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Eglise - Page 359

  • Comment le pape François pourrait influencer le choix de son successeur

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    D'Andrea Gagliarducci sur Catholic News Agency :

    Analyse : Comment le pape François pourrait-il influencer le choix de son successeur ?
     
    Salle de presse de Rome, 18 avril 2023

    En décidant de quitter l'hôpital dès que possible le mois dernier et en se montrant immédiatement debout et non en fauteuil roulant, le pape François a voulu envoyer deux signaux. Le premier est que, malgré les infirmités de son âge, il parvient encore à gouverner et a l'intention de le faire, et qu'il ne faut donc même pas penser à une papauté fantôme. Le second est que personne ne peut décider de la manière dont les liturgies seront gérées.

    En effet, lors de l'hospitalisation du pape François, le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du collège des cardinaux, avait fait savoir que les cardinaux avaient déjà défini qui célébrerait les messes des fêtes de Pâques et que le pape "assisterait" éventuellement à ces célébrations. Au lieu de cela, le pape François a présidé lui-même les festivités tout en conservant la coutume de laisser un autre célébrant à l'autel accomplir les rites que sa mobilité ne lui permet plus d'accomplir.

    Ces deux actions soulignent que le pape François continuera à décider de la vie de l'Église, en poursuivant son projet de réforme, qui semble encore inachevé, mais aussi en dessinant le profil du collège des cardinaux, qui devra élire son successeur.

    Après le consistoire d'août 2022, il y avait 132 cardinaux électeurs, et 62% d'entre eux avaient été créés par le pape François. Actuellement, les cardinaux électeurs sont au nombre de 123 ; 81 d'entre eux ont été créés par le pape François, soit 65 %.

    Toutefois, à la fin de l'année 2023, neuf de ces cardinaux atteindront l'âge de 80 ans et ne pourront donc plus participer à un conclave. Il y aura donc 114 cardinaux électeurs, dont 68 % ont été créés par François.

    Pourtant, les rumeurs parlent avec de plus en plus d'insistance d'un nouveau consistoire d'ici la fin de l'année, ne serait-ce que pour les cardinaux ayant une position que François juge importante. En effet, le pape François a fait de ses collaborateurs directs des cardinaux, et il y aura au moins deux préfets de dicastère qui ne sont pas encore cardinaux : Mgr Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, et Mgr Robert Prevost, préfet du dicastère pour les évêques.

    Le pape disposerait ainsi d'une Curie romaine dont tous les chefs de service seraient nommés cardinaux. Par ailleurs, le pape François devra également nommer un nouveau préfet pour le dicastère de la doctrine de la foi, une nomination cruciale si l'on considère que le nouveau préfet devra traiter des dossiers complexes tels que le synode de l'Église d'Allemagne. Fin janvier, le nom de l'évêque allemand Heiner Wilmer de Hildesheim avait circulé comme nouveau préfet. La nomination ne s'est toutefois pas encore concrétisée, et il n'est pas sûr qu'elle se produise bientôt, ni que ce soit le nom choisi par le pape François.

    Quoi qu'il en soit, il est clair que d'ici la fin de l'année, le pape François pourrait avoir un collège de cardinaux modelé sur ses préférences et une Curie entièrement à son image et à sa ressemblance. À ce moment-là, il devrait au moins mener à bien la réforme de l'Universi Dominici Gregis, la constitution apostolique qui régit la vacance du siège et l'élection du nouveau pontife. Promulgué par saint Jean-Paul II en 1996, ce document doit être harmonisé avec la constitution apostolique Praedicate Evangelium, notamment en ce qui concerne certains détails, comme la certification de la mort du pape. Actuellement, la certification appartient au Camerlengo et au secrétaire de la Caméra Apostolique, mais la nouvelle constitution a aboli la Caméra Apostolique. Par ailleurs, il est question d'une modification de la constitution, qui pourrait donner plus de poids aux cardinaux électeurs lors de la sede vacante.

    Pourquoi est-ce important ? Parce que c'est par de tels moyens qu'un pape peut projeter sa vision de l'Église au-delà de son pontificat. Si l'on considère la possibilité d'un nouveau consistoire, d'une redéfinition des échelons supérieurs de la Curie romaine et d'une éventuelle réforme de la réglementation du siège vacant, il est naturel de se demander si le pape François pourrait également avoir un impact sur le choix de son successeur.

    Andrea Gagliarducci est journaliste italien pour la Catholic News Agency et analyste du Vatican pour ACI Stampa. Il collabore au National Catholic Register.

  • "En Hongrie, la foi est visible"

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    De kath.net/news :

    L'ambassadeur avant la visite du Pape : "En Hongrie, la foi est visible".

    18 avril 2023

    Le diplomate Eduard de Habsbourg-Lorraine représente Budapest auprès du Saint-Siège : " Nous vivons consciemment le christianisme depuis 1.000 ans " - La Hongrie, un symbole des valeurs chrétiennes, des valeurs classiques de la famille

    Rome/Budapest (kath.net/KAP) Lors de sa visite en Hongrie fin avril, le pape François se rendra dans un pays fortement marqué par le christianisme, y compris sur le plan historique, et dans lequel "la foi est visible dans l'espace public". C'est ce qu'a déclaré l'ambassadeur de Budapest auprès du Vatican, Eduard de Habsbourg, dans plusieurs interviews pour différentes rédactions linguistiques du portail en ligne Vatican News. "Nous vivons consciemment le christianisme depuis 1000 ans", a déclaré Habsbourg en faisant référence au roi Étienne (997-1038), fondateur de l'État et canonisé, mais aussi à l'histoire mouvementée de la Hongrie, avec notamment l'occupation par les Ottomans au 16e siècle ou le régime communiste au 20e siècle. Il est important de comprendre "que le fait que nous ayons aujourd'hui un pays religieux, un pays plein de christianisme, est un miracle", a déclaré le diplomate.

    "Si vous venez en Hongrie aujourd'hui, vous verrez un pays dans lequel la foi chrétienne est visible", a déclaré l'ambassadeur de 56 ans, qui représente la Hongrie auprès du Saint-Siège depuis 2015. La Hongrie est "fortement marquée par le christianisme" et est considérée dans le monde entier comme "un symbole des valeurs chrétiennes, des valeurs traditionnelles de la famille". A tous les niveaux du gouvernement, on trouve également des personnes pour qui la foi chrétienne est importante, du Premier ministre Viktor Orban au président de la République Katalin Novak. "Nous avons un pays qui n'a pas peur de montrer sa religion et sa foi en public", a constaté Habsbourg. "Nous avons une séparation claire entre l'Église et l'État, comme c'est toujours le cas de nos jours, mais l'Église et l'État travaillent ensemble". Parallèlement, d'autres communautés religieuses seraient également fortement soutenues par le gouvernement. "Nous avons l'une des communautés juives les plus florissantes d'Europe", poursuit l'ambassadeur.

    Habsbourg a déclaré qu'il ne voulait pas spéculer publiquement sur la raison pour laquelle le pape François se rendrait une deuxième fois à Budapest après septembre 2021. Lors de sa visite de seulement sept heures pour la messe de clôture du Congrès eucharistique mondial, le pape avait toutefois "senti que les Hongrois l'aimaient vraiment, qu'ils volaient à sa rencontre avec leurs cœurs". Les Hongrois sont "incroyablement reconnaissants" de cette nouvelle visite. François a également de nombreux liens personnels avec le pays. Alors qu'il était encore archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio a visité à plusieurs reprises un monastère Mary Ward à Platanos, non loin de la capitale argentine, dans lequel vivaient également des religieuses qui avaient fui la Hongrie en 1956 après la prise de pouvoir par les communistes, a rappelé Habsbourg.

    Dans ses discours, François encouragera les Hongrois à "continuer à vivre leur foi", a déclaré l'ambassadeur Habsbourg à propos des thèmes possibles des discours du pape. On peut également imaginer que le chef de l'Eglise s'exprimera sur l'engagement de la Hongrie en faveur des familles et qu'il encouragera à s'engager pour son prochain et les personnes en marge de la société. En ce qui concerne la guerre dans le pays voisin, l'Ukraine, le pape "parlera certainement de paix", poursuit l'ambassadeur.

    Guerre dans le pays voisin

    Habsbourg a fait référence à la minorité hongroise d'Ukraine, forte d'environ 150 000 personnes, qui vit la guerre de très près. "Cela explique peut-être aussi un peu pourquoi la Hongrie s'est engagée dès le début en faveur de la paix ici et pourquoi elle exige actuellement la paix : Un cessez-le-feu le plus rapidement possible et des négociations de paix le plus rapidement possible". L'ambassadeur considère que la position de la Hongrie est sur ce point en accord avec celle du pape François, "et c'est une voix qui est devenue rare en Europe en ce moment".

    Avec l'aide aux réfugiés d'Ukraine, "la plus grande action humanitaire de l'histoire" du pays est en cours en Hongrie, a déclaré Habsbourg. Près d'un million de personnes déplacées ont été prises en charge depuis le début de la guerre et de nombreux Hongrois ont été prêts à apporter leur aide. Les Ukrainiens qui souhaitent rester sont également acceptés dans leur totalité. Habsbourg a cité le chiffre d'environ 30 000 personnes. Beaucoup d'autres sont partis vers d'autres pays : "C'était leur décision".

    Habsbourg a rejeté les questions critiques sur la politique d'asile et d'immigration de la Hongrie. "Nous n'avons qu'un problème avec l'immigration illégale et faisons ce que nous pouvons sur tous les autres fronts". L'ambassadeur a ainsi fait référence, entre autres, aux initiatives telles que l'action "Hungary helps" pour les chrétiennes et chrétiens harcelés en Orient. La Hongrie essaie d'aider les personnes qui veulent rester dans leur pays "au lieu de les envoyer dans des voyages terribles et de les livrer à la traite des êtres humains". Habsbourg s'est montré convaincu que le pape en était conscient.

    En ce qui concerne les tensions politiques avec d'autres Etats ou l'Union européenne, le diplomate a également fait référence à l'histoire de la Hongrie. Elle a fait partie pendant un temps de l'Empire ottoman, puis de l'Empire des Habsbourg et plus tard du bloc de l'Est. "Les Hongrois ont tendance à s'énerver lorsque des gens de l'extérieur tentent de nous dire comment régler nos affaires". Cela conduit parfois à des tensions, y compris avec Bruxelles. En même temps, il y a en Hongrie un grand enthousiasme pour l'idée européenne, a déclaré Habsbourg. "L'avenir de l'Europe réside dans l'Union européenne, mais nous avons parfois le sentiment que ce serait encore plus beau si nos valeurs étaient encore un peu plus respectées".

  • Les extrémistes hindous, mais pas seulement : en Inde, c'est l'Etat qui persécute les chrétiens

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, (traduction de diakonos.be) :

    Extrémistes hindous, mais pas seulement. En Inde, c’est l’État qui persécute les chrétiens

    Le jour de Pâques, le premier ministre indien Narendra Modi a posé un geste inattendu. Il a visité la cathédrale catholique de New Delhi. Accueilli par l’archevêque, il a allumé un cierge devant la statue du Christ ressuscité, s’est entretenu avec les fidèles, a planté un arbre dans le jardin et a appelé à « l’harmonie dans notre société ».

    Quelques jours plus tôt, Modi avait également rencontré le chef de l’Église orthodoxe syro-malankare. Et à Pâques d’autres leaders du Bharatiya Janata Party, le BJP, le parti hindouiste au pouvoir, ont visité des églises du Kerala, l’État indien dans lequel les catholiques sont les plus représentés.

    Le cardinal George Alencherry, archevêque majeur des catholiques de rite syro-malabar, a commenté avec enthousiasme le geste de Modi. Un « bon leader », a-t-il déclaré, « très ouvert et accueillant ». Avec lui et son parti, les chrétiens « n’ont aucune raison de se sentir en insécurité ».

    Mais en est-il bien ainsi ? On ne dirait pas, bien au contraire. Au cours de cette même semaine sainte et le jour de Pâques, le diocèse de Jhabua, dans le Madhya Pradesh, a demandé une protection policière contre des attaques perpétrées par les extrémistes hindous, qui ne tolèrent pas les écoles catholiques ouvertes par le diocèse pour les enfants hors-caste et tribaux, qui seraient, selon eux, des lieux de conversion forcée.

    Dans un autre diocèse du Madhya Pradesh, celui de Jabalpur, l’évêque Gerald Almeida a été menacé d’arrestation pour une raison analogue. Et ce ne sont là que les derniers épisodes d’une hostilité endémique contre les minorités religieuses menée par les franges les plus fanatiques de l’hindouisme et du soutien qui leur est apporté par les institutions. La président de la Commission pour les droits de l’enfant, Priyank Kanoongo, qui s’acharne sans relâche contre les écoles catholiques, a grandi dans le Rashtriya Swayamsevak Sangh, le RSS, le creuset historique de l’idéologie du nationalisme hindou.

    La « faute » des catholiques en Inde, pays dans lequel les discriminations de caste, bien qu’elles soient abolies par la loi, ont encore un poids important, est avant tout d’appartenir en grande partie aux castes inférieures, aux hors-caste, aux groupes tribaux, et d’œuvrer surtout pour le bien des milieux plus humbles de la population. Même les évêques, de plus en plus souvent, sont issus de ces milieux.

    Mais ce qui a surtout déchaîné l’intolérance, ce sont les conversions, bien qu’elles soient numériquement très limitées. Les intégristes hindous les considèrent comme la peste et ils peuvent compter depuis plusieurs années sur les lois « anti-conversions », déjà approuvées par une douzaine d’États. Ce qui est punissable, ce sont les conversions réalisées sous la contrainte ou la tromperie, mais en termes si vagues que ces lois permettent des accusations et des condamnations très larges. Même les Missionnaires de la Charité, les braves sœurs de Sainte Mère Teresa de Calcutta, ont à plusieurs reprise fait les frais de cette loi impitoyable. Une loi qui se montre en revanche très magnanime envers ceux qui font le chemin inverse et qui se reconvertissent, avec même quelques avantages à la clé.

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  • Chine : le gouvernement veut garder le contrôle sur l'Eglise catholique

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    s'entretient avec Yves Chiron sur le site du Figaro :

    «Le gouvernement chinois veut garder le contrôle sur l'Église catholique»

    17 avril 2023

    Monseigneur Joseph Li Shan, archevêque de Pékin.
    Monseigneur Joseph Li Shan, archevêque de Pékin. TEH ENG KOON

    ENTRETIEN - À l'occasion de la rare visite de l'évêque de Hongkong, reconnu par Rome, à Pékin, l'historien Yves Chiron revient sur la relation chaotique qu'entretiennent le Vatican et la Chine.

    Yves Chiron est historien et journaliste, spécialiste de l'histoire contemporaine de l'Église catholique. Il a publié en 2019 La longue marche des catholiques de Chine aux éditions Artège.


    LE FIGARO.- L'Église catholique en Chine est divisée entre l'institution reconnue par le parti communiste chinois et la communauté dite «souterraine», fidèle à Rome. Quels liens entretiennent aujourd'hui les deux communautés ?

     
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    Yves CHIRON.- La division remonte à 1957 lorsqu'a été créée l'Association patriotique des catholiques chinois (APCC), organisation de prêtres et de catholiques soumise au Parti communiste chinois. L'année suivante, l'APCC a décidé de nommer et de faire consacrer des évêques sans l'accord du Saint-Siège. Il s'agissait de rendre l'Église catholique «autonome», c'est-à-dire indépendante de Rome, sur le plan financier et juridictionnel. Il s'agissait aussi de créer une sorte d'Église nationale qui accepte de contribuer à la construction de la société «socialiste».

    À partir de cette époque deux communautés catholiques ont coexisté: l'une autour des nouveaux évêques non reconnus par Rome et sous la dépendance de l'APCC, qu'on appellera communément l'Église patriotique ou l'Église officielle ; l'autre autour des évêques restés en communion avec le Saint-Siège, qu'on appellera l'Église souterraine parce qu'elle refusait d'adhérer à l'APCC et donc n'était plus autorisée par les autorités chinoises.

    Au cours des décennies, l'Église patriotique a consacré des dizaines d'évêques non reconnus par le Saint-Siège, donc schismatiques, et l'Église clandestine a consacré des dizaines d'évêques non reconnus par le gouvernement chinois mais en communion avec Rome.

    Jean-Paul II, Benoît XVI puis le pape François ont œuvré à la réconciliation des deux «Églises». Des évêques schismatiques se sont réconciliés avec le Saint-Siège. En 2007, Benoît XVI a demandé que l'Église clandestine ne consacre plus d'évêques ; en 2018, le pape François a levé l'excommunication qui frappait encore sept évêques schismatiques. Mais la situation reste difficile. Il y a encore plusieurs dizaines d'évêques clandestins qui ne sont pas reconnus par les autorités chinoises, il en est de même pour des milliers de prêtres et de religieuses. Ils peuvent être à tout moment empêchés d'exercer leur ministère ou leur apostolat.

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  • Le pape François sur Disney Plus : les aspects critiques d'un choix médiatique

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    Du site "Silere non possum" :

    LE PAPE FRANCOIS SUR DISNEY PLUS. LES ASPECTS CRITIQUES DE CE CHOIX MÉDIATIQUE

    Le Pape a participé à une rencontre avec des jeunes qui a été enregistrée et qui est maintenant disponible sur Disney+.

    "Aujourd'hui, en pleine urgence éducative, le munus docendi de l'Église, exercé concrètement à travers le ministère de chaque prêtre, est particulièrement important. Nous vivons dans une grande confusion quant aux choix fondamentaux de notre vie et aux questions sur ce qu'est le monde, d'où il vient, où nous allons, ce que nous devons faire pour faire le bien, comment nous devons vivre, quelles sont les valeurs vraiment pertinentes. Par rapport à tout cela, il y a tant de philosophies contradictoires, qui naissent et disparaissent, créant la confusion sur les décisions fondamentales, sur la façon de vivre, parce que nous ne savons plus, communément, de quoi et pour quoi nous sommes faits et où nous allons", a déclaré Benoît XVI aux fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre le 14 avril 2010.

    Cette audience générale nous est revenue à l'esprit lorsque nous avons regardé le documentaire que le pape François a enregistré avec des jeunes et qui est maintenant disponible sur Disney+.

    Dans la vidéo, le réalisateur Felipe Perfetti analyse le documentaire. Tinder, l'avortement, la pornographie et plus encore. Il parle également de l'affaire du Dalaï Lama et des récents problèmes liés à l'affaire Emanuela Orlandi.

    La désorientation

    Si l'on fait abstraction des "choix éditoriaux" à l'origine de ces moments, il faut comprendre que, malheureusement, les interventions du pape sont de plus en plus fréquentes et que ses propos risquent de créer une grande confusion.

    "C'est la fonction in persona Christi du prêtre, disait Benoît XVI, de rendre présente, dans la confusion et la désorientation de notre temps, la lumière de la parole de Dieu, la lumière qui est le Christ lui-même dans ce monde qui est le nôtre. Le prêtre n'enseigne donc pas ses propres idées, une philosophie qu'il a lui-même inventée, qu'il a trouvée ou qui lui plaît ; le prêtre ne parle pas pour lui-même, pour créer peut-être ses propres admirateurs ou son propre parti ; il ne dit pas ses propres choses, ses propres inventions, mais, dans la confusion de toutes les philosophies, le prêtre enseigne au nom du Christ présent, il propose la vérité qui est le Christ lui-même, sa parole, sa façon de vivre et d'aller de l'avant. Ce que le Christ a dit de lui-même s'applique au prêtre : "Ma doctrine n'est pas la mienne" (Jn 7,16) ; c'est-à-dire que le Christ ne se propose pas lui-même, mais, en tant que Fils, il est la voix, la parole du Père. Le prêtre, lui aussi, doit toujours dire et agir ainsi : "Ma doctrine n'est pas la mienne, je ne propage pas mes idées ou ce qui me plaît, mais je suis la bouche et le cœur du Christ et je présente cette unique et commune doctrine, qui a créé l'Église universelle et qui crée la vie éternelle"".

    Pourtant, ces dernières années, le peuple saint de Dieu, comme François aime à l'appeler, manifeste une véritable soif de cette fonction du Pontife lui-même. Les discours du Pape sont de plus en plus politiquement corrects, orientés vers le fait de ne déranger personne mais de ne pas apporter de réponses.

    Si l'on regarde ce documentaire, on s'en aperçoit tout de suite. Sur l'avortement, François est bien sûr ferme sur ses propres positions, mais il prononce les quatre phrases habituelles qui lui ont été remises par un membre du "cercle magique". Il parle de l'assassin et insiste sur le fait que l'enfant est déjà une vie dès sa conception. D'accord, mais dès qu'une jeune fille dit : "Oui, mais j'ai le droit d'avorter parce que le corps m'appartient", le pape ne répond pas. Il n'y a pas de capacité à tenir un discours complexe qui explique à cette jeune fille qu'il faut évaluer quel droit l'emporte sur l'autre en cas de conflit. 

    Il est loin le temps où Benoît XVI, lors des JMJ diocésaines de 2006, répondait clairement aux jeunes qui l'interrogeaient sur les sujets qui lui tenaient à cœur.

    L'amour du cliché

    Les moments où le pape a injustement jeté de la boue sur l'Église et le Vatican n'ont pas manqué. François a même déclaré : "Ils volent tous ici", en parlant de l'État de la Cité du Vatican. Ces déclarations sont graves car elles conduisent à l'acclamation du peuple au détriment de l'Église elle-même. Bien sûr, il y a eu des épisodes et des événements où quelqu'un a profité et volé, mais cela arrive partout. On intervient, on punit, mais on continue à travailler. Généraliser de la sorte est néfaste, nous en avons vu les résultats au cours des dix dernières années. 

    Quand Alessandro Diddi a donné à la presse de fausses informations sur le Palais de Londres, le Saint-Siège a subi un énorme préjudice. Le promoteur de justice a affirmé que la Secrétairerie d'État avait utilisé l'argent de l'obole de Saint-Pierre pour des intérêts personnels. Cela a provoqué un énorme scandale et les personnes de bonne volonté ont cessé de faire des dons. 

    Pourtant, l'objectif de François semble être de créer la confusion, la division et le scandale. Ce qu'il recherche semble être de plus en plus l'acclamation du peuple. Beaucoup de questions, mais peu de réponses, voilà le problème de ce pontificat. 

    Et si quelqu'un, en ces heures, a même appelé ce documentaire une démonstration de ce qu'est le Synode, il est tout à fait clair que ce qu'est le Synode n'est pas clair. Si les gens viennent dans nos églises pour poser des questions, ils le font parce qu'ils veulent des réponses. 

    Dans le documentaire, la discussion sur un sujet se termine toujours parce que quelqu'un est "fatigué" de poursuivre sa thèse. La jeune femme rentrera chez elle convaincue qu'elle est maîtresse de son corps, le pape rentrera chez lui convaincu que le médecin qui pratique l'avortement est un tueur à gages.

    Le pape a cependant une autre tâche, qui est précisément celle à laquelle Benoît XVI a fait référence lors de l'audience générale : "Le Seigneur, mû par la compassion, a interprété la parole de Dieu, il est lui-même la parole de Dieu, et il a ainsi donné une orientation". 

    F.P.

    Silere non possum

  • Briser le code du silence sur le divorce

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    De Joan Frawley Desmond  sur le National Catholic Register :

    Briser le code du silence sur le divorce

    Life-Giving Wounds aide les enfants adultes du divorce et de la séparation à exprimer leur souffrance, à savoir qu'ils ne sont pas seuls et à trouver la guérison dans la Miséricorde divine de Dieu.

    ‘Let the Children of Divorce Come to Me,’ original sacred art by artist Michael Corsini, was commissioned by Life-Giving Wounds ministry for reflection at retreats.
    Let the Children of Divorce Come to Me", œuvre d'art sacrée originale de l'artiste Michael Corsini, a été commandée par le ministère Life-Giving Wounds pour la réflexion lors des retraites. (photo : avec l'aimable autorisation de Life-Giving Wounds)

    15 avril 2023

    MENLO PARK, Californie - Hallie Colorado, psychologue clinicienne, a écrit sa thèse sur l'impact à long terme du divorce sur les enfants. Mais, jusqu'à récemment, cette mère de six enfants n'avait guère réfléchi à l'impact de la rupture de ses parents sur sa propre vie.

    "Mes parents ont divorcé quand j'étais petite, mais je ne pensais pas que cela m'affectait", a déclaré Mme Colorado au Register. 

    Mariée et heureuse dans son nouveau poste de directrice de l'action paroissiale à l'église catholique St. Raymond de Menlo Park, en Californie, Mme Colorado pensait avoir déjoué les pronostics et atteint ses objectifs.

    Mais après avoir accepté, par courtoisie professionnelle, de participer à une retraite pour les enfants adultes du divorce et de la séparation, parrainée par l'apostolat catholique Life-Giving Wounds, elle a été stupéfaite par les émotions qui ont surgi au fur et à mesure que les présentateurs partageaient leurs histoires. 

    "J'ai pleuré des larmes qui remontaient à 30 ans", s'est souvenue Mme Colorado. "C'était la première fois que je me trouvais dans une salle où tout le monde était comme moi, et je n'avais aucune idée de l'ampleur de la colère que je ressentais. 

    La retraite ne s'est pas contentée de confronter ces émotions enfouies.

    "Notre retraite est ancrée dans la miséricorde divine, non seulement en recevant la miséricorde, mais en la vivant de toutes les manières possibles, dont la principale est le pardon", a déclaré Dan Meola, président et cofondateur de Life-Giving Wounds, au Register.

    Chaque retraite de trois jours, qui attire généralement 20 à 30 personnes, est structurée autour des mystères pascals et encourage les participants à "découvrir les blessures" et à "mourir à soi-même", en prenant conscience de la manière dont leurs choix et leurs relations ont été façonnés par les traumatismes de l'enfance, a-t-il expliqué. 

    Ensuite, ils sont invités à inviter le Christ dans leurs blessures - "un moment de résurrection". 

    Enfin, ils commencent à marcher avec le Christ, à aller de l'avant dans une plus grande vertu, à se renouveler et à suivre le Seigneur d'une manière plus profonde.

    "Nous donnons aux gens un plan d'action qui comprend un plan de vie pour développer la vertu", a déclaré M. Meola. 

    Des aumôniers et des thérapeutes qui sont également des enfants de divorcés et qui ont participé aux retraites précédentes sont sur place. 

    Après la retraite, les anciens participants s'adressent à des groupes de soutien locaux et à une communauté en ligne qui les aident à cultiver des amitiés avec d'autres personnes confrontées à des problèmes similaires, ainsi qu'à des ressources pour un accompagnement spirituel et une aide psychologique continus. 

    "On ne peut pas guérir seul", a déclaré Mme Meola. "Si vous êtes marié, vous devez vous appuyer sur votre conjoint. Nous offrons de nombreuses possibilités de soutien.

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  • "Affaire Orlandi"; le pape défend la mémoire de Jean-Paul II

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    De Vatican News :

    Le Pape défend saint Jean-Paul II, "objet de conclusions offensantes et infondées"

    Après le Regina caeli, François a évoqué son prédécesseur en se disant «certain d'interpréter les sentiments des fidèles du monde entier» et en adressant «une pensée reconnaissante» à sa mémoire. Le nom du pape polonais est réapparu cette semaine au cours d’un nouvel épisode de l’affaire Orlandi, nom d’une adolescente, fille d’un employé du Vatican, disparue il y a quarante ans.

    Après la récitation du Regina caeli, le Pape François a pris la défense de son prédécesseur saint Jean-Paul II, dont la figure a été ces derniers jours au centre d'accusations calomnieuses liées à l'affaire Orlandi, formulées sur la base de «rumeurs» anonymes, sans témoignages ni indices. Des accusations que le Souverain pontife a qualifiées de «conclusions offensantes et infondées».

    Après avoir salué les groupes de la Divine Miséricorde présents sur la place Saint-Pierre ce dimanche 16 avril, François a ajouté: «Certain d'interpréter les sentiments des fidèles du monde entier, j'adresse une pensée reconnaissante à la mémoire de saint Jean-Paul II, objet ces jours derniers de conclusions offensantes et infondées».

    Allégations sans preuves du frère de la victime

    Pour comprendre cette prise de parole du Pape ce dimanche, il faut revenir sur les événements de cette semaine liés à l’affaire Orlandi, du nom d’Emanuela Orlandi, une jeune fille de quinze ans, disparue le 22 juin 1983. Une affaire qui fit grand bruit il y a quarante ans, Emanuela étant la fille d’un employé du Vatican et possédant la citoyenneté vaticane. Jean-Paul II s’était adressé à l’époque directement aux ravisseurs lors d’un Angélus, demandant sa libération. Depuis, cette affaire non-élucidée défraye régulièrement la chronique en Italie, les rumeurs et les hypothèses se multipliant. En janvier dernier, la justice du Vatican avait annoncé la réouverture de l’enquête, le Pape François et le secrétaire d’État du Saint-Siège ayant expressément demandé de chercher la vérité sur ce qu’il s’est passé.

    Mardi 11 avril, Pietro Orlandi, le frère d’Emanuela, s’est rendu auprès du promoteur de justice du Vatican pour lui exposer longuement de nouveaux éléments dont il aurait été en possession. Le soir même, dans une émission télévisée italienne, Pietro Orlandi, accompagné de son avocate Laura Sgrò, a affirmé que Jean-Paul II «sortait le soir avec deux de ses amis monsignori polonais» et «n’allait certainement pas bénir les maisons», mais abuser de jeunes filles. Des allégations qui corroboreraient un enregistrement audio d’un ancien membre d’un groupe criminel romain bien connu à l’époque, la bande de la Magliana. La disparition de la jeune fille serait ainsi liée, selon cette dernière version, à Jean-Paul II.

    Ce samedi 15 avril, l’avocate Laura Sgrò a rencontré brièvement au Vatican le promoteur de justice Alessandro Diddi, en qualité de témoin pour s’expliquer sur les sources de ces allégations concernant Jean-Paul II. L’avocate, qui avait demandé publiquement de rencontrer les enquêteurs du Vatican dès le mois de janvier, a finalement choisi d’opposer le secret professionnel et a ainsi refusé de dire d’où provenaient ces «voix» sur les soi-disant habitudes du pape polonais, signifiant ainsi son refus de collaborer à l’enquête et de faire la lumière sur ces accusations dénoncées ce dimanche donc par le Pape François.

    Lire également : Pourquoi ils veulent abattre Jean-Paul II

  • Le roi Albert II et la reine Paola ont été reçus en audience privée par le pape

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    De Nicolas Fontaine sur le site "Histoires Royales" :

    Le roi Albert II et la reine Paola reçus au Vatican par le pape François : là où tout a commencé il y a six décennies

    En novembre 1958, le roi Baudouin envoyait son frère cadet, le prince Albert, prince de Liège, pour le représenter lors de la cérémonie d’intronisation du pape Jean XXIII au Vatican. Le prince Albert croise le regard de la princesse Paola Ruffo di Calabria, devant une peinture d’un primitif flamand accroché au mur de la résidence de l’ambassadeur de Belgique à Rome, où se tenait une réception officielle, en marge de l’intronisation du nouveau pape. Albert et Paola se marieront en juillet 1959.

    Sa Sainteté accueille les anciens souverains belges dans son bureau, quelques jours après Pâques (Photo : capture d’écran vidéo Vatican News)

    En 1993, Albert II a succédé à son frère, Baudouin, décédé sans enfants. Le roi Albert II a régné sur la Belgique durant les dernières décennies du pontificat de Jean-Paul II, puis durant celui de Benoît XVI, dont il se rapprochera avec son épouse. Le 28 février 2013, Benoît XVI annonce sa renonciation, une première en 700 ans de papauté. Le roi Albert II annonce lui aussi sa volonté d’abdiquer en juin 2013. L’abdication en faveur de son fils aîné, Philippe, a lieu le jour de la fête nationale, le 21 juillet 2013.

    Cette année 2013 fut aussi celle de l’abdication de Beatrix des Pays-Bas et de l’émir Hamad du Qatar. Le roi Albert II avait assisté à l’investiture du pape François, peu de temps avant son abdication. Ni Albert ni Paola n’ont assisté aux funérailles du pape Benoît XVI en janvier 2023. Le roi Philippe et la reine Mathilde faisaient partie des rares souverains à avoir assisté aux funérailles, aux côtés de la reine émérite Sofia d’Espagne.

    Le pape François a été élu en 2013, année de l’abdication d’Albert II

    Depuis son départ à la retraite, le roi Albert II vit une retraite paisible avec son épouse, toujours réunis par la foi qui les anime. Ils habitent d’ailleurs dans un ancien presbytère qu’ils ont rénové, dans la campagne namuroise. Pendant les périodes de vacances, ils se rendent aussi en Italie, notamment dans la région romaine, où Paola possède un appartement familial. De passage à Rome en cette période pascale, les anciens souverains ont été invités à rencontrer le pape au Palais apostolique.

    Le service de presse du Vatican a partagé une vidéo du pape François accueillant dans son bureau le roi Albert II et la reine Paola. Ils ont échangé en italien, prenant des nouvelles de santé des uns et des autres. Le pape François, 86 ans, a récemment sorti de l’hôpital où il a été pris en charge pour des problèmes respiratoires. La reine Paola, 85 ans, a enchaîné les mauvaises chutes ces derniers mois, dont l’une ayant terminé avec une fracture du col de l’humérus et une autre sans gravité en octobre 2022.

    Après les échanges derrière le bureau du pape argentin, le couple royal a échangé quelques cadeaux. Albert et Paola ont reçu une copie du message de paix prononcé par le Saint-Père à l’occasion de Pâques. La reine Paola portait une robe noire à longues manches, comme l’exige le protocole du Saint-Siège. Les anciens souverains

    Le roi Albert II, qui fêtera ses 89 ans en juin prochain, a lui aussi connu plusieurs problèmes de santé depuis qu’il a passé le flambeau au roi Philippe. Le roi Albert II est aujourd’hui le souverain ou l’ancien souverain le plus âgé du continent européen depuis le décès de la reine Elizabeth II en septembre 2022. Le souverain le plus âgé encore en exercice est le roi Harald V de Norvège, qui a fêté ses 86 ans février dernier.

    NICOLAS FONTAINE EST RÉDACTEUR WEB INDÉPENDANT DEPUIS 2014. APRÈS AVOIR ÉTÉ COPYWRITER ET AUTEUR POUR DE NOMBREUSES MARQUES ET MÉDIAS BELGES ET FRANÇAIS, IL S'EST SPÉCIALISÉ DANS L'ACTUALITÉ DES ROYAUTÉS. NICOLAS EST AUJOURD'HUI RÉDACTEUR EN CHEF D'HISTOIRES ROYALES. NICOLAS@HISTOIRESROYALES.FR

  • "Depuis Vatican II, la messe a changé de signification" (cardinal Roche)

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    Du site "Paix liturgique" (lettre 930 du 11 avril 2023) :

    LE CARDINAL ROCHE PERSISTE ET SIGNE :
    DEPUIS VATICAN II, " LA MESSE A CHANGE DE SIGNIFICATION"

    On serait tenté de ne pas donner aux propos du cardinal Roche, dont la théologie est assez approximative et la connaissance du sujet dont il parle hasardeuse, une grande importance. Mais le cardinal Roche est Préfet du Dicastère pour la Culte divin. On dit même qu’il est papabile !

    Il a donc un thème de prédilection, qui n’a rien de très neuf : la nouvelle messe est beaucoup plus participative que l’ancienne, ce qui change tout.

    Dans une conférence de 2020, que nous avons publié dans notre Lettre 926 publiée le 13 mars 2023, il disait : « L’Ordo Missæ réformé par saint Paul VI reflète une vision de l’Église en prière si bien décrite dans Sacrosanctum Concilium n. 48 : " Aussi l’Église se soucie-t-elle d’obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent de façon consciente, pieuse et active à l’action sacrée, soient formés par la Parole de Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu ; qu’offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi en union avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes et, de jour en jour, soient consommés, par la médiation du Christ, dans l’unité avec Dieu et entre eux pour que, finalement, Dieu soit tout en tous". 

    Et voici que dans une récente émission de la BBC sur la messe traditionnelle, il est interrogé et se lâche plus fortement : « Vous savez, la théologie de l’Église a changé. Alors qu’auparavant le prêtre représentait, à distance, toutes les personnes – celles-ci étaient pour ainsi dire canalisées par cette personne qui était la seule à célébrer la messe – ce n’est pas seulement le prêtre qui célèbre la liturgie, mais aussi ceux qui sont baptisés avec lui. Il s’agit là d’une affirmation très forte. »

    C’était au cours de « Sunday », l’émission religieuse de la chaîne de radio britannique nationale, BBC 4, du dimanche 12 mars, qui comprenait un sujet de 7 minutes sur la « messe en latin ». La journaliste Orla O’Brien interrogeait plusieurs amoureux de la messe traditionnelle – celle qui « remonte à 1962 », ça ne s’invente pas – pour prendre la température alors que Rome impose des restrictions qui ont déjà conduit au Royaume-Uni a plusieurs suppressions dans les diocèses. Parmi les témoignages tout à fait intéressants des personnes attachées à la messe traditionnelle est celui du P. Michael Hall, délégué épiscopal pour la « messe en latin » dans le diocèse de Leeds (l’ancien diocèse du cardinal Arthur Roche).

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  • Le dimanche de la Divine Miséricorde

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    Nous lisons sur Evangile au quotidien :

    Deuxième dimanche de Pâques
    Dimanche de la Divine Miséricorde - Dimanche de saint Thomas

              Au terme de l'octave pascale - toute la semaine n'est considérée que comme un seul jour célébrant « la fête des fêtes » (saint Augustin) -, le deuxième dimanche de Pâques inaugure l'octave de dimanches qui mène jusqu'à la Pentecôte, comme aussi un jour unique de fête, un « grand dimanche » (saint Athanase) d'allégresse, manifestée par la flamme du cierge pascal qui brûle près de l'ambon.

            Ce dimanche a porté de nombreux noms :

    • ce fut le dimanche in albis (« en blanc ») car, ce jour-là, les baptisés de Pâques revêtent pour la dernière fois le vêtement blanc de leur naissance nouvelle.
    • Ce fut le dimanche de Quasimodo, du premier mot latin de l'antienne d'ouverture de la messe : « Comme des enfants nouveau-nés ont soif du lait qui les nourrit, soyez avides du lait pur de la Parole, afin qu'il vous fasse grandir pour le salut, alléluia ! »
    • Et, depuis le 30 avril 2000, le pape Jean-Paul II a demandé qu'il soit fêté comme le « dimanche de la Divine Miséricorde », selon la demande faite par le Christ à sœur Faustine Kowalska, canonisée ce jour-là : « Je désire qu'il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques, ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde » (1931).

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  • Imbroglio « Les deux salles de presse du Pape : celle du Saint-Siège et l'autre de Santa Marta »

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    Lu ce samedi 15 avril 2023 sur le site web « il sismografo »

    papamobile.jpg« Les communications du Vatican, celles que le pape François gère personnellement, sont désormais une réalité très liquide et indéchiffrable. Cependant, il est certain qu'elles créent une grande confusion et désorientation.

    (LB, RC - édité par l'équipe éditoriale "Il seismografo") Vous n'avez rien à prouver. Les faits parlent d'eux-mêmes ainsi que certains protagonistes. Il est maintenant établi que dans le pontificat de François, dès le début, en mars 2013, il y a eu deux salles de presse. Une née dans les années 60 du siècle dernier, anticipée par un bureau d'information de l'Osservatore Romano (créé le 20 février 1939) et dans ce cas, nous parlons du bureau de presse du Saint-Siège qui a eu 8 directeurs, dont le l'actuel, Matteo Bruni. 

    Les Décennies de Vie du Bureau de Presse du Saint-Siège

    Cette liste comprend des personnalités de grand prestige telles que le premier directeur, Angelo Fausto Vallainc, Federico Alessandrini, Romeo Panciroli, Joaquín Navarro-Valls et Federico Lombardi. Aujourd'hui, après la Constitution " Praedicate Evangelium» (19 mars 2022), évidemment ce Bureau de Presse fait partie du Dicastère pour la Communication, mais en même temps il relève directement du Secrétaire d'État, en particulier du Substitut Mgr. Edgardo Peña Parra qui communique normalement avec le directeur par l'intermédiaire de l'UID (Bureau d'information et de documentation) qui opère à quelques mètres du bureau de l'archevêque vénézuélien Peña Parra, sous la supervision du conseiller aux affaires générales de la secrétairerie d'État , mgr. Roberto Campisi, en poste depuis le 26 novembre 2022.
    Le Bureau de Presse du Saint-Siège est le moyen de communication du Saint-Siège avec l'opinion publique de manière officielle, formelle et institutionnelle. Son directeur est le responsable opérationnel et exécutif et non le porte-parole du pape, terme couramment utilisé mais erroné. Le Service de presse et son directeur, chef d' équipe , n'opèrent qu'avec l'autorisation préalable de la haute direction. Au cours de ces dix années de pontificat de François, il y a eu quatre Directeurs : le Père Federico Lombardi et trois laïcs, Greg Burke, Alessandro Gisotti et Matteo Bruni.

    Le bureau de presse de Santa Marta

    Dans la même période, les informations vaticanes, notamment celles concernant la personne du Pape, des moments ou des passages de son magistère et les affaires de son gouvernement, ne passaient pas par les mécanismes classiques et éprouvés du Bureau de Presse du Saint-Siège. Dès le début, le Pontife argentin a choisi une méthode alternative ou complémentaire en créant, cultivant et renforçant - de manière toujours croissante - une sorte de bureau de presse de Santa Marta, qu'il dirige personnellement.
    Cela ne s'était jamais produit avec les papes précédents mais déjà dans les premiers mois du pontificat de Bergoglio, lorsque le bureau de presse était dirigé par le jésuite Federico Lombardi, des signes étaient apparus à plusieurs reprises que certains passages étaient en cours d'élaboration et de réalisation à Santa Marta avec la presse Bureau du Saint-Siège laissé à l'écart. 

    Les multiples situations médiatiques singulières

    Dix ans plus tard, la liste de ces circonstances singulières est assez longue.
    À de nombreuses reprises, il y a eu des divergences évidentes, des contradictions importantes et surtout des silences assourdissants imposés par Santa Marta entre le Bureau de Presse du Saint-Siège et le Bureau de Presse de Santa Marta. Dans ce difficile mécanisme actuel, presque impossible à décrypter, le Pape François a tissé un réseau d'amitiés journalistiques, d'éditeurs et d'opérateurs prêts à prêter main forte aux besoins médiatiques du Pontife qui repose une grande partie de sa gouvernance sur l'amitié et la bienveillance de ce réseau dit « bergoglio friendly press ». 

    Dans cette réalité, une douzaine de journalistes de nationalités et de journaux différents se distinguent, qui ont consolidé une relation personnelle avec le Saint-Père, qu'ils entendent par téléphone ou rencontrent périodiquement en personne. Des relations similaires ont également été établies entre d'autres journalistes et collaborateurs proches du Saint-Père, et c'est une autre manière par laquelle fonctionne le bureau de presse de Santa Marta. Certains de ces professionnels sont invités à mener des entretiens dans les délais préétablis ou à transmettre ou transmettre de manière informelle de prétendues pensées, décisions ou positions prises par le Saint-Père, qui sont en contradiction avec les communications institutionnelles officielles.

    Communication liquide 

    Deux cas sensationnels non récents sont mentionnés.

    1- Après la publication du Répons du Dicastère pour la Doctrine de la Foi qui interdit la bénédiction des couples de même sexe (publié le 15 mars 2021), afin de défendre le Pontife des critiques soulevées par le document, certains Des journaux européens et américains sont venus écrire que le pape n'avait pas vu le document avec aisance puisqu'il lui avait été remis presque sur les marches de l'avion peu avant de s'envoler pour l'Irak (6 - 8 mars 2021). 

    2- Après la publication surprise de la Constitution "Praedicate Evangelium", dans le document mis en ligne sur le net, il y a eu de nombreuses erreurs, fautes de frappe, phrases échangées entre traducteurs, incohérences dans la numérotation, etc. L'un de ces amis journalistes est allé jusqu'à écrire dans un hebdomadaire que le Pontife avait été contraint de publier à la hâte le document, avec de nombreuses imperfections, car il craignait que des secteurs du Secrétariat d'État n'en bloquent la diffusion.
    Maintenant, sur le conflit entre ces deux bureaux de presse, on peut se demander : quelle est la vérité dans le cas de la récente hospitalisation du Saint-Père ? S'agissait-il vraiment de "contrôles planifiés", comme indiqué dans les deux premiers communiqués institutionnels, ou était-ce la vérité que le Pontife lui-même a dit à son ami Michele Ferri de Pesaro quelques jours plus tard : "Je suis arrivé à l'hôpital inconscient" ? il est clair que les communications du Vatican - même ceux personnellement guidés par le pape François - sont maintenant une réalité complexe et très liquide et donc la frontière entre le bureau de presse du Saint-Siège et le bureau de presse de Santa Marta est mobile, comme une barrière qui se déplace selon les besoins Il n'y a évidemment rien de censurable dans tout cela : le pape est le souverain.
    L'important pour tous, croyants ou non, est de savoir et de garder à l'esprit qu'il existe deux canaux différents et parallèles dans les communications vaticanes. »

  • François, pape à vie. Mais sans un successeur « à lui »

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (traduction de Diakonos.be) :

    François, pape à vie. Mais sans un successeur « à lui »

    « Je suis encore vivant », ce sont ses propres mots. Après son dernier séjour à l’hôpital, Jorge Mario Bergoglio fait tout pour décourager ceux qui tablent sur une sortie de piste imminente de sa part. Mais ce qui est en train de se passer au crépuscule de ce pontificat ne laisse pas présager une succession qui aille dans son sens, au contraire.

    Un mois avant Pâques, François a introduit cinq nouveaux cardinaux dans le conseil des neuf qui devraient l’aider à gouverner l’Église universelle. Tous plus ou moins proches de lui, avec en tête le cardinal et jésuite Jean-Claude Hollerich, qu’il a également parachuté à la tête du synode mondial au moyen lequel il voudrait changer la structure de l’Église catholique, de hiérarchique à un régime d’assemblée.

    Militant activement pour un changement de paradigme dans la doctrine catholique de la sexualité, Hollerich est effectivement le cardinal favori de Bergoglio, et beaucoup voient en lui le successeur qu’il souhaiterait avoir. Mais c’est également le cardinal qui concentre toutes les critiques, à l’instar de l’américain Robert McElroy, lui aussi très aimé par François. L’un et l’autre ont été publiquement taxés d’« hérétiques », justement à cause de leurs thèses doctrinales hasardeuses, et pas par un professeur de théologie isolé mais bien par d’autres cardinaux de premier plan : hier l’australien George Pell et aujourd’hui l’allemand Gerhard Müller, l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    Aux États-Unis, l’évêque de Springfield, Thomas J. Paprocki, éminent canoniste et président de la Commission de la Conférence épiscopale sur le gouvernement de l’Église, a même expliqué par écrit, dans la prestigieuse revue « First Things », qu’un cardinal « hérétique » est également automatiquement excommunié et qu’il devrait donc être démis de ses fonctions par « l’autorité compétente », qui dans ce cas est le Pape. Mais ce dernier ne fait rien, avec pour conséquence paradoxale qu’un « cardinal excommunié pour hérésie pourrait également voter au conclave ».

    Ce conflit a été encore davantage attisé par la décision des évêques d’Allemagne et de Belgique d’approuver et de pratiquer la bénédiction des couples homosexuels, interdite par le Dicastère pour la Doctrine de la foi, mais que le Pape a ensuite laissé faire malgré qu’il en ait initialement signé l’interdiction. Avec pour résultat que le camp progressiste lui-même se déchire, sur cette question et sur bien d’autres, avec d’un côté Hollerich et McElroy et de l’autres Walter Kasper, adversaire historique de Joseph Ratzinger en théologie, et Arthur Roche, Préfet du Dicastère pour le culte divin et ennemi implacable de l’ancienne messe en latin, tous deux toujours plus critiques des excès des novateurs, parce que « on ne peut pas réinventer l’Église » au risque de « tomber dans un schisme ».

    Certes, sur le plan de la communication, les novateurs occupent le devant de la scène. Ils récitent une leçon rédigée pour eux depuis l’extérieur par le « politiquement correct » séculier, qui le leur rend bien. Mais ensuite quand, au sein de l’Église, on va au fond des choses, on découvre que les novateurs sont loin d’être majoritaires, même en Europe.

    Fin mars, l’élection du nouveau président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne en a surpris plus d’un. Le président sortant était le cardinal Hollerich, avec en lice pour lui succéder Antoine Hérouard, l’archevêque de Dijon, l’homme de confiance du Pape, qui l’avait déjà utilisé pour inspecter et mettre sous tutelle un diocèse d’orientation traditionnaliste, celui de Fréjus-Toulon, ainsi que le sanctuaire marial de Lourdes.

    Et c’est pourtant l’italien Mariano Crociata, qui a été élu, l’évêque de Latina, mis au placard par le Pape François depuis le début de son pontificat pour le punir de la manière dont il avait joué son précédent rôle de secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, jugée par le Pape comme trop sourde à ses attentes. Une véritable claque qui n’a pas fini de faire parler d’elle, vu comment, au cours de l’audience qu’il a accordée à la Commission après le vote, François s’est montré glacial avec le nouvel élu Crociata et au contraire chaleureux pour manifester sa « reconnaissance » à tout ce qu’avait fait son prédécesseur Hollerich qui « ne s’arrête jamais, jamais ! ».

    Le vote des évêques d’Europe de l’Est aura certainement pesé en faveur de Crociata. Mais le rôle des évêques de Scandinavie a été tout aussi déterminant, eux qui avaient adressé une lettre à leurs fidèles sur la question de la sexualité, diffusée le cinquième dimanche de Carême, et qui a eu un grand écho dans le monde entier par la nouveauté de son langage et la solidité de son contenu, parfaitement en ligne avec l’anthropologie biblique et avec la doctrine catholique qui en dérive, et donc opposée aux thèses d’Hollerich et consorts. Dans sa recension pour le quotidien laïc « Domani », Giovanni Maria Vian, ex-directeur de « L’Osservatore Romano » et professeur de littérature chrétienne antique, a reconnu dans cette lettre de la petite catholicité scandinave le fruit bénéfique « de ces minorités créatives présentes dans nos sociétés sécularisées, comme l’avait déjà prédit il y a plus d’un siècle le jeune Joseph Ratzinger ».

    Autrement dit, rien ne laisse présager que le successeur de François puisse être un Hollerich ou un autre personnage du cercle papal. Le cardinal sino-philippin Luis Antonio Gokim Tagle, plusieurs fois cité comme papable, est depuis longtemps hors-jeu, tombé en disgrâce aux yeux de Bergoglio lui-même.

    Mais ce sont surtout les « processus » confus mis en branle par le pontife actuel, avec l’actuel désordre doctrinal et pratique croissant qui en découle qui mine l’élection d’un successeur susceptible de poursuivre la même route.

    L’échec de la réforme de la Curie, qui éclate au grand jour avec le procès sur les malversations de Londres, rendent chaque jour plus évident que le pape savait tout et approuvait tout, et l’accumulation des revers en politique internationale, de la Russie au Nicaragua en passant par la Chine – qui a même imposé ces derniers jours « son » évêque de Shanghai sans même consulter Rome, au mépris de cet accord tant vanté -, participent également à ce désordre, inexorablement destiné à produire, lorsqu’on arrivera au changement de pontificat, la volonté de marquer un tournant décisif, dans le chef d’une grande partie du collège des cardinaux, y compris dans les rangs de ceux qui ont été nommés par François.

    Sans parler du malaise et des critiques suscité par les coups dans l’eau dans la lutte contre le fléau des abus sexuels : du cas du jésuite Marko Ivan Rupnik, toujours protégé par le pape en dépit de l’extrême gravité des faits qui ont été démontrés, à celui de la démission d’un autre jésuite, Hans Zollner, de la commission pour la prévention des abus, pour manifester son mécontentement de la manière dont elle fonctionnait, alors qu’il était la cheville ouvrière de cette commission voulue et créée par François.

    Au beau milieu de toute cette confusion, une candidature se détachait bien de la liste des successeurs potentiels, celle du cardinal Matteo Zuppi, archevêque de Bologne et président de la Conférence épiscopale italienne.

    On voyait en lui l’homme capable de poursuivre le chemin commencé par François de manière plus amicale et ordonnée, moins monocratique et sans l’alternance permanente d’ouvertures et de fermetures qui caractérise le pontificat actuel. Pour le soutenir dans la route qui mène au conclave, Zuppi peut compter sur le formidable lobby de la Communauté Sant’Egidio, dont il est un membre historique. Aussi bien la Communauté que lui-même ont toujours évité avec soin de prendre clairement position sur les questions controversées telles que l’homosexualité, le clergé marié, les femmes-prêtres, la démocratie dans l’Église, la guerre en Ukraine, ce qui a eu pour effet de leur valoir un certain consensus parmi les cardinaux plus modérés. Le fondateur et chef incontesté de la Communauté, Andrea Riccardi, historien de l’Église, va même jusqu’à se garder de poser des jugements entièrement positifs sur le pontificat et sur la personne du pape Bergoglio.

    Cependant, ces derniers jours, la loquacité de Zuppi – à l’occasion d’un déluge d’interviews à l’imitation de François qui est encore plus loquace que lui – n’a fait que rendre plus évidente l’ambigüité sur laquelle il navigue. Certains l’ont même comparé à Zelig, le personnage caméléonesque inventé par Woody Allen, applaudi par tous sans jamais déranger personne. Trop peu pour lier et pour délier, sur la terre comme au ciel.