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Foi - Page 342

  • Très peu d'ordinations (6) en Belgique cette année

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    Nous avons dénombré 6 ordinations en Belgique cette année; une à Liège : celle de Cocou Ignace Ametonou de Cotonou (Benin); une à Bruxelles : celle d'Antonio Luque Benitez de Cordoue (Espagne); une à Namur : celle d'Isaac Torres d'Aragon (Espagne); deux à Bruges : celles de Gildas Cambia (Benin) et de Dave Vannieuwenhuyze (Torhout); une à Gand : celle de Jef Van der Gucht (Temse). Nous n'avons rien vu à Tournai, ni à Anvers, ni à Hasselt, mais peut-être nos investigations ont-elles été incomplètes.

    Cela ne sera évidemment pas suffisant pour assurer la relève d'un clergé plus que vieillissant et dont les rangs sont de plus en plus clairsemés en raison des décès mais aussi des départs (cfr ICI). En leur temps, les initiatives de Monseigneur Léonard semblaient porter leurs fruits; on ne peut en dire autant pour ceux qui ont aujourd'hui en charge la pastorale des vocations. On peut aussi se demander où sont les familles chrétiennes susceptibles de susciter des vocations en leur sein. Il ne faut pas non plus compter sur les milieux éducatifs jadis catholiques (écoles, mouvements de jeunesse) - aujourd'hui très déchristianisés - pour encourager des jeunes à s'engager dans le sacerdoce ou la vie religieuse...

  • Le message du président de la Conférence des évêques de France aux nouveaux prêtres de la Communauté Saint-Martin

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    De Famille Chrétienne :

    Ce que Mgr de Moulins-Beaufort a dit aux nouveaux prêtres de la communauté Saint-Martin

    Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr de Moulins Beaufort, présidait pour la première fois la messe d’ordinations sacerdotales de la Communauté Saint-Martin à Evron. Il a adressé un message fort et exigeant aux 26 nouveaux prêtres de la communauté cette année.

    <p>Mgr de Moulins-Beaufort présidait la messe d'ordinations de 13 des 26 nouveaux prêtres de la communauté Saint-Martin à Evron, le 25 juin 2021. </p>

    Mgr de Moulins-Beaufort présidait la messe d'ordinations de 13 des 26 nouveaux prêtres de la communauté Saint-Martin à Evron, le 25 juin 2021. 

     - Communauté Saint-Martin, Facebook

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    Et d’ajouter : « ce qui me donne de l’espérance, c’est de voir que Dieu continue d’appeler et que des jeunes y répondent ! Dans notre société, chaque vocation est un miracle. » Et donc pour Saint-Martin, 26 miracles sur un total de 130 prêtres ordonnés cette année pour le pays.

    « Ne prétendez pas aimer mieux que les autres »

    L’archevêque de Reims ne s’est pas contenté de tresser des lauriers à cette communauté au succès florissant. Il a aussi lancé plusieurs défis à ses prêtres, souvent jeunes« Dieu nous oblige à vivre autre chose que ce que nous vivions naguère avec un curé dans chaque village. Les fidèles ne doivent pas s’imaginer que grâce à la Communauté Saint-Martin, nous allons revenir à l’époque d’un curé par village. Peut-être qu’on y reviendra plus tard, dans quelques années, et ça serait tant mieux ! Mais pour l’instant, il nous faut accepter que Dieu nous appelle à autre chose et que le ministère sacerdotal s’exerce différemment. »

    Dans son homélie du 24 juin, il a donné « une recommandation » aux 13 prêtres ordonnés (les 13 autres ont été ordonnés le 25 juin) : « Gardez vous de trop dire mes brebis, mes ouailles, mes fidèles, et pas davantage ma paroisse, car ce sont les brebis et les agneaux et les fidèles, et les frères et les sœurs de Jésus à qui vous êtes envoyés ou qui vous sont confiés. Et chacun réclame de vous un respect infini ». « Ne prétendez pas aimer mieux que les autres, acceptez que si les autres ne reçoivent pas Jésus, c’est que votre amour et celui de tous les chrétiens avec vous n’est pas assez vrai, assez patient, assez persévérant. » Mgr de Moulins Beaufort est revenu sur la mission particulière du prêtre dans les années à venir, éveillant au fait que les communautés vont changer : « De plus en plus, votre ministère sera un ministère d’accompagnement. » Dans son échange avec les séminaristes, il les a exhortés à « aller chez les gens », pour leur « redonner envie, plus tard, de revenir dans nos églises ». Comme remède face à l’orgueil, Mgr de Moulins-Beaufort les a exhortés à agir « avec les seuls moyens de Jésus ».

    Anticipant les découragements du sacerdoce, le président de la CEF a souligné : « Parfois, ne vous faites pas d’illusions. Vous chercherez à mesurer ce que vous avez fait, à vérifier votre existence, en tachant de prendre en mains ce que vous aurez créé, et vous souffrirez peut-être d’avoir bien peu à aligner à côté de ce que les humains autour de vous pourront présenter. […] Ne doutez pas que Dieu, lui, attend, espère, œuvre secrètement par son Esprit-Saint, et consentez que vos renoncements et les rebuffades que vous essuierez contribuent aussi, si vous les portez de bon cœur dans le Seigneur crucifié, à la percée qu’Il veut opérer dans les cœurs. »

    Quand accueillera-t-on des prêtres de la Communauté Saint-Martin en Belgique ? Cela dépend du bon vouloir de nos évêques qui feraient bien de s'inspirer de l'attitude de leurs homologues d'Outre-Quiévrain.

  • Inde : des familles chrétiennes expulsées de leurs villages par les castes hindoues en Odisha

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    En Odisha, des familles chrétiennes expulsées de leurs villages par les castes hindoues

    29/06/2021

    Plusieurs agences et sites chrétiens d’information alertent sur des tensions ciblant la minorité chrétienne dans les villages aborigènes du district de Rayagada, dans l’État d’Odisha, dans l’est de l’Inde. Forcées de fuir leurs maisons sous les menaces et les attaques des villageois hindous, treize familles chrétiennes ont trouvé refuge dans la jungle avoisinante au cours de ces dernières semaines. Les photographies prises sur les lieux par des témoins montrent un campement de fortune et des abris sommaires, à la merci des pluies de mousson.

    En août 2017, des chrétiens du nord-est de l’Inde manifestent à New Delhi contre l’interdiction de l’enterrement d’une femme catholique à Manipur.

    Dans ce district de l’Odisha, les tensions auraient débuté en novembre dernier, lorsque deux familles chrétiennes du village de Chichinga ont été ostracisées par les hindous dominants en raison de leur religion et sommées de quitter leurs maisons. Plus récemment, six familles chrétiennes d’un autre village, Sikarpai, ont également été la cible d’attaques orchestrées par les habitants issus des hautes castes hindoues. Ces derniers se sont opposés au déroulement d’un mariage chrétien, puis ont prohibé l’accès du puits commun aux femmes chrétiennes et ont interdit à la minorité de pratiquer les rites chrétiens dans le village. « Malgré les menaces, ces chrétiens restent fermes dans leur foi qu’ils exercent depuis quatorze ans », a commenté le père Purushottam Nayak, de l’archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar, à l’agence catholique Ucanews. Fin mai, les six maisons des chrétiens de Sikarpai ont été vandalisées et endommagées, poussant les victimes à fuir et à trouver refuge dans la jungle. D’après le site d’information Morning Star News, qui alerte sur les atteintes aux droits de l’homme visant les chrétiens, ces familles ont été rejointes par cinq autres du village avoisinant de Kotlanga, où les chrétiens ont également été victimes, le 7 juin, de menaces proférées à leur encontre.

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  • Fin du sacré, fin de la civilisation ?

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    Un échange entre Michel Onfray et Patrick Buisson où il est question de la perte du sacré et de la spiritualité :

    Fin de civilisation ?  Sur le même sujet, un commentaire de Gérard Leclerc extrait du site web de "France Catholique" :

    "Le cardinal De Kesel, archevêque de Bruxelles-Malines, vient de publier un essai sur la situation des chrétiens dans une société qui n’est plus chrétienne (Foi & religion dans une société moderne, Salvator). Faute de l’avoir lu, je ne me permettrai pas d’interpréter sa pensée. Je m’interroge néanmoins sur l’analyse qu’il peut faire de cette société. S’il lui accorde des crédits, quels sont-ils ? Peut-être ses jugements sont-ils accordés à la complexité du monde actuel. Mais je me pose tout de même une question. Signale-t-il le basculement spirituel, moral, d’une civilisation qui, de chrétienne, est devenue a-chrétienne ? Un Chesterton, un Bernanos étaient particulièrement sensibles à un tel basculement, car pour eux, un monde qui avait perdu le sens de Dieu, était mûr pour les pires déviations.

    Athéisme et christianisme

    Ce qui me frappe, aujourd’hui, c’est que ce sont le plus souvent des non-chrétiens, ou des gens éloignés de la pratique religieuse, qui se montrent les plus attentifs au caractère judéo-chrétien de notre civilisation et à la perte irréparable que constitue le naufrage de cet héritage. Le cas de Michel Onfray est particulièrement significatif. Il a commencé sa carrière philosophique à l’enseigne d’un athéisme revendiqué et d’une déconstruction du christianisme. Et voilà qu’il déclare dans Le Figaro du 18 juin : « Je regrette le déclin de la civilisation judéo-chrétienne, je me bats pour elle.  » . De ce déclin, il nous offre une analyse qui fait plus que froid dans le dos et qui devrait singulièrement alerter tous ceux qui, du côté chrétien, chantent les louanges de notre bel aujourd’hui. Le mieux est de le citer longuement.

    «  La fin du sacré tuile avec la prochaine civilisation qui sera probablement post-humaniste. Rien ne pourra moralement interdire son avènement qui s’effectue avec d’actuelles transgressions qu’aucune éthique, aucune morale ne saurait arrêter. L’intelligence artificielle qui crée des chimères faites d’humain et d’animaux, la marchandisation du vivant, l’abolition de la nature naturelle au profit de l’artifice culturel, constituent une barbarie qui, un jour, sera nommée civilisation, car toute civilisation nouvelle est dite un jour barbare par les témoins de ceux qui voient la leur s’effondrer. Nous sommes dans le temps nihiliste du tuilage qui tuile la décomposition et le vivant (…). Eu égard à ce qui nous attend, et en regard de l’idéologie “woke“ qui travaille à l’avènement de ce nouveau paradigme civilisationnel, bien sûr que je regrette la civilisation judéo-chrétienne. Pour l’heure, je me bats pour elle.  »

    Le rôle des non-chrétiens

    Voilà qui contraste avec les complicités des chrétiens qui saluent sans regrets «  feu la chrétienté  ». Faut-il donc un non-chrétien pour mesurer les dégâts irréversibles d’une mutation de civilisation ? Peu importe que je sois en désaccord avec Michel Onfray sur la cause de ce décrochage. Cause qu’il attribue à une Renaissance qui annoncerait les Lumières. Érasme et Pic de la Mirandole sont des génies chrétiens qui attestent combien l’humanisme post-médiéval ne va pas sans un ressourcement aux origines chrétiennes. Fides et ratio marchent de concert. Mais le problème actuel n’est pas là. Il réside dans une déshumanisation consécutive à une déchristianisation. « Ôtez le surnaturel, écrivait Chesterton, et il ne reste plus que ce qui n’est pas naturel. »

    JPSC

  • Les catholiques traditionnels vont connaître des temps difficiles

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    La Lettre de Paix liturgique (lettre 805 du 28 Juin 2021) :

    LES ENNEMIS DE SUMMORUM PONTIFICUM VEULENT LA GUERRE 

    « Vous allez avoir un nouveau Motu proprio dans les prochains jours ou semaines », a dit le 26 juin Mgr Minnerath, archevêque de Dijon aux fidèles de la messe traditionnelle venus manifester devant l’évêché leur mécontentement. » Mais avant même la parution de ce texte, si tant est qu’il soit bien publié, les témoignages sur les intentions des ennemis du précédent motu proprio, celui de Benoît XVI se multiplient :

    . Ainsi, le Cardinal Parolin, Secrétaire d’État, a affirmé devant un groupe de cardinaux : « Nous devons mettre fin à cette messe pour toujours !»

    . Et Mgr Roche, nouveau Préfet de la Congrégation du Culte divin, a expliqué en riant à des responsables de séminaires de Rome et des membres de la Curie, tous anglophones : « Summorum Pontificum est pratiquement mort ! On va redonner le pouvoir aux évêques sur ce point, mais surtout pas aux évêques conservateurs ».

    Il faut par ailleurs savoir que Mgr Minnerath, qui a ouvert les hostilités contre la communauté traditionnelle de Dijon, est membre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et se retrouve de ce fait tous les mois à Rome, immergé dans les milieux de la Curie qui ont préparé l’offensive contre Summorum Pontificum.  

    Le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI de 2007 était un compromis qui établissait ingénieusement une coexistence entre la messe de Paul VI et la messe tridentine, autrement dit, c’est vrai, entre l’eau et le feu. Il reste que la paix instaurée a été largement plébiscitée par le peuple chrétien, qu’il assiste ou pas à la messe ancienne, comme l’on démontré tous nos sondages.

    On sait, depuis que le pape en a parlé à la Conférence des Évêques d’Italie le lundi de Pentecôte, que le texte nouveau réduira la possibilité des prêtres diocésains de célébrer la messe traditionnelle. En outre, des mesures devraient intervenir pour conduire les prêtres des instituts Ecclesia Dei à célébrer aussi la messe nouvelle et pour faire entrer tant cette messe nouvelle que le magistère conciliaire dans la formation donnée dans les séminaires de ces communautés.

    Les partisans de la réforme liturgique ont pris conscience de l’importance du monde traditionnel

    L’exaspération, qui anime les partisans de la réforme liturgique devant l’opposition qu’ils ont rencontrée depuis l’origine, a été ravivée avec l’arrivée du pape François. Elle ne cesse de croître au fur et à mesure que le temps passe et que le pontificat va logiquement vers son achèvement : il faut en finir au plus vite avec cette opposition au Concile à laquelle le pape Benoît XVI avait donné un espace de liberté liturgique.

    L’offensive a été menée par un groupe de pression à la Curie et chez les évêques italiens qui s’est employé à faire comprendre aux décideurs romains que les deux messes en présence, la messe traditionnelle et la messe nouvelle, représentaient deux états doctrinaux incompatibles : celui de Vatican II et celui d’avant Vatican II. La grande idée d’Andrea Grillo, professeur de liturgie à l’Université romaine Saint-Anselme, est que Summorum Pontificum a introduit un état « d’exception liturgique » aberrant, qui met la liturgie traditionnelle et la liturgie nouvelle sur un pied d’égalité, ce qui est monstrueux et insupportable*.

    En outre, ces conciliaires purs et durs ont fini par comprendre que le monde traditionnel, avec ses prêtres, ses fidèles, ses œuvres, ses écoles, qu’ils affectaient de considérer comme marginal et méprisable, représente en réalité un poids non négligeable, d’autant que le monde conciliaire quant à lui s’épuise et s’étiole toujours plus.

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  • Benoît XVI fête aujourd'hui ses 70 ans de sacerdoce

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    D'Agnès Pinard Legry sur Aleteia.org :

    Les 70 ans de sacerdoce de Benoît XVI « pourrait se résumer par le mot abandon »

    28/06/21

    À l’occasion du 70e anniversaire de sacerdoce de Benoît XVI ce mardi 29 juin Christophe Dickès, historien et journaliste, revient pour Aleteia sur cet anniversaire symbolique. "Par sa vie de prêtre mais aussi par son œuvre de théologien, Joseph Ratzinger a témoigné de sa profonde espérance", explique-t-il à Aleteia.

    L’anniversaire d’une ordination sacerdotale, sonne, pour tout prêtre, comme un anniversaire de mariage. Âgé de 94 ans, Benoît XVI fête ce mardi 29 juin son 70e anniversaire de sacerdoce, soit des noces de platine avec le Seigneur. « Il est très difficile de résumer 70 ans d’une vie de sacerdoce », reconnaît auprès d’Aleteia Christophe Dickès, historien, journaliste et auteur de plusieurs ouvrages dont Le Vatican, vérités et légendes et L’héritage de Benoît XVI. D’après lui, le grand professeur et l’immense intellectuel qu’est Benoît XVI ne doit pas occulter le fait que la prêtrise « était réellement au centre de son existence ». Entretien.

    Aleteia : Quel regard portez-vous sur les 70 ans de sacerdoce de Benoît XVI ?
    Christophe Dickès : Il est très difficile de résumer 70 ans d’une vie de sacerdoce. S’il fallait choisir un mot, je pense que ce serait celui d’abandon. Joseph Ratzinger avait l’intime conviction que Dieu voulait quelque chose de lui. Mieux, qu’Il « attendait » quelque chose de lui et que cela passait par la prêtrise. Une anecdote qui peut paraître futile mais qui l’a marquée le jour de son ordination : alors que le cardinal Faulhaber lui posa les mains sur sa tête au moment de son ordination, un oiseau s’envola du Maître Autel puis se mit à chanter. Sans tomber dans la superstition, il y vit un signe, « une exhortation d’En-Haut » comme il a pu l’écrire.

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  • La stratégie des évêques allemands pour se débarrasser du cardinal Wölki

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    Indiscrétion fracassante de Bild : les évêques allemands envisagent de démissionner en bloc pour protester contre la gestion du scandale des abus par l’archevêque de Cologne Wölki. La défense de Müller dénonce l’instrumentalisation d’affaires passées, sur lesquelles Wölki s’est déjà expliqué, pour discréditer l’évêque « critique de l’unilatéralité de la voie synodale ». Les abus sont une excuse : le véritable objectif serait de se débarrasser du principal ennemi interne et de verrouiller la Voie Synodale qui crée plus d’un casse-tête à Rome.

    En Allemagne, un nouveau tremblement de terre dans l’Église est en cours. Après le succès médiatique de la démission annoncée en grande pompe par le cardinal Marx et rejetée par le pape, il semblerait qu’une bonne partie de l’épiscopat allemand ait l’intention de répéter le même scénario. L’objectif ? Toujours la même chose : mettre le cardinal Rainer Maria Wölki en difficulté et l’inciter une fois pour toutes à faire le pas de côté définitif. L’indiscrétion rapportée par le tabloïd « Bild » selon laquelle dans la hiérarchie ecclésiastique d’outre-Rhin l’hypothèse d’une démission en bloc pour protester contre la gestion du scandale des abus par l’archevêque de Cologne fait sensation.

    Le cardinal Gerhard Ludwig Müller est intervenu ces dernières heures pour défendre Wölki, affirmant qu’il y a une manipulation permanente des affaires passées afin de discréditer le successeur de Meisner en tant que « critique du caractère unilatéral de la Voie synodale« . Selon le Préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en fait, les évêques allemands qui ne souffrent pas Wölki ne cherchent ni à rendre justice aux victimes ni à assumer la responsabilité de leurs manquements personnels. Le véritable objectif serait donc de se débarrasser du principal ennemi interne et de protéger la voie synodale qui crée plus d’un casse-tête à Rome.

    En effet, l’enquête indépendante menée par l’avocat Björn Gercke et portant sur les abus sexuels sur mineurs commis au sein de l’archidiocèse de Cologne de 1975 à 2018 a exonéré l’archevêque actuel de toute responsabilité personnelle. Pourquoi, alors, devrait-il démissionner ? Par ailleurs, une visite apostolique confiée au cardinal Anders Aborelius, évêque de Stockholm, et à Mgr Johannes van den Hende est actuellement en cours à Cologne.

    La menace de démission collective, à l’instar de celles annoncées puis laissées sur le papier par le cardinal Marx, sonne plutôt comme une manière de forcer les choses au mépris des résultats de la visite apostolique. Le chapitre sur le retrait (seulement annoncé) de l’archevêque de Munich constitue d’ailleurs un précédent qui devrait compter comme un argument supplémentaire en défense de la position de Wölki : dans la lettre au Pape, en effet, à côté de l’accusation systémique, Marx a parlé de « nombreuses défaillances personnelles et erreurs administratives » dans le contexte de la catastrophe des abus sexuels. François a toutefois rejeté sa démission dans une lettre publique le 10 juin, dans laquelle il l’a confirmé à la tête de son archidiocèse. Pourquoi, alors, une grande partie de l’épiscopat allemand espère-t-elle une issue différente pour leur frère Wölki – sur qui ne pèse aucune responsabilité personnelle dans la gestion des abus – et est même prête à démissionner en bloc pour lui attirer des ennuis et le forcer à renoncer ?

    L’impression est qu’ils se cachent derrière un sujet médiatiquement sensible comme les abus pour régler des comptes internes en vue de la poursuite de la Voie synodale. D’autre part, c’est Marx lui-même qui a indiqué la Voie synodale comme le seul tournant pour sortir de la crise dans laquelle le scandale des abus a plongé l’Église. La corrélation avec une question aussi délicate a eu pour résultat, une fois le consensus médiatique encaissé, de renforcer le Synodaler Weg dont Marx était le grand promoteur et Wölki le principal détracteur.

    Jeudi, le pape François a reçu au Vatican Mgr Georg Bätzing, président de la Conférence épiscopale allemande. Selon ce dernier, l’audience s’est concentrée sur la situation de l’Église en Allemagne à la lumière de la gestion des cas d’abus sexuels et de la « situation difficile dans plusieurs diocèses. » Nous ne savons pas si Bätzing a pu informer le pape à cette occasion de l’intention d’une bonne partie des évêques allemands – rapportée par Bild – de proposer des démissions collectives. Le président de la Conférence épiscopale a toutefois tenu à faire savoir que François l’avait « encouragé à poursuivre sur la voie synodale » choisie.

  • Dijon : manifestation des fidèles de Saint-Bernard (FSSP)

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    Lu ce dimanche 27 juin sur le site web « riposte catholique » :

    Ce matin, entre 10h et midi près de 200 fidèles de Saint Bernard de Dijon se sont réunis devant l’archevêché pour prier et supplier l’archevêque de revenir sur sa décision d’expulser les prêtres de la FSSP du diocèse après 23 ans de présence.

    L’archevêque est sorti et a maintenu sa position, allant jusqu’à dire “l’unité, c’est moi“. Il s’est vu répondre “vous aviez l’union, vous avez semé la scission et la division, l’unité, c’est Dieu”.

    Un manifestant a rappelé les propos de Mgr Schneider ce 25 juin en conférence à Paris : L’église n’est pas une dictature. Le Pape n’est pas un Roi, il ne peut dire l’Eglise c’est moi comme Louis XIV a pu dire L’état c’est moi.

    Mgr Schneider continuait d’ailleurs : Les fidèles, les prêtres ont le droit à la liturgie de tous les saints et de tous les temps. S’attaquer à cette messe est un abus”.

    Bien que campé sur sa position – exiger des prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint Pierre qu’ils concélebrent “en signe de communion”, “sinon ils n’ont qu’à s’en aller“, une exigence qualifiée de “chantage” par les fidèles et qui témoigne d’une fragilisation croissante de la position de l’archevêque, apparu isolé et esseulé – il a néanmoins donné sa bénédiction en Latin aux fidèles.

    Après le départ de l’archevêque, chants et prières ont continué. Un fidèle a conclu par la parabole des amis importuns : “nous demandons notre pain spirituel, nous avons confiance (…) Tradidi quod accepi, j’ai transmis ce que j’ai reçu, nous demandons à continuer de faire l’expérience pleine et entière de la Tradition”.

    Ref. Dijon : manifestation des fidèles de Saint-Bernard (FSSP)

    La guerre des deux messes, apaisée sous le règne de Benoît XVI (motu proprio Summorum Pontiticum, 2007) va-t-elle reprendre sous celui de son turbulent successeur : en route vers une autre guerre de cent ans ?

    JPSC

  • Le sentimentalisme, venin de la liturgie

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    Il faut le dire sans ambages : le principal venin qui empoisonne la vie ecclésiale en général et la liturgie en particulier à notre époque, c’est le sentimentalisme. Le sentimentalisme aujourd’hui s’immisce partout, s’infiltre partout, déforme tout, défigure tout. Au cours de l’immense majorité des célébrations, c’est le sentimentalisme qui imprègne les chants, l’attitude des ministres comme des fidèles, les choix « décoratifs », les manières de prier, de proclamer la Parole de Dieu, etc. A la racine du sentimentalisme –qui réduit la vertu théologale de foi en un vague «sentiment religieux»- il y a cette erreur profonde voulant que l’acte de croire repose uniquement sur le « ressenti », par nature subjectif, de nature purement émotionnelle, et marqué par l’instabilité. C’est ce que souligne opportunément le site web « Pro Liturgia » dans un article paru ce 26 juin 2021 

    « On n’insistera jamais assez sur le fait que le sentimentalisme est la grande maladie qui ronge et corrompt la foi et la spiritualité dans le monde catholique d’aujourd'hui.

    Le sentimentalisme consiste à réduire la vertu théologale de foi à n’être plus qu'un « sentiment religieux », c’est à dire un « ressenti » ou un ensemble d’émotions plus ou moins fortes et variables non seulement d’une personne à une autre mais, au sein d'une même personne, d’un moment à l’autre. C’est ce qui explique qu’il n’y a plus aujourd'hui deux paroisses où la liturgie est célébrée de la même manière ; c’est ce qui explique que les célébrations soient envahies de chants sirupeux et mièvres qui plaisent à certaines catégories de fidèles mais qui en révulsent bien d’autres. Partout, c’est le règne de l’éphémère, de l’arbitraire, du relatif, du subjectif, de l’émotionnel, de la « pieuserie sucrée ». Il semble que les catholiques soient devenus totalement incapables de fonder leur spiritualité sur quelque chose de solide, de pérenne, de réellement et durablement nourrissant et, surtout, sur quelque chose d’objectif, de vrai.

    Que l’on ne s’imagine surtout pas que ce sentimentalisme ne touche que les catholiques étiquetés « progressistes » - qui ne sont d’ailleurs plus guère nombreux parmi les fidèles -. Le sentimentalisme touche tout le monde, même des catholiques réputés « conservateurs », voire « traditionalistes ». Mais il faut se poser la question : d’où vient cette invasion généralisée de sentimentalisme ?

    La racine du problème, loin de remonter simplement à la période post-conciliaire, est en réalité bien plus ancienne : elle a sa source dans une crise d’ordre anthropologique.

    En effet, pour les Anciens - c’est-à-dire pour les premiers chrétiens et toutes les générations qui se sont succédé jusqu’au bas Moyen-Âge, l’homme est un composé de trois réalités, unies mais distinctes : un corps, une âme, et un esprit. Cette réalité se fondait sur la vision chrétienne de l’homme telle qu’elle est exposée par S. Paul dans sa première épître aux Thessaloniciens : « Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers ; que votre esprit, votre âme et votre corps, soient tout entiers gardés sans reproche pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. » (1 Th. 5, 23)

    On a oublié que les animaux, eux aussi, ont une « âme » psychique : l’âme se dit « anima » en latin, ce qui a donné le mot « animal ». Tout être animé a une âme, c’est-à-dire une vie psychique. L’homme est un animal, mais il est aussi et surtout bien plus que cela : il est le seul animal spirituel de la Création, c’est-à-dire que c’est en lui insufflant un esprit que Dieu, qui « est Esprit » (Jean 4, 24) l’a créé à Son image (Gn 1, 26). Or, chez certains auteurs chrétiens, surtout en Occident à partir du Moyen-Âge déclinant (XIIIe siècle), cette très riche anthropologie ternaire s’est progressivement appauvrie en se transformant en un simple dualisme corps-âme. Certes, on a continué à distinguer « âme psychique » et « âme spirituelle », mais peu à peu la distinction entre ce qui relève de la « psychè » (l’âme psychique) et le « pneuma » (l’esprit) s’est affaiblie jusqu’à disparaître totalement des esprits.

    Cet obscurcissement de la doctrine anthropologique traditionnelle a eu deux conséquences majeures : l’une, très tardive et contemporaine, qui est que l’on ne voit plus clairement ce qui fait le propre de l’homme par rapport aux autres animaux, surtout à une époque où l'on découvre - ou où l’on re-découvre - que les animaux ont eux aussi une vie psychique, des sentiments, des émotions, etc. L’autre, beaucoup plus ancienne, qui est la confusion grandissante entre ce qui relève du psychique et ce qui relève du spirituel. Ceux qui étudient l’histoire de l’art sacré savent qu’une nette inflexion a lieu dans l’art religieux à partir de la fin du XIIIe siècle, et de manière croissante jusqu’à la Renaissance et les siècles suivants. Alors qu’auparavant l’art sacré se voulait la manifestation, par la médiation du symbolisme et du hiératisme intemporel, de vérités théologiques éternelles et objectives, il ne devient à partir de cette époque plus que l’expression du « sentiment religieux » de l’artiste et des modes religieuses subjectives de chaque époque. On prend pour une expression spirituelle authentique ce qui n’est en réalité qu’expression des affects et des émotions. On prend le psychique pour le spirituel. Les émois subjectifs naturels remplacent la foi conçue comme vertu théologale surnaturelle.

    Comme par hasard, cette même période correspond au moment où l’office divin chanté en communauté est remplacé par les dévotions privées, où le grégorien - chant théologique objectif par excellence - disparaît pour laisser la place à des pièces de polyphonie de plus en plus mièvres et compassées et théâtrales qui déjà annoncent les chansonnettes sirupeuses simili-liturgiques d’aujourd’hui. C’est aussi le moment où la très riche théologie biblique et patristique, fondée sur les données objectives de l’Écriture sainte et de la Tradition, et inscrite dans les rythmes du cosmos, laisse la place à une piété uniquement sentimentale et subjective versant tantôt dans le dolorisme le plus morbide, tantôt dans la mièvrerie la plus compassée.

    Il faut le dire clairement : une spiritualité qui n’est plus fondée que sur la confusion entre le psychique et le spirituel, et donc sur le sentimentalisme, n’est plus qu’une spiritualité gravement corrompue et frelatée et relève, en définitive, d'une fausse religion dont nos liturgies actuelles sont la parfaite illustration.

    Pour revenir à une religion vraie et à une spiritualité vraiment authentique, il est donc indispensable, d’une part, de revenir à l’anthropologie paulinienne fondée sur une claire distinction entre les dimensions corporelle, psychique et spirituelle de l’homme ; et d'autre part, de nourrir à nouveau la vie spirituelle des fidèles avec une piété qui soit vraiment, vraiment, vraiment liturgique, c’est-à-dire à la fois traditionnelle et biblique, fondée sur la spiritualité des psaumes ; c’est-à-dire nourrie des données objectives de l’Écriture sainte reçue et interprétée dans la Tradition pérenne de l’Eglise ; c’est-à-dire s’exprimant à travers les rites approuvés par l’Église et non les fadaises de tel célébrant - fût-il évêque - ou les pitreries pastorales de tel groupe de « laïcs en responsabilité ».

     JPSC

  • La liberté de foi des chrétiens menacée par des programmes agressifs de déchristianisation dans les institutions de l'UE, dans l'administration Biden, dans les États islamistes et athées

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    Interview de Lothar C. Rilinger sur kath.net :

    Cardinal Müller : Aucun être humain ne peut "décider de la vie et de la liberté de conscience et de foi d'autrui".

    24 juin 2021

    Cardinal Müller : "Actuellement, la liberté de foi des chrétiens ... est menacée par des programmes agressifs de déchristianisation dans les institutions de l'UE, dans l'administration Biden, dans les États islamistes et athées" 

    La base d'un État de droit démocratique est l'octroi des droits fondamentaux et des droits de l'homme. L'utilisation de ces droits trouve sa limite dans les droits fondamentaux et humains des tiers. La limite est fixée par la loi ou par les décisions de la cour constitutionnelle nationale et - donc en Europe - par la Cour européenne des droits de l'homme. Tant la législation que les décisions des cours constitutionnelles sont soumises au discours social, de sorte que les frontières peuvent se déplacer. Ce qui est inhabituel, en revanche, ce sont les développements connus sous le nom de culture de l'annulation et de politiquement correct, qui cherchent à établir ces limites au-delà du processus législatif ou des décisions judiciaires. Une élite idéologique dicte ce qui doit être considéré comme bon et ce qui doit être considéré comme mauvais afin de se présenter devant le tribunal autoproclamé de l'idéologie. Nous voulons en parler avec le cardinal Gerhard Ludwig Müller, dogmaticien et historien du dogme, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

    Lothar C. Rilinger : Le droit à la liberté d'expression est considéré comme un droit de l'homme. Pouvez-vous imaginer que ce droit de l'homme constitue la base inaliénable d'un État constitutionnel démocratiquement constitué ?

    Cardinal Gerhard Ludwig Müller : Ce que l'Etat est et ce qu'il peut faire envers ses citoyens est controversé. Après les expériences négatives de l'empiètement d'un État totalitaire, la Constitution de la République fédérale d'Allemagne part de l'inviolabilité de la dignité humaine, qui est le fondement et la limite de l'exercice de tout pouvoir étatique. En raison des différences philosophiques et religieuses dans la conception de l'homme, il n'existe cependant aucune conception des droits fondamentaux qui en découlent qui soit partagée par tous. Ce que nous considérons comme non négociable dans la tradition de la loi naturelle et du christianisme est méprisé dans certains États islamiques ou dans la Chine communiste comme une importation culturelle de l'"Occident".

    Je pense cependant qu'il est impossible de contourner la vérité de la raison : L'État existe pour le peuple et non le peuple pour l'État. Le citoyen n'est pas la propriété de ceux qui sont au pouvoir, mais le peuple est le souverain devant lequel le gouvernement est responsable. Aucun homme n'a le droit de décider de la vie, de l'intégrité corporelle, de la liberté de conscience et de croyance d'un autre. Il ne faut pas non plus parler de restriction des droits fondamentaux. Puisqu'ils nous viennent par nature ou, selon nous, sont accordés par notre Dieu et Créateur, ils ne peuvent être abrogés ou restreints. Seul leur abus ou leur utilisation au détriment d'autrui peut être sanctionné. En cas de guerre, de catastrophe ou de pandémie, les mesures nécessaires doivent être prises par l'autorité légitime dans l'intérêt du bien commun. Mais la crise Corona ne doit pas être l'occasion bienvenue de saper la démocratie et la liberté de la société civile au profit du paternalisme d'une élite autoproclamée qui veut enseigner à la grande masse du peuple ce qui est bon pour elle. L'État n'est pas comme un - mauvais - professeur qui traite ou malmène ses citoyens comme des "écoliers stupides".

    Rilinger : L'Etat doit-il accorder à ses citoyens le droit humain à la liberté d'opinion non seulement pour des raisons juridiques, mais aussi pour leur permettre de développer leur personnalité ?

    Cardinal Müller : Un Etat construit selon les principes d'une démocratie parlementaire n'a pas le droit d'accorder quoi que ce soit à des personnes libres. Accorder et priver vient du dictionnaire des dictatures éducatives autocratiques. Les faiseurs d'opinion, au nom de leur raison supérieure, s'estiment en droit et même moralement obligés d'exercer un contrôle absolu sur les esprits et les consciences de leurs objets d'attention. Dans un État de droit - par opposition à un État unitaire idéologique - il incombe à ses trois pouvoirs distincts de protéger et de garantir l'exercice des droits naturels des citoyens. Nous n'avons pas non plus besoin de politiciens, de juges ou de leurs porte-parole dans les médias d'État qui, comme des enfants mineurs, nous traitent parfois durement, parfois nous laissent courir avec une longue laisse. On aimerait souhaiter à certains propagandistes de l'humanité nationale de trouver d'abord le bonheur à l'issue de leurs études ou d'une expérience professionnelle plus longue, avant de penser à de nouvelles interdictions ou à des taxes plus élevées et de donner des falsifications du langage contre-gendré comme ses "sagesses" supérieures.

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  • Quand Gad Elmaleh rencontre le cardinal Sarah

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    De Famille Chrétienne :

    La rencontre improbable entre Gad Elmaleh et le cardinal Sarah

    <p>Gad Elmaleh et le cardinal Robert Sarah se sont rencontrés le 23 juin au soir chez des amis communs. Le comédien a lu tous les livres de l'ancien responsable du culte divin à Rome.</p>

    Gad Elmaleh et le cardinal Robert Sarah se sont rencontrés le 23 juin au soir chez des amis communs. Le comédien a lu tous les livres de l'ancien responsable du culte divin à Rome.

    La photo a très vite fait le tour de la cathosphère sur Twitter. Et pour cause : apercevoir le cardinal Robert Sarah côte à côte avec le comédien Gad Elmaleh, personne ne s’y attendait. Les deux hommes se sont rencontrés le 23 juin au soir « lors d’un dîner privé chez des amis communs », confirme-t-on dans l’entourage du cardinal Sarah. « Le cardinal savait que Gad avait lu ses livres, qu’il en parlait en bien et qu’il avait exprimé à des amis proches son désir de le rencontrer ». La venue du prélat catholique en France cette semaine a permis de mettre sur pied cette entrevue, malgré des agendas communs chargés. En publiant cette information sur twitter, le cardinal Sarah a souhaité « manifester publiquement cet échange très beau qu’ils ont partagé ».

    Une discussion sur la foi et la géopolitique

    De quoi justement ont parlé les deux hommes ? « De la foi mais aussi de questions géopolitiques, notamment concernant le Moyen-Orient puisque Gad Elmaleh est originaire du Maroc », assure l’entourage du cardinal Sarah. Ce dernier a été « très sensible à la recherche personnelle exprimée par Gad Elmaleh, de confession juive. Il a également été très touché par ce que le comédien lui a dit, des confidences très personnelles et intimes que ne regardent qu’eux deux ». Le cardinal a profité de cette rencontre pour exprimer à Gad Elmaleh son admiration pour la comédie musicale « Bernadette de Lourdes » que le comédien a co-produit avec Gilbert Coullier. Cette première rencontre ne sera probablement pas la dernière puisque les deux hommes ont exprimé leur souhait commun de se revoir. 

    « Le cardinal Sarah sera le prochain pape »

    Par le passé, Gad Elmaleh n’avait pas dissimulé son admiration pour l’ancien préfet pour la congrégation du culte divin. Dans le magazine L’1nvisible, en mars 2020, l'humoriste n’avait pas hésité à parier que le cardinal Sarah serait… le prochain pape ! « Je m’avance un peu, mais je le pense, je suis prêt à ouvrir les paris ». Il avait également battu en brèche l’idée que les catholiques traînaient une image ringarde. « Mais non, avait-il répondu. Il faut écouter le cardinal Sarah ! Il faut regarder les vidéos de prêtres extraordinairement marrants et intéressants : Baudouin Ardillier ou d’autres ! Il y a plein de prêtres qui sont extrêmement éclairés et très drôles ».

  • L'expulsion de la Fraternité Saint-Pierre à Dijon : un dangereux précédent ?

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    De Gabrielle Cluzel sur Boulevard Voltaire :

    “Expulsion” de la Fraternité Saint Pierre à Dijon : les fidèles montent au créneau

     23 juin 2021

    Dans « Tradiland » la nouvelle a fait l’effet d’une bombe.  Par une lettre en date du 17 mai, l’archevêque de , Mgr Roland Minnerath, a « remercié » la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) installée à la basilique Saint-Bernard depuis 23 ans, lui demandant de quitter les lieux pour la rentrée scolaire de septembre sans préciser la raison de cette décision. Il a fallu une entrevue avec un groupe de fidèles, et le 8 juin dernier, une mise au point du diocèse sur son site pour avoir une explication  : pour l’évêque, la communauté ne se mélange pas suffisamment au reste du diocèse, et surtout, les prêtres de la FSSP ne concélèbrent pas. Il est donc précisé que les fidèles pourront toujours assister à la  en rite extraordinaire, mais célébrée par des prêtres diocésains, et “pour tous les autres services pastoraux, comme la catéchèse, le patronage, le scoutisme et les autres activités apostoliques, les familles qui le désirent trouveront le meilleur accueil auprès des paroisses locales (…) ou de toute autre paroisse du diocèse“. Selon le communiqué, « le fait de confier maintenant les fidèles à des prêtres diocésains ne fera que renforcer leur communion avec l’Église diocésaine. »

    Mais les arguments avancés peinent à convaincre lesdits fidèles. Un père de  s’interroge : « Comment reprocher aujourd’hui aux prêtres de la FSSP ce qui les caractérise, la spécificité dont ils n’ont jamais fait mystère, leur inextinguible attachement au rite extraordinaire ? »

    Quoi qu’il en soit, ces 300 catholiques – 40 enfants inscrits au catéchisme – sont sonnés par cette « expulsion », comme ils l’appellent. Et veulent faire entendre leur voix. Ils ont  ouvert une page Facebook, posté sur Youtube une vidéo de soutien, et mis en ligne une supplique à l’évêque – réunissant à ce jour près de 4.500 signatures – pour lui demander de revenir sur cette décision. 

    Si l’affaire dépasse largement Dijon, c’est parce que les craintes d’effet « jurisprudence » sont fortes : s’ils étaient tous, in fine, sur un siège éjectable, ne tenant, même au bout d’un quart de siècle, qu’à un fil, celui du bon-vouloir de l’évêque ? Alors qu’il se dit qu’à Rome, le motu proprio institué par Benoît XVI serait menacé, les inquiétudes enflent, et avec elles les amertumes de ceux qui se disent considérés trop souvent comme des catholiques de seconde zone, grattant des plaies mal refermées. Certaines datent d’il y a quelques mois, quand Mgr Aupetit assimilait la volonté de recevoir la communion sur les lèvres à un « petit business », ou que Mgr Grech, secrétaire général du synode des évêques, qualifiait d’ « analphabétisme spirituel », de « foi immature » les manifestations, largement portées par les “cathos tradis”,  réclamant le retour de la messe pendant le confinement. Citons encore le bilan récent peu flatteur de la Conférence des Evêques sur l’application du Motu Proprio de 2007. 

    Si l’affaire fragilise psychologiquement la Fraternité Saint-Pierre, elle donne du grain à moudre à la Fraternité Saint-Pie X, qui ne manque pas, en relatant cette éviction à la hussarde, de rappeler ces propos de Mgr Lefèvre au sujet des communautés « ecclesiadéistes » : 

    « Il est évident qu’en se mettant dans les mains des autorités actuelles conciliaires, ils admettent implicitement le concile et les réformes qui en sont issues, même s’ils reçoivent des privilèges qui demeurent exceptionnels et provisoires. Leur parole est paralysée par cette acceptation. Les évêques les surveillent. »

    Au-delà de ces sphères, certains clercs, qui veulent rester anonymes, s’interrogent sérieusement : alors que la base des catholiques – cultuels comme culturels – se contracte, l’Église peut-elle  aujourd’hui s’offrir le luxe de laisser sur le bord du chemin ce clergé, et  faire fi de l’attachement de leurs fidèles ? 

    Parce que la réalité démographique est là, comme le constatait le sociologue Yann Raizon du Cleuziou dans La Croix il y a quelques mois, évoquant le catholicisme de  des années 1960-1970 : « Ses militants ont souvent voulu libérer leurs enfants de l’obligation d’assister à la messe pour privilégier l’engagement en faveur d’une  plus juste, jugé plus « évangélique ». Mais aujourd’hui, ses vétérans se trouvent sans postérité – ou presque – dans la jeunesse catholique résiduelle ». Les plus , eux, ont transmis. Et ont eu beaucoup d’enfants. 

    Ce dynamisme, ces jeunes pousses, qui repartent à la base du vieux tronc, devraient réjouir comme une divine surprise. Paradoxalement, il en irrite plus d’un. Car de ce côté-ci, les amertumes, les blessures et les non-dits sont aussi nombreux. Consciemment ou non, certains croyaient que le motu proprio ne visait qu’à assurer une transition compréhensive, en attendant que les vieillards nostalgiques passent (et trépassent). Aujourd’hui il est douloureux pour eux de se faire traiter parfois, avec la cruauté de la jeunesse, de « boomers »  et reprocher notamment d’avoir, par des initiatives liturgiques trop audacieuses, figé dans un cadre seventies daté et donc déjà démodé, une religion éternelle.  

    « Le mépris affiché pour les ultimes pratiquants est suicidaire », met en garde Yann Raison du Cleuziou. On pourrait en effet assister, mutatis mutandis, à une giletjaunisation spirituelle à bas bruit de ces fidèles périphériques, très attachés à leurs racines, leurs dévotions populaires, leurs rites ancestraux, et se sentant délaissés ou incompris par une élite aux manettes.

    En attendant, une manifestation statique est prévue samedi matin, à 10 heures, devant l’évêché de Dijon.