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Politique

  • Quand enseigner la foi devient un crime en Islande

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    De Jennifer Roback Morse et Maura Eckels Scherber sur le NCR :

    Quand enseigner la foi devient un crime en Islande

    COMMENTAIRE : Un prêtre fait l'objet d'une enquête après avoir expliqué que les personnes en état de péché grave ne devraient pas recevoir la sainte communion.

    En mars, le père Jakob Rolland, prêtre catholique islandais, a fait l'objet d'une enquête après avoir déclaré lors d'une interview radio un enseignement de l'Église catholique concernant l'Eucharistie — plus précisément, que ceux qui ont conscience de péchés graves non confessés, y compris des actes homosexuels, ne devraient pas recevoir la sainte communion.

    Cela l'exposait à des poursuites pénales pour violation potentielle de l'interdiction des « thérapies de conversion » en Islande. Or, le père Rolland n'a en réalité rien fait de ce qui lui était reproché. Alors, quel est le véritable enjeu en Islande : un prêtre proposant des « thérapies de conversion » ou un gouvernement s'attaquant à une croyance qu'il juge intolérable ?

    Quelle est la loi ?

    La loi islandaise interdit les « thérapies de conversion ». L'interdiction des thérapies de conversion en Islande « interdit à quiconque d'obliger une personne, par la contrainte, la tromperie ou les menaces, à subir un traitement non éprouvé dans le but de supprimer ou de modifier son orientation sexuelle, son identité de genre ou son expression de genre, et expose les contrevenants à des amendes ou à des peines d'emprisonnement ».

    Rien de ce qu'a fait le père Rolland ne correspond à cette description.

    Ses propos n'avaient rien d'une thérapie. Ils n'ont exercé aucune pression, contrainte, menace ou pression sur quiconque pour l'obliger à suivre une « thérapie de conversion ». Il n'a pas non plus tenté de « convertir » l'orientation sexuelle de qui que ce soit.

    Il a simplement énoncé un enseignement moral de son Église : recevoir l’Eucharistie requiert un état de grâce. Ce principe s’applique universellement – ​​et non sélectivement – ​​à toute personne consciente d’un péché grave, qu’il soit lié à la sexualité, à la malhonnêteté, à la cupidité ou à toute autre chose.

    Assimiler la communication d'un enseignement religieux à une « thérapie de conversion » est non seulement manifestement inexact, mais aussi très suspect.

    Les mots ont une signification

    Le père Rolland n'empêchait personne de recevoir l'Eucharistie. Dire à quelqu'un qu'il ne devrait pas la recevoir n'équivaut pas à l'en empêcher . Le père Rolland n'a physiquement bloqué personne. Il n'a pas imposé le respect du droit canonique. En Islande, chacun restait pleinement libre d'agir comme il l'entendait.

    Le contexte général est le suivant : l’Islande est un pays traditionnellement luthérien qui s’est considérablement sécularisé ces dernières années. Le père Rolland est un prêtre missionnaire français installé en Islande depuis plusieurs années. L’immigration récente en provenance de pays traditionnellement catholiques comme la Pologne a contribué à porter le pourcentage de catholiques à 4 % de la population. On peut aussi interpréter la situation de manière plus bienveillante comme une occasion pour le père Rolland d’expliquer un point fondamental de l’enseignement catholique sur le péché grave à un public plus large qui, probablement, n’en avait jamais entendu parler auparavant.

    Si une personne choisit de recevoir l'Eucharistie en sachant qu'elle est en état de péché mortel non confessé, elle commet un autre péché grave : le sacrilège. Cet enseignement ne se limite pas à l'homosexualité, mais s'applique à tout péché grave. Chaque individu porte la responsabilité morale de sa décision. Le rôle d'un prêtre catholique est de former les consciences. Un prêtre ne prétend avoir aucune autorité pour contraindre qui que ce soit.

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  • «Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé»

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    Les décisions politiques actuelles autorisant l'ouverture des grandes surfaces et des commerces sept jours sur sept suscitent des questions. Nous reproduisons une tribune de Charles Beigbeder parue sur le Figaro, le 29 août 2014 :

    Charles Beigbeder : «Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé»

    Charles Beigbeder rappelle que le dimanche est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels.

    Charles Beigbeder est entrepreneur, investisseur et chef d'entreprise. Il est également conseiller municipal dans le VIIIème arrondissement de Paris.


    Face à l'égarement conjoint d'une « droite bobo » et d'une gauche libérale, oublieuses de nos racines et promptes à remettre en cause les fondements de notre société, il est urgent de rappeler un certain nombre de vérités.

    D'abord, le repos dominical est conforme à la nature profonde de l'homme qui n'est pas uniquement un consommateur (80kg de matière, comme aimait à dire Marx) mais avant tout un être spirituel et charnel, doué d'intelligence et de volonté, capable de sentiments et d'affections et dont l'horizon dépasse, quelque soient les croyances de chacun, le cadre matériel de la vie en société. «Toute l'histoire de l'humanité est l'histoire du besoin d'aimer et d'être aimé» résumait dans une formule percutante le pape Jean-Paul II, dans son discours prononcé au Bourget, le 1er juin 1980. «L'homme ne se nourrit pas seulement de pain» précise de son côté l'Évangile (Lc, IV, 4). Le repos dominical vient donc nous rappeler que c'est l'économie qui est au service de l'homme et non l'inverse. Le jour chômé (seul ou en famille) est à lui seul la justification du travail effectué au cours des six autres jours de la semaine. S'il venait à disparaître, ce serait la finalité même du travail qui serait en cause. Car le travail existe pour l'homme et non l'homme pour le travail. Le jour chômé vient nous le rappeler. Prétendre le contraire reviendrait à inverser les finalités de la vie humaine et à dévoyer le travail en nouvel esclavage des temps modernes. Pour noble et épanouissement qu'il soit, le travail reste un moyen ; il ne constitue jamais une fin en soi. Y a-t-il derrière cette idolâtrie du travail une vision protestante de la société, qu'a si bien analysée Max Weber dans son ouvrage L'éthique protestante ou l'esprit du capitalisme?

    Qui peut croire une seule seconde que le salarié puisse disposer de sa pleine liberté pour refuser le travail dominical s'il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte ?

    Ensuite, le repos dominical est une conquête des Chrétiens pour faire prévaloir la liberté religieuse et permettre la célébration de la messe dominicale. Institué par l'empereur Constantin en 321, il mit du temps à pénétrer les mœurs mais sous l'impulsion de l'Église, il s'incorpora tellement à l'organisation de notre société que la Convention ne put l'abolir lorsqu'elle institua le calendrier révolutionnaire et le culte décadaire (les decadi étant censés remplacer les dimanches). On n'efface pas d'un trait de plume plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. C'est donc tout naturellement que le calendrier grégorien fut progressivement réintroduit sous l'Empire et que la Restauration rétablit le repos dominical en 1814. En 1879, la IIIème République laïciste tentera une seconde fois d'abroger le repos dominical, dans un souci manifeste d'effacer toute référence chrétienne dans l'organisation de la société. Peine perdue, moins de 30 ans plus tard, en 1906, le repos dominical était à nouveau sanctuarisé sous l'effet conjugué des députés catholiques et des militants socialistes. Revenir sur cette disposition aujourd'hui porterait donc une atteinte grave à la liberté religieuse des Chrétiens qui n'auraient plus la faculté de pratiquer librement leur culte. On avance certes l'objection d'une libéralisation sur la base du volontariat des salariés, de sorte que personne ne soit contraint de travailler contre son gré le dimanche. Mais qui peut croire une seule seconde que le salarié puisse disposer de sa pleine liberté pour refuser le travail dominical s'il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte?

    Troisième vérité, le repos dominical est un équilibre tiré de l'histoire, un héritage culturel de notre civilisation chrétienne, qui permet, au-delà des convictions personnelles de chacun, le maintien de notre cohésion sociale. En effet, l'objection classique à l'argumentation tirée de la nécessité de garantir la liberté religieuse de chacun, consiste à avancer que dans une société laïque, marquée par la diversité des croyances, le repos dominical est une discrimination qui ne profiterait qu'aux seuls Chrétiens, alors que les citoyens de confession juive ne peuvent opter pour le samedi, ni les Musulmans pour le vendredi, ou les non-croyants pour le jour de leur choix. Et de proposer un système à la carte, où chacun pourrait choisir son jour chômé en fonctions de ses convictions religieuses ou de ses convenances personnelles. Mais comment ne pas voir qu'une telle réforme sonnerait le glas de notre cohésion sociale et effriterait la société en une multitude de communautarismes toujours plus revendicatifs qu'ils s'estiment minoritaires et bafoués? Il est bon et indispensable qu'une société respire à l'unisson: non l'unisson des croyances où chacun dispose de sa pleine liberté, mais la communion des rythmes, principale garantie de l'harmonie sociale. Ainsi, au-delà des convictions religieuses de chacun, le dimanche est en France le jour choisi pour faire respirer la société et respecter la nature spirituelle de l'homme, parce la France est un pays de tradition chrétienne, marqué dans son histoire, comme dans son patrimoine et ses mentalités par plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. Il est juste et bon qu'un employeur permette à ses salariés, dans la mesure des adaptations possibles, de s'absenter ponctuellement pour pratiquer le culte de leur choix (par exemple en se rendant à la Mosquée le vendredi midi). De même pour le culte juif, où la question ne se pose quasiment pas en pratique, puisque le samedi, héritage du secteur bancaire confirmé par les accords de Matignon en 1936, est chômé pour beaucoup de salariés. Mais, au-delà des convictions religieuses de chacun, il est fondamental que le dimanche reste sanctuarisé en France, il en va de notre histoire, de notre cohésion sociale, de notre culture et de notre civilisation. Derrière la volonté de remettre en cause le repos dominical, n'y a-t-il pas de la part d'une certaine élite mondialisée une indifférence voire un rejet de nos racines?

    Dans une société traversée par l'individualisme, la consommation à outrance et la perte des repères, le repos dominical est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels et ouvre l'homme à sa dimension spirituelle et contemplative.

    Enfin, quatrième vérité, l'abandon du repos dominical n'aurait aucune incidence positive sur le niveau de croissance de notre économie. Cet argument, brandi tant par le personnel politique boboïsé que par le MEDEF, est doublement fallacieux: il oublie d'abord que pour le salarié, l'augmentation du temps de travail peut souvent conduire à son étalement dans le temps sans création de richesse supplémentaire, et que pour le consommateur, l'ouverture des magasins le dimanche lui permet d'étaler ses achats dans le temps, sans augmentation notable de la consommation, qui est d'abord limitée par le faible pouvoir d'achat des Français. De plus, j'entends souvent les promoteurs du sabordage dominical invoquer une liberté supplémentaire pour le consommateur, mais ils oublient de rappeler que derrière celui qui peut librement faire ses courses le dimanche, il y a un ou plusieurs salariés qui n'ont peut-être pas choisi de leur plein gré d'effectuer une journée de travail supplémentaire au détriment de leur vie familiale. Si dérogations il doit y avoir, ce ne doit être qu'au cas par cas, en fonction d'une nécessité impérieuse des citoyens et non pour la satisfaction de leurs caprices. Beaucoup de dérogations existent d'ailleurs déjà et il serait dangereux de vouloir traiter un micro-problème par une législation de portée générale.

    Dans une société traversée par l'individualisme, la consommation à outrance et la perte des repères, le repos dominical est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels et ouvre l'homme à sa dimension spirituelle et contemplative. Il est aussi un frein à la fragilité narcissique de ceux qui trouvent dans les activités multiples et la frénésie de loisirs un lieu de compensation illusoire à leur vide intérieur. «L'appétit effréné de vie, qui ne donne aujourd'hui aucune paix aux hommes, finit dans le vide d'une vie perdue» affirmait le pape émérite Benoît XVI en 2007. Sans cette boussole du repos dominical, on donnerait raison à Bernanos qui prophétisait à juste titre que «la civilisation moderne […] est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure».

  • Ce que montre une étude finlandaise sur la santé mentale et la transition de genre

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    De "La Sélection du Jour" :

    Santé mentale et transition de genre : ce que montre une étude finlandaise de long terme

    Par Raphaël Lepilleur. Synthèse n°2684, Publiée le 24/04/2026 - Photo : Entre récits et données, le réel refait surface. Crédits : Olmosovich à la poche, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
    Une étude finlandaise d'ampleur, fondée sur des registres de santé exhaustifs, suit 2 083 adolescents sur plus de vingt ans. Elle met en évidence une morbidité psychiatrique nettement plus élevée que dans la population générale, qui ne diminue pas après les parcours médicaux étudiés. Mené par des psychiatres universitaires dans un pays souvent présenté comme progressiste, ce travail introduit une complexité qui contraste avec l'idée d'une amélioration systématique de la santé mentale.

    Le document en sélection est une étude scientifique finlandaise publiée en 2026 dans la revue médicale Acta Paediatrica. Elle analyse, à partir des registres nationaux de santé, le parcours de 2 083 adolescents et jeunes adultes ayant consulté des services spécialisés en identité de genre entre 1996 et 2019, comparés à plus de 16 000 individus issus de la population générale. L'une des plus vastes études jamais menées sur ce sujet. Il ne s'agit donc pas de déclaratif, ni d'un travail militant, ni d'un échantillon restreint. L'étude repose sur des données médicales exhaustives : diagnostics, hospitalisations, prescriptions, et un suivi dans le temps pouvant aller jusqu'à 25 ans, sans perte d'information (« no loss of data », précisent les auteurs). Un point rarement atteint à cette échelle, qui souligne la continuité du suivi et la solidité de l'ensemble. 

    Elle a été menée par des psychiatres pleinement intégrés au système de santé finlandais. Parmi eux, le Dr Riittakerttu Kaltiala, cheffe du département de psychiatrie pour adolescents à l'hôpital universitaire de Tampere, enseignante, clinicienne (plus de 230 publications scientifiques). Les auteurs déclarent des financements académiques classiques, des activités institutionnelles standards. Aucun élément ne permet d'identifier un conflit d'intérêt. Le contexte compte aussi, la Finlande étant régulièrement présentée comme un modèle en matière de qualité de vie, de stabilité sociale, de politiques publiques. Un pays souvent cité comme référence, y compris sur ces questions. Le pays a été un pionnier dans la simplification des procédures de changement légal de genre, supprimant l'obligation de stérilisation et de diagnostic psychiatrique. Difficile donc de plaider l'argument d'une société transphobe ou rétrograde. 

    Ce travail semble difficile à écarter. Mais encore faut-il accepter le cadre dans lequel il s'inscrit : celui de la psychiatrie. Un cadre aujourd'hui contesté par certains courants militants, qui le dépeignent comme un outil de normalisation, le bras armé d'une société transphobe. Dans cette lecture, le diagnostic lui-même est suspect, l'évaluation clinique assimilée à une forme de contrôle.

    Pourtant, une contradiction semble émerger de cette posture. Les mêmes voix qui s'élèvent contre la validité du cadre psychiatrique sont souvent celles qui s'appuient sur la reconnaissance de diagnostics, qu'ils soient auto-établis ou validés par la médecine, pour asseoir leur démarche. On observe alors un paradoxe : la science médicale, qualifiée d'oppressive, devient simultanément une source de légitimité. Cette oscillation entre le rejet du système et l'appel à sa validation interroge sur la cohérence d'une position qui mobilise les outils de ce qu'elle condamne parfois.

    Dans ce cadre, le rôle du médecin est lui aussi remis en cause. Le processus d'évaluation est dénoncé comme un "gatekeeping" (un contrôle d'accès arbitraire qui conditionne l'accès aux soins). Les patients seraient contraints de "performer" leur détresse pour satisfaire des critères médicaux. Poussée à son terme, cette position considère que toute production scientifique issue de ce champ serait, par définition, irrecevable. C'est une position. Elle existe. Mais si on accepte le principe même de l'observation clinique, alors cette étude ne peut être ignorée.

    L'identité, le rapport à soi, au corps, traverse toute l'histoire de la pensée et de l'humanité. Elle n'est pas née au XXIe siècle. Ce qui change radicalement aujourd'hui, c'est la manière dont cette question est prise en charge : médicalement, institutionnellement, politiquement, culturellement. Et cette prise en charge n'a rien d'anodin. Côté traitement, nous parlons de traitements irréversibles et très lourds. De bloqueurs de puberté, d'interventions chirurgicales radicales, comme la création d'un néo-pénis à partir d'un lambeau de peau prélevé sur l'avant-bras ou la cuisse, puis équipé d'une prothèse gonflable en silicone. Ou la confection d'un néo-vagin, une cavité artificielle nécessitant une dilatation à vie pour éviter qu'elle ne se referme. Il s'agit d'engagements à vie, avec des complications potentielles inhérentes à la construction d'organes artificiels.

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  • En Inde, la crise de l’avortement nécessite une prise de conscience immédiate

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    Du site "Ad Extra" :

    Sœur Paulina Melite : en Inde, la crise de l’avortement nécessite une prise de conscience immédiate

    La marche pour la vie organisée le 10 août 2023 à Pune, dans le sud de l’Inde, coorganisée par le service international CHARIS et la Conférence épiscopale indienne.

    La marche pour la vie organisée le 10 août 2023 à Pune, dans le sud de l’Inde, coorganisée par le service international CHARIS et la Conférence épiscopale indienne.© Paulina Melite/globalsistersreport.org

    24/04/2026

    En Inde, où près de 15,6 millions d’avortements sont pratiqués chaque année, sœur Paulina Melite alerte sur une crise à la fois sociale, culturelle et spirituelle. À la tête du réseau pro-vie national, elle plaide pour une mobilisation renforcée face à l’évolution du cadre légal et au manque de sensibilisation dans le pays. Entre action pastorale, engagement public et initiatives interreligieuses, elle appelle à une prise de conscience immédiate pour défendre la dignité de toute vie humaine.

    Sœur Paulina Melite, 46 ans, est active depuis 2016 dans la pastorale pro-vie en Inde, où plus de 15 millions d’avortements ont lieu chaque année. En 2024, cette membre des Sœurs Missionnaires de Marie Immaculée a été nommée à la tête de l’organisation Indian Catholics United for Life, un réseau national d’organisations pro-vie reconnu par la Conférence épiscopale indienne. Elle a débuté son ministère en 2016 en tant qu’animatrice diocésaine du mouvement dans le diocèse syro-malabar de Kalyan, dans l’ouest de l’Inde.

    Par la suite, elle a occupé le poste de secrétaire nationale du Service international du Renouveau charismatique catholique, basé à New Delhi. Sœur Paulina a joué un rôle central dans l’organisation de la première marche nationale pour la vie en Inde en 2021, un événement devenu annuel depuis. Dans cette interview, elle revient sur son travail, les lois indiennes relatives à l’avortement, ses préoccupations pastorales et ses espoirs pour l’avenir.

    Pourquoi avez-vous rejoint la lutte contre l’avortement en Inde ?

    Sœur Paulina Melite : C’est en travaillant avec le mouvement pro-vie du diocèse de Kalyan que j’ai pris conscience des besoins des enfants à naître et de leurs mères en Inde. Pour moi, ce ministère est un appel de Dieu en ce moment. Depuis 2016, je travaille aux niveaux diocésain et national pour sensibiliser l’opinion publique, développer le mouvement pro-vie et unifier les efforts catholiques pour sauver les enfants à naître.

    Quelle est la prévalence de l’avortement en Inde ?

    La première estimation nationale du nombre d’avortements en Inde date de 2015 et a révélé qu’environ 15,6 millions d’avortements ont lieu chaque année dans le pays. Autrement dit, un enfant est avorté toutes les deux secondes en Inde. Ce sont les chiffres officiels. De nombreux autres avortements ont lieu et ne figurent pas dans les statistiques officielles. Nous sommes préoccupés par l’augmentation des grossesses chez les adolescentes dans le pays. Le manque d’informations sur l’avortement est une autre source d’inquiétude.

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  • Une dirigeante catholique prend la tête du Forum des droits des femmes de Strasbourg

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    De Tobias Teuscher sur The European Conservative :

    Une dirigeante catholique prend la tête du Forum des droits des femmes de Strasbourg

    Teresa Gerns, directrice du plaidoyer du Conseil de l'Europe pour la Fédération des associations familiales catholiques en Europe, dirigera un comité chargé d'examiner les obstacles rencontrés par les femmes lorsqu'elles tentent de concilier travail rémunéré et maternité.
    Teresa Gerns. Photo courtoisie de FAFCE

    Dans le bâtiment de l'Agora à Strasbourg, où le Conseil de l'Europe réunit les voix qui ne siègent ni au Parlement ni au Conseil des ministres, mais représentent la société civile organisée des organisations non gouvernementales internationales, Teresa Gerns a été élue le 16 avril coprésidente du comité « Défenseurs de l'égalité des genres et des droits des femmes » de la Conférence des organisations non gouvernementales internationales (CINGO). Un titre en apparence modeste, mais d'une grande importance : pour le mandat à venir, une fédération d'inspiration catholique occupera l'une des deux présidences d'un comité qui contribue à définir l'orientation de la participation de la société civile à l'élaboration des politiques relatives aux droits des femmes dans 46 États européens. Teresa Gerns est directrice des affaires publiques auprès du Conseil de l'Europe pour la Fédération des associations familiales catholiques en Europe (FAFCE).

    Le Conseil de l'Europe, fondé en 1949 et basé à Strasbourg, rassemble aujourd'hui 46 États membres représentant quelque 700 millions de personnes. Outre ses trois piliers les plus connus (le Comité des Ministres, où s'expriment les gouvernements ; l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), où se réunissent les parlementaires nationaux élus ; et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux), l'organisation a officiellement intégré, depuis 2005, un quatrième pilier consacré à la société civile : la Conférence des ONG internationales (CINGO). Son champ d'action couvre l'ensemble du continent, du Royaume-Uni au Caucase du Sud, bien au-delà des 27 États membres de l'Union européenne. Plus de trois cents ONG internationales bénéficient de ce statut. Elles se réunissent en sessions plénières à Strasbourg, généralement deux fois par an lors des sessions de l'APCE, et leurs travaux se concentrent sur des thèmes prioritaires, parmi lesquels le Comité sur l'égalité des genres et les droits des femmes, coprésidé par Teresa Gerns.

    La FAFCE est une organisation faîtière fondée en 1997 et enregistrée à Strasbourg. Ses origines remontent à une charte commune signée en 1991 par des associations familiales catholiques autrichiennes, italiennes, françaises et allemandes après la chute du mur de Berlin. Elle regroupe aujourd'hui 33 associations membres réparties dans 20 pays européens et son secrétariat général est basé à Bruxelles depuis 2009. Son action s'appuie sur la doctrine sociale de l'Église catholique et ses priorités stratégiques actuelles incluent la famille comme investissement, les enjeux démographiques, l'équilibre entre vie familiale et vie professionnelle, la protection des enfants en ligne, la dignité de la vie humaine et l'écologie intégrale.

    La Fédération bénéficie d'une solide assise institutionnelle. Le Conseil de l'Europe lui a accordé le statut de participant en 2001 et, un an plus tard, l'a autorisée à déposer des plaintes collectives au titre de la Charte sociale européenne. Au niveau de l'Union européenne, la FAFCE assure depuis de nombreuses années le secrétariat de l'intergroupe Famille du Parlement européen. Aux Nations Unies, elle est candidate au statut consultatif auprès du Conseil économique et social (ECOSOC). 

    Le concept au cœur des travaux de la sous-commission n'est pas improvisé. Il s'appuie sur un livre blanc de 2021, « Protéger les femmes du harcèlement maternel », publié par New Women for Europe en collaboration avec FAFCE et Femina Europa, qui demeure à ce jour la tentative la plus systématique de définir précisément ce phénomène.

    S’inspirant du psychologue du travail suédois Heinz Leymann, qui, dans les années 1980, décrivait le « harcèlement moral » comme un comportement hostile et persistant au travail, préjudiciable à la santé, cet article applique ce terme spécifiquement à la maternité. Le harcèlement maternel cible trois groupes qui se recoupent : les femmes qui souhaitent avoir des enfants, les femmes enceintes et les femmes ayant récemment accouché. Il prend des formes reconnaissables : réticence à recruter des candidates soupçonnées de devenir mères ; mesures dissuasives à la maternité, telles que la congélation d’ovocytes financée par l’employeur ; rétrogradation informelle au retour de congé maternité ; surcharge de travail ou harcèlement dès l’annonce d’une grossesse ; et non-renouvellement des contrats à durée déterminée.

    Ces chiffres sont alarmants. Dans l'Union européenne, près d'une femme sur trois n'a pas droit au congé parental ; seuls quatre États membres garantissent un accès universel. Au Royaume-Uni, six mères sur dix se sentent marginalisées dès qu'elles annoncent leur grossesse.  

    Le mandat triennal de la sous-commission, qui court jusqu'en 2027, vise à documenter systématiquement ces pratiques et à identifier les recours juridiques et institutionnels en collaboration avec les organes du Conseil de l'Europe. Parmi ceux-ci figure le Comité gouvernemental de la Charte sociale européenne, auprès duquel des plaintes collectives peuvent être déposées. Une conclusion motivée établissant que le harcèlement moral des mères constitue une violation des obligations de la Charte en matière de travail, de vie familiale et de non-discrimination serait une première en Europe.

    Le contexte politique confère à ce mandat toute sa force. Le taux de fécondité en Europe s'est stabilisé bien en dessous du seuil de renouvellement des générations depuis une génération, et le Conseil de l'Europe lui-même a commencé à considérer la résilience démographique comme une question de droits humains. Un comité axé sur les droits des femmes, qui prend au sérieux les obstacles rencontrés par celles qui souhaitent concilier travail rémunéré et maternité en raison de la discrimination liée à la maternité, s'inscrit naturellement dans ce débat émergent.

    Elle s'inscrit également dans un contexte pluraliste, parfois conflictuel. Une fédération d'inspiration catholique, coprésidente du comité des droits des femmes de la plateforme de la société civile du Conseil de l'Europe, devra œuvrer en coalition, instaurer la confiance par-delà les clivages idéologiques et démontrer qu'une conception des droits des femmes centrée sur la famille peut être substantielle, fondée sur des données probantes et attentive au vécu des mères actives. C'est là à la fois l'opportunité et le défi.

    Tobias Teuscher est un rédacteur pour  europeanconservative.com et possède une vaste expérience professionnelle au Parlement européen.
  • Le silence de l’APCE face aux attaques et discriminations visant les chrétiens en Europe

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    De Thibault van den Bossche sur le site de l'ECLJ :

    L’APCE silencieuse face aux attaques et discriminations visant les chrétiens en Europe

    23 Avril 2026
    La résolution intitulée «Lutter contre la discrimination fondée sur la religion et protéger la liberté de religion ou de conviction en Europe» adoptée par l’APCE le 21 avril 2026 maintient un déséquilibre manifeste dans le traitement des différentes religions. Elle n’intègre pas pleinement la réalité des attaques et discriminations visant les chrétiens, pourtant largement documentées par l’ECLJ.

    Lors de sa session d’avril 2026, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a adopté une résolution intitulée «Lutter contre la discrimination fondée sur la religion et protéger la liberté de religion ou de conviction en Europe». Ce texte réaffirme des principes essentiels, mais maintient un déséquilibre dans la manière dont les institutions européennes traitent les atteintes visant les chrétiens. Ce déséquilibre n’est pas seulement rhétorique: il reflète une hiérarchisation implicite des formes d’intolérance religieuse et traduit une difficulté persistante à reconnaître pleinement les atteintes antichrétiennes.

    La résolution mentionne une «recrudescence significative de l’antisémitisme» et «une augmentation des incidents antisémites» replacées dans le contexte de «l’attentat terroriste du 7 octobre 2023 et du conflit à Gaza», ainsi qu’«une augmentation des incidents islamophobes» (§4). Elle renvoie également à deux résolutions spécifiques de 2022 sur la lutte contre l’antisémitisme et contre « l’islamophobie, ou racisme antimusulman » (§3), illustrant une nouvelle fois l’attention quasi exclusive des institutions européennes à ces phénomènes.

    Il faut remonter à 2015 pour que les chrétiens soient mentionnés, et encore de manière marginale, dans la résolution «Combattre l’intolérance et la discrimination en Europe, notamment lorsqu’elles visent des chrétiens». Cette absence de reconnaissance explicite s’inscrit dans la continuité du mandat actuel de la «Représentante spéciale […] sur l’antisémitisme, la haine antimusulmane et toutes les formes d’intolérance religieuse», qui ne cite pas les chrétiens. Sa titulaire a d’ailleurs pris part au Forum diplomatique d’Antalya, en Turquie, du 17 au 19 avril, pour y dénoncer la haine antimusulmane en ligne.

    Pourtant, les 2.211 actes antichrétiens recensés en Europe en 2024, selon l’Observatoire de l’Intolérance et de la Discrimination contre les Chrétiens en Europe (OIDAC), appellent une reconnaissance tout aussi explicite. L’ECLJ a d’ailleurs largement documenté ces attaques et discriminations dans son rapport 2025 sur La christianophobie et la haine antichrétienne en Europe. Un tel déséquilibre affaiblit la cohérence d’ensemble de la résolution et interroge sur l’égalité de traitement entre les différents groupes religieux.

    Une reconnaissance importante mais encore limitée des discriminations contre les chrétiens

    De manière bienvenue cependant, l’Assemblée reconnaît que «l’intolérance et la discrimination fondées sur la religion ou la conviction touchent tant les groupes religieux majoritaires que minoritaires en Europe» et que «l’expression de la foi est parfois limitée de manière injustifiée par la législation et les politiques nationales» (§10).

    Cette formulation mérite d’être soulignée. Elle introduit une reconnaissance implicite, mais réelle, des atteintes subies par les chrétiens, y compris dans des sociétés où ils restent numériquement majoritaires. Elle conforte également les analyses de l’ECLJ concernant certaines dérives de la laïcité, notamment en France, lorsque celle-ci conduit à restreindre de manière disproportionnée l’expression chrétienne.

    Une volonté louable d’améliorer la collecte des données

    La résolution invite les États à «collecter des données sur l’intolérance et la discrimination fondées sur la religion» (§14.1.1). L’ECLJ soutient pleinement cet objectif. Une documentation précise constitue une condition indispensable à toute politique efficace. Dans ce domaine, le travail d’organisations indépendantes, telles que l’OIDAC ou l’Observatorio para la Libertad Religiosa y de Conciencia (OLRC) en Espagne, joue un rôle déterminant.

    Cependant, trois limites persistent. Les victimes chrétiennes sous-déclarent les attaques qu’elles subissent, par autocensure, craignant de jouer la victimisation, de manquer de charité chrétienne ou d’attiser des tensions sociales. Les autorités publiques sous-comptabilisent les crimes antichrétiens, pour ne conserver que ceux avec une motivation politique clairement identifiée. Enfin, la transmission de ces données à des institutions internationales comme l’ODIHR de l’OSCE se fait de manière incomplète selon les États. Ces limites contribuent à invisibiliser une partie significative des violences et discriminations subies par les chrétiens en Europe.

    L’absence d’objection de conscience et de mesures pour protéger les lieux de culte

    Malgré ces avancées, deux omissions limitent la portée de la résolution. Elle ne mentionne à aucun moment le droit à l’objection de conscience, pourtant au cœur de nombreuses situations concrètes. Par exemple, une religieuse devra-t-elle pratiquer l’euthanasie dans un hôpital catholique? C’est la question qu’ont soulevée l’ECLJ et Sœur Agnès, médecin des Petites sœurs des pauvres, devant le Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction à Genève.

    Aucune disposition spécifique ne concerne la protection des lieux de culte, alors même que les actes de vandalisme et les attaques contre les églises se multiplient en Europe. À titre d’exemple, la France a mobilisé près de 48 millions d’euros entre 2015 et 2025 pour sécuriser les sites religieux, notamment par l’installation de systèmes de vidéosurveillance et de dispositifs de protection renforcée.

    Une ouverture intéressante au dialogue avec la société civile

    L’APCE introduit une perspective encourageante en invitant à «renforcer la consultation et la communication avec les communautés religieuses et les organisations de la société civile lors de l’élaboration de la législation» (§14.3.2). L’ECLJ contribue déjà activement à ce dialogue auprès des institutions nationales, européennes et internationales, en mettant à disposition son expertise juridique. Nous poursuivrons activement notre engagement en faveur de la liberté de religion des chrétiens en Europe.

    Pour garantir une protection effective, les attaques et discriminations visant les chrétiens doivent être reconnues et traitées sans biais. La liberté de religion, protégée par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme, ne peut être assurée sans le respect du principe de non-discrimination consacré à l’article 14. Cela implique une prise en compte équilibrée des atteintes subies par les chrétiens, ainsi que des réponses concrètes. À cet égard, l’ECLJ a saisi la Présidente de l’APCE par une pétition en ce sens, appelant à une réponse ferme contre les attaques et discriminations visant les chrétiens.

    Christianophobie : ça suffit !
    Lire le texte complet de la pétition
    9,443 SIGNATURES
  • Qu’est-ce qui alimente l’extrémisme anti-chrétien en Israël ?

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    De Michele Chabin sur le NCR :

    Qu’est-ce qui alimente l’extrémisme anti-chrétien en Israël ?

    Les experts affirment que l'éducation et l'application de la loi sont nécessaires pour endiguer de tels incidents.

    Le crucifix remplacé, photographié par les Forces de défense israéliennes
    Le crucifix remplacé, photographié par les Forces de défense israéliennes (photo : Forces de défense israéliennes via EWTN News)

    JÉRUSALEM — Une photo montrant un soldat des Forces de défense israéliennes (FDI) détruisant à coups de marteau une statue de Jésus dans un village du sud du Liban est rapidement devenue virale le 20 avril. Bien que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait présenté ses excuses pour cet incident choquant et que l'armée israélienne ait remplacé la statue, cet épisode a suscité une difficile prise de conscience au sein de la société israélienne quant à la montée de l'intolérance religieuse dans un pays qui s'enorgueillit de ses valeurs démocratiques et juives.   

    Les détracteurs du gouvernement israélien de droite actuel accusent ses dirigeants d'alimenter l'extrémisme, notamment au sein de certaines communautés juives ultra-orthodoxes et ultranationalistes. Dans ces communautés repliées sur elles-mêmes, les écoles n'enseignent ni le pluralisme religieux, ni le respect mutuel, ni la coexistence.   

    Sur les 10,2 millions d'Israéliens, environ 185 000 sont chrétiens. La plupart vivent dans le nord du pays ou dans des villes multiconfessionnelles comme Jérusalem, Tel-Aviv-Jaffa et Ramla. On compte également 1,8 million de musulmans en Israël.    

    Bien que peu de juifs ultra-orthodoxes traditionnels servent dans l'armée israélienne, et que Tsahal tente d'éliminer les ultranationalistes religieux fervents lors du processus de sélection pour la conscription, deux ans et demi de guerre déclenchés par le massacre du Hamas du 7 octobre 2023 ont contraint l'armée à se démener pour trouver des soldats supplémentaires.       

    « Le soldat n’a pas brisé la statue de Jésus par accident, et son geste n’était pas isolé », a écrit Lazar Berman, correspondant diplomatique du Times of Israel , dans une tribune publiée par le journal. « Il a probablement appris, au cours de son éducation ou dans son milieu social, que les sanctuaires et les icônes chrétiennes ne doivent pas être respectés, voire qu’il faut les détruire. »  

    Bien que la « grande majorité » des Israéliens ne soutienne pas la persécution des minorités religieuses du pays, a déclaré Berman, « il y a suffisamment d'extrémistes et de fanatiques religieux dans le pays qui soutiennent de telles actions pour que le soldat dispose de nombreuses sources d'inspiration potentielles pour son crime. » 

    Tomer Persico, chercheur à l'Institut Shalom Hartman, reproche à Netanyahu d'avoir invité des extrémistes comme Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir à entrer dans son gouvernement, entré en fonction en janvier 2023.  

    La composition du gouvernement, qui comprend non seulement des partis politiques d'extrême droite mais aussi des partis juifs ultra-orthodoxes, « influence considérablement les relations entre Juifs et non-Juifs en Israël et même plus largement », a déclaré Persico au Register. « Lorsqu'une guerre éclate, on constate comment leur ferveur religieuse et messianique imprègne leurs déclarations. »  

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  • Le pape Léon XIV : le Saint-Siège n'approuve pas les bénédictions officielles des unions entre personnes de même sexe, mais « tous sont les bienvenus » dans l'Église

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    De Courtney Mares sur OSV News :

    Le pape Léon XIV : le Saint-Siège n'approuve pas les bénédictions officielles des unions entre personnes de même sexe, mais « tous sont les bienvenus » dans l'Église.

    23 avril 2026

    À BORD DE L'AVION PAPAL (OSV News) — Le pape Léon XIV a déclaré à bord de l'avion papal le 23 avril que le Saint-Siège n'approuve pas les bénédictions officielles des couples de même sexe, tout en soulignant que l'unité de l'Église « ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles » et que toutes les personnes sont les bienvenues dans l'Église catholique.

    Le pape a tenu ces propos lors d'une conférence de presse à bord de son vol retour de Malabo (Guinée équatoriale) à Rome, où l'avion papal a atterri après 19h15, heure locale. S'exprimant en anglais, en espagnol et en italien, le pape Léon XIV a répondu à cinq questions de journalistes, abordant des sujets aussi variés que le changement de régime en Iran et la dignité des migrants. Il a réaffirmé le droit des pays à faire respecter leurs lois frontalières, tout en soulignant que les migrants sont des êtres humains qui ne doivent pas être traités comme des animaux.

    La conférence de presse a conclu un voyage apostolique de 11 jours et 18 vols, soit plus de 11 000 miles à travers l'Algérie, le Cameroun, l'Angola et la Guinée équatoriale, de loin le plus long voyage de son pontificat.

    L'unité de l'Église « ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles ».

    Le pape Léon XIV a été interrogé sur la décision prise la veille par le cardinal allemand Reinhard Marx, archevêque de Munich et de Freising, d'autoriser la bénédiction des couples de même sexe dans son archidiocèse, et sur la manière dont le pape entendait préserver l'unité de l'Église universelle face à cette décision.

    « Avant toute chose, je pense qu’il est essentiel de comprendre que l’unité ou la division de l’Église ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles », a déclaré le pape Léon XIV. « On a tendance à croire que lorsque l’Église parle de morale, la seule question morale abordée est la sexualité. Or, je crois qu’en réalité, il existe des questions bien plus importantes et plus vastes, telles que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes, la liberté de religion, qui doivent toutes primer sur cette question particulière. »

    Le pape a déclaré que le Saint-Siège avait déjà communiqué sa position aux évêques allemands. 

    « Le Saint-Siège a clairement indiqué qu’il n’est pas d’accord avec la bénédiction formalisée des couples, en l’occurrence des couples homosexuels, comme vous le demandez, ou des couples en situation irrégulière », a-t-il déclaré.

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  • Léon XIV et Trump : carnet d’un conflit asymétrique

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    De  sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Léon et Trump : carnet d’un conflit asymétrique

    Le voyage de Léon XIV en Afrique — de l’Algérie au Cameroun, puis de l’Angola à la Guinée équatoriale — s’est transformé en une confrontation entre deux visions du monde radicalement opposées : celle du Pape et celle de la superpuissance américaine incarnée par Donald Trump.

    Le choix de Léon XIV d’amorcer son périple sur les terres de son maître à penser, saint Augustin d’Hippone, de doit rien au hasard. La vision géopolitique du Souverain Pontife s’inspire à ce point du De Civitate Dei qu'il a structuré l'intégralité de son discours au corps diplomatique, le 9 janvier dernier, autour du modèle des deux cités : « la cité de Dieu, éternelle, caractérisée par l’amour inconditionnel de Dieu (amor Dei) et du prochain, particulièrement des pauvres ; et la cité terrestre, […] centrée sur l’orgueil (amor sui), la soif de pouvoir et la gloire mondaine qui mènent à la destruction. »

    « Les chrétiens », a‑t-il affirmé, « sont appelés par Dieu à séjourner dans la cité terrestre, le cœur et l’esprit tournés vers la cité céleste, qui est leur véritable patrie. » Pour le Pape, ces deux cités engendrent deux types de paix : l’une, trouvant sa source dans le Christ, qui épouse la vérité et la justice et l’autre, purement humaine, qui débouche invariablement sur de nouvelles violences au nom de l’amour-propre.

    C’est sur base de cette différence que la prédication de Léon XIV a remis plusieurs fois en question le président des États-Unis, sans jamais le nommer, à travers des allusions évidentes.

    Cette attitude a eu le don d’irriter la Maison-Blanche qui avait déjà décelé dans le discours du pape Léon au corps diplomatique le prélude d’une charge critique contre Trump. Selon des révélations de Free Press publiées début avril, le cardinal Christophe Pierre, à l’époque nonce apostolique aux États-Unis, aurait été convoqué le 22 janvier au Pentagone par le sous-secrétaire à la Défense, Elbridge A. Colby, pour s'entendre signifier ce mécontentement.

    Si la Nonciature, l’ambassade américaine près le Saint-Siège et le directeur de la Salle de presse du Vatican, Matteo Bruni, ont démenti que cet entretien inhabituel ait eu pour motif un rappel à l’ordre, la réalité d’une tension profonde a été confirmée par la suite, notamment après le début de la guerre contre l’Iran.

    Le 29 mars, dans son homélie du dimanche des Rameaux, Léon XIV, citant Isaïe, a déclaré que notre Dieu est « un Dieu qui refuse la guerre, que personne ne peut invoquer pour justifier la guerre et qui n’écoute pas la prière de ceux qui font la guerre et qui la rejette en disant : ‘Même si vous multipliez les prières, je ne vous écouterai pas : ‘Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang’ (Isaïe 1, 15) ».

    Le 7 avril, à Castel Gandolfo, après que Donald Trump a menacé de détruire le peuple iranien et sa civilisation en une nuit, le Pape a confié aux journalistes, sans même attendre leurs questions, que « cela n'est vraiment pas acceptable », invitant « chacun à prier, mais également à voir comment communiquer avec les membres du Congrès, avec les autorités, pour dire que nous ne voulons pas la guerre, que nous voulons la paix ».

    Et le 11 avril à nouveau, à l’occasion de la veillée de prière pour la paix organisée à Saint-Pierre, le pape Léon a stigmatisé « ce délire d’omnipotence qui autour de nous se fait toujours plus imprévisible et agressif », arrivant à « traîner dans les discours de mort jusqu'au Nom saint de Dieu, le Dieu de la vie » et, pire, à « faire de soi-même et de son propre pouvoir l’idole muette, aveugle et sourde (cf. Psaume 115,4 – 8) devant laquelle sacrifier toutes les valeurs et prétendre que le monde entier plie le genou ».

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  • Léon XIV : la démocratie sans fondements mène à la tyrannie

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    De Diego Benedetto Panetta sur la NBQ :

    Léon XIV : la démocratie sans fondements mène à la tyrannie

    Dans son message à l’Académie pontificale des sciences sociales, le pape rappelle qu’en ignorant la loi morale naturelle, la démocratie peut dégénérer en tyrannie majoritaire ou servir de masque à la domination des élites . Ce risque est également manifeste sur le plan international.

    23/04/2026

    Loin d'être une simple procédure, la démocratie ne demeure saine que lorsqu'elle s'enracine dans la loi morale et une véritable conception de la personne humaine. Tels sont quelques-uns des mots que Léon XIV adressa  à l'Académie pontificale des sciences sociales, réunie en session plénière du 14 au 16 avril sur le thème : « Les usages du pouvoir : légitimité, démocratie et redéfinition de l' ordre international ».

    Lorsque le terme « légitimité » est associé à ceux de « démocratie » et d'« ordre international », la réaction de ceux qui en comprennent encore le sens est généralement l'étonnement, voire la dérision. L'image qui se forme dans l'esprit de la plupart des gens rappelle un célèbre tableau de Jean-Baptiste Isabey, représentant les ministres de divers royaumes européens (coiffés de perruques, conformément à la coutume de l'époque) débattant lors d'une session du Congrès de Vienne (1814-1815).

    Pourtant, au-delà des têtes couronnées à « restaurer », le principe de légitimité invoqué et habilement employé par le prince Klemens von Metternich visait à souligner un aspect fondamental d’une pertinence toujours actuelle : l’exercice du pouvoir doit d’abord être justifié, mais surtout, reposer sur une « véritable vision de la personne humaine », pour reprendre les termes du pape.

    « Pour les Pères de l’Église, […] la nature et la raison nous indiquent quels sont nos devoirs moraux », rappelait la Commission théologique internationale dans un document de 2009. « Dans sa quête du bien moral », lit-on, « la personne humaine s’écoute et prend conscience des inclinations fondamentales de sa nature, qui sont bien plus que de simples impulsions aveugles du désir. » Ces paroles méritent d’être réaffirmées sans cesse, particulièrement à notre époque post-1968, où l’on nous rappelle constamment la nécessité d’être « authentiques ». L’authenticité est en effet devenue synonyme d’action spontanée, sans trop d’inhibitions, sans trop de « pourquoi » qui compliquent et rigidifient la vie.

    À l’inverse, celui qui recherche le bien moral, « réalisant que les biens vers lesquels il tend naturellement sont nécessaires à son épanouissement moral, se formule, sous forme de commandements pratiques, le devoir moral de les mettre en œuvre dans sa propre vie. Il s’exprime un certain nombre de préceptes très généraux qu’il partage avec tous les êtres humains et qui constituent le contenu de ce qu’on appelle la loi naturelle » (n° 45).

    Cette redécouverte de la loi naturelle ne se limite pas à la sphère de la conscience individuelle, mais se projette directement dans l'espace public. C'est précisément à cette intersection entre morale et politique que trouve sa place dans l'intervention du Saint-Père. Le message que le Pontife a adressé à l'Académie pontificale des sciences sociales porte sur l'exercice du pouvoir et, en particulier, sur l'état de la démocratie à notre époque. Benoît XVI s'était déjà exprimé sur les limites de la démocratie moderne, perçue comme un simple rempart procédural et légaliste contre les atteintes à la loi . Comme l'a observé le pape Ratzinger , « il est évident que, sur les questions fondamentales de droit, où la dignité humaine est en jeu, le principe majoritaire ne suffit pas ».

    C'est dans cette perspective que se situe Léon XIV, ayant manifestement une compréhension claire de la distinction entre la démocratie classique, comprise comme une « forme de gouvernement », et la démocratie moderne, comprise comme le « fondement du gouvernement ». Contrairement à la première, la seconde, bien qu'elle garantisse la participation aux décisions politiques ainsi que la capacité d'élire et de contrôler les gouvernements, ignore la loi de vérité – c'est-à-dire ce qui est véritablement juste et peut devenir loi – s'exposant ainsi au risque de « devenir soit une tyrannie majoritaire, soit un masque pour la domination des élites économiques et technologiques  », comme l'affirme Léon XIV.

    Ce risque menace non seulement la démocratie, mais aussi l'ordre international. La situation actuelle révèle l'échec du simple « équilibre des puissances », qui nous a fait croire à la possibilité de trouver un terrain d'entente entre les nations. Un équilibre qui se croit capable de se passer d'un fondement objectif, apte à dialoguer avec les personnes de toutes cultures et de toutes religions, est voué à l'échec dès le départ. L'invitation que le Pape a adressée à la délégation de responsables politiques français en août 2025 incite à proposer avec une vigueur renouvelée le droit naturel comme voie de dialogue et de salut. « Il ne faut donc pas craindre de le proposer et de le défendre avec conviction », a déclaré le Pontife à cette occasion. « C’est une doctrine du salut qui vise le bien de tout être humain, l’édification de sociétés pacifiques, harmonieuses, prospères et réconciliées. »

    Depuis lors, le Saint-Père n’a cessé d’étonner, comme lorsqu’à la fin du mois de mars, lors de sa visite en Principauté de Monaco, il a admiré la « souveraineté de Jésus » qui règne dans la cité-État monégasque (du moins sur le plan institutionnel), invitant à une compréhension plus profonde de la doctrine sociale de l’Église et, surtout, à en faire un engagement concret au quotidien.

    Foi, doctrine sociale de l’Église, droit naturel, ce sont là les moyens essentiels pour garantir que la paix, une paix authentique, s'installe et devienne de plus en plus visible : « La paix ne peut se réduire à un slogan », observait Léon XIV lors de sa visite au Cameroun, « elle doit s'incarner dans un style personnel et institutionnel qui rejette toute forme de violence. [...] La paix, en effet, ne se décrète pas : elle s'accueille et se vit. C'est un don de Dieu, qui se développe par un travail patient et collectif. C'est la responsabilité de tous, et avant tout des autorités civiles. »

  • Les pro-vie remportent une nouvelle victoire à la conférence de l'ONU

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    De sur C-Fam :

    Les pro-vie remportent une nouvelle victoire à la conférence de l'ONU

    NATIONS UNIES, 17 avril (C-Fam) Les militants pro-vie ont remporté une nouvelle victoire aux Nations Unies cette semaine, le président de la Commission de la population et du développement ayant refusé de soumettre un document à l'approbation. Il s'est opposé aux efforts européens visant à imprégner le document d'idéologies pro-avortement et de genre.

    L’ambassadeur Zéphyrin Maniratanga du Burundi n’a pas présenté d’accord final pour adoption car le projet d’accord négocié ces dernières semaines n’a pas pu être adopté à l’unanimité.

    Les gouvernements européens et d'autres gouvernements progressistes ont contesté la version finale de l'accord car elle ne comportait pas suffisamment de liens entre la santé sexuelle et reproductive, le genre, la censure et les droits de l'homme.

    Maniratanga a choisi de retirer l'accord plutôt que de céder aux progressistes ou de proposer un accord qu'ils auraient rejeté. Cette décision s'inscrit dans la pratique des conférences et réunions des Nations Unies, qui exige l'adoption par consensus, c'est-à-dire sans qu'aucune délégation onusienne ne s'y oppose.

    La décision de Maniratanga constituait un désaveu discret mais cinglant des gouvernements européens et progressistes qui, le mois dernier encore, avaient imposé un vote sur l'accord à la Commission de la condition de la femme, au lieu d'un vote définissant ce qu'est une femme. C'était la première fois dans l'histoire de cette commission qu'un vote était nécessaire. Les Européens et leurs alliés semblaient prêts à en convoquer un autre cette semaine.

    Le Saint-Siège a remercié l’Ambassadeur Maniratanga d’avoir préservé la pratique de l’adoption consensuelle et a déploré qu’une attention excessive portée à la santé sexuelle et reproductive ait fait dérailler les négociations. Le Saint-Siège a souligné que le discours sur la santé sexuelle et reproductive et les droits reproductifs avait toujours été controversé et qu’il était injuste de ne pas se concentrer sur un programme de santé plus large.

    La Gambie, l'Égypte, la Malaisie, le Nigeria et les États-Unis ont également félicité Maniratanga et exprimé des préoccupations similaires.

    Les Européens et leurs alliés ont juré de continuer à promouvoir l'avortement, l'idéologie du genre, la DEI et la censure par le biais des agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales qui mettent en œuvre la politique de l'ONU en matière de santé sexuelle et reproductive et de genre.

    Un représentant de Chypre, s'exprimant au nom de tous les États membres de l'UE, a déclaré que son pays était particulièrement déçu de ne pas avoir pu réaffirmer son engagement en faveur des « droits des femmes et des filles, de la santé sexuelle et reproductive et des droits en matière de reproduction ». Concernant la censure, l'UE a souligné que « pour que la technologie profite à tous, elle doit être conforme aux droits humains et respecter les principes de non-discrimination et d'égalité des genres ».

    La Commission de la population et du développement, qui se réunit chaque année pendant une semaine en avril, est le théâtre de débats permanents sur l'avortement, l'idéologie du genre, le contrôle des naissances et d'autres politiques sociales controversées. Elle n'est pas parvenue à un accord lors de sept des dix dernières sessions.

    La pratique consistant à adopter des accords à l'unanimité au sein de la Commission et des autres conférences de l'ONU constitue depuis des décennies un obstacle majeur pour les gouvernements progressistes. Elle a systématiquement empêché l'intégration de questions controversées aux accords onusiens, notamment la reconnaissance explicite de l'avortement, l'idéologie du genre et l'« éducation sexuelle complète ». Or, ces sujets figurent parmi les priorités de la politique étrangère de l'UE.

    Ces dernières années, l'UE et les gouvernements progressistes ont exercé une pression croissante sur la Commission pour qu'elle abandonne l'unanimité et adopte les résolutions par vote. Cela leur permettrait de faire pression sur les pays en développement et de remporter des votes serrés sur des politiques sociales controversées.

  • 40 000 participants à la Marche pour la Vie de Varsovie mais 700 à Bruxelles... Qu'est-ce à dire ?

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    De Petra Lorleberg sur kath.net/news :

    Marche pour la vie/Varsovie : environ 40 000 participants !

    22 avril 2026

    En Pologne, la Conférence des évêques catholiques a de nouveau parrainé la « Marche pour la vie » à Varsovie. Et ici ? – « Le chrétien de demain sera pro-vie, ou il cessera d’exister » – Commentaire de Petra Lorleberg

    Varsovie (kath.net/pl) La question « pro-vie » est-elle réellement si urgente pour les citoyens polonais, ou est-ce simplement dû au fait que la Conférence des évêques catholiques (KEP) a une fois de plus parrainé la « Marche pour la vie » à Varsovie ? Quoi qu'il en soit, la Marche pour la vie du 19 avril 2026 a rassemblé environ 40 000 personnes dans la capitale polonaise, Varsovie, se classant une fois de plus parmi les plus grands rassemblements pro-vie d'Europe. Plusieurs milliers de personnes ont également participé à la marche de Szczecin. D'autres Marches pour la vie ont lieu chaque année à différentes dates dans toute la Pologne. La voix du mouvement pro-vie est forte et claire en Pologne.

    Il est important de faire une distinction claire : en Pologne, comme dans d’autres pays, la Marche pour la Vie n’est pas un événement catholique interne, mais un mouvement politique. Les personnes de toutes confessions, croyances et opinions, polonaises et étrangères – en d’autres termes, « toutes les personnes de bonne volonté » – sont invitées à y participer. Chaque Marche pour la Vie, partout dans le monde, porte sur la législation d’un pays concernant les enfants à naître, la famille et le droit à la vie pour tous, y compris les groupes vulnérables tels que les personnes atteintes de troubles mentaux ou physiques et les personnes âgées en pleine force de l’âge. Il s’agit de savoir si une société souhaite tolérer que d’autres membres tuent volontairement l’un de ses membres. C’est pourquoi la participation du président polonais, Karol Nawrocki, en tant qu’orateur, était tout à fait logique. Il a notamment souligné que cet événement était une réponse au faible taux de natalité en Pologne. « Des milliers de personnes, au cœur de Varsovie, démontrent l’importance que la vie et la famille revêtent pour la Pologne. C’est pourquoi le président polonais ne pouvait pas être absent aujourd’hui. Je remercie les organisateurs et les merveilleuses familles polonaises », a-t-il déclaré dans son discours.

    L'Église catholique polonaise défend avec conviction et fermeté la vie, accomplissant ainsi une mission chrétienne fondamentale. C'est pourquoi la Conférence des évêques catholiques de Pologne (CECP) a renouvelé cette année son patronage de la Marche pour la vie à Varsovie. L'archevêque Tadeusz Wojda (Gdańsk), président de la CECP, en a été le parrain d'honneur et a adressé une invitation personnelle par vidéo. D'autres évêques ont également réalisé des vidéos d'invitation et des messages de bienvenue. Deux messes pro-vie ont été célébrées par des évêques auxiliaires afin de permettre aux nombreux catholiques présents d'y assister. Dans son homélie, l'évêque auxiliaire Piotr Jarecki (archidiocèse de Varsovie) a souligné : « Le caractère sacré de la vie, de la conception à la mort naturelle, est la valeur première et inaliénable. » Après la messe, il a invité les participants à envisager l'adoption spirituelle d'un enfant à naître. 

    La Marche pour la vie à Varsovie est depuis des années l'un des plus importants rassemblements pro-vie en Europe. Bien que – et de manière largement admise au niveau international – les chiffres varient considérablement selon la position de l'auteur sur la question pro-vie, on peut citer les suivants :

    • 40 000 participants à la Marche pour la Vie à Varsovie (patron d'honneur : Conférence des évêques polonais) plus d'autres marches Pro-Vie très suivies à travers la Pologne (certaines en même temps) dans une population totale de 36,5 millions d'habitants.
    • Slovaquie : la Marche pour la vie de Bratislava (patron d’honneur : Conférence des évêques slovaques) attire également environ 50 000 participants chaque année – un chiffre particulièrement impressionnant si l’on considère que la petite Slovaquie ne compte qu’environ 5,5 millions d’habitants.
    • France : La Marche pour la Vie à Paris, qui rassemble chaque année environ 50 000 participants, est l'une des plus grandes marches d'Europe.
    • Grande-Bretagne : La Marche pour la vie à Londres compte environ 10 000 participants.
    • La Marche pour la vie à Berlin et simultanément à Cologne, qui rassemblera environ 7 000 personnes en 2025, est significative par rapport aux marches de moindre envergure. 
    • République tchèque : Marche pour la vie de Prague (Patron d'honneur : Conférence des évêques tchèques) avec un peu moins de 5 000 participants
    • Autriche : En 2025, environ 3 000 personnes ont participé à la Marche pour la vie à Vienne.
    • Suisse : La Marche pour la Vie de Zurich 2025 a attiré environ 2 000 militants pro-vie.
    • Belgique : Environ 700 participants se sont rassemblés à Bruxelles pour la Marche pour la Vie.

    Cela soulève une question : pourquoi la participation à la Marche pour la Vie stagne-t-elle autant en Allemagne, en Autriche, en Suisse et dans d'autres pays européens ? On ne peut pas l'attribuer uniquement aux articles souvent virulents contre le droit à la vie publiés dans la presse grand public de ces pays, car le mouvement pro-vie est confronté au même problème, même dans les pays où la participation est en plein essor. Certains observateurs se demandent si des évêques et autres responsables catholiques éprouvent une gêne à être associés positivement au mouvement pro-vie. Se pourrait-il que la question du droit fondamental à la vie soit également occultée dans les sermons ? Combien de sermons pro-vie avez-vous entendus à la messe ces dix dernières années ?

    N'oublions pas : tous les papes depuis le concile Vatican II ont été explicitement pro-vie (et l'étaient également les papes antérieurs à Vatican II). Pourtant, l'Église catholique en Allemagne, en Autriche et en Suisse cède régulièrement aux tendances contemporaines qui promeuvent une « culture de mort » sous couvert d'« autodétermination », ignorant totalement l'« autodétermination » de l'enfant concerné, par exemple. Plusieurs papes ont explicitement soutenu la Marche pour la vie à Berlin par des messages de soutien, et la nonciature apostolique à Berlin a également exprimé son soutien.

    Le nouvel évêque de la Conférence épiscopale allemande (DBK), Mgr Heiner Wilmer, n'a pas adressé de message à la Marche pour la Vie de Munich. Le service de presse de la DBK a justifié cette absence en affirmant que la marche munichoise n'était qu'un événement régional (il est vrai que l'on a déjà entendu des excuses plus convaincantes. Après tout, le commandement chrétien de charité, qui est au cœur de notre engagement auprès des plus vulnérables, n'a jamais une portée uniquement régionale). Quoi qu'il en soit, la Marche pour la Vie 2026, qui aura lieu à Berlin et à Cologne, est bien plus qu'un simple événement régional. J'espère sans doute, en vain, que la Conférence épiscopale allemande sera la marraine de la prochaine Marche pour la Vie. Mais même de petits gestes seraient significatifs : il reste à voir si Mgr Wilmer adressera un message pour le 19 septembre. Ou mieux encore, s'il participera personnellement, comme le fait admirablement Mgr Rudolf Voderholzer, évêque de Ratisbonne. D'autres évêques sont également associés à la Marche pour la Vie, tels que Mgr Stefan Oster (Passau) et les évêques auxiliaires Florian Wörner (Augsbourg) et Thomas Maria Renz (Rottenburg-Stuttgart). Si Mgr Wilmer souhaite intervenir par une allocution ou célébrer une messe pro-vie (ou une liturgie de la Parole), il trouvera certainement un écho favorable auprès des organisateurs ! Ou bien les hauts dignitaires évêques allemands s'excuseront-ils une fois de plus en invoquant un emploi du temps surchargé (bien que des excuses plus convaincantes aient certainement été entendues) ?

    Fondamentalement, il doit être clair pour tous les catholiques (clergé et laïcs), ainsi que pour tous les chrétiens d'autres confessions (pour paraphraser une célèbre citation du théologien Karl Rahner) : « Le chrétien de demain sera pro-vie – ou il cessera d'exister. »

    L'autrice, Dipl.-Theol. Petra Lorleberg est CvD sur kath.net et est membre du conseil exécutif fédéral de l'organisation de défense des droits de l'homme de la CDU « Démocrates chrétiens pour la vie » (CDL).