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Ethique - Page 5

  • Le pape à Bahrein : "Il ne suffit pas de dire qu’une religion est pacifique, il faut condamner et désigner les violents"

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    De Maximilien Bernard sur Riposte Catholique :

    Il ne suffit pas de dire qu’une religion est pacifique, il faut condamner et désigner les violents

    A l’occasion du « Bahrain Forum for Dialogue: East and West for Human Coexistence », le pape François a déclaré :

  • Le processus synodal comme instrument de changement de l’Église ? Dieu n’est pas présent dans ce processus synodal accablant

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    paus_straalt_hoop_uit.jpgLu sur le web de « Riposte catholique » : sur son blogue, Mgr Rob Mutsaerts, évêque auxiliaire de Bois-le-Duc (Pays-Bas), dénonce le processus synodal :

    « Le jeudi 27 octobre, le Secrétariat du Synode des évêques à Rome a présenté le document de travail pour la phase continentale du synode “Pour une Église synodale : communio, participatio, missio”. Cette déclaration a été faite lors d’une conférence de presse présidée par le cardinal Grech et tenue au centre de presse du Saint-Siège à Rome. Le document était intitulé “Augmente l’espace de ta tente” (Esaïe 54:2). Sur la base de tous les documents finaux des réunions dans les différents Continents, le Secrétariat du Synode des Évêques compile ensuite l’Instrumentum Laboris, le document de travail pour les réunions synodales de 2023 et 2024.

    Le mantra du processus est : écouter. Qui ? Tout le monde. Le document de travail contient un bon nombre de citations.

    “Ces citations ont été choisies parce qu’elles expriment de manière particulièrement puissante, belle ou précise des sentiments qui sont exprimés plus généralement dans de nombreux rapports. L’expérience synodale peut être lue comme une voie de reconnaissance pour ceux qui ne se sentent pas suffisamment reconnus dans l’Église.”

    Les contours du processus synodal sont de plus en plus clairs. Il fournit un mégaphone pour les opinions non religieuses. Le document indique où le chemin synodal devrait finalement mener :

    “Cela signifie une Église qui apprend en écoutant comment renouveler sa mission évangélisatrice à la lumière des signes des temps, afin de continuer à offrir à l’humanité une manière d’être et de vivre dans laquelle tous peuvent se sentir inclus comme protagonistes”.

    Qui sont ceux qui se sentent exclus. Par. 39 :

    ” Parmi ceux qui appellent à un dialogue plus significatif et à un espace plus accueillant, nous trouvons aussi ceux qui, pour diverses raisons, ressentent une tension entre l’appartenance à l’Église et leurs propres relations d’amour, comme : les divorcés remariés, les parents isolés, les personnes vivant dans des mariages polygames, les personnes LGBTQ, etc. “.

    En bref, ceux qui ne sont pas d’accord avec les enseignements de l’Église catholique. Ce que le document de travail semble suggérer, c’est que nous établissions une liste de plaintes et que nous en débattions ensuite. La mission de l’Église est différente. Ce qui n’est pas : examiner toutes les opinions et ensuite arriver à un accord. Jésus nous a commandé autre chose : annoncer la vérité ; c’est la vérité qui vous rendra libres. Le commentaire selon lequel l’Église ne prête aucune attention à la polygamie est particulièrement curieux. D’ailleurs, le document n’accorde aucune attention aux traditionalistes. Ceux-ci se sentent également exclus. En effet, le pape François les considère littéralement comme tels (Traditionis Custodes). Apparemment, il n’y a aucune empathie pour ce groupe.

    Jusqu’à présent, le processus synodal ressemble davantage à une expérience sociologique et n’a pas grand-chose à voir avec l’Esprit Saint censé résonner à travers tous les bruits. On peut presque dire que c’est un blasphème. Ce qui apparaît de plus en plus clairement, c’est que le processus synodal va être utilisé pour modifier un certain nombre de positions de l’Église, le Saint-Esprit étant alors également jeté dans la mêlée en tant que défenseur, même si le Saint-Esprit a réellement insufflé quelque chose de contre-intuitif au cours des siècles. Ce que l’on peut surtout retenir des séances d’écoute, c’est une foi évaporée, qui n’est plus pratiquée et qui n’accepte pas les positions de l’Eglise. Les gens se plaignent que l’Église n’accepte pas leurs points de vue. D’ailleurs, ce n’est pas tout à fait vrai. Les évêques flamands et allemands vont loin avec eux, ce qui est en fait beaucoup plus tragique. Ils ne veulent plus appeler le péché péché. Ainsi, la conversion et la repentance ne sont plus discutées.

    Comme on pouvait s’y attendre, les appels à l’admission des femmes à la prêtrise comprennent

    “le rôle actif des femmes dans les structures de direction des organismes ecclésiastiques, la possibilité pour les femmes ayant une formation adéquate de prêcher dans les paroisses, ainsi qu’un diaconat et un sacerdoce féminins”.

    Un exercice inutile étant donné que les trois derniers pontificats ont explicitement déclaré que c’était une impossibilité. En politique, tout est ouvert à la discussion et au débat. Ce n’est pas le cas dans l’Église. Il existe une chose telle que la doctrine de l’Église qui n’est pas soumise au temps et au lieu. Mais le document de travail semble vraiment tout remettre en question. Ainsi, nous lisons au paragraphe 60 :

    ” L’appel à la conversion de la culture ecclésiale, pour le salut du monde, est concrètement lié à la possibilité d’établir une nouvelle culture, avec de nouvelles pratiques et structures. “

    Et puis ça.

    “Il est demandé aux évêques de trouver les moyens appropriés pour mener à bien leur tâche de validation et d’approbation du document final et de veiller à ce qu’il soit le fruit d’un authentique parcours synodal, respectueux du processus qui s’est déroulé et fidèle aux différentes voix du peuple de Dieu dans chaque continent.”

    Apparemment, la fonction d’évêque est réduite à la simple mise en œuvre de ce qui est finalement le plus grand dénominateur commun comme résultat d’un tirage au sort d’opinions. L’éventuelle phase finale du processus synodal ne peut que ressembler à une journée champêtre. Comme on pouvait s’y attendre, tous ceux qui n’obtiennent pas ce qu’ils veulent diront qu’ils sont exclus. À l’avance, c’est une recette pour le désastre. Si tout le monde obtient ce qu’il veut – ce qui n’est pas vraiment possible – le désastre est complet. L’Église se sera alors reniée et aura dilapidé son identité.

    Lors de la présentation du document de travail, le cardinal Grech a beaucoup insisté sur le fait que la tâche de l’Église est d’agir comme un amplificateur de tout son venant de l’intérieur de l’Église, même s’il est contraire à ce que l’Église a toujours proclamé. C’était différent autrefois. À l’époque de la Contre-Réforme, l’Église ne laissait rien à désirer en termes de clarté de ses opinions. Vous convainquez les gens en défendant la foi catholique de manière argumentée et avec une pleine conviction. Vous ne convainquez personne en vous contentant d’écouter et d’en rester là. Ce qui est ennuyeux, c’est que les évêques ont reçu l’instruction d’écouter et de documenter ce qui a été dit. Ces rapports étaient ensuite collectés au niveau des églises-provinces, puis transmis à Rome. Rapports contenant les hérésies nécessaires avec la signature de la conférence des évêques. Nous ne pouvions pas faire autrement, mais je n’en suis absolument pas heureux. De nombreux cardinaux, d’ailleurs, ont également ventilé ce son à Rome, demandant encore une fois ce qu’est réellement la synodalité. Il n’y a pas eu de réponse claire.

    Jésus a adopté une approche différente. Il a écouté les deux disciples déçus sur le chemin d’Emmaüs. Mais à un moment donné, il a pris la parole et leur a fait comprendre qu’ils s’égaraient. Cela les a amenés à faire demi-tour et à retourner à Jérusalem. Si nous ne faisons pas demi-tour, nous nous retrouverons à Emmaüs et serons encore plus loin de chez nous que nous ne le sommes déjà.

    Une chose est claire pour moi. Dieu n’est pas présent dans ce processus synodal accablant. Le Saint-Esprit n’a absolument rien à voir avec cela. Parmi les protagonistes de ce processus, on trouve à mon sens un peu trop de défenseurs du mariage homosexuel, des gens qui ne pensent pas vraiment que l’avortement est un problème et ne se montrent jamais vraiment défenseurs du riche credo de l’église, voulant avant tout être aimés par leur entourage laïc. Quel manque de pastorale, quel manque d’amour. Les gens veulent des réponses sincères. Ils ne veulent pas rentrer chez eux avec plus de questions. Vous éloignez les gens du salut. J’ai depuis abandonné le processus synodal. »

  • Qui est l’homme de François au sein de l’Académie pontificale pour la Vie ?

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Il y a encore un autre jésuite dans l’équipe de François. À l’Académie pour la vie, on le connaît bien

    Dans cette escouade de jésuites que le Pape François a installé aux manettes de l’Église, dont pas moins de trois sont cardinaux, il faut encore ajouter un nom, que Settimo Cielo a coupablement omis dans son article précédent.

    C’est un nom qui circule peu. Et personne ne l’a cité, ces derniers jours, au plus fort des critiques qui se sont abattues sur l’Académie pontificale pour la Vie, alors que la personne qui porte ce nom en était en fait à l’origine.

    La polémique avait éclaté à la suite de la nomination, faite par le Pape le 15 octobre, de nouveaux membres de l’Académie, dont certains ne correspondaient que peu, voire pas du tout avec la finalité « pro vie » de l’Académie elle-même.

    La nomination la plus contestée avait été celle de l’économique américaine Mariana Mazzucato, ouvertement « pro choice » en matière d’avortement. Mais ensuite également d’un autre Américain, Alberto Dell’Oro, de Sheila Dinotshe Tlou du Botswana et du jésuite argentin Humberto Miguel Yáñez, professeur à l’Université pontificale grégorienne. C’est à ce dernier, spécialiste en pastorale de la famille, qu’on a reproché en particulier la désobéissance à l’encyclique « Humanae vitae » de Paul VI qui interdit le recours aux contraceptifs artificiels.

    Face à ces critiques, l’Académie pontificale pour la Vie, présidée par l’archevêque Vincenzo Paglia, membre historique de la Communauté de Sant’Egidio, a réagi le 19 octobre par un communiqué pour s’autojustifier, à l’enseigne du « dialogue » et de la « confrontation » entre thèses différentes, et ensuite une fois encore par un autre communiqué dans lequel on faisait savoir que Paglia, reçu en audience par le Pape François le jour même, avait reçu de lui « une pleine appréciation ».

    Aucun doute, en fait, que Paglia et le Pape soient en fait à l’origine de ces nominations. Par ailleurs, l’appréciation personnelle de Jorge Mario Bergoglio pour les positions de Mme Mazzucato en économie sont de notoriété publique.

    Mais bien peu savent qu’à l’Académie pontificale pour la Vie, il y a un autre jésuite qui, pour le Pape François, vaut et pèse bien plus que Paglia. Il se nomme Carlo Casalone. Il a 66 ans. Entre 1995 et 2008, il a été rédacteur de la revue des jésuites de Milan « Aggiornamenti Sociali » et de 2008 à 2014 supérieur de la Province d’Italie de la Compagnie de Jésus. Il enseigne aujourd’hui la théologie morale et la bioéthique à l’Université pontificale grégorienne et depuis 2013, il est Président de la Fondation Carlo Maria Martini, le célèbre jésuite et cardinal qui dans son dernier livre n’avait pas hésité à accuser « Humanae vitae » d’avoir, par son interdiction de la contraception artificielle, causé « un grand dommage » à l’Église, alors qu’il aurait fallu en revanche « une nouvelle culture de la tendresse et une approche de la sexualité plus libérée des idées préconçues ».

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  • RDC : Avec « L’Empire du silence », deux soirées pour dénoncer l’impunité autour du martyre du peuple congolais

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    Lu dans la « Libre Afrique » :

    Empire-du-silence-foule-690x450.jpg

    « Le dernier film du cinéaste belge Thierry Michel est au cœur de deux soirées spéciales : l’une ce mercredi à 20h25 sur La Une RTBF et l’autre, le 14 novembre à Bozar (Bruxelles).

    Ni repos, ni répit. Depuis près de 25 ans, des hordes de belligérants s’abattent par vagues successives sur le territoire congolais. Dans l’Est de la RDC particulièrement, la population est soumise à une insécurité permanente. Ce martyre silencieux est au cœur du dernier film de Thierry Michel.

    En trente ans de voyage au Congo, le cinéaste a accumulé une somme de témoignages, d’images d’archives et d’analyses sur le pays-continent dont le destin fut longtemps lié à la Belgique. Dans L’Empire du silence, le réalisateur belge dénonce le chaos en cours au Congo et l’insoutenable impunité de ses auteurs. Depuis plus de vingt ans, les effets dévastateurs de la guerre s’y sont étendus sans que jamais ses instigateurs nationaux et internationaux ne soient inquiétés. C’est contre cette impunité que s’érige le film relayant notamment la voix du prix Nobel de la paix congolais, le Dr Denis Mukwege.

    Le Congo face à l’appétit du Rwanda et de l’Ouganda

    La première vertu de L’Empire du silence*** est sa formidable clarté. Même un public néophyte, qui ne connaîtrait rien des méandres de l’histoire congolaise, y retrouvera son chemin. De 1990 à nos jours, le cinéaste retrace le tragique destin d’une population soumise aux exactions sans fin des innombrables factions rebelles et troupes en présence depuis plus de vingt ans sur son territoire. Singulièrement depuis 1994 et le déclenchement du génocide des Tutsis dans le Rwanda voisin, entraînant l’exode de centaines de milliers de Hutus rwandais sur les terres congolaises.

    Le cinéaste croise les témoignages d’officiels de nationalités multiples ayant œuvré au sein des Nations Unies et du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), mais aussi de civils et témoins (journalistes et responsables de la Croix Rouge congolais) pris en étau dans les territoires de l’Est du Congo convoités pour leur incroyable richesse géologique. Il met ainsi en lumière les mécanismes prédateurs qui maintiennent la population dans la terreur et ont permis à d’anciens chefs de guerre de se frayer un chemin jusqu’aux postes les plus élevés de l’armée régulière congolaise. Car si les troupes étrangères, principalement rwandaises et ougandaises, sont responsables d’attaques, pillages et actes de barbarie par milliers sur le territoire de la RDC, les troupes gouvernementales et groupes armés congolais ont également commis d’innombrables crimes de guerre en Ituri, dans le Kivu et au Kasaï.

    Le film cite souvent le rapport Mapping, réalisé en 2010, documentant plus de 600 violations, les plus graves, des droits de l’Homme et du droit international commises en RDC entre mars 1993 et juin 2003. Un rapport qui, à ce jour, est toujours « resté enfoui dans un tiroir » de l’Onu.

    Parcours de cinéma, de Charleroi à Kinshasa

    Thierry Michel connaît bien le pays pour l’avoir arpenté en long et en large depuis Le Cycle du serpent (1992) en passant par Mobutu Roi du Zaïre (1999) jusqu’à son avant-dernier film sur le Docteur Denis Mukwege rebaptisé L’homme qui répare les femmes (2015). C’est dans le sillage du combat du célèbre médecin et prix Nobel de la paix 2018 que s’inscrit L’Empire du Silence***.

    Ce onzième film, réalisé au Congo par Thierry Michel, prend la forme d’un plaidoyer en faveur de la justice transitionnelle afin que soient jugés les responsables de crimes de guerre et reconnu le droit des victimes. Il pointe le silence international, l’inaction des autorités congolaises et la complicité de nombreuses compagnies étrangères exploitant les précieux minerais congolais. Après sa présentation dans divers festivals et au cours d’une tournée au Congo organisée fin août – début septembre à Kinshasa, Bukavu, Goma et Kisangani, le film sera visible ce mercredi à 20h25 sur La Une. Sa diffusion sera suivie d’un débat à 22h15. Dans la foulée (23h25), on pourra également revoir un autre film de Thierry Michel, Enfants du hasard, tourné dans sa région natale.

    Cette soirée préfigure la participation du cinéaste aux Grandes conférences catholiques le 14 novembre à Bozar. Soirée au cours de laquelle sera retracé son parcours, de Charleroi à Kinshasa, en passant par le Brésil et l’Iran.

    Karin Tshidimba »

    Ref. RDC : Avec « L’Empire du silence », deux soirées pour dénoncer l’impunité autour du martyre du peuple congolais

    ...Dans une éternelle série na balokuta, de poker menteurs : nationale, transfrontalière et internationale, entretenant  un imbroglio dont on n’aperçoit hélàs pas la fin (JPSC).

  • Brésil : la victoire de Lula, président sans majorité

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    Lu sur le site web « aleteia » sous la signature de Jean-Baptiste Noé ( 03/11/22):

    Avec un score très étriqué, Luis Ignacio Lula da Silva parvient à se faire réélire président du Brésil, après deux premiers mandats entre 2003 et 2011 marqués par la corruption. Une victoire difficile, pour le géopoliticien Jean-Baptiste Noé, qui pronostique le mandat d’un président impuissant, tant ses marges de manœuvre sont faibles »

    « Sans surprise, Lula da Silva a été réélu président du Brésil. Sans surprise tant sa victoire était annoncée depuis des mois. Mais le score final, des plus étriqués, montre que son adhésion populaire est loin d’être au rendez-vous. Il récolte à peine 50,9% des voix contre 49,1% pour Jair Bolsonaro. Une étude cartographique des résultats montre un nord, notamment le Nordeste, acquis à la cause de Lula et un sud fidèle à Bolsonaro. Brasilia, Sao Paulo et Rio de Janeiro ont majoritairement voté pour le président sortant, quand les territoires amazoniens du nord se sont portés vers le candidat du Parti des travailleurs. Au lendemain de cette élection, le Brésil est coupé en deux, à la fois idéologiquement et géographiquement.

    Si Lula conserve une très forte base populaire dans certaines régions, nombreux sont les Brésiliens qui ne veulent pas revivre les années de corruption qui ont vu la condamnation de l’ancien président, qui a dû passer plusieurs mois par la case prison, et la destitution en 2016 de son successeur Dilma Rousseff. Pour Lula, la tâche est donc immense : il lui faut à la fois réconcilier un Brésil divisé et ne pas donner le flanc à de nouveaux problèmes de corruption, d’autant qu’un certain nombre d’enquêtes sont toujours en cours.

    Président impuissant ?

    À peine élu, son mandat est d’ores et déjà diminué. De par son âge d’abord. Âgé de 77 ans, il aura 81 ans à la fin de son mandat, ce qui rend peu probable une nouvelle candidature. Insidieusement, la course à sa succession au sein de son propre camp va se mettre en mouvement très rapidement, réduisant d’autant son autorité. Pour gagner cette élection, il a constitué une alliance électorale très large, allant de l’extrême gauche au centre droit. Si cela fut bénéfique pour assurer la victoire finale, ce sera beaucoup plus compliqué pour assurer une politique gouvernementale tant il devra maintenir ensemble des personnes qui ont des vues politiques et économiques fort différentes. Maintenir une unité gouvernementale quatre ans durant ne sera pas une mince affaire, d’autant que Lula ne dispose pas de majorité au Parlement. 

    Le Brésil a aujourd’hui une tête de Lula et un corps de Bolsonaro, ce qui réduit d’autant les marges d’action du président nouvellement élu.

    C’est en effet une particularité du système électoral brésilien : tout un ensemble d’élections se tiennent au même moment que les présidentielles, notamment celles des municipales, des gouverneurs et des députés. Or si Lula a gagné la présidentielle, c’est le parti de Bolsonaro qui a largement gagné les autres. Le Brésil a aujourd’hui une tête de Lula et un corps de Bolsonaro, ce qui réduit d’autant les marges d’action du président nouvellement élu. Le Congrès lui est hostile et le parti de Bolsonaro est très fortement implanté dans tous les échelons locaux. Face à cet état de fait politique, il va être très difficile à Lula de faire passer ses réformes, ce qui ne pourra que susciter une grande déception chez ses électeurs. Sitôt élu, il est déjà un président impuissant.     

    Quel rôle international ?

    Lula pourra se reporter sur la scène internationale pour tenter de redonner au Brésil une impulsion de leader en Amérique latine. Mais là aussi les temps ont changé depuis 2011. En Bolivie et au Venezuela, c’est une gauche plus radicale qui est au pouvoir et il n’est pas certain que les relations soient très bonnes. C’est peut-être avec le voisin nord-américain que les choses seront plus aisées. Lula est un atlantiste, favorable à la venue des entreprises américaines au Brésil, beaucoup plus aligné sur la politique étrangère de Washington que ne l’était Bolsonaro. Bien que celui-ci fut surnommé le « Trump des Tropiques », sa défaite est plutôt une bonne chose pour les États-Unis qui trouvent en Lula un partenaire plus souple et plus docile. 

    Reste la question de la France. Grâce à la Guyane, le Brésil est le pays avec lequel la France dispose de la plus longue frontière terrestre ; c’est donc notre voisin qui connaît aujourd’hui un nouveau président, ce qui ne réduira pas les nombreux contentieux : orpaillage illégal, trafic de migrants et de drogue, il y a fort à faire pour surveiller et protéger une zone grise essentielle pour la souveraineté de la France même si elle ne passionne pas trop les esprits du côté de Paris. Dans les relations transatlantiques, les dossiers ne manquent pas non plus pour le nouveau président.  

    Lire aussi :Revue de presse : Au Brésil, l’Église espère la réconciliation après les élections

    Lire aussi :Au Brésil, rien n’est trop grand pour l’archange saint Michel

    Ref.

    Brésil : la victoire de Lula, président sans majorité

  • Quand la persécution anti-chrétienne se mondialise

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    De Mauro Faverzani sur Corrispondenza Romana :

    A présent, la persécution anti-chrétienne est mondiale.

    2 novembre 2022

    Après les États-Unis, les "crimes de haine" contre l'Église catholique sont également en hausse au Canada, augmentant de 260 % en une seule année, passant de 43 en 2020 à 155 en 2021. C'est ce que révèle un récent rapport publié par l'agence gouvernementale des statistiques. 

    Il s'agit principalement de vandalismes, de profanations, de menaces envers les prêtres et d'incendies dans les paroisses, les chapelles et les oratoires. De nombreuses communautés de fidèles se plaignent de l'absence de réponse à des actes aussi odieux : les institutions responsables brillent par leur latitude, leur indifférence, leur négligence, le gouvernement et les médias n'en parlent pas et, par conséquent, n'abordent pas le problème.

    L'alarme n'est pas seulement locale : selon la directrice de l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe, Madeleine Enzbelger, la tendance du phénomène est désormais mondiale. En fait, même au-delà des frontières du Vieux Continent, les cas d'intolérance se multiplient.

    En Inde, par exemple, dans l'État d'Assam, au nord-est du pays, trois citoyens suédois munis de visas de tourisme - Annah Mikaela Bloom, Marcus Arne Henrik Bloom et Susanna Elisabeth Hakannson - ont été arrêtés puis expulsés pour avoir simplement organisé des réunions de prière. Cependant, chacun d'entre eux s'est vu infliger une amende de 500 euros pour avoir enfreint la réglementation sur les visas avant le départ. Qui plus est, le gouvernement mène actuellement une enquête à leur encontre, afin de déterminer s'ils sont également coupables du "crime" de "conversions religieuses", "une accusation sans fondement", comme l'a fait remarquer Allen Brooks, porte-parole du Forum chrétien d'Assam, dans une interview accordée à UCA News. Swetank Mishra, surintendant de la police du district de Dibrugarh, n'est pas du même avis. Il est convaincu de disposer de preuves à cet effet, notamment de photos et de vidéos. En particulier, l'article 14 modifié de la loi sur les étrangers de 1946 aurait été violé.

    En Australie, Andrew Thorburn, directeur général d'une équipe de football, l'Essendon Football Club, qui fait partie de l'Australian Football League, a été contraint de démissionner de son poste un jour seulement après avoir pris ses fonctions, au motif qu'il considérait l'homosexualité comme un péché et l'avortement comme un meurtre, conformément à sa foi chrétienne. Aucune solidarité ne lui est d'ailleurs venue de la part de la direction du club : selon The Age, son président, David Barham, l'a immédiatement confronté au choix entre ses convictions et l'équipe. La décision, qu'il a dû prendre, était douloureuse mais inévitable.

    Joel Agius a écrit dans le Spectator Australia que Thorburn a été littéralement "assailli par une rhétorique haineuse incessante de la part de fanatiques anti-chrétiens, se ralliant contre lui". Il ne s'agit pas de victimisation. Il s'agit de la persécution d'un chrétien en Occident par ceux qui prêchent souvent la tolérance. Il semble que la persécution des chrétiens fasse un retour en force". L'index est pointé, en particulier - comme l'a rapporté InfoCatòlica - contre le mouvement woke et l'idéologie de la cancel culture, étroitement liés aux cercles gauchistes et anarchistes. "Je suis profondément troublé", a déclaré l'archevêque catholique de Melbourne, Peter Comensoli, dans une interview accordée à la station de radio Talk 3AW, "C'est un fait plutôt étrange que des personnes soient jugées indignes d'atteindre le sommet en raison de leurs convictions chrétiennes. Maintenant, bien sûr, Thorburn pourrait poursuivre pour discrimination religieuse. Dans une déclaration publiée après sa démission, il a lui-même souligné que l'incident constitue indubitablement un danger, qui menace tous les croyants : "Les chrétiens continueront sans aucun doute à être persécutés dans la société de bien des manières, mais nous ne devons pas laisser cela nous décourager de continuer à vivre et à partager notre foi avec les autres", a écrit Joel Agius dans le Spectator Australia. Elle a contribué à établir une morale, mais maintenant, il y a des gens qui cherchent à changer complètement notre culture en la dépouillant de toute moralité. Les chrétiens doivent continuer à être courageux et à défendre ce en quoi ils croient, quoi qu'il arrive". Sans restrictions, sans "si" et sans "mais". En un mot, l'heure n'est pas à la paresse.....

  • Le président Biden, l'archevêque Paglia et la mortification de l'Église

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    De George Weigel sur The Catholic World Report :

    Le président Biden, l'archevêque Paglia et la mortification de l'Église

    Allons-nous maintenant avoir des hérétiques qui nient la divinité du Christ nommés comme membres du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, au nom du "dialogue" ?

    2 novembre 2022

    Aucune personne qui a travaillé à Washington pendant plus de quatre décennies, comme moi, ne peut imaginer Joseph Robinette Biden, Jr, comme l'un des couteaux les plus tranchants du tiroir. Même avec le recul de 31 ans, sa tentative d'enseigner la théorie du droit naturel au futur juge Clarence Thomas lors des auditions de confirmation de ce dernier est toujours aussi répugnante. Il s'est autodétruit lors de plusieurs campagnes présidentielles à cause de gaffes verbales (et de plagiats). Tout récit honnête de son succès dans l'obtention de la nomination démocrate de 2020 concédera qu'il a été plus ou moins consacré par la crainte que Bernie Sanders, le socialiste du Vermont qui a passé sa lune de miel dans le Moscou de la guerre froide, ne conduise le parti au bord du précipice.

    Aujourd'hui, il est évident pour toute personne ayant la moindre connaissance de la médecine gériatrique que M. Biden est atteint de troubles cognitifs. Le fardeau de l'âge s'est donc superposé à l'incapacité intellectuelle, et l'habituelle fanfaronnade de M. Biden n'est plus qu'une mince couverture pour le dysfonctionnement, l'indiscrétion et une malpropreté après l'autre. Compte tenu de ces réalités, les éthiciens peuvent débattre du degré de culpabilité morale de M. Biden pour sa politique incessante en faveur de l'avortement, qui s'est intensifiée depuis que la Cour suprême a, à juste titre, jeté Roe v. Wade à la poubelle de l'histoire jurisprudentielle en juin dernier. Objectivement parlant, cependant, M. Biden est devenu non seulement un embarras pour l'Église, mais un contre-témoin de l'Évangile que l'Église proclame.

    Sentant, avec d'autres démocrates, que les vents politiques soufflaient dans une direction défavorable alors que les élections de mi-mandat de 2022 entraient dans la dernière ligne droite, l'homme qui claironne effrontément qu'il enfoncera son chapelet dans la gorge de quiconque mettra en doute sa bonne foi catholique a annoncé que sa première action, si les démocrates contrôlaient à la fois la Chambre et le Sénat en janvier 2023, serait de "codifier" Roe v. Wade par voie législative.

    En fait, ce que M. Biden et ses partisans proposent est l'attaque la plus draconienne que l'on puisse imaginer contre le droit à la vie : une licence d'avortement à l'échelle nationale qui, au nom de menaces non spécifiées pour la "santé" maternelle, légaliserait le démembrement d'un enfant à naître jusqu'à la naissance. Le projet de loi proposé par Biden et les démocrates laisse la définition de la "santé" si vague qu'elle autorise les avortements tardifs, en cas de problèmes de "santé mentale" qui peuvent être pratiquement tout et n'importe quoi.

    En promouvant un permis de tuer pratiquement sans restriction, M. Biden s'est déclaré en dehors de la pleine communion de l'Église. Les prêtres et autres personnes qui ont dit à cet homme superficiel et mal catéchisé que sa position sur l'avortement pouvait être conciliée avec la pleine communion avec l'Église catholique portent le plus lourd fardeau de la responsabilité morale - tout comme les évêques appelés à exercer un soin pastoral pour M. Biden. Mais il ne fait aucun doute que, objectivement, le président Biden s'est mis dans une position de communion diminuée, défectueuse, avec l'Église qu'il aime. Ce qui est dommage, c'est que ce qu'il aime, il ne le connaît pas. Et l'amour sans la connaissance est un simple sentiment.

    Il y a aussi Mgr Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie. Nous étions, j'imagine, amis autrefois. Au milieu des années 1990, nous avons travaillé avec le regretté cardinal William Keeler pour faire ériger un mémorial au cardinal James Gibbons de Baltimore dans la basilique de Santa Maria in Trastevere, dont Mgr Paglia était alors le recteur. En 1887, le cardinal Gibbons a prononcé dans cette vénérable basilique, qui venait de devenir son église romaine "titulaire", un sermon qui anticipait l'enseignement du Concile Vatican II sur l'Église et l'État. Keeler et moi avons pensé que ce moment devait être commémoré, et Paglia n'aurait pas pu être plus utile pour faire aboutir le projet, suggérant même que le mémorial Gibbons soit mis en parallèle dans le sanctuaire de la basilique avec un mémorial à un autre grand défenseur de la liberté religieuse, le cardinal polonais Stefan Wyszyński, aujourd'hui béatifié.

    Mais c'était à l'époque, et nous sommes aujourd'hui. Et l'archevêque, qui a présidé à la déconstruction de l'Académie Pontificale de la Vie telle que le Pape Saint Jean Paul II l'avait créée, n'est plus l'homme que j'ai connu il y a trois décennies. Ainsi, Mgr Paglia a récemment accepté la nomination du professeur Mariana Mazzucato, une économiste pro-avortement, comme membre de l'académie pontificale, au nom d'un "dialogue interdisciplinaire, interculturel et interreligieux fructueux."

    Il s'agit là d'une absurdité des plus superficielles, voire d'une duplicité. Devons-nous maintenant avoir des hérétiques qui nient la divinité du Christ nommés comme membres du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, au nom du "dialogue" ? Ou des antisémites appelés à des postes officiels au Vatican au nom d'un "dialogue" sur le judaïsme ?

    La mortification de l'Église se poursuit. Elle nous renforcera dans la vérité, en fin de compte. Mais c'est tout de même une mortification.

    George Weigel est Distinguished Senior Fellow du Ethics and Public Policy Center de Washington, où il est titulaire de la chaire William E. Simon en études catholiques. Il est l'auteur de plus de vingt livres, dont Witness to Hope : The Biography of Pope John Paul II (1999), The End and the Beginning : Le pape Jean-Paul II - La victoire de la liberté, les dernières années, l'héritage (2010), et L'ironie de l'histoire catholique moderne : How the Church Rediscovered Itself and Challenged the Modern World to Reform (2010). Ses livres les plus récents sont The Next Pope : The Office of Peter and a Church in Mission (2020), et Not Forgotten : Elegies for, and Reminiscences of, a Diverse Cast of Characters, Most of Them Admirable (Ignatius, 2021).

  • Euthanasie : quand le Père Abbé de Fontgombault monte au créneau

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    L'homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, pour la Toussaint (source) :

    (Fontgombault, le 1er novembre 2022)

    Venite benedicti patris mei
    Venez les bénis de mon Père
    (Mt 25,34)

    Chers Frères et Sœurs,
    Mes très chers Fils,

    Deux foules peuplent les horizons de la liturgie de ce matin de Toussaint. L’épître nous associe à la joie du voyant de l’Apocalypse devant la cité céleste. La voix puissante d’un ange énumère le nombre des élus parmi les douze tribus d’Israël. Puis voici, une foule innombrable de toutes races, peuples, nations et langues qui se tiennent devant le trône de Dieu. L’évangile nous fait entendre une autre voix, celle du Seigneur, plus douce, qui invite ses contemporains, et qui nous invite, à la mise en œuvre des béatitudes comme la porte ouvrant vers une grande récompense dans les cieux.

    Comment ne pas rappeler cet autre enseignement du Seigneur évoquant le jugement de la fin des temps, et dont saint Matthieu s’est souvenu à la fin de son évangile :

    Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire… toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » (25,31-34)

    Et quel sera le critère du discernement ?

    J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! (ib. 35-36)

    La pratique des œuvres de miséricorde attire la bénédiction de Dieu : ce que vous « avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (v.40) Heureux donc les pauvres de cœur, les doux, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix. Heureux ceux qui offrent à manger et à boire à l’indigent, qui accueillent l’étranger, qui soignent et visitent le malade et le prisonnier. En mettant en œuvre sans relâche, jour après jour, l’enseignement du Seigneur, ils indiquent à leurs frères le chemin qui, de la vie dans l’éphémère temps présent, conduit à la Jérusalem céleste.

    L’accompagnement du malade, l’accès aux soins palliatifs est devenu une question importante alors que de nombreux États ont autorisé ou se préparent à rendre légale l’euthanasie. Ce faisant, l’État providence, en offrant à ses citoyens une « mort heureuse », prétend se substituer à la Providence divine qui dispose toute chose, et en particulier le moment de la mort, avec justice et amour.

    Il y a un peu plus de deux ans, la Congrégation pour la doctrine de la foi a publié un document intitulé Samaritatus bonus (1) , « Le Bon Samaritain », consacré au soin des personnes en phases critiques et terminales de vie. Je vous invite vivement à le relire intégralement et à le faire connaître. Je crois de mon devoir aussi de le citer un peu longuement ce matin dans le cadre de cette homélie.

    Ce document rappelle que :

    L’Église considère... comme un enseignement définitif que l'euthanasie est un crime contre la vie humaine parce que, par un tel acte, l'homme choisit de causer directement la mort d'un autre être humain innocent. Ceux qui adoptent des lois sur l'euthanasie et le suicide assisté sont donc complices du grave péché que d'autres commettront. Ils sont également coupables de scandale car ces lois contribuent à déformer la conscience, même des fidèles. (Cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 2286.) « les supplications de très grands malades demandant parfois la mort ne doivent pas être comprises comme l’expression d’une vraie volonté d’euthanasie ; elles sont en effet presque toujours des demandes angoissées d’aide et d’affection... » (Cong. pour la Doctrine de la Foi, Décl. Iura et bona (5 mai 1980))

    Les lois qui approuvent l'euthanasie « non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s'y opposer par l'objection de conscience...“il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes” (Ac 5, 29) ». (Jean-Paul II, Evangelium vitae (25 mars 1995), n. 73)

    La Congrégation veut aussi répondre à l’objection que l’opposition à une telle loi tiendrait aux convictions religieuses de l’individu. Il n’en est rien :

    Le droit à l'objection de conscience ne doit pas nous faire oublier que les chrétiens ne rejettent pas ces lois en vertu d'une conviction religieuse privée, mais en vertu d'un droit fondamental et inviolable de chaque personne, essentiel au bien commun de toute la société. Il s'agit en effet de lois contraires au droit naturel, dans la mesure où elles sapent les fondements mêmes de la dignité humaine et d'une vie en commun fondée sur la justice.

    Enfin, le document précise que pour conférer le sacrement de réconciliation, le confesseur doit veiller à ce que le pénitent ait une contrition. Aussi, une personne inscrite auprès d'une association pour recevoir l'euthanasie ou le suicide assisté doit montrer son intention d'annuler cette inscription avant de recevoir les sacrements. Dans le cas où le patient serait inconscient, le prêtre pourrait administrer les sacrements sous condition et seulement si le repentir peut être présumé à partir d'un signe donné précédemment par la personne malade. Ceux qui assistent spirituellement les malades ne pourraient en aucun cas rester présents au moment de l’acte, ce qui ne pourrait être interprété que comme une complicité au mal.

    Alors que l’Église nous convie à méditer en ce jour sur la beauté du Corps mystique du Christ, elle nous rappelle que nous ne sommes pas seulement les profiteurs d’un admirable échange où la sainteté des uns profite aux autres. Les âmes au purgatoire, nos frères de la terre, et tout particulièrement ceux qui sont dans l’épreuve, implorent l’aumône de notre prière. Cheminant au cœur de l’Église militante, nous avons le devoir de nous entraîner les uns les autres vers la cité céleste, d’être comme un bon ange pour notre frère. Qui comprend la sainteté de la cité céleste, n’a de cesse d’y mener son prochain.

    Que Marie, Mère de Dieu, Reine des Anges et des Saints, Mère de miséricorde et Refuge des pécheurs, intercède pour nous. Amen.

    (1) https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20200714_samaritanus-bonus_fr.html

    CDF_Samaritanus_bonus.pdf

  • Le métagénisme ou la supercherie du genre

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    Du site de la librairie en ligne Via Romana :

    La supercherie du Genre

    La supercherie du Genre

    Abbé Renaud de Sainte Marie

    10,00 € TTC
     
    Vient de paraître, en librairie le 10 novembre.

    Disponible dès maintenant sur ce site.

    Beaucoup d’opposants au Mariage pour tous le savaient. L’adoption de la loi Taubira était l’arbre qui cachait la forêt. Depuis lors, dans ces domaines qui touchent à la définition des sexes, à leur place dans la société, à la définition de la famille s’accumulent les bouleversements, certains diront les déconstructions.

    Pour inquiétant qu’il soit, ce spectacle n’est pas sans cohérence. Ce petit livre a pour ambition de dévoiler l’arrière-fond philosophique du chaos général soutenu institutionnellement à grand renfort de lois et de propagande par les gouvernements successifs de notre pays et par les institutions internationales.

    L’attaque que subissent les nations humaines est générale, et sa malice en quelque sorte inédite. Les premières victimes de cette offensive sont les plus jeunes générations, celles qui à l’école sont devenues les souris de laboratoire de théoriciens promouvant une égalité pas encore atteinte malgré cent cinquante ans de démocratie. On découvrira par ce livre pourquoi les luttes contre les discriminations sont devenues intersectionnelles.

    Face au mal qui progresse, nous ne pouvons pas rester inactifs. Mais avant d’agir, il faut comprendre, nommer. Sous nos yeux inquiets se dévoile un courant de pensée qui ne disait pas son nom, nous lui en avons donné un : le métagénisme.

    Prêtre, l’abbé Renaud de Sainte Marie a été ordonné en 2006. Titulaire d’un doctorat en philosophie, il a déjà publié La sensibilité dans la vie morale (Clovis 2009) et Le désir du bien (Téqui 2021).

  • « Oui et non » : Matteo Zuppi, un cardinal à l‘italienne créé par le pape Bergoglio

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    Le cardinal Matteo Zuppi de Bologne a présidé les vêpres solennelles traditionnelles le 28 octobre au Panthéon de Rome ( texte et photos: Edouard Pentin Blogues Edward Pentin / NCRegister)

    Le cardinal Zuppi célèbre les vêpres solennelles traditionnelles au Panthéon de Rome

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    "Bien que le cardinal italien soit plus largement connu pour son activisme social et sa proximité avec la gauche politique italienne, il est également amical avec les adeptes de la liturgie traditionnelle.

    CITÉ DU VATICAN – Malgré les restrictions du Vatican sur l'ancienne liturgie, le chef de la conférence des évêques d'Italie, connu pour son activisme social et sa proximité avec la politique de gauche italienne, a présidé ce soir les vêpres solennelles traditionnelles au Panthéon de Rome.

    Le Cardinal Matteo Zuppi de Bologne, un natif de Rome avec des liens étroits avec la communauté laïque de Sant'Egidio mais qui est également ami des adeptes de l'ancienne liturgie, a dirigé la célébration liturgique et a prononcé une courte homélie.

    Il a ensuite déclaré au Registre qu'il avait décidé de présider la liturgie parce que les organisateurs "m'avaient invité - ils m'ont invité avant que je ne devienne président de la conférence épiscopale italienne, et j'ai pensé que tout allait bien". Le cardinal Zuppi a été élu nouveau président de la conférence épiscopale le 24 mai. 

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    Lorsqu'on lui (ci-contre) a demandé s'il pensait que le motu proprio Traditionis Custodes du Pape François de juillet 2021 ,qui vise à restreindre sévèrement l'ancienne liturgie afin qu'éventuellement la liturgie réformée post-1970 puisse devenir l'« expression unique » du rite romain, était un problème, le cardinal Zuppi a déclaré : "Non, je pense que c'était une directive que le Pape a jugée utile, et elle doit être appliquée avec une grande conscience et avec une grande responsabilité".

    La liturgie de ce soir dans l'ancien temple romain vieux de 1 900 ans, consacré église catholique en 609 après JC et maintenant connue sous le nom de Basilique Sainte-Marie et des Martyrs, a été organisée par l'Institut du Bon Pasteur, une société basée en France. de vie apostolique consacrée à la messe latine.

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  • Pourquoi tant de nouveaux membres de l'Académie pontificale pour la vie sont-ils en désaccord avec l'enseignement de l'Église sur la vie et la sexualité ?

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    D'Edward Pentin sur le National Catholic Register :

    Pourquoi tant de nouveaux membres de l'Académie pontificale pour la vie sont-ils en désaccord avec l'enseignement de l'Église sur la vie et la sexualité ?

    Quatre membres récemment nommés à l'académie ont rompu avec l'Eglise sur l'immoralité de l'avortement et/ou de la contraception artificielle.

    27 octobre 2022

    Jusqu'à présent, il est apparu que deux académiciens récemment nommés membres à part entière de l'Académie pontificale pour la vie ont exprimé leur soutien public à l'avortement légalisé, un autre a préconisé l'accès universel à l'avortement et l'utilisation de la contraception artificielle chez les pauvres, et un quatrième nouveau membre, un professeur de théologie morale jésuite, a clairement indiqué qu'il soutenait la contraception artificielle dans certains cas. 

    Le pape François a également nommé au conseil d'administration de l'académie un théologien français, directeur de l'Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour le mariage et les sciences de la famille, qui a semblé promouvoir la contraception de la même manière et a approuvé les bénédictions liturgiques pour les couples homosexuels dans certaines conditions. 

    Les nominations du pape, annoncées le 15 octobre, ont semé la consternation parmi les théologiens moralistes, les juristes et les médecins catholiques qui ont fermement réprouvé ces choix comme étant contraires à l'objectif premier de l'académie. Le pape Jean-Paul II a créé cette institution en 1994 pour "défendre et promouvoir la valeur de la vie humaine et la dignité de la personne".

    Les critiques ont également fait valoir que le choix de ces membres va à l'encontre des propres statuts de l'académie, révisés en 2016, qui exigent que chaque membre ordinaire (le plus haut rang de membre de l'académie) soit choisi pour, entre autres attributs, son "service fidèle dans la défense et la promotion du droit à la vie de toute personne humaine."

    Les nouveaux académiciens, ajoutent les statuts, doivent également "s'engager à promouvoir et à défendre les principes concernant la valeur de la vie et la dignité de la personne humaine, interprétés d'une manière conforme au magistère de l'Église". Cependant, l'obligation pour les nouveaux membres de signer une déclaration promettant de défendre la vie en conformité avec le magistère de l'Église a été supprimée en 2017. 

    Le père George Woodall, théologien moral, ancien secrétaire de coordination de l'Académie pontificale pour la vie, a déclaré au Register le 26 octobre qu'en nommant ces nouveaux membres, dont un conférencier d'une université pontificale qui semble représenter l'école proportionnaliste de théologie morale qui considère le choix entre le moindre de deux maux comme moralement acceptable, les nominations avaient "provoqué anxiété et consternation". 

    "L'immoralité intrinsèque, non pas de tout meurtre de la vie humaine, mais du meurtre délibéré et direct de la vie humaine innocente, telle qu'elle est enseignée à travers les siècles, a été exprimée avec autorité dans l'encyclique Evangelium Vitae de 1995 [du pape saint Jean-Paul II]", a déclaré le père Woodall. "Ce point de départ et de référence constant semble être en danger d'être sapé par ces nominations." 

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  • Ce que j'aimerais demander à Mgr Paglia, archevêque de l'Académie pontificale pour la vie

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    De Jane Adolphe sur le National Catholic Register :

    Voici ce que j'aimerais demander à Mgr Paglia, archevêque de l'Académie pontificale pour la vie

    Le dialogue n'est-il pas censé défendre les vérités exprimées dans la loi naturelle, révélées dans l'Écriture et la Tradition et enseignées par le magistère ?

    26 octobre 2022

    L'archevêque Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie, a défendu sa décision de nommer, au nom du dialogue, de nouveaux membres qui soutiennent le "choix" de tuer les enfants à naître, et a souligné que sa dernière décision a été prise en consultation avec d'autres personnes après mûre réflexion. 

    Cela soulève quelques questions : 

    Qu'est-ce que le dialogue ? Pourquoi y a-t-il un dialogue ? Quand s'engage-t-on dans le dialogue ? Pour quelles raisons le dialogue est-il justifié ? Sur quel sujet dialogue-t-on ? Comment dialogue-t-on ? Quel est le but ou la fin du dialogue ? Qui s'engage dans le dialogue ? Quels sont les thèmes possibles du dialogue ?

    Le dialogue n'est-il pas censé défendre les vérités exprimées dans la loi naturelle, révélées dans l'Écriture et la Tradition et enseignées par le magistère ? Traitons-nous l'opposition à l'avortement comme une partie insignifiante de la tradition catholique et manquons-nous d'approfondir notre compréhension de celle-ci ? Qu'est-ce qui doit être approfondi dans le meurtre des bébés ? Quelles vérités permanentes sont latentes dans ce domaine et nous ont échappé ?

    L'Académie pontificale pour la vie a montré qu'elle devenait un partenaire trop silencieux de groupes tels que le Forum économique mondial (WEF), ses partisans dans le monde des affaires et les anciens élèves de son forum Young Global Leaders. 

    La nomination de Mariana Mazzucato, qui est "étroitement liée au Forum économique mondial" et "admirée par Bill Gates", est particulièrement scandaleuse parce qu'elle implique l'Académie pontificale pour la vie, qui a été fondée en 1994 spécifiquement pour étudier, informer et former sur "les principaux problèmes de la biomédecine et du droit, relatifs à la promotion et à la défense de la vie, surtout dans la relation directe qu'ils ont avec la morale chrétienne et les directives du magistère de l'Église".

    De telles nominations pourraient-elles conforter les critiques selon lesquelles l'académie considère de tels mouvements comme un moyen pour l'Eglise de minimiser la protection des bébés pour embrasser un ensemble de questions liées à la vie, telles que la vie et le changement climatique, la vie et les nouveaux systèmes alimentaires, la vie et COVID-19, ou la vie et les affaires ? Ou s'agit-il d'un exemple du nouveau dogme de l'"inclusivité" qui pousse à accepter des modes de vie alternatifs pécheurs ?

    Ou peut-être s'agit-il simplement d'un autre exemple de promotion des objectifs de développement durable de l'Agenda 2030 de l'ONU, comme la promotion des droits sexuels sous le couvert de la santé ? Le président de l'Académie pontificale pour la vie a-t-il oublié la Note du Saint-Siège en réponse à l'Agenda 2030 de l'ONU ? Cette note, adressée au secrétaire général de l'ONU, était sans ambiguïté : 

    "Le droit à la santé étant un corollaire du droit à la vie, il ne peut jamais être utilisé comme un moyen de mettre fin à la vie d'une personne, qui est telle de la conception à la mort naturelle." (21.b)

    Oui, nous devons soutenir le dialogue, mais ceux qui s'y engagent en tant que membres de l'Académie pontificale pour la vie doivent le faire selon les propres statuts de l'académie - par "un service fidèle dans la défense et la promotion du droit à la vie de toute personne humaine", un principe cohérent avec les vérités éternelles confiées à l'Église.

    Jane Adolphe, diplômée en droit civil (LLB/BCL) et en droit canonique (JCL/JCD), est professeur de droit à l'Ave Maria School of Law, à Naples, en Floride, avec une expertise en droit international des droits de l'homme. De 2003 à 2011, elle a travaillé pour la section des relations avec les États de la Secrétairerie d'État au Vatican, en tant que conseillère juridique extérieure des papes Jean-Paul II et Benoît XVI. Puis, en 2011, pendant les dernières années du pontificat du pape Benoît VI, elle a servi en tant qu'experte interne travaillant dans l'État de la Cité du Vatican, et a continué à occuper ce poste pendant le pontificat du pape François, jusqu'à sa démission en 2020.