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Eglise - Page 467

  • La Solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l'Univers

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    De John Grondelski  sur le National Catholic Register :

    Solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l'Univers

    ÉCRITURES ET ART : Le temps est la seule chose que Dieu a rationnée, pourtant, même dans ces derniers moments entre la vie et la mort, on peut toujours se tourner vers Dieu.

    Titian, “Christ and the Good Thief,” ca. 1566
    Titien, "Le Christ et le bon larron", vers 1566 (photo : Domaine public)

    19 novembre 2022

    Avec ce dimanche, l'année liturgique touche à sa fin. Dimanche dernier et dimanche prochain nous rappelleront la fin du monde.

    Le dernier dimanche ordinaire du Temps ordinaire nous le rappelle, car c'est là que s'achève l'histoire humaine. Le premier dimanche de l'Avent nous le rappelle, car nous ne regardons pas en arrière vers la venue de Jésus à Bethléem, mais en avant vers sa seconde venue dans la gloire.

    Entre ces deux charnières, nous regardons vers l'origine, la cause et le but de l'histoire humaine : Jésus-Christ, Roi de l'Univers.

    L'Évangile d'aujourd'hui nous ramène au moment central de la vie de ce roi : sa passion, sa mort et sa résurrection. Il évoque en particulier sa rencontre avec le bon larron.

    Le regretté Ján Chryzostom Korec, archevêque de Nitra, en Slovaquie, a écrit dans sa méditation sur le Bon larron que Jésus était exactement là où il voulait être sur cette croix.

    En crucifiant Jésus, l'establishment juif de Jérusalem à l'époque de Jésus voulait marquer un point. Mourir sur un arbre" était considéré comme une mort maudite (voir Deutéronome 21:22-23). Pendre Jésus à une croix n'était pas seulement le moyen disponible pour la peine capitale. C'était le moyen pour les ennemis de Jésus de s'assurer que sa réputation parmi ses disciples potentiels serait à jamais ternie.

    Ils l'ont donc pendu à un arbre. Et, pour bien montrer qu'il était un malfaiteur, deux autres criminels ont été pendus avec lui.

    Mais Jésus a passé sa vie parmi les pécheurs. Il a été attaqué par ses ennemis pour avoir mangé "avec des collecteurs d'impôts et des pécheurs" (Matthieu 9:11). Il n'était donc pas surprenant qu'il finisse sa vie avec eux aussi.

    Voici comment Korec résume la situation :

    ... le Père permet que le Fils ne meure pas dans une solitude majestueuse, mais aux côtés des malfaiteurs. Jésus a vécu parmi les gens ; il a vécu parmi les pécheurs et il est mort parmi les pécheurs. Lui, l'ami des pécheurs, reste leur ami jusqu'au bout. Il meurt comme eux et il meurt avec deux d'entre eux. Nous savons que ce n'était pas en vain - Il a sauvé l'un d'entre eux au dernier moment. Et il l'a sauvé pour l'éternité (c'est nous qui soulignons, extrait de Rok nad evanjeliom).

    Jésus s'est fait homme "pour nous les hommes et pour notre salut". Il est donc approprié que nous reconnaissions sa royauté au moment où, presque dans son dernier souffle, il apporte encore au Père un homme désireux de se tourner vers Dieu. Quelques instants avant de mourir, Jésus élargit encore son royaume en accueillant un citoyen de plus.

    Ceux qui l'ont crucifié ont fait du titre de "Roi des Juifs" un objet de dérision. Ses accusateurs l'ont utilisé comme un faux drapeau pour manipuler les Romains afin qu'ils le crucifient. Les soldats qui l'ont crucifié "se moquaient de lui ... 'si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même!'"

    Le mal conduit les hommes sur des chemins bizarres et autodestructeurs. Les soldats romains et les "dirigeants [qui] se moquaient de Jésus" pouvaient se permettre de le ridiculiser. Ils s'attendaient à être en vie le lendemain, ce qui n'est pas ce qu'ils attendaient de Jésus.

    Mais Jésus a été ridiculisé même par l'un de ceux qui étaient condamnés avec lui. "Un des criminels qui étaient pendus là a injurié Jésus." Cet homme n'avait rien à gagner à cracher sur Jésus. Comme Jésus, il serait bientôt mort. Mais le désespoir et la malice du mal sont tels que même ce voleur - que l'histoire a nommé Gestas - se joint à l'attaque contre son compagnon condamné.

    Gestas n'a même pas le sens de la justice de ce qui lui est arrivé. Il faut que l'autre voleur - que l'histoire a nommé Dismas - lui rappelle : "Nous avons été condamnés à juste titre, car la peine que nous avons reçue correspond à nos crimes." Dismas est clairement en train de réfléchir à sa vie qui s'achève et de reconnaître ce qui était bien et ce qui était mal dans celle-ci. Gestas n'examinera ce qui l'a amené à cet endroit que lorsqu'il sera trop tard : le temps du repentir n'est pas après la mort.

    Dismas reconnaît la justice de sa sentence et l'injustice de celle de Jésus. "Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume."

    "Aujourd'hui, tu seras avec moi au Paradis."

    Celui du Christ est - comme nous le rappelle la préface de cette solennité - " un royaume de vérité et de vie, un royaume de sainteté et de grâce, un royaume de justice, d'amour et de paix ". Dans la mesure où Dismas était prêt à adhérer à ce Royaume, dans cette mesure, il est entré dans l'éternité en paix. Je suis sûr que sa prière était comme celle du poète polonais Roman Brandstaetter, une prière que nous devrions tous faire nôtre :

    Car je veux, ô Dieu, malgré tous mes doutes et mes tentations, Qu'à l'heure de ma mort, quand personne ne sera entre moi et Toi, Me reposer dans Ton regard Sous l'arc de Tes sourcils... ("La Tentation dans le désert").
    Car c'est là que se trouve le Royaume des Cieux.

    L'Évangile d'aujourd'hui est illustré par le grand peintre vénitien du XVIe siècle, Titien (vers 1488-1576). Le tableau "Le Christ et le bon larron" a été peint vers 1566 et est conservé par le Musée national de Bologne, en Italie.

    Le tableau est centré sur les deux personnages clés de l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus et le bon larron. Jésus incline la tête sur sa droite pour écouter Dismas. Dismas, par la parole et le geste, fait sa dernière demande pour une place dans le Royaume de Jésus.

    Elizabeth Lev a décrit ce tableau comme une scène de confessionnal. Le bon larron admet son mal et demande une place auprès du Christ. Jésus l'écoute et la lui promet. Cette ambiance de confession est renforcée par l'omission de Gestas et l'élévation des deux personnages dramatiques au-dessus des lances romaines qui s'agitent en dessous.

    Certains pourraient s'interroger sur la représentation de Dismas, en particulier sur la liberté relative de ses bras. La crucifixion consistait à attacher la victime à la croix par clouage, ligature ou les deux. Le clouage était plus douloureux mais accélérait la mort. La ligature prolongeait le châtiment mais était moins douloureuse. Le clouage puis le ligotage pouvaient intensifier et prolonger le châtiment. Comment cela ? La crucifixion a déplacé le centre de gravité du corps vers la région de la poitrine, qui n'est pas conçue pour fonctionner normalement - notamment pour respirer - tout en supportant le poids d'un corps. C'est pourquoi de nombreux spécialistes pensent qu'une personne crucifiée devait se soulever pour mieux respirer... se soulever sur des membres cloués. En attachant un prisonnier, les cordes aidaient à supporter le poids du corps et donc à prolonger la torture. Dismas est clairement attaché.

    Titien est considéré comme l'un des plus grands peintres vénitiens de la Renaissance. Lorsqu'il a peint "Le Christ et le bon larron", dix ans avant sa mort, il était passé des couleurs vives qui caractérisaient ses premières œuvres à une palette plus subtile. C'est ce que l'on constate dans ce tableau, où la mort qui s'approche est visible dans le fond brunâtre, qui se fond dans le bois des croix et les corps semi-bronzés des deux mourants, chacun quelque peu illuminé, celui du Christ encore plus. Suivant les conventions de la Renaissance sur la physicalité, les deux hommes sont musclés et anatomiquement exacts.

    Le temps est la seule chose que Dieu a rationnée, mais même dans ces derniers instants entre la vie et la mort, on peut encore se tourner vers Dieu. Sans présumer de sa miséricorde, rappelons-le nous toujours.

    John M. Grondelski (Ph.D., Fordham) est l'ancien doyen associé de l'école de théologie de la Seton Hall University, South Orange, New Jersey. Il s'intéresse particulièrement à la théologie morale et à la pensée de Jean-Paul II.

  • L'absence remarquée du pape lors de la rencontre entre les évêques allemands et la Curie

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    De Nico Spuntoni sur la Nuova Bussola Quotidiana (traduction française de "Benoît et moi" :

    Rencontre des évêques allemands avec les chefs de dicastères - le 18 novembre 2022

    Évêques allemands : le pape déserte la rencontre avec la Curie.

    19 novembre 2022

    La rencontre entre la Conférence épiscopale allemande et les chefs de dicastères pour discuter du parcours synodal controversé et radical en Allemagne n’a pas dû être facile. Le vrai mystère est l’absence du Pape, mais la familiarité dont il a fait preuve avec le Cardinal Marx jeudi dernier n’a pas échappé à l’attention.

    La visite ad limina tant attendue des évêques allemands se termine par un suspense [giallo]. Hier, en effet, les 67 membres de la conférence épiscopale allemande étaient censés voir une dernière fois les chefs de la Curie et le pape. Selon les prévisions, le sujet de cette dernière réunion avant la conférence de presse finale fixée ce matin au Palazzo Cesi aurait dû être précisément l’ordre du jour du Chemin synodal qui éloigne de Rome la majorité de l’épiscopat allemand.

    Et au contraire, François ne s’est pas présenté à l’Institut Patristique Augustinianum. Ainsi, seuls les cardinaux Pietro Parolin, Luis Francisco Ladaria Ferrer et Marc Ouellet, qui, en tant que Secrétaire d’État, Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et Préfet du Dicastère pour les Évêques, sont les plus concernés par les implications que le processus du Synode allemand pourrait avoir pour l’Église universelle, se sont assis derrière la chaise de l’Auditorium.

    Dans le communiqué commun, il n’y a aucune explication – officielle ou officieuse – sur la non-participation, qui était considérée comme une évidence dans les jours et les heures qui ont précédé. L’absence surprise du Pape lors du rendez-vous consacré au controversé Synodaler Weg est-elle un signal précis à l’épiscopat allemand ou doit-elle être mise sur le compte d’un quelconque empêchement physique ? L’état de santé du souverain pontife n’est toutefois pas source d’inquiétude puisqu’il doit partir aujourd’hui pour Asti, la ville natale de sa famille, où il séjournera également demain.

    D’après ce qui semble ressortir du face-à-face à l’Augustinianum, la confrontation entre la Curie et la Conférence épiscopale allemande n’a pas été facile. Les chefs de service du Saint-Siège ont exprimé de fortes inquiétudes quant aux revendications allemandes concernant la moralité sexuelle et la participation des laïcs à l’élection d’un évêque. Le communiqué parle explicitement de « définir et d’approfondir » les questions abordées hier, telles que celles relatives aux « structures de l’Église, au ministère sacré et à son accès, à l’anthropologie chrétienne », et ne manque pas de mentionner « les préoccupations que suscite le Chemin synodal, indiquant le risque de « réformes de l’Église et non dans l’Église » ». Dans l’assistance, parmi les responsables curiaux, se trouvait également le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens, fortement critique à l’égard du texte d’orientation du Chemin synodal et protagoniste d’un récent clash avec le président de la Conférence des évêque allemands, Georg Bätzing.

    Difficile de penser que cette visite ad limina, sept ans après la dernière, reste dans les mémoires comme un feu vert romain à l’agenda radical du Synodaler Weg, qui est d’ailleurs contesté par une partie non négligeable de l’épiscopat allemand lui-même. Au cours de ces quatre jours à Rome, la centralité de la figure du cardinal Reinhard Marx, l’homme qui a fortement voulu entamer ce chemin synodal, qui est apparue une fois de plus. L’archevêque de Munich et Freising, bien qu’ayant quitté la direction de la Conférence en 2020, continue d’être l’homme fort de la ligne de rupture dans l’Église allemande également en vertu du rôle de poids qu’il occupe au Vatican en tant que coordinateur du Conseil pour l’économie et membre du Conseil des cardinaux.

    Lors de la rencontre des 67 évêques avec François, jeudi au Palais apostolique, on a noté aussi la familiarité du prélat avec le Saint-Père. Ce dernier a toutefois mis publiquement en garde les évêques allemands contre la tournure prise par la voie synodale. Il l’a fait il y a quelques semaines, au retour de son voyage au Bahreïn, en déclarant : « L’Allemagne a une grande et belle Église évangélique ; je n’en veux pas une autre, qui ne sera pas aussi bonne que celle-là ; mais je la veux catholique, en fraternité avec l’Église évangélique ». Une phrase significative qu’il avait déjà prononcée en présence de Bätzing, comme il l’a révélé en mai lors d’une conversation avec les rédacteurs des magazines culturels européens de la Compagnie de Jésus.

    Dans ces conditions, Marx a peut-être compris qu’il devait jouer « à l’écart » de Rome et a pris ses contre-mesures, faisant preuve d’une prudence inhabituelle pour lui, du moins en Allemagne, sur les sujets les plus brûlants. S’adressant à ses confrères de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, le cardinal a écarté l’hypothèse d’un affrontement frontal avec le Saint-Siège, affirmant que les évêques allemands doivent « avoir le courage de commencer quelque chose de nouveau à la lumière de la tradition et d’apporter avec eux le trésor du passé ».

  • Communiqué conjoint du Saint-Siège et de la Conférence épiscopale allemande

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    Communiqué conjoint du Saint-Siège et de la Conférence épiscopale allemande, 18.11.2022

    (traduction automatique)

    Dans la matinée d'aujourd'hui, 18 novembre, s'est tenue à l'Institut Augustinianum, à Rome, une réunion interdicastérielle à laquelle ont participé les responsables de certains Dicastères de la Curie romaine et les 62 évêques de l'Église catholique d'Allemagne présents à Rome pour la visite ad Limina Apostolorum.

    La réunion avait été prévue depuis un certain temps comme une occasion de réfléchir ensemble sur le chemin du synode en cours en Allemagne, convoqué en réponse aux cas d'abus sexuels sur mineurs par des ecclésiastiques.

    La rencontre a été modérée par le Cardinal Secrétaire d'État, Son Éminence Pietro Parolin, qui, en introduisant les travaux, a rappelé le lien de communion et d'amour qui unit les évêques entre eux et avec le Successeur de Pierre et, soulignant l'importance de la rencontre comme moment de partage et de grâce, d'unité dans les différences, il a mentionné les préoccupations que suscite le Chemin synodal, indiquant le risque de "réformes de l'Église et non dans l'Église".

    Dans son discours d'introduction, Son Excellence Mgr Georg Baetzing, évêque de Limburg et président de la Conférence épiscopale allemande, a proposé une lecture des travaux du Chemin synodal allemand, et en a souligné l'esprit, fondé sur l'écoute du peuple de Dieu et le deuil des abus commis par les membres du clergé. L'archevêque Baetzing a également énuméré les sujets abordés lors des assemblées : le pouvoir et la répartition des pouvoirs dans l'Église - la participation communautaire et la planification missionnaire ; la vie sacerdotale aujourd'hui ; les femmes dans les ministères et les bureaux de l'Église ; vivre des relations qui fonctionnent - vivre l'amour dans la sexualité et dans les relations. Enfin, Son Excellence a exprimé son appréciation pour le travail du Synode convoqué par le Saint-Père pour toute l'Église et pour la décision de prolonger sa durée.

    Ont suivi les rapports théologiques des Éminences Cardinal Luis Francisco Ladaria, Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, et Marc Ouellet, Préfet du Dicastère pour les Évêques, qui ont parlé franchement et clairement des préoccupations et des réserves concernant la méthodologie, les contenus et les propositions du Chemin synodal, proposant, au bénéfice de l'unité de l'Église et de sa mission évangélisatrice, que les demandes qui ont émergé jusqu'à présent soient incluses dans le Synode de l'Église universelle.

    De nombreux évêques allemands et des représentants de la Curie ont participé au dialogue ouvert qui a suivi. C'est ainsi qu'est apparue l'importance et aussi l'urgence de définir et d'approfondir certaines des questions mises en évidence, par exemple celles relatives aux structures de l'Église, au ministère sacré et à son accès, à l'anthropologie chrétienne, etc. En même temps, tous étaient pleinement conscients d'être en chemin avec l'ensemble du peuple de Dieu, saint et patient, même dans la confrontation de positions différentes. C'est précisément dans ce sens que de nombreuses interventions ont indiqué la centralité de l'évangélisation et de la mission comme objectif ultime des processus en cours, ainsi que la conscience de l'indisponibilité de certains sujets.

    Dans cette perspective de partage ouvert et fraternel, plusieurs propositions ont été faites, comme celle d'appliquer un moratoire au Chemin synodal allemand, qui n'a pas trouvé d'espace, et celle d'encourager la poursuite de la réflexion et l'écoute mutuelle à la lumière des perplexités apparues.

    En conclusion, le cardinal secrétaire d'État s'est félicité de cette confrontation, qui n'était pas formelle, mais nécessaire et constructive, et qui "ne peut être ignorée" dans les chemins en cours.

    Il a été convenu que l'écoute mutuelle et le dialogue doivent se poursuivre dans les mois à venir, afin de contribuer à l'enrichissement de la voie synodale allemande et du Synode universel de l'Église.

  • Les chrétiens d'Afrique dans le collimateur des extrémistes islamiques

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    D'Anna Bono sur La Nuova Bussola Quotidiana :

    Les chrétiens d'Afrique dans le collimateur des extrémistes islamiques

    19-11-2022

    Rien qu'au Nigeria, 7 600 chrétiens ont été tués en un an et demi, mais dans toute l'Afrique - à quelques exceptions près - les chrétiens sont menacés par l'extrémisme islamique. C'est ce qui ressort du dernier rapport sur les chrétiens persécutés publié par l'Aide à l'Église en détresse (AEC). "Dans 75% des 24 pays examinés, la persécution des chrétiens a augmenté". Des situations très critiques existent également au Moyen-Orient, en Corée du Nord, en Chine et en Inde.

    Mappa delle persecuzioni, ACS

    La fondation pontificale Aide à l'Église en détresse (AEC) publie tous les deux ans un rapport sur les chrétiens persécutés dans le monde. Le 17 novembre, elle a présenté sa huitième édition, intitulée "Persécutés plus que jamais. Rapport sur les chrétiens opprimés pour leur foi 2020-2022. La période de référence s'étend d'octobre 2020 à septembre 2022. Les informations et les données rapportées ont été recueillies par l'AEC elle-même et ses correspondants locaux dans 24 pays où les violations de la liberté religieuse et les violences infligées aux fidèles sont fréquentes et particulièrement préoccupantes. Les pays, tous sauf un, la Russie, sont asiatiques et africains : Afghanistan, Arabie saoudite, Chine, Corée du Nord, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Inde, Iran, Irak, Israël et les territoires palestiniens, Maldives, Mali, Mozambique, Myanmar, Nigeria, Pakistan, Qatar, Russie, Sri Lanka, Soudan, Syrie, Turquie et Vietnam.

    L'objectif de la fondation est de donner une voix aux persécutés, de faire connaître leur situation au public, aux médias et aux représentants des institutions qui peuvent leur venir en aide. "L'Église qui souffre a besoin de personnes qui parlent en son nom. Pour que les meurtres cessent, davantage d'organisations comme l'AEC doivent proclamer la vérité sur ce qui arrive aux chrétiens dans le monde. Sinon, nous resterons à jamais persécutés et oubliés". C'est par ces mots que Monseigneur Jude A. a commenté la présentation du rapport. Arongudade, évêque d'Ondo, le diocèse du Nigeria où un commando armé a attaqué une église où une messe était célébrée en juin dernier, tuant plus de 40 personnes.

    Le Nigeria détient le record du nombre de chrétiens tués en Afrique : environ 7 600 entre janvier 2021 et juin 2022, pour la plupart victimes des deux groupes djihadistes du pays, Boko Haram et Iswap. Mais sur tout le continent, à quelques exceptions près, les chrétiens sont menacés par l'extrémisme islamique, qui a gagné du terrain au Sahel et en Afrique subsaharienne. Depuis 2017, elle a également pénétré dans le nord du Mozambique, s'installant et recrutant des centaines de jeunes de confession islamique pour le djihad. Par ailleurs, sur l'ensemble du continent, la haine envers les chrétiens se superpose aux divisions tribales et les renforce : c'est le cas des affrontements armés entre bergers musulmans et agriculteurs chrétiens dans les régions centrales du Nigeria et en République centrafricaine.

    Dans 75% des 24 pays examinés, a expliqué Alessandro Monteduro, directeur de l'AEC Italie, en présentant le rapport au public, l'oppression ou la persécution des chrétiens a augmenté. Au Moyen-Orient, cela a conduit de nombreux chrétiens à partir et à ne jamais revenir. En Syrie, le nombre de chrétiens est passé de 1,5 million avant la guerre à environ 300 000 : en termes de pourcentage, la population chrétienne est passée de 10 % à moins de 2 %. En Irak, l'exode est moins important. Cependant, les chrétiens, qui étaient environ 300 000, ont été mis en fuite en 2014 par la formation d'Isis, l'État islamique. Malgré sa défaite en 2018, beaucoup ne sont pas revenus et maintenant leur communauté est réduite de moitié. "Paradoxalement", selon l'AEC, "plusieurs signes indiquent que dans certaines régions du Moyen-Orient, les chrétiens vivent dans des conditions pires que pendant l'occupation par Isis".

    Dans le reste du continent asiatique, la pire situation reste celle des chrétiens de Corée du Nord, où l'interdiction de culte est pratiquement totale. Au Sri Lanka, ce sont les nationalistes hindutva et les bouddhistes cinghalais qui persécutent les chrétiens avec le soutien des autorités : ce sont les policiers eux-mêmes qui interrompent les services religieux et arrêtent les fidèles qui y assistent. En Inde, l'extrémisme hindou est responsable des cas de plus en plus fréquents d'intolérance à l'égard des chrétiens et des autres minorités, avec le soutien du parti nationaliste hindou au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP). Entre janvier 2021 et début juin 2022, 710 incidents de violence anti-chrétienne ont été enregistrés, mais beaucoup d'autres ne sont pas signalés en raison de la méfiance envers les institutions. Lors d'une manifestation de masse à Chhattisgarh en octobre 2021, a rappelé le président Monteduro, les membres du BJP ont acclamé le chef religieux hindou de droite Swami Parmatman et ont appelé au meurtre des chrétiens. "En Chine", a souligné M. Monteduro, "les autorités ont accru la pression sur les chrétiens par des arrestations sans discernement, la fermeture forcée des églises et l'utilisation de systèmes de surveillance oppressifs. Parmi les victimes de persécution figure le cardinal Joseph Zen, arrêté en mai dernier et accusé de collusion avec des forces étrangères pour avoir fait partie des administrateurs du Fonds de secours humanitaire 612, créé pour aider financièrement et légalement les participants aux manifestations antigouvernementales de 2019 à Hong Kong. Le procès contre lui et cinq autres accusés a débuté le 26 septembre.

    Même dans les pays islamiques d'Asie, les chrétiens souffrent de discrimination, d'injustice, d'intimidation et de violations des droits de l'homme. Leur situation est devenue presque désespérée en Afghanistan, après le retour au pouvoir des Talibans qui imposent une interprétation stricte de la shari'a, la loi islamique. Moins grave, mais extrêmement sérieuse est également la position de la petite minorité chrétienne aux Maldives, où les autorités refusent même la citoyenneté aux non-musulmans.

    En Occident, conclut le rapport, il existe une "perception culturelle erronée très répandue qui continue de nier que les chrétiens restent le groupe religieux le plus persécuté". Et c'est une partie du problème.

  • Congo : les évêques craignent de voir le pays éclater

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (France) :

    Les évêques congolais craignent l’éclatement du pays

    Soeur Marie-Sylvie Vakatsuraki, de la Congrégation de la Présentation de Notre-Dame au Temple à Butembo est morte dans l’attaque de cet hôpital, détruit par un groupe rebelle.

    « La situation est grave. Notre nation est en danger », dénoncent les évêques : « Si nous ne faisons pas attention, nous nous réveillerons un matin avec un pays balkanisé ». La déclaration constitue le document final d’une Assemblée générale extraordinaire, qui a eu lieu du 7 au 9 novembre à Kinshasa, et qui est signée par 42 évêques et administrateurs apostoliques.

    Les évêques notent que depuis juillet, les rebelles d’un groupe appelé M23 occupent de nouveau certaines parties du Nord-Kivu, dans l’Est du pays. Les insurgés semblent bénéficier du soutien militaire du Rwanda ou de l’Ouganda. Il y a dix ans, en 2012, ce même groupe a envahi Goma, la capitale régionale de l’Est, et la population craint que cela ne se reproduise. En plus des pertes en vies humaines dans les rangs de l’armée congolaise et de la population civile, l’occupation de ces zones a entraîné un déplacement massif de la population, note le communiqué.

    La douleur cachée de décennies de souffrance

    Maxime François-Marsal, chargé des projets de l’AED en République démocratique du Congo, s’est rendu dans le pays il y a quelques mois. Il confirme l’inquiétude suscitée par la situation dans le pays, notamment dans la province d’Ituri, au Nord-est, ainsi qu’au Nord-Kivu, où le nombre de décès augmente malgré les mesures prises par les autorités : « Lors de notre voyage à Goma au Nord-Kivu, à Bukavu au Sud-Kivu et à Maniama à Kindu, nous avons pu constater les souffrances de cette région marquée par plus de deux décennies de conflit larvé. »

    « Chez toutes les personnes que nous avons rencontrées pendant notre voyage, se cachait une souffrance indicible liée à une de ces attaques qui constituent ce que l’on appelle « l’instabilité » de la région mais qui est bien plus que cela et qui se traduit par des viols, des vols, des meurtres d’innocents et une grande misère », explique François-Marsal.

    Les évêques attirent également l’attention sur le conflit intercommunautaire relatif aux litiges fonciers dans les territoires de Kwamouth et de Bagata, dans l’Ouest du pays. Ce conflit oppose les groupes ethniques Teke aux non Teke et a fait de nombreuses victimes. Ils dénoncent également le grave problème de la vente illégale de terres à des étrangers non identifiés dans la région du Congo central. En raison des deux conflits, de nombreuses personnes ont été déplacées de force, voyant leurs maisons détruites et leurs cimetières profanés.

    La complicité internationale

    Camp de déplacés de Goma. Depuis avril 2022, le conflit entre l’armée et le M23 a forcé 340 000 personnes à quitter leur domicile.

    Citant dans leur déclaration le dicton « Aide-toi et le ciel t’aidera », les évêques appellent à l’action. « Malheureusement », commentent les évêques, «la communauté internationale et les organisations régionales qui disposent des leviers pour faire justice au Peuple congolais affichent une attitude hypocrite qui révèle une certaine complicité ».

    Selon les évêques, la responsabilité de la communauté internationale inclut les entreprises multinationales. Il est important, écrivent les évêques, d’éviter les alliances avec ceux qui ont développé une forme de « mercantilisme militaire » ayant comme vraies motivations le pillage des ressources naturelles de la RDC et l’occupation de ses terres, détruisant l’intégrité et la souveraineté du pays.

    4 décembre, jour de prière

    Les évêques invitent tous les chrétiens et les personnes de bonne volonté à jeûner, prier et à poser des gestes de solidarité envers les nombreuses personnes déplacées dans le pays, et invitent la population à participer à une marche pacifique nationale le 4 décembre.

    François-Marsal conclut : « Il est important de soutenir l’effort des évêques pour la paix et l’unité dans le pays, et j’espère que de nombreuses personnes de bonne volonté dans le monde entier se joindront à la journée de prière du 4 décembre pour intercéder en faveur de nos frères et sœurs qui souffrent et sont si oubliés à ce moment particulier de leur histoire »

  • La prêtrise pour les femmes ? Un débat entre le père Charles Delhez et Arnaud Dumouch

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    Les femmes doivent-elles être prêtre ? Question disputée Arnaud Dumouch/père Charles Delhez cj (54 mn) 

    https://youtu.be/PzlDnWPXgyU 

    Le père Charles Delhez, Jésuite belge, a enseigné les sciences religieuses à l’Université de Namur et est actuellement curé de paroisse (Blocry, Belgique). Il montre que sa position a évolué sur le sacerdoce des femmes. Selon lui, le désir du peuple de Dieu, manifesté par les remontées du Synode en 2022, est un « signe des temps ». L’Esprit Saint donne au peuple de Dieu un Sensus fidei. Ne serait-ce pas en suivant cette intuition que l’Église rejoindra les humains actuels ?  

    Arnaud Dumouch, théologien belge, montre que c’est pour une raison précise liée à la complémentarité de la vocation des hommes et des femmes, que Jésus, constituant l’Eglise, n’a pas voulu ouvrir le sacerdoce ministériel aux femmes, ni ouvert la maternité aux hommes. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus en donne la raison en une phrase : « Oui j'ai trouvé ma place, dans l'Église et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée... dans le Coeur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé ! » 

    Arnaud Dumouch insiste aussi sur la définition dogmatique de Jean-Paul II à propos de cette question : "L'Eglise n'a pas le pouvoir de changer la volonté de Jésus" :

    Lettre apostolique « ordinatio sacerdotalis » :

    "Bien que la doctrine sur l'ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes ait été conservée par la Tradition constante et universelle de l'Église et qu'elle soit fermement enseignée par le Magistère dans les documents les plus récents, de nos jours, elle est toutefois considérée de différents côtés comme ouverte au débat, ou même on attribue une valeur purement disciplinaire à la position prise par l'Église de ne pas admettre les femmes à l'ordination sacerdotale. C'est pourquoi, afin qu'il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l'Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l'Église n'a en aucune manière le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l'Église." 

  • Nigeria : 4000 chrétiens tués et 2300 enlevés depuis le début de l'année

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    Du site de l'Observatoire de la Christianophobie :

    Nigeria : depuis début 2022, 4000 chrétiens tués, 2300 enlevés

  • Synode : une autocratie pontificale renforcée et des évêques rétrogradés ?

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    De George Weigel sur First Things :

    LES ÉVÊQUES DIMINUÉS, LE NOUVEL ULTRAMONTANISME ET LE PROCESSUS SYNODAL

    16 novembre 22

    En raison de la guerre franco-prussienne, le concile Vatican I fut suspendu en octobre 1870 et ne fut jamais reconvoqué. Avant sa fin imprévue, Vatican I a accompli un travail important : il a défini la portée universelle de la juridiction papale (et a ainsi contrecarré les prétentions des nouveaux nationalistes à l'autorité sur l'Église) tout en précisant les circonstances précises et limitées dans lesquelles l'évêque de Rome peut enseigner infailliblement sur les questions de foi et de morale. Néanmoins, l'ajournement soudain du concile a entraîné un déséquilibre dans la compréhension que l'Église avait d'elle-même : le catholicisme s'est retrouvé avec une théologie forte de la papauté mais une théologie faible de l'épiscopat.

    Comme je l'explique dans To Sanctify the World : The Vital Legacy of Vatican II (Basic Books), le Concile Vatican II s'est attaqué à ce déséquilibre dans Lumen Gentium (Lumière des nations), sa Constitution dogmatique sur l'Église, qui contient plusieurs points cruciaux : les évêques de l'Église sont les héritiers des apôtres ; le "collège" des évêques est l'expression contemporaine du "collège" apostolique d'Actes 15 ; et ce collège épiscopal, avec et sous son chef, l'évêque de Rome, a "le pouvoir suprême et plénier sur l'Église universelle" (LG 22).

    Entre autres choses, cela signifie que les évêques locaux sont de véritables vicaires du Christ dans leurs églises locales. Ordonnés pour enseigner, sanctifier et gouverner, les évêques ne sont pas de simples directeurs de succursales de Catholic Church, Inc. qui exécutent les ordres du siège social romain. Par la réception des ordres sacrés au plus haut degré, et en raison de leur communion avec l'évêque de Rome, un évêque local est habilité à diriger l'ensemble du peuple de Dieu confié à ses soins, de sorte que tous les baptisés de son diocèse soient appelés à la mission, équipés pour la mission, et soutenus sacramentellement dans leurs efforts d'évangélisation. 

    Comme l'a dit Joseph Ratzinger, alors cardinal, dans une réflexion sur les réalisations de Vatican II, Lumen Gentium a "réinséré dans l'ensemble de l'Église une doctrine de la primauté [papale]" qui s'était "dangereusement isolée" de l'épiscopat mondial, tout en "intégrant dans l'unique mysterium du Corps du Christ une conception trop isolée de la hiérarchie". À ces égards et à d'autres, Vatican II a achevé le travail de Vatican I en exprimant la compréhension que l'Église a d'elle-même d'une manière holistique et intégrée qui s'appuie sur les vastes richesses de l'Écriture et de la tradition. Ce n'était pas une mince affaire, et cela justifiait un siècle et demi de travail théologique sérieux, souvent entrepris dans des circonstances difficiles.

    Pourtant, la question doit être posée : le succès de Vatican II dans la réaffirmation de l'autorité des évêques est-il compromis par le processus actuel de préparation du "Synode sur la synodalité" de 2023 et 2024 ?

    Les inquiétudes à ce sujet ont été renforcées par la publication du document de travail pour l'"étape continentale" de la préparation du Synode : une série d'assemblées qui suivent les "étapes" locales et nationales de ce long processus.

    Dans le document de travail, les évêques sont des participants minoritaires aux consultations continentales qui doivent inclure (en plus des évêques, des prêtres, des religieux consacrés et des laïcs actifs) "des personnes vivant dans des conditions de pauvreté ou de marginalisation, et celles qui sont en contact direct avec ces groupes et ces personnes ; des délégués fraternels d'autres dénominations chrétiennes ; des représentants d'autres religions et traditions de foi ; et quelques personnes sans affiliation religieuse". Et que doivent faire les évêques dans ces assemblées continentales ? "Il leur est demandé d'identifier les moyens appropriés pour mener à bien leur tâche de validation et d'approbation" du "Document final" de chaque assemblée continentale, "en veillant à ce qu'il soit le fruit d'un parcours authentiquement synodal, respectueux du processus qui s'est déroulé et fidèle aux diverses voix du peuple de Dieu dans chaque continent."

    Autrement dit, les évêques sont des preneurs de notes, et non des enseignants ; des secrétaires d'enregistrement, et non des garants de l'orthodoxie ; des messagers, et non des leaders apostoliques.

    Les graves inquiétudes suscitées par cette diminution de la vocation épiscopale, qui contraste de manière frappante avec l'enseignement de Vatican II dans Lumen Gentium, sont encore renforcées par les informations selon lesquelles, lors de l'assemblée finale du Synode à Rome (probablement en 2024), il n'y aura pas de vote sur les propositions par les évêques présents - la manière normale dont un Synode exprime ses jugements. Les rapports des discussions des évêques seront plutôt préparés - par le Secrétariat général du Synode qui a conçu ce processus - et remis au pape, qui rédigera ensuite une exhortation apostolique post-synodale (le document qui conclut les travaux d'un Synode) à sa guise.

    Ainsi, l'ultramontanisme extrême - une forme d'autocratie papale qui pourrait faire rougir le bienheureux Pie IX - se superpose à la dépréciation de l'épiscopat mondial.

    Cela n'a rien à voir avec Vatican II. Les évêques devraient le faire savoir tout en demandant la restauration de leur autorité dans ce processus.

    George Weigel est Distinguished Senior Fellow du Ethics and Public Policy Center de Washington, D.C., où il est titulaire de la chaire William E. Simon en études catholiques.

  • La dédicace des basiliques des saints Pierre et Paul

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    De l'Homme Nouveau (archive):

    Dédicace des basiliques saint Pierre et saint Paul : le sens d'une fête

    Aujourd’hui, l’Église célèbre la dédicace des basiliques saint Pierre et saint Paul. À cette occasion, nous publions ci-dessous un extrait du bréviaire romain, donnant un aperçu de la raison et l’historique rapide de cette fête. Rappelons que la dédicace d’une église est la cérémonie de consécration de cet édifice religieux. Chaque année, à la date anniversaire de cette cérémonie, on fait mémoire de cet événement, qui est une occasion de prière et d’action de grâce.

    Selon le Bréviaire romain :

    Parmi les sanctuaires vénérés autrefois des Chrétiens, les plus célèbres et les plus fréquentés étaient ceux dans lesquels des corps de Saints avaient été ensevelis, ou bien dans lesquels se trouvait quelque vestige ou quelque souvenir des Martyrs. Au nombre de ces lieux saints et au premier rang, l’on distingua toujours cette partie du Vatican appelée Confession de saint Pierre. Les Chrétiens, en effet, y accouraient de tous les points de l’univers, comme à la pierre ferme de la foi et au fondement de l’Église, et vénéraient avec une religion et une piété souveraines, l’emplacement consacré par le sépulcre du prince des Apôtres.

    L’empereur Constantin le Grand vint là huit jours après avoir reçu le baptême ; il déposa le diadème, et, prosterné à terre, versa des larmes abondantes. Après quelques instants, ayant pris une houe et un hoyau, il se mit à creuser le sol. Il en tira douze corbeilles de terre, en l’honneur des douze Apôtres, désigna l’emplacement destiné à la basilique du prince des Apôtres et y fit commencer la construction d’une église. Le Pape saint Sylvestre la dédia le quatorze des calendes de décembre, en y observant les mêmes rites que pour la consécration de l’église de Latran, qui avait eu lieu le cinq des ides de novembre. Il y érigea un autel de pierre, qu’il oignit du saint chrême, et ordonna que dès lors on ne construirait plus que des autels en pierre. Saint Sylvestre dédia encore la basilique de l’Apôtre saint Paul, élevée à grands frais sur la route d’Ostie, par le même empereur Constantin. Cet empereur donna de grandes richesses à ces basiliques et les orna de splendides présents.

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  • Fraternité Saint Pie X : la plus grande entrée de séminaristes depuis sa création

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    De l' sur La Porte Latine :

    Fraternité Saint Pie X : près de 80 nouveaux séminaristes

    17 novembre 2022

    Chers amis,

    La rentrée académique vient d’avoir lieu dans nos séminaires, et c’est un cri d’étonnement et d’action de grâces qui monte vers Dieu. Car nous venons d’avoir la plus grande entrée de séminaristes depuis la création de la Fraternité Saint Pie X par Son Excellence Monseigneur Lefebvre en 1970.

    97 jeunes hommes sont entrés cette année en première année de formation dans nos séminaires, dont 79 en vue du sacerdoce et 18 en vue de la vie religieuse (Frères de la Fraternité). Ici à Flavigny, nous venons d’accueillir une promotion de 21 séminaristes et 3 postulants frères.

    Pour les séminaristes : un Anglais, un Suisse, un Autrichien, un Hongrois, un Serbe, un Croate, un Danois, un Néerlandais, un Indien, un Sri Lankais, un Chilien, un Nicaraguayen, un Nigérian, 2 Canadiens, 2 Argentins, 2 Mexicains, 2 Italiens, 4 Brésiliens, 6 Allemands, 9 Polonais, 14 Français, 25 Américains.

    Pour les postulants frères : un Suisse, un Argentin, un Brésilien, 2 Canadiens, 2 Polonais, 3 Français, 8 Américains.

    Nous vous invitons à chanter les miséricordes du Seigneur avec nous ; béni soit Dieu mille et mille fois car nous sommes les témoins de l’activité de Dieu dans les âmes et de sa force douce et patiente. Il est vraiment à l’œuvre, malgré tous nos défauts.

    N’hésitons pas à nous approprier les mots de saint Vincent de Paul, pour nous maintenir dans l’humilité : « Estimons la Fraternité Saint Pie X, comme la plus petite de toutes les Compagnies ; pas même la pénultième, mais la dernière… Ne mettons jamais les yeux sur ce qu’il y a de bien en nous, mais sur ce qui est mal, c’est un grand moyen de conserver l’humilité [1]».

    Il faut d’ailleurs bien se garder de s’imaginer que le nombre est forcément un signe de bénédiction, puisque ce que Dieu cherche, c’est la sainteté.

    Cependant cette augmentation du nombre de séminaristes suit une courbe générale, d’une croissance lente mais constante, parallèle à la croissance du nombre de fidèles. Il est éclairant d’en dresser brièvement les facteurs.

    Les facteurs intérieurs

    En premier lieu, c’est le fruit des familles cherchant à vivre conformément à l’Évangile, et à combattre l’infiltration de l’esprit du monde actuel en leur sein, avec un bon équilibre naturel. Cette année, 79% des jeunes hommes entrés à Flavigny proviennent de familles gardant la fidélité à la Tradition catholique.

    C’est aussi le fruit des écoles de la Tradition, puisque 70% des candidats de cette promotion y ont été formés, et parmi eux tous les français y ont passé un bon nombre d’années.

    C’est en outre le fruit du développement de l’apostolat missionnaire des confrères. En effet, cette année nous accueillons, parmi ces 79 séminaristes, 22 nationalités différentes, ce qui est encore un record. Pensons aux prêtres, missionnaires en tous ces pays, qui sèment année après année, et nous confient ces vocations. Ceci est possible grâce à la relative liberté de la Fraternité dans ses fondations, et son élan missionnaire non entravé par l’œcuménisme. Chaque vocation est presque un miracle de la grâce, en tout cas le fruit d’années de dévouement et de prières.

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  • Le Dieu Pan est de retour. Rites, morale et doctrine de la nouvelle religion de la nature

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Le Dieu Pan est de retour. Rites, morale et doctrine de la nouvelle religion de la nature

    Que l’Église catholique subisse, voire soutienne l’avènement d’une nouvelle religion de la nature, avec comme symbole le dieu Pan, n’a rien d’une théorie bizarre. C’est au contraire la thèse, soutenue par des arguments convaincants, de la philosophe française Chantal Delsol dans son dernier essai : « La fin de la Chrétienté », disponible depuis quelques jours en librairie y compris en Italie, aux éditions Cantagalli.

    Delsol ne craint pas une islamisation de l’Europe. Les musulmans européens eux-mêmes sont chamboulés par le changement culturel en cours. « Certainement – écrit-elle dans ‘Le Figaro’ où elle est éditorialiste – les fondements du judéo-christianisme se sont effondrés. Le premier étant la foi en l’existence de la vérité, qui nous vient des Grecs. Puis l’idée du temps linéaire, qui historiquement nous a donné l’idée du progrès, c’est pourquoi on revient au temps cyclique avec l’annonce de catastrophes apocalyptiques. Enfin, c’est la foi dans la dignité substantielle de l’être humain qui est effacée pour faire place à une dignité conférée depuis l’extérieur, sociale et non plus substantielle, comme c’était le cas avant le christianisme. »

    La religion qui émerge est une nouvelle forme de paganisme, avec la nature au centre, sacralisée. Dans le bref extrait de son livre que nous reproduisons ci-dessous, Delsol explique cette mutation, qui n’a plus l’Église mais l’État comme officiant. Les seuls qui pourront encore conserver ce qui reste de la véritable foi chrétienne ne pourront être que des minorités, espérons-le créatives, faites de témoins, d’« agents secrets » de Dieu.

    Delsol n’est pas la seule voix qui s’élève en France pour analyser la mutation culturelle qui traverse et bouleverse le christianisme aujourd’hui. Il est surprenant que dans un pays dans lequel les baptisés ne représentent déjà plus que moins de la moitié de la population et où la pratique catholique s’est effondrée, il y ait un intérêt à ce point extraordinaire pour de telles questions chez des intellectuels et des écrivains, y compris non-croyants.

    Fin octobre dernier, « Le Figaro » organisait à Paris un dialogue de haut vol entre le philosophe catholique Pierre Manent et l’écrivain Alain Finkielkraut, membre de l’Académie française, republié dans son intégralité en Italie par le journal « Il Foglio » du 2 novembre sous le titre : « È morto il tuo Dio, Europa ? Una religione civile ha soppiantato di Dio di Pascal ». Dans ce dialogue, les deux érudits s’accordent avec Delsol pour situer la mutation actuelle du christianisme dans une religion simplement naturelle, humanitaire, dont l’Église s’est rendue complice par sa reddition.

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  • Liturgie - Vatican II : un survol des questions et des problèmes (1962-1965) (Denis Crouan)

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    Liturgie 26 : Le Concile Vatican II : un survol des questions et des problèmes (1962-1965), par Denis Crouan

    https://youtu.be/M5bwZflUuvk  

    Jean XXIII n’envisageait pas une réforme de la liturgie romaine, mais plutôt sa restauration. Il visait une purification des exagérations accumulées et non la fabrication d’un nouveau missel. La Constitution « Sacrosanctum Concilium » est le premier document du concile Vatican II. Son premier chapitre porte : « Il appartient en propre [à la liturgie] d’être à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l’action et adonnée à la contemplation, présente dans le monde et cependant en chemin. Mais de telle sorte qu’en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin…» 

    Cependant, le Conseil pour l’application de la Constitution sur la liturgie, créé en 1964 par Paul VI, va donner une lecture maximaliste de la restauration - qui donnera lieu à une refonte de tous les livres liturgiques avec un but : promouvoir la « participation active » des fidèles. Cela aboutira à trois dérives non voulues par le Concile : 1° remplacement complet, dans les faits, du latin par les langues vernaculaires (et en conséquence, fin du grégorien) ; 2° simplification exagérée des rites ; 3° adaptation à la mode du temps pour les goûts et les souhaits des fidèles. 

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022.