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Politique

  • Il y a cinquante ans, Pierre Chaunu, historien visionnaire, annonçait notre présent

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    Pierre Chaunu (1923-2009) est de ces historiens qu’on a trop souvent lu en diagonale, ou seulement pour ses travaux monumentaux sur Séville et l’Atlantique et l’histoire quantitative, alors qu’il avait une profondeur anthropologique, démographique et civilisationnelle particulièrement aiguë, surtout dans ses derniers livres et ses interventions publiques.

    Il insistait beaucoup sur :

    • La continuité comme essence de l’histoire (« l’essentiel s’appelle permanence ») face à l’écume du changement perpétuel.
    • La démographie comme révélateur ultime du moral d’une civilisation (il parlait très tôt de « déchristianisation » et de « suicide démographique » de l’Europe).
    • Le rôle central du christianisme dans la genèse de l’Occident moderne, et le vide spirituel et anthropologique qu’a laissé son recul.
    • Une vision tragique mais lucide de l’Histoire : l’homme n’est pas maître absolu de son destin, les structures profondes (démographie, croyances, cadres mentaux) pèsent lourdement.

    Beaucoup de ses mises en garde des années 70-90 sur la dénatalité, la perte de sens, le rapport au temps long, sonnent aujourd’hui avec une force presque prophétique.

    Pour lui, la démographie n’est pas un simple indicateur économique ou statistique parmi d’autres : elle constitue le révélateur ultime du moral d’une civilisation, de sa vitalité profonde, de son rapport à la vie, à l’avenir et à la transcendance. Contrairement aux événements spectaculaires (guerres, crises), le déclin de la natalité est insidieux : il ne fait pas de « cadavres visibles », il est un « refus de la vie » silencieux.

    Contexte historique et comparaison

    Chaunu arrive à cette conviction par son travail sur l’Amérique espagnole (surtout Séville et l’Atlantique). Il observe le choc démographique colossal post-Conquête : la population amérindienne s’effondre (estimations très débattues, de ~80 millions à une fraction en quelques décennies), en grande partie à cause des maladies, mais aussi des ruptures culturelles et spirituelles. Cela lui montre que les civilisations peuvent mourir par implosion démographique, pas seulement par conquête extérieure.

    En Europe, il contraste cela avec la vitalité médiévale : le « monde plein » du XIIIe siècle, avec une forte densité, des défrichements massifs, des clochers partout. L’Église y joue un rôle ambivalent : elle promeut le mariage tardif pour réguler la pression sur les ressources, ce qui finit par internaliser une certaine méfiance vis-à-vis de la chair et du plaisir, selon lui.

    La « peste blanche » et le suicide démographique

    Dans Le Refus de la vie (1975) et surtout La Peste blanche : comment éviter le suicide de l’Occident (1976, avec Georges Suffert), Chaunu alerte sur le retournement brutal de la fécondité européenne après le baby-boom. Il parle explicitement de « suicide » parce que :

    • C’est un choix collectif inconscient, porté par l’individualisme hédoniste, la société de consommation, la sécularisation.
    • La pilule (1960) et la légalisation de l’avortement (1975 en France) accélèrent le phénomène.
    • Le « refus de l’enfant » révèle un rapport altéré au temps et à la mort : l’enfant incarne l’avenir et rappelle la finitude. Une société qui ne veut plus d’enfants est une société qui ne veut plus se projeter au-delà d’elle-même.

    Citation emblématique :

    « La dénatalité, pour un homme quelconque, est comme la peste et la guerre, de l’ordre du destin. [...] La peste et la guerre font des morts, le refus de la vie ne fait rien. Les premiers se voient, le second ne se voit pas. »

    Lien avec la déchristianisation

    Chaunu, protestant engagé, voit une corrélation profonde entre le recul du christianisme et ce suicide démographique. Le christianisme avait fourni :

    • Une sacralisation de la vie et de la famille.
    • Un « transfert eschatologique » vers les valeurs laïques (Lumières, République) qui avait maintenu un temps la vitalité.
    • Une vision de l’homme comme créature responsable devant Dieu et l’avenir.

    Avec la déchristianisation (qu’il observe déjà dans les mentalités du XVIIIe siècle, via les travaux comme ceux de Vovelle qu’il a encadrés), ce cadre s’effondre. La société devient « stérile » spirituellement et biologiquement : culte de l’adolescent/consommateur immédiat, rejet de la transmission, égoïsme temporel. Il note que « le racisme est une fleur qui pousse dans la famille trop réduite » — les sociétés vieillissantes et atomisées deviennent plus craintives face à l’Autre.

    Actualité de Chaunu

    Dès les années 1970, il prédit l’« hiver démographique » européen, la pyramide des âges inversée, les tensions migratoires et identitaires qui en découlent. Il ne cesse de répéter que la démographie est la prospective par excellence : plus fiable que les indicateurs économiques.

    Ses analyses restent discutées (certains lui reprochent un ton alarmiste ou une lecture trop « civilisationniste »), mais les chiffres lui donnent rétrospectivement raison sur l’ampleur du déclin de la fécondité autochtone en Europe.

    La Peste blanche (1976).

    Ce livre est un dialogue entre Pierre Chaunu (l’historien) et Georges Suffert (le journaliste). Il s’inscrit dans la continuité de Le Refus de la vie (1975) et prend la forme d’une enquête vive, alerte, parfois prophétique. Il ne s’agit pas d’un traité académique lourd mais d’un cri d’alarme accessible, structuré autour du contraste entre le passé vital de l’Occident et son présent suicidaire.

    Le concept central : la « peste blanche »

    Chaunu oppose deux fléaux :

    • Les pestes traditionnelles (Noire, etc.) : visibles, bruyantes, dramatiques, avec cadavres, cloches, quarantaines. Elles tuent brutalement mais laissent des survivants qui reconstruisent.
    • La peste blanche : invisible, indolore, silencieuse. Elle ne fait pas de « morts visibles » immédiatement. C’est le refus de la vie, le déclin volontaire de la natalité, l’indifférence à la transmission.

    Citation clé (extraite des présentations du livre) :

    « Lorsque autrefois la peste s’abattait sur une ville […], chacun en était averti par la rumeur, les cloches, les grands feux […]. La peste blanche, au contraire, est invisible, apparemment indolore. Pourtant à court terme, elle est tout aussi dramatique que les pestes d’autrefois. »

    Qu’est-ce que cette peste ?

    • La désespérance (perte de sens et d’avenir).
    • L’indifférence à la vie et à la postérité.
    • Le culte du bonheur immédiat (hédonisme consumériste).
    • Le mépris de l’histoire et de l’avenir (présentisme).

    Conséquence directe : le suicide démographique de l’Occident.

    Analyse historique et causes

    Chaunu mobilise son expertise (notamment sur l’Amérique latine post-Conquête) pour montrer que les civilisations peuvent s’effondrer par implosion interne plus que par choc externe. Il relie cela à :

    • La déchristianisation progressive : le christianisme avait sacralisé la vie, la famille, la transmission. Son recul laisse un vide anthropologique.
    • L’individualisme moderne et la société de consommation qui font de l’enfant un « coût » plutôt qu’une bénédiction et un projet.
    • Les évolutions techniques (pilule, avortement) qui accélèrent un mouvement déjà entamé dans les mentalités.
    • Un rapport altéré au temps : l’Occident, qui avait inventé le progrès et la projection dans l’avenir, se replie sur l’instant.

    Il parle d’un « refus de la vie » collectif, inconscient, qui n’est pas perçu comme tel par les individus (« pour un homme quelconque, la dénatalité est […] de l’ordre du destin. […] Le refus de la vie ne fait rien. Les premiers [peste/guerre] se voient, le second ne se voit pas »).

    Structure et ton

    Le livre alterne :

    • Diagnostic historique (« jadis », « naguère »).
    • Analyse du présent (« aujourd’hui »).
    • Perspectives d’« avenir retrouvé » (propositions pour inverser la tendance).

    Chaunu et Suffert sont décrits comme optimistes par tempérament, mais lucides. Ils ne se contentent pas de déplorer : ils cherchent des voies de redressement (retour à un certain sens du sacré, valorisation de la famille, prise de conscience collective).

    Actualité en 2026

    Écrit il y a cinquante ans, le livre a vu ses prédictions confirmées de manière spectaculaire : fécondité européenne durablement sous le seuil de remplacement, vieillissement accéléré, dépendance migratoire croissante, tensions identitaires et économiques liées à la pyramide des âges inversée. Chaunu y voyait déjà le risque d’une « résignation anticipée devant les asservissements possibles ».

  • Avortement : ce n'est pas la "science" qui décide et il ne lui appartient pas de le faire

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    Une opinion de Werner-Édouard de Saeger van Nattenhaesdonck, avocat au barreau de Liège-Huy, professeur de droit à l'université de Hasselt, affilié au Center for Bioethics de la Harvard Medical School, publiée en sur le site de la Libre :

    Avortement : la science ne décide pas, et il ne lui appartient pas de le faire

    Dans le débat actuel sur l'allongement du délai légal, l'invocation de "la science" masque un choix moral qui, en démocratie, revient au citoyen, non aux experts.

    Il n'existe pas de manière plus élégante de soustraire un choix moral au débat que de le déclarer fait scientifique. "Laissons la science décider, et non la politique" sonne comme un appel à la sobriété contre l'idéologie. C'est en réalité la phrase la plus idéologique de tout le débat sur l'avortement : elle déguise un choix de valeurs profondément contesté en simple résultat de mesure.

    Soyons précis. La science décrit comment l'embryon devient fœtus, à partir de quand un système nerveux fonctionne, quand la viabilité hors de l'utérus devient possible. Ce sont là des faits. Mais d'aucun fait ne découle, à lui seul, une norme. Aucune échographie, aucun rapport d'experts ne peut dire à partir de quel moment la vie à naître mérite la protection du droit : cette question n'est pas empirique, mais éthique et juridique. Qui l'ignore ne fait pas de la science : il fait, derrière son bouclier, de la politique sans oser l'avouer.

    Une "neutralité" qui n'en est pas une

    On met en garde, à juste titre, contre l'idée de légiférer à partir d'"une seule vision morale du monde déguisée en neutralité". Mais que l'on s'applique alors ce principe. Présenter l'avortement comme un simple "acte de soin sûr et de routine" n'est pas un résumé neutre de la médecine : c'est l'individualisme libéral déguisé en jargon médical. Que l'intervention soit sûre pour la femme, nul ne le conteste ; là n'est pas la question. Le mot "soin" présuppose qu'il n'y a qu'un patient. Or savoir s'il existe un second être humain dont les intérêts comptent est précisément la question disputée que ce terme fait mine d'avoir tranchée. La vision "neutre" que l'on dénonce chez l'adversaire, on la porte donc soi-même.

    De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui.

    La science, du reste, est moins unanime qu'on ne le prétend. Que le fœtus ne ressentirait la douleur qu'après vingt-deux semaines n'est pas un fait acquis, mais une interprétation que conteste une partie de la recherche, y compris des chercheurs qui défendaient naguère la thèse inverse et qui n'excluent pas une perception bien antérieure. Et la viabilité n'est pas une frontière morale : c'est une frontière technologique, qui recule à mesure que progresse la néonatologie. Un enfant qu'on ne savait pas sauver en 1990 et qu'on sauve en 2026 n'était pas moins humain hier.

    Le critère le moins arbitraire

    Si l'on veut faire parler la biologie, qu'on la laisse parler jusqu'au bout. Le critère le moins arbitraire qu'elle désigne est la conception : dès cet instant existe un organisme humain distinct, vivant, doté de son propre génome. Douze, quatorze, dix-huit semaines sont précisément les points où la nature ne trace aucune ligne de rupture, où rien n'apparaît soudain qui n'existait pas la veille. Les seuils gradualistes ne sont donc pas scientifiques : ce sont des compromis juridiques.

    Je ne m'en cacherai pas, car esquiver serait lâche : je me situe sur la ligne de la vie dès la conception. Non par sentiment, ni par la seule conviction religieuse (que je porte, en catholique, sans détour), mais parce que la raison elle-même n'indique aucun autre commencement où la dignité humaine s'ouvre sans arbitraire. De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui. Qui veut faire commencer la protection plus tard doit tracer une frontière que la nature ne trace nulle part, et la charge de la preuve lui incombe.

    Et le père ?

    Une figure, enfin, manque systématiquement : le père. La procréation est, par nature, une réalité partagée : il y a un enfant, et cet enfant a deux auteurs. Pourtant, le discours dominant réduit la décision à une affaire strictement privée, comme si le père, le couple et la famille n'existaient pas. Je ne plaide pas pour un droit de veto de l'homme : celle qui porte la grossesse porte un fardeau que l'autre ne porte pas, et c'est à elle que revient, à juste titre, la décision finale. Or notre droit ne traite pas le père comme une voix plus faible, mais comme une voix nulle. Et cela s'accorde mal avec un droit de la famille qui impose au même homme dix-huit années d'obligation alimentaire pour un enfant qu'il ne voulait pas, tout en lui refusant toute parole sur celui qu'il voulait. Une responsabilité sans voix : dans tout autre domaine, nous la dirions injuste.

    Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    Reste l'argument bien connu selon lequel une législation plus stricte pousse la pratique "dans l'ombre" ou "de l'autre côté de la frontière". Mais ce n'est pas un argument sur le droit ; c'est une prévision sur l'efficacité. Et il prouve trop : qu'une interdiction soit contournée n'a jamais démontré qu'elle fût injuste. On reconnaît du reste volontiers qu'il s'agit d'" un nombre inconnu" de femmes. On ne peut pas, dans la même phrase, brandir un chiffre comme décisif et avouer l'ignorer.

    À qui revient la décision

    L'objection la plus profonde demeure démocratique. Précisément parce que des citoyens raisonnables divergent ici fondamentalement, la question a sa place au parlement, chez le représentant élu, non dans une commission d'experts sans mandat pour juger de la vie et de la mort. Les experts doivent éclairer le législateur par les faits ; mais dès qu'ils "recommandent" un délai, ils sortent de leur compétence et deviennent des législateurs non élus. Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    La science décrit la vie. Que nous la protégions, et dans quelle mesure (et qui siège à la table lorsqu'on en décide : la femme, l'enfant, le père, la communauté), demeure un choix de la conscience et de la démocratie. Le mien est clair, et je ne le dissimule pas : la protection commence à la conception, parce que c'est là que commence l'homme. Que celui qui préfère une frontière plus tardive le plaide, dans un pays libre, mais comme le choix moral qu'il est, et non comme le décret d'une science qui, sur l'essentiel, garde le silence.

  • Le respect de la vie est devenu tabou en Belgique.

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    Du Frère René Stockman sur le Catholic Herald :

    Le respect de la vie est devenu tabou en Belgique.

    Alors que le débat sur l’euthanasie s’était quelque peu apaisé en Belgique ces derniers temps, il semble revenir sur le devant de la scène à la suite de plusieurs cas particuliers qui ont fait la une de l’actualité.

    Par exemple, un homme – encore relativement jeune – atteint d’une maladie en phase terminale a choisi l’euthanasie. La semaine précédant l’événement, il a organisé une grande fête d’adieu pour tous ses amis, qui a bien sûr fait l’objet d’une large couverture médiatique, avec photos et interviews. Il a déclaré explicitement que les éventuels sentiments négatifs de ses amis à l’égard de sa décision lui étaient totalement indifférents et que cela ne regardait qu’eux.

    Puis, un médecin a affirmé que les gens dépensaient plus en frais médicaux au cours des trois dernières années de leur vie que pendant toutes les années précédentes, ce que l’on ne ferait jamais avec une vieille voiture. Une déclaration bizarre, qui cachait naturellement des intentions cachées.

    Peu de temps auparavant, même le président d’une caisse d’assurance maladie – une caisse aux racines chrétiennes, qui plus est – avait suggéré qu’il serait peut-être judicieux de promouvoir l’option de l’euthanasie auprès des personnes âgées afin de mieux maîtriser la hausse des coûts de l’assurance maladie. Ici, le lien entre l’euthanasie et les considérations financières était mis à nu sans la moindre hésitation, et il n’y avait pas besoin d’intentions cachées.

    On fait invariablement référence à l’accord de coalition conclu lors de la récente formation du gouvernement, qui stipule que, sur la base de données scientifiques solides, des efforts doivent être déployés pour étendre les directives anticipées en matière d’euthanasie aux personnes incapables de discernement en raison d’une démence, et que les conditions dans lesquelles cela est envisageable doivent être étudiées.

    Lorsque l’on écoute les arguments avancés par les défenseurs bien connus de l’euthanasie et de son extension, il est frappant de constater que, sous la bannière d’une société pluraliste, une seule vision de l’humanité est mise en avant, à savoir celle d’une personne capable d’exercer son libre arbitre de manière absolue, ce qui doit lui garantir une autodétermination absolue. Toute autre conception de l’humanité, dans laquelle, par exemple, la dimension sociale et la responsabilité mutuelle sont explicitement considérées comme une dimension inhérente à la condition humaine, est rejetée comme une vision dépassée de l’humanité. Tout semble se réduire à une conception entièrement individualiste de l’humanité, où prévaut le principe du « chacun pour soi ». La seule préoccupation est désormais de savoir comment, dans des situations complexes d’incapacité – qui sont déjà interprétées de manière plus large que les seuls cas de démence –, garantir à la fois le libre arbitre de la personne et la diligence professionnelle de celui qui doit pratiquer l’euthanasie.

    L’idée selon laquelle la vie en tant que telle, quelle que soit sa forme, peut avoir une valeur absolue, et que les êtres humains sont toujours des êtres sociaux – ce qui signifie que les décisions concernant la vie ont des répercussions sur les proches du défunt – est écartée comme étant tout à fait secondaire et hors de propos dans le débat actuel, qui vise à aboutir à une éventuelle extension de la loi. Tant les personnes concernées que leur entourage immédiat et, surtout, les soignants se trouvent ici confrontés à un dilemme moral dans lequel ils doivent, a priori, se conformer à une conception de l’humanité qui leur est imposée. Sous le prétexte de la liberté absolue, c’est en réalité la liberté elle-même qui est sapée, et le débat se déroule exclusivement dans un cadre éthique prédéterminé, fondé sur une conception de l’humanité qui n’est plus sujette à discussion ni à contestation.

    Alors que, dans certains pays où le débat sur l’euthanasie en est, pour ainsi dire, encore à ses balbutiements, et où de sérieuses questions morales sont soulevées précisément au sujet de ce caractère sacré absolu de la vie et de la responsabilité sociale que chaque personne a envers les autres, et où l’on se demande donc si l’euthanasie en tant que telle peut réellement être considérée comme le fruit d’une compréhension croissante d’une humanité en pleine évolution, il s’agit là, pour notre pays, d’un débat depuis longtemps oublié et relégué aux oubliettes, dans lequel on regarde avec pitié ceux qui n’ont pas encore atteint cette maturité morale. L’argument est alors très vite avancé selon lequel certaines opinions doctrinales doivent être totalement exclues d’une société qui s’est affranchie de toute forme de considération religieuse ou philosophique ne s’alignant pas sur la nouvelle vision de l’humanité qui vient d’être mise en avant.

    C’est ainsi que ceux qui tentent encore d’introduire une réflexion morale dans le débat, et s’efforcent à juste titre d’en faire le point de départ, sont très vite réduits au silence, accusés de cruauté inhumaine parce qu’on leur reproche d’être insensibles aux souffrances que d’autres doivent endurer. Car ce serait là une conception de l’humanité qui priverait les individus du droit de prendre des décisions autonomes concernant leur propre vie et qui permettrait à une idéologie de primer sur la situation concrète dans laquelle se trouve une personne.

    Selon eux, « l’humanité » exige que l’on emploie tous les moyens pour soulager la souffrance et, si cela s’avère impossible, pour l’éliminer complètement. Le véritable sens de la compassion est réduit et perverti à l’élimination radicale de la souffrance par le fait de tuer activement l’autre, plutôt que d’honorer ce mot dans son sens véritable, où l’attention bienveillante portée à ses semblables reste la priorité. L’euthanasie est élevée au rang de forme suprême de compassion, en tant qu’acte d’amour par lequel une personne est délivrée de ses souffrances.

    Ceux qui, en revanche, osent encore parler du caractère sacré absolu de toute vie – surtout lorsqu’il semble que ce soit avancé dans une perspective religieuse particulière et avec des connotations religieuses – semblent venir d’une autre planète. Ils deviennent des parias dans un pays qui s’est présenté à l’échelle mondiale comme un pionnier du débat éthique, où le seul objectif est désormais de promouvoir à la fois l’avortement et l’euthanasie en tant que droits humains fondamentaux.

    Le fait que cela ait déjà été réalisé en France dans le domaine de l’avortement pourrait bien être considéré par certains Belges comme un échec à rester à l’avant-garde de la libération de toute forme d’ingérence morale dans les décisions concernant la vie et la mort, fondée sur un triomphe absolu de l’autodétermination que personne ni rien ne peut remettre en cause. C’est ainsi que le respect absolu de la vie a été relégué aux oubliettes et est finalement devenu tabou. La véritable question n’est pas de savoir si nous sommes devenus plus libres, mais si nous sommes devenus plus humains.

  • La conversion de JD Vance

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    De Maximilien Lutz sur le Tagespost :

    La conversion de JD Vance

    Dans « Communion », le vice-président américain relate sa conversion au catholicisme. Ce livre est aussi un manifeste politique. Que révèle-t-il sur Vance, sa vision du monde et ses ambitions politiques ? Et quel lien peut-on établir entre un verre à vin brisé et le destin ?

    22 juin 2026

    Août 2018 : JD Vance se sentait de plus en plus attiré par la foi catholique, mais les doutes des années précédentes ne l’avaient pas encore totalement dissipé. Les graves affaires d’abus sexuels qui avaient secoué l’Église américaine cette année-là l’avaient particulièrement marqué. Puis, lors d’un voyage en Europe avec sa femme Usha et leur jeune fils, il vécut une sorte de révélation spirituelle : dans une cathédrale vide en Bourgogne, il fut saisi par un profond sentiment d’appartenance et d’espoir : « Cette église, dans un pays étranger, où ma famille et moi étions les seuls visiteurs, me semblait m’appartenir. Je lui devais quelque chose, tout comme elle me devait quelque chose. » Peu importaient les gros titres négatifs et le déclin du christianisme dans de nombreux endroits : « Si le Titanic coule, je préfère être à bord que de monter dans un canot de sauvetage. » Suite à cette expérience, il décida de se faire baptiser pour la première fois.

    JD Vance : Communion. Retrouver le chemin de la foi.

    Vance relate cet épisode dans son nouveau livre, « Communion : Retrouver la foi ». Cet ouvrage très attendu du vice-président américain, actuellement disponible uniquement en anglais, fait d'une pierre deux coups : autobiographie à thématique religieuse, il raconte la conversion du numéro deux des États-Unis. Parallèlement, « Communion » est aussi un manifeste politique. Ce livre apporte de nouvelles pièces au puzzle de cet homme politique qui pourrait bientôt viser des fonctions plus importantes. Car Vance est considéré comme un successeur potentiel de Donald Trump.

    La conversion politique et la conversion religieuse sont inextricablement liées.

    Le livre de Vance arrive à point nommé à plusieurs égards : depuis un an, un Américain, Léon XIV, occupe le trône pontifical et jouit d’une popularité bien supérieure dans son pays que son prédécesseur, François. Par ailleurs, l’intérêt pour la foi catholique s’accroît aux États-Unis : les jeunes adultes, notamment, se font baptiser – même si cette tendance n’a pas encore enrayé le déclin général du nombre de fidèles. En outre, les critiques à l’égard de l’administration Trump se sont récemment intensifiées au sein des milieux chrétiens conservateurs américains. Le livre de Vance s’inscrit donc dans cet intérêt grandissant pour le catholicisme, mais peut aussi être interprété comme un message adressé à l’électorat traditionnel, qui n’est plus entièrement satisfait : « Voyez, nous pensons toujours de la même manière. »

    Lorsque JD Vance a accédé à la notoriété publique, il ne partageait pas encore les idées du camp MAGA alors naissant. Dans son autobiographie à succès de 2016, « Hillbilly Elegy », une étude concise de la classe ouvrière marginalisée de la Rust Belt américaine, Vance se présentait comme un critique conservateur de Trump. Depuis, Vance, aujourd'hui âgé de 41 ans, a opéré une conversion politique. Depuis son élection victorieuse au Sénat dans l'Ohio en 2022, il est considéré comme une figure importante du camp Trump. Ce changement politique a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. Ses détracteurs l'accusent d'opportunisme. Le vice-président américain aborde ouvertement ce sujet dans « Communion » : pour ses critiques, cette conversion politique n'était qu'une « manœuvre cynique » pour accéder au pouvoir. « Je doute de jamais pouvoir les faire changer d'avis. »

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  • Israël combat pour sa survie, mais le monde presqu'entier leur est hostile. Une enquête dans 36 pays

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Israël combat pour sa survie, mais le monde presqu'entier leur est hostile. Une enquête dans 36 pays

    Il y avait, un grand absent la semaine dernière, à l’occasion de la signature de l’accord préliminaire entre l’Iran et les États-Unis : Israël. Ce dernier n’a pas pour autant déposé les armes contre l’Iran ni contre son “proxy” libanais, le Hezbollah, mais dans le même temps, il semble avoir perdu la bataille de l’image dans le monde.

    Depuis l’an dernier, et sur tous les continents, les opinions sur Israël sont en berne. C’est ce que confirme le Pew Research Center de Washington, qui a réalisé entre février et mai une enquête parallèle dans 36 pays d’Europe, d’Asie, d’Afrique, des Amériques et d’Australie, et qui a comparé les chiffres avec une enquête similaire réalisée en 2025.

    Sur 36 pays, seuls 4 d’entre eux ont un nombre d’opinions positives supérieur aux opinions négatives sur Israël : l’Inde, le Kenya, le Nigéria et le Ghana. Mais là encore, les chiffres témoignent d’une forte inversion de tendance. Au Nigéria, par exemple, en 2025, 59% des personnes interrogées avaient une opinion positive, contre 32% d’opinions négatives. Mais aujourd’hui, les opinions positives sont tombées à 47% et les négatives ont grimpé à 41%.

    Comme on pouvait s’y attendre, les opinions négatives sont écrasantes dans les pays à population musulmane. C’est d’ailleurs la Turquie qui remporte la palme, avec 97% d’opinions négatives (presque toutes “très négatives”) et à peine 1% de positives.

    En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, l’écart est immense : 85% contre 4%. Et il l’est encore tout autant, sinon davantage, au Pakistan, 95% contre 3%, en Malaisie, 89% contre 11%, en Indonésie, 86% contre 13% ou encore au Bangladesh, 79% contre 13%.

    En Europe également, Israël recueille des opinions principalement négatives. En Espagne, en Suède, aux Pays-Bas et en Italie, les opinions défavorables dépassent les 75% des personnes interrogées, contre seulement 17% à 21% d'opinions favorables. Suivent, de peu, l'Allemagne, la Pologne, le Royaume-Uni, la France et la Grèce, qui affichent tous des jugements négatifs compris entre 65% et 73%. Le seul pays européen qui semble un peu plus bienveillant à l'égard d'Israël est la Hongrie, mais même là, les avis défavorables atteignent 54%, contre 32% d'avis favorables.

    Le Japon, avec 83% d’opinions négatives contre 13%, l'Australie, 79% contre 19%, Singapour, 72% contre 28%, la Corée du Sud, 70% contre 27%, et les Philippines, 64% contre 32%, égalent l'Europe en matière d'écart entre jugements positifs et négatifs.

    De son côté, l'Amérique latine se situe un cran en dessous, avec des opinions défavorables comprises entre 50% et 60% et des opinions favorables entre 22% et 33% au Chili, au Mexique, en Colombie, en Argentine, au Brésil et au Pérou.

    Il en va de même en Afrique du Sud, où les opinions négatives atteignent 58% contre 27% d'avis positifs, ainsi qu'au Canada, avec 65% contre 28%.

    Et aux États-Unis ? Ici, les opinions défavorables s'élèvent à 60% et les favorables à 37% (avec 3% d'abstention). Toutefois, on observe un écart très marqué entre les personnes se déclarant de droite et celles de gauche. Parmi ces dernières, 83% jugent Israël négativement, tandis que parmi les personnes de droite, les avis défavorables ne sont que de 37%.

    Un écart analogue entre la droite et la gauche apparaît également dans de nombreux autres pays. En Australie, en Suède et en Espagne, entre 94% et 96% des personnes se déclarant de gauche jugent Israël défavorablement. Aux Pays-Bas et en Grèce, ce chiffre est de 90%, en Italie de 88%, en France de 86% et en Allemagne de 85%.

    En tout cas, dans tous les pays — 24 sur 36 — où la comparaison avec 2025 a été possible, les opinions négatives sur Israël ont nettement augmenté.

    En Italie, par exemple, il y a un an, les opinions négatives étaient de 66% contre 29% d'opinions positives, alors qu'aujourd'hui, les opinions négatives ont grimpé à 75% et les positives ont chuté à 21%. Avec une précision : si l'on isole les opinions "très négatives" et les "très positives", les premières ont bondi de 37% à 48%, tandis que les secondes, déjà très faibles, se sont effondrées de 7% à 3%.

    Si l'on se concentre ensuite, comme l'a fait le Pew Research Center, sur les opinions exprimées non pas sur Israël mais sur son Premier ministre Benjamin Netanyahu, plus de la moitié des personnes interrogées expriment une opinion totalement négative sur la qualité de sa politique internationale. C'est ce qui ressort en Australie, au Bangladesh, au Canada, en France, en Allemagne, en Grèce, en Indonésie, en Italie, en Malaisie, aux Pays-Bas, au Pakistan, au Royaume-Uni, en Espagne, en Suède, en Turquie, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Ici aussi, avec une présence plus marquée d'opinions négatives chez les plus jeunes et chez ceux qui se déclarent de gauche. Et avec une augmentation des opinions négatives entre 2025 et cette année dans 13 des 24 pays où la comparaison est possible, dont l'Italie, l'Allemagne et les États-Unis.

    Il n’y a que deux pays dans lesquels un peu plus de la moitié des personnes interrogées ont exprimé leur confiance à Netanyahu : le Kenya et les Philippines.

    Dans une autre enquête publiée fin mai et limitée aux États-Unis, le Pew Research Center a en outre cherché à vérifier dans quelle mesure les fidèles de diverses confessions qui participent régulièrement aux offices religieux ont récemment entendu de la part de leurs pasteurs des commentaires sur des questions politiques et sociales d'actualité.

    Parmi les questions faisant l’objet du sondage, on retrouvait notamment Israël et la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran. Entre un quart et un tiers des personnes interrogées ont répondu par l'affirmative, indiquant avoir entendu des commentaires sur ces sujets.

    Les protestants évangélisques ont déclaré que leurs pasteurs, quand ils parlaient d’Israël, ont presque toujours eu des discours de soutien, avec très peu d’interventions contraires.

    Et chez les catholiques, on a entendu plus d’interventions de soutien à Israël ou de neutralité que de condamnations.

    En revanche, concernant la guerre des États-Unis contre l'Iran, ceux qui en ont entendu parler en chaire ont déclaré avoir entendu principalement des commentaires critiques.

    Par exemple, sur les 30% de catholiques qui ont entendu aborder le sujet, à peine un sur dix déclare avoir entendu des opinions favorables à cette guerre. Les autres interventions étaient pour la plupart opposées ou neutres.

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • La protection de la maternité dans l'Union européenne

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    Du site de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    La protection de la maternité dans l'Union européenne

    18 Juin 2026
    Le 15 octobre 2025, la Fédération européenne «One of Us» a organisé au Parlement européen une conférence intitulée «Real Choice means Real Support».

    Cet événement a rassemblé près de 300 participants: membres de la société civile, représentants d’associations et jeunes citoyens, venus de 17 États membres de l’Union européenne (UE). Huit députés européens appartenant aux groupes politiques PPE (Parti Populaire Européen) et ECR (Conservateurs et Réformistes Européens) ont également pris la parole lors de cette rencontre.

    L’objectif de cette conférence était de donner la parole à des femmes ayant vécu une grossesse difficile ou un avortement, afin de leur permettre de faire entendre leur voix et de mettre en lumière que derrière le recours à un acte banalisé se cache très souvent une situation de vulnérabilité sociale, matérielle ou psychologique susceptible d’influencer le parcours de grossesse. Les témoignages recueillis ont convergé vers un même constat : l’insuffisance des dispositifs d’aide psychologique, matérielle et médicale destinés aux femmes enceintes en situation de vulnérabilité conduit nombre d’entre elles à considérer l’avortement non comme un choix libre, mais comme une solutionpar défaut.

    Parmi les femmes ayant accepté de témoigner, Charlène, Française, a livré un récit poignant des pressions qu’elle a subies.

    À l’âge de 27 ans, Charlène est tombée enceinte de manière imprévue. Elle souhaitait la poursuivre, d’autant qu’elle est déjà mère. Son compagnon, lui, en revanche, exerça une pression constante pour qu’elle avorte. Cherchant un appui extérieur, elle a consulté un médecin en présence de son conjoint. Ce praticien lui opposa une incompréhension face à sa volonté de garder l’enfant. Charlène se heurta donc à un premier jugement moral, non à une aide professionnelle.

    Elle se tourne ensuite vers une psychologue, au sein d’un centre de conseil conjugal et familial affilié à la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF). Elle espérait y trouver un tiers neutre capable de faciliter le dialogue avec son compagnon et de l’éclairer sur ses options. Or, selon son témoignage, la prise en charge fut radicalement inverse : lorsqu’elle évoquait le « bébé à venir », les professionnels lui rétorquaient qu’il ne s’agissait que d’un « amas de cellules ». Un psychologue du centre prit même l’initiative de programmer une consultation en vue d’un avortement, « au cas où » elle céderait.

    Malgré ces pressions, Charlène résiste et refuse de prendre la pilule abortive préparatoire. Toutefois, la pression conjugale atteint son paroxysme lorsque son compagnon lui enfonce de force la pilule abortive dans la bouche. Légalement, nous sommes là face à un avortement forcé caractérisé.

    Les conséquences sur sa santé mentale furent sévères: rupture avec son compagnon, épisode dépressif profond, puis une longue reconstruction. Aujourd’hui mariée et mère de trois enfants, elle déclare: «On ne peut qu’apprendre à vivre avec», formule qui traduit les traces indélébiles laissées par cette expérience.

    Au Parlement européen, Charlène lance un message fort: «En Europe, une femme qui dit “je ne veux pas avorter” doit être protégée.»

    Cette déclaration met en évidence un paradoxe des politiques européennes de santé et de droits des femmes: alors que l’avortement est présenté comme un droit relevant de la liberté individuelle, les femmes qui souhaitent ne pas y recourir se trouvent souvent dépourvues d’un accompagnement adapté. L’absence de soutien matériel (logement, revenu, emploi) et psychologique (conseil non directif, écoute) peut, dans certaines situations, réduire concrètement la capacité des femmes à exercer un choix pleinement libre et éclairé.

    Le cas de Charlène n’est pas isolé. Selon l’enquête VIRAGE 2015 (Violences et Rapports de Genre) et l’enquête nationale Enveff 2000, des violences physiques sont constatées dans 3 à 8 % des grossesses. Ce taux serait trois à quatre fois supérieur en cas de grossesse non désirée par le partenaire.

    Cette réalité apparaît également dans les données disponibles. Selon une enquête IFOP (Institut français d’opinion publique) réalisée pour le Planning familial en septembre 2024, 29% des femmes ayant eu recours à une interruption volontaire de grossesse déclarent avoir ressenti une forme de pression en faveur de cette décision lors de leurs échanges avec un professionnel de santé.

    Ces données révèlent aussi l’ampleur d’une réalité ignorée: la grossesse est une période de vulnérabilité accrue face aux violences conjugales, et les femmes qui souhaitent poursuivre une grossesse contre la volonté de leur partenaire sont exposées à un risque spécifique.

    Ce constat donne toute sa portée au droit européen en vigueur. La directive (UE) 2024/1385 du Parlement européen et du Conseil sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée sur le fondement des articles 82, paragraphe 2, et 83, paragraphe 1, du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), énumère explicitement l’avortement forcé parmi les comportements criminels constitutifs d’une violence à l’égard des femmes, aux côtés du viol, de la stérilisation forcée et des mutilations génitales féminines.

    Le considérant (3) de cette directive rappelle que ces actes constituent «une violation des droits fondamentaux tels que le droit à la dignité humaine, le droit à la vie et à l’intégrité de la personne». La reconnaissance de l’avortement forcé comme forme de violence à l’égard des femmes met l’accent sur l’importance de développer des mécanismes de prévention et d’accompagnement adaptés pour les femmes susceptibles d’être confrontées à de telles pressions.

    Cest pourquoi Charlène a déposé en janvier 2026 une pétition au Parlement européen enregistrée sous le numéro 0194/2026. La pétition déposée par Charlène poursuit un triple objectif.

    Premièrement, elle invite la Commission européenne à examiner la faisabilité de programmes pilotes ou d’initiatives ciblées destinés à renforcer le soutien médical, psychologique et social aux femmes enceintes, en particulier celles en situation vulnérable ou à haut risque. Cette demande s’inscrit dans le cadre des objectifs posés à l’article 33 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui dispose que «La protection de la famille est assurée sur le plan juridique, économique et social». Bien que la Charte ne fonde pas de compétence autonome pour l’Union, elle doit guider l’action de la Commission dans le déploiement de ses programmes existants. Concrètement, de telles initiatives pourraient prendre la forme d’aides au logement, de services de conseil en maternité, de lignes d’écoute spécifiques ou de financements pour les associations d’accompagnement à la naissance.

    Deuxièmement, la pétition demande à la Commission européenne de procéder à un réexamen des instruments de financement et des communications politiques existants (notamment le Fonds social européen plus (FSE+) et le programme EU4Health), afin de s’assurer qu’ils priorisent effectivement le soutien à la maternité. Leur mise en œuvre ne doit pas générer des pressions indirectes poussant les femmes à recourir à l’avortement. Il faut évaluer dans quelle mesure ces instruments prennent effectivement en compte les besoins des femmes souhaitant poursuivre leur grossesse, notamment lorsqu’elles se trouvent en situation de vulnérabilité sociale ou économique.

    Troisièmement, la pétition réaffirme le principe de neutralité de l’Union dans ses actions et ses priorités de financement, en cohérence avec le principe de subsidiarité. Conformément à ce principe, l’Union européenne doit veiller à préserver une approche équilibrée et non directive dans l’utilisation de ses instruments financiers lorsqu’ils concernent des domaines relevant principalement de la compétence des États membres, en l’occurrence l’avortement. En revanche, il lui incombe de garantir un environnement favorable à l’exercice de tous les droits, y compris celui de mener une grossesse à terme.

    La pétition n°0194/2026 a été déclarée recevable par la commission des pétitions du Parlement européen. Elle bénéficie du soutien de plusieurs groupes politiques, notamment le PPE, ECR, PfE et ESN.

    Lors d’une réunion de la commission des pétitions le 23 juin 2026, Charlène sera auditionnée par les députés et la pétition sera examinée. Celle-ci devrait ensuite être transmise aux commissions compétentes, notamment la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) et la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres (FEMM).

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  • Thomas More : patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques

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    22 juin : fête de saint Thomas More

    LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE MOTU PROPRIO
    POUR LA PROCLAMATION DE SAINT THOMAS MORE
    COMME PATRON DES RESPONSABLES DE GOUVERNEMENT
    ET DES HOMMES POLITIQUES

    JEAN-PAUL II
    EN PERPÉTUELLE MÉMOIRE

    http://www.vatican.va/ 

    1. De la vie et du martyre de saint Thomas More se dégage un message qui traverse les siècles et qui parle aux hommes de tous temps de la dignité inaliénable de la conscience, dans laquelle, comme le rappelle le Concile Vatican II, réside «le centre le plus secret de l’homme et le sanctuaire où il est seul avec Dieu dont la voix se fait entendre dans ce lieu le plus intime» (Gaudium et spes, n. 16). Quand l’homme et la femme écoutent le rappel de la vérité, la conscience oriente avec sûreté leurs actes vers le bien. C’est précisément pour son témoignage de la primauté de la vérité sur le pouvoir, rendu jusqu’à l’effusion du sang, que saint Thomas More est vénéré comme exemple permanent de cohérence morale. Même en dehors de l’Église, particulièrement parmi ceux qui sont appelés à guider les destinées des peuples, sa figure est reconnue comme source d’inspiration pour une politique qui se donne comme fin suprême le service de la personne humaine.

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  • Le cardinal Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes

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    D'InfoVaticana :

    Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes.

    L'intervention a eu lieu lors de la réunion intitulée « Diktat eurogenre : Racines chrétiennes, liberté religieuse et éducative menacées dans l'UE » , organisée par l'association catholique I RadicaTi dal diritto naturale alla legge et promue par le député Massimo Milani.

    Une conférence contre l'idéologie du genre et la dérive culturelle européenne

    Cette réunion a été créée dans le but d'analyser les conséquences de certaines politiques promues depuis Bruxelles dans des domaines tels que la famille, l'éducation, la liberté religieuse et la liberté d'expression.

    Les organisateurs ont dénoncé le fait que certaines initiatives européennes présentées sous l'égide de la lutte contre la discrimination favorisent une imposition idéologique croissante sur les questions liées au genre, à la sexualité et à l'anthropologie humaine.

    Selon les organisateurs de l'événement, l'Europe traverse une phase dans laquelle la défense des racines chrétiennes et de la conception traditionnelle de la famille est fréquemment présentée comme un obstacle au progrès, tandis que certains courants idéologiques bénéficient d'une protection institutionnelle privilégiée.

    C’est dans ce contexte que Müller est intervenu, développant une vaste réflexion sur la crise spirituelle, culturelle et politique que traverse le continent.

    « L'Europe est née du christianisme »

    Le cardinal allemand a rappelé que les pères fondateurs du projet européen — des personnalités telles que Robert Schuman, Alcide De Gasperi ou Konrad Adenauer — n'ont jamais conçu l'Europe comme une simple structure économique ou administrative.

    Selon lui, l'unité européenne est née d'une vision commune de la personne humaine profondément marquée par le christianisme, ce qui a permis le développement de concepts aujourd'hui considérés comme fondamentaux tels que la dignité humaine, la liberté de conscience, l'égalité devant la loi et les droits fondamentaux.

    « L’Union européenne repose aujourd’hui sur ces fondements », a-t-il déclaré.

    Il a donc averti qu'une Europe détachée de l'Évangile court le risque de « se suicider et de sombrer dans sa propre chute ».

    La crise de la famille et de l'identité humaine

    Müller a identifié la désintégration de la famille et la confusion autour de l'identité humaine comme quelques-uns des principaux symptômes de la crise culturelle européenne.

    Comme il l'a expliqué, le continent traverse un processus de remise en question des réalités anthropologiques les plus fondamentales, largement impulsé par l'idéologie du genre et les mouvements transhumanistes qui cherchent à redéfinir la nature humaine elle-même.

    Le préfet émérite a dénoncé ce qu'il a qualifié de transformation culturelle inspirée par une logique « jacobine », contraire à la famille naturelle et à l'identité personnelle.

    Elle a également accusé certaines institutions européennes de promouvoir une forme de « totalitarisme de genre » qui menace progressivement la liberté de pensée et d'éducation.

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  • Pour l'Occident et pour la démocratie : le malentendu concernant la « guerre juste »

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    Pour l'Occident et pour la démocratie : le malentendu concernant la « guerre juste »

    Le pacifisme radical se manifeste de façon paradoxale chez certains catholiques qui justifient les guerres de gouvernements « amis ». L’erreur consiste à confondre les visions géopolitiques du monde avec la doctrine sociale de l’Église, qui peut certes avoir du mérite, mais n’a pas pour but de rétablir l’ordre voulu par Dieu. Il y a également une incompréhension des concepts d’Occident et de démocratie.
    20/06/2026

    Dans l'article précédent, nous avons critiqué le pacifisme radical qui s'est répandu dans de nombreux milieux de l'Église, allant jusqu'à nier ce que le Catéchisme lui-même définit comme une « guerre juste », comprise comme une légitime défense. Mais parmi les catholiques, on observe aussi le radicalisme inverse : certains étendent les quatre conditions de la légitime défense énoncées par le Catéchisme jusqu'à justifier toute guerre, en la dissimulant sous des intentions louables.

    La principale erreur consiste à confondre l'Évangile ou la doctrine sociale de l'Église avec des idéologies ou des visions géopolitiques du monde. Celles-ci sont légitimes, respectables et peuvent, à certains égards, coïncider avec une vision catholique, mais elles sont essentiellement motivées par des préoccupations autres que le rétablissement de l'ordre naturel voulu par Dieu.

    Un exemple classique en est la justification invoquée au nom de la défense d'un Occident prétendument chrétien. Une discussion distincte serait nécessaire pour clarifier ce qu'est l'Occident – ​​ce que La Bussola a déjà fait  ici et ici – mais il suffit de comprendre qu'aujourd'hui, les classes politiques et culturelles dominantes en Europe et aux États-Unis s'opposent à ce que devrait véritablement être l'Occident, à savoir « une civilisation dans laquelle le christianisme a synthétisé et purifié la philosophie grecque et le droit romain », comme nous l'avons déjà écrit. Cela conduit non seulement à la promotion d'intérêts et de valeurs antichrétiens en général et anticatholiques en particulier, mais aussi à la tentative d'exclure l'Église de la sphère publique, favorisant paradoxalement des cultures et des religions qui visent la destruction de l'Occident en tant que tel. La Bussola dispose de nombreux articles documentant cette tendance.

    Cela ne signifie pas que nous devions applaudir – comme le font malheureusement nombre de catholiques – les régimes violents et criminels qui entrent régulièrement en conflit avec l'Europe et les États-Unis. Mais nous devons reconnaître, en toute lucidité, que les enjeux de la politique internationale de nos pays ont très peu à voir avec la doctrine sociale de l'Église. Pour donner un exemple concret : nous avons vivement critiqué l'intervention militaire américaine et israélienne contre l'Iran, mais cela ne signifie pas que nous devions nous réjouir du renforcement du régime sanguinaire des ayatollahs que cette guerre a engendré.

    Une autre justification douteuse de l'intervention militaire est celle d'une prétendue guerre mondiale entre démocraties et dictatures, qui peut être interprétée comme la base de conflits majeurs en cours, de l'Ukraine au Moyen-Orient, en passant par les tensions dans la région Asie-Pacifique.

    Là encore, il nous faut d’abord comprendre le concept de démocratie qui, même chez les catholiques, est souvent idéalisé sans que l’on s’interroge sur les fondements sur lesquels il est censé reposer. Or, saint Jean-Paul II, dans son encyclique Centesimus Annus (1991), avait déjà mis en garde contre la dérive vers laquelle nos sociétés se dirigent, celle du renoncement à la vérité : « S’il n’y a pas de vérité ultime pour guider et orienter l’action politique, alors les idées et les convictions peuvent facilement être instrumentalisées à des fins de pouvoir. Une démocratie sans valeurs se transforme aisément en totalitarisme ouvert ou insidieux, comme l’histoire le démontre » (n° 46).

    Mais même en admettant une distinction politique entre démocraties et dictatures (ou régimes autoritaires), distinction qui existe bel et bien, il est clair que l'idée d'une guerre mondiale « démocraties contre dictatures » ne résiste pas à l'épreuve des faits : pour être précis, les alliés des États-Unis dans la guerre contre l'Iran sont des régimes dictatoriaux au Moyen-Orient ; de plus, la Turquie, membre de l'OTAN, est un régime autoritaire qui n'a rien à envier à la Russie tant décriée de Poutine. Sans parler du soutien, ou du moins de la tolérance, dont bénéficient les régimes despotiques qui servent les intérêts occidentaux.

    Très souvent, l'argument de la libération des peuples de régimes violents sert à justifier une intervention armée , frôlant presque l'ingérence humanitaire évoquée dans l'article précédent. En réalité, il faut reconnaître que l'oppression subie par les peuples est cyniquement exploitée pour servir des intérêts qui n'ont que peu à voir avec la liberté. Le cas du Venezuela, « libéré » par Maduro, est exemplaire : le simple fait que le régime ait accepté d'être « domestiqué » a suffi à assurer sa survie. De même, les soulèvements populaires en Iran ont été salués et encouragés car ils étaient perçus comme un moyen d'éliminer un régime indésirable pour les intérêts israélo-américains, et non l'inverse.

    L’exhortation de Jésus à ses disciples reste toujours d’actualité : « Vous savez que ceux qui sont considérés comme les chefs des nations les dominent, et que leurs grands exercent leur autorité sur elles. Il n’en sera pas ainsi parmi vous » (Marc 10, 42-43). Cela signifie qu’en matière de relations internationales, les intérêts nationaux et les rapports de force ne prévalent pas toujours, mais que les véritables intérêts en jeu doivent être pris en compte si l’on souhaite contribuer, par ses décisions et ses actions politiques, au rétablissement de l’ordre voulu par Dieu.
    Il ne faut jamais oublier que les guerres ne surgissent pas soudainement, mais sont l’aboutissement de longs processus qui, à un certain moment, mènent à un conflit armé. Par exemple, il est clair que la guerre en Ukraine n’a pas commencé brutalement avec l’invasion russe du 24 février 2022, ni avec le soulèvement de Maïdan en 2014. De toute façon, même les gouvernements occidentaux auraient eu largement le temps de tenter de concilier les intérêts divergents.

    C’est pourquoi, plutôt que de discuter d’une « guerre juste », il serait plus important de discuter de la manière d’empêcher que les conflits entre nations ou au sein de celles-ci ne dégénèrent en tragédie de guerre.

    Nous en revenons donc aux critères établis par le Catéchisme pour juger de la légitime défense comme « juste », à commencer par le fait qu'il est une condition préalable nécessaire d'épuiser tous les moyens politiques et diplomatiques pour éviter la guerre.

    Une menace lointaine à la sécurité nationale ne saurait justifier une attaque préventive telle que celle menée contre l'Iran le 28 février. De même, l'expansion supposée de l'OTAN et l'ingérence en Ukraine n'ont pas justifié l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le Compendium de doctrine sociale explique : « Quant à une action militaire préventive, lancée sans preuve manifeste d'une agression imminente, elle ne peut manquer de soulever de sérieuses questions morales et juridiques » (n° 501).

    Même la catastrophe de Gaza et du sud du Liban ne peut être justifiée par la menace qui pèse sur la sécurité d’Israël, car il existe un critère de proportionnalité à respecter, ainsi que celui du droit humanitaire (sans même tenir compte des évaluations sur l’existence de « chances de succès fondées »).

    Bien sûr, les critères de légitime défense ne sont pas infaillibles ; beaucoup dépend du discernement des autorités, qui doivent savoir les appliquer au mieux dans des circonstances souvent complexes. Surtout, ne les instrumentalisez pas à votre avantage.

  • L'effondrement démographique de l'Europe n'intéresse personne

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    L'effondrement démographique de l'Europe n'intéresse personne

    Le déclin démographique, ignoré par le G7 et le Conseil européen, touche non seulement l'Italie et l'Espagne, mais aussi les grandes puissances européennes : la France et l'Allemagne. Même l'arrivée d'immigrants ne compensera pas la baisse des naissances.

    19 juin 2026

    Le temps dont dispose l'Europe pour s'attaquer au défi prioritaire du déclin rapide de la natalité est de plus en plus court. Face aux prévisions statistiques alarmantes publiées dans plusieurs pays, ni le G7 ni le Conseil européen n'ont réfléchi à des mesures urgentes et coûteuses, ni même proposé d'actions concrètes pour lutter contre cette désertification du capital humain et de la démocratie que nous constatons. Tout continue comme si de rien n'était. Pourtant, cette « explosion démographique » ne peut qu'entraîner un appauvrissement économique, social et démocratique. Les données très récentes en provenance de France, d'Allemagne et d'Espagne sont sans équivoque et décourageantes. Chaque pays, pris individuellement, ne peut faire que peu de choses, comme le démontre l'Italie qui, malgré son engagement d'atteindre le 31 mars 2026 , a enregistré 83 000 naissances au cours des trois premiers mois, soulignant une nouvelle baisse du taux de natalité (-2,4 % par rapport à la même période en 2025). 

    D'après une étude sur les tendances démographiques récemment publiée par l'INSEE, l'Institut national de la statistique et des études économiques, si les tendances démographiques actuelles se maintiennent, la France comptera 65,9 millions d'habitants en 2070, soit 3,2 millions de moins qu'en 2026. La population augmentera légèrement jusqu'en 2037, pour atteindre 69,8 millions. Cette croissance démographique sera due exclusivement au solde migratoire, l'accroissement naturel étant négatif à partir de 2025. Dès 2037, cependant, le solde migratoire ne compensera plus le déclin naturel, et la population commencera donc à diminuer. Par ailleurs, d'ici 2070, le nombre de personnes de moins de 45 ans devrait diminuer de 8,9 millions, tandis que le nombre de personnes âgées de 45 à 64 ans devrait rester relativement stable et le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus devrait augmenter de 5,8 millions. L'augmentation du nombre de personnes âgées sera principalement due à la hausse du nombre de personnes de 80 ans et plus (+4,6 millions), tandis que le nombre de centenaires pourrait quadrupler. En 2040, on compterait 49 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes âgées de 20 à 64 ans, contre 40 en 2026. La solution des gouvernements libéraux de Macron ? Davantage d'avortements et d'euthanasies ; la recette de la gauche, en revanche, est un flux constant et continu d'immigrants sans intégration.  

    L'Espagne se dirige vers un déclin tout aussi profond . Dans 50 ans, sa population pourrait dépasser les 50 millions d'habitants et même atteindre 53,8 millions, une croissance démographique alimentée uniquement par l'immigration, comme le confirme l'Institut national de la statistique (INE) dans ses « Projections démographiques 2026-2076 », publiées le mercredi 17 juin. Si les tendances démographiques actuelles se maintiennent, l'Espagne connaîtra une augmentation de plus de quatre millions d'habitants au cours des 15 prochaines années et de près de 3,4 millions d'ici 2076. Même dans ce scénario numériquement optimiste, la part des personnes nées en Espagne diminuerait pour atteindre 59,6 % dans 50 ans, contre 79,8 % aujourd'hui. Si, en revanche, le flux migratoire venait à diminuer, contrairement à la régularisation massive de 1,5 million d'immigrants encouragée par le gouvernement socialiste communiste de Pedro Sánchez, la population espagnole chuterait à 31,7 millions d'habitants. Ces projections indiquent que, dans tous les cas, un solde démographique négatif sera enregistré en raison de l'augmentation des décès parmi les Espagnols de souche, qui dépassera le nombre de naissances au cours des 50 prochaines années. 

    La tendance des prévisions démographiques allemandes est similaire. Selon un rapport publié mardi par l'office statistique gouvernemental Destatis, la population allemande devrait diminuer d'environ 110 000 personnes en 2025, soit la première baisse annuelle depuis 2020. Fin 2025, le pays comptait 83,5 millions d'habitants. Cela représente une baisse d'un peu plus de 0,13 %. La réduction du solde migratoire, avec 235 000 arrivées de plus que de départs, n'a pas suffi à compenser le fait que 352 000 personnes de plus sont décédées en Allemagne qu'il n'y a eu de naissances en 2025. L'année dernière, le taux de natalité en Allemagne a également atteint son niveau le plus bas jamais enregistré, le plus bas depuis 1946, avec un taux de remplacement de 1,35 enfant par femme, un niveau historiquement bas et bien inférieur au seuil de 2,1 nécessaire au maintien d'une population stable. Le taux de déclin démographique a été considérablement plus rapide dans les anciens Länder de l'Est, à 0,5 % (57 000 personnes au total), contre 0,1 % (68 000 personnes) dans les anciens Länder de l'Ouest, où vivent moins d'immigrants. La population a continué de vieillir et la tranche d'âge des 60-79 ans a continué de croître, atteignant 358 000 personnes. Commençons par le niveau européen avec les propositions de l'ancien président de l'ISTAT, Gian Carlo Blangiardo : « Pour inverser cette tendance, des interventions structurelles axées sur les quatre piliers de son modèle de soutien aux familles sont nécessaires : Coût, Soins, Conciliation et Culture. » 

  • La guerre est un mal, mais le pacifisme catholique l'aggrave

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    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    La guerre est un mal, mais le pacifisme catholique l'aggrave.

    Le conflit au Moyen-Orient a ravivé le débat sur la « guerre juste » parmi les catholiques et, notamment en Europe, un pacifisme radical prévaut au sein de l'Église, niant de fait l'existence du péché originel et exposant les plus faibles aux attaques. –

    19 juin 2026

    Avec le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, le débat sur la soi-disant « guerre juste » s'est intensifié dans le monde catholique, les positions oscillant entre un pacifisme absolu et la justification de toute guerre pour la défense de l'Occident.

    Curieusement, dans ce débat, il est très difficile de partir des quatre conditions posées par le Catéchisme de l'Église catholique pour la légitime défense armée, seules conditions permettant de justifier une guerre : « que le dommage causé par l'agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain ; que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces ; qu'il existe des conditions solides de succès ; et que le recours aux armes n'entraîne pas de maux et de désordres plus graves que le mal à éliminer. Dans l'appréciation de cette condition, la puissance des moyens de destruction modernes joue un rôle primordial. »

    Dans un article ultérieur, nous aurons l'occasion d'approfondir le justificationnisme ; ici, il convient de s'intéresser plutôt au courant pacifiste qui, grâce notamment au pontificat de François, prévaut aujourd'hui dans l'Église et qui, dans ses formes les plus radicales, va jusqu'à condamner l'existence même des armées. Nous avons déjà eu l'occasion de réfuter, à l'aide du Magistère, certaines thèses exprimées, par exemple, au sujet du défilé militaire qui s'est tenu en Italie le 2 juin dernier.

    Il est cependant important de saisir une erreur qui est à l'origine de certaines tendances et de certains malentendus concernant la question de la guerre. Le pacifisme, avec sa prétention à un monde sans armes, sans agresseurs ni attaqués, fondé sur la seule volonté de l'homme, est une utopie qui nie une réalité inéluctable : le péché originel. En effet, la guerre est la conséquence du péché contre Dieu et, par conséquent, comme le souligne la Constitution pastorale Gaudium et Spes, « les hommes, en tant que pécheurs, sont et seront toujours sous la menace de la guerre jusqu'à la venue du Christ » (n° 78). Dès lors, l'idée d'un monde sans guerre ni menace de guerre est une utopie dangereuse, peut-être compréhensible chez John Lennon, mais beaucoup moins lorsqu'elle est proclamée par les pasteurs de l'Église.

    L’engagement à éviter les guerres, ou mieux encore, à œuvrer pour la paix, est différent. Mais cela ne signifie qu’une seule chose : la conversion au Christ. La paix – avertit le Compendium de la doctrine sociale de l’Église – « loin d’être une construction humaine, elle est un don divin suprême offert à tous les hommes, qui implique l’obéissance au dessein de Dieu » (n° 489).

    Nombreux sont ceux qui invoquent, pour reprendre l'expression du Catéchisme, « la puissance des moyens de destruction modernes » comme prétexte pour nier toute possibilité de justification de la guerre. Le pape François l'écrit également dans son encyclique Fratelli Tutti, affirmant qu'aujourd'hui « il est très difficile de maintenir les critères rationnels élaborés au cours des siècles passés pour parler d'une éventuelle "guerre juste" ». Le Catéchisme, quant à lui, considère l'existence d'armes de destruction massive comme un motif supplémentaire de réflexion et de prudence quant à la décision d'intervenir militairement en cas de légitime défense, et non comme une négation de la possibilité d'une défense légitime.

    L’évolution des circonstances peut amener à affiner la doctrine de la légitime défense, mais elle ne saurait en modifier les critères. À titre d’exemple, citons les interventions de Jean-Paul II et de Benoît XVI sur ce sujet. Le premier, prenant en compte les atrocités de la guerre dans les Balkans au début des années 1990, a introduit la notion d’« intervention humanitaire », la définissant comme « un devoir et un droit (…) de désarmer celui qui veut tuer. Il ne s’agit pas de promouvoir la guerre, mais de la prévenir. »

    Ce principe comporte évidemment des conditions, que Jean-Paul II a exprimées dans son message pour la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2000 : les actions de désarmement de l’agresseur « doivent être limitées dans le temps et précises dans leurs objectifs, menées dans le plein respect du droit international, garanties par une autorité reconnue au niveau supranational et, en tout état de cause, jamais réduites à la seule logique des armes » (n° 11). Benoît XVI, dans son important discours à l’Assemblée générale des Nations Unies du 18 avril 2008, a réaffirmé ce concept, évoquant la « responsabilité de protéger » (pour une analyse plus approfondie de ce thème, voir La Bussola mensile n° 29 , avril 2026). De plus, comme l’explique le Compendium de la doctrine sociale, « le droit de recourir à la force aux fins de la légitime défense s’accompagne du devoir de protéger et d’assister les victimes innocentes qui ne peuvent se défendre contre l’agression » (n° 504).

    Cette clarification nous permet de mettre en lumière un malentendu fréquent au sein du pacifisme, y compris catholique : la confusion, voire l’assimilation, entre le recours à la force et la violence. Il est essentiel de bien distinguer ces deux concepts, car le recours à la force est, dans certains cas, non seulement légitime, mais même obligatoire (comme expliqué précédemment), tandis que la violence, l’intention de détruire des vies humaines ou l’indifférence à son égard ne sont jamais justifiables. « La violence est un mal, la violence comme solution aux problèmes est inacceptable, la violence est indigne de l’homme », déclarait Jean-Paul II lors de son voyage en Irlande en 1979. « La violence est un mensonge, car elle est contraire à la vérité de notre foi, à la vérité de notre humanité. La violence détruit ce qu’elle prétend défendre : la dignité, la vie et la liberté des êtres humains. »

    Et cela est également vrai en temps de guerre, où tout doit être fait pour assurer les conditions de la paix le plus rapidement possible et où il n’y a pas de suspension du droit humanitaire et – comme le souligne plus loin Gaudium et Spes – « tout ne devient pas permis entre belligérants une fois que la guerre a malheureusement déjà éclaté » (n° 79).

    On peut donc affirmer sans hésiter que la plupart des guerres actuelles sont injustes ; on peut également se demander si certaines défenses des frontières nationales remplissent véritablement toutes les conditions d’une légitime défense. Ce qui est contraire à la vision catholique, cependant, c’est ce pacifisme prédominant au sein de l’Église, qui, d’une part, prêche le désarmement total (de préférence unilatéral) et, d’autre part, paradoxalement, se retrouve à soutenir des régimes sanguinaires et violents.

  • Trois bonnes nouvelles (ECLJ)

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    Un courriel de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Nous avons trois bonnes nouvelles à vous communiquer!

    La première nous vient de Luxembourg: la Cour de justice a pris une décision salutaire dans la lutte contre la pornographie en ligne.

    Depuis un an, la France oblige les sites pour adultes à vérifier correctement l'âge de leurs visiteurs. Or, tous les pays membres de l'Union européenne n'ont pas encore mis en place de telles obligations pour protéger les mineurs de la pornographie en ligne.

    Ainsi, certains sites internet s'implantent dans les pays ayant la législation nationale la plus laxiste et invoquent ensuite la liberté de circulation des services dans l'Union européenne pour ne pas respecter la loi française.

    La Cour de justice de l'Union européenne vient de trancher: la France a le droit d'imposer ses propres règles plus protectrices des personnes qui accèdent à ces sites depuis la France. 

    C'est une bonne nouvelle pour nos enfants et pour la protection de la souveraineté des États. 

    Les résultats de notre loi commencent déjà à apparaître: «On constate une baisse moyenne de 24% de l’audience des mineurs» affirme la directrice générale adjointe de l’Arcom, Pauline Combredet-Blassel, dans Libération.

    Pour aller plus loin: le communiqué et l'explication de l'arrêt de la CJUE

    La deuxième bonne nouvelle nous vient de Genève.

    Le Rapporteur spécial sur la violence faite aux femmes a publié un nouveau rapport sur «la violence à l'égard des mères» dénonçant l'avortement pour cause économique et l'avortement sous contrainte.

    L'ECLJ est fier d'avoir contribué à l'élaboration de ce rapport, d'être cité nommément dans ce dernier, mais surtout heureux de voir émerger la notion d'avortement contraint.

    Des milliers de femmes n'avortent pas "librement" sans être pour autant physiquement "forcées" de le faire. Ce sont les circonstances familiales et économiques qui poussent ces femmes à ne voir qu'une solution à la grossesse, celle que leur propose systématiquement et uniquement le Planning familial: l'avortement. Elles avortent par dépit, suite à des pressions, des incitations, en étant poussées par des proches ou leur conjoint, sans qu'on leur présente aucune alternative.

    Le Rapporteur recommande aux États de: 

    • Veiller à ce que les femmes qui envisagent un avortement reçoivent des informations précises et complètes sur les alternatives disponibles, y compris l'accès à des services d'accompagnement" 
    • d'ériger en infraction pénale l'avortement sous contrainte ou forcé, y compris l'avortement sélectif fondé sur le sexe ou le handicap.

    À notre connaissance, c'est la première fois que l'avortement sous contrainte est dénoncé en droit international et c'est véritablement grâce à notre action institutionnelle depuis des années aux Nations unies.

    Pour aller plus loin: lire le rapport complet

    ­Je soutiens l'action de l'ECLJ­

    La troisième bonne nouvelle vient de Bruxelles:

    Charlène, une jeune femme qui a avorté sous la contrainte va être officiellement auditionnée mardi prochain par une commission du Parlement européen.

    Charlène avait témoigné de ce qu'elle avait vécu auprès de députés européens, pendant l’examen de l’initiative "Ma Voix Mon Choix". Elle a ensuite voulu poursuivre son action et a déposé une pétition officielle auprès de l'Union européenne, toujours avec notre soutien.

    Sa pétition a été examinée et retenue: elle va donc pouvoir témoigner de son expérience et dire aux députés européens que, face au fléau du nombre d'avortements et de ses conséquences psychologiques et sociales, ils doivent proposer autre chose aux femmes que l'avortement.

    L'ECLJ est heureux d'avoir invité de nombreuses femmes à témoigner de leur expérience traumatique de l'IVG. Nous l'avons fait pour dés-idéologiser le débat sur l'avortement en laissant parler les femmes de ce qu'elles ont réellement vécu.

    conference YT

    Grâce au courage de Charlène et de toutes les autres femmes, nous avons pu organiser des rencontres, des conférences comme celle ci-dessus, initier des pétitions et pousser effectivement les hommes politiques à l'action.

    Pour aller plus loin: la protection de la maternité dans l'Union européenne