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Ethique - Page 122

  • Californie : un projet de loi autorisant l'infanticide

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Californie : un projet de loi qui autorise l’infanticide

    5 avril 2022

    En Californie, un projet de loi [1] soumis à l’Assemblée vise à modifier ou abroger « plusieurs sections du Code de la santé et de la sécurité ». Il stipule qu’une personne [2] ne pourra pas être « soumise à une responsabilité ou à une sanction civile ou pénale, ou privée de ses droits d’une autre façon, en raison de ses actions ou omissions concernant la grossesse ou l’issue réelle, potentielle ou présumée de la grossesse, y compris une fausse couche, une mortinaissance ou un avortement, ou un décès périnatal ».

    La période « périnatale » s’étend approximativement de 28 semaines de grossesse, à 1 à 4 semaines après la naissance. Cette définition peut varier en fonction des Etats mais inclut nécessairement une période postérieure à la naissance. Actuellement, les médecins légistes sont tenus d’« enquêter sur certains avortements et pertes de grossesse ».

    Un projet de loi a également été déposé au parlement du Maryland « qui pourrait légaliser l’avortement jusqu’à 28 jours après la naissance d’un bébé ».

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    [1] Projet de loi 2223 de l’Assemblée. Il est présenté par Buffy Wicks et co-signé par Kevin Mullin.

    [2] Il s’agit d’un terme qui ne se limite pas à la femme enceinte

    Source : American Center for Law and Justice, Olivia Summers (28/03/2022)

  • Dans son rêve de fraternité, François oublierait-il le péché originel ?

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo

    Dans son rêve de fraternité, François oublie le péché originel

    EvaAdamo

    (s.m.) Reçu et publié. L'auteur de la lettre, Antonio Caragliu, est avocat au barreau de Trieste et membre de l'Union italienne des juristes catholiques.

    *

    Cher Magister,

    Je pense que les oscillations de jugement et les contradictions du pape François sur le sujet de la guerre remontent essentiellement à son redimensionnement du péché originel.

    Comme l'a vivement souligné Pietro De Marco dans son article paru dans Settimo Cielo il y a quelques jours, il verse dans l'utopisme typique du socialisme humanitaire, qui se fonde sur l'évitement plus ou moins conscient du péché originel. D'où son appel à une fraternité chrétiennement équivoque (Caïn et Abel n'étaient-ils pas frères ?). D'où sa dénonciation de la production et du trafic d'armes comme cause ultime et déterminante des guerres (une affirmation qui, entre autres, contredit le Catéchisme de l'Église catholique au paragraphe 2316).

    Le fait est que Jorge Mario Bergoglio est le fils spirituel de ce "marxisme du cœur" bien représenté par le personnage de Don Benedetto dans le roman d'Ignazio Silone "Le pain et le vin" (1936). Pour Don Benedetto, le christianisme et le marxisme ont le même objectif, à savoir transformer la société actuelle, haineuse et corrompue, afin que "la vérité et la fraternité règnent au lieu de la haine et de la tromperie ; le travail vivant règne au lieu de l'argent".

    En définitive, les oscillations et les incertitudes qui entourent la doctrine de la guerre juste sont le produit d'une anthropologie chrétienne incertaine. Cela semble être apparu avec une clarté particulière dans la célèbre interview du pape avec Fabio Fazio. Partout où la référence au mystère du péché originel aurait pu éclairer le discours (par exemple, dans l'examen du passage de la création de l'homme au fratricide de Caïn et Abel, ou dans l'examen de la souffrance innocente des enfants) Bergoglio est resté silencieux : il ne l'a même pas mentionné.

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  • L'Idaho interdit l'avortement lorsque le rythme cardiaque de l'enfant à naître est détecté

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    De kath.net/news :

    L'Idaho interdit l'avortement lorsque le rythme cardiaque est détecté

    3 avril 2022

    Comme au Texas, l'application de la loi est entre les mains de particuliers.

    Avec la signature du gouverneur Brad Little, une loi a été adoptée dans l'État américain de l'Idaho qui interdit les avortements dès que le rythme cardiaque de l'enfant à naître peut être détecté. Comme dans l'État du Texas, les individus peuvent être poursuivis si les avortements sont pratiqués plus tard dans la grossesse. La loi entrera en vigueur en avril.

    Les options d'action en justice sont plus limitées dans l'Idaho qu'au Texas. Au Texas, n'importe qui peut intenter une action en justice contre les personnes et les institutions qui ont participé ou aidé à l'avortement. Dans l'Idaho, seule la femme qui s'est fait avorter et qui peut le regretter plus tard peut poursuivre sa famille et le père de l'enfant. Un procès ne peut être intenté que contre le médecin avorteur. Les autorités ne peuvent pas prendre de mesures contre l'avortement au Texas ou en Idaho. Ce mécanisme est la raison pour laquelle les tribunaux n'ont pas encore annulé l'interdiction de l'avortement au Texas.

    La direction de Planned Parenthood dans l'Idaho a déjà annoncé qu'elle ne pratiquerait plus d'avortements sur les bébés si le rythme cardiaque peut être détecté. Planned Parenthood exploite trois des quatre cliniques d'avortement de l'Idaho. La perte financière potentielle est tout simplement trop importante, a déclaré un médecin de l'avortement de Planned Parenthood à l' Idaho Statesman. Il s'attend à ce que le nombre d'avortements chute de plus de moitié, comme ce qui s'est passé au Texas.

  • Guerre, avortement, migrants : Malte plutôt froide pour le pape

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    De Nico Spuntoni sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Guerre, avortement, migrants : Malte plutôt froide pour le pape

    4-04-2022

    La visite apostolique de François à Malte s'est achevée, marquée par l'absence de la présidente du Parlement européen, la Maltaise Metsola, par les débarquements interdits au moment où il parlait d'accueillir les gens, par le voyage à Kiev "malvenu" à Moscou et par un message anti-avortement.

    Hier s'est achevée une visite apostolique dont le mot d'ordre était "accueil", même si Malte aurait peut-être pu faire un plus grand effort pour accueillir le troisième Pape à poser le pied sur l'île. Samedi, en effet, dans les mêmes heures où Bergoglio rappelait aux Maltais qu'ils se trouvent dans "une position géographique cruciale, donnant sur la Méditerranée comme pôle d'attraction et lieu de salut pour tant de personnes ballottées par les tempêtes de la vie qui, pour différentes raisons, arrivent sur vos côtes", les autorités de La Valette ont refusé le débarquement à 106 migrants à bord du Sea Eye 4, qui s'est ensuite dirigé vers les côtes siciliennes.

    L'absence de la présidente du Parlement européen, la catholique maltaise Roberta Metsola, est également à noter. Dans les mêmes heures où le pape lançait un appel à l'UE parce que "certains pays ne peuvent pas assumer tout le problème dans l'indifférence des autres", depuis son pays natal, Malte, la représentante populaire qui a succédé à David Sassoli était de retour après le succès international de son étape à Kiev, qui a même quelque peu éclipsé l'événement papal de deux jours.

    Et en parlant du conflit en cours, dans le vol qui l'a conduit à l'aéroport de Luqa, François a expliqué que l'idée de son voyage dans la capitale ukrainienne est "sur la table". C'est un coup de théâtre si l'on considère qu'il y a quelques jours seulement, le jésuite Michael Czerny, l'un des deux cardinaux envoyés à la frontière polonaise en signe de solidarité de l'Église catholique avec le peuple ukrainien, avait rejeté l'hypothèse, affirmant que "le pape ne fait pas de parades" et qu'"avant de faire des gestes spectaculaires, nous devons œuvrer pour un cessez-le-feu immédiat".  

    Dans une interview accordée à Giovanni Panettiere du Quotidiano Nazionale, le préfet intérimaire du Dicastère pour le service du développement humain intégral avait également déclaré que le Pape "ne se déplace pas en se faisant tirer la soutane par l'un ou l'autre".

    L'invitation à visiter Kiev avait été remise à Santa Marta par le maire Vitalij Klyčko, l'ambassadeur extraordinaire d'Ukraine auprès du Saint-Siège Andriy Yurash et le président Volodymyr Zelenskyj. Toutefois, un tel scénario pourrait ne pas plaire à Moscou s'il est vrai, comme le rapporte Massimo Franco de Corsera qui fait autorité, que les autorités russes ont informé la Secrétairerie d'État qu'elles sont prêtes à considérer un éventuel voyage du pape dans la capitale ukrainienne comme "une faveur pour les États-Unis". Il est difficile d'imaginer que François puisse atterrir à Kiev sans annuler en même temps la rencontre - toujours considérée comme probable - avec le patriarche de Moscou, Kirill. Compte tenu de l'importance des équilibres œcuméniques en jeu, il est permis d'imaginer que pour voir le Pape en Ukraine, il faudra d'abord surmonter l'opposition des dirigeants de l'Eglise orthodoxe russe. 

    La guerre n'a pas été le seul sujet au centre de la visite papale de deux jours : la question des migrants, qui figurait déjà en bonne place dans l'ordre du jour avant le départ, a pris une importance dramatique avec la nouvelle de la mort en mer Méditerranée de plus de 90 migrants partis de Libye. François a prié pour eux hier au centre "John XXIII Peace Lab" à Hal Far et a exprimé l'espoir que les migrants "deviendront des témoins des valeurs humaines essentielles pour une vie digne et fraternelle (...) une fois que la blessure du déchirement, du déracinement, sera guérie". S'adressant aux migrants présents dans le centre maltais, le pape a comparé leur expérience à celle des réfugiés ukrainiens vivant une guerre qu'il a qualifiée d'"injuste et sauvage".

    Dans l'un des derniers pays qui n'a pas dépénalisé l'avortement, le Souverain Pontife a défendu cette législation, encourageant les Maltais à "continuer à défendre la vie depuis son commencement jusqu'à sa fin naturelle", les invitant toutefois à "la sauvegarder également à tout moment du rejet et de la négligence". Cela implique donc de préserver la "dignité des travailleurs, des personnes âgées et des malades" et de protéger les jeunes des "mirages qui laissent tant de vide à l'intérieur" : c'est-à-dire, selon François, "le consumérisme exaspéré, la fermeture aux besoins des autres et le fléau des drogues, qui étouffent la liberté en créant la dépendance". 

    Les politiciens maltais se souviendront-ils du message pro-vie du pape ? L'année dernière, un député indépendant a déposé un projet de loi visant à dépénaliser l'avortement. L'opposition nationaliste est clairement contre, la majorité travailliste aussi, mais avec plus de nuances, tandis que le président de la République George William Vella a déjà annoncé qu'il ne signerait jamais une telle mesure, et qu'il préfèrerait démissionner. 

    Lire aussi : https://www.kath.net/news/78036

  • Le Cardinal Marx et la mort de la loi morale naturelle

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    De Stefano Fontana sur le site de l'Observatoire International Cardinal Van Thuan sur la Doctrine Sociale de l'Eglise :

    Le Cardinal Marx et la mort de la loi morale naturelle

    Les déclarations du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et principal conseiller de François, sur l'homosexualité dans l'interview du 30 mars dernier [pour un compte rendu exhaustif, voir ici], les actions de tant de personnes dans la hiérarchie ecclésiale qui, ces derniers temps et en particulier ces jours-ci, ont poussé à un changement majeur de la doctrine en la matière, et les silences de ceux qui pourraient au contraire apporter des éclaircissements, nous laissent tristement stupéfaits. Essayons de considérer brièvement l'énorme bouleversement que la ligne Hollerich-Bätzing-Becquart-Marx sur les relations homosexuelles produirait - mais produit déjà en fait - dans l'Église, la transformant en quelque chose d'autre.

    La première chose à remarquer dans les déclarations de Marx est l'absence de toute référence à la loi naturelle (morale) et, par conséquent, aux commandements. Une élimination évidente - pourrait-on dire - si l'on veut légitimer la pratique homosexuelle, et rien de nouveau étant donné que depuis des décennies la théologie se débat avec la loi naturelle, dont le Magistère Pétrinien, jusqu'à Benoît XVI, a toujours clairement confirmé la doctrine. Nier la loi morale naturelle signifie corrompre irrémédiablement la relation entre la raison et la foi. La première a sa propre autonomie de recherche qui concerne aussi les lois morales et que la foi n'annule pas, mais confirme et perfectionne. Si un cardinal n'admet pas la loi morale naturelle, il montre qu'il est un protestant et non un catholique, car il sépare la raison et la foi. Si cela se produit dans le domaine moral, cela se produit également dans tous les autres domaines, de sorte que la raison empruntera ses propres voies multiples tandis que la foi en empruntera d'autres. Mais à ce stade, la théologie catholique est terminée, à commencer par la "théologie fondamentale", qui concerne la relation entre la foi et la raison.

    La négation de la loi morale naturelle et des commandements produit alors la séparation entre Dieu le Créateur et Dieu le Sauveur, ainsi qu'entre l'Ancien Testament et le Nouveau Testament. Les origines gnostiques, manichéennes, catharistes, etc. de cette approche sont évidentes. En niant la loi naturelle, le cardinal Marx devient un adepte de Marcion et voit dans la nature non pas un bien déjà orienté vers le salut, mais un mal à effacer sans le corriger. L'inclusivité devient ainsi le voile à poser sur la nature pour la cacher sans la racheter. L'Église a toujours enseigné que la nouvelle loi de l'Évangile ne supprime pas l'ancienne loi. On ne peut penser être agréable à Dieu si on se livre à des pratiques contre nature, si on tue des innocents par l'avortement, si on trahit le sacrement du mariage par l'adultère. Dans ce cas, le repentir lui-même devient inutile et n'est plus requis si l'inclusion obligatoire l'empêche à la racine. L'ancienne loi du Pentateuque contenait la loi naturelle (comme les commandements), les normes cultuelles et les dispositions légales. Après la résurrection du Christ, les règles cultuelles sont définitivement dépassées, même les règles juridiques ne sont plus nécessaires puisqu'elles n'appartiennent qu'à Israël, seules les règles naturelles demeurent et doivent être confirmées dans la nouvelle loi. De plus, ils sont aussi l'objet de la Révélation, étant donné ce qui s'est passé au Sinaï. La structure entière de la relation entre la Nouvelle Loi et l'Ancienne Loi est subvertie par la position Hollerich-Bätzing-Becquart-Marx.

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  • Russie-Ukraine : aux sources du conflit

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    Le 24 février dernier, la Russie a lancé une grande offensive sur l’Ukraine. Une surprise pour beaucoup d’observateurs. Alexandre Del Valle, géopolitologue, avait alerté sur ce risque dans son dernier livre, La Mondialisation dangereuse (L’Artilleur, 2021). Il répond ici, dans une synthèse claire et précise, aux questions d’Odon de Cacqueray  le 22 mars 2022 dans l’ International , sur le site web du périodique « L’Homme Nouveau »

    Les rapprochements de l’Ukraine avec l’Otan et l’Union européenne constituaient-ils réellement un danger pour la Russie ?

    Il n’est pas certain que ce rapprochement soit une menace existentielle pour la Russie. mais pour le « système Pou­tine » au pouvoir, certainement. Beaucoup disent que c’est un prétexte, car Poutine voit dans ­l’occidentalisation-otanisation de l’Ukraine une plate-forme de projection de puissance américaine et démocratique-libérale qui menace existentiellement son pouvoir, avec le « syndrome des révolutions de couleur », qu’il ne veut pas voir se reproduire en Russie et qui causerait sa perte. Cependant, comme le rappelle l’école française de géopolitique d’Yves Lacoste, ce qui compte ce n’est pas uniquement le réel : c’est la représentation. Or, pour le pouvoir russe, en dehors même de Poutine, bien avant son accession au pouvoir, il y a une ligne très claire selon laquelle ces rapprochements sont des casus belli. Une constante rappelée depuis les années 1997-2000. Hélas, cette vision, également chère aux généraux et stratèges russes, n’a jamais été assez prise au sérieux en Occident.

    Quelle différence entre le conflit actuel et la crise de Crimée ?

    Le problème du Donbass est beaucoup plus difficile à régler. Le territoire est très différent, ce n’est pas une presqu’île comme la Crimée. Il y a une concentration de bataillons d’extrême droite néo-nazis (le bataillon Azov par exemple) qui depuis des années tuent là-bas des russophones malgré le fait qu’ils n’ont pas voulu ou obtenu, comme en Crimée, un rattachement immédiat à la Russie. En Russie, le meurtre de ces habitants du Donbass par l’armée ukrainienne et le groupe Azov a été monté en épingle par le clan Poutine et les plus radicaux comme un casus belli, d’où la grossière désinformation de la « dénazification » promise par Poutine, qui repose sur le fait que les néo-nazis d’Azov sont issus de partis néo-nazis qui ont fait l’Euromaïdan en 2014. Ces soldats sont beaucoup plus durs sous le président Zelensky, qui a souhaité reprendre le Donbass par la force, que sous l’ancien président Porochenko. Élu, Zelensky a porté une volonté de rupture totale avec la Russie, en complexifiant les négociations et en laissant les milices les plus violentes harceler le Donbass afin de reprendre le territoire. Du point de vue du droit international, l’armée ukrainienne a le droit de chercher à reprendre une région sécessionniste. Malheureusement il n’y a pas que le droit, il y a aussi les rapports de forces. Les Russes avaient averti qu’en cas de non-respect des accords de Minsk, ils iraient au « secours de leurs frères ». Les Ukrainiens reprochent aux sécessionnistes d’avoir violé les accords et les Russes font les mêmes reproches aux Ukrainiens. En parallèle, Zelensky ne s’est pas caché de vouloir adhérer à l’Otan et a même parlé de devenir un jour une puissance nucléaire. Les Russes ont demandé aux Occidentaux une redéfinition des rapports sécuritaires en Europe avec notamment le retrait de missiles de plusieurs pays. Des demandes trop ambitieuses et inaccessibles pour les Occidentaux. Nous sommes donc arrivés à un point de non-retour et au déclenchement de cette guerre.

    Au regard des différends séparatistes, existe-t-il une identité ukrainienne distincte de l’identité russe ?

    Oui, il existe une identité ukrainienne, spécialement dans l’ouest du pays. La langue jouit d’une grande importance avec encore une majorité de russophones. Mais il est possible d’être russophone et plutôt pro-ukrainien. Poutine a sous-estimé le fait que même s’il y a une part importante d’Ukrainiens russifiés (russophones), la majorité des Ukrainiens n’est pas nécessairement prorusse. Il est resté dans un monde où, longtemps, l’Ukraine a fait partie de l’Empire russe, avant d’en être séparée en 1922 par Lénine. Poutine ne veut pas admettre qu’une identité puisse changer. Depuis 2004, les révolutions successives et les conflits ont renforcé l’identité ukrainienne contre l’identité russe. Para­doxalement, Poutine a accéléré la naissance d’une identité ukrainienne plus large, jadis cantonnée à l’est, et maintenant générale, à part le Donbass et la Crimée.

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  • L'approche extrémiste et biaisée de l’OMS sur l'avortement

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    Du site d'Alliance Vita :

    Avortement : approche extrémiste et biaisée de l’OMS

    L’organisme entend par ce guide des soins d’avortement (abortion care guidelines) présenter les meilleures pratiques et propositions pour des « soins d’avortement de qualité ».

    Les premières publications ont démarré en 2003. Progressivement l’OMS s’est faite plus extrémiste dans ses propositions sans évoquer les enjeux d’une véritable politique de prévention.

    Abordant la question sous le vocable d’« avortement sécurisé », l’OMS plaide pour de moindres restrictions de cette pratique en supprimant « les obstacles » à l’avortement qui, d’après cette instance, ne seraient pas justifiés d’un point de vue médical. Outre le développement des téléconsultations, l’organisme recommande de lever les peines liées au non-respect de la loi nationale, de supprimer les délais de réflexion entre les consultations ainsi que l’autorisation parentale pour les mineures ou d’un tiers.

    L’OMS va jusqu’à recommander la suppression de tout délai pendant les 9 mois de la grossesse.

    Il est pour le moins inquiétant que l’OMS se détache de toute éthique quant à la vie humaine avant la naissance et plaide pour des avortements sans limite de temps. Une tentative de quelques députés en France d’étendre l’avortement sans délai pour des « raisons psychosociales » lors de l’examen de la loi bioéthique en 2020  avait provoqué un électrochoc chez des personnes de tous bords. Elles étaient choquées à l’idée de ces avortements tardifs de fœtus, proposés pour des femmes confrontées à une situation de vulnérabilité ou de précarité.

    Pour justifier ses recommandations, l’OMS présente des chiffres sujets à caution. Ils font l’objet d’une note d’analyse publiée par Alliance VITA.

    En effet l’organisme affirme que 39 000 décès de femmes consécutifs à un avortement « non sécurisé » ont lieu chaque année. Compte tenu de la difficulté de comptabilisation de la mortalité maternelle liée à l’avortement, ce chiffre est le résultat d’une estimation d’un modèle statistique (qui s’appuie sur une publication du Lancet de 2014) : il donne des plages de variation entre 14 000 et 39 000 décès par an. Le chiffre retenu par l’OMS est le haut de la plage de variation.  Pis, en regardant derrière chiffres, on découvre que la catégorie « décès de la mère par avortement » inclut non seulement les IVG (induced abortion) mais aussi les fausses couches (miscarriage) et grossesses extra-utérine (ectopic pregnancy).

    L’OMS entame sa crédibilité en publiant des recommandations radicales fondées sur des données qui ne s’avèrent pas fiables. D’autre part, si l’objectif de veiller à la santé des femmes est primordiale, qui plus est lorsque leurs vies sont en jeu, aucune donnée n’est fournie sur les causes et les conséquences psychologiques et sociales de l’avortement, éléments cruciaux de compréhension qui pourraient objectivement aider à éviter cette pratique.

  • LGBTQI : le cardinal Marx mène l’assaut final contre le catéchisme

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    De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana (traduction de "Benoît et moi") :

    LGBTQ, le cardinal Marx mène l’assaut final contre le catéchisme

    2 avril 2022

    Attaque coordonnée pour changer le catéchisme sur l’homosexualité, et le théâtre choisi pour la bataille est le synode sur la synodalité. Dans une longue interview, le cardinal Marx défend ouvertement la nécessité de réviser la doctrine pour légitimer les actes homosexuels, tandis que demain, 3 avril, Sœur Nathalie Becquart, sous-secrétaire du Synode, s’adressera directement à un groupe LGBTQ américain pour le légitimer.

    « Love is love/L’amour, c’est l’amour », a déclaré en juin 2015 le président américain de l’époque, Barack Obama, après que la Cour suprême ait donné son feu vert à la reconnaissance du mariage homosexuel. Et « l’amour est l’amour » répète maintenant le cardinal allemand Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising, pour faire avancer l’agenda LGBTQ dans l’Église. Dans le sillage des demandes qui ont déjà clairement émergé lors du chemin synodal allemand, le cardinal Marx a même décidé de sortir de l’impasse et de réclamer haut et fort un changement du catéchisme sur le thème de l’homosexualité.

    Il l’a fait dans une interview publiée par l’hebdomadaire libéral Stern le 30 mars, dans laquelle il a déclaré que le catéchisme « n’est pas gravé dans le marbre » et qu' »il est légitime d’avoir des doutes sur son contenu ». Marx parle d’une « éthique inclusive », fondée sur « le respect de l’autre », tandis que « la valeur de l’amour se manifeste dans la relation : en ne réduisant pas l’autre personne à un objet, en ne l’utilisant pas ou en ne l’humiliant pas, en étant fidèle et dépendant l’un de l’autre ». Marx, visiblement pressé par les questions du journaliste, poursuit en affirmant que « l’homosexualité n’est pas un péché. Et c’est un comportement chrétien lorsque deux personnes, quel que soit leur sexe, se défendent mutuellement, dans la joie et dans la douleur ».

    En bref, ce que le cardinal Marx entend affirmer, c’est « la primauté de l’amour, surtout dans les rencontres sexuelles ». Et l’archevêque de Munich semble être pressé :

    Ces dernières années, je me sens de plus en plus libre de dire ce que je pense, et je veux que l’enseignement de l’Église progresse. L’Église change aussi, en même temps que le monde : les personnes LGBTQ font partie de la création et sont aimées de Dieu, et nous sommes mis au défi de lutter contre la discrimination.

    Enfin, le cardinal Marx a également avoué avoir béni un couple homosexuel par le passé :

    Il y a quelques années, à Los Angeles, après une célébration au cours de laquelle j’ai prêché sur l’unité et la diversité, deux personnes se sont approchées de moi et m’ont demandé une bénédiction. Et je l’ai donné. Après tout, ce n’était pas un mariage.

    L’interview de Stern ne tombe pas du ciel. Non seulement elle a été précédée par les thèses similaires de la voie synodale allemande et les déclarations du président de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Georg Bätzing, qui a demandé que le « sexe libre » soit reconnu dans le catéchisme, mais Marx lui-même avait déjà jeté le gant en célébrant 20 ans de pastorale Queer à Munich par une messe au début du mois de mars. Évidemment avec un drapeau arc-en-ciel devant l’autel et une homélie louant une « Église inclusive ». La valeur de ce geste n’ayant toutefois pas été relancée de manière adéquate et universelle, Marx a réessayé avec une interview qu’il est impossible de passer sous silence.

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  • Le Kentucky pose de nouvelles limites à la pratique de l'avortement

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Avortement : le Kentucky pose de nouvelles limites

    31 mars 2022

    Mardi 29 mars, le Sénat du Kentucky a voté un projet de loi interdisant l’avortement après 15 semaines de grossesse. Même si le gouverneur démocrate du Kentucky, Andy Beshear, opposait son veto à la loi, « la supermajorité républicaine du Sénat » pourrait passer outre.

    Différents Etats ont adopté des textes similaires la semaine dernière (cf. Etats-Unis : Etats et entreprises s’engagent dans la bataille de l’avortement). Des législations qui pourraient être confirmées par la décision de la Cour suprême dans l’affaire Dobbs vs. Jackson, attendue en juin (cf. Des activistes pro-avortement / experts indépendants de l’ONU interviennent à la Cour suprême des États-Unis).

    Un amendement au projet de loi sur l’avortement médicamenteux

    Le projet de loi du Kentucky concernait initialement la dispensation des produits abortifs. Le Sénat y a ajouté un amendement afin d’interdire l’avortement au-delà de 15 semaines de grossesse [1]. Une disposition approuvée par la Chambre.

    En ce qui concerne l’avortement médicamenteux, le projet de loi exige que les prestataires soient certifiés. Les femmes souhaitant y recourir devront se rendre chez un médecin, les téléconsultations étant interdites dans ce cadre.

    Le texte impose également la délivrance d’un « certificat de naissance, de décès ou de mortinaissance » pour chaque avortement. Et les fœtus avortés devront être incinérés ou enterrés.

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    [1] Actuellement, dans le Kentucky, l’avortement est interdit au-delà de 20 semaines de grossesse

    Source : Aleteia, John Burger (30/03/2022)

  • Un nombre record d'euthanasies déclarées en Belgique a été atteint en 2021

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique (L. Vanbellingen) :

    ALERTE INFO - Nombre record d'euthanasies déclarées en Belgique en 2021

    31/03/2022

    Ce jeudi 31 mars, la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie en Belgique a communiqué les chiffres relatifs aux euthanasies déclarées durant l'année 2021.

    Le nombre d'euthanasies officiellement pratiquées l'année dernière a ainsi atteint un nouveau record : 2699 euthanasies ont été déclarées à la commission en 2021, chiffre jamais atteint jusqu'alors.

    Alors que l'année 2020 avait été marquée par une baisse inédite des cas (en raison du contexte sanitaire, voy. news IEB), cette parenthèse semble refermée avec la reprise de la hausse constante des euthanasies.

    À ces euthanasies officiellement déclarées à la Commission, les études scientifiques estiment qu'il convient d'intégrer environ 25 à 35% d'euthanasies non déclarées (et donc illégales).

    Si la proportion majoritaire des euthanasies déclarées concerne des personnes âgées, notons que près d'un tiers (32,2 %) des personnes officiellement décédées par euthanasie étaient âgées de moins de soixante ans.

    On compte également une hausse importante de la part d'euthanasies pratiquées à domicile, qui confirme la tendance observée l'année dernière. Cette hausse s'explique notamment par la restriction des visites aux patients hospitalisés, les hôpitaux enregistrant ainsi un nombre d'euthanasies proportionnellement moins élevé.

    Les chiffres 2021 confirment également la part substantielle d'euthanasies pratiquées en raison de polypathologies. Celles-ci représentent près d'une euthanasie déclarée sur cinq, soit le deuxième type d'affection mentionné, après le cancer. Comme l'indique la Commission, les polypathologies désignent « une combinaison de la souffrance provoquée par plusieurs affections chroniques qui évoluent vers un stade final ». En pratique, ces affections peuvent notamment consister en la baisse de la vue ou de l'audition, la polyarthrite ou l'incontinence. La Commission précise toutefois qu'elle n'est pas en mesure de vérifier la réalité des pathologies mentionnées dans la déclaration du médecin.

    Enfin, pour près de 20% des euthanasies déclarées en 2021, le patient était atteint de souffrances psychiques, pour la plupart conjuguées à des souffrances physiques.

    Ce critère lié à la souffrance ne doit pas être confondu avec le critère relatif aux affections psychiques. Dans ce cas, sont visées les affections psychiatriques (comme les troubles de la personnalité ou la dépression) et les troubles cognitifs (comme la maladie d'Alzheimer), dont étaient atteints cinquante personnes décédées par euthanasie en 2021.

     

    Notons qu'une analyse plus détaillée des tendances relatives aux euthanasies déclarées en Belgique sera publiée dans les prochaines semaines par la Commission fédérale, concernant les années 2020 et 2021.

  • Chez Disney, le militantisme LGBTQ2SAI+ s'invite à tous les étages

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Dingo chez Disney : militantisme pro-LGBTQ2SAI+ à tous les étages ?

    30 mars 2022

    La présidente de Disney veut un quota de 50 % de personnages LGBT et issus des minorités raciales

    Un journaliste du magazine City Journal s’est procuré une vidéo réservée aux travailleurs de Disney dans laquelle la présidente du groupe, Karey Burke, indique qu’elle souhaite plus de personnages LGBTQ+, notamment dans les rôles principaux de ses productions.

    « On ne se permet pas de retourner en arrière. » C’est ce qu’a assuré la présidente de Disney, Karey Burke. Cette cadre dirigeante du groupe a pris la parole dans une vidéo interne à Disney, que s’est procuré le journaliste du magazine City Journal, Christopher F. Rufo. Il a publié un extrait sur son compte Twitter, mardi 29 mars, affirmant que Karey Burke voudrait « un quota minimum de 50 % de personnages LGBTQ+ et issus des minorités raciales ». La présidente de Disney a en tout cas déclaré dans l’extrait vidéo : « En tant que mère de deux enfants queer, un transgenre et un pansexuel (…) je me sens responsable de parler pour eux. » Si elle s’est réjouie de voir que Disney a déjà « beaucoup » de personnages représentant la communauté LGBTQ+, Karey Burke aimerait davantage de personnages principaux de la même sorte.

    Disney s’engage à abroger une loi

    En Floride, un nouveau texte de loi a été adopté au début du mois de mars. Cette loi nommée « Don’t Say Gay » – « ne parlez pas des gays » – compte interdire l’enseignement sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans les écoles publiques. Mais Disney ne l’entend pas de cette oreille. L’entreprise a un poids considérable en Floride, notamment grâce à ses parcs d’attractions situés à Orlando. Disney s’est récemment engagé à faire abroger la loi. « Nous sommes déterminés à défendre les droits et la sécurité des membres LGBTQ+ de la famille Disney, ainsi que de la communauté LGBTQ+ en Floride et dans tout le pays », avait annoncé Disney le 11 mars dernier, comme le relaie La Libre

    Disney a réagi ouvertement contre la House Bill 1557 en Floride pour interdire de parler de sexualité a l’ecole,la présidente de Disney annonce qu’elle souhaite 50% min de personnages LGBT et min raciales. La guerre culturelle bat son plein et l’enfance est son champ de bataille. https://t.co/5HF43tiWyl

    — Eugénie Bastié (@EugenieBastie) March 30, 2022
    Lire également : DISNEY WOKE : DINGO TENTE UN PUTSCH AU ROYAUME ENCHANTÉ DE MICKEY
  • Quand l'Organisation mondiale de la santé (OMS) veut imposer l'avortement illimité à tous les pays du monde

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    De Luca Volontè sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Avortement jusqu'à la naissance, la folle demande de l'OMS

    30-03-2022

    Dans ses nouvelles directives, l'Organisation mondiale de la santé demande aux pays membres d'abroger les lois anti-avortement qui fixent des "limites gestationnelles" et qui violeraient les droits des "femmes, des jeunes filles ou d'autres personnes enceintes" (sic !). L'OMS s'attaque également à l'objection de conscience. Les groupes d'avortement se réjouissent. Mais la compétence en la matière revient toujours aux États.

    Il n'y a plus de doute : l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se consacre désormais massivement à tenter d'imposer l'avortement illimité à tous les pays du monde.

    Les nouvelles lignes directrices publiées par l'organisation des Nations unies basée à Genève, qui est largement contrôlée et conditionnée par le financement des multinationales pharmaceutiques et des fondations "philanthropiques" des célébrités habituelles, appellent les pays membres à légaliser l'avortement sans aucune limite de durée de gestation. Le titre lui-même fait frémir : "Abortion care guideline", l'avortement camouflé linguistiquement comme un remède pour les femmes, où le meurtre de l'enfant serait le seul moyen de "soins" pour les femmes enceintes. Ces derniers jours, le Daily Mail anglais a fait une analyse objective des directives publiées par l'OMS le 9 mars. Mais de l'autre côté de l'Atlantique, des voix se sont élevées pour exprimer un profond désaccord, tant sur la méthode utilisée pour rédiger le texte que sur son contenu inacceptable et indéfendable.

    Les nouvelles lignes directrices indiquent que les lois empêchant l'avortement à n'importe quel stade de la grossesse risquent de violer les droits des "femmes, des jeunes filles ou des autres personnes enceintes". Notez le langage de déférence à l'idéologie transgenre et l'interdiction du mot "mère". Le texte recommande : la "dépénalisation totale de l'avortement" et la suppression des lois et règlements qui "interdisent l'avortement sur la base des limites gestationnelles" et "restreignent l'avortement" pour quelque raison que ce soit ; il indique qu'une série de 21 études différentes aurait évalué les limites législatives aux interruptions de grossesse tardives (du 3ème au 9ème mois) comme "incompatibles avec le respect des droits de l'homme internationalement reconnus".

    Ce n'est pas tout. L'OMS veut également limiter au minimum les droits à l'objection de conscience médicale ("s'il s'avère impossible de réglementer l'objection de conscience d'une manière qui respecte, protège et réalise les droits de ceux qui demandent un avortement, l'objection de conscience dans la fourniture d'avortements pourrait devenir indéfendable") et même autoriser l'avortement sélectif en fonction du sexe. En particulier, les États devraient : autoriser l'avortement en toutes circonstances ; permettre aux femmes de se passer de l'approbation d'un médecin ou d'une infirmière pour avorter ; autoriser les "pilules abortives par courrier", même si ce n'est qu'après un appel téléphonique ; limiter le droit des professionnels de la santé de refuser de participer à des avortements pour des raisons de conscience.

    Nulle part dans ce document de 210 pages (y compris les recommandations), il n'est fait mention des droits de l'enfant à naître, ni du fait que même de nombreux avorteurs considèrent qu'il est immoral d'avorter après 22-24 semaines, alors que le fœtus a de bonnes chances de survivre s'il est né prématurément. "Pouvoir obtenir un avortement sûr est un élément crucial des soins de santé", a déclaré Craig Lissner, directeur par intérim pour la santé sexuelle et génésique et la recherche à l'OMS, lors de la présentation du document. "Presque tous les décès et blessures résultant d'un avortement à risque sont entièrement évitables. C'est pourquoi nous recommandons que les femmes et les filles aient accès à l'avortement et aux services de planification familiale lorsqu'elles en ont besoin." Le concept de l'OMS est aussi clair que faux : les jeunes filles enceintes meurent des difficultés qu'elles rencontrent pour se faire avorter, alors sauvons-les en libéralisant le meurtre de leurs bébés. Ces directives montrent clairement que la préoccupation ici n'est pas celle des femmes, mais plutôt celle de l'expansion des politiques antinatalistes, eugéniques et malthusiennes, engraissant les comptes des multinationales de l'avortement.

    Parmi les voix critiques, Elyssa Koren, directrice d'Adf International à l'ONU, a dénoncé la façon dont "l'Organisation mondiale de la santé tente de tirer parti de son énorme influence et de son pouvoir budgétaire pour saper les dispositions internationales et établir un nouveau régime juridique qui entérine le 'droit' à l'avortement sans limites et sans droit à l'objection de conscience".

    Un bref coup d'œil sur les experts externes qui ont contribué à la rédaction du document montre clairement de quoi ils sont faits : sur les 12 experts responsables de la rédaction finale, énumérés à la page 158, huit font partie des multinationales de l'avortement International Planned Parenthood Federation, Marie Stopes International ou de leurs affiliés, d'autres viennent de gouvernements ou d'universités ultra-avortement. La soi-disant experte en droits de l'homme, Christina Zampas, est responsable de l'ONU de la multinationale avorteuse Center for Reproductive Rights à Genève. Aucun des experts n'a déclaré avoir un "conflit d'intérêts". Un pur scandale.

    Alvaro Bermejo, le directeur général de l'Ippf, exulte : il s'est engagé à "travailler en étroite collaboration" avec l'OMS pour mettre en œuvre les nouvelles directives, "tant au sein de l'Ippf qu'avec les gouvernements et les partenaires". Le réseau des avorteurs est déjà à l'œuvre et, quelques jours seulement après la publication de l'OMS, un tribunal kényan a statué que l'avortement est un droit humain et que - bien qu'il soit interdit par la Constitution - le gouvernement et le parlement doivent le libéraliser. L'OMS n'a aucune autorité juridique pour imposer l'avortement, qui relève de la compétence des États, et l'enfant à naître est reconnu par les conventions internationales comme une personne ayant des droits.