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Ethique - Page 6

  • Les dommages causés à l'oecuménisme par Fiducia Supplicans

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    D'InfoCatolica :

    Koch : Nous voulions parler de Marie, mais les orthodoxes ont seulement demandé à parler de « Fiducia Supplicans »

    Cardinal Koch | © Capture d'écran d'une interview YouTube de mars 2025

    Le cardinal Koch revient dans une interview sur les succès et les échecs de l’œcuménisme.

    Koch : Nous voulions parler de Marie, mais les orthodoxes ont seulement demandé à parler de « Fiducia Supplicans »

    Les orthodoxes « étaient convaincus qu'ils ne pourraient pas poursuivre le dialogue si l'Église catholique enseignait une telle chose ». Le cardinal souligne à nouveau que cela constitue un obstacle majeur au dialogue lui-même.

    Il y a deux semaines, le cardinal Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, a accordé une interview au journal Katholisch dans laquelle il a parlé des succès et des revers des dernières années dans le domaine œcuménique, de la vision du pape Léon XIV pour l'unité des chrétiens et des raisons pour lesquelles, malgré de nombreux obstacles, il reste convaincu que le désir d'unité reste l'essence de la foi.

    Deux réflexions sur « l’échec » ont suscité beaucoup d’intérêt,

    • L’une est fondamentale, et c’est la conception différente de l’œcuménisme, qui pour un catholique est, même s’il ne le dit pas, la réintégration des autres Églises, tandis que pour les protestants c’est marcher ensemble vers quelque chose qui serait l’Église.
    • Et l'autre, un échec récent avec les orthodoxes, "Fiducia Supplicans" , fondamentalement parce qu'ils l'ont bien compris, comme tous les catholiques de rite non latin, ou ceux d'Afrique ou de nombreuses conférences épiscopales du monde et n'ont pas avalé les interprétations incroyables du cardinal Fernandez.

    La question des Fiducia Supplicans et des orthodoxes, ainsi que les références constantes du préfet à ce sujet, préoccupent les experts du dialogue œcuménique. Le cardinal l'avait déjà exprimé de manière quasi identique dans une interview accordée à Kath.net il y a deux mois, et notamment en mai, lorsque les orthodoxes se sont retirés du dialogue, attendant une explication sur les bénédictions qui ne sont pas des bénédictions pour les couples non mariésIl a ensuite raconté que, lors de l'assemblée plénière du groupe de dialogue avec les chrétiens orthodoxes orientaux, il avait sollicité une réponse du cardinal Victor Fernández concernant les préoccupations de ces derniers et l'avait même invité à une réunion avec la commission. « Cependant, il n'a pas pu y assister, l'assemblée plénière de son propre dicastère se tenant simultanément. Il a alors envoyé une réponse écrite », poursuit Koch, « mais les orthodoxes orientaux l'ont jugée insuffisante. J'ai donc de nouveau demandé au cardinal de répondre aux questions en suspens. »Il a déclaré dans l' interview  accordée à Katholisch :

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  • Le MR et Les Engagés sont favorables à l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution

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    Y a-t-il encore quelque chose de bon à attendre de notre classe politique et en particulier des Engagés, ce produit dérivé et dénaturé de ce qui fut jadis le Parti Social Chrétien ?

    De Martine Dubuisson sur le site du Soir :

    MR et Les Engagés favorables à l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution

    En échange de son soutien à la suppression du Sénat, le PS demande à la majorité de constitutionnaliser le droit à l’avortement. MR et Engagés sont d’accord.

    Vendredi, dans Le Soir, le président du PS annonçait que son parti accepterait de voter la suppression du Sénat, voulue par la majorité Arizona, mais qu’il conditionnait le soutien socialiste (depuis l’opposition) à un préalable majeur : l’inscription dans la constitution du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Cela, sachant que le vote du PS est indispensable pour supprimer le Sénat, puisque cela requiert une majorité des deux tiers afin de modifier la Constitution, et que le gouvernement De Wever ne demande pas l’appui des partis extrémistes (Vlaams Belang et PTB).

    Les partis de la majorité sont-ils prêts à inscrire l’IVG comme droit fondamental dans la Constitution ?

    Au MR, oui. Puisque, nous confirme le chef de groupe à la Chambre, Benoît Piedboeuf, le parti libéral a déposé une proposition de loi au Parlement en vue d’inscrire dans la Constitution le « droit à disposer de son corps », qui ne concerne pas que l’avortement mais aussi l’euthanasie… Du côté des Engagés, aussi, on se dit « favorable au principe de faire entrer le droit à l’avortement dans la Constitution, ce point est dans notre programme électoral. »

    Si cela ne devrait pas davantage poser de problème aux socialistes flamands, nous n’avons pas obtenu de réponse de la N-VA et du CD&V, les partis de la majorité Arizona susceptibles d’être plus frileux en la matière. Mais d’aucuns regrettent « les petits jeux du PS » dans le cadre du dossier de la suppression du Sénat...

  • « Nous ne pouvons pas continuer, en tant qu’Église, à nous enfoncer davantage dans la confusion » (Mgr Schneider)

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    D'InfoVaticana :

    « Assez de confusion » : l’évêque Schneider demande à Léon XIV une réponse claire sur la foi

    Dans une interview exclusive avec Per Mariam, l'évêque Athanasius Schneider a averti que l'Église catholique connaît « une confusion de foi sans précédent » et a demandé au pape Léon XIV un acte magistériel qui réaffirmerait la doctrine et restaurerait la clarté perdue au cours des dernières décennies.
    « Le pape doit affermir toute l’Église dans la foi ; c’est sa première tâche », a rappelé Schneider, « une mission que Dieu lui-même a confiée à Pierre et à ses successeurs. »
    Le prélat, auxiliaire d'Astana (Kazakhstan), a souligné que l'Église est « plongée dans un brouillard doctrinal » qui affecte la foi, la morale et la liturgie, affaiblissant ainsi l'identité catholique. « Nous ne pouvons pas continuer à avancer dans la confusion. Cela va à l'encontre du Christ lui-même et de l'Évangile. Le Christ est venu nous apporter la vérité, et la vérité signifie la clarté », a-t-il affirmé avec fermeté.Pour Schneider, la solution réside dans un geste public du pape réaffirmant l'intégrité de la foi catholique. À cet égard, il a proposé un document similaire au Credo du Peuple de Dieu promulgué par saint Paul VI en 1968, en pleine crise postconciliaire.
    Après plus de cinquante ans, la confusion s'est accrue, au lieu de diminuer, surtout durant le dernier pontificat. Un tel acte constituerait l'un des plus grands gestes de charité du pape envers ses enfants spirituels et ses frères évêques.

    « Fiducia Supplicans » et la confusion autour des bénédictions pour les couples de même sexe

    Interrogé sur le document Fiducia Supplicans et les récentes déclarations du pape Léon XIV sur l'« accueil des personnes », Schneider s'est montré catégorique. Selon lui, le texte du Dicastère pour la doctrine de la foi « doit être aboli » car il introduit une ambiguïté sur une question morale essentielle à la vie de l'Église.
    Le document fait expressément référence aux “couples de même sexe”. Bien qu’il affirme que ce ne sont pas leurs relations qui sont bénies, mais les personnes elles-mêmes, elles sont indissociables. C’est un jeu de mots qui prête à confusion et suggère que l’Église approuve de telles unions.
    L'évêque a rappelé que l'Église a toujours béni les pécheurs qui cherchent sincèrement la conversion, mais n'a jamais béni une situation contraire à la loi de Dieu. « Nous ne pouvons pas bénir ce qui contredit la création et la volonté divine », a-t-il souligné.
    Dieu accepte tout le monde, mais appelle à la repentance. Accepter les pécheurs sans les inviter à changer n'est ni la voie de Dieu ni celle de l'Évangile.
    Le prélat a expliqué que le véritable accueil chrétien consiste à accompagner avec charité ceux qui souhaitent abandonner le péché, et non à les confirmer dans leur erreur. « Nous devons leur dire : "Vous êtes les bienvenus, mais ce que vous vivez ne correspond pas à la volonté de Dieu. Nous vous aiderons à échapper au mal, même si cela prend du temps." Voilà le véritable amour », a-t-il souligné.Enfin, il a mis en garde contre la participation de clercs ou de fidèles à des mouvements qui cherchent à modifier la morale révélée :
    Nous ne pouvons pas participer à des organisations qui visent à modifier les commandements de Dieu. Soutenir leurs objectifs serait une trahison de l'Évangile et de la mission de l'Église de sauver les âmes.

    « Marcher ensemble » signifie pèlerinage vers le Christ, et non s’adapter au monde

    Concernant le concept de « marcher ensemble », si souvent répété dans le processus synodal, Schneider a averti que sa véritable signification a été déformée et doit revenir à ses racines christologiques.
    La synodalité signifie cheminer vers le Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie. L'Église ne peut pas parler pour elle-même, mais transmet fidèlement ce que le Christ a révélé.
    L'évêque a expliqué que l'Église est militante, appelée à combattre l'erreur, le péché et la confusion spirituelle. « L'Église sur terre est une Église combattante. Nous luttons contre nos mauvais penchants, contre le diable et contre l'esprit du monde », a-t-il rappelé, citant saint Paul et saint Jean.Pour Schneider, le sens de « marcher ensemble » ne consiste pas dans l’écoute sociologique ou l’adaptation au monde, mais dans la communion des fidèles qui cheminent vers la Jérusalem céleste.
    « Marcher ensemble signifie avancer comme un cortège de croyants qui savent en qui ils ont cru, qui professent clairement la vérité et l’expriment dans la beauté de la liturgie. »
    Le prélat a également mis en garde contre la présence de « faux prophètes au sein de la communauté ecclésiale » qui égarent les fidèles du droit chemin. Il a donc appelé à la vigilance et à la fermeté doctrinale.
    « La synodalité doit servir à proclamer plus clairement la beauté de la vérité du Christ et à éviter toute ambiguïté. L'Église doit adorer Dieu par une liturgie digne et sacrée, témoignage visible de sa foi », a-t-il insisté.
    Le Seigneur n'a pas dit : “Écoutez les gens et demandez-leur leur avis.” Il a dit : “Allez proclamer la vérité.” Le pape et les évêques ont la lourde tâche de proclamer la vérité avec amour et fermeté, pour libérer l'humanité du mal.

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  • Italie : le document sur les homosexuels qui ébranle l'Église

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    D'Andrea Morigi sur Libero Quotidiano :

    Italie : le document sur les homosexuels qui ébranle l'Église

    24 octobre 2025

    La prière commune lors des Gay Pride est la dernière avancée franchie par les évêques italiens. Ils les qualifient de « bonnes pratiques pastorales » dans le document final de la Troisième Assemblée synodale des Églises d'Italie, à tel point qu'ils se fixent comme objectif d'initier « de nouveaux parcours de formation aux relations, à la corporéité, à l'affectivité et à la sexualité – prenant également en compte l'orientation sexuelle et l'identité de genre – en particulier pour les préadolescents, les adolescents, les jeunes et leurs éducateurs ». C'est une invitation aux Églises locales à « surmonter les attitudes discriminatoires parfois répandues dans les milieux ecclésiaux et dans la société, et à s'engager à promouvoir la reconnaissance et le soutien des personnes homosexuelles et transgenres, ainsi que de leurs parents, qui appartiennent déjà à la communauté chrétienne ». Quant aux hiérarchies, on espère que « la CEI soutiendra par la prière et la réflexion les journées promues par la société civile pour combattre toute forme de violence et témoigner sa solidarité avec ceux qui sont blessés et discriminés (Journées contre la violence et la discrimination de genre, la pédophilie, le harcèlement, le féminicide, l'homophobie et la transphobie, etc.). » C'est précisément ce « etc. » qui suscite les plus grandes inquiétudes parmi les croyants engagés.

    Si le pape François en avait assez de la « pédémania » généralisée dans le monde ecclésiastique (surtout dans le monde ecclésiastique), son successeur adopte une attitude encore plus déterminée : « En ces temps difficiles et confus, où l'on présente aux jeunes tant de contre-modèles d'unions, souvent éphémères, individualistes et égoïstes, aux fruits amers et décevants, la famille telle que le Créateur l'a voulue peut paraître dépassée et ennuyeuse », a déclaré le Saint-Père le 1er octobre dernier dans un message à l'évêque de Séez, en France, à l'occasion de la mémoire liturgique de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Saint-Face. Léon XIV citait en exemple Louis et Zélie Martin, parents de la sainte carmélite. L'écrivaine et journaliste Costanza Miriano, animatrice de Monastero Wi-fi, le cite également, s'adressant aux « évêques improbables qui s'apprêtent à signer un document synodal véritablement indigne de la grandeur de l'Église » car il « assume tous les dogmes d'une pensée unique sur l'identité sexuelle et l'affectivité, comme si la Parole de Dieu n'existait pas, ou pire, comme s'il s'agissait d'un produit culturel à actualiser, comme si le Catéchisme de l'Église catholique était une plaisanterie, comme si la Théologie du Corps était une erreur de parcours, Humanae Vitae une tache du passé… » Elle leur adresse donc un appel pour le 25 octobre, date à laquelle le document doit être approuvé : « Ne signez pas le document synodal contenant ces mensonges. Si vous ne voulez pas écouter mon appel, qui, j'en suis absolument certaine, est aussi celui d'un grand nombre de compagnons de route, écoutez votre pasteur, écoutez au moins les paroles que le pape Léon XIV a écrites à l'occasion du dixième anniversaire de la canonisation. Le Pape les a qualifiés de « couple exemplaire » qui « témoigne du bonheur ineffable et de la joie profonde que Dieu accorde, dès ici-bas et pour l'éternité, à ceux qui s'engagent sur ce chemin de fidélité et de fécondité ».

    Il a également conseillé aux familles de « persévérer avec courage sur le chemin, parfois difficile et compliqué, mais lumineux, que vous avez entrepris. Avant tout, placez Jésus au centre de vos familles, de vos activités et de vos choix. Aidez vos enfants à découvrir son amour et sa tendresse infinis, et efforcez-vous de lui faire aimer à son tour comme il le mérite. » Certains prêtres sont même prêts à des gestes spectaculaires, comme réciter publiquement le Rosaire devant le siège de la CEI. D'autres, comme le père Giuseppe Forlai, auteur d'un ouvrage au titre éloquent « Réflexions sur l'évaporation du christianisme », s'interrogent sur le processus qui a conduit à cette synthèse : « L'Église italienne a renoncé depuis plusieurs années à annoncer l'Évangile, même lorsque celui-ci semble dépassé ou laborieux. » Ainsi, « il semble presque qu'il faille plaire à tout prix. » On propose des solutions partielles, sans vision, répétant des slogans banals et éculés qui cachent une grave incapacité à réfléchir, à développer de véritables chemins de réconciliation et de catéchuménat pour ceux qui traversent des situations difficiles ou qui ne sont pas en harmonie avec la morale de l'Église. Mais « accueillir ne signifie pas justifier des modèles de vie incompatibles avec l'anthropologie chrétienne ».

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  • Le marchandage stupéfiant que Paul Magnette se propose d'imposer au monde politique belge

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    Dans le Soir de ce jour (p. 5), cette info stupéfiante sur le marchandage que Paul Magnette se propose d'imposer au monde politique belge : 

    Supprimer le Sénat ? Le PS est d’accord… si l’on inscrit le droit à l’IVG dans la Constitution

    Les voix du PS, dans l’opposition, sont nécessaires pour voter la suppression du Sénat voulue par la majorité Arizona. En échange de son soutien, le parti de Paul Magnette exige l’inscription dans la Constitution du droit à l’avortement.

    (...) « Je le pose en préalable car ils ont besoin de nos voix » « Nous posons une condition : nous soutiendrons la suppression du Sénat seulement si la majorité accepte de constitutionnaliser le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) », nous révèle en effet Paul Magnette. « Le but n’est pas de bloquer la suppression du Sénat, nous sommes d’accord sur le principe, je l’avais proposé moi­même. Ce n’est donc pas une manœuvre dilatoire, mais la majorité a besoin de nous. Que peut-­on demander en échange ? Dans la continuité de notre combat et dans un contexte où le droit à l’avortement est menacé de toutes parts – aux Etats­-Unis bien sûr, mais en Italie on rend les conditions de plus en plus difficiles, sans parler de la Pologne ou de la Hongrie –, réaffirmer que l’IVG est un droit fondamental est pour nous une déclaration de principe extrêmement importante. C’est un droit fondamental qui doit figurer dans la Constitution. C’est le moment de le constitutionnaliser. »

    Concrètement : « On n’entamera pas les travaux sur la suppression du Sénat tant qu’on n’a pas la garantie de l’inscription de ce droit fondamental dans la Constitution. Nous serions le deuxième pays d’Europe, voire du monde, à le faire, après la France. Nous voulons donc un accord politique et que l’on vote d’abord le droit à l’IVG avant de voter la suppression du Sénat. Je le pose en préalable car ils ont besoin de nos voix. »

    Que l’on comprenne bien : il s’agit de faire inscrire le principe du droit à l’avortement dans la Constitution, pas ses modalités. Ces modalités continueront, elles, à être débattues en commission, dans la foulée du rapport des experts préconisant l’autorisation de l’IVG jusqu’à 18 semaines (ce que refusent le CD&V et la N­VA), la suppression du délai d’attente, la dépénalisation complète… Comme en France, la Constitution prévoirait donc sobrement que l’IVG est un droit fondamental pour toutes les femmes et que la loi en fixe les modalités.

    « Dix chances sur dix »

    Et Paul Magnette se montre optimiste (question de stratégie toujours…) : « Certains partis ont des réticences sur le nombre de semaines durant lequel l’avortement est autorisé, mais personne ne semble remettre en cause l’IVG ellem-ême. » Il se donne donc « dix chances sur dix » d’arriver à la faire inscrire dans la Constitution, même s’il n’en a pas encore parlé aux autres formations. « A priori, aucun parti ne devrait refuser. » ...

  • Belgique : Siska (26 ans) sera bientôt euthanasiée pour trouble dépressif sévère

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    En Belgique, la jeune Siska sera bientôt euthanasiée à 26 ans pour trouble dépressif sévère

    22 octobre 2025

    Siska De Ruysscher, une jeune Belge de Flandre-Orientale, a eu 26 ans le 17 octobre. Suicidaire depuis ses 13 ans, elle a demandé à être euthanasiée. Avant l’injection qui mettra fin à ses jours, dans quelques semaines, elle raconte son histoire avec l’espoir d’une prise de conscience collective et d’une amélioration de la prise en charge des autres patients.

    Suicidaire depuis ses 13 ans, Siska a enchaîné les passages à l’acte

    Victime de harcèlement dès l’école maternelle, Siska souffre de profonde dépression depuis ses 13 ans. Elle a fait sa première tentative de suicide à 14 ans, et aura tenté une quarantaine de fois, au total, de mettre fin à ses jours (cf. Stimulation cérébrale profonde : trois Espagnols renoncent à l’euthanasie).

    Elle décrit les symptômes de la dépression profonde : « Mon corps, comme mon psychisme, n’en peut plus. Je suis épuisée. Travailler ne m’est plus possible, les plus petites choses du quotidien : se lever, s’habiller, ouvrir les volets… sont des obstacles insurmontables » (cf. Une adolescente qui voulait être euthanasiée traitée par neuromodulation).

    Siska dénonce les insuffisances du système de soins psychiatriques belge

    La jeune femme essaie de soigner ses troubles mentaux depuis ses 13 ans, aujourd’hui elle ne peut que déplorer les manquements dans la prise en charge des troubles psychiatriques en Belgique. De nombreux patients doivent attendre des mois avant de pouvoir commencer un suivi. Les hospitalisations de longue durée en psychiatrie présentent de nombreuses failles. La jeune femme a dû côtoyer des personnes souffrant de troubles dépressifs graves, de troubles du comportement, de toxicomanie ou qui sortaient de centres de détention pour mineurs. Elle explique que les patients « s’entraînent les uns les autres, et certains prennent un mauvais chemin ».

    A 17 ans, Siska a dû passer plusieurs semaines en cellule d’isolement. Il n’y a pas suffisamment de personnel pour veiller à la sécurité du patient, alors celui-ci doit dormir sans oreiller ni couverture. Siska y a terriblement souffert de la solitude, alors que justement, elle avait besoin de soutien. « La porte est verrouillée et tu dois attendre qu’on vienne te chercher (…) ils n’ont pas le temps de venir s’occuper de toi ».

    Peu avant son euthanasie, la jeune femme espère que son discours entraînera une prise de conscience

    Siska ne voit aucune issue. Elle a demandé une euthanasie qui lui a été accordée (cf. Belgique : une victime des attentats euthanasiée à 23 ans). La date est fixée, l’administration d’une substance létale aura lieu dans les prochaines semaines.

    D’ici là, Siska souhaite porter un message en faveur d’une meilleure prise en charge des patients atteints de maladies psychiatriques : « Indépendamment de mon parcours, beaucoup de choses peuvent être différentes et meilleures ».

    « C’est très difficile, surtout pour mon entourage. J’utilise le peu d’énergie et de force qui me restent pour encourager les autres à raconter leur histoire. J’espère ainsi que le mouvement prendra de l’ampleur et marquera le début d’un changement. »

    Sources de la synthèse de presse : VRT, Jens Van Reet et Joppe De Hert (15/10/2025) ; RTL info (18/10/2025)

  • "Dilexi te" : Léon XIV vs Léon XIII ?

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    De sur le Catholic Thing :

    Léon XIV contre Léon XIII

    23 octobre 2025

    Le pape Léon XIV a pris son nom pour signaler sa proximité avec Léon XIII, et pourtant dans sa récente exhortation apostolique, Dilexi te, ses déclarations semblent parfois en contradiction avec celles de son prédécesseur : sur la racine des maux sociaux, la remédiation à la pauvreté et la propriété privée.

    Pour Léon XIV, la racine des maux sociaux est l'inégalité. Réaffirmant François, il déclare : « Je ne peux qu'affirmer une fois de plus que l'inégalité est la racine des maux sociaux. » (n. 94). Mais pour Léon XIII, dans sa première encyclique, « Sur les maux de la société » ( Inscrutabili Dei consilio ), la racine des maux sociaux est plutôt le rejet du christianisme par les pouvoirs civils : « La source des maux [sociaux] réside principalement dans le fait que la sainte et vénérable autorité de l'Église, qui gouverne les hommes au nom de Dieu, soutenant et défendant toute autorité légitime, a été méprisée et mise de côté. » (n. 3)

    La différence n'est pas négligeable, car si le christianisme n'est pas nécessaire, pour éliminer les maux sociaux, il suffirait aux pouvoirs civils d'éradiquer les « structures du péché », c'est-à-dire les structures d'inégalité. Mais si le christianisme est nécessaire, alors la politique la plus importante pour un pouvoir civil serait clairement d'encourager, ou du moins de créer les conditions propices à la croyance et à la pratique chrétiennes (par exemple, en facilitant, et non en empêchant, l'inscription des enfants dans des écoles religieuses).

    Dans Rerum novarum, Léon XIII enseignait que la quête d'égalité est un rêve irréaliste du socialisme : « Il faut accepter la situation inhérente aux affaires humaines, car il est impossible de réduire la société civile à un niveau insignifiant. Il existe naturellement parmi les hommes de multiples différences, des plus importantes ; les individus diffèrent par leurs capacités, leurs compétences, leur santé, leur force ; et l'inégalité des fortunes est une conséquence inévitable de l'inégalité des conditions. » (n. 17)

    Si l'on répondait que l'inégalité visée par Léon XIV, à la suite de François, ne concerne pas les revenus et les biens, mais le statut juridique et le respect de la dignité humaine, alors la nature de la « pauvreté » changerait radicalement, et les plus pauvres de nos sociétés seraient les enfants à naître, car ce sont eux dont l'égale dignité humaine est le plus largement niée, partout dans le monde. Il s'ensuivrait que l'« option préférentielle pour les pauvres » de l'Église devrait se traduire par la primauté de la cause pro-vie.

    En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, rappelons que Léon XIII était bien informé sur la science économique contemporaine par l'intermédiaire de son assistant, le Père Matteo Liberatore, SJ.

    L’œuvre d’Adam Smith commence précisément par le constat que certains pays parviennent à sortir de la pauvreté, et d’autres non, et qu’est-ce qui explique cette différence ?

    Aujourd'hui, les cours d'économie commencent souvent par une présentation du graphique en forme de crosse de hockey, qui illustre la croissance économique mondiale fulgurante des 300 dernières années, et posent la question : qu'est-ce qui l'explique ? La réponse, acceptée par le Père Liberatore et le pape Léon XIII, réside dans le respect du droit à la propriété privée par le pouvoir civil et dans la reconnaissance de la primauté des individus et des familles sur l'État dans leur activité économique, autrement dit dans un marché libre et une société libre. L'État a pour rôle de corriger les abus, tels que les horaires de travail excessivement longs, mais, en général, une bonne administration de l'État devrait suffire. (nn. 32-33)

    Mais la position de Léon XIV semble nier l'importance de ce graphique en forme de crosse de hockey : « L'affirmation selon laquelle le monde moderne a réduit la pauvreté est faite en mesurant la pauvreté avec des critères du passé qui ne correspondent pas aux réalités actuelles » (n. 13). La pauvreté doit être définie, insiste-t-il, non pas de manière absolue, mais par rapport au niveau de vie d'une nation particulière.

    Mais si les processus de marché créateurs de richesses n'ont pas réduit la pauvreté (selon cette conception), il s'ensuit que toute confiance dans leur capacité à continuer de le faire à l'avenir ne peut être que le produit de pures « idéologies ». Celles-ci sont présentées de manière fallacieuse, de sorte qu'elles ne correspondent à aucune position défendue par une personne responsable aujourd'hui : par exemple, la « défense de l'autonomie absolue du marché » (92) et l'idée selon laquelle « la pensée économique nous oblige à attendre que les forces invisibles du marché résolvent tout » (ibid.).

    Cette apparente fermeture au libre marché est d'autant plus déconcertante qu'à la fin de son exhortation, où Léon XIV appelle à l'aumône, il commence par dire qu'il vaut mieux trouver un travail pour un pauvre que de lui faire l'aumône (n. 115). Or, il est évident que nous ne pouvons trouver du travail aux pauvres sans que quelqu'un d'abord le crée. Ainsi, il semble que, pour servir les pauvres, l'esprit d'investissement et d'entreprise, à l'œuvre dans un marché bien régulé, serait encore meilleur que l'aumône.

    Léon XIV semble également différer de Léon XIII sur la centralité du droit naturel à la propriété privée. Léon XIII croyait que les pauvres comme les riches étaient rongés par la cupidité, et que, pour les pauvres, cette cupidité se manifestait souvent par un simple désir de prendre aux riches pour subvenir à leurs besoins, plutôt que de travailler pour acquérir un bien à échanger.

    En revanche, la lettre Dilexi te de Léon XIV contient ce qui suit : « C'est pourquoi chacun a le droit de posséder une quantité suffisante des biens de la terre pour lui-même et sa famille. [...] Les personnes en situation d'extrême nécessité ont le droit de prendre ce dont elles ont besoin dans les richesses des autres. » (ellipse dans l'original)

    La deuxième phrase est une citation de Gaudium et spes (n° 69), où une note de bas de page fournit toutes les précisions nécessaires, ainsi qu'une référence à Thomas d'Aquin, afin d'éviter toute interprétation malveillante. Aucune note de ce type n'est fournie ici. De plus, le langage des Pères conciliaires est subtil (sibi procuret) et ne signifie pas clairement « prendre ».

    Mais maintenant, combinez cette déclaration, sans réserve, avec l'idée qu'il n'existe pas de norme absolue de pauvreté, et donc pas de norme absolue d'extrême nécessité – et le résultat est pour le moins troublant.

    Sur les maux sociaux, la pauvreté et la propriété – si seulement les Léon rugissaient à l'unisson !

  • Le cardinal néerlandais Eijk : la communion pour les divorcés remariés seulement s'ils sont chastes

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    De kath.net/news :

    Le cardinal néerlandais Eijk : la communion pour les divorcés remariés seulement s'ils sont chastes

    22 octobre 2025

    L'archevêque métropolitain d'Utrecht : « Les couples divorcés remariés civilement dans une seconde union ne peuvent recevoir la communion à l'église que s'ils n'ont pas de rapports sexuels. »

    Rome (kath.net) « Les couples divorcés remariés civilement et engagés dans une seconde union ne peuvent recevoir la communion à l'église que s'ils n'ont pas de relations sexuelles. » C'est par cette déclaration claire et sans ambiguïté que le cardinal Willem Jacobus Eik, archevêque métropolitain d'Utrecht, a répondu hier aux questions des journalistes lors de la présentation de son nouveau livre « Le lien d'amour : enseignement catholique sur le mariage et l'éthique sexuelle », qui s'est tenue à l'Athénée pontifical Regina Apostolorum. Le portail catholique privé « Silere non possum », basé au Vatican et apparemment géré par des initiés du Vatican, a rapporté l'information.

    Le cardinal a abordé précisément ce qu'il a appelé « un problème souvent débattu aujourd'hui » : la question des divorcés remariés et de leur capacité à participer à l'Eucharistie. « Le paragraphe 84 du Familiaris Consortio de saint Jean-Paul II stipule que, dans de tels cas, il convient de s'abstenir de relations sexuelles », a rappelé Eik. « Pourquoi ? Parce qu'un mariage civil n'est pas un lien régulier ; ce n'est pas un mariage valide tant que l'alliance du premier mariage sacramentel est encore valable. C'est là tout l'enjeu », a-t-il expliqué, se référant à l'enseignement de Jean-Paul II et à la doctrine catholique sur le lien sacramentel indissoluble du mariage.

    Le cardinal a ensuite rappelé la dimension théologique de la question, affirmant qu'elle ne saurait se réduire à une question purement disciplinaire ou pastorale. « Certaines personnes vivent cette situation, mais souhaitent néanmoins aller à l'église et recevoir les sacrements. C'est, bien sûr, difficile. Le Christ se donne totalement à nous dans le sacrement de l'Eucharistie, et nous aussi devons nous donner totalement à lui. Et si cela fait défaut au mariage, la communion ne peut être reçue », a-t-il expliqué, réaffirmant le lien profond entre l'Eucharistie et le sacrement du mariage.

    Le cardinal a réaffirmé la nécessité d'une cohérence sacramentelle tout en précisant que l'Église n'exclut pas les personnes dans de telles situations. « Silere non possum » rapporte : « Bien sûr, les personnes dans de telles relations sont chaleureusement accueillies dans l'Église. Elles peuvent participer à nos liturgies et à nos activités caritatives. Mais elles ne peuvent pas communier pour les raisons que j'ai expliquées. » Être accueilli n'implique pas un droit absolu à recevoir un sacrement. Eik a également décrit la pratique pastorale de son Église : « Aux Pays-Bas, nous procédons ainsi : ces personnes peuvent également s'approcher du prêtre pendant l'Eucharistie, mais les bras croisés, et recevoir une bénédiction. Je dois dire que cela fonctionne dans de nombreux cas. Cela contribue à atténuer le sentiment d'exclusion ; cela semble être une solution satisfaisante : nous aussi pouvons nous approcher du prêtre ; nous pouvons nous avancer pendant l'Eucharistie comme les autres ; nous ne sommes pas obligés de rester assis, mais nous pouvons venir recevoir une bénédiction. »

    Autres articles de kath.net sur le cardinal Eijk :voir le lien.

    Photo d'archive Cardinal Eijk © Archidiocèse d'Utrecht

  • Saint Jean-Paul II "le géant de Dieu" (22 octobre)

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    D'"Evangile au Quotidien" :

    St Jean-Paul II

    Saint Jean-Paul II
    « Le Géant de Dieu »
    Pape (263e) de 1978 à 2005

     « Au vu de la dimension extraordinaire avec laquelle ces Souverains Pontifes ont offert au clergé et aux fidèles un modèle singulier de vertu et ont promu la vie dans le Christ, tenant compte des innombrables requêtes partout dans le monde, le Saint-Père François, faisant siens les désirs unanimes du peuple de Dieu, a disposé que les célébrations de saint Jean XXIII, Pape, et de saint Jean-Paul II, Pape, soient inscrites dans le Calendrier Romain général, la première le 11, la deuxième le 22 octobre, avec le degré de mémoire facultative. […] »

    De la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 29 mai 2014, solennité de l’Ascension du Seigneur.

    « Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! 

    Ces paroles mémorables, prononcées le 22 octobre 1978 dans l’homélie du début du pontificat (>>> Vidéo Extraits du discours du Pape) restent, désormais, sculptées dans les cœurs de tous les chrétiens et des hommes de bonne volonté du monde entier.

    Ce que le Pape demandait à tous, lui même l’a fait en premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant, avec la force d’un géant qui venait de Dieu, une tendance qui pouvait sembler irréversible.

    Karol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d'octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d'Émilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932 ; leur père, ancien sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant la naissance de Karol.

    Il fut baptisé le 20 juin 1920, dans l'église paroissiale de Wadowice, par le prêtre François Żak, fit sa Première Communion à neuf ans et reçut la Confirmation à dix-huit ans. Ses études secondaires près l'École Marcin Wadowita de Wadowice achevées, il s'inscrit en 1938 à l'Université Jagellon de Cracovie et à un cours de théâtre. L'Université ayant été fermée en 1939 par l'occupant nazi, le jeune Karol dut travailler sur un chantier de l'usine chimique Solvay afin de gagner sa vie et d'échapper à la déportation en Allemagne.arol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d'octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d'Émilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932 ; leur père, ancien sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant la naissance de Karol.

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  • One of us demande à l’Union Européenne de soutenir les mères

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    De Pauline Darrieus sur le site de Valeurs Actuelles (accès offert) :

    Avortement : One of us demande à l’Union européenne de soutenir les mères

    Ce 15 octobre, des associations pro-vie organisaient une conférence aux côtés de membres du Parlement européen, à Bruxelles. L’objectif ? Défendre les femmes vulnérables qui souhaitent poursuivre leur grossesse, quand une initiative citoyenne tente de contourner le droit national.

    « La maternité n’est pas seulement un choix personnel, c’est un sujet qui concerne toute la société », introduit Ségolène du Closel, déléguée générale de One of us, une fédération d’associations européennes unies pour la vie et la dignité humaine. Des associations telles que l’ECLJ, ou la Marche pour la vie étaient présentes ce jour à Bruxelles, pour soutenir et accompagner les femmes qui venaient témoigner de leur parcours devant les députés européens.

    Cette conférence se tenait en réponse à l’initiative citoyenne « My Voice, My Choice », reconnue valide par le Parlement européen le 1er septembre 2025. Cette requête déposée auprès des institutions européennes en avril 2024, après avoir reçu plus d’un million de signatures, explique que le manque d’accès à l’avortement dans de nombreuses parties de l’Europe expose les femmes à un risque de préjudice physique, économique et psychologique. Et demande donc à la Commission européenne de « présenter, dans un esprit de solidarité, une proposition de soutien financier aux États membres qui seraient en mesure de réaliser des interruptions de grossesse pour toute personne en Europe qui n’aurait toujours pas accès à un avortement sans danger et légal ». Concrètement, il s’agirait que l’Union européenne prenne en charge les frais de déplacements et de santé des personnes qui doivent aller dans un autre État membre pour recourir à l’IVG. 

    Une initiative « contraire au principe de subsidiarité »

    Une opération qui vise directement des pays comme Malte et la Pologne, qui ont restreint le droit à l’avortement, ou encore l’Italie, qui, grâce à un amendement adopté en 2024 par Giorgia Meloni, a autorisé l’accès aux centres d’IVG pour les groupes pro-vie. En effet, à écouter des associations telles qu’Oxfam, l’avortement serait « un droit menacé en Europe ». Alors même que le droit à l’avortement est rentré dans la Constitution française en mars 2024 et que la clause de conscience des médecins est encore contestée par certains. 

    « Si vous êtes ici aujourd’hui, c’est que vous voulez créer une prise de conscience chez les Européens sur la beauté de la maternité », affirme Tonio Borg, le président de One of us. Cette initiative citoyenne suscite également un questionnement en termes légaux. « C’est contraire au principe de subsidiarité », souligne le président de la fédération pro-vie. Un principe selon lequel une action ne doit être réalisée au niveau de l’Union que si les objectifs de l’action ne peuvent être réalisés de manière suffisante par les États membres, et si l’Union est plus efficace à agir.

    « J’ai eu l’impression de me rendre à l’abattoir »… L’ECLJ veut mettre en lumière les angles morts du débat sur l’avortement

    L’UE veut imposer l’avortement à des pays qui le refusent

    De nombreux politiques européens étaient présents pour défendre le droit des femmes à choisir la vie, et pour demander à l’Union européenne de mieux aider celles qui se retrouvent seules face à ce choix. « Si les associations ‘pro-choix’ sont financées par l’UE, pourquoi ne pas financer aussi celles qui défendent la maternité ? », s’interroge Tonio Borg. Laurence Trochu, du parti Identités-Libertés, Peter Agius, député maltais, ou encore la députée Slovaque Myriam Lexmann, ont pris la parole en faveur de ces femmes souvent esseulées, qui pensent que l’avortement est la seule voie possible. 

    Nous recevons beaucoup de haine, mais cela importe peu, car nous savons que nous défendons le Bien.

    « Je suis très triste de voir les institutions européennes que j’aime, vouloir imposer l’avortement à des pays qui n’en veulent pas », déclare Peter Agius. « La dignité humaine est désormais protégée dans la Constitution slovaque : les lois bioéthiques appartiennent à la souveraineté nationale. Nous recevons beaucoup de haine, mais cela importe peu, car nous savons que nous défendons le Bien », ajoute la députée slovaque Myriam Lexmann. « Nous lançons un appel solennel à l’Union européenne pour défendre la vie, mieux protéger les femmes vulnérables et leur permettre de faire un choix éclairé », affirment-ils.

    Permettre un choix éclairé

    Parce que les partisans de l’avortement oublient généralement de consulter les premières concernées, One of us a souhaité donner la parole à plusieurs femmes, originaires de pays différents, qui ont subi des IVG, ou bien, ont été confrontées à ce choix. Charlène, 39 ans, française, raconte avoir avorté à 27 ans, alors qu’elle était dans une relation sérieuse, sous la pression de son conjoint. « Le planning familial m’a dit que ce n’était pas un bébé, mais un amas de cellule. Et lorsque j’ai fait part de mes doutes à propos de l’avortement au médecin, il m’a demandé si ça avait un rapport avec mes convictions religieuses », explique la jeune femme. « J’ai mis des années à comprendre ce que j’avais vécu », conclut celle qui souhaiterait que le personnel médical soit mieux former à déceler les pressions de l’entourage.

    Des années après, ces femmes demeurent bouleversées par cette étape de leur vie qu’elles qualifient toutes de « traumatisme ». Évoquer cette épreuve est toujours difficile. Nirvana, âgée 34 ans, est aujourd’hui mère de 4 enfants âgés de 15 à 2 ans. Elle tombe enceinte la première fois alors qu’elle n’a que 18 ans. Elle n’en parle pas à ses parents. Elle aussi est abandonnée par le père de l’enfant. Elle avorte, faute d’autres perspectives. Aujourd’hui, elle regrette que les femmes enceintes ne soient pas mieux accompagnées. « J’ai dû travailler pendant mes grossesses, j’ai élevé mes enfants seule. Mais j’aurais aimé être mieux accompagnée », parvient-elle à dire entre deux sanglots.

    La personne au téléphone m’a écoutée, sans jugement. Elle m’a redonné confiance en moi. Cet échange a joué un rôle crucial dans ma décision.

    Malgré tous les obstacles, Ana Mafalda, une portugaise, mère de triplés âgés de six ans, montre qu’un autre chemin est possible. Livrée à elle-même lorsqu’elle tombe enceinte, elle a la chance de trouver le contact d’une association alors qu’elle se trouve dans la salle d’attente d’un médecin qui la destinait probabelement à l’avortement. « La personne au téléphone m’a écoutée, sans jugement. Elle m’a redonné confiance en moi. Cet échange a joué un rôle crucial dans ma décision », raconte-t-elle. Le jour de l’avortement arrive, et alors qu’on lui tend le médicament : « J’ai réussi à dire ‘non’. Sans cette association, j’aurais surement pris une autre décision. » La jeune mère souhaiterait que de telles associations soient plus nombreuses pour épauler les mères en devenir : « Mes filles sont le plus grand cadeau de ma vie. »

  • Une réponse catholique au débat sur l'immigration

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    Du

    Une réponse catholique au débat sur l'immigration

    COMMENTAIRE : Cette approche de l’immigration est moralement fondée, théologiquement saine et capable de favoriser un véritable dialogue.

    Peu de questions dans la vie publique sont aussi clivantes et émotionnellement chargées parmi les catholiques que l'immigration. Ce sujet suscite des convictions profondes et souvent contradictoires : compassion pour les migrants et les réfugiés, souci de la souveraineté nationale et de l'ordre juridique, aspiration à la justice et inquiétude face aux changements sociaux et économiques.

    Même parmi les croyants, les conversations sur ce sujet sont souvent marquées par la polarisation, les malentendus et la suspicion mutuelle, voire le silence mutuel.

    Cet article propose une meilleure approche : une approche catholique de l’immigration fondée sur la morale, solide sur le plan théologique et capable de favoriser un dialogue authentique. En retrouvant les principes de l’Église, en reconnaissant le rôle du jugement prudentiel et en affirmant la vocation particulière des laïcs dans la sphère politique, nous pouvons aborder cette question avec plus de clarté, de charité et de courage.

    Il ne s'agit pas d'un argument partisan ni d'une approbation d'une politique particulière. Il s'agit d'une invitation à une compréhension plus approfondie des enjeux de cette importante question de la vie publique.

    L'enseignement social de l'Église catholique fournit un cadre moral qui ne simplifie ni n'ignore la complexité de l'immigration. En examinant ce cadre, les catholiques peuvent s'exprimer avec conviction et compassion, tout en respectant la diversité légitime des opinions.

    Les 3 piliers de l'enseignement de l'Église

    L'Église ne propose pas de feuille de route détaillée pour la réforme de l'immigration. Elle propose plutôt des principes moraux tirés des Écritures, de la Tradition et du droit naturel, qui guident la réflexion et l'élaboration des politiques. Ces principes n'apportent pas de réponses simples, mais ils établissent les limites morales que les catholiques doivent respecter et respecter.

    1. La dignité de la personne humaine : Tout être humain, quel que soit son statut juridique, sa nationalité ou son origine, est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 27). Comme l'affirme une récente déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi : « Toute personne humaine possède une dignité infinie… qui prévaut en toute circonstance, état ou situation qu'elle peut rencontrer. Ce principe… sous-tend la primauté de la personne humaine et la protection des droits humains » ( Dignitas Infinita , 1).

    Cela vaut évidemment aussi pour les immigrés, quel que soit leur statut juridique, un fait que le pape Benoît XVI a souligné : « Tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux et inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toutes circonstances » ( Caritas in Veritate , 62).

    Ces droits incluent non seulement la vie et la sécurité, mais aussi le travail, l'unité familiale et la liberté religieuse. Aucun système d'immigration ne peut être moralement juste s'il ne respecte pas la dignité personnelle des personnes concernées par ses politiques.

    Parallèlement, les droits d'une personne ne lui confèrent pas automatiquement l'accès à tous les avantages ou ressources d'un groupe ou d'une société. La manière dont nos droits et nos devoirs sont exercés est négociée par le consentement et les normes sociales. Nombre de ces normes sont ensuite formalisées dans des lois par le biais du processus politique.

    Le principe de dignité humaine nous invite à considérer les immigrants non pas comme des fardeaux ou des statistiques, mais comme des personnes à aimer, à protéger et à traiter avec justice.

    2. Le droit de migrer : L'Église affirme que les personnes ont un droit naturel à migrer lorsque cela est nécessaire pour protéger leur vie, leur dignité ou leurs moyens de subsistance. Le pape saint Jean XXIII a enseigné : « Lorsque de justes raisons le justifient, [tout être humain] doit être autorisé à émigrer vers d'autres pays et à y résider. Le fait d'être citoyen d'un État déterminé ne le prive pas de son appartenance à la famille humaine » ( Pacem in Terris , 25).

    Aujourd'hui, de nombreux immigrants ne migrent pas par simple commodité ou préférence, mais par nécessité, comme la guerre, la persécution, les troubles sociaux et politiques, la pauvreté systémique et les facteurs environnementaux. Dans ces cas, la migration n'est pas tant un choix qu'une question de survie.

    Pour autant, le droit de migrer n'est pas absolu. Il convient de faire preuve de prudence pour déterminer ce qui constitue une « juste raison » d'immigrer. Par exemple, tous ceux qui tireraient un avantage économique d'un déménagement dans un autre pays n'ont pas le droit moral de le faire. En revanche, lorsque le besoin est véritablement criant, les pays riches ont l'obligation morale – dans la limite du raisonnable – d'apporter leur aide.

    Il est important de noter que la décision de justifier l'immigration dans un cas particulier n'incombe pas uniquement au candidat à l'immigration ; il incombe également au pays d'accueil de le faire. Le désir d'émigrer, aussi fort et sincère soit-il, ne confère pas automatiquement le droit de le faire.

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  • Le discours du Pape Léon XIV lors de sa visite officielle au Président de la République italienne

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    VISITE OFFICIELLE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE, SERGIO MATTARELLA

    DISCOURS DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV

    Palais du Quirinal
    mardi 14 octobre 2025

    Monsieur le Président ,

    Je vous remercie pour vos aimables paroles et pour l’invitation à venir ici, au Quirinal, un palais si étroitement lié à l’histoire de l’Église catholique et à la mémoire de nombreux papes.

    En tant qu’Évêque de Rome et Primat d’Italie, il est important pour moi de renouveler, par cette visite, le lien fort qui unit le Siège de Pierre au peuple italien que vous représentez, dans le cadre des relations bilatérales cordiales qui existent entre l’Italie et le Saint-Siège, profondément marquées par une amitié sincère et une collaboration mutuelle efficace.

    Il s'agit, après tout, d'une union heureuse, ancrée dans l'histoire de cette péninsule et dans la longue tradition religieuse et culturelle de ce pays. On en voit les signes, par exemple, dans les innombrables églises et clochers qui parsèment le paysage, souvent de véritables trésors d'art et de dévotion, où la créativité innée de ce peuple, alliée à sa foi authentique et solide, nous a laissé un témoignage d'une grande beauté : artistique, certes, mais surtout morale et humaine.

    Je saisis l'occasion de notre rencontre pour exprimer la profonde gratitude du Saint-Siège pour ce que les autorités italiennes ont fait et continuent de faire à l'occasion de divers événements ecclésiaux difficiles, centrés sur Rome et de résonance universelle.

    Je voudrais exprimer ma gratitude particulière pour les efforts déployés à différents niveaux après le décès de mon vénéré prédécesseur, le pape François.  Ici même, au Quirinal, il déclarait : « Mes racines sont dans ce pays » ( Discours lors de la visite officielle au Président de la République italienne, 10 juin 2017), et son amour pour la terre et le peuple italiens a certainement trouvé ces jours-là un écho touchant et chaleureux, qui s'est également manifesté dans l'engagement profond et réfléchi qu'il a pris lors du conclave qui a suivi pour l'élection du nouveau pontife.

    Je voudrais une fois de plus vous exprimer mes sincères remerciements, Monsieur le Président, ainsi qu'à tout le pays, pour le bel exemple d'hospitalité et d'organisation efficace que l'Italie offre depuis des mois durant l'Année jubilaire, sous divers aspects – logistique, sécurité, préparation et gestion des infrastructures et des services, et bien plus encore –, ouvrant les bras et montrant son visage hospitalier aux nombreux pèlerins qui affluent du monde entier. L'Église universelle célèbre le  Jubilé de l'espérance. Le pape  François , dans la bulle  Spes non confindit , par laquelle il l'a annoncé en mai 2024, a souligné l'importance de « prêter attention au grand bien présent dans le monde afin de ne pas céder à la tentation de se croire submergé par le mal et la violence » (n. 7). Je pense que la belle synergie et collaboration que nous vivons ces jours-ci constitue déjà un signe d’espérance pour tous ceux qui viennent avec foi franchir la Porte Sainte et prier sur les tombeaux de Pierre et des Apôtres.

    Dans quelques années, nous célébrerons le centenaire des  Accords du Latran. À cet égard, il me paraît d'autant plus opportun de réaffirmer l'importance de la distinction mutuelle entre ces domaines. C'est pourquoi, dans un climat de respect cordial, l'Église catholique et l'État italien collaborent pour le bien commun, au service de la personne humaine, dont la dignité inviolable doit toujours primer dans les processus de décision et dans l'action, à tous les niveaux, pour le développement social, en particulier pour la protection des plus vulnérables et des plus démunis. À cette fin, je salue et encourage l'engagement mutuel à fonder toute collaboration sur le  Concordat  de 1984 et dans son plein respect.

    Comme il est malheureusement évident, nous vivons une époque où, à côté de nombreux signes d’espoir, de nombreuses situations de grave souffrance affectent l’humanité dans le monde entier et nécessitent des réponses urgentes et clairvoyantes.

    Le premier engagement que je voudrais rappeler à ce propos est celui en faveur de la paix. De nombreuses guerres ravagent notre planète, et en regardant les images, en lisant les nouvelles, en écoutant les voix, en rencontrant les personnes qui en sont douloureusement affectées, les paroles de mes  prédécesseurs résonnent avec force et force. Comment oublier l'avertissement irréfutable, mais ignoré, de  Benoît XV pendant la Première Guerre mondiale (cf.  Lettre aux chefs des peuples belligérants, 1er août 1917) ? Et, à la veille de la Seconde, celui du vénérable  Pie XII  (cf.  Message radiophonique aux gouvernements et aux peuples en danger imminent de guerre, 24 août 1939) ? Regardons les visages de ceux qui sont bouleversés par la férocité irrationnelle de ceux qui planifient sans pitié la mort et la destruction. Écoutons leur cri et rappelons-nous, avec saint  Jean XXIII , que « tout être humain est une personne, c'est-à-dire une nature douée d'intelligence et de libre arbitre ; il est donc sujet de droits et de devoirs qui découlent immédiatement et simultanément de sa nature même : droits et devoirs qui sont donc universels, inviolables, inaliénables » (Lettre encyclique  Pacem in terris , 11 avril 1963, n. 5). Je renouvelle donc mon appel pressant à continuer d'œuvrer pour le rétablissement de la paix dans toutes les parties du monde et à cultiver et promouvoir toujours davantage les principes de justice, d'équité et de coopération entre les peuples, qui en sont le fondement indispensable (cf. saint Paul VI,  Message pour la célébration de la Première Journée mondiale de la paix, 1er janvier 1968).

    À cet égard, je tiens à exprimer ma gratitude au gouvernement italien pour son engagement à répondre aux nombreuses situations difficiles liées à la guerre et à la pauvreté, en particulier celles des enfants de Gaza, notamment en collaboration avec l'hôpital Bambino Gesù. Ces efforts constituent des contributions fortes et efficaces à la construction d'une coexistence digne, pacifique et prospère pour tous les membres de la famille humaine.

    À cette fin, l'engagement commun que l'État italien et le Saint-Siège ont toujours manifesté et continuent de manifester en faveur du multilatéralisme est certainement bénéfique. Il s'agit d'une valeur très importante. Les défis complexes de notre époque rendent en effet plus que jamais nécessaires la recherche et l'adoption de solutions communes. Il est donc essentiel de mettre en œuvre ces dynamiques et ces processus, en rappelant leurs objectifs initiaux, visant principalement à résoudre les conflits et à favoriser le développement (cf.  François , Lettre encyclique  Fratelli tutti , 3 octobre 2020, 172), en favorisant un langage transparent et en évitant les ambiguïtés susceptibles de provoquer des divisions (cf. Ibid.,  Discours aux membres du Corps diplomatique , 9 janvier 2025).

    Nous nous apprêtons à célébrer, l'année prochaine, un anniversaire important : le huitième centenaire de la mort de saint François d'Assise, saint patron de l'Italie, le 3 octobre 1226. Cet événement nous offre l'occasion de souligner l'urgence de prendre soin de notre « maison commune ». Saint François nous a appris à louer le Créateur dans le respect de toutes les créatures, lançant son message du « cœur géographique » de la Péninsule et le transmettant de génération en génération jusqu'à nous, à travers la beauté de ses écrits et le témoignage de lui-même et de ses frères. C'est pourquoi je crois que l'Italie a reçu de manière particulière la mission de transmettre à ses peuples une culture qui reconnaît la terre « comme une sœur avec laquelle nous partageons notre existence, et comme une belle mère qui nous accueille dans ses bras » ( François , Lettre encyclique  Laudato Si' , 1).

    Ces dernières décennies, comme nous le savons, l'Europe a connu une baisse significative de la natalité. Cela exige un engagement à promouvoir des choix favorables aux familles à différents niveaux, en soutenant leurs efforts, en promouvant leurs valeurs et en protégeant leurs besoins et leurs droits. « Père », « mère », « fils », « fille », « grand-père » et « grand-mère » sont, dans la tradition italienne, des mots qui expriment et évoquent naturellement des sentiments d'amour, de respect et de dévouement, parfois héroïque, pour le bien de la communauté familiale et, par conséquent, pour celui de la société dans son ensemble. Je voudrais en particulier souligner l'importance d'assurer à toutes les familles le soutien essentiel d'un emploi digne, dans des conditions équitables et en tenant compte des besoins de la maternité et de la paternité. Faisons tout notre possible pour redonner confiance aux familles, en particulier aux jeunes familles, afin qu'elles puissent envisager l'avenir avec sérénité et grandir en harmonie.

    Dans ce contexte, nous voyons l'importance fondamentale, à tous les niveaux, de respecter et de protéger la vie, à toutes ses étapes, de la conception à la vieillesse, jusqu'au moment de la mort (cf.  François,  Discours à l'Assemblée plénière de l'Académie pontificale pour la Vie, 27 septembre 2021). Je souhaite que cette conscience continue de croître, également en ce qui concerne l'accessibilité des soins médicaux et des médicaments, selon les besoins de chacun.

    Je remercie ce pays pour l'aide généreuse qu'il offre aux migrants, de plus en plus nombreux à frapper à sa porte, ainsi que pour son engagement dans la lutte contre la traite des êtres humains. Ce sont des défis complexes de notre époque, auxquels l'Italie n'a jamais renoncé. Je vous encourage à toujours maintenir une attitude dynamique d'ouverture et de solidarité. Je tiens également à souligner l'importance d'intégrer de manière constructive les nouveaux arrivants aux valeurs et aux traditions de la société italienne, afin que le don mutuel qui naît de cette rencontre entre les peuples soit véritablement enrichissant et bénéfique pour tous. À cet égard, je souligne combien il est précieux pour chacun d'entre nous d'aimer et de transmettre sa propre histoire et sa propre culture, avec ses signes et ses expressions : plus nous nous reconnaissons et nous aimons sereinement, plus il est facile de rencontrer et d'intégrer les autres, sans peur et avec un cœur ouvert.

    À cet égard, on observe aujourd'hui une certaine tendance à sous-estimer, à divers niveaux, les modèles et les valeurs qui se sont développés au fil des siècles et qui façonnent notre identité culturelle, tentant parfois même d'en effacer la pertinence historique et humaine. Ne dédaignons pas ce que nos ancêtres ont vécu et ce qu'ils nous ont transmis, même au prix de grands sacrifices. Ne nous laissons pas séduire par des modèles massifiants et fluides, qui ne favorisent qu'un semblant de liberté, mais qui rendent les personnes dépendantes de formes de contrôle telles que les modes passagères, les stratégies commerciales ou autres (voir Cardinal Joseph Ratzinger,  Homélie lors de la messe d'élection du Pontife romain, 18 avril 2005). Préserver la mémoire de ceux qui nous ont précédés, préserver les traditions qui ont fait de nous ce que nous sommes, est important pour envisager le présent et l'avenir avec conscience, sérénité, responsabilité et perspective.

    Monsieur le Président, pour conclure, je voudrais vous adresser mes vœux les plus chaleureux de réussite, à vous et, à travers vous, à tout le peuple italien. L'Italie est un pays d'une immense richesse, souvent humble et cachée, qui a donc parfois besoin d'être découverte et redécouverte. C'est dans cette merveilleuse aventure que j'encourage tous les Italiens à se lancer, à y puiser de l'espoir et à affronter avec confiance les défis présents et futurs. Merci.