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liturgie - Page 7

  • Prochain pape : 10 enjeux cruciaux selon Edward Pentin

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    D'Edward Pentin sur son blog :

    10 questions cruciales pour le prochain pape

    4 mai 2025

    Le pape François, qui s'est fait un nom en prônant le « désordre », a appliqué cette maxime à son pontificat, le rendant très perturbateur, diviseur et tumultueux.

    Ce désordre a suscité un malaise compréhensible, de la consternation et, parfois, du dégoût, d'autant plus qu'une telle approche délibérée de la gouvernance n'a jamais été conforme à la foi catholique, au bien commun, à la Révélation divine et à la loi naturelle.

    Cependant, le revers de la médaille est que, comme on remue une marmite, cela a fait remonter à la surface beaucoup de choses qui étaient restées cachées dans l'obscurité.

    Ce faisant, il est possible que le prochain pape dispose des informations nécessaires pour rectifier, s'il le souhaite, les problèmes que le pontificat de François a mis en lumière.

    Quels pourraient donc être les domaines critiques que le prochain pape devrait aborder ? Voici une liste de dix priorités possibles :

    Retour à une papauté source de saine doctrine et d'unité

    Bien que le pape François ait beaucoup fait pour tenter d'amener l'Église aux périphéries, aux pauvres et aux marginalisés afin de la rendre accessible à ceux qui ne lui auraient peut-être pas accordé un second regard, ce faisant, il a souvent mis de côté les frontières doctrinales et les limites canoniques du pouvoir papal. Il a également été fréquemment critiqué pour s'être écarté de la tradition apostolique, en faisant des déclarations qui semblaient au moins aller à l'encontre de l'enseignement établi de l'Église, en particulier de son enseignement moral, et en promouvant l'indifférentisme, c'est-à-dire l'idée que toutes les religions sont des voies valables pour accéder à Dieu. Conjointement avec la poussée vers la synodalité, dans laquelle les fidèles non catéchisés avaient leur mot à dire dans une large démocratisation de l'Église, cela a conduit à une confusion doctrinale au Vatican et ailleurs, l'Église d'Allemagne en étant un excellent exemple. L'intégrité de la foi a été sapée par l'incapacité à corriger les erreurs et les hérésies, une tendance qui a commencé avant le pontificat de François. Une priorité urgente pour le prochain pape sera donc de restaurer la clarté doctrinale en matière de foi et de morale, la bonne gouvernance et le respect du droit canonique. Dans le même ordre d'idées, le prochain pape devra cesser de persécuter et d'éliminer les institutions, les mouvements, les évêques, le clergé et les laïcs qui portent manifestement de bons et amples fruits en termes de révérence, de vie spirituelle, de fidélité à la doctrine catholique et de vocations.  Il devrait permettre à ces personnes ou entités de se développer et de prospérer plutôt que d'être annulées - contrairement à ce qui s'est souvent passé sous le pape François, où ceux qui ont abusé de la doctrine, de l'enseignement moral et de la liturgie sont restés impunis et ont été autorisés à prospérer.

    Clarification de Vatican II, réforme des Jésuites

    En lien étroit avec la première question critique, il est nécessaire que le prochain pape lève les ambiguïtés concernant le Concile Vatican II, ou du moins qu'il s'attaque à cette préoccupation qui s'est accrue ces dernières années. Le Concile a longtemps été interprété d'une manière qui, de l'avis de beaucoup, diffère de celle voulue par les pères du Concile, ce qui est devenu particulièrement évident sous le pontificat de François. L'ambiguïté a souvent été imputée à un manque de clarté dans l'interprétation des enseignements du Concile, eux-mêmes souvent critiqués pour leur manque de clarté. Ce retour à la clarté de l'enseignement pourrait également impliquer une certaine réforme de l'Ordre des Jésuites. Dans son Demos Memorandum, le cardinal George Pell a appelé à une telle réforme compte tenu de l'hétérodoxie qui prévaut dans la Compagnie de Jésus et du déclin catastrophique des vocations dans l'Ordre. « Le charisme et la contribution des Jésuites ont été et sont si importants pour l'Église qu'ils ne devraient pas être autorisés à passer dans l'histoire sans être perturbés », indique le mémorandum.

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  • Abbé Jean Pateau OSB (Fontgombault) : « Oeuvrer pour l'unité ne signifie pas oeuvrer pour l’uniformité »

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    De kath.net/news :

    Abbé Jean Pateau OSB : « Oeuvrer pour l'unité ne signifie pas oeuvrer pour l’uniformité »

    5 mai 2025

    Abbé de Fontgombault : « Je dirais même que l’imposition de l’uniformité nuit à l’unité… Telle était, me semble-t-il, la perspective de Benoît XVI. » Entretien sur la liturgie dans le rite extraordinaire. Par Lothar C. Rilinger

    L'abbaye de Fontgombault a été fondée en 1091. Après une histoire mouvementée, le complexe monastique roman, qui présente également une valeur exceptionnelle du point de vue de l'histoire de l'art, appartient à nouveau à l'Ordre bénédictin, plus précisément à la Congrégation de Solesmes. La communauté religieuse de Fontgombault maintient la liturgie sous la forme extraordinaire ; L'abbé Jean Pateau OSB explique le contexte de cette affaire dans une interview avec l'avocat Lothar C. Rilinger.

    Lothar Rilinger : Vous célébrez la messe dans votre monastère selon l'ancien rite. Pensez-vous que ce genre de célébration pourrait mettre en danger l’unité des fidèles ?

    Abbé Jean Pateau OSB : Tout d’abord, je vous dois quelques éclaircissements. La messe monastique dans l'abbaye n'est pas célébrée selon le Missel de 1962, appelé Vetus Ordo ou rite ancien, mais selon le Missel de 1965. Bien que ce Missel soit le résultat de la mise en œuvre de la réforme demandée par le Concile le 4 décembre 1963, il reste étroitement lié au Missel de 1962 et conserve l'offertoire et la plupart des gestes. De plus, nous avons décidé d'utiliser le calendrier actuel pour le sanctuaire. Nous avons conservé l'ancien ordre temporel, qui comprend le temps de la Septuagésime, l'Octave de la Pentecôte et le Quatembre, mais nous célébrons le Christ-Roi avec l'Église universelle le dernier dimanche de l'année. Tout cela contribue à une approximation du Missel actuel de 1969.

    Pour répondre plus directement à votre question sur l’unité ecclésiale, je voudrais rappeler que Benoît XVI. Dans sa lettre aux évêques à l’occasion de la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum, il a examiné deux craintes qui ont fait obstacle à la publication de ce texte :

    - de diminuer l’autorité du Concile Vatican II et de mettre en doute la réforme liturgique.
    - conduire à des troubles et même à des divisions dans les paroisses.

    Quant à la remise en cause de l'autorité du Concile Vatican II, il faut rappeler que l'archiabbé de Beuron a remis à saint Paul VI une lettre de remerciements. a envoyé un exemplaire de l'édition postconciliaire du Missel Schott quelques mois après la publication de l'Ordo Missae de 1965. Le 28 mai 1966, le cardinal secrétaire d'État Cicognani adressa une lettre de remerciements à l'abbé au nom du pape, dans laquelle il déclarait : « Le trait caractéristique et essentiel de cette nouvelle édition révisée est qu'elle représente l'aboutissement parfait de la Constitution liturgique du Concile. »

    En ce qui concerne le deuxième point, je pense qu’il faut se méfier des caricatures simplistes. Il y a des endroits où il y a eu et où il y a des pauses. Il y a aussi des endroits où tout est paisible. Beaucoup seraient surpris d’apprendre que la majorité des jeunes qui choisissent d’intégrer les communautés dites traditionnelles ne sont pas des jeunes issus à l’origine du contexte des communautés traditionnelles. Je suis moi-même un exemple de cela.

    Quant aux jeunes qui s'approchent des communautés traditionnelles, ils sont très libres dans leur pratique liturgique et ont depuis longtemps quitté leur paroisse d'origine.

    L’unité dans l’Église n’est pas l’uniformité. L’Église d’Orient en est un exemple.

    Travailler vers l’unité ne signifie pas travailler vers l’uniformité. Je dirais même que l’imposition de l’uniformité nuit à l’unité. La question est de savoir comment œuvrer pour l’unité. Telle était, me semble-t-il, la perspective de Benoît XVI.

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  • Provoquée par François, la souffrance des tradis sera un sujet pour le prochain pape

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    Une "tribune" de Christophe Dickès publiée sur le site de La Croix :

    « La souffrance des tradis provoquée par François sera un sujet pour le prochain pape »

    Alors que les obsèques du pape François ont eu lieu samedi 26 avril à Rome, Christophe Dickès revient sur le motu proprio Traditionis custodes, que le pape avait rendu en 2021. Encadrant la célébration de la messe tridentine, ce tour de vis a entraîné selon lui une souffrance dont le prochain pape devra s’occuper.

    Dans sa deuxième et dernière autobiographie intitulée Espérer, la sentence du pape François a été sans appel : « Il est établi aujourd’hui que la célébration de la messe selon le missel préconciliaire, en latin, doit être expressément autorisée par le Dicastère pour le culte, qui ne l’accordera que dans des cas particuliers. Parce qu’il n’est pas bon que la liturgie devienne idéologie. »

    De tous les actes du pontificat François, celui de la restriction drastique de la messe dite de saint Pie V constitue une des ruptures les plus importantes avec son prédécesseur. En effet, ce dernier avait libéralisé l’usage de l’ancien missel par le fameux motu proprio Summorum pontificum (7 juillet 2007) en créant, à côté du rite ordinaire de la messe dite de Paul VI, un rite extraordinaire correspondant au missel de 1962 du pape Jean XXIII. Pour justifier son acte, le pape allemand avait écrit dans une lettre adressée aux évêques : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. »

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    François, lui, vit la chose tout autrement. À cet égard, il a souvent été dit, au fil des différents textes (1) restreignant la pratique de l’ancien rite, que la lutte contre le traditionalisme avait été menée par l’entourage progressiste du pape François, et notamment par Mgr Arthur Roche qui devait pourtant toute sa carrière romaine à Benoît XVI. Le dernier livre de François semble nous dire le contraire.

    Une réalité ecclésiale

    En effet, le pape ne mâche absolument pas ses mots à l’égard de cette minorité de l’Église. Il qualifie cette dernière de « phénomène sociologiquement curieux » et considère ses pratiques comme une « ostentation de cléricalisme » ou de « mondanité sectaire », « un spiritualisme abstrait, enveloppé dans un sens fumeux du mystère ». Il va même bien plus loin en s’attaquant à la psychologie de ceux qui assistent au rite en latin : « Parfois, ces déguisements dissimulent des déséquilibres, des déviations affectives, des problèmes comportementaux, un malaise personnel qui peut être instrumentalisé ».

    De son côté et en un temps finalement peu éloigné, le pape Benoît XVI avait tout d’abord rappelé que la forme dite extraordinaire du rite romain n’avait jamais été abrogée. Prenant acte d’une nouvelle réalité ecclésiale, il avait considéré le fait que « beaucoup de personnes restaient fortement attachées à cet usage du Rite romain ». Mieux, il avait entendu des évêques eux-mêmes que « des personnes jeunes (…) se sentaient attirées par [cette ancienne forme liturgique] et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement. » En somme, le pape Benoît avait voulu donner une « forme » et des normes à une réalité ecclésiale que l’on ne pouvait rayer d’un trait de plume. Surtout, il donnait à son geste une raison positive : « Faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. »

    En 2021, la décision du pape François avait été le résultat d’une enquête réalisée auprès des évêques du monde entier et qui ne fut jamais rendue publique. Selon nos informations, il semble que 15 % de l’épiscopat mondial exprimèrent le rejet du rite ancien et autant son maintien. Une grande majorité se révélant finalement indifférente sur la question. De leur côté, les évêques français, dont la réponse avait fuité, exprimaient l’idée que « seule une petite minorité gard [ait] une défiance à l’égard de Vatican II et de la forme ordinaire ». Autrement dit la question d’une rupture ecclésiologique crainte par les autorités n’était pas d’actualité en France. Les blessures des années 1970 se refermaient entre autres grâce à l’arrivée d’une nouvelle génération qui, tout en étant attachée au rite ancien, ne remettait absolument pas en cause le nouveau rite.

    La surprise de la décision romaine

    Quoi qu’il en soit, une majorité d’évêques a été surprise par la décision romaine. Plusieurs voix au sein de l’Église exprimèrent même leur compassion à l’égard de leurs « frères tradis ». De manière prosaïque et même pragmatique, ils ne comprenaient pas pourquoi Rome prenait le risque de rouvrir une guerre liturgique que la patience et la longanimité avaient quasiment refermée. Les évêques, à de rares exceptions, ne comprenaient pas davantage comment Rome pouvait ainsi donner raison à la Fraternité Saint-Pie-X fondée par Mgr Lefebvre, en poussant dans leur rang des fidèles qui avaient pourtant largement exprimé leur fidélité à la Chaire de Pierre.

    Benoît XVI lui-même, d’après son secrétaire, avait estimé « dangereux de confiner un groupe de fidèles dans un coin au risque qu’ils se sentent persécutés et de leur inspirer la sensation de devoir préserver à tout prix leur identité contre “l’ennemi” » (2).  Il est vrai qu’agir de la sorte contre un groupe est le meilleur moyen de le renforcer

    La décision romaine était d’autant plus surprenante qu’elle était contraire à l’esprit même que le pape François avait souhaité donner à son pontificat. Décentralisateur, il s’est révélé ici autoritaire en prenant une décision sans appel. À l’écoute sur bien des sujets, il n’a pas reçu les communautés attachées à ce rite afin de les entendre avant de prendre cette décision. Attaché enfin aux réalités ecclésiales locales, il a imposé une vision en prenant le risque d’être lui-même accusé de cléricalisme, ce qu’il a toujours dénoncé par ailleurs. Aujourd’hui, la question et les souffrances réelles provoquées chez des prêtres et des fidèles par cette décision feront partie des nombreux sujets dont le prochain pape devra s’emparer.

    (1) Motu proprio Traditionis custodes, 16 juillet 2021 ; rescrit de la Congrégation pour le culte divin, de février 2023.
    (2) Georg Gänswein, Rien d’autre que la vérité. Ma vie aux côtés de Benoît XVI, Artège, 2023, 352 p., 19,90 €
  • Jubilate Deo omnis terra (Introit du 3e dimanche de Pâques)

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    Introitus Introït
    Ps. 65, 1-2  
    IUBILÁTE Deo, omnis terra, allelúia: psalmum dícite nómini eius, allelúia: date glóriam laudi eius, allelúia, allelúia, allelúia. Ps. ibid., 3 Dícite Deo, quam terribília sunt ópera tua, Dómine ! in multitúdine virtútis tuae mentiéntur tibi inimíci tui. ℣. Glória Patri. Jubilez pour Dieu, ô terre entière, alléluia ; chantez un psaume à Son Nom, alléluia ; rendez glorieuse Sa louange, alléluia, alléluia, alléluia. Ps. 3 Dites à Dieu: Que Tes œuvres sont terribles, Seigneur! A cause de la grandeur de Ta puissance, Tes ennemis T'adressent des hommages menteurs. ℣. Gloire au Père.
  • Quasi modo... Comme des enfants nouveau-nés, alléluia!

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    Introitus Introit
    1 Petri 2, 2  
    QUASI modo géniti infántes, allelúia: rationábile, sine dolo lac concupíscite, allelúia, allelúia, allelúia. Ps. 80, 2 Exsultáte Deo adiutóri nostro: iubiláte Deo Iacob. ℣. Glória Patri. Comme des enfants nouveau-nés, alléluia : en vrais spirituels, soyez avides de lait pur, alléluia, alléluia, alléluia. Ps. 80,2 Chantez avec allégresse Dieu notre protecteur, acclamez le Dieu de Jacob. ℣. Gloire au Père.
  • Les lignes de force et les tensions d’un pontificat très débattu

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    D'Elisabeth Geffroy sur le site de la Nef :

    Pape François : lignes de force et tensions d’un pontificat très débattu

    Le pape François est mort le lundi de Pâques, 21 avril 2025. Il nous revient d’analyser ici les lignes de force de son pontificat, ses apports pour l’Église et le monde, mais aussi les tensions qui l’ont traversé et les doutes qu’il a suscités.

    Le merveilleux chant de l’Exultet qui illumine la nuit pascale se termine par cette supplique : « et que passent tous les hommes de cette terre à votre maison. » La joie de Pâques, joie du salut obtenu pour nous par le Christ, enveloppait encore nos cœurs quand le pape François a rejoint la maison du Père, à qui il avait donné toute sa vie. Maintenant qu’il nous a quittés et que son action terrestre est close, il nous revient d’analyser les lignes de force de ce pontificat long de douze ans.

    Lire l'article sur le site de La Nef où l'on dépeint "un homme qui a voulu être avant tout un pasteur universel, un apôtre de la miséricorde, mais qui a pu sembler ne pas toujours comprendre les besoins de son temps."

  • Une évaluation des décisions les plus controversées du pape François

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    D'Elise Ann Allen sur The Catholic Herald :

    Évaluation des décisions les plus controversées du pape François

    23 avril 2025

    Le pape François fut une figure mondialement appréciée et respectée durant ses douze années à la tête de l'Église catholique. Mais il a également suscité de nombreuses controverses durant son pontificat, dont une grande partie…grâce aux réseaux sociaux, jouée visiblement en temps réel.

    Après une première « phase de lune de miel » après l'élection de François, dont il avait lui-même prédit qu'elle ne durerait pas longtemps, les critiques ont commencé à affluer – atteignant parfois une cascade – lorsqu'il a commencé à prendre des décisions sérieuses, et il est devenu clair que son pontificat marquerait un changement par rapport au ton plus conservateur de ses deux prédécesseurs immédiats.

    Alors que l’Église et le monde réfléchissent à l’héritage et à l’impact de son pontificat, voici un aperçu de ce qui est sans doute les décisions les plus controversées qu’il a prises.

    Plaidoyer politique

    La décision claire de François de s’impliquer dans ce qui est traditionnellement considéré comme des débats politiques, de l’économie à la politique migratoire – et, bien sûr, le camp qu’il a choisi – a été une source de débat presque dès le début.

    Au début, ce débat s'est concentré sur son plaidoyer en faveur des pauvres et sa critique systématique du système capitaliste et de l'économie de ruissellement, ce qui lui a valu une réputation de marxiste auprès de certains. Sa critique de l'économie de marché a également suscité des réactions négatives, notamment de la part des catholiques américains de droite ; en 2013, une personnalité conservatrice de la radio américaine a notamment accusé François d'adopter un « marxisme pur ».

    Ces allégations ont été encore renforcées lorsque François a reçu un crucifix en forme de marteau et de faucille, le symbole communiste traditionnel, du président bolivien Evo Morales lors d'une visite en Amérique du Sud en 2015 ; quelques mois plus tard, il a rencontré Fidel Castro lors d'une brève escale à Cuba en septembre de la même année.

    Pourtant, François a constamment nié ces accusations, affirmant qu’il ne faisait que promouvoir les valeurs de l’Évangile et la doctrine sociale de l’Église catholique.

    Ses opinions sur l’immigration, le changement climatique et l’environnement ont été parmi les plus controversées de son pontificat.

    Lorsque le pape a publié son encyclique sur l'environnement  Laudato Si  en 2015, elle a immédiatement été accueillie par une vague de réactions négatives de la part des critiques qui soutenaient que le changement climatique était un mythe et n'était pas quelque chose causé par l'humanité, comme le pape l'avait soutenu, alors qu'il s'agissait d'un problème sur lequel l'Église n'avait de toute façon pas le droit de s'engager.

    Les critiques du pape ont riposté à la science du document, le qualifiant de faux, et ont de nouveau contesté sa critique du système de marché mondial.

    Les appels répétés du pape François en faveur d'une politique de porte ouverte pour les migrants et les réfugiés en Europe et au-delà ont également rencontré une résistance, non seulement de la part des citoyens qui considéraient l'afflux important de migrants comme un problème, mais aussi de la part des politiciens populistes de droite qui ont un point de vue très différent sur la question.

    Au fil des ans, le pape François s'est heurté à plusieurs hommes politiques sur cette question, notamment l'homme politique italien Matteo Salvini, ancien ministre italien de l'Intérieur, le Premier ministre hongrois Viktor Orban et, plus récemment, le président américain Donald Trump au sujet de ses projets d'expulsion massive.

    Amoris Laetitia

    Le contrecoup est encore plus grand après son exhortation post-synodale de 2016,  Amoris Laetitia , ou la « Joie de l’amour », qui s’appuyait sur les conclusions du Synode des évêques de 2014-2015 sur la famille.

    Le tollé ne concernait pas tant le document lui-même, mais plutôt la note de bas de page 351 du chapitre huit, dans laquelle le pape ouvrait une porte prudente pour que les couples divorcés et remariés puissent recevoir la communion au cas par cas.

    La note de bas de page se trouve au paragraphe 305 du document, dans une section sur les familles blessées et les familles vivant dans des situations irrégulières, qui dit qu'« un pasteur ne peut pas penser qu'il suffit simplement d'appliquer des lois morales à ceux qui vivent dans des situations « irrégulières », comme s'il s'agissait de pierres à jeter sur la vie des gens ».

    En raison de facteurs atténuants, le pape a déclaré qu'il est possible que des personnes vivant dans « un état objectif de péché » puissent néanmoins vivre dans la grâce de Dieu et grandir dans cette grâce avec l'aide de l'Église.

    À ce stade, le pape a inclus la désormais tristement célèbre note de bas de page 351, dans laquelle il a déclaré, en termes d’aide de l’Église : « Dans certains cas, cela peut inclure l’aide des sacrements. »

    François a ensuite rappelé dans la note de bas de page aux prêtres que « le confessionnal ne doit pas être une chambre de torture, mais plutôt une rencontre avec la miséricorde du Seigneur… Je voudrais également souligner que l'Eucharistie n'est pas une récompense pour les parfaits, mais un puissant médicament et une nourriture pour les faibles. »

    L’accès à la communion pour les couples divorcés et remariés a été l’une des questions les plus controversées lors des synodes des évêques sur la famille, beaucoup affirmant que l’autoriser violerait l’enseignement officiel de l’Église et impliquerait un changement dans la vision catholique du mariage.

    La position du pape François était cependant que tous les couples ne sont pas identiques et qu'aucune situation n'est noire ou blanche, donc l'enseignement de l'Église devrait permettre aux pasteurs d'être proches de ces couples et de procéder à un discernement approprié avec eux pour savoir si et quand l'accès à la communion pourrait être accordé.

    Dans le sillage d'  Amoris Laetitia , de nombreuses conférences épiscopales nationales ont publié des directives pour son application, qui incluaient l'octroi de la communion aux divorcés remariés au cas par cas, ce qui a provoqué une réaction encore plus forte contre le pape François pour avoir ouvert la porte.

    Le débat fut si intense que quatre cardinaux conservateurs de premier plan, dont le cardinal américain Raymond Burke, ont adressé cinq  dubia , ou doutes, au pape François sur la validité de la note de bas de page 351 au vu de l'enseignement de l'Église ; cependant, sans recevoir de réponse, ils ont publié les  dubia  dans les médias catholiques conservateurs, provoquant un nouveau tollé et devenant un point de référence dans le débat pendant plusieurs années.

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  • La fin d'un pontificat sous le signe du « changement de paradigme »

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Fin d'un pontificat sous le signe du « changement de paradigme »

     
    En douze ans, François a donné à l'Église une impulsion décisive vers l'auto-sécularisation, qui a dépassé la figure papale elle-même, réduite à une voix parmi tant d'autres dans le débat sur les questions du moment. 
    22_04_2025

    Photo Service de presse/LaPresse 14/01/2024

    Le pontificat du premier pape jésuite de l'histoire est arrivé à son terme : les prières de tout le peuple chrétien offriront leur suffrage pour l'âme du défunt pontife lors des traditionnelles novendiali. Plus de douze ans se sont écoulés depuis la fin de l’après-midi du 13 mars 2013, lorsque François est apparu sur la place bondée et a salué tout le monde avec un simple « bonsoir ». Des années où le « changement de paradigme » a commencé avec l’accélérateur à fond, mais aussi avec le frein à main serré, compte tenu de la présence d’un Benoît XVI silencieux mais vigilant.

    Ce jeu de forces opposées a été bien compris lors du Synode sur la famille, qui a donné naissance à la célèbre exhortation post-synodale Amoris Lætitia, dans laquelle ceux qui voulaient introduire des éléments évidents de rupture ont dû se contenter de les détourner dans les notes. Puis vinrent les Dubia de quatre cardinaux – Caffarra, Burke, Brandmüller, Meisner – qui n’ont jamais reçu de réponse, signe que le Pape voulait continuer son propre chemin, sans rendre compte de ses actes, même à ceux qui, en vertu de leur nomination comme cardinaux, sont les plus étroitement unis au Pape dans le gouvernement de l’Église universelle. La ligne initiale, cependant, était une tentative désespérée de montrer une présumée « continuité » entre les papes allemand et argentin (...).

    Ce fut ensuite le tour du Synode sur l'Amazonie, avec la tentative très claire de rendre facultatif le célibat sacerdotal , qui a échoué en raison de la publication opportune du livre Du fond du cœur de Benoît XVI et du cardinal Robert Sarah ; c'est pourquoi les encycliques sociales Laudato si' et Fratelli tutti, un fardeau dont il ne sera pas facile de se débarrasser, divergent sur de nombreux points de l'enseignement de la doctrine sociale catholique.

    Un nouveau Synode sur la synodalité devait sceller la « conversion synodale » de l’Église, avec des positions ouvertes sur des sujets brûlants tels que les bénédictions des couples de même sexe, le diaconat féminin, l’exercice de l’autorité dans l’Église ; aspects qui ont provoqué une nouvelle série de Dubia de la part de cinq cardinaux – Burke, Brandmüller, Sarah, Zen, Sandoval. 2021 a été l'année de Traditionis Custodes, qui a effacé d'un seul coup d'éponge l'autre motu proprio du pape Benoît XVI, Summorum Pontificum ., et a révélé un aveuglement plein de haine envers les cellules vivantes de l'Église et le rite le plus répandu, jusqu'à une poignée d'années auparavant, et parmi les plus anciens de l'Église latine. Ce fut un coup au cœur pour de nombreux catholiques, qu’ils aient fréquenté ou non l’ancien rite, mais aussi pour Ratzinger lui-même, qui avait consacré sa vie à cette difficile et indispensable réconciliation interne de l’Église.

    Avec la mort de Ratzinger, ce fut l'effondrement : après la destitution du cardinal Ladaria, la nomination de Fernández au Dicastère pour la Doctrine de la Foi accéléra encore la dissolution interne du catholicisme, qui atteignit une crise sans précédent avec la publication de la déclaration Fiducia supplicans. Notons cette nomination et celle d’autres d’hommes complètement dépourvus de sens de l’Église, largement idéologisés et caractérisés jusqu’à la moelle par ce que le pape Benoît XVI avait baptisé « l’herméneutique de la rupture ». Et, dans de nombreux cas, également par une conduite morale qui s’avérera tout sauf intègre.

    Comme si cela ne suffisait pas, c'est la figure du Pape lui-même qui est ressortie en morceaux de ces années de pontificat . Depuis la première interview « timide » avec Eugenio Scalfari, a commencé un pontificat qui s’est déroulé sur la place médiatique, conformément à ses canons et à ses attentes, jusqu’au sceau médiatique d’un pontificat, qui s’est terminé avec les deux dernières apparitions publiques de François, à l’exception des apparitions fugaces et « muettes » en fauteuil roulant ces derniers jours, respectivement dans l’émission de Fabio Fazio et au Festival de Sanremo.

    Le successeur de l'apôtre Pierre, qui existe pour confirmer la foi de ses frères avec ses paroles franches et réfléchies, est devenu omniprésent dans les médias : interviews « officielles » données dans l'avion de retour de voyages apostoliques et d'autres moins officielles, apparitions régulières dans des programmes télévisés, documentaires et même messages sur Tik Tok. Le salut éternel, la vie morale et sacramentelle, la personne de Jésus-Christ jetée sur la place publique avec des expressions approximatives, des enseignements incomplets, des déclarations trompeuses. Comme lorsque le pape François a inventé que « toutes les religions sont un chemin pour atteindre Dieu », sans plus de précisions, annulant avec ces quelques mots la vérité selon laquelle c'est seulement en Jésus-Christ qu'il y a le salut.

    Cette « omniprésence » médiatique a entraîné la conséquence inévitable de toute surexposition : la parole du Pape est devenue une parole parmi tant d'autres, peut-être un peu plus autoritaire en raison de son ancienneté et de son prestige moral, mais rien de plus. Ce que le public lit ou entend n’est plus considéré comme les paroles du successeur de Pierre, qui résonnent encore aujourd’hui avec la puissance de la parole du Seigneur, mais comme l’opinion d’un homme qui se mêle à la cacophonie de nombreuses autres voix.

    Si le Pape ne parle plus pour enseigner la vérité de Jésus-Christ, mais pour s'exprimer à brûle-pourpoint sur les thèmes les plus variés du moment, alors aux yeux des hommes le sens de la fonction que Dieu lui a confiée au moment de son acceptation s'estompe au point de se cacher derrière l'homme simple qui occupe cette fonction. Le Pape « ne doit pas proclamer ses propres idées, mais plutôt s'engager constamment, lui et l'Église, à l'obéissance à la Parole de Dieu, face à toutes les tentatives d'adaptation et d'édulcoration, comme face à tout opportunisme ». Ainsi Benoît XVI dans son homélie lors de son installation à la Cathédrale romaine : François a fait exactement le contraire. Le deuil justifié de la mort du pape ne doit pas effacer hypocritement cette amère réalité. Pour le bien de l'Église.

    Avec cette surexposition médiatique de François, l’Église est-elle désormais perçue comme plus proche de l’homme d’aujourd’hui ? La vérité dramatique est autre et nous devons avoir le courage de la reconnaître : ce qui est parvenu à l'homme moderne n'est pas « l'Église du Dieu vivant, colonne et appui de la vérité » (1 Tm 3, 15), mais cette image de l'Église qui demeure après le « lifting » des critères des mass media, plus semblable à une modeste organisation spirituelle et humanitaire, utile au système à la mode à condition qu'elle lui soit docilement fonctionnelle. Le pontificat de François, qui a fait de la dénonciation de la mondanité son cri de guerre, a en effet donné une accélération sans précédent à l’auto-sécularisation de l’Église. Prions pour que le nouveau pontife ait la force de la vérité pour un changement de direction décisif.

  • O Filii et Filiae... Alleluia, Alleluia, Alleluia !

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    C’est l'hymne liturgique à chanter pendant le Temps Pascal.
    Elle a été écrite par Jean Tisserand (o.f.m.) en 1494.
     
    R. Alleluia ! Alleluia ! Alleluia !
    R. Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !
     
    1. O filii et filiæ,
    1. O fils et filles,
    Rex coelestis, Rex gloriae
    Le Roi des cieux, le Roi de gloire
    morte surrexit hodie. Alleluia !
    A surgi de la mort aujourd'hui, alléluia !
     
    2. Et mane prima sabbati
    Et le matin du premier jour après le Sabbat,
    Ad ostium monumenti
    Jusqu’à la porte du monuement,
    Accessérunt discipuli. Alleluia !
    S’approchèrent les disciples, alléluia !
     
    3. Et Maria Magdalene,
    3. Et Marie-Madeleine
    et Iacobi, et Salome
    Et Marie mère de Jacques
    Venerunt corpus ungere. Alleluia !
    Sont venues embaumer le Corps, alléluia !
     
    4. In albis sedens angelus
    4. Un ange, assis, vêtu de blanc,
    praedixit mulieribus:
    Dit aux femmes :
    Quia surrexit Dominus. Alleluia !
    "Le Seigneur est ressuscité." alléluia !
     
    5. Et Ioannes apostolus
    5. Et Jean l'Apôtre,
    cucurrit Petro citius,
    Court plus vite que Pierre,
    Ad sepulcrum venit prius. Alleluia !
    Et arrive le premier au tombeau. Alléluia !
     
    6. Discipulis astantibus,
    6. Les disciples étant présents,
    in medio stetit Christus,
    Jésus parut au milieu d'eux et leur dit :
    dicens: Pax vobis omnibus. Alleluia !
    "Que la paix soit au milieu de vous tous." Alléluia !
     
    7. In intelléxit Didymus
    7. Dès que Didyme apprit
    Quia surrexerat Iesus,
    Que Jésus était réssuscité,
    Remansit fere dubius, Alleluia !
    Il demeura presque dans le doute. Alléluia !
     
    8. Vide Thoma, vide latus,
    8. Thomas, vois mon côté, lui dit Jésus,
    vide pedes, vide manus,
    Vois mes pieds, vois mes mains,
    Noli esse incredulus. Alleluia.
    Et ne reste pas incrédule. Alléluia !
     
    9. Quando Thomas vidit Christum,
    9. Quand Thomas eut vu le côté du Christ,
    Pedes, manus, latus suum,
    Les pieds et ses mains,
    Dixit, Tu es Deus meus. Alleluia.
    Il s’écria : Vous êtes mon Dieu. Alléluia.
     
    10. Beati qui non viderunt,
    10. Heureux ceux qui sans avoir vu,
    Et firmiter credidefunt,
    Ont cru d’une ferme foi,
    Vitam aeternam habebunt. Alleluia.
    Ils posséderont la vie éternelle. Alléluia.
     
    11. In hoc festo sanctissimo
    11. Célébrons cette très sainte solennité
    Sit laus et jubilatio!
    Par des cantiques de louanges et d’allégresses !
    Benedicamus Domino. Alleluia.
    Bénissons le Seigneur. Alléluia !
     
    12. De quibus nos humillimas
    12. Rendons à Dieu avec le dévouement et la reconnaissance,
    Devotas aeque debitas
    Qui lui sont dus, de très humbles actions de grâces,
    Deo dicamus gratias. Alleluia.
    Pour tous ses bienfaits. Alléluia !
  • Pâques : Mortem moriendo destruxit

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    Dans la messe latine du jour de Pâques, lorsqu’il chante la préface solennelle, le prêtre proclame le coeur de notre foi dans le Christ : « ipse vere est Agnus qui mortem nostram moriendo destruxit et vitam resurgendo comparavit », ce qui veut dire « c’est vraiment lui l’Agneau qui en mourant détruisit notre mort et, en ressuscitant, racheta notre vie ». En termes concis tout est là.  Et c’est aussi, dans la foi, la seule position tenable pour un chrétien confronté à la pandémie fulgurante qui frappe aujourd’hui la terre entière.

    ob_ac3cdf_sara9.jpgLe Cardinal Robert Sarah, dans une interview qu’il vient d’accorder au magazine « Valeurs actuelles » ne dit pas autre chose. A la question posée par Charlotte d’Ornellas, l’auteur du best-seller « Dieu ou rien » répond sans ambages :

    « […] Lorsque la mort est si massivement présente, je vous invite à vous poser la question : la mort est-elle vraiment la fin de tout ? Ou bien n’est-elle pas un passage, douloureux certes, mais qui débouche sur la vie ? C’est pour cela que le Christ ressuscité est notre grande espérance. Regardons vers Lui. Attachons-nous à Lui. Il est la Résurrection et la Vie. Qui croit en Lui ne mourra jamais (Jn, 11, 25-26).

    Ne sommes-nous pas comme Job dans la Bible ? Appauvris de tout, les mains vides, le cœur inquiet : que nous reste-t-il ? La colère contre Dieu est absurde. Il nous reste l’adoration, la confiance et la contemplation du mystère. Si nous refusons de croire que nous sommes le fruit d’un vouloir amoureux de Dieu, alors tout cela est trop dur, alors tout cela n’a pas de sens. Comment vivre dans un monde où un virus frappe au hasard et fauche des innocents ? Il n’y a qu’une réponse : la certitude que Dieu est amour et qu’il n’est pas indifférent à notre souffrance. Notre vulnérabilité ouvre notre cœur à Dieu et elle incline Dieu à nous faire miséricorde.

    Je crois qu’il est temps d’oser ces mots de la foi. Le temps est fini des fausses pudeurs et des hésitations pusillanimes. Le monde attend de l’Eglise une parole forte, la seule parole qui donne l’Espérance et la confiance, la parole de la foi en Dieu, la parole que Jésus lui-même nous a confiée ».

    La séquence qui suit l’alleluia de la messe du jour de Pâques nous invite à le proclamer : «  la mort et la vie se sont affrontées en un duel gigantesque: le maître de la vie était mort et le voici vivant qui règne à nouveau ».

    "Victimæ paschali laudes" est une séquence liturgique pour le dimanche de Pâques. Elle est généralement attribuée à un auteur du XIe siècle, Wipo (appelé aussi Wipon de Bourgogne), aumônier (chapelain) de l'empereur du Saint-Empire Konrad II. On l'attribue quelquefois à Notker (moine de Saint-Gall en Suisse), au roi de France Robert le Pieux ou encore à Adam de Saint-Victor. (source)


    1 Victimae paschali laudes immolent Christiani
    2a Agnus redemit oves: Christus innocens Patri reconciliavit peccatores.
    2b Mors et vita duello conflixere mirando, Dux vitae mortuus, regnat vivus.
    3a Dic nobis Maria, quid vidisti in via?
    3b Sepulcrum Christi viventis, et gloriam vidi resurgentis:
    4a Angelicos testes, sudarium et vestes.
    4b Surrexit Christus spes mea: praecedet suos in Galilaeam.
    5a Credendum est magis soli Mariae veraci quam Judaeorum turbae fallaci.
    5b Scimus Christum surrexisse a mortuis vere: Tu nobis, victor Rex, miserere.
    Amen. Alleluia.

    1 A la victime pascale, chrétiens, offrez le sacrifice de louange.
    2a L'agneau a racheté les brebis : le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec le Père.
    2b La mort et la vie s'affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut : vivant, il règne.
    3a Dis-nous, Marie Madeleine, qu'as-tu vu en chemin ?
    3b J'ai vu le sépulcre du Christ vivant, j'ai vu la gloire du Ressuscité.
    4a J'ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements.
    4b Le Christ, mon espérance, est ressuscité, il vous précédera en Galilée.
    5a [...]
    5b Nous le savons : le Christ est vraiment ressuscité des morts. Roi victorieux, prends-nous tous en pitié !
    Amen. Alleluia.

    (Texte latin / français : Académie de chant grégorien).

     JPSC

  • Victimae Paschali Laudes

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    VÍCTIMÆ pascháli laudes ímmolent Christiáni.
    Agnus redémit oves: Christus ínnocens Patri reconciliávit peccatóres.
    Mors et vita duéllo conflixére mirándo: dux vitæ mórtuus, regnat vivus.
    Dic nobis, María, quid vidísti in via ?
    Sepúlcrum Christi vivéntis: et glóriam vidi resurgéntis.
    Angélicos testes, sudárium et vestes.
    Surréxit Christus spes mea: præcédet vos in Galilǽam.
    Scimus Christum surrexísse a mórtuis vere: tu nobis, victor Rex, miserére.
    Amen. Allelúia.
    A la victime pascale, que les Chrétiens immolent des louanges.
    L’Agneau a racheté les brebis : le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec Son Père.
    La vie et la mort se sont affrontées en un duel prodigieux : l’Auteur de la vie était mort, Il règne vivant. Dites-nous, Marie, qu’avez-vous vu en chemin ?
    J’ai vu le tombeau du Christ vivant, et la gloire du ressuscité.
    J’ai vu les témoins angéliques, le suaire et les linceuls.
    Il est ressuscité, le Christ, mon espérance : Il vous précédera en Galilée.
    Nous le savons : le Christ est ressuscité des morts : ô Toi, Roi vainqueur, aie pitié de nous.
    Amen. Alléluia.
  • La Résurrection est nôtre

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    Introït de la Messe du saint Jour de Pâques 

    Resurrexi et adhuc tecum sum, alleluia : posuisti super me manum tuam, alleluia : mirabilia facta est scientia tua, alleluia, alleluia.

    Je suis ressuscité et me voici encore avec vous, alleluia : tu as pour jamais posé ta main sur moi, alleluia : merveilleuse est apparue ta sagesse, alleluia, alleluia.

    Ps. Domine, probasti me et cognovisti me. Tu cognovisti sessionem meam et resurrectionem meam

    Tu m’as éprouvé, Seigneur et tu m’as connu. Tu as connu mon coucher et ma résurrection (Ps. 138)

    LA RESURRECTION EST NÔTRE 

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    Le chrétien fidèle à son incorporation au Christ par le baptême ressuscitera pour le rejoindre au lumineux bonheur du Ciel.

    La perception de notre mortalité, qui s’impose à chacun de nous au quotidien, et parfois bien lourdement, peut certes venir se dresser comme un écran bien sombre faisant obstacle à notre foi en cette vérité : ainsi s’en trouve-t-il, malheureusement en trop grand nombre, de ces disciples rachetés par le Christ, qui vivent dans l’affliction, comme ceux qui n’ont pas d’espérance (cf. 1 Th 4, 12). Et quant à ceux qui professent au moins en théorie une vraie espérance, ils ne l’ont pas toujours bien chevillée au cœur, de sorte qu’elle ne produit plus chez eux les heureux fruits de souriante paix dont elle regorge en fait.

    Or, pour peu que l’on examine le fondement de ce point qui sert en quelque sorte de charpente à notre vie d’ici-bas, il se révèle on ne peut plus assuré. Osons cette image, dont nous pensons que l’argumentation proposée un peu plus bas montrera la pertinence : il ne s’agit pas d’un simple vernis laqué, mais de ce que les gens de métier appellent une coloration dans la masse, une couleur indissociable du matériau auquel elle donne éclat. Expliquons-nous.

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