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Politique

  • La querelle des historiens à propos de la « légende noire » espagnole

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    De Javier Esparza sur le site de La Nef :

    La querelle des historiens face à la « légende noire » espagnole

    L’Espagne connaît depuis quelques années une remise en cause de la « légende noire » espagnole qui présente l’histoire de ce pays, tout partioculièrement depuis le XVIe siècle, d’une façon simpliste et manichéenne. Point de la situation par l’un des intellectuels espagnols en pointe contre le mythe de cette « légende noire ».

    Le fait le plus marquant de la culture espagnole, au cours du dernier quart de siècle, est le mouvement populaire de réappropriation de l’identité historique nationale. Il y a vingt-cinq ans, il était difficile de publier des livres qui présentaient l’histoire de l’Espagne sous un jour favorable. Aujourd’hui, au contraire, les librairies regorgent d’ouvrages qui valorisent la Reconquista, la conquête de l’Amérique ou l’Espagne du Siècle d’or, et pas seulement les librairies : cette vague déferle sur Internet et a même atteint le cinéma indépendant. Tout cela, et il est très important de le souligner, s’est fait en marge du pouvoir et contre lui : le discours officiel en Espagne continue de reposer sur les clichés de la Leyenda negra (Légende noire), et ce non pas pour des raisons scientifiques, mais pour des raisons politiques, car c’est dans ce discours que convergent les intérêts de la gauche hispanophobe, de la droite mondialiste et des caciquismes séparatistes. L’endophobie, la haine de soi, est en Espagne une politique d’État depuis un demi-siècle. Mais aujourd’hui, le mur s’effrite à la base : une partie croissante de la société a cessé de gober ce discours. Et le pouvoir s’inquiète, comme il est naturel.

    Récemment, deux professeurs pro-gouvernementaux (c’est-à-dire de gauche), dont l’un est célèbre pour l’absurdité de ses propos, ont publié une prétendue « étude » sur le poids croissant de ce patriotisme historiographique, phénomène qu’ils jugent avec la plus grande sévérité et qu’ils identifient à l’« extrême droite ». Cette « étude » n’a fait parler d’elle que parce qu’elle a trouvé un écho dans Eldiario.es, le journal de référence de la gauche radicale espagnole. Dans l’acte d’accusation, figurent plusieurs noms concrètement : Javier Rubio Donzé, Javier Santamarta, Marcelo Gullo, Fernando Díaz Villanueva… et votre serviteur. Nos délits sont surtout au nombre de trois. Le premier est de faire de la vulgarisation historique sans avoir suivi de cursus universitaire en histoire. Le deuxième est de diffuser une vision romantique et irréaliste de l’histoire de l’Espagne, éloignée du « consensus académique ». Le troisième est de commettre des erreurs de fond, comme mettre en avant « l’exception espagnole » ou utiliser des concepts politiques actuels pour interpréter le passé. Examinons chacun d’entre eux.

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  • Et si l'Église catholique se concentrait sur la mauvaise crise ?

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    De Gaetano Masciullo sur The European Conservative :

    L'Église catholique se concentre sur la mauvaise crise

    Toute tentative visant à corriger les inégalités par le biais d'une intervention politique ou d'une planification mondiale finit par détruire les mécanismes qui génèrent une véritable prospérité.

    17 mai 2026

    Le 27 avril, deux dicastères du Vatican — le Dicastère pour la promotion du développement humain intégral et le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie — ont publié un document conjoint visant à sensibiliser les familles catholiques à une question qui, selon les dicastères eux-mêmes, représente une crise urgente tant pour le monde que pour l’Église elle-même.

    Cette crise urgente pour les dicastères du Vatican est la crise écologique. C’est pourquoi le texte va jusqu’à suggérer qu’une famille catholique, pour être véritablement telle, ne peut se soustraire à l’éducation de ses membres au respect de l’environnement. En effet, le concept même de spiritualité catholique inclut une conscience « écologique intégrale ». 

    Les auteurs, se référant au magistère environnementaliste du pape François — en particulier à l’encyclique-manifeste Laudato si’ et à l’exhortation Laudate Deum — ainsi qu’à la première exhortation apostolique du pape Léon XIV, Dilexi te, qui se présente comme un développement de celles-ci, soutiennent que la crise en question concerne non seulement l’environnement naturel, mais aussi l’environnement humain. Ils entendent par là la crise économique généralisée, c’est-à-dire la situation dramatique de pauvreté qui touche la majorité de l’humanité.

    Les estimations les plus récentes indiquent qu’environ deux milliards de personnes — concentrées principalement dans les pays du Nord — jouissent d’un bien-être relatif, tandis que les six milliards restants vivent dans la pauvreté, la maladie et l’ignorance ; parmi eux, environ un milliard vit dans l’extrême pauvreté. Cette asymétrie génère une pression migratoire structurelle du Sud vers le Nord, seulement en partie spontanée, alimentée par l’idée – plus idéologique que réelle – que l’entrée dans des sociétés économiquement prospères entraîne automatiquement une amélioration des conditions de vie.

    Ces dernières années, l’Église catholique semble avoir adopté cette vision. Pourtant, l’histoire de l’humanité montre que la simple intégration dans des structures sociales efficaces ne suffit pas à sortir les migrants pauvres de leur condition. La pauvreté est en effet un phénomène complexe et multidimensionnel : non seulement économique ou politique, mais surtout mental et culturel. 

    Ce dernier aspect reste un tabou, difficile à aborder sereinement – en Occident comme ailleurs – car il est considéré comme politiquement incorrect. Quiconque tente d’en discuter est souvent accusé d’affirmer, de manière simpliste, que les pauvres sont pauvres « par choix » et méritent donc de le rester. Mais cette simplification est trompeuse et empêche une analyse sérieuse du problème. 

    Malheureusement, cette objection fallacieuse semble s’être également immiscée dans le vocabulaire de l’Église catholique, si l’on en juge par ce qu’affirme le pape Léon XIV dans l’exhortation Dilexi te : « Pour la plupart d’entre eux, la pauvreté n’est pas non plus un choix. Pourtant, certains osent encore avancer cette affirmation, révélant ainsi leur propre aveuglement et leur cruauté. » 

    Pour comprendre la position actuelle de l’Église catholique sur la question, il est nécessaire de revenir sur les enseignements de François, qui a introduit dans le langage de l’Église des idées associées à l’environnementalisme et à la gouvernance internationale — des concepts largement développés au sein d’institutions telles que l’ONU et l’Union européenne.

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  • « La franchise du discours du pape Léon contraste avec la prudence diplomatique traditionnelle du Vatican »

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    D'Álvaro Peñas sur The European Conservative :

    « La franchise du discours du pape Léon contraste avec la prudence diplomatique traditionnelle du Vatican », écrit Constance Avenel (ECLJ).

    « L’Union européenne et le Conseil de l’Europe ont mis en place des mécanismes spécifiques pour lutter contre l’antisémitisme et la haine anti-musulmane, alors qu’il n’existe aucun cadre équivalent pour lutter contre la haine anti-chrétienne. »

    Constance Avenel est une avocate et experte française en droits de l'homme qui occupe actuellement le poste de directrice du plaidoyer pour la liberté religieuse au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ). 

    Nous avons discuté de la récente visite du pape Léon XIV en Algérie, de la situation des chrétiens au Maghreb et des persécutions et discriminations dont sont victimes les chrétiens dans de nombreuses régions du monde.

    Beaucoup considèrent la récente visite du pape Léon XIV à Alger comme un succès. Êtes-vous d'accord ?

    Absolument. Le pape est un chef d'État, mais avant tout, il est un pasteur, le gardien de son troupeau, et c'est à ce titre qu'il est venu rendre visite à la petite mais très dynamique communauté catholique d'Algérie. Dans un pays où la liberté religieuse est de plus en plus restreinte, le pape a apporté de la joie aux fidèles et un nouvel espoir à son troupeau. Selon plusieurs observateurs sur place, les catholiques étaient « ravis » et la visite a été un « succès total ». Il faut dire que les autorités ont investi massivement dans cet événement : le président Tebboune a personnellement supervisé les préparatifs, et rien n'a été laissé au hasard.    

    En se rendant en Algérie, et notamment sur le site antique d'Hippone où saint Augustin exerça son épiscopat à la fin du IVe siècle, le pape a ravivé le patrimoine chrétien du pays. L'Algérie fut en effet jadis une terre profondément chrétienne, berceau de penseurs de l'Église latine. Dans ce contexte, le ministère de la Culture et des Arts a même consacré la première édition du Symposium sur la pensée afro-américaine à l'héritage de saint Augustin, figure emblématique du dialogue entre l'Afrique et le monde méditerranéen. Cet événement s'est tenu peu après la visite du pape, les 29 et 30 avril à Alger.

    Espérons que cette tendance se poursuive. Si l'on peut se réjouir de cette renaissance officielle de cet héritage chrétien, il ne faut pas oublier que, par cet accueil fastueux réservé au pape, le régime a cherché à restaurer sa légitimité, dans le but de faire oublier ses excès autoritaires des dernières années. 

    Jusqu'à présent, le gouvernement algérien a condamné les critiques formulées par des instances internationales, comme le Parlement européen, à l'encontre de sa politique religieuse, les qualifiant d'« ingérence flagrante ». La visite du pape peut-elle mettre un terme à cette politique, ou une pression internationale accrue est-elle nécessaire ?

    Malheureusement, dans un contexte de restrictions croissantes des libertés publiques en Algérie depuis 2019, il est peu probable que la visite du pape à elle seule entraîne un changement significatif de la politique gouvernementale ou des réformes immédiates en faveur d'une plus grande reconnaissance des chrétiens.

    Au-delà des gestes symboliques et d'un accueil chaleureux, aucune modification institutionnelle concrète ne semble avoir suivi cette visite jusqu'à présent. Les églises n'ont pas rouvert leurs portes, l'Église protestante d'Algérie n'est toujours pas reconnue officiellement comme association religieuse et des questions telles que les restrictions imposées par le Code de la famille ou la fermeture de Caritas n'ont pas été abordées.

    Cela dit, cette visite a permis de mettre en lumière la présence des chrétiens en Algérie et leur diversité. L'archevêque Vesco d'Alger a souligné l'importance des églises protestantes, et une jeune pentecôtiste a partagé son témoignage à Notre-Dame d'Afrique. Le pape a également contribué à une meilleure visibilité de la situation. Bien qu'aucune réforme n'ait été mise en œuvre immédiatement après sa visite, la perspective d'une réforme à long terme est bien réelle. À la fin de sa visite, le pape a déclaré : « Durant nos deux jours en Algérie, nous avons eu une formidable occasion de poursuivre le dialogue et de tisser des liens. » Le pape était conscient de la situation des chrétiens, et en particulier des protestants. Malgré les efforts des autorités algériennes pour écarter l'EPA (Église protestante d'Algérie), ces derniers ont réussi à faire entendre leur voix auprès du pape. 

    Le pape a contribué à inscrire la question des minorités religieuses en Algérie à l'agenda international. Il a ouvert la voie et il appartient désormais à la communauté internationale de s'emparer de cette cause, et au président Tebboune de prendre les mesures nécessaires pour respecter ses obligations internationales en matière de liberté de religion. 

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  • L'European Centre for Law & Justice réagit au projet de recommandation du CEDAW sur les stéréotypes de genre

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    L'ECLJ réagit au projet de recommandation du CEDAW sur les stéréotypes de genre

    12 Mai 2026

    Le 4 mars 2026, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (le «CEDAW») a publié le projet de recommandation générale sur les stéréotypes de genre (le «projet») et a invité toutes les parties intéressées à soumettre leurs observations sur son contenu. Le projet, qui interprète la portée et la nature des obligations des États au titre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, aborde plusieurs questions sensibles, notamment l’égalité entre les femmes et les hommes, le droit à la vie, le droit au respect de la vie privée et familiale et la liberté de religion.

    Les recommandations du CEDAW visant à lutter contre les «stéréotypes de genre» reposent sur une vision déformée de l’égalité qui perçoit la féminité et la masculinité comme deux forces antagonistes plutôt que comme des ensembles de qualités complémentaires. Une telle vision de l’égalité, qui aspire à l’élimination des différences naturelles entre les femmes et les hommes, porte atteinte à l’essence même du droit à la dignité humaine.

    En outre, dans ses observations concernant les mesures relatives à la santé, le CEDAW recommande aux États parties «d’[a]dopter des mesures visant à dépénaliser l’avortement et à garantir un accès abordable et complet à des services d’avortement sûrs et de qualité, à des services et informations post-avortement, ainsi qu’à des contraceptifs modernes, sans discrimination intersectionnelle ni stéréotypes de genre» (paragraphe 56(c) du projet). Cette recommandation, qui n'a de fondement ni dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ni dans aucun autre texte contraignant de droit international, va à l’encontre des obligations des États en matière de protection du droit à la vie. Au-delà de l’incompatibilité entre l’élargissement de l’accès à l’avortement et le droit à la vie ainsi que d’autres engagements internationaux des États parties (tels que la protection de la maternité), sa dépénalisation et sa facilitation constituent de graves menaces pour la santé des femmes concernées ainsi que pour le fonctionnement de la société dans son ensemble.

    Enfin, le projet contient de multiples recommandations qui vont clairement à l’encontre du droit au respect de la vie privée et familiale et de la liberté religieuse. Tout au long du projet, les institutions familiales et religieuses sont présentées comme étant principalement les cadres dans lesquels les «stéréotypes de genre» sont inculqués et façonnés. Plus précisément, un ensemble de recommandations relatives à la sphère de l’éducation constitue un risque sérieux pour le droit des parents d’éduquer et d’élever leurs enfants conformément à leurs convictions et croyances religieuses. Plusieurs propositions, telles que celle concernant la promotion de «l’inclusion des femmes au sein du clergé des institutions religieuses» et de «leur participation active aux processus de direction et de prise de décision» (paragraphe 61(e) du projet), constituent une ingérence flagrante dans le principe d’autonomie des institutions religieuses.

    Dans ses observations soumises au CEDAW le 6 mai 2026, l’ECLJ dénonce son incompatibilité manifeste avec le droit international des droits de l’homme. Il invite le Comité à réexaminer et à modifier la recommandation générale afin d’assurer sa pleine conformité avec les obligations internationales des États parties.

    Le texte intégral des observations de l’ECLJ soumises au CEDAW est disponible ici en anglais uniquement.

  • Nigéria : 10 millions de dollars pour occulter les massacres de plus de 128 000 chrétiens depuis 2009

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    De zenit.org :

    Le rapport « La dissimulation du génocide au Nigeria pour 10 millions de dollars » révèle comment le pouvoir, la politique et la propagande alimentent une catastrophe humanitaire. Photo : Persecution.org

    Le Rapport « La dissimulation du génocide au Nigeria pour 10 millions de dollars » révèle comment le pouvoir, la politique et la propagande alimentent une catastrophe humanitaire. Photo : Persecution.Org

    Nigeria : Le silence autour du massacre des chrétiens

    Un rapport accuse Abuja d’avoir financé une campagne de 10 millions de dollars pour minimiser les massacres de plus de 128 000 chrétiens depuis 2009

    13 mai 2026

    (ZENIT News – Persecution.org / Abuja, 11 mai 2026) – Un nouveau rapport d’International Christian Concern (ICC) souligne comment le gouvernement nigérian utilise la désinformation comme une arme pour dissimuler une campagne de violence contre les chrétiens qui dure depuis des décennies. 

    Rédigé par Justin Joseph, chercheur associé à la CPI, le rapport « Le génocide nigérian dissimulé pour 10 millions de dollars » révèle comment le pouvoir, la politique et la propagande alimentent une catastrophe humanitaire.

    Depuis 2009, au moins 190 150 Nigérians – dont 128 750 chrétiens – ont été tués lors de massacres ethno-religieux, la violence s’étant intensifiée en 2016. Pourtant, au lieu de s’attaquer à cette crise, les autorités diffusent un discours dangereux. 

    Lors de rencontres avec d’autres chefs d’État, le président nigérian Bola Tinubu affirme que le terrorisme qui ravage son pays est uniquement dû au changement climatique et à l’instabilité régionale.

    Des chercheurs ont réfuté à maintes reprises cet argument, soulignant que les communautés chrétiennes sont les cibles des attaques. L’assassinat de membres du clergé, comme le révérend Joshua Aliya, n’est pas un acte isolé. Il s’inscrit dans une stratégie délibérée visant à éradiquer la liberté religieuse. 

    La supercherie ne s’arrête pas là. L’administration Tinubu a lancé une campagne de lobbying de 10 millions de dollars pour faire taire les organisations de défense des droits humains aux États-Unis et dissimuler le génocide des chrétiens nigérians. Il ne s’agit pas d’une simple manipulation, mais d’une tentative délibérée de réécrire l’histoire, alors que des vies innocentes sont de plus en plus menacées. 

    Le rapport exhorte le Congrès des États-Unis à maintenir la désignation du Nigéria comme pays à préoccupation particulière (CPC) et à utiliser la loi Magnitsky mondiale pour sanctionner ceux qui financent le terrorisme et le mur du silence. 

    Pour plus d’informations, consultez le rapport complet. Retrouvez d’autres rapports sur le Nigéria sur notre page dédiée

    Nigeria : Le silence autour du massacre des chrétiens | ZENIT - Français

  • Moyen-Orient : Une défaite des États-Unis est non seulement possible, mais probable

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    Du substack de Rod Dreher :

    Robert Kagan, faucon notoire, affirme que l'Iran a infligé une « défaite totale » aux États-Unis. Si tel est le cas, quelles seront les conséquences ?

    Vous allez devoir vous asseoir pour lire ceci. Il s'agit d'un court essai de Robert Kagan, un faucon convaincu et l'un des membres les plus influents de l'élite néoconservatrice. Comme l'écrivait Arnaud Bertrand en introduction de cet essai sur son compte X :

    Pour rappel, Bob Kagan est :

    - le cofondateur du Project for the New American Century, probablement le think tank le plus impérialiste de Washington (ce qui est un exploit) ;

    - un homme qui a consacré sa vie à plaider en faveur des interventions militaires américaines, notamment au Moyen-Orient, et un fervent partisan de la guerre en Irak. Il a commencé à militer pour une intervention en Irak avant le 11 septembre, ce qui en dit long...

    - l'époux de Victoria Nuland, une ancienne haute responsable américaine extrêmement belliciste (une des architectes clés de la politique américaine en Ukraine, dont nous constatons tous les conséquences aujourd'hui) ;

    - le frère de Frederick Kagan, l'un des principaux artisans du renforcement des troupes en Irak. Autrement dit, il ne s'agit pas d'un pacifiste anti-impérialiste. C'est littéralement l'homme que Dick Cheney appelait lorsqu'il avait besoin d'être remotivé. Et cet homme écrit dans The Atlantic, le média grand public le plus pro-guerre des États-Unis (ce qui est également un exploit).

    Êtes-vous prêts ? C’est parti. Voici Kagan :

    Il est difficile d'imaginer une défaite totale des États-Unis dans un conflit, un revers si décisif que la perte stratégique ne pouvait être ni réparée ni ignorée. Les pertes catastrophiques subies à Pearl Harbor, aux Philippines et dans tout le Pacifique occidental durant les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale furent finalement effacées. Les défaites au Vietnam et en Afghanistan furent coûteuses, mais n'entamèrent pas durablement la position globale de l'Amérique dans le monde, car elles se situaient loin des principaux théâtres d'opérations internationaux. L'échec initial en Irak fut atténué par un changement de stratégie qui, en fin de compte, laissa l'Irak relativement stable et non menaçant pour ses voisins, et permit aux États-Unis de conserver leur domination dans la région.

    La défaite dans la confrontation actuelle avec l'Iran sera d'une toute autre nature. Elle ne pourra être ni réparée ni ignorée. Il n'y aura pas de retour au statu quo ante, pas de triomphe américain final qui puisse effacer ou surmonter les dommages causés. Le détroit d'Ormuz ne sera plus « ouvert », comme il l'était autrefois. En contrôlant le détroit, l'Iran s'impose comme un acteur clé dans la région et parmi les acteurs clés du monde. Le rôle de la Chine et de la Russie, alliées de l'Iran, s'en trouve renforcé ; celui des États-Unis, considérablement amoindri. Loin de démontrer la puissance américaine, comme l'ont maintes fois affirmé les partisans de la guerre, ce conflit a révélé une Amérique peu fiable et incapable de mener à bien ce qu'elle a entrepris. Cela va déclencher une réaction en chaîne à travers le monde, amis comme ennemis devant s'adapter à l'échec américain.

    C'est Bob Kagan qui a écrit ça. Bob Kagan ! Permettez-moi de vous donner un extrait de son article expliquant pourquoi il en est arrivé à cette conclusion apocalyptique. Kagan explique qu'il ne comprend pas comment un régime (celui de l'Iran) qui a survécu à 37 jours de bombardements, y compris l'élimination de ses hauts responsables, et qui n'a toujours pas cédé un pouce de terrain, pourrait résister à quoi que ce soit d'autre que les États-Unis pourraient lui infliger. Kagan :

    Le calcul des risques qui a contraint Trump à reculer il y a un mois reste valable. Même si Trump mettait à exécution sa menace de détruire la « civilisation » iranienne par de nouveaux bombardements, l'Iran serait toujours capable de lancer de nombreux missiles et drones avant la chute de son régime – si tant est qu'il s'effondre. Quelques frappes réussies suffiraient à paralyser les infrastructures pétrolières et gazières de la région pendant des années, voire des décennies, plongeant le monde, et les États-Unis, dans une crise économique prolongée. Même si Trump souhaitait bombarder l'Iran dans le cadre d'une stratégie de retrait – pour paraître intransigeant et masquer sa retraite –, il ne peut le faire sans risquer cette catastrophe.

    Plus:

    Mais toute autre issue qu'une capitulation de fait des États-Unis comporte des risques énormes que Trump n'a jusqu'à présent pas été disposé à assumer. Ceux qui, avec désinvolture, exhortent Trump à « finir le travail » occultent souvent les conséquences. À moins que les États-Unis ne soient prêts à s'engager dans une guerre terrestre et navale de grande envergure pour renverser le régime iranien actuel, puis à occuper l'Iran jusqu'à l'installation d'un nouveau gouvernement ; à moins qu'ils ne soient prêts à risquer la perte de navires de guerre escortant des pétroliers dans un détroit contesté ; à moins qu'ils ne soient prêts à accepter les dommages dévastateurs et durables que la riposte iranienne pourrait infliger aux capacités de production de la région, un retrait immédiat pourrait apparaître comme la moindre des choses. Sur le plan politique, Trump estime sans doute avoir plus de chances de surmonter une défaite que de survivre à une guerre bien plus vaste, longue et coûteuse, qui pourrait tout aussi bien se solder par un échec.

    Une défaite des États-Unis est donc non seulement possible, mais probable. Voici à quoi elle ressemblerait.

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  • Comment procède-t-on à l'euthanasie et au suicide assisté ?

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    Du site de l'ECLJ :

    Revue des protocoles et substances en vue de l'euthanasie et du suicide assisté

    11 Mai 2026

    La pratique de l'euthanasie et du suicide assisté (EAS, de l'anglais Euthanasia and Assisted Suicide) repose sur un raisonnement pharmacologique très élaboré, visant à transformer l'acte de donner la mort en une procédure médicale standardisée. Bien que l’encadrement juridique varie d'un pays à l’autre, les protocoles utilisent des produits et des schémas similaires susceptibles de garantir un glissement rapide vers l'inconscience, puis le décès.

    Par Agnès Certain et les membres de l’Association Pharmaciens en Conscience[1], avec la collaboration de Yeram Jeon (ECLJ).

    I. Une triade pharmacologique: substances, mécanismes et objectifs

    Les protocoles d'EAS modernes s'articulent autour de trois catégories majeures de substances, chacune remplissant un rôle pharmacologique distinct pour assurer l'efficacité de la procédure.

    1. Les barbituriques et les sédatifs-hypnotiques: l'induction du coma

    La première étape, consiste à induire une perte de conscience profonde et irréversible et à ralentir la respiration

    • Substances utilisées: Les médecins privilégient les barbituriques tels que le pentobarbital et le sécobarbital, le thiopental ou des anesthésiques généraux comme le propofol à des doses plus élevées que celles des indications habituelles.
    • Action pharmacologique: ces produits inhibent l'activité neuronale et le centre respiratoire situé dans la moelle et le tronc cérébral.
    • Dosages et administration: Dans le cas du suicide assisté, le patient ingère généralement une solution liquide contenant entre 9 et 15 grammes de pentobarbital ou de sécobarbital. Pour l'euthanasie, le médecin injecte directement du thiopental ou du propofol à forte dose (1g) par voie intraveineuse (IV), provoquant un coma quasi immédiat.

    2. Les relaxants neuromusculaires (curarisants): l’arrêt respiratoire

    C’est seulement une fois que le patient est plongé dans un coma profond, qu’un agent curarisant est souvent administré pour garantir l'arrêt des fonctions vitales par manque d’oxygène. Sans sédation préalable, la mort surviendrait par suffocation alors que la personne est consciente.

    • Substances utilisées: Les produits les plus courants sont le rocuronium, le pancuronium et le cisatracurium.
    • Mécanisme: Ces substances bloquent la transmission nerveuse vers les muscles, y compris le diaphragme, ce qui interrompt toute tentative de respiration; le cœur s’arrête faute d’oxygène.

    3. Les adjuvants: «confort et optimisation»

    Pour faciliter la procédure et prévenir les complications, des médicaments associés peuvent être administrés en amont.

    • Antiémétiques: Des principes actifs comme le métoclopramide ou l'ondansétron sont administrés en prévention des vomissements, 30 minutes avant, surtout lors de l'ingestion orale de doses massives de substances, évitant leur rejet et favorisant leur activité létale.
    • Benzodiazépines: Le midazolam ou le diazépam sont souvent utilisés avant le début du protocole létal, pour réduire l'anxiété du patient.
    • Anesthésiques locaux: La lidocaïne peut être administrée pour réduire la douleur locale lors de l'injection des agents létaux.

    II. Exemples de protocoles en usage dans les pays ayant dépénalisé l’euthanasie et/ou le suicide assisté

    Les protocoles, bien que toujours construits à partir d’une association anesthésique/curarisant/adjuvant, varient selon les pays.

    Benelux (Pays-Bas et Belgique)

    Aux Pays-Bas et en Belgique, l'euthanasie par injection pratiquée par le médecin est la pratique la plus fréquente. Les protocoles de suicide assisté sont possibles, prévoyant l’ingestion d’une boisson létale par la personne en capacité de boire.

    • Protocole type: Après prémédication par midazolam et lidocaïne pour réduire l’anxiété et la douleur respectivement, le médecin injecte 2000 mg de thiopental ou 1000 mg de propofol pour induire le coma. Dès que ce dernier est confirmé, une dose massive de curarisant (100-200 mg de rocuronium) est administrée.
    • Statistiques: Plus de 99% des cas signalés aux Pays-Bas utilisent ce régime combiné barbiturique-curarisant.

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  • "Aide à mourir" : le communiqué de Mgr Marc Aillet « Tu ne tueras point »

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    Du site du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron :

    Communiqué de Mgr Marc Aillet – « Tu ne tueras point »

    6 mai 2026

    La proposition de loi sur « l’aide à mourir » adoptée le 25 février dernier, à une courte majorité, à l’Assemblée nationale, sera de nouveau examinée en séance publique au Sénat du 11 au 13 mai prochain…

    Est-il encore nécessaire d’insister sur l’extrême gravité de ce texte de loi qui entend ni plus ni moins abolir l’interdit de tuer sur lequel repose depuis toujours la vie en société, en légalisant le suicide assisté et l’euthanasie ?

    La quasi-totalité des patients tentés de demander le suicide assisté ou l’euthanasie, y renoncent dès lors qu’ils sont pris en charge au sein d’une unité de soins palliatifs susceptible de les accompagner et de les soulager, mais en France, les soins palliatifs sont encore à ce point lacunaires (malgré plusieurs textes de loi pourtant adoptés à la quasi-unanimité), que près de la moitié de nos concitoyens ne peuvent toujours pas en bénéficier…

    Dans ces conditions, l’adoption définitive de cette proposition de loi ne pourrait qu’inciter les patients les plus pauvres ou les plus vulnérables qui n’ont pas accès aux soins palliatifs, ou les personnes dites « éligibles » qui craignent d’être un poids pour leurs familles, le corps médical ou le budget de la Sécurité sociale, à recourir au suicide assisté ou à l’euthanasie, comme c’est d’ailleurs le cas dans les pays (la Belgique, les Pays-Bas ou le Canada…) où ces pratiques sont légales depuis plusieurs années.

    Rien n’est cependant jamais perdu d’avance, comme le démontre le revirement qui vient de se produire en Ecosse (où le Parlement a rejeté, le 17 mars dernier, le texte de loi qui prévoyait de légaliser l’euthanasie) et au Royaume-Uni (où la Chambre des Lords s’est opposée, le 24 avril, à un projet de loi similaire), tandis qu’en France, le nombre de députés opposés à la proposition de loi sur « l’aide à mourir » est passé de 199 le 27 mai 2025, à 226 le 25 février dernier.

    Il n’est donc nullement trop tard pour agir et se mobiliser.

    Ayant moi-même écrit aux parlementaires du département pour leur demander de s’opposer à cette proposition de loi qui constituerait une rupture anthropologique majeure, j’invite instamment les fidèles du diocèse à faire de même, en s’adressant par mail et sans délai, aux sénateurs qui s’apprêtent à examiner le texte en séance publique les 11, 12 et 13 mai 2026.

    Sans doute faudra-t-il écrire, dans un second temps, aux députés du département, sans craindre de leur rappeler qu’ils sont nos représentants et qu’ils auront à rendre compte de leur positionnement et de leur vote sur cette question cruciale de la fin de vie (1) .

    Le vote au Sénat de la proposition de loi relative à « l’aide à mourir » est officiellement prévu mercredi 13 mai, en la fête de Notre-Dame de Fatima : le vibrant appel à la conversion et à la pénitence que la Vierge de Fatima nous lance en réponse aux dérives du monde moderne apparaissant plus actuel que jamais, j’invite les fidèles qui le peuvent à prier et à jeûner ce jour-là : puisse le Seigneur éclairer la conscience des sénateurs et de nos élus quant aux redoutables conséquences morales et spirituelles qui résulteraient d’une légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté en France, « fille aînée de l’Église ».

    +Marc Aillet
    évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

    Fait à Bayonne, le 6 mai 2026

    (1)  Les adresses électroniques des députés et sénateurs sont accessibles sur le site internet de l’Assemblée nationale et du Sénat.

  • Nigéria : depuis septembre, 100 morts, 98 000 personnes déplacées, 217 églises détruites dans le diocèse de Wukari

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AFRIQUE/NIGERIA - Plus de 100 morts, 98 000 personnes déplacées, 217 églises détruites dans le diocèse de Wukari

    11 mai 2026
     

    Abuja (Agence Fides) – « Depuis septembre, plus de 98 000 personnes ont été contraintes de fuir, dont 16 prêtres, tandis que 217 églises ont été complètement détruites » en raison des violences qui font rage dans le sud de l’État de Taraba (au nord-est du Nigeria). C’est ce qu’a rapporté Mgr Mark Maigida Nzukwein, Evêque de Wukari, dans un communiqué publié à l’issue de la troisième Assemblée générale du diocèse. « Les habitations de huit prêtres ont également été détruites et on estime que plus de 100 personnes ont été tuées », indique le communiqué. Parmi les dernières églises attaquées figure l’église catholique Saint-Jacques-le-Grand à Adu, dans le district de Takum (voir Fides 25/3/2026), tandis qu’un incendie accidentel a gravement endommagé la cathédrale Sainte-Marie de Wukari le 4 mars (voir Fides 6/3/2026).

    Les violences touchent principalement des zones telles que le district de Chanchanji, dans la région administrative locale de Takum, ainsi que celles d’Ussa et de Donga.

    Il s’agit d’attaques contre des communautés d’agriculteurs, très probablement perpétrées par des bandes de bergers peuls qui prennent pour cible des villages à majorité chrétienne (souvent Tiv). Après avoir rasé des maisons, des églises et d’autres biens, les agresseurs s’emparent souvent illégalement des terres abandonnées par les habitants contraints de fuir. Les incursions des bergers peuls s’ajoutent au conflit foncier séculaire entre les populations Tiv et Jukun (voir Fides 7/11/2023).

    Le 12 février dernier, le clergé des diocèses de Wukari et de Jalingo était descendu dans la rue pour demander l’intervention immédiate du gouvernement afin de mettre un terme à la vague d’assassinats, d’enlèvements et de destructions qui frappe les communautés agricoles chrétiennes, en particulier la population Tiv dans le sud de l’État de Taraba (voir Fides 13/2/2026). À cette occasion, le diocèse de Wukari indiquait que « jusqu’à présent, plus de 80 personnes ont été tuées, beaucoup d’autres ont été blessées, tandis que plus de 200 communautés et églises ont été détruites et plus de 90 000 chrétiens ont été contraints de quitter leurs foyers ». Un peu moins de trois mois plus tard, ces chiffres ont augmenté, malgré les appels pressants lancés aux autorités pour qu’elles rétablissent les conditions de sécurité pour les populations des zones touchées. (LM) (Agence Fides 11/5/2026)

  • Vincent Dujardin publie un livre évènement sur le règne du Roi Baudouin

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    Du site de l'UOPC :

    Nous aurons le plaisir de recevoir l’historien belge Vincent Dujardin pour son livre événement : « Baudouin. Un roi face aux crises de son temps » :

    Grâce à l’accès exceptionnel aux archives du roi Baudouin jusque-là inédites, à ses carnets personnels, à de nombreuses autres archives et à des témoignages de première main (entourage familial dont la reine Fabiola, anciens (Premiers) ministres, chefs de cabinet du roi, Jacques Delors, Benoît XVI,…), cet ouvrage de référence livre de nombreuses révélations et lève des zones d’ombre, depuis son enfance, marquée par la guerre et la souffrance, jusqu’aux circonstances exactes de son décès brutal.

    Pourquoi les conclusions de l’affaire Lumumba doivent-elles être fondamentalement revues? Quels liens entretenait le roi avec les dirigeants de son temps, tels de Gaulle, Habyarimana, Franco, Mobutu, Sadate, Gorbatchev, Bush, Elizabeth II, Juan Carlos, le Shah d’Iran, le président chinois, l’empereur du Japon, Mitterrand, ou Jean-Paul II ?

    Quelle influence a exercé son père, Léopold III, ou sa belle-mère, la princesse Lilian sur le jeune roi ? Comment a-t-il rencontré la reine Fabiola ? Comment a-t-il vécu les semaines qui ont précédé sa décision de ne pas sanctionner la loi sur l’avortemen t? Comment a-t-il pesé dans le dénouement de la « grève du siècle » de 1960 ou dans les débats institutionnels belges ?

    Qui était l’homme auquel des centaines de milliers de Belges ont rendu hommage avant ses funérailles grandioses rassemblant des dirigeants venus du monde entier ? Fruit d’une enquête menée durant 20 ans à travers la Belgique, l’Europe (France, Royaume-Uni, Espagne, …) ou les États-Unis, cet ouvrage propose une immersion au cœur des secrets d’un règne d’exception.

    De son côté, l'abbé Michel de Sivry (FSSPX) s'interroge sur l'héroïcité des vertus du Roi.

  • Des cours de religion non-confessionnels pour promouvoir le vivre-ensemble ?!

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    Du site de l'ECLJ :

    Une résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe demande aux États européens de promouvoir "une éducation religieuse objective et non-confessionnelle" et invite les communautés religieuses d'adapter leurs enseignements pour valoriser toutes les religions et promouvoir le vivre-ensemble. Il s'agit d'une atteinte à la liberté religieuse car des institutions civiles demandent à des groupes religieux de changer leurs enseignements.

    Cette résolution illustre ce qui se passe en Europe à travers de nombreuses lois et décisions juridiques dont nous parlons dans ce nouvel entretien du mois de mai 2026 avec Christophe Foltzenlogel, juriste à l'ECLJ.

    Voici les liens vers les articles traitant les sujets abordés dans cette vidéo:
    - L’APCE silencieuse face aux attaques et discriminations visant les chrétiens en Europe: https://eclj.org/religious-freedom/pace/lapce-silencieuse-face-aux-attaques-et-discriminations-visant-les-chretiens-en-europe?lng=fr
    - L'affaire espagnole: https://eclj.org/family/echr/religious-freedom-and-educational-freedom-parental-rights-at-stake-before-the-echr?lng=fr
    - L'affaire du Royaume-Uni: https://eclj.org/family/coe/uk-supreme-court-imposes-secularism-in-christian-schools?lng=fr
    - L'affaire italienne des crucifix: https://eclj.org/religious-freedom/echr/laffaire-lautsi-contre-litalie?lng=fr
    - Le programme EVARS: https://eclj.org/family/un/recours-contre-le-programme-evars-aux-nations-unies?lng=fr

  • Centesimus Annus à 35 ans

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    De George Weigel sur le CWR :

    Centesimus Annus à 35 ans

    Jean-Paul II a utilisé  Rerum Novarum et la tradition encyclique sociale papale qu'elle a inspirée comme base intellectuelle pour envisager l'avenir.

    Le pape Jean-Paul II lors d'une audience papale en juillet 1985 sur la place Saint-Pierre. (© James G. Howes/Wikipedia)
    Il y a trente-cinq ans, le pape Jean-Paul II publiait son encyclique sociale la plus aboutie,  Centesimus Annus ; son titre signalait l'intention de l'auteur d'honorer le centenaire de l'encyclique de Léon XIII de 1891,  Rerum Novarum , qui a inauguré le magistère social papal moderne.

    Pourtant  , Centesimus Annus , tout en rendant un hommage appuyé aux réflexions toujours pertinentes de Léon XIII, était bien plus qu'une simple digression nostalgique du pape. Jean-Paul II s'est appuyé sur  Rerum Novarum et la tradition des encycliques sociales papales qu'elle a inspirées comme socle intellectuel pour envisager l'avenir, proposant ainsi certains prérequis moraux et culturels à la société libre et vertueuse du XXIe siècle.

    Centesimus Annus invitait à repenser la liberté politique et économique – la démocratie et le marché – comme bien plus que de simples mécanismes. La démocratie et le marché, insistait le pape, ne sont pas des machines qui fonctionnent d'elles-mêmes. En l'absence de citoyens vertueux, avertissait-il, la liberté politique et économique se décomposerait en diverses formes de licence et d'excès, entravant ainsi le bon fonctionnement de la gouvernance démocratique et du marché libre.

    Jean-Paul II concevait ainsi la société libre de demain comme un ensemble de trois composantes interdépendantes, et non de deux seulement. Une culture morale publique dynamique, inculquant et soutenant les vertus qui permettent de bien vivre la liberté, était essentielle pour guider le fonctionnement de la politique et de l'économie libres. Il incombait à l'Église de façonner cette culture morale publique par son enseignement et son témoignage.

    En 1991, il semblait que la tradition séculaire de la doctrine sociale papale se poursuivrait au-delà de  Centesimus Annus, en approfondissant les intuitions de Jean-Paul II à la lumière des réalités du XXIe siècle. Ce fut en partie le cas : Benoît XVI a judicieusement enrichi le vocabulaire de la doctrine sociale de l’Église catholique en y intégrant la notion d’« écologie humaine » – un environnement public propice à l’épanouissement personnel et à la solidarité sociale. Ce faisant, il a approfondi l’enseignement de Jean-Paul II sur la priorité de la culture dans la construction de communautés politiques et de systèmes économiques où la liberté peut être vécue dignement et non grossièrement.

    Cependant, dans l'ensemble, les enseignements sociaux de Benoît XVI et de François étaient plus ponctuels ; ils ne s'appuyaient pas sur ce que l'on pourrait considérer comme « l'échafaudage intellectuel » qui avait été érigé, couche par couche, de  Rerum Novarum à Centesimus Annus en passant par Quadragesimo Anno de Pie XI (écrit pour le quarantième anniversaire de l'encyclique de Léon XIII) .

    Ainsi, avec le recul de trente-cinq ans, Centesimus Annus apparaît moins comme l'ouverture d'un nouveau chapitre dans un magistère social papal en évolution, construit selon la même architecture de principes, et plus comme le chapitre final de la doctrine sociale catholique dans sa forme classique.

    Quelle que soit l'évolution future de la tradition de la doctrine sociale papale, cette évolution ferait bien de prendre au sérieux l'une des vérités immuables de Centesimus Annus : l'analyse incisive de Jean-Paul II sur les raisons de l'effondrement du projet communiste lors de la révolution de 1989.

    Le communisme a échoué pour de nombreuses raisons, bien sûr. Il reposait sur une économie absurde. Il a engendré des formes politiques cruelles, voire mortelles. La culture communiste était laide, voire banale. Mais surtout, le communisme a mal interprété la nature humaine : Marx, Engels, Lénine et toute cette triste bande ont mal compris qui nous sommes, d’où nous venons, comment construire d’authentiques communautés solidaires et quel est notre destin ultime. Ces quatre erreurs découlent de l’athéisme du communisme. Comme l’écrivait Jean-Paul II au paragraphe 22 de  Centesimus Annus :

    …la véritable cause [de l’effondrement du communisme] était le vide spirituel engendré par l’athéisme, qui [ne pouvait satisfaire]… le désir de bonté, de vérité et de vie présent dans chaque cœur humain… Le marxisme avait promis d’extirper le besoin de Dieu du cœur humain, mais les résultats ont montré qu’il est impossible d’y parvenir sans plonger le cœur lui-même dans le chaos.

    La tentative de créer une utopie sans Dieu a abouti à la profanation de l'homme et à un massacre humain sans précédent. Ce qui signifie qu'il ne peut y avoir d'authentique « écologie humaine » capable de soutenir des sociétés de liberté sans reconnaître ce qu'écrivait saint Augustin lorsqu'il résumait sa propre quête de la vérité, il y a dix-sept siècles : « Tu nous as faits pour toi, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en toi. »

    Ce désir ardent de rencontrer le divin est inscrit dans la condition humaine.  Centesimus Annus l'a proclamé avec audace , tandis que Jean-Paul II analysait les signes des temps à la fin du XXe siècle. Il doit être proclamé avec la même audace aujourd'hui.


    George Weigel est chercheur émérite au Centre d'éthique et de politique publique de Washington, où il occupe la chaire William E. Simon d'études catholiques. Il est l'auteur de plus de vingt ouvrages, dont * Témoin de l'espérance : Biographie du pape Jean-Paul II* (1999), * La fin et le commencement : Jean-Paul II – La victoire de la liberté, les dernières années, l'héritage* (2010) et *L'ironie de l'histoire catholique moderne : Comment l'Église s'est redécouverte et a interpellé le monde moderne sur la réforme* . Ses publications les plus récentes sont *Le prochain pape : Le ministère de Pierre et une Église en mission* (2020), *Inoubliables : Élégies et souvenirs d'une multitude de personnages, pour la plupart admirables* (Ignatius, 2021) et *Sanctifier le monde : L'héritage essentiel de Vatican II* (Basic Books, 2022).