Du Pillar :
Deux évêques italiens annulent des funérailles maçonniques
Ces interventions sont les dernières d'une série de mesures prises par des évêques du monde entier pour renforcer l'opposition séculaire de l'Église à la franc-maçonnerie.
Deux évêques italiens sont intervenus la semaine dernière pour annuler les funérailles de hauts francs-maçons qui devaient se dérouler dans des églises catholiques. Ces interventions s'inscrivent dans une série de mesures prises par des évêques du monde entier pour réaffirmer l'opposition séculaire de l'Église à la franc-maçonnerie et sa discipline canonique à l'égard des catholiques qui adhèrent aux loges maçonniques.
Le diocèse de Rome et le diocèse de Vintimille-San Remo sont tous deux intervenus dans des affaires sans lien entre elles, après que les autorités maçonniques italiennes ont annoncé l'appartenance à la franc-maçonnerie de deux hommes récemment décédés qui devaient recevoir des funérailles catholiques dans des églises locales.
Depuis 1738, l'Église interdit aux catholiques d'adhérer aux loges maçonniques ou aux groupes et organisations qui y sont affiliés. Les interventions des deux diocèses italiens constituent les dernières initiatives des autorités ecclésiastiques visant à réaffirmer et à faire respecter les normes disciplinaires de l'Église concernant l'appartenance des catholiques à la franc-maçonnerie.
Le cardinal Baldassarre Reina, vicaire pontifical du diocèse de Rome du pape, est intervenu le 7 août pour empêcher des funérailles prévues plus tard dans la journée à Santa Maria in Montesanto, sur la Piazza del Popolo.
Les obsèques de Bruno Battisti d'Amario, musicien renommé, notamment pour ses collaborations avec le cinéaste italien Ennio Morricone, devaient avoir lieu à l'église Santa Maria in Montesanto, traditionnellement considérée comme l'« église des artistes » à Rome. D'Amario est décédé le 5 août à l'âge de 88 ans et le recteur de l'église n'avait initialement rien laissé présager de l'organisation des obsèques.
Cependant, le Grand Orient d'Italie – l'instance maçonnique nationale dont les origines remontent à l'immédiat après-guerre, lorsque les forces d'invasion américaines ont rétabli les institutions maçonniques italiennes – a publié un communiqué de presse immédiatement après le décès de d'Amario. Ce communiqué révélait non seulement son appartenance à la franc-maçonnerie, mais énumérait également plusieurs postes importants qu'il avait occupés au cours de sa vie, notamment celui de président du Collège de district des Vénérables Maîtres du Latium.
Une situation similaire s'est produite quelques jours plus tard dans le diocèse de Vintimille-San Remo, lorsque ce dernier a annoncé, le 8 août, que l'évêque Antonio Suetta était intervenu pour annuler les obsèques prévues ce jour-là dans une église de Camporosso. Mgr Suetta est intervenu dans l'organisation des funérailles de Mario Tarducci après avoir appris, « seulement après que les préparatifs aient été finalisés, par le biais d'un média local et d'avis de décès publics, l'appartenance de M. Tarducci à une loge maçonnique dont il avait été le vénérable maître ».
« À la lumière d’un cas similaire survenu simultanément dans le diocèse de Rome — et conformément aux directives émises par le vicaire de Sa Sainteté le cardinal Reina —, l’évêque, en vertu du canon 1184, a décidé que les funérailles ecclésiastiques prévues aujourd’hui à l’église paroissiale San Marco in Camporosso n’auront pas lieu », indique le communiqué diocésain.
Le canon 1184 du Code de droit canonique prévoit que les « apostats notoires, les hérétiques et les schismatiques » doivent être privés de funérailles ecclésiastiques, ainsi que « d’autres pécheurs manifestes qui ne peuvent se voir accorder des funérailles ecclésiastiques sans scandale public parmi les fidèles ».
Il ne ressort pas clairement des déclarations des deux diocèses si l'appartenance à la franc-maçonnerie était considérée comme relevant de l'apostasie ou de l'hérésie — soit le rejet total et partiel de la foi, respectivement — ou si les deux hommes se voyaient refuser des funérailles en tant que « pécheurs manifestes » qui auraient provoqué un scandale public s'ils avaient bénéficié de funérailles religieuses.
Du XVIIIe siècle jusqu'à la promulgation du premier Code de droit canonique universel en 1917, huit papes ont publié des encycliques ou des bulles papales dénonçant la franc-maçonnerie et imposant l'excommunication automatique, peine réservée au Saint-Siège, à tout catholique y adhérant. Le canon du Code de droit canonique de 1917 relatif aux personnes privées du droit aux funérailles chrétiennes incluait spécifiquement les francs-maçons au même titre que les hérétiques, les apostats et les schismatiques.
Le Code de canon de 1983 a supprimé toute mention explicite de la franc-maçonnerie, alors qu'elle était nommée dans plus d'une douzaine de canons du code de 1917. Si certains ont interprété cette suppression comme un assouplissement de la position de l'Église à l'égard de la franc-maçonnerie, des décrets successifs du Saint-Siège, notamment du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, ont clairement établi que l'Église maintient son interdiction absolue d'appartenance à la franc-maçonnerie pour les catholiques.



La lumineuse figure de sainte Claire d'Assise a été évoquée par le Saint-Père dans une Lettre, en date du 11 août 1993, adressée aux Clarisses à l'occasion du VIII° centenaire de la naissance de la sainte fondatrice. Voici une traduction du texte du message de Jean-Paul II 

