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Eglise - Page 6

  • Message du pape Léon XIV à l'occasion de la 34e Journée Mondiale du Malade 2026 (11 février)

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    MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
    À l'OCCASION DE LA 34e JOURNÉE MONDIALE DU MALADE 2026

    11 février 2026

    La compassion du Samaritain : aimer en portant la douleur de l’autre 

    Chers frères et sœurs,

    la 34e Journée Mondiale du Malade sera célébrée solennellement à Chiclayo, au Pérou, le 11 février 2026. C’est pourquoi j’ai voulu reproposer l’image du bon Samaritain, toujours actuelle et nécessaire pour redécouvrir la beauté de la charité et la dimension sociale de la compassion, afin d’attirer l’attention sur les nécessiteux et les personnes qui souffrent, comme sont les malades.

    Nous avons tous entendu et lu ce texte émouvant de saint Luc (cf. Lc 10, 25-37). Un docteur de la Loi demande à Jésus qui est le prochain à aimer.  Celui-ci répond en racontant une histoire : un homme qui voyageait de Jérusalem à Jéricho fut attaqué par des voleurs et laissé pour mort. Un prêtre et un lévite passèrent leur chemin, mais un Samaritain eut pitié de lui, banda ses blessures, l’emmena dans une auberge et paya pour qu’on s’occupe de lui. J’ai souhaité proposer une réflexion sur ce passage biblique, avec la clé herméneutique de l’Encyclique Fratelli tutti de mon cher prédécesseur le Pape François, où la compassion et la miséricorde envers les nécessiteux ne se réduisent pas à un simple effort individuel mais se mettent en œuvre dans la relation avec le frère nécessiteux, avec ceux dont on ne s’occupe pas et, à la base, avec Dieu qui nous donne son amour.

    1 - Le don de la rencontre : la joie d’offrir la proximité et la présence.

    Nous vivons immergés dans une culture de l’instantanéité, de l’immédiateté, de la précipitation, mais aussi du rejet et de l’indifférence qui nous empêche de nous approcher et de nous arrêter en chemin pour regarder les besoins et les souffrances autour de nous. La parabole raconte que le Samaritain, en voyant le blessé, ne “passa pas outre”, mais porta sur lui un regard ouvert et attentif, le regard de Jésus qui le conduisit à une proximité humaine et solidaire. Le Samaritain « s’est arrêté, lui a fait le don de la proximité, a personnellement pris soin de lui, a également payé de sa poche et s’est occupé de lui. Surtout, […] il lui a donné son temps ». [1] Jésus n’enseigne pas qui est le prochain, mais comment devenir le prochain, c’est-à-dire comment nous rendre proches. [2] À cet égard, nous pouvons affirmer avec saint Augustin que le Seigneur n'a pas voulu enseigner qui était le prochain de cet homme, mais de qui il devait se faire le prochain. En effet, personne n'est le prochain d'un autre tant qu'il ne s'en approche pas volontairement. C'est pourquoi celui qui a fait preuve de miséricorde est devenu son prochain. [3]

    L’amour n’est pas passif, il va à la rencontre de l’autre ; être prochain ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d’aimer. C’est pourquoi le chrétien devient le prochain de celui qui souffre, suivant l’exemple du Christ, le véritable Samaritain divin qui s’est approché de l’humanité blessée. Il ne s’agit pas de simples gestes de philanthropie, mais de signes qui permettent de percevoir que la participation personnelle aux souffrances de l’autre implique de se donner soi-même. Cela suppose d’aller au-delà de la satisfaction des besoins pour que notre personne fasse partie du don. [4] Cette charité se nourrit nécessairement de la rencontre avec le Christ qui s’est donné pour nous par amour. Saint François l’expliquait très bien lorsqu’il disait, en parlant de sa rencontre avec les lépreux : «  Le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux », [5] parce qu’il avait découvert à travers eux la douce joie d’aimer.

    Le don de la rencontre naît du lien avec Jésus-Christ que nous identifions comme le bon Samaritain qui nous a apporté le salut éternel et que nous rendons présent lorsque nous nous penchons sur notre frère blessé. Saint Ambroise disait : « Puis donc que nul n’est plus notre prochain que Celui qui a guéri nos blessures, aimons-Le comme Seigneur, aimons-Le aussi comme proche : car rien n’est si proche que la tête pour les membres. Aimons aussi celui qui imite le Christ ; aimons celui qui compatit à l’indigence d’autrui de par l’unité du corps ». [6] Être un dans l’Un, dans la proximité, dans la présence, dans l’amour reçu et partagé, et jouir ainsi, comme saint François, de la douceur de l’avoir trouvé.

    2 - La mission partagée dans le soin des malades.

    Saint Luc poursuit en disant que le Samaritain “fut ému”. Avoir de la compassion implique une émotion profonde qui pousse à l’action. C’est un sentiment qui jaillit de l’intérieur et conduit à s’engager envers la souffrance d’autrui. Dans cette parabole, la compassion est la caractéristique distinctive de l’amour actif. Elle n’est ni théorique ni sentimentale, elle se traduit par des gestes concrets : le Samaritain s’approchesoigneprend en charge et s’en occupe. Mais attention, il ne le fait pas seul, individuellement ; « Le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme ; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un ‘‘nous’’ qui soit plus fort que la somme de petites individualités ». [7] J’ai moi-même constaté, dans mon expérience de missionnaire et d’évêque au Pérou, combien de personnes font preuve de miséricorde et de compassion à l’exemple du Samaritain et de l’aubergiste. Les proches, les voisins, les professionnels de santé, les agents de la pastorale de la santé et tant d’autres qui s’arrêtent, s’approchent, soignent, portent, accompagnent et offrent ce qu’ils ont, donnent à la compassion une dimension sociale. Cette expérience, qui s’inscrit dans un réseau de relations, dépasse le simple engagement individuel. Ainsi, dans la Lettre apostolique Dilexi te, je n’ai pas seulement fait référence aux soins aux malades comme une “partie importante” de la mission de l’Église, mais comme une véritable « action ecclésiale » (n. 49). Je citais saint Cyprien pour montrer comment nous pouvons vérifier la santé de notre société à cette dimension : « Cette épidémie, qui semble si horrible et fatale, met à l’épreuve la justice de chaque individu et jauge l’esprit des hommes, vérifiant si les bien-portants se mettent au service des infirmes, si les parents s’aiment sincèrement, si les maîtres ont pitié de la souffrance de leurs serviteurs, si les médecins n’abandonnent pas les malades qui les supplient ». [8]

    Être un dans l’Un signifie nous sentir véritablement membres d’un corps dans lequel nous portons, selon notre propre vocation, la compassion du Seigneur pour la souffrance de tous les hommes. [9] De plus, la douleur qui nous touche n’est pas une douleur étrangère ; c’est la douleur d’un membre de notre propre corps auquel notre Tête nous demande de venir en aide pour le bien de tous. En ce sens, elle s’identifie à la douleur du Christ et, offerte de manière chrétienne, elle accélère l’accomplissement de la prière du Sauveur lui-même pour l’unité de tous. [10]

    3 - Animés par l’amour de Dieu, pour nous retrouver nous-mêmes et retrouver notre frère.

    Dans le double commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même » ( Lc 10, 27), nous pouvons reconnaître la primauté de l’amour de Dieu et sa conséquence directe sur la manière d’aimer et d’entrer en relation de l’homme dans toutes ses dimensions. « L’amour du prochain est la preuve tangible de l’authenticité de l’amour de Dieu, comme l’affirme l’apôtre Jean : “Dieu, personne ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. […] Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui” ( 1 Jn 4, 12.16) ». [11] Même si l’objet de cet amour est différent : Dieu, le prochain, soi-même, et que nous pouvons les comprendre comme des amours distincts, ceux-ci sont toujours inséparables. [12] La primauté de l’amour divin implique que l’action de l’homme soit accomplie sans intérêt personnel ni récompense, mais comme manifestation d’un amour qui transcende les normes rituelles et se traduit par un culte authentique : servir le prochain, c’est aimer Dieu dans la pratique. [13]

    Cette dimension nous permet également de remettre en cause ce que signifie s’aimer soi-même, ce qui implique de nous détourner de l’intérêt porté à l’estime de nous-même ou au sentiment de notre propre dignité fondés sur des stéréotypes de réussite, de carrière, de position ou de lignée, [14] et de retrouver notre vraie position devant Dieu et devant notre frère. Benoît XVI disait que « La créature humaine, qui est de nature spirituelle, se réalise dans les relations interpersonnelles. Plus elle les vit de manière authentique, plus son identité personnelle mûrit également. Ce n’est pas en s’isolant que l’homme se valorise lui-même, mais en se mettant en relation avec les autres et avec Dieu ». [15]

    Chers frères et sœurs, « le véritable remède aux blessures de l’humanité est un mode de vie fondé sur l’amour fraternel qui trouve sa source dans l’amour de Dieu ». [16] Je souhaite vivement que cette dimension fraternelle, “samaritaine”, inclusive, courageuse, engagée et solidaire, qui trouve sa racine la plus intime dans notre union avec Dieu, dans la foi en Jésus-Christ, ne manque jamais dans notre style de vie chrétien. Enflammés par cet amour divin, nous pourrons vraiment nous donner en faveur de tous ceux qui souffrent, en particulier nos frères malades, âgés et affligés.

    Élevons notre prière à la Bienheureuse Vierge Marie, Santé des Malades. Demandons son aide pour tous ceux qui souffrent, qui ont besoin de compassion, d’écoute et de réconfort, et implorons son intercession avec cette prière ancienne, qui était récitée en famille pour ceux qui vivent dans la maladie et la souffrance :

    Douce Mère, ne t’éloigne pas,
    ne détourne pas ton regard de moi.
    Viens avec moi partout
    et ne me laisse jamais seul.
    Puisque tu me protèges autant
    comme une véritable Mère,
    fais que le Père,
    le Fils et le Saint-Esprit me bénissent !

    Je donne de tout cœur ma Bénédiction apostolique à tous les malades, à leurs familles et à ceux qui les assistent, aux travailleurs du secteur de la santé, aux personnes engagées dans la pastorale de la santé et tout spécialement à ceux qui participent à cette Journée mondiale du Malade.

    Du Vatican, le 13 janvier 2026

    LÉON PP. XIV

    ____________________________________________________

    [1] François, Lettre enc. Fratelli tutti, (3 octobre 2020), 63.

    [2] Cf. ibid., 80-82.

    [3] Cf. S. Augustin, Sermons, 171, 2 ; 179 A, 7.

    [4] Cf. Benoît XVI, Lettre enc. Deus Caritas est (25 décembre 2005), 34 ; St Jean-Paul II, Lettre ap. Salvifici doloris (11 février 1984), 28.

    [5] S. François d’Assise, Testament 2 : Fonti Francescane, 110.

    [6] S. Ambroise, Traité sur l’Évangile de saint Luc VII, 84.

    [7] François, Lettre enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), 78.

    [8] S. Cyprien, De mortalitate, 16.

    [9] Cf. S. Jean-Paul II, Lettre ap. Salvifici doloris (11 février 1984), 24.

    [10] Cf. ibid., 31.

    [11] Exhort. ap. Dilexi te (4 octobre 2025), 26.

    [12] Cf. ibid.

    [13] Cf. François, Lettre enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), 79.

    [14] Cf. ibid., 101.

    [15] Benoît XVI, Lettre enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), 53.

    [16] François, Message aux participants du 33e Festival international des jeunes (MLADIFEST), Medjugorje, 1-6 août 2022 (16 juillet 2022).

  • Notre-Dame de Lourdes (11 février)

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    Lourdes-apparitions.jpgExtraits d'une homélie prononcée par le Pape Jean-Paul II

    (source : missel.free.fr)

    le 11 février 1988, dans la Basilique Saint Pierre,
    pour célébrer la mémoire de la première apparition
    de la Vierge de Lourdes
     

    Aujourd'hui rappelons, chers Frères et Sœurs, une présence significative de cette nouvelle Femme dans notre histoire. Nous célébrons la mémoire liturgique de la première apparition de la Bienheureuse Vierge Marie à Bernadette Soubirous dans la grotte de Massabielle.

    Rappelons ensuite que - comme je le disais dans mon encyclique Redemptoris Mater - “ Marie est présente dans la mission de l'Église, présente dans l'action de l'Église qui fait entrer dans le monde le Règne de son Fils ” (n. 28). Cette présence se manifeste aussi, entre autre, “ par la force d'attraction et de rayonnement des grands sanctuaires où non seulement les individus ou les groupes locaux, mais parfois des nations et des continents cherchent la rencontre avec la Mère du Seigneur ”.

    Lourdes, comme tant d'autres lieux, est un signe particulier de cette action de Marie dans le cours de notre histoire. En effet -comme le dit Vatican II (Const. Dogm. Lumen Gentium,62) - “ après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s'interrompt pas ; par son intercession répétée elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n'est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu'à ce qu'ils parviennent à la patrie bienheureuse ”.

    Lourdes Marie accomplit une mission de soulagement de la souffrance et de réconciliation des âmes avec Dieu et avec le prochain.

    Les grâces que cette Mère de Miséricorde obtient aux foules immenses d'une humanité endolorie et égarée, ont toutes le but de les conduire au Christ et de leur obtenir le don de son Esprit.

    Lourdes, Marie, par l'intermédiaire de Sainte Bernadette, s'est révélée, de façon éminente, comme “ porte-parole de la volonté du Fils ” (cf. Enc. Redemptoris Mater, n. 21).

    Tout ce que la Madone dit à la Voyante, tout ce qu'elle l'exhorta à faire, tout ce qui ensuite est né, est arrivé et arrive, reflète, en un certain sens, la “ volonté ” de la Madone : mais au nom de qui a-t-Elle obtenu tout ceci, à la grâce de qui, si ce n'est de son Fils divin ? Donc, Lourdes, nous pouvons le dire, appartient au Christ encore plus qu'à sa Très Sainte Mère. A Lourdes, nous apprenons à connaître le Christ à travers Marie. Les miracles de Lourdes sont les miracles du Christ, obtenus par l'intercession de Marie.

    Pour cela, Lourdes est un lieu privilégié d'expérience chrétienne. A Lourdeson apprend à souffrir comme le Christ a souffert. On accepte la souffrance comme Il l'a acceptée.

    Lourdes la souffrance s'allège parce qu'on la vit avec le Christ. Pourvu qu'on la vive avec le Christ. Soutenus par Marie.

    Lourdes, on apprend que la foi soulage la souffrance, mais pas tellement dans le sens de la diminuer physiquement. C'est le devoir de la médecine, ou cela peut arriver exceptionnellement de façon miraculeuse.

    Lourdes, on apprend que la foi soulage la souffrance en ce qu'elle la rend acceptable comme moyen d'expiation et comme expression d'amour. A Lourdes, on apprend à s'offrir non seulement à la justice divine, mais aussi - comme le disait Sainte Thérèse de Lisieux - à l'Amour miséricordieux de Celui qui, comme je l'ai dit dans ma lettre apostolique Salvifici Doloris(n. 18), a souffert “ volontairement et innocemment ”.

  • Le 11 février, à Lourdes

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    7-haut-ND-de-Lourdes-tableau-14-.jpgOn fête aujourd'hui Notre-Dame de Lourdes...

    A Lourdes, en 1858, la famille de Bernadette Soubirous, ruinée, a trouvé refuge au cachot. Le 11 février 1858, Bernadette, sa sœur Toinette et leur amie Jeanne Abadie, vont chercher du bois. Elles se dirigent vers "l'endroit où le canal rejoint le Gave". Elles arrivent devant la Grotte de Massabielle. Toinette et Jeanne traversent l'eau glaciale du canal. Bernadette, en raison de son asthme chronique, hésite à faire autant. C'est alors qu'elle "entend un bruit comme un coup de vent", mais "aucun arbre ne bouge".  Levant la tête, elle voit, dans le creux du rocher, une petite demoiselle, enveloppée de lumière, qui la regarde et lui sourit". C'est la première apparition de Notre Dame.

    source : le-message-de-lourdes

  • St Pierre de Jésus Maldonado Lucero, prêtre et martyr au Mexique (+ 1937)

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    D'Evangile au Quotidien :

    St Pierre de Jésus Maldonado Lucero

    St Pierre de Jésus Maldonado Lucero

    Fête le 11 Février

    Saint Pedro de Jésus Maldonado Lucero

    Prêtre et martyr au Mexique

    Pedro de Jésus Maldonado naît à Sacramento, Chihuahua, le 8 juin 1892. À l’âge de 17 ans, il répond à l’appel de Dieu et entre au séminaire de Chihuahua. De santé fragile, il souffre des mauvaises conditions sanitaires prévalant à l’époque dans cette institution.

    En 1918, il est envoyé à El Paso, au Texas, pour y recevoir les Ordres; il est ordonné prêtre le 25 janvier 1918 dans la Cathédrale St. Patrick, par Jésus Schuler s.j., évêque de El Paso.
    Le Père Maldonado célèbre sa première Messe dans la paroisse Sagrada Familia de Chihuahua le 11 février, jour de la Fête de Notre-Dame de Lourdes.

    Le 1er janvier 1924, il est nommé curé de la paroisse Santa Isabel, où il suscite l’enthousiasme de ses paroissiens ; l’Adoration au Saint Sacrement, ainsi que d’autres pratiques religieuses, prirent de l’essor. Le Père Maldonado avait aussi encouragé ses ouailles à plus d’amour et de dévotion envers la Vierge Marie.

    En 1926, le gouvernement mexicain entame une persécution à l’encontre de l’Église. Le culte public est suspendu ; les églises, séminaires et écoles religieuses sont fermées. L’État de Chihuahua est en partie épargné des hostilités, grâce aux mesures prudentes instituées par les autorités locales.
    Avant 1931 il y a une nouvelle vague de persécution religieuse ; l’état de Chihuahua aussi est embrasé par la violence. Des prêtres sont persécutés et exilés. Des responsables et des enseignants catholiques sont forcés de signer des déclarations indiquant qu’ils renonçaient à leur Foi. Toute manifestation publique, visant à dénoncer l’action du gouvernement, était aussi interdite.

    En 1934, le P. Maldonado, arrêté et expulsé d’El Paso, demande de réintégrer sa paroisse le plus tôt possible.

    Revenu au Mexique en 1936 à Boquilla del Rio, une ville situé près de Santa Isabel, il  réside là bas en compagnie d’une famille catholique qui avait transformé une partie de sa maison en lieu où célébrer la Messe.

    Le 10 février 1937, Mercredi des cendres, Pedro de Jésus confessait des gens lorsqu’un groupe d’hommes ivres et armés part à sa recherche à travers la ville.
    Bien que des fidèles tentent de le cacher, le Père fut capturé. Ses ravisseurs le firent marcher pieds nus jusqu’au centre de la ville. Tout au long du trajet, le prisonnier récita le rosaire à voix haute, accompagné par ses paroissiens qui marchèrent et prièrent à ses côtés.
    Lorsque le groupe arriva à l’hôtel de ville, un fonctionnaire municipal attrapa le Père Maldonado par les cheveux et le frappa d’un coup de poing. Un leader politique dégaine son pistolet et vise le Père Maldonado qui s’effondre.
    Voyant qu’il vivait toujours, ses persécuteurs le frappèrent avec la crosse de leurs fusils et le trainèrent jusqu’au deuxième étage du bâtiment, l’abandonnant, inconscient. Découvert par un groupe de femmes on l’amena à l’hôpital où on lui donna l’extrême-onction.

    Le Père Maldonado est mort en martyr, le 11 février 1937, et son sacrifice n’a pas été vain. Le 26 avril 1937, le gouverneur de Chihuahua signe, en effet, une requête autorisant la reprise du culte public dans son État.
    Le 1er mai, les cloches de la Cathédrale sonnèrent à nouveau, appelant les fidèles à la Messe. Le jour du premier anniversaire de la mort du père Maldonado, le culte public avait repris partout dans l’État de Chihuahua. Le gouvernement venait de mettre un terme à toutes persécutions à l’encontre des Catholiques.

    Pedro de Jesus Maldonado Lucero, victime de la ‘Guerre Cristera’ a été reconnu comme un authentique martyr de la foi et, comme tel, a été béatifié le 22 novembre 1992 et canonisé, avec 24 autres martyrs mexicains, le 21 mai 2000, à Rome, par saint Jean-Paul II (Karol Józef  Wojtyła, 1978-2005)

    Canonisés le 21 mai 2000 :

    Prêtres : Cristóbal Magallanes Jara, Agustín Caloca Cortés, Román Adame Rosales, Rodrigo Aguilar Alemán, Julio Álvarez Mendoza, Luis Batis Sainz, Mateo Correa Magallanes, Atilano Cruz Alvarado, Miguel de la Mora, Pedro Esqueda Ramírez, Margarito Flores García, José Isabel Flores Varela, David Galván Bermúdez, Pedro de Jesús Maldonado Lucero, Jesús Méndez Montoya, Justino Orona Madrigal, José María Robles Hurtado, Toribio Romo González, Jenaro Sánchez Delgadillo, Sabas Reyes Salazar, David Uribe Velasco, Tranquilino Ubiarco  Robles.

    Laïcs : Salvador Lara Puente, Manuel Morales, David Roldán Lara.

    Source principale : reflexionchretienne.e-monsite.com (« Rév. x gpm »).
  • Fulton Sheen bientôt béatifié : un apôtre qui a transformé l'Église

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    De Mgr Roger Landry sur le NCR :

    Fulton Sheen bientôt béatifié : un apôtre qui a transformé l'Église

    COMMENTAIRE : L’archevêque Sheen incarnait la sainteté et la mission, les deux aspects les plus fondamentaux de la vie chrétienne.

    L'archevêque Fulton Sheen.
    L'archevêque Fulton Sheen. (Photo : Diocèse de Peoria)

    L'annonce tant attendue de la béatification prochaine de l'archevêque Fulton Sheen (1895-1979) apporte une immense joie non seulement aux endroits où il a exercé son ministère — Peoria, Westminster, Washington DC, New York et Rochester — mais aussi à travers les États-Unis et le monde entier. 

    L'archevêque Sheen, prédicateur catholique le plus célèbre de l'histoire américaine, a su tirer parti des tribunes naissantes de la radio et de la télévision pour communiquer avec passion, joie et un charisme débordant les vérités de la foi catholique et le don de la vie. Il y a ajouté un talent d'écriture prodigieux – 66 livres et des dizaines de milliers de chroniques – ainsi que des retraites audio, des conférences et des séries catéchétiques, des homélies et des sermons très populaires qui remplissaient les églises et les stades. 

    Grâce à la rediffusion régulière de ses émissions télévisées par EWTN, à la réimpression de ses livres et à la numérisation de nombreuses œuvres audio, il continue d'avoir un impact énorme sur la foi des catholiques à travers le pays et le monde.  

    Sheen compte déjà parmi les prédicateurs les plus éloquents de tous les temps, aux côtés d'Augustin, Chrysostome, Bernard, Bossuet et Lacordaire. Sa béatification prochaine – et nous prions pour sa canonisation un jour – assurera et renforcera son influence durable sur la vie catholique, et permettra à tous ceux qui ne pourront jamais égaler son éloquence de connaître et d'imiter ce qui, dans ses vertus, est exemplaire. 

    Nous pouvons nous concentrer sur ce que nous pouvons tous apprendre de lui concernant les deux aspects les plus fondamentaux de la vie chrétienne : la sainteté et la mission, être un fidèle disciple de Jésus et un apôtre fervent, cherchant avec enthousiasme à amener Jésus aux autres et les autres à lui. 

    L'archevêque Sheen était un fervent disciple de Jésus. Lorsqu'il reçut un Emmy Award en 1952, il plaisanta en disant qu'il souhaitait remercier ses auteurs, Matthieu, Marc, Luc et Jean. Un jour, alors qu'il récitait avec l'acteur Richard Burton le psaume 23, « Le Seigneur est mon berger », Burton fit remarquer à l'assistance émue que s'il connaissait le psaume, l'archevêque Sheen, lui, connaissait le Berger. Quiconque lit son ouvrage le plus célèbre, Vie du Christ , comprend que le bienheureux Fulton était bien plus qu'un brillant érudit du Sauveur : c'était un ami reconnaissant qui l'aimait comme un trésor inestimable. De même, quiconque écoute ses célèbres méditations du Vendredi saint sur les Sept Dernières Paroles de Jésus ne peut que conclure qu'il connaissait le Seigneur profondément. 

    Cet amour permet de comprendre comment l'archevêque Sheen est devenu le plus grand apôtre de l'heure sainte eucharistique — et le plus grand vulgarisateur de la prière en présence du Saint-Sacrement — dans l'histoire de l'Église. 

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  • 10 février : la tragédie des Foibe

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    De Lorenza Formicola sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Il y a quatre-vingts ans, l'Église a résisté à la terreur de Tito.

    Face à la férocité des envahisseurs yougoslaves, évêques et prêtres érigèrent un dernier bastion de liberté, tissant des réseaux d'aide humanitaire et dénonçant la terreur communiste et l'athéisme d'État. Une page dramatique de l'histoire, culminant avec la tragédie du foibe et l'exode istrien, trop longtemps passée sous silence au nom de l'opportunisme politique.

    10/02/2026

    Entre l'automne 1943 et 1948, la frontière orientale de l'Italie – entre l'Istrie, Fiume et la Dalmatie – fut le théâtre d'un nettoyage ethnique et politique impitoyable orchestré par les milices communistes du maréchal Tito. Le bilan fut une plaie béante pour la nation : 350 000 exilés et plus de 20 000 victimes, anéantis dans une tentative d'éradiquer l'identité italienne et d'écraser toute résistance à l'annexion yougoslave.

    Les foibe, crevasses naturelles du Karst, entonnoirs rocheux pouvant atteindre 200 mètres sous terre, symbolisent cet extermination. La technique d'exécution mise au point par les milices communistes était d'une férocité insoutenable : les prisonniers étaient ligotés avec du fil barbelé et alignés au bord de la foibe ; les miliciens ne tiraient que sur ceux qui se trouvaient en tête de file, lesquels, en tombant, entraînaient avec eux toute la chaîne d'hommes encore vivants dans le vide. Nombreux ne moururent pas sur le coup, mais agonisèrent pendant des jours dans l'obscurité, ensevelis vivants sous des tonnes de débris et de corps. Au puits de Basovizza, par exemple, à 250 mètres de profondeur, on découvrit quatre cents mètres cubes de restes humains, scellés ensuite à l'explosif pour dissimuler le massacre.

    Cette tragédie, restée silencieuse pendant des décennies, est commémorée solennellement aujourd'hui, le 10 février, Journée du Souvenir, instituée par une loi d'État en 2004. La stratégie des envahisseurs yougoslaves était chirurgicale : frapper les piliers de la société civile pour anéantir l'identité italienne. Intellectuels, médecins et enseignants furent mis sur liste noire, mais les prêtres furent particulièrement cruellement persécutés. Pour les milices communistes de Tito, les prêtres n'étaient pas seulement les ministres d'une religion combattue par l'athéisme communiste, mais aussi les derniers repères d'une population profondément religieuse.

    Et tandis que l'appareil militaire et civil italien s'effondrait, les évêques et les prêtres demeuraient le seul rempart. Ce sont les « hommes en noir » qui ont tissé un réseau clandestin de sauvetage permettant à 350 000 Italiens de fuir. La réponse de Tito fut une persécution systématique : les personnes consacrées furent qualifiées d’« insectes » à éliminer, d’innombrables séminaristes et religieuses disparurent sans laisser de traces, et de nombreuses églises furent rasées pour effacer la mémoire historique des lieux.

    Le conflit entre foi et idéologie à Fiume explosa le 22 juin 1946, jour de la Fête-Dieu. Dans une tentative de saper l’unité ecclésiastique, le régime déclara ce jour ouvrable – ancré depuis longtemps dans le calendrier civil – férié, menaçant de licenciement et de retrait de carte de rationnement quiconque déserterait son emploi. Malgré l’intimidation, la population de Fiume choisit la désobéissance civile massive. Des milliers de citoyens envahirent les rues, encerclant la cathédrale Saint-Guy.

    Défiant ouvertement le diktat du régime, l’évêque Ugo Camozzo (photo) Il choisit de ne pas reculer, menant la procession solennelle à travers une ville suspendue entre dévotion et terreur. Ce fut une véritable mêlée spirituelle : tout au long du parcours, des miliciens en civil et des activistes communistes bombardèrent le clergé de pierres et d’ordures. Des témoins oculaires se souviennent de Monseigneur Camozzo avançant imperturbablement dans la fumée de la haine, les mains serrées autour de l’ostensoir pour le protéger sous le dais, tandis que le tonnerre des prières et des chants des fidèles s’élevait comme un mur de son pour couvrir les insultes et les cris des assaillants.

    Ce fut le dernier acte de liberté pour l’identité catholique italienne à Rijeka . Avant l’exil, Monseigneur Camozzo accomplit un geste prophétique : il divisa le drapeau tricolore en trois bandes, les cachant entre les pages de son bréviaire pour échapper aux contrôles yougoslaves. Nommé archevêque de Pise en 1948, Camozzo devint « l'évêque des exilés », opposant une ferme résistance diplomatique au régime communiste. Grâce à une pression internationale tenace, il parvint à sauver 27  prêtres et séminaristes des camps de travail yougoslaves. Dans ses lettres pastorales, il ne cessa de donner la parole aux habitants de Fiume. Parmi

    les martyrs du régime de Tito, la figure de Monseigneur Antonio Santin, évêque de Trieste et de Koper, se distingue également. Son « Vendredi de la Passion » coïncida avec le 19 juin 1947, jour de la fête de saint Nazarius, saint patron des Italiens : une ultime occasion pour eux d'affirmer leur identité et un devoir pastoral pour l'évêque, déterminé à administrer des confirmations ce même jour, malgré l'interdiction. « J'irai, même au péril de ma vie », déclara-t-il.
    L'embuscade fut minutieusement planifiée à l'intérieur du séminaire, où l'évêque se préparait pour la célébration. Il ne s'agissait pas d'une émeute spontanée, mais d'une attaque coordonnée de miliciens et d'agitateurs communistes slaves.

    Monseigneur Santin se souvient ainsi de ces instants : « Ils m'ont trouvé, ils m'ont insulté, criant que je devais partir… Ils m'ont violemment traîné dans l'escalier du séminaire, me frappant à coups de poing et de bâton à la tête. J'ai atteint la cour, ayant perdu ma mozzetta, mon rochet, ma croix et mes chaussures. J'étais couvert de sang. » Ayant survécu à un lynchage et à une tentative d'agression au couteau, Monseigneur Santin déjoua peu après le dernier piège tendu par ceux qui voulaient le noyer avec une pierre autour du cou, choisissant de rentrer par voie terrestre, debout sur un camion, sous une pluie de pierres.
    De retour à Trieste, sa cathédrale San Giusto devint un bastion de la liberté. De cette chaire, en 1948, Monseigneur Santin ne cessa de condamner le « règne de la terreur communiste » et l'athéisme d'État. Il alla jusqu'à interdire la lecture de la presse communiste.

    Mais sa résistance ne se limitait pas aux mots. Avec le père Pietro Damiani, l'évêque Santin mit en place un réseau clandestin de sauvetage qui, grâce à un appel radiophonique poignant, permit de sauver plus de mille enfants de la misère et de la mort. Ce fut le prêtre qui ne recula pas, démontrant ainsi que si le communisme pouvait occuper le pays, il n'était pas encore parvenu à soumettre les âmes.

    Dans ce climat de terreur, l'exode massif devint le seul moyen d'échapper à une persécution ethnique et idéologique systématique. Les milices communistes de Tito s'en prenaient non seulement aux citoyens italiens, mais aussi à leurs prêtres, faisant d'eux les cibles privilégiées d'une violence visant à éradiquer toute trace d'identité religieuse et nationale.

    Mais le paradoxe historique atteignit son paroxysme dans les colonnes de  L'Unità –  organe officiel du Parti communiste italien  –  le 30 novembre 1946, lorsque le sort de 350 000 exilés fut balayé d'un revers de main un cynisme qui choque encore aujourd'hui : « Nous ne pourrons jamais considérer comme ayant droit à l'asile ceux qui ont afflué dans nos grandes villes, non pas sous la pression de l'ennemi qui avance, mais par crainte du souffle de liberté qui a précédé ou accompagné l'avancée des armées libératrices. […] Ils ne méritent vraiment pas notre solidarité, ni le droit de nous voler notre pain et notre espace, déjà si rares. »
    Pendant soixante ans, cette page de l'histoire italienne a été effacée des livres, sacrifiée sur l'autel d'un opportunisme politique qui a préféré le silence à la vérité.

  • Sauver Jimmy Lai sans oublier Hong Kong

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    Sauvez Jimmy Lai, n'oubliez pas Hong Kong

    Au lendemain de la condamnation à vingt ans de prison de l'homme d'affaires et éditeur pro-démocratie, les États-Unis et le Royaume-Uni réclament sa libération pour raisons humanitaires. Pendant ce temps, le Vatican maintient un silence scandaleusement total sur cette affaire, par souci de ne pas froisser Pékin.
    – TÉMOIGNAGE D'UN JOURNALISTE : « C'est un martyre blanc. »
    – ARCHIVES : Jimmy Lai, un catholique contre le pouvoir  

    10/02/2026

    Maintenant que Jimmy Lai a été condamné à 20 ans de prison par un tribunal de Hong Kong, l'affaire prend une dimension internationale et le cas de l'éditeur-directeur du journal Apple Daily pourrait devenir l'un des pions de ce complexe jeu d'échecs qui établira de nouveaux équilibres géopolitiques.

    Les réactions d'hier au verdict ont déjà révélé les suites possibles. Le gouvernement chinois, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Lin Jian, a exprimé son « plein soutien » au gouvernement de Hong Kong et à la sentence prononcée par les juges au nom de la sécurité nationale, adressant ainsi un message clair à Londres et à Washington : les pays concernés doivent « respecter la souveraineté de la Chine et le système juridique de Hong Kong, s'abstenir de toute déclaration irresponsable et ne pas s'ingérer de quelque manière que ce soit dans le système judiciaire de Hong Kong ni dans les affaires intérieures de la Chine ». De son côté, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, déplorant « l'issue injuste et tragique de cette affaire », a demandé à la Chine d'accorder à Jimmy Lai une libération conditionnelle exceptionnelle, une requête partagée par le gouvernement britannique, par l'intermédiaire de sa ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper. Cette demande se justifie par l'âge de Jimmy Lai (il a eu 78 ans en décembre dernier) et par son état de santé, qui s'est encore dégradé durant ses années d'incarcération.

    Il est possible — et on espère — que le cas de Jimmy Lai soit inclus dans certaines négociations — commerciales, militaires ou politiques — afin qu'il puisse être libéré pour des raisons humanitaires, peut-être avec un exil au Royaume-Uni avec sa famille, tandis que la Chine conserverait son droit de gérer Hong Kong comme bon lui semble, et peut-être en échange de certaines concessions de la part des États-Unis et du Royaume-Uni.

    Une telle solution serait certes souhaitable à ce stade concernant le sort de Jimmy Lai, mais elle laisserait la question de Hong Kong en suspens. Car, rappelons-le, si Jimmy Lai est devenu, à juste titre, le symbole de la lutte pour la liberté et la démocratie, d'autres journalistes et militants pro-démocratie se trouvent dans une situation similaire : hier, huit autres personnes ont été condamnées avec lui (six anciens employés d'Apple Daily et deux représentants d'associations pro-démocratie) à des peines allant de six à dix ans. Et dans les prochains jours – comme le rappelait AsiaNews hier – les condamnations de trois autres militants pro-démocratie, qui risquent jusqu'à dix ans de prison pour sédition, sont attendues : l'avocat Chow Hang-tung (40 ans), Lee Cheuk-yan (68 ans) et Albert Ho (74 ans), incarcéré depuis 2021.

    « Sauver » Jimmy Lai et fermer les yeux sur tout le reste serait faire preuve de myopie, car l’étouffement de Hong Kong a des implications qui vont bien au-delà du sort des plus de sept millions d’habitants de l’ancienne colonie britannique.

    Ce qui se passe constitue une violation flagrante de l'accord sino-britannique par lequel le Royaume-Uni a rétrocédé Hong Kong à la Chine le 1er juillet 1997. Aux termes de cet accord, sous le slogan « un pays, deux systèmes », Pékin garantissait aux Hongkongais les mêmes droits et libertés que ceux garantis dans la colonie par le Royaume-Uni pendant 50 ans. Or, au cours des 28 dernières années, Pékin a assisté à la destruction progressive et systématique du système hongkongais, fondée sur des interprétations subjectives, voire arbitraires, des accords signés.

    Ce qui suffit à comprendre que la principale difficulté avec le régime communiste chinois réside précisément dans son manque de fiabilité. Cela explique aussi la situation concernant l'accord secret sino-vatican sur la nomination des évêques catholiques. Jusqu'à présent, le Saint-Siège a toujours fait bonne figure, ratifiant systématiquement avec un retard humiliant les nominations décidées unilatéralement par Pékin, qui, ce n'est pas un hasard, ignore systématiquement le Saint-Siège dans ses communiqués officiels.

    À cet égard, voici l'autre aspect troublant de l'affaire Jimmy Lai : le silence total du Vatican, mais aussi de l'Église à Hong Kong. Les médias du monde entier se contentent de relater l'histoire d'un entrepreneur et éditeur qui a lutté pour la liberté et la démocratie, faisant de lui un symbole de la liberté de la presse. Mais l'histoire de Jimmy Lai est bien plus que cela.
    C'est une histoire de foi, celle d'un converti qui, dans sa rencontre avec le Christ, a aussi compris le sens de son combat pour la liberté. Et la présence constante et silencieuse du cardinal Joseph Zen à chaque audience, lui qui l'a baptisé en 1997, est significative. Ses années de prison, comme l'a témoigné un ancien journaliste de son journal, Apple Daily, auprès de La Bussola ( cliquez ici ), nous ont révélé un véritable confesseur de la foi, un témoin du martyre blanc.

    Et le Vatican l'ignore complètement, plus soucieux de ne pas déplaire au régime communiste chinois que d'exprimer sa proximité et sa solidarité avec un frère persécuté, et de mettre en lumière son exemple pour tous les croyants. Hier, les médias du Vatican n'ont même pas relayé la sentence : Vatican News et Osservatore Romano ont couvert l'actualité internationale, de la victoire électorale du Premier ministre Sanae Takaichi au Japon aux massacres au Congo, de la mort du physicien Antonino Zichichi aux nouvelles colonies israéliennes en Cisjordanie. Mais pas un mot sur la condamnation de Jimmy Lai, pourtant largement relayée par la presse internationale, de droite comme de gauche.

    Un silence gêné et embarrassé, qui en dit long sur le désastre que provoque le Secrétariat d'État du Vatican avec le dossier chinois.

  • Sainte Scholastique, soeur de saint Benoît (10 février)

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    « Elle fut plus puissante parce qu’elle aima davantage. » Nous ne savons presque rien sur la vie de sainte Scholastique, mais là est l’essentiel. Selon la tradition, elle menait une vie toute vouée à Dieu, comme son frère saint Benoît. Une fois par an, elle avait l’habitude de venir le rencontrer avec quelques-uns de ses frères près de son monastère, et ils passaient une journée ensemble « à louer Dieu et à parler de choses saintes ».

    Et voici qu’une fois Scholastique demande à son frère de prolonger la rencontre au-delà de l’usuel, pendant la nuit – peut-être pressent-elle que ce sera la dernière fois qu’elle verra son frère avant sa mort. Mais lui, le grand législateur de la vie monastique, de répondre : « Que dis-tu là, ma sœur ! Rester hors du monastère, je ne le peux absolument pas. »

    Scholastique se met à prier – et d’un ciel auparavant parfaitement serein - « ce fut un éclat violent d’éclairs, tonnerre, pluie diluvienne, tant et si bien que ni le vénérable Benoît ni les frères qui l’accompagnaient ne pouvaient franchir le seuil du lieu où ils se trouvaient. » Alors Benoît « commença à se plaindre, tout triste : ‘Que Dieu tout-puissant te pardonne, ma sœur ! Qu’est-ce que tu as fait là ?’ Elle répondit : ‘Voilà ! Je t’ai prié, et tu n’as pas voulu m’écouter. J’ai prié mon Seigneur, et il m’a écoutée. Maintenant donc, si tu peux, sors ! Laisse-moi, et rentre au monastère.’ Mais lui ne pouvait sortir au-delà du toit. Il n’avait pas voulu rester de bon gré, il resta de force. »

    Et Grégoire le Grand termine le récit de cet épisode de la vie de saint Benoît et de sainte Scholastique en disant : « Ce n’est pas étonnant qu’une femme en cette occasion ait été plus forte que lui, l’homme de Dieu : elle voulait voir plus longtemps son frère. Selon la parole de Jean, ‘Dieu est amour’, et par un jugement tout à fait juste, elle fut plus puissante parce qu’elle aima davantage. »

  • « Les chrétiens d’Europe sont de plus en plus confrontés à la haine et à la discrimination. »

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    De kath.net/news :

    « Les chrétiens d’Europe sont de plus en plus confrontés à la haine et à la discrimination. »

    9 février 2026

    « Welt » : En Allemagne, les statistiques de la police pour 2024 font état de 337 crimes antichrétiens, soit 22 % de plus que l’année précédente – le nombre de cas non signalés est probablement bien plus élevé – vandalisme (dans les églises), incendies criminels, intimidation, violences physiques

    Berlin-Vienne (kath.net) « Le nombre de crimes antichrétiens a fortement augmenté ces dernières années », explique Anja Tang, directrice de l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe (OIDAC Europe), dans un entretien accordé au journal Die Welt. Le mois dernier seulement, quatre églises ont été la cible d’incendies criminels. « Or, le taux d’élucidation des actes de vandalisme en Allemagne n’est que d’environ 1 %. De nombreuses affaires ne sont jamais rendues publiques. On ne sait souvent que peu de choses sur le contexte, sauf dans des cas isolés où les auteurs laissent des messages. Mais la question de la discrimination, ou, comme on la décrit si souvent, la montée d’un sentiment antichrétien dans le pays, est peut-être encore plus préoccupante pour la société. »

    Elle élargit encore le problème, soulignant que « dans le discours sociétal et la vision du monde répandue… il existe désormais cette idée que les humains ne peuvent vivre pleinement que s’ils sont totalement autonomes et jamais confrontés à d’autres opinions ». « Dans la vision du monde post-chrétienne, le fait qu’il existe une institution avec laquelle on ne peut négocier l’existence de plus de deux genres semble intolérable ». Cela conduit parfois à des attaques à motivation politique, observe Tang. Mais cela conduit aussi à « l’autocensure chez les chrétiens, par exemple au travail, lorsque certaines opinions sont malvenues ». De nombreux chrétiens sont devenus très prudents dans leurs propos, « par crainte des conséquences ».

    Tang aborde les grandes tendances sociétales et explique que certaines personnes peuvent avoir plus de mal à adhérer aux enseignements catholiques, car ceux-ci leur paraissent désormais trop conservateurs. Elle affirme ensuite explicitement que l'enseignement de l'Église catholique sur la dignité humaine n'a pas changé depuis 2 000 ans. « Le fait que l'Église catholique soutienne la protection de la vie prénatale ou affirme que la famille est le meilleur lieu pour que les enfants grandissent ne devrait donc pas être une nouveauté. Pourtant, lorsque l'Église prend position sur ces questions aujourd'hui, les médias la présentent souvent comme un glissement à droite en son sein, du fait de son opposition à l'avortement. » En réalité, cependant, c'est « plus probablement la société qui a fait évoluer sa position sur ce sujet ».

    Interrogée sur « la représentation de plus en plus négative du christianisme dans les médias », Tang répond que l'Allemagne est « malheureusement particulièrement sous les feux des projecteurs » à cet égard. Elle cite plusieurs exemples de « prétendus reportages » diffusés l'an dernier sur les chaînes publiques, qui donnaient l'impression d'être « davantage du lobbying militant ». Cela se voit clairement, dit-elle, « dans des titres comme “Croisade de la droite”, “Chrétiens radicaux” ou “Avec Jésus contre la liberté ?” ». Le discours est limpide avant même le début du documentaire. « Mais si vous connaissez les lieux ou les personnes concernés par ces reportages, vous comprenez immédiatement qu'ils sont présentés sous un faux jour. »

    Tang a déclaré qu'une « ligne rouge » avait été franchie dans le traitement médiatique « lorsque la prière publique du footballeur brésilien Kaká a été présentée comme une dangereuse tentative de prosélytisme ». Dans une interview accordée à « Die Welt », Tang a expliqué : « Dès lors qu'on commence à remettre fondamentalement en question l'expression publique de la foi, on s'attaque aux droits fondamentaux et à tout ce que nous défendons dans une société pluraliste. Or, lorsque le joueur musulman de l'équipe nationale, Rüdiger, a été critiqué pour un geste que beaucoup ont interprété comme une démonstration de force islamique, le journal télévisé Tagesschau a immédiatement invité un expert qui a affirmé que Rüdiger n'était certainement pas un radical et que la situation devait être replacée dans son contexte afin d'éviter toute instrumentalisation par la droite. De toute évidence, les questions religieuses ne sont pas traitées avec la même sensibilité. »

    Tang exprime également son inquiétude sur le plan politique. Il remarque que le problème est généralement soulevé « lorsqu'une personne souhaite s'engager politiquement en s'appuyant sur une vision chrétienne traditionnelle du monde… Mais lorsqu'une personne, par exemple, s'engage politiquement en s'appuyant sur une vision de gauche du monde, ce problème n'est absolument pas abordé. »

    Tang a déclaré que, « en ce qui concerne la gauche politique », on observe « une agression croissante de la part des militants politiques, notamment contre les chrétiens aux convictions conservatrices, particulièrement ces dix dernières années ». Il a cité en exemple le café chrétien « Stay » à Leipzig. On y a recensé « 24 attaques d'extrême gauche, dont certaines à l'acide butyrique », et « la situation ne semble pas près de s'améliorer. Le personnel craint désormais pour sa sécurité. »

    Elle explique que si « la gauche prétend lutter contre le dogme, elle est elle-même dogmatique, allant jusqu'à recourir à la violence contre quiconque ne partage pas ses convictions ». Elle cite en exemple le fait que si un membre d'une église affirme « que le mariage n'est valable qu'entre un homme et une femme, cela est inacceptable et doit être combattu. On observe également cette intolérance croissante dans les universités, où des intervenants chrétiens sont désinvités ou leurs conférences annulées. »

  • Léon XIV, entre crise traditionaliste et pensée traditionnelle

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV, entre crise traditionaliste et pensée traditionnelle

    9 février 2026

    Le choix des prédicateurs pour les Exercices spirituels du Carême a toujours revêtu une importance particulière, et le choix du pape Léon XIV d'un évêque trappiste norvégien pour diriger la retraite de cette année à la Curie romaine ne fait pas exception.

    Les papes choisissaient généralement parmi ceux qu'ils tenaient en plus haute estime, souvent avant une mission importante ou une promotion. Dans certains cas, ce choix a même préfiguré l'élection au siège de Pierre.

    Ce fut le cas de Karol Wojtyla, que Paul VI présenta à la Curie en lui demandant de prêcher les Exercices spirituels du Carême de 1974. Ce fut également le cas de Joseph Ratzinger, que Jean-Paul II choisit comme prédicateur pour les Exercices spirituels du Carême de 1983, à son arrivée à Rome.
    Benoît XVI a presque toujours choisi des cardinaux, notamment pour donner plus d'autorité à cette fonction. Le pape François a presque toujours choisi des frères ou des prêtres – même si l'un d'entre eux, le père Angelo de Donatis, est devenu plus tard le cardinal vicaire du pape pour le diocèse de Rome – peut-être aussi pour montrer que le pape savait s'occuper des moins importants et de ceux qui pouvaient causer des problèmes.

    Léon XIV, dans son premier choix, a nommé l'évêque Eric Varden de Trondheim.
    Trappiste à l'esprit traditionnel et à la piété personnelle profonde, Varden apportera à la Curie son expérience de prédicateur.

    Il est peut-être également révélateur que les Exercices se dérouleront cette année dans la chapelle Pauline du Palais apostolique, plutôt que dans la ville d'Ariccia, située sur les collines à l'extérieur de Rome, comme cela a été le cas pendant une grande partie du règne du pape François, ni dans la chapelle Redemptoris Mater du Palais, où ils se sont déroulés sous Jean-Paul II et Benoît XVI. Il se trouve que la chapelle Redemptoris Mater est entièrement décorée d'œuvres de l'artiste célèbre tombé en disgrâce et accusé d'abus sexuels en série, le père Marko Rupnik.

    Le choix de Varden est révélateur en soi.
    Varden est issu d'une famille luthérienne mais largement agnostique. Il s'est converti au catholicisme à l'âge de quinze ans après avoir entendu la symphonie « Résurrection » de Gustav Mahler. Il a une forte spiritualité. Son dernier livre s'intitule « Chastity » (Chasteté) et il est généralement connu pour maintenir un lien fort avec la tradition de l'Église, tout en l'intégrant dans l'époque contemporaine.

    Cette nomination en dit long sur Léon XIV, sa spiritualité personnelle – dont il a déjà identifié la clé dans un livre du frère carmélite du XVIIe siècle connu sous le nom de frère Laurent, compilé à titre posthume par le père Joseph de Beaufort : La pratique de la présence de Dieu – et son désir de ne pas précipiter les choses en matière de tradition et de doctrine de l'Église.

    Le monde est contemporain, mais l'Église n'est pas dépassée. En effet, elle a encore un message de foi puissant à offrir au monde. C'est ce que semble dire le pape en nommant Mgr Varden prédicateur des Exercices spirituels du Carême.

    Le choix de Mgr Varden pourrait être perçu comme un signe rassurant pour ceux qui craignent un pape progressiste ou un second François qui brouillerait les cartes alors que tout semble décidé.

    Trois événements survenus au cours de la semaine dernière pourraient toutefois ajouter une touche de complexité à l'histoire.

    Le premier : la nomination de sœur Raffaella Petrini, présidente du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican, en tant que membre de la Commission pour les affaires confidentielles. La Commission traite de diverses questions, et il est clair que le gouverneur du Vatican doit en faire partie. Pourtant, la présence de sœur Petrini a surpris ceux qui pensaient que Léon XIV mettrait fin à la décision de nommer des femmes à des postes de cardinal.

    La deuxième décision concernait la nomination du cardinal Giuseppe Petrocchi à la présidence de la Commission des cardinaux de l'IOR. Après avoir inclus le cardinal Fernandez Artime – que Léon XIV tenait apparemment en haute estime – dans la Commission, le pape a changé son président à la suite du départ du cardinal Christoph Schönborn de Vienne, qui avait atteint l'âge de 80 ans, et a nommé un évêque qui avait également contribué au Vatican mais qui ne disposait pas d'une expertise spécifique.

    Après avoir apporté plusieurs modifications aux lois financières du Vatican, de nombreux observateurs, dont moi-même, s'attendaient à ce que le pape réintègre le secrétaire d'État du Vatican, qui avait précédemment occupé le poste de président de la commission, au sein de l'IOR. Léon a toutefois décidé de poursuivre dans la voie tracée par le pape François, du moins pour l'instant.

    Le dernier développement notable est le débat qui s'est ouvert avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, les dénommés lefebvristes. Leur supérieur, l'abbé Pagliarani, a déjà annoncé que la FSSPX ordonnerait de nouveaux évêques, même sans le consentement du Saint-Siège. Le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, a déjà exprimé sa volonté d'engager le dialogue, tout en avertissant que si la FSSPX procédait aux ordinations, elle encourrait l'excommunication latae sententiae.

    Pagliarani rencontrera le Dicastère pour la doctrine de la foi du Vatican le 12 février, et l'on verra s'il mettra son intention à exécution ; plus tard, il se plaindra d'avoir été contraint de le faire par les circonstances.

    La rupture avec le monde traditionnel, ou du moins avec une partie assez radicale de celui-ci, est un test important pour Léon XIV.

    Le pape François n'a jamais réussi à régulariser le statut canonique du groupe lefebvrien, mais il a fait plusieurs concessions à la FSSPX pendant son règne, notamment lors du Jubilé de la Miséricorde en 2016, où la validité de leurs confessions et des sacrements qu'ils administraient a été garantie.

    Léon XIV est confronté à une situation complexe, car les traditionalistes se plaignent de la continuité avec le pontificat du pape François en matière liturgique. Ils déplorent par exemple que l'abrogation par François de la libéralisation du rite ancien par Benoît XVI n'ait pas encore été annulée.

    Léon XIV ne semble toutefois pas être un pape qui aime procéder à des changements radicaux. Il s'efforcera simplement de résoudre la crise. Il a fait savoir qu'il souhaitait faire davantage pour le rôle des femmes dans l'Église, d'où la nomination de sœur Raffaella Petrini comme membre de la Commission pour les questions réservées. Il a décidé d'accorder les autorisations requises par Traditionis Custodes pour la célébration de la messe selon l'ancien rite, comme l'a indiqué Mgr Miguel Maury Buendia, nonce au Royaume-Uni.

    Cela ne signifie pas que Léon XIV soit un progressiste.

    Cela signifie qu'il est un pape qui évite les conflits quand et où il le peut, et qui en absorbe le choc quand et où il ne peut les éviter. Il a sa propre approche de la diplomatie, tant sur le plan interne qu'externe.

    Le choix de Varden, en ce sens, est révélateur. Il indique où bat le cœur du pape. Et maintenant, il s'agit de lui permettre de battre encore longtemps.

  • Les maigres effectifs des séminaires belges

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    De Riposte Catholique :

    23 séminaristes dont 6 religieux pour la Belgique francophone

  • La bienheureuse Anne Catherine Emmerick, mystique du Land de Münster (9 février)

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    Bse Anna Katharina Emmerick

    « Mystique du Land de Münster » (source : EAQ)

     

    Anna Katharina Emmerick naît le 8 septembre 1774, dans la communauté d'agriculteurs de lamschen près de Coesfeld (Allemagne).

     

    Elle grandit au sein d'une famille de neuf frères et sœurs. Dès sa plus tendre enfance elle dut aider aux travaux domestiques et agricoles. Elle ne fréquenta que quelques temps l'école, mais elle possédait une bonne instruction dans le domaine religieux. Très rapidement ses parents s'aperçurent de sa vocation à la prière et à la vie religieuse.

     

    Elle travailla trois ans dans une grande ferme des environs, puis apprit la couture et retourna vivre chez ses parents. Elle demanda ensuite à être admise dans divers monastères, mais elle fut refusée car elle ne possédait pas de don particulier. Toutefois, les clarisses de Münster l'acceptèrent à la condition qu'elle apprenne à jouer de l'orgue. Ses parents l'autorisèrent alors à aller vivre dans la famille de l'organiste Söntgen de Coesfeld pour faire son apprentissage ; mais elle n'eut jamais la possibilité d'apprendre l'orgue, car la pauvreté de la famille la poussa à travailler afin de les aider à vivre.

     

    En 1802, elle réussit finalement à entrer au monastère d'Agnetenberg, près de Dülmen, avec son amie Klara Söntgen. Elle prononça ses vœux l'année suivante, participant à la vie monastique avec ferveur, toujours prête à accomplir les travaux les plus durs que personne ne voulait faire. Mais, de 1802 à 1811, elle tomba fréquemment malade et dut supporter de grandes douleurs.

     

    En 1811, le monastère d'Agnetenberg fut fermé, elle devint alors domestique chez l'abbé Lambert, un prêtre qui avait fui la Révolution française et qui vivait à Dülmen. Mais elle tomba à nouveau malade et ne quitta plus son lit. Elle fit alors venir sa plus jeune sœur qui, sous sa direction, s'occupait de la maison.

     

    C'est au cours de cette période qu'elle reçut les stigmates. Ce fait ne pouvait pas rester caché ; le docteur Franz Wesener l'examina et en resta profondément impressionné, devenant son ami fidèle au cours des années qui suivirent.

    Une caractéristique de sa personnalité était l'amour qu'elle éprouvait pour son prochain. Elle cherchait toujours à aider les autres, même sans pouvoir se lever de son lit, où elle cousait des vêtements pour les enfants pauvres. De nombreuses personnalités, qui participaient au mouvement de renouveau de l'Église au début du XIX siècle, cherchèrent à la rencontrer.

     

    La rencontre avec Clemens Brentano (poète et écrivain allemand) fut particulièrement significative. A partir de 1818, il lui rendit visite chaque jour pendant cinq ans, dessinant ses visions qu'il publia ensuite. Au cours de l'été 1823, la santé d'Anna Katharina déclina et, la mort approchant, elle décida d'unir sa souffrance à celle de Jésus, en l'offrant pour la rédemption des hommes.

    Elle meurt le 9 février 1824.

     

    La vie d'Anna Katharina fut caractérisée par une profonde union avec le Christ; les stigmates qu'elle portait en furent la preuve. Elle éprouva également une profonde dévotion à l'égard de Marie. A travers la foi et l'amour elle servit l'œuvre de la rédemption, disant à ce propos: « J'ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j'ai prié Dieu afin qu'il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d'être utile. A présent je sais qu'il a exaucé ma prière. »

     

    Anna Katharina Emmerick a été béatifiée le 3 octobre 2004, par Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

     

    Pour un approfondissement :

     Télécharger gratuitement les 9 livres d'Anne-Catherine Emmerich

    Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).