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Ethique - Page 3

  • [Fin de vie] « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne » (Cardinal Sarah)

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    De  Tribune Chrétienne :

    29 juin 2026

    [Fin de vie] Cardinal Sarah : « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est en soi bonne »

    « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. Le mot démocratie est ainsi parfois brandi comme un prétexte pour interdire la notion de loi naturelle. » (En France) À la veille du vote solennel du 30 juin sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir, cet avertissement du cardinal Robert Sarah résonne avec une force particulière

    Alors que les partisans de l’aide à mourir invoquent régulièrement la souveraineté du Parlement et la légitimité du vote démocratique, le cardinal Robert Sarah rappelle une distinction fondamentale : toutes les lois ne sont pas nécessairement justes. Dans son ouvrage 2050, le prélat guinéen développe une réflexion qui dépasse largement le seul débat sur l’euthanasie et interroge le fondement même de l’autorité politique. Pour lui, lorsqu’une démocratie cesse de reconnaître une vérité morale qui la dépasse, elle court le risque de devenir elle-même oppressive. « Ce n’est pas parce qu’une loi a été votée dans un Parlement démocratique qu’elle est en soi bonne. » Cette affirmation résume l’ensemble de son raisonnement. La démocratie constitue un mode de gouvernement légitime, mais elle ne crée pas le bien et le mal.

    Le vote d’une majorité ne peut transformer une injustice en justice. Le cardinal rejoint ici la grande tradition de la doctrine sociale de l’Église, pour laquelle la loi civile doit demeurer ordonnée à la loi naturelle.

    Il poursuit sa réflexion par une mise en garde d’une grande actualité : « On assiste parfois à une tyrannie démocratique qui ne reconnaît aucune limite à son pouvoir et interdit toute discussion. » Derrière cette formule, le cardinal ne remet nullement en cause la démocratie elle-même ; il dénonce son absolutisation. Lorsque le pouvoir politique prétend devenir l’unique source du droit, il s’affranchit de toute référence supérieure à la dignité de la personne humaine. Cette conviction s’enracine dans une tradition philosophique et juridique bimillénaire. Le cardinal Sarah cite Cicéron : « Il est une loi véritable, la droite raison conforme à la nature, universelle, immuable, éternelle… On ne peut ni l’infirmer par d’autres lois, ni déroger à quelqu’un de ses préceptes. » Cette référence rappelle que certaines vérités fondamentales précèdent les États et les Parlements. Elles ne sont pas créées par les législateurs ; elles leur sont données comme une limite qu’ils ne peuvent franchir.

    Le cardinal fait également écho aux paroles prononcées par le pape Léon XIV devant les responsables politiques réunis à Rome à l’occasion du Jubilé des gouvernants. Le Saint-Père rappelait que « la loi naturelle, universellement valide au-delà d’autres opinions pouvant être discutées, constitue la boussole pour légiférer et agir ». Sans cette référence, avertit le cardinal Sarah, « la démocratie risque de s’enfoncer dans les marécages du relativisme destructeur ». L’enjeu dépasse donc le seul débat sur la fin de vie. Une société peut-elle décider, par un simple vote, que certaines vies ne méritent plus d’être protégées ? Pour le cardinal Sarah, une démocratie privée de fondements moraux risque de glisser vers ce que saint Jean-Paul II appelait déjà une « démocratie sans valeurs », laquelle « se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois ». Les procédures démocratiques demeurent, mais elles peuvent alors servir à légitimer des décisions contraires aux droits les plus fondamentaux.

    C’est pourquoi il cite une nouvelle fois saint Jean-Paul II : « Les lois, quels que soient les domaines dans lesquels le législateur intervient, doivent toujours respecter et promouvoir les personnes humaines. » Et d’en tirer une conclusion d’une grande fermeté : « Une loi qui ne respecterait pas le droit à la vie, de la conception à la mort naturelle, de l’être humain, quelle que soit la condition dans laquelle il se trouve, qu’il soit sain ou malade, encore à l’état embryonnaire, âgé ou en phase terminale, n’est pas une loi conforme au dessein de Dieu. » À la veille du vote du 30 juin, ces pages de 2050 rappellent que le débat sur l’euthanasie ne se limite pas à une question de procédure parlementaire ou d’évolution des mœurs. Il engage la conception même de la dignité humaine. Pour le cardinal Sarah, une civilisation se juge à la manière dont elle protège les plus fragiles. Et cette responsabilité ne saurait dépendre des fluctuations d’une majorité politique.

    Source : 2050 – Cardinal Robert Sarah – Nicolas Diat ( Fayard)

  • 5000 personnes à Paris ont manifesté contre l’euthanasie

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    D'Antoinette de la Roulière sur le site de Famille Chrétienne :

    5000 personnes à Paris contre l’euthanasie : « Face aux personnes fragiles, on répond par l'amour ou par la mort ? »

    <p>Une enfant brandit une pancarte avec écrit Aidez à vivre. Pas à mourir lors du rassemblement en opposition au projet de loi de fin de vie débattu en relecture au Parlement à Paris en France le 28 juin 2026.</p>

    Une enfant brandit une pancarte avec écrit "Aidez à vivre. Pas à mourir" lors du rassemblement en opposition au projet de loi de fin de vie débattu en relecture au Parlement à Paris en France le 28 juin 2026. - Quentin de Groeve/Hans Lucas

    5 000. C’est le nombre de Français venus manifester ce dimanche 28 juin place de Fontenoy à Paris contre la loi sur la fin de vie. Des bouteilles d’eau circulent entre les rangs, des bénévoles veillent sur les personnes les plus fragiles. Malgré la chaleur, les voix ne faiblissent pas. “Euthanasier n'est pas soigner ! Euthanasier, c'est abandonner !” Les slogans résonnent tandis que les pancartes s'élèvent dans la foule : “Tuer n'est pas un soin”, ou encore “L'euthanasie est un abandon”. Pour beaucoup, l'enjeu dépasse le débat politique : il s'agit de défendre la dignité humaine et le rôle de la médecine.

    « On est là pour accompagner, pas pour donner la mort »

    Les étudiants en médecine et des filières paramédicales sont venus en nombre. Blouse blanche sur les épaules pour certains, ils veulent rappeler ce qu'ils considèrent comme le cœur de leur futur métier : soigner et accompagner. Pour Clotilde, étudiante en quatrième année de médecine à Strasbourg, il était important de montrer que “certains soignants sont contre l'euthanasie”. “On est censés accompagner nos patients jusqu'au bout. En proposant la mort, on ne cherche plus ce qui pourrait les aider”, explique-t-elle. La future médecin s'inquiète aussi des conséquences de la loi sur la relation de confiance entre le patient et son médecin. “Les députés vont demander à des soignants d'injecter une substance létale. Cela va briser ce lien.”

    Autour d'elle, le même discours revient. “Administrer la mort n'est pas une solution, il faut accompagner les personnes”, affirme Camille, étudiante en orthophonie. “Au quotidien, je serai confrontée à des personnes en grande souffrance. Je suis là pour les aider, pas pour leur donner la mort”, ajoute Clarisse, future psychomotricienne.

    « La réponse, c'est d'aimer et de soulager »

    Pour beaucoup, la réponse à la souffrance passe d’abord par les soins palliatifs. Ergothérapeute, Élisabeth de Courrèges est venue témoigner de son expérience auprès des malades. “J'ai accompagné des personnes qui avaient envie de mourir puis qui ont changé d'avis en étant soulagées et considérées. Face aux personnes fragiles, est-ce qu'on répond par l'amour ou par la mort ? Moi, je crois à la première option.”

    Un témoignage qui fait écho à celui de Maxence de Mentque. Âgé de 22 ans et atteint d'une myopathie de Duchenne, il est venu “défendre la dignité des malades”. “On peut vivre malgré un handicap, avec une joie de vivre”, affirme-t-il. Même détermination chez Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la Marche pour la Vie, qui appelle les parlementaires à continuer de défendre une médecine qui “soigne jusqu'au bout, sans jamais proposer la mort”. Présente dans le cortège, Hanane Mansouri, députée UDR de l’Isère, martèle : “depuis le début de mon mandat, je lutte contre cette proposition de loi. Je suis heureuse de voir des citoyens et des soignants se mobiliser”. 

    Les manifestants ont désormais les yeux tournés vers l'Assemblée nationale. Le vote solennel sur la proposition de loi est prévu ce mardi 30 juin. Le texte sera ensuite examiné par le Sénat à partir du 7 juillet, avant une adoption définitive attendue le 15 juillet. 

     
  • Canada : une loi pour interdire la Bible ?

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    De Stefano Fontana sur le site de l'Observatoire Cardinal Van Thuan :

    Le Parlement canadien censure la Bible en public

    iStefano Fontana

    24 juin 2026

    Le Parlement du Canada a adopté le projet de loi C-9, qui modifie le Code pénal en matière d’expressions et d’initiatives dans le domaine de la diversité et de l’inclusion. L’article protégeant l’expression des convictions religieuses d’une personne fondées sur des textes religieux tels que la Sainte Bible est abrogé. C’est pourquoi cette loi a également été surnommée « loi interdisant la Bible ». Il peut donc être considéré comme un délit de citer en public des passages des Écritures saintes contraires à des pratiques aujourd’hui considérées comme relevant du libre choix, telles que l’avortement ou l’homosexualité. Des dispositions réglementaires de ce type avaient déjà été appliquées, comme celles qui considèrent comme illicite le fait de prier devant des cliniques pratiquant l’avortement, mais dans ce cas précis, le tournant est beaucoup plus manifeste car, en censurant les Écritures, elle empêche ouvertement la présence publique de la religion chrétienne. Les premières réactions négatives s’appuient sur la liberté de religion et nous supposons que, du côté catholique également, la loi sera critiquée principalement sous cet angle. Nous nous demandons toutefois s’il suffit de contester cette loi ingrate en s’appuyant uniquement sur le droit à la liberté religieuse.  

    Le Canada est à l’avant-garde de la démocratie libérale, que l’on s’efforce d’y appliquer dans sa forme la plus pure. L’un des principes issus de la démocratie libérale est la liberté religieuse. Il incombe à l’État de défendre ce droit, sans intervenir pour soutenir tel ou tel choix religieux. La raison de cette neutralité du pouvoir politique tient au fait que le choix religieux est considéré, précisément, comme un choix, dont le contenu ne peut et ne doit pas être justifié. L’autorité politique aurait le devoir de justifier ses choix de gouvernance par des arguments de raison (politique), et devrait donc évaluer le contenu des religions afin de vérifier s’ils sont favorables ou contraires au bien commun. Mais comme les religions ne sont considérées par l’autorité politique que comme des choix non motivés, celle-ci se déclare indifférente aux diverses motivations, qui n’ont pour elle aucune importance, et se limite donc à les admettre dans l’espace public en tant que choix individuels.

    Pourquoi donc, dans le cas de la religion chrétienne et de la lecture publique de passages des Livres sur lesquels elle se fonde, cette liberté de choix n’est-elle pas respectée ? La raison fondamentale réside précisément dans la conception libérale de la liberté de religion, comprise comme un choix non motivé, dépourvu d’arguments qui le justifient, une sorte de « coup de foudre », comme le disait Wittgenstein.

    La démocratie libérale, comme nous l’avons observé plus haut, est indifférente aux religions, qui sont pour elle toutes vraies et toutes fausses. Elles sont vraies pour ceux qui les choisissent, fausses pour ceux qui ne les choisissent pas, ni vraies ni fausses pour le pouvoir politique, pour lequel les choix ne sont que des choix, sans qu’il soit nécessaire de les justifier. Subjectivement, un croyant peut attribuer aux préceptes de sa religion une valeur fondamentale dans sa vie, mais objectivement, ces préceptes n’ont aucune valeur, car la religion n’est qu’un choix subjectif, quel que soit ce qui est choisi. S’il n’en était pas ainsi, alors l’autorité politique devrait veiller sur les contenus des religions, mais cela irait à l’encontre des principes de la démocratie libérale, selon laquelle il n’y a rien derrière le choix que la politique doive examiner.

    Dans l’indifférentisme libéral à l’égard des contenus des religions, celles-ci sont pour ainsi dire dépouillées de leur appareil conceptuel – auquel se réfère par exemple l’usage des textes sacrés –, vidées de leur substance et réduites à de purs choix vides de sens : non pas parce que les contenus n’existent pas, mais parce que le pouvoir politique de la démocratie libérale ne s’y intéresse pas par principe. Les religions sont privées de toute vérité : qu’elle existe ou non, quelle qu’elle soit, qu’elle soit acceptable ou non par la raison politique… cela n’intéresse pas la démocratie libérale. Les religions deviennent politiquement des fantômes dépourvus de consistance publique.

    C’est précisément là que réside l’explication de leur manipulation par le pouvoir politique, comme c’est le cas au Canada. Dépourvues de vérité, grande ou petite soit-elle, elles sont à la merci du pouvoir : leur contenu peut être dénoncé et leur expression empêchée. Le pouvoir peut utiliser une religion pour en combattre une autre, il peut accorder à l’une ce qu’il interdit à l’autre. Le domaine religieux n’a rien à dire car il est dépourvu de vérité aux yeux du pouvoir politique ; il est donc possible de lui faire dire ce qui arrange ce dernier. Si, à un certain moment, le pouvoir soutient et promeut une culture des « nouveaux droits », il peut y plier les cultures religieuses qui s’y opposent. En les empêchant de le faire en public, il les ramène au fond à ce qu’elles sont, selon la démocratie libérale : des choix subjectifs dépourvus de valeur objective reconnue.

    La question qu’il convient donc de se poser est de savoir s’il est approprié et efficace de s’opposer à des lois telles que celle du Canada en s’appuyant sur la liberté de religion telle qu’elle est comprise par la démocratie libérale actuellement au pouvoir au Canada. Les chrétiens doivent également s’interroger sur les relations entre cette conception libérale de la liberté de religion et celle qu’ils proposent et défendent eux-mêmes aujourd’hui. Peut-être faudrait-il ne pas partir de la liberté de religion comprise comme liberté de choix, mais de la vérité des religions et, dans cette confrontation, montrer la vérité de sa propre religion et les exigences de présence publique qui en découlent. Si l’on demande simplement le respect de la liberté de religion, on se limite alors à demander le respect de la liberté de choix, ce qui est trop peu pour exiger ensuite le respect public de sa propre vérité (et de ses textes sacrés).

  • Aux Pays-Bas : la première euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Pays-Bas : première euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans

    24 juin 2026

    Sophie Hermans, ministre néerlandais de la Santé, a révélé dans une lettre adressée au Parlement qu’un enfant de moins de 12 ans est, pour la première fois, décédé par euthanasie aux Pays-Bas en 2025.

    Elle indique que le médecin qui a effectué le geste létal a signalé l’acte à la commission spéciale chargée de contrôler, a posteriori, les euthanasies de mineurs et les interruptions tardives de grossesse. Celle-ci a été saisie l’an dernier. Elle a ensuite examiné le dossier, auditionné le praticien concerné et transmis son avis au parquet qui déterminera si le praticien a respecté la loi.

    Ni l’âge, ni le sexe, ni la pathologie de l’enfant n’ont été révélées. Aucune information n’a en outre été rendue publique sur sa situation familiale ou l’établissement dans lequel l’acte a eu lieu.

    Extensions progressives de la loi

    Aux Pays-Bas, l’euthanasie d’enfants de 1 à 12 ans, atteints d’une maladie incurable en phase terminale et présentant une « souffrance désespérée et insupportable » sans perspective d’amélioration, est autorisée depuis février 2024 (cf. Pays-Bas : l’euthanasie autorisée pour les enfants de moins de 12 ans). « Le médecin implique l’enfant, dans la mesure de ses capacités, dans la décision et doit s’assurer que sa vie n’a pas été interrompue contre sa volonté » précise la commission d’évaluation.

    A l’époque, le gouvernement considérait qu’un « petit groupe » d’environ cinq à dix enfants pourrait être concerné chaque année. Parmi les situations envisagées se trouvaient les anomalies congénitales sévères, les maladies métaboliques ou les atteintes graves des organes essentiels.

    En 2002, le pays avait été le premier à dépénaliser l’euthanasie et le . En 2014, la pratique a été étendue aux mineurs de plus de douze ans « capables de discernement », et aux bébés de moins d’un an, avec le consentement des parents (cf. Pays-Bas, Belgique, Suisse… L’incontrôlable « pente glissante » de l’euthanasie).

    Selon les données publiées en mai 2025 par les Commissions régionales de contrôle de l’euthanasie, 9 958 personnes sont décédées par euthanasie aux Pays-Bas en 2024, soit 10 % de plus que l’année précédente (cf. Pays-Bas : près de 10 000 euthanasies en 2024). Au total, 5,8 % de l’ensemble des 172 049 décès enregistrés dans le pays ont fait suite à des euthanasies.

    Sources de la synthèse de presse : NL Times (23/06/2026) ; Le Figaro, Marie de Montalembert de Cers (23/06/2026) ; Le JDD, Audrey Senecal (23/06/2026)

  • L’eurodictature du gender : le Cardinal Müller et les « Enracinés » se mobilisent à Rome contre l’idéologie européenne

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    De diakonos.be :

    L’eurodictature du gender : Le Cardinal Müller et les « Enracinés » se mobilisent à Rome contre l’idéologie européenne

    Le 17 juin dernier, la salle de conférence de la Chambre des députés à Rome a accueilli un colloque organisé par la toute nouvelle association catholique italienne « I RadicaTi dal diritto naturale alla legge » sur le thème « Diktateurogender : racines chrétiennes, liberté religieuse & éducative en péril dans l’UE », marqué par l'intervention du cardinal Gerhard Müller, qui n’a pas caché son opposition à l'idéologie du genre.

    À l’initiative de son président, l'avocat Luigi Trisolino, et avec le soutien du député Massimo Milani (Fratelli d'Italia), l'association « I RadicaTi » tire la sonnette d’alarme sur les dernière évolutions législatives au sein de l’Union européenne, qu’ils considèrent comme une menace directe pour les racines chrétiennes et les libertés fondamentales.

    Le cheval de Troie de l’« eurogender »

    Au cœur des débats : la récente modification par le Parlement européen de la Directive de 2012 sur la protection des victimes de crimes. Pour Luigi Trisolino, cette réforme est un « diktat eurogender » imposé par une « dictature qui dérive du politiquement correct vers l’eurojuridiquement correct ».

    Le président des RadicaTi dénonce une manœuvre visant à introduire, via une réglementation européenne, des concepts tels que « l’identité de genre », mais aussi l’accès à l’« avortement sûr » pour les victimes de violences sexuelles. Selon lui, il s'agit « de la même idéologie du gender qui neutralise, relativise et vise à faire disparaître les identités culturelles, les racines et les rôles des sexes biologiques naturels masculin et féminin ».

    Trisolino voit dans ce texte une tentative détournée de faire passer en droit européen ce que le projet de loi « Zan » n’avait pu obtenir en Italie en 2021. Le projet de loi Zan était une proposition législative italienne controversée visant à sanctionner les crimes de haine basés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, mais vivement critiquée par les conservateurs pour ses risques de censure de la liberté d’expression et d'introduction de l'idéologie du genre dans les programmes éducatifs destinés aux enfants. « Les réponses pénales doivent certes être dissuasives contre toute forme d’haine, mais nous ne pouvons pas faire entrer par la fenêtre européenne ce que les radicaux de gauche n’ont pas réussi à faire entrer par la porte en Italie ».

    La mise en garde du Cardinal Müller

    Invité d’honneur, le cardinal Gerhard Müller a présenté son analyse de la dérive idéologique de l'UE. Pour le haut prélat, l’Europe actuelle semble délaisser les enjeux géopolitiques pour se consacrer à l’exportation de théories radicales de gauche.

    « La bandiera arcobaleno est devenue un feticcio dinanzi al quale tutti i cittadini dell’UE devono inginocchiarsi » (Le drapeau arc-en-ciel est devenu un fétiche devant lequel tous les citoyens de l'UE doivent s’agenouiller), a déclaré le cardinal, dénonçant un « relativisme moral » et un « totalitarisme de genre » aux accents néomarxistes.

    Interrogé sur le rôle de la science, souvent instrumentalisée pour justifier ces changements sociétaux, le cardinal a rappelé une distinction nécessaire : « La science qui amplifie la conscience de notre nature et de l'histoire […] est pleinement reconnue et promue par les chrétiens. Nous rejetons en revanche le scientisme, en tant qu’instance idéologico-politique parce qu’il réduit l’homme à une simple fonction et détruit sa dignité de personne capable de penser de manière autonome et de décider librement ».

    « Je n'ai pas besoin de Mme von der Leyen »

    L’intervention a culminé avec une critique frontale de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, déclenchant les applaudissements de la salle : « Non ho bisogno della signora von der Leyen per sapere ciò che io devo pensare » (Je n'ai pas besoin de Mme von der Leyen pour savoir ce que je dois penser).

    De son côté, le député Massimo Milani a rappelé la dimension sociale et communautaire du catholicisme face à l'individualisme radical de la pensée dominante qui imprègne, selon lui, ces nouveaux textes législatifs.

    Pour les RadicaTi, le combat ne fait que commencer. Luigi Trisolino a conclu la conférence en réaffirmant leur volonté de défendre les « valeurs non négociables », tout en formulant l'espoir de voir les racines chrétiennes de l'Europe un jour explicitement reconnues dans les traités de l'Union.

    Un positionnement assumé, malgré la conscience que « la pensée unique progressiste et mondialiste » voudrait nous faire asseoir du côté de ceux qui ont tort. Nous en serons honorés », a‑t-il conclu.

  • Avortement : ce n'est pas la "science" qui décide et il ne lui appartient pas de le faire

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    Une opinion de Werner-Édouard de Saeger van Nattenhaesdonck, avocat au barreau de Liège-Huy, professeur de droit à l'université de Hasselt, affilié au Center for Bioethics de la Harvard Medical School, publiée en sur le site de la Libre :

    Avortement : la science ne décide pas, et il ne lui appartient pas de le faire

    Dans le débat actuel sur l'allongement du délai légal, l'invocation de "la science" masque un choix moral qui, en démocratie, revient au citoyen, non aux experts.

    Il n'existe pas de manière plus élégante de soustraire un choix moral au débat que de le déclarer fait scientifique. "Laissons la science décider, et non la politique" sonne comme un appel à la sobriété contre l'idéologie. C'est en réalité la phrase la plus idéologique de tout le débat sur l'avortement : elle déguise un choix de valeurs profondément contesté en simple résultat de mesure.

    Soyons précis. La science décrit comment l'embryon devient fœtus, à partir de quand un système nerveux fonctionne, quand la viabilité hors de l'utérus devient possible. Ce sont là des faits. Mais d'aucun fait ne découle, à lui seul, une norme. Aucune échographie, aucun rapport d'experts ne peut dire à partir de quel moment la vie à naître mérite la protection du droit : cette question n'est pas empirique, mais éthique et juridique. Qui l'ignore ne fait pas de la science : il fait, derrière son bouclier, de la politique sans oser l'avouer.

    Une "neutralité" qui n'en est pas une

    On met en garde, à juste titre, contre l'idée de légiférer à partir d'"une seule vision morale du monde déguisée en neutralité". Mais que l'on s'applique alors ce principe. Présenter l'avortement comme un simple "acte de soin sûr et de routine" n'est pas un résumé neutre de la médecine : c'est l'individualisme libéral déguisé en jargon médical. Que l'intervention soit sûre pour la femme, nul ne le conteste ; là n'est pas la question. Le mot "soin" présuppose qu'il n'y a qu'un patient. Or savoir s'il existe un second être humain dont les intérêts comptent est précisément la question disputée que ce terme fait mine d'avoir tranchée. La vision "neutre" que l'on dénonce chez l'adversaire, on la porte donc soi-même.

    De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui.

    La science, du reste, est moins unanime qu'on ne le prétend. Que le fœtus ne ressentirait la douleur qu'après vingt-deux semaines n'est pas un fait acquis, mais une interprétation que conteste une partie de la recherche, y compris des chercheurs qui défendaient naguère la thèse inverse et qui n'excluent pas une perception bien antérieure. Et la viabilité n'est pas une frontière morale : c'est une frontière technologique, qui recule à mesure que progresse la néonatologie. Un enfant qu'on ne savait pas sauver en 1990 et qu'on sauve en 2026 n'était pas moins humain hier.

    Le critère le moins arbitraire

    Si l'on veut faire parler la biologie, qu'on la laisse parler jusqu'au bout. Le critère le moins arbitraire qu'elle désigne est la conception : dès cet instant existe un organisme humain distinct, vivant, doté de son propre génome. Douze, quatorze, dix-huit semaines sont précisément les points où la nature ne trace aucune ligne de rupture, où rien n'apparaît soudain qui n'existait pas la veille. Les seuils gradualistes ne sont donc pas scientifiques : ce sont des compromis juridiques.

    Je ne m'en cacherai pas, car esquiver serait lâche : je me situe sur la ligne de la vie dès la conception. Non par sentiment, ni par la seule conviction religieuse (que je porte, en catholique, sans détour), mais parce que la raison elle-même n'indique aucun autre commencement où la dignité humaine s'ouvre sans arbitraire. De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui. Qui veut faire commencer la protection plus tard doit tracer une frontière que la nature ne trace nulle part, et la charge de la preuve lui incombe.

    Et le père ?

    Une figure, enfin, manque systématiquement : le père. La procréation est, par nature, une réalité partagée : il y a un enfant, et cet enfant a deux auteurs. Pourtant, le discours dominant réduit la décision à une affaire strictement privée, comme si le père, le couple et la famille n'existaient pas. Je ne plaide pas pour un droit de veto de l'homme : celle qui porte la grossesse porte un fardeau que l'autre ne porte pas, et c'est à elle que revient, à juste titre, la décision finale. Or notre droit ne traite pas le père comme une voix plus faible, mais comme une voix nulle. Et cela s'accorde mal avec un droit de la famille qui impose au même homme dix-huit années d'obligation alimentaire pour un enfant qu'il ne voulait pas, tout en lui refusant toute parole sur celui qu'il voulait. Une responsabilité sans voix : dans tout autre domaine, nous la dirions injuste.

    Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    Reste l'argument bien connu selon lequel une législation plus stricte pousse la pratique "dans l'ombre" ou "de l'autre côté de la frontière". Mais ce n'est pas un argument sur le droit ; c'est une prévision sur l'efficacité. Et il prouve trop : qu'une interdiction soit contournée n'a jamais démontré qu'elle fût injuste. On reconnaît du reste volontiers qu'il s'agit d'" un nombre inconnu" de femmes. On ne peut pas, dans la même phrase, brandir un chiffre comme décisif et avouer l'ignorer.

    À qui revient la décision

    L'objection la plus profonde demeure démocratique. Précisément parce que des citoyens raisonnables divergent ici fondamentalement, la question a sa place au parlement, chez le représentant élu, non dans une commission d'experts sans mandat pour juger de la vie et de la mort. Les experts doivent éclairer le législateur par les faits ; mais dès qu'ils "recommandent" un délai, ils sortent de leur compétence et deviennent des législateurs non élus. Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    La science décrit la vie. Que nous la protégions, et dans quelle mesure (et qui siège à la table lorsqu'on en décide : la femme, l'enfant, le père, la communauté), demeure un choix de la conscience et de la démocratie. Le mien est clair, et je ne le dissimule pas : la protection commence à la conception, parce que c'est là que commence l'homme. Que celui qui préfère une frontière plus tardive le plaide, dans un pays libre, mais comme le choix moral qu'il est, et non comme le décret d'une science qui, sur l'essentiel, garde le silence.

  • Le respect de la vie est devenu tabou en Belgique.

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    Du Frère René Stockman sur le Catholic Herald :

    Le respect de la vie est devenu tabou en Belgique.

    Alors que le débat sur l’euthanasie s’était quelque peu apaisé en Belgique ces derniers temps, il semble revenir sur le devant de la scène à la suite de plusieurs cas particuliers qui ont fait la une de l’actualité.

    Par exemple, un homme – encore relativement jeune – atteint d’une maladie en phase terminale a choisi l’euthanasie. La semaine précédant l’événement, il a organisé une grande fête d’adieu pour tous ses amis, qui a bien sûr fait l’objet d’une large couverture médiatique, avec photos et interviews. Il a déclaré explicitement que les éventuels sentiments négatifs de ses amis à l’égard de sa décision lui étaient totalement indifférents et que cela ne regardait qu’eux.

    Puis, un médecin a affirmé que les gens dépensaient plus en frais médicaux au cours des trois dernières années de leur vie que pendant toutes les années précédentes, ce que l’on ne ferait jamais avec une vieille voiture. Une déclaration bizarre, qui cachait naturellement des intentions cachées.

    Peu de temps auparavant, même le président d’une caisse d’assurance maladie – une caisse aux racines chrétiennes, qui plus est – avait suggéré qu’il serait peut-être judicieux de promouvoir l’option de l’euthanasie auprès des personnes âgées afin de mieux maîtriser la hausse des coûts de l’assurance maladie. Ici, le lien entre l’euthanasie et les considérations financières était mis à nu sans la moindre hésitation, et il n’y avait pas besoin d’intentions cachées.

    On fait invariablement référence à l’accord de coalition conclu lors de la récente formation du gouvernement, qui stipule que, sur la base de données scientifiques solides, des efforts doivent être déployés pour étendre les directives anticipées en matière d’euthanasie aux personnes incapables de discernement en raison d’une démence, et que les conditions dans lesquelles cela est envisageable doivent être étudiées.

    Lorsque l’on écoute les arguments avancés par les défenseurs bien connus de l’euthanasie et de son extension, il est frappant de constater que, sous la bannière d’une société pluraliste, une seule vision de l’humanité est mise en avant, à savoir celle d’une personne capable d’exercer son libre arbitre de manière absolue, ce qui doit lui garantir une autodétermination absolue. Toute autre conception de l’humanité, dans laquelle, par exemple, la dimension sociale et la responsabilité mutuelle sont explicitement considérées comme une dimension inhérente à la condition humaine, est rejetée comme une vision dépassée de l’humanité. Tout semble se réduire à une conception entièrement individualiste de l’humanité, où prévaut le principe du « chacun pour soi ». La seule préoccupation est désormais de savoir comment, dans des situations complexes d’incapacité – qui sont déjà interprétées de manière plus large que les seuls cas de démence –, garantir à la fois le libre arbitre de la personne et la diligence professionnelle de celui qui doit pratiquer l’euthanasie.

    L’idée selon laquelle la vie en tant que telle, quelle que soit sa forme, peut avoir une valeur absolue, et que les êtres humains sont toujours des êtres sociaux – ce qui signifie que les décisions concernant la vie ont des répercussions sur les proches du défunt – est écartée comme étant tout à fait secondaire et hors de propos dans le débat actuel, qui vise à aboutir à une éventuelle extension de la loi. Tant les personnes concernées que leur entourage immédiat et, surtout, les soignants se trouvent ici confrontés à un dilemme moral dans lequel ils doivent, a priori, se conformer à une conception de l’humanité qui leur est imposée. Sous le prétexte de la liberté absolue, c’est en réalité la liberté elle-même qui est sapée, et le débat se déroule exclusivement dans un cadre éthique prédéterminé, fondé sur une conception de l’humanité qui n’est plus sujette à discussion ni à contestation.

    Alors que, dans certains pays où le débat sur l’euthanasie en est, pour ainsi dire, encore à ses balbutiements, et où de sérieuses questions morales sont soulevées précisément au sujet de ce caractère sacré absolu de la vie et de la responsabilité sociale que chaque personne a envers les autres, et où l’on se demande donc si l’euthanasie en tant que telle peut réellement être considérée comme le fruit d’une compréhension croissante d’une humanité en pleine évolution, il s’agit là, pour notre pays, d’un débat depuis longtemps oublié et relégué aux oubliettes, dans lequel on regarde avec pitié ceux qui n’ont pas encore atteint cette maturité morale. L’argument est alors très vite avancé selon lequel certaines opinions doctrinales doivent être totalement exclues d’une société qui s’est affranchie de toute forme de considération religieuse ou philosophique ne s’alignant pas sur la nouvelle vision de l’humanité qui vient d’être mise en avant.

    C’est ainsi que ceux qui tentent encore d’introduire une réflexion morale dans le débat, et s’efforcent à juste titre d’en faire le point de départ, sont très vite réduits au silence, accusés de cruauté inhumaine parce qu’on leur reproche d’être insensibles aux souffrances que d’autres doivent endurer. Car ce serait là une conception de l’humanité qui priverait les individus du droit de prendre des décisions autonomes concernant leur propre vie et qui permettrait à une idéologie de primer sur la situation concrète dans laquelle se trouve une personne.

    Selon eux, « l’humanité » exige que l’on emploie tous les moyens pour soulager la souffrance et, si cela s’avère impossible, pour l’éliminer complètement. Le véritable sens de la compassion est réduit et perverti à l’élimination radicale de la souffrance par le fait de tuer activement l’autre, plutôt que d’honorer ce mot dans son sens véritable, où l’attention bienveillante portée à ses semblables reste la priorité. L’euthanasie est élevée au rang de forme suprême de compassion, en tant qu’acte d’amour par lequel une personne est délivrée de ses souffrances.

    Ceux qui, en revanche, osent encore parler du caractère sacré absolu de toute vie – surtout lorsqu’il semble que ce soit avancé dans une perspective religieuse particulière et avec des connotations religieuses – semblent venir d’une autre planète. Ils deviennent des parias dans un pays qui s’est présenté à l’échelle mondiale comme un pionnier du débat éthique, où le seul objectif est désormais de promouvoir à la fois l’avortement et l’euthanasie en tant que droits humains fondamentaux.

    Le fait que cela ait déjà été réalisé en France dans le domaine de l’avortement pourrait bien être considéré par certains Belges comme un échec à rester à l’avant-garde de la libération de toute forme d’ingérence morale dans les décisions concernant la vie et la mort, fondée sur un triomphe absolu de l’autodétermination que personne ni rien ne peut remettre en cause. C’est ainsi que le respect absolu de la vie a été relégué aux oubliettes et est finalement devenu tabou. La véritable question n’est pas de savoir si nous sommes devenus plus libres, mais si nous sommes devenus plus humains.

  • La protection de la maternité dans l'Union européenne

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    Du site de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    La protection de la maternité dans l'Union européenne

    18 Juin 2026
    Le 15 octobre 2025, la Fédération européenne «One of Us» a organisé au Parlement européen une conférence intitulée «Real Choice means Real Support».

    Cet événement a rassemblé près de 300 participants: membres de la société civile, représentants d’associations et jeunes citoyens, venus de 17 États membres de l’Union européenne (UE). Huit députés européens appartenant aux groupes politiques PPE (Parti Populaire Européen) et ECR (Conservateurs et Réformistes Européens) ont également pris la parole lors de cette rencontre.

    L’objectif de cette conférence était de donner la parole à des femmes ayant vécu une grossesse difficile ou un avortement, afin de leur permettre de faire entendre leur voix et de mettre en lumière que derrière le recours à un acte banalisé se cache très souvent une situation de vulnérabilité sociale, matérielle ou psychologique susceptible d’influencer le parcours de grossesse. Les témoignages recueillis ont convergé vers un même constat : l’insuffisance des dispositifs d’aide psychologique, matérielle et médicale destinés aux femmes enceintes en situation de vulnérabilité conduit nombre d’entre elles à considérer l’avortement non comme un choix libre, mais comme une solutionpar défaut.

    Parmi les femmes ayant accepté de témoigner, Charlène, Française, a livré un récit poignant des pressions qu’elle a subies.

    À l’âge de 27 ans, Charlène est tombée enceinte de manière imprévue. Elle souhaitait la poursuivre, d’autant qu’elle est déjà mère. Son compagnon, lui, en revanche, exerça une pression constante pour qu’elle avorte. Cherchant un appui extérieur, elle a consulté un médecin en présence de son conjoint. Ce praticien lui opposa une incompréhension face à sa volonté de garder l’enfant. Charlène se heurta donc à un premier jugement moral, non à une aide professionnelle.

    Elle se tourne ensuite vers une psychologue, au sein d’un centre de conseil conjugal et familial affilié à la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF). Elle espérait y trouver un tiers neutre capable de faciliter le dialogue avec son compagnon et de l’éclairer sur ses options. Or, selon son témoignage, la prise en charge fut radicalement inverse : lorsqu’elle évoquait le « bébé à venir », les professionnels lui rétorquaient qu’il ne s’agissait que d’un « amas de cellules ». Un psychologue du centre prit même l’initiative de programmer une consultation en vue d’un avortement, « au cas où » elle céderait.

    Malgré ces pressions, Charlène résiste et refuse de prendre la pilule abortive préparatoire. Toutefois, la pression conjugale atteint son paroxysme lorsque son compagnon lui enfonce de force la pilule abortive dans la bouche. Légalement, nous sommes là face à un avortement forcé caractérisé.

    Les conséquences sur sa santé mentale furent sévères: rupture avec son compagnon, épisode dépressif profond, puis une longue reconstruction. Aujourd’hui mariée et mère de trois enfants, elle déclare: «On ne peut qu’apprendre à vivre avec», formule qui traduit les traces indélébiles laissées par cette expérience.

    Au Parlement européen, Charlène lance un message fort: «En Europe, une femme qui dit “je ne veux pas avorter” doit être protégée.»

    Cette déclaration met en évidence un paradoxe des politiques européennes de santé et de droits des femmes: alors que l’avortement est présenté comme un droit relevant de la liberté individuelle, les femmes qui souhaitent ne pas y recourir se trouvent souvent dépourvues d’un accompagnement adapté. L’absence de soutien matériel (logement, revenu, emploi) et psychologique (conseil non directif, écoute) peut, dans certaines situations, réduire concrètement la capacité des femmes à exercer un choix pleinement libre et éclairé.

    Le cas de Charlène n’est pas isolé. Selon l’enquête VIRAGE 2015 (Violences et Rapports de Genre) et l’enquête nationale Enveff 2000, des violences physiques sont constatées dans 3 à 8 % des grossesses. Ce taux serait trois à quatre fois supérieur en cas de grossesse non désirée par le partenaire.

    Cette réalité apparaît également dans les données disponibles. Selon une enquête IFOP (Institut français d’opinion publique) réalisée pour le Planning familial en septembre 2024, 29% des femmes ayant eu recours à une interruption volontaire de grossesse déclarent avoir ressenti une forme de pression en faveur de cette décision lors de leurs échanges avec un professionnel de santé.

    Ces données révèlent aussi l’ampleur d’une réalité ignorée: la grossesse est une période de vulnérabilité accrue face aux violences conjugales, et les femmes qui souhaitent poursuivre une grossesse contre la volonté de leur partenaire sont exposées à un risque spécifique.

    Ce constat donne toute sa portée au droit européen en vigueur. La directive (UE) 2024/1385 du Parlement européen et du Conseil sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée sur le fondement des articles 82, paragraphe 2, et 83, paragraphe 1, du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), énumère explicitement l’avortement forcé parmi les comportements criminels constitutifs d’une violence à l’égard des femmes, aux côtés du viol, de la stérilisation forcée et des mutilations génitales féminines.

    Le considérant (3) de cette directive rappelle que ces actes constituent «une violation des droits fondamentaux tels que le droit à la dignité humaine, le droit à la vie et à l’intégrité de la personne». La reconnaissance de l’avortement forcé comme forme de violence à l’égard des femmes met l’accent sur l’importance de développer des mécanismes de prévention et d’accompagnement adaptés pour les femmes susceptibles d’être confrontées à de telles pressions.

    Cest pourquoi Charlène a déposé en janvier 2026 une pétition au Parlement européen enregistrée sous le numéro 0194/2026. La pétition déposée par Charlène poursuit un triple objectif.

    Premièrement, elle invite la Commission européenne à examiner la faisabilité de programmes pilotes ou d’initiatives ciblées destinés à renforcer le soutien médical, psychologique et social aux femmes enceintes, en particulier celles en situation vulnérable ou à haut risque. Cette demande s’inscrit dans le cadre des objectifs posés à l’article 33 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui dispose que «La protection de la famille est assurée sur le plan juridique, économique et social». Bien que la Charte ne fonde pas de compétence autonome pour l’Union, elle doit guider l’action de la Commission dans le déploiement de ses programmes existants. Concrètement, de telles initiatives pourraient prendre la forme d’aides au logement, de services de conseil en maternité, de lignes d’écoute spécifiques ou de financements pour les associations d’accompagnement à la naissance.

    Deuxièmement, la pétition demande à la Commission européenne de procéder à un réexamen des instruments de financement et des communications politiques existants (notamment le Fonds social européen plus (FSE+) et le programme EU4Health), afin de s’assurer qu’ils priorisent effectivement le soutien à la maternité. Leur mise en œuvre ne doit pas générer des pressions indirectes poussant les femmes à recourir à l’avortement. Il faut évaluer dans quelle mesure ces instruments prennent effectivement en compte les besoins des femmes souhaitant poursuivre leur grossesse, notamment lorsqu’elles se trouvent en situation de vulnérabilité sociale ou économique.

    Troisièmement, la pétition réaffirme le principe de neutralité de l’Union dans ses actions et ses priorités de financement, en cohérence avec le principe de subsidiarité. Conformément à ce principe, l’Union européenne doit veiller à préserver une approche équilibrée et non directive dans l’utilisation de ses instruments financiers lorsqu’ils concernent des domaines relevant principalement de la compétence des États membres, en l’occurrence l’avortement. En revanche, il lui incombe de garantir un environnement favorable à l’exercice de tous les droits, y compris celui de mener une grossesse à terme.

    La pétition n°0194/2026 a été déclarée recevable par la commission des pétitions du Parlement européen. Elle bénéficie du soutien de plusieurs groupes politiques, notamment le PPE, ECR, PfE et ESN.

    Lors d’une réunion de la commission des pétitions le 23 juin 2026, Charlène sera auditionnée par les députés et la pétition sera examinée. Celle-ci devrait ensuite être transmise aux commissions compétentes, notamment la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) et la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres (FEMM).

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  • Que le Pape redonne à l’Église le véritable Institut Jean-Paul II

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    Que le Pape redonne à l’Église le véritable Institut Jean-Paul II

    Le commentaire de Mgr Melina sur l’interview dans laquelle Mgr Paglia raconte comment il a démantelé l’Institut sur le mariage et la famille, explique l’importance pour l’Église tout entière de ramener l’Institut à sa vocation d’origine.

    22/06/2026

    En mai dernier, Mgr Vincenzo Paglia a vendu la mèche. Nous en avions parlé à l’époque. L’ancien président de l’Académie pontificale pour la vie et grand chancelier de l’Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille a été interviewé par le site Settimana News il y a tout juste un mois. Dans cette interview, Paglia a révélé qu’il avait été chargé par le pape François de démanteler l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille afin de reconstruire, sur ses ruines, le nouvel institut. Il ne s’agissait pas d’une opération purement cosmétique, mais d’une transformation en profondeur. Il était nécessaire, explique Paglia, d’ériger un nouvel institut car un nouveau paradigme moral avait été introduit par le pontificat de François.

    Mgr Livio Melina, directeur de l’ancien Institut Jean-Paul II, a publié simultanément dans notre journal et dans le Catholic World Report un commentaire critique sur cette manœuvre de Paglia visant non seulement à détruire l’Institut présidé par Melina, mais aussi à révolutionner l’anthropologie et la morale catholiques. En relisant l’intervention de Mgr Melina, on est amené à confirmer une fois de plus que l’approche de Paglia – et donc, en amont, celle de François – a consisté en la conception d’une foi sans transcendance et d’une morale sans métaphysique.

    L’orientation philosophique de Paglia, qui ne peut en aucune manière être rattachée au patrimoine culturel et doctrinal catholique, réside en substance et en définitive dans l’empirisme anglais. « Le bien et le mal sont des noms qui désignent nos appétits et nos aversions », écrivait Thomas Hobbes au milieu du XVIIe siècle (Leviathan, chap. XV). Le critère moral de Hobbes, tout comme celui de Paglia, est de nature empirique, phénoménologique et s’articule selon la conscience de l’individu. Ainsi, en dernière instance, le bien, s’il n’a qu’une nature empirique, ne peut que coïncider avec le plaisir et l’utile. Une vision anthropologique dans laquelle le plan métaphysique est absent ne peut que générer une philosophie morale hédoniste et proportionnaliste.

    Si le plan horizontal de l’existence est la seule perspective à travers laquelle on considère l’homme, alors, sur le plan éthique également, la seule morale sera celle qui est immanente. La réalité, privée de son axe vertical, est ainsi réduite au singulier ; par conséquent, chaque singulier – chaque homme dans cette circonstance spécifique et unique – devient une source morale. Voilà qui explique l’insistance de Francesco et de Paglia sur la casuistique jésuite et sur le discernement au cas par cas.

    D’où la guerre déclarée à tout ce qui est général ou absolu, car précisément dissocié, affirme-t-on, du cas concret : les normes, les principes, la doctrine, les dogmes. Toute une théologie morale, a affirmé Paglia, très « théorique ».

    Selon Mgr Melina, cette approche a été choisie non pas parce qu’on était intimement convaincu de sa validité théorique, mais parce qu’elle constituait un instrument nécessaire pour éviter d’appliquer concrètement les exigences élevées du mariage, de la sexualité et de l’amour, exigences qui, dans la perspective erronée de Paglia, débouchaient sur une impossibilité morale, sur un idéal doctrinal impraticable.

    Mgr Melina critique cette approche car elle est contraire à la raison et à la foi, et donc contraire à la doctrine catholique ; il apporte en outre des éclaircissements sur certains points très intéressants. Paglia reprochait à l’ancien Institut Jean-Paul II d’enseigner un naturalisme mécaniste. À partir des principes du droit naturel, on en déduirait de manière géométrique des règles de conduite spécifiques (cf. F. Gentile, Filosofia del diritto, CEDAM, Padoue 2006). De cette manière, les situations spécifiques seraient en quelque sorte supprimées, uniformisées entre elles et intégrées aux principes de rang supérieur.
    En réalité, cette approche était propre à une partie de la néo-scolastique et du rationalisme des Lumières françaises, mais elle n’a jamais fait partie du patrimoine culturel catholique.

    La théorie de l’action morale est bien plus complexe et prévoit, s’appuyant sur l’enseignement thomiste, l’intervention au moins de la conscience et de la vertu de prudence pour décliner concrètement les principes de la loi naturelle, ou plutôt pour décliner concrètement l’orientation téléologique de la nature qui aspire constamment au bien.

    Melina, outre qu’il évoque ce point, souligne ensuite un aspect important, qui n’a mûri dans la réflexion magistérielle que depuis relativement peu de temps. L’avant-dernier paradigme permettant d’évaluer la moralité d’une action est celui de la dignité personnelle, c’est-à-dire de la valeur intrinsèque de la personne (le paradigme ultime étant Dieu). C’est là la pierre de touche qui, mieux que tout autre terme, exprime l’orientation de la nature humaine vers sa fin et qui, par conséquent, traduit au mieux, sur le plan anthropologique, les principes de la loi naturelle.

    Ce paradigme explique de manière très valable l’existence d’absolus moraux, c’est-à-dire de comportements qui, en toute circonstance et au-delà de toute intention, même bonne, sont mauvais précisément parce qu’ils contredisent toujours et en tout état de cause la dignité personnelle, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas conformes à celle-ci.
    Dans la réflexion de Jean-Paul II, et surtout dans ses catéchèses sur l’amour humain dans le plan divin, explique Melina, l’approfondissement de la valeur inestimable de chaque homme conduit à un approfondissement de la morale et de la foi. On pourrait dire que plus la morale est humaine, plus elle est divine.

    Il ne s’agit pas là d’humanisme intégral, mais d’une connaissance intégrale de l’homme. Lorsque la dignité personnelle habite une famille, elle se traduit par l’amour, c’est-à-dire par le don total de soi à l’autre et par l’acceptation totale de l’autre pour ce qu’il est. Cette approche, rappelle Melina à Paglia, élimine le légalisme stérile et, de même, est étrangère aux dérives historicistes et phénoménologiques. Ce n’est pas un juste milieu, un compromis, mais c’est l’approche correcte car elle répond à la vérité sur l’homme.

    Cela dit, on est en droit de se demander : pourquoi Mgr Melina a-t-il tenu à publier ce commentaire ? Non pas simplement parce qu’il voulait se débarrasser d’un poids sur le cœur, lui qui avait été écarté par François en son temps lorsqu’on lui avait retiré la direction de l’Institut. En réalité, il nous semble que Mgr Melina a lancé une bouteille à la mer, confiée aux eaux du Tibre. En d’autres termes, cette lecture rétrospective de l’œuvre de Paglia est soumise à l’appréciation du pape Léon XIV afin que celui-ci réoriente l’orientation de l’actuel Institut Jean-Paul II selon sa vocation originelle et, par conséquent, modifie son personnel.

    Le Pape en sera-t-il jamais capable ? Il apparaît de plus en plus évident pour beaucoup que l’actuel Souverain Pontife a été élu avant tout dans le but de rétablir l’unité au sein de l’Église. Mais l’unité ne peut faire abstraction de la vérité, sinon elle est compromise, et le compromis ne génère qu’un simple consensus opportuniste, perpétuant ainsi les fractures existantes, même si celles-ci sont dissimulées sous le voile de l’accommodement. En somme, il ne peut y avoir de véritable unité sans vérité. L’article de Melina devient donc l’occasion de demander au Pape de ramener l’Institut Jean-Paul II sur la voie de la vérité, en bannissant les solutions hybrides qui, dans leur intention, visent à satisfaire tout le monde, mais qui, dans la pratique, mécontentent tout le monde. Il faut faire preuve de courage dans la gouvernance afin que la famille et le mariage, tels qu’ils ont été conçus par Dieu, ne soient pas sacrifiés sur l’autel de l’unité.

  • Le cardinal Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes

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    D'InfoVaticana :

    Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes.

    L'intervention a eu lieu lors de la réunion intitulée « Diktat eurogenre : Racines chrétiennes, liberté religieuse et éducative menacées dans l'UE » , organisée par l'association catholique I RadicaTi dal diritto naturale alla legge et promue par le député Massimo Milani.

    Une conférence contre l'idéologie du genre et la dérive culturelle européenne

    Cette réunion a été créée dans le but d'analyser les conséquences de certaines politiques promues depuis Bruxelles dans des domaines tels que la famille, l'éducation, la liberté religieuse et la liberté d'expression.

    Les organisateurs ont dénoncé le fait que certaines initiatives européennes présentées sous l'égide de la lutte contre la discrimination favorisent une imposition idéologique croissante sur les questions liées au genre, à la sexualité et à l'anthropologie humaine.

    Selon les organisateurs de l'événement, l'Europe traverse une phase dans laquelle la défense des racines chrétiennes et de la conception traditionnelle de la famille est fréquemment présentée comme un obstacle au progrès, tandis que certains courants idéologiques bénéficient d'une protection institutionnelle privilégiée.

    C’est dans ce contexte que Müller est intervenu, développant une vaste réflexion sur la crise spirituelle, culturelle et politique que traverse le continent.

    « L'Europe est née du christianisme »

    Le cardinal allemand a rappelé que les pères fondateurs du projet européen — des personnalités telles que Robert Schuman, Alcide De Gasperi ou Konrad Adenauer — n'ont jamais conçu l'Europe comme une simple structure économique ou administrative.

    Selon lui, l'unité européenne est née d'une vision commune de la personne humaine profondément marquée par le christianisme, ce qui a permis le développement de concepts aujourd'hui considérés comme fondamentaux tels que la dignité humaine, la liberté de conscience, l'égalité devant la loi et les droits fondamentaux.

    « L’Union européenne repose aujourd’hui sur ces fondements », a-t-il déclaré.

    Il a donc averti qu'une Europe détachée de l'Évangile court le risque de « se suicider et de sombrer dans sa propre chute ».

    La crise de la famille et de l'identité humaine

    Müller a identifié la désintégration de la famille et la confusion autour de l'identité humaine comme quelques-uns des principaux symptômes de la crise culturelle européenne.

    Comme il l'a expliqué, le continent traverse un processus de remise en question des réalités anthropologiques les plus fondamentales, largement impulsé par l'idéologie du genre et les mouvements transhumanistes qui cherchent à redéfinir la nature humaine elle-même.

    Le préfet émérite a dénoncé ce qu'il a qualifié de transformation culturelle inspirée par une logique « jacobine », contraire à la famille naturelle et à l'identité personnelle.

    Elle a également accusé certaines institutions européennes de promouvoir une forme de « totalitarisme de genre » qui menace progressivement la liberté de pensée et d'éducation.

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  • Pour l'Occident et pour la démocratie : le malentendu concernant la « guerre juste »

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    Pour l'Occident et pour la démocratie : le malentendu concernant la « guerre juste »

    Le pacifisme radical se manifeste de façon paradoxale chez certains catholiques qui justifient les guerres de gouvernements « amis ». L’erreur consiste à confondre les visions géopolitiques du monde avec la doctrine sociale de l’Église, qui peut certes avoir du mérite, mais n’a pas pour but de rétablir l’ordre voulu par Dieu. Il y a également une incompréhension des concepts d’Occident et de démocratie.
    20/06/2026

    Dans l'article précédent, nous avons critiqué le pacifisme radical qui s'est répandu dans de nombreux milieux de l'Église, allant jusqu'à nier ce que le Catéchisme lui-même définit comme une « guerre juste », comprise comme une légitime défense. Mais parmi les catholiques, on observe aussi le radicalisme inverse : certains étendent les quatre conditions de la légitime défense énoncées par le Catéchisme jusqu'à justifier toute guerre, en la dissimulant sous des intentions louables.

    La principale erreur consiste à confondre l'Évangile ou la doctrine sociale de l'Église avec des idéologies ou des visions géopolitiques du monde. Celles-ci sont légitimes, respectables et peuvent, à certains égards, coïncider avec une vision catholique, mais elles sont essentiellement motivées par des préoccupations autres que le rétablissement de l'ordre naturel voulu par Dieu.

    Un exemple classique en est la justification invoquée au nom de la défense d'un Occident prétendument chrétien. Une discussion distincte serait nécessaire pour clarifier ce qu'est l'Occident – ​​ce que La Bussola a déjà fait  ici et ici – mais il suffit de comprendre qu'aujourd'hui, les classes politiques et culturelles dominantes en Europe et aux États-Unis s'opposent à ce que devrait véritablement être l'Occident, à savoir « une civilisation dans laquelle le christianisme a synthétisé et purifié la philosophie grecque et le droit romain », comme nous l'avons déjà écrit. Cela conduit non seulement à la promotion d'intérêts et de valeurs antichrétiens en général et anticatholiques en particulier, mais aussi à la tentative d'exclure l'Église de la sphère publique, favorisant paradoxalement des cultures et des religions qui visent la destruction de l'Occident en tant que tel. La Bussola dispose de nombreux articles documentant cette tendance.

    Cela ne signifie pas que nous devions applaudir – comme le font malheureusement nombre de catholiques – les régimes violents et criminels qui entrent régulièrement en conflit avec l'Europe et les États-Unis. Mais nous devons reconnaître, en toute lucidité, que les enjeux de la politique internationale de nos pays ont très peu à voir avec la doctrine sociale de l'Église. Pour donner un exemple concret : nous avons vivement critiqué l'intervention militaire américaine et israélienne contre l'Iran, mais cela ne signifie pas que nous devions nous réjouir du renforcement du régime sanguinaire des ayatollahs que cette guerre a engendré.

    Une autre justification douteuse de l'intervention militaire est celle d'une prétendue guerre mondiale entre démocraties et dictatures, qui peut être interprétée comme la base de conflits majeurs en cours, de l'Ukraine au Moyen-Orient, en passant par les tensions dans la région Asie-Pacifique.

    Là encore, il nous faut d’abord comprendre le concept de démocratie qui, même chez les catholiques, est souvent idéalisé sans que l’on s’interroge sur les fondements sur lesquels il est censé reposer. Or, saint Jean-Paul II, dans son encyclique Centesimus Annus (1991), avait déjà mis en garde contre la dérive vers laquelle nos sociétés se dirigent, celle du renoncement à la vérité : « S’il n’y a pas de vérité ultime pour guider et orienter l’action politique, alors les idées et les convictions peuvent facilement être instrumentalisées à des fins de pouvoir. Une démocratie sans valeurs se transforme aisément en totalitarisme ouvert ou insidieux, comme l’histoire le démontre » (n° 46).

    Mais même en admettant une distinction politique entre démocraties et dictatures (ou régimes autoritaires), distinction qui existe bel et bien, il est clair que l'idée d'une guerre mondiale « démocraties contre dictatures » ne résiste pas à l'épreuve des faits : pour être précis, les alliés des États-Unis dans la guerre contre l'Iran sont des régimes dictatoriaux au Moyen-Orient ; de plus, la Turquie, membre de l'OTAN, est un régime autoritaire qui n'a rien à envier à la Russie tant décriée de Poutine. Sans parler du soutien, ou du moins de la tolérance, dont bénéficient les régimes despotiques qui servent les intérêts occidentaux.

    Très souvent, l'argument de la libération des peuples de régimes violents sert à justifier une intervention armée , frôlant presque l'ingérence humanitaire évoquée dans l'article précédent. En réalité, il faut reconnaître que l'oppression subie par les peuples est cyniquement exploitée pour servir des intérêts qui n'ont que peu à voir avec la liberté. Le cas du Venezuela, « libéré » par Maduro, est exemplaire : le simple fait que le régime ait accepté d'être « domestiqué » a suffi à assurer sa survie. De même, les soulèvements populaires en Iran ont été salués et encouragés car ils étaient perçus comme un moyen d'éliminer un régime indésirable pour les intérêts israélo-américains, et non l'inverse.

    L’exhortation de Jésus à ses disciples reste toujours d’actualité : « Vous savez que ceux qui sont considérés comme les chefs des nations les dominent, et que leurs grands exercent leur autorité sur elles. Il n’en sera pas ainsi parmi vous » (Marc 10, 42-43). Cela signifie qu’en matière de relations internationales, les intérêts nationaux et les rapports de force ne prévalent pas toujours, mais que les véritables intérêts en jeu doivent être pris en compte si l’on souhaite contribuer, par ses décisions et ses actions politiques, au rétablissement de l’ordre voulu par Dieu.
    Il ne faut jamais oublier que les guerres ne surgissent pas soudainement, mais sont l’aboutissement de longs processus qui, à un certain moment, mènent à un conflit armé. Par exemple, il est clair que la guerre en Ukraine n’a pas commencé brutalement avec l’invasion russe du 24 février 2022, ni avec le soulèvement de Maïdan en 2014. De toute façon, même les gouvernements occidentaux auraient eu largement le temps de tenter de concilier les intérêts divergents.

    C’est pourquoi, plutôt que de discuter d’une « guerre juste », il serait plus important de discuter de la manière d’empêcher que les conflits entre nations ou au sein de celles-ci ne dégénèrent en tragédie de guerre.

    Nous en revenons donc aux critères établis par le Catéchisme pour juger de la légitime défense comme « juste », à commencer par le fait qu'il est une condition préalable nécessaire d'épuiser tous les moyens politiques et diplomatiques pour éviter la guerre.

    Une menace lointaine à la sécurité nationale ne saurait justifier une attaque préventive telle que celle menée contre l'Iran le 28 février. De même, l'expansion supposée de l'OTAN et l'ingérence en Ukraine n'ont pas justifié l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le Compendium de doctrine sociale explique : « Quant à une action militaire préventive, lancée sans preuve manifeste d'une agression imminente, elle ne peut manquer de soulever de sérieuses questions morales et juridiques » (n° 501).

    Même la catastrophe de Gaza et du sud du Liban ne peut être justifiée par la menace qui pèse sur la sécurité d’Israël, car il existe un critère de proportionnalité à respecter, ainsi que celui du droit humanitaire (sans même tenir compte des évaluations sur l’existence de « chances de succès fondées »).

    Bien sûr, les critères de légitime défense ne sont pas infaillibles ; beaucoup dépend du discernement des autorités, qui doivent savoir les appliquer au mieux dans des circonstances souvent complexes. Surtout, ne les instrumentalisez pas à votre avantage.

  • Les confidences de Mgr Paglia et la morale de l'Église à la croisée des chemins

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    De Mgr Livio Melina sur la NBQ :

    Les confidences de Mgr Paglia et la morale de l'Église à la croisée des chemins

    La suppression de l'Institut Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille était une opération idéologique aux graves conséquences pour l'Église tout entière. Voici la réponse de Mgr Melina, président de l'institut de 2006 à 2016, à Mgr Paglia, qui soutient cette décision. 

    - ARCHIVES : L'attaque contre l'Institut Jean-Paul II

    20/06/2026

    Dans un entretien accordé à Settimana News le 21 mai 2026, Mgr Vincenzo Paglia a réaffirmé son rôle déterminant dans la suppression de l’Institut Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille et son remplacement par une nouvelle entité académique, ainsi que dans la transformation radicale de l’Académie pontificale pour la vie. Il a également expliqué que ces interventions visaient un changement de paradigme radical, reconnu pour la première fois non seulement au niveau pastoral, mais aussi au niveau doctrinal.

    Cette réforme « très profonde », selon Mgr Paglia, impliquait avant tout de repenser le concept même de « droit naturel ». Celui-ci ne pouvait plus se fonder sur des principes immuables permettant de déduire des normes, mais devait s’appuyer sur un discernement historique continu de l’expérience subjective et culturelle. Il s’agissait donc de proposer une « théologie dans l’histoire et dans la vie des hommes », dépassant ainsi la « théologie de salon ».

    Il convient tout d'abord de se demander si cette critique correspond aux travaux menés par l'Institut Jean-Paul II. Ensuite, il faut examiner la pertinence des nouvelles propositions doctrinales de Paglia. Ce n'est qu'alors que nous pourrons comprendre la véritable raison de la suppression de cet institut universitaire.

    1. Pour répondre à cette question, il est nécessaire de partir de l’intention initiale de Jean-Paul II et d’examiner dans quelle mesure l’Institut qu’il a créé le 13 mai 1981, à la suite du premier synode sur la famille et à la veille de Familiaris consortio , s’est développé .

    Commençons par l’intention première de Jean-Paul II. L’étude approfondie de sa correspondance avec Paul VI, menée par Paweł Gałuszka dans les archives de l’archidiocèse de Cracovie, a démontré son influence profonde sur la préparation et la réception de l’encyclique Humanae Vitae . Saint Jean-Paul II était profondément convaincu que la question de la morale conjugale et familiale constituait un défi décisif pour l’Église. Mais il estimait également que la structure de la théologie morale enseignée dans les manuels catholiques était inadéquate pour y répondre. Ni le droit naturel traditionnel et l’approche légaliste, ni le caractère unilatéral d’un personnalisme de la conscience détaché de la nature, ne rendaient compte de la valeur positive de la sexualité conjugale et de la nature personnaliste de la procréation.

    L’archevêque Wojtyła ressentait le besoin d’une anthropologie à la hauteur de l’expérience de l’amour et d’une théologie du corps. Ce qu’il avait suggéré à Paul VI, il put le réaliser une fois devenu pape. Avec ses Catéchèses sur l’amour humain dans le plan divin (1979-1984), il illustra la grandeur de la vocation à l’amour, au don de soi, à la communion entre les personnes et à la collaboration avec Dieu pour engendrer des vies nouvelles.

    Dans le même temps, le pape polonais prit rapidement conscience que les résistances et les contestations de l'encyclique de Paul VI n'étaient plus seulement partielles et ponctuelles, mais se muaient en une remise en question globale et systématique de la « saine doctrine morale » de l'Église. Ainsi, dans l'encyclique Veritatis Splendor, il put ouvrir la voie à une resémantisation personnaliste du droit naturel. Le droit naturel se comprend à travers le langage du don de soi, que le Créateur a inscrit dans le corps humain, langage que nous pouvons découvrir à la lumière de la raison et grâce au soutien de la vertu (cf. n° 48). Le droit naturel naît de la capacité de la raison à saisir, « à la lumière de la dignité de la personne », « la valeur morale spécifique de certains biens » auxquels la personne est naturellement encline. Ainsi, les « biens pour la personne », objet des inclinations naturelles, acquièrent une pertinence morale du point de vue du « bien de la personne » en tant que tel (ibid.).

    Dans la constitution apostolique Magnum Matrimonii Sacramentum du 7 octobre 1982, qui a conféré une forme juridique définitive à l'Institut d'études sur le mariage et la famille, le pape polonais a explicitement cité Humanae Vitae. Il a également indiqué comme objet d'étude « le dessein de Dieu pour le mariage et la famille », dont la pleine vérité doit être recherchée par une approche interdisciplinaire. Ainsi, deux grands axes de recherche théologique ont émergé : d'une part, l'anthropologie théologique ; d'autre part, la théologie morale.

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