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Ethique - Page 3

  • Fin de vie : l'Église de France envisage des recours contre l'aide à mourir

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    De Jean-Charles Putzolu sur Vatican News :

    L'Église de France envisage des recours contre l'aide à mourir

    À Paris, l’Assemblée nationale a définitivement adopté, mercredi soir 15 juillet, la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Un texte auquel, tout au long des 4 dernières années de débat, l’Église s’est opposée, estimant qu’un frère ne peut donner la mort à d’autres frères.

    Mercredi soir, peu après l’adoption définitive de la loi sur le droit à l’aide à mourir, l’Église de France regrettait un choix en rupture avec la longue tradition du soin dont la vocation est de soulager la souffrance et d'accompagner chaque personne jusqu'au terme naturel de sa vie. Les évêques rappellent leur participation au dialogue autour de ce débat depuis 4 ans, soulignant l'expérience multiséculaire de l'Église dans l'accompagnement des malades, des mourants et de leurs familles. Ils estiment que les effets d'une telle législation modifieront le rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, au handicap ou à la maladie. Mais ils ne baissent pas les bras, l’histoire n’est pas terminée, estiment-ils. Un nombre significatif de recours est possible. Entretien avec Mgr Mathieu Rougé, évêque de Nanterre et porte parole des évêques de France sur la fin de vie.

    Mgr Matthieu Rougé, concernant la clause de conscience, comment s'articule-t-elle pour les établissements catholiques?

    La loi, telle qu'elle est votée, prévoit une clause de conscience pour les médecins. Cependant, il est dommage qu'elle ne prévoit pas une clause de conscience pour les pharmaciens qui, en cas de suicide assisté à domicile, serviront bon gré mal gré de lieu de dépôt du produit létal. En revanche, le point le plus préoccupant, au-delà du fait même de l'autorisation d'euthanasie assistée, c'est que les établissements dont la charte éthique ou le passé confessionnel réprouve la pratique d'euthanasie, seront tenus de l'accueillir dans leurs murs. Il ne s'agit pas d'une clause de conscience parce que la conscience touche la personne. Il s'agit d'une clause d'établissement.

    Sur ce point, le gouvernement avait donné quelques assurances à l'épiscopat français qui n'ont pas pour l'instant été tenues. Il y a beaucoup de préoccupation de la part d'établissements congréganistes ou d'origine congréganiste. Je pense en particulier aux Petites Sœurs des pauvres, mais aussi aux sœurs de saint Thomas de Villeneuve, protecteur des maternités catholiques. Il y a aussi des établissements comme Jeanne Garnier à Paris. Il faut vraiment espérer que dans les semaines qui viennent, les différents recours permettront que soit effectivement établie une clause d'établissement, pour que les établissements dont l'histoire, le présent ou la charte éthique réprouvent la mort provoquée, puissent persévérer dans leur mission et dans leur éthique.

    Mercredi 15 juillet, la Conférence des évêques a publié un communiqué signé par le président et deux vice-présidents de la conférence, qui exprime à la fois notre tristesse et notre préoccupation. Dans ce genre de loi, on ne mesure pas toutes les conséquences en termes de fraternité, de vie en société, d'élargissement progressif des critères. Il faut donc une grande vigilance. Maintenant, il s'agit d'avancer, notamment en veillant sur la liberté effective des établissements, sur le respect de leur charte éthique, en encourageant et en suivant de très près tous les recours que j’ai mentionnés.

    Il y a des personnes en situation de solitude, de faiblesse, de vulnérabilité, qui sont isolées, seules et qui ne peuvent pas être accompagnées. Devant une question fondamentale de la vie humaine, ces personnes vont se retrouver seules face à un choix en fin de vie: vivre ou mourir…

    La réponse des chrétiens au vote d'une loi comme celle-ci n'est pas seulement une réprobation morale, c'est aussi une exigence d'engagement. Voilà pourquoi, dans le communiqué que nous avons publié mercredi soir et dans les différentes prises de parole des uns ou des autres, avant même le vote de la loi, mais plus encore après, nous encourageons au maximum les chrétiens à s'engager toujours davantage auprès des personnes en situation de fragilité, dans la solitude et la précarité. C'est d'abord par la fraternité active que nous répondrons au désir d'en finir, qui parfois traverse le cœur de personnes en grande difficulté et en grand isolement. Notre réponse n'est pas seulement de l'ordre de la posture morale, elle est fondamentalement de l'ordre de l'engagement fraternel. C'est vraiment cela que nous voulons dire. Que les chrétiens de France, au-delà de la loi qui n'est jamais que la loi, s'engagent toujours davantage sur un chemin de fraternité. C'est ce qui nous permettra d'éviter que la mort provoquée prenne une place démesurée dans notre pays.

    Mercredi 15 juillet a lieu en France le vote solennel sur la fin de vie. Un projet de loi qui est loin de faire l'unanimité au sein des chambres parlementaires car il pose de ...

    Dans deux mois, la France recevra la visite du Pape Léon XIV. Quelle parole de sa part attendez-vous sur cette question?

    Alors, je suis sûr que le Pape va nous dire des choses très importantes dans beaucoup de domaines, et notamment dans celui-là. Il a eu des paroles très fortes récemment à Rome, mais aussi en Espagne. J'ai beaucoup cité ces derniers jours une phrase très forte de don cyclique, Magnifica Humanitas, dans laquelle il déclare que le premier des droits, qui conditionne tous les autres, est le droit à la vie, et quand l’euthanasie est votée, ce droit à la vie est largement entamé. Je pense aussi à la déclaration du Saint-Siège, Samaritanus bonus, de 2020, qui est un texte très important sur ce sujet. Par conséquent, je suis sûr que le Pape va dire des choses fortes à la fois aux chrétiens, pour les aider à s'engager auprès des personnes en situation de fragilité, mais aussi à toute notre société. Bien sûr, nous aurions été heureux de l'accueillir dans un contexte législatif plus favorable, mais sa parole, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, va nous être très précieuse et nous l'attendons avec beaucoup d'impatience.

  • Le 15 juillet, le jour où le Parlement français a décidé qu'il peut être mis fin légalement à une vie humaine. Par 291 voix contre 241

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    De gènéthique.org :

    « Nous sommes le 15 juillet, le jour où le Parlement français décide qu'il peut être mis fin légalement à une vie humaine. » Par 291 voix contre 241

    15 juillet 2026

    « Nous sommes le 15 juillet, le jour où le Parlement français décide qu'il peut être mis fin légalement à une vie humaine. » Par 291 voix contre 241

    « Vous venez de décider démocratiquement d’une évolution sociétale majeure comme nous en avons connu peu dans notre histoire. Vous avez dit oui à 4 reprises, et aujourd’hui de manière définitive. » Ainsi concluait Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement et fervent défenseur du « droit à l’aide à mourir », après le vote solennel intervenu ce 15 juillet. Sans souligner que seuls 291 députés se sont prononcés en faveur du texte, soit 50,4% de la représentation nationale qui compte 577 élus[1]. Un nombre qui s’est encore réduit par rapport à la précédente lecture (cf. « Dans une avalanche aucun flocon ne se sent responsable » : les députés adoptent le « droit à l’aide à mourir » pour la 3e fois). Ce 15 juillet, 241 élus se sont prononcés contre la proposition de loi, et 29 se sont abstenus. Le 30 juin, 232 voix contre et 35 abstentions avaient été recensées.

    L’enterrement des valeurs républicaines

    Au lendemain de notre fête nationale, 291 députés ont ainsi choisi d’entériner une fausse « liberté » qui ne propose pas d’alternative, une pseudo-égalité qui ne tient que face à la demande d’« aide à mourir » mais pas face à l’accès aux soins, et une « fraternité » qui abandonne. Reléguant la protection des plus fragiles aux oubliettes d’une « grande loi républicaine, de progrès et d’humanité » comme l’ont vantée ses promoteurs. « Nous sommes le 15 juillet, le jour où le Parlement français décide qu’il peut être mis fin légalement à une vie humaine », déclarera solennellement Justine Gruet (DR).

    C’est donc malgré trois rejets du Sénat, l’alerte du comité des personnes handicapées de l’ONU (cf. « Aide à mourir » : le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU épingle la France), la multiplication des interpellations des soignants (cf. Claire Fourcade : depuis le mois de juin, « il n’y a pas eu un seul patient ni une seule famille qui m’ait demandé où en était ce projet de loi »), des « éligibles » (cf. Fin de vie : « Nul ne devrait avoir à choisir entre souffrir et mourir »), des collectifs anti-validistes, d’élus de gauche (cf. A mes amis députés de gauche qui ont voté la loi « sur la fin de vie » mais reviendront sur leur décision lors du prochain vote) et de nombreux citoyens (cf. « Si vous doutez, votez non » : l’« appel du 28 juin » aux députés) que le « droit à l’aide à mourir » a été adopté. Malgré aussi – ou grâce ? -à l’annonce de la saisine du Conseil constitutionnel par le Premier ministre à la veille de l’ultime lecture, révélant les craintes vis-à-vis de la proposition, au sein même du gouvernement (cf. « Aide à mourir » : Sébastien Lecornu sort enfin du silence et annonce qu’il saisira le Conseil constitutionnel si le texte est voté). « Pour bien sécuriser certains sujets largement débattus de ce texte et pour s’assurer que l’application de la loi une fois votée se fasse dans le plein respect de nos principes fondamentaux, et particulièrement la dignité humaine, le Premier ministre saisira le Conseil constitutionnel », a déclaré Camille Galliard-Minier, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, à la tribune de l’Assemblée nationale. Certains « sujets » ne seraient donc toujours pas « bien sécurisés » ?

    « Vous pouvez être pour l’aide à mourir mais nous devons être contre ce texte »

    Cette lecture définitive n’aura suscité aucune surprise. « Ce 15 juillet 2026 marquera l’histoire de notre pays. Un jour où notre devise républicaine va une nouvelle fois être consacrée dans la loi. » « Puisse la laïcité, dans son sens le plus noble, le plus universel, entrer dans cet hémicycle. » Entre déclarations grandiloquentes comme celles de Stéphane Delautrette (Socialistes et apparentés) ou de Sandrine Rousseau (Ecologiste et social), hommages appuyés et répétés à Olivier Falorni (Les Démocrates), et rappels lancinants du « droit à disposer de son corps », des appels à l’humilité, à écouter les doutes, ont tenté de se faire entendre.

    « Vous pouvez être pour l’aide à mourir mais nous devons être contre ce texte », interpelle Olivier Fayssat (UPR), soulignant ses dangers. « Vous construisez ici – et c’est tellement surprenant venant de la gauche de cet hémicycle – un modèle de société de la loi du plus fort, le pouvoir de l’homme sur l’homme », alerte quant à elle Justine Gruet.

    Le début d’une nouvelle étape

    Mais le combat n’est pas terminé. Les promoteurs du texte d’ailleurs ne s’en cachent pas : ils veulent déjà « aller plus loin ». Accès aux mineurs, aux personnes en situation irrégulière, introduction des directives anticipées ou encore instauration d’un délit d’entrave, les sujets ne manquent pas et Sandrine Rousseau ou Karen Erodi (LFI – NFP) sont déjà sur les rangs. « L’accompagnement vers la fin de vie fait pleinement partie des missions qui incombent aux soignants », déclare de son côté Nicole Dubré-Chirat (EPR). Elle indique compter sur leur « sens des responsabilités ». La clause de conscience des soignants serait-elle déjà menacée ?

    Le combat n’est pas non plus terminé chez les opposants au texte. Loin s’en faut. En effet, ce sont d’ores et déjà trois saisines du Conseil constitutionnel qui ont été annoncées : celle de Sébastien Lecornu, celle du président du Sénat, Gérard Larcher, mais aussi celle de 60 sénateurs. Une quatrième, venue des rangs des députés, pourrait s’y ajouter. Et quelle que soit la décision des Sages, l’élection présidentielle arrivera à grands pas. Des candidats pourraient envisager d’abroger un texte tout juste entré en vigueur.

    Evoquant d’autres réformes « sociétales » – la loi Veil, le mariage pour tous, la PMA pour toutes – la rapporteur général Philippe Vigier (Les Démocrates) a interpellé ses collègues : « Au final, qui proposera en 2027, aux présidentielles, de revenir sur un de ces textes ? Je mets au défi qui que ce soit de le faire. » Chiche ?

    [1] Scrutin public n°8280 sur l’ensemble de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (lecture définitive)

  • Chat Control, un système de surveillance de masse

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    De Maurizio Milano sur la NBQ :

    Chat Control, un système de surveillance de masse

    Alors que l'attention du public est détournée par les vacances d'été et la Coupe du monde de football, une décision destinée à changer la nature de la vie privée numérique est passée presque inaperçue à Strasbourg.

    15_07_2026

    surveillance numérique

    Quasiment invisible pour le grand public, un enjeu crucial en matière de protection de la vie privée s'est joué : l'extension du dispositif « Chat Control 1.0 », qui autorise les plateformes numériques à analyser les messages privés des citoyens à la recherche de contenus pédopornographiques. Ce dispositif repose sur le règlement (UE) 2021/1232, une dérogation temporaire à la directive ePrivacy conçue pour permettre aux grands fournisseurs d'utiliser des systèmes algorithmiques automatisés afin d'identifier les contenus pédopornographiques. Cette dérogation devait expirer le 3 avril 2026, dans l'attente d'un nouveau cadre permanent (« Chat Control 2.0 »), mais les négociations sur ce dernier sont au point mort en raison de l'opposition de cryptographes, de militants et de certains gouvernements nationaux, préoccupés par les conséquences sur les libertés fondamentales.

    Le 26 mars, le Parlement européen a voté sur la prolongation du contrôle des conversations (Chat Control 1.0) : 307 députés ont voté contre, 306 pour et 24 se sont abstenus. Le contrôle de masse a été rejeté à une voix près. Un amendement a également été adopté afin de limiter le champ d’application du contrôle aux utilisateurs individuels ou aux groupes déjà soupçonnés par décision de justice, pour empêcher l’accès indiscriminé à des millions de communications privées. À l’expiration de la prolongation, les principales plateformes ont suspendu le contrôle en Europe ; cependant, en quelques semaines, l’appareil institutionnel s’est réorganisé pour annuler le résultat du vote.

    Le 2 juillet, le Conseil de l'Union européenne a décidé d'adopter la proposition initiale de la Commission – la version récemment rejetée par la Chambre – la qualifiant de « position du Conseil » et déclenchant ainsi la procédure de deuxième lecture. Le règlement du Parlement stipule que, pour rejeter ou modifier la position du Conseil, la majorité simple des suffrages présents ne suffit pas ; la majorité absolue des 720 députés européens, soit 361 voix, est requise. Le vote du 9 juillet a enregistré 314 voix contre, 276 pour et 17 abstentions. La majorité des votants a de nouveau rejeté la prolongation, mais sans atteindre le seuil formel : la loi a été adoptée, prolongeant le contrôle des conversations 1.0 jusqu'au 3 avril 2028. Une infrastructure de surveillance rejetée à deux reprises est donc remise en place par des voies procédurales, grâce à des règles qui transforment un vote contre en une absence d'opposition effective. À quoi sert le Parlement européen ? Quel est le véritable niveau de démocratie au sein de nos institutions ?

    « Protéger les enfants, pas les prédateurs » : c’est ainsi que Manfred Weber, président du Parti populaire européen, a résumé les enjeux de la loi X à la veille du vote. Selon ce slogan, les opposants à cette mesure ne veulent pas « protéger les enfants » et les laissent à la merci des « prédateurs ». Personne ne nie, bien sûr, l’urgence de lutter contre la pédopornographie en ligne, mais cette lutte doit être conciliée avec la protection du droit à la vie privée et le principe de proportionnalité. Le problème est que, dès lors qu’un dispositif technique capable de scanner massivement les messages et leurs pièces jointes est mis en place, la frontière entre lutte contre la criminalité et surveillance institutionnelle des citoyens devient extrêmement ténue. La véritable question, pour les citoyens européens, n’est donc pas de savoir s’il faut « protéger les mineurs », mais quels outils nous acceptons et avec quels contrôles démocratiques pour assurer cette protection.

    Après le 9 juillet, de nombreux communiqués de presse ont évoqué une « demi-victoire » : le contrôle des conversations 1.0 a été étendu, mais les applications avec chiffrement de bout en bout, telles que WhatsApp, Signal et iMessage, ont été exclues du champ d'application de l'analyse. Les messageries électroniques comme Gmail et iCloud, les messages directs non chiffrés sur Instagram et Facebook, et le stockage cloud dont la protection est assurée côté serveur, restent exposés à une analyse « volontaire » mais fortement incitée. Avant la suspension en avril 2026, l'écosystème Meta générait à lui seul la quasi-totalité des signalements transmis aux autorités européennes chargées de l'application de la loi, examinant des centaines de milliers de conversations chaque année. Si le chiffrement est sûr pour le moment, il n'en demeure pas moins que la majorité des communications numériques européennes restent soumises à un régime orwellien qui normalise l'analyse automatisée des contenus suspects.

    La surveillance algorithmique est extrêmement intrusive et porte atteinte à la vie privée , mais est-elle pour autant efficace ? Les données officielles de la police criminelle fédérale allemande indiquent qu’environ 48 % des signalements automatisés sont des faux positifs ou sont sans pertinence d’un point de vue pénal. Les statistiques suisses, dans un contexte différent mais concernant les mêmes réseaux, font état de taux de faux positifs pouvant atteindre 80 %. Concrètement, près de la moitié (voire plus) des communications privées signalées concernent des citoyens innocents, victimes d’un algorithme d’analyse automatisée qui confond photos de famille, mèmes ou images intimes échangées entre adolescents avec du contenu illicite. Tout ce bruit pour rien ?

    Non, c'est encore pire, car les forces de l'ordre sont submergées par des milliers d'alertes inutiles, ce qui détourne du temps et des ressources des enquêtes ciblées sur les réseaux criminels du dark web. Ces enquêtes nécessitent toujours des outils d'investigation traditionnels et des opérations de renseignement ciblées. La Commission européenne elle-même reconnaît que les analyses de masse ne représentent qu'une fraction des signalements, la majorité des cas découlant de plaintes spécifiques, de la surveillance des contenus publics et d'actions policières ciblées.

    Un système plus efficace de protection des mineurs est-il réellement en train d'être mis en place ? Ou avons-nous commencé à créer une « architecture de surveillance » généralisée qui contrevient au principe fondamental et constitutionnellement garanti de la confidentialité des communications ? Le véritable test sera la réglementation « Chat Control 2.0 », qui pourrait être mise en œuvre comme un système de contrôle permanent, obligatoire et généralisé. Pour contourner l'obstacle du chiffrement, la proposition inclut un contrôle côté client : l'algorithme est installé directement sur le téléphone ou l'ordinateur de l'utilisateur et analyse le contenu avant son chiffrement.

    Plus de 400 universitaires ont alerté sur le fait que ce modèle engendre des capacités de surveillance sans précédent et de nouvelles vulnérabilités. Une simple mise à jour logicielle permettrait d'étendre le contrôle préventif à la lutte contre la désinformation et la mésinformation, et ainsi de stopper net les opinions jugées extrémistes ou indésirables pour le pouvoir en place. On a l'impression que nous perpétuons la « culture de l'urgence » habituelle : partant de préoccupations légitimes, celles-ci sont exploitées et instrumentalisées à des fins politiques pour atteindre des objectifs bien différents de ceux affichés.

    En conclusion : voulons-nous vraiment confier aux institutions et aux prestataires privés un système qui normalise la surveillance préventive de nos communications personnelles ? Voulons-nous vraiment accepter un niveau structurel de suspicion automatisée comme « nouvelle norme » ? Ceux qui gardent le silence, malheureusement, y consentent.

  • Le visage du prochain. Théologie de la relation dans l’épreuve de la fin de vie. (Marie-Laetitia Calmeyn)

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    De Marie-Laetitia Calmeyn sur le site de la Nouvelle Revue Théologique (article offert) :

    Le visage du prochain. Théologie de la relation dans l’épreuve de la fin de vie

    NRT 148-3 (2026), p. 385-395

    Dans le contexte des débats contemporains sur la fin de vie, cet article propose de recentrer la réflexion sur la dimension relationnelle du soin. À partir d’une interrogation fondamentale – qui est l’autre pour moi ? – il développe une théologie du prochain enracinée dans la tradition biblique et chrétienne. L’auteur met en lumière le primat du don et de la communion sur les logiques utilitaristes ou strictement décisionnelles, en s’appuyant notamment sur la notion de visage et sur le mystère pascal. L’expérience de la vulnérabilité, particulièrement dans la maladie et l’approche de la mort, révèle le prochain comme celui qui appelle à une transformation intérieure et à une relation de fraternité. Ainsi, le soin est compris non seulement comme une pratique, mais comme un lieu théologique où se déploient la présence, la charité et l’espérance.

    Les débats en France autour des lois sur la fin de vie ces dernières années ont replacé les soignants au cœur de questions humaines, éthiques et spirituelles d’une extrême intensité. Il est inévitable que resurgisse face à la souffrance, à la dépendance, à la demande de mourir ou au refus de l’acharnement thérapeutique, cette interrogation fondamentale : qu’est-ce que soigner ? S’agit-il de répondre à une demande, d’exercer une compétence technique, ou d’entrer dans une relation plus profonde avec celui ou celle qui souffre et qui approche de la mort ?

    En cherchant à encadrer les pratiques, les évolutions législatives risquent de déplacer le centre de gravité du soin : de la relation vers la décision individuelle, de la présence vers un « droit à », du service de la vie vers une maîtrise illusoire et mortifère, du respect des consciences et des institutions à un « totalitarisme sournois1 ». Elles suscitent, entre autres chez les soignants, un véritable désarroi.

    Dans ce contexte, il devient essentiel de revenir à une question plus originaire : qui est l’autre pour moi ? Comment me situer face au prochain dans la relation de soin ?

    Le patient est-il d’abord un sujet de droit, un bénéficiaire de prestations, un porteur de demandes ? Ou bien est-il aussi celui qui m’est confié, celui dont la vulnérabilité m’appelle, celui qui, d’une certaine manière, me révèle bien plus que moi-même ?

    La tradition biblique et chrétienne propose ici un éclairage décisif. Elle invite à penser la relation non pas seulement en termes d’actes ou de décisions, mais comme une vocation : vocation à la vie, à la rencontre, à la présence, à la communion. Elle ouvre ainsi à l’approche du care un chemin qui conduit de la relation de soin à une relation plus profonde encore : celle de la fraternité.

    C’est dans cette perspective que nous proposons de relire la figure de « l’autre » et du « prochain ». Car, au cœur même de la fragilité, au seuil de la mort, quelque chose de décisif se joue : la manière d’être en relation – et peut-être, plus profondément encore, la manière d’aimer.

    Lire la suite sur le site de la Nouvelle Revue Théologique

  • Démocratie dans l'Union européenne — Des dérives de l'antiracisme et de la fin de la vie privée

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Démocratie dans l'Union européenne — Des dérives de l'antiracisme et de la fin de la vie privée

    Mathieu Bock-Côté sur un projet de loi qui prévoit des peines d'inéligibilité quand quelqu'un est condamné pour racisme, dans un contexte où la définition du racisme ne cesse de s'étendre, et s'applique à ceux qui critiquent l'immigration massive.
    ChatControl est le nom donné par ses détracteurs au projet de règlement européen sur la lutte contre les abus sexuels sur mineurs en ligne. L'objectif affiché par la Commission européenne est de détecter et signaler les images pédopornographiques connues ou nouvelles, ainsi que les tentatives de prise de contact d'un adulte avec un mineur à des fins sexuelles. 

    De nombreuses associations de défense des libertés numériques, des spécialistes en cryptographie et certains juristes, résument leurs objections autour de plusieurs points :
    • Une surveillance de masse plutôt qu'une surveillance ciblée. Le principe de scanner les messages de tous les utilisateurs avant même qu'il existe un soupçon individuel est considéré comme une inversion du principe de présomption d'innocence.
    • Une menace pour le chiffrement de bout en bout. Pour analyser des messages chiffrés, plusieurs scénarios reposent sur le balayage sur les ordinateurs personnels avant de contacter le réseau, c'est-à-dire un contrôle effectué directement sur l'appareil des utilisateurs avant le chiffrement. Les opposants estiment que cela revient à affaiblir les garanties offertes par le chiffrement, même si celui-ci reste techniquement en place.
    • Des risques d'erreurs. Les technologies de détection, notamment lorsqu'elles utilisent l'intelligence artificielle pour identifier de nouveaux contenus ou des conversations suspectes, peuvent produire des faux positifs, conduisant à l'examen de communications parfaitement légitimes.
    • Le risque d'extension des usages. Une fois qu'une infrastructure technique permettant l'inspection des communications existe, les critiques craignent qu'elle soit progressivement utilisée pour d'autres objectifs : terrorisme, discours censément de haine, prétendue désinformation, violations du droit d'auteur, etc.
    • Une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales. Plusieurs opposants soutiennent que le dispositif est difficilement conciliable avec le droit au respect de la vie privée, au secret des correspondances et à la protection des données garanti par le droit européen.
  • Tony Abbott : « Parfois, les gouvernements doivent choisir la moins mauvaise option. »

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    Du substack d'Edward Pentin :

    Dans un entretien avec le Register, l'ancien Premier ministre australien défend des politiques d'immigration strictes, appelle à un témoignage catholique plus fort dans la vie publique et rend hommage au cardinal Pell.

    8 juillet

    Tony Abbott est l'un des hommes d'État conservateurs les plus connus d'Australie, ayant été Premier ministre du pays de 2013 à 2015.

    Catholique pratiquant, il est resté une voix influente dans les débats sur l'avenir de la civilisation occidentale, le rôle du christianisme dans la vie publique et les responsabilités morales des dirigeants élus. 

    Durant son mandat de Premier ministre, Abbott a attiré l'attention internationale par la réponse de son gouvernement à l'immigration clandestine par voie maritime et aux réseaux de trafic d'êtres humains ciblant l'Australie. Son gouvernement, qui a rouvert les centres de détention offshore, rétabli les visas de protection temporaire et mis en place une politique de refoulement des embarcations dans le cadre de l'« Opération Frontières souveraines », s'est avéré très efficace pour endiguer ces arrivées. Parallèlement, ces mesures ont suscité des critiques de la part d'évêques catholiques qui réclamaient une réponse plus humaine. 

    Dans cette interview accordée au Register le 23 juin en marge de la conférence de l' Alliance pour une citoyenneté responsable (ARC) à Londres, Abbott affirme que le trafic d'êtres humains est intrinsèquement exploiteur et extrêmement dangereux, ajoutant que les gouvernements responsables doivent parfois choisir « la moins mauvaise option » dans un monde imparfait afin de protéger la vie humaine et de défendre le bien commun. 

    L'auteur d'un nouveau livre, Australia: A History — From Convict Colony to Great Democracy (Australie : une histoire — de la colonie pénitentiaire à la grande démocratie) , Abbott évoque également la nécessité pour davantage de catholiques pratiquants de s'engager en politique, partage son opinion sur le « catholicisme culturel » dans la vie publique et rend hommage à son compatriote, feu le cardinal George Pell. 

    Monsieur Abbott, tout d'abord, le thème de cette conférence est « L'ère de la reconstruction », et des intervenants de renom du monde entier y ont analysé le déclin de la civilisation occidentale et les solutions possibles pour l'enrayer. Quel a été votre principal enseignement de cette conférence ? 

    Je pense que cette conférence est unique en ce sens que, contrairement à la plupart des conférences qui traitent généralement d'économie, de politique et/ou de géopolitique, elle explore en profondeur la culture et la civilisation. On dit souvent que la politique découle de la culture, et que la culture découle en fin de compte de la foi – une foi en laquelle les individus peuvent croire et qui les dépasse. C'est ce qui, à mon avis, fait de cette conférence un événement si particulier.

    Pensez-vous que l'Occident ait besoin d'une présence politique catholique plus affirmée ? La foi catholique est-elle sous-représentée dans l'espace public ?

    Oui, je pense assurément que nous avons besoin de plus de personnes de foi dans la vie publique. J'ai toujours un petit pincement au cœur quand j'entends des chrétiens affirmer que s'impliquer dans les complexités de la vie publique est en quelque sorte un manquement à la foi. Je crois que nous devons être présents dans le monde, même si nous ne devons pas en être totalement issus.

    Que diriez-vous aux hommes politiques catholiques, comme Andy Burnham par exemple , pressenti pour devenir le prochain Premier ministre britannique, qui sont de confession catholique mais n'adhèrent pas pleinement au magistère et ne fréquentent pas régulièrement la messe ? Les catholiques engagés dans la vie publique doivent-ils s'affirmer davantage et pratiquer leur foi comme l'Église le demande ?

    Je ne prétends pas être un catholique parfait, loin de là, mais je pense que nous sommes tous de meilleures personnes, surtout si nous sommes catholiques, si nous assistons plus régulièrement à la messe et si nous recevons les sacrements. 

    En matière d'immigration, nombreux sont ceux qui citent l'Australie comme exemple de lutte efficace contre l'immigration clandestine, les traversées dangereuses et le trafic d'êtres humains. Que diriez-vous aux Américains et aux Britanniques qui s'interrogent sur ce sujet et souhaitent une politique éthique et réellement efficace ?

    J'ai souvent constaté que les théologiens moralistes ne font généralement pas de bons hommes d'État, car dans ce monde imparfait, il faut parfois choisir la moindre mal. Le trafic d'êtres humains est un fléau : il est responsable d'une exploitation considérable et de nombreuses morts, et il est impératif de l'éradiquer. De même que, parfois, des mesures très difficiles et dramatiques sont nécessaires en temps de guerre, je pense qu'il faut parfois être prêt à agir de manière directe si l'on veut mettre fin à ce qui s'apparente, à l'heure actuelle, à une invasion pacifique de la Grande-Bretagne par des personnes traversant la Manche à bord de petites embarcations.

    Concrètement, quel type de réponse politique pensez-vous qui fonctionnerait en Grande-Bretagne et aux États-Unis ?

    La chose humanitaire à faire — la chose véritablement humanitaire — est de mettre fin au trafic d'êtres humains. Dans le cas de la Grande-Bretagne, cela permettrait d'éviter les noyades dans la Manche. Dans le cas des États-Unis, cela empêcherait l'entrée de nombreuses personnes qui ne seront d'aucune utilité pour l'Amérique, ainsi que d'autres qui cherchent simplement une vie meilleure. Mais en fin de compte, en tant que représentants du gouvernement, vous avez un devoir envers vos propres citoyens qui prime sur toute obligation d'offrir une vie meilleure à des étrangers qui n'ont aucun droit légitime sur vous. Les seules personnes qui ont un droit légitime sur un autre pays sont ses citoyens, ou celles qui ont démontré qu'elles peuvent apporter une contribution significative à ce pays — et non celles qui cherchent simplement à améliorer leur propre sort.

    À votre avis, pourquoi n'y a-t-il pas eu, notamment en Grande-Bretagne, beaucoup de politiques efficaces pour remédier à ce problème ?

    Manque de leadership. 

    Quelqu'un a dit que si des soldats russes arrivaient armés, le gouvernement trouverait rapidement un moyen de les arrêter. Alors, est-ce simplement une question de volonté politique ?

    Je pense que certains se sentent contraints par un mélange de culpabilité propre aux pays riches, d'une compassion excessive, voire mal placée, de marxisme culturel, ou encore d'un respect déplacé pour des institutions comme la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). L'idée que la Grande-Bretagne – berceau de nombreux droits humains – doive se montrer soumise à la CEDH me paraît tout simplement absurde.

    Enfin, un mot sur le cardinal George Pell. Comme vous le savez, il attribuait souvent le déclin de la société à l'abandon des valeurs chrétiennes traditionnelles et des vérités morales, ainsi qu'à la montée du relativisme moral. Qu'aimeriez-vous dire à son sujet ? 

    Je pense que le cardinal Pell était un saint des temps modernes. Il fut, en un sens, un martyr contemporain, puisqu'il a subi une forme de crucifixion vivante. Plus on chérira sa mémoire, plus on célébrera son exemple et plus on honorera sa vie, mieux ce sera pour nous tous. 

  • Euthanasie et suicide assisté en Europe : où en est le débat ? (Institut Européen de Bioéthique)

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    Euthanasie et suicide assisté en Europe : 

    où en est le débat ? 

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  • Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre

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    Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre

    La proposition du frère Ferdinand Poswick, moine bénédictin de Maredsous, sur la fin de vie a suscité de vives réactions parmi les lecteurs du journal Dimanche et du site CathoBel. Alors que le religieux plaidait pour une réflexion ouverte sur l’euthanasie consentie chez les personnes très âgées, plusieurs voix, notamment celles de croyants, expriment une opposition ferme ancrée dans la foi chrétienne et l’expérience humaine. Trois contributions emblématiques illustrent ce débat.

    La confiance humble d’une malade en phase terminale

    Marie de Géradon, 86 ans et atteinte d’un cancer incurable, s’adresse directement au frère Poswick avec une grande simplicité. Du même âge que lui, elle partage le désir de mourir dans la dignité, mais affirme une différence fondamentale : « ma vie ne m’appartient pas ». Elle choisit de s’en remettre humblement au Seigneur pour sa fin de vie.

    Cette lettre touche par son ton pacifié et sa profondeur spirituelle. Elle montre qu’une personne directement concernée par la souffrance peut vivre sa maladie avec sérénité et abandon, sans recourir à l’euthanasie.

    Mourir « debout », à la manière de saint Benoît

    Christiane, autre lectrice, interroge la proposition du frère Poswick en rappelant la sagesse monastique et chrétienne face au grand âge. Elle invite à accueillir consciemment les pertes et diminutions liées à la vieillesse, tout en y voyant une richesse et une préparation au passage pascal.

    Pour elle, la première étape pour un senior consiste à renoncer à l’acharnement thérapeutique inutile, à laisser la vie aller jusqu’au bout, comme saint Benoît qui « sent qu’il va mourir » sans demander à être euthanasié. Elle distingue clairement l’accompagnement respectueux de la vie qui s’achève (ne rien faire d’extraordinaire pour la prolonger artificiellement) de l’acte de donner la mort.

    « Mourir debout », selon elle, c’est accomplir sa vie jusqu’au terme naturel par le don quotidien aux frères, dans la patience et l’abandon. Cette vision met l’accent sur l’accompagnement humain et spirituel plutôt que sur une interruption délibérée.

    Une réponse argumentée : l’impasse anthropologique et spirituelle

    La contribution la plus développée vient de Pierre de Mahieu, qui propose une réfutation structurée et théologique de la position du frère Poswick.

    Il reconnaît la sincérité de la préoccupation (éviter l’acharnement thérapeutique, la solitude et la souffrance inutile), mais estime que la solution suggérée conduit à une impasse. Principaux arguments :

    • Distinction évangélique fondamentale : Jésus et les martyrs offrent leur vie par fidélité, ils ne se donnent pas la mort. Il existe une différence essentielle entre offrir sa vie (charité) et supprimer sa vie.
    • Danger utilitariste : Évoquer le poids économique du vieillissement introduit un critère de rentabilité dans l’évaluation de la personne humaine. La question risque de devenir « Suis-je encore rentable ? » au lieu de « Suis-je encore aimé ? ». Or, la dignité humaine ne dépend ni de la productivité ni de l’autonomie, mais du fait d’être créé à l’image de Dieu.
    • Fécondité de la vieillesse : Les derniers chapitres de l’existence sont précieux pour la patience, le pardon, la transmission et l’abandon confiant en Dieu. Les anciens sont un don pour les générations suivantes ; ils rappellent que l’homme vaut davantage que ce qu’il produit.
    • Appel à une culture de la fraternité : Plutôt que d’encourager le retrait volontaire, l’Église doit promouvoir les soins palliatifs, lutter contre l’isolement, inventer de nouveaux rites d’accompagnement qui célèbrent la fidélité de Dieu jusqu’au dernier souffle. Une civilisation se juge à sa manière d’aimer ceux qui ne peuvent plus rien rendre.

    Pierre de Mahieu conclut que la société souffre moins d’un excès de vieillards que d’un déficit de fraternité. La réponse chrétienne authentique est une culture de la gratitude et de la réciprocité entre générations.

    Des convergences fortes

    Malgré des tonalités différentes — témoignage personnel, réflexion spirituelle pratique ou analyse théologique —, ces réactions partagent plusieurs convictions :

    • Le refus de l’euthanasie comme solution, même « choisie » et « lucide ».
    • La défense inconditionnelle de la dignité de toute vie humaine, y compris dépendante ou diminuée.
    • L’importance de l’accompagnement humain, médical (palliatif) et spirituel.
    • La confiance dans la Providence et le sens chrétien de la souffrance et de la mort comme passage.

    Ces voix rappellent que, pour beaucoup de croyants, la fin de vie n’est pas d’abord une question d’autonomie individuelle, mais une étape de communion avec Dieu et avec les frères, jusqu’au bout. Elles invitent l’Église et la société à inventer des réponses de présence et d’espérance plutôt qu’à organiser le départ anticipé des plus fragiles.

    Dans un contexte de vieillissement démographique et de débats éthiques intenses, ces réactions soulignent la nécessité d’un discernement profond, ancré dans l’anthropologie chrétienne.

  • IVG sous contrainte: le malaise de la Commission européenne et des socialistes

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    Du site de l'ECLJ :

    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Le Planning familial porte bien mal son nom. 

    Charlène, comme tant d'autres femmes en a fait les frais: 

    elle est tombée enceinte sans le vouloir;

    elle voulait garder son bébé;

    son compagnon s'y opposait;

    alors elle est allée chercher de l'aide et du soutien au Planning familial.

    Le Planning familial ne lui a proposé que l'avortement

    Ils ne sont pas "pro-choix", ils sont pro-avortement et c'est tout. Cette association internationale financée par des milliardaires et les États occidentaux a un objectif principal: faire avorter un maximum de femmes. 

    Vous pouvez écouter plus en détails l'histoire de Charlène dans cette nouvelle vidéo que nous venons de publier, et surtout voir les réactions des députés du Parlement européen.

    C'est votre soutien, par vos contributions et à travers nos pétitions, qui a donné courage à Charlène et qui nous a permis de l'accompagner dans une procédure institutionnelle officielle. Aidez-nous, s'il vous plaît, à poursuivre notre action en faisant un don. Nous avons besoin de vous, merci.

    Le Parlement européen a été saisi, la Commission européenne est obligée de se prononcer sur cette réalité ainsi que tous les groupes parlementaires européens.

    Audience de Charlène au Parlement européen

    Leurs réactions sont instructives et encourageantes:

    La Commission européenne et le groupe "Socialistes et Démocrates" s'enferment dans l'aveuglement. Face à une femme qui est allée voir le Planning familial et qui a été contrainte d'avorter par son petit-copain, ils continuent de prêcher la "liberté d'avorter". Ils étaient cependant bien gênés de devoir dire cela à Charlène. La socialiste est vite partie après sa déclaration et les autres groupes du centre et de la gauche n'ont pas pris la parole.

    À droite, le soutien est général. Tous les groupes étaient présents et ont félicité Charlène pour son courage, ont pris acte de la réalité qu'elle décrit et comptent faire des propositions pour donner des alternatives aux femmes enceintes.

    Nous nous réjouissons particulièrement de l'appui du Parti populaire européen, par la voix du député maltais Peter Agius. Ce soutien du groupe le plus important du Parlement européen permet à la pétition de "rester ouverte", c'est-à-dire que le Parlement va continuer de l'étudier et de réfléchir aux réponses à apporter à ce problème.

    Cela signifie que toute personne peut se joindre à Charlène pour appuyer sa pétition, en se connectant au site du Parlement et en cliquant sur le bouton bleu pour soutenir la pétition:

    Lire et soutenir la pétition de Charlène

    Nous vous encourageons chaudement à le faire pour donner plus de visibilité à cette pétition officielle, cela va soutenir les députés et les encourager à agir.

    En 2024, rien qu'en France, il y a eu 251 270 avortements et ce nombre ne cesse d'augmenter. Parmi ces femmes, des milliers n'ont pas avorté par envie, mais par dépit. Il faut venir en aide aux femmes qui seront confrontées aux pressions de leur partenaire et du Planning familial.

    Vous pouvez également partager cette vidéo et pétition sur les réseaux sociaux:

    ­­­­­Audience de Charlène au Parlement européen

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  • En juillet, le Pape invite à prier pour le respect de la vie humaine

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    De Vatican News (Myriam Sandouno) :

    Dans un monde marqué par la «culture du déchet», comme l’affirmait François, Léon XIV consacre son intention de prière de ce mois-ci au respect de la vie humaine à toutes les étapes de son existence. À travers la campagne «Prie avec le Pape», il encourage à demander pardon au Seigneur «lorsque nous tombons dans l’indifférence, lorsque nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour».

    En ce début de juillet, les fidèles ainsi que toutes les personnes de bonne volonté sont invités à s’unir aux intentions du Pape, à travers la campagne «Prie avec le Pape», le Réseau mondial de prière pour le Saint-Père. Léon XIV exhorte à prier pour le respect de la vie humaine, car, comme déclarait-il devant le Congrès des députés espagnols, il y a quelques semaines, lors de son quatrième voyage apostolique en Espagne: «Toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son terme naturel, quelles que soient les circonstances de son existence

    Un don sacré à protéger 

    Chaque personne, soutient le Souverain pontife dans sa vidéo mensuelle de prière, est «un don sacré qui reflète ton visage». Léon XIV demande au Seigneur la grâce de «reconnaître et de protéger la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain», en apprenant à «accueillir la vie sans conditions, à soutenir avec tendresse la fragilité, à accompagner avec respect chaque étape de l’existence et à défendre avec courage ceux qui n’ont pas de voix».

    L'Église une maison ouverte 

    Il implore le pardon de Dieu pour les attitudes «d’indifférence et la culture du déchet», et pour le fait que parfois, «nous cessons de voir dans l’autre un être digne d’amour». Concluant sa prière, le Pape a prié pour que l’Église soit «une maison ouverte où toute vie est célébrée, où personne ne se sente de trop», et où «la dignité de chacun soit toujours respectée et protégée», insiste-t-il. Pour le directeur international du Réseau Mondial de Prière du Pape, le père Cristóbal Fones, «se respecter mutuellement et protéger ce don de la vie humaine est une mission qui commence par une conversion du cœur et nous ouvre à l’engagement envers les autres». 

    “Seigneur Jésus, fais que nous aimions la vie comme Toi tu l’aimes: avec tendresse, fidélité et don total de soi. Que nous sachions proclamer, par nos paroles et nos gestes, que chaque vie humaine mérite le don total de nous-mêmes”

    Avortement, euthanasie et peine de mort

    Chaque année dans le monde, rapporte l’Organisation mondiale de la Santé, environ 73 millions d’avortements provoqués sont pratiqués, et le débat autour de l’euthanasie et l’aide médicale à mourir reste d’actualité dans de nombreux pays. L’évolution du recours à la peine de mort préoccupe également: au moins 2 707 exécutions ont été recensées dans 17 pays en 2025, soit le chiffre le plus élevé depuis 1981 et une augmentation de 78% par rapport à l’année précédente.

  • Fin de vie : CathoBel publie la prose inacceptable d'un moine de Maredsous

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    Alors que les évêques de France, avec le cardinal Aveline en tête, sont mobilisés contre le vote d’une loi libéralisant l’euthanasie et le suicide assisté, le portail officiel de l’Église catholique en Belgique francophone, CathoBel, publie complaisamment un texte du Frère Réginald-Ferdinand Poswick, moine bénédictin de l’abbaye de Maredsous. (1) Celui-ci plaide pour une libéralisation de ces pratiques, suggérant que certaines personnes âgées puissent volontairement mettre fin à leur vie et proposant même une ritualisation ecclésiale exceptionnelle de ce « départ ».

    Ces positions vont à l’encontre de l’enseignement constant de l’Église, qui refuse absolument de provoquer la mort par des moyens artificiels. Un moine, aussi érudit soit-il, ne peut faire prévaloir une opinion personnelle dans un organe officiel de l’Église (2), au nom d’un évangélisme dévoyé et d’un argumentaire contestable.

    La doctrine constante de l’Église

    L’enseignement officiel de l’Église catholique est clair et inchangé : l’euthanasie (acte qui provoque directement la mort pour supprimer la souffrance) et le suicide assisté sont inacceptables. Le Catéchisme (§2324) les qualifie de meurtre grave, contraire à la dignité de la personne et à la souveraineté de Dieu sur la vie. Jean-Paul II l’a solennellement rappelé dans Evangelium Vitae (1995), position confirmée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de nombreux documents ultérieurs, y compris sous le pontificat de François.

    L’Église promeut les soins palliatifs, l’accompagnement humain et spirituel, la sédation proportionnée (qui soulage sans viser la mort) et une spiritualité qui voit dans la souffrance et la mort un passage vers la vie éternelle. La dignité de la vie humaine demeure entière jusqu’à sa fin naturelle.

    Les évêques de France

    En cohérence avec cette doctrine, les évêques français alertent sur les risques de dérive : pression sur les vulnérables, banalisation de la mort provoquée et affaiblissement des soins palliatifs. Ils lancent des neuvaines et défendent une anthropologie de la fraternité qui accueille les fragiles plutôt que de les éliminer.

    Le cas belge

    En Belgique, l’euthanasie est légalisée depuis 2002 et n’a cessé de s’étendre (mineurs, troubles psychiatriques, etc.), avec une augmentation constante des cas. CathoBel a mis en avant les propositions du Frère Poswick sous le titre « proposition-choc », tout en précisant que celles-ci n’engagent que leur auteur et vont « à l’encontre de l’enseignement de l’Église ». Cette clause de style ne change rien au fait de donner une tribune à une rupture doctrinale.

    Un moine bénédictin, connu pour ses travaux sur la Bible, l’informatique et la spiritualité, n’a pas autorité pour proposer une telle évolution. Cette publication (désapprouvée par son supérieur) (1) interroge la gouvernance et la fidélité doctrinale de l’Église en Belgique, déjà mise en cause par d’autres affaires ayant nécessité des interventions vaticanes.

    Pourquoi cette divergence ?

    • Contexte culturel : forte sécularisation et tradition de « tolérance » pragmatique en Belgique et aux Pays-Bas. Une partie des catholiques, clercs inclus, s’aligne sur l’esprit du temps au nom d’une « miséricorde » ou d’une autonomie individuelle absolue.
    • Crise interne : difficulté de transmission doctrinale en Europe occidentale. Certains invoquent un « développement pastoral » qui contourne l’enseignement constant, au profit d’un subjectivisme moral.
    • Évangélisme dévoyé : ritualiser la mort provoquée reviendrait à transformer l’Église en aumônerie de la culture de mort, au lieu d’en être le sel et la lumière.

    Le magistère universel prime sur les initiatives locales. Rome a déjà corrigé des dérives similaires. Les fidèles ont le devoir, selon Donum Veritatis, de s’attacher à l’enseignement constant plutôt qu’à des propositions novatrices isolées.

    La réaction (ou l’absence de réaction) des évêques belges

    La Conférence épiscopale de Belgique a réaffirmé par le passé son opposition de principe à l’euthanasie, tout en privilégiant un ton nuancé et pastoral (« Je te prends par la main », 2019). Cependant, face à la banalisation sociale de l’euthanasie et à cette publication interne, une réaction ferme et claire fait défaut. Cette tiédeur contraste avec la position plus résolue des évêques français.

    Ce silence probable s’explique par la peur du conflit dans un pays très sécularisé, une culture du « dialogue » et de l’« accueil » qui l’emporte souvent sur la clarté doctrinale, et une certaine pusillanimité face à l’opinion publique majoritairement favorable.

    Conclusion

    Cette affaire révèle un défi plus large : celui de l’unité doctrinale face à la pression sociétale. Les évêques français ont raison de résister fermement. En Belgique, l’accommodement progressif affaiblit le témoignage prophétique de l’Église. Si les évêques belges restent silencieux, les fidèles attachés à la doctrine ont toute légitimité à rappeler la vérité et à s’adresser, si nécessaire, directement à Rome. L’accompagnement véritable des mourants passe par l’espérance et le respect inconditionnel de la vie, et non par l’administration de la mort.

    (1) Le Père Abbé de Maredsous vient (le 1er juillet en matinée) de publier une mise au point : Opinion de Fr. Poswick sur la fin de vie: la mise au point du Père Abbé de Maredsous

    (2) CathoBel précise "qu'un texte d'opinion publié sur le site cathobel.be n'a aucunement valeur de prise de position de l'Eglise en Belgique."

  • [Fin de vie] « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne » (Cardinal Sarah)

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    De  Tribune Chrétienne :

    29 juin 2026

    [Fin de vie] Cardinal Sarah : « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne »

    « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. Le mot démocratie est ainsi parfois brandi comme un prétexte pour interdire la notion de loi naturelle. » (En France) À la veille du vote solennel du 30 juin sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir, cet avertissement du cardinal Robert Sarah résonne avec une force particulière

    Alors que les partisans de l’aide à mourir invoquent régulièrement la souveraineté du Parlement et la légitimité du vote démocratique, le cardinal Robert Sarah rappelle une distinction fondamentale : toutes les lois ne sont pas nécessairement justes. Dans son ouvrage 2050, le prélat guinéen développe une réflexion qui dépasse largement le seul débat sur l’euthanasie et interroge le fondement même de l’autorité politique. Pour lui, lorsqu’une démocratie cesse de reconnaître une vérité morale qui la dépasse, elle court le risque de devenir elle-même oppressive. « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée dans un Parlement démocratique qu’elle est en soi bonne. » Cette affirmation résume l’ensemble de son raisonnement. La démocratie constitue un mode de gouvernement légitime, mais elle ne crée pas le bien et le mal.

    Le vote d’une majorité ne peut transformer une injustice en justice. Le cardinal rejoint ici la grande tradition de la doctrine sociale de l’Église, pour laquelle la loi civile doit demeurer ordonnée à la loi naturelle.

    Il poursuit sa réflexion par une mise en garde d’une grande actualité : « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. » Derrière cette formule, le cardinal ne remet nullement en cause la démocratie elle-même ; il dénonce son absolutisation. Lorsque le pouvoir politique prétend devenir l’unique source du droit, il s’affranchit de toute référence supérieure à la dignité de la personne humaine. Cette conviction s’enracine dans une tradition philosophique et juridique bimillénaire. Le cardinal Sarah cite Cicéron : « Il est une loi véritable, la droite raison conforme à la nature, universelle, immuable, éternelle… On ne peut ni l’infirmer par d’autres lois, ni déroger à quelqu’un de ses préceptes. » Cette référence rappelle que certaines vérités fondamentales précèdent les États et les Parlements. Elles ne sont pas créées par les législateurs ; elles leur sont données comme une limite qu’ils ne peuvent franchir.

    Le cardinal fait également écho aux paroles prononcées par le pape Léon XIV devant les responsables politiques réunis à Rome à l’occasion du Jubilé des gouvernants. Le Saint-Père rappelait que « la loi naturelle, universellement valide au-delà d’autres opinions pouvant être discutées, constitue la boussole pour légiférer et agir ». Sans cette référence, avertit le cardinal Sarah, « la démocratie risque de s’enfoncer dans les marécages du relativisme destructeur ». L’enjeu dépasse donc le seul débat sur la fin de vie. Une société peut-elle décider, par un simple vote, que certaines vies ne méritent plus d’être protégées ? Pour le cardinal Sarah, une démocratie privée de fondements moraux risque de glisser vers ce que saint Jean-Paul II appelait déjà une « démocratie sans valeurs », laquelle « se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois ». Les procédures démocratiques demeurent, mais elles peuvent alors servir à légitimer des décisions contraires aux droits les plus fondamentaux.

    C’est pourquoi il cite une nouvelle fois saint Jean-Paul II : « Les lois, quels que soient les domaines dans lesquels le législateur intervient, doivent toujours respecter et promouvoir les personnes humaines. » Et d’en tirer une conclusion d’une grande fermeté : « Une loi qui ne respecterait pas le droit à la vie, de la conception à la mort naturelle, de l’être humain, quelle que soit la condition dans laquelle il se trouve, qu’il soit sain ou malade, encore à l’état embryonnaire, âgé ou en phase terminale, n’est pas une loi conforme au dessein de Dieu. » À la veille du vote du 30 juin, ces pages de 2050 rappellent que le débat sur l’euthanasie ne se limite pas à une question de procédure parlementaire ou d’évolution des mœurs. Il engage la conception même de la dignité humaine. Pour le cardinal Sarah, une civilisation se juge à la manière dont elle protège les plus fragiles. Et cette responsabilité ne saurait dépendre des fluctuations d’une majorité politique.

    Source : 2050 – Cardinal Robert Sarah – Nicolas Diat ( Fayard)