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Politique

  • Le 15 juillet, le jour où le Parlement français a décidé qu'il peut être mis fin légalement à une vie humaine. Par 291 voix contre 241

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    De gènéthique.org :

    « Nous sommes le 15 juillet, le jour où le Parlement français décide qu'il peut être mis fin légalement à une vie humaine. » Par 291 voix contre 241

    15 juillet 2026

    « Nous sommes le 15 juillet, le jour où le Parlement français décide qu'il peut être mis fin légalement à une vie humaine. » Par 291 voix contre 241

    « Vous venez de décider démocratiquement d’une évolution sociétale majeure comme nous en avons connu peu dans notre histoire. Vous avez dit oui à 4 reprises, et aujourd’hui de manière définitive. » Ainsi concluait Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement et fervent défenseur du « droit à l’aide à mourir », après le vote solennel intervenu ce 15 juillet. Sans souligner que seuls 291 députés se sont prononcés en faveur du texte, soit 50,4% de la représentation nationale qui compte 577 élus[1]. Un nombre qui s’est encore réduit par rapport à la précédente lecture (cf. « Dans une avalanche aucun flocon ne se sent responsable » : les députés adoptent le « droit à l’aide à mourir » pour la 3e fois). Ce 15 juillet, 241 élus se sont prononcés contre la proposition de loi, et 29 se sont abstenus. Le 30 juin, 232 voix contre et 35 abstentions avaient été recensées.

    L’enterrement des valeurs républicaines

    Au lendemain de notre fête nationale, 291 députés ont ainsi choisi d’entériner une fausse « liberté » qui ne propose pas d’alternative, une pseudo-égalité qui ne tient que face à la demande d’« aide à mourir » mais pas face à l’accès aux soins, et une « fraternité » qui abandonne. Reléguant la protection des plus fragiles aux oubliettes d’une « grande loi républicaine, de progrès et d’humanité » comme l’ont vantée ses promoteurs. « Nous sommes le 15 juillet, le jour où le Parlement français décide qu’il peut être mis fin légalement à une vie humaine », déclarera solennellement Justine Gruet (DR).

    C’est donc malgré trois rejets du Sénat, l’alerte du comité des personnes handicapées de l’ONU (cf. « Aide à mourir » : le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU épingle la France), la multiplication des interpellations des soignants (cf. Claire Fourcade : depuis le mois de juin, « il n’y a pas eu un seul patient ni une seule famille qui m’ait demandé où en était ce projet de loi »), des « éligibles » (cf. Fin de vie : « Nul ne devrait avoir à choisir entre souffrir et mourir »), des collectifs anti-validistes, d’élus de gauche (cf. A mes amis députés de gauche qui ont voté la loi « sur la fin de vie » mais reviendront sur leur décision lors du prochain vote) et de nombreux citoyens (cf. « Si vous doutez, votez non » : l’« appel du 28 juin » aux députés) que le « droit à l’aide à mourir » a été adopté. Malgré aussi – ou grâce ? -à l’annonce de la saisine du Conseil constitutionnel par le Premier ministre à la veille de l’ultime lecture, révélant les craintes vis-à-vis de la proposition, au sein même du gouvernement (cf. « Aide à mourir » : Sébastien Lecornu sort enfin du silence et annonce qu’il saisira le Conseil constitutionnel si le texte est voté). « Pour bien sécuriser certains sujets largement débattus de ce texte et pour s’assurer que l’application de la loi une fois votée se fasse dans le plein respect de nos principes fondamentaux, et particulièrement la dignité humaine, le Premier ministre saisira le Conseil constitutionnel », a déclaré Camille Galliard-Minier, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, à la tribune de l’Assemblée nationale. Certains « sujets » ne seraient donc toujours pas « bien sécurisés » ?

    « Vous pouvez être pour l’aide à mourir mais nous devons être contre ce texte »

    Cette lecture définitive n’aura suscité aucune surprise. « Ce 15 juillet 2026 marquera l’histoire de notre pays. Un jour où notre devise républicaine va une nouvelle fois être consacrée dans la loi. » « Puisse la laïcité, dans son sens le plus noble, le plus universel, entrer dans cet hémicycle. » Entre déclarations grandiloquentes comme celles de Stéphane Delautrette (Socialistes et apparentés) ou de Sandrine Rousseau (Ecologiste et social), hommages appuyés et répétés à Olivier Falorni (Les Démocrates), et rappels lancinants du « droit à disposer de son corps », des appels à l’humilité, à écouter les doutes, ont tenté de se faire entendre.

    « Vous pouvez être pour l’aide à mourir mais nous devons être contre ce texte », interpelle Olivier Fayssat (UPR), soulignant ses dangers. « Vous construisez ici – et c’est tellement surprenant venant de la gauche de cet hémicycle – un modèle de société de la loi du plus fort, le pouvoir de l’homme sur l’homme », alerte quant à elle Justine Gruet.

    Le début d’une nouvelle étape

    Mais le combat n’est pas terminé. Les promoteurs du texte d’ailleurs ne s’en cachent pas : ils veulent déjà « aller plus loin ». Accès aux mineurs, aux personnes en situation irrégulière, introduction des directives anticipées ou encore instauration d’un délit d’entrave, les sujets ne manquent pas et Sandrine Rousseau ou Karen Erodi (LFI – NFP) sont déjà sur les rangs. « L’accompagnement vers la fin de vie fait pleinement partie des missions qui incombent aux soignants », déclare de son côté Nicole Dubré-Chirat (EPR). Elle indique compter sur leur « sens des responsabilités ». La clause de conscience des soignants serait-elle déjà menacée ?

    Le combat n’est pas non plus terminé chez les opposants au texte. Loin s’en faut. En effet, ce sont d’ores et déjà trois saisines du Conseil constitutionnel qui ont été annoncées : celle de Sébastien Lecornu, celle du président du Sénat, Gérard Larcher, mais aussi celle de 60 sénateurs. Une quatrième, venue des rangs des députés, pourrait s’y ajouter. Et quelle que soit la décision des Sages, l’élection présidentielle arrivera à grands pas. Des candidats pourraient envisager d’abroger un texte tout juste entré en vigueur.

    Evoquant d’autres réformes « sociétales » – la loi Veil, le mariage pour tous, la PMA pour toutes – la rapporteur général Philippe Vigier (Les Démocrates) a interpellé ses collègues : « Au final, qui proposera en 2027, aux présidentielles, de revenir sur un de ces textes ? Je mets au défi qui que ce soit de le faire. » Chiche ?

    [1] Scrutin public n°8280 sur l’ensemble de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (lecture définitive)

  • "Europe et Afrique" : la leçon magistrale du Cardinal Sarah au Parlement Européen

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    2026_07_16_09_40_11_Greenshot.pngParlement européen, Salle SPAAK 5B1, Bruxelles

    Mercredi 15 juillet 2026

    LECTIO MAGISTRALIS de S.E.R. le Card. Robert Sarah

    « EUROPE ET AFRIQUE. EN DIALOGUE AVEC LE CARD. ROBERT SARAH »

    1. Logos, parole et visions du monde opposées

    Monsieur le Président,
    Honorables membres du Parlement européen, Amis de ProVita et Famiglia,
    Mesdames, Messieurs,

    je vous remercie de m'avoir invité à partager avec vous, dans cette maison des peuples d'Europe, quelques réflexions qui me tiennent à cœur en tant que fils de l'Afrique et pasteur de l'Église catholique. Je ne viens pas à vous avec un discours de circonstance, mais avec une question que je considère décisive pour l'avenir de nos deux continents : pouvons-nous encore nous comprendre ? Les mots que nous utilisons — « droits humains », « dignité », « développement », « liberté », « santé », « genre », « famille » — signifient-ils encore la même chose pour ceux qui les prononcent à Bruxelles, à Strasbourg, à Kampala ou à Conakry ?

    Le Pape Léon XIV, en recevant en janvier dernier le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, a prononcé une phrase que je voudrais poser comme clé de lecture de toute ma réflexion d'aujourd'hui. Le Pape a affirmé : « Nous avons besoin que les mots expriment de nouveau, de manière univoque, des réalités certaines. Ce n'est qu'ainsi que peut reprendre un dialogue authentique et sans malentendus »1. Il nous dit que la crise que nous traversons — crise géopolitique, crise des droits, crise du multilatéralisme — est, à sa racine, au-delà du langage : une crise du logos, de la raison.

    Dans le dossier qui a été préparé pour cette rencontre, et que j'ai étudié avec attention, il ressort avec une clarté documentée que, dans les relations entre l'Union européenne et l'Afrique, les mots sont aujourd'hui utilisés non pour révéler la réalité, mais pour la cacher, voire pour la renverser2. On parle de « santé sexuelle et reproductive » et l'on entend, dans bien des cas, l'accès à l'avortement. On parle d'« égalité de genre » et l'on entend, parfois, la déconstruction de la différence sexuelle entre l'homme et la femme, inscrite dans le corps de l'être humain. On parle de « droits humains » pour les pays africains, et l'on entend l'imposition de catégories juridiques étrangères à notre histoire, à notre foi, à notre culture, à notre vision anthropologique. Si les mots ne signifient plus ce qu'ils disent, comment peut-il y avoir un dialogue authentique ? Comment l'Afrique peut-elle se fier à une Europe qui parle avec des mots équivoques, à double sens ?

    Il ne s'agit pas d'un problème de sémantique académique : c'est un problème politique, un problème de vérité, d'honnêteté dans les relations humaines, de première importance. Un traité, une résolution, un plan d'action qui utilisent un vocabulaire imprécis et ambigu ne sont pas des instruments de coopération, mais des instruments de perversion et de pouvoir silencieux, de néo-colonialisme culturel et économique : celui qui contrôle le sens des mots contrôle, de fait, l'issue de la négociation, sans que l'autre partie s'en aperçoive. C'est exactement ce qui se passe et que, dans cette Lectio, je chercherai à mettre en lumière, à la lumière de l'Évangile et de la raison3.

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  • 380 millions de chrétiens persécutés dans le monde : le rapport 2026 qui accuse l’indifférence internationale

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    De Tribune Chrétienne :

    [ Document] « 380 millions de chrétiens persécutés dans le monde »: le rapport 2026 qui accuse l’indifférence internationale

    « Nous devons nous tenir à leurs côtés », rappellent les auteurs du rapport , qui soulignent que des croyants sont encore battus, emprisonnés ou tués uniquement parce qu'ils sont chrétiens. ( intégralité du rapport)

    Publié le 7 juillet 2026 par l’organisation américaine International Christian Concern (ICC), le Global Persecution Index 2026 dresse un état des lieux particulièrement documenté de la persécution antichrétienne dans plus de vingt pays. Chiffres, témoignages et analyses convergent vers un même constat : alors que la liberté religieuse recule sur tous les continents, les violences contre les chrétiens continuent de s’intensifier dans une indifférence qui interroge la communauté internationale. Le Global Persecution Index 2026 d’International Christian Concern (ICC) constitue l’un des rapports les plus complets consacrés à la persécution des chrétiens dans le monde. Sur plus de 120 pages, cette étude passe en revue la situation de 21 pays répartis en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique latine et même en Occident.

    S’appuyant sur des données de terrain, des témoignages, des statistiques et des enquêtes menées tout au long de l’année écoulée, elle met en lumière une réalité trop souvent ignorée : les chrétiens demeurent aujourd’hui la communauté religieuse la plus persécutée au monde.

    Le premier chiffre avancé par l’ICC donne la mesure du drame : près de 380 millions de chrétiens sont victimes, chaque année, de persécutions ou de discriminations graves en raison de leur foi. Beaucoup sont arrêtés, torturés, emprisonnés, expulsés de leurs villages ou assassinés. Dans plusieurs pays, partager l’Évangile est passible de prison, tandis que dans d’autres, participer à une simple réunion de prière clandestine peut coûter la liberté ou la vie.

    « Nous devons nous tenir à leurs côtés », rappellent les auteurs, qui soulignent que des croyants sont encore battus, emprisonnés ou tués uniquement parce qu’ils sont chrétiens.

    Le rapport montre que la persécution ne relève plus seulement de groupes terroristes isolés. Elle résulte désormais de la combinaison de plusieurs phénomènes : nationalisme religieux, autoritarisme, terrorisme islamiste, contrôle des organisations religieuses par les États, répression au-delà des frontières et surveillance technologique. Les auteurs dénoncent notamment l’utilisation de technologies développées en Occident pour renforcer les systèmes de contrôle mis en place par certains régimes contre les communautés chrétiennes. L’Afrique apparaît comme l’épicentre mondial de cette persécution. Selon le rapport, le continent concentre désormais près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde. Boko Haram, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), les Allied Democratic Forces (ADF) et Al-Shabaab poursuivent une stratégie visant explicitement les communautés chrétiennes. Églises incendiées, villages détruits, prêtres enlevés et populations déplacées rythment désormais le quotidien de nombreuses régions du Nigeria, du Sahel, de la Somalie ou de la République démocratique du Congo.

    La République démocratique du Congo illustre cette violence extrême. Entre le 1er juillet 2024 et le 1er juillet 2025, l’ICC a recensé près de 400 chrétiens tués, 94 enlèvements, 23 édifices religieux endommagés, 72 habitations attaquées et 346 personnes contraintes de quitter leur foyer. Le rapport rappelle également le massacre de 70 chrétiens décapités à Kasanga ainsi que celui de près de 50 fidèles assassinés lors d’une veillée de prière à Komanda, deux attaques attribuées aux ADF affiliés à l’État islamique. Les auteurs parlent d’une véritable campagne de terreur religieuse.

    Lire aussi : https://tribunechretienne.com/euthanasie-les-pauvres-demanderont-a-partir-monseigneur-etienne-guillet-lance-un-appel-solennel-aux-parlementaires/

    En Érythrée, la persécution est moins spectaculaire mais tout aussi implacable. Le régime du président Isaias Afwerki continue d’emprisonner des croyants sans procès. L’ICC cite notamment le cas du Dr K, détenu depuis plus de vingt ans sans inculpation ni jugement. Pour la seule période couverte par le rapport, l’organisation recense plus de 100 arrestations de chrétiens, 15 attaques contre des habitations et au moins 12 déplacements forcés.Le rapport pointe également l’Asie. En Inde, les lois dites « anti-conversion » servent régulièrement à poursuivre des chrétiens accusés d’évangélisation. En Chine, le Parti communiste contrôle les nominations des responsables religieux, les prédications, les rassemblements en ligne et jusqu’à l’architecture des lieux de culte. Au Nicaragua, le régime de Daniel Ortega poursuit son offensive contre l’Église catholique, tandis qu’en Iran les autorités continuent d’incarcérer des chrétiens convertis.

    L’étude consacre enfin un chapitre entier à l’Occident. Sans établir de parallèle avec les persécutions sanglantes subies ailleurs, elle observe une érosion progressive de la liberté religieuse. Elle évoque notamment les restrictions imposées à certaines manifestations publiques de la foi au Canada, les arrestations de personnes priant silencieusement près de centres pratiquant l’avortement au Royaume-Uni ou encore les 2 211 actes antichrétiens recensés en Europe en 2024, parmi lesquels 94 incendies d’églises, soit deux fois plus que l’année précédente.

    Pour International Christian Concern, ces statistiques ne représentent qu’une partie de la réalité, tant de nombreuses persécutions demeurent impossibles à documenter dans des pays fermés ou en guerre. Derrière ces chiffres se cachent des familles brisées, des prêtres emprisonnés, des enfants devenus orphelins et des communautés contraintes de vivre leur foi dans la clandestinité. Le Global Persecution Index 2026 rappelle avec force que la liberté religieuse continue de reculer dans une grande partie du monde, tandis que des millions de chrétiens paient encore leur fidélité au Christ au prix de leur liberté et, trop souvent, de leur vie.

  • Chat Control, un système de surveillance de masse

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    De Maurizio Milano sur la NBQ :

    Chat Control, un système de surveillance de masse

    Alors que l'attention du public est détournée par les vacances d'été et la Coupe du monde de football, une décision destinée à changer la nature de la vie privée numérique est passée presque inaperçue à Strasbourg.

    15_07_2026

    surveillance numérique

    Quasiment invisible pour le grand public, un enjeu crucial en matière de protection de la vie privée s'est joué : l'extension du dispositif « Chat Control 1.0 », qui autorise les plateformes numériques à analyser les messages privés des citoyens à la recherche de contenus pédopornographiques. Ce dispositif repose sur le règlement (UE) 2021/1232, une dérogation temporaire à la directive ePrivacy conçue pour permettre aux grands fournisseurs d'utiliser des systèmes algorithmiques automatisés afin d'identifier les contenus pédopornographiques. Cette dérogation devait expirer le 3 avril 2026, dans l'attente d'un nouveau cadre permanent (« Chat Control 2.0 »), mais les négociations sur ce dernier sont au point mort en raison de l'opposition de cryptographes, de militants et de certains gouvernements nationaux, préoccupés par les conséquences sur les libertés fondamentales.

    Le 26 mars, le Parlement européen a voté sur la prolongation du contrôle des conversations (Chat Control 1.0) : 307 députés ont voté contre, 306 pour et 24 se sont abstenus. Le contrôle de masse a été rejeté à une voix près. Un amendement a également été adopté afin de limiter le champ d’application du contrôle aux utilisateurs individuels ou aux groupes déjà soupçonnés par décision de justice, pour empêcher l’accès indiscriminé à des millions de communications privées. À l’expiration de la prolongation, les principales plateformes ont suspendu le contrôle en Europe ; cependant, en quelques semaines, l’appareil institutionnel s’est réorganisé pour annuler le résultat du vote.

    Le 2 juillet, le Conseil de l'Union européenne a décidé d'adopter la proposition initiale de la Commission – la version récemment rejetée par la Chambre – la qualifiant de « position du Conseil » et déclenchant ainsi la procédure de deuxième lecture. Le règlement du Parlement stipule que, pour rejeter ou modifier la position du Conseil, la majorité simple des suffrages présents ne suffit pas ; la majorité absolue des 720 députés européens, soit 361 voix, est requise. Le vote du 9 juillet a enregistré 314 voix contre, 276 pour et 17 abstentions. La majorité des votants a de nouveau rejeté la prolongation, mais sans atteindre le seuil formel : la loi a été adoptée, prolongeant le contrôle des conversations 1.0 jusqu'au 3 avril 2028. Une infrastructure de surveillance rejetée à deux reprises est donc remise en place par des voies procédurales, grâce à des règles qui transforment un vote contre en une absence d'opposition effective. À quoi sert le Parlement européen ? Quel est le véritable niveau de démocratie au sein de nos institutions ?

    « Protéger les enfants, pas les prédateurs » : c’est ainsi que Manfred Weber, président du Parti populaire européen, a résumé les enjeux de la loi X à la veille du vote. Selon ce slogan, les opposants à cette mesure ne veulent pas « protéger les enfants » et les laissent à la merci des « prédateurs ». Personne ne nie, bien sûr, l’urgence de lutter contre la pédopornographie en ligne, mais cette lutte doit être conciliée avec la protection du droit à la vie privée et le principe de proportionnalité. Le problème est que, dès lors qu’un dispositif technique capable de scanner massivement les messages et leurs pièces jointes est mis en place, la frontière entre lutte contre la criminalité et surveillance institutionnelle des citoyens devient extrêmement ténue. La véritable question, pour les citoyens européens, n’est donc pas de savoir s’il faut « protéger les mineurs », mais quels outils nous acceptons et avec quels contrôles démocratiques pour assurer cette protection.

    Après le 9 juillet, de nombreux communiqués de presse ont évoqué une « demi-victoire » : le contrôle des conversations 1.0 a été étendu, mais les applications avec chiffrement de bout en bout, telles que WhatsApp, Signal et iMessage, ont été exclues du champ d'application de l'analyse. Les messageries électroniques comme Gmail et iCloud, les messages directs non chiffrés sur Instagram et Facebook, et le stockage cloud dont la protection est assurée côté serveur, restent exposés à une analyse « volontaire » mais fortement incitée. Avant la suspension en avril 2026, l'écosystème Meta générait à lui seul la quasi-totalité des signalements transmis aux autorités européennes chargées de l'application de la loi, examinant des centaines de milliers de conversations chaque année. Si le chiffrement est sûr pour le moment, il n'en demeure pas moins que la majorité des communications numériques européennes restent soumises à un régime orwellien qui normalise l'analyse automatisée des contenus suspects.

    La surveillance algorithmique est extrêmement intrusive et porte atteinte à la vie privée , mais est-elle pour autant efficace ? Les données officielles de la police criminelle fédérale allemande indiquent qu’environ 48 % des signalements automatisés sont des faux positifs ou sont sans pertinence d’un point de vue pénal. Les statistiques suisses, dans un contexte différent mais concernant les mêmes réseaux, font état de taux de faux positifs pouvant atteindre 80 %. Concrètement, près de la moitié (voire plus) des communications privées signalées concernent des citoyens innocents, victimes d’un algorithme d’analyse automatisée qui confond photos de famille, mèmes ou images intimes échangées entre adolescents avec du contenu illicite. Tout ce bruit pour rien ?

    Non, c'est encore pire, car les forces de l'ordre sont submergées par des milliers d'alertes inutiles, ce qui détourne du temps et des ressources des enquêtes ciblées sur les réseaux criminels du dark web. Ces enquêtes nécessitent toujours des outils d'investigation traditionnels et des opérations de renseignement ciblées. La Commission européenne elle-même reconnaît que les analyses de masse ne représentent qu'une fraction des signalements, la majorité des cas découlant de plaintes spécifiques, de la surveillance des contenus publics et d'actions policières ciblées.

    Un système plus efficace de protection des mineurs est-il réellement en train d'être mis en place ? Ou avons-nous commencé à créer une « architecture de surveillance » généralisée qui contrevient au principe fondamental et constitutionnellement garanti de la confidentialité des communications ? Le véritable test sera la réglementation « Chat Control 2.0 », qui pourrait être mise en œuvre comme un système de contrôle permanent, obligatoire et généralisé. Pour contourner l'obstacle du chiffrement, la proposition inclut un contrôle côté client : l'algorithme est installé directement sur le téléphone ou l'ordinateur de l'utilisateur et analyse le contenu avant son chiffrement.

    Plus de 400 universitaires ont alerté sur le fait que ce modèle engendre des capacités de surveillance sans précédent et de nouvelles vulnérabilités. Une simple mise à jour logicielle permettrait d'étendre le contrôle préventif à la lutte contre la désinformation et la mésinformation, et ainsi de stopper net les opinions jugées extrémistes ou indésirables pour le pouvoir en place. On a l'impression que nous perpétuons la « culture de l'urgence » habituelle : partant de préoccupations légitimes, celles-ci sont exploitées et instrumentalisées à des fins politiques pour atteindre des objectifs bien différents de ceux affichés.

    En conclusion : voulons-nous vraiment confier aux institutions et aux prestataires privés un système qui normalise la surveillance préventive de nos communications personnelles ? Voulons-nous vraiment accepter un niveau structurel de suspicion automatisée comme « nouvelle norme » ? Ceux qui gardent le silence, malheureusement, y consentent.

  • Le visage du prochain. Théologie de la relation dans l’épreuve de la fin de vie. (Marie-Laetitia Calmeyn)

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    De Marie-Laetitia Calmeyn sur le site de la Nouvelle Revue Théologique (article offert) :

    Le visage du prochain. Théologie de la relation dans l’épreuve de la fin de vie

    NRT 148-3 (2026), p. 385-395

    Dans le contexte des débats contemporains sur la fin de vie, cet article propose de recentrer la réflexion sur la dimension relationnelle du soin. À partir d’une interrogation fondamentale – qui est l’autre pour moi ? – il développe une théologie du prochain enracinée dans la tradition biblique et chrétienne. L’auteur met en lumière le primat du don et de la communion sur les logiques utilitaristes ou strictement décisionnelles, en s’appuyant notamment sur la notion de visage et sur le mystère pascal. L’expérience de la vulnérabilité, particulièrement dans la maladie et l’approche de la mort, révèle le prochain comme celui qui appelle à une transformation intérieure et à une relation de fraternité. Ainsi, le soin est compris non seulement comme une pratique, mais comme un lieu théologique où se déploient la présence, la charité et l’espérance.

    Les débats en France autour des lois sur la fin de vie ces dernières années ont replacé les soignants au cœur de questions humaines, éthiques et spirituelles d’une extrême intensité. Il est inévitable que resurgisse face à la souffrance, à la dépendance, à la demande de mourir ou au refus de l’acharnement thérapeutique, cette interrogation fondamentale : qu’est-ce que soigner ? S’agit-il de répondre à une demande, d’exercer une compétence technique, ou d’entrer dans une relation plus profonde avec celui ou celle qui souffre et qui approche de la mort ?

    En cherchant à encadrer les pratiques, les évolutions législatives risquent de déplacer le centre de gravité du soin : de la relation vers la décision individuelle, de la présence vers un « droit à », du service de la vie vers une maîtrise illusoire et mortifère, du respect des consciences et des institutions à un « totalitarisme sournois1 ». Elles suscitent, entre autres chez les soignants, un véritable désarroi.

    Dans ce contexte, il devient essentiel de revenir à une question plus originaire : qui est l’autre pour moi ? Comment me situer face au prochain dans la relation de soin ?

    Le patient est-il d’abord un sujet de droit, un bénéficiaire de prestations, un porteur de demandes ? Ou bien est-il aussi celui qui m’est confié, celui dont la vulnérabilité m’appelle, celui qui, d’une certaine manière, me révèle bien plus que moi-même ?

    La tradition biblique et chrétienne propose ici un éclairage décisif. Elle invite à penser la relation non pas seulement en termes d’actes ou de décisions, mais comme une vocation : vocation à la vie, à la rencontre, à la présence, à la communion. Elle ouvre ainsi à l’approche du care un chemin qui conduit de la relation de soin à une relation plus profonde encore : celle de la fraternité.

    C’est dans cette perspective que nous proposons de relire la figure de « l’autre » et du « prochain ». Car, au cœur même de la fragilité, au seuil de la mort, quelque chose de décisif se joue : la manière d’être en relation – et peut-être, plus profondément encore, la manière d’aimer.

    Lire la suite sur le site de la Nouvelle Revue Théologique

  • Édouard de Habsbourg-Lorraine : Pourquoi le christianisme demeure le fondement de l'Europe

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    De Jan-C Bentz sur le Catholic Herald :

    Édouard de Habsbourg-Lorraine : Pourquoi le christianisme demeure le fondement de l'Europe

    Eduard de Habsbourg-Lorraine est devenu l'un des plus éloquents défenseurs du christianisme, de la vie familiale et du patrimoine culturel d'Europe centrale. Membre de la maison de Habsbourg, diplomate, auteur et commentateur, il a été ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège et de l'Ordre souverain de Malte de 2015 à cette année. Outre ses activités diplomatiques, il est l'auteur de plusieurs ouvrages à succès, dont « La Voie des Habsbourg » , qui explore les vertus ayant façonné la dynastie des Habsbourg ; « Construire une famille saine dans un monde brisé » ; et, plus récemment, sa défense passionnée de la liturgie romaine traditionnelle dans « À la découverte de la messe latine » , où il s'interroge sur la portée culturelle et spirituelle de l'héritage liturgique de l'Église.

    Lors de la récente conférence ARC à Londres (Alliance for Responsible Citizenship), Habsbourg a évoqué la contribution particulière de l'Europe centrale à l'avenir de l'Europe, la relation entre la foi et le conservatisme, et le désir croissant des jeunes générations pour une vision politique et culturelle plus enracinée.

    Le Catholic Herald : Vous avez parlé de l’Europe centrale et de sa contribution à l’Europe. Que peut apporter l’Europe centrale au reste du continent ?

    Eduard Habsburg-Lothringen : Ce qui caractérise l'Europe centrale, c'est que ses nations connaissent très bien l'équilibre complexe entre souveraineté nationale et appartenance à quelque chose de plus grand que soi.

    Ils ont appris cela sous la monarchie des Habsbourg.

    Pendant des siècles, des peuples très différents ont vécu au sein d'un cadre politique plus vaste tout en conservant leurs identités, leurs langues et leurs traditions propres. Plus tard, après l'effondrement de l'Empire et à travers les douloureuses expériences du XXe siècle, ils ont réappris ces leçons sous d'autres formes.

    De ce fait, des pays comme la Hongrie, l'Autriche, la Slovaquie, la Slovénie, la République tchèque et même certaines régions des Balkans occidentaux possèdent une compréhension particulièrement fine des relations entre autorité centrale, subsidiarité, souveraineté et identité nationale.

    Il existe une remarquable continuité culturelle dans toute la région. Que l'on voyage à travers la Hongrie, la Slovaquie, certaines parties de la Croatie ou même l'ouest de l'Ukraine, on rencontre encore des traces d'une langue culturelle commune qui s'est développée au fil des siècles.

    Parallèlement, nombre de ces nations luttèrent âprement pour leur indépendance, parfois même contre les Habsbourg qui les avaient gouvernées. Cette expérience leur conféra un instinct particulièrement aigu pour le maintien de leur souveraineté tout en participant à des structures politiques plus vastes.

    C’est pourquoi l’Europe centrale est devenue une voix si importante au sein de l’Europe aujourd’hui. Ces pays comprennent à la fois la valeur de l’autonomie nationale et les avantages d’une coopération plus large.

    CH : L’Europe est-elle disposée à écouter cette voix ?

    EHL : Il existe toujours une tentation vers une plus grande centralisation.

    Lorsqu'une bureaucratie importante existe, elle tend naturellement à étendre son autorité. Les bureaucraties sont vulnérables à cette tentation. Face à cette tendance, plusieurs pays d'Europe centrale se sont fait les fervents défenseurs du principe de subsidiarité et de la responsabilité nationale. Ils rappellent que l'Europe est plus forte lorsque les nations souveraines contribuent librement à un projet commun, au lieu d'être réduites à de simples unités administratives.

    Je crois que l'importance de cette voix ne cessera de croître car l'évolution politique semble de plus en plus aller dans ce sens.

    CH : Quelle a été votre impression d’ARC jusqu’à présent ?

    EHL : Je dois dire que je suis sincèrement enthousiaste.

    Pour moi, c'est une expérience totalement inédite de me retrouver réuni avec quatre mille personnes dans un cadre pareil.

    J'ai passé beaucoup de temps à interroger les participants sur ce qui, selon eux, les unit tous ici. Après tout, ils viennent de pays différents, de religions différentes, de traditions politiques différentes et même d'interprétations différentes de ce que signifie être conservateur.

    La réponse que j'ai trouvée la plus convaincante, c'est l'espoir.

    Il règne un fort sentiment de volonté d'avancer dans la bonne direction. On observe une vision optimiste de l'avenir de la société. Je perçois très peu de pessimisme et de morosité. Au contraire, je vois des gens se demander ce qui peut être construit, ce qui peut être renforcé et ce qui peut être renouvelé. L'un des aspects les plus importants d'ARC réside non seulement dans les conférences, mais aussi dans les échanges qui s'ensuivent. Les participants retrouvent régulièrement d'anciens amis, font de nouvelles rencontres et discutent de projets d'avenir.

    Ce qui me frappe également, c'est que la conférence ne s'articule pas autour d'une poignée de personnalités charismatiques. On y ressent un esprit d'égalité et un objectif commun. Cela permet de privilégier les idées plutôt que les figures individuelles.

    CH : Tout au long de la conférence, les valeurs chrétiennes ont été largement abordées. En tant que catholique, quelle contribution particulière les catholiques peuvent-ils apporter à ce débat ?

    EHL : La première chose que je dirais, c’est que la mission de l’Église catholique n’est pas d’améliorer la société.

    Cela peut paraître surprenant, mais l'Église existe avant tout pour aider les gens à connaître Dieu, à vivre avec lui et, en fin de compte, à atteindre le ciel. Bien sûr, les catholiques peuvent apporter une contribution importante aux débats conservateurs. En fait, je pense que notre contribution la plus importante est de rappeler aux conservateurs que les valeurs dissociées de la foi s'érodent inévitablement.

    Les valeurs conservatrices ne peuvent perdurer sans les convictions religieuses qui les sous-tendent. Prenons l'exemple de la famille. L'idée d'une famille nombreuse n'a guère de sens si l'on n'a pas la foi. Rares sont ceux qui acceptent les sacrifices, les charges et les responsabilités liés à l'éducation des enfants par simple principe politique abstrait. Ces sacrifices sont consentis parce que l'on croit en quelque chose de plus profond.

    C’est pourquoi je souhaite voir une voix catholique plus forte et plus affirmée au sein du mouvement conservateur. Les catholiques peuvent rappeler à tous le fondement sans lequel tout finit par s’effondrer.

    CH : ARC rassemble des catholiques, des protestants, des orthodoxes et même des personnes d’autres confessions. Quel est votre avis sur cet aspect de la conférence ?

    EHL : C’est précisément ce que j’apprécie le plus.

    Le pape François a souvent parlé d’un « œcuménisme de sang ». Il voulait dire par là que ceux qui persécutent les chrétiens ne se soucient généralement pas de savoir si leurs victimes sont catholiques, protestantes ou orthodoxes. De son côté, ARC crée un espace de coopération constructive entre chrétiens de différentes traditions, voire entre croyants de différentes religions.

    Cela ne signifie pas faire comme si nos différences n'existaient pas. Je ne crois pas que l'œcuménisme fonctionne en estompant les distinctions doctrinales. Il s'agit plutôt de reconnaître nos préoccupations communes et les domaines où nous pouvons collaborer. À ARC, je peux discuter avec un évêque anglican, puis avec un responsable évangélique, puis avec une personne d'une tradition chrétienne totalement différente, et pourtant reconnaître un héritage commun et une préoccupation partagée pour l'avenir.

    Voilà, je crois, ce qu'est un véritable œcuménisme.

    CH : Enfin, quel serait votre message civilisationnel aux jeunes chrétiens ?

    EHL : Je perçois un attrait croissant pour les valeurs conservatrices chez les jeunes générations.

    Dans de nombreux domaines – au sein de l'Église, en politique et dans la culture en général – la jeune génération se montre en réalité plus conservatrice que les précédentes. Je pense que quelque chose d'important est en train de se produire.

    Des conférences comme ARC offrent des espaces où l'on peut reconnaître ce fait, en discuter ouvertement et se soutenir mutuellement. Après les nombreuses conversations que j'ai eues ici, je suis plus optimiste quant à l'avenir politique qu'avant mon arrivée. Mon plus grand souhait est que des jeunes animés de véritables convictions chrétiennes s'engagent en politique. Nos systèmes politiques ne facilitent peut-être pas encore cette démarche. La politique exige inévitablement des compromis, et l'hésitation de nombreux chrétiens est compréhensible. Mais je souhaite ardemment voir des jeunes hommes et femmes, profondément croyants et aux convictions claires, s'engager dans la vie publique et œuvrer avec courage pour la famille, la vie humaine et les valeurs chrétiennes.

    Pour l'instant, cela peut paraître presque irréaliste. Mais peut-être que cela aussi peut changer.

  • Démocratie dans l'Union européenne — Des dérives de l'antiracisme et de la fin de la vie privée

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Démocratie dans l'Union européenne — Des dérives de l'antiracisme et de la fin de la vie privée

    Mathieu Bock-Côté sur un projet de loi qui prévoit des peines d'inéligibilité quand quelqu'un est condamné pour racisme, dans un contexte où la définition du racisme ne cesse de s'étendre, et s'applique à ceux qui critiquent l'immigration massive.
    ChatControl est le nom donné par ses détracteurs au projet de règlement européen sur la lutte contre les abus sexuels sur mineurs en ligne. L'objectif affiché par la Commission européenne est de détecter et signaler les images pédopornographiques connues ou nouvelles, ainsi que les tentatives de prise de contact d'un adulte avec un mineur à des fins sexuelles. 

    De nombreuses associations de défense des libertés numériques, des spécialistes en cryptographie et certains juristes, résument leurs objections autour de plusieurs points :
    • Une surveillance de masse plutôt qu'une surveillance ciblée. Le principe de scanner les messages de tous les utilisateurs avant même qu'il existe un soupçon individuel est considéré comme une inversion du principe de présomption d'innocence.
    • Une menace pour le chiffrement de bout en bout. Pour analyser des messages chiffrés, plusieurs scénarios reposent sur le balayage sur les ordinateurs personnels avant de contacter le réseau, c'est-à-dire un contrôle effectué directement sur l'appareil des utilisateurs avant le chiffrement. Les opposants estiment que cela revient à affaiblir les garanties offertes par le chiffrement, même si celui-ci reste techniquement en place.
    • Des risques d'erreurs. Les technologies de détection, notamment lorsqu'elles utilisent l'intelligence artificielle pour identifier de nouveaux contenus ou des conversations suspectes, peuvent produire des faux positifs, conduisant à l'examen de communications parfaitement légitimes.
    • Le risque d'extension des usages. Une fois qu'une infrastructure technique permettant l'inspection des communications existe, les critiques craignent qu'elle soit progressivement utilisée pour d'autres objectifs : terrorisme, discours censément de haine, prétendue désinformation, violations du droit d'auteur, etc.
    • Une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales. Plusieurs opposants soutiennent que le dispositif est difficilement conciliable avec le droit au respect de la vie privée, au secret des correspondances et à la protection des données garanti par le droit européen.
  • Saint Henri II (13 juillet)

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    Du site Hozanna.org :

    Saint Henri II : vie, règne et prières

    Saint Henri II

    Saint Henri, duc de Bavièreroi de Germanie et empereur du saint empire romain germanique, était avant tout un homme très pieux et profondément dévoué au Seigneur. Il a gouverné son royaume avec sagessejustice et bonté. Henri était aimé par son peuple pour cela. Son couple était admirable. Il fût canonisé en 1146 et sa femme, sainte Cunégonde, fût canonisée peu après lui, en 1200. Saint Henri est célébré le 13 juillet.

    Biographie de saint Henri

    Saint Henri est né le 6 mai 973 à Ratisbonne. Il est le fils du duc de Bavière, Henri II le Querelleur. Il reçut, dès sa plus tendre enfance, une solide éducation religieuse. Il fût même éduqué par les chanoines de Hildesheim et par l’évêque bénédictin de Ratisbonne, saint Wolfgang. Il succède à son père, à l’âge de 22 ans, et devient donc duc de Bavière, en 995. Il rencontre peu de temps après la future sainte Cunégonde, la fille du comte de Luxembourg, Siegfried, et l’épouse. Leur mariage demeura sans enfant. Malgré cela, un amour et une fidélité profonde les unissaient. Ils restèrent mariés jusqu’à leur mort. Saint Henri gouverna son duché, pendant sept ans, avec dévouementsagesse et loyauté. Lorsque son cousin, l’empereur du Saint Empire romain germaniqueOthon IIImourut en 1002, c’est Henri qui fût désigné par les seigneurs de l’empire pour lui succéder. Il fût alorscouronné le 7 juin 1002 à Mayence. Le duc de Bavière, Henri III devint alors Henri II, roi de Germanie. Il devint roi d’Italie en 1004 lorsque son frère, Bruno, renonça à ce titre pour se retirer dans les ordres (il devint évêque d’Augusta). En 1014, le pape Benoît VIII le sacra alors, à Rome, officiellement empereur du Saint Empire romain germanique. 

    Saint Henri, avec le soutien de sainte Cunégonde, consacra sa vie aux devoirs de sa charge impériale. En parallèle, il s’intéressait beaucoup à la vie de l’Église et à ses réformes. Il participait aux synodes et aux élections des évêques, en faisant en sorte qu’ils soient intègres. Il se faisait régulièrement conseiller par des religieux dans ses décisions, notamment par l’abbé Odilon de Cluny. Saint Henri lutta fermement contre la simonie (l’acquisition des charges religieuses contre rémunération) et pour redonner au célibat des prêtres une place centrale dans leur sacerdoce. Il fonda également de nombreux monastères, mais aussi le diocèse de Bamberg et sa cathédrale, où il fût enterré, avec son épouse. C’est saint Henri qui imposa que le Credo soit récité à chaque messe dominicale. Il était aussi, bien entendu, très préoccupé par les affaires politiques, s’efforçant de gouverner avec justesse et de rétablir la paix dans son empire.

    Sa santé commença à décliner en 1024. Il se retira alors trois mois à Bamberg afin de s’y reposer. Malheureusement, son retour à ses obligations impériales l’acheva. Saint Henri rendit son âme à Dieu le 13 juillet 1024. C’est le pape Eugène III qui le canonisa le 12 mars 1146. Saint Henri est le saint patron des laïcs oblats de saint Benoît.

    Prier avec saint Henri II

    Prière à saint Henri pour être juste bon, à son image

    “Ô Dieu, qui avez pris saint Henri, ému par la générosité de votre grâce, à la contemplation des choses éternelles, des soucis du gouvernement temporel, accordez-nous par vos prières de marcher vers vous avec simplicité de cœur au milieu des vicissitudes de ce monde.

    Empereur, Saint Henri, plus haut patron allemand et patriarche européen reconnu, gentilhomme aux vertus brillantes, chevalier miséricordieux, je vous demande de prendre soin de moi, de mes ennemis, aidez-moi à leur pardonner tout comme vous avez pardonné la trahison de vos sujets.

    Nourris mon cœur de tout le bien qu’il y a en toi, protège moi avec ton bouclier miraculeux que vous avez fait dans vos merveilleuses expéditions ; sois l’empereur de mes décisions à prendre désormais. Dieu, qui en ce jour avez fait passer le bienheureux Henri, votre confesseur, d’un trône terrestre au royaume éternel, faites, nous vous en supplions, comme il a triomphé par ta grâce des séductions du siècle. Dédaignons aussi les vaines attractions du monde pour nous présenter à vous avec un cœur pur.

    Glorieux saint Henri, serviteur de Dieu, toi qui as su suivre le chemin du Maître, intercède pour nous tous, pour nos besoins matériels et spirituels, afin que nous puissions atteindre la main droite du père ; pour que des milliers de personnes affamées et assoiffées de justice puissent vivre dans la dignité. Par notre Seigneur Jésus-Christ, ton fils qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit et qui est Dieu pour toujours et à jamais. Amen.”

    Prière pour être humble de cœur avec saint Henri

    “Seigneur, tu as comblé saint Henri de ta grâce pour qu'il sache gouverner son empire et tu l'as élevé à la gloire du ciel ; accorde-nous par ton intercession, au milieu des changements de ce monde, de tendre vers toi dans la simplicité du cœur. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur. Amen.”

  • Fidèle à une vocation particulière : le cas de Rémi Brague

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    De Paul Seaton sur le CWR :

    Fidèle à une vocation particulière : le cas de Rémi Brague

    Ce philosophe et intellectuel catholique français est resté remarquablement fidèle à sa vocation intellectuelle, ramenant les Européens à eux-mêmes et œuvrant pour sauver l'Europe de l'autodestruction.

    Je suis fasciné par les catholiques qui vivent pleinement leur vocation. Lorsque j'en rencontre un, je suis attentif. Je le fais pour voir Dieu à l'œuvre et pour en tirer des enseignements et des encouragements. C'est pourquoi je porte un intérêt particulier aux théologiens et penseurs catholiques.

    Rémi Brague (né en 1947), intellectuel et philosophe catholique français, est un homme qui est resté remarquablement fidèle à sa vocation intellectuelle. Une vocation bien particulière, en effet. Au fil du temps, il a compris qu'il était appelé à ramener les Européens à eux-mêmes et à contribuer à sauver l'Europe de l'autodestruction.

    Dans les pages qui suivent, je relaterai quelques exemples révélateurs de sa fidélité, puis j'esquisserai le cheminement et la stratégie qu'il a suivis pour accomplir sa vocation. Je terminerai par une brève réflexion sur le fossé entre fidélité et réussite matérielle.

    Deux moments déterminants

    Brague a débuté sa carrière universitaire comme spécialiste de philosophie antique. Ses trois premiers ouvrages portaient sur des textes et des thèmes philosophiques classiques : le  Ménon de Platon ; le temps chez Platon et Aristote ; et le concept du monde (le  kosmos ) dans la philosophie d’Aristote. Mais la philosophie classique ne s’est pas arrêtée à l’Antiquité ; elle a influencé et été influencée de diverses manières par les trois grandes religions : le judaïsme, le christianisme et l’islam.

    Afin d'étudier de près cette rencontre aux multiples facettes, Brague entreprit d'apprendre l'hébreu et l'arabe. La connaissance des langues classiques et des langues modernes du savoir ne lui suffisait pas.

    Pour sa fidélité et son apprentissage des langues sémitiques, il fut largement récompensé : il obtint un accès direct aux textes et auteurs fondamentaux (Maïmonide, Alfarabi, Averroès) et aux études dans ces langues, et il se rapprocha encore davantage du cœur de l'Europe, comprise comme un dialogue entre la raison philosophique et la religion révélée, et un trilogue entre les religions et leurs adeptes versés en philosophie.

    Avec le temps, il découvrit également qu'il pouvait mettre à profit ses connaissances, anciennes et nouvelles, pour une cause publique encore plus noble. Ce moment révéla pleinement sa vocation.

    Qu'est-ce que l'Europe ?

    C’était en 1989-1991 : avec l’effondrement du communisme soviétique, un ancien ordre s’était écroulé et un nouveau était en train d’émerger. Certaines questions fondamentales préoccupaient autant le public que les hommes politiques et les universitaires. Qu’était-ce que la démocratie ? Quel était le statut de l’État-nation dans une Europe où les anciens pays du Pacte de Varsovie savouraient leur nouvelle indépendance, tandis que les démocraties occidentales s’employaient à « mettre en commun leurs souverainetés » et à construire une nouvelle Communauté européenne ?

    Cette dernière question a soulevé une troisième série : qu’était réellement l’Europe ? Sur quelles bases une Europe nouvellement unifiée devrait-elle se rassembler ? Quelle était  l’identité fondamentale de l’Europe ?

    Avec d'autres penseurs catholiques (dont le cardinal Joseph Ratzinger), Brague s'est engagé dans la vie publique. En 1992, il publia un ouvrage rare, à la fois érudit et accessible au grand public : * Europe, la voie romaine* (traduit en anglais sous le titre * Eccentric Culture *). Il s'y attachait à définir l'Europe comme une culture. C'était là sa contribution à la recherche et à la vie publique européenne : une  anamnèse  philosophique qui permettrait aux Européens de se remémorer l'Europe et de réfléchir à l'avenir  en connaissance de cause.

    Deux strates et ce qu'il appelait deux formes d'« excentricité » – l'ouverture et l'appropriation de modèles extérieurs d'excellence humaine – formèrent le fondement de la culture européenne. La première strate était la Rome impériale, la seconde, les tribus barbares qui lui succédèrent. Après avoir conquis la Grèce et la Judée, la Rome impériale finit par les adopter comme modèles. Horace immortalisa la première lorsqu'il écrivit que « la Grèce captive mena Rome, captive elle aussi ». Les Actes des Apôtres (1, 8) laissaient entrevoir le parcours providentiel des saints Pierre et Paul et la « conquête » finale de la Rome païenne par le christianisme. Des siècles plus tard, le père de l'Europe , Charlemagne (le chef franc devenu empereur du Saint-Empire romain germanique), s'ouvrit lui aussi, ainsi que son royaume, à la culture classique et à la foi chrétienne. L'Europe se forgea ainsi une double dette et une combinaison singulière de domination et de disciple.

    L'ouvrage contenait également des mises en garde, Brague ayant décelé des évolutions inquiétantes sur la scène contemporaine. Il forgea une expression frappante, « marcionisme culturel », pour désigner un ensemble de tentatives visant à rompre la continuité de la culture et de l'histoire européennes à l'époque moderne. Marcion, l'hérétique du IIe siècle qui niait le lien intrinsèque entre les deux Testaments de la Bible, avait des équivalents contemporains qui s'efforçaient de déchirer le tissu culturel européen au nom de l'individu moderne pleinement émancipé.

    Dans une postface à l'édition de 1998 de son ouvrage, il actualisa son analyse de la situation contemporaine, tout en exposant les craintes et les inquiétudes liées au déclin culturel qui avaient initialement motivé son étude. Hélas, les six années précédentes n'avaient fait que confirmer que l'Europe contemporaine – et notamment nombre de ses dirigeants culturels et politiques – continuait de renier son héritage européen. Il faudrait donc déployer de nouveaux efforts pour convaincre ses contemporains du caractère erroné de la voie empruntée.

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  • France : les députés favorables à la loi fin de vie ne pourront plus communier, prévient Mgr Marc Aillet

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    Des 

    Les députés favorables à la loi fin de vie ne pourront plus communier, prévient Mgr Marc Aillet

    Selon le calendrier annoncé, les députés devraient se prononcer le 15 juillet sur la proposition de loi sur l’euthanasie. L’évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, Mgr Marc Aillet, invite les parlementaires catholiques à un examen de conscience.
    Peut-on se dire chrétien et voter un texte aussi contraire à l’enseignement de l’Église ?

    Mgr Marc Aillet : Il y a là une contradiction profonde. La question de l’euthanasie ou du suicide assisté n’est pas seulement une question confessionnelle. Elle touche à la loi naturelle, c’est-à-dire à ce qui fonde le respect de toute vie humaine dans une société civilisée. Lorsqu’un député se déclare catholique tout en soutenant une législation qui autorise à donner la mort, il se place objectivement en opposition avec un enseignement constant de l’Église, mais aussi avec un principe fondamental de la raison humaine. L’instruction Samaritanus Bonus, publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi, a clairement réaffirmé que l’euthanasie était « un acte intrinsèquement mauvais, quelles que soient les circonstances ». Un catholique engagé dans la vie publique ne peut pas l’ignorer.

    Une telle position a-t-elle des conséquences spirituelles ?

    Oui, car la foi chrétienne engage toute l’existence. Chacun doit s’interroger en conscience sur la cohérence entre les actes qu’il pose et la foi qu’il professe. Une adhésion publique à une loi gravement contraire à l’enseignement moral de l’Église pose un vrai problème de cohérence ecclésiale. Les parlementaires catholiques qui auront voté ce projet de loi doivent en peser les conséquences. S’ils sont conscients de cette incohérence, ils ne pourront plus communier. L’Église est fondée à le leur rappeler, comme certains évêques l’ont fait aux États-Unis. J’aimerais les inviter à un examen de conscience sincère. Avons-nous le droit de faire de la suppression volontaire d’une vie humaine une réponse à la souffrance ?

    Certains fidèles ne semblent pas insensibles aux arguments des partisans de l’euthanasie, présentée comme un « geste d’humanité ». Que leur dites-vous ?

    Il faut distinguer la véritable compassion de ce que Jean-Paul II appelait une « fausse miséricorde ». Une société vraiment fraternelle ne répond pas à la détresse par l’élimination de celui qui souffre mais par le développement des soins palliatifs, de l’accompagnement psychologique, familial et spirituel. Quant à la liberté, elle ne consiste pas à pouvoir tout faire. La liberté authentique est ordonnée au bien. Contre le discours dominant qui obscurcit gravement les consciences, contre le matraquage médiatique influencé par de puissants lobbies, les fidèles sont appelés à se former – et à soutenir concrètement les personnes malades, âgées ou isolées.

    Qu’en est-il de celles qui demanderaient l’euthanasie ? Quelles conséquences sur le salut de leurs âmes ? Pourraient-elles avoir des obsèques chrétiennes ?

    L’Église continue d’affirmer que le suicide demeure objectivement contraire à la volonté de Dieu, qui est le maître de la vie. Mais elle tient aussi compte des situations concrètes. La souffrance, la solitude, la dépression, les pressions familiales ou sociales sont parfois si fortes qu’elles peuvent altérer profondément la liberté d’une personne. C’est pourquoi le discernement pastoral est indispensable. Le rôle du prêtre est d’aider la personne à retrouver l’espérance, à se réconcilier avec Dieu et à renoncer à son projet. Cet accompagnement spirituel consiste à l’aider à choisir la vie jusqu’à son terme naturel, jamais à cautionner un geste létal. Concernant les funérailles chrétiennes, chaque situation doit être examinée avec prudence. L’Église tient compte de nombreux éléments, notamment des signes éventuels de repentance avant la mort. Rien ne doit être fait qui laisserait penser qu’elle approuve l’euthanasie.

    Qu’en est-il des soignants qui appliqueraient cette loi ?

    Je pense d’abord aux drames de conscience que cette loi risque de provoquer. Les professionnels de santé ont choisi leur métier pour soigner, soulager, accompagner. On leur demanderait désormais de participer à la mise à mort d’un patient. Mais la loi civile ne peut pas abolir les exigences de la conscience morale, que l’on soit ou non croyant. Il est donc essentiel que la clause de conscience soit pleinement garantie.

    Des religieuses au sein d’établissements de soins catholiques ont annoncé leur intention de « résister » ? Qu’en pensez-vous ?

    Une société véritablement démocratique ne peut pas exiger d’institutions fondées sur le respect inconditionnel de la vie qu’elles agissent contre leurs convictions les plus fondamentales. Veut-on que ces établissements ferment, alors qu’ils gèrent des dizaines de milliers de lits ? Qu’ils s’exilent à l’étranger, comme les congrégations chassées de France au début du XXe siècle ? Va-t-on emprisonner les religieuses qui n’appliqueraient pas cette loi ? Il faut défendre la liberté de ces établissements avec détermination.

    Léon XIV a choisi comme devise pour sa visite en France : « Pour que le monde ait la vie ». Qu’attendez-vous de lui ? N’arrive-t-il pas trop tard, après une probable adoption de la loi ?

    Une loi, même adoptée, ne met pas fin au devoir de témoignage des chrétiens. J’attends du Saint-Père qu’il rappelle avec force la dignité inaliénable de toute vie humaine. J’attends qu’il encourage les familles, les soignants, les bénévoles et tous ceux qui accompagnent les personnes malades ou âgées. J’attends surtout qu’il nous redonne le sens de l’espérance. Car l’enjeu ultime est spirituel. Une société s’affaiblit lorsqu’elle présente la mort comme une solution. Le Christ est venu « pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance ». C’est cette espérance que l’Église continuera d’annoncer, quelles que soient les évolutions législatives.

  • Le libéralisme est-il compatible avec le christianisme ?

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    De Don Samuele Cecotti sur le site de l'Observatoire International Cardinal Van Thuan :

    Le libéralisme est-il compatible avec le christianisme ?

    8 juin 2026

    1. La mort silencieuse du christianisme

    La question de savoir si le libéralisme est compatible avec le christianisme est une question non triviale et d'une importance capitale dans l'Europe des derniers siècles, c'est-à-dire depuis que les idées libérales sont devenues une force établie et une idéologie dominante sur ce qui était (il y a longtemps) le continent de la chrétienté.

    Dès la Révolution anglaise de 1688, puis la Révolution française de 1789, le libéralisme est devenu le symbole idéologique de la nouvelle Europe. Les États-Unis sont nés libéraux. Les révolutions qui ont conduit l'Amérique latine à briser l'unité hispanique et à s'établir en une pluralité de républiques laïques sont également libérales.

    C’est au XIXe siècle que la nouvelle Europe libérale supplantera presque totalement l’ancienne ; ce seront les troupes napoléoniennes qui diffuseront ce nouveau courant libéral, puis la Restauration le préservera en grande partie [1] … et enfin, les révolutions libérales qui embraseront l’Europe du XIXe siècle consolideront l’hégémonie libérale sur le continent. Le cas le plus célèbre et paradigmatique est celui de l’Italie, sans oublier le tournant libéral de l’Espagne sous Isabelle II.

    Les deux guerres mondiales représentent la dernière étape de la grande révolution libérale. La Première marque la fin des derniers empires de l'Ancien Régime (empire tsariste, empire des Habsbourg, empire ottoman) et de l'État prussien-germanique, expression d'une modernité politique alternative, avec l'affirmation des puissances libérales (Angleterre, France, États-Unis… et Italie [2] ). La Seconde est le triomphe (en Occident) du modèle unique de démocratie libérale. Le processus de remodelage de l'Europe au sens libéral fut si intense qu'il est aujourd'hui difficile de concevoir une identité européenne autre que la démocratie libérale, ce qui nous fait souvent oublier que, pour s'imposer, le libéralisme a dû renverser par des révolutions la vieille Europe, ou le christianisme millénaire né en 380 avec Théodose et qui s'est maintenu, quelque peu meurtri et à bout de souffle mais toujours vivant, jusqu'à l' Ancien Régime . L'identité de la vieille Europe ne s'est pas transmise pacifiquement à la nouvelle ; le christianisme ne s'est pas fondu spontanément dans la démocratie libérale. Il a fallu la révolution pour renverser la vieille Europe et imposer la nouvelle. Ce fut une transition violente et loin d'être naturelle.

    Historiquement, il faut donc reconnaître que le christianisme (du moins dans son expression culturelle et politique) et le libéralisme se sont affrontés dans un duel à mort. La victoire du libéralisme a marqué la fin du christianisme en tant que régime politique et en tant que civilisation. Et devant le cadavre de la societas christiana, nous sommes tous témoins et, en quelque sorte, fossoyeurs.

    Si l'on considère que le régime chrétien n'est pas simplement une expression politico-culturelle du christianisme, mais la seule expression politico-culturelle organiquement complète du christianisme, la seule civilisation née du christianisme [3] , ou encore que le christianisme est la seule civilisation chrétienne qui se soit réalisée dans l'histoire, le doute légitime s'impose : la lutte entre le christianisme et le libéralisme n'était-elle pas la lutte des idées libérales contre une expression contingente et relativement contestable du christianisme, mais plutôt la lutte révolutionnaire du libéralisme contre le christianisme dans sa réalisation socio-politico-culturelle historique, et non nullement relative ? C'est ainsi que l'Église catholique a vécu la révolution libérale, comme en témoignent les actes du Magistère et les paroles des papes de 1789 au début du XXe siècle, de Pie VI à Pie X et au-delà. Ces pasteurs avaient conscience que le conflit était total et sans possibilité de compromis, du moins sur le plan doctrinal, et que la survie même de la civilisation chrétienne était en jeu.

    Affirmer que le libéralisme a été le bourreau du christianisme confirme une vérité historique, à savoir la rupture radicale opérée par les révolutions libérales avec la civilisation chrétienne. Cependant, cela ne répond pas à la question initiale : le libéralisme est-il compatible avec le christianisme ? Même en admettant la responsabilité historique (à tort ou à raison) du libéralisme dans la chute du christianisme, on peut supposer que ce conflit a eu un caractère accidentel, contingent et non essentiel, et que, par conséquent, une coexistence, voire une entente, entre libéralisme et christianisme est possible. Telle était l’idée des catholiques libéraux du XIXe siècle et de leurs héritiers jusqu’à nos jours, une idée toujours condamnée par l’Église, au moins jusqu’au concile Vatican II.

    La question ne peut être résolue par l'empirisme historique, mais doit être posée sur le plan doctrinal, où toutefois les choses se compliquent. En effet, avant de pouvoir procéder à la synthèse des doctrines, il est nécessaire de les identifier, ce qui est plus complexe qu'il n'y paraît.

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  • « Démoralisant » : les attaques contre les chrétiens ont presque doublé en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, selon un rapport.

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    De Fionn Shiner sur Crux :

    « Démoralisant » : les attaques contre les chrétiens ont presque doublé en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, selon un rapport.

    Les attaques contre les chrétiens en Israël ont presque doublé cette année, selon un nouveau rapport d'un organisme israélien de défense des droits humains qui analyse les données du premier semestre 2026.

    Le Centre israélien de données sur la liberté religieuse (RFDC) et sa ligne d'assistance téléphonique pour documenter le harcèlement contre les chrétiens ont déclaré qu'entre avril et juin de cette année, il y a eu 83 attaques contre des chrétiens en Israël ou dans les territoires occupés par Israël, contre 44 au premier trimestre. 

    La majorité des attaques ont eu lieu à Jérusalem et comprenaient 46 cas de crachats, quatre agressions physiques et huit agressions verbales.

    « Comme dans les rapports précédents, le nombre élevé d’incidents de crachats demeure particulièrement frappant. Au cours de ce trimestre, 47 incidents impliquaient des crachats, ce qui représente 56 % de toutes les formes de harcèlement enregistrées », a déclaré le RFDC.

    « Ces dernières années, ces actes se sont produits de plus en plus souvent au grand jour, ouvertement, et parfois de manière ostentatoire. Dans plusieurs cas, les auteurs ont même expliqué aux bénévoles de la ligne d'assistance téléphonique – et devant une caméra – pourquoi ils estimaient qu'un tel comportement était justifié », a-t-on ajouté.

    Le Dr John Newton, responsable de la communication et de la recherche pour le bureau britannique de l'organisation caritative catholique Aide à l'Église en Détresse (AED), qui soutient les chrétiens persécutés, a déclaré à Crux Now que ces conclusions étaient « décourageantes ».

    « Le rapport indiquant que les attaques contre les chrétiens en Israël ont doublé au deuxième trimestre de cette année est désolant », a déclaré Newton, ajoutant que cela « fait écho aux conclusions du Rossing Center de Jérusalem – l’un des partenaires de projet d’ACN dans la région – qui a constaté que les hostilités envers les églises et les chrétiens étaient en augmentation depuis 2023. » 

    « Leurs recherches ont révélé que ces attaques sont principalement perpétrées par de jeunes hommes juifs ultra-orthodoxes marginalisés, aux convictions nationalistes extrémistes. Mais même si ces attaques – qui consistent pour la plupart en actes de vandalisme ou en crachats sur des prêtres ou des religieuses – sont en augmentation, il ne faut pas oublier qu’il s’agit du comportement d’une infime minorité », a également déclaré Newton.

    Newton a ensuite souligné que « même parmi les ultra-orthodoxes, un tel comportement est très inhabituel : la plupart des membres de la communauté n'envisageraient jamais, même dans leurs rêves les plus fous, de vandaliser une église. »

    Une montée des sentiments antichrétiens

    Le rapport du RFDC a constaté une augmentation des attaques lors de la Journée de Jérusalem et de la Marche du Drapeau, un événement commémorant la prise de Jérusalem-Est et de la Vieille Ville pendant la guerre des Six Jours de 1967.

    Le rapport indique également que les attaques se produisent fréquemment dans des espaces publics, comme l'agression largement médiatisée d'une religieuse française en avril dernier. 

    « Si certains incidents impliquaient des individus agissant seuls, les déplacements en groupe semblaient encourager les crachats et autres actes similaires », indique le rapport.

    Face à cette situation, Newton a déclaré qu'il était essentiel que les autorités israéliennes collaborent avec les communautés chrétiennes d'Israël pour trouver une solution.

    « Nous exhortons les autorités à travailler en étroite collaboration avec les Églises chrétiennes d'Israël pour trouver une solution à cette recrudescence des attaques, et nous encourageons les gens du monde entier à prier pour tous nos frères et sœurs en Terre sainte », a déclaré Newton.

    Par ailleurs, en avril dernier, une vive indignation s'était également emparée des internautes lorsqu'une image montrant un soldat israélien fracassant la tête d'une statue de Jésus à coups de masse à Debel, dans le sud du Liban, avait circulé en ligne.

    Deux soldats israéliens ont par la suite été condamnés à 30 jours de prison militaire après qu'une enquête des Forces de défense israéliennes a conclu que « la conduite des soldats s'écartait totalement des ordres et des valeurs de Tsahal ».

    Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a exprimé à la fois une « profonde indignation » et une « condamnation sans réserve » dans une déclaration signée par lui et l’Assemblée des ordinaires catholiques de Terre sainte.

    Dans un autre rapport, le RFDC a également constaté qu'environ 181 incidents de « harcèlement ciblant les chrétiens, les symboles chrétiens et les institutions chrétiennes » ont été commis en Israël en 2025.