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Eglise - Page 6

  • Léon XIV et les États-Unis; le pape change de cap sur l’Iran

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Léon et les États-Unis. Le pape change de cap sur l’Iran

    Le pape Léon vient de poser un acte majeur de sa première année de pontificat en nommant Mgr Gabriele Caccia nonce apostolique aux États-Unis.

    Âgé de 68 ans et originaire de Milan, Mgr Caccia a suivi un parcours parallèle à celui du cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin. Tous deux sont les héritiers de cette « Ostpolitik » vaticane dont les cardinaux Agostino Casaroli et Achille Silvestrini furent les maîtres d'œuvre. Le 12 septembre 2009, Benoît XVI les a tous deux consacrés archevêques avant de les envoyer comme nonces, au Venezuela pour Parolin et au Liban pour Caccia. Cette démarche s’inscrivait alors dans la volonté du secrétaire d’État de l'époque, Tarcisio Bertone — qui leur était hostile —, de libérer les postes stratégiques qu’ils occupaient l’un et l’autre à Rome. Parolin était en effet sous-secrétaire pour les rapports avec les États et Caccia assesseur aux affaires générales.

    Si Parolin est rentré à Rome en tant que secrétaire d’État pour succéder à Bertone au début du pontificat du pape François, Caccia a quant à lui d’abord été envoyé deux ans comme nonce aux Philippines et ensuite, à partir de 2019, à New York en tant qu’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies. C'est là que ses interventions, systématiquement relayées par les médias officiels du Vatican, lui ont permis d'acquérir une connaissance pointue de l’Église catholique américaine et de ses relations tumultueuses avec les derniers présidents, et plus particulièrement avec Donald Trump.

    Sous l'administration Trump, les fractures au sein même de l’épiscopat américain se sont en effet aggravées. En envoyant Mgr Caccia à Washington, Léon a sans doute un objectif prioritaire en tête : celui de restaurer l’unité entre les évêques.

    Le nonce a parmi ses tâches essentielles celle de sélectionner les futurs évêques des États-Unis, dans la foulée de la désignation de Ronald A. Hicks pour l’archidiocèse de New York qui témoigne d’une volonté de recentrer l’épiscopat sur l’essentiel : la foi et la mission d’évangélisation chrétienne, au-delà des clivages politiques.

    L’évidence s'impose désormais : Léon se refuse à être le pape d'un seul clan. S'il a maintes fois donné des gages de sa confiance à des personnalités du camp « libéral », tels que Blase Cupich — l’archevêque de Chicago, sa ville natale — ou Robert McElroy à Washington, il ne ménage pas pour autant son soutien à l’aile conservatrice qui dirige toujours la conférence épiscopale.

    Et la nomination de Mgr Caccia, qui incarne cette « Ostpolitik » autrefois tant décriée aussi bien par Benoît XVI que par Jean-Paul II avant lui, s'inscrit précisément dans cette volonté de réconciliation portée par le pape Léon.

    Au début de son pontificat, Léon accepte lui aussi en effet de se prêter à une forme d’« Ostpolitik », dans une certaine mesure. Son silence assourdissant sur la Chine et le Nicaragua en témoigne. Face aux nominations d'évêques décidées unilatéralement par le régime communiste chinois au mépris de Rome, il encaisse en silence. Face aux questions des journalistes sur la condamnation injuste de Jimmy Lai, héros du catholicisme à Hong Kong, il a botté en touche : « Sans commentaire ». Une prudence qui fait écho à ses déclarations de l'été dernier : « À long terme, je ne prétends pas dire ce que je ferai ou ne ferai pas ».

    Même Jean-Paul II lui aussi, alors qu’il était l'antithèse vivante de l’Ostpolitik, avait choisi pour premier secrétaire d’État rien moins que le créateur de cette politique d’apaisement avec les gouvernements communistes, en la personne de Casaroli, dans le but de lui laisser assumer, quand cela s’avérait nécessaire, les compromis que le pape polonais se refusait à faire personnellement.

    Les partisans de cette ligne diplomatique parlaient alors du « martyre de la patience » pour qualifier cette « Ostpolitik » vaticane. C’est à cette même patience que Léon semble s'astreindre aujourd'hui.

    En effet, le désordre qui règne sous le ciel américain est immense, et l’Église catholique n’y échappe pas. Il faudra du temps pour reconstruire.

    Le 6 mars dernier, l’image de pasteurs évangéliques du Bureau de la foi de la Maison Blanche attroupés autour de Donald Trump pour le bénir, comme dans un rite liturgique, a marqué les esprits. Ce qui n'a d'ailleurs pas manqué de créer une protestation sévère du pape Léon à l'encontre de ceux "qui prétendent même impliquer le nom de Dieu dans ces choix de mort, mais Dieu ne peut être enrôlé par les ténèbres".

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  • Affichons Pâques au coeur de nos cités !

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    Affiche & carte postale "Pâques dans la cité"

    Depuis plus de vingt ans, l’affiche « Pâques dans la Cité » répond au besoin d’une action d’évangélisation de proximité dans notre monde contemporain. 

    Le principe est simple : chaque année, une affiche (accompagnée de sa carte postale) est imprimée à partir d’une icône représentant l’un des mystères pascals. Une courte citation en souligne l’essentiel du message.

    Pour accompagner cette affiche, un texte descriptif de l’icône, une méditation et une prière.

    Les responsables pastoraux invitent les chrétiens de la communauté à placer l’affiche à leur fenêtre et la carte postale sur leur bureau, dans leur voiture, etc., durant tout le Temps pascal. C’est une occasion de témoigner de sa foi et de marquer, de manière simple et concrète, le temps de la Résurrection.

    Affiche et carte postale 2026

    Cette année, l’affiche éditée à l’occasion de Pâques est : 

    Il vient nous sauver !

    Coût, hors frais d’envoi :
    • Affiches à partir de 50 exemplaires : 0,50 €
    • Cartes postales à partir de 50 exemplaires : 0,20 €

    Les commandes peuvent être effectuées par courriel : vincent.minet@evechetournai.be

    Pour nous aujourd’hui

    La Descente aux enfers n’est pas un épisode du passé.
    Elle est la révélation la plus radicale de l’amour de Dieu.

    Il n’existe aucune nuit où le Christ n’ait osé descendre.
    Aucun abîme où sa lumière ne puisse entrer.
    Aucune captivité qu’il ne soit venu briser.

    À chacun de nous, il dit aujourd’hui :

    « Lève-toi, toi qui dors.
    Je ne t’ai pas créé pour la mort. »

    Et déjà, dans le silence du Samedi saint,
    la Résurrection est en marche.

  • Quand l'anglicanisme se fracture : est-ce un signe pour le catholicisme ?

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    Du Père David Gilbert, professeur à l'Institut catholique de Paris, sur le site de l'hebdomadaire La Vie :

    La fracture de l’anglicanisme : un signe pour le catholicisme ?

    [Tribune] Avant que la nouvelle archevêque de Canterbury Sarah Mullally soit intronisée, le 25 mars 2026, les responsables anglicans conservateurs se sont réunis à Abuja (Nigeria) pour réorganiser la Communion anglicane. « Un phénomène géo-ecclésiologique majeur », selon l’historien David Gilbert.

    10/03/2026

    Au milieu de la fureur des conflits qui ensanglantent notre monde, un événement d’une grande portée pour l’histoire du christianisme est passé presque inaperçu ces derniers jours.

    Du 3 au 6 mars 2026, près de 350 évêques anglicans, réunis à Abuja, au Nigeria, avec près de 130 responsables clercs et laïcs, ont procédé au réordonnancement (« reorder ») de la Communion anglicane à l’échelle du monde. Puisque l’on compte environ 900 évêques anglicans à travers le monde, on peut déduire que près de 40 % de l’épiscopat anglican était présent à Abuja.

    Manière d’interpréter les Écritures

    Cette rencontre était organisée par le mouvement Global Anglican Future Conference (Gafcon), né en juin 2008 à Jérusalem. À cette époque, la cohésion de la Communion anglicane était fragilisée par les violentes controverses que suscitait la diffusion, dans certaines Églises – essentiellement dans les Îles britanniques et en Amérique du Nord –, d’un discours et de pratiques plus compréhensifs envers l’homosexualité et les personnes homosexuelles. À cet égard, l’événement le plus marquant fut l’élection et l’ordination épiscopale, en 2003-2004, dans le New Hampshire, de Gene Robinson, premier ecclésiastique anglican ouvertement homosexuel à accéder à l’épiscopat.

    L’écrasante majorité des responsables anglicans d’Afrique et d’Asie virent dans cette acceptation croissante de l’homosexualité une contradiction flagrante de l’enseignement de la Bible. Plus encore que l’éthique sexuelle, c’est la manière d’interpréter les Écritures qui était – et qui reste aujourd’hui – au cœur du désaccord.

    En juin 2008 à Jérusalem, environ 1150 responsables anglicans, parmi lesquels près de 300 évêques, étaient réunis. Ils publièrent une déclaration en 14 points, tenant lieu de charte et même de confession de foi du mouvement Gafcon, qui veut incarner l’orthodoxie anglicane. On peut la résumer ainsi : gratuité du salut par la foi en Jésus-Christ, autorité divine des Saintes Écritures, normativité des quatre premiers conciles, des symboles de foi traditionnels et des Trente-Neuf Articles de l’Église d’Angleterre ; caractère expiatoire et rédempteur de la mort et de la résurrection de Jésus ; valeur de l’héritage spirituel anglican, vocation divine des évêques, des prêtres et des diacres, définition du mariage chrétien comme union d’un homme et d’une femme, mission évangélisatrice de l’Église, rejet de l’autorité des responsables ecclésiastiques qui ont renié la foi orthodoxe par leurs paroles et leurs actions.

    Depuis 2008, le fossé n’a cessé de s’élargir entre les anglicans du « Sud » et du « Nord » – ces deux désignations géographiques étant à comprendre dans un sens principalement symbolique, – le « Sud » ne considérant plus comme crédibles les « instruments de communion de Canterbury », à savoir l’archevêque de Canterbury, la conférence de Lambeth (assemblée décennale d’évêques), la réunion des primats (qui rassemble les responsables des 41 provinces de la Communion anglicane) et le conseil consultatif anglican (qui réunit environ tous les trois ans des évêques, des prêtres, des diacres et des laïcs).

    Cette situation est déjà dénoncée par le mouvement Gafcon à Jérusalem en 2008, puisque, dans le communiqué où est incluse la déclaration mentionnée ci-dessus, figure cette phrase significative et très offensive : « Nous sommes une communion globale avec une structure coloniale. »

    Véritable communion dans la foi

    Aussi l’œuvre de Gafcon se présente-t-elle comme une entreprise de décolonisation doctrinale et institutionnelle. Il serait cependant réducteur d’y voir un combat du « Sud » contre le « Nord », car Gafcon est aussi implanté en Europe et aux Amériques, même s’il y est très minoritaire. Gafcon entend plutôt prendre acte d’un basculement que l’on peut qualifier de géo-ecclésiologique, en lui donnant une visibilité institutionnelle et une capacité d’action à l’échelle mondiale.

    Le concept de géo-ecclésiologie a été développé par l’historien Philippe Blaudeau pour rendre compte du rapport spécifique des Églises patriarcales d’Alexandrie, d’Antioche, de Constantinople et de Rome aux territoires et aux populations, dans le contexte des grands débats doctrinaux des premiers siècles du christianisme. Le « réordonnancement » de la Communion anglicane auquel nous assistons actuellement apparaît bel et bien comme un phénomène géo-ecclésiologique majeur.

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  • Saint Jean Sarkander, martyr de la confession

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    Peut inclure: Portrait d'un homme barbu, portant un chapeau noir et un manteau marron. Un halo doré entoure sa tête. Il tient une branche de feuilles vertes. Le fond est de couleur dorée chaude.

    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    Jean Sarkander, martyr de la confession

    Au début du XVIIe siècle, dans une Europe centrale secouée par les affrontements entre catholiques et protestants, le prêtre Jean Sarkander continue d’exercer son ministère, malgré un climat de violence et de suspicion. En Moravie, région travaillée par la révolte, il reste fidèle à l’Église, se retrouve accusé de collusion avec le camp catholique, et il est arrêté, dans un contexte où les enjeux politiques et religieux sont étroitement mêlés. Emprisonné, puis soumis à la torture pour le contraindre à révéler ce qu’un seigneur lui aurait confié en confession, il incarne jusqu’au bout la fidélité de l’Église au secret sacramentel, que nul pouvoir ne peut légitimement violer.


    Les raisons d'y croire

    • L’époque est gravement troublée par les sanglantes dissensions qui opposent les catholiques fidèles à l’empereur d’Autriche aux révoltés de Bohême et de Moravie, très largement gagnés au protestantisme et dont beaucoup continuent à vénérer le souvenir de Jan Hus, grand hérésiarque. Dans ces régions en ébullition permanente, choisir le parti de l’Église revient à s’exposer à des ennuis, des spoliations, des persécutions, voire pire. Les Sarkander le savent, mais ils gardent fièrement la foi de Rome et inscrivent leur fils au collège des jésuites d’Olomouc. Ils ont donc fait un choix, politique certes, mais avant tout religieux, en toute connaissance de cause.
    • En effet, comme le rappellera Jean-Paul II dans la bulle de canonisation de Jean Sarkander, en 1995, il y a de grands mérites à s’exposer ainsi, par fidélité à la foi catholique, à des difficultés et à des persécutions de la part du gouvernement.
    • Après des études de philosophie et de théologie à Prague et à Graz, et bien qu’il semble attiré par le sacerdoce, Jean rentre chez lui pour épouser celle que sa famille lui a choisie. Celle-ci meurt cependant avant leur mariage. Jean voit dans la perte de sa promise un signe providentiel et, renonçant à conclure une autre alliance et à envisager tout autre projet mondain, il décide de reprendre ses études de théologie afin de devenir prêtre. Il est ordonné en 1608. Là encore, c’est un choix courageux, celui du renoncement, alors qu’une vie aisée et confortable semblait l’attendre. Chez lui, l’appel de Dieu l’emporte sur toute autre considération.
    • Après avoir été vicaire dans plusieurs paroisses, l’abbé Sarkander est nommé curé d’Holesow, en Moravie, en 1616. Cette nomination dans une région en pleine agitation, où les protestants sont majoritaires, équivaut presque à signer son arrêt de mort. L’inconfort et les risques de sa mission pastorale ne l’arrêtent pourtant pas. En dépit des dangers encourus, le sens de son devoir et l’appel des âmes en détresse l’emportent sur toute prudence humaine.
    • L’abbé Sarkander ressent en effet vivement la nécessité d’arracher les âmes de ses paroissiens à l’influence de la Réforme et de ramener les brebis égarées à Rome par la douceur. Il se lie alors d’amitié avec un seigneur catholique polonais, le baron de Lobkowitcz, qui l’aide matériellement dans sa mission et dont il devient le confesseur. Ce faisant, il prend un risque, car son protecteur demeure fidèle à l’Empire et représente l’une des têtes d’une opposition politique que l’on cherche à anéantir.
    • Indifférent aux menaces et aux périls, Sarkander poursuit pourtant son œuvre missionnaire, n’hésitant pas à s’aventurer seul dans les zones aux mains des hussites et des frères bohémiens, groupes protestants connus pour leur haine des catholiques et leur violence. Il convertit ainsi, sans violence et sans intimidation, près de deux cents personnes, ce qui montre la pertinence de ses propos.
    • En 1618, la situation devient si tendue que le clergé catholique est contraint de quitter Holesow pour la Pologne. Au bout de six mois d’exil, profitant d’une contre-offensive impériale en Moravie, il décide de rentrer afin que son peuple ne soit pas plus longtemps privé des sacrements ; il se montre alors vraiment le « Bon Pasteur », imitation du Christ, qui donne sa vie pour ses brebis.
    • Peu après son retour, les troupes polonaises au service de l’empereur ravagent la région. Décidé à protéger les siens à tout prix, Jean prend le saint sacrement et marche au-devant d’elles. À la vue de ce prêtre brandissant l’ostensoir, les Polonais, persuadés que toute la population doit être catholique, épargnent Holesow, qui sera la seule ville dans ce cas. Loin de le remercier, les autorités protestantes tiennent son geste pour un crime et pour la preuve de sa collusion avec l’ennemi. Il est arrêté et emprisonné pour haute trahison.
    • L’abbé Sarkander demeure de longs mois emprisonné dans des conditions particulièrement pénibles. Il lui reste pourtant un moyen d’être libéré : révéler les secrets que Lobkowicz, à la tête de l’opposition, aurait pu lui confier sous le sceau de la confession. Malgré les menaces, le prêtre s’y refuse, affirmant que, quand bien même il saurait quelque chose, il ne pourrait en dire mot. Il faut une grande force d’âme et une grande constance pour s’en tenir à une telle attitude. Seul son respect des sacrements et de leur nature divine peut l’expliquer.
    • À la mi-février 1620, les autorités protestantes, décidées à le faire parler à tout prix, le font mettre à la torture. Malgré la cruauté de ce traitement, dont la férocité ne cesse de croître, il ne dit rien et succombe un mois plus tard à ses blessures, le 17 mars, dans l’église Notre-Dame, où il a été transporté agonisant. Pour lui, le secret de la confession l’a emporté sur toute autre considération : il meurt martyr pour l’avoir maintenu coûte que coûte.

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  • Sainte Gertrude de Nivelles (17 mars)

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    Gertrud_von_Nivelles.jpgLA VIE DE SAINTE GERTRUDE DE NIVELLES - fête au 17 mars (source)

    Sainte Gertrude était donc fille de Pépin de Landen et de Sainte Itte, et parente de Saint Bavon. Elle naquit à Landen en 626. Dès sa jeunesse, elle est considérée comme un modèle de vertu: dédaignant les vanités de ce monde, elle consacra, sur le conseil de Saint Amand, sa virginité à Dieu.

    Un jour, le fils d'un grand seigneur d'Austrasie l'aperçut à la cour du roi, et s'éprit d'elle. Il en parla au roi, qui fit mander Pépin et sa fille pour leur proposer ce qui devait être un excellent parti. Mais Gertrude refusa catégoriquement, faisant remarquer au roi qu'elle avait depuis son enfance voué sa virginité au Christ. Le roi, bien qu'étonné, approuva cette attitude. Le jeune seigneur, lui, en conçut, comme il fallait s'y attendre, un vif dépît. Quant à Pépin, il désapprouvait totalement le refus de sa fille et il était décidé à employer toutes les ressources de l'autorité paternelle pour modifier les intentions de Gertrude. Pour la jeune fille, il n'y avait plus qu'une solution: la fugue. Avec le consentement de sa mère, Gertrude s'enfuit de la maison paternelle et se retira en un lieu solitaire où elle passa quelque temps dans la prière, la retraite et la pratique de la vertu. Pépin fut obligé de comprendre et rappela sa fille, enfin décidé à respecter son engagement.

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  • Le grand héritage de saint Patrick (17 mars)

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    SAINT PATRICK ET L'IRLANDE (source)

    Saint Patrick pourrait être considéré comme le Père de la grande Évangélisation de l’Occident. Le roi Baudouin de Belgique y a fait allusion alors qu’il s’adressait aux Irlandais. On cite ses paroles dans ce beau livre que le cardinal Suenens a consacré à ce roi mort comme un saint en 1993. « Aux Irlandais, je leur ai dit combien nous aimions l’Irlande. Vous savez, leur dis-je, que l’Irlande est connue pour sa foi, et que ce sont des Irlandais qui ont converti l’Europe au Christianisme. Ne perdez pas votre Foi. Gardez-la précieusement. »

    Le roi Baudouin faisait allusion à ces moines irlandais qui avant l’an mille ont parcouru, comme saint Paul, des régions éloignées qu’ils ont transformées par leur prédication enthousiaste et la fondation de nombreux monastères.

    Saint Patrick (ou Patrice) serait né en Angleterre vers 385. À 16 ans, capturé par des pirates, il est vendu comme esclave en Irlande. On raconte qu’il était chrétien, mais pas très fervent. Or son exil en Irlande où il est tenu captif lui aurait permis justement de réfléchir au point que ces années « ont été les plus importantes de ma vie ». Patrick devient fervent et se décide d’apprendre la langue gaélique pour pouvoir convertir les Irlandais. Son malheur devient son bonheur. Mais il croit bon d’approfondir sa foi catholique. Il réussit donc à s’évader et à se rendre en Gaule (en France) où il reçoit une bonne formation auprès de saint Germain d’Auxerre, puis dans le célèbre monastère de l’île de Lérins qui existe toujours sur la Côte d’Azur.

    En 432, l’ancien esclave revient donc en Irlande en libérateur des âmes. Évêque d’Armagh, il sort les Irlandais de l’obscurantisme. Ce n’est pas très facile pour lui et ses compagnons de lutter contre l’influence des druides. Il a heureusement la bonne idée de commencer par amener au Christ les personnages importants, ce qui lui facilite rapidement les choses pour ouvrir le cœur des Irlandais en général et leur permettre de saisir le sens profond de la vie et de la mort et de comprendre que l’on ne peut être vraiment humain que si l’on est charitable et généreux en adhérant à l’Évangile et en vivant de la vie même du Christ. Les Irlandais se montrent en effet généreux et lui offrent des terres pour construire des églises et des monastères. Comme Patrick est un évêque convaincu et exemplaire, un grand priant et un homme plutôt ascétique, il réussit à bien évangéliser et à entraîner déjà à sa suite des foules de jeunes. Saint Patrick meurt finalement le 17 mars 461. Cette vie de saint Patrick, même si elle tient de la légende, demeure fort inspirante et même très belle.

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  • L'"Option Patrick" : la renaissance vient de l'annonce du Christ

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    De Paolo Gulisano sur la NBQ :

    Option Patrick, la renaissance vient de l'annonce du Christ

    Dans un Occident qui sombre dans de nouvelles formes de paganisme, il ne suffit pas de se protéger de la culture dominante. Nous devons imiter saint Patrick, qui a transformé l’Irlande païenne en une île de saints dotée d’une civilisation florissante.

    17_03_2025

    Le 17 mars, toute l’Église catholique célèbre saint Patrick, l’évangélisateur de l’Irlande. Cette fête est célébrée dans de nombreuses régions du monde, car la diaspora irlandaise des deux derniers siècles, due notamment au XIXe siècle à la terrible pauvreté causée par l'exploitation coloniale britannique, a fait que les migrants irlandais ont apporté avec eux leur solide foi catholique. Une foi transmise au fil des siècles, même à travers de terribles persécutions. A son origine se trouve l'annonce du Christ faite par saint Patrick au Ve siècle, qui convertit cette île de fiers guerriers et en fit une île de saints.

    Aujourd’hui, Patrick, son histoire, son témoignage, sont plus que jamais d’actualité. On pourrait même parler d’une « option patricienne » pour le monde occidental sécularisé d’aujourd’hui. Les idéologies dominantes, en particulier celles de la culture woke et de la cancel cultureorientent la société vers des formes de néopaganisme. Après avoir abandonné les théories de l’athéisme et de l’agnosticisme classiques, les suggestions d’un paganisme ancien, pré-chrétien, réapparaissent dans la pratique, avec tout son bagage d’idolâtrie, de superstitions et même de rites sombres et dérangeants.

    Le néopaganisme cherche à éradiquer le christianisme en restaurant les horreurs païennes, à savoir les idoles et la superstition. La technologie moderne ne fait qu’accroître la propagation du néopaganisme, augmentant ainsi sa portée. Une forme de paganisme high-tech entre également en jeu, notamment avec l’introduction de l’intelligence artificielle et son utilisation abusive.

    Une crise à laquelle il faut faire face, en cherchant une nouvelle perspective de présence chrétienne dans le monde. Ces dernières années, on a beaucoup parlé de l’« option bénédictine », lancée par l’intellectuel américain Rod Dreher, qui a suscité un certain intérêt dans le monde catholique. Une option qui, en somme, propose une sorte de « retrait du monde » à l’instar des communautés monastiques fondées par saint Benoît de Nursie ; une sorte de société parallèle. Mais se protéger de la culture dominante, comme le propose l’Option bénédictine, n’est pas en soi suffisant. Les chrétiens ont le devoir de faire beaucoup plus.

    Nous souhaitons donc lancer notre modeste proposition, celle d'une Option Patrick. Au Ve siècle, ce missionnaire, né en Bretagne, se rendit en Irlande, une île où même les légions romaines n'avaient jamais débarqué, une île de fiers guerriers qui étaient aussi, évidemment, aussi païens que les Germains. Patrick a réussi à évangéliser l’Irlande et à donner naissance à une civilisation extraordinaire. Les deux premiers siècles de l’Irlande chrétienne peuvent être définis comme l’âge des saints : un véritable âge d’or du christianisme irlandais. En peu de temps, l’Irlande a vu naître et se développer une civilisation chrétienne tout à fait originale.

    Patrick avait parlé et prêché dans l'ancienne langue celtique, avait étudié les coutumes et les habitudes irlandaises, avait su exploiter les croyances existantes pour les transfigurer. L’activité de l’Église en Irlande n’a pas abouti à une simple destruction des rites païens et des coutumes ancestrales, mais à leur assimilation, purification et transformation. Patrick abolit chez les Irlandais, lorsqu'ils devinrent chrétiens, ces rites profanes qui étaient un hommage au diable, tandis qu'il valorisait l'art et la culture celtique préchrétienne.

    L'une des grandes innovations introduites par l'évangélisation en Irlande fut l'adoption de l'alphabet latin, qui permit aux Irlandais d'intensifier l'usage littéraire de leur langue, en composant des poèmes, en commentant des textes religieux, en développant les anciens cycles épiques, longtemps transmis uniquement oralement.

    La littérature gaélique devint ainsi, après la littérature grecque et latine, la plus ancienne d'Europe, l'expression de cette société d'hommes cultivés dans laquelle l'Église s'était insérée : des hommes éduqués dans la récitation exacte des enseignements oraux. Le clergé irlandais continua à bénéficier de cette culture traditionnelle, dérivée sans contamination de celle des anciens Celtes, en la combinant avec une étude précise et passionnée des Saintes Écritures, comme en témoignent certains manuscrits du VIIIe siècle, dans lesquels les moines glosaient et commentaient les textes ecclésiastiques latins dans la langue du peuple et mettaient leur érudition au service du peuple.

    Cet aspect de la créativité du christianisme irlandais a également frappé les plus prestigieux érudits du Moyen Âge, comme l'historien Jacques Le Goff, qui écrivait : « Sans donner vie à des églises nationales, le christianisme celtique, et particulièrement le christianisme irlandais, se distinguait par une originalité marquée. Les aspects les plus marquants de cette originalité furent sans aucun doute la richesse des initiatives missionnaires et l'exceptionnelle production artistique."

    L'Église irlandaise fondée par Patrick a traversé les siècles et a résisté aux invasions vikings, ainsi qu'aux terribles persécutions menées par les Anglais après le schisme d'Henri VIII. Patrick a fondé l’Église irlandaise alors que l’Empire romain s’effondrait. Il ne s’est pas préoccupé de soutenir des institutions décadentes, mais a travaillé à construire une nouvelle civilisation fondée sur le christianisme et a transformé des barbares païens en moines, érudits et chevaliers. Pour tout cela, cela vaudrait vraiment la peine de tenter courageusement une option Patrick.

    Parler de l’Option Patrick, c’est donc souligner le rôle missionnaire, de témoignage, que doit avoir l’Église. Un témoignage à mettre en œuvre certainement dans un contexte différent de celui dans lequel évoluait l’apôtre d’Irlande : il allait à la rencontre des païens en quête de vérité, qui accueillirent avec enthousiasme l’annonce du Christ, alors qu’aujourd’hui nous vivons dans une société qui a connu le Christ, mais l’a rejeté. Mais comme Patrick, nous devons repartir de l'Annonce, de la proposition de la vérité chrétienne sans si ni mais, et de la même manière essayer de saisir le bien qui existe, selon la méthode de saint Paul, « examiner tout et retenir ce qui est bon », en cherchant à être dans le monde sans être du monde. Une méthode exigeante, mais qui peut donner des résultats extraordinaires.

  • Quand les églises deviennent des cibles

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Une église n'est pas destinée à être brûlée

    Il n'est pas surprenant que les églises chrétiennes soient fréquemment la cible d'attaques dans les pays à majorité musulmane du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie. Ces attaques durent depuis des années, avec une forte recrudescence depuis le 11 septembre et l'émergence de groupes islamistes radicaux, comme je l'ai documenté dans mon livre « Les Martyrs du nouveau millénaire » . De plus, ces attaques sont souvent ciblées lors de grandes fêtes chrétiennes comme Noël et Pâques, ce qui ajoute à l'injustice.

    Ce qui surprend, en revanche, c'est le peu d'attention que les médias occidentaux accordent aux violences en cours. Au Nigéria, le massacre de chrétiens – des milliers de victimes en 2025 –, les attaques contre les églises et les écoles chrétiennes, ainsi que les enlèvements et les demandes de rançon, ne pouvaient plus être ignorés par les médias et les gouvernements. Pourtant, le sort des chrétiens dans une douzaine d'autres pays ne suscite jamais d'attention sérieuse. Cet échec s'explique manifestement par deux raisons : la réticence des journalistes – dont les rédactions sont majoritairement progressistes – à contribuer à l'« islamophobie », et une forme latente de sectarisme anti-chrétien.

    Le politologue américain Samuel Huntington affirmait que l'islam a des « frontières sanglantes », comme en témoignent non seulement l'histoire récente, mais aussi les interactions de longue date entre l'islam et les chrétiens, les hindous, etc. Les analystes modernes tentent souvent de nier la dimension religieuse de ces conflits ; à l'ère du matérialisme, les causes politiques et économiques sont considérées comme les véritables causes, les motivations religieuses étant au mieux secondaires. Mais croire cela, c'est ignorer des siècles d'histoire – et le Coran lui-même.

    Il est néanmoins surprenant que ces mêmes médias passent rapidement sous silence, ou plus généralement ignorent, les actes ouvertement antichrétiens, même en Occident.

    Il n'est pas nécessaire de chercher bien loin pour trouver des exemples frappants. Plus tôt ce mois-ci, lors des « célébrations » de la Journée internationale des femmes, des églises au Mexique – au Mexique catholique ! – ont été littéralement prises pour cibles par des féministes extrémistes (voir la vidéo ici ). Mais ce n'est pas un cas isolé. Partout en Amérique latine, y compris en Argentine sous le pontificat du pape François, des incidents similaires se sont produits, alimentés par la colère féministe et des idéologies radicales de toutes sortes. Au Venezuela, au Nicaragua et à Cuba, nous assistons même à la persistance de la répression marxiste contre l'Église – un héritage des cauchemars totalitaires du siècle dernier. Et ces régimes sont soutenus par le communisme d'État traditionnel en Chine, qui est tristement célèbre pour sa persécution des religions.

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  • Vatican II : les rectifications du pape Léon XIV

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    Du P. Robert B. Imbelli sur le Catholic World Report

    Les rectifications du pape Léon

    La récente exégèse du pontife sur le chapitre II de *Lumen Gentium* contribue à dépoussiérer et à redonner tout son éclat à l’un des documents révolutionnaires du Concile.

    15 mars 2026

    Dans un récent essai publié ici même sur le CWR, j’ai commenté l’importance de la décision du pape Léon de consacrer ses audiences hebdomadaires, au cours de cette première année complète de son pontificat, au Concile Vatican II et à une relecture de ses documents. Sa décision découle de la conviction qu’il avait exprimée aux cardinaux réunis en consistoire en janvier : « Nous ne soulignerons jamais assez l’importance de poursuivre le cheminement qui a commencé avec le Concile… Et ce cheminement est un processus de vie, de conversion, de renouveau de toute l’Église. »

    J’ai également souligné le fait que le premier document qu’il a examiné était Dei Verbum, la « Constitution dogmatique sur la révélation divine ». Bien qu’il ne s’agisse pas du premier document promulgué par le Concile, il est clairement à la base de tous les autres. Car si Dieu ne s’est pas révélé de manière définitive dans le Seigneur Jésus-Christ ressuscité, alors nous devons reconnaître, avec saint Paul, que la prédication chrétienne est vaine et que la foi chrétienne est vaine.

    Après ses réflexions sur *Dei Verbum*, le pape Léon s’est maintenant tourné vers *Lumen Gentium*, la « Constitution dogmatique sur l’Église » du Concile. Une fois encore, il convient de souligner la perspicacité théologique de la démarche du pape. On ne peut parler de l’Église de manière significative que si on la considère à la lumière de la révélation divine en Christ. En effet, le titre même de la Constitution est résolument christologique : « Lumen gentium cum sit Christus » : « Puisque le Christ est la lumière des nations ».

    L’Église n’a ni sens ni fonction en l’absence du Christ. Sans le Christ, l’Église n’est qu’un corps sans tête, un collectif sans âme.

    De plus, la liturgie chrétienne n’assume sa pleine signification et sa pleine portée que lorsqu’elle s’inscrit dans la matrice de l’Église, à la fois l’Église sur terre et, bien que trop souvent négligée, tant sur le plan pastoral que théologique, l’assemblée céleste, qui est l’Église parvenue à sa pleine stature. Par conséquent, une liturgie véritablement catholique présuppose une ecclésiologie pleinement catholique.

    Ce qui précède peut servir d’introduction à la splendide réflexion du pape Léon lors de son audience du 10 mars. Il y a examiné le chapitre deux de Lumen Gentium : l’Église en tant que « Peuple de Dieu ». À mon avis, il s’agit d’une réalisation magistrale : brève et substantielle. De plus, d’une manière mesurée mais incisive, elle corrige aussi implicitement ce que j’ai constaté être trois lectures tronquées, voire des interprétations erronées intentionnelles, dans la réception de Lumen Gentium depuis le Concile.

    La première erreur d’interprétation consiste à ne pas rendre justice à l’identité propre de ce peuple : à savoir qu’il s’agit du peuple de Dieu. L’Église n’est pas une simple entreprise humaine, entièrement accessible aux études et aux analyses des sociologues. Elle est aussi, et plus fondamentalement, une réalité surnaturelle. L’unité ecclésiale se fonde sur une nouvelle identité et une nouvelle mission surnaturelles, rendues possibles par la foi en ce que Dieu a accompli en Jésus-Christ.

    Ainsi, le Pape écrit : « C’est un peuple désormais composé de membres de toutes les nations ; il est uni par la foi en Christ, par l’adhésion à Lui, par le fait de vivre la même vie que Lui, animé par l’Esprit du Ressuscité. »

    Cette citation du pape Léon introduit déjà la deuxième caractéristique de ce peuple qui a été indûment négligée — voire, pour certains, opposée à l’Église en tant que « peuple de Dieu ». À savoir que l’Église, le peuple de Dieu, est, dans son identité la plus profonde, le « corps du Christ ». Loin d’être opposées, les deux images de l’Église en tant que peuple de Dieu et corps du Christ sont toutes deux indispensables si nous voulons saisir quelque chose du mystère de l’Église (qui est, bien sûr, le sujet du premier chapitre de Lumen Gentium).

    Le pape Léon unit harmonieusement ces deux images lorsqu’il s’exclame : « Voici l’Église : le peuple de Dieu qui tire son existence du corps du Christ et qui est lui-même le corps du Christ. » Et il ajoute : « En effet, c’est le Christ qui, en donnant son Corps et son Sang, unit ce peuple en lui-même et de manière définitive. »

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  • Le cardinal Karol Wojtyła n'a pas couvert les cas de pédophilie

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    Du Tagespost :

    Le cardinal Karol Wojtyła n'a pas couvert les cas de pédophilie

    Des journalistes du journal « Rzeczpospolita » ont examiné des dossiers de l'archevêché de Cracovie jusqu'alors confidentiels. Leurs recherches démontrent que l'archevêque de Cracovie de l'époque, le cardinal Karol Wojtyła, futur pape Jean-Paul II, a pris des mesures énergiques contre les auteurs d'abus. Certaines de ses décisions étaient inhabituelles pour l'époque.

    Kardinal Karol Wojtyla, Erzbischof von Krakau

    Le cardinal Karol Wojtyła, archevêque de Cracovie
    Photo : via www.imago-images.de (www.imago-images.de)

    15 mars 2026

    Ni les archives de l'État ni celles de l'Église ne contiennent de preuves indiquant que l'archevêque Karol Wojtyła, en tant que métropolite de Cracovie (1962-1978), ait couvert des cas de pédophilie. Au contraire : après l'ouverture des archives de la Curie de Cracovie, les journalistes de « Rzeczpospolita » ont été les premiers à mener des recherches approfondies et à examiner des documents concernant des prêtres pédophiles avec lesquels Wojtyła avait été en contact. « Rzeczpospolita » est, après « Gazeta Wyborcza », le deuxième plus grand quotidien national sérieux de Pologne.

    Certaines des décisions prises par le cardinal Karol Wojtyła concernant les prêtres pédophiles allaient même au-delà des normes habituelles. « Dès 2022/23, nous avions consulté les archives de l’Institut de la mémoire nationale (IPN) à cette fin. Les deux enquêtes ont révélé que Wojtyła ne se contentait pas de muter les prêtres d’une paroisse à une autre après la découverte de leurs crimes, mais qu’il agissait immédiatement conformément au droit canonique », peut-on lire dans le dernier supplément culturel Plus-Minus du journal Rzeczpospolita. Et de poursuivre : « Certaines de ses décisions – comme le placement en examen psychiatrique, en 1969, d’un prêtre soupçonné d’abus sur mineurs – étaient inhabituelles pour l’époque ». 

    Le journal « Tageszeitung » s'est empressé de condamner d'avance le pape Jean-Paul II

    On peut affirmer sans exagération que Jean-Paul II est considéré comme le saint patron de la Pologne. Mais en 2023, la mémoire du pape polonais a commencé à se fissurer. Face aux scandales d'abus sexuels au sein de l'Église polonaise, une institution publique a souhaité enquêter sur les délits sexuels commis par des ecclésiastiques pendant l'ère communiste. Dans les archives de l'Institut de la mémoire nationale (IPN), il s'agissait notamment de vérifier ce que les services secrets communistes savaient de chaque cas. Il y a trois ans, le journaliste Marcin Gutowski avait porté des accusations à la télévision polonaise, accusations que l’auteur néerlandais Ekke Overbeek avait déjà présentées dans un soi-disant « livre à scandale ». Selon Gutowski, Wojtyla aurait muté des prêtres de son diocèse, dont il connaissait les agissements, vers d’autres paroisses afin d’éviter les scandales. Le journal « taz » (Die Tageszeitung) s’est empressé de publier un article intitulé « Le saint impie » afin d’ébranler la réputation de Jean-Paul II. « Il semble prouvé que le pape Jean-Paul II était au courant des abus », écrivait alors le « taz » avec précipitation.

    Mais même en Pologne, où la population peut encore être qualifiée majoritairement de « catholique pratiquante » malgré des tendances croissantes à la sécularisation, la nervosité grandissait. Que savait Karol Wojtyła ? La crainte que la réputation du pape polonais ne soit sérieusement compromise a connu un bref regain en Pologne à la fin de l’année 2025. En novembre, le pape Léon XIV nomma le cardinal Grzegorz Ryś archevêque et métropolite de Cracovie. Ryś est considéré – selon les normes polonaises – comme libéral en matière de politique ecclésiastique et a la réputation de traiter les cas d’abus avec transparence et détermination. Ce cardinal charismatique, proche du Chemin néocatéchuménal, s’était déjà forgé cette réputation lorsqu’il était archevêque de Łódź.

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  • « Magnifica humanitas » : la première encyclique du pape Léon XIV paraîtra après Pâques

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    De kath.net/news :

    La première encyclique du pape Léon XIV paraîtra après Pâques

    16 mars 2026

    Selon un article de la revue « Repubblica », l'encyclique s'intitule « Magnifica humanitas » et contient une mise en garde exhaustive concernant les conséquences négatives potentielles de l'intelligence artificielle.

    La première grande encyclique du pape Léon XIV est apparemment en phase finale de révision. Comme l'a rapporté le quotidien « La Repubblica » samedi, sa publication est prévue après Pâques. Son titre provisoire est « Magnifica humanitas » (Magnifique Humanité), et son thème principal est une mise en garde générale contre les conséquences négatives potentielles de l'intelligence artificielle (IA). Elle abordera notamment ses implications sur le marché du travail et les relations humaines.

    En octobre dernier, le site web « Silere non possum » avait spéculé sur le titre et le thème de cette première encyclique, se basant sur des hypothèses similaires. Cependant, les observateurs du Vatican anticipaient alors une publication plus rapide. Les encycliques sont des documents doctrinaux pontificaux contraignants pour l'ensemble de l'Église catholique, mais elles suscitent également un vif intérêt au-delà de ses frontières.

  • Léon XIV : un moment de grands changements ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV, les premiers changements

    16 mars 2026

    L'emménagement de Léon XIV dans les appartements pontificaux a coïncidé cette semaine avec une nomination importante.

    Le cardinal Konrad Krajewski a été nommé archevêque de Łódź. Cette nomination met fin à plus de trente ans de collaboration avec le Vatican. Avant tout, il cède la direction du Bureau des œuvres de charité apostoliques.

    Pour le remplacer, Léon XIV a fait appel à un augustinien, Mgr Luis Marin de San Martín, qui se voit désormais attribuer le titre d’archevêque. Jusqu’à présent, Marin de San Martín était sous-secrétaire du Synode des évêques. Le pape lui confère le titre d’« archevêque », titre qui revient à un aumônier.

    Ce changement est important pour quatre raisons distinctes, chacune marquant un changement d’approche.

    La première raison concerne la manière dont le pape constitue son équipe. Un augustinien est nommé aumônier et chef du Dicastère de la Charité, renforçant ainsi la présence des augustins au sein de la famille pontificale. La sacristie de la basilique Saint-Pierre et la paroisse de Sant’Anna au Vatican sont également confiées aux augustins. Léon XIV ajoute un autre augustinien, donnant l’impression de former sa propre famille pontificale qui partage la même langue et les mêmes connaissances. Lors d’une future transition, le pape pourrait rétablir la charge d’aumônier en tant que fonction personnelle plutôt que comme dicastère de la Curie, revenant ainsi à l’ancienne tradition de la charité papale et la libérant de la bureaucratie.

    Lors des visites d'État, l'aumônier siège à la gauche du pape, tandis que le préfet de la Maison pontificale siège à sa droite. Ce poste était vacant sous le pape François, mais il pourrait bientôt être pourvu par l'archevêque Petar Rajić, nonce en Italie.

    Rajić, issu de la diplomatie papale, fera le lien avec la Secrétairerie d’État. Léon XIV trouve un équilibre entre la nomination d’un préfet lié à la Secrétairerie d’État et celle d’un aumônier en qui il a entièrement confiance. Marin est venu à Rome en tant que bibliothécaire des Augustins à la demande du père Robert Prevost, qui était alors prieur général.

    En bref, la famille papale est en train d’être reconstituée.

    Léon XIV semble très attentif à l'équilibre entre les deux. Tout d'abord, il a rééquilibré le groupe de ses collaborateurs en nommant un ancien garde suisse aux côtés d'un ancien gendarme. À présent, il reconstitue les rangs de l'ancienne Maison pontificale en plaçant un membre de son propre ordre aux côtés d'une personnalité de rang diplomatique.

    La deuxième raison est que Léon XIV commence à constituer sa propre équipe, et surtout, qu'il le fait en dehors du cercle qui entourait autrefois le pape François. Krajewski était très estimé en tant qu’aumônier. Son rôle d’aide et de soutien aux pauvres faisait de lui un excellent candidat à ce poste et le rendait cher au pape François. En conséquence, le pape a décidé de le nommer cardinal pour souligner que même la « charité » du pape devait avoir un chapeau rouge aux côtés de la « foi » — c’est-à-dire aux côtés du préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi.

    Krajewski incarnait le pontificat du pape François. Il a mené des missions humanitaires très médiatisées et adressé des lettres de remerciement aux donateurs. Sa notoriété l’a même conduit à rétablir illégalement l’électricité pour un groupe occupant un immeuble à Rome. Après avoir côtoyé Jean-Paul II, servi sous Benoît XVI et être devenu le bras droit du pape François, Krajewski est retourné dans son pays natal. Pour la première fois, il est archevêque d’un diocèse.

    Il a été envoyé à Łódź, un archidiocèse complexe laissé vacant par le cardinal Ryszard Ryś, qui a été nommé archevêque de Cracovie.

    Il ne s’agissait pas d’un promoveatur ut amoveatur — littéralement « promouvoir pour écarter » — ne serait-ce que parce que Krajewski était déjà cardinal. On peut néanmoins se demander comment Léon XIV allait constituer son équipe. Il semble le faire sans heurts, en tirant parti des opportunités et en recherchant l’harmonie.

    La troisième raison montre la volonté du pape de rétablir un profil plus institutionnel et de s’entourer d’hommes adaptés à cette fin.

    Cette volonté était évidente dès le début de son pontificat, lorsqu’il a décidé de revêtir la mozzetta. Par exemple, Mgr Luis Marín a expliqué dans une interview que le pape François avait constitué une exception ; néanmoins, la tenue de chœur du pape reste blanche et rouge, reflétant, entre autres, une manière typiquement augustinienne.

    La nomination de l’archevêque Filippo Iannone au poste de préfet du Dicastère pour les évêques est une nomination institutionnelle. La nomination de Mgr Marin au poste d’aumônier est également une question institutionnelle. La nomination de quatre nouveaux évêques auxiliaires du diocèse de Rome, tous originaires de Rome, ainsi que la restructuration du secteur central, sont des questions institutionnelles. Prochainement, une nomination institutionnelle désignera un nouveau préfet de la Maison pontificale.

    Beaucoup plus de choses seront possibles lorsque Léon XIV choisira le remplaçant du sostituto, une figure clé de la Secrétairerie d’État et, en fait, le premier collaborateur du pape.

    La quatrième raison concerne l’avenir du Synode des évêques.

    Le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, a immédiatement insisté pour que le calendrier du processus synodal soit maintenu tel qu’il avait été conçu. Léon XIV a d’emblée évoqué la « synodalité » comme une marque distinctive de son pontificat. Le Secrétariat général du Synode a continué à publier des documents, à animer des groupes de travail et à avancer sur sa voie sans interruption.

    Mais la décision de démettre Marin revêt une importance considérable. Léon XIV retire un homme de confiance du Synode au moment même où celui-ci cherche un nouvel élan. Reste à voir qui le pape choisira pour succéder à Marin au poste de sous-secrétaire.

    Le départ de Marin laisse également entrevoir, avant tout, un démantèlement de la structure du Secrétariat du Synode. Quoi qu’il en soit, cette décision laisse entendre – à tort ou à raison – que le Pape n’a pas l’intention d’accorder au Secrétariat du Synode toute l’importance qu’il avait autrefois sous le pape François.

    Assistons-nous à une dynamique synodale nouvelle et différente ? Il est certain que quatre points d’intérêt accompagnent la nomination du nouvel aumônier et le départ de Krajewski. Ils donnent matière à réflexion. Pendant ce temps, le pape poursuit son parcours institutionnel et retourne vivre au Palais apostolique. Cela semble être un moment de grands changements.