Le Vatican a interdit la célébration de la messe traditionnelle latine au sanctuaire de Notre-Dame de Covadonga, un rite qui a habituellement lieu à la fin du pèlerinage annuel de Notre-Dame de la Chrétienté en Espagne.
Les organisateurs de la quatrième édition du pèlerinage ont annoncé l'interdiction dans un message du 6 juillet sur X : « À l'archidiocèse d'Oviedo, ils nous ont informés qu'ils ont reçu des instructions du Dicastère pour le culte divin indiquant que la Sainte Messe traditionnelle ne doit pas être célébrée à Covadonga. »
Le pèlerinage aura lieu du 27 au 29 juillet au départ d'Oviedo. Notre-Dame de la Chrétienté explique sur son site Internet que le pèlerinage « est organisé par un groupe de fidèles laïcs catholiques dévoués à la célébration de la Sainte Messe selon la forme extraordinaire du rite romain », autrement connue sous le nom de Messe latine traditionnelle ou Messe tridentine.
« Le but du pèlerinage est la sanctification de l’âme par les grâces demandées à Notre Seigneur, par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, en offrant des prières, des sacrifices et des mortifications pendant trois jours. En ces jours de pèlerinage, nous confions spécialement notre patrie et le Saint-Père [au Seigneur] », peut-on lire sur le site.
Les organisateurs soulignent que le pèlerinage d’environ 60 miles « est indépendant de tout institut, communauté ou organisation religieuse ».
Selon l'archidiocèse d'Oviedo, cette dévotion à la Vierge Marie dans ce qui est aujourd'hui le sanctuaire de Covadonga remonte à « de nombreuses années avant la bataille de Covadonga » au cours de laquelle les chrétiens dirigés par le roi Don Pelayo ont vaincu l'armée musulmane envahissante au VIIIe siècle après J.-C.
« Actuellement, Covadonga reçoit plus d'un million de visiteurs tout au long de l'année, en provenance des cinq continents », indique l'archidiocèse espagnol sur sa page Web consacrée au sanctuaire.
« Ce n’est pas une raison pour être triste »
Etant donné l'interdiction d'offrir la messe traditionnelle à la basilique à la fin du pèlerinage, les organisateurs ont précisé dans leur communiqué sur X que cette année, la messe du troisième jour sera célébrée dans le camp des pèlerins le matin avant d'accomplir la dernière étape du pèlerinage. Cette messe sera sous la forme extraordinaire.
« Cette circonstance ne doit pas être un motif de tristesse, mais doit nous encourager à persévérer dans l’amour et la dévotion que nous professons pour le Saint Sacrifice de l’Autel au sein de la Sainte Mère l’Église », ont-ils déclaré.
Au lieu de la messe, « à l'arrivée à Covadonga, le chant du Te Deum aura lieu devant le Saint-Sacrement solennellement exposé et la consécration à la Sainte Vierge aura lieu pour conclure le pèlerinage », ont précisé les organisateurs de Notre-Dame de la Chrétienté.

Ce chant d'entrée de la fête du Saint-Sacrement est aussi celui du lundi de la Pentecôte dans le répertoire de la forme extraordinaire. La Pentecôte est aujourd'hui davantage liée au sacrement de confirmation, mais dans l'antiquité, elle était, comme la fête de Pâques, un moment liturgique privilégié pour la réception des sacrements de l'initiation (baptême, eucharistie, confirmation). Le chant d'entrée du lundi de la Pentecôte, avec la mention du froment et du miel, faisait écho à celui du lundi de Pâques qui s'adressait aux néophytes en leur disant : « Le Seigneur vous a introduits dans une terre où coulent le lait et le miel... » L'Eucharistie se trouve au cœur de cette liturgie baptismale et ces belles images paradisiaques de nos deux introïts s'unissent pour célébrer le sacrement de la nourriture vitale des chrétiens qui est le Christ lui-même. Aux premiers communiants, on faisait boire jadis un mélange de lait et de miel qui symbolisait la douceur du Seigneur caché dans l'hostie se donnant avec prédilection aux âmes innocentes, aux âmes des enfants. On retrouve ici l'image du miel que les abeilles, en Palestine, confectionnaient parfois dans le creux des rochers. Le rocher ou la pierre, est une autre image du Christ, fondement de notre foi. L'Eucharistie est précisément le sacrement de la foi, Mysterium fidei , « Il est grand le mystère de la foi », s'écrie le prêtre après la consécration. Quant à la fleur de froment, c'est le grain purifié de son enveloppe, le grain dans sa pureté, dans sa nudité, ce qui évoque le sacrifice et donc le mystère de la croix dont l'Eucharistie est aussi le sacrement. Saint Ignace d'Antioche souhaitait devenir le froment du Christ, c'est-à-dire être moulu par la dent des bêtes et devenir un pain très pur, à l'exemple de son Maître. Le texte de notre chant d'entrée est donc très évocateur, on le voit. Il nous parle d'une nourriture à la fois fondamentale et mystérieuse qui convient très bien pour suggérer l'Eucharistie.