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Ethique

  • En Allemagne et en Suisse, on a marché pour la vie

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    Le samedi 19 septembre 2026, plusieurs grandes « Marches pour la vie » ont eu lieu simultanément en Allemagne et en Suisse :

    • Allemagne : Berlin et Cologne. À Berlin, le Marsch für das Leben, organisé par le Bundesverband Lebensrecht, a réuni plus de 2 000 participants selon la police. Cinq évêques ont participé au cortège, parmi lesquels Mgr Rudolf Voderholzer et Mgr Stefan Oster. Il y a également eu un moment particulièrement touchant lors de la prise de parole de Roberta Acquaah, jeune étudiante en médecine. Elle a présenté un Poetry Slam, « Ich will leben » (« Je veux vivre »), en se plaçant symboliquement du point de vue de l'enfant à naître.

    Hunderte Menschen beim «Marsch für das Leben» | Jesus.de

    • À Cologne, une manifestation similaire a également été organisée; c'était la quatrième Marsch für das Leben. Les organisateurs ont revendiqué environ 2 100 participants. Le cortège était marqué par une forte présence chrétienne visible : croix, images religieuses, statues et groupes familiaux. L'ambiance semble avoir été davantage celle d'une manifestation chrétienne populaire que celle d'un rassemblement institutionnel. Une tentative de perturbation au début du rassemblement a été rapidement contenue ; la suite s'est déroulée sans incident majeur. Le moment le plus significatif semble avoir été davantage lié aux témoignages et à la responsabilité du père. Markus Voss a parlé de la place souvent négligée des hommes lorsqu'une grossesse est inattendue : responsabilité, mais aussi difficulté de trouver leur place dans la décision concernant l'enfant.

    Marche pour la vie Cologne 2026

    • Suisse : Zurich. La 16ᵉ Marche pour la vie (Marsch fürs Läbe) s'est déroulée à Zurich-Oerlikon sous le slogan « Together for Life! », avec environ 2 200 participants selon les organisateurs. La manifestation mettait cette année particulièrement l'accent sur la responsabilité des hommes et des pères face à une grossesse inattendue. Il est intéressant de noter que la Conférence des évêques suisses avait publié, trois jours auparavant, un message sur cette Marche : elle précisait qu'elle ne serait pas officiellement représentée, tout en déclarant « se réjouir de tout soutien à la vie ». À Zurich, la manifestation a par ailleurs été perturbée par plusieurs dizaines de contre-manifestants ; la police municipale indique avoir dû intervenir, notamment avec des canons à eau, après des tentatives de blocage et des jets de bouteilles.

    Aktuell Schweiz - Märsche/Events - Marche pour la vie

    Ces trois rassemblements montrent une mobilisation pro-vie qui ne se réduit pas à la seule question de l'interdiction de l'avortement : à Berlin, elle s'inscrit dans une réflexion plus large sur la bioéthique et la dignité humaine ; à Cologne, elle conserve une expression chrétienne très populaire ; à Zurich, elle cherche explicitement à intégrer le rôle du père et la responsabilité masculine.

  • L’exposition sur les enfants à naître qui fait peur à la gauche

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    D'Ermes Dovico sur la NBQ :

    Mostra sui nascituri al Parlamento europeo (foto Pro Vita e Famiglia)

    L’exposition sur les enfants à naître qui fait peur à la gauche

    Au Parlement européen, quatorze panneaux présentent le développement de l’enfant dans le sein maternel. La gauche s’insurge, allant jusqu’à demander leur retrait — une demande qui n’a pas été acceptée. Un épisode qui confirme les contradictions de l’idéologie, laquelle redoute la réalité.

    18 septembre 2026

    « L’aventure de la vie commence au moment de la conception, lorsque le spermatozoïde du père féconde l’ovule de la mère, donnant naissance au zygote, premier stade d’un être humain nouveau, unique et irremplaçable. » Ce sont des paroles que l’on pourrait lire dans n’importe quel manuel de biologie. Elles figurent dans une exposition de quatorze panneaux intitulée Just EUman – Comment naît un citoyen européen, qui décrit les différentes étapes du développement de la vie humaine prénatale, de la conception au neuvième mois.

    L’exposition, promue par le député européen Paolo Inselvini (Fratelli d’Italia – groupe des Conservateurs et Réformistes européens) et conçue par Pro Vita & Famiglia, a été présentée du 14 au 17 septembre à Strasbourg, dans les locaux du Parlement européen. Quatre jours seulement : telle était la durée de l’autorisation. Pourtant, certains — c’est-à-dire la gauche et ses alliés — ont tenté de la faire retirer avant son terme.

    « Un rejet des valeurs européennes », « une blessure infligée à la démocratie », « une offense faite à toutes les femmes », sans oublier l’inévitable « retour au Moyen Âge », etc. Dans les commentaires publiés ces derniers jours contre l’exposition, on retrouve tout l’arsenal des slogans forgés au cours des dernières décennies par la propagande favorable à l’avortement pour faire passer pour un « libre choix » ce qui, selon l’auteur, n’en est pas un : la mise à mort d’un être humain innocent.

    Ces réactions émanent de personnalités connues de la politique italienne, telles qu’Alessandra Moretti (Parti démocrate), Ilaria Salis (Alliance des Verts et de la Gauche), Carolina Morace et Valentina Palmisano (Mouvement 5 étoiles), mais aussi de députés européens étrangers, comme la Française Manon Aubry.

    C’est précisément Aubry, coprésidente du groupe de la Gauche, qui a formulé ce qui apparaît comme le commentaire le plus paradoxal, puisqu’il se retourne en quelque sorte contre son auteur : « L’avortement est un meurtre. Voilà, en substance, le message que le Parlement européen diffuse dans ses couloirs à travers une exposition hostile à la liberté de choix, qui affirme que l’embryon est une vie humaine dès la conception. »

    Et qu’est-il donc, sinon une vie humaine ? Un commentaire qui, aux yeux de l’auteur, confine au grotesque et qui illustrerait la manière dont l’idéologie peut s’accompagner d’une méconnaissance de la réalité biologique la plus élémentaire : la vie constitue un continuum, dont le commencement est clairement la conception.

    Cela ne lui a pas suffi. Manon Aubry avait également écrit à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, pour lui demander le retrait de l’exposition — laquelle, comme on l’a indiqué, s’est finalement tenue normalement jusqu’à la date prévue, c’est-à-dire jusqu’à hier.

    À sa lettre s’étaient associés l’autre coprésident du groupe de la Gauche, Martin Schirdewan, ainsi que les présidentes des groupes des Socialistes et Démocrates, Iratxe García Pérez, et des Verts, Terry Reintke. Ilaria Salis avait elle aussi demandé une intervention immédiate de Roberta Metsola, tandis que Carolina Morace était même allée jusqu’à réclamer l’ouverture d’« une enquête interne afin de vérifier que toutes les procédures avaient été respectées ».

    La contradiction est manifeste : nous avons ici des responsables politiques qui, d’un côté, parlent de démocratie et de liberté de choix et qui, de l’autre, voudraient censurer une exposition présentant des informations scientifiquement établies. L’objectif de l’exposition était d’informer afin que « ceux qui sont appelés à légiférer puissent d’abord regarder et constater par eux-mêmes ce que démontre la science ». Depuis quand cela serait-il interdit ?

    Le fond du problème, selon l’auteur, est que les militants favorables à l’avortement ne supporteraient pas une exposition comme celle de Strasbourg parce qu’elle constitue une représentation concrète de la réalité : chacun de nous est passé par chacune des étapes décrites sur ces quatorze panneaux et il ne saurait exister de « droit » ni de « valeur européenne » si l’on ne reconnaît pas au préalable le droit à la vie, à commencer par celui des enfants à naître.

    À celles et ceux qui, comme Moretti, reprochent à l’exposition de « piétiner le droit des femmes à disposer de leur propre corps », l’auteur répond que, lors d’un avortement volontaire, le corps auquel il est mis fin est celui d’une autre personne, laquelle existe en tant que telle dès la conception et serait donc porteuse de tous les droits qui en découlent (cf. Donum Vitae et Dignitas Personae).

    Cette vérité, poursuit-il, échapperait manifestement à certains représentants d’une institution, le Parlement européen, qui depuis quelque temps se « distingue » par des initiatives jugées radicales — notamment le vote par lequel a été adoptée une résolution demandant l’inscription du « droit à l’avortement » dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Et ce, alors même que cette matière ne relève pas des compétences de l’Union européenne elle-même : pour qu’une telle modification puisse éventuellement devenir effective, il faudrait notamment l’accord unanime de tous les États membres.

    Lors des obsèques civiles d’Emma Bonino, le secrétaire de +Europa, Riccardo Magi, avait fait l’éloge de la défunte, affirmant qu’elle « n’avait jamais eu peur de critiquer les institutions, jusqu’à désobéir aux lois qu’elle estimait injustes ».

    Parmi les lois que Bonino combattait au nom de ce qu’elle considérait comme des « injustices » figuraient celles qui interdisaient l’avortement. Selon l’auteur, son combat aurait ainsi contribué à normaliser ce qui, auparavant, était unanimement reconnu comme un mal.

    Et ce qui s’est produit avec l’exposition de Strasbourg confirmerait, toujours selon lui, que la normalisation de l’avortement est allée jusqu’à nier à l’autre partie la liberté d’expression la plus élémentaire et la mieux fondée : montrer que celui qui est tué est un être humain, le plus vulnérable de tous ; et montrer qu’une loi de cette nature — opposée à la loi morale naturelle — est précisément une loi injuste.

    Mais, conclut l’auteur, c’est une désobéissance que le pouvoir n’admet pas.

  • Un évêque courageux

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    D'Austin Ruse sur le CWR :

    Un évêque qui montre la voie

    L’évêque Michael Francis Burbidge du diocèse d’Arlington, en Virginie, mène la lutte pour empêcher deux changements radicaux dans la constitution de l’État.

    L'évêque Michael F. Burbidge d'Arlington (Virginie) s'est exprimé récemment au sujet de deux amendements proposés à la Constitution de Virginie. (Image : Capture d'écran / YouTube)
    Les électeurs de Virginie sont appelés à se prononcer sur deux amendements à la constitution de l'État. Tous deux se situent à l'avant-garde de la révolution sexuelle.

    Et l'évêque Michael Francis Burbidge du diocèse d'Arlington mène la lutte pour les arrêter.

    Non seulement on inscrirait l'avortement sur demande dans la Constitution de Virginie , ce qui est inutile puisque l'avortement est déjà légal dans cet État, mais on autoriserait également le personnel non médical à pratiquer des avortements, et ce jusqu'au terme de la grossesse. Sans oublier que les mineurs pourraient interrompre l'avortement sans la surveillance de leurs parents.

    L'autre amendement inscrirait le mariage homosexuel dans la Constitution , ce qui est également inutile puisque le « mariage homosexuel » a été imposé à notre pays par la Cour suprême des États-Unis. Ce même amendement protégerait « l'idéologie du genre » dans la Constitution de Virginie.

    Ce sont parmi les initiatives référendaires les plus radicales du pays. Les démocrates n'en ont besoin que pour provoquer les catholiques et les autres chrétiens.

    En temps normal, ce serait une période où la voix de l'Église serait la seule à se faire entendre, ou bien où des laïcs organisés prendraient la parole, les évêques restant pour la plupart silencieux.

    C’est assurément le cas en Virginie actuellement, mais nous constatons également que l’évêque d’Arlington prend l’initiative.

    Il y a quelques semaines, l'évêque Burbidge a lancé une campagne « Votez Non » sur le site web du diocèse. C'était déjà remarquable. Puis, il a demandé aux 70 curés de paroisse de s'engager pour faire échouer ces amendements. L'évêque a envoyé des tracts, des pancartes et des affiches, et a demandé à ses hommes de les afficher dans leurs paroisses. La plupart l'ont fait. Dimanche dernier, il leur a demandé de lire une lettre de sa part sur ce sujet à chaque messe !

    « Nous tous, en Virginie, serons bientôt confrontés à de très graves menaces juridiques qui pèsent sur le caractère sacré de la vie humaine et la sainteté du mariage. Durant la prochaine période électorale, du 18 septembre au 3 novembre, deux initiatives dangereuses seront soumises au vote de tous les électeurs. »

    Il s'est adressé directement à tous les catholiques : « Premièrement, je vous demande d'être des disciples fidèles et de vous engager à voter en visitant CatholicVoteno.com, où vous pourrez vous informer et partager la vérité sur ces initiatives légitimes et radicales. Deuxièmement, je vous demande de vérifier votre inscription sur les listes électorales et de vous organiser pour aller voter dès ce vendredi 18 septembre, date du début du vote anticipé. Je vous encourage vivement à voter tôt afin de pouvoir exercer votre droit de vote lors de cette élection cruciale. »

    Il organise même des bénévoles pour envoyer 400 000 cartes postales personnelles demandant aux catholiques de voter non.

    C'est tout simplement stupéfiant. Nous, catholiques, sommes habitués à la timidité des évêques face aux prises avec des positions politiques radicales. Ils craignent d'être taxés de « guerriers culturels » et de franchir, d'une manière ou d'une autre, cette ligne sacrée et illusoire censée séparer l'Église et l'État. Certes, l'évêque nous assure que l'Église est apolitique et que cette élection ne porte pas sur les personnes, mais sur les enjeux. Mais même cela est sidérant.

    Mais cela ne nous surprend pas vraiment dans le diocèse d'Arlington. Notre évêque n'est pas un militant culturel, mais il est aussi courageux, à sa manière discrète et persévérante.

    Il y a plusieurs années, quasiment seul parmi les évêques, il a publié une lettre catéchétique contre l'idéologie du genre . Il affirmait que personne ne peut naître dans le mauvais corps. Il disait même qu'il ne fallait pas se laisser abuser par de faux pronoms.

    Les fidèles doivent éviter d'utiliser des termes ou des pronoms « affirmant le genre » qui expriment une approbation ou renforcent le rejet de la vérité par la personne concernée. Refuser d'utiliser un tel langage n'est ni dur ni moralisateur. Dans la société en général, les catholiques peuvent subir une forte pression pour adopter une terminologie culturellement approuvée. Cependant, nul ne doit être contraint d'utiliser un langage contraire à la vérité. Le droit de dire la vérité est inhérent à la personne humaine et ne peut être remis en cause par aucune institution humaine. Les tentatives de l'État, des entreprises ou des employeurs pour imposer un tel langage, notamment par des menaces de poursuites judiciaires ou de licenciement, sont injustes. Nous devons aimer dans la vérité, et la vérité doit être fidèlement exprimée par nos paroles. Parallèlement, la clarté doit toujours être au service de la charité, dans le cadre d'une volonté plus large de conduire les personnes vers la plénitude de la vérité.

    Ce diocèse est tout à fait particulier. Petit par la taille, il n'en est pas moins dynamique. Plus de 50 hommes étudient et se préparent à la prêtrise. Un grand diocèse ne pourrait pas en compter autant. Nous avons ordonné 12 prêtres l'an dernier. Actuellement, 46 hommes et femmes sont en formation pour la vie religieuse.

    Il y a une dizaine d'années, j'ai siégé quelques années au comité d'examen diocésain. Nous n'avons pratiquement jamais eu affaire à des accusations d'agressions sexuelles. Il n'existe pas ici de sous-culture de prêtres homosexuels. Un prêtre, fervent défenseur de l'association Rainbow Zeus, a organisé une réunion Zoom avec une paroisse il y a plusieurs années. Alerté, l'évêque Burbidge nous a assuré que cela ne se reproduirait plus jamais.

    Certes, Mgr Burbidge a dû faire preuve d'une grande habileté. Lorsque le pape François a injustement restreint la messe traditionnelle en latin, Mgr Burbidge a réduit le nombre de messes célébrées de 21 à 8, soit 13 de moins. Trois de ces huit messes sont restées dans les églises paroissiales, tandis que les cinq autres ont été déplacées. Cette décision a suscité une profonde tristesse parmi les catholiques attachés au rite traditionnel. Il est à noter que l'évêque a maintenu deux de ces messes près de Washington, D.C., où l'archevêque a pourtant interdit la messe traditionnelle. Mgr Burbidge aurait pu les maintenir dans des paroisses plus éloignées, jusqu'en Virginie-Occidentale, mais il ne l'a pas fait. Il les a conservées à proximité de Washington, D.C. Enfin, récemment, et pour la première fois, la Fraternité Saint-Pierre a été autorisée à intervenir dans le diocèse pour accompagner les fidèles assistant à la messe traditionnelle.

    Prenons l'exemple des tables de communion. Elles ont été arrachées partout dans le pays. À Arlington, elles n'ont même pas été installées lors de la construction de toutes ces églises modernes et laides. Mais dès son arrivée en 2016, Burbidge a autorisé leur utilisation et leur installation. Plusieurs ont été mises en place, ou d'autres sont désormais utilisées. Et vous savez quoi ? Les fidèles les apprécient, communiant à genoux et sur la langue.

    Et malgré toutes ces églises laides, l'évêque Burbidge a entrepris l'an dernier de rénover l'architecture de sa propre cathédrale Saint-Thomas-More (elle n'était pas complètement affreuse, mais elle l'était quand même). Comme me l'a dit un ami : « Il est même parvenu à transformer une cathédrale objectivement laide en un édifice évoquant l'esthétique Tudor, ce qui n'est pas une mince affaire. »

    Et toutes les nouvelles églises en construction sont classiques, magnifiques, telles que devraient être les églises, et non pas comme ces églises futuristes construites ici lors de la fondation du diocèse il y a 50 ans. Ce diocèse est remarquable.

    Et voici notre évêque. C'est lui qui montre la voie.


  • Les évêques prennent le patronage de la Marche pour la Vie (Slovaquie)

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    De kath.net/news :

    Les évêques catholiques prennent le patronage de la Marche pour la vie/Slovaquie

    17 septembre 2026

    L'an dernier, le diocèse de Bratislava avait déjà assumé le patronage ; celui-ci sera prolongé cette année.

    Bratislava (kath.net/pl) « Nous, évêques, avons accepté avec joie le patronage de la Marche nationale pour la vie, à laquelle nous invitons chacun à Bratislava le dimanche 20 septembre. » C’est ce qu’ont écrit les évêques catholiques de Slovaquie dans leur lettre pastorale concernant la Marche nationale pour la vie, qui aura lieu à Bratislava le 20 septembre 2026. L’année dernière, le diocèse de Bratislava avait également accepté le patronage de cette manifestation pro-vie.kath.net avait signalé).

    kath.net publie la lettre pastorale des évêques locaux de tous les diocèses slovaques concernant la prochaine « Marche nationale pour la vie 2026 », lue dans toutes les églises le dimanche 13 septembre 2026 :

    Chers frères et sœurs,

    Les conflits armés nous obligent à réfléchir de toute urgence à la valeur de la vie humaine. Nous sommes douloureusement conscients de l'absurdité des morts de soldats et de civils, victimes des ambitions de pouvoir de certains. Mères en pleurs, veuves, sœurs endeuillées et enfants orphelins sont les conséquences dévastatrices de guerres où, au final, tout le monde perd et où les plus faibles sont les plus durement touchés. « La colère et la fureur sont abominables ; le pécheur s'y attache », lit-on dans le livre de Sirach.

    Sainte Thérèse de Calcutta a illustré avec justesse les liens profonds entre l'agressivité manifeste et l'agressivité latente d'une personne lorsqu'elle a reçu le prix Nobel de la paix il y a près de cinquante ans. Devant une salle silencieuse remplie de personnalités influentes, elle n'a pas hésité à exprimer avec calme et fermeté de profondes vérités sur la vie : « À notre époque, l'avortement est le plus grand fléau de la paix, car c'est une guerre ouverte – un meurtre direct commis par la mère elle-même. Si une mère peut tuer son propre enfant, que peut-on attendre d'autre que ma capacité à vous tuer et la vôtre à me tuer ? Il n'y a aucune différence entre l'avortement et un meurtre mutuel… »

    En ce sens, l’Évangile selon Matthieu (Mt 18, 21-35) nous présente l’exemple troublant du serviteur impitoyable : un débiteur qui, malgré la bonté de son maître et le pardon de sa dette, se montre cruel envers ceux qui lui doivent quelque chose. Au fond, cet exemple renvoie la balle à tous ceux qui jouissent du don de la vie mais le refusent aux autres. « Nous sommes là, soulignait Mère Teresa dans ce discours, parce que nos parents nous ont désirés. Nous aussi, nous désirons nos enfants et nous les aimons. Mais qu’en est-il des millions de personnes tuées par l’avortement ? »

    L’évocation du chiffre de « millions » pourrait rappeler le fait largement rapporté que le nombre d’avortements en Slovaquie est en baisse. Bien sûr, chaque enfant sauvé est une nouvelle merveilleuse et unique. Mais les enfants ne sont pas de simples statistiques ; il n’en demeure pas moins que chaque enfant, en tant qu’être humain à part entière, mérite d’être protégé dès sa conception. Des mesures concrètes de soutien aux mères en situation de crise doivent poursuivre cet objectif – tout comme la législation – à savoir, protéger la vie de la conception à la mort naturelle. Dans l’esprit de l’appel de l’Évangile à « aller au large » (Luc 5, 4) – et conscients de notre propre péché –, nous sommes, bien entendu, également attentifs au contexte plus large. Derrière la décision tragique d’avorter se cachent souvent la peur et l’angoisse – mêlées à des sentiments d’impuissance, de solitude ou de pression de la part du partenaire. L’Église ne souhaite pas condamner les femmes dans une telle situation ; elle cherche plutôt à les accompagner et à les soutenir. Reconnaissant la beauté de la maternité et l'importance du courage et de la responsabilité qu'exige la paternité, nous soutenons toutes les personnes confrontées à un choix moral personnel et leur offrons un large éventail d'aides. Parallèlement, nous reconnaissons la nécessité de protéger la vie après la naissance, notamment celle des mères qui, parfois, ne bénéficient pas de conditions de travail dignes pour élever leurs enfants.

    C’est pourquoi, nous, évêques, avons accepté avec joie le patronage de la Marche nationale pour la vie, à laquelle nous invitons chacun à Bratislava le dimanche 20 septembre. Il est important d’y participer avec un profond sentiment de liberté intérieure, afin d’exprimer collectivement notre respect pour la vie humaine et son Créateur. Respect de la maternité – personnelle, paisible, compatissante et libre de tout intérêt commercial. Respect du mariage – qui ne requiert aucune précision telle que « entre un homme et une femme », puisque d’autres formes d’union ne sauraient constituer un mariage. Respect de la parentalité, y compris le droit garanti d’élever ses enfants conformément à la loi divine et naturelle. À de nombreuses reprises et dans divers passages de l’Évangile, Jésus souligne que l’amour du prochain ne s’improvise pas. Il ne doit pas être occasionnel ni fragmentaire. Lorsque le Seigneur nous appelle à pardonner « soixante-dix-sept fois » – et l’exige de chacun sans exception –, il affirme que l’amour est une attitude universelle : universelle dans le temps et l’espace, s’étendant à tous sans exception. C’est pourquoi, par amour pour les plus vulnérables, entreprenons ensemble ce voyage : comme pèlerins et compagnons, pour qui chaque personne est chère.

    Les évêques catholiques de Slovaquie vous accordent leur bénédiction. Bratislava, le 3 septembre 2026.

    Ah si les évêques belges pouvaient en prendre de la graine !

  • Pourquoi, soudain, tout le monde a peur de l’intelligence artificielle

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    De Daniele Ciacci sur la NBQ :

    Pourquoi, soudain, tout le monde a peur de l’intelligence artificielle

    Pourquoi, tout à coup, tout le monde a-t-il peur des dangers de l’intelligence artificielle ? Pourquoi maintenant ? Derrière la nouvelle campagne de presse, née de quelques témoignages clés, se cachent d’autres intérêts, économiques et politiques. Et à la racine se trouve l’idéologie de l’Altruisme Efficace qui vise le risque zéro.

    16_09_2026

    Comme nous l’avons déjà évoqué ici sur la Nuova Bussola Quotidiana, Jacob Coxon, ingénieur qui vient de démissionner d’Anthropic, a écrit clairement sur X que quiconque développe l’intelligence artificielle a dans le cœur le doute que celle-ci pourrait nous exterminer « d’ici la fin de la décennie ». Evan Hubinger, également d’Anthropic, a confirmé une probabilité supérieure à 10 %. De là est, à juste titre, parti le tour médiatique, avec des titres de fin du monde partout, une nouvelle Guerre des mondes de Wells mais avec un ennemi local, alarme extinction imminente, et encore l’humanité à être bourreau d’elle-même (les algorithmes ne se sont pas faits tout seuls). Le livre d’Eliezer Yudkowsky et Nate Soares, If Anyone Builds It, Everyone Dies, sorti en septembre 2025, est entré dans le classement des livres les plus lus du New York Times avec une thèse assez linéaire sur la correspondance entre la création d’une superintelligence et la mort de l’humanité.

    Les voix ne sont pourtant pas des bavardages de café, mais viennent d’exponents du secteur, et cela ne peut pas ne pas peser. Cela fait cependant tordre le nez une vague aussi compacte et opportune. L’IA pose bien des risques réels, mais peut-être différents de la façon dont on les entend, et derrière ce catastrophisme on entrevoit au moins trois intérêts concrets et une idéologie d’ensemble qui en fait le cadre.

    Déjà en mai 2023, devant le Sénat américain, Sam Altman a demandé explicitement une nouvelle agence fédérale avec des pouvoirs de licence sur l’IA. Le sénateur Peter Welch et le témoin Gary Marcus ont immédiatement averti du risque de ce que l’on a appelé regulatory capture, qui consiste à établir des seuils de calcul et des exigences de sécurité calibrés sur des entreprises disposant de milliards de dollars, excluant de fait les concurrents plus petits et les producteurs open source, consolidant ainsi le duopole Microsoft / OpenAI. David Sacks, ancien responsable IA de la Maison Blanche, a déclaré sans crainte de démenti qu’Anthropic mènerait une technique stratégique de regulatory capture en s’appuyant sur l’alarmisme apocalyptique.

    Il y a ensuite le classique mantra du « pourvu qu’on en parle » si cher au monde de la publicité. Meredith Whittaker, présidente de Signal, a dit que les « narratifs sur le risque existentiel sont de fait de la publicité pour une technologie que seules quelques entreprises possèdent aujourd’hui ». Le journaliste Brian Merchant observe que déclarer un produit si puissant qu’il pourrait finir le monde signifie en déclarer une puissance démesurée : c’est une autre forme de marketing.

    L’AIpocalypse déplace le centre de l’attention sur un danger probable et non imminent, hors du débat public sur les vrais problèmes que l’IA devrait aujourd’hui mettre sous la loupe du débat public. Pendant que l’on discute d’extinction d’ici 2030, restent en marge des thèmes d’importance sociale comme les biais algorithmiques, la surveillance pervasive des données personnelles, l’exploitation du travail créatif derrière l’étiquetage des modèles, la consommation hydrique et énergétique des data centers. Ce sont des dommages mesurables, présents, non des hypothèses futuribles de roman de science-fiction. Concentrer l’attention collective sur un scénario apocalyptique et indéfini a le mérite, pour ceux qui l’alimentent, de reporter à un avenir lointain les comptes que nous devrions faire dans nos poches aujourd’hui.

    Il y a aussi une raison géopolitique derrière la course à la peur. Dario Amodei, à la CBS, a dit qu’à la base de la course vers l’Intelligence Artificielle Générative se trouve la peur face au développement parallèle chinois dans le même domaine. Trump a été tranchant en affirmant que celui qui gagne la course à l’IA gagne tout. Un rapport du FBI du 8 septembre accuse les laboratoires chinois d’avoir « distillé » des milliards de tokens des modèles américains pour combler le retard, réduit aujourd’hui à seulement 2,7 % selon Stanford. Celui qui demande de ralentir demande, en même temps, d’arrêter la Chine. La peur de l’extinction devrait voyager sur les rails de la course aux armements et de l’IA à usage militaire.

    Plus que de parler d’un véritable complot, il faut ici parler d’intérêts convergents. Il n’est pas besoin d’un dessein coordonné lorsque tout le monde mange à la même table. Il y a cependant une idéologie collective qui fait office de ciment, celle de l’Altruisme Efficace, qui imprègne aujourd’hui les laboratoires et les non-profit qui dictent l’agenda de la sécurité IA. Le mécanisme est très simple : si l’extinction est un résultat possible, toute mesure politique monopolistique devient modérée si l’objectif est de l’éviter. Demander une licence fédérale n’est plus une prévarication du marché mais de la prudence. Lancer l’alarme mondiale est un devoir moral, non une stratégie de marketing. Ignorer les dommages que l’intelligence artificielle crée aujourd’hui n’est pas de la négligence, mais c’est remettre les justes priorités par rapport au risque maximal de la mort de notre planète. En pratique, un cercle restreint revendique une vision correcte et privilégiée de l’avenir – une sorte de nouveau soviet – tandis que les postérités, au nom desquelles on parle, ne peuvent contester quoi que ce soit.

  • « Couvrez ce sein que je ne saurais voir » ? Réflexions sur l’image du corps et de la sexualité (Claude Callens)

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    « Couvrez ce sein que je ne saurais voir »

    ?

    Réflexions sur l’image du corps et de la sexualité

    par Claude Callens

    2025

    Le corps est, non pas pour la débauche, mais pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Vais-je donc prendre les membres du Christ pour en faire les membres d’une femme de débauche ? Absolument pas. Ne le savez-vous pas ? Quand on s’unit à la débauchée, cela ne fait qu’un seul corps. Car il est dit : Tous deux ne feront plus qu’un. Quand on s’unit au Seigneur, cela ne fait qu’un seul esprit. Fuyez la débauche. Tous les péchés que l’homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais la débauche est un péché contre le corps lui-même. Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l’Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur a payé le prix de votre rachat. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps.

    — 1 Co 6, 13-20

    …​une société pour qui rien n’est sacré part à la dérive…​

    — Nancy Huston
    Mosaïque de la pornographie, Petite bibliothèque Payot/ Rivages, 2007, p. 272
  • Le pape dénonce les excès de l’individualisme

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    Le pape Léon XIV a mis en garde mercredi contre un « paradoxe » dans les sociétés occidentales où une importance croissante accordée à la liberté individuelle coexiste avec une peur de plus en plus répandue d'être jugé.

    S’adressant à des évêques de différents pays amis du Mouvement des Focolari, le pape a mis en garde contre les effets de l’individualisme en Occident, « où les réseaux autrefois stables de la famille, de l’amitié et de la communauté cèdent la place à une fragmentation accrue ». (source)

    (...) Je pense aussi à la situation ici en Occident, désormais excessivement marquée par les effets de l’individualisme, là où les réseaux familiaux, amicaux et communautaires autrefois stables laissent place à une plus grande fragmentation, et où la liberté est de plus en plus présentée comme une autonomie absolue – la capacité à poursuivre le bonheur sans aucune limites morales, naturelles voire humaines (cf. Lettres encyclique Magnifica humanitas, n. 118).

    Nous observons pourtant un paradoxe. Malgré l’importance accordée à la liberté individuelle, les gens se sentent aujourd’hui moins libres d’être eux-mêmes ou de suivre leurs idéaux les plus élevés, en raison de leur peur dissimulée d’être jugés ou ne pas rentrer dans le moule. De plus, cette peur de s’ouvrir aux autres, qui accentue le sentiment de division, nous prive en ultime analyse du bonheur pour lequel nous avons été créés, étant donné que nous sommes créés à l’image du Dieu un et trine, qui est lui-même une communion de personnes – Père, Fils et Saint-Esprit. En révélant le cœur du Père, le Christ nous montre la signification la plus profonde de notre existence, de nos relations et de la voie vers le bonheur. À travers le don de l’Esprit, nous sommes devenus des enfants de Dieu, partageant la vie divine, et de cette communion avec Dieu découle notre communion les uns avec les autres en tant que frères et sœurs dans le Christ. Telle est l’Église, un mystère de communion (cf. Dicastère pour la Doctrine de la foi, Communionis Notio, n. 3), le signe et le levain d’unité pour votre monde. 

    (...)

  • 10 ans après Amoris Laetitia : en revenir au magistère

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    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    Revenir au magistère

    Il y a dix ans, le sabordage de l’enseignement moral

    Humanæ vitæ, en 1968, avait représenté un événement insolite au milieu du climat libéral établi par Vatican II. Il souleva d’ailleurs une contestation intense. Alors que ce concile, présidé par Paul VI, avait ouvert l’ecclésiologie au catholicisme libéral (œcuménisme, liberté religieuse, dialogue avec les religions), le même Paul VI, à l’étonnement général, s’était refusé à libéraliser la doctrine du mariage et avait condamné la contraception. Ce qu’on a appelé la « restauration » des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, selon le terme employé par Joseph Ratzinger dans son Entretien sur la foi, qui était une tentative d’interprétation modérée du Concile, s’est ainsi cristallisée sur cette relative résistance de l’enseignement moral (Veritatis splendor en 1993). Résistance fragile, qui se croyait obligée de lâcher du lest (la théologie du corps de Jean-Paul II) et surtout qui se refusait à s’appuyer sur le magistère infaillible : malgré des requêtes répétées, jamais l’enseignement d’Humanæ vitæ n’a été donné comme définitif, l’horizon « pastoral » du Concile restant indépassable.

    Quoi qu’il en soit, Amoris lætitia, en 2016, a fait sauter ce barrage moral et s’est ouverte une nouvelle phase du post-Concile. Ce qui comporte d’ailleurs un aspect positif : le temps des demi-mesures est passé.

    Le chapitre VIII d’Amoris lætitia

    Avec Amoris lætitia, du 19 mars 2016, le pape Bergoglio a en quelque sorte dépénalisé l’adultère, les relations propres au mariage avec un autre que son conjoint, sous certaines conditions. Le VIIIème chapitre de l’exhortation apostolique, « Accompagner, discerner et intégrer la fragilité », traite concrètement de la « fragilité » de ceux qui brisent le lien matrimonial et contractent un second mariage. Le pape François y procédait en trois étapes :

    • Il invitait à une pastorale d’« accompagnement » des divorcés remariés fondée sur la gradualité, distinguant l’idéal que représente la norme morale et ce que peuvent concrètement accomplir nombre de chrétiens et qu’il faut prendre en charge par un itinéraire d’accompagnement et de discernement qui « oriente ces fidèles à la prise de conscience de leur situation devant Dieu » [1]. Cet accompagnement se met en place par un « colloque avec le prêtre, dans le for interne, [qui] concourt à la formation d’un jugement correct sur ce qui entrave la possibilité d’une participation plus entière à la vie de l’Église et sur les étapes à accomplir pour la favoriser et la faire grandir » (n. 300).
    • Le pape François exposait ensuite sa proposition doctrinale nouvelle : « Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir uniquement avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme” ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute » (n. 301). C’est le cœur de la nouvelle doctrine morale, qui s’oppose frontalement à l’adage de saint Augustin (Confessions, l. X, c. 29) qu’avait repris le concile de Trente (Dz 1536) : « Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant il t’invite à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas », adage qui signifie que Dieu donne toujours la grâce nécessaire pour accomplir ce qu’il demande, en l’espèce la fidélité dans le mariage.
    • Le pape François tirait les conséquences de cette affirmation en ce qui concerne la pratique sacramentelle : la fameuse communion accordée aux divorcés remariés, objet de toutes les pressions de la gauche théologique. « À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église » (n. 305).

    Sur quoi une note (la note 351) précise que, tout en restant dans l’adultère, on peut éventuellement recevoir l’absolution sacramentelle et l’Eucharistie : « Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, “aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur” (Evangelii gaudium, n. 44). Je souligne également que l’Eucharistie “n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles” (ibid., n. 47). » 

    Questions de foi sans réponse  

    Quatre cardinaux – Raymond L. Burke, Walter Brandmüller, Carlo Caffara et Joachim Meisner[2] – ont alors présenté au pape François cinq dubia, des questions adressées aux autorités romaines, jadis rédigées de telle sorte qu’elles aient à répondre par oui ou par non, positive ou negative – « que votre oui soit oui et votre non soit non » (Matthieu 5, 37) – quitte à donner une explication sur la réponse. Le principal dubium des cardinaux était : « Après Amoris lætitia n. 301, est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel (cf. Conseil pontifical pour les textes législatifs, Déclaration du 24 juin 2000) ? »

    La Déclaration du Conseil pour les Textes législatifs visée par les cardinaux disait en effet : « Recevoir le Corps du Christ en étant publiquement indigne constitue un dommage objectif pour la communion ecclésiale ; c’est un comportement qui attente aux droits de l’Église et de tous les fidèles à vivre en cohérence avec les exigences de cette communion. Dans le cas concret de l’admission à la sainte communion des fidèles divorcés remariés, le scandale, entendu comme une action qui pousse les autres vers le mal, concerne à la fois le sacrement de l’Eucharistie et l’indissolubilité du mariage. […] Le ministre de la distribution de la communion doit se refuser de la donner à qui en est publiquement indigne. »

    Auparavant, alors que le pontificat bergoglien avait commencé et que se dessinait un retournement doctrinal, nous avions posé la même question, mais concernant le sacrement de pénitence, à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « Un confesseur peut-il donner l’absolution à un pénitent qui, ayant été marié religieusement, a contracté une seconde union après divorce ? » Il s’agissait de permettre à la Congrégation (dont le Préfet était le cardinal Müller et le Secrétaire Mgr Ladaria) d’affirmer que l’enseignement de Familiaris consortio, que nous citerons plus bas, était toujours valable. La Congrégation nous avait répondu le 22 octobre 2014 : « On ne peut absoudre validement un divorcé remarié qui ne prend pas la ferme résolution de ne plus “pécher à l’avenir” et donc de s’abstenir des actes propres aux conjoints, et en faisant dans ce sens tout ce qui est en son pouvoir. »

    Mais après Amoris lætitia, ni le pape, ni la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’ont jugé utile de répondre aux interrogations des cardinaux concernant le retournement opéré.

    Une occasion de poser à nouveau la question va se présenter. Le 19 mars 2026, dixième anniversaire de l’exhortation apostolique, le pape Léon XIV a tenu à célébrer le « message lumineux d’espérance concernant l’amour conjugal et familial » constitué par l’exhortation apostolique, et à « rendre grâce au Seigneur pour l’élan donné à l’étude et à la conversion pastorale de l’Église » apporté par elle, lui demandant « le courage de poursuivre le chemin, en accueillant toujours à nouveau l’Évangile. » Et il a annoncé qu’il allait réunir du 7 au 14 octobre les Présidents des Conférences épiscopales du monde entier « afin de procéder, dans l’écoute réciproque, à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour annoncer l’Évangile aux familles aujourd’hui, à la lumière d’Amoris lætitia et en tenant compte de ce qui se réalise dans les Églises locales. »

    Pour préparer les travaux de l’assemblée, un parcours thématique a été publié le 6 juillet dernier par le Secrétariat du Synode et le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie dont le quatrième point (« Face aux difficultés de la vie : accompagner et soutenir ; cheminer avec les familles dans des situations complexes ») recoupe le sujet du chapitre VIII d’Amoris lætitia. Selon toutes les apparences il avalise le changement doctrinal opéré par l’Exhortation: « Une attention particulière est portée aux couples et aux familles qui rencontrent, à toutes les étapes de la vie conjugale, des situations de difficulté relationnelle, sociale ou spirituelle […]. Quelles démarches ont été entreprises pour soutenir ceux qui vivent des situations de fragilité ou de difficulté ? Quelles résistances apparaissent ? Comment bâtir des communautés chrétiennes où ceux qui ont fait l’expérience de la souffrance, de l’abandon, de la séparation et du divorce puissent se sentir réellement écoutés, pleinement intégrés et coresponsables ? Quelles expériences concrètes révèlent, dès aujourd’hui, le visage d’une Église toujours plus capable de proximité, de discernement, d’accompagnement et de valorisation, aidant les personnes et les familles à retrouver confiance, à se reconnaître membres de la communauté et à faire l’expérience de la miséricorde de Dieu ? »

    Le texte aussi peu limpide que possible évoque bien ceux « qui ont fait l’expérience du divorce », qui doivent « se sentir réellement écoutés » dans une Église « plus capable » d’aider à « faire l’expérience de la miséricorde ».  On remarquera qu’il est question par euphémisme de « situations de fragilité » pour éviter le mot péché (comme le fait d’ailleurs l’encyclique Magnifica humanitas).

    Une thèse irrecevable

    On s’apprête assurément à une reconduction de la nouvelle doctrine, en insistant sur l’accueil dans l’Église des personnes divorcées remariées, accueil qui, au reste, n’a jamais été remis en cause : on a toujours dit qu’un pécheur faisait toujours partie de l’Église, mais qui dans la pastorale nouvelle devient un accueil sacramentel.

    Cette réunion pourrait cependant être une occasion providentielle pour un certain nombre de pasteurs courageux de faire souligner le dommage considérable causé par l’exhortation apostolique à la morale naturelle et catholique, et par le fait au salut des âmes. Il est au reste plus facile de contester Amoris lætitia que tel ou tel texte problématique du Concile.

    • D’une part, en effet, on peut en effet s’appuyer ici sur l’enseignement d’un pape postconciliaire, Jean-Paul II, qui a maintenu sur ce point la doctrine pérenne :
      • Sur la pénitence : « La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage (Familiaris consortio, n. 84).
      • Sur la communion : « L’Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l’Écriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d’y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et l’Église, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l’Eucharistie. » (ibid.)

    À moins que les personnes en cette situation irrégulière « prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux[3] », et tout scandale étant écarté auprès de ceux qui les voient communier.

    • D’autre part, les ruptures dans l’enseignement moral sont plus aisément appréhendables par tous que celles intervenues dans l’ecclésiologie. En l’espèce, le retournement opéré par Amoris lætitia est saisissant. Aux termes du n. 301, des « conditions concrètes » (un nouveau « mariage », l’existence d’enfants de cette nouvelle union) feraient que la rupture de cette nouvelle union – se séparer de ce conjoint illégitime ou vivre avec lui comme frère et sœur – pourrait être « une nouvelle faute », on suppose en raison du dommage causé à la seconde épouse, et aux éventuels enfants de la seconde union. (Bien entendu, il n’est pas contestable que les conséquences de l’adultère doivent être assumées, notamment en ce qui concerne les enfants nés de cette union illégitime, mais sans préjudice de ce qui doit être rendu en justice à l’épouse légitime et aux enfants de l’union légitime, que l’Exhortation n’envisage pas). Ainsi le raisonnement d’Amoris lætitia va jusqu’au bout de sa logique : dans le cas où rester dans l’adultère public n’est pas pécher, quitter cette situation devient une faute. Il est des cas, selon Amoris lætitia où l’adultère est méritoire !

    La théologie et le magistère aimaient jadis condenser leurs propos en thèses ou en propositions claires et ramassées, notamment quand il s’agissait de les condamner (les 85 propositions issues du synode de Pistoie, condamnées par la bulle Auctorem fidei de Pie VI en 1794). La thèse irrecevable d’Amoris lætitia pourrait ainsi se formuler : Certains de ceux qui vivent dans l’adultère public, alors même qu’ils connaissent la norme qu’ils transgressent, peuvent n’être pas considérés comme étant en état de péché mortel. Cette proposition est-elle ou non condamnable au regard de la foi catholique ? Ou inversement, le fait de tenir cette thèse pour irrecevable est-il condamnable ?

    Fermer la parenthèse de l’enseignement « pastoral »

    Il est de la fonction du pape et des évêques de répondre à des questions sur la foi et les mœurs que se posent et leur posent les fidèles du Christ. Leur rôle premier est de dire la foi, de transmettre le message l’Évangile. « Les évêques, rappelle Lumen Gentium (n. 25), sont, en effet, les hérauts de la foi, amenant au Christ de nouveaux disciples, et les docteurs authentiques, c’est-à-dire pourvus de l’autorité du Christ, prêchant au peuple qui leur est confié la foi qui doit régler leur pensée et leur conduite, faisant rayonner cette foi sous la lumière de l’Esprit Saint, dégageant du trésor de la Révélation le neuf et l’ancien (cf. Mt 13, 52), faisant fructifier la foi, attentifs à écarter toutes les erreurs qui menacent leur troupeau (cf. 2 Tm 4, 1-4). »

    Quant au pontife romain, il est d’abord le suprême docteur de la foi. Il se distingue des autres évêques non par un pouvoir sacramentel supérieur mais par une juridiction plénière et souveraine sur toute l’Église, d’abord en ce qui touche l’enseignement de la foi et des mœurs (Vatican I, Pastor Æternus, Dz 3064).

    Ce que l’Église attend donc aujourd’hui de ses pasteurs, c’est qu’ils sortent du « pastoral » au sens nouveau donné à ce terme, celui d’un enseignement de seconde qualité déconnecté du rapport à la tradition, pour revenir au pastoral au sens évangélique, au soin que les pasteurs doivent déployer pour conduire au salut les âmes des brebis, en premier lieu par l’annonce de la vérité.

    En l’espèce, l’Église attend qu’ils rappellent le commandement : « Tu ne commettras point d’adultère » (Exode 20, 14 ; Deutéronome 5, 18 ; Matthieu 5, 27), qu’ils prêchent avec patience la pénitence aux pécheurs en les guidant dans la voie du repentir envers Dieu et de la réparation envers l’époux ou l’épouse trahi, et envers les enfants profondément malmenés, sans oublier bien sûr d’assumer les conséquences de la faute commise, notamment vis-à-vis des enfants de la seconde union. 

    Au fond, l’Église attend un retour au magistère comme tel ou comme référence directe de son discours.


    [1] Cette notion de gradualité avait été mise en avant pour contourner la doctrine d’Humanæ vitæ réprouvant la contraception. Jean-Paul II, dans Familiaris consortio (22 novembre 1981, n. 34) avait tenté de colmater la brèche en faisant une distinction hasardeuse : la « loi de gradualité », celle de l’agir humain, qui surmonte graduellement les difficultés pour arriver à observer les commandements, est légitime, mais pas la « gradualité de la loi », qui veut que le commandement divin soit seulement un idéal vers lequel on doit tendre. Amoris lætitia, dans son n. 295, parle d’une « gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres » de la part de sujets qui ne « sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. » En un mot, si on ne peut pas observer la loi, on fait ce qu’on peut…

    [2] Un cinquième cardinal, le néerlandais Willem Jacobus Eijk, archevêque d’Utrecht, a publiquement soutenu et rejoint la démarche des quatre premiers. Un autre haut prélat a signé les dubia adressés au pape, mais n’a pas voulu que soit divulgué son nom dans le public.

    [3] Jean-Paul II, homélie à la messe de clôture du VIe Synode des Évêques, 25 octobre 1980.

  • Des milliers de personnes participent à la marche annuelle pro-vie à Londres

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    Des milliers de personnes participent à la marche annuelle pro-vie à Londres

    Cette marche intervient dans un contexte de débat actuel sur la loi relative à l'avortement en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles, les militants pro-vie réclamant des restrictions plus importantes en la matière.

    Une militante pro-vie défile à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026.
    Une militante pro-vie défile à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. (Photo : Crédit : Elliot Hartley)

    LONDRES — Samedi, des milliers de militants ont défilé du Centre Emmanuel, à Westminster, jusqu'à Parliament Square dans le cadre d'une manifestation annuelle organisée par le groupe pro-vie March For Life UK.

    Cette marche intervient dans un contexte de débat permanent sur la loi relative à l'avortement en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles, les militants pro-vie réclamant des restrictions plus importantes sur l'avortement et s'opposant aux projets de loi établissant des zones tampons autour des cliniques et hôpitaux pratiquant l'avortement.

    Des militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    Des militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    Ben Thatcher, organisateur de la Marche pour la vie, a déclaré à EWTN News : « Chaque être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’avortement met fin à cette vie, et lorsqu’un avortement met fin à une vie, nous sommes confrontés à une immense tragédie, qui affecte non seulement la personne concernée, mais aussi sa famille, la société et la culture dans lesquelles nous vivons. »

    En vertu de la législation actuelle, les avortements peuvent généralement être pratiqués jusqu'à 24 semaines de grossesse, sous réserve de certaines conditions légales. Par ailleurs, des zones tampons autour des cliniques et hôpitaux pratiquant l'avortement limitent certaines activités visant à influencer, entraver ou harceler les personnes souhaitant accéder à ces services.

    « Je trouve absolument scandaleux qu’une vie humaine, créée à l’image de Dieu, puisse être interrompue et justifiée par le slogan “l’avortement est un soin de santé” », a déclaré Thatcher.

    Quinze évêques catholiques ont participé à la marche et ont également célébré la messe à la cathédrale de Westminster le matin avant de rejoindre le groupe principal.

    L’évêque auxiliaire de Southwark, Paul Hendricks, a déclaré à EWTN News : « Je soutiens la vie à toutes ses étapes. Nous devons défendre nos valeurs. Nous avons nos principes et nous suivons Jésus. »

    Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres près de Big Ben lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    L’archevêque de Southwark, John Wilson, a déclaré à EWTN News : « Je suis ici parce que je crois en la beauté et la dignité de la vie humaine. […] Nous sommes unis dans un esprit de beauté, de paix et de joie pour affirmer que la vie humaine compte, que chaque vie compte, de la conception à la mort naturelle. » 

    « Et dans une culture difficile, où tant de gens, en un sens, considèrent la vie comme quelque chose de jetable, on a juste envie de se lever et de donner une voix à ceux qui n'en ont pas », a-t-il déclaré.

    Les participants ont chanté des hymnes chrétiens, notamment « Il tient le monde entier entre ses mains » et le Salve Regina, tout en défilant dans les rues ensoleillées de Londres, brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « L'avortement fait du mal à la famille », « Interdire l'avortement sauve des vies » et « J'ai rejoint la riposte ».

    Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    Des milliers de militants pro-vie défilent à Londres lors de la Marche pour la vie, le 5 septembre 2026. | Crédit : Elliot Hartley

    « Je suis venu ici aujourd’hui pour défendre la vie, de la conception à la mort naturelle, dans une culture où cela ne semble plus être valorisé… Je pense qu’il est important de prendre position et d’affirmer que la dignité humaine de chaque personne réside dans le fait qu’elle est créée à l’image de Dieu, aussi petite soit-elle », a déclaré l’évêque militaire Paul Mason à EWTN News.

    Le père Paul Grogan a déclaré à EWTN News que l'avortement est « la question des droits de l'homme la plus fondamentale de notre époque ». 

    « Et je pense que c’est un aspect important de la manière de vivre notre foi catholique que de témoigner de notre croyance en la beauté de la vie humaine, depuis le moment de la conception jusqu’aux moments de sa fin naturelle », a-t-il déclaré.

    Des centaines de personnes ont également participé à une contre-manifestation pro-choix, scandant des slogans tels que « l'avortement est un droit humain », « ni l'Église, ni l'État, nous décidons de notre propre destin », « les fascistes chrétiens, partez » et « laissez nos ovaires tranquilles ».

    Tilly Middlehurst, militante pro-choix et étudiante à Cambridge devenue célèbre en ligne après une confrontation avec le défunt militant conservateur Charlie Kirk, a déclaré à EWTN News qu'elle était « venue pour défendre nos droits en tant que femmes ». 

    « Je veux amener le plus de gens possible ici pour démontrer que [les militants pro-vie] sont une minorité et qu’ils n’ont pas leur place ici », a-t-elle déclaré, faisant référence aux milliers de militants qui défilaient dans les rues.

    Avant la marche, la militante pro-vie Ruth Price a été confrontée à la colère de contre-manifestants devant le centre Emmanuel après avoir tenté de distribuer des tracts pro-vie aux défenseurs du droit à l'avortement.

    Price a déclaré à EWTN News : « Je voulais m’adresser aux personnes qui assassinent de jeunes enfants… Je n’avais absolument aucune intention de leur faire du mal. Je travaille avec des adultes souffrant de graves difficultés d’apprentissage et leur vie est précieuse. Ils sont précieux aux yeux de Dieu et je tiens à ce que chacun sache que nous respectons la vie de la mère. »

    L'an dernier, la Marche pour la vie de Londres a rassemblé environ 10 000 personnes, selon les organisateurs qui attendaient vendredi soir de confirmer les chiffres prévus pour cette année.

    Lire également : Quinze évêques anglais participent à la manifestation pro-vie dans les rues de Londres

  • Léon XIV : Comment répondre à la civilisation de la mort ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Comment répondre à la civilisation de la mort ?

    7 septembre 2026

    Un thème revient sans cesse en toile de fond de tous les grands débats concernant l’Église catholique : la vie.

    Certains affirment que parler de vie et de famille est dépassé, qu’il faudrait se concentrer davantage sur les questions sociales que sur les principes, et que l’Église catholique devrait moins se focaliser sur les principes et davantage sur l’aide aux personnes.

    La question de la vie est cependant si forte et si pressante qu’elle ne peut être ignorée, et elle ne le sera certainement pas par Léon XIV.

    Le pape se rendra en France fin septembre. La France est un pays qui connaît, d’une manière intéressante, une renaissance chrétienne. Le pèlerinage Paris-Chartres, une initiative relancée il y a une quarantaine d’années par une association de catholiques attachés à la tradition, rassemble un nombre considérable de participants et ne cesse de croître.

    Le nombre de baptêmes d’adultes la nuit de Pâques ne cesse d’augmenter, à tel point que l’Île-de-France, la région ecclésiastique qui comprend l’archidiocèse de Paris, a convoqué un conseil spécial pour comprendre les causes de ce renouveau de la foi.

    Cependant, Léon XIV arrivera sur le sol français après avoir reçu un « cadeau » à la veille de sa visite : une nouvelle loi sur l’euthanasie. Fortement soutenue par le gouvernement Macron, cette loi a surmonté tous les obstacles, et les évêques français ont été en première ligne de l’opposition à celle-ci.

    Il s’agit d’une loi qui va jusqu’à ignorer l’objection de conscience des infirmières, et qui oblige ainsi, dans les faits, même celles qui se sentent moralement tenues de ne pas aider les patients à mourir, à se conformer à la loi en dépit de leurs objections de conscience.

    Ce n’est pas la seule mesure prise.

    La France avait déjà inscrit le droit à l’avortement dans sa Constitution, avec une formulation qui ne faisait pas directement référence au « droit à l’avortement », mais soulignait que la loi détermine les conditions dans lesquelles une femme exerce sa liberté d’avorter.

    Cette mesure a été suivie d’une résolution de l’Union européenne, l’une de ces pratiques « non contraignantes » qui constituent néanmoins une sorte de « droit souple ».

    En Angleterre, il n’existe pas de loi sur les soins de fin de vie, mais le débat ne cesse d’être relancé, sous une pression sans précédent.

    Et puis il y a l’Italie, où il n’y a pas de loi sur la fin de vie, mais où la Vénétie, l’une de ses régions, en a adopté une de manière autonome.

    Cette loi a suscité de vives réactions de la part du patriarche de Venise, Mgr Francesco Moraglia, ainsi que d’autres membres de la Conférence épiscopale italienne, tels que l’archevêque de Modène, Mgr Giacomo Morandi.

    Mais ce qui frappe, c’est qu’en Italie, il n’y a pas encore eu de mouvement d’opinion marqué sur la question ; la Conférence épiscopale a tout laissé aux initiatives des ordinaires et des pasteurs individuels, et il est intéressant de constater que cela se produit dans un pays traditionnellement catholique.

    En France, cependant, les évêques se sont engagés sans réserve en première ligne, face à une volonté politique difficile à contrer.

    C’est là que le voyage du pape en France commence à revêtir une signification particulière.

    Que dira le pape au sujet de la vie ? Comment abordera-t-il, dans ses discours, la question des soins aux malades et de la dignité de la vie humaine ?

    Le pape pourrait aborder ce sujet lors de sa rencontre habituelle avec le corps diplomatique au début de son voyage, lors de sa rencontre avec les malades à Lourdes, ainsi que dans ses discours à Metz, où Léon XIV devrait enfin exposer sa politique pour l’Europe.

    La question est toutefois de savoir comment Léon XIV entend lutter contre cette culture de la mort de plus en plus répandue, et pas seulement en Europe.

    Aux États-Unis, pays natal du pape, par exemple, les Sœurs Carmélites pour les personnes âgées et les infirmes ont intenté un procès contre l’État de l’Illinois afin de bloquer une loi sur la fin de vie avant son entrée en vigueur, car celle-ci violerait leur liberté de conscience et les obligerait à aider les patients à mettre fin à leurs jours s’ils en faisaient la demande.

    Jusqu’à présent, Léon XIV s’est montré très clair sur la question, mais aussi très prudent.

    Répondant à une question concernant une distinction décernée par le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, au sénateur pro-avortement Dick Durbin, le pape a souligné que la vie humaine devait être défendue en toutes circonstances, et que ceux qui s’opposaient à l’avortement mais rejetaient en fin de compte les migrants (il s’agit là d’une paraphrase des propos du pape) étaient également contre la vie.

    C’est une position logique, mais paradoxalement, elle semble bien plus faible que celle du pape François.

    Au cours de son pontificat, le pape François a privilégié une application de la doctrine sociale moins axée sur les questions liées à la vie et davantage orientée vers la prise en charge des pauvres et des migrants. Avec le pape François, l’ère de la lutte contre les valeurs non négociables était révolue.

    Le pape François a toutefois été celui-là même qui a affirmé, sans demi-mesures, que l’avortement revenait à engager un tueur à gages pour résoudre un problème.

    Ces questions mettront probablement à l’épreuve la stabilité du nouveau pontificat léonin.

    Il est vrai que Léon XIV a défendu la vie humaine à chaque occasion possible. Par exemple, dans le discours qu’il a prononcé devant le Parlement espagnol en juin, ainsi que lors de plusieurs audiences et allocutions.

    Cependant, Léon semble adopter une approche mesurée, prudente et raisonnée de la doctrine sociale de l’Église. Lorsqu’il s’exprime, il cherche généralement à responsabiliser d’abord les fidèles. L’Église fournit les principes ; les fidèles doivent les appliquer, selon la logique de la séparation de l’Église et de l’État.

    Mais l’impact culturel doit également être pris en compte, et il faut s’appuyer sur cet impact.

    Les textes émanant du Vatican semblent encore refléter une approche « modérée ». Le dernier document publié par la Commission théologique internationale, entièrement consacré à la gestion responsable de l’ordre créé, souligne que la vie doit toujours être protégée, à tout prix et de toutes les manières possibles. Ce même document s’attarde toutefois sur les péchés écologiques, se perd dans des données techniques et scientifiques, et reflète une approche qui, en réalité, évoque des valeurs non négociables, tout en mettant quelque peu ce concept de côté.

    Le pontificat léonin, encore récent, a donc besoin d’un cadre culturel, et ce cadre doit être construit presque entièrement à partir de zéro.

    L’encyclique *Magnifica Humanitas* constitue un point de départ, mais elle ne saurait probablement pas être un point d’arrivée : elle est trop longue, trop diluée dans de nombreux concepts et, par moments, trop déséquilibrée en faveur du présent pour représenter les fondements d’un nouveau discours politique.

    Ainsi, aux grands thèmes du pontificat — de la nouvelle art de la diplomatie au dialogue avec le monde traditionaliste — s’ajoute la lutte contre la culture de la mort.

    On pensait que cette époque avait pris fin avec Jean-Paul II, puis avec Benoît XVI et sa lutte contre le relativisme culturel.

    Nous avions tort. Et aujourd’hui, alors que même les partis aux valeurs dites chrétiennes ont perdu de vue l’essence de la doctrine sociale, tandis que les chrétiens eux-mêmes sont incapables d’aborder ces questions avec force, il est nécessaire de repartir sur de nouvelles bases en opérant un nouveau saut qualitatif.

    C'est sans doute là le grand défi méconnu de ce pontificat.

  • (France) L'« aide à mourir » : une loi transgressive grosse de conflits

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    De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour (Synthèse n°2731) :

    « Aide à mourir » : une loi transgressive grosse de conflits

    31/08/2026

    Emmanuel Macron a promulgué le 19 août la loi sur « l'aide à mourir », après le feu vert du Conseil constitutionnel. Toutefois, les « Sages » ont émis des « réserves d'interprétation » censées orienter l'application de la loi. Ils ont étendu la clause de conscience des médecins et infirmiers aux pharmaciens, et reconnu aux établissements privés une clause de conscience calquée sur celle de l'IVG.

    Emmanuel Macron a promulgué le 19 août la loi « relative au droit à l'aide à mourir ». Sans surprise, le Conseil constitutionnel (dont les décisions ne sont susceptibles d'aucun recours) avait validé le texte le 14 août. Il a toutefois émis trois « réserves d'interprétation » qui, sans nécessiter une réécriture de la loi, sont censées orienter son application (Gènéthique,15/08/2026).

    Deux de ces réserves portent sur la clause de conscience. Les « Sages » ont étendu aux pharmaciens la clause de conscience individuelle jusque-là réservée aux médecins et au personnel infirmier. Reconnaissant que « la réalisation d'une préparation magistrale létale ou sa délivrance est susceptible de heurter les convictions personnelles du pharmacien », ils jugent que « sauf à méconnaître la liberté de conscience garantie par l'article 10 de la Déclaration de 1789, les pharmaciens (…) ne sauraient être tenus de participer à la procédure d'aide à mourir ».

    En outre, les membres du Conseil ont concédé la clause de conscience aux établissements privés, en la calquant sur celle qui existe pour l'avortement : « Le responsable d'un établissement privé pourra, dans certaines conditions et limites, refuser que la procédure d'aide à mourir se déroule dans ses locaux ». Mais ce refus n'est accordé qu'aux établissements privés, et seulement    « lorsque d'autres établissements sont en mesure de répondre aux besoins locaux [d'euthanasie] ».

    Cette disposition est grosse de conflits : comment les personnels des hôpitaux, cliniques ou maisons de retraite catholiques, auxquels l'interdit de tuer s'impose absolument, pourraient-ils accepter que « l'aide à mourir » se pratique dans leurs murs ? Et qu'éprouveraient les pensionnaires de ces établissements en apprenant que ce protocole mortel aurait été appliqué à l'un d'eux, en violation de la charte éthique qui avait guidé leur choix ?

    La dernière réserve d'interprétation du Conseil constitutionnel concerne les majeurs protégés (sous tutelle ou curatelle). Leur « protection » contre un suicide assisté semble dérisoire dans la pseudo réserve émise par le Conseil constitutionnel. Pour avoir le droit d' « aider à mourir » une de ces personnes fragiles, le médecin dépositaire de la demande de suicide assisté devra simplement « recueillir [les] observations » de la personne chargée de la mesure de protection, et « les communiquer au collège pluriprofessionnel chargé de vérifier que les conditions médicales du droit à l'aide à mourir sont remplies », le médecin restant décisionnaire.

    «Aucune protection n'est accordée aux personnes porteuses de déficience intellectuelle qui restent ciblées par cette loi », s'insurge la Fondation Jérôme Lejeune dans un communiqué (14/08/2026). Elle rappelle avoir interpellé à plusieurs reprises l'ONU dont le Comité des droits des personnes handicapées avait alerté (sans effet) le gouvernement français sur la « violation du devoir de respecter, protéger et garantir le droit à la vie des personnes handicapées ».

    En définitive, malgré ses « réserves », le Conseil constitutionnel n'a censuré aucun article de la loi légalisant l'euthanasie et le suicide assisté. Les « sages » n'ont rien trouvé à redire au délai de réflexion de 24h laissé au patient pour confirmer sa demande une fois celle-ci acceptée (il est de 10 jours pour un crédit immobilier), à la limitation des recours « à des personnes autres que l'auteur de la demande », au contrôle a posteriori de la procédure et à sa prise en charge par l'assurance maladie. C'est une victoire qu'a célébrée le président de la République en saluant une décision « qui parachève un débat démocratique exemplaire » (communiqué de l'Élysée, 14/08/2026)

    Pour autant, les militants de l'euthanasie ne désarment pas. Ils ciblent la clause de conscience d'établissement partiellement rétablie par le Conseil constitutionnel dans une tribune collective publiée par Le Monde (17/08/2026), intitulée : « La liberté de refus d'un établissement privé pourrait rendre illusoire l'exercice d'un droit de la personne en fin de vie ». Les signataires relèvent qu'« en reconnaissant le principe d'une clause de conscience collective dans sa décision du 14 août, le Conseil constitutionnel a tracé une limite, sans écrire le mode d'emploi ». Un flou qu'ils comptent bien exploiter pour supprimer cette clause d'établissement comme l'ont fait, soulignent-ils, la Belgique et le Québec. Sans les nommer, ces associations pro-euthanasie veulent contraindre les institutions catholiques à faire entrer la mort administrée dans leurs murs, décrypte l'avocat Erwan Le Morhedec dans sa tribune pour La Croix (19/08/2026) : « C'est leur conscience éclairée par la foi qui, siècle après siècle, a conduit des catholiques à fonder dispensaires, hospices puis unités de soins palliatifs, sans jamais imaginer que combattre la souffrance puisse supposer de supprimer le souffrant », rappelle-t-il. Pourtant, au cœur de cet été, le Parlement français a décidé qu'il peut être mis fin légalement à une vie humaine pour des motifs compassionnels comme il l'avait fait en 1975 en légalisant l'avortement.

    À retenir
    •  Emmanuel Macron a promulgué le 18 août la loi sur « l'aide à mourir », après le feu vert du Conseil constitutionnel.  

    •  Les « Sages » ont émis des « réserves d'interprétation » censées orienter l'application de la loi.  

    •  Ils ont étendu la clause de conscience des médecins et infirmiers aux pharmaciens, et reconnu aux établissements privés une clause de conscience conditionnelle calquée sur celle de l'IVG.

    •  Cette clause de conscience est la cible des associations pro-euthanasie qui veulent contraindre les institutions catholiques à faire entrer la mort administrée dans leurs murs.

    La sélection

    Euthanasie : le Conseil constitutionnel valide la loi

    Le JDD
  • France : une victoire bien méritée pour les opposants à l'euthanasie

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    L’euthanasie en France : une victoire bien méritée pour les opposants

    Le Conseil constitutionnel français reconnaît l'objection de conscience, tout en validant la loi injuste introduite par Macron. Ce résultat n'était pas acquis d'avance, notamment grâce au rôle des évêques français, qui nous incitent à défendre avec courage, expertise et un travail parlementaire rigoureux les principes non négociables.

    27/08/2026

    En France, l'euthanasie restera interdite dans tous les établissements privés qui le souhaitent, y compris les établissements catholiques : il leur suffit de déclarer leur respect de la vie dans leurs statuts ou par le biais d'un code de déontologie. Ce droit a été reconnu et garanti suite à la décision du Conseil constitutionnel qui, tout en confirmant la loi promue par Macron et la gauche, a décidé d'y inclure des clauses de conscience absentes du texte.

    Il s'agit d'une victoire significative qui, à l'instar de celles remportées au niveau paneuropéen en 2010 et 2012, nous enseigne à avoir du courage et à cultiver l'expertise, un travail parlementaire rigoureux et des réseaux de collaboration solides afin de pouvoir, aujourd'hui encore, réaffirmer la vérité et la raisonnabilité des principes non négociables et la juste interprétation des droits de l'homme. 
    De même, tous les pharmaciens se voient accorder le droit d'exercer leur profession, garantissant ainsi leurs droits et leur liberté de conscience – droits et libertés bafoués par la majorité au pouvoir. La promulgation officielle de la loi française sur la fin de vie, publiée au Journal officiel, le confirme. 

    Dans le contexte d'une loi injuste, à l'instar de la constitutionnalisation de l'avortement, également promue par Macron, la protection du droit et de la liberté de conscience représente une petite mais importante victoire pour la civilisation. Comme l'affirme Gregor Puppinck, président du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), l'un des promoteurs des avis soumis au Conseil constitutionnel : « Nous pouvons remercier Dieu pour cette victoire. En France, des lieux de refuge subsisteront où les personnes vulnérables ne seront pas en danger de mort. Nous allons maintenant poursuivre ce combat dans d'autres pays… afin de garantir également la liberté des institutions religieuses. En France, nous nous préparons à contester les décrets d'application qui seront adoptés par le gouvernement dans les prochains mois. »

    L'archevêque Laurent Ulrich de Paris a salué ces changements dans son message aux fidèles du 19 août, à l'occasion de la promulgation de la loi, les qualifiant d'« opportunité » et invitant les institutions dédiées aux soins des malades graves et spécialisées en soins palliatifs à trouver « dans ces réserves une incitation à préserver leur spécificité et à demeurer des lieux où personne ne sera tué ».

    Le reste de la décision du Conseil constitutionnel a consisté, comme prévu, en une confirmation de toutes les autres dispositions de la loi, telles que décrites ici. Ces pages abordent notamment le défaut d'information des familles, l'absence de possibilité de recours, l'euthanasie des personnes sous tutelle, etc. Dans sa version initiale, le texte stipulait que, si une personne était hospitalisée ou résidait dans certains établissements soumis à la législation, « le responsable de l'établissement doit autoriser l'intervention des professionnels impliqués dans la procédure », ainsi que l'accès à toute personne accompagnant la personne souhaitant mourir, sans exception, même en cas d'objection de l'établissement lui-même. Par ailleurs, aucune clause de conscience n'était garantie aux pharmaciens.

    Le rôle des catholiques, y compris des évêques, dans la demande du Conseil constitutionnel de respecter la clause de conscience est certain. Ce succès est mérité mais non acquis – et pourrait donner lieu à de nouveaux recours devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg – car parmi les membres du Conseil constitutionnel ayant pris cette décision figuraient deux promoteurs et militants de l'euthanasie, Jacques Mézard et Alain Juppé, ce qui rend la constitutionnalité du texte contestable. En l’espèce, le mémoire « externe » et fortement contestataire du texte approuvé par le Parlement, soumis le 30 juillet dernier au Conseil constitutionnel par la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion et de conscience, Nazila Ghanea, pourrait renforcer la position et les arguments des requérants.

    Permettez-moi une remarque personnelle. Il y a seize ans, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté une résolution et recommandation « impossible » ( n° 1762/2010 ) en raison du soutien massif apporté par les partis de gauche, socialistes et libéraux au texte initial, ouvertement parrainé par les principales multinationales pro-avortement et pro-euthanasie, qui interdisait l’objection de conscience tant pour les individus que pour les institutions de santé religieuses. À l’époque, le maintien des valeurs fondatrices du Parti populaire européen, considéré comme « impossible », est devenu possible grâce à un leadership courageux (le mien), à l’unité d’une poignée d’amis parlementaires (dont Renato Farina) et au leadership d’ONG chrétiennes, notamment Gregor Puppinck et Roger Kiska, alors à la tête de l’Alliance pour la défense de la liberté en Europe.

    Guidés par notre expertise, la certitude rationnelle des principes humains et chrétiens non négociables, et notre confiance en la Divine Providence (quant à l'issue), la victoire certaine des détracteurs de la vie et des violeurs des droits de l'homme s'est muée en leur première défaite cuisante. Cette défaite a été suivie, en 2012, par l’approbation d’un amendement à la résolution sur les déclarations de fin de vie, qui interdisait explicitement « l’euthanasie (définie comme le meurtre intentionnel d’un être humain non autonome pour un prétendu bénéfice) ».