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Politique

  • Une dirigeante catholique prend la tête du Forum des droits des femmes de Strasbourg

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    De Tobias Teuscher sur The European Conservative :

    Une dirigeante catholique prend la tête du Forum des droits des femmes de Strasbourg

    Teresa Gerns, directrice du plaidoyer du Conseil de l'Europe pour la Fédération des associations familiales catholiques en Europe, dirigera un comité chargé d'examiner les obstacles rencontrés par les femmes lorsqu'elles tentent de concilier travail rémunéré et maternité.
    Teresa Gerns. Photo courtoisie de FAFCE

    Dans le bâtiment de l'Agora à Strasbourg, où le Conseil de l'Europe réunit les voix qui ne siègent ni au Parlement ni au Conseil des ministres, mais représentent la société civile organisée des organisations non gouvernementales internationales, Teresa Gerns a été élue le 16 avril coprésidente du comité « Défenseurs de l'égalité des genres et des droits des femmes » de la Conférence des organisations non gouvernementales internationales (CINGO). Un titre en apparence modeste, mais d'une grande importance : pour le mandat à venir, une fédération d'inspiration catholique occupera l'une des deux présidences d'un comité qui contribue à définir l'orientation de la participation de la société civile à l'élaboration des politiques relatives aux droits des femmes dans 46 États européens. Teresa Gerns est directrice des affaires publiques auprès du Conseil de l'Europe pour la Fédération des associations familiales catholiques en Europe (FAFCE).

    Le Conseil de l'Europe, fondé en 1949 et basé à Strasbourg, rassemble aujourd'hui 46 États membres représentant quelque 700 millions de personnes. Outre ses trois piliers les plus connus (le Comité des Ministres, où s'expriment les gouvernements ; l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), où se réunissent les parlementaires nationaux élus ; et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux), l'organisation a officiellement intégré, depuis 2005, un quatrième pilier consacré à la société civile : la Conférence des ONG internationales (CINGO). Son champ d'action couvre l'ensemble du continent, du Royaume-Uni au Caucase du Sud, bien au-delà des 27 États membres de l'Union européenne. Plus de trois cents ONG internationales bénéficient de ce statut. Elles se réunissent en sessions plénières à Strasbourg, généralement deux fois par an lors des sessions de l'APCE, et leurs travaux se concentrent sur des thèmes prioritaires, parmi lesquels le Comité sur l'égalité des genres et les droits des femmes, coprésidé par Teresa Gerns.

    La FAFCE est une organisation faîtière fondée en 1997 et enregistrée à Strasbourg. Ses origines remontent à une charte commune signée en 1991 par des associations familiales catholiques autrichiennes, italiennes, françaises et allemandes après la chute du mur de Berlin. Elle regroupe aujourd'hui 33 associations membres réparties dans 20 pays européens et son secrétariat général est basé à Bruxelles depuis 2009. Son action s'appuie sur la doctrine sociale de l'Église catholique et ses priorités stratégiques actuelles incluent la famille comme investissement, les enjeux démographiques, l'équilibre entre vie familiale et vie professionnelle, la protection des enfants en ligne, la dignité de la vie humaine et l'écologie intégrale.

    La Fédération bénéficie d'une solide assise institutionnelle. Le Conseil de l'Europe lui a accordé le statut de participant en 2001 et, un an plus tard, l'a autorisée à déposer des plaintes collectives au titre de la Charte sociale européenne. Au niveau de l'Union européenne, la FAFCE assure depuis de nombreuses années le secrétariat de l'intergroupe Famille du Parlement européen. Aux Nations Unies, elle est candidate au statut consultatif auprès du Conseil économique et social (ECOSOC). 

    Le concept au cœur des travaux de la sous-commission n'est pas improvisé. Il s'appuie sur un livre blanc de 2021, « Protéger les femmes du harcèlement maternel », publié par New Women for Europe en collaboration avec FAFCE et Femina Europa, qui demeure à ce jour la tentative la plus systématique de définir précisément ce phénomène.

    S’inspirant du psychologue du travail suédois Heinz Leymann, qui, dans les années 1980, décrivait le « harcèlement moral » comme un comportement hostile et persistant au travail, préjudiciable à la santé, cet article applique ce terme spécifiquement à la maternité. Le harcèlement maternel cible trois groupes qui se recoupent : les femmes qui souhaitent avoir des enfants, les femmes enceintes et les femmes ayant récemment accouché. Il prend des formes reconnaissables : réticence à recruter des candidates soupçonnées de devenir mères ; mesures dissuasives à la maternité, telles que la congélation d’ovocytes financée par l’employeur ; rétrogradation informelle au retour de congé maternité ; surcharge de travail ou harcèlement dès l’annonce d’une grossesse ; et non-renouvellement des contrats à durée déterminée.

    Ces chiffres sont alarmants. Dans l'Union européenne, près d'une femme sur trois n'a pas droit au congé parental ; seuls quatre États membres garantissent un accès universel. Au Royaume-Uni, six mères sur dix se sentent marginalisées dès qu'elles annoncent leur grossesse.  

    Le mandat triennal de la sous-commission, qui court jusqu'en 2027, vise à documenter systématiquement ces pratiques et à identifier les recours juridiques et institutionnels en collaboration avec les organes du Conseil de l'Europe. Parmi ceux-ci figure le Comité gouvernemental de la Charte sociale européenne, auprès duquel des plaintes collectives peuvent être déposées. Une conclusion motivée établissant que le harcèlement moral des mères constitue une violation des obligations de la Charte en matière de travail, de vie familiale et de non-discrimination serait une première en Europe.

    Le contexte politique confère à ce mandat toute sa force. Le taux de fécondité en Europe s'est stabilisé bien en dessous du seuil de renouvellement des générations depuis une génération, et le Conseil de l'Europe lui-même a commencé à considérer la résilience démographique comme une question de droits humains. Un comité axé sur les droits des femmes, qui prend au sérieux les obstacles rencontrés par celles qui souhaitent concilier travail rémunéré et maternité en raison de la discrimination liée à la maternité, s'inscrit naturellement dans ce débat émergent.

    Elle s'inscrit également dans un contexte pluraliste, parfois conflictuel. Une fédération d'inspiration catholique, coprésidente du comité des droits des femmes de la plateforme de la société civile du Conseil de l'Europe, devra œuvrer en coalition, instaurer la confiance par-delà les clivages idéologiques et démontrer qu'une conception des droits des femmes centrée sur la famille peut être substantielle, fondée sur des données probantes et attentive au vécu des mères actives. C'est là à la fois l'opportunité et le défi.

    Tobias Teuscher est un rédacteur pour  europeanconservative.com et possède une vaste expérience professionnelle au Parlement européen.
  • Le silence de l’APCE face aux attaques et discriminations visant les chrétiens en Europe

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    De Thibault van den Bossche sur le site de l'ECLJ :

    L’APCE silencieuse face aux attaques et discriminations visant les chrétiens en Europe

    23 Avril 2026
    La résolution intitulée «Lutter contre la discrimination fondée sur la religion et protéger la liberté de religion ou de conviction en Europe» adoptée par l’APCE le 21 avril 2026 maintient un déséquilibre manifeste dans le traitement des différentes religions. Elle n’intègre pas pleinement la réalité des attaques et discriminations visant les chrétiens, pourtant largement documentées par l’ECLJ.

    Lors de sa session d’avril 2026, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a adopté une résolution intitulée «Lutter contre la discrimination fondée sur la religion et protéger la liberté de religion ou de conviction en Europe». Ce texte réaffirme des principes essentiels, mais maintient un déséquilibre dans la manière dont les institutions européennes traitent les atteintes visant les chrétiens. Ce déséquilibre n’est pas seulement rhétorique: il reflète une hiérarchisation implicite des formes d’intolérance religieuse et traduit une difficulté persistante à reconnaître pleinement les atteintes antichrétiennes.

    La résolution mentionne une «recrudescence significative de l’antisémitisme» et «une augmentation des incidents antisémites» replacées dans le contexte de «l’attentat terroriste du 7 octobre 2023 et du conflit à Gaza», ainsi qu’«une augmentation des incidents islamophobes» (§4). Elle renvoie également à deux résolutions spécifiques de 2022 sur la lutte contre l’antisémitisme et contre « l’islamophobie, ou racisme antimusulman » (§3), illustrant une nouvelle fois l’attention quasi exclusive des institutions européennes à ces phénomènes.

    Il faut remonter à 2015 pour que les chrétiens soient mentionnés, et encore de manière marginale, dans la résolution «Combattre l’intolérance et la discrimination en Europe, notamment lorsqu’elles visent des chrétiens». Cette absence de reconnaissance explicite s’inscrit dans la continuité du mandat actuel de la «Représentante spéciale […] sur l’antisémitisme, la haine antimusulmane et toutes les formes d’intolérance religieuse», qui ne cite pas les chrétiens. Sa titulaire a d’ailleurs pris part au Forum diplomatique d’Antalya, en Turquie, du 17 au 19 avril, pour y dénoncer la haine antimusulmane en ligne.

    Pourtant, les 2.211 actes antichrétiens recensés en Europe en 2024, selon l’Observatoire de l’Intolérance et de la Discrimination contre les Chrétiens en Europe (OIDAC), appellent une reconnaissance tout aussi explicite. L’ECLJ a d’ailleurs largement documenté ces attaques et discriminations dans son rapport 2025 sur La christianophobie et la haine antichrétienne en Europe. Un tel déséquilibre affaiblit la cohérence d’ensemble de la résolution et interroge sur l’égalité de traitement entre les différents groupes religieux.

    Une reconnaissance importante mais encore limitée des discriminations contre les chrétiens

    De manière bienvenue cependant, l’Assemblée reconnaît que «l’intolérance et la discrimination fondées sur la religion ou la conviction touchent tant les groupes religieux majoritaires que minoritaires en Europe» et que «l’expression de la foi est parfois limitée de manière injustifiée par la législation et les politiques nationales» (§10).

    Cette formulation mérite d’être soulignée. Elle introduit une reconnaissance implicite, mais réelle, des atteintes subies par les chrétiens, y compris dans des sociétés où ils restent numériquement majoritaires. Elle conforte également les analyses de l’ECLJ concernant certaines dérives de la laïcité, notamment en France, lorsque celle-ci conduit à restreindre de manière disproportionnée l’expression chrétienne.

    Une volonté louable d’améliorer la collecte des données

    La résolution invite les États à «collecter des données sur l’intolérance et la discrimination fondées sur la religion» (§14.1.1). L’ECLJ soutient pleinement cet objectif. Une documentation précise constitue une condition indispensable à toute politique efficace. Dans ce domaine, le travail d’organisations indépendantes, telles que l’OIDAC ou l’Observatorio para la Libertad Religiosa y de Conciencia (OLRC) en Espagne, joue un rôle déterminant.

    Cependant, trois limites persistent. Les victimes chrétiennes sous-déclarent les attaques qu’elles subissent, par autocensure, craignant de jouer la victimisation, de manquer de charité chrétienne ou d’attiser des tensions sociales. Les autorités publiques sous-comptabilisent les crimes antichrétiens, pour ne conserver que ceux avec une motivation politique clairement identifiée. Enfin, la transmission de ces données à des institutions internationales comme l’ODIHR de l’OSCE se fait de manière incomplète selon les États. Ces limites contribuent à invisibiliser une partie significative des violences et discriminations subies par les chrétiens en Europe.

    L’absence d’objection de conscience et de mesures pour protéger les lieux de culte

    Malgré ces avancées, deux omissions limitent la portée de la résolution. Elle ne mentionne à aucun moment le droit à l’objection de conscience, pourtant au cœur de nombreuses situations concrètes. Par exemple, une religieuse devra-t-elle pratiquer l’euthanasie dans un hôpital catholique? C’est la question qu’ont soulevée l’ECLJ et Sœur Agnès, médecin des Petites sœurs des pauvres, devant le Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction à Genève.

    Aucune disposition spécifique ne concerne la protection des lieux de culte, alors même que les actes de vandalisme et les attaques contre les églises se multiplient en Europe. À titre d’exemple, la France a mobilisé près de 48 millions d’euros entre 2015 et 2025 pour sécuriser les sites religieux, notamment par l’installation de systèmes de vidéosurveillance et de dispositifs de protection renforcée.

    Une ouverture intéressante au dialogue avec la société civile

    L’APCE introduit une perspective encourageante en invitant à «renforcer la consultation et la communication avec les communautés religieuses et les organisations de la société civile lors de l’élaboration de la législation» (§14.3.2). L’ECLJ contribue déjà activement à ce dialogue auprès des institutions nationales, européennes et internationales, en mettant à disposition son expertise juridique. Nous poursuivrons activement notre engagement en faveur de la liberté de religion des chrétiens en Europe.

    Pour garantir une protection effective, les attaques et discriminations visant les chrétiens doivent être reconnues et traitées sans biais. La liberté de religion, protégée par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme, ne peut être assurée sans le respect du principe de non-discrimination consacré à l’article 14. Cela implique une prise en compte équilibrée des atteintes subies par les chrétiens, ainsi que des réponses concrètes. À cet égard, l’ECLJ a saisi la Présidente de l’APCE par une pétition en ce sens, appelant à une réponse ferme contre les attaques et discriminations visant les chrétiens.

    Christianophobie : ça suffit !
    Lire le texte complet de la pétition
    9,443 SIGNATURES
  • Qu’est-ce qui alimente l’extrémisme anti-chrétien en Israël ?

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    De Michele Chabin sur le NCR :

    Qu’est-ce qui alimente l’extrémisme anti-chrétien en Israël ?

    Les experts affirment que l'éducation et l'application de la loi sont nécessaires pour endiguer de tels incidents.

    Le crucifix remplacé, photographié par les Forces de défense israéliennes
    Le crucifix remplacé, photographié par les Forces de défense israéliennes (photo : Forces de défense israéliennes via EWTN News)

    JÉRUSALEM — Une photo montrant un soldat des Forces de défense israéliennes (FDI) détruisant à coups de marteau une statue de Jésus dans un village du sud du Liban est rapidement devenue virale le 20 avril. Bien que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait présenté ses excuses pour cet incident choquant et que l'armée israélienne ait remplacé la statue, cet épisode a suscité une difficile prise de conscience au sein de la société israélienne quant à la montée de l'intolérance religieuse dans un pays qui s'enorgueillit de ses valeurs démocratiques et juives.   

    Les détracteurs du gouvernement israélien de droite actuel accusent ses dirigeants d'alimenter l'extrémisme, notamment au sein de certaines communautés juives ultra-orthodoxes et ultranationalistes. Dans ces communautés repliées sur elles-mêmes, les écoles n'enseignent ni le pluralisme religieux, ni le respect mutuel, ni la coexistence.   

    Sur les 10,2 millions d'Israéliens, environ 185 000 sont chrétiens. La plupart vivent dans le nord du pays ou dans des villes multiconfessionnelles comme Jérusalem, Tel-Aviv-Jaffa et Ramla. On compte également 1,8 million de musulmans en Israël.    

    Bien que peu de juifs ultra-orthodoxes traditionnels servent dans l'armée israélienne, et que Tsahal tente d'éliminer les ultranationalistes religieux fervents lors du processus de sélection pour la conscription, deux ans et demi de guerre déclenchés par le massacre du Hamas du 7 octobre 2023 ont contraint l'armée à se démener pour trouver des soldats supplémentaires.       

    « Le soldat n’a pas brisé la statue de Jésus par accident, et son geste n’était pas isolé », a écrit Lazar Berman, correspondant diplomatique du Times of Israel , dans une tribune publiée par le journal. « Il a probablement appris, au cours de son éducation ou dans son milieu social, que les sanctuaires et les icônes chrétiennes ne doivent pas être respectés, voire qu’il faut les détruire. »  

    Bien que la « grande majorité » des Israéliens ne soutienne pas la persécution des minorités religieuses du pays, a déclaré Berman, « il y a suffisamment d'extrémistes et de fanatiques religieux dans le pays qui soutiennent de telles actions pour que le soldat dispose de nombreuses sources d'inspiration potentielles pour son crime. » 

    Tomer Persico, chercheur à l'Institut Shalom Hartman, reproche à Netanyahu d'avoir invité des extrémistes comme Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir à entrer dans son gouvernement, entré en fonction en janvier 2023.  

    La composition du gouvernement, qui comprend non seulement des partis politiques d'extrême droite mais aussi des partis juifs ultra-orthodoxes, « influence considérablement les relations entre Juifs et non-Juifs en Israël et même plus largement », a déclaré Persico au Register. « Lorsqu'une guerre éclate, on constate comment leur ferveur religieuse et messianique imprègne leurs déclarations. »  

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  • Le pape Léon XIV : le Saint-Siège n'approuve pas les bénédictions officielles des unions entre personnes de même sexe, mais « tous sont les bienvenus » dans l'Église

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    De Courtney Mares sur OSV News :

    Le pape Léon XIV : le Saint-Siège n'approuve pas les bénédictions officielles des unions entre personnes de même sexe, mais « tous sont les bienvenus » dans l'Église.

    23 avril 2026

    À BORD DE L'AVION PAPAL (OSV News) — Le pape Léon XIV a déclaré à bord de l'avion papal le 23 avril que le Saint-Siège n'approuve pas les bénédictions officielles des couples de même sexe, tout en soulignant que l'unité de l'Église « ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles » et que toutes les personnes sont les bienvenues dans l'Église catholique.

    Le pape a tenu ces propos lors d'une conférence de presse à bord de son vol retour de Malabo (Guinée équatoriale) à Rome, où l'avion papal a atterri après 19h15, heure locale. S'exprimant en anglais, en espagnol et en italien, le pape Léon XIV a répondu à cinq questions de journalistes, abordant des sujets aussi variés que le changement de régime en Iran et la dignité des migrants. Il a réaffirmé le droit des pays à faire respecter leurs lois frontalières, tout en soulignant que les migrants sont des êtres humains qui ne doivent pas être traités comme des animaux.

    La conférence de presse a conclu un voyage apostolique de 11 jours et 18 vols, soit plus de 11 000 miles à travers l'Algérie, le Cameroun, l'Angola et la Guinée équatoriale, de loin le plus long voyage de son pontificat.

    L'unité de l'Église « ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles ».

    Le pape Léon XIV a été interrogé sur la décision prise la veille par le cardinal allemand Reinhard Marx, archevêque de Munich et de Freising, d'autoriser la bénédiction des couples de même sexe dans son archidiocèse, et sur la manière dont le pape entendait préserver l'unité de l'Église universelle face à cette décision.

    « Avant toute chose, je pense qu’il est essentiel de comprendre que l’unité ou la division de l’Église ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles », a déclaré le pape Léon XIV. « On a tendance à croire que lorsque l’Église parle de morale, la seule question morale abordée est la sexualité. Or, je crois qu’en réalité, il existe des questions bien plus importantes et plus vastes, telles que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes, la liberté de religion, qui doivent toutes primer sur cette question particulière. »

    Le pape a déclaré que le Saint-Siège avait déjà communiqué sa position aux évêques allemands. 

    « Le Saint-Siège a clairement indiqué qu’il n’est pas d’accord avec la bénédiction formalisée des couples, en l’occurrence des couples homosexuels, comme vous le demandez, ou des couples en situation irrégulière », a-t-il déclaré.

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  • Léon XIV et Trump : carnet d’un conflit asymétrique

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    De  sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Léon et Trump : carnet d’un conflit asymétrique

    Le voyage de Léon XIV en Afrique — de l’Algérie au Cameroun, puis de l’Angola à la Guinée équatoriale — s’est transformé en une confrontation entre deux visions du monde radicalement opposées : celle du Pape et celle de la superpuissance américaine incarnée par Donald Trump.

    Le choix de Léon XIV d’amorcer son périple sur les terres de son maître à penser, saint Augustin d’Hippone, de doit rien au hasard. La vision géopolitique du Souverain Pontife s’inspire à ce point du De Civitate Dei qu'il a structuré l'intégralité de son discours au corps diplomatique, le 9 janvier dernier, autour du modèle des deux cités : « la cité de Dieu, éternelle, caractérisée par l’amour inconditionnel de Dieu (amor Dei) et du prochain, particulièrement des pauvres ; et la cité terrestre, […] centrée sur l’orgueil (amor sui), la soif de pouvoir et la gloire mondaine qui mènent à la destruction. »

    « Les chrétiens », a‑t-il affirmé, « sont appelés par Dieu à séjourner dans la cité terrestre, le cœur et l’esprit tournés vers la cité céleste, qui est leur véritable patrie. » Pour le Pape, ces deux cités engendrent deux types de paix : l’une, trouvant sa source dans le Christ, qui épouse la vérité et la justice et l’autre, purement humaine, qui débouche invariablement sur de nouvelles violences au nom de l’amour-propre.

    C’est sur base de cette différence que la prédication de Léon XIV a remis plusieurs fois en question le président des États-Unis, sans jamais le nommer, à travers des allusions évidentes.

    Cette attitude a eu le don d’irriter la Maison-Blanche qui avait déjà décelé dans le discours du pape Léon au corps diplomatique le prélude d’une charge critique contre Trump. Selon des révélations de Free Press publiées début avril, le cardinal Christophe Pierre, à l’époque nonce apostolique aux États-Unis, aurait été convoqué le 22 janvier au Pentagone par le sous-secrétaire à la Défense, Elbridge A. Colby, pour s'entendre signifier ce mécontentement.

    Si la Nonciature, l’ambassade américaine près le Saint-Siège et le directeur de la Salle de presse du Vatican, Matteo Bruni, ont démenti que cet entretien inhabituel ait eu pour motif un rappel à l’ordre, la réalité d’une tension profonde a été confirmée par la suite, notamment après le début de la guerre contre l’Iran.

    Le 29 mars, dans son homélie du dimanche des Rameaux, Léon XIV, citant Isaïe, a déclaré que notre Dieu est « un Dieu qui refuse la guerre, que personne ne peut invoquer pour justifier la guerre et qui n’écoute pas la prière de ceux qui font la guerre et qui la rejette en disant : ‘Même si vous multipliez les prières, je ne vous écouterai pas : ‘Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang’ (Isaïe 1, 15) ».

    Le 7 avril, à Castel Gandolfo, après que Donald Trump a menacé de détruire le peuple iranien et sa civilisation en une nuit, le Pape a confié aux journalistes, sans même attendre leurs questions, que « cela n'est vraiment pas acceptable », invitant « chacun à prier, mais également à voir comment communiquer avec les membres du Congrès, avec les autorités, pour dire que nous ne voulons pas la guerre, que nous voulons la paix ».

    Et le 11 avril à nouveau, à l’occasion de la veillée de prière pour la paix organisée à Saint-Pierre, le pape Léon a stigmatisé « ce délire d’omnipotence qui autour de nous se fait toujours plus imprévisible et agressif », arrivant à « traîner dans les discours de mort jusqu'au Nom saint de Dieu, le Dieu de la vie » et, pire, à « faire de soi-même et de son propre pouvoir l’idole muette, aveugle et sourde (cf. Psaume 115,4 – 8) devant laquelle sacrifier toutes les valeurs et prétendre que le monde entier plie le genou ».

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  • Léon XIV : la démocratie sans fondements mène à la tyrannie

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    De Diego Benedetto Panetta sur la NBQ :

    Léon XIV : la démocratie sans fondements mène à la tyrannie

    Dans son message à l’Académie pontificale des sciences sociales, le pape rappelle qu’en ignorant la loi morale naturelle, la démocratie peut dégénérer en tyrannie majoritaire ou servir de masque à la domination des élites . Ce risque est également manifeste sur le plan international.

    23/04/2026

    Loin d'être une simple procédure, la démocratie ne demeure saine que lorsqu'elle s'enracine dans la loi morale et une véritable conception de la personne humaine. Tels sont quelques-uns des mots que Léon XIV adressa  à l'Académie pontificale des sciences sociales, réunie en session plénière du 14 au 16 avril sur le thème : « Les usages du pouvoir : légitimité, démocratie et redéfinition de l' ordre international ».

    Lorsque le terme « légitimité » est associé à ceux de « démocratie » et d'« ordre international », la réaction de ceux qui en comprennent encore le sens est généralement l'étonnement, voire la dérision. L'image qui se forme dans l'esprit de la plupart des gens rappelle un célèbre tableau de Jean-Baptiste Isabey, représentant les ministres de divers royaumes européens (coiffés de perruques, conformément à la coutume de l'époque) débattant lors d'une session du Congrès de Vienne (1814-1815).

    Pourtant, au-delà des têtes couronnées à « restaurer », le principe de légitimité invoqué et habilement employé par le prince Klemens von Metternich visait à souligner un aspect fondamental d’une pertinence toujours actuelle : l’exercice du pouvoir doit d’abord être justifié, mais surtout, reposer sur une « véritable vision de la personne humaine », pour reprendre les termes du pape.

    « Pour les Pères de l’Église, […] la nature et la raison nous indiquent quels sont nos devoirs moraux », rappelait la Commission théologique internationale dans un document de 2009. « Dans sa quête du bien moral », lit-on, « la personne humaine s’écoute et prend conscience des inclinations fondamentales de sa nature, qui sont bien plus que de simples impulsions aveugles du désir. » Ces paroles méritent d’être réaffirmées sans cesse, particulièrement à notre époque post-1968, où l’on nous rappelle constamment la nécessité d’être « authentiques ». L’authenticité est en effet devenue synonyme d’action spontanée, sans trop d’inhibitions, sans trop de « pourquoi » qui compliquent et rigidifient la vie.

    À l’inverse, celui qui recherche le bien moral, « réalisant que les biens vers lesquels il tend naturellement sont nécessaires à son épanouissement moral, se formule, sous forme de commandements pratiques, le devoir moral de les mettre en œuvre dans sa propre vie. Il s’exprime un certain nombre de préceptes très généraux qu’il partage avec tous les êtres humains et qui constituent le contenu de ce qu’on appelle la loi naturelle » (n° 45).

    Cette redécouverte de la loi naturelle ne se limite pas à la sphère de la conscience individuelle, mais se projette directement dans l'espace public. C'est précisément à cette intersection entre morale et politique que trouve sa place dans l'intervention du Saint-Père. Le message que le Pontife a adressé à l'Académie pontificale des sciences sociales porte sur l'exercice du pouvoir et, en particulier, sur l'état de la démocratie à notre époque. Benoît XVI s'était déjà exprimé sur les limites de la démocratie moderne, perçue comme un simple rempart procédural et légaliste contre les atteintes à la loi . Comme l'a observé le pape Ratzinger , « il est évident que, sur les questions fondamentales de droit, où la dignité humaine est en jeu, le principe majoritaire ne suffit pas ».

    C'est dans cette perspective que se situe Léon XIV, ayant manifestement une compréhension claire de la distinction entre la démocratie classique, comprise comme une « forme de gouvernement », et la démocratie moderne, comprise comme le « fondement du gouvernement ». Contrairement à la première, la seconde, bien qu'elle garantisse la participation aux décisions politiques ainsi que la capacité d'élire et de contrôler les gouvernements, ignore la loi de vérité – c'est-à-dire ce qui est véritablement juste et peut devenir loi – s'exposant ainsi au risque de « devenir soit une tyrannie majoritaire, soit un masque pour la domination des élites économiques et technologiques  », comme l'affirme Léon XIV.

    Ce risque menace non seulement la démocratie, mais aussi l'ordre international. La situation actuelle révèle l'échec du simple « équilibre des puissances », qui nous a fait croire à la possibilité de trouver un terrain d'entente entre les nations. Un équilibre qui se croit capable de se passer d'un fondement objectif, apte à dialoguer avec les personnes de toutes cultures et de toutes religions, est voué à l'échec dès le départ. L'invitation que le Pape a adressée à la délégation de responsables politiques français en août 2025 incite à proposer avec une vigueur renouvelée le droit naturel comme voie de dialogue et de salut. « Il ne faut donc pas craindre de le proposer et de le défendre avec conviction », a déclaré le Pontife à cette occasion. « C’est une doctrine du salut qui vise le bien de tout être humain, l’édification de sociétés pacifiques, harmonieuses, prospères et réconciliées. »

    Depuis lors, le Saint-Père n’a cessé d’étonner, comme lorsqu’à la fin du mois de mars, lors de sa visite en Principauté de Monaco, il a admiré la « souveraineté de Jésus » qui règne dans la cité-État monégasque (du moins sur le plan institutionnel), invitant à une compréhension plus profonde de la doctrine sociale de l’Église et, surtout, à en faire un engagement concret au quotidien.

    Foi, doctrine sociale de l’Église, droit naturel, ce sont là les moyens essentiels pour garantir que la paix, une paix authentique, s'installe et devienne de plus en plus visible : « La paix ne peut se réduire à un slogan », observait Léon XIV lors de sa visite au Cameroun, « elle doit s'incarner dans un style personnel et institutionnel qui rejette toute forme de violence. [...] La paix, en effet, ne se décrète pas : elle s'accueille et se vit. C'est un don de Dieu, qui se développe par un travail patient et collectif. C'est la responsabilité de tous, et avant tout des autorités civiles. »

  • Les pro-vie remportent une nouvelle victoire à la conférence de l'ONU

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    De sur C-Fam :

    Les pro-vie remportent une nouvelle victoire à la conférence de l'ONU

    NATIONS UNIES, 17 avril (C-Fam) Les militants pro-vie ont remporté une nouvelle victoire aux Nations Unies cette semaine, le président de la Commission de la population et du développement ayant refusé de soumettre un document à l'approbation. Il s'est opposé aux efforts européens visant à imprégner le document d'idéologies pro-avortement et de genre.

    L’ambassadeur Zéphyrin Maniratanga du Burundi n’a pas présenté d’accord final pour adoption car le projet d’accord négocié ces dernières semaines n’a pas pu être adopté à l’unanimité.

    Les gouvernements européens et d'autres gouvernements progressistes ont contesté la version finale de l'accord car elle ne comportait pas suffisamment de liens entre la santé sexuelle et reproductive, le genre, la censure et les droits de l'homme.

    Maniratanga a choisi de retirer l'accord plutôt que de céder aux progressistes ou de proposer un accord qu'ils auraient rejeté. Cette décision s'inscrit dans la pratique des conférences et réunions des Nations Unies, qui exige l'adoption par consensus, c'est-à-dire sans qu'aucune délégation onusienne ne s'y oppose.

    La décision de Maniratanga constituait un désaveu discret mais cinglant des gouvernements européens et progressistes qui, le mois dernier encore, avaient imposé un vote sur l'accord à la Commission de la condition de la femme, au lieu d'un vote définissant ce qu'est une femme. C'était la première fois dans l'histoire de cette commission qu'un vote était nécessaire. Les Européens et leurs alliés semblaient prêts à en convoquer un autre cette semaine.

    Le Saint-Siège a remercié l’Ambassadeur Maniratanga d’avoir préservé la pratique de l’adoption consensuelle et a déploré qu’une attention excessive portée à la santé sexuelle et reproductive ait fait dérailler les négociations. Le Saint-Siège a souligné que le discours sur la santé sexuelle et reproductive et les droits reproductifs avait toujours été controversé et qu’il était injuste de ne pas se concentrer sur un programme de santé plus large.

    La Gambie, l'Égypte, la Malaisie, le Nigeria et les États-Unis ont également félicité Maniratanga et exprimé des préoccupations similaires.

    Les Européens et leurs alliés ont juré de continuer à promouvoir l'avortement, l'idéologie du genre, la DEI et la censure par le biais des agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales qui mettent en œuvre la politique de l'ONU en matière de santé sexuelle et reproductive et de genre.

    Un représentant de Chypre, s'exprimant au nom de tous les États membres de l'UE, a déclaré que son pays était particulièrement déçu de ne pas avoir pu réaffirmer son engagement en faveur des « droits des femmes et des filles, de la santé sexuelle et reproductive et des droits en matière de reproduction ». Concernant la censure, l'UE a souligné que « pour que la technologie profite à tous, elle doit être conforme aux droits humains et respecter les principes de non-discrimination et d'égalité des genres ».

    La Commission de la population et du développement, qui se réunit chaque année pendant une semaine en avril, est le théâtre de débats permanents sur l'avortement, l'idéologie du genre, le contrôle des naissances et d'autres politiques sociales controversées. Elle n'est pas parvenue à un accord lors de sept des dix dernières sessions.

    La pratique consistant à adopter des accords à l'unanimité au sein de la Commission et des autres conférences de l'ONU constitue depuis des décennies un obstacle majeur pour les gouvernements progressistes. Elle a systématiquement empêché l'intégration de questions controversées aux accords onusiens, notamment la reconnaissance explicite de l'avortement, l'idéologie du genre et l'« éducation sexuelle complète ». Or, ces sujets figurent parmi les priorités de la politique étrangère de l'UE.

    Ces dernières années, l'UE et les gouvernements progressistes ont exercé une pression croissante sur la Commission pour qu'elle abandonne l'unanimité et adopte les résolutions par vote. Cela leur permettrait de faire pression sur les pays en développement et de remporter des votes serrés sur des politiques sociales controversées.

  • 40 000 participants à la Marche pour la Vie de Varsovie mais 700 à Bruxelles... Qu'est-ce à dire ?

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    De Petra Lorleberg sur kath.net/news :

    Marche pour la vie/Varsovie : environ 40 000 participants !

    22 avril 2026

    En Pologne, la Conférence des évêques catholiques a de nouveau parrainé la « Marche pour la vie » à Varsovie. Et ici ? – « Le chrétien de demain sera pro-vie, ou il cessera d’exister » – Commentaire de Petra Lorleberg

    Varsovie (kath.net/pl) La question « pro-vie » est-elle réellement si urgente pour les citoyens polonais, ou est-ce simplement dû au fait que la Conférence des évêques catholiques (KEP) a une fois de plus parrainé la « Marche pour la vie » à Varsovie ? Quoi qu'il en soit, la Marche pour la vie du 19 avril 2026 a rassemblé environ 40 000 personnes dans la capitale polonaise, Varsovie, se classant une fois de plus parmi les plus grands rassemblements pro-vie d'Europe. Plusieurs milliers de personnes ont également participé à la marche de Szczecin. D'autres Marches pour la vie ont lieu chaque année à différentes dates dans toute la Pologne. La voix du mouvement pro-vie est forte et claire en Pologne.

    Il est important de faire une distinction claire : en Pologne, comme dans d’autres pays, la Marche pour la Vie n’est pas un événement catholique interne, mais un mouvement politique. Les personnes de toutes confessions, croyances et opinions, polonaises et étrangères – en d’autres termes, « toutes les personnes de bonne volonté » – sont invitées à y participer. Chaque Marche pour la Vie, partout dans le monde, porte sur la législation d’un pays concernant les enfants à naître, la famille et le droit à la vie pour tous, y compris les groupes vulnérables tels que les personnes atteintes de troubles mentaux ou physiques et les personnes âgées en pleine force de l’âge. Il s’agit de savoir si une société souhaite tolérer que d’autres membres tuent volontairement l’un de ses membres. C’est pourquoi la participation du président polonais, Karol Nawrocki, en tant qu’orateur, était tout à fait logique. Il a notamment souligné que cet événement était une réponse au faible taux de natalité en Pologne. « Des milliers de personnes, au cœur de Varsovie, démontrent l’importance que la vie et la famille revêtent pour la Pologne. C’est pourquoi le président polonais ne pouvait pas être absent aujourd’hui. Je remercie les organisateurs et les merveilleuses familles polonaises », a-t-il déclaré dans son discours.

    L'Église catholique polonaise défend avec conviction et fermeté la vie, accomplissant ainsi une mission chrétienne fondamentale. C'est pourquoi la Conférence des évêques catholiques de Pologne (CECP) a renouvelé cette année son patronage de la Marche pour la vie à Varsovie. L'archevêque Tadeusz Wojda (Gdańsk), président de la CECP, en a été le parrain d'honneur et a adressé une invitation personnelle par vidéo. D'autres évêques ont également réalisé des vidéos d'invitation et des messages de bienvenue. Deux messes pro-vie ont été célébrées par des évêques auxiliaires afin de permettre aux nombreux catholiques présents d'y assister. Dans son homélie, l'évêque auxiliaire Piotr Jarecki (archidiocèse de Varsovie) a souligné : « Le caractère sacré de la vie, de la conception à la mort naturelle, est la valeur première et inaliénable. » Après la messe, il a invité les participants à envisager l'adoption spirituelle d'un enfant à naître. 

    La Marche pour la vie à Varsovie est depuis des années l'un des plus importants rassemblements pro-vie en Europe. Bien que – et de manière largement admise au niveau international – les chiffres varient considérablement selon la position de l'auteur sur la question pro-vie, on peut citer les suivants :

    • 40 000 participants à la Marche pour la Vie à Varsovie (patron d'honneur : Conférence des évêques polonais) plus d'autres marches Pro-Vie très suivies à travers la Pologne (certaines en même temps) dans une population totale de 36,5 millions d'habitants.
    • Slovaquie : la Marche pour la vie de Bratislava (patron d’honneur : Conférence des évêques slovaques) attire également environ 50 000 participants chaque année – un chiffre particulièrement impressionnant si l’on considère que la petite Slovaquie ne compte qu’environ 5,5 millions d’habitants.
    • France : La Marche pour la Vie à Paris, qui rassemble chaque année environ 50 000 participants, est l'une des plus grandes marches d'Europe.
    • Grande-Bretagne : La Marche pour la vie à Londres compte environ 10 000 participants.
    • La Marche pour la vie à Berlin et simultanément à Cologne, qui rassemblera environ 7 000 personnes en 2025, est significative par rapport aux marches de moindre envergure. 
    • République tchèque : Marche pour la vie de Prague (Patron d'honneur : Conférence des évêques tchèques) avec un peu moins de 5 000 participants
    • Autriche : En 2025, environ 3 000 personnes ont participé à la Marche pour la vie à Vienne.
    • Suisse : La Marche pour la Vie de Zurich 2025 a attiré environ 2 000 militants pro-vie.
    • Belgique : Environ 700 participants se sont rassemblés à Bruxelles pour la Marche pour la Vie.

    Cela soulève une question : pourquoi la participation à la Marche pour la Vie stagne-t-elle autant en Allemagne, en Autriche, en Suisse et dans d'autres pays européens ? On ne peut pas l'attribuer uniquement aux articles souvent virulents contre le droit à la vie publiés dans la presse grand public de ces pays, car le mouvement pro-vie est confronté au même problème, même dans les pays où la participation est en plein essor. Certains observateurs se demandent si des évêques et autres responsables catholiques éprouvent une gêne à être associés positivement au mouvement pro-vie. Se pourrait-il que la question du droit fondamental à la vie soit également occultée dans les sermons ? Combien de sermons pro-vie avez-vous entendus à la messe ces dix dernières années ?

    N'oublions pas : tous les papes depuis le concile Vatican II ont été explicitement pro-vie (et l'étaient également les papes antérieurs à Vatican II). Pourtant, l'Église catholique en Allemagne, en Autriche et en Suisse cède régulièrement aux tendances contemporaines qui promeuvent une « culture de mort » sous couvert d'« autodétermination », ignorant totalement l'« autodétermination » de l'enfant concerné, par exemple. Plusieurs papes ont explicitement soutenu la Marche pour la vie à Berlin par des messages de soutien, et la nonciature apostolique à Berlin a également exprimé son soutien.

    Le nouvel évêque de la Conférence épiscopale allemande (DBK), Mgr Heiner Wilmer, n'a pas adressé de message à la Marche pour la Vie de Munich. Le service de presse de la DBK a justifié cette absence en affirmant que la marche munichoise n'était qu'un événement régional (il est vrai que l'on a déjà entendu des excuses plus convaincantes. Après tout, le commandement chrétien de charité, qui est au cœur de notre engagement auprès des plus vulnérables, n'a jamais une portée uniquement régionale). Quoi qu'il en soit, la Marche pour la Vie 2026, qui aura lieu à Berlin et à Cologne, est bien plus qu'un simple événement régional. J'espère sans doute, en vain, que la Conférence épiscopale allemande sera la marraine de la prochaine Marche pour la Vie. Mais même de petits gestes seraient significatifs : il reste à voir si Mgr Wilmer adressera un message pour le 19 septembre. Ou mieux encore, s'il participera personnellement, comme le fait admirablement Mgr Rudolf Voderholzer, évêque de Ratisbonne. D'autres évêques sont également associés à la Marche pour la Vie, tels que Mgr Stefan Oster (Passau) et les évêques auxiliaires Florian Wörner (Augsbourg) et Thomas Maria Renz (Rottenburg-Stuttgart). Si Mgr Wilmer souhaite intervenir par une allocution ou célébrer une messe pro-vie (ou une liturgie de la Parole), il trouvera certainement un écho favorable auprès des organisateurs ! Ou bien les hauts dignitaires évêques allemands s'excuseront-ils une fois de plus en invoquant un emploi du temps surchargé (bien que des excuses plus convaincantes aient certainement été entendues) ?

    Fondamentalement, il doit être clair pour tous les catholiques (clergé et laïcs), ainsi que pour tous les chrétiens d'autres confessions (pour paraphraser une célèbre citation du théologien Karl Rahner) : « Le chrétien de demain sera pro-vie – ou il cessera d'exister. »

    L'autrice, Dipl.-Theol. Petra Lorleberg est CvD sur kath.net et est membre du conseil exécutif fédéral de l'organisation de défense des droits de l'homme de la CDU « Démocrates chrétiens pour la vie » (CDL).

  • La statue de Jésus détruite par des soldats israéliens n'est que la partie émergée de l'iceberg

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    De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    La statue de Jésus détruite par les soldats israéliens n'est que la partie émergée de l'iceberg.

    Trente jours de prison militaire pour le soldat qui a détruit la statue de Jésus au Sud-Liban, et la même peine pour celui qui l'a photographiée. L'armée israélienne et le gouvernement de Netanyahou estiment que l'affaire est close, mais cet incident révèle un problème bien plus vaste : les attaques contre les chrétiens.

    22/04/2026

    Trente jours de prison militaire et suspension du service actif : telle est la sanction infligée par les Forces de défense israéliennes (FDI) aux deux soldats figurant sur la photo devenue virale le 19 avril : celui qui a brisé une statue du Christ en croix à coups de marteau et son camarade qui l’a photographié ( nous avons choisi de ne pas publier la photo ). Cet acte choquant s’est produit dans le village chrétien de Debel, au sud du Liban, et a suscité une vague d’indignation internationale ainsi qu’un profond embarras pour le commandement des FDI et pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s’est dit « choqué et attristé » par l’incident.

    Afin de redorer son image gravement ternie par l'incident, l'armée israélienne a annoncé avoir remplacé la statue détruite par une nouvelle. Dans un communiqué publié hier, elle a également déclaré que « le comportement des soldats était totalement contraire aux ordres et aux valeurs de l'armée », et annoncé que six autres soldats présents sur les lieux seraient sanctionnés ultérieurement pour non-intervention.

    Bien que les responsables de l'armée aient exprimé leurs « profonds regrets » concernant l'incident et réaffirmé que les opérations au Liban visent exclusivement les terroristes du Hezbollah et non les civils, de nombreux éléments contredisent ces déclarations. Ils laissent plutôt penser que les sanctions rapides infligées aux responsables étaient motivées moins par la profanation elle-même que par sa divulgation publique. Ce cas n'est pas un événement isolé. Il suffit de rappeler l'assassinat, il y a à peine un mois, du père Pierre al-Rahi , curé du village de Qlayaa, abattu délibérément par des soldats israéliens alors qu'il se rendait auprès des victimes d'une précédente attaque israélienne.

    Mais l'incident du crucifix détruit n'est pas un cas isolé : d'autres incidents similaires ont déjà eu lieu dans la région, d'après ce qu'a déclaré à la BBC le père Fadi Flaifel, curé de Debel . Par ailleurs, le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, dans une déclaration ferme qualifiant l'acte commis à Debel de « grave affront à la foi chrétienne », a affirmé qu'il « s'ajoute à d'autres cas de profanation de symboles chrétiens par des soldats de Tsahal au Sud-Liban ».

    La dynamique de la profanation le confirme également : il ne s’agissait pas de l’acte d’un seul soldat, mais d’un groupe de soldats qui ont agi avec une telle assurance qu’ils se croyaient impunis, allant jusqu’à immortaliser la scène par des photographies. La déclaration du cardinal Pizzaballa, publiée à l’issue de l’assemblée des ordinaires catholiques de Terre Sainte, poursuit : ce qui s’est passé « révèle une lacune inquiétante dans la formation morale et humaine, où même le respect le plus élémentaire du sacré et de la dignité d’autrui a été gravement compromis ». Par conséquent, « des mesures disciplinaires immédiates et fermes, une procédure de responsabilisation crédible et des garanties claires que de tels agissements ne seront ni tolérés ni reproduits » sont impératives. 

    La sanction annoncée hier soir est-elle une réponse satisfaisante à cette demande ? Pas vraiment, si on la compare aux autres sanctions infligées récemment par Tsahal à ses soldats : la semaine dernière encore, trois soldates ont été traduites en cour martiale et ont vu leur solde réduite d’un tiers pour s’être présentées à la base militaire le jour de leur libération vêtues de vêtements jugés trop révélateurs ; et quatre soldats des forces frontalières ont été condamnés à 15 jours de prison militaire pour « offense à la religion et au judaïsme » pour avoir préparé un barbecue, certes dans une zone interdite, pendant Shabbat. On a plutôt l’impression d’une hypersensibilité aux règles religieuses juives et d’une moindre considération pour les adeptes des autres religions.

    D'un autre côté, le Premier ministre Netanyahu ne peut se soustraire à sa responsabilité dans la situation actuelle. Bien qu'il continue de se vanter qu'Israël est le seul pays de la région à garantir la liberté religieuse aux chrétiens, il est un fait que, depuis longtemps – comme nous l'avons maintes fois documenté dans Compass – les attaques contre les chrétiens en Israël sont en augmentation, sans parler des attaques perpétrées contre les villages chrétiens de Cisjordanie par des colons, souvent sous l'œil vigilant et avec la complicité de Tsahal. Comment oublier également l'attaque de juillet dernier contre la paroisse catholique de Gaza, qui a fait trois morts et blessé le curé, le père Gabriel Romanelli ? Et le récent incident diplomatique survenu le dimanche des Rameaux, lorsque le cardinal Pizzaballa a été arrêté et refoulé par l'armée alors qu'il se rendait au Saint-Sépulcre ?

    Jusqu'à présent, le Premier ministre israélien, bien qu'il ait exprimé ses regrets concernant ces incidents, promis des enquêtes et tenté de trouver des solutions improvisées, a montré qu'il laissait une grande latitude aux franges les plus extrémistes de son gouvernement et de la population, avec une tendance à la radicalisation qui s'est considérablement accrue depuis le 7 octobre 2023. À tel point que le Times of Israel a écrit qu'« Israël s'éloigne de la tolérance et des valeurs démocratiques pour se tourner vers l'extrémisme religieux et politique ».

    L'incident où un soldat a martelé la statue de Jésus est donc un événement grave, loin d'être inattendu et qui s'inscrit dans un contexte qui le justifie. Il faudra bien plus que des sanctions disciplinaires à l'encontre des soldats responsables – comme s'il s'agissait d'un incident isolé dû à quelques brebis galeuses – pour remédier à la situation.

  • Les catholiques conservateurs européens ne peuvent tolérer les attaques de Trump contre le pape

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    De Rafael Pinto Borges sur The European Conservative :

    Les catholiques conservateurs européens ne peuvent tolérer les attaques de Trump contre le pape.

    Dans le bras de fer entre la Maison Blanche et le Vatican, il est déjà clair que la grande majorité des catholiques préféreront se ranger du côté de leur pape plutôt que du président des États-Unis.

    Le Saint-Siège est habitué aux querelles avec les princes laïques. La plus célèbre d'entre elles fut sans doute le conflit acharné qui opposa la papauté médiévale et l'empereur du Saint-Empire romain germanique pour la primauté de l'un sur l'autre. La dispute actuelle entre le pape Léon XIV et le président américain Donald Trump, figure qui se rapproche le plus d'un empereur séculier dans l'Occident moderne, rappelle étrangement ces controverses antiques. À l'instar de la lutte entre les Guelfes (pro-pape) et les Gibelins (pro-empereur), l'Occident est, une fois de plus, divisé.

    À l'instar de ses prédécesseurs, Léon XIV a adopté une position de principe et inflexible contre la guerre. Le pape saint Jean-Paul II avait rejeté les tentatives du président George W. Bush de lui faire approuver l'invasion de l'Irak ; son célèbre discours « Non à la guerre ! » devant le corps diplomatique a marqué l'apogée des efforts du Vatican pour empêcher le désastre qui s'ensuivit. Benoît XVI, citant Benoît XV, avait qualifié la guerre de « massacre inutile » et d'« échec de l'humanité ». Le pape François a déclaré : « Plus jamais la guerre ! Avec la guerre, tout est perdu ! La guerre est toujours une défaite ! » 

    Le Catéchisme de l'Église catholique affirme que « tous les citoyens et tous les gouvernements sont tenus d'œuvrer pour éviter la guerre » (CEC 2308) ; il soutient que la guerre n'est un instrument acceptable pour les États qu'en cas de légitime défense ; et il impose des limites strictes à l'usage des armes, même lorsque la guerre, de par sa nature défensive, est jugée juste . Selon la doctrine catholique, pour qu'une guerre soit juste , le dommage infligé par l'agresseur doit être « durable, grave et certain » ; « tous les autres moyens d'y mettre fin doivent s'être révélés impraticables ou inefficaces » ; « il doit exister de sérieuses perspectives de succès » ; et « l'usage des armes ne doit pas produire de maux et de désordres plus graves que le mal à éliminer » (CEC 2309). Quelles que soient les opinions personnelles que l'on puisse avoir sur les événements qui se sont récemment déroulés au Moyen-Orient, il serait difficile de soutenir que ces conditions ont été remplies de manière convaincante.

    Le conflit entre l'Église et Trump s'est intensifié suite aux déclarations répétées du secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, qui affirmait que la guerre au Moyen-Orient bénéficiait d'une autorisation divine. Le 25 mars, lors d'un office religieux au Pentagone, Hegseth a prié pour « une action d'une violence irrésistible contre ceux qui ne méritent aucune pitié » et pour que « chaque balle atteigne sa cible contre les ennemis de la justice ». Le 31 mars, cependant, le pape a exhorté le président Trump à « trouver une issue » et à mettre fin à la guerre. Le 10 avril, Léon XIV i a ajouté que « Dieu ne bénit aucun conflit ». Le 12 avril, Trump a répliqué par une image grotesque et profondément insultante, générée par une intelligence artificielle, dans laquelle il se représentait en Christ. Le lundi 13, Trump a également affirmé de manière absurde que le pontife romain était « laxiste face à la criminalité » et « catastrophique en matière de politique étrangère ». On ignore toujours pourquoi le président des États-Unis parle de l'évêque de Rome et vicaire du Christ comme s'il s'agissait d'un gouverneur démocrate.

    Indépendamment de leurs convictions politiques, les catholiques romains sont tenus de témoigner respect, obéissance et révérence à leur pape. Il n'est donc pas surprenant que tant de commentateurs catholiques américains aient dénoncé les propos du président . De même, il n'est pas étonnant qu'une grande partie de la droite européenne, longtemps alliée à Trump, se retourne désormais ouvertement contre lui. 

    Il n'existe pas d'exemple plus frappant de cette dynamique que le fossé grandissant entre la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président américain. À l'instar de l' immense majorité de ses compatriotes , Mme Meloni a critiqué la guerre au Moyen-Orient. Le 31 mars, Rome a interdit à l'armée de l'air américaine d'utiliser une base aérienne en Sicile pour soutenir l'effort de guerre. Et, face aux diatribes incohérentes de Trump contre le Saint-Père, elle a elle aussi défendu l'honneur du pape, qualifiant les attaques de Trump contre Léon XIV d'« inacceptables ». Trump n'a pas tardé à manifester sa fureur contre Mme Meloni, le président américain accusant la dirigeante italienne de manquer de courage et menaçant son pays de représailles.

    D'autres figures de la droite populiste européenne ont depuis exprimé leur solidarité avec Meloni : son partenaire de coalition et allié de Trump, Matteo Salvini, a déclaré : « S'attaquer au pape n'est ni utile ni intelligent. » Et, en Espagne, les nationalistes pro-Trump de VOX ont convenu que les positions du président américain sont « difficiles à comprendre ».

    Comme c'est le cas pour la plupart des catholiques américains , la majorité de leurs coreligionnaires européens ont été tout aussi surpris, voire déçus, par le regrettable manquement du vice-président catholique J.D. Vance à défendre l'honneur du pape. Comme l'explique saint Thomas d'Aquin dans son ouvrage De Regno , les lourdes responsabilités du pouvoir politique n'exemptent pas les catholiques de leurs devoirs de chrétiens ; pour eux, Dieu est la finalité ultime de l'action politique. Les catholiques ont un devoir de loyauté envers leur pape : si Vance est certainement en droit de ne pas être d'accord avec Léon XIV sur les questions temporelles lorsqu'elles ne contreviennent pas explicitement à la doctrine catholique, il est inadmissible que le vice-président ne condamne pas les insultes proférées par son supérieur à l'encontre de l'évêque de Rome. L'affirmation de Vance selon laquelle Léon XIV devrait être « plus prudent » dans les débats théologiques ou que le vicaire du Christ devrait être instruit sur la théorie de la guerre juste par le vice-président des États-Unis est, hélas, honteuse et indéfendable. 

    Alors que le président américain a accusé le pape d'être « désastreux en matière de politique étrangère », ce sont les faux pas de Trump dans la gestion de l'Europe, de la crise du Groenland à cette dernière controverse, qui l'éloignent de nombreux alliés de longue date. Dans le bras de fer entre la Maison-Blanche et le Vatican, il est déjà clair que la grande majorité des catholiques préféreront se ranger du côté de leur pape plutôt que de celui du président des États-Unis. Le parti guelfe de la droite catholique l'emportera. Si Donald Trump souhaite enrayer l'érosion de son influence – et, par conséquent, de celle des États-Unis – auprès des catholiques européens, il serait bien avisé de changer de cap. S'il ne le fait pas, les conséquences ne seront probablement pas seulement culturelles, mais aussi géopolitiques. 

    Rafael Pinto Borges est le fondateur et président de Nova Portugalidade, un think tank conservateur et patriotique basé à Lisbonne. Politologue et historien, il a collaboré à de nombreuses publications nationales et internationales. Vous pouvez le retrouver sur X sous le pseudo @rpintoborges.
  • Le pape Léon XIV en Afrique : 7 choses à savoir sur l’Église catholique en Angola

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    D'EWTN News :

    Le pape Léon XIV en Afrique : 7 choses à savoir sur l’Église catholique en Angola

    Le pape Léon XIV se rendra en Angola du 18 au 21 avril dans le cadre d'une tournée africaine de 11 jours et fera notamment étape à Luanda, Muxima et Saurimo.

    Le pape Léon XIV en Afrique : 7 choses à savoir sur l’Église catholique en Angola

    Le pape Léon XIV est arriveé en Angola le 18 avril 2026, troisième étape de son premier voyage pastoral sur le continent africain en tant que pontife. | Crédit photo : Vatican Media/Archidiocèse catholique de Luanda
     

    18 avril 2026

    Après ses visites apostoliques en Algérie et au Cameroun, le pape Léon XIV se rend maintenant en Angola, où l'Église catholique est une institution religieuse historiquement enracinée et socialement influente qui reste centrale dans la vie spirituelle, culturelle et publique du pays.

    Voici sept points essentiels à savoir sur l'Église catholique en Angola :

    1. L'Église est ici historiquement enracinée et représente une présence majoritaire.

    L'Église catholique est la plus grande institution religieuse d'Angola, et on estime qu'entre 40 % et 55 % de la population se déclare catholique. 

    La présence de l'Église catholique en Angola remonte à la fin du XVe siècle, lorsque des explorateurs et des missionnaires portugais arrivèrent le long des côtes angolaises, faisant du catholicisme l'une des premières traditions religieuses organisées du pays.

    Au fil des siècles, à travers la domination coloniale, la lutte pour l'indépendance et une longue guerre civile qui s'est achevée en 2002 , l'Église est restée profondément ancrée dans la société angolaise. Cette longue histoire a façonné non seulement la pratique religieuse, mais aussi l'éducation, la langue, la culture et l'identité nationale, conférant à l'Église catholique une crédibilité dont peu d'institutions bénéficient.

    2. Les chefs religieux s'adressent régulièrement à la conscience de la nation.

    Dans l'Angola d'après-guerre, l'Église catholique s'est imposée comme une voix morale et sociale de premier plan, abordant fréquemment les questions de réconciliation, de justice, de gouvernance et de guérison nationale.

    En novembre dernier, le secrétaire exécutif de la  Commission catholique pour la justice et la paix de la  Conférence des évêques catholiques d'Angola et de São Tomé  (CEAST) a décrit le Congrès national de réconciliation de 2025 comme un « moment historique d'espoir et d'engagement renouvelé » pour les Angolais qui luttent encore contre les cicatrices du conflit alors qu'ils travaillent à la paix et à l'unité nationale.

    ACI Africa, service frère d'EWTN News en Afrique, a rapporté que le père Celestino Epalanga , membre angolais de la  Compagnie de Jésus  (Jésuites), a exprimé sa gratitude aux autorités civiles et religieuses qui ont soutenu le Congrès, en particulier CEAST et tous les diocèses d'Angola, notant que la réunion a rassemblé des représentants de partis politiques, d'associations professionnelles, d'institutions universitaires et de communautés religieuses.

    Cet engagement témoigne de la conception plus large que l'Église catholique a d'elle-même en tant que compagne du peuple angolais – non seulement un guide spirituel, mais aussi une gardienne de la dignité humaine et de la cohésion sociale.

    3. L'Église en Angola possède une présence institutionnelle à l'échelle nationale.

    L'influence de l'Église catholique en Angola est renforcée par une présence institutionnelle solide qui s'étend sur l'ensemble du territoire. Organisée en diocèses et archidiocèses couvrant toutes les régions, l'Église catholique en Angola gère des milliers de paroisses et de lieux de culte annexes.

    Au-delà de la pastorale, l'Église catholique joue également un rôle majeur dans l'éducation et les soins de santé, en gérant des écoles primaires et secondaires, des instituts de formation professionnelle, des hôpitaux et des cliniques.

    Parmi les institutions phares de l'Église en Angola figure l' Université catholique d'Angola , qui contribue à la formation intellectuelle et au débat public.

    L’action de l’Église catholique en Angola s’appuie sur un cadre juridique formel régissant les relations entre l’État angolais et le Saint-Siège. L’  Accord-cadre , signé le 13 septembre 2019, engage les deux parties à coopérer pour le bien-être spirituel et matériel de tous, dans le respect de la dignité et des droits de la personne humaine.

    Aux termes de cet accord, l'État angolais reconnaît la personnalité juridique de l'Église catholique et sa propriété des biens de l'Église, ce qui fournit une base juridique stable aux activités pastorales, éducatives, sanitaires et sociales de l'Église à l'échelle nationale.

    La force de cette collaboration entre l’Église et l’État a été mise en évidence en mars 2024 lorsque l’archevêque  Giovanni Gaspari , alors nonce apostolique en Angola et à São Tomé-et-Príncipe, a qualifié le partenariat de « merveilleux ».

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  • La 6e Marche pour la vie de Munich envoie un message fort en faveur du droit à la vie.

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    De kath.net/news :

    La 6e Marche pour la vie de Munich envoie un message fort en faveur du droit à la vie.

    20 avril 2026

    7000 participants ont manifesté dans les rues de Munich pour la protection de la vie de la conception à sa fin naturelle. À la fin de la manifestation, l'évêque auxiliaire Dr. Josef Graf de Ratisbonne a donné sa bénédiction épiscopale aux participants.

    Munich (kath.net/Marche pour la Vie de Munich) Jamais auparavant la Marche pour la Vie de Munich n'avait rassemblé autant de participants que cette année : près de 7 000 personnes ont manifesté pacifiquement et avec force leur soutien à la protection et à la dignité de toute vie humaine lors de la 6e Marche munichoise, le samedi 18 avril 2026.

    L'association organisatrice, La Voix du Silence, voit dans cette forte mobilisation une réaction aux revendications de plus en plus pressantes des partisans de l'avortement et de l'euthanasie. Parmi ces revendications figurent notamment les efforts politiques visant à légaliser davantage l'avortement ou à rendre obligatoire sa pratique dans les cliniques. Face à cette situation, les organisateurs ont souligné l'actualité politique de leur cause : la protection de la vie prénatale en Allemagne est plus menacée que jamais. Il est donc d'autant plus important que les défenseurs du droit à la vie prennent position clairement en faveur de la dignité inconditionnelle de la vie humaine.

    Silja Fichtner, présidente de l'association « La Voix des Silencieux », a expliqué : « Nous sommes plus forts que les partisans de l'avortement. Nous défendons la protection inconditionnelle de la vie, de la conception à sa fin naturelle. Avant tout, nous sommes solidaires des femmes enceintes et des familles dans le besoin. »

    La cérémonie d'ouverture s'est déroulée dans une atmosphère positive et porteuse d'espoir, et a été marquée par des messages clairs et percutants. En préambule, les salutations de personnalités catholiques ont été lues. L'archevêque Nikola Eterović a remercié les participants, au nom du pape Léon XIV, d'avoir donné la parole aux sans-voix, et plus particulièrement aux personnes en fin de vie et à l'enfant à naître. Dans un message vidéo poignant, l'évêque Robert Barron, au nom des évêques américains, a encouragé les participants à maintenir leur engagement indéfectible en faveur de la protection de la vie. L'évêque orthodoxe Hiob Bandmann a également remercié personnellement les participants pour leur dévouement. Le cardinal Rainer Maria Woelki et l'évêque Stefan Oster ont également adressé leurs salutations, chaleureusement accueillies par les organisateurs et les participants. 

    Les orateurs principaux ont prononcé des discours percutants et passionnés : le publiciste catholique Mathias von Gersdorff et le chercheur nigérian en sciences biomédicales Obianuju Ekeocha ont plaidé avec ferveur pour une culture de vie et de solidarité afin de soutenir les femmes et les familles confrontées à des situations difficiles. Dans une allocution vibrante, Ekeocha a motivé les participants et expliqué comment les États occidentaux exercent des pressions sur les gouvernements africains pour libéraliser l’avortement, tandis que de nombreux pays africains s’y opposent délibérément.

    Lors de l'événement, les participants ont pu s'informer sur le travail de diverses organisations pro-vie grâce à de nombreux stands d'information. Ces organisations offrent un soutien concret aux personnes en difficulté, notamment aux femmes enceintes et à leurs familles.

    La marche à travers la capitale bavaroise a été perturbée à plusieurs reprises par des militants pro-avortement. Leurs cris, leurs slogans haineux et leurs tentatives de bloquer la marche par des sit-in contrastaient fortement avec l'atmosphère pacifique et joyeuse des participants à la Marche pour la Vie de Munich. La marche a dû être interrompue et temporairement divisée pendant environ 45 minutes sur la Schellingstrasse en raison d'un blocage par des contre-manifestants. Dans ce contexte, les participants ont critiqué la conception de la démocratie des contre-manifestants.

    À la fin de la marche, l'évêque auxiliaire de Ratisbonne, Mgr Josef Graf, a donné sa bénédiction épiscopale aux participants.

    La Marche pour la Vie de Munich a une fois de plus souligné son importance en tant que voix nationale du mouvement pro-vie en Allemagne.

    Perspectives :
    Le deuxième samedi après Pâques restera le samedi pro-vie à Munich : la 7e Marche pour la vie de Munich aura lieu le samedi 10 avril 2027, à partir de 13 h sur la Königsplatz à Munich.