Livres - Publications - Page 76
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Introduction aux contes et nouvelles de Joseph Malègue (feuillet pour le temps du confinement)
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Une crise révèle ce que nous avons dans le cœur (François)
Du pape François sur le site du New York Times :
Le pape François : Une crise révèle ce que nous avons dans le cœur
Pour sortir de cette pandémie mieux que nous n'y sommes entrés, nous devons nous laisser toucher par la douleur des autres.
26 novembre 2020
Au cours de cette dernière année de changement, mon esprit et mon cœur ont débordé de gens. Des gens auxquels je pense et pour lesquels je prie, et avec lesquels je pleure parfois, des gens avec des noms et des visages, des gens qui sont morts sans avoir dit au revoir à ceux qu'ils aimaient, des familles en difficulté, et même qui ont faim, parce qu'il n'y a pas de travail.
Parfois, quand on pense globalement, on peut être paralysé : il y a tant de lieux de conflits apparemment incessants ; il y a tant de souffrances et de besoins. Je trouve qu'il est utile de se concentrer sur des situations concrètes : Vous voyez des visages qui cherchent la vie et l'amour dans la réalité de chaque personne, de chaque peuple. Vous voyez l'espoir inscrit dans l'histoire de chaque nation, glorieux parce que c'est une histoire de lutte quotidienne, de vies brisées dans le sacrifice de soi. Ainsi, plutôt que de vous submerger, elle vous invite à réfléchir et à répondre avec espoir.
Ce sont des moments de la vie qui peuvent être mûrs pour le changement et la conversion. Chacun de nous a connu son propre "arrêt", ou si ce n'est pas encore le cas, ce sera le cas un jour : maladie, échec d'un mariage ou d'une entreprise, grande déception ou trahison. Comme dans l'arrêt Covid-19, ces moments génèrent une tension, une crise qui révèle ce que nous avons dans le cœur.
Dans chaque "Covid" personnel, pour ainsi dire, dans chaque "arrêt", ce qui est révélé est ce qui doit changer : notre manque de liberté interne, les idoles que nous avons servies, les idéologies que nous avons essayé de vivre, les relations que nous avons négligées.
Lorsque je suis tombé très malade à l'âge de 21 ans, j'ai fait ma première expérience de la limite, de la douleur et de la solitude. Cela a changé ma façon de voir la vie. Pendant des mois, je ne savais pas qui j'étais ni si j'allais vivre ou mourir. Les médecins ne savaient pas non plus si j'allais m'en sortir. Je me souviens avoir serré ma mère dans mes bras et lui avoir dit : "Dis-moi juste si je vais mourir". J'étais en deuxième année de formation à la prêtrise au séminaire diocésain de Buenos Aires.
Je me souviens de la date : le 13 août 1957. Un préfet m'a emmené à l'hôpital et s'est rendu compte que ma grippe n'était pas le genre de grippe que l'on traite avec de l'aspirine. Ils m'ont tout de suite retiré un litre et demi d'eau des poumons et je suis resté là, luttant pour ma vie. Le mois de novembre suivant, ils m'ont opéré pour m'enlever le lobe supérieur droit d'un des poumons. J'ai une idée de ce que ressentent les personnes atteintes de Covid-19 lorsqu'elles luttent pour respirer avec un respirateur.
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Quand le pape se fait le défenseur du revenu universel
De François Lenglet sur le site de RTL :
Le pape François, fervent défenseur du revenu universel
Avec la crise de la Covid-19, l'idée du revenu universel est réapparue, prônée par le pape François lui-même.
24/11/2020
Dans un livre à paraître le 2 décembre, Un Temps pour changer, le pape François fait l’apologie du revenu universel. C’est un livre d’entretien avec un journaliste, dont le quotidien La Croix publie des extraits ce mardi matin. Le Pape y développe deux arguments. Un, il est temps de reconnaître la valeur du travail bénévole, qu'on effectue pour ses proches, pour une association ou une communauté, en le rémunérant. Un revenu universel, une même somme mensuelle versée à tous sans conditions, permettrait de le faire. Deux, une telle allocation permettrait aux plus vulnérables de refuser un emploi avec des conditions trop pénibles ou inhumaines.
Cela provoquerait ainsi une transformation du marché du travail, en tirant vers le haut les standards sociaux. Ce n’est pas le seul à proposer cette révolution, loin s’en faut. Elle est promue par la gauche, qui y voit un instrument de solidarité et, comme l’ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon, un moyen de lutter contre la raréfaction des emplois à cause de l’automatisation. C’est aussi une proposition des intellectuels libéraux, le philosophe Gaspard Koenig par exemple, qui voudraient remplacer toutes les allocations existantes, les remboursements de santé, la retraite, par un tel revenu forfaitaire et égalitaire, chaque citoyen en profitant comme il l’entend.
Dans les deux cas, ce revenu se cumulerait avec le salaire pour ceux qui travaillent. La proposition du Pape François se rapproche plutôt de celle de la gauche, c’est pour lui d’abord une mesure de justice, qui procède d’une philosophie de l’égalité. Alors que chez les libéraux c’est une façon de libérer l’individu de la collectivité, cela procède d’une philosophie de la liberté.
Une mesure de redistribution
La question-clé est bien sûr celle du financement. Les évaluations varient, pour la France, entre 40 et 300 milliards, selon la formule retenue, pour un revenu de 600 à 1.500 euros par mois. Où trouver cette somme considérable ? Hamon voulait taxer les machines, parce qu’elles prennent du travail à l’humain. Ça n’a pas grand sens : où commencer à taxer les machines ? Faut-il par exemple s’en prendre aux cafetières électriques, qui après tout font le café à notre place, ou même au tire-bouchon ?
Alors, c’est vrai qu’avec la crise Covid, le revenu universel a progressé, non pas sur le plan des idées, mais dans les faits, avec le fameux chômage partiel, qui a concerné jusqu'à des millions de personnes en France au plus haut du confinement. On s'approchait du revenu universel. Le seul problème, c'est que ça coûte des dizaines de milliards qu'on n'a pas financés puisque c'était du déficit et de la dette.
Sur ce financement, le Pape François ne dit pas grand-chose. Sinon une direction implicite, lorsqu'il pointe les inégalités et les profits des actionnaires, il s'agit sans doute de taxer ici. Dans ces thèses économiques, le Pape est assez à gauche. À une différence près, toutefois. Il milite pour la réduction du temps de travail pour créer des emplois, mais avec des salaires adaptés. De ce point de vue, le Pape est beaucoup plus réaliste que les socialistes français d'il y a vingt ans, qui avaient fait les 35 heures sans réduction de salaire.
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"Un temps pour changer" : un nouveau livre du pape

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Covid-19 : la déraison sanitaire
Du site "Pour une école libre au Québec" :
« Nos héritiers nous reprocheront notre irresponsabilité »
Posted: 22 Nov 2020 10:48 PM PST
Alexandra Laignel-Lavastine vient de publier « La Déraison sanitaire. Le Covid-19 et le culte de la vie par-dessus tout » aux Éditions Le Bord de l’Eau. Un essai aussi brillant que dérangeant dans lequel la philosophe interroge notre « sanitairement correct ». Entretien d’Alexandre de Vecchio avec Alexandra Laignel-Lavastine.
– Vous écrivez : « Jamais l’humanité n’avait été mieux armée médicalement face à une épidémie ; jamais elle ne se sera montrée aussi désarmée moralement. » Pourquoi ?
– Vu l’amplitude de la catastrophe qui s’annonce, nous serions en effet bien inspirés d’y réfléchir, car nos descendants, qui sont notre conscience, nous réclameront assurément des comptes. Je vois plusieurs raisons à cette déconfiture. D’abord, notre basculement, depuis quatre décennies, dans un « nouvel humanisme » (Luc Ferry) tel que jamais, dans l’Histoire, nous n’avions accordé une aussi grande valeur à la vie humaine. Il n’est donc plus question de consentir, en 2020, aux scènes d’épouvante que nos parents ou grands-parents, qui avaient connu la guerre, étaient encore capables d’endurer lors des grandes épidémies de grippe asiatique de 1957 ou de 1968.
Ensuite, il y a ce calamiteux désaveu du tragique, à l’œuvre et même à la manœuvre à chaque étape de cette pandémie, comme si nous étions partis de l’idée folle selon laquelle, pour en finir avec les tragédies du XXe siècle, il suffirait d’en finir avec le tragique même. La fatalité, la finitude et la mort feraient ainsi insulte à notre condition. Trancher ? Nos technocrates optent pour l’antistratégie du moindre risque en se défaussant de leur responsabilité sur les médecins. D’où un bilan churchillien : on a confiné puis reconfiné afin d’éviter l’effondrement (des services de réa[nimation]) ; à la fin, on aura eu et le confinement, et l’effondrement (du pays). Mais la question de notre désarmement moral en soulève encore une troisième, qui constitue le surprenant angle mort de notre sanitairement correct : dans quelle mesure le fait de ravaler l’homme à la vie et d’élever la vie biologique au rang de valeur suprême est-il hautement périlleux et déraisonnable sur le plan civilisationnel ?
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Les mélanges offerts à Mgr Léonard, un maître de vérité chrétienne et un guide sûr en des temps de grande confusion, pour son 80ème anniversaire
De Jean-Jacques FLAMMANG scj sur le site des Dehoniens d'Europe franophone :
Mélanges offerts à Mgr André Léonard à l’occasion de son 80e anniversaire
Mgr André Léonard, maître de vérité chrétienne et guide sûr en des temps de grande confusionEn 2020 Mgr André Léonard, archevêque-émérite de Bruxelles et ancien professeur de philosophie moderne et de métaphysique à l’Université catholique de Louvain, a fêté son 80e anniversaire. A cette occasion, un gros volume lui a été offert qui porte le titre rappelant le programme de toute une vie : « Montrer aux hommes le chemin qui mène au Christ »[1].
Ces Mélanges édités par Eric Iborra et Isabelle Isebaert s’ouvrent sur une Lettre du pape émérite Benoît XVI qui souligne les grandes qualités intellectuelles, pastorales et humaines du jubilaire qui a su « porter l’archidiocèse de l’intérieur en souffrant pour l’Église et, à travers le renoncement à la fonction extérieure, travailler de l’intérieur pour l’Église de Belgique, selon la volonté du Seigneur, en offrant votre amour et votre souffrance. » Et Benoît XVI de conclure : « Pour ce renoncement et l’abnégation qu’il exige, je voudrais vous remercier de tout cœur. »
André Léonard était d’abord professeur de philosophie, et quel professeur ! « Un des esprits les plus brillants de Belgique » avait écrit il y a plusieurs années un grand philosophe français, et tous ceux qui avaient la chance, la joie et l’honneur d’être ses étudiants souscrivent sans doute à cette appréciation.

Mgr André Léonard
Les Mélanges reviennent donc en plusieurs sections sur sa carrière universitaire. A l’éminent connaisseur et interprète de Hegel est d’abord consacrée une section sur l’idéalisme allemand avec des études de Gilbert Gérard et d’Olivier Depré sur l’interprétation de la pensée hégélienne et une contribution sur la foi selon Schleiermacher d’Emilio Brito, un autre géant de la philosophe contemporaine.
Suivent deux sections sur la métaphysique et la morale, deux domaines que Léonard connaît très bien, qu’il a magistralement enseignés dans les grands auditoires de Louvain et de Louvain-La-Neuve et sur lesquels il a publié des livres et de nombreux articles.
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La constitution de Paul VI sur les indulgences (feuillet pour le temps du confinement)
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Environnementalisme et mondialisme, les idéologies les plus dangereuses du moment (XIIe Rapport de l'Observatoire Van Thuân)
De Stefano Fontana sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :
LE XII RAPPORT VAN THUAN
Environnementalisme et mondialisme, les idéologies les plus dangereuses
20-11-2020
L'environnementalisme est une grande bulle idéologique, le mondialisme est une éthique de l'humanité avec peu de principes moraux génériques pour une religion universelle sans dogmes ni doctrines. L'Église catholique apporte également son soutien à ce projet inquiétant. Le douzième rapport de l'Observatoire du Cardinal Van Thuân est consacré à l'environnementalisme et au mondialisme, les deux idéologies les plus dangereuses du moment, qui visent à converger vers un seul niveau politique mondial.
Selon le douzième rapport de l'Observatoire du Cardinal Van Thuân qui vient d'être publié par Cantagalli (Sienne, pp. 256, Euro 16), l'environnementalisme et le mondialisme sont les deux idéologies les plus dangereuses du moment, d'autant plus qu'elles convergent sur un seul niveau politique mondial. Jamais peut-être un rapport n'a été aussi opportun, en traitant d'une question d'actualité juste au moment où sa réalisation est à un stade avancé inquiétant. Tout le monde voit, mais tout le monde ne comprend pas : le rapport sert à documenter, informer et mobiliser la résistance.
L'environnementalisme d'aujourd'hui est une grande bulle idéologique. Incubé pendant des décennies, il a maintenant atteint une phase d'omniprésence programmatique. L'idée de base est que l'environnement est malade et que la cause principale de la maladie est l'homme. Même la Covid, qui n'a rien à voir avec l'environnement, a été proposé comme un symptôme de la gravité du mal qui affecte la planète. Nous sommes proches de la catastrophe : le message ne vient pas seulement et pas tellement de Greta Thunberg, devant laquelle des parlements et des organismes internationaux entiers se sont prosternés, mais des agences des Nations unies, des centres de recherche alignés, des grandes fondations, des médias et des leaders d'opinion du monde entier. Nous serons confrontés à un réchauffement climatique dévastateur causé par nos émissions de dioxyde de carbone, nous serons submergés par les catastrophes climatiques et nous devrons nous familiariser avec les pandémies récurrentes. Les ressources non renouvelables s'épuisent, il est urgent de renforcer les ressources renouvelables et durables et de créer une économie verte basée sur la circularité, la durabilité, l'équilibre avec la nature et des relations humaines sobres.
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Des paroles de Karol Wojtyla pour un monde qui ne croit plus
D'Agnès Bastit-Kalinowska sur Aleteia.org :
Les méditations inédites de Karol Wojtyla sur la quête de Dieu du monde contemporain
17/11/20
Avant d’être élu pape, le cardinal Wojtyla a rédigé une suite de méditations sur le discours à l’Aéropage de l’apôtre Paul, s’adressant aux Grecs adorateurs du « Dieu inconnu ». Récemment découvertes et traduites en français, ces méditations dévoilent les intuitions pauliniennes du pape de la Nouvelle Évangélisation, pour répondre à la quête de Dieu du monde contemporain.
Décembre 1963. Karol Wojtyla, alors évêque de Cracovie, se rend à Athènes sur le chemin de Jérusalem. Sur place, il relit le discours de Paul à l’Aréopage, et ce texte le marque d’autant plus profondément que le pasteur polonais se trouve alors entre deux sessions du concile Vatican II auquel il participe : il perçoit une analogie de situations entre l’Église conciliaire tournée vers le monde contemporain, et la tentative de Paul à Athènes. À une date indéterminée, entre ce voyage et son élection au siège de Rome en 1978, il prépare une série de treize méditations, apparemment destinées à être prononcées devant un auditoire qui nous reste inconnu. Le thème de cette sorte de « retraite théologique » était donc le Discours sur l’Aréopage d’Athènes, inséré par Luc au cœur du récit de la prédication missionnaire de Paul (Ac 17, 22-31).

Jean Paul II, Karol Wojtyla, Paroles pour un monde qui ne croit plus, Catéchèses inédites sur le discours à l’Aréopage, Artège, 2020, 162 pages, 17 euros.
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Cette "menace vient de la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes" (Benoît XVI)
D'Antonio Socci sur Libero traduit sur le site "Benoît et moi" :
Les mots dramatiques de Benoît XVI:
« la menace vient de la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes… avoir peur de cette puissance spirituelle de l’Antéchrist n’est que trop naturel ».
15 novembre 2020
En mai, une polémique a suivi l’anticipation de certaines déclarations faites par Benoît XVI à Peter Seewald et publiées dans sa biographie sur le point de sortir en Allemagne. Cet ouvrage est maintenant traduit en Italie sous le titre « Benedetto XVI, una vita« , on a donc la possibilité de mieux comprendre les paroles du pape.
La question cruciale de Seewald à Ratzinger est la suivante: « Une phrase de votre première homélie en tant que pontife est restée particulièrement gravée dans la mémoire: ‘Priez pour moi, afin que je ne fuie pas, par peur, devant les loups‘. Avez-vous prévu ce qui vous attendait?« .
Le pape répond qu’il n’y a pas d’allusion aux problèmes du Vatican (comme les Vatileaks), comme beaucoup l’ont pensé.« La véritable menace pour l’Église, et donc pour le service pétrinien -explique Benoît XVI -, ne vient pas de ce genre d’épisode : elle vient plutôt de la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes, les contredire conduit à l’exclusion du consensus de base de la société. Il y a cent ans, n’importe qui aurait trouvé absurde de parler de mariage homosexuel. Aujourd’hui, ceux qui s’y opposent sont socialement excommuniés. Il en va de même pour l’avortement et la production d’êtres humains en laboratoire. La société moderne entend formuler un credo anti-chrétien: ceux qui s’y opposent sont punis par l’excommunication sociale. Avoir peur de cette puissance spirituelle de l’Antéchrist n’est que trop naturel et il est vraiment nécessaire que les prières de diocèses entiers et de l’Eglise mondiale viennent à la rescousse pour y résister ».
Les médias ont simplifié tout cela de manière superficielle, déclenchant la polémique sur ces exemples. Mais ce n’est pas le centre du raisonnement de Benoît XVI, qui a un tout autre souffle. Il parle de la « menace » représentée « par la dictature universelle d’idéologies apparemment humanistes ».
C’est cela qui est important. Qu’un homme de grande culture, de spiritualité profonde et d’autorité reconnue, parle de la « menace » d’une « dictature universelle » ne peut laisser indifférent.On peut objecter, mais ce thème a aussi émergé dans le débat public. Même les intellectuels laïcs se sont montrés préoccupés par l’imposition évidente d’une « pensée unique » et même « MicroMega » [ndt: revue de culture, politique, science et philosophie dirigée par Paolo Flores d’Arcais, avec qui le cardinal Ratzinger avait accepté de débattre en 2000, donnant naissance à un essai intitulé « Est-ce que Dieu existe? »] a pointé l’index contre « la nouvelle saison d’excès que connaît l’idéologie du politiquement correct et qui a conduit à la redécouverte ‘progressive’ de la censure ».
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L'Église ne se renouvelle pas en se conformant à l'esprit du monde, mais par l'esprit du Christ

De Laurent Dandrieu sur Valeurs Actuelles :
Cardinal Müller : “L'Église ne se renouvelle pas en se conformant à l'esprit du monde, mais par l'esprit du Christ”
14/11/2020
Face aux diverses interrogations auxquelles se retrouvent confrontés les catholiques en ces temps d'épidémie, le cardinal Müller invite à rester fixés sur le Christ. Entretien.
Propos recueillis par Laurent Dandrieu.
Préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi de 2012 à 2017, le cardinal Müller, ancien évêque de Ratisbonne, est une personnalité qui pèse dans l'Église, n'hésitant pas à prendre position d'une voix forte. À l'occasion de la parution de son livre la Force de la vérité, où il rappelle les fondamentaux de la foi catholique, il confie à Valeurs actuelles ses convictions sur le rapport des fidèles au pape, la récente encyclique, l'attitude de l'Église pendant le confinement ou sur l'immigration. Et rappelle que l'Église est là pour témoigner du plan de salut de Dieu et non pas proposer des solutions humaines à des problèmes terrestres.
Valeurs actuelles. Vous avez publié, en 2019, un “Manifeste de et pour la foi”, repris en conclusion de votre livre la Force de la vérité. Pourquoi écrire ce texte qui énonce les vérités fondamentales de la foi, que tout catholique est censé déjà connaître ?
Cardinal Müller.Le Manifeste contient en effet les vérités les plus importantes que tout catholique devrait connaître, mais malheureusement ce n'est pas le cas de tout le monde. Il indique également que les évêques et les prêtres doivent prêcher avant tout sur la Trinité, l'Incarnation, les sacrements, le Christ que nous devons suivre et la vie éternelle. Ce n'est qu'ensuite que l'on peut aussi parler d'environnement, de climat et du thème de l'immigration. L'Église n'a pas la même mission que l'État de veiller au bien-être temporel des citoyens, bien que dans ce domaine aussi elle énonce les fondements moraux de la politique. Jésus a envoyé les apôtres dans le monde pour annoncer l'évangile du royaume de Dieu et permettre à ceux qui croient d'être baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. L'Église est un signe d'espérance au-delà des limites étroites de la vie terrestre. Elle est le témoin du plan de salut de Dieu, qui veut que tous les peuples soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité du Christ.
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Fabrice Hadjadj reçoit le prix du cardinal Lustiger attribué par l'Académie française
De Christophe Henning sur le site du journal La Croix :
L’Académie française attribue le prix du cardinal Lustiger à Fabrice Hadjadj
Le philosophe catholique Fabrice Hadjadj est distingué par les académiciens. L’écrivain engagé est aussi directeur de l’institut Philanthropos.
12/11/2020
L’Académie française a décerné, jeudi 12 novembre, le prix du cardinal Lustiger au philosophe Fabrice Hadjadj « pour l’ensemble de son œuvre ». Créé en 2012, par les Immortels du quai de Conti, ce prix doté de 3 000 € vient distinguer tous les deux ans une œuvre « répondant aux intérêts du cardinal Jean-Marie Lustiger et portant sur les enjeux spirituels des divers phénomènes culturels, sociaux et historiques ».
S’étant déjà présenté comme « juif, de prénom arabe et de confession catholique », Fabrice Hadjadj porte, à l’instar du cardinal Lustiger, une philosophie sans frontière, explorant les racines juives d’un christianisme en mouvement perpétuel. Volontiers provocateur, la plume incisive, Hadjadj développe une approche éclectique de la foi chrétienne.
Succès de librairie
Né en 1971 dans une famille athée, il s’est converti au christianisme après être entré dans une église du quartier latin. Baptisé à l’abbaye de Solesmes, cet agrégé de philosophie attaque avec impertinence – au moins dans les titres – les sujets tels que le corps, le salut, la foi. Ainsi Réussir sa mort (2005), La Profondeur des sexes (2008) ou encore Dernières nouvelles de l’homme (et de la femme aussi) (2017) s’imposent comme des succès de librairie.
Ce touche-à-tout prolixe s’essaie encore au théâtre avec Massacre des innocents, Jeanne et les post-humains ou plus récemment La Confession de Don Juan. Il se fait à l’occasion auteur-compositeur-interprète et se lance dans la littérature pour la jeunesse avec L’Attrape-malheur (Ed Joie de lire, 2020). Longtemps enseignant de philosophie dans le sud de la France, ce père de famille nombreuse est aujourd’hui directeur de l’institut Philanthropos, à Fribourg (Suisse), qui propose une formation intellectuelle et spirituelle d’une année à de jeunes étudiants.
Débat public
Déjà distingué par plusieurs prix, notamment le grand prix catholique de littérature (2006) et le prix spiritualités aujourd’hui (2013), il participe au débat public, signe régulièrement des tribunes dans la presse et accompagne les travaux de la revue d’écologie intégrale Limite. Le prix du cardinal Lustiger vient encourager ce cinquantenaire déjà distingué « pour l’ensemble de son œuvre ». Un prix remis les années précédentes à des auteurs tels que Jean-Louis Chrétien, Pierre Manent ou Nicolas Diat.
C’est traditionnellement à l’automne que l’Académie française attribue 62 prix dans diverses disciplines. À noter qu’un prix d’académie a été remis à Frédéric Boyer pour la nouvelle traduction des Georgiques de Virgile, sous le titre Le Souci de la terre (Gallimard, 2019), et aussi « pour l’ensemble de son œuvre de traducteur ». Frédéric Boyer, chroniqueur à La Croix L’Hebdo, a notamment traduit les Confessions de saint Augustin (sous le titre Les Aveux, POL, 2008) et dirigé la nouvelle traduction de la Bible dite Bible des écrivains chez Bayard (qui possède La Croix).


