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Eglise - Page 6

  • Justice sera faite. Mais sur les affaires Rupnik et « Lute », la démarche de Léon XIV est incertaine

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Justice sera faite. Mais sur les affaires Rupnik et « Lute », la démarche de Léon XIV est incertaine

    Solide expert en droit, le pape Léon XIV a d'ores et déjà imprimé sa marque réformatrice en imposant un tournant radical au "procès du siècle". Cette procédure, visant le cardinal Becciu ainsi que les instigateurs de la débâcle immobilière du 60 Sloane Avenue à Londres, témoigne de sa volonté d'assainissement.

    Le 17 mars, la Cour d’Appel de l’État de la Cité du Vatican a décrété la « nullité relative » du procès en première instance et ordonné la « reprise à zéro des débats », ainsi que la mise à disposition des accusés de toutes les pièces et de tous les actes de procédure.  Cette démarche s’inscrit dans l’obéissance aux principes fondamentaux énoncés par le pape lors de la rentrée des tribunaux, trois jours plus tôt : le respect des garanties de procédure, l’impartialité du juge et l’effectivité véritable des droits de la défense, tous considérés comme ayant été gravement bafoués au cours du premier procès.

    Mais c’est sur un autre terrain judiciaire que la démarche de Léon semble à ce jour plus indécise. Il s’agit des procès canoniques pour les abus sexuels commis par des membres du clergé sur des mineurs et des adultes « vulnérables ».

    Le 18 mars, dans la lettre envoyée en son nom par le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin aux évêques français réunis en assemblée plénière à Lourdes, le pape leur a demandé de continuer à manifester aussi bien « la sollicitude de l’Église envers les victimes » que « la miséricorde de Dieu envers tous », appelant dans la foulée à ce que « les prêtres coupables d’abus ne soient pas exclus de cette miséricorde et qu’ils fassent l’objet de vos réflexions pastorales ».

    S’en est suivie une vague de protestations de la part des défenseurs des victimes les plus acharnés en raison de cette égalité de traitement que le pape a souhaité étendre aux auteurs d’abus eux-mêmes. Mais il faut ajouter qu’en d’autres occasions, Robert F. Prevost avait déjà pris la défense des droits pour tous, tout en étant bien conscient que « dire cela est parfois une cause de souffrances supplémentaires pour les victimes ».

    Il l’avait déjà affirmé notamment lors d’un entretien avec Elise Ann Allen publié dans un livre sorti au Pérou à la fin de l’été 2025 :

    « Le fait qu’une victime sorte du silence et formule une accusation, et que cette accusation soit présumée fondée, n’annule en rien la présomption d’innocence. Et donc qu’il faille également protéger l’accusé et que ses droits doivent être respectés. » Et ce d’autant plus que “les statistiques démontrent que bien plus de 90 % des personnes qui témoignent et portent des accusations sont de véritables victimes, disent la vérité et n'inventent rien. Cependant, il existe aussi toutes sortes de cas avérés de fausses accusations. Certains prêtres ont eu leur vie brisée à cause de cela. »

    Toujours dans le même livre, le pape Léon affirme que même si la question des abus est d’une importance fondamentale, l’Église ne peut pas délaisser ce qui fait le cœur de sa mission : « Nous ne pouvons pas faire en sorte que l’Église se concentre exclusivement sur cette problématique, parce que ce ne serait pas une réponse authentique à ce que le monde attend en termes d’impératifs de la mission de l’Église »

    Le 4 novembre suivant, à Castel Gondolfo, en réponse à une question sur le procès canonique en cours contre l’artiste et ex-jésuite Marko I. Rupnik, le pape Léon réaffirmait que « l’Église doit respecter le droit de toutes les personnes » et que « jusqu’à preuve du contraire, le principe de la présomption d’innocence est également d’application dans l’Église ».

    Or, ce procès est justement celui qui est le plus emblématique de l’opacité et des incohérences qui pèsent encore aujourd’hui sur le Saint-Siège en matière de gestion des abus.

    Le cas de Rupnik a été abordé à de nombreuses reprises sur Settimo Cielo. Cette affaire avait éclaté au grand jour avec les premiers dépôts publics de plaintes en décembre 2022, après avoir connu un prologue secret en mai 2020 avec l’excommunication du célèbre mosaïste pour avoir absous en confession une complice d’un péché « contre le sixième commandement » : une excommunication qui allait cependant être rapidement levée à la demande du pape François.

    Une seconde procédure pour abus sexuels sur plusieurs religieuses de la communauté qu’il avait fondée a été ouverte contre le P. Rupnik en 2021, avant d’être elle aussi classée sans suite en octobre 2022 pour le motif que les faits qui lui étaient reprochés, bien que « la matérialité des accusations ait été établie », devaient être « considérés comme prescrits pour dépassement des délais de l’action publique ».

    L’affaire étant devenue publique, la Compagnie de Jésus imposa à son tour des sanctions à Rupnik, qu’il ignora d’ailleurs largement, avant de l’expulser de l’ordre, en considérant que les faits dénoncés par de nombreuses victimes étaient non seulement crédibles mais qu’ils se caractérisaient surtout par leur gravité inouïe, avec des abus spirituels et physiques perpétrés au nom d’aberrantes justifications théologiques et mystiques.

    Entretemps, le P. Rupnik clamait son innocence et se faisait incardiner comme prêtre dans le diocèse de Koper en Slovénie où il continuait à jouir de puissantes protections, en particulier grâce à celui qui était à l’époque le Vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome, le cardinal Angelo De Donatis, aujourd’hui Pénitencier majeur du Saint-Siège, qui qualifiait toute cette affaire de « campagne de dénigrement médiatique ».

    La commission pontificale pour la protection des victimes présidée par le cardinal Sean O’Malley fit pression pour obtenir la tenue d’un procès en bonne et due forme et qui parvint à convaincre le pape François d’ordonner le 27 octobre 2023 l’ouverture d’un nouveau procès, cette fois sans tenir compte de la limite de prescription de vingt ans qui couvrait la quasi-totalité des délits reprochés au P. Rupnik.

    Et en effet, dès l’été 2020, le pape François avait introduit dans les procès canoniques de nouvelles règles qui non seulement autorisaient mais encourageaient même à déroger à cette prescription, au nom de la « tolérance zéro » universellement réclamée à cor et à cris contre les personnes accusées d’abus sexuels : une dérogation aujourd’hui largement mise en œuvre dans les procès canoniques mais que tous les juristes considèrent inimaginable en matière de droit civil, tant elle ouvre la porte à une forme de justice expéditive, aux antipodes du garantisme auquel le pape Léon est très attentif.

    Il n’en demeure pas moins que ce procès aussi traîne en longueur. Il aura fallu attendre le 13 octobre 2025 pour apprendre que le Dicastère pour la Doctrine de la foi avait enfin trouvé et nommé les juges, cinq « femmes et clercs » extérieurs au Saint-Siège dont les noms n’ont pas encore été communiqués. « Les procès judiciaires prennent beaucoup de temps et je sais qu’il est très difficile aux victimes de s’entendre demander de faire preuve de patience », a déclaré à ce sujet le pape Léon le 4 novembre dernier, des mots qui sont d’ailleurs toujours d’actualité vu l’absence de toute avancée depuis lors.

    Mais en attendant, une autre affaire a éclaté, et elle concerne cette fois le pape en personne.

    Le 22 novembre 2025, une jeune péruvienne qui s’appelle Ana María Quispe Díaz, qui prétend avoir été victime d’abus sexuels depuis qu’elle est toute petite, en compagnie de ses deux sœurs et d’autres enfants, a déclaré dans un communiqué avoir été informée que dix jours plus tôt, le 13 novembre, le pape avait concédé la dispense de l’état clérical à leur abuseur présumé, le P. Eleuterio Vásquez González, un prêtre de Chiclayo surnommé « Lute », l’exonérant de tout procès canonique, pour des faits qui se seraient déroulés pendant que Robert F. Prevost était l’évêque de ce diocèse.

    La première enquête ouverte à la suite de la plainte avait déjà été conduite « avec des erreurs de procédure », selon la responsable pour les abus du diocèse de Chiclayo, mais Ana María Quispe Díaz a surtout protesté face au refus d'un procès régulier qui établirait enfin la vérité des faits et protégerait les victimes.

    Le communiqué se terminait sur une « demande d’audience personnelle avec le pape, pour lui expliquer la douleur que de telles situations causent aux victimes et lui demander un changement de cap dans la manière dont l’Église traite le cas d’abus.

    Deux journalistes péruviens, Paola Ugaz et Pedro Salinas étaient déjà intervenus pour prendre la défense de Prevost, comme évêque de Chiclayo et comme pape, dès l'apparition de ces accusations en 2023, Amis de longue date de Robert Prevost, ils sont très actifs depuis 2015 dans la dénonciation de crimes commis au sein d'une société de vie apostolique fondée au Pérou, le « Sodalitium Christianae Vitae », dissoute par le pape François à la fin de son pontificat.

    Cependant, le pape Prevost n'a jamais prononcé un seul mot en public sur ces accusations le concernant, pas même après sa mise en cause directe par Ana María Quispe Díaz. Tout le contraire de ce qu'avait fait Benoît XVI quand il avait été confronté à des accusations similaires d’avoir « couvert » un prêtre abuseur, quand il était archevêque de Munich et Freising.

    Au contraire. Lorsque ces accusations refirent surface durant sa dernière année de vie, en janvier 2022, Benoît XVI a de nouveau réagi avec un mémoire de 82 pages, rédigé par un groupe d'amis sur la base d'une documentation abondante, suivi d'une déclaration personnelle corrigeant « une erreur » contenue dans le rapport et qui a fait l’objet d’une lettre adressée le 6 février aux fidèles de l'archidiocèse allemand.

    Cette lettre, qui compte parmi ses tout derniers écrits, mérite d'être lue intégralement. Benoît XVI y rappelle la confession et la demande de pardon pour notre « très grande » faute que « l'Église place jour après jour au début de la célébration de la Sainte Messe ». Et il poursuit :

    « Je comprends de plus en plus la répugnance et la peur que le Christ a ressenties sur le Mont des Oliviers quand il a vu tout ce qu’il allait devoir surmonter intérieurement. Que les disciples dorment à ce moment-là représente malheureusement la situation qui, aujourd’hui encore, se reproduit et par laquelle je me sens aussi interpellé. Ainsi, je ne peux que prier le Seigneur et supplier les anges et tous les saints et vous aussi, chères sœurs et frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu ».

    Et encore :

    « Bientôt, je serai face au juge ultime de ma vie. Bien que, regardant en arrière ma longue vie, je puisse avoir beaucoup de motifs de frayeur et de peur, mon cœur reste joyeux parce que je crois fermement que le Seigneur n’est pas seulement le juge juste mais, en même temps, l’ami et le frère qui a déjà souffert lui-même mes manquements et qui, en tant que juge, est aussi mon avocat, Paraclet. […] Il me revient sans cesse à l’esprit ce que Jean rapporte au début de l’Apocalypse : il voit le Fils de l’homme dans toute sa grandeur et tombe à ses pieds comme mort. Mais Lui, posant sur lui sa main droite, lui dit : ‘Ne crains pas ! C’est moi’ (cf. Ap 1, 12 – 17) ».

  • Léon XIV : Les appels à la paix et la voix du Saint-Siège

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV a personnellement porté la Croix à travers les quatorze stations du Chemin de Croix au Colisée le Vendredi saint.

    Ce fut un geste fort, non seulement parce qu'il montrait un pontife à la fois robuste et âgé – à l'instar de Jean-Paul II au début de son pontificat, et de Paul VI, qui institua la tradition du Chemin de Croix au Colisée – mais aussi parce qu'il comprenait la puissance des actions symboliques.  Les gestes de Léon XIV sont délibérés et ancrés dans la tradition chrétienne et romaine. C'est là une clé pour comprendre son pontificat.

    Le choix de la mozzetta lors des occasions officielles, le retour au lavement des pieds avec les prêtres comme apôtres à Saint-Jean-de-Latran, et le port personnel de la Croix (ou de l'ostensoir, comme il le faisait lors de la procession de la Fête-Dieu) témoignent tous de sa volonté de placer l'identité de l'Église au centre.

    En s'appuyant sur ces traditions, Léon XIV présente la foi comme le fondement du message de l'Église au monde, insistant sur le pouvoir des symboles par rapport à la rhétorique.

    Partant de ce principe, le pape a décidé de porter la Croix, soulignant que dans la souffrance, nos yeux doivent rester fixés sur le Christ. Par ce geste, il entendait s'effacer et laisser le Christ au premier plan, comme il l'avait affirmé dans sa première homélie papale à la chapelle Sixtine.

    Le pape a également rendu encore plus vibrant le cri mondial des chrétiens pour la paix.

    Ce n'est pas un hasard si Léon XIV a choisi le père Francesco Patton, franciscain et ancien custode de Terre sainte, pour écrire les méditations du Chemin de Croix . En ce huitième centenaire de la mort de saint François, un franciscain issu d'une zone de conflit délivre un message de paix.

    La paix a été au cœur des efforts de Léon XIV dès le début de son pontificat, lorsqu'en sortant pour la première fois de la Loggia des Bénédictions, il a invoqué la paix « désarmée et désarmante » que seul le Christ peut donner.

    Les appels à la paix de Léon XIV se sont multipliés et intensifiés, trouvant un écho dans ses homélies et ses apparitions publiques.

    Dans son homélie du dimanche des Rameaux, par exemple, il a déclaré : « Voici notre Dieu : Jésus, Roi de la Paix… qui n’écoute pas les prières de ceux qui font la guerre et les rejette, disant : « Même si vous multipliiez vos prières, je n’écouterais pas : vos mains sont tachées de sang . »

    Dans son discours Urbi et Orbi du dimanche de Pâques, Léo s'est montré sans doute plus urgent et plus retentissant.

    « À la lumière de Pâques », a-t-il dit, « laissons-nous émerveiller par le Christ ! »

    « Laissons nos cœurs se transformer sous l'effet de son immense amour pour nous ! » dit Léon. « Que ceux qui possèdent des armes les déposent ! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! »

    Ce sont là des paroles fortes d'avertissement et d'exhortation, adressées sans détour aux puissants, mais force est de constater que les appels de Léon XIV ne suscitent qu'un intérêt fugace avant de sombrer dans l'oubli. Ceci souligne le décalage entre la stratégie de communication symbolique du pape et l'influence réelle de son message dans le paysage médiatique actuel.

    Dans sa lettre d'information « Newman », parue il y a quelques semaines, Matteo Matzuzzi abordait la question du silence papal. Léon XIV est critiqué pour son manque de clarté concernant les Palestiniens, son absence de condamnation directe d'Israël et son silence face aux conflits majeurs. Ses détracteurs interprètent ce silence comme une réticence à prendre position ou à se ranger du côté de l'histoire.

    Matzuzzi soulève une question essentielle : un pape doit-il prendre des positions politiques explicites, ou doit-il plutôt définir une orientation générale et donner aux catholiques les moyens d’agir ? Cette question est au cœur des débats actuels sur la communication papale et l’efficacité de l’approche choisie par Léon XIV .

    En définitive, le Saint-Siège est un acteur mondial.

    Le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques précisément parce que ces relations lui permettent de défendre les pauvres et les défavorisés, et le Pape est appelé à en tenir compte.

    L'objectif de Léon XIV est l'unité et la paix, plaçant le Christ au centre et encourageant les chrétiens à agir avec foi. Ses messages reprennent souvent l'idée que le prêtre est un alter Christus, incitant les croyants à se concentrer sur une action inspirée par le Christ .

    Le contraste avec les interventions spontanées du pape François et sa volonté d'entrer directement dans les débats politiques met en lumière l'argument principal : l'efficacité et la réception de la communication papale dépendent de la manière dont le pape s'exprime : en tant que participant ou en tant que symbole directeur.

    L'approche directe de François a suscité un engagement immédiat, mais a également brouillé le rôle diplomatique unique du Saint-Siège.

    Cela plut à la presse, qui voyait en François une manière authentique de faire les choses, et aussi un champion de tous leurs combats, un « cheval fou » destiné à semer la confusion dans l'Église, l'ouvrant en fait à la modernité.

    Le style « anticonformiste » de François a toutefois eu de graves conséquences – probablement imprévues et involontaires – qui nécessitent encore d'être prises en compte.

    La diplomatie est un langage à part entière, après tout, et l'abandonner en dit long.

    Pour le pape François, l'abandon du langage diplomatique a également diminué l'influence du Saint-Siège ; le traitement des problèmes immédiats par le biais d'encycliques et de documents non universels a fait du pape un acteur mondial parmi d'autres, et non une figure prophétique ; la poursuite d'accords de paix à tout prix — à commencer par l'accord controversé des évêques avec la Chine communiste — montre que le Saint-Siège prendra toutes les mesures pour atteindre des objectifs pragmatiques.

    L'histoire nous a donné un pape (François) dont la voix a largement circulé, voire suscité la controverse, divisant, attaquant et louant de toutes parts. Le pontificat de François, à son tour, a laissé un Saint-Siège affaibli à un moment historique crucial.

    Ces dernières années, le Saint-Siège a vu ses diplomates expulsés du Nicaragua, a essuyé trois échecs de médiation au Venezuela et a lancé des appels à la fin de la guerre en Ukraine qui sont restés lettre morte, contraignant le Saint-Siège à se replier sur une mission essentiellement humanitaire plutôt que diplomatique.

    Léon XIV restaure les symboles, mais il n'a pas encore rétabli le respect qu'ils inspirent.

    Il agit dans un contexte de mutation rapide où la communication est extrêmement rapide, ce qui rend l'absence de réponse immédiate d'autant plus problématique. Mais il agit avant tout pour l'Église.

    Cela déplaît à beaucoup, qui souhaitent influencer le pape. William McGurn a publié un éditorial virulent critiquant l'absence de prise de position du pape, soulignant que les homélies ne sauraient aider l'Iran.

    Ces critiques négligent la mission principale du Pape et du Saint-Siège : assurer l’équilibre et œuvrer pour la paix. La doctrine sociale de l’Église est son instrument, mais sa mise en œuvre concrète incombe à d’autres. Le Pape définit la vision ; l’action requiert la responsabilité de tous.

    Il s'agit d'une approche résolument synodale, au sens le plus clair du terme, et pourtant, elle est contestée par tous ceux qui ont véritablement défendu la synodalité. La synodalité devrait fonctionner comme une forme de démocratisation de l'Église, mais en matière d'idéologie, une position doit être prise.

    C’est peut-être pour cette raison que les appels du pape se heurtent désormais à l’indifférence des médias.

    Alors que les débats passés sur la présence médiatique du pape laissaient entrevoir une possible dilution du message, le contexte actuel marginalise souvent les tentatives de médiation du pape, illustrant ainsi la difficulté d'avoir un impact par la seule communication symbolique .

    Le Vendredi saint, Léon XIV porta la Croix, et à Pâques, dans l'encyclique Urbi et Orbi, il lança son puissant appel à la paix.

    L’espoir est que l’Église se relève et que le Saint-Siège exerce à nouveau une influence sur le destin du monde. Cette influence n’a pas besoin d’être visible, ni de faire les gros titres. Elle doit avoir un impact réel.

  • Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises

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    D'InfoVaticana :

    Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises

    Massacre au Nigéria pendant les fêtes de Pâques : au moins sept morts et plusieurs personnes enlevées lors d’attaques contre des églises
    Au moins sept personnes ont été tuées et un nombre inconnu ont été enlevées lors d'une attaque armée contre deux églises chrétiennes dans l'État de Kaduna, au centre du Nigeria, pendant les célébrations du dimanche de Pâques, selon La Gaceta de la Iberósfera , citant des sources locales.

    Attaques coordonnées contre des églises pendant Pâques

    L'attaque a eu lieu dans la communauté d'Ariko tôt dimanche matin, lorsque des hommes armés ont pris d'assaut l'église First ECWA et l'église catholique Saint-Augustin pendant les offices. Des témoins ont rapporté que les assaillants sont arrivés en grand nombre, ont encerclé les lieux et ont ouvert le feu sans discernement sur les fidèles.

    Outre les décès, plusieurs personnes ont été enlevées, mais le nombre exact n'a pas encore été confirmé. Mark Bawa, conseiller du district d'Awon, a expliqué que les chiffres étaient toujours en cours de vérification : « Certaines sources font état de sept morts, tandis que d'autres en annoncent huit », a-t-il déclaré aux médias locaux.

    Absence de réponse immédiate et problèmes de communication

    L'un des aspects les plus préoccupants de l'attaque a été la lenteur de la réaction des forces de sécurité. Selon les autorités locales, les infrastructures de télécommunications limitées dans la région ont entravé la coordination et la diffusion des alertes, retardant ainsi toute intervention efficace.

    Bawa a souligné que la connectivité limitée réduisait considérablement la capacité de réagir à une attaque qui durait longtemps.

    Violence persistante et dénonciation épiscopale

    Bien que la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN) n'ait pas abordé explicitement l'attaque d'Ariko, elle a publié une déclaration exprimant son inquiétude face à la montée de la violence armée dans le pays, en particulier l'augmentation des enlèvements et l'activité des groupes armés dans les régions vulnérables.

    Le président de la Conférence des évêques catholiques des Indes (CBCN), l'évêque Matthew Man-Oso Ndagoso, a pointé du doigt les causes structurelles de cette crise, telles que le népotisme, le tribalisme et la corruption. Dans son discours, il a dénoncé ce qu'il a qualifié de « mauvaise gestion » et a appelé à privilégier le bien commun pour endiguer l'insécurité croissante.

    Le Nigéria, théâtre récurrent d'attaques armées

    Le Nigeria, et plus particulièrement ses régions centrales et nord-ouest, subit depuis des années les agissements de groupes armés connus sous le nom de « bandits », responsables d'attaques systématiques contre la population civile, de vols et d'enlèvements massifs contre rançon.

  • La mort de Vittorio Messori, le plus grand apologiste de notre temps

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    La mort de Vittorio Messori, le plus grand apologiste de notre temps

    Le journaliste et écrivain qui, grâce à des millions de livres vendus dans toutes les langues, a élevé des générations de catholiques dans la foi, est décédé hier soir à son domicile de Desenzano sul Garda. Son témoignage vivant est une petite église construite pierre par pierre sur le terrain de l'abbaye de Maguzzano. Il était un grand ami et une source d'inspiration pour La Bussola .

    04/04/2026

    Dans quelques jours, il aurait eu 85 ans, et pourtant, hier soir, à 21h10, au coucher du soleil le Vendredi saint, le cœur de Vittorio Messori a cessé de battre. Il est impossible de résumer en quelques mots l'importance de Messori pour la culture catholique, et pas seulement en Italie. Ce n'est pas un hasard si, dans sa maison de Desenzano sul Garda, des reproductions des couvertures de ses livres, traduits en des dizaines de langues, ornent plusieurs murs.

    Depuis la publication de ses *Hypothèses sur Jésus* en 1976 , fruit de douze années de recherches suite à sa conversion soudaine au catholicisme, Messori est devenu une figure emblématique du renouveau de l'apologétique à l'échelle mondiale : non pas une défense officielle de l'Église, mais une exploration sérieuse et documentée des fondements de la foi. La lecture d'un seul de ses ouvrages suffit à saisir la profondeur et l'amour de la Vérité qui l'animaient. Ce n'est pas un hasard si ses recherches personnelles ont ramené – et nourri – tant de personnes à la foi.

    Je peux également affirmer que sans lui, La Bussola n'existerait pas aujourd'hui : non seulement parce que son style a été un exemple et une source d'inspiration pour nous, journalistes catholiques de la génération suivante, mais aussi parce que j'ai eu la chance de bénéficier de son amitié pendant plusieurs années, dès la revue mensuelle Il Timone , dirigée par Gianpaolo Barra, dont il était le fondateur. Dès lors, il a fortement encouragé l'aventure de La Bussola, offrant sa collaboration dès les premières années, au prix d'un temps précieux consacré à ses travaux ultérieurs, centrés avant tout sur la figure de Marie et sur ce qu'il considérait comme l'œuvre la plus importante de la dernière partie de sa vie terrestre : se préparer à la mort, à la rencontre avec ce Christ qui l'avait tant fasciné.

    Cela inclut certainement les efforts considérables déployés pour la construction de la chapelle de la Madonna dell'Ulivo parmi les oliviers entourant l'abbaye bénédictine de Maguzzano, surplombant le lac de Garde, aujourd'hui gouvernée par les Pauvres Serviteurs de la Divine Providence, la communauté sacerdotale fondée par saint Jean de Calabre.

    Dans l'abbaye, Messori disposait également d'une pièce qui lui servait de bureau personnel, où il se rendait chaque jour pour travailler et prier. La Madonna dell'Ulivo est une petite église à ciel ouvert, dont les murs rappellent l'architecture d'Antoni Gaudí. Elle fut construite pièce par pièce, combinant des objets sacrés, anciens et modernes, selon un dessein précis qu'il avait en tête. Ces objets s'harmonisent en une œuvre qui exprime l'amour du créateur pour le Christ et la Vierge Marie. C'était un lieu incontournable à chacune de nos visites, et il était irrésistiblement fascinant de l'écouter expliquer chaque détail de cette construction, ainsi que l'origine et la raison d'être de chaque élément.

    Mon plus grand regret est peut-être de n'avoir pas eu le temps de réaliser une vidéo où Vittorio lui-même aurait expliqué la petite église de la Madonna dell'Ulivo, afin que chacun puisse partager la profonde signification de cette œuvre. Son épouse, Rosanna Brichetti, l'aurait souhaitée elle aussi, mais malheureusement, l'apparition de problèmes de santé et les difficultés ultérieures liées à la pandémie de Covid-19 ont rendu ce projet impossible. De toute évidence, le destin en avait décidé autrement.
    Il n'en reste pas moins que si ses livres témoignent de la raison d'être de la foi, suivant sa quête intellectuelle, la petite église de la Madonna dell'Ulivo représente l'aboutissement de son expérience spirituelle, l'expression concrète d'un amour profond : c'est son testament vivant.

    J’ai mentionné son épouse Rosanna, et ce n’est pas par hasard. Dans quelques jours, le 16 avril, jour anniversaire de Vittorio et de la naissance au ciel de Bernadette Soubirous, la voyante de Lourdes si chère à Messori, marquera le quatrième anniversaire de sa disparition. Elle fut l’autre grand amour de Vittorio Messori, un mariage né d’une histoire unique, éprouvée par la souffrance, et témoignant elle-même de sa foi. Rosanna a choisi de la raconter dans un livre paru en 2018, « Une foi à deux – Ma vie avec Vittorio » . Mais c’est dans la simplicité d’une conversation, lors de leurs rencontres, que l’on percevait combien leur lien profond avec Dieu était source de la liberté qu’ils vivaient et transmettaient.

    Ces déjeuners partagés – après notre visite à Maguzzano, bien sûr – entre eux deux, ma femme et moi, sur les rives du lac de Garde, furent inoubliables. Nous parlions simplement de la vie de l'Église, de notre travail et des petits et grands soucis du quotidien. Ce qui rendait ces moments précieux et agréables, ce n'était pas tant ce que nous avons appris intellectuellement que l'atmosphère qui y régnait, qui donnait tout son sens à l'exhortation de saint Paul aux Corinthiens : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. » Il convient également de préciser que c'est précisément autour de ces tables que Rosanna a entamé une collaboration avec la revue Bussola , consacrée à la Vierge Marie (dont les articles ont ensuite été réunis dans le livre Bussola, De Maria numquam satis ), et qui a également inspiré la publication mensuelle du même nom .

    Il serait presque trop évident d'affirmer que la disparition de Vittorio Messori, après celle de son épouse Rosanna Brichetti, laisse un grand vide dans la culture catholique. En réalité, sa mort nous rappelle de poursuivre, chacun à notre manière, l'œuvre qu'il a accomplie en découvrant avec passion, jour après jour, les fondements de la foi.

  • Début de l'octave pascale

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    Du site "Etoilenotredame.org" :

    Lundi 6 avril 2026 : Début de L’octave de Pâques

    Après la fête de Pâques commence l’octave de Pâques, les huit premiers jours après le dimanche de Pâques est appelée aussi semaine in albis (des vêtements blancs) car les catéchumènes baptisés dans la nuit de Pâques gardaient le vêtement de leur baptême et assistaient chaque jour à des catéchèses sur les sacrements qu’ils venaient de recevoir. Nous possédons encore les catéchèses de Jean Chrysostome, de Cyrille de Jérusalem ou d’Ambroise de Milan. Ainsi la semaine de l’octave de Pâques est comme un long dimanche se prolongeant sur huit jours, où chaque jour est jour de Pâques. L’octave de Pâques permet de redire que la Résurrection se prolonge au-delà du jour de Pâques. La pratique de l’octave religieuse se retrouve déjà dans l’Ancien Testament avec la fête des Tabernacles (Lv 23-26). C’est Constantin  qui l’a introduite dans la liturgie catholique.

    Nous sommes en route vers la Miséricorde. Car, c’est la semaine où se poursuit la neuvaine à la divine Miséricorde demandée par Jésus à sœur Faustine. Elle  a débuté le vendredi saint et se terminera la veille de la Fête de la Miséricorde, le dimanche suivant le dimanche de Pâques. Neuvaine et fête de la Miséricorde ayant été instituées par le pape saint Jean Paul II en 2000.

     

  • Lundi de Pâques dans la lumière du Ressuscité

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    Lundi de Pâques : Homélie (homelies.fr - archive 2010)

    Les femmes viennent de recevoir la première annonce de la Résurrection. « Tremblantes et toutes joyeuses », elles courent porter la nouvelle aux disciples, comme l’Ange le leur a ordonné. C’est sur ce chemin de l’humble obéissance et de la foi partagée que Jésus vient à leur rencontre et se fait reconnaître. Le Seigneur ressuscité confirme les paroles de l’Ange ainsi que la mission que celui-ci avait confiée aux femmes : « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront ». L’annonce de la Résurrection est toujours conjointement un appel à rejoindre le Seigneur afin de le contempler là où il se donne à « voir » : dans nos Galilées quotidiennes. L’Emmanuel accomplit le programme que signifie son nom : Dieu est « avec nous » (Mt 1,23) « pour toujours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).

    Tandis que les femmes se mettent en chemin, en hâte et toutes joyeuses comme Marie se rendant chez sa cousine Elisabeth après l’Annonciation, voilà qu’elles croisent un cortège d’hommes portant la même information, mais qui sont loin de partager leur joie, car pour eux, cette « nouvelle » n’est point « bonne ». Tout oppose ces deux groupes : alors que les femmes quittent la ville - symbole du monde ancien et de la première Alliance désormais dépassée - pour se rendre au lieu où le Seigneur ressuscité leur a donné rendez-vous, les hommes, eux, retournent dans la cité, et leur témoignage rassemble dans la fébrilité et le trouble, ceux-là même qui ont condamné à mort le Vivant. Pour sauver la face, ils vont s’enfoncer dans le mensonge en soudoyant les témoins, leur ordonnant de répandre la fausse rumeur du vol du cadavre.

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  • Victimae Paschali Laudes

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    VÍCTIMÆ pascháli laudes ímmolent Christiáni.
    Agnus redémit oves: Christus ínnocens Patri reconciliávit peccatóres.
    Mors et vita duéllo conflixére mirándo: dux vitæ mórtuus, regnat vivus.
    Dic nobis, María, quid vidísti in via ?
    Sepúlcrum Christi vivéntis: et glóriam vidi resurgéntis.
    Angélicos testes, sudárium et vestes.
    Surréxit Christus spes mea: præcédet vos in Galilǽam.
    Scimus Christum surrexísse a mórtuis vere: tu nobis, victor Rex, miserére.
    Amen. Allelúia.
    A la victime pascale, que les Chrétiens immolent des louanges.
    L’Agneau a racheté les brebis : le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec Son Père.
    La vie et la mort se sont affrontées en un duel prodigieux : l’Auteur de la vie était mort, Il règne vivant. Dites-nous, Marie, qu’avez-vous vu en chemin ?
    J’ai vu le tombeau du Christ vivant, et la gloire du ressuscité.
    J’ai vu les témoins angéliques, le suaire et les linceuls.
    Il est ressuscité, le Christ, mon espérance : Il vous précédera en Galilée.
    Nous le savons : le Christ est ressuscité des morts : ô Toi, Roi vainqueur, aie pitié de nous.
    Amen. Alléluia.
  • O Filii et Filiae... Alleluia, Alleluia, Alleluia !

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    C’est l'hymne liturgique à chanter pendant le Temps Pascal.
    Elle a été écrite par Jean Tisserand (o.f.m.) en 1494.
     
    R. Alleluia ! Alleluia ! Alleluia !
    R. Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !
     
    1. O filii et filiæ,
    1. O fils et filles,
    Rex coelestis, Rex gloriae
    Le Roi des cieux, le Roi de gloire
    morte surrexit hodie. Alleluia !
    A surgi de la mort aujourd'hui, alléluia !
     
    2. Et mane prima sabbati
    Et le matin du premier jour après le Sabbat,
    Ad ostium monumenti
    Jusqu’à la porte du monuement,
    Accessérunt discipuli. Alleluia !
    S’approchèrent les disciples, alléluia !
     
    3. Et Maria Magdalene,
    3. Et Marie-Madeleine
    et Iacobi, et Salome
    Et Marie mère de Jacques
    Venerunt corpus ungere. Alleluia !
    Sont venues embaumer le Corps, alléluia !
     
    4. In albis sedens angelus
    4. Un ange, assis, vêtu de blanc,
    praedixit mulieribus:
    Dit aux femmes :
    Quia surrexit Dominus. Alleluia !
    "Le Seigneur est ressuscité." alléluia !
     
    5. Et Ioannes apostolus
    5. Et Jean l'Apôtre,
    cucurrit Petro citius,
    Court plus vite que Pierre,
    Ad sepulcrum venit prius. Alleluia !
    Et arrive le premier au tombeau. Alléluia !
     
    6. Discipulis astantibus,
    6. Les disciples étant présents,
    in medio stetit Christus,
    Jésus parut au milieu d'eux et leur dit :
    dicens: Pax vobis omnibus. Alleluia !
    "Que la paix soit au milieu de vous tous." Alléluia !
     
    7. In intelléxit Didymus
    7. Dès que Didyme apprit
    Quia surrexerat Iesus,
    Que Jésus était réssuscité,
    Remansit fere dubius, Alleluia !
    Il demeura presque dans le doute. Alléluia !
     
    8. Vide Thoma, vide latus,
    8. Thomas, vois mon côté, lui dit Jésus,
    vide pedes, vide manus,
    Vois mes pieds, vois mes mains,
    Noli esse incredulus. Alleluia.
    Et ne reste pas incrédule. Alléluia !
     
    9. Quando Thomas vidit Christum,
    9. Quand Thomas eut vu le côté du Christ,
    Pedes, manus, latus suum,
    Les pieds et ses mains,
    Dixit, Tu es Deus meus. Alleluia.
    Il s’écria : Vous êtes mon Dieu. Alléluia.
     
    10. Beati qui non viderunt,
    10. Heureux ceux qui sans avoir vu,
    Et firmiter credidefunt,
    Ont cru d’une ferme foi,
    Vitam aeternam habebunt. Alleluia.
    Ils posséderont la vie éternelle. Alléluia.
     
    11. In hoc festo sanctissimo
    11. Célébrons cette très sainte solennité
    Sit laus et jubilatio!
    Par des cantiques de louanges et d’allégresses !
    Benedicamus Domino. Alleluia.
    Bénissons le Seigneur. Alléluia !
     
    12. De quibus nos humillimas
    12. Rendons à Dieu avec le dévouement et la reconnaissance,
    Devotas aeque debitas
    Qui lui sont dus, de très humbles actions de grâces,
    Deo dicamus gratias. Alleluia.
    Pour tous ses bienfaits. Alléluia !
  • Exultet ! Qu'exulte de joie dans le ciel la multitude des anges !

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    (Source) L'Exultet est un chant liturgique par lequel l'Eglise, durant la veillée pascale du Samedi saint, proclame l'irruption de la lumière dans les ténèbres (symbolisée par celle du cierge pascal qui vient d'être allumé) et annonce la Résurrection du Christ.

    Ce chant très ancien, dont le texte a été fixé par le pape Innocent III, comprend deux parties : un prologue, toujours identique, et une préface, qui a parfois varié (version romaine, milanaise ou bénéventaine).

    Ce chant en latin est appelé "Exultet" d'après son premier mot (Exultet iam angelica turba caelorum ! "Qu'exulte maintenant la troupe des anges célestes !") ; aujourd'hui, il est chanté soit en latin, soit dans une traduction ou adaptation dans les langues vernaculaires.

    Un passage du chant est particulièrement célèbre, le "Felix culpa" : "O heureuse faute qui nous a mérité un tel et un si grand Rédempteur !" (O felix culpa, quae talem ac tantum meruit habere redemptorem !)

    Ce chant évoque la traversée de la mer Rouge lors de l'Exode et célèbre la Pâque du Christ. Ce chant célèbre et explique la signification du cierge pascal. Il évoque le travail de l'abeille, productrice de la cire, et va jusqu'à la comparer à la Vierge Marie.

    Le chant de l'Exultet était traditionnellement écrit non dans un livre mais sur un rouleau, qui était lu dans sa longueur (à la différence de la manière antique). Le diacre laissait pendre devant l'ambon le texte déjà lu, et des illustrations, faites "à l'envers", permettaient aux fidèles des premiers rangs de suivre par l'image ce qui était chanté ! (cependant, il faisait sombre, l'église n'étant alors éclairée que par le cierge pascal : il s'agissait donc en partie d'un élément symbolique...). Plusieurs collections de manuscrits et musées possèdent des "rouleaux d'Exultet", qui sont un des fleurons de l'art de l'enluminure et de la calligraphie dans le domaine occidental.

    Exultet iam angélica turba cælórum:
    exultent divína mystéria:
    et pro tanti Regis victória tuba ínsonet salutáris.

    Gáudeat et tellus, tantis irradiáta fulgóribus:
    et ætérni Regis splendóre illustráta,
    tótius orbis se séntiat amisísse calíginem.

    Lætétur et mater Ecclésia,
    tanti lúminis adornáta fulgóribus:
    et magnis populórum vócibus hæc aula resúltet.

    Vere dignum et iustum est,
    invisíbilem Deum Patrem omnipoténtem
    Filiúmque eius unigénitum,
    Dóminum nostrum Iesum Christum,
    toto cordis ac mentis afféctu et vocis ministério personáre.

    Qui pro nobis ætérno Patri Adæ débitum solvit,
    et véteris piáculi cautiónem pio cruóre detérsit.

    Hæc sunt enim festa paschália,
    in quibus verus ille Agnus occíditur,
    cuius sánguine postes fidélium consecrántur.

    Hæc nox est,
    in qua primum patres nostros, fílios Israel
    edúctos de Ægypto,
    Mare Rubrum sicco vestígio transíre fecísti.

    Hæc ígitur nox est,
    quæ peccatórum ténebras colúmnæ illuminatióne purgávit.

    Hæc nox est,
    quæ hódie per univérsum mundum in Christo credéntes,
    a vítiis sæculi et calígine peccatórum segregátos,
    reddit grátiæ, sóciat sanctitáti.

    Hæc nox est,
    in qua, destrúctis vínculis mortis,
    Christus ab ínferis victor ascéndit.

    Nihil enim nobis nasci prófuit,
    nisi rédimi profuísset.
    O mira circa nos tuæ pietátis dignátio!
    O inæstimábilis diléctio caritátis:
    ut servum redímeres, Fílium tradidísti!

    O certe necessárium Adæ peccátum,
    quod Christi morte delétum est!
    O felix culpa,
    quæ talem ac tantum méruit habére Redemptórem!

    O vere beáta nox,
    quæ sola méruit scire tempus et horam,
    in qua Christus ab ínferis resurréxit!

    Hæc nox est, de qua scriptum est:
    Et nox sicut dies illuminábitur:
    et nox illuminátio mea in delíciis meis.

    Huius ígitur sanctificátio noctis fugat scélera, culpas lavat:
    et reddit innocéntiam lapsis
    et mæstis lætítiam.
    Fugat ódia, concórdiam parat
    et curvat impéria.

    In huius ígitur noctis grátia, súscipe, sancte Pater,
    laudis huius sacrifícium vespertínum,
    quod tibi in hac cérei oblatióne solémni,
    per ministrórum manus
    de opéribus apum, sacrosáncta reddit Ecclésia.

    Sed iam colúmnæ huius præcónia nóvimus,
    quam in honórem Dei rútilans ignis accéndit.
    Qui, lícet sit divísus in partes,
    mutuáti tamen lúminis detrimenta non novit.

    Alitur enim liquántibus ceris,
    quas in substántiam pretiósæ huius lámpadis
    apis mater edúxit.²

    O vere beáta nox,
    in qua terrénis cæléstia, humánis divína iungúntur!¹

    Orámus ergo te, Dómine,
    ut céreus iste in honórem tui nóminis consecrátus,
    ad noctis huius calíginem destruéndam,
    indefíciens persevéret.
    Et in odórem suavitátis accéptus,
    supérnis lumináribus misceátur.

    Flammas eius lúcifer matutínus invéniat:
    ille, inquam, lúcifer, qui nescit occásum.
    Christus Fílius tuus,
    qui, regréssus ab ínferis, humáno géneri serénus illúxit,
    et vivit et regnat in sæcula sæculórum.

    Qu'exulte de joie dans le ciel la multitude des anges ! Chantez, serviteurs de Dieu, et que retentisse la trompette triomphale pour la victoire du grand Roi ! Réjouis-toi, ô notre terre, resplendissante d'une lumière éclatante, car il t'a prise en sa clarté et son règne a dissipé ta nuit ! Réjouis-toi, Eglise notre mère, toute remplie de sa splendeur, et que résonne l'acclamation du peuple des fils de Dieu !…

          Vraiment il est juste et bon de proclamer à pleine voix ta louange, Dieu invisible, Père tout puissant, et de chanter ton Fils bien-aimé, Jésus Christ notre Seigneur. C'est lui qui a payé pour nous la dette encourue par Adam notre père, et qui a détruit en son sang la condamnation de l'ancien péché. Car voici la fête de la Pâque où l'Agneau véritable est immolé pour nous. Voici la nuit où tu as tiré de l'Egypte nos pères, les enfants d’Israël, et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec ; nuit où le feu de la nuée lumineuse a repoussé les ténèbres du péché…

          Ô nuit qui nous rend à la grâce et nous ouvre la communion des saints ; nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé victorieux des enfers. Heureuse faute d'Adam qui nous a valu un tel Rédempteur ! Ô nuit qui seule a pu connaître le temps et l'heure où le Christ est sorti vivant du séjour des morts ; ô nuit dont il est écrit : « La nuit comme le jour illumine, la ténèbre autour de moi devient lumière pour ma joie » (Ps 138,12)… Ô nuit bienheureuse, où se rejoignent le ciel et la terre, où s’unissent l’homme et Dieu.

          Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père très Saint, le sacrifice du soir de cette flamme que l'Eglise t'offre par nos mains ; permets que ce cierge pascal, consacré à ton nom, brûle sans déclin en cette nuit et qu'il joigne sa clarté à celle des étoiles. Qu'il brûle encore quand ce lèvera l'astre du matin, celui qui ne connaît pas de couchant, le Christ ressuscité revenu des enfers, qui répand sur les hommes sa lumière et sa paix. Garde ton peuple, nous t'en prions, ô notre Père, dans la joie de ces fêtes pascales. Par Jésus Christ, ton Fils notre Seigneur, qui par la puissance de l'Esprit s'est relevé d'entre les morts et qui règne près de toi pour les siècles des siècles. Amen!

  • La Résurrection : une enquête historique

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    Découvrez cette vidéo fascinante qui nous plonge dans une véritable enquête historique. Entre faits avérés, témoignages troublants et hypothèses controversées, il est impossible de rester indifférent !

    La mort de Jésus sur la croix, le tombeau vide, les témoignages, les apparitions, le changement d'attitude des apôtres, la conversion de Paul...chaque élément est passé au crible, chaque certitude est remise en question. Grâce à une analyse rigoureuse, claire et accessible, que vous soyez croyant, sceptique ou simple curieux, saurez-vous vous laisser bousculer ?

    Je regarde la vidéo

    Si cette vidéo vous a touché, partagez-la autour de vous : c’est un acte missionnaire simple et puissant.

  • Le mystère du Samedi-Saint (Benoît XVI)

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    En 2010, Benoît XVI s’était rendu en pèlerinage à Turin à l’occasion d’une ostension du Saint-Suaire (10 avril-23 mai). Devant la relique, il a fait cette méditation pour tous les fidèles assemblés avec lui :

    Holy_Face_of_Jesus2 (1).jpg« En diverses autres occasions, je me suis trouvé face au Saint-Suaire, mais cette fois, je vis ce pèlerinage et cette halte avec une intensité particulière: sans doute parce que les années qui passent me rendent encore plus sensible au message de cet extraordinaire Icône; sans doute, et je dirais surtout, parce que je suis ici en tant que Successeur de Pierre, et que je porte dans mon cœur toute l'Eglise, et même toute l'humanité. Je rends grâce à Dieu pour le don de ce pèlerinage et également pour l'occasion de partager avec vous une brève méditation qui m'a été suggérée par le sous-titre de cette Ostension solennelle: "Le mystère du Samedi Saint".

    On peut dire que le Saint-Suaire est l'Icône de ce mystère, l'Icône du Samedi Saint. En effet, il s'agit d'un linceul qui a enveloppé la dépouille d'un homme crucifié correspondant en tout point à ce que les Evangiles nous rapportent de Jésus, qui, crucifié vers midi, expira vers trois heures de l'après-midi. Le soir venu, comme c'était la Parascève, c'est-à-dire la veille du sabbat solennel de Pâques, Joseph d'Arimathie, un riche et influent membre du Sanhédrin, demanda courageusement à Ponce Pilate de pouvoir enterrer Jésus dans son tombeau neuf, qu'il avait fait creuser dans le roc à peu de distance du Golgotha. Ayant obtenu l'autorisation, il acheta un linceul et, ayant descendu le corps de Jésus de la croix, l'enveloppa dans ce linceul et le déposa dans le tombeau (cf. Mc 15, 42-46). C'est ce que rapporte l'Evangile de saint Marc, et les autres évangélistes concordent avec lui. A partir de ce moment, Jésus demeura dans le sépulcre jusqu'à l'aube du jour après le sabbat, et le Saint-Suaire de Turin nous offre l'image de ce qu'était son corps étendu dans le tombeau au cours de cette période, qui fut chronologiquement brève (environ un jour et demi), mais qui fut immense, infinie dans sa valeur et sa signification.

    Le Samedi Saint est le jour où Dieu est caché, comme on le lit dans une ancienne Homélie: "Que se passe-t-il? Aujourd'hui, un grand silence enveloppe la terre. Un grand silence et un grand calme. Un grand silence parce que le Roi dort... Dieu s'est endormi dans la chair, et il réveille ceux qui étaient dans les enfers" (Homélie pour le Samedi Saint, PG 43, 439). Dans le Credo, nous professons que Jésus Christ "a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers. Le troisième jour est ressuscité des morts".

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  • blog de réinformation proposé par des laïcs catholiques belges