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Ethique - Page 3

  • Le diable et les « questions émergentes »

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Le diable et les « questions émergentes »

    Certes, ils ne sont pas les seuls. Une bonne partie des travaux actuels sur les Écritures ressemble au travail d'un avocat cherchant des failles juridiques – au nom des sujets « émergents » habituels : les LGBT, l'ordination des femmes, les concessions suicidaires aux « paradigmes » postmodernes. 

    Une longue lignée de médecins, de martyrs, de confesseurs, de saints, d'adeptes spirituels, de saints et saintes, de simples catholiques et de papes – sans   parler des Apôtres et des Pères de l'Église primitive – n'aurait même pas concédé que de tels sujets étaient « controversés », le domaine même que le groupe d'étude était censé examiner. Et encore moins « émergents ». 

    L'homosexualité, les prêtresses et les « paradigmes » hétérodoxes étaient monnaie courante dans le monde païen des premiers siècles chrétiens. Rien de tout cela n'a fait son apparition dans la vie de l'Église à cette époque. Pour les adeptes du Chemin, c'était tout simplement inacceptable.

    Ce qui rend la manière extravagante dont le récent rapport traite les Écritures et la tradition si manifestement absurde, fruit d'un désir maladroitement « contextualisé » de produire un résultat prédéterminé, qu'il soit conforme à la révélation chrétienne ou même à la réalité vérifiable. 

    Le rapport prétend croire qu'il existe un précédent dans les Écritures pour modifier des croyances antérieures, à l'instar des Apôtres qui ont décidé d'exempter les convertis non juifs de certains préceptes de la loi juive :

    À partir du récit des expériences vécues par les Apôtres – en particulier Pierre et Paul avec Barnabé, dans leur ministère d’évangélisation des païens – relu et éclairé par la Parole de Dieu, le processus de dialogue conduit à un discernement communautaire progressif et approfondi de la question. La décision prise synodalement (« cela a paru bon à l’Esprit Saint et à nous » (Ac 15, 28)) exprime la prise de conscience croissante de l’Église quant à une relation plus mature avec ses racines juives : car, dans cette relation, elle apprend à discerner, par l’interprétation sous la conduite de l’Esprit, ce qui, dans l’expérience vécue, revêt une signification permanente et trouve son accomplissement en Jésus, et ce qui, au contraire, n’a qu’une valeur provisoire.

    Ah oui, plus mûrs . Nous aussi. Cela paraît plausible, à moins d'examiner de plus près cette affirmation et la manière dont elle est manipulée – le mot juste – à des fins bien différentes. 

    Il fut dit aux convertis non-juifs : « Vous vous abstiendrez des aliments sacrifiés aux idoles, du sang, de la viande d'animaux étranglés et de l'immoralité sexuelle. » (15:29) Ainsi, de l'idolâtrie potentielle et de la πορνεια – qui, comme vous le dira tout lexique grec, signifie non seulement la prostitution, mais aussi la fornication et l'impureté.

    Quel que soit le sens qu'on puisse lui donner, ce passage n'autorise pas ce que la tradition juive et la pratique de l'Église primitive considéraient comme une interdiction divine : les relations homosexuelles que le groupe d'étude souhaite voir « émerger » aujourd'hui.   On pourrait penser qu'en deux mille ans d'existence chrétienne, elles auraient émergé depuis longtemps. Or, ce ne fut pas le cas. Et, en toute honnêteté, elles ne peuvent pas émerger aujourd'hui non plus. 

    Derrière tout cela se cache une autre supercherie : l’invocation de « l’expérience vécue » comme guide pour aborder les débats actuels. Certes, l’expérience vécue est, d’une certaine manière, une composante importante de toute vie individuelle. Mais il en va de même pour « l’expérience vécue » accumulée de notre tradition, ou bien nous ne faisons que l’inventer – à notre convenance – au fur et à mesure. 

    Outre son héritage juif, le christianisme primitif a notamment beaucoup appris des philosophies gréco-romaines. Mais comme je l'ai démontré il y a des années dans un long essai , même les grands philosophes de la Grèce antique désapprouvaient les actes homosexuels.  

    Alors pourquoi, aujourd'hui, plus de 2000 ans après le début de « l'expérience vécue » chrétienne (et 1400 ans de la loi mosaïque), les « témoins » LGBT sont-ils si importants qu'ils renversent une tradition morale millénaire et ininterrompue ?

    Il serait peut-être simpliste de voir cela comme une simple capitulation face aux penchants sexuels décadents de notre époque. Mais la simplicité est souvent synonyme de vérité. Comme ici. 

    La décadence est omniprésente dans un monde déchu. Mais l'accepter, voire la célébrer, est rare. Ces papes décadents de la Renaissance, que l'on déplore volontiers, catholiques ou non, possédaient au moins une vertu : ils ne prétendaient pas justifier leurs péchés sexuels par leur expérience personnelle, et encore moins par une compréhension plus mûre et joyeuse de ce que le Saint-Esprit nous appelle à voir et à faire aujourd'hui.

    Une Église qui continue d'encourager les gens à croire que ce qui est impossible à accepter est déjà à moitié accepté leur fait du tort. Elle les conforte dans leur erreur et sème la confusion parmi nous. 

    Il est à noter que ce n'est que plusieurs mois après la déclaration de 2023 du pape François, Fiducia supplicans, sur la bénédiction des couples homosexuels et autres couples en « unions irrégulières », que les évêques allemands ont annoncé leur intention de le faire officiellement. Nous avons appris la semaine dernière qu'en conséquence, une lettre a été envoyée aux évêques allemands en 2024 , les avertissant que de telles bénédictions pourraient être interprétées comme une légitimation d'unions incompatibles avec la doctrine de l'Église.

    Nous avons donc cette chaîne d'événements : un document autorisant les bénédictions homosexuelles, puis une lettre du préfet du Dicastère pour le Culte Divin, le cardinal Fernandez   (qui avait précédemment publié le document), aux évêques allemands indiquant que ces bénédictions ne peuvent être officialisées sans contredire la doctrine de l'Église, et maintenant un rapport d'un groupe d'étude synodal selon lequel un « changement de paradigme » est nécessaire en raison de « l'expérience vécue » [des personnes LGBT].

    Même les non-catholiques disaient autrefois : « Au moins, les catholiques savent ce qu’ils croient. » Est-ce encore le cas ? 

    Seul le pape Léon est en mesure de démêler cette confusion diabolique, qu'il ne peut ignorer.

  • Comment procède-t-on à l'euthanasie et au suicide assisté ?

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    Du site de l'ECLJ :

    Revue des protocoles et substances en vue de l'euthanasie et du suicide assisté

    11 Mai 2026

    La pratique de l'euthanasie et du suicide assisté (EAS, de l'anglais Euthanasia and Assisted Suicide) repose sur un raisonnement pharmacologique très élaboré, visant à transformer l'acte de donner la mort en une procédure médicale standardisée. Bien que l’encadrement juridique varie d'un pays à l’autre, les protocoles utilisent des produits et des schémas similaires susceptibles de garantir un glissement rapide vers l'inconscience, puis le décès.

    Par Agnès Certain et les membres de l’Association Pharmaciens en Conscience[1], avec la collaboration de Yeram Jeon (ECLJ).

    I. Une triade pharmacologique: substances, mécanismes et objectifs

    Les protocoles d'EAS modernes s'articulent autour de trois catégories majeures de substances, chacune remplissant un rôle pharmacologique distinct pour assurer l'efficacité de la procédure.

    1. Les barbituriques et les sédatifs-hypnotiques: l'induction du coma

    La première étape, consiste à induire une perte de conscience profonde et irréversible et à ralentir la respiration

    • Substances utilisées: Les médecins privilégient les barbituriques tels que le pentobarbital et le sécobarbital, le thiopental ou des anesthésiques généraux comme le propofol à des doses plus élevées que celles des indications habituelles.
    • Action pharmacologique: ces produits inhibent l'activité neuronale et le centre respiratoire situé dans la moelle et le tronc cérébral.
    • Dosages et administration: Dans le cas du suicide assisté, le patient ingère généralement une solution liquide contenant entre 9 et 15 grammes de pentobarbital ou de sécobarbital. Pour l'euthanasie, le médecin injecte directement du thiopental ou du propofol à forte dose (1g) par voie intraveineuse (IV), provoquant un coma quasi immédiat.

    2. Les relaxants neuromusculaires (curarisants): l’arrêt respiratoire

    C’est seulement une fois que le patient est plongé dans un coma profond, qu’un agent curarisant est souvent administré pour garantir l'arrêt des fonctions vitales par manque d’oxygène. Sans sédation préalable, la mort surviendrait par suffocation alors que la personne est consciente.

    • Substances utilisées: Les produits les plus courants sont le rocuronium, le pancuronium et le cisatracurium.
    • Mécanisme: Ces substances bloquent la transmission nerveuse vers les muscles, y compris le diaphragme, ce qui interrompt toute tentative de respiration; le cœur s’arrête faute d’oxygène.

    3. Les adjuvants: «confort et optimisation»

    Pour faciliter la procédure et prévenir les complications, des médicaments associés peuvent être administrés en amont.

    • Antiémétiques: Des principes actifs comme le métoclopramide ou l'ondansétron sont administrés en prévention des vomissements, 30 minutes avant, surtout lors de l'ingestion orale de doses massives de substances, évitant leur rejet et favorisant leur activité létale.
    • Benzodiazépines: Le midazolam ou le diazépam sont souvent utilisés avant le début du protocole létal, pour réduire l'anxiété du patient.
    • Anesthésiques locaux: La lidocaïne peut être administrée pour réduire la douleur locale lors de l'injection des agents létaux.

    II. Exemples de protocoles en usage dans les pays ayant dépénalisé l’euthanasie et/ou le suicide assisté

    Les protocoles, bien que toujours construits à partir d’une association anesthésique/curarisant/adjuvant, varient selon les pays.

    Benelux (Pays-Bas et Belgique)

    Aux Pays-Bas et en Belgique, l'euthanasie par injection pratiquée par le médecin est la pratique la plus fréquente. Les protocoles de suicide assisté sont possibles, prévoyant l’ingestion d’une boisson létale par la personne en capacité de boire.

    • Protocole type: Après prémédication par midazolam et lidocaïne pour réduire l’anxiété et la douleur respectivement, le médecin injecte 2000 mg de thiopental ou 1000 mg de propofol pour induire le coma. Dès que ce dernier est confirmé, une dose massive de curarisant (100-200 mg de rocuronium) est administrée.
    • Statistiques: Plus de 99% des cas signalés aux Pays-Bas utilisent ce régime combiné barbiturique-curarisant.

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  • "Aide à mourir" : le communiqué de Mgr Marc Aillet « Tu ne tueras point »

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    Du site du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron :

    Communiqué de Mgr Marc Aillet – « Tu ne tueras point »

    6 mai 2026

    La proposition de loi sur « l’aide à mourir » adoptée le 25 février dernier, à une courte majorité, à l’Assemblée nationale, sera de nouveau examinée en séance publique au Sénat du 11 au 13 mai prochain…

    Est-il encore nécessaire d’insister sur l’extrême gravité de ce texte de loi qui entend ni plus ni moins abolir l’interdit de tuer sur lequel repose depuis toujours la vie en société, en légalisant le suicide assisté et l’euthanasie ?

    La quasi-totalité des patients tentés de demander le suicide assisté ou l’euthanasie, y renoncent dès lors qu’ils sont pris en charge au sein d’une unité de soins palliatifs susceptible de les accompagner et de les soulager, mais en France, les soins palliatifs sont encore à ce point lacunaires (malgré plusieurs textes de loi pourtant adoptés à la quasi-unanimité), que près de la moitié de nos concitoyens ne peuvent toujours pas en bénéficier…

    Dans ces conditions, l’adoption définitive de cette proposition de loi ne pourrait qu’inciter les patients les plus pauvres ou les plus vulnérables qui n’ont pas accès aux soins palliatifs, ou les personnes dites « éligibles » qui craignent d’être un poids pour leurs familles, le corps médical ou le budget de la Sécurité sociale, à recourir au suicide assisté ou à l’euthanasie, comme c’est d’ailleurs le cas dans les pays (la Belgique, les Pays-Bas ou le Canada…) où ces pratiques sont légales depuis plusieurs années.

    Rien n’est cependant jamais perdu d’avance, comme le démontre le revirement qui vient de se produire en Ecosse (où le Parlement a rejeté, le 17 mars dernier, le texte de loi qui prévoyait de légaliser l’euthanasie) et au Royaume-Uni (où la Chambre des Lords s’est opposée, le 24 avril, à un projet de loi similaire), tandis qu’en France, le nombre de députés opposés à la proposition de loi sur « l’aide à mourir » est passé de 199 le 27 mai 2025, à 226 le 25 février dernier.

    Il n’est donc nullement trop tard pour agir et se mobiliser.

    Ayant moi-même écrit aux parlementaires du département pour leur demander de s’opposer à cette proposition de loi qui constituerait une rupture anthropologique majeure, j’invite instamment les fidèles du diocèse à faire de même, en s’adressant par mail et sans délai, aux sénateurs qui s’apprêtent à examiner le texte en séance publique les 11, 12 et 13 mai 2026.

    Sans doute faudra-t-il écrire, dans un second temps, aux députés du département, sans craindre de leur rappeler qu’ils sont nos représentants et qu’ils auront à rendre compte de leur positionnement et de leur vote sur cette question cruciale de la fin de vie (1) .

    Le vote au Sénat de la proposition de loi relative à « l’aide à mourir » est officiellement prévu mercredi 13 mai, en la fête de Notre-Dame de Fatima : le vibrant appel à la conversion et à la pénitence que la Vierge de Fatima nous lance en réponse aux dérives du monde moderne apparaissant plus actuel que jamais, j’invite les fidèles qui le peuvent à prier et à jeûner ce jour-là : puisse le Seigneur éclairer la conscience des sénateurs et de nos élus quant aux redoutables conséquences morales et spirituelles qui résulteraient d’une légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté en France, « fille aînée de l’Église ».

    +Marc Aillet
    évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

    Fait à Bayonne, le 6 mai 2026

    (1)  Les adresses électroniques des députés et sénateurs sont accessibles sur le site internet de l’Assemblée nationale et du Sénat.

  • Vincent Dujardin publie un livre évènement sur le règne du Roi Baudouin

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    Du site de l'UOPC :

    Nous aurons le plaisir de recevoir l’historien belge Vincent Dujardin pour son livre événement : « Baudouin. Un roi face aux crises de son temps » :

    Grâce à l’accès exceptionnel aux archives du roi Baudouin jusque-là inédites, à ses carnets personnels, à de nombreuses autres archives et à des témoignages de première main (entourage familial dont la reine Fabiola, anciens (Premiers) ministres, chefs de cabinet du roi, Jacques Delors, Benoît XVI,…), cet ouvrage de référence livre de nombreuses révélations et lève des zones d’ombre, depuis son enfance, marquée par la guerre et la souffrance, jusqu’aux circonstances exactes de son décès brutal.

    Pourquoi les conclusions de l’affaire Lumumba doivent-elles être fondamentalement revues? Quels liens entretenait le roi avec les dirigeants de son temps, tels de Gaulle, Habyarimana, Franco, Mobutu, Sadate, Gorbatchev, Bush, Elizabeth II, Juan Carlos, le Shah d’Iran, le président chinois, l’empereur du Japon, Mitterrand, ou Jean-Paul II ?

    Quelle influence a exercé son père, Léopold III, ou sa belle-mère, la princesse Lilian sur le jeune roi ? Comment a-t-il rencontré la reine Fabiola ? Comment a-t-il vécu les semaines qui ont précédé sa décision de ne pas sanctionner la loi sur l’avortemen t? Comment a-t-il pesé dans le dénouement de la « grève du siècle » de 1960 ou dans les débats institutionnels belges ?

    Qui était l’homme auquel des centaines de milliers de Belges ont rendu hommage avant ses funérailles grandioses rassemblant des dirigeants venus du monde entier ? Fruit d’une enquête menée durant 20 ans à travers la Belgique, l’Europe (France, Royaume-Uni, Espagne, …) ou les États-Unis, cet ouvrage propose une immersion au cœur des secrets d’un règne d’exception.

    De son côté, l'abbé Michel de Sivry (FSSPX) s'interroge sur l'héroïcité des vertus du Roi.

  • Quand des « bergers synodaux » attaquent les moutons

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    Du sur The Catholic Thing :

    Des « bergers synodaux » attaquent les moutons

    9 mai 2026

    L'Église catholique est habituée aux attaques contre son enseignement. L'histoire de l'hérésie à travers les siècles révèle les efforts incessants de ceux qui cherchent à substituer diverses erreurs à la doctrine catholique. Ce à quoi l'Église s'est habituée plus récemment, ce sont les attaques contre son enseignement émanant de certains de ses pasteurs, notamment des déclarations incessantes du Synode des évêques. 

    La dernière décision imposée par le Synode est l'approbation sans réserve du mode de vie homosexuel récemment publiée dans le rapport final du groupe d'étude numéro 9 « Critères théologiques et méthodologies synodales pour un discernement partagé des questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes ». 

    Ce rapport tente de discréditer l'enseignement catholique sur l'immoralité inhérente des actes homosexuels – et la nature désordonnée de l'inclination homosexuelle – en stigmatisant cet enseignement comme l'expression d'un « paradigme » obsolète sur lequel on ne peut plus se fier pour communiquer la volonté de Dieu à son peuple. 

    Merriam-Webster définit un paradigme comme « un cadre philosophique et théorique propre à une école ou une discipline scientifique, au sein duquel sont formulées les théories, les lois, les généralisations et les expériences qui les étayent ». Décrire l'enseignement catholique par analogie avec un cadre sur lequel s'organisent théories et expériences revient à le réduire à une simple approche parmi d'autres de la révélation divine, et non plus à la vérité absolue. Jésus a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jean 14, 6) Ce paradigme a-t-il besoin d'être amélioré ?

    Le rapport comprend deux annexes, qui sont des témoignages sous forme d'entretiens. Deux hommes catholiques (le premier Portugais, le second Américain) se décrivent fièrement comme mariés à un homme, alors même que l'Église catholique enseigne qu'une telle union est impossible. Pourquoi le Synode des évêques publierait-il des entretiens avec des hommes qui rejettent l'enseignement catholique sur la nature du mariage, inspiré par le Saint-Esprit, dans le cadre de sa démarche visant à discerner l'action du Saint-Esprit dans l'Église aujourd'hui ?

    Le rapport numéro 9 nous apporte la réponse : le Synode considère le soi-disant mariage homosexuel comme une question ouverte :

    Enfin, tout en écoutant la Parole de Dieu vécue dans l’Église, il est nécessaire d’aborder avec sérénité la question récurrente de savoir si l’on peut parler de « mariage » pour les personnes attirées par le même sexe, en assimilant leur relation à l’union conjugale hétérosexuelle sans reconnaître les différences. Celles-ci incluent, au premier chef, l’impossibilité manifeste de la procréation en soi, liée à la différence sexuelle, et à l’égard de laquelle les techniques de procréation médicalement assistée posent des difficultés supplémentaires.

    Rencontre entre Léon XIV et le père James Martin, SJ, au Vatican, le 1er septembre 2025. [Source : Vatican News]

    Pire encore, le rapport numéro 9 considère que tout l'enseignement catholique est susceptible de changer :

    La mission de l’Église ne consiste pas à proclamer abstraitement et à appliquer déductivement des principes figés et immuables, mais à favoriser une rencontre vivante avec la personne du Seigneur Jésus ressuscité, en s’engageant dans l’expérience vécue de la foi du Peuple de Dieu, dans sa pertinence personnelle et sociale, au contact de la diversité des situations de vie et des multiples contextes culturels. Seule la tension féconde entre ce qui a été établi dans la doctrine et la pratique pastorale de l’Église et les pratiques de vie où cet enseignement se vérifie, dans l’exercice de la vie personnelle et communautaire à la lumière de l’Évangile, exprime le dynamisme créateur de la Tradition : contre la tentation d’une ossification stérile et régressive des principes et des affirmations, des normes et des règles, indépendamment de l’expérience des personnes et des communautés.

    « L’expérience vécue de la foi du Peuple de Dieu » peut-elle primer sur la doctrine de la Foi ? Bienvenue dans l’embrassade ecclésiastique de la « modernité liquide » où le réalisme métaphysique est mis de côté et où la dictature du relativisme et du subjectivisme soumet tout à une redéfinition.

    Ce qui est en jeu, comme on le comprend clairement, c’est le dépassement du modèle théorique qui fait découler la praxis d’une doctrine « prête à l’emploi », « appliquant » des principes généraux et abstraits aux situations concrètes et personnelles de la vie. Il s’agit donc de redécouvrir une circularité féconde entre théorie et praxis, entre pensée et expérience, en reconnaissant que la réflexion théologique elle-même procède des expériences du « bien » inscrites dans le sensus fidei fidelium .

    Le Synode est devenu l'agent officiellement mandaté par le Saint-Siège pour détruire la doctrine catholique, laquelle est dénigrée et rejetée comme un ensemble de principes déductifs énoncés de manière immuable et rigide – des déclarations stériles, régressives et figées –, comme des doctrines « pré-emballées », qui ne sont que des abstractions et des théories. 

    Nous devons plutôt écouter les « situations concrètes et personnelles de la vie » car « la réflexion théologique elle-même procède des expériences du « bien » inscrites dans le sensus fidei fidelium (sens de la foi des fidèles) ».

    Le témoignage de l’Américain homosexuel catholique (Jason Steidl, auteur de LGBTQ Catholic Ministry, Past and Present , dont la photo est apparue en première page du New York Times avec son « mari », recevant la bénédiction du père James Martin, SJ, le lendemain de la publication de Fiducia supplicans ), donne une idée claire de la direction que le Synode pense que la réflexion théologique fondée sur l’expérience personnelle mènera l’Église :

    Mon orientation sexuelle n'est ni une perversion, ni un trouble, ni une épreuve ; c'est un don de Dieu. Je vis un mariage heureux et épanoui et je m'épanouis pleinement en tant que catholique ouvertement gay. Il m'a fallu des années de prière, de thérapie et de soutien au sein d'une communauté bienveillante pour en arriver là, mais je remercie Dieu pour mon orientation sexuelle et ma place dans la vie. Être catholique LGBTQ+ n'est pas facile, et bien souvent je déplore le mal que l'Église a pu causer. Mais j'ai aussi de l'espoir. J'ai été témoin de conversions durant le pontificat du pape François, tant au niveau local qu'universel, et je me réjouis de contribuer à l'édification du corps du Christ, à l'image du ministère de guérison et d'inclusion de Jésus.

    Le bureau du Synode a jugé nécessaire de publier la déclaration d'un militant pro-homosexuel selon laquelle l'Église catholique aurait nui à autrui par les « flèches haineuses de l'homophobie ». Cette déclaration relève-t-elle de la « foi des fidèles » ? Ou constitue-t-elle un reniement de la foi du Christ au profit de l'immoralité ? 

    Cette subversion destructrice, orchestrée par le Vatican, doit cesser immédiatement. Les âmes sont en danger à cause des enseignements scandaleux et mensongers propagés par le Synode. Le pape Léon XIV doit fortifier les fidèles en mettant un terme à cette trahison pernicieuse de la vérité divine.

  • Un an après : Léon XIV, le pape à l'écoute

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register :

    Un an après : Léon XIV, le pape à l'écoute

    ANALYSE : Le Saint-Père a tenu à écouter et à tenter d'apporter la paix et l'unité à l'Église, mais ses intentions restent difficiles à déchiffrer.

    Le pape Léon XIV célèbre la messe en la basilique Saint-Pierre au Vatican le 26 avril.
    Le pape Léon XIV a célébré la messe en la basilique Saint-Pierre au Vatican le 26 avril. (Photo : Daniel Ibáñez / EWTN News)

    La première année de pontificat de Léon XIV, successeur de Pierre, a apporté un certain calme et une plus grande sérénité à l'Église institutionnelle après les années tumultueuses du pontificat de François. Pourtant, la véritable nature du premier pape américain demeure largement insaisissable et ses intentions profondes pour l'Église restent difficiles à cerner.

    Lorsqu'il est monté sur la loggia de Saint-Pierre le 8 mai de l'année dernière et a salué le monde simplement par « Que la paix soit avec vous ! », Léon a hérité d'une Église marquée par des querelles internes qui couvaient depuis longtemps et qui avaient éclaté au grand jour, et d'un style de gouvernement dans lequel l'autorité papale était fréquemment exercée par un décret personnel.

    Ces conflits incluaient des luttes âpres entre l'orthodoxie et l'hétérodoxie doctrinales, mises en lumière par des documents controversés tels qu'Amoris Laetitia et Fiducia Supplicans , qui révisaient l'enseignement établi en matière de morale et de ministère. Les différends portaient également sur des décisions papales prises par motu proprio (décret) et rescrits ad hoc, souvent promulgués sans consultation préalable ni référence aux procédures et institutions canoniques existantes.

    Au cours des douze derniers mois, le pape Léon XIV s'est donc efforcé d'apaiser les tensions liées au pontificat du pape François, de redonner un semblant de normalité à la papauté et de réintégrer la gouvernance dans les structures juridiques et curiales de l'Église. Son objectif, a-t-il souvent souligné, est d'œuvrer pour l'unité au sein d'une Église catholique et d'un monde polarisés.

    Les premières décisions du pape Léon XIV furent des gestes délibérés de restauration. Il rétablit l'usage des vêtements pontificaux mis de côté par François et reprit ses fonctions au Palais apostolique, vacant depuis Benoît XVI. Bien que largement symboliques, ces décisions revêtaient une importance institutionnelle, signalant un retour à la normale.

    Dans le même temps, Léon a clairement indiqué dès le départ qu'il souhaitait rétablir l'ordre au sein d'une Curie devenue incertaine de sa propre autorité et déchirée par un déclin de l'ordre public, allant des nominations arbitraires et des communications floues aux contrôles financiers laxistes et au favoritisme.

    Canoniste de formation, nombre de ses nominations, non seulement à la Curie romaine mais aussi dans les diocèses du monde entier, ont délibérément favorisé des experts reconnus en droit canonique. Il a ainsi nommé Mgr Filippo Iannone, juriste italien de renom, pour lui succéder à la tête du Dicastère pour les évêques – un choix significatif qui a fait passer le critère de sélection épiscopale du charisme à l'intégrité procédurale. Plus récemment, il a nommé Mgr Anthony Randazzo, évêque australien et lui aussi canoniste éminent, au poste de conseiller juridique principal du Vatican.

    Affaires non résolues

    Pourtant, la justice au sein du Vatican reste entachée. Le procès du père Marko Rupnik, le célèbre mosaïste expulsé de l'ordre des Jésuites après avoir été accusé d'abus sexuels et psychologiques graves commis pendant des décennies, a été ouvert. Mais deux ans et demi après l'annonce de sa possible comparution, on ignore toujours si la procédure est en cours. De même, le procès non résolu de l'ancien auditeur du Vatican, Libero Milone, limogé par le Vatican en 2017 après avoir mis au jour des malversations financières, continue de peser sur la Curie, illustrant les pratiques douteuses du Vatican. Léon XIV n'a, à ce jour, jamais rencontré Milone en personne, malgré les demandes formulées.

    Pourtant, sur le plan financier, le nouveau pape a fait des progrès prudents. Son décret Coniuncta Cura (Soins unis) a mis fin au monopole de la Banque du Vatican et encouragé une coopération limitée avec des banques extérieures agréées, dans le cadre d'un encadrement éthique global. Il a également dissous un comité de collecte de fonds opaque, créé durant la dernière maladie du pape François. Mais les finances du Saint-Siège restent fragiles, l'affaire du cardinal Angelo Becciu n'est toujours pas résolue et, si Léon XIV promet un contrôle plus strict, certains observateurs craignent que sa prudence ne retarde les mesures décisives nécessaires pour rétablir la confiance.

    Concernant la gouvernance en général, il a répondu à une demande formulée par des cardinaux avant le conclave, demandant au pape de les consulter plus fréquemment et de favoriser une plus grande collégialité afin de réduire les divisions internes. En janvier, il a convoqué un consistoire extraordinaire de cardinaux, une première pour le pape. Bien que critiquée pour le recours à la synodalité, un format que certains estiment destiné à museler délibérément les voix conservatrices , cette réunion a contribué à restaurer le rôle consultatif des cardinaux et à rouvrir des canaux de dialogue longtemps fermés sous le pontificat de François. Une seconde réunion de ce type aura lieu fin juin.

    Cette volonté de consultation s'est également manifestée lors des rencontres individuelles de Léon avec des cardinaux marginalisés durant le pontificat de François, parmi lesquels les cardinaux Burke, Müller et Sarah. Il a affirmé en privé qu'aucun cardinal souhaitant le rencontrer ne se verrait refuser une audience. Ceux qui l'ont côtoyé personnellement le décrivent comme un pape qui écoute plus qu'il ne parle et qui préfère prendre en compte différents points de vue avant d'agir. Cette patience est largement appréciée, même si certains craignent qu'elle n'entraîne une paralysie sur des questions doctrinales et liturgiques controversées. Une fois encore, il demeure énigmatique, peut-être de manière stratégique.

    Il a abordé des questions sensibles et non négociables, mais avec une certaine prudence et non sans susciter la controverse. Concernant l'avortement, il a déploré son financement public, tout en l'inscrivant dans une conception plus large et controversée de « l'éthique de la vie cohérente ». Sur la question de l'homosexualité, il a tenu à rencontrer des membres de Courage International , un apostolat qui soutient les hommes et les femmes attirés par le même sexe dans leur démarche de chasteté, conformément à l'enseignement catholique. Parallèlement, il a fait écho aux propos du pape François en minimisant la gravité du péché sexuel lors d'une déclaration à la presse durant son vol retour de Guinée équatoriale, affirmant que « la justice, l'égalité, la liberté des hommes et des femmes, la liberté de religion » sont des « questions plus importantes et plus fondamentales ».

    Continuité avec le pape François

    En matière d'enseignement pontifical, Léon XIV a été loué pour son approche christocentrique . Parallèlement, il a fait preuve d'une continuité fondamentale avec son prédécesseur immédiat. Il a largement réaffirmé l'enseignement de François sur le mariage et la famille, saluant Amoris Laetitia comme un « message lumineux d'espérance », a repris nombre de thèmes écologiques et sociaux chers à François, notamment sur les migrations, et a maintenu son soutien à la synodalité, mais sous une forme plus rigoureuse qui renforce l'autorité épiscopale .

    Il a jusqu'à présent refusé d'abroger la déclaration vaticane de 2023, Fiducia Supplicans, autorisant les bénédictions non liturgiques des couples de même sexe. Le cardinal Victor Fernández, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a insisté sur le fait que le pape Léon XIV n'y toucherait pas , bien que le Saint-Père ne l'ait pas incluse dans une liste de documents « clés » de l'ère François et qu'en avril, il en ait donné une interprétation plus restrictive , affirmant qu'elle bénit les personnes individuellement, et non les couples ou unions de même sexe.

    Malgré sa dévotion mariale, il a surpris et indigné les mariologues et d'autres en autorisant le cardinal Fernández à publier Mater Populi Fidelis (La Mère du Peuple Fidèle de Dieu) , une note doctrinale qui minimisait deux titres historiques de la Vierge Marie. Le maintien ou non du cardinal Fernández à la tête du Dicastère pour la Doctrine de la Foi constitue une autre décision papale cruciale et imminente.

    En matière de politique étrangère, Leo a été salué pour son discours du Nouvel An aux ambassadeurs, dans lequel il a dressé un constat acerbe du « retour en force » de la guerre et condamné la normalisation du recours aux armes comme politique étrangère. Ses déclarations générales mais fermes ont progressivement cédé la place, notamment avec le déclenchement de la guerre en Iran, à des appels à la paix de plus en plus véhéments et inhabituellement précis, aboutissant finalement à un affrontement public avec le président Trump .

    Léon XIV a clairement exprimé ses réserves à l'égard de l'administration Trump, tant par ses actes que par ses paroles : il a nommé des évêques critiques envers les politiques de l'administration, notamment sur la question de l'immigration, et a préféré passer le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis non pas dans son pays natal, mais à Lampedusa, une île italienne symbolique de la crise migratoire en Europe.

    En résumé, ses interventions étrangères allient le soutien à la coopération multilatérale et à la dignité humaine à des critiques fermes du nationalisme, de la guerre et des excès idéologiques au sein des institutions mondiales, y compris les Nations Unies.

    Léon XIV est le premier pape à posséder une expérience missionnaire aussi vaste, et ses initiatives visant à intensifier les efforts d'évangélisation – une priorité pour les cardinaux électeurs avant le conclave – ont été généralement bien accueillies. Ses voyages papaux au Moyen-Orient et en Afrique ont été largement perçus comme des succès, tout comme le Jubilé de la jeunesse à Rome, qui a rassemblé plus d'un million de jeunes catholiques venus de 146 pays.

    Écrits majeurs

    Son premier document majeur, l'exhortation apostolique Dilexi Te (« Je t'ai aimé ») sur l'amour des pauvres, reprenait une grande partie de l'enseignement social du pape François, la plupart des textes ayant été écrits durant son pontificat. Mais l'intérêt intellectuel personnel de Léon XIV réside davantage dans les défis posés par l'intelligence artificielle. Dans plusieurs discours, il a appelé à une réglementation internationale et à des limites éthiques concernant l'IA. Selon des sources vaticanes, il prépare une encyclique papale sur cette technologie et la dignité humaine, attendue prochainement.

    Les communications de Léon XIV sont généralement prudentes et soigneusement sélectionnées. Il accorde peu d'interviews, surtout comparé à son prédécesseur, mais il a franchi une étape inédite pour un pape en organisant des points presse – une nouveauté qui lui a parfois valu des ennuis, car il s'en est servi pour s'immiscer dans des luttes politiques, notamment aux États-Unis. Son comportement public est courtois mais réservé, ses paroles peu nombreuses et mesurées. Ceux qui l'ont rencontré le décrivent comme un homme au rire facile mais peu bavard, dont les silences comme les paroles ont une égale importance.

    Ce tempérament prudent se reflète dans sa réticence apparente à intervenir de manière décisive dans les conflits internes et majeurs de l'Église. Il n'a pas encore abordé sérieusement la Voie synodale allemande, notamment la récente décision des évêques allemands de créer une « conférence synodale » permanente, dont les versions précédentes avaient été contestées par le Vatican. De même, la question potentiellement cruciale de la Fraternité Saint-Pie-X, qui prépare des consécrations épiscopales illicites cet été, reste en suspens. Jusqu'à présent, Léon a délégué cette affaire au cardinal Fernández. Concernant l'œcuménisme, il a chaleureusement accueilli la première femme archevêque anglicane de Canterbury – à la tête d'une communion séparée de Rome – privilégiant le dialogue et la rencontre aux appels à la conversion et à un « œcuménisme du retour ».

    Concernant la messe traditionnelle en latin, Léon XIV a discrètement autorisé des exceptions locales à Traditionis Custodes , le décret du pape François de 2021 limitant le Vetus Ordo, mais il a évité de rouvrir le débat et a laissé tranquilles certains évêques accusés d'outrepasser le décret. Pour certains, cette approche non interventionniste est prudente et vise à apaiser les tensions ; pour d'autres, il s'agit d'un refus de prendre position sur l'une des questions les plus sensibles de l'Église.

    Ses proches le décrivent comme un homme profondément pieux, dévoué à Marie, doté d'un humour discret et d'un tempérament prudent. Méfiant des grands gestes, il privilégie les réformes progressives aux décrets radicaux. Un an après son élection, Léon XIV s'est ainsi forgé la réputation d'un « pape américain discret », restaurant méthodiquement le décorum, la légalité et la sérénité de la papauté tout en suivant, sur certains points, la ligne générale du pape François.

    Une série de problèmes épineux et urgents se présentent à lui, exigeant un leadership clair et décisif. La manière dont il les abordera dans les mois à venir contribuera à dissiper l'énigme qui l'entoure, révélant plus clairement qui il est et où il entend mener l'Église.

  • Du cardinal Müller sur la bénédiction de Dieu et des fausses bénédictions de ce monde

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    De kath.net/news :

    De la bénédiction de Dieu et des fausses bénédictions de ce monde

    8 mai 2026

    Un commentaire du cardinal Müller sur certaines conclusions de groupes de travail concernant le Synode mondial : "On ne nie pas ouvertement les vérités révélées. On construit à côté sa propre maison d’un christianisme confortable et conforme au monde" :

    Les groupes d’étude mis en place par le pape François lors du Synode sur la synodalité en 2024 publient désormais peu à peu leurs conclusions – certes très controversées. Elles se ressemblent de manière fatale sur deux points :

    par leur méfiance à l’égard des contenus centraux de la doctrine catholique, qu’ils confondent avec un système de pensée lié à leur époque, au lieu de les reconnaître comme la transmission intégrale et complète de la révélation de Dieu aux générations présentes et futures ; en tentant, par un soi-disant « changement de paradigme d’une dogmatique rigide vers une pastorale à l’écoute de l’homme », de s’aligner sur les idéologies dominantes afin de gagner la reconnaissance de leurs protagonistes.

    On ne nie pas ouvertement les vérités révélées. Mais on les ignore et on construit à côté une maison qui nous est propre, celle d’un christianisme confortable et conforme au monde. Pour semer la confusion chez les fidèles naïfs, on l’agrémente de formules qui sonnent bibliques et spirituelles : « Ce que l’Esprit dit aux Églises », le discernement plutôt que la condamnation, le Jésus miséricordieux et approuvant tout, opposé aux docteurs de la loi rigoristes et aux professeurs de théologie conservateurs prisonniers de leurs systèmes, qui se soucient davantage de la fidélité à la lettre et à la doctrine rigide que des êtres humains dans leur faiblesse et leur vulnérabilité.

    Au mépris ou par ignorance de la tradition catholique, on en arrive à l’affirmation sophistique selon laquelle le péché ne consiste pas en un acte conscient et volontaire contre les commandements de Dieu, mais dans le refus de la miséricorde qui couvre tout envers ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas les accomplir.

    En réalité, l’Église enseigne que le Christ est mort sur la croix pour les péchés de tous les hommes et que le Saint-Esprit ne refuse la grâce de Dieu à personne qui se convertit à l’Évangile, afin qu’il puisse mener une vie nouvelle et sainte à la suite du Christ. C’est pour cette seule raison que l’apôtre peut dire aux baptisés : « Ne vivez plus comme les païens, avec leurs pensées futiles […] Dépouillez-vous du vieil homme, qui se corrompt par l’erreur et la convoitise, changez votre ancienne vie et renouvelez votre esprit et votre intelligence. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé selon l’image de Dieu dans une justice et une sainteté véritables. » (Ep 4, 17. 22–24).

    Dans le contexte des synodes des évêques et des chemins synodaux nationaux au sein des Églises locales, le thème de prédilection de certains évêques, théologiens et laïcs à la mode revient sans cesse. Au lieu de conduire les hommes vers Jésus-Christ, Dieu fait homme, l’unique et véritable Médiateur entre Dieu et les hommes, ils voient l’avenir de l’Église dans l’adoption de l’idéologie du genre et de l’arc-en-ciel, avec une vision monothematique et une étroitesse d’esprit. C’est pourquoi ils mettent même en péril l’unité visible de l’Église dans la vérité du Christ, telle que le Seigneur lui-même, en tant que Chef de l’Église, l’a confiée à l’ensemble du collège épiscopal avec et sous l’autorité du Pape, successeur personnel de Pierre sur la chaire romaine.

    La bénédiction privée, voire paraliturgique, de couples de même sexe ou de sexe opposé vivant dans des relations irrégulières repose sur la négation hérétique de la vérité révélée selon laquelle Dieu a créé l’homme et la femme. Et Jésus, qui est en sa personne le Chemin, la Vérité et la Vie, a confirmé, face à la casuistique des pharisiens sur le divorce, la volonté originelle du Créateur et a révélé de manière définitive que l’homme et la femme ne deviennent une seule chair que par le « oui » du mariage (cf. Mt 19, 3-9). Ainsi, dans le mariage, l’homme et la femme forment une double unité personnelle et sexuelle dans l’amour mutuel, dans la vie commune et dans l’ouverture aux enfants que Dieu veut leur donner. Et seuls l’homme et la femme unis dans le mariage sont bénis par Dieu afin qu’ils soient féconds, qu’ils se multiplient, qu’ils peuplent la terre et qu’ils règnent (avec sagesse) sur toutes les autres créatures de la terre (cf. Gn 1, 28).

    Ni les Écritures, ni l’ensemble de la tradition de l’Église ne font mention d’une bénédiction accordée à des personnes vivant dans des relations adultères – et encore moins d’une autorisation donnée aux évêques d’ordonner ou d’autoriser des bénédictions trompeuses et blasphématoires. La bénédiction liturgique ou privée (benedictio = approbation), par laquelle nous sommes bénis en Christ, est une prière de l’Église qui confie en l’aide et le soutien de Dieu pour que les hommes soient favorisés dans tout ce qui est bon, et en aucun cas une validation d’une vie contraire à Dieu dans le péché. La faiblesse humaine ne peut être une excuse, car le Saint-Esprit nous aide par sa grâce, que Dieu ne refuse à personne qui la demande sincèrement (cf. Rm 8, 26).

    Mais de ceux qui « échangent la vérité de Dieu contre le mensonge » et remplacent l’ordre de Dieu par leurs propres idéologies et leurs pseudo-théologies bricolées et mêlées de sociologie et de psychologie, l’apôtre dit qu’ils pensent faussement et vivent dans le péché, ce qui signifie la mort de la vie de grâce ; et qu’ils approuvent pourtant, tout en sachant qu’ils agissent mal, ceux qui agissent ainsi en contradiction avec Dieu (cf. Rm 1, 25.32).

    Les réactions du lobby homosexuel au sein de l'Église à la publication du rapport du groupe de travail synodal concerné et aux bénédictions de couples non mariés, ordonnées même par des évêques, saluent ouvertement la relativisation hérétique du mariage naturel et sacramentel. On la présente comme un premier pas vers la reconnaissance de l’idéologie LGBT, qui ne représente rien d’autre qu’une vision matérialiste de l’homme, dépourvue de Dieu, le Créateur, le Rédempteur et celui qui paracheve l’homme. Quiconque, en tant que maître de la foi et berger des fidèles mandaté par le Christ, se soucie véritablement de la paix intérieure et du salut éternel des fidèles qui lui sont confiés, ne fait pas des personnes en situation difficile le jouet d’une idéologie impie ou l’instrument de sa soif de notoriété dans le milieu « woke », mais les oriente personnellement vers Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

    « Nous n’avons pas un grand prêtre qui ne puisse compatir à nos faiblesses, mais un qui, en tout point, a été tenté comme nous, sans toutefois pécher. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus en temps voulu. » (Hébreux 4, 15 sqq.). Car lui seul est le véritable Messie et lui seul peut aider les hommes, sans exception, à sortir de toute détresse spirituelle et de toutes les tensions psychiques – contrairement aux sauveurs mondains qui, avec leurs doctrines d’auto-salut, ont si souvent causé la perte de l’humanité.

    L’idéologie du genre contredit directement l’anthropologie chrétienne. Et avec ses 60 à 80 genres inventés de toutes pièces, elle est également en contradiction directe avec la science biologique. Elle va à l’encontre du bon sens, qui sait que chaque être humain est issu de l’union de son propre père avec sa propre mère. Avec l’idéologie « woke », issue à l’origine de la pensée athée et matérialiste, une hérésie destructrice et un germe de schisme ont fait leur apparition dans l’Église catholique, qui, par l’ampleur de leur contradiction avec la vérité révélée de Dieu, correspondent au manichéisme ou au pélagianisme.

    Et l'étude de l'histoire de l'Église nous enseigne que ce n'est que grâce à la résistance constante du magistère des papes et des conciles, ainsi qu'à la force intellectuelle des grands docteurs de l'Église, d'Augustin à Thomas d'Aquin et John Henry Newman, que ces dangers et d'autres menaces existentielles pesant sur l'Église ont pu être écartés. Tous les empires bâtis par les hommes et toutes les forteresses de la pensée athée doivent tôt ou tard s’effondrer. Mais les portes de l’enfer ne pourront vaincre l’Église, car Jésus, le Fils du Dieu vivant, l’a bâtie sur le roc de saint Pierre.

    Ce n’est pas la transformation de l’Église en un mouvement philanthropique teinté de religion et de socialisme qui ramènera les hommes sécularisés de l’Occident déchristianisé dans les bras ouverts du Bon Pasteur Jésus-Christ, qui est la « Lumière des nations ». On ne peut que reprendre les mots des Pères conciliaires du Concile Vatican II : c’est le désir « d’illuminer tous les hommes par sa gloire qui resplendit sur le visage de l’Église, en annonçant l’Évangile à toutes les créatures » (Lumen gentium 1).

    Les véritables disciples de Jésus ne recherchent pas l’approbation des hommes ni la fausse bénédiction des « puissants, des personnalités et des leaders de ce monde » (cf. 1 Co 2, 6). Car dans l’amour et la vérité, « Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, nous a comblés de toutes les bénédictions de son Esprit par notre communion avec le Christ dans les cieux » (Ep 1, 3).

    Lire également : Des critiques affirment que le rapport du synode sape l'enseignement de l'Église et donne une image erronée du courage

  • L'organisme pro-vie du Vatican a perdu le cap

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    De Michael Haynes sur The European Conservative :

    L'organisme pro-vie du Vatican a perdu le cap

    Lorsque l'avortement est considéré comme un « droit » incontestable, même l'Académie pontificale pour la vie du Vatican n'exige plus de ses membres qu'ils soient pro-vie.

    7 mai 2026

    L’interdiction de l’Église catholique concernant l’utilisation de la contraception est claire et immuable, pourtant le déclin tragique de l’académie du Vatican chargée d’examiner ces questions est tel que son président reste incapable de dire s’il est d’accord ou non avec l’enseignement de l’Église.  

    Dans un monde fortement imprégné de penchants sexuels et marqué par la dégradation totale des mœurs et de l’éthique relatives au caractère sacré de la vie, la main directrice claire de l’Église fait cruellement défaut. Ses enseignements sur des questions telles que l’avortement, l’euthanasie et la sexualité sont largement impopulaires, mais constituent de plus en plus le dernier bastion de la défense de la vie. 

    Malheureusement, ces dernières années, l’organisme même chargé par le Vatican d’être le centre de la recherche universitaire dans ce domaine s’est désastreusement égaré. 

    L'Académie pontificale pour la vie était autrefois un centre de recherche universitaire, où se réunissaient certains des plus grands esprits unis dans la lutte contre l'avortement, l'euthanasie et les menaces particulières qui pesaient alors sur la vie. Pour le médecin ou le catéchiste catholique en proie à des doutes, qui se trouvait confronté à des questions sur le caractère sacré de la vie, l’Académie pontificale pour la vie (APV) était l’endroit vers lequel se tourner en toute confiance, sachant que les travaux des académiciens constitueraient une ressource fiable.  

    Fondée par le pape Jean-Paul II en 1994 par le motu proprio Vitae Mysterium, la PAV a été pendant de nombreuses années à l’avant-garde des activités bioéthiques et pro-vie du Vatican. Mais sous le pape François, elle a subi des modifications notables.  

    En 2016, le pape argentin a remanié les statuts de l’Académie et supprimé le serment obligatoire, destiné aux membres médecins de l’Académie, par lequel ceux-ci s’engageaient expressément à adhérer à l’enseignement catholique sur le caractère sacré de la vie et à ne pas pratiquer « de recherche destructrice sur l’embryon ou le fœtus, d’avortement volontaire ou d’euthanasie ». L’année suivante, il a vidé l’Académie de ses membres et admis un grand nombre de personnes dont les travaux étaient souvent en contradiction avec l’objectif initial de l’Académie. Parallèlement, il a également vidé de sa substance l’organisme jumeau de l’Académie, l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. 

    Le vaticaniste chevronné Sandro Magister écrivait à l’époque que parmi les membres écartés « figurent quelques universitaires faisant autorité, qui se sont toutefois distingués en critiquant publiquement les nouveaux paradigmes moraux et pratiques mis en vogue sous le pontificat de François ». La nouvelle liste des académiciens, estimait Magister, était « révélatrice d’un changement de cap ». 

    François a également supprimé le statut de membre à vie au profit de mandats de cinq ans, ce qui, selon certains critiques, ferait de l’Académie un simple bureau de la Curie romaine de plus plutôt qu’un groupe de réflexion pro-vie fidèle à sa cause d’origine.  

    À première vue, ces changements peuvent ne pas sembler si radicaux. Pourtant, en peu de temps, ils ont complètement bouleversé la réputation de l’Académie en tant qu’organisme phare du Vatican sur les questions pro-vie, d’autant plus que de nouveaux membres ont commencé à s’opposer à l’enseignement moral catholique sur la contraception, l’avortement et l’euthanasie.  

    Prenons, par exemple, le cas très médiatisé de l’économiste Mariana Mazzucato, nommée par le pape François à l’Académie pour la vie (PAV) fin 2022, bien qu’elle soit favorable à l’avortement. Une telle décision aurait été impensable avant la refonte de l’Académie par François, mais Mazzucato est loin d’être la seule membre pro-avortement de l’Académie pour la vie. Ce n’est pas pour rien que même parmi certains responsables du Vatican, la PAV est surnommée « l’Académie de la mort ». 

    Il ne semble pas non plus y avoir de véritable sentiment de honte parmi les membres pro-avortement de la PAV. À ma connaissance, je reste le seul journaliste du Vatican à avoir interpellé Mme Mazzucato sur son appartenance à la PAV, ce à quoi elle a répondu en qualifiant de « triste » le fait que sa position sur la question ait été remise en cause lors d’un événement organisé par l’Académie. 

    La PAV est actuellement dirigée par l’archevêque Renzo Pegoraro, qui a pris ses fonctions de président en mai dernier après que l’archevêque Vincenzo Paglia, président de longue date, a pris sa retraite pour raison d’âge. C’est sous l’influence de Paglia que la nature de l’Académie a subi une transformation radicale, le pape François ayant trouvé en lui un allié clé.  

    Au cours de son mandat, la PAV a publié un ouvrage controversé qui plaidait pour que l’Église accepte la contraception et l’insémination artificielle comme moralement acceptables. Paglia lui-même a déclaré dans une interview de 2022 qu’il « croyait que le jour viendrait » où le pape François ou son successeur publierait un texte sur la morale qui serait en accord avec le document controversé de la PAV. Il a par la suite nié avoir tenu de tels propos lorsque je l’ai interrogé à ce sujet en février 2024. Le parcours de l’archevêque comprend également une autre démonstration de contorsion morale, puisqu’il a exprimé son soutien à l’euthanasie – suscitant une condamnation générale –, tout en précisant qu’il ne la pratiquerait pas lui-même.  

    Mais Paglia n’est qu’un exemple parmi tant d’autres du triste déclin de cette Académie autrefois prestigieuse. Les bureaux où des experts médicaux et des théologiens défendaient autrefois avec ferveur l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie à chaque étape sont désormais occupés par des théologiens qui cherchent sans cesse de nouvelles façons d’approuver des pratiques que l’Église ne peut tolérer. Tout cela est présenté sous le couvert d’un discours de renouveau, les nouveaux responsables affirmant que les enseignements moraux nécessitent une « réflexion continue ». 

    Cet esprit perdure encore aujourd’hui. Les nouveaux statuts de l’Académie, ratifiés par le pape Léon XIV ces dernières semaines, n’ont en rien changé la donne et se sont contentés d’ajouter une nouvelle catégorie de partisans à la PAV. 

    Mgr Pegoraro a pris la tête de l’Académie après avoir été pendant de nombreuses années le bras droit de Mgr Paglia, assurant ainsi une continuité naturelle dans le style et la morale de la PAV. Mgr Pegoraro a lui-même déclaré lors d’une interview accordée au Wall Street Journal en 2022 — en opposition directe à l’enseignement catholique — que la contraception pouvait être autorisée dans certains cas, notamment pour la « préservation de la vie sexuelle d’un couple ». 

    L’archevêque est resté évasif sur ce point lorsqu’il a été interrogé à plusieurs reprises à ce sujet l’année dernière.  

    Mais récemment, incapable d’échapper physiquement à mes questions lors d’un événement au Vatican, Pegoraro a cherché à se décharger de la responsabilité de ses propos et du rôle de l’Académie dans les débats sur la bioéthique. 

    Interrogé par notre correspondant au sujet de ses déclarations de 2022 en faveur de la contraception, Mgr Pegaroro a commencé par répondre qu’il s’agissait d’une question relevant du Dicastère pour la famille. Pressé de s’exprimer davantage sur le sujet, l’archevêque a recouru à l’expression « procréation responsable », qui, sous le pontificat du pape François et dans le cadre de la PAV réformée, en est venue à signifier de plus en plus la limitation du nombre d’enfants, y compris par le recours à des méthodes contraceptives. Une fois de plus, il a affirmé que toute question concernant son soutien à la contraception devait être adressée au Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie.  

    Tel est l’état actuel du principal organisme bioéthique du Vatican, dont le président reste incapable de dire s’il est d’accord avec l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie — un élément qui sous-tend une grande partie de la morale catholique.  

    Les théologiens de la PAV sont trop prolixes et trop prudents pour livrer une citation percutante dans laquelle ils défendraient l’avortement ou la contraception comme étant toujours justifiables, évitant ainsi de se condamner facilement comme hérétiques. Au lieu de cela, la révolution morale a été menée en utilisant des termes relativistes, en remettant en question chaque enseignement sans réserve et en privilégiant le rôle de la pensée personnelle par rapport aux vérités et aux enseignements immuables.  

    Le pape Jean-Paul II a déclaré en 1988 que l’enseignement de l’Église sur la contraception « fait partie du patrimoine permanent de la doctrine morale de l’Église », mais pour la PAV, cela ne signifie rien. La vérité immuable n’est pas un concept qu’ils reconnaissent lorsqu’il s’agit des domaines de la morale et de la bioéthique. 

    Au lieu de cela, l’Académie pour la Vie se détourne de sa mission en se concentrant intensément sur la recherche autour de l’IA, délaissant ainsi sa véritable vocation au profit d’un sujet qui suscite un vif intérêt auprès des ONG internationales. Trouver un intervenant lors d’un événement de l’Académie — ou même un simple membre — qui soutienne l’avortement n’est désormais plus une exception, ce qui met en évidence la décadence théologique qui s’est installée dans de nombreux recoins de la Rome autrefois si noble. 

    Michael Haynes est correspondant au Vatican pour Pelican+ et analyste du Vatican pour The Catholic Herald ; les lecteurs peuvent le suivre sur Per Mariam et sur X @MLJHaynes.

  • Synode : le plus que troublant rapport sur les "questions émergentes"

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    Synode : le troublant rapport sur les "questions émergentes"

    Deux groupes d'étude du Vatican, liés au synode sur la synodalité, ont publié mardi leurs rapports finaux, l'un portant sur les « questions émergentes », notamment l'homosexualité, et l'autre sur la sélection des évêques.

    Le groupe de travail sur les « questions émergentes » n'a formulé aucune proposition concrète, mais a recueilli les témoignages de deux hommes catholiques homosexuels.

    Ces deux groupes font partie des 14 groupes d'étude. Douze ont été créés par le pape François en mars 2024, quelques mois avant la deuxième session du synode sur la synodalité, qui s'est terminée en octobre 2024. Deux autres groupes ont été établis par le pape Léon XIV l'année dernière.

    Le groupe « questions émergentes »

    Le groupe « questions émergentes », dirigé par le cardinal Carlos Castillo de Lima, a proposé dans son rapport un « changement de paradigme » dans la manière dont l’Église aborde les questions doctrinales, pastorales et éthiques complexes.

    Alors que le groupe s'appelait initialement groupe d'étude sur les questions « controversées », ils ont décidé de le renommer en groupe d'étude sur les questions « émergentes » car « l'objectif n'est pas seulement de résoudre les problèmes, mais de construire le bien commun par la conversion relationnelle, l'apprentissage partagé et la transparence ».

    Le rapport se compose d'une introduction, de trois sections et de trois annexes contenant les témoignages de deux hommes ayant des relations homosexuelles au Portugal et aux États-Unis, ainsi que d'une initiative de non-violence en Serbie.

    La première partie s’intéresse à un changement de paradigme dans l’évangélisation, fondé sur la conversion relationnelle, l’apprentissage partagé et la transparence. La deuxième partie examine le principe de pastorale comme clé d’interprétation de ce changement de paradigme, et la troisième propose des orientations pour faciliter le discernement pastoral face à deux enjeux émergents : l’expérience des catholiques homosexuels et la pratique de la non-violence active.

    Section introductive

    Le document commence par expliquer sa propre méthodologie, affirmant que « le sujet qui nous a été confié, même dans la manière dont il a été formulé, soulève un ensemble de questions connexes qui exigent une réflexion approfondie et un engagement courageux. À cette lumière, nous avons constaté l’inadéquation de nos catégories et paradigmes opérationnels actuels. »

    Le rapport évoque plusieurs difficultés méthodologiques, notamment la nécessité de concilier différentes sensibilités, expertises et points de vue, et de clarifier les définitions. Il précise également qu'après une première ébauche, un processus de consultation a été mené « auprès de personnes issues de différents contextes ecclésiaux et possédant des compétences variées ».

    Ensuite, il propose le « discernement synodal » comme clé méthodologique du rapport, « à partir de témoignages [individuels], avec une écoute attentive et ouverte à la fois de la Parole de Jésus – rendue vivante et pertinente par le Saint-Esprit dans l’espace de la communion ecclésiale et attentive aux “signes des temps” – et de ce que le Peuple de Dieu a vécu dans divers contextes culturels et en relation avec diverses situations de vie. »

    « Pour être authentiques et fructueuses, ces expériences nécessitent une intégration attentive et une prise en compte de ce que nous pouvons apprendre grâce à la contribution des sciences humaines, des sciences sociales et des sciences naturelles », ajoute le texte.

    Première partie : Un changement de paradigme

    Cette section commence par expliquer que, selon la conception de l’Apocalypse de Dei Verbum comme « historique et dialogique », la pratique de la synodalité dans l’Église implique un « changement de paradigme » par rapport aux paradigmes dominants des siècles passés en ce qui concerne la manière d’interpréter et d’exprimer la proclamation de l’Évangile et la mission de l’Église.

    Selon le document, ce changement représente un retour à « la vérité salvatrice de l’Évangile telle qu’elle a été présentée à l’origine en Jésus : le témoignage fiable de l’agapè de Dieu, qui est Abbà, présent ici aujourd’hui pour tous ses fils et ses filles, chacun d’entre eux. »

    Le document définit ensuite le processus synodal comme « le déploiement de trois dynamiques favorisant un changement de paradigme », à savoir la conversion relationnelle, l’apprentissage partagé et la transparence.

    Le rapport consacre plusieurs pages à expliquer chacune de ces dynamiques, mais le résumé les définit en termes plus concrets.

    Il est dit que la conversion relationnelle désigne « les processus par lesquels tous les hommes et femmes baptisés peuvent apprendre à travers des pratiques (ecclésiales, liturgiques et sociales) ».

    Le texte ajoute ensuite que l'apprentissage partagé signifie que « grâce à ces pratiques, les personnes… contribuent à co-façonner le paysage linguistique, symbolique et culturel au sein duquel les problèmes peuvent émerger, être nommés et être résolus ensemble ».

    Enfin, il est dit qu’« une culture ecclésiale de transparence ne s’explique pas seulement par un besoin ressenti dans la société contemporaine, mais doit être comprise à la lumière de l’impératif évangélique et éthique de “parler et agir dans la vérité” ».

    Deuxième section : le principe de pastorale

    Le document utilise « le principe de pastorale » comme principale clé d’interprétation de ces questions, le définissant comme suit : « Il n’y a pas de proclamation de l’Évangile sans assumer la responsabilité de l’interlocuteur, en qui l’Esprit est déjà à l’œuvre. »

    « Ce principe, fidèle au Magistère de Vatican II, découle de la prise en compte de Dei Verbum comme horizon fondateur de la proclamation, de Gaudium et spes comme horizon interprétatif de ses multiples destinataires et sphères d’incarnation, et d’Ad gentes comme horizon contextualisant de ses divers lieux et acteurs », indique le texte.

    Le document aborde ensuite la place de l'autorité dans le cadre du principe de pastorale, affirmant qu'« il ne s'agit pas de problèmes à résoudre, mais de la construction du bien commun », et par conséquent, il précise que l'objectif principal du principe n'est pas la correction doctrinale, pastorale et éthique « des situations jugées problématiques dans l'expérience concrète de la foi », mais la priorité accordée à « la reconnaissance et au discernement des manifestations concrètes que les pratiques de foi expriment et révèlent dans l'action, souvent à travers une connaissance non thématique ».

    Par conséquent, selon le rapport, le rôle approprié de l'autorité est « avant tout d'écouter, de mettre en branle le processus de discernement et de l'accompagner jusqu'à l'expression d'un consensus... Ainsi, l'exercice de l'autorité... [implique] une responsabilité particulière de préserver et de sauvegarder l'identité et la contribution de chaque personne, en particulier celles qui sont moins visibles ou moins à même d'exprimer leur voix. »

    La section se conclut ensuite en expliquant la méthodologie des « conversations dans l’Esprit » utilisée lors du synode sur la synodalité comme moyen de mettre en pratique le principe de pastorale.

    Troisième section : questions émergentes

    Le rapport applique ensuite sa méthodologie à deux questions émergentes : « l’expérience des personnes homosexuelles croyantes et l’expérience de la non-violence active ».

    Le rapport comprenait trois annexes : les témoignages de deux hommes s’identifiant comme homosexuels, l’un du Portugal et l’autre des États-Unis, et celui d’un mouvement non-violent en Serbie.

    Dans le témoignage d'un Portugais en couple avec un homme du même sexe et actif dans une communauté basée sur la spiritualité ignatienne appelée la Communauté de Vie Chrétienne, le rapport critique les tentatives présumées de soi-disant thérapies réparatrices ou de conversion.

    « La positivité de ce parcours coexiste avec des difficultés importantes, comme en témoignent les effets dévastateurs des thérapies de réparation visant à rétablir l’hétérosexualité, et les conseils contradictoires reçus : de ceux qui suggèrent le mariage avec une femme pour « trouver la paix » à ceux qui invitent au contraire la personne à ne pas laisser de « zones d’ombre ou cachées » dans sa relation avec le Christ. »

    Le rapport indique ensuite que le péché « à la racine, ne consiste pas dans la relation de couple (homosexuelle), mais dans un manque de foi en un Dieu qui désire notre épanouissement ».

    Dans le second témoignage, un homme vivant lui aussi aujourd'hui dans une relation homosexuelle a déclaré avoir passé du temps à l'université dans un groupe de Courage International, un apostolat visant à accompagner les personnes attirées par le même sexe selon une approche conforme à l'enseignement catholique, mais que cela n'avait « guère contribué à mon développement spirituel et psychosexuel ».

    Le rapport indique à ce sujet que « le témoignage… décrit l’appartenance problématique à un groupe catholique (Courage) qui, en prônant une « thérapie réparatrice », a eu pour effet de séparer la foi et la sexualité ».

    Après avoir examiné les témoignages, le document abordait la question de l'équilibre à trouver entre la pratique pastorale et la doctrine catholique.

    « Il ne s’agit pas d’élaborer une stratégie pour masquer les difficultés réelles ni de forcer le débat pour affirmer une nouvelle doctrine : il s’agit de partir de l’écoute des expériences et de promouvoir des pratiques pastorales et ecclésiales de connaissance mutuelle, de collaboration, d’inclusion et de dialogue entre les croyants », indique le document.

    « Car c’est seulement ainsi – à la lumière de l’expérience vécue et partagée de l’Évangile au sein de la communauté chrétienne – que l’on peut discerner et promouvoir le « bien » inscrit dans les expériences et les pratiques. »

    Le document critique ensuite le « modèle théorique qui tire la praxis d’une doctrine « pré-emballée », « appliquant » des principes généraux et abstraits aux situations concrètes et personnelles de la vie. »

    « La tâche consiste donc à redécouvrir une circularité féconde entre théorie et praxis, entre pensée et expérience, en reconnaissant que la réflexion théologique elle-même procède des expériences du « bien » inscrites dans le sensus fidei fidelium », conclut-il.

  • Des chercheurs polonais clarifient et défendent le bilan du cardinal Karol Wojtyła en matière d'abus sexuels commis par des membres du clergé.

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    De Filip Mazurczak sur le CWR :

    Des chercheurs polonais clarifient et défendent le bilan du cardinal Karol Wojtyła en matière d'abus sexuels commis par des membres du clergé.

    « Comparée à la plupart des autres évêques de la Pologne communiste et probablement à une grande partie du monde de l'époque, la réaction de Wojtyła face aux abus sexuels a été exemplaire », déclare le journaliste et canoniste Tomasz Krzyżak.

    Au fil des années, des accusations récurrentes ont été formulées dans les médias en Pologne et ailleurs selon lesquelles le cardinal Karol Wojtyła, le futur pape Jean-Paul II, aurait couvert des cas d'abus sexuels commis par des membres du clergé et aurait même transféré des prêtres accusés d'une paroisse à l'autre.

    Mais Tomasz Krzyżak, expert en droit canonique et journaliste ayant mené des recherches à l'Institut polonais de la mémoire nationale et dans les archives récemment ouvertes de l'archidiocèse de Cracovie, conteste ces affirmations. Il affirme que le futur pape saint Jean-Paul II « a traité les abus sexuels avec sérieux, a appliqué les dispositions du droit canonique et n'a jamais rien dissimulé ».

    Krzyżak prépare un doctorat en droit canonique à l'Université Cardinal Stefan Wyszyński de Varsovie. Depuis 2024, il préside la Commission pour l'explication et la résolution des problèmes sensibles, notamment les abus sexuels, au sein du diocèse de Sosnowiec. Il est également rédacteur du supplément  hebdomadaire Plus-Minus du  quotidien Rzeczpospolita .

    Le cardinal Karol Wojtyła a été archevêque de Cracovie de 1964 à 1978. Krzyżak et son collègue Piotr Litka ont étudié la réaction de Wojtyła face à plusieurs prêtres de son diocèse accusés d'abus sexuels sur mineurs ; des articles basés sur leurs recherches ont été publiés ces dernières années dans Plus-Minus .

    L'un de ces cas concernait le père Eugeniusz Surgent, originaire du diocèse de Lubaczów mais exerçant dans l'archidiocèse de Cracovie. La curie de Wojtyła fut informée pour la première fois des accusations d'abus à son encontre en 1969, à la réception d'une lettre anonyme.

    « À l'époque, les lettres anonymes adressées aux évêques étaient jetées à la poubelle », raconte Krzyżak. Pourtant, la curie de Cracovie lut celle-ci, et Wojtyła envoya Surgent se faire examiner par un psychiatre. Une telle réaction était « extraordinaire », affirme Krzyżak. L'évaluation du psychiatre ne mentionna rien de l'orientation sexuelle de Surgent, mais évoqua sa personnalité psychopathique et manipulatrice ; aucune autre accusation d'attentat à la pudeur ne fut portée à ce moment-là. Deux ans plus tard, Surgent devint curé de la paroisse rurale de Sól-Kiczora. Après une visite pastorale, l'évêque auxiliaire Albin Małysiak revint à Cracovie avec un rapport élogieux.

    Suite à des plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs commises par Surgent, l'archidiocèse de Cracovie a ouvert une enquête en 1973. À la suite de ces plaintes, Wojtyła a démis Surgent de ses fonctions à Sól-Kiczora et lui a interdit d'entendre les confessions ; cinq jours plus tard, il a été expulsé de l'archidiocèse.

    Surgent fut arrêté par la suite. Après sa libération, le cardinal Wojtyła lui interdit d'exercer son ministère sacerdotal dans son archidiocèse. En réponse à une carte de Noël envoyée par l'agresseur, le cardinal Wojtyła lui adressa une lettre lui rappelant les sanctions et diffusa une circulaire aux vicaires et recteurs des paroisses de Cracovie, les implorant de « ne pas permettre à [Surgent] d'exercer ses fonctions sacerdotales ».

    En 1975, l'évêque Marian Rechowicz, administrateur apostolique de Lubaczów, écrivit à Wojtyła pour lui demander d'imposer de nouvelles sanctions à Surgent. Le cardinal envoya le prêtre pénitent dans un monastère à Gostyń. Là, Surgent ne pouvait ni administrer les sacrements ni exercer la fonction de catéchiste, mais devait se consacrer aux travaux manuels du monastère.

    En 1978, quelques mois avant l'élection de Wojtyła comme pape, les Oratoriens de Gostyń écrivirent que le comportement de Surgent était « bon » et demandèrent au cardinal l'autorisation de prêcher la Parole de Dieu et d'entendre les confessions. Wojtyła y consentit. « Avec le recul, nous savons que c'était une erreur », déclare Krzyżak. « À l'époque, cependant, même les psychologues n'avaient pas conscience de l'ampleur du traumatisme vécu par les victimes d'abus ni de la difficulté à soigner de tels troubles sexuels. »

    Un autre coupable au sein de l'archidiocèse de Wojtyła était le père Józef Loranc. En 1970, lorsque Wojtyła apprit que le prêtre avait abusé de jeunes filles mineures, le futur pape convoqua Loranc à la curie. Loranc avoua sa culpabilité, et Wojtyła le suspendit et l'envoya dans un monastère pour une retraite pénitentielle. Quelques jours plus tard, Loranc fut arrêté.

    À sa sortie de prison, le tribunal ecclésiastique de Cracovie décida, conformément au droit canonique, de ne pas infliger de peine supplémentaire à Loranc, celui-ci ayant déjà été condamné par le droit civil. Pourtant, dans une lettre adressée à Loranc, Wojtyła écrivit que la décision du tribunal « n'efface ni votre crime ni votre culpabilité ». En 1971, le chancelier de la curie de Cracovie écrivit à la Cour suprême de Pologne qu'après sa libération, Loranc « ne pourrait plus exercer son ministère sacerdotal » et que « son emploi comme catéchiste ne serait jamais envisagé ».

    En 1971, Wojtyła envoya Loranc dans un monastère de Zakopane, où il recopia des manuscrits liturgiques. Le prêtre fut interdit d'administrer les sacrements et d'enseigner la religion. Finalement, après avoir fait preuve d'une conduite exemplaire pendant plusieurs années, il fut autorisé à entendre les confessions, à célébrer la messe et devint même aumônier d'hôpital à Chrzanów, mais il ne fut jamais autorisé à travailler auprès des jeunes comme catéchiste.

    Krzyżak relève les lacunes du droit canonique, qui a permis de telles mesures, mais souligne que, en tant que pape, Jean-Paul II a promulgué un nouveau code de droit canonique en 1983. Il note que le code de 1917 autorisait la destitution des prêtres pour diverses infractions, mais qu'aucune n'était liée aux abus sexuels.

    Par ailleurs, le Code 1395 §2 du code révisé de Jean-Paul II stipule que les prêtres qui commettent des « infractions contre le sixième commandement » avec des mineurs de moins de seize ans doivent « être punis de justes peines, n’excluant pas la destitution de l’état clérical ».

    Krzyżka met également en lumière le document historique de Jean-Paul II de 2001, Sacramentorum sanctitatis tutela , rédigé en étroite collaboration avec le cardinal Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI et alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    Ses normes procédurales ont étendu le délai de prescription et porté à dix-huit ans l'âge de la majorité pénale pour le crime canonique d'abus sexuel sur mineur. Peu après la publication de ce document, la Congrégation a reçu l'autorisation de suspendre le délai de prescription dans certains cas, ce qui est impossible en droit civil.

    Les recherches de Tomasz Krzyżak montrent clairement que le cardinal Wojtyła n'a jamais ignoré les abus sexuels dans son diocèse et a toujours puni les prêtres coupables, même si certaines décisions étaient imparfaites au regard des connaissances psychologiques de l'époque. De plus, durant son pontificat, il a renforcé les procédures de l'Église afin de mieux protéger les victimes.

    « Comparée à la plupart des autres évêques de la Pologne communiste et probablement à une grande partie du monde de l'époque, la réaction de Wojtyła face aux abus sexuels a été exemplaire », conclut Krzyżak.

     
    Filip Mazurczak est historien, traducteur et journaliste. Ses articles ont été publiés dans First Things, la St. Austin Review, l' European Conservative, le National Catholic Register et de nombreuses autres revues. Il enseigne à l'université jésuite Ignatianum de Cracovie.
  • Où mène la bataille entre Rome et l'Allemagne sur la question des bénédictions ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Où mène la bataille entre Rome et l'Allemagne sur la question des bénédictions ?

    Après avoir été pris de court pendant des années, le Vatican a-t-il décidé de s'aligner sur les Allemands ?

    6 mai 2026

    Le cardinal Víctor Manuel Fernández, responsable de la doctrine au Vatican, a intensifié mercredi la pression sur les évêques allemands avec une nouvelle déclaration concernant les directives du pays sur les bénédictions pour les couples non mariés et de même sexe.

    Les évêques allemands attendent la messe d’ouverture de leur assemblée plénière de printemps à la cathédrale de Würzburg, le 23 février 2026. Crédit : Deutsche Bischofskonferenz / Marko Orlovic.
    Fernández a déclaré à Vatican News le 6 mai que sa lettre de novembre 2024 critiquant un projet de lignes directrices allemandes sur les bénédictions — publiée plus tôt cette semaine avec l’accord du pape Léon XIV — s’appliquait également au texte final publié en avril 2025.

    Le cardinal argentin a expliqué que la lettre de 2024 constituait la « seule et unique réponse définitive » du dicastère de la doctrine au document allemand sur les bénédictions, tant dans sa version préliminaire que dans sa version finale.

    « Ce qui a été dit dans cette lettre s’applique également au texte du Vademecum [directives] actuel, qui n’a pas reçu l’approbation du Dicastère pour la doctrine de la foi », a-t-il commenté.

    À quoi le Vatican s’oppose-t-il précisément dans les deux versions des lignes directrices allemandes ? Pour y répondre, il est utile de connaître un peu l’histoire des bénédictions de couples en Allemagne et de comprendre pourquoi cette pratique a pris une telle importance symbolique dans le pays.

    Brève histoire des bénédictions

    Il est difficile de déterminer avec précision la date à laquelle les bénédictions pour les couples non mariés et les couples de même sexe sont devenues un sujet majeur au sein de l’Église allemande. Mais le 9 mai 2015 est une date qui s’impose.

    C'est ce jour-là que les membres du Comité central des catholiques allemands — l'influente organisation laïque connue sous son acronyme allemand, ZdK — ont adopté une déclaration appelant à « la poursuite du développement des formes liturgiques, en particulier les bénédictions pour les partenariats entre personnes de même sexe, les nouveaux partenariats impliquant des personnes divorcées et les étapes importantes de la vie familiale ».

    C’est sans doute à ce moment-là, deux ans après le début du pontificat du pape François, que les bénédictions sont devenues ce que les catholiques allemands appellent une question « politico-ecclésiastique » (kirchenpolitische). On pourrait traduire cela en gros par un débat de politique interne à l’Église : un sujet qui fait l’objet d’une lutte, qui enflamme les militants et suscite des résistances.

    La réaction à la déclaration du ZdK est intéressante avec le recul. Le cardinal Reinhard Marx de Munich — qui a sans doute déclenché la dernière intervention du Vatican en approuvant les lignes directrices de 2025 — a vivement critiqué cette déclaration.

    « L’appel à la bénédiction des partenariats entre personnes de même sexe et d’un second mariage non reconnu par l’Église est incompatible avec la doctrine et la tradition de l’Église », a déclaré Marx, alors président de la Conférence épiscopale allemande.

    Pendant des années, avant la déclaration du ZdK, certaines paroisses catholiques allemandes proposaient déjà des cérémonies de bénédiction destinées aux couples non mariés et aux couples de même sexe. Mais l’aval officiel de cet organisme laïc a attiré davantage l’attention des médias sur cette pratique, lui donnant un nouvel élan en tant que question de politique ecclésiastique.

    Cette pratique a également attiré l’attention de Rome, ce qui a conduit le bureau doctrinal du Vatican à déclarer en 2021 que l’Église n’avait pas le pouvoir de bénir les couples de même sexe.

    En réponse, des prêtres et des agents pastoraux allemands ont organisé une journée de protestation, au cours de laquelle ils ont célébré des cérémonies de bénédiction en présence de couples de même sexe.

    Parmi les détracteurs de cette initiative figurait Mgr Georg Bätzing, successeur de Marx à la présidence de la conférence épiscopale, qui a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un « signe utile », bien qu’il soutienne les cérémonies de bénédiction en principe.

    Les bénédictions des couples de même sexe ont été l’un des thèmes centraux du « chemin synodal » allemand, une initiative pluriannuelle qui a réuni les évêques du pays et certains laïcs pour discuter de changements radicaux dans l’enseignement et la pratique catholiques.

    En mars 2023, les participants au « chemin synodal » ont adopté une résolution sur les « cérémonies de bénédiction pour les couples qui s’aiment », qui appelait à l’introduction officielle de ces cérémonies dans toutes les paroisses allemandes.

    La résolution indiquait que la conférence épiscopale et le ZdK préparaient un document qui inclurait « des modèles suggérés pour les célébrations de bénédiction adaptées à différentes situations de couples (couples remariés, couples de même sexe, couples après un mariage civil) ».

    La résolution faisait valoir que cette mesure était nécessaire en raison de la demande de bénédictions émanant des couples remariés civilement et des couples de même sexe.

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  • Les «valeurs» de l’Union européenne sont-elles celles du wokisme?

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    De Nicolas Bauer sur le site de l'ECLJ :

    Les «valeurs» de l’Union européenne sont-elles celles du wokisme?

    7 Mai 2026

    La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a condamné la Hongrie pour non respect des valeurs de l'Union européenne. En cause: la loi protégeant les mineurs contre le wokisme. Par cette décision, la CJUE se pose en juge des lois et identités constitutionnelles nationales à l’aune d’une interprétation très idéologique des valeurs européennes.

    À propos de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne contre la Hongrie : Commission européenne c. Hongrie, aff. C-769/22, 21 avril 2026.

    Les valeurs de l’Union européenne (UE) sont listées à l’article 2 du Traité sur l’Union européenne (traité UE): respect de la dignité humaine, liberté, démocratie, égalité, État de droit, respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. C’est notamment sur le fondement de cette disposition que la Commission européenne avait attaqué la Hongrie devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), par un recours en manquement introduit le 19 décembre 2022. La Commission européenne a été soutenue dans cette procédure par 16 États membres, dont la France.

    La législation hongroise litigieuse interdit d’exposer les enfants à des contenus qui banalisent certaines pratiques, comme le transgenrisme, le changement de sexe ou l’homosexualité. Ainsi, d’après l’article 6/A de la loi de 2021 sur la protection de l’enfance: «afin de garantir les [...] droits des enfants, il est interdit de mettre à [leur] disposition [...] des contenus pornographiques, ainsi que des contenus qui dépeignent la sexualité pour elle-même, ou qui promeuvent ou représentent la divergence par rapport à l’identité personnelle correspondant au sexe à la naissance, le changement de sexe ou l’homosexualité». D’autres lois hongroises contiennent des dispositions similaires, notamment la loi sur les médias, la loi sur la publicité et la loi sur l’éducation publique.

    Ces dispositions ont été jugées contraires au droit de l’UE par la CJUE, dans l’arrêt rendu le 21 avril 2026 en Assemblée plénière, c’est-à-dire la formation la plus solennelle de la Cour. Cet arrêt a donc une grande portée juridique, y compris pour l’avenir, et soulève au moins deux problèmes majeurs. Le premier relève de la relation entre le droit de l’UE et le droit national, y compris constitutionnel; le second touche à l’interprétation contestable des valeurs de l’UE par les juges. Cette actualité nous donne également un aperçu de la relation entre les institutions de l’UE et le futur gouvernement hongrois, dirigé par Péter Magyar.

    Le mépris de l’identité nationale et constitutionnelle hongroise

    Devant la Cour, la Hongrie avait rappelé que sa législation se fonde sur son identité nationale et constitutionnelle. En effet, l’article XVI § 1 de la Loi fondamentale de la Hongrie «protège le droit des enfants à s’identifier selon le sexe qui est le leur à la naissance, et garantit une éducation reposant sur des valeurs fondées sur l’identité constitutionnelle de notre patrie et sa culture chrétienne». Or, l’article 4§2 du traité UE dispose que «l’Union respecte l’égalité des États membres devant les traités ainsi que leur identité nationale, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles». La CJUE a écarté l’argument du gouvernement hongrois en indiquant que «cet article 4, paragraphe 2, ne protège qu’une conception des identités nationales [...] qui est conforme aux valeurs [de l’UE]» (§562).

    Ces valeurs de l’UE sont générales, voire abstraites, mais la CJUE en tire des conséquences juridiques concrètes. Elle les a même érigées pour la première fois en fondement autonome pour contrôler la compatibilité d’une loi nationale avec le droit de l’UE. Ces seules valeurs peuvent donc conduire les juges européens à déclarer une législation contraire au traité UE.

    Cette orientation de la jurisprudence était loin d’être une évidence. D’une part, d’autres textes européens suffisaient à considérer que la législation hongroise était incompatible avec le droit de l’UE. Il n’était donc pas nécessaire de développer un raisonnement distinct sur les valeurs de l’UE pour condamner la législation hongroise. D’autre part, une «valeur» renvoie habituellement à une source d’inspiration ou un objectif à atteindre. Elle se distingue d’un principe, qui s’impose comme une norme.

    En développant un raisonnement sur le terrain des valeurs de l’UE, les juges européens envoient un message à toute l’Europe. La CJUE s’érige en gardienne de ces valeurs morales, qu’elle interprétera et pourra utiliser pour apprécier les lois nationales et les Constitutions. Elle n’est pas qu’une juridiction, mais exerce une forme de magistère supra-constitutionnel et moral. La Cour s’octroie le pouvoir de juger toute législation reposant sur un choix de valeurs, c’est-à-dire politique.

    Une jurisprudence et un langage fondés sur l’idéologie woke

    D’après l’arrêt Commission européenne c. Hongrie, la législation hongroise «conduit [...] à la stigmatisation et à la marginalisation des personnes non cisgenres ou non hétérosexuelles, pour le seul motif de leur identité sexuelle ou de leur orientation sexuelle», ce qui revient «à établir, maintenir ou renforcer l’«invisibilité» sociale d’une partie des membres de la société» (§§ 554-555). C’est la première fois que la CJUE emploie ainsi le lexique woke, alors qu’il n’a aucun fondement juridique. La majorité, la normalité et la nature deviennent des catégories parmi d’autres, imposant ainsi de fausses équivalences.

    La CJUE oblige ainsi les États à autoriser des contenus banalisant auprès des enfants le transgenrisme, le changement de sexe et l’homosexualité, en se fondant sur les valeurs de l’UE. Un tel arrêt woke, s’il avait été publié avant les élections législatives hongroises, aurait probablement favorisé la campagne électorale de Viktor Orbán. Bien que ce soit les derniers jours de son mandat de Premier ministre, celui-ci a tenu à indiquer que son gouvernement n’exécutera pas cet arrêt de la CJUE.

    Son successeur Péter Magyar, qui sera investi Premier ministre le 9 mai 2026, a au contraire l’intention de s’y soumettre. Il prévoit d’abroger la législation litigieuse et de construire un pays où «personne n’est stigmatisé pour aimer autrement ou d’une manière différente de la majorité». Les enfants hongrois ne bénéficieront plus d’une protection légale contre la propagande woke et pourraient subir les mêmes lectures et spectacles que dans certaines écoles et médiathèques publiques européennes.

    Sur ce sujet, voir la dernière chronique de Nicolas Bauer dans la matinale de Frontières :