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Ethique - Page 3

  • Comment, après un temps de coopération, l’Église et la modernité libérale ont rompu les amarres

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    Une tribune de Paul Airiau sur aleteia.org :

    Comment le fossé s’est creusé entre l’Église et la modernité libérale

    21/02/26

    Après un temps de coopération, l’Église et la modernité libérale ont rompu les amarres, analyse l’historien Paul Airiau, le libéralisme culturel ayant abandonné toute régulation par une morale naturelle universelle.

    Si rien n’est jamais joué d’avance, il n’empêche : la proposition de loi sur l’euthanasie paraît bien partie pour être adoptée avant la fin de l’année, quelles que puissent être les péripéties parlementaires à venir (sauf dissolution surprise…), tant les partisans de l’euthanasie trouvent des relais dans le personnel politique, pour de multiples raisons. Au-delà des enjeux immédiats, cette histoire inachevée est en fait une nouvelle étape française dans la déliaison en matière de mœurs entre la législation d’ici-bas et les principes catholiques. Doucettement entamée avec la légalisation du divorce sous la Révolution (1792), partiellement relancée avec la républicanisation de la République (en 1884, relégalisation du divorce aboli en 1816), elle s’est accélérée à partir du milieu des années 1960 puis de la fin des années 1990. Les étapes en sont autant de défaites successives pour une Église plus ou moins intensément mobilisée : légalisation de la contraception (1967), dépénalisation de l’avortement (1975), diffusion de la fécondation in vitro au début des années 1980, pacte civil de solidarité (1999), fin de la distinction de sexe comme constitutive du mariage (2013), extension de la PMA aux couples de même sexe et aux femmes seules (2021), constitutionnalisation de l’avortement (2024).
    Le temps du partenariat

    Cette évolution n’est pas propre à la France, elle s’observe dans nombre d’autres pays. Une faille se creuse ainsi de plus en plus entre l’Église et une modernité libérale qui se déploie en libéralisme culturel justifiant la reconnaissance légale des modes de réalisation de soi. L’autonomie individuelle et l’oblitération de toute hiérarchisation du jugement moral fondent désormais des législations déliées de toute régulation antérieure, extérieure et supérieure à l’ici-bas de la société. Or, pour l’Église, la modernité libérale trahit ainsi en partie le partenariat qui s’était en partie établi entre elles depuis la fin des années 1930.

    En effet, à la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l’Église s’était constituée comme intransigeante, antimoderne, refusant et condamnant le libéralisme en toutes ses déclinaisons, philosophique, politique, économique… Elle avait promu la construction d’une modernité alternative qui prouverait la justesse de ses positions, ouvrant la dynamique d’un engagement militant multiforme. Cependant, les totalitarismes fasciste, nazi et communiste des années 1930 avaient montré l’intérêt d’une démocratie libérale, dans son acception occidentale de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Malgré son refus de la régulation catholique de la législation, elle garantissait au moins la liberté de conscience, de culte, d’enseignement, le droit d’association, les relations libres entre évêques et Saint-Siège. Qui plus est, face au soviétisme conquérant d’après 1945, elle devenait, dans une certaine mesure, bonne en tant que telle, car elle était capable d’intégrer qu’il existe des normes limitant la toute-puissance étatique et la propension unanimiste de la démocratie — soit l’État de droit — et que qu’elle devait avoir une dimension de justice sociale.

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  • L’aide à mourir : un outil pour élargir le don d’organes ?

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    De Priscille Kulczyk sur le site de l'ECLJ :

    Euthanasie et don d’organes: Un nouveau vivier de donneurs

    20 Février 2026

    En France, la question du don d’organes après une euthanasie ou un suicide assisté a été balayée d’un revers de main lors des débats parlementaires sur la proposition de loi «relative au droit à l’aide à mourir». Cela est regrettable puisqu’une telle possibilité en constitue un enjeu éthique important.

    À l’Assemblée nationale comme au Sénat, des parlementaires ont proposé d’amender la proposition de loi afin d’interdire le don d’organes en cas d’euthanasie et de suicide assisté.[1] Radicaux de prime abord, ces amendements exprimaient surtout le pressentiment de leurs auteurs que cette pratique ne peut aller de soi, notamment en raison du danger d’un éventuel glissement vers une «euthanasie altruiste» justifiée par le don d’organe lui-même, en particulier dans le cas de patients qui ne sont pas en fin de vie. Ces amendements auraient dû donner lieu à des débats fournis, mais ces opportunités ont malheureusement été rapidement balayées dans chacune des deux chambres. Le 23 mai 2025, en séance publique, six minutes auront suffi aux députés pour rejeter l’amendement, après un avis défavorable du rapporteur principal justifié par l’atteinte au principe d’égalité qu’engendrerait une telle mesure. Le 20 janvier 2026, la commission des affaires sociales du Sénat n’a pas non plus développé la question lors de l’examen de l’amendement 65 rectifié qui a fait l’objet d’un avis défavorable, avant de tomber. Il importe donc de pallier l’absence de débat de fond sur cette question afin d’éviter un angle mort éthique.

    L’aide à mourir, un outil pour remédier aux pénuries d’organes ?

    L’expérience des pays ayant légalisé le suicide assisté et l’euthanasie nous apprend pourtant que des garde-fous sont nécessaires. Au Québec, le bilan pour 2022 publié par Transplant Québec[2] constate avec satisfaction que le nombre de donneurs d’organes en contexte d’aide médicale à mourir a triplé en cinq ans. L’organisme note «un nombre record de références pour don d’organes en 2022, dont une hausse significative de plus de 130% en contexte d’aide médicale à mourir (AMM)». Ce sont «près de 15% des donneurs d’organes qui ont préalablement eu recours à l’AMM»: ainsi, alors qu’environ 5% des décès enregistrés la même année au Québec résultaient d’une euthanasie ou d’un suicide assisté, ce chiffre laisse apparaître un nombre de donneurs trois fois plus élevé dans cette catégorie que dans celle des décès «naturels». Vu cette disproportion, euthanasie et suicide assisté constituent donc des outils fort utiles dans un contexte d’augmentation des besoins en organes. Des spécialistes ne s’en cachent pas, à l’instar de la directrice de Transplant Québec selon laquelle «Il s’agit non seulement d’une opportunité d’augmenter le nombre de donneurs d’organes au Québec, mais aussi d’une occasion incroyable de permettre à plus de personnes de bénéficier d’une greffe».[3] En Espagne, qui a légalisé l’ « aide médicale à mourir» en 2021, les autorités ont été surprises de constater que plus de 25% des personnes y ayant eu recours (44 sur 172) pendant la première année d’application de la loi ont donné leurs organes.[4] Les premiers prélèvements avaient même été pratiqués avant même qu’un protocole officiel soit publié.

    En France, cette «opportunité» de l’euthanasie et du suicide assisté en tant que nouvelle source d’organes est aussi un argument qu’a bien compris l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Celle-ci s’est rapprochée de l’association Renaloo qui soutient les patients atteints de maladies rénales et promeut le don de rein: pour preuve, sa participation au colloque «Faire reculer l’opposition au don d’organes, une urgence éthique» organisé en octobre 2024 par Renaloo.[5] En outre, Henri Caillavet, qui a donné son nom à la loi du 22 décembre 1976 qui a institué le consentement présumé au don d’organes, n’est autre qu’un des membres fondateurs et ancien président de l’ADMD.

    L’expression d’une vision utilitariste de la personne humaine

    Diverses raisons peuvent expliquer ces faits et chiffres. D’un point de vue philosophique d’abord, l’euthanasie et le suicide assisté emportent une modification radicale du rapport de l’être humain à la vie et à la mort: ces pratiques sont une réponse à l’absurdité de la vie et de la souffrance dans une civilisation en perte de repères, de sens et de transcendance. La mort s’en trouve déshumanisée, tandis que la vie comme le corps humain sont traités comme des matériaux à gérer et maîtriser. Or, la perspective de donner ses organes s’inscrit dans le prolongement de la réponse à cette absurdité en ce qu’elle valorise l’altruisme. En somme, une façon de joindre l’utile à une «mort agréable».[6]

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  • Aujourd'hui, fête de saint Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la “pédophilie” au XIè siècle

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    St Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la “pédophilie” au XIè siècle

    Saint Pierre Damien, Docteur de l’Eglise, qui annihila la pédérastie au XI° s (+ 1072) (63 mn) Comment ce saint moine, confronté à une des pires crises de la papauté et à une des pires décadences du clergé, réussit à extirper les vices de la pédérastie et de la simonie dans le clergé de son temps. Pour cela, il analysa les causes puis désigna le remède : Réduire à l’état laïc tout clerc, fut-il cardinal, coupable de ces vices. Il obtient de la papauté (Léon IX aidé par Hildebrand, futur pape saint Grégoire VII) une réaction adaptée. Sa prédication forte par lettres, sa droiture morale, prépare la réforme grégorienne et la merveilleuse efflorescence de l’Eglise du XIII° siècle.

    Voir ici : https://www.diakonos.be/settimo-cielo/

  • Des juristes internationaux mettent en garde contre l'introduction de l'avortement dans la constitution luxembourgeoise.

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    Du Catholic Herald :

    Des juristes internationaux mettent en garde contre l'introduction de l'avortement dans la constitution luxembourgeoise.

    Un groupe de juristes internationaux, parmi lesquels des professeurs de la faculté de droit de Harvard, de l'université d'Oxford et d'autres universités européennes et américaines de renom, ont signé une lettre ouverte exhortant les dirigeants et les citoyens luxembourgeois à examiner attentivement les implications constitutionnelles et juridiques d'une proposition visant à inscrire l'avortement dans la Constitution. Cette lettre fait suite au vote parlementaire prochain portant sur la modification de l'article 15 de la Constitution afin de garantir le droit à l'interruption volontaire de grossesse.

    Bien que les universités soulignent qu'elles ne défendent pas une position politique spécifique, leur lettre expose les conséquences juridiques et institutionnelles potentielles de l'inscription de l'avortement comme une « liberté » ou un « droit » constitutionnel.

    Citant un avis consultatif du Conseil d'État français, les experts avertissent que « toute modification constitutionnelle visant à introduire une « liberté » d'interrompre une grossesse risque d'être interprétée par les juges comme un droit constitutionnel ». Que l'on utilise ou non le terme « liberté » plutôt que « droit », « il s'agirait néanmoins d'une obligation constitutionnelle », précise la lettre. « Cela signifie qu'elle ne pourra plus être modifiée par les voies démocratiques ordinaires. »

    Elle prive donc les élus et les organismes de réglementation de leur pouvoir, tout en renforçant celui des juges, dont les interprétations peuvent varier selon les différentes perspectives juridiques. Les experts avertissent qu'il sera par conséquent « plus difficile, désormais, de modifier la loi dans un sens ou dans l'autre, conformément à la volonté du peuple et de ses représentants élus ».

    La lettre souligne que la constitutionnalisation de l'avortement pourrait : transférer le pouvoir de décision du législatif au judiciaire, notamment ainsi la flexibilité démocratique ; rendre plus difficile la réglementation ou la limitation des procédures d'avortement ; avoir un impact sur des domaines tels que l'objection de conscience et le contrôle médical ; présenter des risques potentiels pour la liberté d'expression, d'association et de religion pour les personnes ou les organisations exprimant des opinions pro-vie.

    « Nous espérons que cette brève lettre mettra en lumière certains aspects juridiques qui n'ont peut-être pas encore été pleinement examinés », écrivent les signataires. « Nous ne prétendons pas dicter aux citoyens ou aux législateurs luxembourgeois la marche à suivre sur cette question, qui relève de la souveraineté du Luxembourg. »

    Parmi les signataires figurent : Mary Ann Glendon, professeure émérite de droit à la faculté de droit de Harvard, Paul Yowell, professeur agrégé de droit à l'université d'Oxford, O. Carter Snead, professeur de droit à l'université de Notre Dame, John Garvey, ancien doyen de la faculté de droit de Boston College, Tonio Borg, professeur de droit public à l'université de Malte et ancien commissaire européen à la santé et vice-Premier ministre de Malte, María Isabel Álvarez Vélez, professeure titulaire de droit constitutionnel à l'ICADE Madrid, Luis Gaspar, maître de conférences à l'Universidad Internacional de Cataluña (UIC), Fernando Simón Yarza, professeur titulaire de droit constitutionnel à l'université de Navarre, Juan Tello Mendoza, maître de conférences en droit constitutionnel à l'université de Barcelone, Ed Whelan, ancien président du Centre d'éthique et de politique publique (les affiliations institutionnelles sont fournies à titre indicatif uniquement et n'impliquent aucune approbation institutionnelle).

    L'avortement est déjà légal sur demande au Luxembourg jusqu'à 12 semaines de grossesse et jusqu'à la naissance en cas d'anomalie fœtale telle que la trisomie 21. Ces derniers mois, des pressions se sont exercées pour restreindre davantage les droits des enfants à naître, et en juillet 2025, le Parlement luxembourgeois a supprimé le délai de réflexion obligatoire de trois jours avant toute interruption de grossesse.

    Toutefois, le pays s'apprête également à aller plus loin en inscrivant la « liberté de recourir à l'avortement » dans sa Constitution, la loi suprême et fondamentale du Luxembourg. Ce processus, qui requiert deux votes parlementaires et doit être adopté à la majorité des deux tiers, devrait connaître un premier vote en mars prochain.

    Le Luxembourg demeure l'une des onze monarchies constitutionnelles d'Europe, avec le grand-duc Guillaume V comme souverain. Cependant, la monarchie de ce micro-État souverain est l'une des plus faibles en termes de pouvoir politique, notamment en raison de l'abdication du père du grand-duc, le grand-duc Henri, l'an dernier, et de sa position de principe contre l'introduction de l'euthanasie. En 2008, le grand-duc a refusé de donner son assentiment à une loi instaurant cette pratique, ce qui a conduit le Parlement à réduire son pouvoir à celui de promulguer les lois. Désormais, sa signature sur les textes législatifs n'a plus qu'une valeur formelle et ne peut plus les bloquer.

    L'issue de la tentative d'inscrire l'avortement dans la Constitution reste incertaine, les opinions politiques étant partagées. Toutefois, la réaction des juristes internationaux soulève des questions quant à cette décision et laisse présager un échec.

    ProLife Luxembourg 

    Contact : info@prolife.lu 

    Site web : https://prolife.lu/

  • Tourisme de l’avortement en Europe : quand une initiative idéologique se pare des habits de la démocratie

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    Via gènéthique.org :

    Tourisme de l’avortement en Europe : quand une initiative idéologique se pare des habits de la démocratie

    18 février 2026

    tribune

    À l’heure où Bruxelles s’apprête à statuer sur l’initiative « My Voice, My Choice », les ONG françaises membres de la fédération européenne ONE OF US dénoncent une Europe tentée d’imposer un modèle idéologique de l’avortement au mépris des souverainetés nationales et du respect de la vie.

    Le 25 février prochain, la Commission européenne rendra publique sa décision au sujet de l’Initiative Citoyenne Européenne « My Voice, My Choice » (cf. « My Voice, My Choice » : le Parlement européen vote le financement d’un « tourisme abortif » au mépris des traités fondateurs). Dans ce contexte, pour les ONG françaises membres de la fédération européenne ONE OF US – la Fondation Jérôme Lejeune, le CPDH (Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine), l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice) et la Marche Pour La Vie –, la tribune publiée dans les colonnes du journal Le Monde le 7 février demandant au Président français de soutenir cette initiative européenne appelle une réponse afin de dévoiler au grand jour les présupposés sur lesquels repose l’argumentation de ses auteurs.

    L’Union européenne instrumentalisée

    « My Voice My Choice » appelle à la mise en place d’un mécanisme européen destiné à financer et organiser l’accès à l’avortement au-delà du cadre juridique national, et en tout premier lieu, dans certains pays, du cadre pénal. Autrement dit, toute femme pourrait aller avorter, sans raison médicale, dans les pays les plus permissifs en termes de délai de l’IVG, c’est-à-dire 24 semaines. 24 semaines, soit six mois de grossesse… Alors que ce petit être humain est déjà entièrement formé, et que l’excellence de la médecine permet à des femmes d’accoucher à ce stade et de garder leur bébé en vie. 24 semaines d’avortement légal deviendraient alors le délai légal commun pour avorter dans l’UE… aux frais des citoyens européens.

    Pourtant, les législations relatives à l’avortement relèvent bien de la compétence des États membres, non de l’UE, justement en raison de leur dimension éthique et culturelle. Les traités européens n’ont jamais conféré à l’UE une compétence pour harmoniser ces questions, précisément parce qu’elles touchent au cœur des choix anthropologiques et moraux propres à chaque nation. Utiliser l’UE comme un moyen de dépasser les choix opérés par les peuples et leurs représentants nationaux revient à détourner un espace de coopération en instrument de normalisation idéologique, au mépris des plus faibles.

    Une initiative citoyenne qui ne saurait clore le débat démocratique

    Les auteurs de « My Voice, My Choice » mettent en avant le million de signatures récoltées. Or, ce chiffre ne saurait être présenté comme l’expression définitive de la volonté des peuples européens. En effet, rappelons qu’une autre initiative citoyenne européenne, ONE OF US, avait recueilli près de deux millions de signatures en 2013. Elle demandait à l’UE de protéger l’ humain en s’abstenant de financer toute activité impliquant sa destruction. Cette récolte de signatures s’était déployée alors que les outils numériques de mobilisation étaient quasi inexistants. Ceci rend encore plus impressionnants les presque deux millions de signatures ONE OF US au regard des seulement 1,2 million de soutiens à « My Voice, My Choice » en 2025. Si les Européens les soutenaient vraiment, et étant donné l’appui inconditionnel à « My Voice, My Choice » de la part du Planning familial, ils auraient dû récolter beaucoup plus de signatures. Ces deux initiatives citoyennes opposées montrent que l’Europe est profondément tiraillée sur ces questions. Les chiffres ont parlé : les citoyens sont plus nombreux et déterminés à s’exprimer en faveur du respect de la vie des très jeunes êtres humains et d’un soutien à la maternité plutôt que pour un tourisme de l’avortement dans l’UE. Laissons donc la démocratie se déployer !

    Une évacuation volontaire de la question scientifique

    « My Voice, My Choice » situe le débat presque exclusivement sur le terrain des droits et de la santé publique. Ce choix repose d’abord sur un mensonge, ensuite sur une mise entre parenthèses d’une question pourtant centrale : la réalité biologique de l’embryon humain. Un mensonge car nous savons par expérience que, y compris dans les pays où l’avortement n’est pas légal, toute femme, et notamment celles qui traversent une situation de vulnérabilité, ont accès à un avortement « sûr » à l’hôpital… Ensuite, la science établit de manière constante que la vie humaine commence dès la . Ces données scientifiques ne prescrivent pas en elles-mêmes une norme juridique, mais elles constituent un socle de réalité que nul débat sérieux ne peut ignorer. Présenter l’avortement uniquement comme une question d’accès revient à ignorer délibérément ce que la science révèle.

    Nous proclamons que la liberté est une réalité anthropologique majeure, qui prend sa force dans son enracinement dans la réalité : une vie humaine. Si je ne suis pas en vie, je ne peux être libre… La liberté n’est donc pas un absolu déconnecté du réel, ou alors, on flirte avec l’idéologie. Elle s’exerce dans un cadre qui prend en compte l’existence propre et celle d’autrui, en particulier lorsque cet « autre » est dans une situation de dépendance et vulnérabilité radicales. Balayer la réalité de l’embryon humain revient à exclure certains êtres humains du champ de la protection commune.

    Une Europe confrontée à des défis humains majeurs

    Le sujet douloureux de l’avortement ne peut être isolé d’une réflexion plus large sur l’accompagnement des femmes, le soutien à la maternité et la protection des plus vulnérables. Le débat européen devrait examiner les conditions concrètes qui permettent aux femmes et aux hommes d’avoir la liberté d’éviter l’IVG : lutte contre la précarité, accompagnement social, amélioration de la compatibilité entre vie familiale et vie professionnelle, reconnaissance de la valeur de toute vie humaine. Un champ immense qui appelle une prise de conscience, une solidarité sociale, des budgets, bref, une politique de court, moyen et long terme.

    La tribune « My Voice, My Choice » défend une option idéologique, qui ne peut en aucun cas être présentée comme une exigence incontestable. L’Union européenne ne saurait devenir l’instrument d’une uniformisation imposée sur des sujets aussi fondamentaux. La Fondation Jérôme Lejeune, le CPDH, l’ECLJ et la Marche Pour La Vie, membres de la fédération européenne ONE OF US qui regroupe 50 ONG membres dans 18 pays d’Europe, appellent au réveil de l’Europe, à la redécouverte et à la promotion de ses principes intangibles de protection du plus faible. Elles alertent sur les dérives autoritaires qui piétinent la liberté des Etats membres et les citoyens. Telles sont les conditions nécessaires à la démocratie et à la paix. Gageons que les Commissaires européens écoutent la voix, trop discrète peut-être, mais puissante et déterminée, des citoyens européens qui pensent que la vie, la liberté et la démocratie vont de pair.

    NDLR : Cette tribune du collectif d’ONG a initialement été publiée par le JDD.

  • Bruxelles (Cambre), 24 février, conférence : l'humanisme numérique ou comment garder le contrôle sur la technologie

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  • L’avortement contraint : une violence à l’égard des mères

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    Du site de l'ECLJ :

    16 Février 2026

    L’avortement contraint est une violence à l’égard des mères

    Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) vient de soumettre à la Rapporteuse spéciale des Nations unies (ONU) sur la violence à l’égard des femmes et des filles, ses causes et ses conséquences une contribution écrite sur la situation des femmes pauvres et isolées face à la maternité, en particulier durant la grossesse. Il s’agissait de répondre à l’appel à contributions lancé par la Rapporteuse spéciale Reem Alsalem et destiné à étayer son prochain rapport sur la « Violence à l’égard des mères ».

    Celui-ci aura une importance particulière puisqu’il sera le premier sur ce sujet à être présenté au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. La Rapporteuse spéciale a pour ambition d’y « mettre en évidence de manière exhaustive les formes de discrimination et de violence à l’égard des mères qui sont souvent négligées, d’examiner les politiques et les pratiques actuelles pour mettre fin à la discrimination et à la violence graves à l’égard des mères, de mettre en évidence les bonnes pratiques et de répondre aux besoins des mères qui ont survécu à la violence ».

    L’ECLJ a ainsi demandé à la Rapporteuse spéciale d’y évoquer les pressions diverses subies par des femmes enceintes contraintes d’avorter, c’est-à-dire de renoncer à la maternité au cours de leur grossesse, de telles pressions étant dès lors constitutives d’une « violence à l’égard des mères ». L’ECLJ s’est appuyé sur ses recherches menées depuis de nombreuses années dans le domaine, ainsi que sur le recueil de témoignages de femmes décrivant leur expérience de l’avortement, la violence subie et la souffrance qui en résulte : plusieurs affirment avoir désiré garder l’enfant mais s’être résignées, sous la pression, à l’avorter.

    L’ECLJ a tout d’abord mis en évidence le fait que l’avortement est plus souvent subi que réellement choisi, au sens où la même femme placée dans des circonstances plus favorables mènerait sa grossesse à terme. Il y a quelques années, l’institut Guttmacher indiquait en effet qu’aux États-Unis, 75 % des femmes ayant avorté l’avaient fait en raison de contraintes sociales ou économiques[1]. Ainsi, plus une femme enceinte est pauvre et isolée, plus elle risque de renoncer à mener sa grossesse à terme. Les pressions en ce sens sont en particulier matérielles et affectives ou familiales. Les premières sont notamment liées à la précarité en matière de revenus, de travail et de logement : selon les données publiées en janvier 2026, l’Angleterre et le Pays de Galles notent un nombre record d’avortements « en raison du coût de la vie[2] ». Dans le second cas, il n’est pas rare que le père de l’enfant ou des parents inquiets pour l’avenir de leur fille poussent la femme enceinte à avorter. En outre, des femmes souhaitant garder l’enfant ou s’interrogeant sur la décision à prendre rapportent avoir consulté des organisations tel le Planning familial mais n’y avoir pas été informées d’alternatives ou d’y avoir subi une pression supplémentaire pour avorter.

    L’ECLJ a ensuite montré que de tels faits sont constitutifs de « violence à l’égard des mères ». Tout d’abord, la femme enceinte est mère dès lors que la maternité est à la fois l’état de mère et le fait de porter et mettre au monde un enfant : cet état et ce processus débutent donc dès le commencement de la grossesse. Divers textes internationaux exigent d’ailleurs une protection des mères dès avant la naissance[3].

    L’ECLJ a ensuite rappelé que l’avortement forcé est un crime contre l’humanité, ce qui résulte des procès de Nuremberg, mais aussi du droit européen et international, notamment de la plate-forme d’action de la conférence de Pékin de 1995, du statut de Rome de la Cour pénale internationale de 1998, de la convention d’Istanbul et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Mais il est souvent difficile de distinguer entre avortement forcé et contraint. Le second cas n’en est pas moins une grave violence d’ordre psychologique, physique et reproductive à raison du statut de mère, puisqu’elle intervient sur la décision de donner naissance ou non, donc au cœur de la maternité, et a pour effet de mettre fin à la grossesse, c’est-à-dire de supprimer l’enfant à naître dont elle est la mère. Les conséquences potentielles de l’avortement pour la santé physique et psychologique de la femme et son bien-être relationnel, de même que pour le couple relèvent aussi de cette violence. Celle-ci est toutefois largement occultée, voire niée, par une rhétorique faisant de l’avortement un choix banal relevant d’un « droit à disposer de son corps », ce qui revient à éliminer la question de ses causes réelles.

    Enfin, l’ECLJ a montré que, corrélativement aux engagements internationaux des États à protéger la maternité, avant comme après la naissance, ils se sont aussi engagés à plusieurs reprises à prévenir le recours à l’avortement, par exemple en travaillant à la responsabilisation des pères. Il s’agit de garantir à la femme enceinte un « droit de ne pas être contrainte d’avorter », c’est-à-dire de la protéger de la violence générée par des circonstances qui la conditionnent largement. C’est là le premier de leurs droits en matière de sexualité et de procréation.

    Les précédents rapports publiés par Mme Alsalem se sont avérés de grande valeur, traitant courageusement de thèmes tels que la prostitution et la pornographie (mai-juin 2024) ou encore la gestation par autrui (juillet 2025), autant de pratiques dont elle demande aux États de travailler à l’abolition. L’ECLJ espère que ce futur rapport abordera la question de la violence à l’égard des mères d’une manière aussi ambitieuse : il s’agit de dénoncer la vulnérabilité des femmes enceintes face à la violence des pressions diverses pouvant les mener à avorter et de rappeler aux États qu’ils se sont engagés à prévenir cette violence.

    ____

    [1] https://www.guttmacher.org/fact-sheet/induced-abortion-united-states

    [2] Abortions at record high in England and Wales ‘driven by cost of living’, The Guardian, 15.01.2026.

    [3] Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, art. 10.2 ; Charte sociale européenne, art. 8 ; Protocole relatif aux droits économiques, sociaux et culturels à la Convention américaine, art. 15.3.a.

  • A 31 ans, il renonce à l'euthanasie grâce à la réussite d’un traitement

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Belgique : à 31 ans, il renonce à l'euthanasie grâce à la réussite d’un traitement

    15 février 2026

    Antoine Peters, un Belge de 31 ans victime d’addictions et souffrant d’une profonde dépression, souhaitait recourir à l’euthanasie. Il y a finalement renoncé grâce à un traitement « de la dernière chance » (cf. Stimulation cérébrale profonde : trois Espagnols renoncent à l’euthanasie).

    Un traitement risqué

    C’est en octobre 2025, alors qu’il vient de publier son premier livre autobiographique, Trop tard pour l’innocence, qu’il révèle avoir introduit une demande d’euthanasie. Antoine a subi de la sismothérapie, c’est-à-dire un traitement par électrochocs dirigés vers le cerveau, sous anesthésie générale. Sans succès. Il doit alors subir une sismothérapie bilatérale : « C’est quelque chose qu’on ne fait quasi jamais, parce que le risque de séquelles est grand. Et l’intensité des décharges est deux fois plus forte. C’est vraiment très éprouvant » explique-t-il. Mais après la deuxième séance : « Tout a changé ».

    A la suite de ce traitement, Antoine Peters témoigne ne plus avoir d’idées noires, de mélancolie ou d’envie de consommer. Il explique ressentir à nouveau certaines émotions : « J’ai pleuré alors que ça m’était plus arrivé depuis mes 18 ans. C’est comme si j’évacuais la douleur encaissée ces dernières années », explique-t-il. « Mon esprit est beaucoup plus apaisé. »

    « Il faut vraiment sensibiliser sur la dépression »

    Antoine décide alors de se remettre à écrire, un deuxième livre intitulé Refaire battre les ruines. Il est également allé témoigner dans son ancienne école et exprime son souhait de faire de la pair-aidance, c’est-à-dire de partager son parcours avec des personnes qui traversent les mêmes difficultés.

    « Il faut vraiment sensibiliser sur la dépression et la détection de certains signaux d’alarme, interpelle-t-il. Ces derniers sont souvent négligés. »

    Source de la synthèse de presse : L’avenir, Julie Wolff (10/02/2026)

  • Fin de vie, euthanasie... Un infirmier belge alerte

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    Du site youtube du Figaro :

    En Belgique, la loi légalisant l’euthanasie, en vigueur depuis 2002, a profondément estompé la frontière entre les soins palliatifs et l’euthanasie. Trufin, infirmier en soins palliatifs, qui n’a jamais souhaité participer à des protocoles léthaux, l’a constaté à ses dépens, essoré par les critiques de certains de ses supérieurs et de ses collègues. Selon lui, la liberté de conscience, bien que garantie dans la loi, est très fragile dans les faits, au point que certains médecins finissent par y renoncer. Il regrette également que la légalisation de l’euthanasie ne se soit jamais accompagnée des moyens suffisants pour que les soins palliatifs profitent à tous, et met en garde la France contre un scénario similaire. L’infirmier, désormais en phase avec la philosophie de l’établissement qui l’emploie, livre un plaidoyer pour l’accompagnement humain, jusqu’aux derniers moments.

  • "My Voice, My Choice" : il est encore temps d'agir avec Clara Life

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    De Wouter J. Suenens (CLARA Life) wouter@clara-life.org 

    15 février

    Bonjour !

    L’initiative citoyenne européenne “My Voice, My Choice” (MVMC) pousse l’Union européenne vers un mécanisme de “solidarité” qui reviendrait, concrètement, à forcer des États à financer l’avortement à l’étranger pour contourner leurs propres règles démocratiques.

    Le 15 octobre 2025, au Parlement européen, nous avions justement soutenu et relayé un événement organisé par One of Us, une fédération européenne dont CLARA Life est membre, qui rappelait l’essentiel : une vraie liberté pour les femmes suppose d’abord un soutien concret au lieu de toujours faciliter l'avortement.

    Aujourd’hui, la Commission doit se prononcer. Nous pouvons agir en 2 minutes : envoyer une lettre au Commissaire européen belge via NoAbortionTourism.eu.

    Il suffit de compléter le formulaire avec :

    • votre prénom ;
    • votre nom ;
    • votre adresse e-mail ; et
    • (facultatif, mais recommandé): votre numéro de carte d’identité (en Belgique : les chiffres à l’avant de la carte, généralement 59x-xxxxxxx-xx).

    Un courriel sera envoyé automatiquement.

     Agissez ici : NoAbortionTourism.eu

    Si vous souhaitez également écrire au Premier ministre Bart De Wever, aux députés européens belges, et à M. Georges-Louis Bouchez, président du MR, parti dont Mme Lahbib, Commissaire belge, est membre, nous vous y encourageons vivement.Envoyer automatiquement un courriel à la Commission européenne

    Si vous souhaitez nous aider avec un geste simple et très concret, un don — même modeste — fait une réelle différence :

    BE02 7310 4206 5740

    (CLARA Life)

    Merci de relayer autour de vous : chaque message compte.

    Wouter J. Suenens
    Président

  • « Naître sous azote et mourir sous protocole, quand le politique ne sait plus accueillir la vie » (Laurent Frémont)

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    De Laurent Frémont sur gènéthique.org :

    « Naître sous azote et mourir sous protocole, quand le politique ne sait plus accueillir la vie »

    11 février 2026

    Aux deux extrémités de l’existence, l’Etat n’apporte plus que des réponses techniques : congélation des ovocytes d’un côté, injection létale de l’autre. L’exécutif « équipe » les individus, signe d’une démission anthropologique et morale, s’inquiète Laurent Frémont, maître de conférences à Sciences Po et cofondateur du Collectif démocratie, éthique et solidarités.

    « Plan fertilité », légalisation de la mort provoquée : il est frappant de constater qu’aux deux extrémités de l’existence l’exécutif semble désormais incapable de proposer autre chose qu’une solution technique (cf. Lancement du « plan fertilité » : le leurre de la PMA). Entre le berceau qui se vide et la chambre où l’on s’éteint, le pouvoir avance ses instruments : congélation des ovocytes ici, injection létale là. Le congélateur et la seringue. Ce rapprochement n’a rien d’un artifice. Il révèle une même logique, un même imaginaire politique : celui d’un monde où tout doit être administré, où les réalités humaines les plus fondamentales ne sont plus accueillies comme des mystères, mais traitées comme des problèmes à résoudre.

    « On ne ranime plus la promesse d’avenir ; on propose de préserver des cellules »

    Or la naissance et la mort sont précisément ce qui, depuis toujours, obligeait les sociétés humaines à reconnaître une limite. Deux seuils. Deux énigmes. Deux expériences irréductibles. Mais la modernité déclinante ne supporte plus ce qui échappe. Elle veut gérer. Elle transforme l’incertain en protocole, le vivant en procédure, l’épreuve en donnée. Face à la débâcle démographique, l’Etat ne semble pas disposé à interroger les causes profondes : solitude, précarité existentielle, fragilité des liens, effacement du sens de la transmission. Il préfère la réponse technocratique. Plans, comités, campagnes, dispositifs. Tous les Français de 29 ans recevront une lettre du gouvernement les sensibilisant à l’autoconservation des gamètes dans les centres spécialisés. On mobilise la médecine, on mandate l’expertise, on maîtrise la technique. On ne ranime plus la promesse d’avenir ; on propose de préserver des cellules.

    La fécondité devient un capital biologique à sécuriser. L’enfant à venir n’est plus un don, mais une option différable, un projet que l’on met en réserve (cf. PMA : une loi pour protéger les « salariés engagés dans un  »). Comme si la question de l’engendrement pouvait se résoudre par une logistique du vivant. Ce déplacement est considérable. Il dit que le politique renonce à penser la civilisation. Il ne se demande plus pourquoi une société ne veut plus d’enfants ; il se contente d’aménager la possibilité qu’elle en ait encore, malgré tout, par des suppléances techniques systématiques. Ainsi, la natalité n’est plus un élan, mais une variable. La naissance n’est plus un événement, mais un dispositif.

    « La liberté se transforme en procédure »

    La même logique règne à l’autre bout de la vie. La fin de vie, qui appelait l’accompagnement, la présence, la solidarité, se voit reformulée en termes de solution : la mort administrée. La proposition de loi portée avec une obstination doctrinaire par les zélateurs de l’euthanasie signe l’aboutissement d’un projet : transformer la mort en procédure, le tragique en formulaire, l’ultime en prestation. Après avoir soutenu, pendant le Covid, l’interdiction des rites funéraires – cet effacement méthodique des morts -, Olivier Falorni veut désormais offrir à l’Etat les moyens de faire partir les citoyens proprement (cf. « Aide à mourir » : sourde aux alertes, la commission achève de façon express l’examen du texte). Après la mort sans adieux, voici la mort sur ordonnance. Tout doit être encadré, hygiénique, contrôlé : vivre sous protocole, mourir sous protocole, et surtout ne jamais laisser l’humain déborder. La mort n’est plus un destin, elle devient un acte médical (cf. « La mort n’est pas seulement, ni même toujours, un événement médical »).

    Le souverain moderne ne tue plus par le glaive ; il encadre désormais le droit de mourir. Il exerce un nouveau pouvoir : celui de « faire mourir dignement ». Ce pouvoir ne s’affiche plus dans la violence spectaculaire des supplices, mais dans l’autorisation administrative, le protocole hospitalier, l’injection létale effectuée en gants blancs. Derrière le langage feutré de la compassion, c’est toujours la même emprise sur le vivant : décider des conditions d’existence et de leur terme. Car le patient ne meurt pas simplement parce qu’il le veut : il meurt parce que sa demande est jugée recevable. L’autonomie proclamée ne vaut qu’à travers l’hétéronomie institutionnelle.

    La liberté se transforme en procédure. La mort devient possible lorsqu’elle est validée. Sous couvert d’émancipation, c’est une souveraineté nouvelle qui s’entérine : une souveraineté douce, médicale, algorithmique. Contrôle de la fécondité et légalisation de l’euthanasie semblent opposés ; ils procèdent du même imaginaire. Celui d’un monde où tout doit être maîtrisé, où l’existence n’est plus accueillie mais régulée, où l’homme est réduit à sa matière biologique : gamètes à conserver, vies à interrompre, seuils à administrer. Et l’on voit poindre derrière le masque de la compassion une rationalité plus froide : celle du coût, de la charge, de l’utilité (cf. Euthanasie : la question économique que personne ne soulève). Ce qui se présente comme un droit individuel risque toujours de devenir une injonction silencieuse : ne pas peser, ne pas durer, s’effacer proprement.

    « Sous couvert de progrès, c’est une démission »

    Car c’est bien cela qui se joue : un pouvoir qui, faute de savoir inspirer, transmettre ou protéger, se contente d’équiper. Il ne propose plus une vision de la vie commune, mais un arsenal de procédures. Il ne sait plus susciter des naissances, alors il congèle. Il ne sait plus accompagner la mort, alors il injecte. A ce stade, il faut appeler les choses par leur nom : sous couvert de progrès, c’est une démission. Une démission politique, anthropologique, morale. On renonce à affronter ce que signifie engendrer, ce que signifie vivre, ce que signifie mourir. On préfère déléguer à la technique ce que la civilisation ne parvient plus à porter.

    Le congélateur pour pallier l’absence d’avenir, la seringue pour effacer la vulnérabilité : voilà donc ce que devient l’horizon d’un pays qui se prétend encore digne. Car une société qui ne sait plus donner la vie sans assistance, et qui ne sait plus accompagner la mort sans protocole, n’est pas simplement en crise : elle est en train de perdre le sens même de l’humain.

    Et l’on peut bien multiplier les comités, les lois et les dispositifs : aucun décret ne fera renaître une espérance. Aucun protocole ne remplacera une présence. A force de vouloir administrer la vie de son commencement jusqu’à sa fin, l’Etat ne gouverne plus des hommes : il gère des stocks biologiques et organise des sorties. Le congélateur et la seringue : deux emblèmes. Et peut-être, déjà, deux aveux.

    NDLR : Cette tribune de Laurent Frémont a été initialement publiée par Le Figaro. Elle est reproduite par gènéthique avec l’accord de l’auteur.

  • "La vie en abondance" : la lettre du pape sur la valeur du sport adressée à l'occasion des Jeux Olympiques d'Hiver

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    LETTRE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV

    LA VIE EN ABONDANCE

    SUR LA VALEUR DU SPORT

    Chers frères et sœurs!

    À l’occasion de la célébration des 25Jeux Olympiques d’hiver, qui se dérouleront entre Milan et Cortina d’Ampezzo du 6 au 22 février prochain, et des 14e Jeux Paralympiques, qui se dérouleront dans les mêmes localités du 6 au 15 mars, je désire saluer et adresser mes meilleurs vœux à toutes les personnes directement impliquées et saisir cette occasion pour proposer une réflexion destinée à tout le monde. La pratique sportive, nous le savons, peut être de nature professionnelle, hautement spécialisée : sous cette forme, elle correspond à une vocation réservée à quelques-uns suscitant l’admiration et l’enthousiasme dans le cœur de beaucoup d’autres, qui vibrent au rythme des victoires ou des défaites des athlètes. Mais la pratique sportive est une activité commune, ouverte à tous et salutaire pour le corps et l’esprit, au point de constituer une expression universelle de l’humain.

    Sport et construction de la paix

    À l’occasion des Jeux Olympiques passés, mes prédécesseurs ont souligné combien le sport peut jouer un rôle important pour le bien de l’humanité, en particulier pour la promotion de la paix. Par exemple, en 1984, saint Jean-Paul II, s’adressant à de jeunes athlètes venus du monde entier, cita la Charte olympique[1] qui considère le sport comme un facteur « de meilleure compréhension mutuelle et d’amitié, afin de construire un monde meilleur et plus pacifique ». Il encouragea les participants en ces termes : « Faites que vos rencontres soient un signe emblématique pour toute la société et un prélude à cette nouvelle ère où « jamais nation contre nation ne lèvera l’épée » (Is 2, 4) ».[2]

    C’est dans cette optique que s’inscrit la Trêve olympique qui, dans la Grèce antique, était un accord visant à suspendre les hostilités avant, pendant et après les Jeux Olympiques, afin que les athlètes et les spectateurs puissent voyager librement et que les compétitions se déroulent sans interruption. L’institution de la Trêve découle de la conviction que la participation à des compétitions réglementées (agones) constitue un cheminement individuel et collectif vers la vertu et l’excellence (aretē). Lorsque le sport est pratiqué dans cet esprit et dans ces conditions, il favorise l’approfondissement de la cohésion communautaire et du bien commun.

    La guerre, au contraire, naît d’une radicalisation du désaccord et du refus de coopérer les uns avec les autres. L’adversaire est alors considéré comme un ennemi mortel, à isoler et si possible à éliminer. Les preuves tragiques de cette culture de la mort sont sous nos yeux : vies brisées, rêves anéantis, traumatismes des survivants, villes détruites, comme si la coexistence humaine était réduite superficiellement au scénario d’un jeu vidéo. Mais cela ne doit jamais nous faire oublier que l’agressivité, la violence et la guerre sont « toujours une défaite de l’humanité ».[3]

    La Trêve olympique a été récemment proposée opportunément à nouveau par le Comité International Olympique et l’Assemblée Générale des Nations Unies. Dans un monde assoiffé de paix, nous avons besoin d’instruments qui mettent « fin à la prévarication, à l’étalage de la force et à l’indifférence envers le droit ».[4] J’encourage vivement toutes les nations, à l’occasion des prochains Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver, à redécouvrir et à respecter cet instrument d’espérance qu’est la Trêve olympique, symbole et prophétie d’un monde réconcilié.

    La valeur éducative du sport

    « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance » (Jn 10, 10). Ces paroles de Jésus nous aident à comprendre l’intérêt de l’Église pour le sport et la manière dont le chrétien l’aborde. Jésus a toujours placé les personnes au centre, il en a pris soin désirant pour chacune d’elles la plénitude de la vie. C’est pourquoi, comme l’a affirmé Saint Jean-Paul II, la personne humaine « est la première route que l’Église doit parcourir en accomplissement de sa mission ».[5] Selon la vision chrétienne, la personne doit donc toujours rester au centre du sport dans toutes ses expressions, y compris dans celles de l’excellence compétitive et professionnelle.

    À bien y regarder, on trouve une base solide à cette prise de conscience dans les écrits de saint Paul, connu comme l’Apôtre des gentils. À l’époque où il écrivait, les Grecs avaient déjà depuis longtemps des traditions athlétiques. Par exemple, la ville de Corinthe parrainait les jeux isthmiques tous les deux ans depuis le début du VIe siècle avant J.-C. C’est pourquoi, écrivant aux Corinthiens, Paul a utilisé des images sportives pour les initier à la vie chrétienne : « Vous savez bien que, dans le stade, tous les coureurs participent à la course, mais un seul reçoit le prix. Alors, vous, courez de manière à l’emporter. Tous les athlètes à l’entraînement s’imposent une discipline sévère ; ils le font pour recevoir une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas » (1 Co 9, 24-25).

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