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Histoire - Page 29

  • Saint Vincent de Paul, un véritable homme de foi (27 septembre)

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    Une homélie inédite du cardinal Joseph Ratzinger à la Cathédrale de Munich, le 26 avril 1981, traduite sur le site "Benoît et moi" (archive du 27/9/2014)

    A relire aussi: la méditation d'Angélus du 26 septembre 2010, à Castelgandolfo:

    « (...) nous célébrerons demain la mémoire liturgique de saint Vincent de Paul, patron des organisations caritatives catholiques, dont c'est le 350e anniversaire de la mort.
    Dans la France du XVIIe siècle, il a touché du doigt le fort contraste entre les plus riches et les plus pauvres. En effet, en tant que prêtre, il a pu fréquenter les milieux aristocratiques, les campagnes et les bas-fonds de Paris.

    Poussé par l'amour du Christ, Vincent de Paul a su organiser des formes stables de service aux exclus en donnant vie à ce qu'on a appelé les «Charités», c'est-à-dire des groupes de femmes qui mettaient leur temps et leurs biens à la disposition des personnes les plus marginalisées. Parmi ces bénévoles, certaines ont choisi de se consacrer totalement à Dieu et aux pauvres, et ainsi, avec sainte Louise de Marillac, saint Vincent fonda les «Filles de la Charité», première congrégation féminine à vivre la consécration «dans le monde» au milieu des personnes, avec les malades et les nécessiteux».

    LA VRAIE FORCE DE GUÉRISON - L’homme de Foi, St Vincent de Paul,

    Homélie du Cl Joseph Ratzinger à la Cathédrale de Munich, le 26 avril 1981

    Chers frères dans le Christ,

    “Ils se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion, à la fraction du pain et aux prières” (Actes 2, 42). C’est ainsi que st Luc décrit la première communauté chrétienne dans la première lecture qu’on vient d’entendre. Il souhaite ainsi la donner en exemple pour l’Église de tous les temps. Il énumère les forces qui sous-tendent l’édifice de l’Église, et qui lui donneront toujours sa cohésion et son dynamisme.

    Ce que nous pouvons remarquer avant tout, c’est que cette Église prie ; elle ne s’éloigne pas de la maison du Seigneur, devenant elle-même un temps spirituel. Elle est au service de la gloire de Dieu dont elle tire sa joie. Elle nous apparaît comme un culte permanent rendu à Dieu sous la conduite des apôtres. Mais sa prière qui la tourne vers Dieu ne la détourne pas pour autant des hommes ; elle ne fuit pas dans un isolement idyllique devant les luttes parfois si dures qui jalonnent l’Histoire.

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  • Vincent de Paul (27 septembre)

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    stvincent.JPG_1301592635.jpgSaint Vincent de Paul (source)

    Né en 1581 dans une famille modeste à  Pouy  dans les Landes rebaptisé aujourd'hui Saint-Vincent-de-Paul, ce petit paysan manifeste très jeune une vive intelligence. Son père vend deux bœufs pour payer ses études d'abord chez les Cordeliers de Dax puis à la faculté de théologie de Toulouse. En 1600, il est ordonné prêtre à Château-l'Évêque et devient en 1604 bachelier en théologie.

    Au cours d'un voyage de Marseille à Narbonne par mer, Vincent de Paul est capturé par des pirates, emmené à Tunis et vendu comme esclave à un alchimiste qui se convertit après deux années en sa présence. Vincent réussit finalement à s'enfuir et se rend à Paris en 1608. Il devient aumônier de la reine Margot puis curé de Clichy en 1612 où il restaure l'église et crée une école cléricale. 

    En 1613, Vincent entre comme précepteur dans la maison d'Emmanuel de Gondi, général des galères de France.  Il se confronte à la puissance de la noblesse et à la misère des paysans. Cette prise de conscience qu'il appelle sa " conversion " lui fait renoncer à ses privilèges pour consacrer sa vie au service des plus démunis : les mendiants, les forçats, les enfants martyrs, les vieillards et les malades abandonnés. Pour lutter contre cette pauvreté et organiser la charité, il fonde en 1617 avec des dames de diverses conditions sociales, la première " confrérie de la Charité ". Il est alors curé de Châtillon-sur-Chalaronne. De retour chez le comte de Gondi, il se fait missionnaire sur ses terres et est nommé aumônier général des galères en 1619.

    En 1632 afin de poursuivre l'évangélisation du monde rural, Madame de Gondi met à disposition de Vincent, les moyens financiers pour fonder une congrégation de prêtres missionnaires qui prend le nom de " Lazaristes ". Ces prêtres seront rassemblés et formés dans des écoles appelées " séminaires ".

    La France entière se couvre alors d'un vaste réseau de "Charité". D'humbles filles de villages venues spontanément servir les pauvres aux côtés des "Dames" de la Charité, sont dispersées dans une multitude de confréries.  Louise de Marillac une veuve pieuse appartenant à la haute noblesse, collaboratrice de Vincent, perçut la nécessité de les regrouper afin d'améliorer leur formation et leur accompagnement dans leur service tant corporel que spirituel. En novembre 1633, elle reçoit chez elle les six premières "Filles", ce seront les "Filles de la Charité". 

    En 1734, Vincent fonde avec Louise l'Institution des Filles de la Charité" appelées aussi "Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul". Ces religieuses sans uniformes oeuvrent sans voiles, c'était une nouveauté pour l'Église, qui n'admettait pas les religieuses hors des cloîtres.

    A partir de 1632, les guerres dévastent les provinces, Vincent y organise inlassablement les secours. L'année 1633 voit l'institution de la "Fondation de la confrérie de l'Hôtel-Dieu" à Paris où interviennent les Filles de la Charité. On lui doit la création des hôpitaux de Bicêtre pour les aliénés, de la Pitié et de la Salpétrière pour les pauvres ainsi que l'Hôpital du Saint Nom-de-Jésus à Paris pour les vieillards. Dès 1638 débute l'oeuvre des "Enfants Trouvés", Vincent créa pour cela un établissement pour ces enfants.

    Le corps épuisé, mais l'esprit et le cœur toujours vifs et inventifs («l'amour est inventif jusqu'à l'infini» disait-il), Vincent mourut à Saint-Lazare le 27 septembre 1660. Il sera canonisé par le pape Clément XII, le 16 juin 1737. 

    Saint Vincent est considéré comme le grand apôtre de la charité et le précurseur de l'action sociale dont on trouvera ici un beau témoignage.

  • Fêtés aujourd'hui : 103 martyrs de l'Eglise de Corée (André Kim et ses compagnons)

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    Du blog Domini (de la famille missionnaire de Notre-Dame) :

    Comment pourrais-je dire que je ne connais pas le Seigneur notre Père des cieux ?

    20 septembre 2017 : Saints Martyrs de Corée (Fr. Jean-Régis)

    L’histoire de l’Église en Corée est étonnante. Tout a commencé il y a à peine deux siècles. Ce sont les Coréens eux-mêmes qui sont allés chercher en Chine des renseignements sur la religion chrétienne dont parlait un livre qu’ils avaient entre les mains. Baptisé à Pékin, le premier chrétien coréen retourne dans son pays, raconte, explique, baptise… La première communauté chrétienne en Corée est une communauté unique dans l’histoire de l’Église du fait qu’elle a été fondée entièrement par des laïcs. Avant même l’arrivée du premier prêtre, il y avait déjà des milliers de chrétiens en Corée. Cette Église au berceau, si jeune et pourtant si forte dans la foi, résista aux coups répétés d’une cruelle persécution. C’est ainsi qu’en moins d’un siècle elle pouvait déjà se glorifier de quelque 10 000 martyrs. Les années 1791, 1801, 1827, 1839, 1846 et 1866 sont marquées pour toujours du sang sacré de ces nombreux martyrs mais l’Église avait pris racine en Corée. Aujourd’hui, nous fêtons donc 103 de ces martyrs. Ils ont été canonisés par Jean-Paul II lors de son voyage en Corée en 1984, et c’était vraisemblablement la première fois qu’une canonisation eut lieu en dehors de Rome. Mais pour une Eglise d’exception, on pouvait bien faire une exception !

    André Kim nait en 1821. A quinze ans, avec deux compagnons du même âge, il est envoyé à Macao (au Sud de la Chine) pour se préparer au sacerdoce par le premier missionnaire entré en Corée, le Père Pierre Maubant. En décembre 1842, André Kim tente de rentrer en Corée. Il échoue, mais il peut rapporter les premières nouvelles précises et des documents sur la persécution de 1839, au cours de laquelle son père a été décapité. Il est ordonné diacre en novembre 1844 en Mongolie par Mgr Ferréol, qui est nommé vicaire apostolique de Corée et qui cherche lui-même à entrer dans le pays. Le 2 janvier 1845, André Kim entre clandestinement dans son pays, prend contact avec les communautés chrétiennes et organise une périlleuse expédition en barque pour aller chercher les missionnaires français à Shanghai. Il est ordonné prêtre à Shanghai le 17 aout 1845. Il repart en barque avec Mgr Ferréol, vicaire apostolique et le père Antoine Daveluy ; ils arrivent en Corée le 12 octobre 1845. L’été suivant, à la demande de Mgr Ferréol, André Kim prend contact avec des pêcheurs chinois auxquels on pourrait confier du courrier pour communiquer avec l’extérieur. C’est alors qu’il est arrêté. Le Père André Kim est condamné à mort et exécuté le 16 septembre 1846. Si André Kim est le premier prêtre coréen à donner sa vie pour le Christ, c’est sans doute grâce au sacrifice de nombreux laïcs coréens morts martyrs avant lui.

    Paul Chong Hasang, né en 1795, fut un des chefs laïcs de la communauté chrétienne. Son père et son frère avaient subi le martyre lors de la persécution de 1801. À partir de 1817, il réussit à établir une liaison avec l’évêque de Pékin, à travers la mission diplomatique coréenne qui se rendait à la fin de chaque année auprès de l’empereur de Chine. Il écrit ou fait écrire à l’évêque et aussi au pape des lettres renouvelant la demande d’envoyer des prêtres en Corée. En 1827, le Pape charge de cette mission la Société des Missions Etrangères de Paris et érige en 1831 le vicariat apostolique de Corée. Paul Ching organisa avec succès l’entrée clandestine des trois premiers missionnaires, à travers la montagne et en hiver, en 1836 et 1837. Il fut décapité le lendemain du martyre de ces missionnaires, le 22 septembre 1839. Sa mère, Cécile, 79 ans, fut mise à mort en prison le 23 novembre, et sa sœur Elisabeth, 30 ans, qui avait fait vœu de virginité, fut décapitée le 20 décembre. Le principal compagnon et collaborateur de Paul Chong, Augustin Yu Chin-gil, interprète officiel du roi, fut décapité en même temps que lui. « Une fois que je connais Dieu, dit-il, je ne peux absolument pas le trahir. » Le fils d’Augustin, Pierre Yu, âgé de 13 ans, interrogé et torturé quatorze fois, fut étranglé en prison le 31 octobre. Il déclara avant sa mise à mort : « à supposer même que son propre père ait commis un crime, on ne peut pas le renier comme s’il n’était plus son père. Comment donc pourrais-je dire que je ne connais pas le Seigneur notre Père des cieux, qui est si bon ? ». Agathe Yi, 17 ans, déclara quand on lui dit faussement, à elle et à son petit frère, que leurs parents avaient renié la foi : « Que mes parents aient renié ou non, c’est leur affaire. Quant à nous, nous ne pouvons pas renier le Seigneur des cieux que nous avons toujours servi. » En entendant cela, six autres chrétiens adultes se livrèrent d’eux-mêmes au magistrat pour subir le martyre.

    Il y a aussi d’innombrables autres martyrs, humbles, inconnus, qui ont servi le Seigneur aussi fidèlement et courageusement et tous ont donné leur vie avec joie pour le Christ. Plusieurs des premiers missionnaires français arrivés en 1836 figurent aussi parmi ces 103 martyrs qui donnèrent leur vie pour l’Évangile et que nous vénérons en ce jour.

    Que tous ces martyrs soutiennent l’Église de Corée pour qu’elle se développe en nombre mais surtout en sainteté, restant fidèle à Jésus et prions tout spécialement en ce jour pour les chrétiens de l’Église du silence au nord de ce pays tragiquement divisé.

  • 19 Septembre : Notre-Dame de la Salette

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    19 Septembre : Notre-Dame de la Salette

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    Le Samedi 19 Septembre 1846, vers trois heures de l'après-midi (juste avant les 1ères Vêpres de Notre-Dame des Sept-Douleurs qui étaient, à cette époque liturgique, au 3ème Dimanche de Septembre), l'Auguste Vierge Marie apparaissait en France dans le diocèse de Grenoble, sur la montagne de La Salette qui domine le village de La Salette-Fallavaux de plus de 2500 pieds.

    Comme témoins de Son Apparition, la Vierge Marie choisit deux petits bergers ignorants qui ne se connaissent que depuis la veille : Maximin Giraud âgé de onze ans et Mélanie Calvat âgée de quatorze ans.

    A travers cette Apparition, notre Mère du Ciel est venue pleurer des larmes comme Co-Rédemptrice dans le but de fléchir la Colère de Dieu, de prier pour la conversion des pécheurs (et de la France apostate), et d'attendrir nos cœurs endurcis.

    Impuissant devant l'endurcissement de Jérusalem, Son Divin Fils pleura sur elle et sur ses enfants (Luc 19, 41).
    Aujourd'hui, la Vierge Marie - qui porte sur Elle une lourde chaîne ainsi qu'un Crucifix lui-même lié à un marteau et à une tenaille - pleure aussi sur Son peuple et sur le monde, demandant que les femmes et hommes ingrats avouent leurs égarements et qu'ils réparent leurs torts.
    À cette condition seulement, le monde pourra encore obtenir la Miséricorde de Dieu... sans la réparation, de nombreux châtiments surviendront.

    La salette 1 11

    http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20160919&id=275&fd=1

    Apparition de Notre-Dame de la Salette

    Le 19 Septembre 1846, sur les pentes du mont Planeau à près de 1800 m, deux enfants bergers, Mélanie et Maximin, illettrés et pauvres jouent à faire un paradis avec les fleurs de la montagne.

    Après avoir partagé un frugal repas vers midi ils s'endorment au soleil, puis recherchent leurs vaches éloignées et voient une grande clarté, une sorte de globe de feu tournoyer d'un éclat insoutenable.

    Dans la lumière apparaît une femme assise sur une pierre dans le paradis des enfants, les coudes sur les genoux, les mains lui couvrant le visage. Elle pleure.

    Elle ressemble, au dire de Maximin, à une pauvre mère que ses fils auraient battue. « Avancez, mes enfants, n'ayez point peur. Je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. » Se levant elle ressemble à une servante (bonnet, fichu, tablier) qui serait reine.

    Sa tête s'orne d'un diadème de rayons, sa robe est pailletée d'étoiles. Elle cache les mains dans ses manches, serrant contre elle le Crucifix vivant qu'elle porte sur la poitrine suspendue à une chaîne.

    Aux extrémités de la traverse de la Croix sont visibles un marteau et des tenailles entrouvertes. Elle porte une guirlande de roses jouxtant une chaîne sur ses épaules. Elle pleure abondamment.

    La Dame leur parle « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils : il est si fort et si pesant que je ne puis le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres... vous n'en faites pas de cas. »

    Elle indique les deux choses qui appesantissent le bras de son Fils : le travail du Dimanche et les jurons grossiers des charretiers. Elle se plaint des gens qui manquent la messe...

    Viendront des châtiments divins redoutables pour les paysans : pommes gâtées, semences mangées par les bêtes, blés en poussière, noix mauvaises, raisins pourris... famines... convulsions de petits enfants, qui se sont réalisés.

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  • Non, les enfants n'étaient pas négligés au Moyen Âge : la preuve par l'éducation

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    De sur The Conversation :

    19 mai 2025

    Non, les enfants n'étaient pas négligés au Moyen Âge : la preuve par l'éducation

    (Didier Lett est Professeur émérite d'histoire médiévale, Université Paris Cité)

    Les stéréotypes sur le sombre Moyen Âge ont la vie dure. Parmi ceux-ci, la place des enfants, que l'on imagine encore peu aimés et exploités, travaillant durement à un âge très précoce aux côtés des adultes. Rien, pourtant, n'est plus faux que cette vision misérabiliste.

    Enfants au Moyen Age : XIIe-XVe siècle

    Dans Enfants au Moyen Âge (XIIᵉ – XVᵉ siècles), une nouvelle synthèse publiée aux éditions Tallandier, Didier Lett nous montre la vive attention à l'enfance dès le ventre maternel, puis s'intéresse à la naissance, au baptême, aux premiers soins apportés au nourrisson et aux relations que l'enfant entretient avec sa famille. Plus de doutes possibles : la société médiévale a bien connue un fort « sentiment de l'enfance », comme le montre cet extrait de l'ouvrage centré sur les préoccupations des parents pour la pédagogie et la formation des plus jeunes.

    Un fort souci éducatif

    De nombreux traités de pédagogie

    Si l'on doutait encore de la force du souci éducatif des hommes et des femmes du Moyen Âge, il devrait rappeler qu'il existe environ une cinqquantaine de termes en ancien français des XII e -XV e  siècles qui désignent le fait d'éduquer ou d'enseigner : alever, amender, somondre, amonester, doctriner, reprendre, chastier, discipliner, monstrer, enseigner, endoctriner, conduire, gouverneur , etc., sans parler des nombreux termes latins : instructio, educatio, disciplina, eruditio . Cette richesse sémantique traduite une réalité. Le verbe educare ( ex / ducare ) signifie « conduire en dehors de », c'est-à-dire exercer une direction pour sortir d'un état qui est inférieur à celui dans lequel on veut faire entrer une personne. Le terme eruditio ( ex / rudictio ) possède un sens très voisin. Il signifie que le mais essentiel du processus est de faire sortir l'enfant de sa ruditas naturelle. L'éducation à pour mais de dégrossir.

    Ce lexique se rencontre dans les nombreux traités pédagogiques rédigés dans les derniers siècles médiévaux, écrits parfois par des pères (ou des mères) pour leurs enfants. En 1238, le juriste Albertano de Brescia écrit pour ses fils le De amore et dilectione Dei et proximi et aliarum rerum de forma vitae , un traité qui connaît un grand succès, traduit rapidement dans de nombreuses langues vernaculaires. Le Catalan Raymond Lulle, un laïc marié, d'origine noble, père de famille, courtisan puis ermite, pédagogue, missionnaire, mystique et romancier, a laissé une œuvre immense parmi laquelle la Doctrine d'enfant ( Doctrina pueril ) qu'il commence à rédiger en 1278 à Majorque et qu'il achève à Montpellier vers 1283. C'est un traité qui s'adresse à un fils imaginaire, supposé enfant. Il a aussi composé à la même époque un roman, Le Livre d'Evast et Blaquerne (entre 1280 et 1283), dans lequel il transpose ses principes pédagogiques en y citant même parfois des passages de son traité. […]

    De l'avis de tous, ce que l'on apprend dès le plus jeune âge marque durablement, s'imprime à jamais dans l'esprit de l'enfant. Le chevalier de La Tour Landry avertit ses filles, « car la vie que vous voudrez mener dans votre jeunesse, vous voudrez la mener lorsque vous serez vieux ». Dans son Livre de la chasse, Gaston Phébus affirme : « Ce qu'on apprend dans sa jeunesse, on le retient dans sa vieillesse. »

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  • Rendre l’espace public « politiquement correct » ?

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    De Paul Vaute sur son blog "Le passé belge" :

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    Rendre l’espace public « politiquement correct » ?

    9 septembre 2025

       Au XVe siècle avant J-C, le pharaon Thoutmosis III fit effacer sur les édifices publics le nom de la reine Hatshepsout, tenue pour usurpatrice. Il fit aussi marteler les textes qu'elle avait inspirés et procéder à l'enlèvement de ses monuments. Le cas n'est nullement isolé. Bien d'autres personnages ont été victimes de cette  damnatio memoriae et pas seulement sur les rives du Nil. Sous nos cieux aussi sont tombés en défaveur bien des statues, des symboles, des odonymes, des commémorations…. qui, hier encore, paraissaient faire l'unanimité.

       La manière dont des marqueurs mémoriels peuvent devenir des facteurs d'affrontement a fait l'objet d'une étude collective à Bruxelles, ville rendue particulièrement riche en la matière par son statut de capitale [1]. Au XIXe siècle déjà, la propension des libéraux, politiquement majoritaires, à statufier leurs figures et les thèmes qui leur étaient chers faisait des gorges chaudes dans les rangs catholiques. Ces dernières décennies, une fixation s'est opérée sur le colonialisme, le racisme ou le sexisme imputés aux personnalités ou aux épisodes mis en valeur.

  • La martyre hongroise Maria Magdolna Bodi, "martyre de la pureté", a été béatifiée

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    De kath.net/news :

    La martyre hongroise Maria Magdolna Bodi béatifiée

    7 septembre 2025

    La martyre Maria Magdolna Bodi béatifiée à Veszprem - Une jeune femme catholique a été abattue par des soldats soviétiques à la fin de la Seconde Guerre mondiale alors qu'elle résistait à un viol - Le cardinal Erdö a présidé la cérémonie de béatification.

    Budapest (kath.net/ KAP) 
    L'apôtre laïque et martyre hongroise Maria Magdolna Bodi (1921-1945) a été béatifiée samedi devant environ 10 000 fidèles. Représentant le pape Léon XIV, le cardinal hongrois Peter Erdö, archevêque d'Esztergom-Budapest et primat de Hongrie, a présidé la cérémonie à Veszprém. De nombreux évêques, prêtres, religieux et fidèles de Hongrie et des pays voisins y ont participé. Le pape François a officiellement reconnu le martyre de Bodi en mai 2024.

    La béatification était initialement prévue pour le 26 avril 2025, mais a été reportée en raison du décès du pape François le lundi de Pâques. Le pape Léon XIV a fixé la nouvelle date au 6 septembre. Parmi les personnes présentes figuraient l'évêque Aurelio García Macías, du Dicastère romain pour le culte divin, l'archevêque Gergely Kovacs d'Alba Iulia et Cristiana Marinelli, postulatrice de la cérémonie. L'État hongrois était représenté par le vice-Premier ministre Zsolt Semjen et le secrétaire d'État Miklos Soltesz.

    Dans son homélie, Erdö a qualifié la nouvelle bienheureuse de « martyre de la pureté ». « Parler de pureté aujourd'hui exige du courage ; ce n'est pas un accomplissement extraordinaire, mais une grande décision qui naît de l'amour personnel pour le Christ », a déclaré le cardinal. Chacun, quel que soit son état de vie, est appelé à la pureté : les couples mariés à la fidélité, les jeunes à une préparation rigoureuse aux grandes décisions de leur vie, et ceux qui ont choisi le célibat ou la virginité à se consacrer totalement au Christ et au service de l'humanité. Même s'il est difficile de vivre cet idéal aujourd'hui, « la grâce divine peut transformer la vie d'une personne en un miracle », a déclaré Erdö.

    Avec Maria Magdolna Bodi, après Anna Kolesarova (1928-1944), martyre slovaque béatifiée en 2018, une autre jeune femme d'Europe centrale et orientale, tuée pendant la Seconde Guerre mondiale pour sa foi et pour protéger sa dignité, est honorée.

    Bodi travaillait comme ouvrière et, par conviction religieuse, s'engageait auprès des enfants, des personnes âgées et des nécessiteux. Le jour de la fête du Christ-Roi en 1941, elle fit vœu privé de chasteté éternelle, ne pouvant entrer dans un ordre religieux en raison de sa naissance illégitime. Lorsque le front atteignit son village natal de Liter à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la jeune femme, alors âgée de 23 ans, chercha refuge dans un bunker avec d'autres femmes et enfants. Le 23 mars 1945, des soldats soviétiques entrèrent dans le village et attaquèrent les femmes qui se tenaient à l'entrée du refuge. Magdolna Bodi résista, avertit ses compagnes et tenta de s'enfuir, mais fut rattrapée par un soldat et abattue de six balles.

    L'évêque de Veszprém de l'époque, le cardinal Jozsef Mindszenty, lança les premières démarches en vue de sa béatification en 1945. Sous le régime communiste, le processus fut interrompu et ne fut relancé qu'en 2011 par l'archevêque Gyula Marfi. En 2024, le pape François a signé le décret reconnaissant son martyre.

    Violences commises par les soldats de l'Armée rouge

    La reconnaissance du martyre de Mária Magdolna Bódi attire l'attention sur la souffrance de nombreuses femmes hongroises victimes de violences sexuelles commises par les soldats de l'Armée rouge en 1945. Les témoignages, les statistiques et l'évolution de la natalité démontrent l'ampleur du phénomène : on estime le nombre de viols entre 80 000 et 250 000.

    Les soldats soviétiques étaient particulièrement cruels en Hongrie. La Yougoslavie, la Tchécoslovaquie et la Bulgarie étaient considérées comme des États amis, ce qui explique pourquoi les soldats y étaient moins violents. De plus, la langue slave commune à la population facilitait la communication avec les occupants. Les victimes de violences sexuelles ne parlaient pas de ce qui leur était arrivé ; pendant des décennies, seules des choses positives étaient autorisées à être dites sur l'armée soviétique.

    Image : Maria Magdolna Bondi © bodimariamagdolna.hu

  • L'Église catholique de l'État balte d'Estonie recevra son premier bienheureux samedi

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    De Luke Coppen sur le Pillar :

    Qui est le premier bienheureux d’Estonie ?

    L'archevêque Eduard Profittlich, SJ, deviendra le premier bienheureux de l'État balte le 6 septembre.

    Archevêque Eduard Profittlich, SJ Crédit : Domaine public.

    Le cardinal autrichien Christoph Schönborn présidera au nom du pape Léon XIV la béatification de l'archevêque Eduard Profittlich, SJ, le 6 septembre, sur la place de la Liberté dans la capitale, Tallinn.

    L'évêque de Tallinn, Philippe Jourdan, a décrit l'événement comme « non seulement un moment majeur pour les catholiques estoniens, mais pour la nation tout entière ».

    « Pour la première fois, quelqu’un sera déclaré bienheureux en Estonie après avoir vécu, servi et souffert ici même sur notre terre, au cœur de l’Estonie », a-t-il écrit en août.

    Qui était l'archevêque Profittlich ? Et quel est son héritage ?

    Qui était-il ?

    Eduard Gottlieb Profittlich est né le 11 septembre 1890 dans une famille d'agriculteurs à Birresdorf, un village de Rhénanie, en Prusse. Huitième d'une famille de dix enfants, il fut baptisé le jour de sa naissance.

    Il souhaitait suivre son frère aîné, Peter, dans l'ordre des Jésuites. (Peter mourut en mission au Brésil en 1915, à l'âge de 37 ans.) Mais les parents de Profittlich insistèrent pour qu'Eduard entre au séminaire de Trèves, estimant qu'il serait plus à l'aise financièrement en tant que prêtre séculier. Il quitta le séminaire en 1913, après seulement deux semestres, pour entrer au noviciat jésuite aux Pays-Bas voisins.

    Contraint d'interrompre ses études lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il passe les années de guerre à servir comme infirmier et assistant chirurgical dans un hôpital militaire en Belgique.

    Après son ordination sacerdotale en 1922, Profittlich se porta volontaire pour servir dans la mission jésuite russe. Il fut envoyé à Cracovie, en Pologne, pour se préparer à cette mission, où il acquit une excellente maîtrise du polonais.

    Alors qu'il était à Cracovie, les relations entre le Vatican et le nouveau gouvernement communiste russe se sont détériorées, rendant impossible son voyage dans le pays.

    Il fut alors envoyé à Opole, ville alors allemande mais aujourd'hui polonaise, pour y servir comme prédicateur et maître de retraite. Il fut ensuite transféré à Hambourg, où il fut chargé de l'accompagnement pastoral des immigrants polonais.

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  • Quand Jean-Paul II rendait hommage à saint Grégoire le Grand (3 septembre)

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    gregoire_grand_1.jpgSaint Grégoire le Grand est fêté le 3 septembre. L'occasion de relire la Lettre adressée par Jean-Paul II à tous les évêques, les prêtres et les fidèles de l’Eglise, pour le quatorzième centenaire de l’élévation de saint Grégoire le Grand au pontificat :

    Au terme de l'Antiquité et à l'aurore du Moyen Age, saint Grégoire le Grand, à la fois issu du patriciat romain et du monachisme bénédictin, s'efforce, en réglementant le présent, de transmettre au futur les enseignements du passé et l’héritage de la tradition. Au début de son pontificat (février 590), les structures de l’empire romain, bouleversées par les invasions gothes, puis normandes, s’écroulent, tandis que renaît l’hérésie donatiste et que l’arianisme règne encore sur la plupart des barbares ; la discipline monastique s’est généralement relâchée et le clergé, souvent démoralisé, conduit des fidèles catastrophés par les invasions barbares : « Ballotté par les vagues des affaires, je sens la tempête gronder, au-dessus de ma tête. Avec le psaume je soupire : Dans l'abîme des eaux, je suis plongé et les flots me submergent. » Dirigeant la barque de saint Pierre menacée de naufrage, saint Grégoire le Grand, le consul de Dieu, va, d’une main ferme et assurée, redresser la barre pour transmettre à la postérité une culture ébranlée sous les coups des barbares mais toujours riche de ses précieux acquis où les leçons de l’Antiquité s’épanouissent à l’enseignement des Pères de l’Eglise, comme le montrent déjà les royaumes des Francs, convertis depuis près d’un siècle, les terres ibériques dont le roi wisigoth, Reccared, vient d’entrer dans le giron de l’Eglise catholique (587) ou les chefs de clan irlandais. Ainsi, prophète des temps nouveaux,  autant que gardien des temps anciens, Grégoire le Grand, sur les ruines de l'empire romain, va-t-il faire se lever l'aube médiévale. Pasteur et missionnaire, théologien et maître spirituel, mais aussi diplomate et administrateur, le soixante-troisième successeur de Pierre construit une œuvre grandiose, à la fois politique, ecclésiastique et mystique, ne revendiquant qu'un seul titre, transmis à ses successeurs : « serviteur des serviteurs de Dieu. »

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  • L'un des parcs d'attractions les plus célèbres au monde, situé en Vendée, a pour fil conducteur l'identité chrétienne de la France et de l'Occident.

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    L'âme catholique de la France à l'honneur au Puy du Fou

    L'un des parcs d'attractions les plus célèbres au monde, situé en Vendée, a pour fil conducteur l'identité chrétienne de la France et de l'Occident.

    L'histoire des Vikings, y compris ses débuts chrétiens, est dramatisée ici.
    L'histoire des Vikings, y compris ses débuts chrétiens, est ici dramatisée. (photo : Solène Tadié)

    LES EPESSES, France — Dans la chaleur du mois d'août, sous les grands arbres de Vendée et parmi les artisans à l'œuvre — sculptant le bois, sculptant des saints, soufflant du verre, fabriquant des bougies, façonnant des bijoux et enluminant des manuscrits — l'atmosphère du Puy du Fou transporte les visiteurs dans un autre monde.

    Fondé en 1977, ce vaste parc à thème historique ne ressemble à aucun autre : une institution culturelle où l'histoire n'est pas racontée mais incarnée, sur de grandes scènes, dans des villages immersifs et à travers un patrimoine vivant.

    Chaque recoin de ce territoire, autrefois marqué par la Révolution française (1789-1799) et les tragédies de l'insurrection vendéenne (1793-1796), raconte des histoires de martyrs, de nobles, de paysans, de révolutionnaires et de rois. Ces épisodes, marqués à la fois par la gloire et le deuil, sont unis par l'identité chrétienne qui a façonné la grandeur durable de la France.

    Au fil des ans, le parc a acquis une renommée internationale, et a récemment été couronné à Hollywood en 2024 par le prix du « Meilleur spectacle du monde ». Parmi les distinctions précédentes, citons celles de « Meilleur parc du monde » à Los Angeles (2012) et Orlando (2014), de « Meilleur spectacle de l'année » à Londres (2020) et de « Meilleur spectacle du monde » à Vienne (2023).

    L'histoire comme protagoniste

    Pour comprendre ce qui distingue le Puy du Fou, Nicolas de Villiers, son actuel président et fils du fondateur Philippe de Villiers, souligne d'abord l'ampleur et l'ambition du parc. Plus qu'un parc de loisirs, c'est une vaste scène où l'histoire elle-même est protagoniste. 

    Mousquetaires, fidèles à la reine Anne/Puy du Fou
    Une émission explique les Mousquetaires, fidèles à la reine Anne et en conflit avec le cardinal de Richelieu, qui fut également premier ministre de France. (Photo : ARTHUR AUMOND, avec l'aimable autorisation du Puy du Fou) ARTHUR AUMOND

    Les visiteurs déambulent dans des villages immersifs, s'assoient dans de grandioses arènes ou dînent dans des hôtels à thème où chaque détail est méticuleusement étudié. Villiers a souligné que la véritable force du Puy du Fou réside dans son universalité. 

    « Au Puy du Fou, nous n'essayons pas de flatter les modes passagères ; nous cherchons à surprendre les visiteurs avec ce qui est intemporel », a-t-il déclaré au Register, soulignant que le parc cherche à éveiller des désirs plus profonds à travers la beauté, l'histoire et des idéaux qui s'élèvent au-dessus des distractions de la vie moderne. 

    Cette vision est visible partout : dans la précision des costumes et de l'architecture qui transportent les spectateurs à travers les siècles, et dans l'engagement envers une narration qui transcende les idéologies. Pour Villiers, le Puy du Fou doit rester un haut lieu , un lieu élevé où le public est uni par une beauté et une mémoire communes.

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  • Une découverte archéologique confirme la présence chrétienne au 7e siècle sur une île des Émirats arabes unis

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    De Crux :

    Une découverte archéologique confirme la présence chrétienne au 7e siècle sur une île des Émirats arabes unis

     

    Des archéologues travaillant sur une petite île du golfe Persique ont découvert un artefact attestant d'une présence monastique chrétienne sur l'île il y a environ 1400 ans.

    Le site est situé sur Sir Bani Yas, une île à environ 110 miles au sud-ouest d'Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, et est connu des archéologues depuis 1992.

    La preuve découverte est une croix en plâtre moulée sur une plaque d'environ 27 cm de long, 17 cm de large et un peu moins de 2,5 cm d'épaisseur. L'objet est décoré de symboles suggérant que la communauté qui y vivait appartenait à l'Église d'Orient (qui commença à se diviser lorsque l'Église refusa la condamnation de l'hérésie nestorienne au concile d'Éphèse en 431 et ne reconnut pas le concile de Chalcédoine en 451).

    Il a été découvert sur un site datant du VIIe et VIIIe siècle, fouillé pour la première fois au début des années 1990. Le site contient des bâtiments que les archéologues ont identifiés comme une église et des quartiers d'habitation monastiques.

    À l’époque où le monastère prospérait, il faisait partie d’un réseau s’étendant sur la zone des États actuels du Golfe, notamment le Koweït, l’Iran et l’Arabie saoudite.

    Maria Magdalena Gajewska, archéologue travaillant au Département de la culture et du tourisme d'Abou Dhabi, a déclaré que l'artefact a été découvert dans le cadre des premières fouilles majeures depuis que le site a été identifié pour la première fois, et qu'il s'agit des toutes premières fouilles des quartiers d'habitation du monastère.

    « Le site, le monastère, comprenait également les premières maisons – il y en a environ neuf, au nord et au nord-ouest de l'église principale », a déclaré Grajewska dans une vidéo produite par le bureau des médias d'Abou Dhabi pour faire connaître la découverte.

    « Nous pensons actuellement que c’est ici que vivaient les moines les plus anciens et qu’ils avaient des périodes de réclusion, pratiquaient la prière et la discipline mentale et spirituelle, avant de se réunir avec leurs frères au monastère », a déclaré Grajewska.

    « C’est une période très excitante pour nous », a également déclaré Grajewska, « car dans le passé, nous avons toujours supposé que ces maisons faisaient partie d’un établissement monastique dispersé, mais nous n’avons jamais eu de preuve concrète qu’elles étaient réellement habitées par des chrétiens. »

    La découverte de la plaque de plâtre avec la croix moulée dans l'une des maisons est donc une découverte significative.

    « Nous avons maintenant la preuve que ces maisons faisaient effectivement partie d’une colonie chrétienne », a déclaré Grajewska.

    Le président du département de la culture et du tourisme d'Abou Dhabi, Mohamed Khalifa Al Mubarak, a qualifié la découverte de Sir Bani Yas de « puissant témoignage des valeurs profondes et durables de coexistence et d'ouverture culturelle des Émirats arabes unis ».

  • La critique du « modernisme » par saint Pie X reste d'actualité, selon un spécialiste

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    De

    La critique du « modernisme » par saint Pie X reste d'actualité, selon un spécialiste

    Le modernisme, explique Pie X, est essentiellement une forme d’agnosticisme au sein de l’Église.

    Saint Pie X
    Saint Pie X (photo : domaine public, via Wikimedia Commons)

    L'Église catholique a célébré la fête de saint Pie X le 21 août, un pape influent du tournant du XXe siècle dont les avertissements sur l'hérésie du « modernisme » contribuent à mettre en lumière la détérioration de la foi en Occident aujourd'hui et le mépris de l'enseignement de l'Église, selon un érudit catholique.

    Pie X, qui régna comme pape de 1903 à 1914 après la mort du pape Léon XIII , prit la tête de l'Église au lendemain de l'époque des Lumières, qui avait stimulé les mouvements rationalistes et libéraux dans toute l'Europe et les Amériques.

    Plusieurs prédécesseurs de Pie X ont combattu certaines philosophies des Lumières, qui apparaissaient comme une menace essentiellement extérieure pour l'Église. Parmi eux, le pape Grégoire XVI, qui réprimandait le libéralisme dans les années 1830 – qu'il considérait comme une promotion de l'indifférentisme religieux et de la laïcité – et le bienheureux Pie IX, qui condamnait les tendances au naturalisme et au rationalisme absolu , qui cherchaient des réponses aux questions philosophiques en l'absence de révélation divine.

    Pie X suivit leurs traces en combattant l'hérésie du « modernisme » dans son encyclique Pascendi Dominici Gregis de 1907. Cette hérésie, enseignait-il, était la pénétration de la « fausse philosophie » au sein des laïcs et du clergé catholiques, y compris au sein du système universitaire catholique et des séminaires, menaçant les fondements mêmes de la foi.

    « Le danger est présent presque jusque dans les veines et le cœur même de l'Église, dont le préjudice est d'autant plus certain qu'ils la connaissent mieux », écrivait Pie X. « De plus, ils ne portent pas la hache sur les branches et les rejetons, mais sur la racine même, c'est-à-dire sur la foi et ses feux les plus profonds. »

    Le modernisme, expliquait Pie X, est essentiellement une forme d'agnosticisme au sein de l'Église, qui considère le raisonnement humain comme limité aux « choses perceptibles par les sens ». Fondés sur l'agnosticisme, les modernistes considèrent la raison humaine comme « incapable de s'élever jusqu'à Dieu et de reconnaître son existence, même au moyen des choses visibles ».

    « On en déduit que Dieu ne peut jamais être l’objet direct de la science et que, en ce qui concerne l’histoire, il ne doit pas être considéré comme un sujet historique », a écrit le Saint-Père.

    Parce que les modernistes soutiennent que Dieu ne peut être compris par la raison, explique Pie X, l'hérésie réduit la relation avec Dieu à une « expérience individuelle ». La croyance en Dieu, croient-ils, est enracinée dans « une sorte d'intuition du cœur, qui met l'homme en contact immédiat avec la réalité même de Dieu ».

    Pie X a poursuivi en affirmant que cette position pouvait servir à justifier n'importe quelle religion. Il a écrit : « Les modernistes ne nient pas, mais admettent, certains confusément, d'autres de la manière la plus ouverte, que toutes les religions sont vraies. »

    Pie X appelait le modernisme « la synthèse de toutes les hérésies » car lorsque l’on applique ce fondement à toutes les facettes de la foi — comme la divinité du Christ, les miracles, la tradition et l’Écriture elle-même — les modernistes promeuvent une compréhension en constante évolution du dogme « qui ruine et détruit toute religion ».

    « [Les modernistes croient] que le dogme est non seulement capable, mais doit évoluer et être modifié », a expliqué le Saint-Père. « Cela est affirmé avec force par les modernistes et découle clairement de leurs principes. »

    Ron Bolster, doyen de la faculté de philosophie et de théologie de l’Université franciscaine, a déclaré à CNA que l’inquiétude suscitée par le modernisme est principalement liée à sa croyance selon laquelle « on ne peut pas connaître les choses de Dieu » et que « tout ce que nous pouvons faire est de nous tourner vers notre expérience religieuse intérieure ».

    « Si vous avez une personne religieuse convaincue par un moderniste qu'elle ne peut pas vraiment connaître ces choses, cela conduit à une sorte de désespoir », a-t-il déclaré.

    « Quand les gens sont convaincus par cela ou trop paresseux pour y réfléchir, ils abandonnent la pratique de la foi et n’ont plus accès aux moyens de salut que Dieu a mis à leur disposition », a averti Bolster.

    L'impact du modernisme sur la société moderne

    Bolster a déclaré qu'il croyait qu'il y avait « un lien très clair » entre les avertissements de Pie X contre le modernisme dans l'Église et le déclin ultérieur de la religiosité dans le monde occidental, ainsi que le grand nombre de catholiques ouvertement en désaccord avec l'enseignement de l'Église.

    Une enquête du Pew Research Center de janvier 2024 a révélé que la catégorie religieuse la plus importante aux États-Unis est celle des « sans religion », c'est-à-dire sans religion particulière. Ces personnes représentent environ 28 % de la population américaine, mais seulement 17 % d'entre elles se déclarent athées. La majorité (63 %) se déclare « sans religion particulière », les 20 % restants étant agnostiques.

    L'impact du modernisme sur le catholicisme lui-même est également évident. Une enquête Pew réalisée en 2025 a révélé que seulement deux tiers environ des catholiques sont convaincus de l'existence de Dieu. Environ 86 % croient au paradis, mais seulement 69 % croient à l'enfer. Une majorité de catholiques soutient l'avortement légal et le mariage civil homosexuel.

    Un sondage EWTN/RealClear de 2024 a révélé qu'environ 52 % des catholiques croient en la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie, tandis que 32 % n'y croient pas et 16 % sont indécis. Parmi les catholiques, la question de la contraception semble être la plus contestée : un sondage de 2024 a montré que 90 % ont utilisé des préservatifs et 60 % des contraceptifs hormonaux.

    Bolster a déclaré que la dissidence catholique sur la contraception, survenue environ 60 ans après la publication de l'encyclique par Pie X, « était la première fois qu'il y avait une sorte de dissidence publique créant un précédent contre l'enseignement de l'Église ».

    « C’est là que s’est produit le véritable tournant, où l’on voit pour la première fois [un grand nombre de catholiques] s’opposer publiquement à… l’enseignement de l’Église », a-t-il déclaré.

    Bolster a noté que « remettre en question l’enseignement de l’Église parce que nous croyons que nous ne pouvons pas connaître la vérité » est un symptôme majeur des tendances modernistes.

    Suivre l'enseignement de l'Église

    En parlant des avertissements de Pie X sur le modernisme, Bolster a déclaré que « le langage de ce document est étonnamment fort » et que le pape « ne mâche pas ses mots, que la menace est réelle et que les solutions sont lourdes ».

    À l'époque de l'encyclique, Pie X a appelé à l'éviction des ecclésiastiques qui promeuvent le modernisme et à la censure de la promotion de ces croyances, ainsi qu'à la création de comités de surveillance diocésains pour trouver les promoteurs de l'hérésie.

    Pie X a également appelé à une résurgence de l'enseignement de la philosophie scolastique, pour laquelle, selon lui, les modernistes ne peuvent que « ridiculiser et mépriser ». De nombreux scolastiques, comme saint Thomas d'Aquin , enseignaient que l'on peut apprendre à connaître et à comprendre Dieu par la raison.

    L’encyclique note également que le Concile Vatican I anathématise quiconque affirme que Dieu « ne peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine au moyen des choses qui sont faites ».

    Bolster a noté que Thomas d’Aquin et d’autres scolastiques soulignent que les païens grecs comme Aristote et Platon « ont raisonné sur l’existence de Dieu » et ont compris certaines vérités limitées sur Dieu qu’ils pouvaient recueillir sans révélation spécifique.

    « Nous pouvons savoir par la raison naturelle que Dieu existe, qu’il contient toutes les perfections, qu’il est tout-puissant et qu’il est illimité », a déclaré Bolster.

    Malgré l'impact du modernisme sur la société, Bolster a déclaré que les catholiques devaient « rester positifs ». Il a ajouté que la disponibilité du Catéchisme de l'Église catholique et des « supports pédagogiques disponibles aujourd'hui pour enseigner la foi… sont des raisons d'espérer et de rendre hommage aux évêques ».

    « Nous devons revenir en arrière et redoubler d’efforts pour respecter les enseignements de l’Église. »