Du site d'Una Voce :
Troisième dimanche de l’Avent dit “Gaudete”
Si vous n’avez pas reconnu qui chantaient en 1956 les cinq pièces de cette messe, isolées pour les choristes, découvrez-les en cliquant ICI pour accéder au site d'Una Voce.
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Troisième dimanche de l’Avent dit “Gaudete”
Si vous n’avez pas reconnu qui chantaient en 1956 les cinq pièces de cette messe, isolées pour les choristes, découvrez-les en cliquant ICI pour accéder au site d'Una Voce.

Missel.free approfondit la signification du dimanche de "Gaudete"
"Au VIII° siècle, et encore au XII° siècle, lorsque les quatre dimanches de l’Avent étaient considérés comme les étapes d’un temps d’allégresse, tout à la joie de la venue prochaine du Rédempteur, le troisième dimanche était le point culminant de cette montée joyeuse vers Bethléem. Il porte le nom de « Gaudete » (ce qui signifie : « soyez joyeux ») en raison du premier mot de l’Introït. Certes, parce qu’il est par excellence l’hymne de Noël, le « Gloria in excelsis Deo » ne réapparaît pas encore ; la liturgie romaine qui suspend les exercices pénitentiels le dimanche mais y célèbre cependant, depuis le début de l’Avent, en ornements violets et sans fleurs, tempère aujourd’hui ses rappels pénitentiels en prenant les ornements roses. « Par sa couleur, le symbole de la joie de l'Eglise, dont l'odeur figure les bonnes œuvres de la personne à honorer, alors que la rose elle-même, produite de la racine de Jessé, est mystiquement la fleur des champs et le lys de vallées dont parle l'Ecriture, c'est-à-dire Jésus né de Marie. »
lire la suite ici : http://missel.free.fr/Annee_B/avent/gaudete.html
Du "choix" entre Sainte Lucie et Sainte Odile
Chaque année, le curé qui accorde de l’importance au sanctoral est mis en demeure de choisir entre sainte Lucie et sainte Odile et, quelle que soit celle qu’il choisit de présenter, il s’attire la déception d’une partie de ses paroissiens qui ont de bonnes raisons, familiales ou régionales, de célébrer l’autre.
Il ne manquerait plus que les bretons veuillent fêter leur saint roi Josse qui se fit ermite, ou que les artésiens entendent célébrer leur saint évêque Aubert qui sauva leurs pères de la famine, que les nivernais veuillent rappeler la dédicace de leur cathédrale, que les auvergnats veuillent honorer la sainte recluse Vitalène dont saint Grégoire de Tours raconta la vie, ou que les cadurciens veuillent entendre la messe de leur saint évêque Ursize, voire que les gens d’Ile-de-France se souviennent la sainte moniale de Chelles, Elisabeth-Rose, qui fonda l’abbaye de Rozoy ; heureusement que la fête de sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal a été avancée d’un jour et que sont encore bienheureux les autres français montés sur les autels comme Ponce de Balmey, évêque de Belley, et le dominicain Jean Chauveneau que les protestants martyrisèrent.
Pourquoi ne pas célébrer ensemble sainte Lucie et sainte Odile ? En effet, pendant que l’Eglise chemine à travers l’Avent vers le fulgurent avènement du Soleil de Justice, toutes les deux sont, de singulière façon, les témoins de la lumière du Christ qui éclaire les nations, auquel elles ont parfaitement offert leur vie, l’une dans l’éclatant martyre sanglant et l’autre par l’obscure observance monastique. La brune vierge de Syracuse, Lucie, dont le nom est dérivé du latin lux (la lumière), qui préféra s’arracher les yeux pour goûter la lumière céleste plutôt que de jouir de la lumière terrestre annonce la blonde jeune fille d’Alsace, Odile, qui recouvra la vue lorsque, rejetée par ses parents des honneurs du monde, elle reçut, dans le baptême, la lumière de la foi. Si, pour la fête de la sicilienne, on allume des cierges qui annoncent l’approche du solstice et de la naissance du Christ, dans les attributs de l’alsacienne, on place un coq qui annonce le lever du jour et le triomphe de la lumière du Christ sur les ténèbres de la mort. Quand le propre de Syracuse, par l’intercession de sainte Lucie, nous fait demander à Dieu, d’être délivrés de tout aveuglement de l’esprit et du corps pour mériter plus facilement de contempler les biens célestes, le missel de Frissingue, par l’intercession de sainte Odile, supplie la clémence divine, de nous accorder la grâce de la lumière terrestre et la gloire de l’éternelle clarté. Jadis, au temps ténébreux de l’occupation allemande, l’Alsace espérait la lumière libératrice de la prière de sainte Odile qu’elle priait sur sur sa montagne, tandis que la Lorraine se confiait à sainte Lucie dont elle gardait les reliques à Ottange.
Prions donc ensemble sainte Lucie et saint Odile qui ne seront pas trop de deux, pour nous aider à bien recevoir le Divin Enfant de Noël. Puisse leur commune intercession nous obtenir davantage de grâces pour les pieux exercices de l’Avent : que leurs prières nous aident mieux voir les vérités que le Seigneur nous a révélées, à mieux observer les commandements qu’il nous a donnés et à mieux goûter les secours qu’il nous a préparés.
De Thomas Edwards sur le Catholic Herald :

L'essor du catholicisme traditionaliste
Si le dictionnaire catholique devait se mettre à jour fin 2025, il pourrait inclure le mot « tradismatique ». Ce n’est peut-être pas un phénomène aussi répandu sur Internet que le terme « ick » , mais il décrit assurément une spiritualité croissante chez les catholiques. Comme son nom l’indique, « tradismatique » est la contraction de deux expressions liturgiques majeures du XXIe siècle : « trad », pour traditionaliste, et « ismatique », pour charismatique.
Les traditionalistes, qui ont fait couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux, restent fidèles à la foi telle qu'elle était avant les réformes liturgiques des années 1960. On les voit en grand nombre fréquenter les chapelles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et de l'Institut du Christ-Roi ; les hommes portent des costumes et tiennent leurs bréviaires, tandis que les femmes arborent d'élégantes mantilles dont la couleur indique le statut marital (le cas échéant : noir pour les personnes mariées, blanc pour les célibataires).
Leur préférence liturgique va au Missel de 1962, ou – pour les traditionalistes les plus fervents – à celui d'avant les réformes de 1955. Lors des messes célébrées par les traditionalistes, le prêtre se tourne vers l'est, dos à l'assemblée, et la messe tridentine est empreinte de révérence et de respect pour le mystère qui se déroule. Les fidèles se confessent régulièrement et, s'ils ne le font pas, ne communient pas. La communion est reçue à genoux et sur la langue.
Le mot gallois « hiraeth », qui traduit une nostalgie pour une culture et une identité d'un passé peut-être jamais connu, résume bien ce que recherchent les traditionalistes. Ces derniers aspirent à une époque où la foi était le fondement de l'existence et imprégnait tous les aspects de la vie, procurant un sentiment de sécurité morale. Ils sont généralement jeunes et s'insurgent contre la culture trépidante qui les entoure, laquelle remplace le silence par des écrans de poche et substitue le vice à la vertu. À travers les célébrations liturgiques ancestrales d'une autre époque, ils pénètrent dans les mystères éternels et échappent aux travers de la modernité qu'ils ressentent avec une acuité particulière, eux qui appartiennent à la première génération élevée à l'iPhone.
Introït de la fête de l'Immaculée Conception
"Ant. ad Introitum. Is. 61, 10. Introït Gaudens gaudébo in Dómino, et exsultábit ánima mea in Deo meo : quia índuit me vestiméntis salútis : et induménto iustítiæ circúmdedit me, quasi sponsam ornátam monílibus suis.
Je me réjouirai avec effusion dans le Seigneur, et mon âme sera ravie d’allégresse en mon Dieu : car il m’a revêtu des vêtements du salut : et il m’a entouré des ornements de la justice, comme une épouse parée de ses bijoux. Ps. 29, 2
Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me : nec delectásti inimícos meos super me.
Je vous exalterai, Seigneur, parce que vous m’avez relevé, et que vous n’avez pas réjoui mes ennemis à mon sujet."
Populus Sion, (Introit du 2e dimanche de l'Avent)
ecce Dominus veniet ad salvandas gentes :
et auditam faciet Dominus gloriam vocis suae,
in laetitia cordis vestri.Peuple de Sion,
voici le Seigneur qui va venir pour sauver les nations ;
et le Seigneur fera entendre sa voix pleine de majesté.
Et votre cœur sera dans la joie.
Prête l’oreille, berger d’Israël,
toi qui conduis Joseph comme un troupeau.
(Isaïe 30, 19.30 / Psaume 80, 1)
De Vatican News :
4 décembre 2025
Commission Petrocchi: non au diaconat féminin, même si le jugement n'est pas définitif
«Le statu quo concernant la recherche historique et l'enquête théologique, considérées dans leurs implications mutuelles, exclut la possibilité d'avancer dans le sens de l'admission des femmes au diaconat compris comme un degré du sacrement de l'ordre. À la lumière de l'Écriture Sainte, de la Tradition et du Magistère ecclésiastique, cette évaluation est forte, même si elle ne permet pas à ce jour de formuler un jugement définitif, comme dans le cas de l'ordination sacerdotale». Tel est le résultat auquel est parvenue la deuxième commission présidée par le cardinal Giuseppe Petrocchi, également archevêque émerite de L'Aquila, qui, sur mandat du Pape François, avait examiné la possibilité de procéder à l'ordination des femmes diacres et qui a achevé ses travaux en février dernier. Le rapport de sept pages, envoyé par le cardinal à Léon XIV le 18 septembre dernier, est désormais rendu public ce jeudi, à la demande du Pape.
Lors de sa première session de travail en 2021, la commission avait établi que «l'Église a reconnu à différentes époques, en différents lieux et sous différentes formes le titre de diacre/diaconesse attribué aux femmes, mais en lui attribuant une signification qui n'est pas univoque». En 2021, à l'unanimité, la réflexion théologique a conduit à affirmer que «l'étude systématique du diaconat, dans le cadre de la théologie du sacrement de l'ordre, soulève des questions sur la compatibilité de l'ordination diaconale des femmes avec la doctrine catholique du ministère ordonné». Toujours à l'unanimité, la commission s'est prononcée en faveur de la création de nouveaux ministères qui «pourraient contribuer à la synergie entre les hommes et les femmes».
Lors de la deuxième session de travail en juillet 2022, la commission a approuvé (par 7 voix pour et 1 contre) la formulation reproduite intégralement au début de cet article, qui exclut la possibilité de procéder à l'admission des femmes au diaconat en tant que degré du sacrement de l'ordre, mais sans formuler aujourd'hui «un jugement définitif».
Enfin, lors de la dernière session de travail, en février 2025, après que le Synode a autorisé toute personne le souhaitant à envoyer sa contribution, la commission a examiné l'ensemble des documents reçus. «Même si les contributions ont été nombreuses, seules vingt-deux personnes ou groupes ont envoyé leurs travaux, représentant un petit nombre de pays. Par conséquent, bien que le matériel soit abondant et, dans certains cas, habilement argumenté, il ne peut être considéré comme la voix du Synode et encore moins celle du peuple de Dieu dans son ensemble».
Le rapport résume les arguments pour et contre. Les partisans soutiennent que la tradition catholique et orthodoxe de réserver l'ordination diaconale (mais aussi presbytérale et épiscopale) aux seuls hommes semble contredire «l'égalité entre l'homme et la femme à l'image de Dieu», «l'égale dignité des deux sexes, fondée sur ce principe biblique»; la déclaration de foi selon laquelle «il n'y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre, ni homme ni femme, car vous êtes tous "un" en Jésus-Christ» (Galates 3,28); le développement social «qui prévoit un accès égal, pour les deux sexes, à toutes les fonctions institutionnelles et opérationnelles».
De l’autre côté, la thèse suivante a été avancée: «La masculinité du Christ, et donc la masculinité de ceux qui reçoivent l'ordre, n'est pas accidentelle, mais fait partie intégrante de l'identité sacramentelle, préservant l'ordre divin du salut en Christ. Modifier cette réalité ne serait pas un simple ajustement du ministère, mais une rupture avec la signification nuptiale du salut». Ce paragraphe a été soumis au vote et a obtenu 5 voix favorables à la confirmation de cette formulation, tandis que les 5 autres membres ont voté pour le supprimer.
Avec 9 voix pour et une voix contre, le souhait a été formulé d'élargir «l'accès des femmes aux ministères institués pour le service de la communauté (...) assurant ainsi également une reconnaissance ecclésiale adéquate à la diaconie des baptisés, en particulier des femmes. Cette reconnaissance sera un signe prophétique, en particulier là où les femmes souffrent encore de situations de discrimination sexuelle».
De Nico Spuntoni sur la NBQ :
De la Turquie au Liban, l'engagement de Léon XIV en faveur de l'œcuménisme et de la paix
– L’arrivée du pape apporte du réconfort à un Liban dévasté, par Elisa Gestri

Le premier dimanche de l'Avent, Léon XIV était partagé entre la Turquie et le Liban. Sa dernière journée en Turquie commença à la cathédrale apostolique arménienne. Il fut accueilli par Sahak II, patriarche arménien de Constantinople, à qui le pontife offrit humblement de goûter le pain qu'il venait de bénir. Un des moments les plus spontanés de sa visite fut marqué par un message du Saint-Père axé sur l'idéal de réconciliation. « Sur le chemin de l'unité, nous sommes précédés et entourés d'une multitude de témoins », rappela Prevost, qui, parmi les saints de la tradition arménienne, cita Nersès IV Shnorhali, poète, musicien, théologien et intellectuel accompli, précurseur de l'œcuménisme dès le XIIe siècle.
Le discours de Sahak II fut particulièrement significatif. Il loua la papauté pour son rôle de guide moral et exprima sa gratitude pour toutes les fois où les papes, à travers l'histoire, se sont élevés contre les souffrances des Arméniens. Puis, au siège du Patriarcat œcuménique de Constantinople, Léon XIV conclut son pèlerinage en Turquie par une Divine Liturgie en la cathédrale Saint-Georges, organisée par Bartholomée Ier en mémoire de l'apôtre André. Le pape remercia Bartholomée Ier pour son soutien aux travaux de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe, et l'exhorta à « tout mettre en œuvre pour que toutes les Églises orthodoxes autocéphales reprennent une participation active à cet effort ». En effet, après le schisme orthodoxe de 2018, provoqué par les tensions liées à l'autocéphalie de l'Église ukrainienne, le Patriarcat de Moscou – un grand « adversaire » de Constantinople – avait choisi de ne pas participer aux discussions de la Commission.
À la fin de la liturgie , Léon et Bartholomée sont apparus au balcon et ont donné une bénédiction œcuménique aux participants. Le pape a quitté Istanbul après avoir déjeuné avec le patriarche œcuménique. Durant son séjour en Turquie, Léon a également rencontré Andrea Minguzzi, un chef italien très réputé en Turquie, qui lui avait écrit pour lui faire part de son désir de le rencontrer et de lui raconter l'histoire de son fils Mattia Ahmet, décédé à seulement 14 ans après avoir été poignardé sur un marché d'Istanbul en janvier dernier. Cet incident avait suscité une vive émotion dans tout le pays.
Durant le vol pour Beyrouth, Léon XIV a évoqué sa rencontre avec Erdogan, expliquant qu'ils avaient discuté de l'Ukraine et de Gaza et réaffirmant que le Saint-Siège défendait depuis des années la position de « deux peuples, deux États ». Le pape a déclaré qu'« à l'heure actuelle, Israël n'accepte toujours pas cette solution », mais il a également exprimé un espoir, réaffirmant l'amitié du Saint-Siège avec Israël et déclarant vouloir « jouer un rôle de médiateur auprès des deux parties afin de nous rapprocher d'une solution juste pour tous » en faveur d'une reprise du dialogue. Il a ajouté qu'« aujourd'hui, des propositions concrètes pour la paix sont à nouveau formulées ». Dans l'après-midi, il a atterri au Liban et a été accueilli par les autorités libanaises.
Aujourd'hui sera une journée chargée pour le Pontife, qui commencera sa visite au monastère Saint-Maron à Annaya pour prier devant le tombeau de Saint Charbel Maklūf et la terminera par une rencontre avec des jeunes sur la place devant le Patriarcat maronite d'Antioche à Bkerké.
Chant d’entrée de la messe
« Ad te, Domine, levavi animam meam:
Deus meus, in te confido; non erubescam.
Neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui sustinent te, non confundentur.
Vias tuas, Domine, demonstra mihi, et semitas tuas edoce me.
Vers toi j'élève mon âme, mon Dieu, en toi je mets ma confiance, je n'aurai pas à en rougir. Que mes ennemis ne se moquent pas de moi, car tous ceux qui t'attendent ne seront pas confondus.
Seigneur, fais-moi connaître tes voies, enseigne-moi tes sentiers »
(Psaume 24, 1-4)
Ce tout premier chant de l'année liturgique est emprunté au psaume 24, un des psaumes les plus utilisés dans la liturgie. Quand le psalmiste chante sa peine, son angoisse, sa joie, sa confiance, ce n'est jamais une prière purement individuelle. Au contraire, c'est toujours une prière qui inclut les deux dimensions personnelle et communautaire. On ne se sauve pas tout seul, mais ensemble, en famille. On comprend pourquoi l'Église a su, avec son instinct d'épouse et de mère, recueillir en elle ce trésor unique de la prière biblique et le dispenser à ses enfants, notamment à travers la liturgie.
De Paul Senz sur le CWR :
Dans son nouvel ouvrage, le cardinal Sarah explore en profondeur le culte, la liturgie et la musique sacrée.
Dans Le Chant de l'Agneau , explique l'intervieweur Peter Carter, « le cardinal Sarah expose clairement les définitions et les principes de la liturgie et de la musique sacrée, qu'il est toujours rafraîchissant de comprendre à nouveau et d'approfondir. »
L'un des fronts liturgiques est celui de la portée musicale.
Le Chant de l’Agneau : Musique sacrée et liturgie céleste (Ignatius Press, 2025) est le dernier ouvrage du cardinal Robert Sarah, fruit d’un dialogue avec Peter Carter, directeur du Catholic Sacred Music Project . Leur conversation explore la riche tradition spirituelle de la musique sacrée catholique, se penche sur la confusion liturgique qui règne actuellement et propose non seulement un diagnostic des problèmes, mais aussi une voie vers un véritable renouveau, y compris au niveau paroissial.
Le cardinal Robert Sarah est l'ancien préfet de la Congrégation (aujourd'hui Dicastère) pour le Culte Divin au Vatican, et l'auteur de nombreux ouvrages (dont plusieurs entretiens de la longueur d'un livre), parmi lesquels Le pouvoir du silence : contre la dictature du bruit , La journée est déjà bien ava ), parmi lesquels Le pouvoir du silence : contre la dictature du bruit , La journée est déjà bien avancée , Dieu ou rien : une conversation sur la foi avec Nicolas Diat , Il nous a tant donné : un hommage à Benoît XVI et Du plus profond de nos cœurs : sacerdoce, célibat et crise de l'Église catholique . ncée , Dieu ou rien : une conversation sur la foi avec Nicolas Diat , Il nous a tant donné : un hommage à Benoît XVI et Du plus profond de nos cœurs : sacerdoce, célibat et crise de l'Église catholique .
Peter Carter s'est récemment entretenu avec Catholic World Report au sujet de son entretien majeur avec le cardinal Sarah, du rôle de la beauté dans l'évangélisation et de l'importance de la liturgie sacrée.
Ce dimanche 23 novembre clôture l’année liturgique. Dans la forme ordinaire du rite romain on chante à cette occasion la messe du Christ-Roi et dans l’une et l’autre forme du rite, la célébration peut se conclure aussi par un « Te Deum » d’action de grâce pour l’année écoulée. Sur le site web du bimensuel « L’Homme Nouveau », un moine de Triors commente l’alleluia grégorien de cette messe. JPSC :
« L’alléluia de la solennité du Christ-Roi (forme ordinaire) s’inspire de l’alléluia du temps pascal, Christus resurgens. Dans l’un et l’autre cas, on ne peut manquer d’être frappé par le contraste un peu saisissant qui existe entre le texte et la mélodie. À Pâques, on célèbre le Christ vainqueur de la mort à tout jamais ; ici, on exalte un pouvoir, une royauté universels et éternels. Or dans les deux cas, la mélodie paisible du premier mode qui a été choisie à dessein, exprime de façon vraiment singulière le caractère transcendant des réalités divines. On devine que Dieu ne triomphe ni ne règne à la manière des hommes.
Dieu nous surprendra toujours. Il surgira, dans notre vie personnelle comme à la fin des temps, à la manière d’un voleur qu’on n’attendait pas. La puissance de Dieu, son règne éternel, infini, indestructible, n’ont pas besoin de violence pour s’établir, comme nous l’expérimentons avec les tyrans de la terre.
Un brise légère
La douceur de son Amour, cette brise légère presque imperceptible qui suffit à gouverner le monde, est bien plus terrible à ses adversaires qu’une violence physique ou morale qui témoignerait plutôt de sa faiblesse. Sa victoire la plus radicale, Dieu a voulu la remporter silencieusement, à l’aide d’un instrument on ne peut plus délicat. Le poète l’a bien saisi quand il affirme : « Tranquille et nu se pose au-dessus du blasphème le pied d’une petite enfant nazaréenne » (Francis Jammes, Clairières dans le ciel). Comprenons bien cela quand nous célébrons le Christ-Roi, quand nous chantons cet alléluia tout en douceur dont le texte nous parle pourtant de puissance et de règne."
Pour écouter, cliquez ici:
Réf : Alleluia du Christ Roi
D'Edward Pentin sur le NCR :
Lettre ouverte défendant la messe traditionnelle contre les accusations de « spectacle » du cardinal Cupich
Le cardinal de Chicago a formulé des critiques indirectes à l'égard de la messe traditionnelle dans une réflexion du 22 octobre.

Un expert liturgiste italien a adressé une lettre ouverte au cardinal Blase Cupich de Chicago, critiquant les récentes affirmations de ce dernier, publiées par le site d'information du Vatican, selon lesquelles la messe traditionnelle en latin est un « spectacle » qui empêche la « participation active » de tous les baptisés.
Dans sa lettre publiée le 18 novembre, le père Nicola Bux, ancien consulteur sous le pontificat de Benoît XVI auprès des Congrégations pour la Doctrine de la Foi et les Causes des Saints, a contesté l'argument du cardinal, affirmant qu'il avait en réalité mal compris à la fois les objectifs des Pères conciliaires et la signification historique et l'importance du rite romain traditionnel.
Dans une réflexion du 22 octobre sur l'exhortation apostolique Dilexi Te du pape Léon XIV, le cardinal Cupich avait formulé des critiques indirectes à l'égard de la messe traditionnelle. Dans son commentaire, publié sur Vatican News, il attirait l'attention sur un passage de l'exhortation qui, selon lui, offrait une « nouvelle compréhension » de la réforme liturgique du Père conciliaire. Citant ce texte, le cardinal Cupich écrivait que le monde avait besoin d'une « image nouvelle de l'Église, plus simple et plus sobre », qui ressemble davantage au Seigneur qu'aux puissances temporelles et qui s'engage à éradiquer la pauvreté dans le monde.
Le cardinal Cupich a soutenu que les réformes liturgiques des années 1970 tentaient précisément de faire cela : purifier le culte, le rendre simple et sobre, capable de « parler aux gens de ce temps d’une manière qui ressemble davantage au Seigneur, et de lui permettre de reprendre, d’une manière nouvelle, la mission de proclamer la bonne nouvelle aux pauvres ».
Cela était conforme à la pensée des Pères conciliaires, a affirmé le cardinal, ajoutant que leur désir était de présenter « une Église définie non par les attributs du pouvoir mondial », mais lui permettant de « parler [aux] gens de ce temps d’une manière qui ressemble davantage au Seigneur ».
Le cardinal a appuyé ses affirmations sur des « recherches universitaires » qui, selon lui, avaient été menées sur la réforme liturgique et qui avaient révélé que le rite romain traditionnel avait « incorporé des éléments des cours impériales et royales », faisant de sa liturgie « davantage un spectacle qu’une participation active de tous les baptisés ».
« En purifiant la liturgie de ces adaptations, l’objectif était de permettre à la liturgie de soutenir la conscience renouvelée que l’Église a d’elle-même », a écrit le cardinal Cupich. Le pape saint Paul VI l’a également noté lors du concile Vatican II, a-t-il précisé, ajoutant que le but de Jean XXIII en convoquant ce concile était d’« ouvrir de nouveaux horizons à l’Église et de répandre sur toute la terre les sources nouvelles et encore inexploitées de la doctrine et de la grâce du Christ notre Seigneur ».
Lettre ouverte
Dans sa lettre ouverte au cardinal, le père Bux a réfuté les affirmations du cardinal Cupich, déclarant que la liturgie devait être un spectacle sacré glorifiant Dieu et insistant sur le fait qu'il était « faux » que le Concile ait « souhaité une liturgie pauvre ». Il a expliqué que la constitution sacrée du Concile sur la liturgie, Sacrosanctum Concilium, demande au contraire que « les rites se distinguent par une noble simplicité », car ils doivent exprimer la majesté de Dieu, qui est la beauté même, et non les trivialités du monde. Le père Bux a affirmé que l'Église l'avait compris dès ses origines, tant en Orient qu'en Occident, ajoutant que « même saint François prescrivait que les linges et les vases les plus précieux soient utilisés pour le culte ».
Concernant la participation, le père Bux a déclaré que le rite romain traditionnel pré-réformé, également connu sous le nom d' usus antiquior, est conforme à l'enseignement du Concile sur ce sujet : la participation doit être « pleine, consciente, active et féconde », elle doit aider le fidèle à entrer dans le mystère qui se déploie à travers les prières et les rites, et la liturgie doit « nous élever autant que possible vers la vérité et la beauté divines ». Il a également cité les paroles du pape Léon XIV, prononcées avant son élection, selon lesquelles l'évangélisation doit trouver un moyen de réorienter l'attention du public « vers le mystère ».
« L’usus antiquior du rite romain remplit cette fonction », a déclaré le père Bux, « sinon il n’aurait pas pu résister à la sécularisation du sacré qui s’est introduite dans la liturgie romaine, au point de faire croire que le concile lui-même l’avait voulu. »
Enfin, le père Bux a souligné que, depuis l'Antiquité, la liturgie est « solennelle afin de convertir un grand nombre de personnes à la foi » et que, pour cette raison, elle ne doit pas « imiter les modes du monde », en recourant à la danse, aux applaudissements ou à d'autres nouveautés de ce genre. Le culte solennel est authentique, a-t-il affirmé, et il a demandé au cardinal d'« engager un dialogue synodal » sur cette question, « pour le bien de l'unité ecclésiale ».
Dans des commentaires publiés dans le Register, d'autres liturgistes ont également critiqué la position du cardinal Cupich sur la liturgie traditionnelle. Soulignant le lien profond entre la royauté et la liturgie du Temple, l'auteur et compositeur catholique Peter Kwasniewski a expliqué comment l'image d'une cour royale a été adoptée dans le culte chrétien comme un cadre naturel et normatif.
Ce thème, a-t-il déclaré en citant une conférence qu'il avait donnée en mai 2022, traverse l'Ancien et le Nouveau Testament, soulignant Dieu comme le Roi suprême, l'identité royale et sacerdotale d'Israël, le Christ comme le Roi de toute la création, et ses anges et ses saints comme sa cour royale.
« Notre sacrifice ecclésial, la Très Sainte Eucharistie, est une offrande royale et sacerdotale », a-t-il déclaré. « La liturgie doit refléter la vérité de Dieu — sa monarchie absolue, son règne paternel, sa cour hiérarchique dans la splendeur indicible de la Jérusalem céleste — et non les vérités passagères de nos organisations politiques modernes et provisoires. »
De plus, Kwasniewski a souligné que conduire la liturgie de manière à la rendre « moins courtoise, moins royale, moins hiératique, moins splendide » revient à la dénaturer : la rendre « moins authentique, moins céleste, moins réelle » – autrement dit, à la protestantiser. L’une des « plus grandes grâces de la liturgie latine traditionnelle », a-t-il affirmé, est donc sa « représentation pure, ouverte et sans fard de la cour du grand Roi du ciel et de la terre, dans toutes ses prières, ses rubriques et ses cérémonies, ainsi que dans les magnifiques formes d’art nées de sa “courtoisie” et qui renforcent le “drame” des saints mystères de notre rédemption ». Il a ajouté : « Nous baignons dans une atmosphère d’aristocratie spirituelle, à savoir le monde des saints, qui règnent avec le Christ. »
Aspirer à la transcendance
Le père Claude Barthe, auteur expert en liturgie traditionnelle et prêtre du diocèse de Fréjus-Toulon en France, a déclaré que le cardinal Cupich « parlait manifestement de quelque chose qu’il ne comprenait pas », ajoutant que la recherche à laquelle le cardinal faisait référence visait à retrouver une liturgie « rêvée » de l’époque pré-médiévale et carolingienne (VIIe au IXe siècles) sur laquelle « très peu de documents existent ».
Il a fait remarquer que, si l'on suppose que l'ancienne messe papale (et donc la messe pontificale) empruntait certains éléments au cérémonial de la cour, « la messe solennelle chantée traditionnelle et la messe basse se caractérisent par une grande simplicité romaine ». Le père Barthe a ajouté que l'inverse était également vrai, car « les rituels impériaux et royaux étaient sacralisés ».
Concernant la participation, Kwasniewski a déclaré qu'une fois présent à la messe, l'important est de « s'unir intérieurement au saint sacrifice ». Il a toutefois ajouté qu'il parierait qu'un grand nombre de fidèles assistant à la nouvelle messe ne le font pas, car « ils ne perçoivent même pas la messe comme un sacrifice » et parce qu'ils sont « trop distraits par le déroulement de la cérémonie pour avoir la moindre attention intérieure à y consacrer ». Le cardinal Cupich avait souligné dans son article pour les médias du Vatican que les « adaptations » historiques avaient conduit à une messe traditionnelle en latin qui nuisait à la participation active et, par conséquent, à la capacité des fidèles de « s'unir à l'action salvifique du Christ crucifié ».
Le cardinal Cupich avait déjà soulevé des points similaires concernant l' usus antiquior , qu'il s'était empressé de restreindre dans son archidiocèse suite à la publication en 2021 de Traditionis Custodes, le motu proprio du pape François qui supprimait le rite romain traditionnel.
Dans un article paru en septembre dans le Chicago Catholic, le cardinal affirmait que, selon lui, « le juste développement de l’enseignement de l’Église » se manifeste « dans notre manière de célébrer le culte ». C’est pourquoi il considère la liturgie réformée comme « une redécouverte des vérités de la foi, qui avaient été obscurcies au fil du temps par une série d’adaptations et d’influences reflétant les liens de plus en plus étroits entre l’Église et le pouvoir séculier et la société ».
Comme dans l’article de Vatican News, il a soutenu que les réformes liturgiques « étaient une réponse directe aux siècles d’évolution qui avaient transformé à tort la messe d’un événement communautaire en un spectacle plus clérical, complexe et dramatique ».
Le cardinal estime que sa lecture constitue une « véritable compréhension de la tradition catholique », l'aidant « à témoigner de l'Évangile dans de nouveaux contextes », et que « la véritable réforme est la manière dont l'Église approfondit la tradition pour aller de l'avant ».