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Ethique - Page 3

  • Léon XIV : Comment répondre à la civilisation de la mort ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Comment répondre à la civilisation de la mort ?

    7 septembre 2026

    Un thème revient sans cesse en toile de fond de tous les grands débats concernant l’Église catholique : la vie.

    Certains affirment que parler de vie et de famille est dépassé, qu’il faudrait se concentrer davantage sur les questions sociales que sur les principes, et que l’Église catholique devrait moins se focaliser sur les principes et davantage sur l’aide aux personnes.

    La question de la vie est cependant si forte et si pressante qu’elle ne peut être ignorée, et elle ne le sera certainement pas par Léon XIV.

    Le pape se rendra en France fin septembre. La France est un pays qui connaît, d’une manière intéressante, une renaissance chrétienne. Le pèlerinage Paris-Chartres, une initiative relancée il y a une quarantaine d’années par une association de catholiques attachés à la tradition, rassemble un nombre considérable de participants et ne cesse de croître.

    Le nombre de baptêmes d’adultes la nuit de Pâques ne cesse d’augmenter, à tel point que l’Île-de-France, la région ecclésiastique qui comprend l’archidiocèse de Paris, a convoqué un conseil spécial pour comprendre les causes de ce renouveau de la foi.

    Cependant, Léon XIV arrivera sur le sol français après avoir reçu un « cadeau » à la veille de sa visite : une nouvelle loi sur l’euthanasie. Fortement soutenue par le gouvernement Macron, cette loi a surmonté tous les obstacles, et les évêques français ont été en première ligne de l’opposition à celle-ci.

    Il s’agit d’une loi qui va jusqu’à ignorer l’objection de conscience des infirmières, et qui oblige ainsi, dans les faits, même celles qui se sentent moralement tenues de ne pas aider les patients à mourir, à se conformer à la loi en dépit de leurs objections de conscience.

    Ce n’est pas la seule mesure prise.

    La France avait déjà inscrit le droit à l’avortement dans sa Constitution, avec une formulation qui ne faisait pas directement référence au « droit à l’avortement », mais soulignait que la loi détermine les conditions dans lesquelles une femme exerce sa liberté d’avorter.

    Cette mesure a été suivie d’une résolution de l’Union européenne, l’une de ces pratiques « non contraignantes » qui constituent néanmoins une sorte de « droit souple ».

    En Angleterre, il n’existe pas de loi sur les soins de fin de vie, mais le débat ne cesse d’être relancé, sous une pression sans précédent.

    Et puis il y a l’Italie, où il n’y a pas de loi sur la fin de vie, mais où la Vénétie, l’une de ses régions, en a adopté une de manière autonome.

    Cette loi a suscité de vives réactions de la part du patriarche de Venise, Mgr Francesco Moraglia, ainsi que d’autres membres de la Conférence épiscopale italienne, tels que l’archevêque de Modène, Mgr Giacomo Morandi.

    Mais ce qui frappe, c’est qu’en Italie, il n’y a pas encore eu de mouvement d’opinion marqué sur la question ; la Conférence épiscopale a tout laissé aux initiatives des ordinaires et des pasteurs individuels, et il est intéressant de constater que cela se produit dans un pays traditionnellement catholique.

    En France, cependant, les évêques se sont engagés sans réserve en première ligne, face à une volonté politique difficile à contrer.

    C’est là que le voyage du pape en France commence à revêtir une signification particulière.

    Que dira le pape au sujet de la vie ? Comment abordera-t-il, dans ses discours, la question des soins aux malades et de la dignité de la vie humaine ?

    Le pape pourrait aborder ce sujet lors de sa rencontre habituelle avec le corps diplomatique au début de son voyage, lors de sa rencontre avec les malades à Lourdes, ainsi que dans ses discours à Metz, où Léon XIV devrait enfin exposer sa politique pour l’Europe.

    La question est toutefois de savoir comment Léon XIV entend lutter contre cette culture de la mort de plus en plus répandue, et pas seulement en Europe.

    Aux États-Unis, pays natal du pape, par exemple, les Sœurs Carmélites pour les personnes âgées et les infirmes ont intenté un procès contre l’État de l’Illinois afin de bloquer une loi sur la fin de vie avant son entrée en vigueur, car celle-ci violerait leur liberté de conscience et les obligerait à aider les patients à mettre fin à leurs jours s’ils en faisaient la demande.

    Jusqu’à présent, Léon XIV s’est montré très clair sur la question, mais aussi très prudent.

    Répondant à une question concernant une distinction décernée par le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, au sénateur pro-avortement Dick Durbin, le pape a souligné que la vie humaine devait être défendue en toutes circonstances, et que ceux qui s’opposaient à l’avortement mais rejetaient en fin de compte les migrants (il s’agit là d’une paraphrase des propos du pape) étaient également contre la vie.

    C’est une position logique, mais paradoxalement, elle semble bien plus faible que celle du pape François.

    Au cours de son pontificat, le pape François a privilégié une application de la doctrine sociale moins axée sur les questions liées à la vie et davantage orientée vers la prise en charge des pauvres et des migrants. Avec le pape François, l’ère de la lutte contre les valeurs non négociables était révolue.

    Le pape François a toutefois été celui-là même qui a affirmé, sans demi-mesures, que l’avortement revenait à engager un tueur à gages pour résoudre un problème.

    Ces questions mettront probablement à l’épreuve la stabilité du nouveau pontificat léonin.

    Il est vrai que Léon XIV a défendu la vie humaine à chaque occasion possible. Par exemple, dans le discours qu’il a prononcé devant le Parlement espagnol en juin, ainsi que lors de plusieurs audiences et allocutions.

    Cependant, Léon semble adopter une approche mesurée, prudente et raisonnée de la doctrine sociale de l’Église. Lorsqu’il s’exprime, il cherche généralement à responsabiliser d’abord les fidèles. L’Église fournit les principes ; les fidèles doivent les appliquer, selon la logique de la séparation de l’Église et de l’État.

    Mais l’impact culturel doit également être pris en compte, et il faut s’appuyer sur cet impact.

    Les textes émanant du Vatican semblent encore refléter une approche « modérée ». Le dernier document publié par la Commission théologique internationale, entièrement consacré à la gestion responsable de l’ordre créé, souligne que la vie doit toujours être protégée, à tout prix et de toutes les manières possibles. Ce même document s’attarde toutefois sur les péchés écologiques, se perd dans des données techniques et scientifiques, et reflète une approche qui, en réalité, évoque des valeurs non négociables, tout en mettant quelque peu ce concept de côté.

    Le pontificat léonin, encore récent, a donc besoin d’un cadre culturel, et ce cadre doit être construit presque entièrement à partir de zéro.

    L’encyclique *Magnifica Humanitas* constitue un point de départ, mais elle ne saurait probablement pas être un point d’arrivée : elle est trop longue, trop diluée dans de nombreux concepts et, par moments, trop déséquilibrée en faveur du présent pour représenter les fondements d’un nouveau discours politique.

    Ainsi, aux grands thèmes du pontificat — de la nouvelle art de la diplomatie au dialogue avec le monde traditionaliste — s’ajoute la lutte contre la culture de la mort.

    On pensait que cette époque avait pris fin avec Jean-Paul II, puis avec Benoît XVI et sa lutte contre le relativisme culturel.

    Nous avions tort. Et aujourd’hui, alors que même les partis aux valeurs dites chrétiennes ont perdu de vue l’essence de la doctrine sociale, tandis que les chrétiens eux-mêmes sont incapables d’aborder ces questions avec force, il est nécessaire de repartir sur de nouvelles bases en opérant un nouveau saut qualitatif.

    C'est sans doute là le grand défi méconnu de ce pontificat.

  • (France) L'« aide à mourir » : une loi transgressive grosse de conflits

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    De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour (Synthèse n°2731) :

    « Aide à mourir » : une loi transgressive grosse de conflits

    31/08/2026

    Emmanuel Macron a promulgué le 19 août la loi sur « l'aide à mourir », après le feu vert du Conseil constitutionnel. Toutefois, les « Sages » ont émis des « réserves d'interprétation » censées orienter l'application de la loi. Ils ont étendu la clause de conscience des médecins et infirmiers aux pharmaciens, et reconnu aux établissements privés une clause de conscience calquée sur celle de l'IVG.

    Emmanuel Macron a promulgué le 19 août la loi « relative au droit à l'aide à mourir ». Sans surprise, le Conseil constitutionnel (dont les décisions ne sont susceptibles d'aucun recours) avait validé le texte le 14 août. Il a toutefois émis trois « réserves d'interprétation » qui, sans nécessiter une réécriture de la loi, sont censées orienter son application (Gènéthique,15/08/2026).

    Deux de ces réserves portent sur la clause de conscience. Les « Sages » ont étendu aux pharmaciens la clause de conscience individuelle jusque-là réservée aux médecins et au personnel infirmier. Reconnaissant que « la réalisation d'une préparation magistrale létale ou sa délivrance est susceptible de heurter les convictions personnelles du pharmacien », ils jugent que « sauf à méconnaître la liberté de conscience garantie par l'article 10 de la Déclaration de 1789, les pharmaciens (…) ne sauraient être tenus de participer à la procédure d'aide à mourir ».

    En outre, les membres du Conseil ont concédé la clause de conscience aux établissements privés, en la calquant sur celle qui existe pour l'avortement : « Le responsable d'un établissement privé pourra, dans certaines conditions et limites, refuser que la procédure d'aide à mourir se déroule dans ses locaux ». Mais ce refus n'est accordé qu'aux établissements privés, et seulement    « lorsque d'autres établissements sont en mesure de répondre aux besoins locaux [d'euthanasie] ».

    Cette disposition est grosse de conflits : comment les personnels des hôpitaux, cliniques ou maisons de retraite catholiques, auxquels l'interdit de tuer s'impose absolument, pourraient-ils accepter que « l'aide à mourir » se pratique dans leurs murs ? Et qu'éprouveraient les pensionnaires de ces établissements en apprenant que ce protocole mortel aurait été appliqué à l'un d'eux, en violation de la charte éthique qui avait guidé leur choix ?

    La dernière réserve d'interprétation du Conseil constitutionnel concerne les majeurs protégés (sous tutelle ou curatelle). Leur « protection » contre un suicide assisté semble dérisoire dans la pseudo réserve émise par le Conseil constitutionnel. Pour avoir le droit d' « aider à mourir » une de ces personnes fragiles, le médecin dépositaire de la demande de suicide assisté devra simplement « recueillir [les] observations » de la personne chargée de la mesure de protection, et « les communiquer au collège pluriprofessionnel chargé de vérifier que les conditions médicales du droit à l'aide à mourir sont remplies », le médecin restant décisionnaire.

    «Aucune protection n'est accordée aux personnes porteuses de déficience intellectuelle qui restent ciblées par cette loi », s'insurge la Fondation Jérôme Lejeune dans un communiqué (14/08/2026). Elle rappelle avoir interpellé à plusieurs reprises l'ONU dont le Comité des droits des personnes handicapées avait alerté (sans effet) le gouvernement français sur la « violation du devoir de respecter, protéger et garantir le droit à la vie des personnes handicapées ».

    En définitive, malgré ses « réserves », le Conseil constitutionnel n'a censuré aucun article de la loi légalisant l'euthanasie et le suicide assisté. Les « sages » n'ont rien trouvé à redire au délai de réflexion de 24h laissé au patient pour confirmer sa demande une fois celle-ci acceptée (il est de 10 jours pour un crédit immobilier), à la limitation des recours « à des personnes autres que l'auteur de la demande », au contrôle a posteriori de la procédure et à sa prise en charge par l'assurance maladie. C'est une victoire qu'a célébrée le président de la République en saluant une décision « qui parachève un débat démocratique exemplaire » (communiqué de l'Élysée, 14/08/2026)

    Pour autant, les militants de l'euthanasie ne désarment pas. Ils ciblent la clause de conscience d'établissement partiellement rétablie par le Conseil constitutionnel dans une tribune collective publiée par Le Monde (17/08/2026), intitulée : « La liberté de refus d'un établissement privé pourrait rendre illusoire l'exercice d'un droit de la personne en fin de vie ». Les signataires relèvent qu'« en reconnaissant le principe d'une clause de conscience collective dans sa décision du 14 août, le Conseil constitutionnel a tracé une limite, sans écrire le mode d'emploi ». Un flou qu'ils comptent bien exploiter pour supprimer cette clause d'établissement comme l'ont fait, soulignent-ils, la Belgique et le Québec. Sans les nommer, ces associations pro-euthanasie veulent contraindre les institutions catholiques à faire entrer la mort administrée dans leurs murs, décrypte l'avocat Erwan Le Morhedec dans sa tribune pour La Croix (19/08/2026) : « C'est leur conscience éclairée par la foi qui, siècle après siècle, a conduit des catholiques à fonder dispensaires, hospices puis unités de soins palliatifs, sans jamais imaginer que combattre la souffrance puisse supposer de supprimer le souffrant », rappelle-t-il. Pourtant, au cœur de cet été, le Parlement français a décidé qu'il peut être mis fin légalement à une vie humaine pour des motifs compassionnels comme il l'avait fait en 1975 en légalisant l'avortement.

    À retenir
    •  Emmanuel Macron a promulgué le 18 août la loi sur « l'aide à mourir », après le feu vert du Conseil constitutionnel.  

    •  Les « Sages » ont émis des « réserves d'interprétation » censées orienter l'application de la loi.  

    •  Ils ont étendu la clause de conscience des médecins et infirmiers aux pharmaciens, et reconnu aux établissements privés une clause de conscience conditionnelle calquée sur celle de l'IVG.

    •  Cette clause de conscience est la cible des associations pro-euthanasie qui veulent contraindre les institutions catholiques à faire entrer la mort administrée dans leurs murs.

    La sélection

    Euthanasie : le Conseil constitutionnel valide la loi

    Le JDD
  • France : une victoire bien méritée pour les opposants à l'euthanasie

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    L’euthanasie en France : une victoire bien méritée pour les opposants

    Le Conseil constitutionnel français reconnaît l'objection de conscience, tout en validant la loi injuste introduite par Macron. Ce résultat n'était pas acquis d'avance, notamment grâce au rôle des évêques français, qui nous incitent à défendre avec courage, expertise et un travail parlementaire rigoureux les principes non négociables.

    27/08/2026

    En France, l'euthanasie restera interdite dans tous les établissements privés qui le souhaitent, y compris les établissements catholiques : il leur suffit de déclarer leur respect de la vie dans leurs statuts ou par le biais d'un code de déontologie. Ce droit a été reconnu et garanti suite à la décision du Conseil constitutionnel qui, tout en confirmant la loi promue par Macron et la gauche, a décidé d'y inclure des clauses de conscience absentes du texte.

    Il s'agit d'une victoire significative qui, à l'instar de celles remportées au niveau paneuropéen en 2010 et 2012, nous enseigne à avoir du courage et à cultiver l'expertise, un travail parlementaire rigoureux et des réseaux de collaboration solides afin de pouvoir, aujourd'hui encore, réaffirmer la vérité et la raisonnabilité des principes non négociables et la juste interprétation des droits de l'homme. 
    De même, tous les pharmaciens se voient accorder le droit d'exercer leur profession, garantissant ainsi leurs droits et leur liberté de conscience – droits et libertés bafoués par la majorité au pouvoir. La promulgation officielle de la loi française sur la fin de vie, publiée au Journal officiel, le confirme. 

    Dans le contexte d'une loi injuste, à l'instar de la constitutionnalisation de l'avortement, également promue par Macron, la protection du droit et de la liberté de conscience représente une petite mais importante victoire pour la civilisation. Comme l'affirme Gregor Puppinck, président du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), l'un des promoteurs des avis soumis au Conseil constitutionnel : « Nous pouvons remercier Dieu pour cette victoire. En France, des lieux de refuge subsisteront où les personnes vulnérables ne seront pas en danger de mort. Nous allons maintenant poursuivre ce combat dans d'autres pays… afin de garantir également la liberté des institutions religieuses. En France, nous nous préparons à contester les décrets d'application qui seront adoptés par le gouvernement dans les prochains mois. »

    L'archevêque Laurent Ulrich de Paris a salué ces changements dans son message aux fidèles du 19 août, à l'occasion de la promulgation de la loi, les qualifiant d'« opportunité » et invitant les institutions dédiées aux soins des malades graves et spécialisées en soins palliatifs à trouver « dans ces réserves une incitation à préserver leur spécificité et à demeurer des lieux où personne ne sera tué ».

    Le reste de la décision du Conseil constitutionnel a consisté, comme prévu, en une confirmation de toutes les autres dispositions de la loi, telles que décrites ici. Ces pages abordent notamment le défaut d'information des familles, l'absence de possibilité de recours, l'euthanasie des personnes sous tutelle, etc. Dans sa version initiale, le texte stipulait que, si une personne était hospitalisée ou résidait dans certains établissements soumis à la législation, « le responsable de l'établissement doit autoriser l'intervention des professionnels impliqués dans la procédure », ainsi que l'accès à toute personne accompagnant la personne souhaitant mourir, sans exception, même en cas d'objection de l'établissement lui-même. Par ailleurs, aucune clause de conscience n'était garantie aux pharmaciens.

    Le rôle des catholiques, y compris des évêques, dans la demande du Conseil constitutionnel de respecter la clause de conscience est certain. Ce succès est mérité mais non acquis – et pourrait donner lieu à de nouveaux recours devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg – car parmi les membres du Conseil constitutionnel ayant pris cette décision figuraient deux promoteurs et militants de l'euthanasie, Jacques Mézard et Alain Juppé, ce qui rend la constitutionnalité du texte contestable. En l’espèce, le mémoire « externe » et fortement contestataire du texte approuvé par le Parlement, soumis le 30 juillet dernier au Conseil constitutionnel par la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion et de conscience, Nazila Ghanea, pourrait renforcer la position et les arguments des requérants.

    Permettez-moi une remarque personnelle. Il y a seize ans, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté une résolution et recommandation « impossible » ( n° 1762/2010 ) en raison du soutien massif apporté par les partis de gauche, socialistes et libéraux au texte initial, ouvertement parrainé par les principales multinationales pro-avortement et pro-euthanasie, qui interdisait l’objection de conscience tant pour les individus que pour les institutions de santé religieuses. À l’époque, le maintien des valeurs fondatrices du Parti populaire européen, considéré comme « impossible », est devenu possible grâce à un leadership courageux (le mien), à l’unité d’une poignée d’amis parlementaires (dont Renato Farina) et au leadership d’ONG chrétiennes, notamment Gregor Puppinck et Roger Kiska, alors à la tête de l’Alliance pour la défense de la liberté en Europe.

    Guidés par notre expertise, la certitude rationnelle des principes humains et chrétiens non négociables, et notre confiance en la Divine Providence (quant à l'issue), la victoire certaine des détracteurs de la vie et des violeurs des droits de l'homme s'est muée en leur première défaite cuisante. Cette défaite a été suivie, en 2012, par l’approbation d’un amendement à la résolution sur les déclarations de fin de vie, qui interdisait explicitement « l’euthanasie (définie comme le meurtre intentionnel d’un être humain non autonome pour un prétendu bénéfice) ». 

  • Le Royaume-Uni interdit à la députée chrétienne finlandaise Päivi Räsänen d'entrer dans le pays

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Le Royaume-Uni interdit à la députée chrétienne finlandaise Päivi Räsänen d'entrer dans le pays

    Son autorisation de voyage en Irlande du Nord a été révoquée suite à sa condamnation par la Cour suprême de Finlande pour avoir défendu ses convictions chrétiennes sur le mariage, la famille et l'homosexualité.

    Finland’s Top Court Split on Christian Politician’s Hate Speech Charges

    Päivi Räsänen témoigne au Capitole des États-Unis le 4 février 2026, à Washington. L'audition a mis en lumière l'impact potentiel des lois européennes sur la censure sur la liberté d'expression aux États-Unis.

     LONDRES — Une parlementaire chrétienne finlandaise s'est vue interdire l'entrée au Royaume-Uni suite à sa condamnation par la Cour suprême de Finlande pour avoir qualifié l'homosexualité de « déviation sexuelle » et d'« aberration ». 

    En juillet, le gouvernement britannique a informé Päivi Räsänen, une femme politique démocrate-chrétienne de longue date, que son autorisation de voyage électronique (ETA) avait été refusée, après l'avoir initialement approuvée en juin. 

    Räsänen devait se rendre en Irlande du Nord pour prendre la parole lors d'une conférence sur la liberté religieuse et la liberté d'expression mercredi et vendredi de cette semaine, mais elle devra désormais y participer virtuellement. 

    Son interdiction d'entrée en Irlande du Nord fait suite au refus du gouvernement britannique d'autoriser plusieurs autres personnalités de premier plan à se rendre dans le pays au cours de l'année écoulée, souvent en raison de ce qu'il considère comme des « discours de haine ». 

    Après l'annulation de son ETA, Räsänen a demandé un visa complet et a écrit personnellement au ministre de l'Intérieur britannique pour demander qu'il lui soit accordé avant la conférence, mais elle n'a reçu aucune réponse et on lui a dit de ne pas s'attendre à une réponse avant l'événement. 

    L'interdiction d'entrée de Räsänen au Royaume-Uni fait suite à sa condamnation par la Cour suprême de Finlande en mars 2026 pour avoir exprimé ses convictions chrétiennes sur le mariage et la sexualité humaine dans une brochure de 2004 intitulée Homme et Femme Il les créa : Les relations homosexuelles remettent en question le concept chrétien d'humanité.

    La Cour suprême a jugé que les passages qualifiant l'homosexualité d'« aberration du développement psychosexuel » et de « déviation sexuelle » étaient dénigrants envers les personnes homosexuelles en tant que groupe, en raison de leur orientation sexuelle. Les opinions exprimées dans le livre reflètent l'éthique sexuelle chrétienne, à savoir que le mariage unit un homme et une femme et que les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont considérées comme un péché.

    Condamnation par le tribunal

    Le tribunal a condamné non seulement Räsänen, membre de l'Église évangélique luthérienne de Finlande, mais aussi l'évêque luthérien Juhana Pohjola, co-auteur de la brochure, et la Fondation Luther Finland, qui l'a publiée. Le tribunal les a tous condamnés à une amende et a ordonné le retrait des passages incriminés. Par ailleurs, Räsänen a été acquitté des accusations portées contre lui pour des commentaires publiés en 2019 sur les réseaux sociaux, dans lesquels il critiquait l'Église évangélique luthérienne de Finlande pour son parrainage de la Marche des fiertés d'Helsinki. 

    Räsänen, Pohjola et la Fondation Luther ont maintenant porté leurs affaires devant la Cour européenne des droits de l'homme, avec l'aide de l'organisation de défense juridique de la liberté d'expression Alliance Defending Freedom (ADF).

    « Il est choquant que le Royaume-Uni m’ait empêché, moi, un homme politique démocratiquement élu dans un État européen allié, d’entrer dans le pays », a déclaré Räsänen à ADF.

    « J’ai été condamnée pour “discours de haine” en Finlande pour avoir exprimé pacifiquement mes convictions chrétiennes », a-t-elle déclaré. « Il s’agit d’un cas flagrant de censure d’État, qui a suscité l’inquiétude des observateurs du monde entier, notamment du département d’État américain et de la Commission américaine sur la liberté religieuse. »

    Räsänen a ajouté : « Bien que cette condamnation injuste fasse actuellement l’objet d’un appel devant la Cour européenne des droits de l’homme, le Royaume-Uni m’a probablement refusé l’autorisation de voyager sur cette base. Ce faisant, le Royaume-Uni me punit pour avoir exercé mes droits fondamentaux. »

    En vertu de la loi britannique, le ministre de l'Intérieur peut interdire l' entrée sur le territoire britannique à un ressortissant étranger s'il estime que son admission « n'est pas dans l'intérêt public », c'est-à-dire qu'elle est indésirable car il représente une menace pour la société britannique. Cette politique est généralement réservée aux cas de sécurité nationale, tels que l'extrémisme ou les crimes graves, mais elle peut s'appliquer à des « comportements inacceptables » sous forme de discours, de publications, de prêches, de sites web ou d'une position d'influence qui « incitent à la haine » et pourraient engendrer des violences intercommunautaires au Royaume-Uni. 

    L’avocat de l’ADF, Lorcán Price, qui représente Räsänen, Pohjola et la Fondation Luther Finland lors de l’appel, a déclaré qu’« en substance », la parlementaire finlandaise s’était vu refuser l’entrée au Royaume-Uni « pour avoir exprimé pacifiquement ses convictions chrétiennes ». 

    « Il ne s’agit pas d’un incident isolé », a-t-il ajouté. « Le Royaume-Uni a bloqué, au cours de l’année écoulée, plusieurs personnalités et hommes politiques conservateurs de premier plan. » 

    Il faisait référence à des personnalités publiques comme Eva Vlaardingerbroek, à qui l'ETA a été refusée en janvier et qui a été invitée à demander un visa. Militante conservatrice néerlandaise ayant expliqué au Register en 2023 les raisons de sa conversion au catholicisme , Mme Vlaardingerbroek a été informée de cette interdiction quelques jours seulement après avoir accusé le Premier ministre britannique de l'époque, Keir Starmer, de tolérer « le viol et le meurtre continus de jeunes filles britanniques par des réseaux de migrants » et l'avoir critiqué pour avoir menacé de bloquer l'application X au nom de la « sécurité ».

    Dominik Tarczyński, député européen polonais conservateur partisan d'une politique de « zéro immigration clandestine », a également été interdit d'entrée au Royaume-Uni en mai . Il devait prendre la parole lors d'un rassemblement « Unite the Kingdom » à Londres, organisé par le nationaliste britannique Tommy Robinson. « Voilà à quoi ressemble le communisme au XXIe siècle », a-t-il déclaré en réaction à cette interdiction.

    Le gouvernement britannique a également annulé l'autorisation de voyage d'autres personnalités publiques qui devaient assister au rassemblement de Robinson, comme Filip Dewinter , parlementaire flamand conservateur, Joey Mannarino, commentateur américain conservateur, et Valentina Gómez, influenceuse MAGA d'origine chilienne. 

    « Témoin exceptionnel »

    En réaction à l'interdiction faite à Räsänen, le père Benedict Kiely, un prêtre britannique dont l'association caritative Nasarean.org soutient les chrétiens persécutés, a déclaré avoir « eu le privilège de rencontrer Päivi », qu'il a décrite comme « une femme de foi et un témoin exceptionnel sous la persécution de la gauche laïque ». 

    Il a déclaré au Register le 19 août : « L’action du gouvernement est scandaleuse. Il semble que seuls les chrétiens et les conservateurs soient indésirables en Grande-Bretagne. L’Église devrait dénoncer avec véhémence l’érosion de la liberté d’expression en Grande-Bretagne. Pour l’instant, elle reste étrangement silencieuse. »

    Le journal The Register a demandé à l'archevêque Richard Moth de Westminster et à la Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles s'ils souhaitaient commenter l'interdiction d'entrée au Royaume-Uni imposée à Räsänen et à d'autres personnalités chrétiennes publiques. La Conférence des évêques a conseillé de contacter l'Église luthérienne du Royaume-Uni. Le bureau de l'archevêque Moth n'avait pas répondu avant la publication de cet article.  

    Dans son discours au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège en janvier, le pape Léon XIV a mis en garde contre de telles restrictions à la liberté d'expression. « Il est douloureux de constater à quel point, notamment en Occident, l'espace de la véritable liberté d'expression se réduit rapidement », a-t-il déclaré. « Parallèlement, un nouveau langage, digne d'un roman d'Orwell, se développe et, dans sa volonté d'être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l'alimentent. »

    « Malheureusement », a-t-il ajouté, « cela entraîne d’autres conséquences qui finissent par restreindre les droits fondamentaux de la personne, à commencer par la liberté de conscience. »

  • Quand le vouloir humain prétend se faire loi : saint Pie X contre l’absolu démocratique

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    De Daniele Trabucco sur la NBQ :

    Quand la volonté prétend se faire loi : saint Pie X contre l’absolu démocratique

    Ce que le pape Sarto conteste, ce n’est pas que le peuple participe à la détermination concrète du gouvernement, mais bien que le vouloir humain commun soit considéré comme le principe originel de l’ordre politique.

    21/08/2026

    La critique de saint Pie X à l’égard de la démocratie libérale ne peut se réduire au rejet d’une forme particulière de gouvernement, ni a fortiori à la nostalgie d’un ordre politique désormais révolu. Elle atteint un niveau bien plus profond, car elle touche à la conception moderne de l’autorité et, avant même cela, à l’anthropologie qui la rend possible.

    Ce que le Souverain Pontife conteste, notamment dans *Notre charge apostolique* de 1910, ce n’est pas que le peuple participe à la détermination concrète du gouvernement, mais bien que la volonté humaine associée soit considérée comme le principe originel de l’ordre politique, comme si l’autorité ne tirait pas sa mesure d’un bien qui la précède, mais la produisait par le consentement.

    La fracture est proprement métaphysique. Dans la conception classique et chrétienne, le pouvoir n’est pas une réalité autosuffisante, car sa légitimité ne découle pas simplement du fait d’être voulu, exercé ou reconnu. Il est juste dans la mesure où il est ordonné au bien commun et soumis à une loi qu’il ne crée pas, puisque le vrai et le bien possèdent une consistance antérieure à la décision des hommes. La modernité politique tend au contraire à transférer dans l’immanence de la volonté collective ce que l’ordre classique reconnaissait comme la mesure transcendante de l’action.

    C’est de là que naît l’erreur que Pie X identifie dans le démocratisme, lorsque le consensus n’est plus l’un des moyens par lesquels on détermine qui gouverne, mais devient le fondement ultime de ce qui peut être commandé. Il en découle une conséquence décisive. Si aucun ordre du juste ne précède la volonté politique, la loi risque de cesser d’être une « ordinatio rationis » pour devenir l’expression de la volonté dominante. La majorité acquiert alors une fonction qu’elle ne peut posséder, car elle peut manifester une préférence, mais non générer une vérité morale.

    Une multitude peut vouloir d’un commun accord ce qui est injuste sans que l’injustice n’en change pour autant de nature, tout comme aucune procédure ne peut transformer le mal en bien du simple fait de l’avoir revêtu de légalité. La même aporie traverse la conception libérale de la liberté. Pour le pape Sarto, la liberté ne trouve pas sa perfection dans l’indétermination du choix, mais dans la capacité de la volonté à adhérer au bien connu par la raison.

    En revanche, lorsqu’elle est conçue comme une émancipation vis-à-vis de tout ordre antérieur au sujet, elle finit par anéantir son propre fondement, car une liberté qui ne reconnaît d’autre critère qu’elle-même ne peut plus se distinguer théoriquement de l’arbitraire. L’égalité s’altère elle aussi lorsqu’elle passe, de dignité commune des hommes, à la négation de toute structure, fonction ou autorité, comme si toute relation ordonnée impliquait nécessairement une domination.

    C’est dans ce cadre qu’il faut également comprendre la critique de la séparation de l’État et de Dieu. Pie X ne nie pas la distinction des ordres, mais refuse qu’elle soit transformée en autosuffisance morale de la cité terrestre. Une communauté politique qui prétend ne recevoir aucune mesure au-delà d’elle-même ne devient pas neutre, car elle assume implicitement comme principe l’absence de toute vérité supérieure à la décision publique.

    Ce que propose Giuseppe Sarto conserve donc aujourd’hui encore une force singulière. Il ne s’agit pas d’une restauration mécanique des formes politiques du passé, mais bien de la redécouverte du caractère ministériel de l’autorité, de la loi en tant qu’expression de la raison ordonnée au bien commun, de la liberté en tant que faculté perfectionnée par la vérité, des corps intermédiaires en tant qu’articulations réelles de la société et de la participation politique en tant que contribution au bien de la communauté, et non comme l’attribution à la volonté collective d’un pouvoir sans limite.

    Sa critique touche ainsi au cœur même de la question qui continue de se poser à la démocratie contemporaine. Le problème ne réside pas avant tout dans l’identité de celui qui décide, mais dans ce qui rend une décision juste. Lorsque la procédure prétend épuiser à elle seule la légitimité, la politique ne se libère pas de tout absolu, mais finit plutôt par s’absolutiser elle-même. C’est précisément cette métamorphose de la volonté en mesure du vrai et du juste que saint Pie X rejette, en rappelant qu’aucune autorité humaine n’est aussi légitime que lorsqu’elle reconnaît ne pas être le principe ultime de l’ordre qu’elle est appelée à préserver.

    Daniele Trabucco est l’auteur de l’ouvrage *San Pio X. Il papa che condannò il modernismo*, Il Cerchio, Rimini 2026.

  • La réaction timide de Rome face à l'évêque pro-genre de Hambourg

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    La réaction timide de Rome face à l'évêque pro-genre de Hambourg

    Le Dicastère pour la Culture et l'Éducation soutient les parents qui s'opposent aux directives sur la « diversité » sexuelle imposées par l'archevêque de Hesse aux écoles catholiques de l'archidiocèse allemand. Quelques lignes, nécessaires mais insuffisantes : le projet doit être stoppé avant même sa mise en œuvre.

    18/08/2026

    Une réponse timide a rompu le silence du Saint-Siège face à la protestation de parents hambourgeois contre l'imposition par l'archidiocèse de directives relatives à l'éducation sexuelle des mineurs dans les écoles catholiques. Ces directives s'inspirent d'un document de la Conférence des évêques allemands, issu du processus synodal, qui, selon les parents (dont beaucoup sont arrivés en Allemagne comme migrants), « encourage la sexualisation délibérée des enfants et des jeunes, dévalorise, déforme ou rejette la vision catholique de la sexualité, du mariage et de la famille, et propage activement un contenu idéologique lié à la sexualité et à l'identité sexuelle ».

    Bref, un nouveau fiasco  en Allemagne, imposé de force par un évêque militant, au mépris de l'avis des familles. Quel gâchis pour la synodalité ! L'archevêque Stefan Hesse, dont les « carences organisationnelles » et les « erreurs de procédure » dans la gestion de l'affaire d'abus sexuels lorsqu'il était responsable du personnel de l'archidiocèse de Cologne, se sont heurtés à la détermination de nombreux parents, notamment celle de Varinia Arauco, une mère d'origine péruvienne. Elle écrivit à tous, du Pape jusqu'aux plus humbles, pour dénoncer la situation. L'audience demandée par une délégation du Réseau des parents pour la protection des mineurs et la prévention (nom que s'est donné ce groupe de familles) auprès de Léon XIV fut refusée, mais une lettre du Dicastère pour la Culture et l'Éducation parvint de Rome.

    Arauco avait également contacté, entre autres, le préfet José Tolentino de Mendonça, mais c'est le sous-secrétaire d'État allemand, Monseigneur Matthias Ambros, qui répondit. Quelques lignes pour accuser réception de la plainte et affirmer que le dicastère « confirme que, concernant la question d'éventuelles orientations en matière d'éducation sexuelle, sa position reste celle exprimée dans le document *  Il les créa homme et femme : Vers un dialogue sur la question du genre dans l'éducation* ».  Ce document, signé en 2019 par le cardinal Giuseppe Versaldi, alors préfet de la Congrégation pour l'Éducation catholique, rejette clairement l'approche du document de la Conférence des évêques allemands sur la « reconnaissance de la diversité des identités sexuelles à l'école » ainsi que les directives qui en découlent et que l'archevêque Hesse souhaiterait imposer dans les écoles catholiques de Hambourg. 

    Pour le dicastère, « l'éducation affective requiert un langage approprié ».« Il faut que l’éducation sexuelle soit mesurée et qu’elle tienne compte du fait que les enfants et les jeunes n’ont pas encore atteint leur pleine maturité et s’apprêtent à découvrir la vie avec intérêt. » « C’est pourquoi, écrivait Versaldi, il est nécessaire d’aider les élèves à développer un esprit critique face à l’invasion de propositions, face à la pornographie débridée et à la surcharge de stimuli susceptibles de mutiler la sexualité. » Un vademecum pour s’opposer au « bombardement de messages ambigus et vagues » dont est au contraire truffé le cadre conceptuel de l’éducation sexuelle souhaité par l’archidiocèse de Hambourg.

    Le paradoxe est que le document de la congrégation de l’époque défend « l’aspiration légitime des écoles catholiques à maintenir leur propre vision de la sexualité humaine, compte tenu de la liberté des familles de fonder l’éducation de leurs enfants sur une anthropologie globale, capable d’harmoniser toutes les dimensions qui constituent leur identité physique, psychologique et spirituelle », rappelant qu’« un État démocratique ne peut, en effet, réduire l’offre éducative à une seule ligne de pensée, surtout sur un sujet aussi sensible qui touche à la vision fondamentale de la nature humaine et au droit naturel des parents à une éducation libre ». « Le choix, toujours dans le respect de la dignité de la personne humaine. » Or, à Hambourg, ce n’est pas l’autorité civile qui impose un programme d’éducation sexuelle pro-genre aux écoles catholiques, mais bien l’autorité ecclésiastique, contre le consentement de centaines de parents.

    Les directives du diocèse allemand témoignent de cette « désorientation anthropologique qui imprègne tant le climat culturel de notre époque et qui a certainement contribué à la déstructuration de la famille, avec cette tendance à gommer les différences entre hommes et femmes, réduites à de simples effets du conditionnement historico-culturel ». Elles contreviennent donc ouvertement au contenu du document de Versaldi, auquel le Dicastère pour la Culture et l’Éducation se réfère encore aujourd’hui sur cette question. L’ancienne congrégation le sait si, en répondant à la mère de Hambourg, elle a jugé nécessaire de rappeler ce texte.

    Mais plus encore, le Saint-Siège ne peut prétendre avoir rempli son devoir avec ces quelques lignes envoyées au Réseau des parents, qui en reconnaissent implicitement la justesse. Une intervention urgente auprès de l’archevêque Hesse est nécessaire pour bloquer la mise en œuvre de ces directives. Les écoles de l'archidiocèse. Le temps presse : la mesure entrera en vigueur le 20 août.

  • La pensée de l'Église sur la femme

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    Sur le site web « Salon beige » on peut lire l'homélie, brève et dense à la fois, rédigée pour la Fête de l'Assomption par Dom Courau, père abbé de l'abbaye bénédictine de Triors: un texte écrit à lumière de la véritable anthropologie  chrétienne... (archive 2022)

    « + Signum magnum, mulier.

    Marie et le serpent 540b09a981652e55619bd2599d965696--quito-blessed-mother.jpgÀ partir du mystère de la gloire de Notre Dame au ciel, nous voulons contempler celui de la Femme, grand signe aussi sur la terre. Pourtant Ève, victime de confusions diverses, porte souvent le rôle de l’accusée. Guerric d’Igny au XIIème s. s’en fait l’écho amer : On l’appelle “mère des vivants” ; en réalité, elle est plutôt meurtrière des vivants, mère de ceux qui vont mourir. Pour elle, engendrer n’est rien d’autre que de communiquer la mort (Assomption, Serm. 2). Il ose l’appeler ‘marâtre’ plutôt que ‘mère’, alors que d’autres à l’inverse vantent la mère comme la relation protégée malgré la chute. Ces outrances verbales obligent donc à regarder de près le mystère de la femme sur la terre comme au ciel. Dieu ne fait rien en vain ; en créant, il ne nous tend pas de piège.

    Au début du siècle passé Charles Péguy aurait pu être tenté de le croire : sa conversion à la foi n’eût pas son prolongement sacramentel à cause du refus que lui imposait la femme qui partageait sa vie. Pourtant, derrière la femme-obstacle, il a respecté, patienté, allant à pied confier son souci à Notre Dame de Chartres peu avant sa mort, et de façon posthume, il fut exaucé. Il y a heureusement une foule de signes positifs en faveur de la femme sur la terre. Marie Goretti a fait des émules. Anne-Lorraine assassinée dans le RER il y a 10 ans avait écrit peu avant son désir du martyre pour la dignité féminine, Jeanne-Marie Kegelin est encore dans notre mémoire. Des chrétiennes irakiennes revenues à Qaraqosch après que Daech eût quitté la ville l’an dernier, veulent redonner la vie après la guerre : dans l’église vandalisée elles s’encouragent mutuellement selon leur vocation à refonder la vie sociale : Tout est difficile ici, dit l'organisateur, mais nous voulons reconstruire les femmes avant de reconstruire les maisons; car si nous reconstruisons les femmes, alors nous pouvons reconstruire les enfants, puis la famille, et après cela toute la communauté. Ces exemples héroïques donnent du crédit à la pensée de l’Église concernant la femme unie à l'homme dans le mariage.

    Sa pensée est-elle préhistorique ou prophétique, a-t-on ironisé à propos des 50 ans d’Humanae Vitae (La Croix, 27 juillet 2018) ? Avec sa lucidité tranquille, le Cardinal Sarah vient de répondre dans sa conférence à Kergonan (4 août 2018). En voici quelques passages : Dieu lui-même a pris soin de nous révéler les voies du bonheur et du Bien pour le couple humain... Accueillir 'Humanæ Vitæ' n’est pas d’abord une question de soumission et d’obéissance au Pape, mais d’écoute et d’accueil de la Parole de Dieu, de la bienveillante révélation de Dieu sur ce que nous sommes et sur ce que nous avons à faire pour correspondre à son amour. L’enjeu est en fait celui de notre vie théologale, de notre vie de relation avec Dieu... Annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile sur la sexualité et le mariage, c’est ouvrir aux couples la voie d’une vie heureuse et sainte ! C’est notre devoir de pères, de guides, de pasteurs ! Bien entendu, plus nous prêcherons avec force la vérité, plus nous saurons accompagner les personnes avec 'patience et bonté'. On le voit bien l'enjeu est à la hauteur de la crise qui étreint notre société au-delà de ses faux débats.

    L'encyclique de 1968 répond au désarroi contemporain sur la sexualité qui n’a fait que s’accentuer depuis : l’actualité en la matière ressemble à d’impuissants soins palliatifs face à des affectivités déconnectées du réel. Seul contre presque tous, Paul VI voyait venir ces désastres, il fut réellement prophétique, comme l’ont dit ses successeurs. L’intuition profonde se ramène à cette notion toute simple de chercher dans le mariage à marcher au pas de Dieu, tandis que l’athéisme feutré agresse l’intimité des personnes. De plus en plus, il fait du plaisir sans sagesse une drogue qui asservit, tel un nœud coulant. Et c’est le piège. Ne regarde pas le vin, prévient le Proverbe du Sage (Prov. 23,31-35) : comme il est vermeil; comme il brille dans la coupe, comme il coule suavement. Mais il finit par mordre comme un serpent, et par piquer comme une vipère. Tes yeux percevront des choses étranges, et ton cœur s’exprimera de travers. Tu seras comme un homme couché en haute mer, ou couché au sommet d'un mât. On m'a battu, et je n'ai point de mal ! On m'a rossé et je n’ai rien senti ! Et à mon réveil j’en redemanderai encore ! Quel contraste avec l’harmonie conjugale et la paix qu’elle rayonne : les époux s’aiment dans la durée sans chercher à échapper au rythme périodique ; l’homme considère le cycle féminin comme une richesse, heureux de s’y adapter et de se mettre à son école (Cf. G. Vialla, Billings F, recevoir le féminin).

    Oui, il y a un joug, Jésus le dit et ajoute aussitôt qu’il est doux et léger (Mt. 11,30). Humanae Vitae cite le verset et insiste sur cette douceur (HN 25) : les époux qui entrent ainsi dans le beau projet de Dieu rendent visibles aux hommes la sainteté et la douceur de la loi qui unit leur amour mutuel. Coopérer ainsi à l'amour de Dieu auteur de la vie humaine sème la paix. Paul VI évoque bien sûr le prix à payer, l’effort moral, cet heureux piment de la vie. Il le confie au réalisme de la vie théologale et liturgique, spécialement au beau duo sacramentel que forment ensemble la Réconciliation et l’Eucharistie (Cf. HN 25 & 29). »

    Ref. La pensée de l’Eglise sur la femme

    JPSC

  • Des catholiques réclament l'excommunication de la gouverneure du Massachusetts

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    De kath.net/news :

    Les catholiques réclament l'excommunication de la gouverneure américaine Maura Healey, qui se revendique du catholicisme

    13 août 2026

    La gouverneure du Massachusetts, Maura Healey (démocrate), a signé une loi autorisant l'avortement jusqu'au moment de la naissance. – L'évêque Barron : « Réglementation barbare » – L'évêque local de Healey, Henning : « Grave violation »

    Boston (kath.net/pl) – Mgr Robert Barron, évêque de Winona-Rochester, s'exprimant sur X, condamne fermement les mesures législatives de la gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, qui se déclare « catholique » : « La gouverneure du Massachusetts vient de signer une loi autorisant les avortements jusqu'au terme de l'accouchement, sous réserve du consentement de la mère et du médecin. Il est essentiel de bien comprendre ce que cela signifie. Un enfant à terme peut être éviscéré, démembré, avoir le crâne fracassé ou être tué par brûlure de la peau – quelques instants avant sa naissance – le tout sous la protection de la loi du Massachusetts. J'ai trouvé particulièrement répugnante la réaction du groupe exclusivement féminin qui entourait la gouverneure du Massachusetts lors de la signature de cette réglementation barbare. Elles applaudissaient et riaient aux éclats, car ce qui ne peut être qualifié que d'infanticide peut désormais être pratiqué en toute impunité dans leur État. »

    L’archevêque Richard Henning de Boston, dont le diocèse comprend le gouverneur, a commenté la situation : « L’adoption et la signature d’une loi qui élargit considérablement l’accès à l’avortement dans le Commonwealth du Massachusetts constituent une grave atteinte au caractère sacré et à la dignité de chaque être humain. Je sais que celles et ceux qui œuvrent pour défendre et promouvoir cette dignité peuvent se sentir découragés en ce moment. Je nous encourage à continuer de proclamer la beauté et l’émerveillement de la vie. La Parole de Dieu nous commande : “Choisis la vie, afin que tu vives” (Deutéronome 30, 19). Puisse cette vérité nous donner force et espérance. » L’archidiocèse a fait cette annonce sur ses réseaux sociaux ; voir également le tweet ci-dessous.

    Un tweet du journaliste catholique américain Sachin Jose est devenu viral : « Des catholiques exigent que la gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, catholique affirmée, soit privée de communion après avoir signé une loi autorisant l’avortement jusqu’au terme de la grossesse. » Ce bref message a déjà reçu près de 25 000 mentions « J’aime », a été retweeté près de 5 000 fois et a suscité plus de 1 700 commentaires.

    Certains internautes trouvent particulièrement amer qu'elle ait été autorisée à serrer la main du pape François en mai 2024 (voir photo d'archive). Elle était intervenue comme oratrice lors d'un sommet international sur le climat. Or, le pape François, plus que quiconque, s'est toujours prononcé sans équivoque contre l'avortement durant son pontificat.

    Photo d'archive du 24 mai : le pape François et Maura Healey (c) Vatican Media

  • Un exemple choquant de la culture de mort : une femme âgée a été euthanasiée contre son gré.

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    De kath.net/news :

    Un exemple choquant de la culture de mort : une femme âgée a été euthanasiée contre son gré.

    8 août 2026

    Canada – Brigitte Stegemann, arrière-grand-mère, avait auparavant demandé, confuse et en larmes : « Je suis censée mourir vendredi ? Vous voulez me tuer vendredi ? » – Les partisans du suicide assisté ont persuadé la vieille dame d’aller à l’encontre de ses souhaits exprimés précédemment de manière explicite.

    Ottawa (kath.net/gro/red) – Brigitte Stegemann, affectueusement surnommée « GG » par sa famille depuis quatre générations, était une fervente chrétienne de 83 ans et arrière-grand-mère. Elle a passé les deux dernières années de sa vie dans une maison de retraite à Belleville, en Ontario, au Canada. Environ cinq mois avant son décès, on lui a diagnostiqué un cancer de l’estomac incurable de stade IV. Chrétienne fervente, elle avait clairement et à plusieurs reprises refusé l’aide médicale à mourir (AMM), la forme canadienne d’euthanasie ou de suicide assisté. Cela allait à l’encontre de sa foi, et elle souhaitait une mort naturelle. Sa petite-fille, Brigitte Kranendonk, relate les événements en détail sur sa page Facebook.

    Mais on lui a refusé une mort naturelle. Pendant que sa petite-fille, Brigitte Kranendonk – qui avait été sa représentante légale et sa plus proche alliée pendant plus de douze ans – était en vacances pendant dix jours, le personnel de l'établissement a eu des conversations privées avec GG, qui souffrait de troubles cognitifs et était malentendante, au sujet de l'aide médicale à mourir. La famille n'a jamais su clairement qui avait initié ces conversations. L'établissement s'est chargé lui-même de la demande, a authentifié les signatures et a organisé la procédure – sans que la personne chargée de défendre ses droits n'y soit impliquée. Lors de l'évaluation de sa capacité, GG était incapable de répondre à des questions élémentaires sur sa propre famille (elle ignorait qu'elle avait 14 frères et sœurs et que certains étaient encore en vie). Malgré cela, le médecin l'a déclarée capable de prendre ses propres décisions. 

    L'injection létale avait été programmée avant même que les formalités administratives ne soient terminées. Lorsque la petite-fille est revenue et a demandé directement à GG si elle voulait vraiment mourir, la grand-mère a répondu, confuse et en pleurs : « Je suis censée mourir vendredi ? Ils veulent me tuer vendredi ? » 

    Elle regrettait d'avoir donné son consentement, qu'elle avait explicitement refusé à ses proches, et répétait sans cesse avoir commis une erreur. Le 10 juillet 2026, jour de l'assassinat prévu, GG était assise sur la terrasse, dégustant une glace à la fraise – sa préférée – et attendant son pasteur. Sa famille souhaitait lui offrir ces derniers instants ensemble. 

    Cependant, le personnel a insisté dès le début pour la faire entrer et lui poser la perfusion. À l'arrivée du médecin, GG, les mains jointes en signe de prière, est restée silencieuse. La famille rapporte que la promesse d'obtenir son consentement verbal définitif n'a pas été respectée. Le médicament létal a néanmoins été administré. GG est décédée sans avoir prononcé un dernier mot d'accord.

    La famille qualifie les événements de défaillance systémique : arrogance du personnel médical, manque total de transparence et mépris flagrant des mesures de protection des patients vulnérables. Après le rejet de la demande, l’établissement n’aurait pas dû rouvrir le dossier à l’insu du représentant légal de la famille. 

    Les convictions chrétiennes de la patiente ont été ignorées, sa faiblesse cognitive a été exploitée et sa famille – qui l’avait protégée et soutenue avec amour pendant des années – a été systématiquement marginalisée.

  • Comment Amnesty s'est retournée contre la vision de son fondateur

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    De David Hahn sur le Catholic Herald :

    Comment Amnesty s'est retournée contre la vision de son fondateur

     
    Amnesty International s'est retrouvée au cœur d'une vive polémique après avoir publié – puis retiré – un rapport accusant des organisations catholiques et chrétiennes à but non lucratif d'appartenir à un prétendu « mouvement anti-droits des droits ». Cet épisode a soulevé des questions embarrassantes, non seulement sur les procédures internes d'Amnesty, mais aussi sur la dérive inquiétante de sa mission depuis sa création.

    Le fondateur d'Amnesty International, Peter Benenson, s'était converti au catholicisme, une foi qui a profondément marqué sa vie. Il racontait avoir eu l'idée de créer Amnesty le 19 novembre 1960, en lisant que deux étudiants portugais avaient été condamnés à sept ans de prison pour avoir prétendument « porté un toast à la liberté » sous la dictature de Salazar. L'indignation de Peter face à cette injustice flagrante a précipité la fondation d'Amnesty et a donné naissance à la tradition, toujours vivante au sein de l'organisation, de porter un toast à la liberté pour conclure ses réunions. Benenson a publié l'appel désormais célèbre, « Les prisonniers oubliés », en première page de l' Observer en 1961.

    L'appel a suscité des milliers de réponses ; les journaux l'ont relayé à l'international, et en moins d'un an, des campagnes similaires ont vu le jour dans plus d'une douzaine de pays. L'organisation se consacrait à la protection des « prisonniers d'opinion » – des personnes emprisonnées uniquement pour leurs convictions. Les premières campagnes ont enquêté sur les conditions de détention en Afrique du Sud sous l'apartheid et apporté un soutien financier aux familles des prisonniers. Le mandat d'Amnesty s'est ensuite élargi pour inclure la torture et les procès inéquitables, et en 1977, elle a reçu le prix Nobel de la paix pour son action.

    Au cours des deux dernières décennies, l'action d'Amnesty a pris une nouvelle orientation. L'organisation s'est désormais clairement alignée sur la gauche progressiste, notamment sur les questions de sexualité et de reproduction. Depuis 2020, sa politique prône la dépénalisation totale de l'avortement « quel qu'en soit le motif », y compris jusqu'à la naissance ; elle s'oppose également à toute restriction de l'avortement sélectif en fonction du sexe, affirmant que « restreindre l'accès à un avortement sûr n'est pas la solution aux discriminations structurelles ».

    En Irlande, Amnesty International a exercé une influence néfaste sur les débats relatifs aux droits de l'enfant à naître. Dès 2014, l'organisation a milité pour l'abrogation du Huitième Amendement, qui consacre dans la Constitution irlandaise le droit à la vie égal pour les femmes enceintes et leurs enfants. Lors du référendum de 2018 portant sur cette protection, Amnesty International a affirmé que voter pour l'abrogation serait « un vote pour l'égalité, la dignité, le respect et la compassion ». L'abrogation a été approuvée par les deux tiers des suffrages.

    En 2015, Amnesty International a commencé à adopter des politiques sur la moralité sexuelle désormais bien associées à la gauche progressiste. L'organisation a notamment adopté une politique de dépénalisation totale de la prostitution, incluant la suppression des lois contre l'achat de services sexuels, le racolage et le proxénétisme. Dès 1991, Amnesty International a étendu la protection accordée aux « prisonniers d'opinion » aux personnes emprisonnées uniquement pour homosexualité. Depuis, cette politique est devenue un axe central du travail plus large de l'organisation sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Le rapport d'Amnesty International Royaume-Uni, désormais retiré, intitulé « Une menace croissante », qui décrivait les organisations catholiques britanniques et autres organisations chrétiennes comme faisant partie d'un « écosystème anti-droits » coordonné, est l'expression la plus récente et la plus frappante de cette dérive.

    Les excuses présentées par Amnesty International par la suite sont pour le moins amusantes. On pouvait y lire : « Nous présentons nos excuses pour la publication de la note d’information “Une menace croissante : le mouvement anti-droits au Royaume-Uni”. Ce document n’aurait jamais dû être publié, et Amnesty International Royaume-Uni assume l’entière responsabilité de cette erreur… Nous allons commander une enquête externe indépendante afin de tirer les leçons de cette situation. » Il est en effet regrettable que vous sachiez désormais ce qu’elle pensait de vous en privé – il faut dire que sa politique ne laissait guère de place au doute à ce sujet. Ironie tragique : Benenson lui-même avait mis en garde contre ce scénario, écrivant dans Persecution 1961 : « Si [Amnesty] venait à tomber sous le contrôle d’un pays, d’une idéologie ou d’une croyance, elle aurait échoué dans sa mission. » Selon les critères de son fondateur, ce jour est arrivé.

    Les catholiques devraient reconnaître, dans ce document expurgé d'Amnesty, la séparation essentielle entre la cité des hommes et la cité de Dieu. Nous ne poursuivons assurément pas les mêmes objectifs que nos homologues laïques, même si nous employons parfois une rhétorique similaire. Protéger l'accès public aux soins de santé paraît une bonne chose jusqu'à ce que l'on comprenne que ce terme désigne en réalité la stérilisation des mineurs et l'avortement des enfants non désirés. De même, « protéger les libertés individuelles » semble irréprochable jusqu'à ce que l'on apprenne qu'il s'agit de militer pour la déstigmatisation de la prostitution.

    Il peut être très difficile pour un catholique de garder son sang-froid face à de si vastes organisations internationales qui promeuvent leur propre vision perverse du bien humain. Il est nécessaire, surtout en matière de politiques publiques, d'adopter une perspective éternelle. Le plan de Dieu n'est pas accessoire à nos fins, mais en est la cause première et ultime. Le plus grand mal que causent les politiques d'ONG comme Amnesty International ne s'attaque pas au corps de nos frères et sœurs, mais à leur âme. Elles mettent en péril la véritable liberté humaine, qui ne se trouve que dans la soumission de la volonté humaine à la volonté divine.

    Il nous faut prendre conscience de la substitution insidieuse entre la véritable liberté humaine et la simple autorisation de faire tout ce qui nous plaît. La liberté est donnée à l'homme pour la poursuite du bien, pour sa relation avec Dieu. En dehors de ce bien, la liberté dégénère en une autorisation de tout faire, même des actes contraires à notre nature, aujourd'hui célébrés à travers le monde. Ce n'est pas la liberté ; c'est la pire forme d'esclavage.

    L'ironie la plus profonde de cette histoire est qu'Amnesty a accusé l'Église catholique et d'autres institutions chrétiennes de leur propre échec. Le péché humain a toujours été un acte d'autodestruction, une rupture de notre cœur avec Celui qui est notre seule satisfaction et l'accomplissement de tous nos désirs. En effet, ces agissements illustrent non seulement la menace croissante, mais aussi bien présente, de la morale progressiste – un mouvement anti-droits aussi ancien que le jardin d'Éden.

    Il est tragique de constater que des organisations comme Amnesty ont été fondées par des hommes de bonne volonté tels que Peter Benenson, lui-même catholique, mais qui, comme tant d'autres, ont vu leur œuvre se pervertir. Amnesty est depuis devenue un foyer de progressisme radical, promouvant des politiques aussi controversées que sa position actuelle sur l'idéologie transgenre.

  • Alois, le prince de la vie qui défend les enfants contre l'avortement

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    Alois, le prince de la vie qui défend les enfants contre l'avortement

    Dans la principauté de Vaduz, capitale, la gauche modérée et les féministes ont lancé une campagne de pétition pour un référendum sur la légalisation de l'avortement. Mais le prince héritier et régent a déjà annoncé qu'en cas d'approbation, il y opposerait son veto. Un exemple de souverain qui exerce son pouvoir pour le bien commun.

    6/08/2026

    Le prince Alois de Liechtenstein à la COP28 - 1er décembre 2023 (AP via LaPresse)

    Nous sommes au Liechtenstein. En juin, le parti d'opposition de centre-gauche Freie Liste (Liste libre) et des groupes féministes tels que Femmes en bonne santé et le Réseau des femmes ont lancé l'initiative « Liberté pour le Liechtenstein » (Fristenlösung für Liechtenstein, Liberté pour le Liechtenstein), proposant un référendum sur la légalisation de l'avortement. Cette initiative inclurait la possibilité d'avorter jusqu'à la douzième semaine de grossesse, la mise à disposition d'informations médicales encourageant l'avortement et la prise en charge des frais liés à l'intervention par l'assurance maladie. Le 31 juillet, les initiatrices ont déposé 4 970 signatures auprès de la Chancellerie du gouvernement, soit largement le nombre requis pour la tenue du référendum. Au Liechtenstein, l'avortement est interdit sauf dans les cas suivants : si la vie de la mère est en danger, s'il existe un risque d'atteinte grave à sa santé, en cas de viol ou si la mère a moins de 14 ans. De plus, toute forme de publicité pour l'avortement est interdite. Il convient d'ajouter que depuis 2015, les femmes qui se rendent à l'étranger pour avorter (une quarantaine en moyenne) ne sont plus poursuivies en justice.

    Gabriella Alvarez-Hummel, militante pro-choix, a écrit dans le Guardian qu'elle et ses camarades avaient réussi à convaincre 4 970 personnes, mais qu'il ne leur restait plus qu'à convaincre un seul homme, car sans son consentement, même un référendum avec 100 % de « oui » ne pourrait jamais être promulgué. Cet homme décisif est le prince héritier Alois, régent de son père. En effet, dès le mois de juin, le prince avait fait savoir que, si le référendum était adopté, il y opposerait son veto, empêchant ainsi l'adoption de toute loi pro-avortement. Son service de communication a précisé que « la principale raison réside dans le fait que les dispositions relatives à l'interruption de grossesse ne protègent pas suffisamment le droit fondamental à la protection de la vie ».

    En 2011, le camp pro-avortement est parvenu à faire adopter un référendum sur l'avortement. Mais le résultat fut catastrophique : 52,3 % des votants se sont déclarés contre la légalisation. À cette occasion, le prince héritier a de nouveau déclaré que même en cas de victoire du « oui », il s'opposerait à son vote. Suite à cet échec, et conscients que la prise de position du prince avait influencé le vote des citoyens, un autre référendum a été organisé en 2012. Cette fois, il ne portait pas sur la légalisation de l'avortement, mais sur le principal obstacle à sa légalisation : le droit de veto du prince. Ce fut un désastre pour ses partisans : 76,1 % des votants se sont prononcés contre la suppression de ce droit. Les pouvoirs du souverain sont intouchables. En 2016, les opposants à l'avortement ont également proposé un référendum pour interdire l'avortement dans tous les cas, mais 81,3 % des votants ont décidé de ne pas modifier le cadre légal qui, comme nous l'avons vu, autorise l'avortement dans certains cas.

    Deux brèves réflexions. La première : Francesco De Gregori chantait « Nous sommes l'Histoire ». Or, la plupart du temps, c'est faux. Ce ne sont pas les masses qui font l'histoire, mais les élites, les technocraties, les oligarchies qui exercent une influence sur la société, et souvent, des individus qui les dirigent. Le facteur décisif est fréquemment un homme politique, un penseur, un financier, un banquier, un émir, ou un petit groupe de ces personnes qui s'allient. Et là encore, il arrive souvent que leurs décisions ne soient pas dans l'intérêt du peuple. Le veto du prince Alois confirme qu'un seul homme peut façonner l'histoire d'un pays, mais cette fois-ci, sa décision était prise pour le bien commun. Par le passé, cet homme a déjà sauvé des centaines d'enfants de l'avortement, contribuant ainsi à un changement significatif. Il a marqué l'histoire.

    Deuxième réflexion : on croirait lire un conte de fées, mais le plus beau jamais écrit, car il est vrai. Nous avons un prince qui se bat pour les plus vulnérables et les plus fragiles, pour les enfants. Un prince qui n'a pas peur d'aller à contre-courant, qui ne craint pas d'être dépouillé de son pouvoir, car il sait qu'aucune autorité humaine ne peut lui ravir ce qui lui appartient de droit divin. Un prince qui ne cède ni au compromis, ni à un pragmatisme sordide, mais un prince de principes, un prince de la vie. Aujourd'hui, plus que jamais, c'est ce dont les hommes ont besoin : des hommes de courage, d'intégrité, fidèles à des valeurs qui les transcendent, irréductibles, forts et tenaces, prêts à payer le prix fort pour leurs choix. Et tout homme dont l'armure intérieure rayonne de ces vertus est déjà un prince.

  • L'offensive chinoise à l'exportation transforme l'Europe en décharge

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    De Marco Respinti sur Bitter Winter :

    L'offensive chinoise à l'exportation transforme l'Europe en décharge.

    5 août 2026

    Un déséquilibre commercial abyssal, la manipulation des devises et des subventions massives révèlent comment Pékin contourne les règles internationales tout en ignorant les préoccupations européennes en matière d'équité, de sécurité et de droits de l'homme.

    Un déséquilibre de plus en plus intolérable. Généré par l'IA.
    Un déséquilibre de plus en plus intolérable. Généré par l'IA.

    Les violations des droits de l'homme et les violations des règles commerciales équitables sont profondément liées, et toutes deux révèlent la nature d'un régime qui bafoue systématiquement le droit international.

    La deuxième édition de la Conférence UE-Chine, qui s'est tenue à Pékin le 12 mai, a offert une plateforme de dialogue constructif et ouvert entre les acteurs de l'Union européenne et de la Chine sur les relations commerciales, permettant de réduire les divergences de points de vue et d'attentes. Le dialogue a été présenté comme la seule voie possible pour garantir des relations commerciales justes et équilibrées entre la Chine et les pays de l'UE.

    Pourtant, face à un déficit commercial de l'UE avec la Chine qui devrait atteindre environ 400 milliards d'euros en 2025, il est apparu clairement lors de la conférence que les relations UE-Chine étaient tendues et que les surmonter, « au-delà du point de non-retour », thème central de la conférence, ne serait pas chose aisée. Au contraire, l'UE et la Chine pourraient bien se diriger vers une guerre commerciale dans les prochains jours.

    Le déficit commercial important de l'UE avec la Chine n'est pas dû à un manque de compétitivité globale de l'UE. Avec le reste du monde, l'excédent commercial global de l'UE s'élevait à 164,6 milliards d'euros en 2025. Alors, où réside le problème avec la Chine ? Dans la politique agressive de croissance tirée par les exportations menée par Pékin. Deux facteurs ont conduit la Chine à adopter cette stratégie : la faiblesse de la demande intérieure, que le gouvernement communiste n'est pas parvenu à relancer, et la protection du marché américain par des droits de douane sur les exportations chinoises. La Chine a désormais trouvé en l'UE un débouché idéal pour ses excédents de production.

    Le Parti communiste chinois ( PCC ), au pouvoir, devra à tout prix accélérer la croissance de la Chine. En l'absence d'élections, la légitimité de son régime repose sur le maintien d'une forte croissance économique. Après avoir atteint des chiffres à deux chiffres à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, le taux de croissance de l'économie chinoise a chuté à moins de 5 % cette année. Le PCC devra donc poursuivre une politique de croissance tirée par les exportations, même si, comme l'a averti la directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité le 13 février, l'excédent commercial chinois de 1 200 milliards de dollars risque de déclencher de nouvelles mesures protectionnistes à l'échelle mondiale.

    En réponse à la chute du dollar au premier semestre 2025, Pékin a également dévalué le renminbi de plus de 8 % par rapport à l'euro. Logiquement, le renminbi aurait dû être réévalué compte tenu de l'excédent commercial considérable et croissant de la Chine. Or, les exportateurs chinois continuent de bénéficier d'un avantage concurrentiel significatif en termes de prix.

    L'Europe risque donc de perdre son industrie au profit de la Chine. C'est le cœur de la zone euro – l'Allemagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique et l'Autriche – qui subit de plein fouet la concurrence chinoise dans ses secteurs industriels clés : automobile, machines et technologies vertes. La politique industrielle chinoise, caractérisée par d'importantes subventions, a déjà quasiment anéanti l'industrie européenne des panneaux solaires, qui dominait les marchés mondiaux il y a quinze ans. Les producteurs chinois occupent désormais la première place. Le même scénario, amplifié par les politiques industrielles chinoises et la dévaluation de la monnaie, se dessine dans le secteur des voitures électriques et d'autres industries vertes.

    Une guerre commerciale entre l'UE et la Chine est la seule issue probable d'un tel scénario, et les premiers signes de cette éventualité étaient perceptibles lors de la conférence de Pékin du 12 mai. Selon les informations recueillies, des tensions sont apparues lors de cette conférence, où diplomates, fonctionnaires et experts européens et chinois se sont affrontés sur la question de l'aggravation de leurs différends commerciaux. Les intervenants chinois ont été accusés de minimiser les griefs répétés de l'Europe et d'ignorer la dure réalité économique d'une relation commerciale de plus en plus déséquilibrée. Du côté chinois, les orateurs ont, quant à eux, accusé les diplomates européens de « harcèlement » et qualifié les politiques de l'UE de mesures « protectionnistes » visant à se découpler de la Chine.

    Image de la conférence UE-Chine du 12 mai.
    Image de la conférence UE-Chine du 12 mai.

    Alors que les intervenants du côté chinois ont rejeté l'accusation selon laquelle les hommes d'affaires chinois bénéficiaient d'un avantage indu grâce aux subventions et ont fait valoir que les avantages de la Chine découlaient de facteurs de marché tels que la taille du marché, les capacités d'innovation et les coûts de production, l'ambassadeur de l'UE en Chine, Jorge Toledo, a clairement indiqué dans son discours d'ouverture que la relation de l'Europe avec la Chine dépendrait de la manière dont Pékin prendrait au sérieux les préoccupations européennes concernant l'accès au marché, les subventions, les capacités industrielles, les matières premières critiques, la sécurité et les droits de l'homme .

    Le refus des sinophones d'admettre que l'Europe restait tout aussi ouverte aux produits chinois a exaspéré les dirigeants et observateurs européens. Finalement, Jens Eskelund, président de la Chambre de commerce de l'UE en Chine, a résumé la nature des relations commerciales entre la Chine et l'UE : « Ce n'est ni un navire qui coule, ni un partenariat. C'est un porte-conteneurs géant de 400 mètres de long, chargé de 24 000 conteneurs, qui part pour l'Europe et revient presque vide. »

    La Chine parvient à contenir ses importations tout en stimulant ses exportations grâce à trois distorsions concomitantes. Premièrement, la demande intérieure est faible en raison de la chute des prix de l'immobilier. De ce fait, la demande de produits importés est également faible. Deuxièmement, dans des secteurs prioritaires tels que les semi-conducteurs, les machines, l'automobile et l'aéronautique, l'octroi de subventions publiques directes, la gratuité des terrains, la mise à disposition de machines à bas prix et les prêts garantis par l'État ont fortement accru l'offre, que la faible demande intérieure ne peut absorber. Les fabricants chinois bénéficient de subventions trois à neuf fois supérieures à celles des économies avancées, ce qui leur permet de conquérir des marchés à l'étranger. Troisièmement, la Chine profite d'un taux de change sous-évalué. Avec un excédent commercial considérable, le renminbi devrait s'apprécier. Or, face à la pression exercée par l'augmentation de cet excédent commercial, les banques d'État chinoises achètent des dollars pour freiner l'appréciation de la monnaie nationale. Le FMI estime que le renminbi pourrait actuellement être sous-évalué de 16 %.

    Des pays comme l'Inde subissent également les conséquences de la politique chinoise visant à maintenir la valeur du renminbi à un niveau bas. New Delhi doit impérativement contenir la dépréciation de la roupie indienne, faute de quoi les marchés indiens seront inondés de produits chinois bon marché. De toute évidence, l'excédent commercial record de la Chine ne sera pas viable, car le reste du monde ne peut l'absorber. Des experts ont suggéré à l'UE d'imposer un droit de douane général supplémentaire de 20 % sur les importations en provenance de Chine.