Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Eglise - Page 6

  • Saint-Siège et Fraternité Saint-Pie X : les discussions entre les parties se poursuivent

    IMPRIMER

    De Vatican News :

    Contacts entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X pour éviter les ruptures

    Répondant aux questions des journalistes, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège a souligné qu'après l'annonce de plusieurs ordinations épiscopales en juillet, les discussions entre les parties se poursuivent.

    «Les contacts entre la Fraternité Saint-Pie X et le Saint-Siège se poursuivent, l'objectif étant d'éviter toute rupture ou solution unilatérale concernant les problèmes soulevés». C'est ce qu'a déclaré Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, en répondant aux questions des journalistes concernant l'annonce faite lundi, 2 février, par la Fraternité, de prochaines consécrations épiscopales prévues le 1er juillet au Séminaire international Saint-Curé d'Ars à Flavigny-sur-Ozerain, en France.

    Dans le communiqué de la Fraternité Saint-Pie X, il est fait référence à une lettre envoyée au Saint-Siège dans laquelle était exprimée «la nécessité particulière pour la Fraternité d'assurer la continuité du ministère de ses évêques». Le Saint-Siège – peut-on lire dans le communiqué – a envoyé «une lettre qui ne répond en aucune façon à nos demandes», d'où la décision de poursuivre dans la voie indiquée.

  • Saint John Henry Newman est inscrit au calendrier romain en date du 9 octobre

    IMPRIMER

    D'Alessandro Di Bussolo sur Vatican News :

    Saint Newman inscrit au calendrier romain

    Publication ce mardi du décret du dicastère pour le culte divin par lequel le Pape inscrit le saint Anglais, canonisé en 2019 et proclamé docteur de l'Église le 1er novembre 2025, dans le calendrier romain général. Le décret établit liturgiquement la mémoire facultative et son insertion dans tous les calendriers et livres liturgiques pour la célébration de la messe et de la liturgie des heures.

    «Dieu m'a créé pour lui rendre un service précis. J'ai un rôle à jouer dans cette grande œuvre; je suis un maillon d'une chaîne, un lien de connexion entre les personnes. Il ne m'a pas créé pour rien». C'est ce qu'écrivait le cardinal John Henry Newman, canonisé en 2019 et proclamé docteur de l'Église par le Pape Léon XIV le 1er novembre 2025, en la solennité de la Toussaint et du Jubilé du monde éducatif. Le Souverain pontife l'a également proclamé «co-patron, avec saint Thomas d'Aquin, de tous ceux qui participent au processus éducatif». Il a décidé d'inscrire le nom de saint John Henry Newman dans le Calendrier romain général, le calendrier qui régit les fêtes et les célébrations de l'année liturgique.

    La mémoire de Newman sera célébrée le 9 octobre, jour de sa conversion

    C'est ce qu'établit un décret publié mardi, 3 février, par le dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, -mais signé par le cardinal préfet Arthur Roche et par le secrétaire, l'archevêque Vittorio Viola, le 9 novembre 2025, fête de la dédicace de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Il dispose que la mémoire facultative du saint soit célébrée par tous le 9 octobre, jour de la conversion de Newman, pasteur anglican, au catholicisme, en 1845. Il sera ainsi possible dès aujourd'hui, dans toute l'Église, de célébrer la messe et de réciter les laudes, les vêpres et autres prières de la liturgie des heures en mémoire du saint théologien et cardinal.

    La douce lumière de Dieu et la paix dans l'Église catholique

    Le décret souligne d'emblée que «la douce lumière de la grâce de Dieu, venue dans ce monde pour éclairer les peuples, a conduit John Henry Newman à trouver la paix dans l'Église catholique». Il ajoute que, tout au long de sa longue vie, le cardinal Newman «s'est montré infatigable dans la mission à laquelle il avait été appelé, accomplissant son ministère de recherche intellectuelle, de prédication et d'enseignement, ainsi que de service aux pauvres et aux plus démunis». Un grand intellectuel chrétien, explique-t-il, dont l'esprit vif «nous a laissé des monuments durables d'une grande importance en matière théologique et ecclésiologique, ainsi que des compositions poétiques et dévotionnelles». La recherche constante du cardinal Newman «de sortir des ombres et des images pour aller vers la plénitude de la vérité est devenue un exemple pour chaque disciple du Ressuscité». Ainsi, le décret établit que saint John Henry Newman, «ayant été reconnu comme une lumière éclatante pour l'Église en pèlerinage à travers l'histoire, peut à juste titre être compté parmi les autres saints docteurs inscrits dans le calendrier romain général».

    Les textes liturgiques

    «Cette nouvelle mémoire doit être insérée dans tous les calendriers et livres liturgiques pour la célébration de la messe et de la liturgie des heures», peut-on encore lire dans le décret, qui établit l'adoption des textes liturgiques en latin joints au décret lui-même, «qui doivent être traduits, approuvés» et, après confirmation du dicastère, «publiés» par les conférences épiscopales. Il s'agit de la prière d'ouverture, des lectures, des textes relatifs à la liturgie des heures et du texte du Martyrologe romain.

    En 1825 pasteur anglican, en 1847 prêtre catholique

    John Henry Newman naît à Londres le 21 février 1801 dans une famille anglicane. En mai 1825, il est ordonné pasteur de l'Église d'Angleterre, chargé de suivre les étudiants universitaires en tant que vicaire de la paroisse de l'université d'Oxford. Entre 1832 et 1833, lors d'un voyage de retour d'Italie, Newman compose Lead, Kindly Light (Guide-moi, lumière bienveillante), qui deviendra plus tard un hymne religieux populaire. Dans les années suivantes, il fonde avec d'autres amis le Mouvement d'Oxford, afin de lutter contre la propagation du libéralisme religieux dans les universités anglaises. Lorsque de nombreux ecclésiastiques anglicans, appartenant pour la plupart à ce mouvement, passent à l'Église catholique, Newman traverse une crise religieuse qui le conduit en 1845 à adhérer au catholicisme. Le 30 mai 1847, il est ordonné prêtre dans la chapelle de Propaganda Fide à Rome. Fasciné par le charisme de saint Philippe Néri, il fonde la Congrégation de l'Oratoire en Angleterre.

    «Je serai un ange de paix, un prédicateur de vérité»

    Avec son œuvre majeure sur le thème de la conscience, la Lettre au duc de Norfolk (1875), il aide de nombreux catholiques anglais à accepter le dogme de l'infaillibilité du Pape, proclamé à cette époque. Réfléchissant à sa vocation dans l'Église, il écrit: «Je serai un ange de paix, un prédicateur de vérité, si seulement j'observe ses commandements et le sers dans ma vocation». Le 12 mai 1879, le Pape Léon XIII le nomme cardinal, lui attribuant la diaconie de Saint-Georges au Velabro. Il continue à vivre à Birmingham, près de l'Oratoire, où il meurt le 11 août 1890. Près de soixante-dix ans après sa mort, le processus de béatification et de canonisation est lancé. En 1991, Saint Jean-Paul II autorise la publication du décret concernant l'exercice héroïque des vertus. Newman est proclamé bienheureux par le Pape Benoît XVI le 19 septembre 2010, à Birmingham, et inscrit au registre des saints par le Pape François le 13 octobre 2019.

    La béatification du cardinal Newman, célébrée par le Pape Benoît XVI en 2010 à Birmingham.
    La béatification du cardinal Newman, célébrée par le Pape Benoît XVI en 2010 à Birmingham.
  • Raban Maur, le "praeceptor Germaniae", évoqué par Benoît XVI

    IMPRIMER

    Lors de l'audience générale du mercredi 3 juin 2009, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse à Raban Maure, fêté aujourd'hui :

    Chers frères et sœurs,

    Je voudrais aujourd'hui parler d'un personnage de l'occident latin vraiment extraordinaire:  le moine Raban Maure. Avec des hommes tels qu'Isidore de Séville, Bède le Vénérable, Ambroise Autpert, dont j'ai déjà parlé dans des catéchèses précédentes, il sut garder, pendant les siècles qui constituent ce qu'on appelle le Haut Moyen-âge, le contact avec la grande culture des antiques sages et des Pères chrétiens. Souvent rappelé comme "praeceptor Germaniae", Raban Maure fut d'une fécondité extraordinaire. Avec sa capacité de travail absolument exceptionnelle, il contribua peut-être plus que tout autre à garder vivante cette culture théologique, exégétique et spirituelle à laquelle les siècles suivants devaient puiser. C'est à lui que se réfèrent aussi bien des grands personnages appartenant au monde des moines comme Pier Damiani, Pierre le Vénérable et Bernard de Clairvaux, qu'également un nombre toujours plus important de "clercs" du clergé séculier, qui au cours du xii et du XIII siècles donnèrent vie à l'une des floraisons les plus belles et les plus fécondes de la pensée humaine.

    Né à Mayence vers 780, Raban entra très jeune dans un monastère:  on lui ajouta le nom de Maure précisément en référence au jeune Maure qui, selon le Livre ii des Dialogues de saint Grégoire le Grand, avait été confié encore enfant par ses parents eux-mêmes, nobles romains, à l'abbé Benoît de Nursie. Cette insertion précoce de Raban comme "puer oblatus" dans le monde monastique bénédictin, et les fruits qu'il en tira pour sa propre croissance humaine, culturelle et spirituelle, permettraient à eux seuls une ouverture très intéressante non seulement sur la vie des moines et de l'Eglise, mais également sur toute la société de son temps, habituellement qualifiée de "carolingienne". De ceux-ci, ou peut-être de lui-même, Raban Maure écrit:  "Certains ont eu la chance d'être introduits dans la connaissance des Ecritures dès leur plus tendre enfance ("a cunabulis suis") et ont été tellement bien nourris par la nourriture qui leur a été offerte par la sainte Eglise qu'ils peuvent être promus, avec l'éducation appropriée, aux ordres sacrés les plus élevés" (PL 107, col 419 BC).

    La culture extraordinaire qui caractérisait Raban Maure le fit rapidement remarquer par les grands de son temps. Il devint le conseiller de princes. Il s'engagea pour garantir l'unité de l'empire et, à un niveau culturel plus large, il ne refusa jamais à celui qui l'interrogeait une réponse modérée, qu'il tirait préférablement de la Bible et des textes des saints Pères. Tout d'abord élu abbé du célèbre monastère de Fulda, ensuite archevêque de sa ville natale, Mayence, il ne cessa pas pour autant de poursuivre ses études, démontrant par l'exemple de sa vie que l'on peut être simultanément à la disposition des autres, sans se priver pour cela d'un temps approprié pour la réflexion, l'étude et la méditation. Ainsi, Raban Maure fut exégète, philosophe, poète, pasteur et homme de Dieu. Les diocèses de Fulda, Mayence, Limbourg et Wroclaw le vénèrent comme saint et bienheureux. Ses œuvres remplissent six volumes de la Patrologie latine de Migne. C'est à lui que l'on doit, selon toute probabilité, l'un des hymnes les plus beaux et connus de l'Eglise latine, le "Veni Creator Spiritus", synthèse extraordinaire de pneumatologie chrétienne. Le premier engagement théologique de Raban s'exprima, en effet, sous forme de poésie et eut comme thème le mystère de la Sainte Croix dans une œuvre intitulée "De laudibus Sanctae Crucis", conçue de manière telle qu'elle propose non seulement des contenus conceptuels, mais également des stimulations plus purement artistiques, utilisant aussi bien la forme poétique que la forme picturale à l'intérieur du même codex manuscrit. En proposant iconographiquement, entre les lignes de son écrit, l'image du Christ crucifié, il écrit par exemple:  "Voilà l'image du Sauveur qui, par la position de ses membres, rend sainte pour nous la très salubre, très douce et très aimée forme de la Croix, afin qu'en croyant en son nom et en obéissant à ses commandements nous puissions obtenir la vie éternelle grâce à sa Passion. Chaque fois que nous élevons le regard vers la Croix, rappelons-nous donc de celui qui souffrit pour nous, afin de nous arracher au pouvoir des ténèbres, en acceptant la mort pour faire de nous les héritiers de la vie éternelle" (Lib. 1, Fig. 1, PL 107 col 151 C).

    Cette méthode d'allier tous les arts, l'esprit, le cœur et les sens, qui provenait de l'orient, devait recevoir un immense développement en occident, en parvenant à des sommets jamais atteints dans les codex enluminés de la Bible, ainsi que dans d'autres œuvres de foi et d'art qui fleurirent en Europe avant l'invention de l'imprimerie et même après. Celle-ci révèle en tous cas chez Raban Maure une conscience extraordinaire de la nécessité de faire participer dans l'expérience de la foi, non seulement l'esprit et le cœur, mais également les sens à travers les autres aspects du goût esthétique et de la sensibilité humaine qui conduisent l'homme à jouir de la vérité de toute leur personne, "esprit, âme et corps". Cela est important:  la foi n'est pas seulement pensée, mais elle touche tout notre être. Etant donné que Dieu s'est fait homme en chair et en os, qu'il est entré dans le monde sensible, nous devons, dans toutes les dimensions de notre être, chercher et rencontrer Dieu. Ainsi, la réalité de Dieu, à travers la foi, pénètre dans notre être et le transforme. Pour cela, Raban Maure a concentré son attention en particulier sur la liturgie, comme synthèse de toutes les dimensions de notre perception de la réalité. Cette intuition de Raban Maure le rend extraordinairement actuel. De lui sont restés également célèbres les "Carmina", proposés pour être utilisés en particulier dans les célébrations liturgiques. En effet, étant donné que Raban était avant tout un moine, son intérêt pour la célébration liturgique était évident. Toutefois, il ne se consacrait pas à l'art de la poésie comme une fin en soi, mais il orientait l'art et tout autre type de connaissance vers l'approfondissement de la Parole de Dieu. Il s'efforça donc, avec une assiduité et une rigueur extrêmes, d'introduire ses contemporains, mais surtout les ministres (évêques, prêtres et diacres), à la compréhension de la signification profondément théologique et spirituelle de tous les éléments de la célébration liturgique.

    Il tenta ainsi de comprendre et de proposer aux autres les significations théologiques cachées dans les rites, en puisant à la Bible et à la tradition des Pères. Il n'hésitait pas à citer, par souci d'honnêteté mais également pour donner une importance plus grande à ses explications, les sources patristiques auxquelles il devait son savoir. Mais il se servait d'elles avec liberté et un discernement attentif, en approfondissant le développement de la pensée patristique. Par exemple, au terme de l'"Epistola prima", adressée à un "chorévêque" du diocèse de Mayence, après avoir répondu aux demandes d'éclaircissement sur le comportement à adopter dans l'exercice de la responsabilité pastorale, il poursuit:  "Nous t'avons écrit tout ceci de la façon dont nous l'avons déduit des Ecritures Saintes et des canons des Pères. Mais toi, très saint homme, prend tes décisions comme bon te semble, au cas par cas, en cherchant à modérer ton jugement de façon à garantir en tout la discrétion, car elle est la mère de toutes les vertus" (Epistulae, i, PL 112, col 1510 C). On voit ainsi la continuité de la foi chrétienne, qui trouve son origine dans la Parole de Dieu; mais celle-ci est toujours vivante, elle se développe et elle s'exprime de façons nouvelles, toujours en cohérence avec toute la construction, avec tout l'édifice de la foi.

    Etant donné qu'une partie intégrante de la célébration liturgique est la Parole de Dieu, Raban Maure se consacra à cette dernière avec le plus grand zèle au cours de toute sa vie. Il publia des explications exégétiques appropriées pour presque tous les livres bibliques de l'Ancien et du Nouveau Testament dans une claire intention pastorale, qu'il justifiait par des paroles comme celles-ci:  "J'ai écrit ces choses... en résumant les explications et les propositions de beaucoup d'autres pour offrir un service au lecteur dépourvu qui n'a pas à sa disposition de nombreux livres, mais également pour faciliter ceux qui, dans de nombreuses choses, n'arrivent pas à pénétrer en profondeur la compréhension des significations découvertes par les Pères" (Commentariorum in Matthaeum praefatioPL 107, col 72D). En effet, en commentant les textes bibliques, il puisait à pleines mains aux Pères antiques, avec une prédilection particulière pour Jérôme, Ambroise, Augustin et Grégoire le Grand.

    Sa sensibilité pastorale aiguë le conduisit ensuite à s'occuper avant tout de l'un des problèmes vécus de la manière la plus vive par les fidèles et les ministres sacrés de son temps:  celui de la pénitence. Il compila en effet les "Pénitenciers" - c'est ainsi qu'on les appelait - dans lesquels, selon la sensibilité de l'époque, étaient énumérés les péchés et les peines correspondantes, en utilisant dans la mesure du possible des motivations puisées dans la Bible, dans les décisions des Conciles et les décrets des Papes. Ces mêmes textes furent utilisés par les "carolingiens" dans leur tentative de réforme de l'Eglise et de la société. C'est à la même intention pastorale que répondaient des œuvres comme "De disciplina ecclesiastica" et "De institutione clericorum" dans lesquelles, en puisant avant tout à saint Augustin, Raban expliquait aux personnes simples et au clergé de son diocèse les éléments fondamentaux de la foi chrétienne:  il s'agissait de sortes de petits catéchismes.

    Je voudrais conclure la présentation de ce grand "homme d'Eglise" en citant certaines de ses paroles dans lesquelles se reflète bien sa conviction fondamentale:  "Celui qui est négligent dans la contemplation ("qui vacare Deo negligit") se prive lui-même de la vision de la lumière de Dieu; celui qui se laisse prendre de façon indiscrète par les préoccupations et permet à ses pensées d'être emportées par le tourbillon des choses terrestres se condamne lui-même à l'impossibilité absolue de pénétrer les secrets du Dieu invisible" (Lib. I, PL 112, col 1263A). Je pense que Raban Maure nous adresse ces paroles également à nous aujourd'hui:  dans les heures de travail, avec ses rythmes frénétiques, et dans les temps de loisirs, nous devons réserver des moments à Dieu. Lui ouvrir notre vie en lui adressant une pensée, une réflexion, une brève prière, et surtout, nous ne devons pas oublier le dimanche comme jour du Seigneur, le jour de la liturgie, pour percevoir dans la beauté de nos églises, de la musique sacrée et de la Parole de Dieu la beauté même de Dieu, le laissant entrer dans notre être. Ce n'est qu'ainsi que notre vie peut devenir grande, devenir une vraie vie.

  • Ainsi va l'Eglise de Belgique...

    IMPRIMER

    A Liège : une laïque à la tête d'une Unité pastorale :

    C'est ICI

    Au diocèse de Namur, c'est sa "compagne de toujours" qui annonce le décès d'un prêtre :

    C'est ICI

    et ce n'est pas la première fois :

    Voir ICI

    Et il n'y aura pas de messe de clôture au forum "Rivespérance" :

    Voir ICI

    Et 1rcf Belgique a cessé d'émettre, lâchée par les évêques de Belgique :

    Voir ICI et ICI 

    Et une chroniqueuse adulée par les milieux catholiques progressistes est passée au protestantisme :

    Voir ICI

    Sans compter l'utilisation d'une église (non désacralisée) pour y organiser une "raclette monstre" :

    Voir ICI

    Etcetera

    ... mais tout va très bien, Madame la Marquise, et, comme on aura pu le constater, il se trouvera toujours bien un ecclésiastique de service pour justifier l'injustifiable.

  • La leçon du protomartyr Etienne et de l’apôtre Paul pour un véritable dialogue entre Juifs et chrétiens

    IMPRIMER

    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (enfrançais sur diakonos.be) :

    La leçon du protomartyr Etienne et de l’apôtre Paul pour un véritable dialogue entre Juifs et chrétiens

    Le changement intervenu ces derniers temps dans les relations entre l’Église catholique et les juifs réside dans la volonté déclarée, des deux côtés, de raviver un dialogue devenu compliqué et stérile, voire conflictuel ? Et comment ? En repartant de « Nostra ætate », ce texte de Vatican II qui a marqué un tournant capital dans les relations entre chrétiens et juifs, ainsi que du document explicatif de 2015 intitulé « Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables ».

    Les juifs eux-mêmes ont reconnu la valeur de ces deux documents, en particulier dans la note « Tra Gerusalemme e Roma » signée en 2017 par la Conférence des rabbins d’Europe, par le Conseil rabbinique d’Amérique et par le Grand rabbinat de l’État d’Israël, dans laquelle il se réjouissaient principalement deux points clés affirmés par l’Église catholique : « le fait que les juifs également aient part au salut de Dieu » et la décision de « ne pas mener ni encourager aucune mission institutionnelle visant spécifiquement les juifs ».

    Et en effet, après des siècles d’antijudaïsme et de conversions forcées, ces deux points constituent sans aucun doute des avancées importantes dans les relations entre l’Église et les juifs. Des avancées certes importantes mais pas décisives. Benoît XVI lui-même, le pape qui s’est impliqué dans le dialogue plus que nul autre, les définissait déjà dans un de ses écrits de 2017 retranscrit dans un livre, comme « insuffisants à exprimer de manière adéquate la grandeur de la réalité ».

    Concernant le premier point, ce même document du Vatican de 2015 s’arrête devant le mystère : « Le fait que les juifs aient part au salut de Dieu est théologiquement indiscutable, quant à savoir comment cela est possible sans une confession explicite du Christ, cela reste et demeure un mystère divin insondable ».

    Tandis qu’en ce qui concerne le second point, on peut lire : « Toute en maintenant le refus – par principe – d’une mission institutionnelle visant les juifs, les chrétiens sont appelés à témoigner de leur foi en Jésus Christ même devant les juifs, ils doivent cependant le faire avec humilité et sensibilité ».

    Et c’est précisément à propos de ces deux points qu’un éminent spécialiste du christianisme des origines, le professeur Leonardo Lugaresi, que les lecteurs de Settimo Cielo ont déjà eu l’occasion d’apprécier à plusieurs reprises, vient de publier un article le 29 décembre intitulé « Santo Stefano, la Chiesa e gli ebrei ».

    Dans ses réflexions, le professeur Lugaresi se laisse guider par le livre des Actes des Apôtres, du « cas sérieux » initial à Jérusalem du protomartyr Etienne jusqu’à l’énigmatique page finale où l’on retrouve l’apôtre Paul à Rome.

    *

    Lire la suite

  • Catholique et fière de l'être : la nouvelle Présidente du Costa Rica

    IMPRIMER

    De Diego López Colín sur ACI Prensa :

    Qui est Laura Fernández, la catholique pro-vie qui sera la nouvelle présidente du Costa Rica ?

    Laura Fernández Delgado, présidente du Costa RicaLaura Fernández lors d'un événement en 2024. | Crédit : Ministère de la Planification nationale et de la Politique économique

    Laura Fernández, du parti au pouvoir Pueblo Soberano, a remporté l'élection présidentielle au Costa Rica qui s'est tenue ce dimanche 1er février. Catholique et opposée à l'avortement, elle a également indiqué que son projet politique s'inscrirait dans la continuité des politiques du président actuel, Rodrigo Chaves. 

    Avec 96,87 % des bulletins dépouillés à midi le 2 février, Fernández a obtenu 1 191 727 voix (48,30 %). Álvaro Ramos Chaves, du Parti de la libération nationale, a recueilli 825 041 voix (33,44 %), et Claudia Vanessa Dobles Camargo, de la Coalition Agenda citoyen, arrive en troisième position avec 119 700 voix (4,85 %).  

    Le seuil de 40 % requis par la loi électorale étant dépassé, un second tour ne sera pas nécessaire. 

    Outre la présidence, les 57 membres de l'Assemblée législative ont été élus ce dimanche. Le parti Peuple souverain a remporté 31 sièges, obtenant ainsi la majorité au sein de l'organe législatif. Le Parti de la libération nationale en compte 17, le Front large 7, et les deux sièges restants sont répartis entre la Coalition Agenda citoyenne et le Parti de l'unité sociale-chrétienne.  

    Formation académique 

    Fernández a étudié au centre éducatif Santa Catalina de Sena, une institution catholique des sœurs dominicaines, puis à l'école Los Ángeles, également dominicaine.  

    Selon le site web du parti Pueblo Soberano, Fernández est spécialiste des politiques publiques et de la gouvernance démocratique. Au sein du gouvernement de Rodrigo Chaves, elle a occupé le poste de ministre de la Planification nationale et de la Politique économique de 2022 à 2025, et simultanément celui de ministre de la Présidence de 2024 à 2025. 

    Une présidente catholique 

    Lors de sa première conférence de presse après les élections, le 2 février, Fernández a remercié « Dieu et le peuple costaricien » pour les résultats du scrutin. « Je place ma confiance en Dieu, qui, je le sais, sera avec nous chaque jour et chaque minute du prochain gouvernement », a-t-il ajouté.  

    Interrogée sur ses relations avec l'Église catholique et sur une éventuelle politique conservatrice, elle a affirmé que son gouvernement serait un gouvernement de « liberté totale ». Tout en déclarant être « catholique, respectueuse, pieuse et fervente dans ses traditions catholiques », elle a indiqué que son équipe serait inclusive et ouverte à tous.  

    Elle a déclaré qu'il rechercherait des personnes qui promouvraient « une grande croisade pour la dignité humaine nationale, une grande croisade pour l'amour du prochain, une grande croisade pour la justice sociale, pour la sauvegarde des valeurs et de la famille ».  

    Sa foi, affichée publiquement, est restée inébranlable : le jour des élections, elle a assisté à la messe à la basilique Notre-Dame-des-Anges, l’église qui abrite l’image de la sainte patronne du Costa Rica. Dans une publication sur les réseaux sociaux, elle a déclaré : « J’ai prié pour tous les Costariciens, pour ce pays que j’aime tant, pour l’avenir. »  

    Lire la suite

  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X annonce de nouvelles consécrations épiscopales

    IMPRIMER

    Communiqué du 2 février 2026.

    En ce 2 février 2026, fête de la Purification de la sainte Vierge, Monsieur l’abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, au cours de la cérémonie des prises de soutane qu’il présidait au séminaire international Saint-Curé‑d’Ars, à Flavigny-sur-Ozerain, en France, a annoncé publiquement sa décision de confier aux évêques de la Fraternité le soin de procéder à de nouvelles consécrations épiscopales, le 1er juillet prochain.

    En août dernier, il a sollicité la faveur d’une audience auprès du Saint-Père, lui faisant connaître son désir de lui exposer filialement la situation présente de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Dans un second courrier, il s’est explicitement ouvert sur le besoin particulier de la Fraternité d’assurer la continuation du ministère de ses évêques, qui parcourent le monde depuis près de quarante ans pour répondre aux nombreux fidèles attachés à la Tradition de l’Église et désireux que soient conférés, pour le bien de leurs âmes, les sacrements de l’ordre et de la confirmation.

    Après avoir longuement mûri sa réflexion dans la prière, et reçu du Saint-Siège, ces derniers jours, une lettre qui ne répond absolument pas à nos demandes, l’abbé Pagliarani, appuyé sur l’avis unanime de son Conseil, estime que l’état objectif de grave nécessité dans lequel se trouvent les âmes exige une telle décision.

    Les mots qu’il écrivait le 21 novembre 2024, pour le cinquantenaire de la déclaration historique de Mgr Marcel Lefebvre, sont plus que jamais le reflet de sa pensée et de ses intentions :

    « Ce n’est que dans l’Église de toujours et dans sa Tradition constante que nous trouvons la garantie d’être dans la Vérité, de continuer à la prêcher et à la servir. […]

    « La Fraternité [Saint-Pie X] ne recherche pas d’abord sa propre survie : elle cherche principalement le bien de l’Église universelle et, pour cette raison, elle est par excellence une œuvre d’Église, qui avec une liberté et une force uniques, répond adéquatement aux besoins propres d’une époque tragique sans précédent.

    « Ce seul but est toujours le nôtre aujourd’hui, au même titre qu’il y a cinquante ans : “C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures (Mgr Lefebvre, Déclaration du 21 novembre 1974).” »

    Dans les prochains jours, le Supérieur général fournira des explications complémentaires sur la situation présente et sur sa décision.

    « Nos cum Prole pia benedicat Virgo Maria.
    Que la Vierge Marie nous bénisse, avec son divin Fils. » 

    Menzingen, le 2 février 2026

    A ce sujet, le Supérieur Général de la FSSPX, l'abbé Pagliarani, a explicité sa position lors de l'homélie prononcée à Flavigny dans le cadre de la remise de soutanes à 22 nouveaux séminaristes :

    Des sacres par fidélité à l’Eglise et aux âmes 

    Nous pensons que le moment est arrivé pour penser à l’avenir de la Fraternité Saint-Pie X, à l’avenir de toutes les âmes, que nous ne pouvons pas oublier, que nous ne pouvons pas abandonner ; et bien sûr au bien que nous devons et nous pouvons faire à l’Église. Et cela amène une question qu’on se pose depuis longtemps et à laquelle aujourd’hui peut-être il faut donner une réponse. Faut-il encore attendre avant de penser à consacrer des évêques ? Nous avons attendu, prié, observé l’évolution des choses dans l’Église, nous avons demandé conseil. 

    Nous avons écrit au Saint-Père pour présenter avec simplicité la situation de la Fraternité, expliquer ses besoins et en même temps pour confirmer au Saint-Père notre unique raison d’être : c’est le bien des âmes. Nous avons écrit au Saint-Père : Très Saint-Père, nous n’avons qu’une intention, celle de faire de toutes les âmes qui s’adressent à nous des vrais fils de l’Église catholique et romaine. Nous n’avons jamais d’autre intention et nous garderons toujours cette intention. Et le bien des âmes correspond au bien de l’Église. L’Église n’existe pas dans les nuages. L’Église existe dans les âmes. Ce sont les âmes qui forment l’Église. Et si on aime l’Église, on aime les âmes, on veut leur salut et on veut faire le possible pour leur offrir les moyens de faire leur salut.

    Lire la suite

  • Les intentions de prière du Pape pour 2026

    IMPRIMER

    Les intentions de prière du pape Léon XIV pour l’année 2026

    En janvier, prier avec la Parole de Dieu : « Prions pour que la prière, à partir de la Parole de Dieu, nourrisse nos vies et soit une source d’espérance au sein de nos communautés, nous aidant à édifier une Église plus fraternelle et missionnaire. » 

    En février, prier pour les enfants atteints de maladies incurables : « Prions pour que les enfants atteints de maladies incurables ainsi que leurs familles reçoivent les soins médicaux et le soutien nécessaires, sans jamais perdre force et espérance. »

    En mars, prier pour le désarmement et la paix : « Prions pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie et non celui de la violence. »

    En avril, prier pour les prêtres en crise : « Prions pour les prêtres qui traversent des moments de crise dans leur vocation, afin qu’ils trouvent l’accompagnement nécessaire et que les communautés les soutiennent avec compréhension et prière. »

    En mai, pour une alimentation pour tous : « Prions pour que chacun, des grands producteurs aux petits consommateurs, s’engage à éviter le gaspillage alimentaire et pour que tous aient accès à une alimentation de qualité. » 

    En juin, pour les valeurs du sport : « Prions pour que le sport soit un instrument de paix, de rencontre et de dialogue entre les cultures et les nations, et que par lui soient promues des valeurs telles que le respect, la solidarité et le dépassement personnel. »

    En juillet, pour le respect de la vie humaine : « Prions pour le respect et la protection de la vie humaine à toutes ses étapes, en la reconnaissant comme un don de Dieu. » 

    En août, pour l’évangélisation des villes : « Prions pour que, dans les grandes villes souvent marquées par l’anonymat et la solitude, nous puissions trouver de nouvelles façons de proclamer l’Évangile, en recherchant des moyens créatifs pour construire la communauté. » 

    En septembre, pour la protection de l’eau : « Prions pour une gestion juste et durable de l’eau, ressource vitale pour nous, afin que tous puissent y accéder de façon équitable. »

    En octobre, pour la pastorale de la santé mentale : « Prions pour que la pastorale de la santé mentale se développe dans toute l’Église et aide à surmonter la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes atteintes de maladies mentales. » 

    En novembre, pour le bon usage de la richesse : « Prions pour un bon usage de la richesse afin que, ne cédant pas à la tentation de l’égoïsme, elle soit toujours au service du bien commun et de la solidarité avec les plus démunis. »

    En décembre, pour les familles monoparentales : « Prions pour les familles qui vivent l’absence d’une mère ou d’un père, afin qu’elles trouvent dans l’Église un soutien et un accompagnement, et dans la foi une aide et une force, durant les moments difficiles. » 

  • Pourquoi je ne serai pas protestant (en réponse à Madame Tonus)

    IMPRIMER

       L'annonce par une tertiaire dominicaine relativement médiatique de sa conversion au protestantisme n'a pas fini de faire des vagues. Pour Belgicatho, Paul Vaute fait le point sur les questions fondamentales que soulèvent cette démarche et la manière dont elle a été communiquée. Il répond aussi aux arguments les plus souvent lus ou entendus.

       La laïque dominicaine belge Myriam Tonus, conférencière, essayiste et chroniqueuse prisée de longue date par les médias de toutes obédiences, a fait savoir au début janvier qu'elle avait quitté l'Eglise catholique pour rejoindre l'Eglise protestante unie de Belgique (Epub). Son départ, a-t-elle précisé, est intervenu à la suite "d'une décision longuement mûrie, née d'une réflexion critique notamment sur l'institution et la place des femmes". Elle se dit en outre heureuse d'éprouver "l'impression d’aller dans un plus grand dépouillement au cœur de la foi chrétienne" [1].

       L'annonce a suscité sur les réseaux sociaux des réactions parfois virulentes, qu'il ne peut être question de cautionner ici. Il est en revanche singulier que des voix se soient élevées pour déplorer qu'on puisse "encore", même en termes mesurés, tenir un discours critique du protestantisme.

       Que je sache, l'œcuménisme promu par le concile Vatican II et le magistère depuis lors n'a pas aboli les différences. Le retour à une seule confession chrétienne demeure pour l'heure un vœu, certes pieux. Il est par ailleurs bien singulier que ceux qui s'offusquent notamment des "anathèmes" de "jeunes croyants qui s'érigent en gardiens d'une orthodoxie qu'ils jugent menacée" [2] n'esquissent pas le moindre froncement de sourcils quand des voix protestantes, en ce compris celle de la dernière néophyte, déblatèrent allègrement la hiérarchie et les enseignements romains. Quitte dès lors à froisser quelques gentil(le)s ingénu(e)s, c'est notre différence que je vais affirmer ici. Non pas en théologien que je ne suis pas, mais en historien et journaliste émérite, armé du minimum de sensus fidelium auquel je peux légitimement prétendre.

     

    [1] https://www.cathobel.be/2026/01/myriam-tonus-rejoint-leglise-protestante-ce-qui-me-rend-heureuse-limpression-daller-dans-un-plus-grand-depouillement-au-coeur-de-la-foi-chretienne/

    [2] https://www.cathobel.be/2026/01/si-la-liberte-de-conscience-de-myriam-tonus-nous-questionne-la-violence-numerique-doit-plus-encore-nous-interpeller/

    Lire la suite

  • Léon XIV : Le commencement des adieux ?

    IMPRIMER

    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Le début des adieux ?

    Le discours prononcé la semaine dernière par Léon XIV devant les participants à la session plénière du Dicastère pour la Doctrine de la Foi était très attendu . Après que Léon XIV eut accepté de finaliser les documents laissés en suspens par le pape François, on ignorait si ce dernier maintiendrait la position du dicastère ou y apporterait une modification.

    Le discours de Léon XIV, d'un ton calme et posé, évoqua les documents récemment publiés et souligna l'œuvre remarquable du dicastère. Le pape se félicita ensuite que la session plénière fût consacrée à la transmission de la foi.

    Ce discours semblait, à certains égards, marquer la fin d'une époque. La liste des derniers documents importants commence par la note Gestis verbisque sur la validité des sacrements, datant de février 2024. En commençant par ce document, Léon a pu exclure la très controversée Fiducia supplicans sur la bénédiction des couples irréguliers, publiée par DDF en décembre 2023. Le document plus récent sur les titres mariaux, lui aussi controversé, a quant à lui été retenu.

    Le pape, indirectement, marque une rupture dans le travail du dicastère par un choix qui semble particulièrement significatif. Ce discours a, d'une certaine manière, conclu un cheminement entamé avec le pape François et achevé avec la publication des derniers documents. Léon XIV orientera vraisemblablement le Dicastère pour la doctrine de la foi dans une direction différente.

    Cela signifie-t-il que le préfet va changer ?

    Tout le monde s'attend à ce que le cardinal Victor Manuel Fernandez , ami personnel et principal conseiller du pape François, prenne sa retraite très prochainement. Le discours du pape révèle cependant un changement de méthode, certainement pas de la part d'un préfet.

    Il semble en effet peu probable que le pape remplace un préfet, aussi dissident soit-il, lorsque des raisons pratiques l'obligent à procéder à un important renouvellement générationnel. Les cardinaux Michael Czerny (qui aura 80 ans en juillet) , Marcello Semeraro, Arthur Roche, Kurt Koch et Kevin Farrell ont déjà 75 ans. Lazarus You Heung-sik , préfet du Dicastère pour le clergé, aura lui aussi 75 ans.

    Dans ce vaste renouvellement générationnel, il est peu probable que le pape s'en prenne aux responsables des dicastères dont le mandat n'arrive pas à échéance et où cela n'est pas nécessaire. Il lui est toutefois plus aisé de donner des orientations, une ligne directrice claire, et c'est précisément ce qu'il fait actuellement, par ses paroles et ses omissions.

    La ligne que Léon a commencé à tracer pour la DDF marque assurément une rupture, aussi soigneusement et délicatement formulée soit-elle. Elle s'écarte d'une position franchement agressive encouragée, voire inaugurée, par le pape François. Elle s'inscrit également dans le cadre des préparatifs d'une transition générationnelle nécessaire entre la Curie de l'ère François et la nouvelle Curie léonine.

    Il est cependant extrêmement difficile de comprendre qui sont les hommes de Léon XIV, et peut-être la vérité est-elle qu'ils n'existent tout simplement pas.

    Le choix de Mgr Filippo Iannone comme préfet du Dicastère des évêques ne reposait pas sur une amitié personnelle, mais sur la connaissance de ses compétences et de son tempérament : un homme courtois, habitué à résoudre les problèmes avec rigueur et discipline. Quant à Mgr Redaelli, nommé secrétaire du Dicastère du Clergé en sa qualité d’archevêque de Gorizia, il n’appartenait pas au cercle du pape.

    Même le deuxième secrétaire du pape, Marco Billeri, ne figurait pas parmi les amis de Léon XIV . Il était originaire du diocèse de San Miniato, dirigé par l'évêque Giovanni Paccosi , avec lequel le pape avait été missionnaire au Pérou.

    L'une des raisons pour lesquelles il est si difficile de repérer les hommes de Léon XIV est que Prévost ne formait pas de disciples. Il cherchait à vivre en communauté et traitait donc tout le monde comme des amis. Parmi les nouveaux collaborateurs, le seul qui appartienne véritablement à l'entourage de Léon XIV est peut-être son secrétaire, Monseigneur Edgard Rimcauyna.

    Et puis il y a les amis du pape, qui, pour l'instant, restent en dehors des fonctions gouvernementales.

    Ils sont le point d'ancrage du Pape, son regard tourné vers le monde extérieur, le souvenir de son choix, avant tout, de devenir moine . Ce sont ses amis augustins de toujours, qui, toutefois, n'abusent pas de sa proximité, gardant le secret qui les entoure. Ou bien ce sont les Péruviens, car Léon XIV resta profondément attaché au Pérou. Et, de fait, la première langue qu'il utilisa après l'italien, une fois élu pape, ne fut pas son anglais natal, mais l'espagnol qu'il avait adopté, lorsqu'il s'adressait au diocèse dont il avait été l'évêque.

    En effet, lorsque le Pape doit se tourner vers le cœur, il se tourne vers le Pérou. Ce n'est pas un hasard si son chef cuisinier est péruvien. Ce n'est pas un hasard non plus si, le 29 janvier dernier, il s'est présenté à l'improviste au déjeuner des évêques péruviens lors de leur visite ad limina , s'asseyant à leur table comme l'un d'eux, comme il le faisait lorsqu'il était véritablement l'un des leurs.

    En résumé, les hommes de Léon XIV sont inconnus, et il est donc difficile de faire des prédictions. Chacun attend avec impatience la nomination des nouveaux chefs de département et tente de comprendre si le pape agira comme lors du pontificat précédent, confirmant ou infirmant ses décisions par de longues et soudaines communications.

    Il semble toutefois plus probable que le pape, jusqu'à la nomination des nouveaux chefs de dicastères, laisse la situation en l'état, sans confirmations ni annonces de départs. Une longue période d'étude, pourrait-on dire, se mue en de longs adieux.

    Il reste à voir si le pape changera d'abord les mentalités, puis les individus, ou l'inverse. Au final, tout cela s'inscrit dans la grande transition que chacun attend, une transition qui, à l'instar de Godot, se fait plus difficile à atteindre que l'attente . Mais peut-être n'arrivera-t-elle jamais. Peut-être devons-nous simplement espérer un retour à la normale. C'est d'ailleurs pour cela, en fin de compte, que le pape a été choisi.

  • L'avortement, ennemi de la paix : un appel sans équivoque du pape

    IMPRIMER

    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    L'avortement, ennemi de la paix : un appel sans équivoque du pape

    Léon XIV cite le cri de Mère Teresa en défense des enfants à naître, sans l'ambiguïté de François qui alternait les propos forts et les louanges à l'avortiste Bonino. Un avertissement qui résonne dans un silence assourdissant, rompu seulement par la cloche de Mgr Suetta, des catholiques et des évêques craignant de briser le « tabou » de la loi 194.

    02_02_2026

    24 heures avant la Journée pour la vie, célébrée hier, dimanche 1er février, le pape a parlé de l'avortement. Il l'a fait en rencontrant les participants à la conférence One Humanity, One Planet. Voici ses mots : « Mère Teresa de Calcutta, sainte et prix Nobel de la paix, affirmait [...] que « le plus grand destructeur de la paix est l'avortement » (cf. Discours au National Prayer Breakfast, 3 février 1994). Sa voix reste prophétique : aucune politique ne peut en effet se mettre au service des peuples si elle exclut de la vie ceux qui sont sur le point de venir au monde, si elle ne vient pas en aide à ceux qui sont dans le besoin matériel et spirituel ».

    Le pape François, rappelons-le, avait utilisé à plusieurs reprises des expressions dures, mais vraies, à propos de l'avortement, le qualifiant de « meurtre » et qualifiant les médecins qui le pratiquent de « tueurs à gages ». Sur le plan politique, comme souvent, il s'était montré ambigu. D'un côté, il avait encensé le roi Baudouin de Belgique, qui n'avait pas signé une loi sur l'avortement, et de l'autre, il avait encensé Emma Bonino, celle qui, toute sa vie, avait mené des campagnes pour recruter de nouvelles adeptes de l'avortement et de nouveaux tueurs, la présentant comme « un exemple de liberté et de résistance ». Oui, de résistance à la vérité et au bien.

    En revanche, aucune ambiguïté pour le pape Léon, qui avait déjà récemment abordé le thème de l'avortement sous l'angle politique (cliquez ici et ici) : si la politique doit être au service des citoyens, il n'y a pas de véritable politique tant qu'elle promeut l'avortement en le légalisant. Si la politique doit protéger la paix sociale, quelle paix pourrait-il y avoir en déclarant la guerre aux êtres humains les plus sans défense, à savoir les enfants à naître ? L'avertissement du Saint-Père, bien que concis, était très significatif : en effet, comme nous l'avons noté, il a été lancé la veille de la Journée pour la vie. Ainsi, implicitement, mais en même temps clairement, le pape rappelle au gouvernement italien ses devoirs, et cet appel ne peut que résonner comme une critique de la loi 194. C'est le style, que nous espérons efficace, de Léon XIV : jamais d'attaques directes, explicites, mais des messages indirects, implicites et, pourrait-on dire, détournés, qui atteignent néanmoins leur cible.

    Il est tout aussi implicite que sans changement culturel, les conditions nécessaires à un changement de cap politique et donc à une révision de la loi 194 ne pourront être réunies. En changeant le terreau culturel, nous aurons tout d'abord l'espoir que, issus de ce terreau, les futurs dirigeants politiques puissent être pro-vie et même militants pro-vie. Et, deuxièmement, les politiciens pourront compter sur le consentement de l'électorat. Car si vous n'êtes pas prêt à vous exposer publiquement pour défendre la vie des enfants à naître, comment pouvez-vous demander aux politiciens de le faire à votre place ? Les lois telles que celle sur l'avortement sont donc des lois miroirs, car elles reflètent le sentiment commun, la sensibilité collective d'un peuple. Il faut donc changer le cœur et l'esprit de Monsieur Rossi avant de pouvoir changer le cœur et l'esprit de la loi 194 (ce qui n'exclut évidemment pas de lutter politiquement en même temps pour son abrogation).

    Aux États-Unis, la Marche pour la vie qui s'est déroulée le 23 janvier dernier avait pour slogan « Rendre l'avortement impensable » ; en Italie, en revanche, il est désormais impensable que le message habituel des évêques pour la Journée pour la vie puisse contenir le mot « avortement ». Or, si même les évêques n'ont pas le courage de prononcer ce mot parce qu'il pourrait troubler la conscience (souillée) de certains ou de beaucoup, y compris la leur (courage dont a fait preuve le Saint-Père), comment les fidèles laïcs pourraient-ils l'avoir ? Ce sont les catholiques qui ont peur et honte de parler d'avortement, alors que ce sont ceux qui propagent le mot d'ordre pro-avortement qui devraient mourir de peur et de honte.

    Les catholiques ont rendu l'avortement clandestin, non pas dans sa pratique, mais dans sa critique. Non seulement l'enfant dans le sein de sa mère est le grand absent du débat sur l'avortement, mais c'est le débat lui-même qui est désormais absent des médias, des réseaux sociaux et donc de la conscience collective, notamment à cause de nous, catholiques, qui devenons ainsi complices de ce massacre par notre omerta complaisante. Et lorsqu'un évêque ose sonner le glas pour les enfants jamais nés, le silence qui entoure ce crime, paradoxalement, permet d'entendre ses coups dans toute l'Italie. Son son réveille les consciences endormies, trouble celles qui ont fait des compromis avec le mal, encourage celles qui défendent vertueusement la vie naissante.

    Jean-Paul II a été très clair : « Aujourd'hui, dans la conscience de beaucoup, la perception de sa gravité s'est progressivement obscurcie. L'acceptation de l'avortement dans les mentalités, les mœurs et même la loi est le signe éloquent d'une crise très grave du sens moral, qui devient de plus en plus incapable de distinguer le bien du mal, même lorsque le droit fondamental à la vie est en jeu. Face à une situation aussi grave, il faut plus que jamais le courage de regarder la vérité en face et d'appeler les choses par leur nom, sans céder à des compromis de convenance ou à la tentation de l'aveuglement » (Evangelium vitae, 58, italiques dans le texte). La première action à entreprendre pour réanimer le corps inconscient des fidèles consiste donc à utiliser le défibrillateur du réalisme linguistique : revenir à appeler les choses par leur nom. Cela signifie non seulement que nous devons recommencer à utiliser le mot « avortement », mais aussi que nous devons recommencer à reconnaître ce qu'il est : « le meurtre délibéré et direct, quelle que soit la manière dont il est pratiqué, d'un être humain au début de son existence, entre la conception et la naissance » (Ib.). C'est un assassinat.

    Alors peut-être que la première étape culturelle pour briser le lien d'accoutumance qui a lié pendant des décennies les catholiques au phénomène de l'avortement, désormais normalisé dans l'esprit de beaucoup, est celle d'un réalisme courageux qui crie que le roi est nu, que l'on ne tue pas les enfants, même ceux qui sont dans le ventre de leur mère. Ce serait vraiment un petit pas pour l'homme, mais un grand pas pour l'humanité.

  • France : quand de nouveaux convertis veulent entrer au séminaire

    IMPRIMER

    De Jean-Marie Guénois sir Le Figaro via le Forum Catholique :

    Ces nouveaux convertis qui veulent entrer au séminaire

    30 janvier 2026

    Un miracle semble avoir eu lieu à Rennes. À la rentrée 2024, 4 candidats avaient frappé à la porte du séminaire, 18 se sont présentés un an plus tard. Soit « une augmentation de 350 % » se félicite le supérieur de la Maison Charles de Foucauld, le père Olivier Roy, en charge de l’une des 13 « propédeutiques » réparties sur le territoire. Cette maison accueille des candidats à la prêtrise de 9 diocèses de Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie.

    Depuis 2022, le passage par une année de propédeutique est obligatoire avant d’entrer au séminaire. Il s’agit de discerner la qualité de la vocation. Une étape préalable, lancée par le cardinal Jean-Marie Lustiger à Paris, dès 1984. Une sorte de « prépa » spirituelle dont l’objet n’est pas les études - philosophiques et théologiques, au programme des six années de séminaire -, mais une plongée dans la vie intérieure, fraternelle et caritative. Il n’y a pas de concours d’entrée à la clé, sinon l’épreuve du « combat spirituel pour gagner en liberté, résume un formateur, afin de se présenter plus mûr au séminaire ».

    Pour expliquer le record de ces 9 diocèses de l’ouest de la France, le père Olivier Roy avance des « effets de rattrapage » d’une année sur l’autre, car certains candidats réfléchissent à deux fois avant de s’engager, ou encore l’influence d’événements comme « le jubilé des jeunes à Rome, en juillet 2025 », cite-t-il. Et, avance-t-il, « pourquoi pas l’effet d’un nouveau pape, à l’image plus consensuelle et compatible avec des jeunes en recherche vocationnelle », en la personne de Léon XIV. Ce formateur constate en effet que « cette promotion de propédeutique 2025 a choisi saint Augustin comme saint patron, ce qui n’est pas sans lien avec les origines spirituelles du pape américain. »

    Confinement et intériorité

    Le père Olivier Roy assure que ce record d’inscriptions n’est pas isolé : « En France, les propédeutiques ont quasiment toutes réalisé une bonne rentrée en septembre dernier, avec 145 inscrits. » Ils étaient seulement 99 « propédeutes » en septembre 2023, soit 46,5 % d’augmentation en deux ans. La courbe d’entrée au séminaire connaît cependant des hauts et des bas : 165 candidats étaient admis en l’an 2000, ils n’étaient que 106 en 2015 et remontaient à 156 en 2020. Quant à la crise des abus sexuels dans l’Église, qui a explosé à l’orée des années 2000, elle semble ne pas avoir grevé significativement les candidatures pour le sacerdoce, puisqu’elles ont été relativement stables ce quart de siècle avec une moyenne de 131 candidats annuels en France.

    En tout cas, il semble bel et bien se passer quelque chose dans l’Église de France. Ne voit-elle pas bondir le nombre des demandes de baptêmes d’adultes et d’adolescents ? Alors qu’ils avoisinaient les 4 000 par an jusqu’en 2022, ils ont décollé il y a trois ans, passant de 5 423 en 2023 à 17 784 en 2025, dont la moitié à un âge inférieur à 25 ans. Là aussi, le pourcentage d’augmentation, 228 %, est spectaculaire. Les chiffres 2026 s’annoncent au diapason, ils seront connus fin mars.

    De nombreux pasteurs estiment que les confinements du Covid (printemps et automne 2020, puis avril 2021) auraient provoqué une « forte recherche de sens » chez beaucoup de jeunes, liée au « vide existentiel » et à « l’isolement des écrans ». Ce que confirme Antoine Pasquier, rédacteur en chef à Famille chrétienne, qui vient de publier Enquête sur ces jeunes qui veulent devenir chrétiens (Mame Éditions), après avoir réalisé une enquête qualitative auprès de ces nouveaux convertis.

    Des baptisés de « qualité »

    Cet auteur décrit le parcours de ces nouveaux entrants dans l’Église. « Beaucoup qui ne connaissaient rien du christianisme se sont mis en route, à la suite d’expériences spirituelles fortes, intimes, ou d’épreuves personnelles. Ils ont ensuite cherché sur internet et les réseaux sociaux des réponses à leurs questions, et lu la Bible, seuls. » Il ajoute : « Ces jeunes sont d’ailleurs fiers d’affirmer leur identité catholique, et cette nouvelle génération de catholiques n’a aucun problème avec le fait d’être minoritaires. »

    Lire la suite