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Politique

  • Des juristes internationaux mettent en garde contre l'introduction de l'avortement dans la constitution luxembourgeoise.

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    Du Catholic Herald :

    Des juristes internationaux mettent en garde contre l'introduction de l'avortement dans la constitution luxembourgeoise.

    Un groupe de juristes internationaux, parmi lesquels des professeurs de la faculté de droit de Harvard, de l'université d'Oxford et d'autres universités européennes et américaines de renom, ont signé une lettre ouverte exhortant les dirigeants et les citoyens luxembourgeois à examiner attentivement les implications constitutionnelles et juridiques d'une proposition visant à inscrire l'avortement dans la Constitution. Cette lettre fait suite au vote parlementaire prochain portant sur la modification de l'article 15 de la Constitution afin de garantir le droit à l'interruption volontaire de grossesse.

    Bien que les universités soulignent qu'elles ne défendent pas une position politique spécifique, leur lettre expose les conséquences juridiques et institutionnelles potentielles de l'inscription de l'avortement comme une « liberté » ou un « droit » constitutionnel.

    Citant un avis consultatif du Conseil d'État français, les experts avertissent que « toute modification constitutionnelle visant à introduire une « liberté » d'interrompre une grossesse risque d'être interprétée par les juges comme un droit constitutionnel ». Que l'on utilise ou non le terme « liberté » plutôt que « droit », « il s'agirait néanmoins d'une obligation constitutionnelle », précise la lettre. « Cela signifie qu'elle ne pourra plus être modifiée par les voies démocratiques ordinaires. »

    Elle prive donc les élus et les organismes de réglementation de leur pouvoir, tout en renforçant celui des juges, dont les interprétations peuvent varier selon les différentes perspectives juridiques. Les experts avertissent qu'il sera par conséquent « plus difficile, désormais, de modifier la loi dans un sens ou dans l'autre, conformément à la volonté du peuple et de ses représentants élus ».

    La lettre souligne que la constitutionnalisation de l'avortement pourrait : transférer le pouvoir de décision du législatif au judiciaire, notamment ainsi la flexibilité démocratique ; rendre plus difficile la réglementation ou la limitation des procédures d'avortement ; avoir un impact sur des domaines tels que l'objection de conscience et le contrôle médical ; présenter des risques potentiels pour la liberté d'expression, d'association et de religion pour les personnes ou les organisations exprimant des opinions pro-vie.

    « Nous espérons que cette brève lettre mettra en lumière certains aspects juridiques qui n'ont peut-être pas encore été pleinement examinés », écrivent les signataires. « Nous ne prétendons pas dicter aux citoyens ou aux législateurs luxembourgeois la marche à suivre sur cette question, qui relève de la souveraineté du Luxembourg. »

    Parmi les signataires figurent : Mary Ann Glendon, professeure émérite de droit à la faculté de droit de Harvard, Paul Yowell, professeur agrégé de droit à l'université d'Oxford, O. Carter Snead, professeur de droit à l'université de Notre Dame, John Garvey, ancien doyen de la faculté de droit de Boston College, Tonio Borg, professeur de droit public à l'université de Malte et ancien commissaire européen à la santé et vice-Premier ministre de Malte, María Isabel Álvarez Vélez, professeure titulaire de droit constitutionnel à l'ICADE Madrid, Luis Gaspar, maître de conférences à l'Universidad Internacional de Cataluña (UIC), Fernando Simón Yarza, professeur titulaire de droit constitutionnel à l'université de Navarre, Juan Tello Mendoza, maître de conférences en droit constitutionnel à l'université de Barcelone, Ed Whelan, ancien président du Centre d'éthique et de politique publique (les affiliations institutionnelles sont fournies à titre indicatif uniquement et n'impliquent aucune approbation institutionnelle).

    L'avortement est déjà légal sur demande au Luxembourg jusqu'à 12 semaines de grossesse et jusqu'à la naissance en cas d'anomalie fœtale telle que la trisomie 21. Ces derniers mois, des pressions se sont exercées pour restreindre davantage les droits des enfants à naître, et en juillet 2025, le Parlement luxembourgeois a supprimé le délai de réflexion obligatoire de trois jours avant toute interruption de grossesse.

    Toutefois, le pays s'apprête également à aller plus loin en inscrivant la « liberté de recourir à l'avortement » dans sa Constitution, la loi suprême et fondamentale du Luxembourg. Ce processus, qui requiert deux votes parlementaires et doit être adopté à la majorité des deux tiers, devrait connaître un premier vote en mars prochain.

    Le Luxembourg demeure l'une des onze monarchies constitutionnelles d'Europe, avec le grand-duc Guillaume V comme souverain. Cependant, la monarchie de ce micro-État souverain est l'une des plus faibles en termes de pouvoir politique, notamment en raison de l'abdication du père du grand-duc, le grand-duc Henri, l'an dernier, et de sa position de principe contre l'introduction de l'euthanasie. En 2008, le grand-duc a refusé de donner son assentiment à une loi instaurant cette pratique, ce qui a conduit le Parlement à réduire son pouvoir à celui de promulguer les lois. Désormais, sa signature sur les textes législatifs n'a plus qu'une valeur formelle et ne peut plus les bloquer.

    L'issue de la tentative d'inscrire l'avortement dans la Constitution reste incertaine, les opinions politiques étant partagées. Toutefois, la réaction des juristes internationaux soulève des questions quant à cette décision et laisse présager un échec.

    ProLife Luxembourg 

    Contact : info@prolife.lu 

    Site web : https://prolife.lu/

  • Tourisme de l’avortement en Europe : quand une initiative idéologique se pare des habits de la démocratie

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    Via gènéthique.org :

    Tourisme de l’avortement en Europe : quand une initiative idéologique se pare des habits de la démocratie

    18 février 2026

    tribune

    À l’heure où Bruxelles s’apprête à statuer sur l’initiative « My Voice, My Choice », les ONG françaises membres de la fédération européenne ONE OF US dénoncent une Europe tentée d’imposer un modèle idéologique de l’avortement au mépris des souverainetés nationales et du respect de la vie.

    Le 25 février prochain, la Commission européenne rendra publique sa décision au sujet de l’Initiative Citoyenne Européenne « My Voice, My Choice » (cf. « My Voice, My Choice » : le Parlement européen vote le financement d’un « tourisme abortif » au mépris des traités fondateurs). Dans ce contexte, pour les ONG françaises membres de la fédération européenne ONE OF US – la Fondation Jérôme Lejeune, le CPDH (Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine), l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice) et la Marche Pour La Vie –, la tribune publiée dans les colonnes du journal Le Monde le 7 février demandant au Président français de soutenir cette initiative européenne appelle une réponse afin de dévoiler au grand jour les présupposés sur lesquels repose l’argumentation de ses auteurs.

    L’Union européenne instrumentalisée

    « My Voice My Choice » appelle à la mise en place d’un mécanisme européen destiné à financer et organiser l’accès à l’avortement au-delà du cadre juridique national, et en tout premier lieu, dans certains pays, du cadre pénal. Autrement dit, toute femme pourrait aller avorter, sans raison médicale, dans les pays les plus permissifs en termes de délai de l’IVG, c’est-à-dire 24 semaines. 24 semaines, soit six mois de grossesse… Alors que ce petit être humain est déjà entièrement formé, et que l’excellence de la médecine permet à des femmes d’accoucher à ce stade et de garder leur bébé en vie. 24 semaines d’avortement légal deviendraient alors le délai légal commun pour avorter dans l’UE… aux frais des citoyens européens.

    Pourtant, les législations relatives à l’avortement relèvent bien de la compétence des États membres, non de l’UE, justement en raison de leur dimension éthique et culturelle. Les traités européens n’ont jamais conféré à l’UE une compétence pour harmoniser ces questions, précisément parce qu’elles touchent au cœur des choix anthropologiques et moraux propres à chaque nation. Utiliser l’UE comme un moyen de dépasser les choix opérés par les peuples et leurs représentants nationaux revient à détourner un espace de coopération en instrument de normalisation idéologique, au mépris des plus faibles.

    Une initiative citoyenne qui ne saurait clore le débat démocratique

    Les auteurs de « My Voice, My Choice » mettent en avant le million de signatures récoltées. Or, ce chiffre ne saurait être présenté comme l’expression définitive de la volonté des peuples européens. En effet, rappelons qu’une autre initiative citoyenne européenne, ONE OF US, avait recueilli près de deux millions de signatures en 2013. Elle demandait à l’UE de protéger l’ humain en s’abstenant de financer toute activité impliquant sa destruction. Cette récolte de signatures s’était déployée alors que les outils numériques de mobilisation étaient quasi inexistants. Ceci rend encore plus impressionnants les presque deux millions de signatures ONE OF US au regard des seulement 1,2 million de soutiens à « My Voice, My Choice » en 2025. Si les Européens les soutenaient vraiment, et étant donné l’appui inconditionnel à « My Voice, My Choice » de la part du Planning familial, ils auraient dû récolter beaucoup plus de signatures. Ces deux initiatives citoyennes opposées montrent que l’Europe est profondément tiraillée sur ces questions. Les chiffres ont parlé : les citoyens sont plus nombreux et déterminés à s’exprimer en faveur du respect de la vie des très jeunes êtres humains et d’un soutien à la maternité plutôt que pour un tourisme de l’avortement dans l’UE. Laissons donc la démocratie se déployer !

    Une évacuation volontaire de la question scientifique

    « My Voice, My Choice » situe le débat presque exclusivement sur le terrain des droits et de la santé publique. Ce choix repose d’abord sur un mensonge, ensuite sur une mise entre parenthèses d’une question pourtant centrale : la réalité biologique de l’embryon humain. Un mensonge car nous savons par expérience que, y compris dans les pays où l’avortement n’est pas légal, toute femme, et notamment celles qui traversent une situation de vulnérabilité, ont accès à un avortement « sûr » à l’hôpital… Ensuite, la science établit de manière constante que la vie humaine commence dès la . Ces données scientifiques ne prescrivent pas en elles-mêmes une norme juridique, mais elles constituent un socle de réalité que nul débat sérieux ne peut ignorer. Présenter l’avortement uniquement comme une question d’accès revient à ignorer délibérément ce que la science révèle.

    Nous proclamons que la liberté est une réalité anthropologique majeure, qui prend sa force dans son enracinement dans la réalité : une vie humaine. Si je ne suis pas en vie, je ne peux être libre… La liberté n’est donc pas un absolu déconnecté du réel, ou alors, on flirte avec l’idéologie. Elle s’exerce dans un cadre qui prend en compte l’existence propre et celle d’autrui, en particulier lorsque cet « autre » est dans une situation de dépendance et vulnérabilité radicales. Balayer la réalité de l’embryon humain revient à exclure certains êtres humains du champ de la protection commune.

    Une Europe confrontée à des défis humains majeurs

    Le sujet douloureux de l’avortement ne peut être isolé d’une réflexion plus large sur l’accompagnement des femmes, le soutien à la maternité et la protection des plus vulnérables. Le débat européen devrait examiner les conditions concrètes qui permettent aux femmes et aux hommes d’avoir la liberté d’éviter l’IVG : lutte contre la précarité, accompagnement social, amélioration de la compatibilité entre vie familiale et vie professionnelle, reconnaissance de la valeur de toute vie humaine. Un champ immense qui appelle une prise de conscience, une solidarité sociale, des budgets, bref, une politique de court, moyen et long terme.

    La tribune « My Voice, My Choice » défend une option idéologique, qui ne peut en aucun cas être présentée comme une exigence incontestable. L’Union européenne ne saurait devenir l’instrument d’une uniformisation imposée sur des sujets aussi fondamentaux. La Fondation Jérôme Lejeune, le CPDH, l’ECLJ et la Marche Pour La Vie, membres de la fédération européenne ONE OF US qui regroupe 50 ONG membres dans 18 pays d’Europe, appellent au réveil de l’Europe, à la redécouverte et à la promotion de ses principes intangibles de protection du plus faible. Elles alertent sur les dérives autoritaires qui piétinent la liberté des Etats membres et les citoyens. Telles sont les conditions nécessaires à la démocratie et à la paix. Gageons que les Commissaires européens écoutent la voix, trop discrète peut-être, mais puissante et déterminée, des citoyens européens qui pensent que la vie, la liberté et la démocratie vont de pair.

    NDLR : Cette tribune du collectif d’ONG a initialement été publiée par le JDD.

  • R.D. CONGO- Une église profanée en Ituri

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    R.D. CONGO- Une église profanée en Ituri

    18 février 2026
     

    Kinshasa (Agence Fides) – L'église paroissiale de Bule, dans la capitale Bahema Badjere, dans la province d'Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, a été profanée et pillée. Dans la nuit du dimanche 15 février au lundi 16, des inconnus ont arraché les volets de l'église et, après être entrés, ont ouvert le tabernacle et renversé les hosties consacrées. Les malfaiteurs ont ensuite emporté le système de sonorisation de l'église et pillé le presbytère.

    Ce grave acte de profanation, dont les responsables restent pour l'instant inconnus, s'est produit dans un contexte de forte tension. Récemment, en effet, des affrontements ont éclaté entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des rebelles appartenant à la Convention pour la révolution populaire (CRP). Plusieurs rebelles ont été tués, selon l'armée, qui avait annoncé la reconquête de Bulé.

    L'année dernière, la CRP est apparue comme un nouvel acteur armé dans la vaste constellation de groupes armés présents en Ituri. La création de la CRP a été annoncée le 25 mars 2025, lors d'une conférence de presse tenue à Kampala, la capitale ougandaise, par Thomas Lubanga, un ancien seigneur de guerre de la région, condamné par la Cour pénale internationale (CPI) à 14 ans de prison avant d'être libéré en 2020.

    Tirant parti de ses origines ethniques, Lubanga a recruté d'anciens membres des milices Zaïre et MAPI, composées principalement de jeunes hommes Hema. Les deux milices avaient signé un accord de paix avec le gouvernement congolais afin de participer au processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration. Déçus par leur non-réintégration dans la vie civile, beaucoup d'entre eux ont décidé de rejoindre la nouvelle formation armée qui, selon le gouvernement de Kinshasa, serait alliée aux rebelles pro-rwandais du M23. (LM) (Agence Fides 18/2/2026)

  • Le Nicaragua persécute l'Église et le Vatican se tait bizarrement

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    Le Nicaragua persécute l'Église et il y a cet étrange silence du Vatican.

    La persécution des catholiques au Nicaragua, perpétrée par le régime sandiniste d'Ortega et de Murillo, ne cesse de s'aggraver. Non seulement des prêtres sont arrêtés, mais les fidèles sont empêchés de célébrer les fêtes religieuses de quelque manière que ce soit. Le Vatican garde le silence. 

    17 février 2026
    Daniel Ortega (AP)

    La situation s'est aggravée au Nicaragua, avec le maintien de l'interdiction des missions pastorales dans le diocèse de León et le durcissement des restrictions imposées aux événements religieux organisés par l'Église catholique à Managua et dans d'autres villes du pays. Malgré l'arrivée du nouveau pape, le Vatican garde un silence lâche face à la persécution des fidèles et des religieux par les tyrans nicaraguayens. Le dimanche 2 février, le cardinal Leopoldo José Brenes a annoncé le transfert de 23 prêtres à l'archidiocèse de Managua, une réorganisation imposée par l'expulsion de membres du clergé, laissant de nombreuses paroisses sans curé au Nicaragua. L'ampleur de la persécution religieuse au Nicaragua se reflète dans des chiffres alarmants : selon le rapport « La foi sous le feu des critiques  » de l'ONG Colectivo Nicaragua Nunca Más, au moins 261 religieux ont été expulsés du pays depuis 2018, dont quatre évêques, environ 140 prêtres, plus de 90 religieuses, une douzaine de séminaristes et trois diacres. Parmi les expulsés figurent le président de la Conférence épiscopale, Carlos Enrique Herrera, et les évêques Silvio Báez, Rolando Álvarez et Isidoro Mora.

    La dictature du président Daniel Ortega et de son épouse et coprésidente, Rosario Murillo , tient « un discours de réconciliation et d'amour, mais leurs paroles ne correspondent pas à leurs actes : ils craignent la foi et l'amour de Dieu que ressentent les gens », a expliqué Martha Patricia Molina, chercheuse nicaraguayenne en exil et auteure du rapport « Nicaragua : Une Église persécutée  », dans une déclaration faite le 10 février dernier à ACI Prensa, agence de presse chrétienne internationale de langue espagnole. Les prêtres sont depuis longtemps soumis à diverses formes de surveillance policière, notamment des rapports hebdomadaires sur leurs activités et même des demandes d'examen de leurs téléphones portables pour connaître leurs contacts. Depuis le 21 janvier, selon le témoignage de Molina, également rapporté par l' agence ACI , la dictature a interdit les missions pastorales dans le diocèse de León, qui comprend les districts de León et de Chinandega, dirigé par l'évêque René Sándigo. 

    La résurgence des persécutions antireligieuses est également confirmée par un troisième témoin faisant autorité, Félix Maradiaga , président de la Fondation pour la Liberté au Nicaragua, qui a averti que la dictature « ne se contente plus de harceler les chefs religieux ou d'annuler des processions, mais cherche désormais à faire taire la foi au quotidien et à punir toute expression spirituelle qu'elle ne contrôle pas ». Dans une déclaration à ACI Prensa, Maradiaga a souligné comment Ortega-Murillo interdisent désormais « des fêtes populaires profondément enracinées dans la culture et la religion, comme la fête traditionnelle en l'honneur des saints patrons de plusieurs villes à Diriamba, et limitent les célébrations d'une grande importance communautaire, comme celle de l'Enfant Jésus à Matagalpa ». Ces interdictions et persécutions visent également la prédication de porte-à-porte pratiquée par d'autres confessions chrétiennes. 

    « La dictature n'autorise que l'introduction d'images de saints dans l'atrium des églises », poursuivit Maradiaga, rappelant comment les mêmes interdictions avaient affecté « la célébration de la Vierge de Candelaria [à Managua], confinée à l'intérieur des murs de l'église pour empêcher une plus grande participation des fidèles ». Afin d'exercer un contrôle accru et une persécution plus efficace des célébrations catholiques et de la liberté de culte chrétienne, les municipalités sandinistes, avec tout leur appareil organisationnel et technologique, occupent les atriums des églises pour y mettre en scène leurs spectacles : elles choisissent des reines, organisent des bals en plein air pour distraire la population et, de fait, perturbent de toutes les manières les célébrations à l'intérieur des églises.

    Dans ce contexte, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a récemment appelé la dictature de Daniel Ortega et Rosario Murillo à mettre fin aux violations des droits humains et à libérer inconditionnellement toutes les personnes emprisonnées pour des raisons politiques au Nicaragua. Dans sa déclaration, la CIDH condamne « la répression persistante au Nicaragua, caractérisée par la poursuite des arrestations arbitraires et des privations de liberté à motivation politique à l'encontre de toute personne adoptant une position perçue comme une opposition au régime ». Alors que le Vatican, depuis son exil aux États-Unis, maintient un silence incompréhensible et déconcertant, comparable seulement à celui observé concernant les exactions perpétrées par le régime chinois, seul l'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Báez, a exhorté les catholiques à ne pas se taire, appelant l'Église à prendre la parole malgré la répression. Peut-on espérer une intervention des forces spéciales de Trump à Managua ? 

  • Ankara s'en prend aux chrétiens et aux journalistes; le Parlement européen intervient

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    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    Ankara s'en prend aux chrétiens et aux journalistes, Strasbourg intervient

    En Turquie, la liberté religieuse et la liberté de la presse sont menacées par des expulsions ciblées, des restrictions légales et des églises incendiées ou transformées en mosquées. Ces violations et ces actes de harcèlement ont été condamnés par le Parlement européen, tandis que la Commission européenne renforce ses relations diplomatiques avec Erdoğan.
    16 février 2026

    CARLO CARINO - imagoeconomica

    Le 12 février, le Parlement européen a adopté à Strasbourg une résolution condamnant fermement les expulsions ciblées de journalistes étrangers et de chrétiens de Turquie, expulsions menées systématiquement au nom de « raisons de sécurité nationale », sans preuve ni procès.

    La Turquie de Recep Erdoğan n'est pas un pays pour les journalistes ni pour les chrétiens , qui risquent quotidiennement l'expulsion, voire la mort, en raison de leur travail ou de leur foi. Selon un rapport faisant autorité du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), le nombre de chrétiens en Turquie est passé d'environ 20 % en 1915 à moins de 0,3 % aujourd'hui, soit 257 000 personnes. Il s'agit de chrétiens catholiques, arméniens, orthodoxes grecs, syriaques et protestants, victimes d'une répression brutale au quotidien .
    Plus précisément, depuis 2020, plus de trois cents chrétiens ont été expulsés de Turquie, leur présence étant considérée comme une « menace pour la sécurité nationale », sans qu'aucune preuve de malversation n'ait été trouvée à leur encontre.

    Dans ce pays à majorité sunnite (99 %), les églises et lieux de culte sont régulièrement incendiés ou transformés en mosquées : selon le rapport 2025 de l'organisation Aide à l'Église en Détresse, l'église du Sauveur-in-Chora, une église catholique du IVe siècle devenue mosquée, a subi ce sort en 2024.
    D'après ce même rapport, entre janvier 2023 et décembre 2024, « une détérioration de la liberté religieuse a été constatée en Turquie. Les minorités sont confrontées à des obstacles juridiques, à des discours de haine et à des ingérences de l'État. Des pasteurs protestants ont été expulsés, des églises fermées et des offices chrétiens interdits. »

    Concernant les catholiques, l'association tire la sonnette d'alarme : « Bien que les Églises latines de Turquie aient obtenu une reconnaissance légale partielle par le biais d'associations ou de fondations », déclare-t-elle dans un appel lancé au nom des communautés catholiques turques, « le statut des communautés religieuses non musulmanes demeure problématique, compte tenu des nombreuses restrictions qui pèsent sur leur reconnaissance légale, leurs biens, leurs lieux de culte et leurs activités. »

    Parallèlement, les restrictions à la liberté de la presse et les violences contre les journalistes en Turquie ont atteint des niveaux préoccupants. De nombreux journalistes étrangers ont été arbitrairement détenus, menacés d'expulsion, voire agressés par les autorités d'Ankara, comme la journaliste syrienne Nujan Mala Hassan, blessée par balle par des gardes-frontières turcs en janvier dernier alors qu'elle couvrait des manifestations à la frontière syro-turque. Déjà en 2022, la CLa Commission des droits de l'homme du Conseil de l'Europe avait publié un mémorandum concernant l'hostilité du régime d'Erdoğan envers la presse.

    Le Parlement européen semble désormais avoir reconnu les graves violations des libertés religieuses et d'expression commises par Ankara et, dans une résolution unique adoptée le 12 février, il a tenu le gouvernement turc responsable, à la demande de l' Intergroupe sur la liberté de religion et de conviction . Le Parlement européen note que « les chrétiens figurent parmi les groupes religieux les plus persécutés au monde » et que « le fait de ne pas reconnaître cette réalité et d'y répondre compromet la crédibilité des efforts internationaux visant à protéger la liberté de religion et de conviction », indique la résolution.

    Le Parlement lui-même « exprime son ferme soutien aux chrétiens et affirme que la liberté de religion et de conviction, y compris le droit de pratiquer, de changer ou de manifester sa religion individuellement ou en communauté, doit être pleinement protégée conformément au droit international des droits de l'homme et respectée sans discrimination ni ingérence de la part des autorités étatiques ». Par conséquent, considérant que « ces dernières années, au moins 300 pasteurs et missionnaires chrétiens étrangers ont été expulsés de Turquie et se sont vu refuser le droit d'y revenir », et que des dizaines de journalistes étrangers sont emprisonnés arbitrairement et risquent l'expulsion en raison de leur travail, le Parlement européen « condamne fermement les expulsions ciblées de journalistes et de chrétiens étrangers sous le prétexte infondé de sécurité nationale et sans procédure régulière ; déplore l'absence d'accès aux preuves et l'absence de contrôle juridictionnel effectif ».

    Bien que la résolution ne vise spécifiquement que les journalistes et les chrétiens étrangers , elle a le mérite d'attirer l'attention des institutions européennes sur les violations de la liberté religieuse et de la liberté d'expression commises par Ankara, au moment même où la Commission européenne renforce ses relations diplomatiques avec Erdoğan. De plus, le soutien explicite apporté aux chrétiens persécutés dans la résolution constitue une étape importante dans la défense d'une communauté victime d'oppression mondiale et établit un précédent institutionnel important, de bon augure pour l'avenir. Nous espérons que le Parlement européen continuera de défendre les droits de l'homme et d'adresser des documents similaires aux gouvernements des nombreux pays qui violent ces mêmes libertés fondamentales.

  • Fin de vie, euthanasie... Un infirmier belge alerte

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    Du site youtube du Figaro :

    En Belgique, la loi légalisant l’euthanasie, en vigueur depuis 2002, a profondément estompé la frontière entre les soins palliatifs et l’euthanasie. Trufin, infirmier en soins palliatifs, qui n’a jamais souhaité participer à des protocoles léthaux, l’a constaté à ses dépens, essoré par les critiques de certains de ses supérieurs et de ses collègues. Selon lui, la liberté de conscience, bien que garantie dans la loi, est très fragile dans les faits, au point que certains médecins finissent par y renoncer. Il regrette également que la légalisation de l’euthanasie ne se soit jamais accompagnée des moyens suffisants pour que les soins palliatifs profitent à tous, et met en garde la France contre un scénario similaire. L’infirmier, désormais en phase avec la philosophie de l’établissement qui l’emploie, livre un plaidoyer pour l’accompagnement humain, jusqu’aux derniers moments.

  • "My Voice, My Choice" : il est encore temps d'agir avec Clara Life

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    De Wouter J. Suenens (CLARA Life) wouter@clara-life.org 

    15 février

    Bonjour !

    L’initiative citoyenne européenne “My Voice, My Choice” (MVMC) pousse l’Union européenne vers un mécanisme de “solidarité” qui reviendrait, concrètement, à forcer des États à financer l’avortement à l’étranger pour contourner leurs propres règles démocratiques.

    Le 15 octobre 2025, au Parlement européen, nous avions justement soutenu et relayé un événement organisé par One of Us, une fédération européenne dont CLARA Life est membre, qui rappelait l’essentiel : une vraie liberté pour les femmes suppose d’abord un soutien concret au lieu de toujours faciliter l'avortement.

    Aujourd’hui, la Commission doit se prononcer. Nous pouvons agir en 2 minutes : envoyer une lettre au Commissaire européen belge via NoAbortionTourism.eu.

    Il suffit de compléter le formulaire avec :

    • votre prénom ;
    • votre nom ;
    • votre adresse e-mail ; et
    • (facultatif, mais recommandé): votre numéro de carte d’identité (en Belgique : les chiffres à l’avant de la carte, généralement 59x-xxxxxxx-xx).

    Un courriel sera envoyé automatiquement.

     Agissez ici : NoAbortionTourism.eu

    Si vous souhaitez également écrire au Premier ministre Bart De Wever, aux députés européens belges, et à M. Georges-Louis Bouchez, président du MR, parti dont Mme Lahbib, Commissaire belge, est membre, nous vous y encourageons vivement.Envoyer automatiquement un courriel à la Commission européenne

    Si vous souhaitez nous aider avec un geste simple et très concret, un don — même modeste — fait une réelle différence :

    BE02 7310 4206 5740

    (CLARA Life)

    Merci de relayer autour de vous : chaque message compte.

    Wouter J. Suenens
    Président

  • Les défaillances dramatiques de l'Etat nigérian

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    De sur le Catholic World Report :

    Les enlèvements d'hommes d'église sont un fléau au Nigeria, tandis que des religieux déclarent le pays « État failli ».

    Une campagne de violence dévastatrice qui dure depuis 15 ans a fait 185 000 morts au Nigéria, selon un rapport de la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety).

    Une vague de terreur s'est abattue sur le centre du Nigeria, marquée par une série d'enlèvements et de meurtres d'une violence inouïe. Le dernier incident en date remonte au 6 février, lorsque des hommes armés ont enlevé neuf adolescents, fidèles de l'église catholique Saint-Jean-de-la-Croix, dans le district d'Utonkon, lors d'une veillée de prière.

    « Notre communauté est en deuil », a déclaré John Okpali, un habitant, à News Central. « Ces enfants étaient désarmés, ils étaient vulnérables… Leurs familles souffrent, toute la communauté est en deuil. »

    Il s'agissait de la deuxième église visée en deux jours. Juste avant l'aube du 5 février, des terroristes présumés ont pris d'assaut la paroisse de la Sainte-Trinité, dans le diocèse catholique de Kafanchan, et ont enlevé le curé, le père Nathaniel Asuwaye, ainsi que dix autres personnes.

    L’évêque Michael Ekwoyi Apochi du diocèse catholique d’Otukpo a condamné l’attaque du 6 février, la qualifiant de « profondément triste et regrettable », et a appelé à prier pour la libération saine et sauve des otages. Il a souligné que de tels actes de violence ne sont pas isolés dans la région, rappelant qu’au moins sept chrétiens avaient été enlevés dans la même localité en décembre.

    « C’est quelque chose dont nous sommes témoins tous les jours », a-t-il déclaré.

    Climat d'insécurité croissant

    Ces attaques soulignent le climat d'insécurité croissant qui règne dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. Une semaine auparavant, près de 200 personnes avaient été massacrées dans l'État de Kwara – un incident que le président Bola Tinubu a qualifié de « lâche et barbare », précisant que les hommes armés avaient pris pour cible des villageois qui refusaient d'imposer un régime autoritaire. Par ailleurs, les ravisseurs des neuf adolescents exigeraient une rançon de 30 millions de nairas (environ 22 000 dollars).

    « Il est louable que les membres de la communauté, même musulmans, aient refusé d’être enrôlés de force dans une croyance qui prône la violence plutôt que la paix », a déclaré le président dans un communiqué.

    La vague d'enlèvements et de meurtres est tellement alarmante que les religieux et chefs religieux nigérians n'ont pas hésité à exprimer leur mécontentement, déclarant à CWR que la recrudescence des enlèvements visant les chrétiens et les prêtres reflète un « État défaillant et en voie de défaillance » incapable de protéger ses citoyens.

    « L’enlèvement de prêtres est le reflet de l’incapacité de l’État nigérian à protéger ses citoyens », a déclaré le père Stan Chu Ilo dans une interview exclusive accordée à CWR.

    Le prêtre catholique nigérian du diocèse d'Awgu et professeur de recherche principal au Centre pour le catholicisme mondial et la théologie interculturelle de l'université DePaul a noté que les dernières attaques sont également « une indication que les agents pastoraux sont ciblés au Nigéria par ces groupes [terroristes], soit pour faire une déclaration [que nous sommes toujours là et que nous pouvons toujours vous faire du mal], soit pour renforcer le discours que beaucoup d'entre nous ont fini par adopter et qui nous inquiète, selon lequel les prêtres, les agents pastoraux, sont des cibles d'attaques délibérées de la part de ces islamistes radicaux », a-t-il déclaré à CWR.

    « Que ces cibles soient choisies au hasard ou non, les prêtres, les agents pastoraux et les chrétiens en général sont visés au Nigéria », a-t-il ajouté.

    La révérende sœur Cecilia Ojetunde, membre des Sœurs Franciscaines de l'Immaculée Conception, Ilesa, État d'Osun, dans l'ouest du Nigéria, a exprimé des sentiments similaires, déclarant à CWR que « des personnes sont enlevées comme des marchandises en échange d'argent ».

    « La plupart de ces ravisseurs en ont fait un commerce », a-t-elle déclaré.

    Les attaques contre les chrétiens constituent un problème national plus vaste.

    Une campagne de violence dévastatrice qui dure depuis 15 ans a fait 185 000 morts au Nigéria, selon un rapport de la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety).

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  • Les présidents des conférences épiscopales française, italienne, allemande et polonaise ont appelé les chrétiens à contribuer à façonner l'avenir de l'Europe

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    Du site de la Conférence épiscopale italienne :

    Appel : Chrétiens pour l'Europe. La force de l'espoir

    « Il est beau de devenir pèlerins de l’espérance. Et il est beau de le rester, ensemble ! » Telle est l’invitation que le pape Léon XIV, à la fin du Jubilé de l’Espérance, a adressée à toutes nos Églises, afin que le temps qui s’ouvre soit « le commencement de l’espérance ». En tant que présidents des Conférences épiscopales européennes, nous nous sentons investis de la responsabilité d’accueillir et de relayer l’invitation du Pape. Nous vivons dans un monde déchiré et polarisé par la guerre et la violence. Nombre de nos concitoyens sont angoissés et désorientés. L’ordre international est menacé. Dans ce contexte, l’Europe doit retrouver son âme afin d’offrir au monde entier sa contribution indispensable au « bien commun ». Nous pouvons y parvenir en réfléchissant à ce qui a contribué à la fondation de l’Europe. D’un point de vue historique, après les civilisations hellénistique et romaine, le christianisme a été l’un des fondements essentiels de notre continent. Il a largement façonné le visage d’une Europe humaniste, solidaire et ouverte sur le monde.

    Aujourd'hui, nous vivons dans une Europe pluraliste, caractérisée par la diversité linguistique, les différences culturelles régionales et la multitude de traditions religieuses et spirituelles. Bien que moins nombreux, les chrétiens n'en demeurent pas moins courageux et persévérants, fidèles à leurs convictions.

    Au lendemain d'une guerre dévastatrice, marquée par l'extermination de millions de personnes pour des raisons raciales, religieuses ou identitaires, l'urgence de construire un monde nouveau s'est imposée. Nombre de laïcs catholiques ont résolument conçu l'Europe comme une maison commune et se sont engagés dans l'élaboration d'un nouveau cadre international, notamment par la création des Nations Unies. Leur objectif était de bâtir une société réconciliée, conçue comme un point de convergence et une garantie de respect mutuel des spécificités, un bastion de la liberté, de l'égalité et de la paix.

    Dans la Déclaration qui a conduit à la création de la CECA, la Communauté européenne du charbon et de l'acier, premier pas vers l'Union européenne, les rédacteurs ont sagement affirmé : « La contribution organisée et essentielle qu'une Europe peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien de relations pacifiques. L'Europe ne se construira pas d'un seul coup, ni par une construction commune ; elle se construira par des réalisations concrètes, créant avant tout une solidarité de fait . » Les pères fondateurs de l'Europe, Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi, inspirés par leur foi chrétienne, n'étaient pas de naïfs rêveurs, mais les architectes d'un édifice magnifique, quoique fragile. « Parce qu'ils aimaient le Christ, ils aimaient aussi l'humanité et ont œuvré à son unité », comme l'a souligné à maintes reprises saint Jean-Paul II, rappelant le rôle des chrétiens dans la construction de l'Europe.

    Le 25 mars 1957, lors de son discours prononcé à l'occasion des traités instituant la CEE et la CEAE, Konrad Adenauer déclara : « Jusqu'à récemment, nombreux étaient ceux qui considéraient l'accord que nous consacrons officiellement aujourd'hui comme irréalisable (…). Nous sommes conscients de la gravité de notre situation, qui ne peut être résolue que par l'unification de l'Europe ; nous savons également que nos projets ne sont pas motivés par l'égoïsme, mais visent à promouvoir le bien-être du monde entier. La Communauté européenne poursuit exclusivement des fins pacifiques et n'est dirigée contre personne (…). Notre objectif est de travailler avec tous pour promouvoir le progrès dans la paix . »

    La tragédie meurtrière de la Seconde Guerre mondiale avait mis en garde la génération fondatrice de l'Europe contre la tentation, pour les régimes totalitaires se nourrissant de nationalisme, de poursuivre des objectifs hégémoniques dont l'issue ne peut être que la guerre. « Le nationalisme exacerbé est une forme d’idolâtrie : il place la nation au rang de dieu et l’oppose à l’humanité », affirmait Alcide De Gasperi, soulignant que « l’Europe unie n’est pas née contre les patries , mais contre les nationalismes qui les ont détruites ».

    L’Europe ne saurait se réduire à un marché économique et financier, au risque de trahir la vision originelle de ses pères fondateurs. Respectueuse de l’État de droit et rejetant la logique exclusiviste de l’isolationnisme et de la violence, elle privilégiera la résolution supranationale des conflits, en choisissant les mécanismes et les alliances appropriés. Elle doit toujours être prête à renouer le dialogue, même en temps de conflit, et à œuvrer pour la réconciliation et la paix. L’Europe est appelée à rechercher des alliances qui jettent les bases d’une véritable solidarité entre les peuples.
    Malgré la présence de nombreux mouvements eurosceptiques dans divers pays du continent, les Européens se sont rapprochés, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Un cadre international est en train de disparaître et un nouveau reste à voir le jour. Le pape François, conscient que nous vivons une période de bouleversements historiques, l’a définie ainsi : « Au siècle dernier, l’humanité a été témoin d’un nouveau départ : après des années de conflits tragiques, culminant avec la guerre la plus terrible de mémoire d’homme, une nouveauté sans précédent dans l’histoire a surgi, par la grâce de Dieu. Les cendres des décombres n’ont pu éteindre l’espoir et la quête de l’autre qui brûlaient dans le cœur des Pères fondateurs du projet européen. Ils ont posé les fondements d’un bastion de paix, d’un édifice construit par des États unis non par imposition, mais par le libre choix du bien commun, renonçant à jamais à la confrontation. L’Europe, après tant de divisions, s’est enfin retrouvée et a commencé à bâtir sa demeure . (…)L’Église peut et doit contribuer à la renaissance d’une Europe fatiguée, mais encore riche d’énergie et de potentiel. Sa tâche coïncide avec sa mission : l’annonce de l’Évangile, qui aujourd’hui plus que jamais se traduit avant tout par un appel aux souffrances de l’humanité, par la présence forte et simple de Jésus, par sa miséricorde consolatrice et encourageante (Discours prononcé à l’occasion de la remise du prix Charlemagne, le 6 mai 2016).

    Le monde a besoin de l’Europe. C’est cette urgence que les chrétiens doivent saisir afin de s’engager résolument, où qu’ils soient, pour son avenir, avec la même conscience aiguë que les Pères fondateurs. « Vécue comme un engagement désintéressé au service de la cité, au service de l’humanité, la politique peut devenir un engagement d’amour envers son prochain », expliquait Robert Schuman. Au nom de leur foi, les chrétiens sont appelés à partager leur espérance de la fraternité universelle avec tous les habitants du continent européen.

    Cardinal Jean-Marc Aveline,
    archevêque de Marseille,
    président de la Conférence épiscopale française

    Cardinal Matteo Maria Zuppi,
    archevêque de Bologne,
    président de la Conférence épiscopale italienne

    Monseigneur Georg Bätzing,
    évêque de Limbourg,
    président de la Conférence des évêques allemands

    L'archevêque Tadeusz Wojda
    de Gdansk,
    président de la Conférence épiscopale polonaise

  • Le cardinal Müller affirme que la « nouvelle évangélisation » doit contrer les idéologies athées en Occident

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    De Thomas Colsy sur Life Site News :

    EXCLUSIF : Le cardinal Müller affirme que la « nouvelle évangélisation » doit contrer les idéologies athées en Occident

    Le cardinal Gerhard Müller, s'exprimant à la suite du consistoire extraordinaire de janvier, a estimé que « derrière tout cela se cache l'athéisme », insistant sur le fait que les Occidentaux doivent retrouver la compréhension que « Dieu est l'origine, le but et la fin de notre existence humaine ».

    Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a confirmé être préoccupé par l’évolution récente de la situation en Occident, tant sur le plan de la pensée que sur celui des politiques. Il a déploré la situation politique en Grande-Bretagne et au Canada, où « aujourd’hui, on peut être emprisonné pour avoir prié en faveur de la vie ».

    « Cela relève davantage d’une dictature », a-t-il ajouté.

    « Cela n’a rien à voir avec une démocratie moderne », a insisté Müller. « On assiste à un retour à l’autoritarisme. »

    Müller jugeait ces développements regrettables, car si le monde occidental a lutté contre le stalinisme et l'hitlérisme au XXe siècle, il ne s'est pas débarrassé de « l'anthropologie athée » qui sous-tendait les deux totalitarismes, de gauche comme de droite.

    Selon Müller, ces philosophies attribuent leur erreur fondamentale au fait qu’«elles nient la création et la dignité de chaque homme».

    « Nous avons toutes ces mauvaises traditions », dit-il, « comme celle de Karl Marx qui définissait l'être humain comme un simple ensemble, un mélange de conditions sociales. Et le freudisme : uniquement des conditions psychologiques. Partout, derrière tout cela, se cache l'athéisme – le déni de l'essence de chaque être humain en tant que personne dans sa relation à son Créateur et à son Sauveur, Dieu. »

    « Voilà ce qui explique cette vague antichrétienne », a déclaré Müller, critiquant l'arrestation de militants anti-avortement qui priaient en silence en Grande-Bretagne. « Beaucoup d'hommes politiques ont perdu la foi, le contact direct avec leurs racines chrétiennes. Ils voient dans cette idéologie un instrument pour exercer un pouvoir absolu sur le peuple, sur sa pensée. Nous nous dirigeons vers un monde orwellien. »

    C’est dans ce contexte, a déclaré Müller, que « les cardinaux voulaient parler de la “nouvelle évangélisation” ».

    Interrogé sur la question liturgique, Müller a reconnu que la liturgie avait été brièvement abordée et qu'elle serait traitée plus en détail lors du consistoire de juin.

    « La liturgie est un élément central de la réalisation de l’Église », a expliqué le cardinal, « mais si l’Église n’est pas respectée comme instrument de salut en Jésus-Christ, la liturgie, pour l’athée, n’est qu’un ensemble de rites dépourvus de sens profond, de traduction de la grâce et de véritable contact avec Dieu. Pour lui, la liturgie n’est qu’un outil de propagande de l’Église. »

    « C’est un malentendu total, une interprétation erronée », a-t-il reconnu, expliquant ainsi pourquoi, dans le contexte de l’évangélisation, certains pourraient penser que ce n’est pas la priorité absolue. « Ils [les athées] sont incapables de comprendre la dimension de la transcendance car ils sont immanentistes. En fin de compte, ils haïssent l’existence humaine car leur premier et dernier dogme est qu’un être humain n’est rien de plus qu’un animal. »

    « Autrefois, selon l’ancien “illuminisme”, l’être humain n’était qu’une machine, un homo machina . Plus tard, à l’époque de Darwin, l’homme n’était plus considéré que comme un animal plus évolué », a déclaré Müller, critiquant par ailleurs les idéologies qui s’opposent à l’Église et à l’homme, et qu’il souhaite voir combattues.

    Il a réaffirmé : « Mais ils n'acceptent pas la différence essentielle entre les choses, les animaux et nous. Par conséquent, au final, ils se haïssent eux-mêmes. »

    « Et puis il y a les élites », a-t-il poursuivi, sans mentionner nommément le scandale Epstein, « elles veulent être des dieux et elles veulent se définir elles-mêmes et définir les masses, le reste de l'humanité, ce qui est absolument contraire à notre compréhension chrétienne selon laquelle Dieu a créé tout le monde à sa ressemblance et à son image. »

    Concernant le consistoire lui-même, Müller restait positif, tout en formulant quelques critiques constructives. Il estimait que les groupes de travail étaient « un peu neutralisants » et que les « interventions libres » étaient « très, très brèves. Ces prétendues interventions libres n'étaient en réalité que des interventions forcées. »

    Müller espérait que les cardinaux pourraient contribuer à lancer une nouvelle évangélisation qui pourrait ressusciter la compréhension selon laquelle, « avant notre existence historique, il y avait la providence éternelle de Dieu, nous existions dans le Fils – parce que nous sommes créés dans le Fils, dans le Logos ».

    « Par conséquent, pour notre existence historique », expliqua-t-il, « nous existons dans le plan de salut de Dieu. »

    « C’est aussi le fondement de l’immortalité de l’âme. Et de la résurrection de l’homme, âme et corps. »

    « Nous faisons partie de ce monde », a précisé Müller, défendant la nécessité d’un engagement philosophique et politique, « mais le plus important est que tout est créé pour l’être humain, pour notre salut. Dieu est venu sur terre, comme nous le confessons dans le Credo. Dieu est l’origine, le but et la fin de notre existence humaine, de notre pensée. »

  • Victoire: le Parlement européen condamne les expulsions de chrétiens en Turquie

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    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    La question des chrétiens étrangers expulsés de Turquie vient de franchir un cap décisif au niveau européen, grâce au travail de plaidoyer de l’ECLJ:

    • Un débat s’est tenu au Parlement européen
    • Une résolution a été adoptée dénonçant les expulsions ciblées
    • Une question écrite a été adressée à la Commission européenne

    Ces avancées résultent de notre engagement constant auprès des députés européens, notamment au sein de l’intergroupe sur la liberté de religion. L'ECLJ soutient tous les chrétiens de Turquie depuis plus de 20 ans, qu'ils soient orthodoxes, protestants et catholiques.

    Pour le député Bert-Jan Ruissen, il était urgent que la «violation grave de la liberté religieuse dont sont victimes les communautés protestantes délibérément marginalisées soit enfin portée à l’attention de l’Union européenne, alors même que la Commission renforce ses relations avec la Turquie».

    Un autre député européen, Tomislav Sokol, appelle lui aussi à une réaction politique claire: «Les chrétiens sont la communauté religieuse la plus persécutée dans le monde. La crédibilité de l’Europe se mesure à sa capacité à défendre la liberté de religion de manière cohérente, partout et sans double standard.»

    Cette mobilisation des députés européens prolonge notre rapport «La persécution des chrétiens en Turquie», qui documente les violences, les discriminations, les spoliations patrimoniales et les mesures administratives visant les communautés chrétiennes.

    Lire le rapport:
    La persécution des chrétiens en Turquie

    Depuis 2019, plus de 300 chrétiens étrangers, parfois installés légalement depuis plus de trente ans, ont été écartés du territoire au nom de la «sécurité nationale». Aucun procès. Aucune preuve rendue publique. Un simple code administratif a anéanti leur vie. C’est une atteinte directe à la liberté de religion.

    La Turquie est pourtant candidate à l’adhésion à l’Union européenne et membre du Conseil de l’Europe. À ce titre, elle est tenue de respecter la Convention européenne des droits de l’homme.

    Le combat se déroule donc également devant la CEDH, où deux affaires majeures sont pendantes:

    • Wiest, dans laquelle l’ECLJ est déjà intervenu et qui pourrait devenir prochainement un arrêt de principe;
    • Wilson, regroupant vingt requêtes similaires, dans laquelle nous interviendrons également.

    L’enjeu est clair: faire reconnaître une discrimination religieuse systémique, et non un simple contentieux administratif.

    Grâce à votre soutien en signant la pétition, nous saisirons la Présidence de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe afin qu’elle établisse officiellement cette discrimination antichrétienne et en exige la condamnation politique.

    Signez la pétition pour les chrétiens de Turquie: 

    Je signe

    Je partage la pétition

  • Turquie : comment l'urbanisme est utilisé pour saper les institutions chrétiennes

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    De Bryan Lawrence Gonsalves pour EWTN News (CWR) :

    Comment l'urbanisme est utilisé pour saper les institutions chrétiennes en Turquie

    Selon un nouveau rapport documentant les restrictions en vigueur dans plusieurs villes, les autorités utilisent les lois de zonage et les règlements d'urbanisme pour empêcher la construction d'institutions chrétiennes.

    Selon ce nouveau rapport, l'urbanisme est devenu un outil primordial pour restreindre les institutions chrétiennes en Turquie, les autorités utilisant les réglementations de zonage, les codes du bâtiment et les procédures administratives pour empêcher la construction d'églises et limiter les communautés religieuses.

    L'étude de 88 pages, publiée par la Fondation Ayhan Şahenk en décembre 2024, documente comment les municipalités turques utilisent les plans d'aménagement urbain pour désavantager systématiquement les institutions chrétiennes à travers le pays. Le rapport examine des cas à Istanbul, Ankara, Izmir et dans d'autres grandes villes où des décisions de zonage ont bloqué ou fortement restreint la présence chrétienne.

    « L’urbanisme est instrumentalisé comme une forme de persécution insidieuse », a déclaré Laki Vingas, défenseur des droits des minorités et ancien représentant de fondations orthodoxes grecques en Turquie, qui a contribué au rapport. « Ce que l’on ne peut obtenir par l’interdiction directe, on l’obtient par l’obstruction procédurale. »

    Le rapport met en lumière plusieurs mécanismes par lesquels la réglementation urbanistique désavantage les communautés chrétiennes. Dans le quartier de Beyoğlu à Istanbul, siège du Patriarcat œcuménique historique de Constantinople, des modifications répétées du zonage ont empêché les institutions arméniennes catholiques et grecques orthodoxes de mener à bien des projets d'entretien et d'agrandissement. Des propriétés appartenant depuis des décennies à des fondations minoritaires ont été reclassées de telle sorte que leur usage religieux actuel ne soit plus conforme aux nouvelles catégories d'utilisation des sols.

    Dans un cas documenté, l'église catholique arménienne de l'Assomption de Samatya, à Istanbul, a sollicité en 2018 l'autorisation d'effectuer des travaux de rénovation. Sa demande a été rejetée au motif que le bâtiment, construit en 1902, n'était pas conforme au zonage en vigueur dans le secteur, bien que l'église occupe les lieux depuis plus d'un siècle. Les autorités municipales ont suggéré à la communauté de renouveler sa demande si elle changeait la destination du bâtiment pour un usage non religieux.

    Des schémas similaires se dessinent à Ankara, où les communautés chaldéennes catholiques et syriaques orthodoxes se voient refuser à plusieurs reprises des permis de construire. Les demandes déposées par la communauté chaldéenne catholique du quartier de Çankaya à Ankara en 2015, 2017 et 2019 ont toutes été rejetées pour des raisons techniques liées aux restrictions de hauteur des bâtiments, aux marges de recul et aux ratios de stationnement, des règles que le rapport juge appliquées de manière sélective à l'encontre des minorités religieuses.

    « Les réglementations elles-mêmes peuvent sembler neutres », a déclaré Turgut Tatlılıoğlu, expert en urbanisme et co-auteur de l’étude. « Mais lorsqu’on examine leur application, on constate une discrimination manifeste. Les églises sont soumises à des normes qui ne s’appliquent pas aux mosquées ni aux bâtiments commerciaux situés dans les mêmes zones. »

    Le rapport note que si la loi turque autorise techniquement la construction de lieux de culte chrétiens, aucun nouvel édifice religieux n'a reçu l'approbation finale et n'a été achevé en Turquie depuis les années 1960. Les communautés protestantes, qui ont connu une croissance significative en Turquie au cours des deux dernières décennies, sont confrontées à des difficultés particulières car elles ne disposent pas de bâtiments historiques ni du statut de fondation.

    La rive asiatique d'Istanbul offre un autre exemple. La révision de 2023 du plan d'urbanisme du quartier de Kadıköy par la municipalité métropolitaine d'Istanbul a reclassé plusieurs parcelles appartenant à des fondations orthodoxes grecques et apostoliques arméniennes. Des propriétés initialement classées en zone « religieuse et éducative » ont été requalifiées en zones « résidentielle » ou « commerciale », empêchant de fait leur utilisation à des fins religieuses et ouvrant potentiellement la voie à une expropriation ultérieure si les communautés ne peuvent justifier d'un usage conforme.

    Le rapport de la Fondation Ayhan Şahenk documente également des retards administratifs qui équivalent de facto à des refus. La communauté syriaque orthodoxe de Mardin a déposé une demande de construction d'une nouvelle église en 2012. Après douze années d'examen administratif, de multiples demandes de documents complémentaires et plusieurs modifications apportées pour répondre à des objections techniques, la demande reste en suspens, sans aucune indication quant à une éventuelle résolution.

    Vingas a souligné le contraste avec la construction de mosquées, où les demandes sont généralement approuvées en quelques mois et bénéficient de procédures simplifiées. « L’État facilite activement la construction de mosquées par le biais de la Diyanet », a-t-il déclaré, en référence à la Direction des affaires religieuses de Turquie. « Les communautés chrétiennes vivent une expérience inverse : un véritable labyrinthe bureaucratique conçu pour épuiser leurs ressources et leur patience. »

    Le rapport formule plusieurs recommandations, notamment l'établissement de procédures transparentes et égales pour toutes les communautés religieuses, la fin de l'application sélective des réglementations d'urbanisme et la création d'un mécanisme d'examen indépendant pour les cas où des institutions religieuses sont confrontées à des restrictions de zonage.

    La Constitution turque garantit la liberté de religion et le pays est signataire de la Convention européenne des droits de l'homme. Toutefois, le rapport souligne que des pratiques administratives sapent systématiquement ces protections par le biais de mécanismes difficiles à contester juridiquement, car ils apparaissent, en apparence, comme de simples décisions d'aménagement neutres.

    Le Patriarcat œcuménique, dont le siège se trouve à Istanbul depuis 1 700 ans, a maintes fois fait part de ses préoccupations concernant ces restrictions auprès des autorités turques et des organisations internationales. Malgré son importance mondiale pour la chrétienté orthodoxe, le patriarcat est confronté à d’importantes limitations de ses droits de propriété et de sa capacité à former des membres du clergé en Turquie.

    Les communautés chrétiennes de Turquie ont connu un déclin dramatique au cours du siècle dernier. Alors qu'en 1914, les chrétiens représentaient environ 20 % de la population anatolienne de l'Empire ottoman, ils constituent aujourd'hui moins de 0,2 % des 85 millions d'habitants de la Turquie. Le rapport suggère que des pratiques d'aménagement discriminatoires contribuent à ce déclin continu en rendant de plus en plus difficile pour ces communautés le maintien de leur présence institutionnelle.

    Les représentants du ministère turc de l'Intérieur et de la municipalité métropolitaine d'Istanbul n'ont pas répondu aux demandes de commentaires concernant les conclusions du rapport.