains)

    1 membre de société de vie apostolique (MEP, dont 1 d’entre eux déjà compté parmi les 73 prêtres diocésains)

    J'ai regardé le dossier de presse, il y a des oublis et des rajouts qui n'ont pas lieu d'être.

    Emmanuel : 6 et non 5 comme ils écrivent (c'est sur leur site), les Jésuites 1 et pas deux (mais 3 diacres français sur les 14 ordonnés), les Augustins de l'Assomption 3 et non 2, Lyon 1 et non 2, st Étienne 3 (dont 2 pour un diocese au Vietnam, mais formés pour le diocèse de St Etienne en France ils y reviennent ensuite), Bayonne ça devrait être 2 de Betharram (mais pas sur vu le contexte, et qu'ils sont tous deux africains, peuvent être ordonnés chez eux), et pas 1 diocesain, Creteil 2 et non 3, etc.

    J'aimerais bien savoir où ils ont trouvé une ordination à Narbonne (Lagrasse ?) et 2 à Viviers (ce sera une peut être), ...

    Il y a aussi deux prêtres issus des pères de St Jacques.

    Effectivement il manque tous les tradis dont les 6 SMMD dont les ordinations sont toujours bloquées à Toulon.

  • Avec Léon XIV, la loi naturelle revient enfin

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Avec Léon XIV, la loi naturelle revient enfin

    Dans son discours aux parlementaires, le pape pose la loi naturelle comme référence pour légiférer sur les questions éthiques, y compris celles qui touchent à la sphère intime de la personne. Un renouveau important et nécessaire du Magistère de l'Eglise après des années d'oubli.

    23 juin 2025

    On assiste enfin à un retour à la loi naturelle. Léon XIV en a parlé dans son discours aux parlementaires à l'occasion du Jubilé des souverains (voir ici) le 21 juin dernier. Nous disons “retour” parce que le principe de la loi naturelle avait été récemment plutôt négligé par le Magistère, alors que depuis un certain temps il a même été abandonné ou transformé par la théologie dominante. Nous sommes tous intéressés de voir comment le Pape développera la référence à son lointain prédécesseur, dont il a pris le nom, à son encyclique Rerum novarum et, plus généralement, à la Doctrine sociale de l'Église. Dans les discours qu'il a prononcés au cours de ce premier mois de pontificat, il nous en a déjà donné quelques exemples, que Compass a tenu à souligner. Ce fut le cas, par exemple, lorsqu'il a rappelé le devoir de formation à la Doctrine sociale et de comprendre cette dernière comme finalisée à l'évangélisation (ici). C'est maintenant le cas de la loi naturelle.

    Dans le discours susmentionné, Léon XIV a parlé de la « loi naturelle, non écrite par la main de l'homme, mais reconnue comme valable universellement et en tout temps, qui trouve sa forme la plus plausible et la plus convaincante dans la nature elle-même ». Il cite ensuite un auteur préchrétien, Cicéron, qui avait déjà vu cette loi et la décrit en ces termes : "La loi naturelle est la raison droite, conforme à la nature, universelle, constante et éternelle, qui, par ses commandements, invite au devoir, par ses interdictions, détourne du mal [...]. Il n'est pas permis d'altérer cette loi, ni d'en retrancher une partie, ni de l'abolir complètement ; on ne peut s'en affranchir par le sénat ou par le peuple, et il n'est pas nécessaire d'en chercher le législateur ou l'interprète. Et il n'y aura pas une loi à Rome, une à Athènes, une aujourd'hui, une demain, mais une loi éternelle et immuable qui régira tous les peuples à toutes les époques" (Cicéron, De re publica, III, 22).

    "La loi naturelle, a poursuivi le pape, universellement valable au-delà des autres convictions de caractère plus discutable, constitue la boussole par laquelle il faut s'orienter pour légiférer et agir, en particulier sur les délicates questions éthiques qui se posent aujourd'hui de manière beaucoup plus convaincante que par le passé et qui touchent à la sphère de l'intimité personnelle.

    Il ne s'agit pas de nouveautés, mais, comme nous l'avons dit, d'une reprise de ce qui a toujours été enseigné par le Magistère de l'Église. Si ces observations semblent nouvelles, c'est parce que nous ne les avons pas entendues depuis longtemps

    Les hommes ont une connaissance commune de certains principes moraux fondamentaux qu'ils apprennent au moment même où leur intelligence s'ouvre à la réalité. Celle-ci, en effet, destine la pensée humaine à saisir un ordre naturel et finaliste, source d'abord de devoirs, puis de droits. Que cette loi soit inscrite « dans nos cœurs », comme on le dit souvent, ne signifie pas qu'il s'agisse d'un sentiment, mais bien d'une connaissance, fruit de l'intelligence humaine qui saisit l'ordre des choses. Que la loi soit dite « naturelle » signifie deux choses : la première est que l'homme la connaît par « connaturalité », c'est-à-dire en suivant sa nature intelligente ; la seconde est qu'il lui est spontané et immédiat - donc naturel en ce sens - de la connaître. Pour ces raisons, Léon XIV la considère comme « universellement valable, plausible et convaincante ». Tous les hommes partagent sa grammaire en tant qu'expression de la connaissance du sens commun, celle qui coïncide ou découle nécessairement de la toute première appréhension de la réalité par notre intelligence.

    Un point mérite l'attention. En théorie, la loi naturelle est l'héritage de la conscience de chaque homme, mais en pratique, elle repose sur une vision des capacités de la raison humaine que seule une véritable religion peut garantir. En effet, de nombreuses religions ne reconnaissent même pas la possibilité d'une loi naturelle ou l'interprètent d'une manière qui la dénature. Ceci établit une relation particulière entre la doctrine de la loi naturelle et la religion catholique (nous disons catholique et non chrétienne car pour les protestants, par exemple, il y a un problème). En d'autres termes, étant donné que la nature humaine, à ce stade déchu, ne se possède pas pleinement, la loi naturelle a besoin de deux appuis : celui d'une raison capable de saisir l'ensemble de la réalité, et celui d'une religion qui soutient et purifie cet effort dans les moments difficiles.

    Nous rencontrons ici deux aspects particuliers de l'intervention de Léon XIV. Premièrement, il n'est pas certain, à notre avis, que la Déclaration des droits de l'homme de l'ONU, qu'il semble identifier à la loi naturelle, fasse appel à une conception correcte de la raison humaine ou qu'elle ne soit pas, elle aussi, le résultat des réductionnismes de l'époque moderne : une nouvelle vision de la personne, un certain conventionnalisme d'origine lockienne, des incertitudes sur le concept de « nature », un laïcisme substantiel du cadre de référence.

    Deuxièmement, relisons ce passage du discours du pape : « Pour avoir ensuite un point de référence unifié dans l'action politique, plutôt que d'exclure a priori, dans les processus de décision, la prise en compte de la transcendance, il sera utile de chercher en elle ce qui unit tout le monde ». Il venait de terminer son intervention sur le dialogue interreligieux. La référence au transcendant est importante - décisive, à certains égards - car la loi naturelle renvoie à l'indisponible dans la mesure où elle « n'est pas écrite de la main de l'homme » et où l'ordre naturel dont elle est l'expression nous renvoie à Dieu. Mais pas à un transcendant générique, mais seulement au vrai et unique Dieu, pour reprendre les mots du pape Benoît XVI.

  • Syrie : 20 morts dans un attentat suicide contre une église de Damas

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    Massacre dans une église de Damas : un kamikaze fait 20 morts. « L'agresseur est membre de l'EI »

    23 juin 2025
     

    L'attentat suicide pendant la messe dans l'église de Sant'Elias : l'homme a tiré sur les fidèles avant de se faire exploser.

    Ceux qui ont réussi à se cacher dans les bancs ou derrière l'iconostase qui sépare l'espace réservé au clergé de celui des fidèles ont été sauvés. La messe dominicale dans l'église grecque orthodoxe Saint-Élie, à la périphérie de Damas, a tourné au massacre. Au moins 20 personnes ont été tuées et près de 60 blessées. Parmi les victimes figuraient également des enfants. Un kamikaze a réussi à échapper aux contrôles de sécurité à l'entrée. Il a d'abord tiré avec frénésie, puis, lorsque les policiers sont entrés, attirés par les cris, il s'est fait exploser.

    Beaucoup ont immédiatement pensé à la guerre israélo-américaine contre l'Iran. L'hypothèse était que l'ordre de semer le chaos aurait pu venir de Téhéran. La nouvelle orientation syrienne pourrait constituer une cible idéale pour enflammer le Moyen-Orient et s'enflammer pour se venger. Le président Ahmad al-Sharaa est un ancien d'Al-Qaïda et de Daech, autrement dit un ancien terroriste de la Guerre sainte sunnite, un ennemi juré de la Révolution islamique chiite iranienne. Pourtant, dès le début, il n'y avait aucune preuve, aucun indice, aucune affirmation. Logiquement, l'accusation ne tient pas la route. L'Iran est suffisamment occupé à résister à ceux qui l'attaquent réellement et n'a aucun intérêt à frapper la Syrie, désormais réduite à une quasi-impuissance par des mois de bombardements israéliens et des années de guerre civile.

    Au fil des heures, les témoignages de chrétiens survivants, leurs récits des cris du kamikaze, ont permis d'obtenir une piste plus crédible. L'agresseur serait un membre de l'EI, toujours fortement présent dans le pays, mais opposé à la nouvelle orientation de la politique du gouvernement syrien. Son ancien représentant, al-Sharaa, aujourd'hui président, est considéré comme un traître au califat. Les cellules de l'État islamique sont toujours présentes, avec des enlèvements et des demandes de péages dans le désert vers l'Irak. Les célèbres ruines de Palmyre restent difficiles d'accès, précisément pour ces gangs fondamentalistes.

    Le quartier de Dweilaa, où a eu lieu le massacre, est un quartier mixte de la capitale syrienne, peuplé de sunnites, de chrétiens et d'alaouites. Il s'agit de la première attaque de cette ampleur contre la communauté chrétienne en Syrie depuis décembre 2024, date de la chute du régime de Bachar el-Assad. Le ministre de l'Information, Hamza Mostafa, a parlé d'une « attaque terroriste lâche. Nous ne renoncerons pas à notre engagement en faveur de l'égalité entre les citoyens, nous protégerons la société et lutterons contre les organisations criminelles. »

  • Le culte de l’Eucharistie et son caractère sacré

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    Une homélie du pape Benoît XVI :

    020109_adoration.jpg« Ce soir, je voudrais méditer avec vous sur deux aspects, liés entre eux, du Mystère eucharistique: le culte de l’Eucharistie et son caractère sacré. Il est important de les prendre à nouveau en considération pour les préserver des visions incomplètes du Mystère lui-même, comme celles que l’on a pu constater dans un passé récent.
    Avant tout, une réflexion sur la valeur du culte eucharistique, en particulier de l’adoration du Très Saint Sacrement. C’est l’expérience que nous vivrons aussi ce soir, après la messe, avant la procession, pendant son déroulement et à son terme.

    Une interprétation unilatérale du concile Vatican II avait pénalisé cette dimension en réduisant en pratique l’Eucharistie au moment de la célébration. En effet, il a été très important de reconnaître le caractère central de la célébration, à travers laquelle le Seigneur convoque son peuple, le rassemble autour de la double table de la Parole et du Pain de vie, le nourrit et l’unit à lui dans l’offrande du Sacrifice. Cette mise en valeur de l’assemblée liturgique dans laquelle le Seigneur agit et réalise son mystère de communion, demeure naturellement valable, mais elle doit être replacée dans un juste équilibre.

    En effet - comme c’est souvent le cas - pour souligner un aspect, on finit par en sacrifier un autre. Ici, l’accent mis sur la célébration de l’Eucharistie s’est fait aux dépends de l’adoration, en tant qu’acte de foi et de prière adressée au Seigneur Jésus, réellement présent dans le Sacrement de l’autel. Ce déséquilibre a aussi eu des répercussions sur la vie spirituelle des fidèles. En effet, si l’on concentre tout le rapport avec Jésus Eucharistie dans le seul moment de la Sainte Messe, on risque de vider de sa présence le reste du temps et de l’espace existentiels. Et ainsi, l’on perçoit moins le sens de la présence constante de Jésus au milieu de nous et avec nous, une présence concrète, proche, au milieu de nos maisons, comme “Cœur battant” de la ville, du pays, du territoire avec ses différentes expressions et activités. Le Sacrement de la Charité du Christ doit pénétrer toute la vie quotidienne.

    En réalité, c’est une erreur que d’opposer la célébration et l’adoration, comme si elles étaient concurrentes. C’est justement le contraire : le culte du Saint Sacrement constitue comme le “milieu” spirituel dans lequel la communauté peut célébrer l’Eucharistie d’une manière juste et vraie. C’est seulement lorsqu’elle est précédée, accompagnée et suivie de cette attitude intérieure de foi et d’adoration que l’action liturgique peut exprimer toute sa signification et sa valeur.

    La rencontre avec Jésus dans la Messe se réalise vraiment et pleinement lorsque la communauté est en mesure de reconnaître que, dans le Sacrement, il habite dans sa maison, nous attend, nous invite à sa table, et puis, après que l’assemblée s’est dispersée, qu’il reste avec nous, par sa présence discrète et silencieuse, et nous accompagne de son intercession, en continuant à recueillir nos sacrifices spirituels et à les offrir au Père.

    A ce propos, je voudrais souligner l’expérience que nous allons vivre ensemble aussi ce soir. Au moment de l’adoration, nous sommes tous sur le même plan, agenouillés devant le Sacrement de l’Amour. Le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel se trouvent réunis dans le culte eucharistique. (...) Il est évident pour tous que ces moments de veillée eucharistique préparent la célébration de la Messe, préparent les cœurs à la rencontre, si bien qu’elle en devient elle aussi plus féconde. Etre tous en silence de façon prolongée devant le Seigneur présent dans son Sacrement, est l’une des expériences les plus authentiques de notre “être Eglise”, qui est accompagnée de façon complémentaire par celle de célébrer l’Eucharistie, en écoutant la Parole de Dieu, en chantant, en s’approchant ensemble de la table du Pain de vie.

    Communion et contemplation ne peuvent pas être séparées, elles vont de pair. Pour communier vraiment avec une autre personne, je dois la connaître, savoir rester auprès d’elle en silence, l’écouter, la regarder avec amour. Le vrai amour et la vraie amitié vivent toujours de cette réciprocité de regards, de silences intenses, éloquents, pleins de respect, et de vénération, afin que la rencontre soit vécue en profondeur, de façon personnelle et non pas superficielle. Et hélas, s’il manque cette dimension, même la communion sacramentelle peut devenir, de notre part, un geste superficiel. En revanche, dans la vraie communion, préparée par l’entretien de la prière et de la vie, nous pouvons dire au Seigneur des paroles de confiance, comme celles qui viennent de résonner dans le psaume responsorial : “Je suis ton serviteur fils de ta servante, / tu as défait mes liens. / Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâces, / j'appellerai le nom du Seigneur” (Ps 115, 16-17).

    Je voudrais maintenant passer brièvement au deuxième aspect : le caractère sacré de l’Eucharistie. Là aussi, on a, dans un passé récent, senti les conséquences d’un certain malentendu sur le message authentique de la Sainte Ecriture. La nouveauté chrétienne concernant le culte a été influencée par une certaine mentalité sécularisée des années soixante et soixante-dix du siècle dernier. Il est vrai, et cela reste toujours valable, que le centre du culte n’est plus désormais dans les rites et dans les sacrifices anciens, mais dans le Christ lui-même, dans sa personne, dans sa vie, dans son mystère pascal. Et cependant, on ne doit pas déduire de cette nouveauté fondamentale que le sacré n’existe plus, mais qu’il a trouvé son accomplissement en Jésus Christ, Amour divin incarné.

    La Lettre aux Hébreux que nous avons écoutée ce soir dans la seconde lecture, nous parle justement de la nouveauté du sacerdoce du Christ, “grand prêtre des biens à venir” (He 9, 11), mais il ne dit pas que le sacerdoce est terminé. Le Christ “est médiateur d’une nouvelle alliance” (He 9, 15), scellée dans son sang, qui purifie “notre conscience des œuvres mortes” (He 9, 14). Il n’a pas aboli le sacré, mais il l’a porté à son accomplissement, en inaugurant un culte nouveau, qui est certes pleinement spirituel, mais qui cependant, tant que nous sommes en chemin dans le temps, se sert encore de signes et de rites, qui ne disparaîtront qu’à la fin, dans la Jérusalem céleste, là où il n’y aura plus aucun temple (cf. Ap 21, 22). Grâce au Christ, le caractère sacré est plus vrai, plus intense, et, comme il advient pour les commandements, plus exigeant aussi ! L’observance rituelle ne suffit pas, mais il faut la purification du cœur, et l’engagement de la vie.

    Je voudrais aussi souligner que le sacré a une fonction éducative et que sa disparition appauvrit inévitablement la culture, en particulier la formation des nouvelles générations. Si, par exemple, au nom d’une foi sécularisée qui n’aurait plus besoin des signes sacrés, on abolissait la procession du “Corpus Domini” dans la ville, le profil spirituel de Rome se trouverait “aplati” et notre conscience personnelle et communautaire s’en trouverait affaiblie. Ou bien, pensons à une mère et à un père qui, au nom de la foi désacralisée, priveraient leurs enfants de tout rituel religieux: ils finiraient en réalité par laisser le champ libre aux innombrables succédanés présents dans la société de consommation, à d’autres rites et à d’autres signes, qui pourraient devenir plus facilement des idoles. Dieu, notre Père, n’a pas agi ainsi avec l’humanité : il a envoyé son Fils dans le monde, non pour abolir, mais pour porter le sacré aussi à son accomplissement. Au sommet de cette mission, lors de la Dernière Cène, Jésus a institué le sacrement de son Corps et de son Sang, le Mémorial de son Sacrifice pascal. En agissant ainsi, il s’est mis lui-même à la place des sacrifices anciens, mais il l’a fait à l’intérieur d’un rite, qu’il a commandé aux apôtres de perpétuer, comme le signe suprême du véritable Sacré, qui est Lui-même. C’est avec cette foi, chers frères et sœurs, que nous célébrons aujourd’hui et chaque jour le Mystère eucharistique et que nous l’adorons comme le centre de notre vie et le cœur du monde. Amen. »

    (Benoît XVI, Homélie pour la Fête-Dieu du 7 juin 2012)

    Lu sur le site « Pro Liturgia » : http://www.proliturgia.org/

     JPSC

  • Depuis la mort du pape François, belgicatho a connu une hausse impressionnante du nombre de visiteurs

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    Depuis la mort du pape François, belgicatho a connu une hausse impressionnante du nombre de visiteurs : 28.000 utilisateurs ont ouvert 65.000 sessions, totalisant 95.000 vues. Nous y voyons un encouragement à poursuivre notre travail en espérant concourir modestement "à la plus grande gloire de Dieu".

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  • Le pape Léon XIV déclare 174 nouveaux martyrs des camps nazis et de la guerre civile espagnole

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    De Courtney Mares sur le NCR :

    Le pape Léon XIV déclare 174 nouveaux martyrs des camps nazis et de la guerre civile espagnole

    Les martyrs français déclarés vendredi sont morts entre 1944 et 1945, beaucoup après avoir été arrêtés par le régime nazi pour leur ministère et leurs efforts de résistance sous l'occupation allemande.

    Le pape Léon XIV a déclaré vendredi 174 nouveaux martyrs, dont 50 catholiques français morts dans les camps de concentration nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et plus de 100 prêtres espagnols tués pendant la guerre civile espagnole.

    Dans un décret signé le 20 juin, le pape a également reconnu un miracle médical survenu en 2007 dans l'unité de soins intensifs néonatals d'un hôpital de Rhode Island grâce à l'intercession céleste d'un prêtre espagnol du XIXe siècle, le père Salvador Valera Parra, rendant possible sa future béatification.

    Foi et résistance : les jeunes martyrs français de la Seconde Guerre mondiale

    Les martyrs français déclarés vendredi sont morts entre 1944 et 1945, beaucoup après avoir été arrêtés par le régime nazi pour leur ministère et leurs efforts de résistance sous l'occupation allemande.

    Parmi eux se trouvaient le père Raimond Cayré, prêtre diocésain de 28 ans, mort du typhus à Buchenwald en octobre 1944 ; le père Gérard Martin Cendrier, franciscain de 24 ans, mort dans le même camp en janvier 1945 ; Roger Vallée, séminariste de 23 ans, mort à Mauthausen en octobre 1944 ; et Jean Mestre, laïc de 19 ans, membre des Jeunesses ouvrières chrétiennes, tué en détention à la Gestapo en mai 1944.

    Ils faisaient partie d'un réseau plus large de clergé, de religieux et de laïcs catholiques (en particulier de laïcs affiliés aux mouvements d'Action catholique) qui ont accompagné clandestinement les travailleurs forcés français en Allemagne après la promulgation du Service du Travail Obligatoire du régime de Vichy en 1943. Certains ont été torturés et tués par les nazis en raison de leur apostolat en Allemagne, tandis que d'autres sont morts « ex aerumis caceris », ou à cause de leurs souffrances en prison.

    La plupart des 50 martyrs périrent dans des camps comme Buchenwald, Mauthausen, Dachau et Zöschen, souvent victimes du typhus, de la tuberculose ou d'exécutions brutales. Parmi eux figuraient quatre franciscains, neuf prêtres diocésains, trois séminaristes, 14 scouts catholiques, 19 membres de la Jeunesse ouvrière chrétienne et un jésuite.

    La majorité de ces martyrs français (plus de 80 %) avaient moins de 30 ans au moment de leur mort. Les plus jeunes des Scouts catholiques, âgés de 21 et 22 ans, furent tous deux exécutés : l'un par balles à Buchenwald, l'autre par décapitation à Dresde en 1944.

    Selon le Vatican, leur persécution était motivée par l'« odium fidei », ou haine de la foi. L'« action apostolique » des martyrs et leur volonté de mourir plutôt que d'abandonner leurs devoirs spirituels étaient perçues comme un affront direct à l'idéologie totalitaire et antichrétienne du régime nazi.

    Les martyrs de la guerre civile espagnole

    Le pape a également déclaré 124 martyrs de la guerre civile espagnole, tous du diocèse de Jaén, tués entre 1936 et 1938. Parmi eux, 109 prêtres diocésains, une religieuse et 14 laïcs catholiques.

    Le Dicastère du Vatican pour les Causes des Saints les a divisés en deux groupes de martyrs pour leurs archives : le père Manuel Izquierdo Izquierdo et 58 compagnons et le père Antonio Montañés Chiquero et 64 compagnons.

    Leur martyre s'est produit dans le contexte de violences anticléricales généralisées pendant la guerre civile espagnole, lorsque de nombreux révolutionnaires, alimentés par la propagande athée, ont profané des églises et exécuté des chefs religieux. Selon le Dicastère pour les causes des saints, leur mort, marquée par les « sentiments antireligieux et antichrétiens » des guérilleros, correspond aux critères de l'Église pour le martyre in odium fidei. 

    En réponse à cette nouvelle, l’évêque de Jaén, Sebastián Chico Martínez, a déclaré : « Ces terres ont été bénies et arrosées tout au long des siècles du christianisme par le sang et le témoignage des martyrs… leurs semailles ont été fructueuses en nouveaux chrétiens et continueront de l’être. » 

    Les martyrs du diocèse de Jaén sont les derniers d'un total de plus de 2 000 martyrs de la guerre civile espagnole déjà reconnus par l'Église et béatifiés sous les pontificats de Jean-Paul II, Benoît XVI et du pape François.  

    La nouvelle cérémonie de béatification des martyrs espagnols aura lieu à Jaén à une date à déterminer.

    Un miracle à Rhode Island ouvre la voie à la béatification

    Le pape a également approuvé une guérison miraculeuse attribuée à l'intercession du père Salvador Valera Parra, prêtre espagnol du XIXe siècle connu pour sa charité lors des épidémies et des catastrophes naturelles à Almería. Il peut désormais être béatifié, grâce à une guérison inexplicable survenue au Memorial Hospital de Pawtucket, dans le Rhode Island, en 2007. 

    Né en 1816, Valera Parra a eu une enfance marquée par une foi profonde. À la mort de son père, Salvador, alors âgé de 13 ans, a été aperçu agenouillé devant le corps, récitant seul l'Office divin. Ce prêtre diocésain espagnol est reconnu pour ses nombreuses œuvres caritatives, notamment la fondation, avec sainte Thérèse Jornet, d'une maison de retraite.

    Le miracle concernait un bébé prématuré prénommé Tyquan, né par césarienne d'urgence suite à des complications lors de l'accouchement en 2007. Né sans signe de vie et souffrant d'un grave manque d'oxygène, le bébé ne montrait aucune amélioration au bout d'une heure. Le médecin espagnol traitant, un dévot du Serviteur de Dieu Salvador Valera Parra, a prié pour son intercession. Quelques instants plus tard, le cœur de l'enfant s'est remis à battre.

    Malgré les prévisions des médecins concernant des dommages neurologiques à vie, Tyquan s'est développé normalement et est devenu un enfant sain et actif.

    4 déclarés vénérables pour vertu héroïque

    Lors de l'audience avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère du Vatican pour les causes des saints, le pape Léon XIV a également reconnu l'héroïcité des vertus de quatre personnes, les déclarant vénérables. Il s'agit de :

    — João Luiz Pozzobon (1904–1985), diacre brésilien et père de sept enfants, connu pour sa dévotion mariale et fondateur de la campagne du Rosaire des Mères pèlerines du Mouvement de Schoenstatt, aujourd'hui présente dans plus de 100 pays

    — Anna Fulgida Bartolacelli (1923–1993), une laïque italienne qui souffrait de nanisme et de rachitisme et qui était un membre consacré des Ouvriers Silencieux de la Croix, menant une vie de sainteté cachée et de service aux malades

    — Raffaele Mennella (1877–1898), jeune clerc italien des Missionnaires des Sacrés-Cœurs, décédé de la tuberculose à l'âge de 21 ans

    — Teresa Tambelli (1884–1964), Fille de la Charité connue pour son long ministère auprès des pauvres à Cagliari, en Italie

  • Pour la 779ème fois, les Liégeois ont bien fêté Dieu

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    Du site de RCF :

    Pour la 779ème fois, les liégeois ont bien fêté Dieu.

    Un article rédigé par Jacques Galloy - 1RCF Belgique, le 20 juin 2025

    La paix ! Cette 779e édition de Liège Fête-Dieu de ce jeudi 19 juin était placée sous le signe de la paix. Depuis presque 8 siècles, la plus ancienne fête liégeoise - devenue mondiale - est célébrée le jeudi correspondant au 60ème jour après Pâques. Depuis une dizaine d’années, sous l’impulsion de Jean-Pierre Delville, évêque de Liège et d’un comité de prêtres et laïcs motivés, la Fête-Dieu s’est régénérée et fédère largement.

    Procession de la Fête-Dieu à LiègeProcession de la Fête-Dieu à Liège

    Un intérêt croissant

    Plus de 1.200 personnes ont participé à tout ou partie du triptyque du jeudi de la Fête-Dieu à Liège. C’est sans doute un record pour cette fête qui gagne en popularité chaque année. Il y avait beaucoup plus d’étudiants, de jeunes professionnels et de jeunes couples que d’habitude. Plusieurs groupes ont d’ailleurs rejoint l’évènement en autocar. “Vu l’intérêt suscité par cette belle Fête-Dieu, nous avons facilement rempli un autocar de la région de Herve”, raconte l’abbé Fabrice de Saint-Moulin, doyen de Herve qui fêtait d’ailleurs son anniversaire d’ordination ce jour-même. La célébration de 19h s’est déroulée à la basilique saint-Martin, suivie par la procession des peuples du monde qui a rejoint la cathédrale saint-Paul où a eu lieu la NightFever “1.000 bougies pour la paix”. La Fête a duré légèrement au-delà de minuit.

    “Donnez-leur vous-mêmes à manger”

    Dès 19h, la célébration à saint-Martin a bénéficié du splendide cadre de cet édifice gothique décoré depuis le XIIIe siècle en l’honneur de la Fête-Dieu. Il était illuminé par la lumière traversant les vitraux de ce vaisseau millénaire. Commentant l’Evangile de la multiplication des pains, Monseigneur Jean-Pierre Delville a médité sur le sens de l’Eucharistie, coeur de la Fête. Comme la foule qui suivait Jésus dans le désert, les fidèles se rassemblent pour célébrer le sacrement du Corps et du Sang du Christ. Jésus ne rejette pas la foule mais l’instruit, la nourrit, et responsabilise ses disciples en leur disant : «Donnez-leur vous-mêmes à manger». Malgré le peu de moyens (cinq pains, deux poissons), le partage avec foi fait surgir l’abondance. Ce geste annonce l’Eucharistie : Jésus partage le pain et le vin, signes de sa vie livrée. Il ne fuit pas la souffrance mais transforme la pauvreté en source de vie. L’Eucharistie devient ainsi un acte de communion et de mission. “Comme sainte Julienne de Liège, servante des malades, même des lépreux, et promotrice de cette fête du Saint-Sacrement ou Fête-Dieu, l’Église est appelée à nourrir l’humanité. La communion au Christ se prolonge dans la solidarité et la marche ensemble, comme un des «douze paniers» pleins qui symbolisent l’Église”, conclut-il. Au terme de l’office, alors que le saint-Sacrement était exposé sur l’autel après un petit temps de recueillement silencieux, les participants ont entonné tous ensemble le célèbre “Tantum ergo”, titre de l’hymne de la Fête-Dieu depuis 1264.

    Mgr Jean-Pierre Delville

    En marche avec saint Augustin

    Vers 20h30, les pèlerins se sont mis en route pour la procession de la Fête-Dieu, avec les “peuples du monde”, accompagnés par les cors de chasse du “bien aller”. Le cortège a descendu le Publémont puis a traversé la place des bons enfants, la place saint-Lambert, l’opéra (qui est l’ancien couvent dominicain) et la Vierge de Del’Cour en Vinave d’île. Des prêtres du diocèse de Liège se sont relayés pour porter le saint-Sacrement. Des enfants dispersaient des pétales de fleurs sur le passage. L’accueil des passants était très largement positif comme on peut d’ailleurs le constater au travers des nombreuses publications sur les réseaux sociaux. S’inspirant de la pensée de saint Augustin, grande source d’inspiration du nouveau pape Léon XIV, l’évêque de Liège a invité les participants à prier pour une intention à chaque étape : la paix à Gaza et en Ukraine, les persécutés pour leur foi, l’unité dans la diversité, la solidarité avec l’humanité. De nombreux passants ont rejoint le joyeux cortège en cours de route.

    Procession

    1.000 bougies pour la paix

    En entrant dans la cathédrale Saint-Paul, la procession a été accueillie au son des cors de chasse puis par les grandes orgues. La cathédrale était bondée. “Nous n’avons jamais vu autant de monde dans la cathédrale, de tous les âges, en particulier des jeunes”, dit Guy Balaes, doyen du chapitre de la cathédrale de Liège. La soirée s’est poursuivie par la NightFever “1.000 bougies pour la paix” dans la cathédrale illuminée de façon exceptionnelle pour cette occasion, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. En effet, la cathédrale est une des rares cathédrales européennes à ne pas encore bénéficier d’un éclairage public permanent. Les étudiants et jeunes professionnels de la messe des jeunes de Cornillon, du SDJ et de nombreux amis ont animé la prière et les chants, plutôt méditatifs à l’intérieur et plus festif sur le parvis. “C’était impressionnant de voir le nombre de personnes, surtout des jeunes, qui rentraient spontanément et qui prenaient le temps de rédiger une intention de prière, allumaient une bougie pour la paix et prenaient le temps de se recueillir. Cela a duré au-delà de minuit”, raconte Marie Delvaux, membre de l’équipe d’accueil.

    NightFever Liège Fête-Dieu

    Jusqu’au lever du soleil

    La soirée s’est transformée en une nuit de prière et d’adoration dans la cathédrale, jusqu’au lever du soleil. Dès le début de la journée, les chanoines de la cathédrale ont chanté les laudes suivies par la messe ordinaire du vendredi. Plus de 60 personnes y ont participé.

    Poursuite des festivités et des deux expositions

    Cette 779è édition de la Fête-Dieu a réjoui les participants, d’autant que la météo était très favorable. Les appels à la paix ont résonné tout au long de l’évènement. Les festivités se poursuivent à Liège et partout en Belgique, puisque la célébration de la fête est reportée dans les paroisses au dimanche qui suit, soit le 22 juin.

    Il est encore possible de visiter les deux expositions jusque début juillet. L’exposition internationale sur les miracles eucharistiques conçue par le jeune bienheureux Carlo Acutis, jusqu’au dimanche 6 juillet 2025, en 4 haut-lieux de Liège: Cathédrale saint-Paul, Sanctuaire de sainte-Julienne de Cornillon, Basilique saint-Martin, église saint Nicolas d’Outremeuse. L’exposition sur « Le rayonnement clandestin de l’Eucharistie dans l’enfer des camps de déportation et des geôles totalitaires » se poursuit à l’église du Saint-Sacrement jusqu’au 15 juillet.

    De nombreuses scènes de ce film sur "Bonhoeffer, l'espion de Dieu" ont été tournées à Liège

    En clôture du festival aura lieu la projection du film « Dietrich Bonhoeffer, l’espion de Dieu ». Alors que le monde est au bord de l’anéantissement, le pasteur Dietrich Bonhoeffer est plongé au cœur d’un complot visant à éliminer Hitler. Peut-il assassiner un homme pour espérer en sauver des millions ? Sa vie et sa foi sont en jeu. De nombreuses scènes de ce film ont été tournées à Liège mais le film n’a bizarrement pas été sorti sur les écrans belges francophones début 2025. Voici donc une belle opportunité de découvrir un grand témoin inspirant. Mardi 24 juin 2025 à 20h00, Grande salle du collège saint-Louis, Entrée rue Villette 28, 4020 Liège, 80 places de parking dans la cour, Veuillez acheter vos billets à la Librairie Siloë ou sur billetweb via ce lien : https://www.billetweb.fr/bonhoeffer-lespion-de-dieu-cine-debat

    Bonhoeffer, l'espion de Dieu

    Toutes les informations sur Liège Fête-Dieu : https://liegefetedieu.be

  • La Fête-Dieu à l'église du Saint-Sacrement (Liège)

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  • La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) : une Cour sous influence

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    Du site de La Nef :

    20/06/2025

    La CEDH sous influence

    La Cour européenne des droits de l’homme ou CEDH dispose d’un pouvoir exorbitant. Elle peut invalider une décision des plus hauts magistrats et juges français. Mais qui la compose ? Qui sont les juges qui détiennent un tel pouvoir ? La moitié d’entre eux ne sont pas même d’anciens magistrats, et nombre d’entre eux ont pris des positions politiques (progressistes) publiques. Un évident problème d’impartialité se pose. Pire, de graves questions d’intégrité ont été soulevées.

    Peu de personnes sauraient nommer le juge français à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Il vient pourtant d’en être élu président et se nomme Mattias Guyomar. Or la CEDH peut invalider une décision des plus hauts magistrats et juges français : ceux de la Cour de cassation, du Conseil d’État et du Conseil constitutionnel. Cette Cour a été créée en 1959 et la France a accepté son autorité en 1981. Aujourd’hui, elle compte 46 juges, un pour chaque État membre du Conseil de l’Europe. Tous ont un pouvoir égal, peu importe leur pays d’origine ou leur formation.

    Lire la suite sur le site de La Nef

  • Sur La Nef : un entretien avec Dom Pateau, Père Abbé de Fontgombault

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    Du site de La Nef :

    Entretien avec Dom Pateau, Père Abbé de Fontgombault 

    Dom Pateau prend ici le temps d'exposer en profondeur ses vues sur la liturgie : la singularité du Missel de 1965, post-conciliaire mais très proche du rite ancien, le besoin d'unité de l'Église qui ne peut se résoudre dans l'uniformité, ce qu'était la perspective liturgique de Benoît XVI, la puissance évangélisatrice de l'ancien rite, le sens qu'il y aurait à réintroduire l'orientation et certains gestes traditionnels, les raisons du succès du rite tridentin. Il y est aussi question du pape François et du pontificat qui s'ouvre. 

    Lire l'entretien