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Ethique

  • La pensée de l'Église sur la femme

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    Sur le site web « Salon beige » on peut lire l'homélie, brève et dense à la fois, rédigée pour la Fête de l'Assomption par Dom Courau, père abbé de l'abbaye bénédictine de Triors: un texte écrit à lumière de la véritable anthropologie  chrétienne... (archive 2022)

    « + Signum magnum, mulier.

    Marie et le serpent 540b09a981652e55619bd2599d965696--quito-blessed-mother.jpgÀ partir du mystère de la gloire de Notre Dame au ciel, nous voulons contempler celui de la Femme, grand signe aussi sur la terre. Pourtant Ève, victime de confusions diverses, porte souvent le rôle de l’accusée. Guerric d’Igny au XIIème s. s’en fait l’écho amer : On l’appelle “mère des vivants” ; en réalité, elle est plutôt meurtrière des vivants, mère de ceux qui vont mourir. Pour elle, engendrer n’est rien d’autre que de communiquer la mort (Assomption, Serm. 2). Il ose l’appeler ‘marâtre’ plutôt que ‘mère’, alors que d’autres à l’inverse vantent la mère comme la relation protégée malgré la chute. Ces outrances verbales obligent donc à regarder de près le mystère de la femme sur la terre comme au ciel. Dieu ne fait rien en vain ; en créant, il ne nous tend pas de piège.

    Au début du siècle passé Charles Péguy aurait pu être tenté de le croire : sa conversion à la foi n’eût pas son prolongement sacramentel à cause du refus que lui imposait la femme qui partageait sa vie. Pourtant, derrière la femme-obstacle, il a respecté, patienté, allant à pied confier son souci à Notre Dame de Chartres peu avant sa mort, et de façon posthume, il fut exaucé. Il y a heureusement une foule de signes positifs en faveur de la femme sur la terre. Marie Goretti a fait des émules. Anne-Lorraine assassinée dans le RER il y a 10 ans avait écrit peu avant son désir du martyre pour la dignité féminine, Jeanne-Marie Kegelin est encore dans notre mémoire. Des chrétiennes irakiennes revenues à Qaraqosch après que Daech eût quitté la ville l’an dernier, veulent redonner la vie après la guerre : dans l’église vandalisée elles s’encouragent mutuellement selon leur vocation à refonder la vie sociale : Tout est difficile ici, dit l'organisateur, mais nous voulons reconstruire les femmes avant de reconstruire les maisons; car si nous reconstruisons les femmes, alors nous pouvons reconstruire les enfants, puis la famille, et après cela toute la communauté. Ces exemples héroïques donnent du crédit à la pensée de l’Église concernant la femme unie à l'homme dans le mariage.

    Sa pensée est-elle préhistorique ou prophétique, a-t-on ironisé à propos des 50 ans d’Humanae Vitae (La Croix, 27 juillet 2018) ? Avec sa lucidité tranquille, le Cardinal Sarah vient de répondre dans sa conférence à Kergonan (4 août 2018). En voici quelques passages : Dieu lui-même a pris soin de nous révéler les voies du bonheur et du Bien pour le couple humain... Accueillir 'Humanæ Vitæ' n’est pas d’abord une question de soumission et d’obéissance au Pape, mais d’écoute et d’accueil de la Parole de Dieu, de la bienveillante révélation de Dieu sur ce que nous sommes et sur ce que nous avons à faire pour correspondre à son amour. L’enjeu est en fait celui de notre vie théologale, de notre vie de relation avec Dieu... Annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile sur la sexualité et le mariage, c’est ouvrir aux couples la voie d’une vie heureuse et sainte ! C’est notre devoir de pères, de guides, de pasteurs ! Bien entendu, plus nous prêcherons avec force la vérité, plus nous saurons accompagner les personnes avec 'patience et bonté'. On le voit bien l'enjeu est à la hauteur de la crise qui étreint notre société au-delà de ses faux débats.

    L'encyclique de 1968 répond au désarroi contemporain sur la sexualité qui n’a fait que s’accentuer depuis : l’actualité en la matière ressemble à d’impuissants soins palliatifs face à des affectivités déconnectées du réel. Seul contre presque tous, Paul VI voyait venir ces désastres, il fut réellement prophétique, comme l’ont dit ses successeurs. L’intuition profonde se ramène à cette notion toute simple de chercher dans le mariage à marcher au pas de Dieu, tandis que l’athéisme feutré agresse l’intimité des personnes. De plus en plus, il fait du plaisir sans sagesse une drogue qui asservit, tel un nœud coulant. Et c’est le piège. Ne regarde pas le vin, prévient le Proverbe du Sage (Prov. 23,31-35) : comme il est vermeil; comme il brille dans la coupe, comme il coule suavement. Mais il finit par mordre comme un serpent, et par piquer comme une vipère. Tes yeux percevront des choses étranges, et ton cœur s’exprimera de travers. Tu seras comme un homme couché en haute mer, ou couché au sommet d'un mât. On m'a battu, et je n'ai point de mal ! On m'a rossé et je n’ai rien senti ! Et à mon réveil j’en redemanderai encore ! Quel contraste avec l’harmonie conjugale et la paix qu’elle rayonne : les époux s’aiment dans la durée sans chercher à échapper au rythme périodique ; l’homme considère le cycle féminin comme une richesse, heureux de s’y adapter et de se mettre à son école (Cf. G. Vialla, Billings F, recevoir le féminin).

    Oui, il y a un joug, Jésus le dit et ajoute aussitôt qu’il est doux et léger (Mt. 11,30). Humanae Vitae cite le verset et insiste sur cette douceur (HN 25) : les époux qui entrent ainsi dans le beau projet de Dieu rendent visibles aux hommes la sainteté et la douceur de la loi qui unit leur amour mutuel. Coopérer ainsi à l'amour de Dieu auteur de la vie humaine sème la paix. Paul VI évoque bien sûr le prix à payer, l’effort moral, cet heureux piment de la vie. Il le confie au réalisme de la vie théologale et liturgique, spécialement au beau duo sacramentel que forment ensemble la Réconciliation et l’Eucharistie (Cf. HN 25 & 29). »

    Ref. La pensée de l’Eglise sur la femme

    JPSC

  • Des catholiques réclament l'excommunication de la gouverneure du Massachusetts

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    De kath.net/news :

    Les catholiques réclament l'excommunication de la gouverneure américaine Maura Healey, qui se revendique du catholicisme

    13 août 2026

    La gouverneure du Massachusetts, Maura Healey (démocrate), a signé une loi autorisant l'avortement jusqu'au moment de la naissance. – L'évêque Barron : « Réglementation barbare » – L'évêque local de Healey, Henning : « Grave violation »

    Boston (kath.net/pl) – Mgr Robert Barron, évêque de Winona-Rochester, s'exprimant sur X, condamne fermement les mesures législatives de la gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, qui se déclare « catholique » : « La gouverneure du Massachusetts vient de signer une loi autorisant les avortements jusqu'au terme de l'accouchement, sous réserve du consentement de la mère et du médecin. Il est essentiel de bien comprendre ce que cela signifie. Un enfant à terme peut être éviscéré, démembré, avoir le crâne fracassé ou être tué par brûlure de la peau – quelques instants avant sa naissance – le tout sous la protection de la loi du Massachusetts. J'ai trouvé particulièrement répugnante la réaction du groupe exclusivement féminin qui entourait la gouverneure du Massachusetts lors de la signature de cette réglementation barbare. Elles applaudissaient et riaient aux éclats, car ce qui ne peut être qualifié que d'infanticide peut désormais être pratiqué en toute impunité dans leur État. »

    L’archevêque Richard Henning de Boston, dont le diocèse comprend le gouverneur, a commenté la situation : « L’adoption et la signature d’une loi qui élargit considérablement l’accès à l’avortement dans le Commonwealth du Massachusetts constituent une grave atteinte au caractère sacré et à la dignité de chaque être humain. Je sais que celles et ceux qui œuvrent pour défendre et promouvoir cette dignité peuvent se sentir découragés en ce moment. Je nous encourage à continuer de proclamer la beauté et l’émerveillement de la vie. La Parole de Dieu nous commande : “Choisis la vie, afin que tu vives” (Deutéronome 30, 19). Puisse cette vérité nous donner force et espérance. » L’archidiocèse a fait cette annonce sur ses réseaux sociaux ; voir également le tweet ci-dessous.

    Un tweet du journaliste catholique américain Sachin Jose est devenu viral : « Des catholiques exigent que la gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, catholique affirmée, soit privée de communion après avoir signé une loi autorisant l’avortement jusqu’au terme de la grossesse. » Ce bref message a déjà reçu près de 25 000 mentions « J’aime », a été retweeté près de 5 000 fois et a suscité plus de 1 700 commentaires.

    Certains internautes trouvent particulièrement amer qu'elle ait été autorisée à serrer la main du pape François en mai 2024 (voir photo d'archive). Elle était intervenue comme oratrice lors d'un sommet international sur le climat. Or, le pape François, plus que quiconque, s'est toujours prononcé sans équivoque contre l'avortement durant son pontificat.

    Photo d'archive du 24 mai : le pape François et Maura Healey (c) Vatican Media

  • Un exemple choquant de la culture de mort : une femme âgée a été euthanasiée contre son gré.

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    De kath.net/news :

    Un exemple choquant de la culture de mort : une femme âgée a été euthanasiée contre son gré.

    8 août 2026

    Canada – Brigitte Stegemann, arrière-grand-mère, avait auparavant demandé, confuse et en larmes : « Je suis censée mourir vendredi ? Vous voulez me tuer vendredi ? » – Les partisans du suicide assisté ont persuadé la vieille dame d’aller à l’encontre de ses souhaits exprimés précédemment de manière explicite.

    Ottawa (kath.net/gro/red) – Brigitte Stegemann, affectueusement surnommée « GG » par sa famille depuis quatre générations, était une fervente chrétienne de 83 ans et arrière-grand-mère. Elle a passé les deux dernières années de sa vie dans une maison de retraite à Belleville, en Ontario, au Canada. Environ cinq mois avant son décès, on lui a diagnostiqué un cancer de l’estomac incurable de stade IV. Chrétienne fervente, elle avait clairement et à plusieurs reprises refusé l’aide médicale à mourir (AMM), la forme canadienne d’euthanasie ou de suicide assisté. Cela allait à l’encontre de sa foi, et elle souhaitait une mort naturelle. Sa petite-fille, Brigitte Kranendonk, relate les événements en détail sur sa page Facebook.

    Mais on lui a refusé une mort naturelle. Pendant que sa petite-fille, Brigitte Kranendonk – qui avait été sa représentante légale et sa plus proche alliée pendant plus de douze ans – était en vacances pendant dix jours, le personnel de l'établissement a eu des conversations privées avec GG, qui souffrait de troubles cognitifs et était malentendante, au sujet de l'aide médicale à mourir. La famille n'a jamais su clairement qui avait initié ces conversations. L'établissement s'est chargé lui-même de la demande, a authentifié les signatures et a organisé la procédure – sans que la personne chargée de défendre ses droits n'y soit impliquée. Lors de l'évaluation de sa capacité, GG était incapable de répondre à des questions élémentaires sur sa propre famille (elle ignorait qu'elle avait 14 frères et sœurs et que certains étaient encore en vie). Malgré cela, le médecin l'a déclarée capable de prendre ses propres décisions. 

    L'injection létale avait été programmée avant même que les formalités administratives ne soient terminées. Lorsque la petite-fille est revenue et a demandé directement à GG si elle voulait vraiment mourir, la grand-mère a répondu, confuse et en pleurs : « Je suis censée mourir vendredi ? Ils veulent me tuer vendredi ? » 

    Elle regrettait d'avoir donné son consentement, qu'elle avait explicitement refusé à ses proches, et répétait sans cesse avoir commis une erreur. Le 10 juillet 2026, jour de l'assassinat prévu, GG était assise sur la terrasse, dégustant une glace à la fraise – sa préférée – et attendant son pasteur. Sa famille souhaitait lui offrir ces derniers instants ensemble. 

    Cependant, le personnel a insisté dès le début pour la faire entrer et lui poser la perfusion. À l'arrivée du médecin, GG, les mains jointes en signe de prière, est restée silencieuse. La famille rapporte que la promesse d'obtenir son consentement verbal définitif n'a pas été respectée. Le médicament létal a néanmoins été administré. GG est décédée sans avoir prononcé un dernier mot d'accord.

    La famille qualifie les événements de défaillance systémique : arrogance du personnel médical, manque total de transparence et mépris flagrant des mesures de protection des patients vulnérables. Après le rejet de la demande, l’établissement n’aurait pas dû rouvrir le dossier à l’insu du représentant légal de la famille. 

    Les convictions chrétiennes de la patiente ont été ignorées, sa faiblesse cognitive a été exploitée et sa famille – qui l’avait protégée et soutenue avec amour pendant des années – a été systématiquement marginalisée.

  • Comment Amnesty s'est retournée contre la vision de son fondateur

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    De David Hahn sur le Catholic Herald :

    Comment Amnesty s'est retournée contre la vision de son fondateur

     
    Amnesty International s'est retrouvée au cœur d'une vive polémique après avoir publié – puis retiré – un rapport accusant des organisations catholiques et chrétiennes à but non lucratif d'appartenir à un prétendu « mouvement anti-droits des droits ». Cet épisode a soulevé des questions embarrassantes, non seulement sur les procédures internes d'Amnesty, mais aussi sur la dérive inquiétante de sa mission depuis sa création.

    Le fondateur d'Amnesty International, Peter Benenson, s'était converti au catholicisme, une foi qui a profondément marqué sa vie. Il racontait avoir eu l'idée de créer Amnesty le 19 novembre 1960, en lisant que deux étudiants portugais avaient été condamnés à sept ans de prison pour avoir prétendument « porté un toast à la liberté » sous la dictature de Salazar. L'indignation de Peter face à cette injustice flagrante a précipité la fondation d'Amnesty et a donné naissance à la tradition, toujours vivante au sein de l'organisation, de porter un toast à la liberté pour conclure ses réunions. Benenson a publié l'appel désormais célèbre, « Les prisonniers oubliés », en première page de l' Observer en 1961.

    L'appel a suscité des milliers de réponses ; les journaux l'ont relayé à l'international, et en moins d'un an, des campagnes similaires ont vu le jour dans plus d'une douzaine de pays. L'organisation se consacrait à la protection des « prisonniers d'opinion » – des personnes emprisonnées uniquement pour leurs convictions. Les premières campagnes ont enquêté sur les conditions de détention en Afrique du Sud sous l'apartheid et apporté un soutien financier aux familles des prisonniers. Le mandat d'Amnesty s'est ensuite élargi pour inclure la torture et les procès inéquitables, et en 1977, elle a reçu le prix Nobel de la paix pour son action.

    Au cours des deux dernières décennies, l'action d'Amnesty a pris une nouvelle orientation. L'organisation s'est désormais clairement alignée sur la gauche progressiste, notamment sur les questions de sexualité et de reproduction. Depuis 2020, sa politique prône la dépénalisation totale de l'avortement « quel qu'en soit le motif », y compris jusqu'à la naissance ; elle s'oppose également à toute restriction de l'avortement sélectif en fonction du sexe, affirmant que « restreindre l'accès à un avortement sûr n'est pas la solution aux discriminations structurelles ».

    En Irlande, Amnesty International a exercé une influence néfaste sur les débats relatifs aux droits de l'enfant à naître. Dès 2014, l'organisation a milité pour l'abrogation du Huitième Amendement, qui consacre dans la Constitution irlandaise le droit à la vie égal pour les femmes enceintes et leurs enfants. Lors du référendum de 2018 portant sur cette protection, Amnesty International a affirmé que voter pour l'abrogation serait « un vote pour l'égalité, la dignité, le respect et la compassion ». L'abrogation a été approuvée par les deux tiers des suffrages.

    En 2015, Amnesty International a commencé à adopter des politiques sur la moralité sexuelle désormais bien associées à la gauche progressiste. L'organisation a notamment adopté une politique de dépénalisation totale de la prostitution, incluant la suppression des lois contre l'achat de services sexuels, le racolage et le proxénétisme. Dès 1991, Amnesty International a étendu la protection accordée aux « prisonniers d'opinion » aux personnes emprisonnées uniquement pour homosexualité. Depuis, cette politique est devenue un axe central du travail plus large de l'organisation sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Le rapport d'Amnesty International Royaume-Uni, désormais retiré, intitulé « Une menace croissante », qui décrivait les organisations catholiques britanniques et autres organisations chrétiennes comme faisant partie d'un « écosystème anti-droits » coordonné, est l'expression la plus récente et la plus frappante de cette dérive.

    Les excuses présentées par Amnesty International par la suite sont pour le moins amusantes. On pouvait y lire : « Nous présentons nos excuses pour la publication de la note d’information “Une menace croissante : le mouvement anti-droits au Royaume-Uni”. Ce document n’aurait jamais dû être publié, et Amnesty International Royaume-Uni assume l’entière responsabilité de cette erreur… Nous allons commander une enquête externe indépendante afin de tirer les leçons de cette situation. » Il est en effet regrettable que vous sachiez désormais ce qu’elle pensait de vous en privé – il faut dire que sa politique ne laissait guère de place au doute à ce sujet. Ironie tragique : Benenson lui-même avait mis en garde contre ce scénario, écrivant dans Persecution 1961 : « Si [Amnesty] venait à tomber sous le contrôle d’un pays, d’une idéologie ou d’une croyance, elle aurait échoué dans sa mission. » Selon les critères de son fondateur, ce jour est arrivé.

    Les catholiques devraient reconnaître, dans ce document expurgé d'Amnesty, la séparation essentielle entre la cité des hommes et la cité de Dieu. Nous ne poursuivons assurément pas les mêmes objectifs que nos homologues laïques, même si nous employons parfois une rhétorique similaire. Protéger l'accès public aux soins de santé paraît une bonne chose jusqu'à ce que l'on comprenne que ce terme désigne en réalité la stérilisation des mineurs et l'avortement des enfants non désirés. De même, « protéger les libertés individuelles » semble irréprochable jusqu'à ce que l'on apprenne qu'il s'agit de militer pour la déstigmatisation de la prostitution.

    Il peut être très difficile pour un catholique de garder son sang-froid face à de si vastes organisations internationales qui promeuvent leur propre vision perverse du bien humain. Il est nécessaire, surtout en matière de politiques publiques, d'adopter une perspective éternelle. Le plan de Dieu n'est pas accessoire à nos fins, mais en est la cause première et ultime. Le plus grand mal que causent les politiques d'ONG comme Amnesty International ne s'attaque pas au corps de nos frères et sœurs, mais à leur âme. Elles mettent en péril la véritable liberté humaine, qui ne se trouve que dans la soumission de la volonté humaine à la volonté divine.

    Il nous faut prendre conscience de la substitution insidieuse entre la véritable liberté humaine et la simple autorisation de faire tout ce qui nous plaît. La liberté est donnée à l'homme pour la poursuite du bien, pour sa relation avec Dieu. En dehors de ce bien, la liberté dégénère en une autorisation de tout faire, même des actes contraires à notre nature, aujourd'hui célébrés à travers le monde. Ce n'est pas la liberté ; c'est la pire forme d'esclavage.

    L'ironie la plus profonde de cette histoire est qu'Amnesty a accusé l'Église catholique et d'autres institutions chrétiennes de leur propre échec. Le péché humain a toujours été un acte d'autodestruction, une rupture de notre cœur avec Celui qui est notre seule satisfaction et l'accomplissement de tous nos désirs. En effet, ces agissements illustrent non seulement la menace croissante, mais aussi bien présente, de la morale progressiste – un mouvement anti-droits aussi ancien que le jardin d'Éden.

    Il est tragique de constater que des organisations comme Amnesty ont été fondées par des hommes de bonne volonté tels que Peter Benenson, lui-même catholique, mais qui, comme tant d'autres, ont vu leur œuvre se pervertir. Amnesty est depuis devenue un foyer de progressisme radical, promouvant des politiques aussi controversées que sa position actuelle sur l'idéologie transgenre.

  • Alois, le prince de la vie qui défend les enfants contre l'avortement

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    Alois, le prince de la vie qui défend les enfants contre l'avortement

    Dans la principauté de Vaduz, capitale, la gauche modérée et les féministes ont lancé une campagne de pétition pour un référendum sur la légalisation de l'avortement. Mais le prince héritier et régent a déjà annoncé qu'en cas d'approbation, il y opposerait son veto. Un exemple de souverain qui exerce son pouvoir pour le bien commun.

    6/08/2026

    Le prince Alois de Liechtenstein à la COP28 - 1er décembre 2023 (AP via LaPresse)

    Nous sommes au Liechtenstein. En juin, le parti d'opposition de centre-gauche Freie Liste (Liste libre) et des groupes féministes tels que Femmes en bonne santé et le Réseau des femmes ont lancé l'initiative « Liberté pour le Liechtenstein » (Fristenlösung für Liechtenstein, Liberté pour le Liechtenstein), proposant un référendum sur la légalisation de l'avortement. Cette initiative inclurait la possibilité d'avorter jusqu'à la douzième semaine de grossesse, la mise à disposition d'informations médicales encourageant l'avortement et la prise en charge des frais liés à l'intervention par l'assurance maladie. Le 31 juillet, les initiatrices ont déposé 4 970 signatures auprès de la Chancellerie du gouvernement, soit largement le nombre requis pour la tenue du référendum. Au Liechtenstein, l'avortement est interdit sauf dans les cas suivants : si la vie de la mère est en danger, s'il existe un risque d'atteinte grave à sa santé, en cas de viol ou si la mère a moins de 14 ans. De plus, toute forme de publicité pour l'avortement est interdite. Il convient d'ajouter que depuis 2015, les femmes qui se rendent à l'étranger pour avorter (une quarantaine en moyenne) ne sont plus poursuivies en justice.

    Gabriella Alvarez-Hummel, militante pro-choix, a écrit dans le Guardian qu'elle et ses camarades avaient réussi à convaincre 4 970 personnes, mais qu'il ne leur restait plus qu'à convaincre un seul homme, car sans son consentement, même un référendum avec 100 % de « oui » ne pourrait jamais être promulgué. Cet homme décisif est le prince héritier Alois, régent de son père. En effet, dès le mois de juin, le prince avait fait savoir que, si le référendum était adopté, il y opposerait son veto, empêchant ainsi l'adoption de toute loi pro-avortement. Son service de communication a précisé que « la principale raison réside dans le fait que les dispositions relatives à l'interruption de grossesse ne protègent pas suffisamment le droit fondamental à la protection de la vie ».

    En 2011, le camp pro-avortement est parvenu à faire adopter un référendum sur l'avortement. Mais le résultat fut catastrophique : 52,3 % des votants se sont déclarés contre la légalisation. À cette occasion, le prince héritier a de nouveau déclaré que même en cas de victoire du « oui », il s'opposerait à son vote. Suite à cet échec, et conscients que la prise de position du prince avait influencé le vote des citoyens, un autre référendum a été organisé en 2012. Cette fois, il ne portait pas sur la légalisation de l'avortement, mais sur le principal obstacle à sa légalisation : le droit de veto du prince. Ce fut un désastre pour ses partisans : 76,1 % des votants se sont prononcés contre la suppression de ce droit. Les pouvoirs du souverain sont intouchables. En 2016, les opposants à l'avortement ont également proposé un référendum pour interdire l'avortement dans tous les cas, mais 81,3 % des votants ont décidé de ne pas modifier le cadre légal qui, comme nous l'avons vu, autorise l'avortement dans certains cas.

    Deux brèves réflexions. La première : Francesco De Gregori chantait « Nous sommes l'Histoire ». Or, la plupart du temps, c'est faux. Ce ne sont pas les masses qui font l'histoire, mais les élites, les technocraties, les oligarchies qui exercent une influence sur la société, et souvent, des individus qui les dirigent. Le facteur décisif est fréquemment un homme politique, un penseur, un financier, un banquier, un émir, ou un petit groupe de ces personnes qui s'allient. Et là encore, il arrive souvent que leurs décisions ne soient pas dans l'intérêt du peuple. Le veto du prince Alois confirme qu'un seul homme peut façonner l'histoire d'un pays, mais cette fois-ci, sa décision était prise pour le bien commun. Par le passé, cet homme a déjà sauvé des centaines d'enfants de l'avortement, contribuant ainsi à un changement significatif. Il a marqué l'histoire.

    Deuxième réflexion : on croirait lire un conte de fées, mais le plus beau jamais écrit, car il est vrai. Nous avons un prince qui se bat pour les plus vulnérables et les plus fragiles, pour les enfants. Un prince qui n'a pas peur d'aller à contre-courant, qui ne craint pas d'être dépouillé de son pouvoir, car il sait qu'aucune autorité humaine ne peut lui ravir ce qui lui appartient de droit divin. Un prince qui ne cède ni au compromis, ni à un pragmatisme sordide, mais un prince de principes, un prince de la vie. Aujourd'hui, plus que jamais, c'est ce dont les hommes ont besoin : des hommes de courage, d'intégrité, fidèles à des valeurs qui les transcendent, irréductibles, forts et tenaces, prêts à payer le prix fort pour leurs choix. Et tout homme dont l'armure intérieure rayonne de ces vertus est déjà un prince.

  • L'offensive chinoise à l'exportation transforme l'Europe en décharge

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    De Marco Respinti sur Bitter Winter :

    L'offensive chinoise à l'exportation transforme l'Europe en décharge.

    5 août 2026

    Un déséquilibre commercial abyssal, la manipulation des devises et des subventions massives révèlent comment Pékin contourne les règles internationales tout en ignorant les préoccupations européennes en matière d'équité, de sécurité et de droits de l'homme.

    Un déséquilibre de plus en plus intolérable. Généré par l'IA.
    Un déséquilibre de plus en plus intolérable. Généré par l'IA.

    Les violations des droits de l'homme et les violations des règles commerciales équitables sont profondément liées, et toutes deux révèlent la nature d'un régime qui bafoue systématiquement le droit international.

    La deuxième édition de la Conférence UE-Chine, qui s'est tenue à Pékin le 12 mai, a offert une plateforme de dialogue constructif et ouvert entre les acteurs de l'Union européenne et de la Chine sur les relations commerciales, permettant de réduire les divergences de points de vue et d'attentes. Le dialogue a été présenté comme la seule voie possible pour garantir des relations commerciales justes et équilibrées entre la Chine et les pays de l'UE.

    Pourtant, face à un déficit commercial de l'UE avec la Chine qui devrait atteindre environ 400 milliards d'euros en 2025, il est apparu clairement lors de la conférence que les relations UE-Chine étaient tendues et que les surmonter, « au-delà du point de non-retour », thème central de la conférence, ne serait pas chose aisée. Au contraire, l'UE et la Chine pourraient bien se diriger vers une guerre commerciale dans les prochains jours.

    Le déficit commercial important de l'UE avec la Chine n'est pas dû à un manque de compétitivité globale de l'UE. Avec le reste du monde, l'excédent commercial global de l'UE s'élevait à 164,6 milliards d'euros en 2025. Alors, où réside le problème avec la Chine ? Dans la politique agressive de croissance tirée par les exportations menée par Pékin. Deux facteurs ont conduit la Chine à adopter cette stratégie : la faiblesse de la demande intérieure, que le gouvernement communiste n'est pas parvenu à relancer, et la protection du marché américain par des droits de douane sur les exportations chinoises. La Chine a désormais trouvé en l'UE un débouché idéal pour ses excédents de production.

    Le Parti communiste chinois ( PCC ), au pouvoir, devra à tout prix accélérer la croissance de la Chine. En l'absence d'élections, la légitimité de son régime repose sur le maintien d'une forte croissance économique. Après avoir atteint des chiffres à deux chiffres à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, le taux de croissance de l'économie chinoise a chuté à moins de 5 % cette année. Le PCC devra donc poursuivre une politique de croissance tirée par les exportations, même si, comme l'a averti la directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité le 13 février, l'excédent commercial chinois de 1 200 milliards de dollars risque de déclencher de nouvelles mesures protectionnistes à l'échelle mondiale.

    En réponse à la chute du dollar au premier semestre 2025, Pékin a également dévalué le renminbi de plus de 8 % par rapport à l'euro. Logiquement, le renminbi aurait dû être réévalué compte tenu de l'excédent commercial considérable et croissant de la Chine. Or, les exportateurs chinois continuent de bénéficier d'un avantage concurrentiel significatif en termes de prix.

    L'Europe risque donc de perdre son industrie au profit de la Chine. C'est le cœur de la zone euro – l'Allemagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique et l'Autriche – qui subit de plein fouet la concurrence chinoise dans ses secteurs industriels clés : automobile, machines et technologies vertes. La politique industrielle chinoise, caractérisée par d'importantes subventions, a déjà quasiment anéanti l'industrie européenne des panneaux solaires, qui dominait les marchés mondiaux il y a quinze ans. Les producteurs chinois occupent désormais la première place. Le même scénario, amplifié par les politiques industrielles chinoises et la dévaluation de la monnaie, se dessine dans le secteur des voitures électriques et d'autres industries vertes.

    Une guerre commerciale entre l'UE et la Chine est la seule issue probable d'un tel scénario, et les premiers signes de cette éventualité étaient perceptibles lors de la conférence de Pékin du 12 mai. Selon les informations recueillies, des tensions sont apparues lors de cette conférence, où diplomates, fonctionnaires et experts européens et chinois se sont affrontés sur la question de l'aggravation de leurs différends commerciaux. Les intervenants chinois ont été accusés de minimiser les griefs répétés de l'Europe et d'ignorer la dure réalité économique d'une relation commerciale de plus en plus déséquilibrée. Du côté chinois, les orateurs ont, quant à eux, accusé les diplomates européens de « harcèlement » et qualifié les politiques de l'UE de mesures « protectionnistes » visant à se découpler de la Chine.

    Image de la conférence UE-Chine du 12 mai.
    Image de la conférence UE-Chine du 12 mai.

    Alors que les intervenants du côté chinois ont rejeté l'accusation selon laquelle les hommes d'affaires chinois bénéficiaient d'un avantage indu grâce aux subventions et ont fait valoir que les avantages de la Chine découlaient de facteurs de marché tels que la taille du marché, les capacités d'innovation et les coûts de production, l'ambassadeur de l'UE en Chine, Jorge Toledo, a clairement indiqué dans son discours d'ouverture que la relation de l'Europe avec la Chine dépendrait de la manière dont Pékin prendrait au sérieux les préoccupations européennes concernant l'accès au marché, les subventions, les capacités industrielles, les matières premières critiques, la sécurité et les droits de l'homme .

    Le refus des sinophones d'admettre que l'Europe restait tout aussi ouverte aux produits chinois a exaspéré les dirigeants et observateurs européens. Finalement, Jens Eskelund, président de la Chambre de commerce de l'UE en Chine, a résumé la nature des relations commerciales entre la Chine et l'UE : « Ce n'est ni un navire qui coule, ni un partenariat. C'est un porte-conteneurs géant de 400 mètres de long, chargé de 24 000 conteneurs, qui part pour l'Europe et revient presque vide. »

    La Chine parvient à contenir ses importations tout en stimulant ses exportations grâce à trois distorsions concomitantes. Premièrement, la demande intérieure est faible en raison de la chute des prix de l'immobilier. De ce fait, la demande de produits importés est également faible. Deuxièmement, dans des secteurs prioritaires tels que les semi-conducteurs, les machines, l'automobile et l'aéronautique, l'octroi de subventions publiques directes, la gratuité des terrains, la mise à disposition de machines à bas prix et les prêts garantis par l'État ont fortement accru l'offre, que la faible demande intérieure ne peut absorber. Les fabricants chinois bénéficient de subventions trois à neuf fois supérieures à celles des économies avancées, ce qui leur permet de conquérir des marchés à l'étranger. Troisièmement, la Chine profite d'un taux de change sous-évalué. Avec un excédent commercial considérable, le renminbi devrait s'apprécier. Or, face à la pression exercée par l'augmentation de cet excédent commercial, les banques d'État chinoises achètent des dollars pour freiner l'appréciation de la monnaie nationale. Le FMI estime que le renminbi pourrait actuellement être sous-évalué de 16 %.

    Des pays comme l'Inde subissent également les conséquences de la politique chinoise visant à maintenir la valeur du renminbi à un niveau bas. New Delhi doit impérativement contenir la dépréciation de la roupie indienne, faute de quoi les marchés indiens seront inondés de produits chinois bon marché. De toute évidence, l'excédent commercial record de la Chine ne sera pas viable, car le reste du monde ne peut l'absorber. Des experts ont suggéré à l'UE d'imposer un droit de douane général supplémentaire de 20 % sur les importations en provenance de Chine.


  • Créés pour l'amour : l'attirance pour les personnes du même sexe et l'Église catholique

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    D'Info Vaticana :

    L'Église a bel et bien une réponse à la question de l'homosexualité : elle est écrite par le prêtre le plus écouté des États-Unis, et elle est loin d'être celle à laquelle presque personne ne s'attend.

    L'Église a bel et bien une réponse à la question de l'homosexualité : elle est écrite par le prêtre le plus écouté des États-Unis, et elle est loin d'être celle à laquelle presque personne ne s'attend.
    Il existe un moyen d'abandonner quelqu'un qui arbore sa capacité d'aimer. Il consiste à ne jamais lui dire la vérité, à céder à tous ses caprices et à applaudir tout ce qui l'éloigne de la volonté divine. Cela ne coûte rien, c'est flatteur et même applaudi en public.

    Ces dernières décennies, au sein comme en dehors de l'Église, on a trop souvent observé cette attitude envers les hommes et les femmes attirés par le même sexe : les laisser souffrir et appeler cela du respect. Comme si la charité consistait à se taire. Comme si aimer signifiait ne rien attendre en retour.

    À contre-courant de cette tendance, il est recommandé de lire Created for Love: Same-Sex Attraction and the Catholic Church, du prêtre américain Michael Schmitz, publié en espagnol par Bibliotheca Homo Legens.

    Ce qui surprend d'emblée dans ce livre, c'est son ton. Car quiconque s'attend à un règlement de comptes, à un catalogue de condamnations ou à un manuel de reproches se trompe lourdement. Schmitz écrit, avec ses propres mots, sans la moindre condamnation personnelle. Et pourtant – ou peut-être précisément à cause de cela – il n'édulcore pas la vérité.

    Qui est le père Mike ?

    Il convient de s'arrêter un instant pour considérer l'auteur, car son nom en dit long sur l'importance du livre.

    Michael Schmitz — le père Mike pour des millions de catholiques — est un prêtre du diocèse de Duluth (Minnesota), directeur de son ministère de la jeunesse et aumônier du Newman Center de l'Université du Minnesota-Duluth.

    Mais son influence dépasse largement ces limites. Il est la voix de « La Bible en un an », le podcast grâce auquel il a guidé des centaines de milliers de personnes à travers l'intégralité de la Bible en trois cent soixante-cinq épisodes.

    Les chiffres sont impressionnants. Pendant la majeure partie des cinq dernières années, le podcast « La Bible en un an » a dominé le classement Religion et Spiritualité d'Apple Podcasts aux États-Unis et approche le milliard de téléchargements. Sa version espagnole, « La Biblia en un año », a atteint la première place du classement Christianisme dans près de cinquante pays. En mai 2025, il a été présenté à Constitution Hall, au cœur de Washington D.C.

    Dans un pays où la voix catholique se fait rare sur la scène religieuse actuelle, le père Mike est tout simplement le prêtre le plus écouté. Quand quelqu'un comme lui prend la plume pour aborder la question la plus épineuse de notre époque, il est essentiel de l'écouter.

    Le faux dilemme

    Le cœur de ce livre réside dans une intuition aussi simple que libératrice.

    Schmitz soutient que les personnes attirées par le même sexe ont été confrontées à un « faux dilemme » : un choix entre deux options où, quel que soit le choix, on perd.

    Soit tu suis tes désirs, soit tu seras malheureux. Soit tu satisfais toutes tes impulsions, soit tu finiras seul. Soit tu acceptes inconditionnellement les décisions d'autrui, soit tu les hais et les crains.

    L'auteur soutient que cette approche est une tromperie.

    Puis elle pose des questions qui le désarment : N'y a-t-il vraiment pas d'autre solution ? N'est-il pas possible de vivre selon les enseignements du Christ et d'être heureux ? N'est-il pas possible d'aimer son prochain tout en étant en désaccord avec certaines de ses décisions ?

    Schmitz répond par l'affirmative : il existe une troisième voie. Et cette troisième voie n'est pas de son invention : c'est précisément celle que l'Église propose depuis des siècles et que tant de personnes ont occultée parce qu'elle est gênante.

    Ni le reproche qui exclut ni le bien-pensance qui abandonne

    C’est là que réside la clé qui fait de ce livre un outil et non un simple pamphlet.

    La réponse catholique ne consiste pas à confirmer quiconque dans le péché – ce serait une fausse miséricorde par abandon –, mais elle ne consiste pas non plus à désigner du doigt de manière à humilier et isoler. Elle consiste en quelque chose de plus profond et de plus exigeant : accueillir la personne avec respect, compassion et délicatesse, éviter tout signe de discrimination injuste et, en même temps, l’appeler, comme nous le faisons pour chaque baptisé sans exception, à la conversion et à la sainteté.

    Le Catéchisme le dit précisément en nous rappelant que ces personnes sont appelées à la chasteté et peuvent, par la prière et la grâce, s'approcher de la perfection chrétienne, comme tout le monde.

    Schmitz déjoue également le piège de l'exceptionnalisme. Nul n'est exempté de l'appel à faire la volonté de Dieu ; nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, tentés de croire que nous sommes une exception, de dire : « Je sais ce que le Seigneur demande, mais ma situation est différente. »

    L’attirance pour les personnes du même sexe n’est pas, en ce sens, une condamnation unique : c’est l’une des nombreuses manières dont chaque chrétien est appelé à dire oui à Dieu selon son mode de vie. Nous sommes tous dans le même bateau, même si chacun rame à sa façon.

    L'autorité de celui qui a accompagné

    Le livre peut se permettre cette franchise car il ne s'exprime pas depuis une tribune distante.

    Depuis plus de vingt-cinq ans, Schmitz accompagne des amis, des membres de sa famille et des jeunes confrontés à cette réalité. Il sait d'expérience combien de personnes se sont senties rejetées, condamnées et indésirables au sein de l'Église, souvent en raison d'une communication maladroite des enseignements de l'Évangile.

    Et il admet, avec une rare honnêteté, que de nombreux membres de l'Église pourraient améliorer leur manière de transmettre la vérité avec amour.

    Ainsi, le fondement de tout le livre est une scène évangélique : la femme surprise en flagrant délit d’adultère, que Jésus ne lapide pas, mais qu’il ne laisse pas non plus indemne.

    « Moi non plus, je ne te condamne pas ; va et ne pèche plus. »

    Toute la proposition de Schmitz tient dans cette phrase. Non pas la condamnation qui claque la porte au nez, ni l'absolution facile qui laisse tout en l'état. C'est l'amour qui dit la vérité et qui accompagne. La preuve que tendresse et exigence peuvent coexister, et que les séparer revient, presque toujours, à les trahir toutes deux.

    Un livre indispensable

    À une époque où une grande partie du débat s'est focalisée sur la fausse dichotomie entre affirmation sans nuance et rejet sans compassion, « Créés pour l'amour » remet la question à sa juste place.

    Elle ne cherche pas à édulcorer la doctrine pour la rendre plus acceptable. Elle ne l'utilise pas comme une arme. Elle la présente telle qu'elle a toujours été : un appel à chaque homme et à chaque femme à vivre pleinement leur vocation. À aimer véritablement. Ce qui ne signifie pas approuver un désir quelconque, mais l'orienter vers le véritable bien de la personne.

    Le prologue de l'édition espagnole est écrit par Monseigneur Jesús Sanz Montes, OFM, archevêque d'Oviedo, qui souligne avec quelle beauté, audace et vérité le père Mike aborde le sujet.

    Trois mots qui résument parfaitement la réussite d'un livre qui n'élude aucune difficulté sans pour autant blesser personne. Car son auteur a appris, au cours d'un quart de siècle de vie commune, que la vérité la plus dure, exprimée avec bienveillance, est toujours porteuse d'espoir.

    Michael SchmitzCréés pour l'amour : L'attirance pour les personnes du même sexe et l'Église catholique. Bibliotheca Homo Legens. Préface de Jesús Sanz Montes, OFM, archevêque d'Oviedo. Disponible en librairie et sur homolegens.com .

    Il ne reste plus qu'à espérer que ce livre soit rapidement traduit en français...

  • Les évêques américains appellent à la prière et à l'action à l'échelle nationale face à la hausse du taux d'avortement.

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    De sur OSV News :

    Les évêques américains appellent à la prière et à l'action à l'échelle nationale face à la hausse du taux d'avortement.

    WASHINGTON (OSV News) — Les évêques catholiques américains préparent un appel national à la prière et à l'action, dont la date de lancement officielle est fixée au 18 août, afin de mobiliser les catholiques pour lutter contre la hausse du taux d'avortement et la disponibilité accrue d'un médicament abortif.

    « Chaque avortement entraîne la mort d'un enfant et des dommages pour la mère. Aujourd'hui, avec un accès plus facile aux pilules abortives, le taux d'avortement augmente tragiquement, de même que les risques sanitaires », ont déclaré conjointement l'archevêque Paul S. Coakley d'Oklahoma City, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis , et l'évêque Daniel E. Thomas de Toledo, président du Comité des activités pro-vie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.

    Selon une estimation de l'Institut Guttmacher, un organisme de recherche travaillant pour l'industrie de l'avortement, 1,12 million d'avortements ont eu lieu en 2025, soit une augmentation de 21 % par rapport à 2020. L'Institut Guttmacher a précisé que 2020 était « la dernière année pour laquelle des estimations nationales complètes ont été disponibles » avant l'arrêt Dobbs v. Jackson Women's Health Organization de la Cour suprême des États-Unis en 2022. Cet arrêt a cassé l'arrêt Roe v. Wade de 1973 et la jurisprudence qui en découle, confiant de nouveau la question de l'avortement au pouvoir législatif.

    Guttmacher a constaté que les chiffres de 2025 étaient globalement inchangés par rapport à l'année précédente, mais a suggéré que le nombre total d'avortements pourrait être sous-estimé, car certaines personnes se procurent des pilules abortives à l'avance ou par d'autres moyens que les cliniques d'avortement américaines.

    Aux États-Unis, le taux d'avortement a atteint son niveau le plus bas en 2017, avec un chiffre estimé à un peu plus de 862 000 cas, avant de recommencer à augmenter sous la première administration Trump, qui a également approuvé le premier générique de la mifépristone, communément appelée « pilule abortive », en 2019. Cette pilule est fréquemment utilisée en association avec le misoprostol pour les interruptions précoces de grossesse, bien que cette même association soit également utilisée dans certains protocoles de prise en charge des fausses couches, récemment recommandés par l'American College of Obstetricians and Gynecologists.

    Selon des estimations récentes, plus de six avortements sur dix pratiqués aux États-Unis le sont par une combinaison de mifépristone et de misoprostol.

    Une politique fédérale autorisant la distribution de mifépristone par voie postale a été initialement mise en place par l'administration Biden suite à l'arrêt Dobbs. Cette politique a été maintenue par la seconde administration Trump , qui a approuvé un second générique de la mifépristone en 2025, au grand dam des groupes pro-vie. 

    Sous l'administration Trump, le ministère de la Justice a également cherché à bloquer les contestations étatiques de cette politique, dans l'attente d'une évaluation de sécurité promise par la FDA (Food and Drug Administration). Cependant, l'état d'avancement et le calendrier de cette évaluation restent flous . 

    L’archevêque Coakley et l’évêque Thomas ont déclaré que la FDA « a permis le développement d’une industrie nationale de l’avortement par correspondance en autorisant la prescription de pilules abortives lors de consultations de télémédecine et leur vente dans les pharmacies de quartier et en ligne, contournant ainsi les lois des États qui protègent la vie dans l’utérus. » 

    « Cela expose les femmes à un risque accru d’avortement seules à domicile, sans aucun suivi médical », ont-ils déclaré. « Cela crée également des opportunités supplémentaires d’exploitation par des partenaires violents ou des trafiquants d’êtres humains. »

    Les évêques ont déclaré que depuis le lancement officiel de la campagne jusqu'à la fin du mois d'octobre, lorsque l'Église aux États-Unis célèbre le Mois du respect de la vie, « le Comité des activités pro-vie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis invite les catholiques à se joindre à un effort concerté de prière et d'action pour stopper la diffusion des pilules abortives ».

    Ils ont exhorté les catholiques à solliciter « l’intercession de saint Joseph, défenseur de la vie » et à envoyer des messages aux pharmacies et aux entreprises pharmaceutiques impliquées.

    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) se prépare à mobiliser les catholiques de tous les États-Unis en leur fournissant les ressources nécessaires pour le lancement de la campagne le 18 août.

    « Nous mettons en place une plateforme en ligne simple permettant aux utilisateurs d'envoyer un message unique, diffusé à de multiples entités, telles que des pharmacies physiques et en ligne, des distributeurs et des entreprises pharmaceutiques », a déclaré Kat Talalas, directrice adjointe de la communication pro-vie au Secrétariat des activités pro-vie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), à OSV News. « Nous élaborons également des ressources pédagogiques sur la pilule abortive, qui permettront d'expliquer la différence entre les soins liés à une fausse couche et l'interruption de grossesse par avortement. »

    L'Église catholique enseigne que toute vie humaine est sacrée de la conception à la mort naturelle et, de ce fait, s'oppose à l'avortement. Suite à l'arrêt Dobbs, les autorités ecclésiastiques américaines ont réaffirmé l'attachement de l'Église à la mère et à l'enfant et ont appelé à renforcer le soutien aux personnes vulnérables face à l'avortement en raison de la pauvreté ou d'autres facteurs.

    Peter Jesserer Smith est le rédacteur en chef des actualités et des reportages nationaux d'OSV News. L'équipe d'OSV News a contribué à cet article.

    PRIERE A SAINT JOSEPH

    Saint Joseph bien-aimé :

    À la demande d'un ange,

    Vous avez accueilli Marie chez vous avec amour.

    En tant qu'humble serviteur de Dieu,

    Vous avez guidé la Sainte Famille

    sur la route de Bethléem,

    Vous avez accueilli Jésus comme votre fils

    à l'abri d'une mangeoire,

    et vous avez fui loin de votre patrie pour

    la sécurité de la mère et de l'enfant.

    Nous louons Dieu parce que vous,

    - étant son fidèle protecteur -,

    vous n'avez jamais hésité à vous sacrifier

    pour ceux qui étaient confiés à vous.

    Puisse votre exemple nous inspirer.

    et aussi accueillir, chérir et protéger

    le plus précieux des cadeaux, la vie

    que Dieu nous donne.

    Aidez-nous à nous engager fidèlement

    pour servir et défendre la vie humaine

    — surtout là où elle est

    vulnérable ou menacée.

    Accordez-nous la grâce de faire la volonté de

    Dieu en toutes choses.

    Amen.

    Pour en savoir plus sur la manière de participer à la campagne d’action de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), veuillez consulter : https://lp.constantcontactpages.com/sl/iLd6hbl

  • Humanae Vitae : une encyclique prophétique

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    De Michael J Robinson sur le Catholic Herald :

    Humanae Vitae et le monde qu'elle prédisait

    Peu de documents pontificaux ont été autant moqués que Humanae Vitae. Lorsque le pape Paul VI a réaffirmé l'opposition de l'Église catholique à la contraception artificielle en 1968, beaucoup ont cru qu'il avait profondément mal interprété le monde moderne. La révolution sexuelle était en marche, la pilule contraceptive promettait une liberté sans précédent et l'histoire semblait n'avancer que dans une seule direction.

    Ce mois-ci marquant le 58e anniversaire de l'encyclique Humanae Vitae, le moment est opportun pour se demander si le pape Paul VI a réellement mal interprété le monde moderne, ou si c'est le monde moderne qui l'a mal compris.

    À la parution de Humanae Vitae, une grande partie du monde occidental a réagi avec incrédulité. Même au sein de l'Église, la dissension, la confusion et la déception étaient palpables. On pensait alors que l'histoire avait tout simplement ignoré l'enseignement catholique. Aujourd'hui, cependant, cette encyclique mérite d'être relue, non seulement comme un document sur la contraception, mais aussi comme un diagnostic d'une remarquable perspicacité sur la nature humaine et la société moderne.

    Paul VI a mis en garde contre le risque que l'usage généralisé de la contraception n'entraîne quatre grandes conséquences : une augmentation de l'infidélité conjugale, un abaissement des valeurs morales, une réduction des femmes à de simples objets de plaisir plutôt qu'à des personnes dignes de respect, et l'adoption par les gouvernements de politiques coercitives en matière de reproduction. Quelle que soit l'opinion que l'on porte sur l'enseignement de l'Église concernant la contraception, force est de constater que ces avertissements sont aujourd'hui d'une actualité frappante.

    La révolution sexuelle a été présentée comme une révolution de la liberté. Mais les révolutions tiennent rarement toutes leurs promesses. Elles transforment aussi les cultures d'une manière que leurs instigateurs n'anticipent ni ne souhaitent.

    Ce qui a changé, ce ne sont pas seulement les attitudes envers la contraception. Les sociétés occidentales ont progressivement dissocié la sexualité de son lien intrinsèque avec la vie. Une fois ce lien affaibli, la sexualité s'est de plus en plus détachée non seulement de la procréation, mais aussi de la permanence, de la responsabilité et du sacrifice. Il en a résulté non seulement une plus grande autonomie individuelle, mais souvent une plus grande fragmentation.

    Nous vivons aujourd'hui dans un contexte de solitude sans précédent, de chute de la natalité, de déclin du mariage, de consommation généralisée de pornographie et de profonde confusion quant aux relations et à l'identité. Malgré une permissivité sexuelle sans précédent, de nombreuses sociétés occidentales connaissent une solitude encore plus grande. L'intimité est de plus en plus marchandisée. Le discours sur l'engagement et la vocation a progressivement cédé la place à celui de l'épanouissement personnel et de l'optimisation du mode de vie.

    L'avertissement de Paul VI concernant le traitement des femmes comme des instruments résonne aujourd'hui moins comme une vieille angoisse religieuse que comme une description troublante de la culture moderne. La promesse était celle de la libération. Trop souvent, il en a résulté commercialisation, marchandisation et profonde solitude.

    Il suffit de considérer l'industrie pornographique, l'essor de plateformes comme OnlyFans ou la normalisation croissante de la gestation pour autrui commerciale pour constater avec quelle facilité l'intimité humaine se commercialise dès lors que la sexualité est dénuée de sa signification morale et relationnelle profonde. Le corps devient un objet de consommation. La fertilité devient un service. Les enfants deviennent le fruit d'arrangements contractuels plutôt que des dons reçus par amour.

    L'encyclique ne s'était pas trompée non plus sur le pouvoir de l'État. Les XXe et XXIe siècles ont maintes fois démontré comment les gouvernements sont tentés d'intervenir dans la reproduction dès lors que la fertilité est perçue avant tout comme un phénomène technologique et gérable. La politique de l'enfant unique en Chine demeure l'exemple le plus frappant, mais les programmes de stérilisation forcée, les politiques de contrôle des naissances et l'implication croissante de l'État dans les technologies de la reproduction révèlent tous la même motivation sous-jacente : la conviction que la fertilité humaine est avant tout un problème à gérer.

    Pourtant, l’avertissement le plus profond d’Humanae Vitae ne concernait peut-être pas la contraception en elle-même, mais plutôt le devenir d’une civilisation lorsque le sexe, l’amour et la vie ne sont plus perçus comme indissociables. Partout en Europe, les taux de natalité se sont effondrés bien en dessous du seuil de renouvellement des générations. La Grande-Bretagne vieillit rapidement. Des sociétés entières commencent à faire face aux conséquences économiques et culturelles du déclin démographique : diminution de la population active, pression accrue sur les systèmes de santé, baisse du nombre d’enfants et de familles, et sentiment croissant d’épuisement social.

    Cette crise n'est pas seulement économique, elle est aussi spirituelle. On ne cesse pas d'avoir des enfants simplement parce que le logement est cher ou que le travail est exigeant. Les générations précédentes ont souvent enduré la guerre, le rationnement et de réelles difficultés matérielles tout en continuant d'accueillir des enfants. Les taux de natalité reflètent en fin de compte quelque chose de plus profond : la conviction des sociétés que l'avenir mérite qu'on y investisse.

    Ce n'est pas un hasard si les sociétés qui considèrent de plus en plus les enfants comme des accessoires de mode facultatifs peinent également à défendre la vie prénatale. Dès lors que la fertilité devient un enjeu à gérer plutôt qu'un bonheur à accueillir, l'enfant à naître est plus facilement perçu comme un obstacle que comme un don. L'avortement, la contraception, la FIV, la gestation pour autrui et le suicide assisté sont souvent débattus comme des questions éthiques distinctes, mais ils découlent tous d'une même présomption fondamentale : celle que la vie humaine devrait être soumise au choix individuel et au contrôle technologique plutôt qu'accueillie avec gratitude et protégée par l'amour.

    Les enfants sont, au fond, des actes d'espérance. Le christianisme a toujours considéré les enfants non comme des projets à entreprendre une fois toutes les autres ambitions réalisées, mais comme des dons à recevoir. La culture moderne inverse de plus en plus cet ordre. La parentalité devient une option de vie parmi d'autres, comparée aux voyages, à l'avancement professionnel ou aux objectifs financiers, plutôt qu'une vocation où l'amour s'épanouit et où le don de soi trouve sa pleine expression.

    C’est pourquoi l’enseignement de l’Église sur l’ouverture à la vie n’a jamais été une simple interdiction. Il s’inscrivait dans une vision plus large de la personne humaine. Dans la conception catholique, l’amour n’est pas d’abord une expression de soi, mais un don de soi. La sexualité n’est pas seulement récréative ou thérapeutique. Elle est indissociable de responsabilité, de sacrifice, de permanence et de la transmission aux générations futures.

    La société moderne conçoit de plus en plus la liberté comme la suppression des limites plutôt que comme la capacité de se donner pleinement aux autres. Or, une civilisation entièrement organisée autour de l'autonomie finit par se trouver incapable de maintenir la dépendance, même si, en fin de compte, toute société repose sur des personnes disposées à prendre soin des enfants, des personnes âgées, des malades et les uns des autres.

    Humanae Vitae n'a pas prédit tous les aspects de la vie moderne. De même, tous les problèmes sociaux ne découlent pas directement de la contraception. Le monde est plus complexe que cela.

    Mais Paul VI avait compris une chose fondamentale : une fois dissociée de l’ouverture à la vie, la sexualité ne resterait plus cantonnée à la morale privée. Elle redéfinirait la manière dont les sociétés conçoivent les relations, l’engagement, la famille, la parentalité et même le sens même de la liberté humaine.

    Pendant des décennies, Humanae Vitae a été considérée comme une relique d'une époque révolue. De plus en plus, elle apparaît moins comme une relique que comme un diagnostic. Paul VI ne s'opposait pas à la modernité par crainte de la liberté, mais par crainte de ce que deviendrait une liberté détachée de la vérité, de la responsabilité et de l'ouverture à la vie. En observant le monde occidental de 2026, il est de plus en plus difficile de dire qu'il avait tort.

    Michael J Robinson est le directeur exécutif de SPUC, la plus ancienne ONG pro-vie au monde et la plus importante du Royaume-Uni.

  • L'évêque de Lourdes : la visite du pape en septembre fera du sanctuaire un cœur battant pour la défense de la vie

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    L'évêque de Lourdes : La visite du pape en septembre fera du sanctuaire un cœur battant pour la défense de la vie

    L’évêque Jean-Marc Micas revient sur la portée spirituelle de la visite papale en France, à un moment marqué par la légalisation de l’euthanasie et un renouveau de la foi catholique chez les jeunes.

    Suite à la visite très attendue du pape Léon XIV en France plus tard cette année, le sanctuaire marial de Lourdes pourrait occuper une place centrale dans les efforts continus de l'Église pour défendre le caractère sacré de la vie et la dignité des plus vulnérables.

    La visite à Lourdes constituera la deuxième étape du voyage du pape en France, du 25 au 28 septembre, deux mois seulement après l'adoption par le pays de sa loi controversée légalisant l'euthanasie et le suicide assisté. C'est dans ce sanctuaire que le pape devrait aborder cette question sensible, qui a fortement mobilisé l'épiscopat français ces deux dernières années.

    Mgr Jean-Marc Micas de Tarbes et Lourdes
    Mgr Jean-Marc Micas de Tarbes et Lourdes (Photo : Courtney Mares/EWTN News)

    « Comme beaucoup d’autres, j’ai hâte d’entendre ce que le Saint-Père dira à la classe politique », a déclaré Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, au Register. « Je suis convaincu que le Pape transmettra et même renforcera le message que l’Église de France n’a cessé de marteler sur ce sujet. »

    Le voyage de quatre jours du pape Léon XIV marquera sa première visite en France en tant que pontife et la première visite papale dans le pays depuis près de vingt ans. Au programme : les vêpres à la cathédrale Notre-Dame récemment restaurée et une messe en plein air place de la Concorde, sur les Champs-Élysées à Paris, avant une dernière étape à Metz, où repose Robert Schuman, l'un des pères fondateurs de l'Union européenne. Le 27 septembre sera entièrement consacré à Lourdes et comprendra une procession aux flambeaux devant la grotte de Massabielle, une matinée de prière avec les évêques français et une messe en plein air sur la grande esplanade du sanctuaire.

    Le monde à l'endroit

    Quelques jours avant la légalisation de l'euthanasie en France, Mgr Micas s'était distingué par une lettre percutante, largement relayée, intitulée « Mon cœur pleure ». Il y dénonçait l'idée que l'aide médicale à mourir puisse défendre la dignité de la vie, la qualifiant d'« absurdité anthropologique » et de l'un des « grands mensonges de l'histoire de l'humanité qui ont coûté la vie à des millions de personnes "pour les sauver" ! ». L'adoption de cette loi, selon lui, ne fait que renforcer le devoir pastoral de la hiérarchie catholique dans le pays. « Notre mission d'évêques est aussi de rappeler aux fidèles que l'existence même de cette loi ne signifie pas que tout est permis », affirmait-il, paraphrasant la Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens.

    Réaffirmant son espoir que les paroles du pape Léon s'adressent à la conscience du plus grand nombre, il a insisté sur le fait que Lourdes sera l'étape la plus purement spirituelle et pastorale du voyage papal, une étape qui transcende tout agenda politique.

    Le sanctuaire Notre-Dame de Lourdes marque le lieu des apparitions mariales de 1858 à la jeune paysanne sainte Bernadette Soubirous. Au fil des ans, de nombreuses guérisons ont été attribuées à l'eau de source qui jaillit de la grotte de Massabielle, où eurent lieu les apparitions, faisant de ce lieu un important site de pèlerinage pour les fidèles catholiques, notamment les malades et les personnes handicapées.

    « Lourdes, c’est le monde à l’endroit, comme on aime à le dire », a déclaré Mgr Micas, « ce qui signifie que la pauvreté, la misère, la maladie et le handicap ont le droit d’exister et ne sont pas occultés ; ils font partie intégrante de la réalité de la vie, de la famille humaine. » C’est, a-t-il ajouté, « un magnifique laboratoire d’une humanité épanouie », qui offre déjà « un avant-goût de ce que pourrait être le paradis ». C’est cette même vision – la souffrance et la vulnérabilité comme porteuses de dignité, et non comme des problèmes à résoudre – que Mgr Micas voit s’opposer à la logique de la nouvelle loi.

    L’évêque Micas parle du pape Léon XIII avec une admiration manifeste, évoquant son audience privée avec lui lors d’un pèlerinage diocésain à Rome en juin 2025. « Il est extrêmement attentif. Il avait préparé notre rencontre et m’avait posé des questions précises sur Lourdes, sur le sanctuaire et sur sa mission », se souvient le prélat. Depuis, ajoute-t-il, « le voyage en Afrique puis en Espagne l’ont véritablement révélé au monde entier – et je m’en réjouis sincèrement. »

    En tant que gardien de la grotte de Massabielle, il estime que le pape visitera le sanctuaire comme un simple pèlerin, à l'instar de millions d'autres personnes chaque année, ajoutant que par ses paroles et sa manière d'aller à la rencontre des gens, « il nous encouragera tous, tant dans la foi que dans le témoignage de la foi ».

    Grandir grâce à l'humilité

    Réfléchissant à ce que beaucoup considèrent comme un moment de grâce pour l'Église de France, manifesté par l'essor du nombre de catéchumènes adultes ces dernières années et, plus récemment, par la saturation des séminaires propédeutiques, première étape de la formation des nouvelles vocations, Mgr Micas a confirmé que cette dynamique est clairement visible sur le terrain.

    À Lourdes même, l'évêque a souligné une nette augmentation du nombre de jeunes pèlerins, tout en précisant que l'affluence record de l'année dernière avait peut-être été amplifiée par l'Année jubilaire et en notant qu'il faudrait un peu plus de temps pour confirmer une tendance durable.

    Il perçoit également quelque chose de presque providentiel dans le fait que ce renouveau se déroule en France, pays qui compte plus d'apparitions mariales que tout autre, mais aussi l'un des plus déchristianisés d'Europe – une combinaison qui n'est pas passée inaperçue à Rome, où, selon lui, les autorités considèrent désormais l'Église française « avec beaucoup plus d'intérêt qu'au cours des dernières décennies ».

    Cet intérêt ne semble pas se limiter aux cercles ecclésiastiques. Mi-juillet, la Conférence des évêques de France et les trois diocèses hôtes ont lancé une campagne nationale de levée de fonds pour couvrir les quelque 15 millions d'euros que devrait coûter la visite, suscitant un vif intérêt auprès de donateurs bien au-delà du cercle habituel, une tendance attribuée à la récente encyclique du pape sur l'intelligence artificielle .

    L’évêque Micas a toutefois pris soin de ne pas laisser cet espoir se muer en triomphalisme, surtout après les années douloureuses marquées par une série de scandales au sein de l’Église. « La lutte contre les violences sexuelles et les scandales est un combat de longue haleine », a-t-il déclaré. « Nous n’avons pas encore réglé nos comptes avec le passé. Il nous faut donc rester extrêmement humbles. » Malgré tout, a-t-il ajouté, ce renouveau peut être perçu « comme un encouragement à persévérer sur le chemin de la vérité, le chemin de l’humilité, le chemin de la foi ».

  • Sainte Marthe (29 juillet) : une belle homélie de Mgr Léonard

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    C'est ici, dans ce podcast d'une messe célébrée à Beauraing (au début de son épiscopat) que nous transmet aimablement un ami. L'homélie commence un peu avant la 18ème minute (17,50') :

  • La gestation pour autrui (GPA) peut-elle être pratiquée de manière éthique ? (IEB)

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    Nouveauté pour l'été : 

    l'IEB inaugure ses premières capsules vidéos ! 

    Pour creuser avec vous une question d'actualité bioéthique, nous lançons des capsules vidéos, accessibles à tous et faciles à partager. 

    Tout au long de l'été, retrouvez également ces vidéos sur nos réseaux sociaux. 

    Pour chaque sujet, nous vous proposons des articles et chroniques en lien.

    La gestation pour autrui (GPA) peut-elle être pratiquée de manière éthique ? 

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