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Eglise - Page 6

  • Les évêques prennent le patronage de la Marche pour la Vie (Slovaquie)

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    De kath.net/news :

    Les évêques catholiques prennent le patronage de la Marche pour la vie/Slovaquie

    17 septembre 2026

    L'an dernier, le diocèse de Bratislava avait déjà assumé le patronage ; celui-ci sera prolongé cette année.

    Bratislava (kath.net/pl) « Nous, évêques, avons accepté avec joie le patronage de la Marche nationale pour la vie, à laquelle nous invitons chacun à Bratislava le dimanche 20 septembre. » C’est ce qu’ont écrit les évêques catholiques de Slovaquie dans leur lettre pastorale concernant la Marche nationale pour la vie, qui aura lieu à Bratislava le 20 septembre 2026. L’année dernière, le diocèse de Bratislava avait également accepté le patronage de cette manifestation pro-vie.kath.net avait signalé).

    kath.net publie la lettre pastorale des évêques locaux de tous les diocèses slovaques concernant la prochaine « Marche nationale pour la vie 2026 », lue dans toutes les églises le dimanche 13 septembre 2026 :

    Chers frères et sœurs,

    Les conflits armés nous obligent à réfléchir de toute urgence à la valeur de la vie humaine. Nous sommes douloureusement conscients de l'absurdité des morts de soldats et de civils, victimes des ambitions de pouvoir de certains. Mères en pleurs, veuves, sœurs endeuillées et enfants orphelins sont les conséquences dévastatrices de guerres où, au final, tout le monde perd et où les plus faibles sont les plus durement touchés. « La colère et la fureur sont abominables ; le pécheur s'y attache », lit-on dans le livre de Sirach.

    Sainte Thérèse de Calcutta a illustré avec justesse les liens profonds entre l'agressivité manifeste et l'agressivité latente d'une personne lorsqu'elle a reçu le prix Nobel de la paix il y a près de cinquante ans. Devant une salle silencieuse remplie de personnalités influentes, elle n'a pas hésité à exprimer avec calme et fermeté de profondes vérités sur la vie : « À notre époque, l'avortement est le plus grand fléau de la paix, car c'est une guerre ouverte – un meurtre direct commis par la mère elle-même. Si une mère peut tuer son propre enfant, que peut-on attendre d'autre que ma capacité à vous tuer et la vôtre à me tuer ? Il n'y a aucune différence entre l'avortement et un meurtre mutuel… »

    En ce sens, l’Évangile selon Matthieu (Mt 18, 21-35) nous présente l’exemple troublant du serviteur impitoyable : un débiteur qui, malgré la bonté de son maître et le pardon de sa dette, se montre cruel envers ceux qui lui doivent quelque chose. Au fond, cet exemple renvoie la balle à tous ceux qui jouissent du don de la vie mais le refusent aux autres. « Nous sommes là, soulignait Mère Teresa dans ce discours, parce que nos parents nous ont désirés. Nous aussi, nous désirons nos enfants et nous les aimons. Mais qu’en est-il des millions de personnes tuées par l’avortement ? »

    L’évocation du chiffre de « millions » pourrait rappeler le fait largement rapporté que le nombre d’avortements en Slovaquie est en baisse. Bien sûr, chaque enfant sauvé est une nouvelle merveilleuse et unique. Mais les enfants ne sont pas de simples statistiques ; il n’en demeure pas moins que chaque enfant, en tant qu’être humain à part entière, mérite d’être protégé dès sa conception. Des mesures concrètes de soutien aux mères en situation de crise doivent poursuivre cet objectif – tout comme la législation – à savoir, protéger la vie de la conception à la mort naturelle. Dans l’esprit de l’appel de l’Évangile à « aller au large » (Luc 5, 4) – et conscients de notre propre péché –, nous sommes, bien entendu, également attentifs au contexte plus large. Derrière la décision tragique d’avorter se cachent souvent la peur et l’angoisse – mêlées à des sentiments d’impuissance, de solitude ou de pression de la part du partenaire. L’Église ne souhaite pas condamner les femmes dans une telle situation ; elle cherche plutôt à les accompagner et à les soutenir. Reconnaissant la beauté de la maternité et l'importance du courage et de la responsabilité qu'exige la paternité, nous soutenons toutes les personnes confrontées à un choix moral personnel et leur offrons un large éventail d'aides. Parallèlement, nous reconnaissons la nécessité de protéger la vie après la naissance, notamment celle des mères qui, parfois, ne bénéficient pas de conditions de travail dignes pour élever leurs enfants.

    C’est pourquoi, nous, évêques, avons accepté avec joie le patronage de la Marche nationale pour la vie, à laquelle nous invitons chacun à Bratislava le dimanche 20 septembre. Il est important d’y participer avec un profond sentiment de liberté intérieure, afin d’exprimer collectivement notre respect pour la vie humaine et son Créateur. Respect de la maternité – personnelle, paisible, compatissante et libre de tout intérêt commercial. Respect du mariage – qui ne requiert aucune précision telle que « entre un homme et une femme », puisque d’autres formes d’union ne sauraient constituer un mariage. Respect de la parentalité, y compris le droit garanti d’élever ses enfants conformément à la loi divine et naturelle. À de nombreuses reprises et dans divers passages de l’Évangile, Jésus souligne que l’amour du prochain ne s’improvise pas. Il ne doit pas être occasionnel ni fragmentaire. Lorsque le Seigneur nous appelle à pardonner « soixante-dix-sept fois » – et l’exige de chacun sans exception –, il affirme que l’amour est une attitude universelle : universelle dans le temps et l’espace, s’étendant à tous sans exception. C’est pourquoi, par amour pour les plus vulnérables, entreprenons ensemble ce voyage : comme pèlerins et compagnons, pour qui chaque personne est chère.

    Les évêques catholiques de Slovaquie vous accordent leur bénédiction. Bratislava, le 3 septembre 2026.

    Ah si les évêques belges pouvaient en prendre de la graine !

  • Hildegarde de Bingen, prophétesse et docteur de l'Eglise (17 septembre)

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    HILDEGARDE DE BINGEN, PROPHÉTESSE ET DOCTEUR DE L’ÉGLISE

    Hildegarde de Bingen, prophétesse et docteur de l’Église

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) est une religieuse bénédictine allemande du Moyen Âge devenue Docteur de l’Église en 2012, notamment grâce à ses écrits dans lesquels elle raconte ses visions. Elle est aujourd’hui très connue pour ses connaissances exceptionnelles en matière d’alimentation et de médecine naturelle notamment.

    Sainte Hildegarde, sous la plume d’Emmanuelle Martin, responsable de l’école Sainte-Hildegarde à Fallais (Belgique) (source) :
     
    Une enfant extraordinaire. Je m’appelle Hildegarde. Je suis née à Bermersheim, en Rhénanie (Allemagne), le 16 septembre 1098 sous le Saint Empire romain germanique. Mes parents s’appelaient Hildebert et Mechtilde et j’étais leur dixième enfant. Ils me vouèrent à Dieu dès ma naissance, comme on offre la dîme à l’Église. Ils étaient nobles et ne manquaient pas de richesses, mais ce sont de richesses spirituelles que Dieu, à qui je fus vouée, me combla dès mon plus jeune âge. « Depuis mon enfance, lorsque mes os, mes nerfs et mes veines n’étaient pas encore développés (…) j’ai toujours dans mon âme le don de voir. Dans la vision, mon esprit, selon la volonté de Dieu, s’élève dans les hauteurs célestes porté par les différents courants… tout ce que j’ai vu ou appris dans ces visions, j’en garde le souvenir. Je vois, j’entends et je connais et j’apprends ce que je connais en un même instant. »[i] « Dans la 3e année de mon jeune âge, je vis une lumière tellement grande que mon âme en fut effrayée, mais à cause de mon jeune âge, je n’ai rien pu expliquer. » [ii] Mes parents se rendirent compte très tôt de ce que leur dernière petite fille avait des dons extraordinaires. Ainsi, lorsque j’avais 5 ans, je dis un jour à ma nourrice devant une vache prête à mettre bas : « Regarde, comme il est joli le petit veau, blanc et marqué de nombreuses taches sur le front, les pattes et le dos. »[iii] Le veau naquit comme je l’avais décrit. Je compris un jour que j’étais seule à voir tout cela après avoir posé des questions à ma nourrice qui me dit ne rien voir de ce que je voyais. Alors, je fus saisie d’une grande frayeur et je n’osais plus en parler à personne. Pendant longtemps, très longtemps, « jusqu’au moment où Dieu a voulu que par sa grâce cela fut manifesté, j’ai caché tout cela sous un paisible silence »[iv]. Ma santé était très fragile, j’étais une enfant chétive et je le restai toute ma vie. Dieu m’a expliqué plus tard qu’il voulait m’abaisser afin que je ne m’enorgueillisse pas de tous ces dons.

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  • Sainte Hildegarde de Bingen, une grande prophétesse (17 septembre)

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    Benoît XVI, lors des audiences générales des mercredis 1er et 8 septembre 2010, a consacré deux catéchèses à l'évocation de sainte Hildegarde de Bingen :

    Chers frères et sœurs,

    En 1988, à l’occasion de l’Année mariale, le vénérable Jean-Paul II a écrit une Lettre apostolique intitulée Mulieris dignitatem, traitant du rôle précieux que les femmes ont accompli et accomplissent dans la vie de l’Eglise. «L'Eglise — y lit-on — rend grâce pour toutes les manifestations du génie féminin apparues au cours de l'histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l'Esprit Saint a doté les femmes dans l'histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine» (n. 31).

    Egalement, au cours des siècles de l’histoire que nous appelons habituellement Moyen Age, diverses figures de femmes se distinguent par la sainteté de leur vie et la richesse de leur enseignement. Aujourd’hui, je voudrais commencer à vous présenter l’une d’entre elles: sainte Hildegarde de Bingen, qui a vécu en Allemagne au XIIe siècle. Elle naquit en 1098 en Rhénanie, probablement à Bermersheim, près d’Alzey, et mourut en 1179, à l’âge de 81 ans, en dépit de ses conditions de santé depuis toujours fragiles. Hildegarde appartenait à une famille noble et nombreuse, et dès sa naissance, elle fut vouée par ses parents au service à Dieu. A l’âge de huit ans, elle fut offerte à l’état religieux (selon la Règle de saint Benoît, chap. 59) et, afin de recevoir une formation humaine et chrétienne appropriée, elle fut confiée aux soins de la veuve consacrée Uda de Göllheim puis de Judith de Spanheim, qui s’était retirée en clôture dans le monastère bénédictin Saint-Disibod. C’est ainsi que se forma un petit monastère féminin de clôture, qui suivait la Règle de saint Benoît. Hildegarde reçut le voile des mains de l’évêque Othon de Bamberg et en 1136, à la mort de mère Judith, devenuemagistra (Prieure) de la communauté, ses concours l’appelèrent à lui succéder. Elle accomplit cette charge en mettant à profit ses dons de femme cultivée, spirituellement élevée et capable d’affronter avec compétence les aspects liés à l’organisation de la vie de clôture. Quelques années plus tard, notamment en raison du nombre croissant de jeunes femmes qui frappaient à la porte du monastère, Hildegarde se sépara du monastère masculin dominant de Saint-Disibod avec la communauté à Bingen, dédiée à saint Rupert, où elle passa le reste de sa vie. Le style avec lequel elle exerçait le ministère de l’autorité est exemplaire pour toute communauté religieuse: celui-ci suscitait une sainte émulation dans la pratique du bien, au point que, comme il ressort des témoignages de l’époque, la mère et les filles rivalisaient de zèle dans l’estime et le service réciproque.

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  • Robert Bellarmin (fêté aujourd'hui) affirmait déjà le droit de résister à une loi injuste

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    Le droit de résistance passive et active à une loi injuste (source : missel.free.fr)

    L’encyclique Evangelium vitæ (25 mars 1995) relance le débat sur la résistance passive aux lois injustes (prudemment appelée objection de conscience) et la race des journalistes mondains qui parlent de tout sans en rien connaître, ont cru y découvrir une nouveauté. Il m’a semblé intéressant, puisque nous célébrons la fête de saint Robert Bellarmin[1], de nous rappeler ce qu’il enseignait du droit de résistance passive et active à une loi injuste.

    C’est la révolte des Vénitiens contre Paul V (1606)[2] qui força Robert Bellarmin à exposer ses idées sur la légitimité de la résistance à une loi injuste, quand les théologiens de la Sérénissime République qui affirmaient que L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas, et qui déclaraient coupables de péché mortel ceux qui avaient obéi à Paul V. Certes, Bellarmin souligne que lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir ; ainsi en va-t-il pour les princes séculiers qui commandent à tous leurs sujets de renier le Christ ou de sacrifier aux idoles, ainsi en va-t-il pour un pape, homme de mauvaise vie, comme l’ont été quelques-uns au temps passé (si les récits qui nous sont parvenus sont véridiques), et voulant user de fait d’une injuste violence (...) si, par exemple, un pape voulait ruiner l’église de Saint-Pierre, pour en bâtir un palais à ses parents, ou s’il voulait déposer tous les évêques, et par ce moyen mettre l’Eglise en trouble, ou s’il voulait faire la guerre sans occasion ni sujet, pour ôter les Élats à leurs vrais possesseurs, ou en gratifier ses proches, les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. A Paolo Sarpi[3] qui objectait : Si le prince me commande quelque chose qui soit au détriment des biens temporels, je lui dois obéir, d’autant que le bien particulier doit céder au bien commun, Bellarmin répondait : Je dis que cette raison n’est de mise, d’autant qu’il peut arriver que le prince commande injustement la perte de biens temporels ; et si cette injustice est évidente, je ne lui dois pas obéir ; l’exemple de Naboth est trop clair qui refusa d’obéir au roi Achaz[4].

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  • Saint Robert Bellarmin (17 septembre) : l'illustration claire et efficace de la doctrine catholique

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    De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du Mercredi 23 février 2011 (source) :

    Saint Robert Bellarmin

    Chers frères et sœurs,

    Saint Robert Bellarmin, dont je désire vous parler aujourd’hui, nous ramène en esprit à l’époque de la douloureuse scission de la chrétienté occidentale, lorsqu’une grave crise politique et religieuse provoqua l’éloignement de nations entières du Siège apostolique.

    Né le 4 octobre 1542 à Montepulciano, près de Sienne, il est le neveu, du côté de sa mère, du Pape Marcel II. Il reçut une excellente formation humaniste avant d’entrer dans la compagnie de Jésus le 20 septembre 1560. Les études de philosophie et de théologie, qu’il accomplit au Collège romain, à Padoue et à Louvain, centrées sur saint Thomas et les Pères de l’Eglise, furent décisives pour son orientation théologique. Ordonné prêtre le 25 mars 1570, il fut pendant quelques années professeur de théologie à Louvain. Appelé par la suite à Rome comme professeur au Collège romain, il lui fut confiée la chaire d’«Apologétique »; au cours de la décennie où il occupa cette fonction (1576-1586), il prépara une série de leçons qui aboutirent ensuite aux « Controverses », œuvre devenue immédiatement célèbre en raison de la clarté et de la richesse de son contenu et de son ton essentiellement historique. Le Concile de Trente s’était conclu depuis peu et pour l’Eglise catholique, il était nécessaire de renforcer et de confirmer son identité notamment face à la Réforme protestante. L’action de Robert Bellarmin s’inscrit dans ce contexte. De 1588 à 1594, il fut d’abord père spirituel des étudiants jésuites du Collège romain, parmi lesquels il rencontra et dirigea saint Louis Gonzague, puis supérieur religieux. Le Pape Clément VIII le nomma théologien pontifical, consulteur du Saint-Office et recteur du Collège des pénitenciers de la Basilique Saint-Pierre. C’est à la période 1597-1598 que remonte son catéchisme, Doctrine chrétienne abrégée, qui fut son œuvre la plus populaire.

    Le 3 mars 1599, il fut créé cardinal par le Pape Clément VIII et, le 18 mars 1602, il fut nommé archevêque de Capoue. Il reçut l’ordination épiscopale le 21 avril de la même année. Au cours des trois années où il fut évêque diocésain, il se distingua par son zèle de prédicateur dans sa cathédrale, par la visite qu’il accomplissait chaque semaine dans les paroisses, par les trois synodes diocésains et le Concile provincial auquel il donna vie. Après avoir participé aux conclaves qui élurent les Papes Léon XI et Paul V, il fut rappelé à Rome, où il devint membre des Congrégations du Saint-Office, de l’Index, des rites, des évêques et de la propagation de la foi. Il reçut également des charges diplomatiques, auprès de la République de Venise et de l’Angleterre, pour défendre les droits du Siège apostolique. Dans ses dernières années, il rédigea divers livres de spiritualité, dans lesquels il résuma le fruit de ses exercices spirituels annuels. Le peuple chrétien tire aujourd’hui encore une profonde édification de leur lecture. Il mourut à Rome le 17 septembre 1621. Le Pape Pie XI le béatifia en 1923, le canonisa en 1930 et le proclama docteur de l’Eglise en 1931.

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  • Le Secrétariat du Synode tend-il à jouer un rôle prépondérant dans l'Eglise ?

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    Son rôle a nettement gagné en visibilité, en permanence et en influence opérationnelle, surtout depuis Episcopalis communio (2018) et le Synode sur la synodalité (2021-2024), ce qui suscite des critiques sur un risque de centralisation bureaucratique.

    Cadre canonique et institutionnel

    Le Synode des évêques, institué par Paul VI en 1965 (Apostolica sollicitudo), est un organe consultatif (parfois délibératif sur mandat du pape) qui assiste le pontife romain. Il n’est pas une instance de gouvernement autonome et ne fait pas partie de la Curie romaine : il dépend directement du pape.

    Son Secrétariat général permanent (dirigé par un secrétaire général nommé par le pape, actuellement le cardinal Mario Grech) prépare les assemblées, en assure le suivi, collabore à la rédaction des documents et assure la continuité entre les sessions. Le Code de droit canonique (can. 348) et les normes postérieures confirment ce rôle d’appui, sous l’autorité exclusive du pape, qui convoque, fixe l’ordre du jour, ratifie les membres et décide de l’usage des résultats.

    Avec Episcopalis communio (François, 2018), le Secrétariat a été renforcé : il devient plus permanent, peut s’appuyer sur des experts et des commissions, et le document final d’une assemblée, s’il est approuvé par le pape, participe au magistère ordinaire. Le processus synodal élargi (consultation du peuple de Dieu, phases diocésaines/continentales, groupes d’étude) a encore accru son rôle de coordination, de synthèse et d’accompagnement de la mise en œuvre.

    Influence réelle et critiques

    Dans la pratique récente :

    • Le Secrétariat centralise la collecte et le filtrage des contributions (diocèses → conférences → Rome), rédige ou oriente des documents de travail, pilote des groupes d’étude et publie des rapports (souvent présentés comme non magistériels).
    • Il accompagne la phase de mise en œuvre post-2024 (orientations, ressources, suivi jusqu’à environ 2028), en lien avec les dicastères.
    • Sous François, et dans la continuité sous Léon XIV, il a une présence médiatique et institutionnelle forte (Card. Grech, sous-secrétaires, commissions théologique/méthodologique, etc.).

    Des observateurs et commentateurs (y compris dans des publications catholiques critiques) estiment que ce rôle opérationnel peut devenir prépondérant dans les faits : influence sur le cadrage des questions, sélection des experts, formulation des synthèses, et dynamique permanente qui dépasse les assemblées ponctuelles. Certains y voient un risque de bureaucratie « synodale » qui filtre la « voix du peuple de Dieu », marginalise de facto certaines conférences épiscopales ou dicastères, ou crée des structures parallèles peu ancrées dans le droit canon traditionnel (équipes synodales, etc.). Des polémiques récentes (rapports de groupes d’étude sur des questions doctrinales/pastorales sensibles) ont illustré des tensions, le Secrétariat prenant parfois ses distances avec des contenus qu’il a contribué à diffuser.

    D’autres soulignent au contraire que tout reste soumis au pape, que les évêques locaux et les conférences conservent leurs compétences ordinaires, et que le processus vise précisément une collégialité et une co-responsabilité élargies, non un transfert de pouvoir au Secrétariat.

    En résumé

    Le Secrétariat n’a pas, en droit, un rôle de gouvernement qui se substitue aux évêques, aux conférences épiscopales, à la Curie ou au Collège des cardinaux. Il reste un instrument au service du pape et de la collégialité. Cependant, son caractère permanent, son rôle de coordination d’un processus mondial long et son activité documentaire lui ont conféré une influence pratique accrue, que certains jugent disproportionnée ou au détriment d’autres instances plus traditionnelles. L’équilibre dépend en grande partie de la volonté du pontife régnant et de la façon dont les propositions sont (ou non) reçues et mises en œuvre par les autorités compétentes.

  • L’Église vit véritablement une « nouvelle ère de martyre »

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    De Victoria Cardiel sur EWTN News :

    Les documents de l'Église recensent 304 martyrs en Amérique latine depuis le début du siècle.

    L’historien Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, affirme que l’Église vit véritablement une « nouvelle ère de martyre ».

    15 septembre 2026

    L’Église catholique a recensé 304 martyrs en Amérique latine depuis le début du siècle. Il s’agit d’hommes et de femmes tués non seulement pour avoir professé leur foi, mais aussi pour avoir défendu les pauvres, combattu le crime organisé et protégé la création.

    Leurs histoires font partie d'un catalogue mondial de martyrs promu par le Vatican, qui compte déjà plus de 1 700 cas documentés.

    « Nombre d’entre eux ont été assassinés pour des raisons liées au trafic de drogue, à la déforestation ou à leur opposition à l’exploitation des ressources naturelles », a expliqué le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les causes des saints.

    Le cardinal a fait remarquer que si beaucoup étaient des missionnaires, le groupe comprenait également des fidèles laïcs qui ont donné leur vie pour défendre l'Évangile et dénoncer les trafiquants de drogue, protéger les territoires autochtones de la déforestation ou lutter contre l'exploitation illégale des ressources naturelles.

    Comme il l'a expliqué, le point commun de ces affaires est que ces personnes sont devenues « gênantes » pour ceux qui contrôlaient les activités illicites. Leur témoignage de l'Évangile s'est heurté de plein fouet aux intérêts économiques et aux structures criminelles.

    Une conférence pour réfléchir aux nouveaux martyrs

    Semeraro a partagé ces réflexions lors de la conférence internationale « Le XXIe siècle : une nouvelle ère de martyrs ? » au Vatican, une journée d'étude et de réflexion consacrée à l'exploration du témoignage des chrétiens qui ont perdu la vie pour l'Évangile dans différentes parties du monde.

    Le rassemblement, organisé par la Commission pour les nouveaux martyrs — témoins de la foi, devait avoir lieu le 15 septembre à l'Institut pontifical augustinien de Rome.

    Le congrès international réunira à Rome certaines des voix les plus éminentes de l'Église, du monde universitaire et du journalisme afin de réfléchir au témoignage chrétien dans le monde contemporain.

    Parmi les participants figurent le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, République démocratique du Congo ; le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem ; et Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant'Egidio. Interviendront également des experts, comme Mgr Fabio Fabene, président de la Commission pour les Nouveaux Martyrs ; la journaliste Lucia Capuzzi ; l'historien Père Roberto Regoli ; et la religieuse sud-soudanaise Alice Jurugo Drajea, qui partagera la vie chrétienne au milieu de la guerre qui ravage son pays.

    Cette initiative intervient un an après la commémoration des martyrs et des témoins de la foi du XXIe siècle, présidée le 14 septembre 2025 par le pape Léon XIV en présence de représentants d'autres Églises et communautés chrétiennes à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

     

    La commission continue de recueillir des témoignages et des informations concernant les chrétiens tués pour leur foi, dans le but de préserver leur mémoire et de documenter les différentes formes de persécution et de témoignage chrétien à l'époque contemporaine.

    Selon les données publiées par l'organisation l'année dernière, 1 624 martyrs dans le monde ont été recensés entre 2000 et 2025. Parmi eux, 304 provenaient des Amériques, un chiffre qui reflète la nature spécifique du martyre dans cette région aujourd'hui.

    La commission a également noté que le nombre de cas recensés dépasse désormais 1 700 et qu’entre 100 et 150 nouveaux témoignages ont été ajoutés au cours de la seule année écoulée, confirmant ainsi que le phénomène est toujours d’actualité.

    La sainteté va au-delà de la canonisation

    Dans son discours, Semeraro a souligné que la sainteté dans l'Église ne se limite pas aux personnes officiellement canonisées.

    « La grâce de la sainteté dans l’Église est représentée par la canonisation, mais elle ne s’y réduit pas. Bien entendu, cela n’exclut pas la possibilité que, si les conditions nécessaires sont réunies, les procédures de béatification et de canonisation correspondantes puissent être engagées pour certaines des personnes figurant au catalogue », a-t-il précisé.

    C’est le cas, par exemple, de Floribert Bwana Chui , un jeune Congolais de la Communauté de Sant’Egidio, assassiné en 2007 pour avoir refusé d’accepter des pots-de-vin et béatifié en 2025.

    Il a toutefois souligné que l’objectif principal est de mettre en lumière le « haut niveau de vie chrétienne ordinaire » dont parle saint Jean-Paul II dans Novo Millennio Ineunte , que le pape François a plus tard qualifié de celui des « saints d’à côté ».

    La valeur anthropologique de la sainteté

    Le cardinal a également souligné la dimension profondément humaine de la sainteté chrétienne.

    « Nous avons besoin de témoins, de martyrs, qui se sont entièrement donnés pour nous le démontrer jour après jour. Nous avons besoin d’eux afin que, même dans les petits choix de la vie quotidienne, nous puissions choisir le bien plutôt que le confort, sachant que c’est précisément ainsi que nous vivons véritablement », a-t-il expliqué, citant l’encyclique Spe Salvi du pape Benoît XVI .

    Semeraro a également souligné la valeur œcuménique de ce projet, une caractéristique que, selon lui, saint Jean-Paul II avait cherché à inculquer à la commission dès sa création.

    Le martyre continue de croître au XXIe siècle

    Lors de la présentation de la conférence, l'historien Riccardi, vice-président de la commission, a affirmé que l'Église vivait véritablement une « nouvelle ère de martyre ».

    Il a rappelé que saint Jean-Paul II avait encouragé la collecte de témoignages de martyrs du XXe siècle pour le jubilé de l'an 2000, une initiative profondément marquée par son expérience personnelle sous les régimes nazi et communiste. Selon Riccardi, cette intuition s'avère encore plus pertinente aujourd'hui.

    C’est pourquoi, a-t-il expliqué, le pape François a décidé de réactiver et de consolider la Commission pour les nouveaux martyrs, convaincu que « le temps du martyre continue ».

    La réaction de l’Église a été massive. Diocèses, congrégations religieuses, mouvements laïcs, conférences épiscopales et nonciatures apostoliques ont adressé des centaines de témoignages au Vatican.

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa.

  • Le Pape en France : Paris imaginait une visite d’État, tandis que Rome organise un voyage pastoral

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    Selon une enquête de La Croix publiée le 14 septembre 2026, le Saint-Siège a refusé la demande d’Emmanuel Macron d’accompagner le pape Léon XIV pendant quelques minutes (ou dizaines de minutes) à Notre-Dame de Paris, en marge des vêpres.

    Cette demande, transmise par la voie diplomatique, visait notamment à ce que le président français montre personnellement au pape le chantier de restauration de la cathédrale (largement financé par l’État). La Secrétairerie d’État du Saint-Siège a répondu non. La Croix souligne que cet épisode illustre un décalage de conception : Paris imaginait davantage une visite d’État, tandis que Rome organisait un voyage apostolique (pastoral).

    D’autres demandes protocolaires françaises ont également été écartées ou allégées selon la même source (et des reprises dans d’autres médias) : accueil militaire moins solennel, refus de la grand-croix de la Légion d’honneur, et absence de déjeuner ou dîner d’État. Le pape séjournera à la nonciature apostolique. Ces éléments ne sont pas présentés comme une brouille, mais comme une différence de nature du déplacement.

    Le pape Léon XIV doit présider les vêpres à Notre-Dame le 25 septembre 2026 (premier jour de sa visite en France, du 25 au 28 septembre), en présence de représentants de l’Église de France. Il rencontrera officiellement le président, mais sans ce moment privé guidé dans la cathédrale.

  • Corneille et Cyprien (16 septembre)

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    IMAG0053.jpgAprès la mort du pape Fabien (20 janvier 250) qui fut une des premières victimes de la persécution de Dèce, la vacance du siège apostolique se prolongea pendant quinze mois au bout desquels, en mars 251, le clergé et les fidèles de Rome (environ trente mille personnes) purent enfin se réunir pour élire pape le prêtre romain Corneille, fils de Castinus. Saint Cyprien écrivit à un autre évêque, à propos du pape Corneille : Il a passé par toutes les fonctions de l’Eglise, il a bien servi le Seigneur dans les divers emplois qui lui ont été confiés, en sorte qu’il n’est monté au faîte sublime du sacerdoce qu’en gravissant tous les degrés ecclésiastiques. Malheureusement, une partie de la communauté romaine refusa l’élection de Corneille au profit du savant Novatien, prêtre ordonné par le pape Fabien, qui refusait énergiquement de réconcilier les lapsi[1] que Corneille absolvait pouvu qu’ils reconnussent leur faute et fissent pénitence ; ce schisme s’étendit à toute l’Italie, à la Gaule et à l’Afrique où Cyprien de Carthage soutenait vigoureusement Corneille. A l’automne 251, Corneille réunit un synode où siégèrent soixante évêques, qui excommunia Novatien[2], mesure qui, grâce à Fabius d’Antioche et à Denys d’Alexandrie, fut adoptée en Orient. Ces évènement n’empéchèrent pas le pape Corneille d’organiser le clergé de Rome et les institutions caritatives.

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  • Bruxelles (église Sainte-Catherine), 18-19 septembre : Ensemble pour les chrétiens persécutés

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    FRERES DANS L'EPREUVE

    Ensemble pour les chrétiens persécutés

    Eglise Sainte-Catherine

    18 et 19 septembre 2026

    Chers amis,

    Les conflits qui touchent le Proche-Orient continuent de faire peser une menace directe sur les communautés chrétiennes de la région, confrontées à la persécution et à la violence.

    Face à cette réalité, il nous a semblé essentiel de vous proposer, dès cette rentrée, un temps pour mieux comprendre ce que vivent ces communautés.

    En partenariat avec la paroisse Sainte-Catherine d’Alexandrie de Bruxelles, SOS Chrétiens d'Orient Belgique vous invite à 24 heures de mobilisation, sous le mot d'ordre : PRIER, VOIR, COMPRENDRE

    Ces trois temps forts rythmeront les 24 heures :

    • Prier — la veillée de prière, vendredi soir, pour nous retrouver tous ensemble et confier au Seigneur l'ensemble des communautés chrétiennes persécutées.
    • Voir — le documentaire de Solidarité Arménie, samedi 19 septembre. Cette date marque l'anniversaire du déclenchement, en 2023, de l'offensive azerbaïdjanaise qui a conduit à la chute de l’Artsakh et à l'exil de la population arménienne millénaire sur ces terres. Nous vous proposons, à cette occasion, de découvrir la jeunesse arménienne à travers Une jeunesse sacrifiée de Solidarité Arménie, un documentaire très émouvant de 52 minutes porté par les témoignages de plusieurs enfants.
    • Comprendre — l'exposition Visages d'Orient, inaugurée à 14h. À travers huit témoignages, elle donne à voir huit histoires différentes, révélant la diversité et la complexité des situations vécues par les communautés chrétiennes accompagnées par SOS Chrétiens d'Orient au Moyen-Orient. Des histoires de disparitions, de persécutions mais aussi celle des espoirs et des forces vives qui se battent pour leurs communautés.

    Eloyse Gain

    Pierre Hargot, responsable développement Eglise Sainte-Catherine SOS Chrétiens d’Orient - Belgique

    Eglise Sainte-Catherine d'Alexandrie (Bruxelles) Rue du Vieux Marché aux Grains 21, 1000, Bruxelles

  • Le tissu effiloché de l’Église d’Angleterre

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    De Stephen Daisley sur First Things :

    Le tissu effiloché de l’Église d’Angleterre

    14 septembre 2026

    La cathédrale Saint-Paul a trouvé une solution originale pour remplir ses bancs : elle se transforme en salle de concert. Aux termes d’un accord récemment signé, la boîte de nuit londonienne Fabric devient le « partenaire exclusif pour les événements de musique contemporaine » dans le chef-d’œuvre de Christopher Wren, élevé à la gloire de Dieu – ou, comme la cathédrale Saint-Paul se décrit elle-même dans un communiqué de presse, « l’un des lieux les plus emblématiques de Londres ».

    Il y a deux ans, Fabric organisait un concert de l’artiste synth-pop australien RY X, qu’il saluait pour avoir « introduit les synthétiseurs, l’électronique et le spectacle vivant dans un lieu construit des siècles avant leur apparition ». Apprendre que les concerts à Saint-Paul ont débuté en 2024 surprendra sans doute sa chorale nonagénaire. Si seulement ils avaient samplé de l’EDM lors de leurs vêpres !

    Les critiques qui craignent une répétition de la silent disco de la cathédrale de Canterbury – surnommée « la rave dans la nef » – ont reçu l’assurance que les événements sur Ludgate Hill seront « organisés avec respect ». Sandra Lynes Timbrell, directrice de l’accueil des visiteurs de la cathédrale, a déclaré au Church Times que le projet prévoit des « concerts assis » avec une « amplification minimale ».

    Cet accord de partenariat a valu à l’Église d’Angleterre d’être réprimandée par Robert Barron, évêque catholique romain de Winona-Rochester (Minnesota), qui accuse les dirigeants anglicans d’avoir « perdu tout sens de la distinction cruciale entre le sacré et le profane ».

    Le révérend Marcus Walker, commentateur avisé des affaires ecclésiastiques et recteur de la paroisse Saint-Barthélemy-le-Grand à Londres, m’explique que « Dieu se sert de la beauté pour nous attirer à lui ». Il soutient que certaines formes de musique, comme les symphonies, peuvent s’accorder avec le caractère recueilli d’une église. Il cite un concert aux chandelles donné par Nick Cave à Saint-Barthélemy en décembre dernier, où le chanteur a alterné performances musicales et réflexions sur sa foi, comme « l’un des moments les plus profondément spirituels de l’année ».

    Le révérend Walker admet cependant que l’implication de Fabric « complique les choses ». Le club a brièvement fermé ses portes en 2016 après le retrait de sa licence, suite au décès de deux clients de dix-huit ans victimes d’une overdose. L’établissement a rouvert quatre mois plus tard, avec des contrôles et des mesures de sécurité renforcés.

    Une partie de la consternation vient d’un message publié sur X par Sadiq Khan, le maire de Londres, qui a accueilli l’accord de partenariat en des termes pour le moins peu flatteurs : « Fabric. Cathédrale Saint-Paul. Trouvez un duo plus emblématique. L’union de ces deux institutions créera une expérience unique, associant une musique de renommée mondiale à l’un de nos monuments les plus précieux. »

    Voir le maire musulman de Londres célébrer la transformation d’un joyau du patrimoine anglican en un lieu semi-laïque, tout en réduisant un lieu de culte chrétien anglais vénéré au rang de simple monument historique, a été perçu comme une provocation par certains. Relevant le défi lancé par Khan, le journaliste Tom Harwood a proposé : « Boîte de nuit Heaven. Mosquée Baitul Futuh », faisant référence à une boîte de nuit gay réputée et à une mosquée du sud de Londres.

    Malgré le mépris du maire pour l’héritage chrétien de l’Angleterre, la collaboration avec Fabric intervient à un moment de profonde crise pour l’anglicanisme. Cette confession est l’Église établie en Angleterre sans interruption depuis le XVIIe siècle, mais ses origines remontent à la Réforme. Son chef temporel est le roi Charles III, et ses évêques siègent à la Chambre des lords ; pourtant, ses fidèles, les Anglais, sont en réalité peu pratiquants. Seuls 5 % des adultes britanniques fréquentent l’église chaque semaine, un chiffre qui atteint à peine 13 % chez les chrétiens déclarés. Le déclin de la pratique religieuse aux États-Unis ces dernières années pourrait désespérer le clergé américain, mais leurs confrères anglais considéreraient de tels chiffres comme une grâce divine. Le déclin de la religiosité en Angleterre n’est en aucun cas un phénomène exclusivement anglican, comme en témoigne un simple coup d’œil à une messe dominicale typique dans les églises catholiques anglaises. Seul l’islam connaît une croissance en Angleterre.

    La désertion des églises s’accompagne d’un déclin plus général de l’institution. Entre 2010 et 2019, 423 églises anglicanes ont fermé définitivement leurs portes. Le site web de l’Église d’Angleterre propose à la location ou à la vente des églises fermées : on en compte actuellement quarante et une. Face aux nombreux témoignages de vicaires surchargés et sous-payés, contraints par la baisse des vocations à desservir un nombre croissant de paroisses, notre ami le révérend Walker a récemment averti que l’Église était « sur la voie de l’anéantissement », soulignant une diminution de 20 % du clergé rémunéré depuis le début du siècle. Le gouvernement travailliste n’a guère allégé la pression financière en annonçant que les subventions d’un fonds de restauration des églises de 23 millions de livres sterling par an seraient désormais soumises à une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 20 %.

    L’Église d’Angleterre bénéficie d’un fonds de dotation de 11,6 milliards de livres sterling, mais les paroisses n’en perçoivent qu’une infime partie. Des initiatives commerciales comme l’organisation de concerts peuvent sembler anodines en termes de rentabilité ; pourtant, qu’il s’agisse de raves dans les nefs ou de concerts de Fiona Apple près de la chapelle de la Vierge, les cathédrales et les églises d’Angleterre risquent, en accueillant le profane, de laisser s’échapper une part du sacré. Un lieu de culte chrétien offre au pèlerin une expérience qu’aucun espace profane ne peut offrir : la possibilité de rencontrer le Divin au sein d’un monument à sa majesté. Franchissez le seuil d’une église, et vous avez instantanément conscience d’avoir laissé derrière vous le monde matériel pour entrer dans le spirituel. Rien qui puisse altérer cette expérience ne mérite d’être récompensé financièrement.

    L’Angleterre est une nation en proie à de profondes mutations politiques, culturelles et démographiques. La question nationale – qu’est-ce qu’être Anglais ? – est au cœur du débat public pour la première fois de ma vie. Pendant des siècles, l’Église anglicane a constitué, au moins en partie, une réponse, un point d’ancrage qui transcendait les différences sociales, éducatives et régionales. Certes, la carte identitaire d’une nation évolue, mais il est peu probable que l’anglicanisme soit remplacé par une institution aussi bienveillante et fédératrice. La course à la succession de l’Église d’Angleterre attire déjà des candidats de tous bords : autoritaires de gauche comme de droite, nationalistes civiques et ethniques, et adeptes des idées postmodernes et post-chrétiennes. Sans leur Église, les Anglais se dispersent, errant sans repères vers l’inconnu.

    Si elle aspire à guider et à prendre soin de cette nation égarée, l’Église d’Angleterre se doit d’offrir ce que les institutions terrestres ne peuvent apporter : la tradition, la coutume et la continuité ; le réconfort du sacré et un aperçu du Divin. Aucun concert, même le plus respectueux et le plus raffiné, ne saurait rivaliser avec les chants angéliques entonnés au Ciel lorsque la maison de Dieu est sanctifiée pour que son peuple puisse venir le visiter.

  • Léon a-t-il découvert une valeur cachée en revenant sur les politiques financières de François ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Léon a-t-il découvert une valeur cachée en revenant sur les politiques financières de François ?

    Qu’a le pape que n’avait pas son prédécesseur : de nouvelles informations, des résultats en amélioration, ou simplement une attitude différente ?

    14 septembre 2026

    Le pape Léon XIV a abrogé lundi l’une des politiques financières emblématiques du pape François, en revenant sur une série de baisses et de gels de salaires décidés en 2021 pour les hauts responsables du Vatican, y compris les cardinaux résidant à Rome.

    Dans un motu proprio daté du 1er septembre mais publié par le bureau de presse du Vatican le 14 septembre, Léon écrit que « Ces mesures de maîtrise des salaires adoptées par mon Prédécesseur [...] qui étaient aussi nécessaires pour faire face au défi exceptionnel de la pandémie [...] peuvent désormais être surmontées, dans la certitude que les institutions du Saint-Siège et de l’État de la Cité du Vatican continueront, par divers instruments, à s’engager pour garantir la viabilité économique. »

    Cette décision du pape, qui fait également référence à un précédent retour sur une autre mesure d’austérité de l’ère François (l’augmentation des loyers résidentiels dans la Cité du Vatican), constitue le dernier signal provenant du Palais apostolique : Léon se sent de plus en plus à l’aise avec la situation financière du Saint-Siège et confiant dans sa viabilité.

    Il s’agit d’un changement remarquable, tant dans la politique que dans l’état d’esprit, entre les deux papes.

    Les dernières années du pontificat de François avaient été marquées par des mises en garde de plus en plus alarmantes du pape sur l’état des finances du Vatican, ainsi que par de constants bouleversements de politique. En revanche, la première année et demie du pontificat léonin a représenté une libéralisation effective de la politique financière curiale et une manière nettement plus optimiste d’évoquer la santé financière du Saint-Siège.

    Mais, avec seulement des informations partielles sur l’état actuel des finances du Vatican, la question reste ouverte : ce changement résulte-t-il de nouvelles informations, de résultats en amélioration, ou simplement d’un changement d’attitude ?

    —

    L’annonce faite lundi par le Saint-Siège selon laquelle le pape Léon a annulé la baisse et le gel des salaires de 2021 pour les cardinaux de la Curie et les hauts responsables comporte deux contextualisations importantes.

    La première relie les baisses de salaires de 2021 aux retombées de la pandémie de coronavirus et au choc économique mondial qu’elle a déclenché. Mais il convient de noter que le motu proprio de Léon de ce mois-ci introduit un qualificatif en suspens — et avec lui une certaine ambiguïté. Le pape écrit que les baisses de 2021 étaient « aussi nécessaires » en raison du COVID-19. Mais il n’explique pas les conditions auxquelles se référait ce « aussi ».

    S’il est raisonnable et compréhensible que le Vatican, comme n’importe où ailleurs, tourne la page des mesures extraordinaires adoptées au lendemain de la pandémie il y a cinq ans, il faut rappeler que François lui-même avait déclaré à l’époque que la mesure était d’abord et avant tout motivée par « le déficit qui a caractérisé la gestion économique du Saint-Siège pendant plusieurs années » et « pour assurer la viabilité et l’équilibre entre recettes et dépenses dans la gestion économique et financière actuelle ».

    Selon le dernier état budgétaire publié par le Vatican, en novembre de l’année dernière, le déficit structurel du budget curial a presque été divisé par deux entre 2023 et 2024, passant de 83,5 millions d’euros à moins de 44,5 millions. Les dons extérieurs, la performance des investissements financiers et la génération de revenus opérationnels étaient tous en hausse sur la même période.

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