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Débats - Page 165

  • "Le problème actuel de l’Église est précisément la non-acceptation du Concile..." : le regard du pape sur la situation actuelle du monde et de l'Eglise

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    Le pape est encore bien vert et ce n'est pas parce que sa mobilité est réduite qu'il est près de démissionner. Il est aussi assez prolixe et ne mâche pas ses mots. Il est intéressant de voir comment il analyse la crise ukrainienne où il se défend d'être "pro-Poutine". Son obstination à faire du Concile Vatican II la référence incontournable et à dénoncer les "restaurationnistes" qui s'y opposeraient en consternera plus d'un. Si Benoît XVI situait ce concile dans une perspective de continuité, on voit bien qu'il n'en va pas de même pour le pape règnant et qu'il est bien décidé à faire de son pontificat un changement de cap dans la navigation de la barque de Pierre... 

    De la Rédaction de La Civiltà Cattolica France :

    ENTRETIEN DU PAPE FRANÇOIS AVEC LES ÉDITEURS DES REVUES DE CULTURE EUROPÉENNE DES JÉSUITES

    14 juin 2022

    19 mai 2022. « Bienvenue ! Vous voyez ? Je suis dans mon nouveau fauteuil », a plaisanté le Pape, faisant allusion au fait qu’il se déplace en fauteuil roulant en raison de douleurs aux genoux. François a salué personnellement, un par un, les directeurs des revues culturelles européennes de la Compagnie de Jésus réunis en audience à la Bibliothèque privée du Palais apostolique.

    Ils étaient dix en tout : P. Stefan Kiechle de Stimmen der Zeit (Allemagne), Lucienne Bittar de Choisir (Suisse), P. Ulf Jonsson de Signum (Suède), P. Jaime Tatay de Razón y fe (Espagne), P. José Frazão Correia de Brotéria (Portugal), P. Paweł Kosiński de Deon (Pologne), P. Arpad Hovarth de A Szív (Hongrie), Robert Mesaros de Viera a život (Slovaquie), Frances Murphy de Thinking Faith (Royaume-Uni) et P. Antonio Spadaro de La Civiltà Cattolica (Italie). Trois rédacteurs étaient des laïcs, dont deux femmes (pour les revue suisse et anglaise). Les autres étaient des jésuites.

    La rencontre avec le Souverain Pontife était le début de leur rencontre annuelle de trois jours[1]. Le Supérieur Général de la Compagnie de Jésus, le Père Arturo Sosa, a également assisté à l’audience. « Je n’ai pas préparé de discours », a commencé le Pape, « alors si vous le voulez, posez des questions. Si nous dialoguons, notre rencontre sera plus riche ».

    Saint Père, merci pour cette rencontre. Quel est le sens et la mission des revues de la Compagnie de Jésus ? Avez-vous une mission à nous confier ?

    Il n’est pas facile de donner une réponse claire et précise. En général, bien sûr, je crois que la mission d’une revue culturelle est de communiquer. J’ajouterais cependant de communiquer de la manière la plus incarnée possible, personnellement, sans perdre la relation avec la réalité et les gens, le « face-à-face ». Par là, j’entends qu’il ne suffit pas de communiquer des idées. Vous devez communiquer des idées qui viennent de l’expérience. Pour moi, c’est très important. Les idées doivent venir de l’expérience.

    Prenez l’exemple des hérésies, qu’elles soient théologiques ou humaines, car il y a aussi des hérésies humaines. Selon moi, il y a hérésie lorsque l’idée est déconnectée de la réalité humaine. D’où la phrase que quelqu’un a dite – Chesterton, si je me souviens bien – que « l’hérésie est une idée devenue folle ». Elle est devenue folle parce qu’elle a perdu sa racine humaine.

    La Compagnie de Jésus ne doit pas chercher à communiquer des idées abstraites. Elle entend plutôt communiquer de l’expérience humaine à travers les idées et le raisonnement : l’expérience, donc. On discute des idées. La discussion, c’est bien ; mais pour moi, ce n’est pas assez. C’est la réalité humaine qui est discernée. Le discernement est ce qui compte vraiment. La mission d’une publication jésuite ne peut pas être seulement de discuter, mais elle doit surtout aider au discernement qui mène à l’action.

    Or, parfois, pour discerner, il faut jeter une pierre ! Si vous jetez une pierre, les eaux s’agitent, tout bouge et vous pouvez discerner. Mais, si au lieu de lancer une pierre, vous lancez… une équation mathématique, un théorème, alors il n’y aura pas de mouvement et donc pas de discernement.

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  • Fréjus-Toulon : comment les dérives locales ont abouti à la sanction avalisée par quatre dicastères romains

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    Une enquête de Mikael Corre, à Toulon (Var), avec Loup Besmond de Senneville (à Rome) sur le site du journal La Croix :

    Diocèse de Fréjus-Toulon, des dérives locales à la sanction romaine  

    odifié le 14/06/2022

    La suspension par le Vatican des prochaines ordinations dans le Var sanctionne l’accueil de communautés aux dérives sectaires par l’évêque, Mgr Dominique Rey. De Toulon à Rome, La Croix a enquêté pendant une semaine sur une affaire hors norme.

    L’affaire suscite la colère dans le diocèse de Fréjus-Toulon : l’ordination prévue de quatre prêtres et six diacres le 26 juin n’aura pas lieu. Rome en a décidé ainsi, obligeant l’évêque, Mgr Dominique Rey, à annoncer lui-même la nouvelle, le 2 juin, trois semaines avant l’échéance. « Il n’y a pas d’autres informations », précise-t-il dans un courriel envoyé à ses prêtres, les invitant à se « réfugier dans la prière » et à ne pas parler aux journalistes. Selon nos informations, le Vatican lui demande depuis des années de réviser sa gestion des vocations dans son diocèse, qui compte plus de 300 prêtres et une vingtaine de communautés nouvelles. La tradition d’accueil est ancienne à Fréjus-Toulon, où les prédécesseurs de Mgr Rey avaient déjà offert l’hospitalité aux frères de Saint-Jean, à la communauté Saint-Martin, aux sœurs de Bethléem…

    À Toulon depuis 2000, l’évêque, issu de la communauté de l’Emmanuel, s’est inspiré des protestants évangéliques américains pour insuffler dans son diocèse une véritable vitalité missionnaire. Entouré de catholiques charismatiques comme traditionnels, il fait preuve d’un dynamisme qui a longtemps impressionné à Rome. Mais il lui est aujourd’hui reproché de trop accueillir, quitte ensuite à sévir, comme cela a été le cas avec Thierry de Roucy (fondateur de Points-Cœur, coupable d’abus).

    Contacté, Mgr Rey n’a pas souhaité répondre directement à La Croix« Les fragilités, les échecs, les difficultés observées dans certaines de ces communautés nous ont rendus encore plus attentifs et nous imposent toujours plus de vigilance », reconnaît le directeur de cabinet de Mgr Rey, auquel renvoie l’évêque. « Cette diversité est un défi, elle n’est pas sans difficulté, mais elle est aussi et surtout une richesse pour le diocèse et pour l’Église », ajoute-t-il.

    Quatre dicastères impliqués

    En 2021, une « visite » (enquête) a été conduite dans le diocèse par l’archevêque de Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline, bientôt cardinal. C’est sur la base de son rapport et d’informations directement remontées à Rome que le Vatican a demandé de « surseoir aux ordinations ». Cette décision très rare a été prise fin mai lors d’une réunion entre les supérieurs de quatre dicastères, les « ministères » du Vatican. Elle a été avalisée par quatre cardinaux : Marc Ouellet (préfet du dicastère pour les évêques), Kevin Farrell (laïcs), João Braz de Aviz (religieux) et Lazarus You Heung-sik (clergé).

    → ANALYSE. Diocèse de Toulon : pourquoi le Vatican a choisi le silence

    Au Saint-Siège, personne n’a publiquement expliqué la sanction, laissant depuis une semaine les catholiques varois à leurs interrogations. « Il y a ceux qui soutiennent l’évêque contre le pape, ceux qui soutiennent le pape contre l’évêque… », a d’ailleurs regretté dans une homélie prononcée le 9 juin l’un des trois vicaires généraux du diocèse, le père Jean-Noël Dol, appelant les fidèles à « garder la tête froide »« Dans l’Église, a-t-il poursuivi, on ne fait pas de pétitions, on attend avec confiance ce que les autorités décideront. »

    « Dire que cette sanction vient de nulle part est un mensonge »

    Le message vaut aussi pour les soutiens de Mgr Rey, qui ont recueilli près de 10 000 signatures en une semaine dans une « supplique » au pape François pour dire leur « incompréhension »« Le fait que le Saint-Siège n’explique pas la sanction est déplorable, confie à La Croix un prêtre du Var au profil plutôt “tradi”. Mais dire qu’elle vient de nulle part est un mensonge. »

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  • Royaume-Uni : la justice décide de l’arrêt du maintien en vie d’Archie Battersbee

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Royaume-Uni : la justice décide de l’arrêt du maintien en vie d’un enfant de 12 ans

    13 juin 2022

    Au Royaume-Uni, un juge a décidé que le traitement d’un garçon atteint de lésions cérébrales et plongé dans le coma devait être interrompu. Archie Battersbee, âgé de 12 ans, avait été retrouvé inconscient à son domicile le 7 avril (cf. Royaume-Uni : Un enfant de 12 ans dans le coma au cœur d’une bataille judiciaire). Sa mère, « dévastée », a fait part de son intention de faire appel.

    Une mort « très probable » ?

    Selon les médecins, il est « très probable » que l’enfant soit « en état de mort cérébrale ». Dans une décision écrite, Mme la juge Arbuthnot a conclu qu’Archie était mort à midi le 31 mai, sur la base des scanners IRM effectués ce jour-là. Pour Hollie Dance, la mère d’Archie, « fonder ce jugement sur un test IRM et sur le fait qu’il est “probablement” mort n’est pas suffisant ». « C’est la première fois qu’une personne est déclarée “probablement” morte sur la base d’un IRM », affirme-t-elle.

    Les avocats représentant l’hôpital avaient demandé à la justice de décider des mesures à prendre « dans l’intérêt supérieur d’Archie ». Alistair Chesser médecin en chef du Barts Health NHS Trust s’est engagé à ce que les soins ne soient pas arrêtés, afin de laisser à la famille la possibilité de faire appel.

    Une décision au mépris de l’avis de la famille

    « Ecœurée » par cette décision, « après des semaines de bataille judiciaire » qu’elle aurait voulu passer au chevet de son petit garçon, Hollie Dance déplore avec son conjoint Paul Battersbee, que le tribunal et l’hôpital n’aient pas tenu compte des souhaits de la famille. « Son cœur bat toujours, il a serré ma main, et en tant que mère, je sais qu’il est toujours là », a-t-elle déclaré.

    Source : BBC (13/06/2022)

  • Toulon : de la suspension des ordinations ira-t-on jusqu'au au départ de l'évêque ?

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    Un reportage de Pierre Jova à Toulon publié sur le site de l'hebdomadaire La Vie :

    Dans le diocèse de Fréjus-Toulon, vent de panique face à l'orage annoncé

    Depuis que Rome y a suspendu les ordinations sacerdotales, l’Église catholique du Var fait face à un examen de conscience douloureux. Les dossiers s’accumulent et les méthodes pastorales de son évêque, Dominique Rey, sont mises en cause, même si ses soutiens veulent encore y croire.

    13/06/2022

    Déplacée de Fréjus à Toulon en 1958, la résidence de l’évêque du Var est une coquette villa, engloutie par un jardin luxuriant. Il faut passer par une avalanche de fleurs, de palmiers et de buissons pour accéder au cénacle où Dominique Rey, 69 ans, administre son diocèse depuis 2000. Il est tentant de voir dans cette jungle un reflet de l’Église varoise, comptant plus de 250 prêtres pour un million d’habitants – contre 500 à Paris, par exemple –, des dizaines de communautés religieuses, et ordonnant de nouveaux prêtres à un rythme soutenu. Une situation unique au sein d’un catholicisme français asphyxié par le manque de vocations, qui frappe les nouveaux arrivants dans le diocèse par sa profusion, mais qui peut aussi en inquiéter certains par son aspect anarchique. Et par le coût humain nécessaire à son entretien.

    « Permaculture ecclésiale »

    « À Fréjus-Toulon, on accueille tout le monde », constatait La Vie en 2015, voyant déjà la « fatigue » poindre dans le diocèse, et s’interrogeant sur la cohérence de cette pépinière qui, du reste, n’a pas été aménagée seulement par Dominique Rey. « La permaculture ecclésiale a toujours été une spécialité du diocèse », commente Gilles Rebêche. Délégué épiscopal à la solidarité et à la pastorale du deuil, ce diacre est un enfant du pays, fils d’un soldat de la garnison de Fréjus : « J’en suis à mon troisième évêque », glisse le patron de la Diaconie du Var, structure qui anime les œuvres sociales du diocèse et vient de fêter ses 40 ans.

    Avant Mgr Rey, Gilles Barthe (1962-1983) et Joseph Madec (1983-2000) ont attiré chez eux les communautés « nouvelles », nées après le concile Vatican II. Les Moniales de Bethléem sont installées dans l’abbaye du Thoronet en 1978, les frères de Saint-Jean ont établi leur premier prieuré au sanctuaire de Cotignac en 1981, et la communauté Saint-Martin a reçu dans le diocèse son premier ministère paroissial en 1983. La même année, Joseph Madec rouvrait le séminaire diocésain de la Castille, devenu un lieu important de l’Église catholique du Var. « Il y a un système de parrainage, qui fait que des fidèles que je ne connais pas prient pour moi, témoigne un séminariste actuellement en étude. Et des milliers de gens se déplacent aux ordinations ! »

    C’est pourtant sur ce magnifique domaine viticole, à l’est de Toulon, que s’est abattue en début de mois une bourrasque venue de Rome : la suspension des ordinations de quatre prêtres et six diacres prévues le 26 juin, sans explications ni date de report. « Les séminaristes n’ont aucun élément de réponse à apporter à leurs proches », déplore Benoît Moradei, recteur de la Castille depuis septembre 2021, précisant que les familles des ordinands, venant parfois de loin, avaient acheté leur billet de train ou d’avion pour l’événement. « C’est douloureux, mais ils le vivent avec courage », assure cet oratorien natif du Var, qui fait l’unanimité dans le diocèse.

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  • L'Islam et le féminisme

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    D'Annie Laurent sur le site de l'Association Clarifier :

    Petite Feuille Verte n° 89 : Islam et féminisme (1/3)

    Deux d’entre elles sont Libanaises : Zeina El-Tibi, docteur en droit, auteur de La condition de la femme musulmane (Cerf, 2021) ; et Nayla Tabbaradocteur en sciences des religions, auteur de L’islam pensé par une femme (Bayard, 2018). La troisième est Marocaine : Asma Lamrabetmédecin biologiste, auteur de Islam et femmes. Les questions qui fâchent (Gallimard, Folio-Essais, 2017).

    Leurs approches du sujet, surtout en ce qui concerne l’enseignement religieux sur la femme ainsi que les relations entre hommes et femmes, dans la société ou dans le cadre familial, ne sont pas uniformes, mais un point commun les caractérise : l’islam, dans ses textes sacrés, ne peut être considéré comme étant la cause première du statut discriminatoire imposé à la femme jusqu’à nos jours en de nombreux pays régis par la charia (la loi islamique).

    LE REGARD DE L’ISLAM SUR LA FEMME

    Ce sujet comporte deux aspects : l’inégalité de nature entre l’homme et la femme ; l’imputation de la faute originelle.

    L’inégalité de nature (ou ontologique) entre l’homme et la femme

    Asma Lamrabet regrette l’importance accordée par l’exégèse islamique classique au récit de la Bible selon lequel la femme a été créée à partir d’une côte d’Adam (Genèse 2, 21-22) et l’érection de ce passage « en norme sacrée », d’où il résulte que Dieu aurait voulu faire des femmes des « créatures subalternes ». Or, souligne-t-elle, non seulement ce récit est absent du Coran mais il est contredit par ce dernier (4, 1) : « Ô vous les humains, craignez votre Seigneur qui vous a créés d’une seule essence et qui a créé d’elle son conjoint et qui de ces deux-là a fait propager beaucoup d’hommes et de femmes » (p. 15-17). 

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  • Belgique : la dépénalisation de la prostitution, un modèle inspirant ?

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    Du site d'Alliance Vita :

    La Belgique dépénalise la prostitution, un modèle qui inspire ?

    Parmi les arguments avancés pour cette réforme par le personnel politique ou des associations de prostituées, sont souvent cités les mots :  “donner un cadre à une activité dans l’ombre”, “faire évoluer la loi aux problématiques actuelles”, ou encore “criminaliser c’est créer des zones de non-droits”.

    L’Allemagne, terrain expérimental de la légalisation de la prostitution.

    Sur la question de l’encadrement d’une activité existante et de ses bénéfices potentiels, l’exemple de l’Allemagne peut éclairer le débat. Une réforme législative portée par le parti des Verts en 2002 et votée au Parlement fédéral supprimait l’interdiction générale de la promotion de la prostitution et permettait aux prostituées d’obtenir des contrats de travail. Dans une interview à Public Sénat, la Sénatrice et ancienne ministre Laurence Rossignol rappelle que le marché de la prostitution a été multiplié par 4 en 10 ans dans ce pays (2003-2013). La légalisation avec encadrement a entraîné en fait une forte hausse de la demande. La hausse de la demande nécessitant une hausse de l’offre, il ne semble pas que l’objectif de combattre la traite humaine en supprimant les “zones de non-droits” selon l’expression des promoteurs de la légalisation, soit atteint. Une étude approfondie datant de 2012 et portant sur 150 pays a conclu que l’effet de la légalisation de la prostitution sur la traite humaine était négatif. Selon les termes des économistes auteurs de l’étude, l’effet d’échelle, c’est-à-dire la hausse de la demande, l’emporte sur l’effet de substitution, qui verrait une préférence des clients pour des prostituées “légales” réduire la demande pour des prostituées en situation illégale. “En moyenne, les pays où la prostitution est légale expérimente des flux plus importants de traite humaine” selon les termes de l’étude.

    La dignité humaine, irréductible à une approche marchande.

    Les facteurs conduisant aux situations de prostitution sont complexes. L’approche choisie par la Belgique est d’inspiration néo-libérale : “laissez faire” afin que l’offre et la demande trouve un “équilibre”, la légalisation de ce “marché” solutionnant magiquement la question des trafics illégaux.

    Ce choix de la Belgique va à l’opposé de celui de la France qui reste dans une approche abolitionniste. La loi du 13 avril 2016 visant à “renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées” a institué une pénalisation des clients. La notion de non-marchandisation du corps humain, entre autres, soutient la philosophie de cette loi.  La dignité humaine n’est tout simplement pas compatible avec une approche marchande. Criminaliser les atteintes à la dignité humaine, ce n’est pas favoriser des trafics, c’est fonder en droit et garantir le combat contre ces atteintes.

  • "Par un cléricalisme violent, on entend décléricaliser l’Église en faisant disparaître la spécificité du sacerdoce"

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    De Philippe Maxence sur le site de l'Homme Nouveau :

    Notre quinzaine : Le cléricalisme pour… décléricaliser l’Église

    La nouvelle a surpris et, pourquoi ne pas le dire, choqué. La suspension des ordinations dans le diocèse de Fréjus-Toulon, exigée par Rome, est une pratique inhabituelle. Dans le climat actuel, cette décision entraîne immédiatement un certain nombre de questions, notamment sur les personnes. Sur l’évêque lui-même, Mgr Dominique Rey, à la tête de ce diocèse depuis une vingtaine d’années. Sur les futurs ordonnés également, dont les dossiers personnels ont été exigés par Rome. Trois semaines avant leur ordination, ces jeunes hommes se retrouvent d’un coup en état d’apesanteur.

    Faut-il le rappeler ? L’ordination ne sanctionne pas un niveau d’études ouvrant droit à un diplôme en vue d’une carrière professionnelle. C’est une configuration au Christ souverain prêtre, à travers le don total d’une vie entièrement vouée à Dieu et à l’Église. Pour des raisons de politique ecclésiale – car, disons-le clairement, rien ne peut être retenu contre les personnes –, il a été décidé de prendre en otage les futurs ordonnés. Le communiqué de Mgr Rey indique en effet que la cause se trouve dans « la restructuration du séminaire et la politique d’accueil du diocèse ». Il y a certainement eu des erreurs de gouvernement, notamment dans le discernement des personnes ou des communautés. Reste qu’il suffisait de les indiquer clairement à l’évêque sans le mettre en cause directement ni jouer avec l’avenir des futurs prêtres.

    Toulon, chasse aux sorcières ?

    L’impression qui domine est donc celle d’une chasse aux sorcières prenant prétexte de détails à améliorer pour détruire l’ensemble. Loué sous Benoît XVI comme laboratoire d’évangélisation, Toulon est désormais banni pour cette même raison. Seul diocèse dans ce cas, il est aussi celui qui fournit le plus de prêtres avec le diocèse de Paris et la Communauté Saint-Martin. Hasard ? Celle-ci est également dans le viseur, comme l’a révélé Libération. Depuis, don Paul Préaux, le modérateur général, a indiqué que la visite de la communauté a été demandée par ses soins. C’est exactement la démarche qu’avait adoptée Mgr Rey, avec le résultat que l’on connaît désormais.

    Dans sa lettre du Figaro, « Dieu seul le sait » (n° 35), Jean-Marie Guénois pointe « une dérive autoritaire inquiétante ». Sans remettre en question cette analyse, il faut cependant aller plus loin. Il y a une nette volonté de décléricaliser l’Église en profondeur. Les thèmes des synodes récents, la réorganisation de la Curie, l’affaire des abus sexuels ou, plus récemment, la décision de l’archevêque de Toulouse d’interdire le port de la soutane à ses séminaristes, sous prétexte qu’elle manifeste le souci d’entrer « dans un personnage », le montrent à divers titres. À chaque fois – besoin de réorganisation de l’Église, lutte contre des maux terribles ou application stricte du droit –, on s’appuie sur des détails justes en vue de servir un agenda beaucoup moins innocent.

    Mais qu’entend-on ici exactement par volonté de décléricaliser l’Église ? Le cléricalisme est en soi une erreur qui exagère la place et le rôle des prêtres. Pour ces derniers, il s’agit d’une tentation contre laquelle ils doivent toujours se garder. Comment ? En se tenant dans le juste milieu. Car, faut-il également le souligner, le cléricalisme est une erreur par excès que l’on peut résumer en un abus de l’autorité conférée au prêtre. À l’opposé se trouve l’erreur par défaut qui consiste en la négation de la spécificité du prêtre, conduisant à son effacement ou à sa réduction à n’être qu’un chrétien comme les autres. Aujourd’hui, les deux erreurs vont de pair. Par un cléricalisme violent, on entend décléricaliser l’Église en faisant disparaître la spécificité du sacerdoce.

    Des germes sur la terre brûlée

    Disons-le tout net : les fossoyeurs de l’Église ont déjà perdu, même si dans leur politique de la terre brûlée, ils entraînent beaucoup de dégâts humains. Ils ont perdu parce que la constitution de l’Église est divine et qu’elle est le corps mystique du Christ, lui-même modèle du prêtre d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Ils ont déjà perdu parce que, sociologiquement, le petit reste catholique est attaché à la conception traditionnelle de l’Église et du sacerdoce. Les 33 000 Scouts unitaires de France réunis à la Pentecôte à Chambord ou les pèlerins de « Notre-Dame de Chrétienté » marchant au même moment vers Chartres sont les symboles vivants de cette espérance. À la Pentecôte, ils ont fait face avec courage au déchaînement inattendu des éléments naturels. De même, font-ils face au déchaînement dans l’Église. Même sur la terre brûlée, ils seront capables de faire pousser les germes de la foi, de l’espérance et de la charité.

  • 60 ans après Vatican II, faut-il être traditionaliste ou progressiste ? Débat avec Jean-Pierre Maugendre

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    60 ans après Vatican II, devons-nous être traditionalistes ou progressistes ? Débat avec Jean-Pierre Maugendre (69 mn) 

    https://youtu.be/TqSbJUSP-4s  

    27 mai 2022 : Un passionnant débat avec Jean-Pierre Maugendre qui aboutit au débat final suivant : Le pape François et ses prises de positions pastorales doit-il être opposé ou uni au pape Benoît XVI et à ses positions doctrinales ?   

    1° Définitions : Le traditionaliste veille à la vérité que nos pères ont toujours crue et défendue ; Le progressiste tient à l’amour des personnes et insiste pour la souplesse, l’attention à sa liberté.  

    2° Le pourrissement de la situation en intégristes à tendance janséniste (qu’il ne faut pas les confondre avec les traditionalistes) et en progressistes sécularisés. 

    3° Jésus était-il traditionaliste ou progressiste ? Ni l’un ni l’autre mais en lui, « Psaume 85, 11 Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent ». 

    4° Conclusion : L’Eglise va-t-elle se sortir de cette dialectique qui ne vient pas de Dieu ? Le Seigneur nous y invite et la présence, ensemble de Benoît XVI (vérité) et de François (amour) en est le signe. 

    Jean-Pierre Maugendre, ancien élève de l'Ecole navale et ancien président du MJCF (Mouvement de la Jeunesse Catholique de France) est Directeur Général de l'association Renaissance catholique (renaissancecatholique.fr). Il anime, en collaboration avec Guillaume de Thieulloy, une émission d'information religieuse sur TV Libertés : Terres de mission.

  • L’Église allemande, rebelle et subversive, est ménagée par le Vatican

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    De Louis Daufresne sur La Sélection du Jour :

    Marx et le manifeste... de l'Église allemande

    Qu’il soit théoricien, acteur ou chef cuisinier, le nom de Marx en impose. Cette voyelle unique et longue produit son petit effet à l’oreille. Quand il s’agit d’un homme d’église, celle-ci claque de manière encore plus décalée. Du reste, le cardinal Reinhard Marx, 69 ans, excelle dans l’art du contrepied. Lors du bicentenaire de la naissance de Karl (1818), l’archevêque de Munich « canonisa » son homonyme en affirmant que sans lui, « il n’y aurait pas eu de doctrine sociale de l’Église » et que « Le Manifeste du parti communiste est une très grande œuvre, écrite dans une langue de génie ». À Trèves (Rhénanie-Palatinat), le prélat se fit même prendre en photo au pied de la statue que venait d’offrir le régime chinois (!) à la ville berceau du marxisme. La droite allemande, pourtant bien peu clivante, s’étrangla un peu, certains y voyant une absolution donnée à l’un des pères de la violence politique contemporaine.

    Mgr Marx est l’un des clercs les plus influents. Il présidait la conférence épiscopale allemande (2014-2020), organe de l’Église la plus riche d’Europe, et la Commission des épiscopats de la communauté européenne (COMECE, 2012-2018). Il appartient au « C9 », le conseil des cardinaux créé par le pape François en 2013 pour l’aider à gouverner.

    Pourquoi parler de lui aujourd’hui ? Il y a un an tout pile, le 10 juin 2021, le saint père refusait sa démission. Mgr Marx la lui avait offerte pour « assumer la coresponsabilité de la catastrophe des abus sexuels », voulant créer un électrochoc pour un « nouveau réveil de l’Église ». Hasard du calendrier : cet anniversaire coïncide avec le séisme que provoque en France la décision romaine de suspendre les ordinations dans le diocèse de Fréjus-Toulon (Var) dirigé par Mgr Dominique Rey.

    Confondre les deux affaires serait inepte, juger la seconde sur le fond aussi, aucune info n'ayant fuité. Mais comparer la France à l’Allemagne ne l’est pas. Les deux pays forment-ils le couple dont on parle tant ? Attachons-nous au seul catholicisme :

    D’un côté, Mgr Reinhard Marx, figure de proue du progressisme germanique, est maintenu et soutenu malgré lui par l’institution vaticane. De l’autre, Rome désavoue brutalement Mgr Rey, égérie du conservatisme français.

    Cette comparaison ne vaut que par la perception qu’elle suscite dans notre esprit : l’Église allemande, rebelle et subversive, est ménagée par le Vatican, tandis que le laboratoire de l’évangélisation, sorte de Californie du catholicisme en Europe, semble sanctionné. Ajouté au motu proprio restreignant la messe « en latin », une partie des ouailles françaises pense qu’on lui tape dessus, pendant que Rome chouchoute des schismatiques teutons.

    Parlons-en justement : Mgr Marx cautionne le fameux chemin synodal lancé en décembre 2019. Cette assemblée mi-cléricale mi-laïque rendit en février à Francfort une série de propositions visant à faire de l’Église un synode permanent aligné sur l’État de droit et les nouvelles mœurs. La réforme la plus médiatique porte sur la morale sexuelle. « L’un des deux documents dit "d’action" recommande au pape de procéder à une "précision et une réévaluation doctrinale de l’homosexualité" », observe le site suisse Cath-Info. « La sexualité vécue entre personnes de même sexe n’est pas un péché et, contrairement à ce qui figure dans le catéchisme, "ne doit pas être jugée comme intrinsèquement désordonnée" », est-il écrit.

    Ce chemin germanique diffère de celui emprunté par le catholicisme « latin ». La Suisse en est un bon exemple : la partie alémanique ne parle que d’inclusivité et de déconstruction. « On sort de la pièce mais il n’y a plus de pièce », résume le théologien helvétique Grégory Solari, joint par LSDJ. À l’inverse, la Suisse romande aspire à une foi plus ferme et plus missionnaire, sans esprit dialectique. « Ces catholiques-là, pourtant bienveillants à l’égard du synode, sont si refroidis par l’avant-gardisme alémanique qu’à tout prendre, ils préféreraient un retour à une église néo-tridentine », affirme Solari.

    Par leurs excès, les « Allemands » risquent-ils de torpiller la démarche synodale cadrée par le pape François dans sa lettre de juin 2019 ? Cette église installée dans le confort concordataire et culturellement protestante est plus perméable aux injonctions du monde. Le fédéralisme la prive aussi d’une forme de grandeur et de combativité institutionnelle. Si le catholicisme français s’appauvrit matériellement, sa capacité à résister et à mobiliser est plus forte qu’outre-Rhin.

    En tout cas, le 11 avril, quelque 74 cardinaux et évêques, majoritairement américains, signèrent une « lettre ouverte fraternelle » pour signifier leur « inquiétude croissante » devant le risque de schisme auquel l’Allemagne expose l’Église catholique.

    On attend la réponse du Saint-Siège aux vœux du chemin synodal allemand. Toute précipitation ne ferait que donner de l'écho à ses revendications. C’est aussi peut-être pour cette raison qu’il n’y a pas non plus de Marx déposé... . Pour ne pas créer un vide que le pape ne saurait remplir et qui accroîtrait le malaise.

    • Pour aller plus loin : Le pape opposera-t-il son veto au chemin synodal allemand ?

    >>> Lire sur Cath-Info

  • Ordinations interdites à Toulon : l'assourdissant silence romain

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    La Lettre de Paix liturgique : lettre 867 du 10 Juin 2022

    « CIRCULEZ : IL N'Y A RIEN À VOIR ! »
     
    LA ROME DE FRANÇOIS REFUSE DE S'EXPLIQUER À PROPOS DE MGR REY; SELON LE NONCE APOSTOLIQUE A PARIS LE CARDINAL MARC OUELLET EST DERRIERE LA TENTATIVE D'ELIMINATION DE L' EVEQUE DE TOULON

    La mesure prise par le cardinal Ouellet, Préfet de la Congrégation des Evêques à l’encontre de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, est proprement énorme : on interdit à un Successeur des Apôtres de procéder à l’ordination de sujets qu’il a appelés aux ordres. Inutile d’épiloguer sur le fond, car tout le monde comprend que cette mesure est idéologique : Mgr Rey n’est pas un bergoglien formaté.

    Mas la forme dictatoriale et secrète de cette amputation des pouvoirs d’un évêque par une simple communication orale à lui faite par un ministre du pape, laisse tout le monde stupéfait. Le journal La Croix lui-même, dans un article de son envoyé spécial à Rome, que nous rapportons ci-après, dit son étonnement démocratique devant l’absence totale de transparence, pour une mesure aussi considérable, absence de transparence devenue monnaie courante dans le gouvernement bergoglien.

    Ajoutons qu’il apparaît de plus en plus aux observateurs des choses vaticanes – ce confirmé par les confidences du nonce apostolique à certains de ses visiteurs –  que le cardinal Marc Ouellet (78 ans depuis le 8 juin) est à la manœuvre, comme on dit, depuis le début de cette affaire. Elle a été orchestrée comme ceci : lettre publique d’un prêtre de Fréjus-Toulon dénonçant la « traditionalisation » du séminaire diocésain, dont le préfet des études est le supérieur de la communauté des Missionnaires de la Miséricorde ; enquête préalable de la Congrégation du Clergé ; visite canonique confiée par cette Congrégation à Mgr Aveline, archevêque de Marseille, qui va recevoir bientôt la barrette cardinalice ; décisions prises secrètement par le cardinal Ouellet, dont la première est cette interdiction d’exercer le sacrement de l’ordre. En résumé : le cardinal canadien a décidé d’avoir la tête de l’évêque de Fréjus-Toulon avant de prendre sa retraite.

    « Synodalité ! Synodalité ! Synodalité ! », répète le pape ! « Synodalité ! Synodalité ! Synodalité ! », reprend le chœur des courtisans louangeurs ! Mais en réalité, l’Eglise vit sous le régime de la dictature la plus raide, où un chef de dicastère curial peut pratiquement licencier un Successeur des Apôtres, même pas comme un simple employé de maison, qui pourrait se défendre par une procédure, mais comme un permanent de parti dont on se débarrasse parce qu’il n’est pas dans la ligne. 

    https://www.la-croix.com/Religion/Diocese-Toulon-pourquoi-Vatican-choisi-silence-2022-06-07-1201218801

    Diocèse de Toulon : pourquoi le Vatican a choisi le silence

    Les services du Vatican se sont refusés à tout commentaire concernant l’interdiction faite à l’évêque de Fréjus-Toulon, pourtant énoncée par Rome, d’ordonner des prêtres et des diacres fin juin. Une stratégie du silence habituelle et profondément ancrée dans les usages de la Curie.

    Loup Besmond de Senneville, envoyé spécial permanent à Rome, 

    7/06/2022

    Aucun commentaire : c’est, en substance, la principale réponse faite par le Vatican quand on l’interroge, ces jours-ci, sur l’interdiction adressée à Mgr Dominique Rey, l’évêque de Fréjus-Toulon, d’ordonner quatre prêtres et six diacres, le 26 juin. Aucune réaction officielle n’a été transmise par Rome aux nombreux journalistes qui ont interrogé ces derniers jours les instances romaines, alors même que la décision a été prise par le préfet du dicastère pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet.

    Ici, les décisions disciplinaires, ainsi que les mouvements subits, ne s’expliquent pas : outre la décision prise à l’encontre de l’évêque français, ce fut le cas, ces derniers mois, pour une affaire touchant au renvoi d’une dominicaine du couvent de Pontcallec, mais aussi de la démission forcée de l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit. Jamais, dans ces trois cas, une explication claire et officielle n’a été donnée.

    Loin d’être lié aux cas particuliers, le choix du silence, fait par le Vatican lorsqu’il s’agit de décisions disciplinaires, est parfaitement assumé. « Il y a deux raisons à cela, explique un membre de la Curie, lui-même assez critique du manque de transparence. D’abord, la conviction que l’Église n’a pas à justifier ses décisions, parce qu’elle est souveraine et doit échapper aux pressions. Ensuite, il y a une non-maîtrise des techniques de communication. On ne sait pas bien comment faire. » La même source met aussi en avant « une incapacité d’assumer ses décisions ».

    « Un manque de courage »

    « Du coup, on laisse les autres construire un récit, les rumeurs courir. Il y a un manque de courage évident. Sans doute certains ne se rendent-ils pas compte des conséquences du silence », poursuit la même personne.

    « Moins tu parles, mieux tu te portes », a-t-on aussi coutume de dire aux nouveaux entrants au Vatican. Dans ce système fortement hiérarchisé, « celui qui parle et déplaît au pape a toujours peur de risquer sa tête », résume une source romaine. Qui avance aussi la volonté, très ancrée au Vatican, de ne pas salir la réputation d’un responsable d’Église. Ou tout du moins de ne pas l’accabler lorsqu’il a fait une erreur. Une forme de « prudence charitable » qui constitue un frein puissant à la culture de la transparence.

    Aucune vraie stratégie de communication

    Mais au-delà de ces raisons culturelles, certains avancent aussi un recours au silence plus directement lié à la pratique du pouvoir telle que l’exerce le pape. François gère en effet une partie de ses dossiers seul, sans nécessairement recourir aux services de la Curie, ou du moins en complétant les informations qui lui sont fournies par des canaux personnels.

    Résultat : certains estiment, au sein même de la Curie, qu’aucune vraie stratégie de communication n’est possible lorsqu’une affaire difficile survient. Et il n’est pas rare que le pape décide d’évoquer dans les colonnes d’un journal un sujet dont il avait interdit à ses services de parler : ce fut le cas récemment pour le contenu de la conversation entre le patriarche Kirill et lui, mais aussi, dans un tout autre domaine, de son vaccin.

    D’autres sources avancent aussi un mode de résolution des conflits propre au Vatican. Ainsi, conserver des procédures secrètes, c’est à la fois préserver l’honneur de la personne mise en cause, en attendant de trancher, mais aussi pouvoir aboutir à une résolution d’un problème sans qu’il soit mis sur la place publique. La publication de l’issue d’une décision, comme c’est le cas dans celle qui concerne Mgr Rey, correspond ainsi à un stade avancé de la procédure engagée par Rome contre un évêque. Et dans ce cas, selon nos informations, le communiqué publié par l’évêque a d’ailleurs été écrit en concertation avec le Vatican. Une manière, pour Rome, de demander au principal concerné de communiquer à sa place.

    https://www.la-croix.com/

  • Quand l'Europe se renie elle-même...

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  • Le Parlement Européen adopte une résolution dénonçant l'imminente décision de la Cour Suprême des Etats-Unis sur l'avortement

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    Un vote qui en dit long sur ce que sont devenues les "valeurs européennes"...

    De gènéthique.org :

    L’imminente décision de la Cour Suprême américaine sur l’avortement préoccupe le Parlement européen

    9 juin 2022

    Suite aux controverses autour de l’avortement aux Etats-Unis (cf. Etats-Unis : vers la fin du « droit à l’avortement » ?) et en attendant la décision de la Cour Suprême sur l’arrêt Roe Vs Wade de 1973 (cf. Avortement : l’arrêt Roe v/ Wade controversé), le Parlement européen a convoqué un débat. La plénière du 8 juin 2022 a été l’occasion de discussions sur les « Menaces Contre le Droit à l’Avortement dans le Monde : l’éventuelle remise en cause du droit à l’avortement aux États-Unis par la Cour suprême »(cf. Avortement aux Etats-Unis : la COMECE dénonce l’« ingérence inacceptable » de l’Europe).

    La nouvelle ministre française à l’égalité femmes-hommes, Isabelle Rome, a rappelé le projet de la Présidence Française de l’UE en matière de droit des femmes : développer l’accès à l’avortement et l’inscrire comme “droit” dans la Charte des droits fondamentaux, à l’instar de ce qu’avait annoncé Emmanuel Macon le 19 janvier 2022 (cf. PFUE : l’avortement, une “valeur” de l’Europe ?). La Commission européenne a renchéri en apportant son soutien aux droits des femmes à avoir accès aux “soins reproductifs et sexuels” partout dans le monde, conformément aux partenariats bilatéraux de l’UE.

    L’adoption d’une résolution

    Le député Predrag Fred Matic (S&D, cf. Le Parlement européen adopte le rapport Matic) et 30 autres parlementaires ont déposé un projet de résolution qui abonde dans le sens du Conseil et de la Commission. Cette résolution vise notamment à soutenir le gouvernement Biden aux Etats-Unis dans sa promotion de l’avortement. Elle invite aussi « l’UE et ses Etats membres à inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne » (Point numéro 24 de la résolution). Elle « demande instamment à la Commission de faire pleinement usage de ses compétences en matière de politique de santé ainsi que d’aider les Etats membres à garantir l’accès universel à la santé et aux droits sexuels et génésiques dans le cadre du programme “L’UE pour la santé” pour la période 2021-2027 » (Point 31 de la résolution).

    Les députés européens de Renew (centristes), S&D (Gauche) et The Left (extrême gauche) s’y sont montrés favorables. Le groupe PPE (droite) était divisé. Quant aux députés conservateurs (ECR et ID), ils ont remis en question l’ingérence des institutions européennes dans cette décision de la Cour suprême américaine. Ils ont rappelé que l’enjeu de l’avortement est une compétence exclusive de chaque Etat membre. Ainsi, l’UE a encore moins de légitimité pour s’immiscer dans les affaires des Etats-Unis.

    Les intentions de vote se sont concrétisées ce jeudi 9 juin par l’adoption de la résolution, avec 364 voix pour, 154 voix contre et 37 abstentions.

    Si une résolution n’a pas de force contraignante mais uniquement une influence politique, ces évènements récents démontrent que la ligne idéologique de certains responsables politiques de l’UE contribue à l’émergence institutionnelle d’un « droit fondamental à l’avortement ».