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Politique

  • Allemagne : le nombre total d'enfants avortés depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière

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    De Manfred Spieker sur le Tagespost :

    La réforme de la loi sur l'avortement, entrée en vigueur il y a 50 ans, le 22 juin 1976, a légalisé l'interruption de grossesse en Allemagne. Avant même cette réforme, la Conférence des évêques avait averti : « Cette réglementation ébranle les fondements de notre État de droit, elle détruit la conscience morale et rend la société non pas plus humaine, mais plus inhumaine », et elle avait exprimé l'attente que les hôpitaux et les médecins catholiques s'abstiennent de toute pratique d'avortement.

    La réforme a également instauré l'obligation pour les médecins et les hôpitaux de déclarer leurs avortements à l'Office fédéral de la statistique. Ces statistiques sont compilées depuis 1977. La RDA, qui avait légalisé l'avortement en 1972, tenait également des statistiques sur ce sujet. Les statistiques ouest-allemandes ont recensé 54 309 avortements en 1977 et 75 548 en 1978. Ces chiffres ont incité Hans Maier, alors président du Comité central des catholiques allemands (ZdK), décédé le 8 juin, à appeler les catholiques, lors du Congrès catholique de 1978 à Fribourg, à exprimer leur indignation face à l'avortement : « Nous devons réapprendre à nous indigner face à de telles choses. Un peuple qui ne peut plus exprimer son indignation est perdu. »

    Le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.

    À cette époque, les évêques et le Comité central étaient encore en conflit. Ces dernières années, le nombre annuel d'avortements a fluctué autour de 100 000. En résumé, les statistiques pour l'Allemagne font état de 6 794 045 avortements au 31 décembre 2025 et d'environ 6,82 millions à la fin mars 2026. Un nombre important de cas non déclarés est également probable.

    L'Office fédéral de la statistique expliquait régulièrement que ses chiffres ne reflétaient pas la réalité jusqu'à la réforme des articles 218 et suivants du Code pénal allemand en 1995. Nombre de médecins ne respectaient pas l'obligation de déclaration. Les statistiques de facturation de l'Association nationale des médecins conventionnés affichaient à elles seules des chiffres systématiquement surestimés pour les avortements. Les avortements facturés à titre privé, avec des codes incorrects ou pratiqués à l'étranger doivent également être comptabilisés. Alors que les chiffres officiels des avortements correspondent déjà à la population de la Hesse et de Brême, le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.


    L'auteur est professeur émérite de sciences sociales chrétiennes.

  • Irak : l'histoire d'une communauté chrétienne sous pression

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    Du site de l'ECLJ :

    Les chrétiens irakiens : l'histoire d'une communauté sous pression

    18 juin 2026

    En deux décennies, la population chrétienne d'Irak a chuté de 85 %. Les descendants des Assyriens et des Babyloniens, héritiers de l'une des plus anciennes civilisations du monde, sont confrontés à une série d'épreuves incessantes qui rendent chaque jour plus difficile le choix de rester sur leur terre ancestrale.

    Le conflit israélo-iranien n'a pas épargné l'Irak, et la région autonome du Kurdistan irakien, au nord du pays, en subit de plein fouet les conséquences. Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK), pris en étau par sa position géographique et la convergence d'intérêts stratégiques, est devenu, malgré lui, un théâtre de tensions. Dans ce contexte, les chrétiens se retrouvent une fois de plus en première ligne. Ankawa, commune chrétienne d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien et cœur de la communauté chrétienne du pays, se situe à quelques centaines de mètres seulement de la base militaire américaine de l'aéroport international d'Erbil, une proximité qui en fait une victime collatérale.

    Des attaques de drones menées par des milices chiites ont endommagé plusieurs bâtiments appartenant à l'archidiocèse chaldéen d'Erbil, notamment le complexe d'appartements Bienheureux Michel McGivney et le couvent des Filles chaldéennes de Marie Immaculée. La plaine de Ninive n'a pas été épargnée. Cette région, située à l'est et au nord de Mossoul, comprend plusieurs villes historiquement chrétiennes telles que Qaraqosh, Bartella, Karamlesh, Telkief et Alqosh, et demeure l'un des territoires les plus complexes du nord de l'Irak. Relevant du gouvernorat de Ninive, elle se trouve à la frontière entre les zones d'influence de Bagdad et du gouvernement régional du Kurdistan. Si certaines villes sont administrées par les autorités kurdes, d'autres relèvent du gouvernement fédéral ou sont marquées par la présence de divers groupes armés. Dans ce contexte particulièrement sensible, la ville de Bartella a également été touchée, cette fois par des frappes aériennes américaines.

    La ville de Bartella, située dans la province de Ninive, a été frappée par des drones américains en mars 2026.

    Contrairement aux épreuves passées, il n'y a aujourd'hui ni ligne de front clairement définie, ni refuge. Les missiles sont imprévisibles et peuvent frapper n'importe où. Une menace diffuse et invisible plane à nouveau sur une communauté qui semble ne jamais cesser de payer le prix de la guerre.

    Une communauté au bord de l'extinction

    Les chrétiens d'Irak ne constituent pas une simple minorité religieuse ; ils forment un peuple autochtone dont l'identité se perpétue grâce à l'usage du « sureth », une langue néo-araméen encore parlée dans la liturgie et au quotidien. Le Kurdistan irakien, et en particulier Ankawa à Erbil, ainsi que la plaine de Ninive, abritent une mosaïque de communautés. Parmi celles-ci figurent l'Église chaldéenne de rite catholique oriental, la plus importante d'Irak ; l'Église apostolique assyrienne d'Orient, dont le siège patriarcal est à Erbil ; l'Ancienne Église d'Orient (qui s'est séparée de l'Église apostolique assyrienne d'Orient en 1964) ; les Églises syriaque catholique et orthodoxe ; et les minorités arméniennes, descendantes des exodes du début du XXe siècle. Leur disparition ne serait pas un simple changement démographique, mais la fin d'une civilisation enracinée dans l'histoire.

    Messe de Pâques à la cathédrale syriaque orthodoxe Notre-Dame de la Lumière d'Ankawa, célébrée par Son Excellence Nicodème Daoud Sharaf

    Comme leECLJComme l'indiquait un rapport de mai 2025, la présence de ces chrétiens en Irak est menacée d'extinction. Avant l'invasion américaine de 2003, ils étaient environ 1,5 million. Depuis, ils sont victimes de violences aveugles. Dans les années 2000, une vague de violences ciblées et d'enlèvements a d'abord déferlé ; puis, en 2014, la conquête de la plaine de Ninive par l'État islamique a provoqué un exode massif vers l'Occident et les pays voisins. Selon un communiqué de presse de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) daté de juillet 2024, il n’en reste que 250 000 en raison de ce déclin continu, soit une baisse de 85 % en deux décennies.

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  • Pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille

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    De Maria Bigazzi sur la NBQ :

    « Je vais vous expliquer pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille »

    Les conséquences de la société pandémique, le néo-malthusianisme, le déclin des nations occidentales, l’abandon de la loi naturelle, l’immigration, le nouvel ordre mondial et sa haine de la vie et de la famille. La Bussola interviewe Ettore Gotti Tedeschi, auteur de *Ainsi ne parlait pas Zarathoustra*.

    18/06/2026

    Nous vivons dans une société malade, nous nous sentons perdus et privés de notre identité. Nous en avons parlé avec Ettore Gotti Tedeschi, auteur du livre *Così non parlò Zarathustra* (Cantagalli), qui précise que la société est tombée malade depuis qu’elle a nié le « libre arbitre » et l’a progressivement remplacé par le « déterminisme scientifique ». On a oublié l’enseignement de Socrate, d’Aristote, de saint Thomas, tandis que l’on connaît et partage la pensée de Nietzsche et de Sartre, en se limitant à tenter de résoudre les effets et en perdant ainsi la capacité de rechercher et de comprendre les « causes » de toute chose, le sens de la vie, les valeurs essentielles.

    Pandémie et situation d’urgence : quelles sont les conséquences de la société pandémique et dans quelle mesure influencent-elles la crise économique ?

    Le confinement, considéré comme la solution à une « pandémie », outre les problèmes déjà bien connus d’ordre social, psychologique, etc., a eu un résultat vraiment considérable : accélérer le processus de numérisation (notamment grâce au télétravail) d’au moins 10 à 15 ans, voire 20 selon certains. Je me contenterai de résumer : la numérisation est un outil fondamental pour être compétitif dans un monde globalisé, où les anciens pays émergents (aujourd’hui les BRICS) représentent près de 50 % de la population mondiale et 50 % du PIB mondial. Le problème est complexe : l’Occident ne sait plus aujourd’hui comment rivaliser, il doit inventer un avantage concurrentiel. Une découverte technologique, cependant, dans un monde globalisé, se répercute sur son utilisation au sein du marché, qui détermine les modèles économiques à adopter, car marché mondial rime avec concurrence mondiale. Soit on sait être compétitif, soit on fait autre chose. L’interdépendance entre les pays du monde est extrêmement forte, tout comme la concentration des nouvelles matières premières (pensons à l’énergie), mais aussi des produits de haute technologie (pensons aux puces électroniques). Aucun pays n’est plus autonome et ne peut se passer des autres. Je pose donc la question : une forme de « souverainisme » est-elle possible aujourd’hui ?

    Le surhomme aujourd’hui : entre néo-malthusianisme, écologisme et syncrétisme religieux. Pouvez-vous nous en faire une analyse ?

    Le surhomme de Nietzsche devrait aujourd’hui se concrétiser grâce aux technologies et à l’intelligence artificielle, ou bien à l’aide de certaines substances psychotropes. En pratique, il s’agit de l’amélioration des facultés humaines grâce à la technologie. Pour moi, la véritable amélioration réside dans la prière et dans la grâce que Dieu m’accorde, mais il est évident que si l’homme se prend lui-même pour Dieu, il ne s’estimera qu’à l’aune de ses découvertes scientifiques, réduisant ainsi lui-même sa dignité d’enfant de Dieu. Nietzsche avait prophétisé la fin de la civilisation occidentale parce qu’elle était chrétienne, tout comme le fait que très bientôt, l’homme considérerait le péché non plus comme un péché envers Dieu, mais envers la Terre et l’environnement. Il a ainsi convaincu ses disciples d’accélérer le processus d’écologisme, seule raison certaine de redécouvrir le malthusianisme nécessaire pour réduire la population. Aujourd’hui, les néo-malthusiens « érudits » et « responsables » ont établi que la population mondiale doit être réduite pour « sauver la planète ». Le syncrétisme religieux est quant à lui une grande découverte faite par les secrétaires de l’ONU pour assurer le succès du soi-disant nouvel ordre mondial, en encourageant les migrations – inutiles et contre-productives d’un point de vue économique (et non humanitaire) – vers des pays à religion dogmatique afin de polluer les « croyances superstitieuses dogmatiques », les valeurs non négociables, la crédibilité de l’autorité morale, etc. Et il y a eu un pape [François, ndlr] qui a même applaudi.

    Déclin des nations occidentales, nouvel ordre mondial (mondialisation et immigration) et crise de l’Europe : quelles en sont les causes et quel rôle joue l’abandon de la loi naturelle et du sens moral ?

    Giacomo Leopardi attribuait au progrès des Lumières la perte du sens moral. Les Lumières avaient également réduit l’homme à de la « matière », entraînant ainsi une ignorance des lois naturelles. Il ne fait aucun doute que l’anthropocentrisme, où l’homme se substitue à Dieu (théocentrisme), né à l’époque humaniste et de la Renaissance, a contribué à convaincre l’homme de satisfaire ses propres besoins, grâce à une recherche technique appropriée et à un consumérisme toujours plus grand. Cette forme de matérialisme a entraîné une sécularisation progressive, très immanente et peu transcendante. De la métaphysique, l’homme passe à l’utilitarisme technocratique et individualiste, peut-être même encouragé par certains théologiens qui, pour ne pas perdre leur popularité dans le monde, ont même réussi à concilier l’évolution biologique avec l’évolution morale nécessaire. Personne ne parle plus de métaphysique ni d’utilitarisme. Comment prétendre qu’un relativisme éthique niant les valeurs objectives ne s’affirme pas de plus en plus ? L’immigration, qui est une contradiction absolue, ne sert qu’à effacer les racines de la civilisation chrétienne, tout comme cela a été le cas pour le nouveau « bio-droit », qui, avec le président Obama et l’OMS, a remplacé la bioéthique, notamment en matière d’avortement, d’euthanasie, etc. Combien ont aujourd’hui le courage d’aller à contre-courant sans crainte ?

    Le nombre de naissances diminue, la population âgée augmente et, avec elle, les dépenses de santé publique. L’euthanasie devient alors la « solution » au problème… Quel est le lien entre l’euthanasie et la dénatalité ?

    Ce sont les deux faces d’une même médaille. La dénatalité est présentée comme une meilleure qualité de vie sans enfants, tandis que l’euthanasie apparaît comme la solution miséricordieuse à une vie indigne d’être vécue. L’absence d’enfants engendre la pauvreté et des risques indicibles de considérer la vie comme « sans valeur » ; l’euthanasie confirme que la valeur de la vie est toujours et uniquement « nulle ». Pour comprendre, nous devrions avoir le courage de reconnaître qui hait la vie humaine et pourquoi, sans en avoir honte. Je vous invite à lire ce qu’a écrit à ce sujet le grand Jérôme Lejeune. Dans une économie mature, avoir des enfants est synonyme de richesse, ne pas en avoir est synonyme de pauvreté. Dans le soi-disant monde occidental, pour devenir plus riche, il faut avoir plus d’enfants. Personnellement, j’ai étudié et affirmé cela dès 1975. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, je lis que le problème de la natalité (avec ses conséquences) a été découvert par tous. Auparavant, on l’a nié, en se moquant de moi. Mais ce qui s’est passé depuis 1975, rien que dans le monde occidental riche et cultivé, a coûté très cher. Et aujourd’hui, éliminer 70 % de la population mondiale pour préserver la Terre est un choix idéologique qui coûtera bien plus cher encore.

    Vous affirmez que la famille incarne la vérité humaine et sociale et qu’elle constitue le noyau social. Quelles conséquences entraîne la désagrégation de la famille au sein de la culture mondialiste-nihiliste ?

    La famille est autant haïe que la vie elle-même, car elle accomplit quelque chose d’intolérable : elle met au monde, élève et éduque ses enfants de manière subjective, non pas de façon homogène, mais en fonction des besoins, du caractère, des aptitudes, des forces et des faiblesses de chacun, individuellement. Permettez-moi de dire qu’on comprend tout de suite si un jeune a été élevé de cette manière par sa famille. Pourrait-on envisager de soutenir la famille, ne serait-ce que dans ce rôle, dans un monde globalisé qui prétend uniformiser les cultures, les comportements, les valeurs et les religions ? Ce n’est pas facile, d’autant plus que la famille est en concurrence avec l’État en matière d’investissements scolaires et professionnels. Elle s’occupe des membres de la famille malades, des personnes âgées, et elle le fait avec soin et affection. L’État ne semble pas beaucoup apprécier cette concurrence, peut-être selon le même principe qui a conduit à l’expulsion des religieuses infirmières des hôpitaux ou des religieuses enseignantes des écoles maternelles ?

  • Cardinal Sarah vs Benoist de Sinety : quand deux visions de l'Eglise s'affrontent

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    De Mathilde de Virene sur Tribune Chrétienne :

    Le cardinal Robert Sarah et le père Benoist de Sinety : le choc de deux visions de l’Église

    Cardinal Sarah ( @tribunechretienne)- Père de Sinety ( Wiki)
    Cardinal Sarah ( @tribunechretienne)- Père de Sinety ( Wiki)
    Alors que le pape Léon XIV a lui-même rappelé le 23 avril 2026 qu'"un État a le droit d'imposer des règles à ses frontières", le père Benoist de Sinety continue de défendre une vision de l'accueil migratoire que beaucoup jugent déconnectée des réalités politiques et culturelles

    Entre défense de l’identité chrétienne et accueil sans limite, entre enracinement civilisationnel et ouverture universelle, deux conceptions de la mission de l’Église s’affrontent aujourd’hui. Une fracture qui traverse désormais une partie du catholicisme français et occidental. Le débat ne porte plus seulement sur l’immigration ou l’identité nationale. Il touche désormais à la compréhension même de l’Évangile et à la mission de l’Église dans le monde contemporain. À travers les prises de position du cardinal Robert Sarah et du père Benoist de Sinety, ce sont deux visions profondément différentes du christianisme qui apparaissent.

    Dans son récent ouvrage La cause du Christ : l’Évangile contre « l’identité chrétienne », le père Benoist de Sinety dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique du christianisme. Il s’inquiète d’un catholicisme qui ferait de la défense de l’identité, de la civilisation ou des frontières une priorité. Selon lui, les migrants sont devenus les « boucs émissaires » des sociétés occidentales et la peur constitue l’un des principaux moteurs des débats actuels.

    Le cardinal Robert Sarah développe une analyse radicalement différente. Depuis plusieurs années, le prélat guinéen met en garde contre une Europe qui renonce à ses racines chrétiennes. Il compare régulièrement le continent à « un arbre qui a perdu ses racines et qui meurt ». Pour lui, la crise migratoire ne peut être abordée uniquement sous l’angle de l’émotion ou de la générosité immédiate. L’une de ses déclarations les plus marquantes demeure celle dans laquelle il qualifie l’immigration de masse de « triple trahison » et même de « nouveau type d’esclavage ». Selon le cardinal, les premières victimes sont souvent les peuples africains eux-mêmes, privés de leurs forces vives, tandis que les passeurs et les réseaux criminels prospèrent sur la détresse humaine : « Le meilleur accueil que l’on puisse faire aux migrants, c’est de développer leur pays pour qu’ils restent chez eux », a-t-il notamment affirmé.

    Au-delà de la question migratoire, le désaccord touche également la notion d’identité chrétienne. Le père Benoist de Sinety voit dans cette expression un risque de fermeture et d’exclusion. À l’inverse, le cardinal Sarah estime qu’une civilisation qui renonce à son héritage spirituel finit inévitablement par disparaître. Il rappelle que l’accueil n’a de sens que si celui qui accueille sait encore qui il est. Cette opposition révèle deux lectures différentes de la charité chrétienne. Pour le père Benoist de Sinety, celle-ci se traduit avant tout par l’accueil concret et immédiat de celui qui frappe à la porte. Pour le cardinal Sarah, la charité ne peut être réduite à une simple assistance matérielle. Il rappelle régulièrement que l’Église n’est pas une organisation humanitaire parmi d’autres et que sa première mission demeure l’annonce du Christ et le salut des âmes.

    Aux yeux de nombreux catholiques, le risque est celui d’un christianisme réduit à un message social, où la défense des migrants, porteurs eux aussi de leur identité et de leur religion,finirait par occulter les questions de vérité, de conversion et de transmission de la foi. Ils voient dans certaines prises de position contemporaines une forme de naïveté face aux défis civilisationnels que connaît l’Europe. À l’inverse, les partisans de la ligne défendue par le père Benoist de Sinety estiment que l’Évangile exige un accueil généreux. « Jésus n’a pas besoin d’être défendu », affirme le prêtre, qui voit dans l’usage de l’identité chrétienne une déformation du message universel porté par le Christ. » Ce débat dépasse largement la France. Il traverse aujourd’hui l’ensemble du monde catholique. Derrière les discussions sur l’immigration ou l’identité se joue en réalité une question fondamentale : comment annoncer le Christ dans une civilisation qui doute de ses racines et de son avenir ? Sur ce point, le cardinal Robert Sarah demeure l’une des voix les plus fortes et les plus écoutées du catholicisme contemporain.

  • Le clergé de la République démocratique du Congo dénonce l'apathie du gouvernement face à la violence et aux maladies

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    De Ngala Killian Chimtom sur le CWR :

    Le clergé de la République démocratique du Congo dénonce l'apathie du gouvernement face à la violence et aux maladies

    « Des gens sont tués chaque jour », a déclaré sœur Josée Ngalula, professeure de théologie dogmatique à l’Université catholique du Congo à Kinshasa.

    Les responsables religieux de la République démocratique du Congo ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'accent mis par le gouvernement sur la réforme constitutionnelle, alors que les citoyens sont pris dans un tourbillon de conflits et de maladies.

    Des années de conflit ont déjà infligé des souffrances insupportables à la population, notamment dans l'est du pays, mais l'épidémie du virus Ebola a engendré un sentiment d'épuisement total.

    Dans une lettre adressée à CWR, l'évêque Melchisedec Sikuli Paluku du diocèse catholique de Butembo-Beni a dénoncé la situation sécuritaire alarmante dans son diocèse, les attaques persistantes ayant créé un cycle de peur parmi la population.

    « Le diocèse de Butembo-Beni souffre d'une insécurité quasi endémique », a constaté le religieux. Il a évoqué de multiples formes de violence, certaines parties de la région vivant sous « occupation étrangère, avec la complicité de l'AFC/M23 ».

    Il a rappelé la récente vague de massacres, citant les attaques perpétrées les 30 et 31 mai à Beni par l'ADF-Nalu, qui ont fait 21 morts. Une attaque survenue les 2 et 3 juin dans la ville de Mbau, près de Beni, a également fait 16 victimes.

    « Des gens sont tués chaque jour », a déclaré sœur Josée Ngalula, professeure de théologie dogmatique à l’Université catholique du Congo à Kinshasa et première femme africaine nommée à la commission théologique du Vatican.

    La communauté des Sœurs de Saint-André de Kinshasa a qualifié les événements survenus dans l'est de la RDC d'« invasion », expliquant qu'une grande partie des combats est le résultat d'intérêts miniers étrangers.

    « Ce qui se passe au Nord et au Sud-Kivu est une invasion. L’armée rwandaise est entrée en RDC avec des chars et des soldats pour s’emparer des mines de coltan et d’or », a déclaré M. Ngalula à CWR.

    « Ces ressources sont acheminées clandestinement vers le Rwanda et vendues sur les marchés internationaux, notamment à l’UE et au Qatar. Contrairement à d’autres régions en proie aux milices locales, les Kivus subissent une agression militaire directe de la part d’un État voisin », a-t-elle déclaré.

    Elle a expliqué que le Rwanda avait tenté, sans succès, de dissimuler son implication.

    « Le Rwanda tente de dissimuler cette invasion en finançant une fausse rébellion appelée M23AFC. Bien que ce groupe se prétende congolais, seuls trois de ses dirigeants sont originaires du Congo ; les autres sont rwandais. Ces combattants ne vivent pas ici ; ils résident au Rwanda, faisant la navette le matin pour s’emparer de nos ressources et rentrant le soir. C’est pourquoi la question du Nord et du Sud-Kivu est directement liée au Rwanda », a-t-elle déclaré à CWR.

    Les combats dans l'est de la RDC ont été encore compliqués par l'épidémie du virus Ebola. Selon les autorités sanitaires congolaises, la maladie a jusqu'à présent fait au moins 136 morts et 676 cas ont été confirmés.

    Sœur Rolande Kyakimwa, des Oblates Missionnaires de l'Assomption, a déclaré à CWR qu'il y a une « peur généralisée » déclenchée non seulement par les combats en cours, mais aussi par la propagation du virus Ebola.

    « Une peur généralisée entoure actuellement l’épidémie d’Ebola. Les gens doivent se protéger en se lavant les mains et en évitant les contacts physiques, c’est-à-dire en respectant la distanciation sociale », a-t-elle déclaré.

    « Malheureusement, certains résidents résistent à ces mesures, évoquant des théories du complot concernant des plans prémédités et des agendas financiers orchestrés par certains professionnels de la santé. »

    Alors que le conflit et la maladie ravagent la vie des citoyens congolais, la classe politique du pays est paradoxalement obsédée par la révision de la constitution.

    Le 9 juin, le Parlement a adopté une loi autorisant l'organisation de référendums, ce qui pourrait ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle. La limitation du nombre de mandats présidentiels figure parmi les points clés de cette révision. Ses détracteurs affirment que le président Félix Tshisekedi, dont le mandat expire en 2028, cherche à se maintenir au pouvoir. Bien qu'il ne l'ait pas déclaré ouvertement, il a admis qu'il pourrait briguer un troisième mandat si le peuple le souhaite.

    « Je n’ai pas demandé un troisième mandat, mais je vous le dis : si le peuple souhaite que j’en fasse un troisième, j’accepterai », a-t-il déclaré début mai lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

    Cette obsession pour la politique, selon l'évêque du diocèse catholique de Butembo, Monseigneur Melchisedec Sikuli Paluku, témoigne d'une indifférence révélatrice à la souffrance du peuple congolais.

    « Dans ce sombre contexte, nous constatons avec amertume le fossé qui sépare les préoccupations des politiciens des besoins réels et légitimes du peuple congolais. En effet, alors qu’une partie du territoire national est sous occupation étrangère et que les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri sont massacrées à répétition par l’ADF-NALU, les préoccupations de nos dirigeants semblent ailleurs », a déclaré l’évêque dans un communiqué transmis à CWR.

    « Ils s’efforcent avec une détermination incompréhensible de mettre en branle un processus de réforme constitutionnelle », a déclaré le religieux, expliquant que cela ne reflète pas les réalités actuelles.

    « Il serait plus utile et plus urgent pour eux de se concentrer sur la recherche de réponses appropriées aux attentes profondes du public », a déclaré le religieux.

    L’évêque Paluku a souligné que l’attitude du président, des parlementaires et des autres responsables gouvernementaux risquait de légitimer la fragmentation même que redoute le peuple congolais. Il a formulé quatre revendications précises à l’intention de l’ensemble de la population, invitant chacun – dirigeant et citoyen – à choisir entre bâtir un pays meilleur ou contribuer à sa ruine.

    « La paix, la justice, la souveraineté et l’intégrité territoriale sont les fondements du bonheur auquel aspire notre peuple », a déclaré l’évêque, expliquant que les massacres, la corruption, l’injustice et le tribalisme continuent de compromettre l’avenir du pays.

    L’évêque Paluku a exhorté le président à se concentrer avant tout sur le rétablissement de la paix nationale, soulignant que le pouvoir est fondamentalement au service du peuple. Il a mis au défi les députés et les sénateurs de se désolidariser des souffrances du peuple, rappelant qu’ils avaient été élus pour promouvoir le bien-être, et non pour fracturer la société par des décisions alimentant un cercle vicieux de violence.

    L’évêque a également exhorté les forces de défense et de sécurité à examiner attentivement leur conduite, afin de garantir leur efficacité dans l’accomplissement de leurs missions. Il a appelé à une conversion des cœurs et des esprits parmi les citoyens, affirmant que cela était « plus urgent que de modifier la Constitution ».

    Il a exhorté les citoyens à préserver leur intégrité morale, à rejeter le mal et à contribuer activement à la consolidation de la paix. Parallèlement, il a imploré les autorités de faire de la sécurité un pilier central des politiques publiques afin de briser le cycle de violence récurrent.

    En janvier, la médiation de l'Union africaine et des États-Unis a abouti à la signature d'un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, mais sœur Ngalula a accusé le Rwanda de ne pas avoir respecté sa part du marché.

    « Le Rwanda n’a malheureusement toujours pas retiré ses troupes ni ses chars à ce jour », a-t-elle déclaré à CWR.

    « Le Rwanda bénéficie notamment du soutien de la France. En effet, le coltan pillé par l’armée rwandaise est envoyé en France, puis distribué dans d’autres pays de l’Union européenne. »

    Si divers acteurs partagent la responsabilité des violences actuelles, l'évêque Paluku affirme qu'ignorer cette crise constitue une violation des droits fondamentaux du peuple congolais.

    « Le peuple congolais a le droit non seulement de vivre, mais de vivre dans la paix, la dignité, la justice et la réconciliation », a déclaré le religieux.

     
    Ngala Killian Chimtom est un journaliste camerounais fort de onze années d'expérience. Il travaille actuellement comme reporter et présentateur pour la Radio Télévision Camerounaise (radio et télévision). Chimtom collabore également avec plusieurs médias, dont IPS, Ooskanews, Free Speech Radio News, Christian Science Monitor, CAJNews Africa, CAJNews, CNN.com et Dpa.
  • Notre culture a oublié qu'un enfant est un don de Dieu

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    De Donald De Marco sur le NCR :

    Notre culture a oublié qu'un enfant est un don de Dieu

    COMMENTAIRE : C’est un paradoxe de la nature humaine que de sous-estimer ce qui est inestimable et de surestimer ce qui ne vaut rien.

    Carl Bloch (1834-1890), « Le Christ avec les enfants »
    Carl Bloch (1834-1890), « Le Christ avec les enfants » (photo : Domaine public)

    Dans la société nord-américaine actuelle, peu de choses suscitent autant de crainte que la perspective d'avoir un enfant. Aux États-Unis et au Canada, les taux de natalité sont inférieurs au seuil de renouvellement des générations, et le taux d'avortement ne cesse d'augmenter. (... mais ce n'est pas différent en Europe ndB). L'enfant, innocent, est perçu comme un obstacle majeur à la réussite matérielle et à une vie confortable. 

    En revanche, l’Écriture sainte présente l’enfant comme un don précieux de Dieu. Jésus a dit à ses disciples : « Laissez venir à moi les petits enfants » (Matthieu 19, 14). En bénissant les enfants, il a insisté sur leur humilité, affirmant qu’il faut leur ressembler pour entrer dans le royaume des cieux (Matthieu 18, 2-4). 

    Par conséquent, nous lisons dans 3 Jean 1:4 : « Je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité. » 

    Les enfants sont considérés comme une source de joie immense et un modèle d'humilité pour tous. Le châtiment réservé à ceux qui nuisent spirituellement à un enfant est des plus sévères : « Si quelqu’un fait tomber dans le péché un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache une meule de moulin autour du cou et qu’on le jette au fond de la mer » (Matthieu 18,6).

    Dans le monde contemporain, on oublie souvent que les enfants sont une bénédiction. Il faut peut-être faire preuve d'humilité pour saisir toute l'importance que l'humilité d'un enfant apporte au monde. 

    Saint John Henry Newman, qui n'était nullement naïf au sujet des enfants, nous a offert des aperçus précieux sur l'enfance, prouvant qu'il n'est pas nécessaire d'être parent pour observer les qualités particulières de l'enfant. Il notait « la simplicité des manières et des idées de l'enfant, sa propension à croire tout ce qu'on lui dit, son amour innocent, sa confiance sincère, son aveu d'impuissance, son ignorance du mal, son incapacité à dissimuler ses pensées, son contentement, son oubli rapide des soucis, son admiration sans convoitise ; et, surtout, son esprit respectueux, qui voit en tout ce qui l'entoure une merveille, comme autant de signes de l'Invisible, autant de preuves qu'il est… un visiteur dans un état supérieur ».

    En observant l'enfant ainsi, nous prenons conscience de combien nous avons besoin, dans nos propres vies, des qualités qu'il possède. L'enfant suscite notre sourire et notre admiration. Il nous donne envie de l'enlacer. En l'enlaçant, nous accueillons tout ce qu'il est. Nous pouvons nous demander, à l'instar de Platon, si les enfants ne viennent pas d'un monde meilleur pour nous apporter un message important que nous avons presque oublié. William Wordsworth suggérait, comme Platon, que les enfants viennent effectivement d'un monde supérieur, « non pas dans un oubli total, ni dans une nudité absolue, mais traînant derrière eux des nuages ​​de gloire venant de Dieu qui est notre demeure ».

    Nous avons perdu la capacité de voir que tout dans le monde est « revêtu de lumière céleste ». L'enfant nous ressource, nous rajeunit et nous reconnecte à nos racines. L'enfant, en un mot, nous humanise. L'importance de l'enfant se mesure à la gravité de sa disparition.

    Trois semaines avant l'investiture de Franklin Pierce à la présidence, lui et sa femme perdirent leur fils unique, Benny, âgé de 11 ans, dans un terrible accident de train. Le chagrin qu'ils ressentirent fut dévastateur. Il submergea la Maison-Blanche et compromit profondément l'efficacité de Pierce en tant que 14e président des États-Unis. L'histoire nous apprend que l'alcoolisme virulent de Franklin Pierce était lié à la perte de ses trois fils durant leur enfance. Perdre un enfant, c'est subir une amputation.

    C'est un paradoxe de la nature humaine que de sous-estimer ce qui est inestimable et de surestimer ce qui ne l'est pas. Les gens ignorent ce qu'ils ont perdu en ayant recours à l'avortement. De même, ils ignorent ce qu'ils ont perdu en reniant Dieu.

    La comparaison faite par Newman entre l'enfant et « un visiteur dans un état supérieur » est tout à fait pertinente. Il est remarquable qu'un enfant, si jeune et si peu expérimenté, puisse, d'une manière mystérieuse, être plus sage que les parents qui l'accueillent dans leur vie. Ces derniers s'émerveillent de sa gentillesse et de sa générosité. Ils finissent par croire que sa prodigalité ne peut s'expliquer que par le fait qu'il soit un don de Dieu. 

    « Le ciel nous entoure dès notre plus jeune âge. » Nous vieillissons trop vite et avons besoin d'un enfant pour retrouver la vision que nous avons perdue. « Un enfant est un rayon de soleil », disait le prédicateur américain Lyman Abbott, « venu de l'Infini et de l'Éternel, porteur de vertus et de vices, mais encore pur. » Don de Dieu, un enfant nous ramène à Lui.

    L'idée qu'un nouveau-né est un don de Dieu se reflète dans les prénoms donnés aux enfants. Il en existe des centaines, répartis dans de nombreuses langues. Citons par exemple Dorothy, Theodora, Eudora et Thea (grecs) ; Abisai, Addai et Zebedee (hébreu) ; Donato (latin) ; Dorek (polonais) ; Fedyenka et Fyodor (russe) ; Maceo (espagnol) ; Hanni (finnois) ; Jarshika (tamoul) ; Siobhán (irlandais) ; Tanaquil (étrusque) ; Itzae (maya) ; et Bogdan et Todor (slave).

    Ces noms, à travers le monde et au fil de l'histoire, témoignent de l'intuition humaine selon laquelle un enfant est, en effet, un don de Dieu.

  • A Rome : la Marche pour la vie avec un message surprise de Bocelli

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    De Fabrizio Cannone sur la NBQ :

    Marche pour la vie avec un message surprise de Bocelli

    Samedi dernier, Rome a accueilli la seizième édition de la manifestation pour la défense du caractère sacré de la vie, de la conception à la mort naturelle. Parmi les témoignages de « survivants » d'avortements conseillés par les médecins à leurs mères, qui, par une heureuse coïncidence, ont désobéi, figurait celui du célèbre ténor.

    15 juin 2026

    Photo de Mauro Scrobogna / LaPresse

    Sous un soleil de plomb, la seizième édition de la Manifestation nationale pro-vie s'est déroulée samedi à Rome, avec pour objectif de témoigner, protéger et promouvoir le caractère sacré de la vie humaine innocente, « de la conception à la mort naturelle ». La manifestation, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes, s'est articulée autour de trois temps forts, d'égale intensité et parfaitement structurés, menés par Maria Rachele Ruiu, porte-parole de Pro Vita e Famiglia.

    Sur la Piazza della Repubblica, vers 14h30, lors de la première étape de l'événement , des représentants reconnus du mouvement pro-vie – médecins, militants, écrivains et activistes – ont prononcé de brèves allocutions, concluant par les encouragements fraternels du très jeune délégué de la Marche pour la Vie  . Les témoignages de plusieurs Italiens ordinaires, qui peuvent littéralement se qualifier de « survivants », ayant échappé de justesse à l'injuste « avortement thérapeutique » proposé par des médecins sans scrupules à leurs mères, ont été particulièrement émouvants.

    Le cortège proprement dit commença alors , comme toujours coloré, bruyant et rempli de familles, d'enfants et d'innombrables groupes religieux qu'il est impossible de nommer un par un. Parmi eux, nous tenons à mentionner le groupe « orange », formé par les jeunes enthousiastes des Voix de la Parole, groupe laïc de l'Institut du Verbe Incarné, qui, plus que quiconque peut-être, avec leurs tambours, leurs slogans et leurs chants, ont animé cette manifestation joyeuse et animée.

    Au-delà de la question morale primordiale – liée aux lois désastreuses sur l'avortement volontaire et l'euthanasie – nous sommes confrontés à un fait objectif et choquant qui devrait préoccuper tout le monde, et particulièrement en Italie, au-delà de toute barrière idéologique ou partisane : l'effondrement démographique manifeste du pays, qu'aucune « immigration de masse » ne pourra jamais enrayer. Aujourd'hui, tout le monde en est conscient et les politiciens qui s'alarment du vieillissement de la population sont nombreux. Pourtant, il est difficile d'admettre que les plus de six millions d'avortements pratiqués depuis la promulgation de la loi 194 (1978) ont été un facteur déterminant du déclin démographique actuel.

    De plus, au-delà de la solidarité justifiée envers les pauvres et les réfugiés cherchant asile dans notre pays, il serait injuste et immoral d'importer une population entière de remplacement ou de rechercher des mineurs non accompagnés à travers le monde, puisque notre population a cessé de procréer ou ne le fait que très rarement. En bref, au-delà d'un crime moral, l'avortement constitue aujourd'hui un crime social, un risque majeur pour la sécurité sociale et une triste « structure du péché ».

    Après une procession pacifique et ordonnée, les manifestants sont arrivés sur la Piazza San Giovanni, où le groupe de rock The Sun s'est produit .L'événement a alterné avec des discours plus longs que ceux prononcés lors de l'ouverture. Parmi les nombreux intervenants, citons Monseigneur Antonio Suetta, évêque de Vintimille-San Remo, qui a évoqué son initiative courageuse, les Cloches pour la Vie, qui sonnent chaque soir quelques coups de cloche en défense des enfants à naître oubliés.
    Massimo Gandolfini, l'un des pères fondateurs du Rassemblement Pro-Vie, a captivé, galvanisé et même ému l'auditoire en lisant divers témoignages pro-vie recueillis spécialement pour l'occasion.

    Sur le plan institutionnel, le message du président de la Chambre des députés, Lorenzo Fontana, a souligné que « choisir la vie » signifie en définitive « promouvoir une culture qui s'oppose à la logique de sélection et de marginalisation ». Mais cela signifie aussi construire une société meilleure, « capable de reconnaître en toute circonstance, même la plus difficile et la plus douloureuse, un don précieux à accueillir et à protéger ». Le président s'est engagé à « renforcer les dispositifs de soutien à la maternité » et, parallèlement, à étendre et à rendre plus accessible le « réseau de services sociaux et de santé », afin d'encourager les naissances et d'alléger le fardeau des soins « qui pèse encore lourdement sur les familles italiennes ».

    Toujours depuis la scène, et après avoir échangé quelques plaisanteries avec le public , Ruiu a créé un petit « coup de théâtre » en lisant une lettre touchante et inattendue du ténor Andrea Bocelli, qui y racontait brièvement son histoire. « Ma mère », écrivait l'artiste aux manifestants de samedi, « à qui les médecins avaient conseillé d'interrompre sa grossesse, a choisi de faire confiance à la vie et d'assumer ses responsabilités. » Pour lui, connu et respecté dans le monde entier, livrer ce petit « témoignage » à la manifestation pro-vie est un « privilège et un geste de gratitude ». Ce que nous voulons et devons tous faire, et ce à quoi les institutions publiques (quelle que soit leur affiliation politique) devraient s'engager, c'est soutenir toutes les femmes courageuses qui luttent pour la vie lors de grossesses difficiles et imprévues, notamment celles d'enfants à risque présentant des pathologies connues.

    Une brève digression s'impose toutefois. Il est facile aujourd'hui, presque convenu, de parler d'« inclusion des personnes handicapées » dans la société et à l'école, propos tenus avec hypocrisie par ceux qui promeuvent l'avortement jusqu'au neuvième mois pour les enfants atteints de trisomie 21 ou qui acceptent l'euthanasie pour les personnes dépressives comme une évidence. Il convient de noter, cependant, que l'interruption de grossesse, près d'un demi-siècle après la loi 194, est devenue un risque majeur précisément pour les enfants dont on prévoit la naissance avec une pathologie ou une « imperfection », comme le soulignait le statisticien Roberto Volpi il y a dix ans (cf. La Disparition des enfants atteints de trisomie 21 , Lindau, Turin, 2016).

    On espère que cette dernière manifestation pro-vie ne restera pas qu'un souvenir agréable pour les participants, mais qu'elle marquera le début d'une réforme éthique et politique en Italie et en Europe. Car, comme l'a déclaré le pape Léon XIV aux responsables politiques espagnols le 8 juin : « Si la vie cesse d'être reconnue comme une valeur fondamentale, quel avenir nos sociétés peuvent-elles espérer ? »

  • Au Pakistan : la peine de mort pour blasphème contre l'islam

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    De Constance Avenel sur le site de l'ECLJ :

    Pakistan : ECLJ alerte l'ONU sur la peine de mort pour blasphème contre l'islam

    12 juin 2026

    Au Pakistan, une quarantaine de personnes sont actuellement condamnées à mort pour blasphème contre l'islam, tandis que plus d'une centaine d'autres ont été lynchées avant même d'être jugées. Le 23 mai 2026, l'ECLJ a officiellement alerté le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies sur ces condamnations à mort, documentant des cas où les enquêtes avaient été bâclées et les garanties procédurales ignorées.

    L’article 295-C du Code pénal pakistanais prévoit la peine de mort par pendaison pour quiconque « profane le nom sacré du Prophète Muhammad ». La notion de profanation est interprétée de manière très large, car elle peut résulter d’actes commis « par des paroles, orales ou écrites, par une représentation visible, ou par toute imputation, insinuation ou allusion, directement ou indirectement ».

    Le nombre de poursuites pour blasphème au Pakistan a fortement augmenté ces dernières années. Selon un rapport publié par le Centre pour la justice sociale (CSJ) en avril 2025, un nombre record de 344 nouveaux cas de blasphème ont été enregistrés en 2024. Bien que le Pakistan n'ait jamais exécuté de personne reconnue coupable de blasphème, les peines de mort prononcées pour ce délit sont généralement commuées en réclusion à perpétuité. Néanmoins, ces condamnations continuent d'envoyer des dizaines d'individus dans le couloir de la mort. Une quarantaine de personnes attendent actuellement leur exécution.

    De plus, les accusations de blasphème s'accompagnent fréquemment de violences extrajudiciaires visant aussi bien les accusés que leurs familles. Au moins 104 personnes ont été lynchées publiquement à la suite d'accusations de blasphème entre 1994 et 2024, dont 26 chrétiens. Tandis que des chrétiens innocents sont condamnés sur la base de fausses accusations, les responsables de ces actes de « justice populaire » continuent de bénéficier de l'impunité.

    Procès et condamnations entachés d'irrégularités, prononcés sous la pression

    Il n'est pas rare que les accusations de blasphème soient fondées sur de fausses déclarations, les accusés étant condamnés malgré des preuves insuffisantes, en raison d'enquêtes bâclées et du non-respect des garanties procédurales. Le sort des accusés est souvent scellé dans un climat d'intimidation et de peur, des organisations islamistes fondamentalistes envahissant les salles d'audience pour faire pression sur les juges.

    La peur paralyse tout le système de justice pénale. Avocats, policiers, procureurs et juges sont empêchés d'exercer leurs fonctions efficacement et impartialement. Les acquittements restent extrêmement rares, laissant les accusés dépendants des juridictions supérieures, elles-mêmes débordées et qui reportent fréquemment les audiences sine die. L'État non seulement manque à son devoir de protéger les accusés, mais ne leur verse aucune indemnisation pour les années de détention injuste qu'ils subissent.

    Ces affaires révèlent une réalité que l'ECLJ documente régulièrement : l'instrumentalisation de la législation sur le blasphème contre les minorités religieuses, notamment les chrétiens. Ces derniers représentent moins de 2 % de la population pakistanaise, mais 6 % des personnes poursuivies pour blasphème. Le 27 février 2026, l'ECLJ avait déjà soumis une contribution sur cette question au Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.

    L'ECLJ défend quatre chrétiens injustement condamnés à mort.

    L'organisation partenaire de l'ECLJ au Pakistan représente actuellement cinq personnes poursuivies en vertu de l'article 295-C. Quatre d'entre elles sont actuellement détenues dans l'attente de leur exécution.

    Shahzad Masih avait seize ans lorsqu'il a été inculpé en juillet 2017. Au cours d'une conversation, il n'a fait que répéter des propos tenus par un ami de son père, propos jugés irrespectueux envers le nom de « Muhammad ». Cela a suffi pour qu'il soit dénoncé aux autorités. Lors du procès, même le commissaire de police a témoigné que les propos de Shahzad n'étaient pas insultants envers l'islam. Malgré cela, le tribunal l'a condamné à mort en novembre 2022, refusant de le juger comme mineur. Shahzad a passé plus de huit ans en prison. « Ils devraient simplement me pendre. Je ne supporte plus l'angoisse d'attendre chaque jour de savoir ce qui va se passer », a-t-il déclaré à ses avocats.

    Qaisar et Amoon Ayub, deux frères chrétiens, ont été arrêtés en 2014 après que leurs noms et adresse sont apparus sur un blog en ligne au contenu jugé blasphématoire. La police n'a jamais cherché à vérifier s'ils étaient réellement responsables de ce blog. L'Agence fédérale d'enquête (FIA) a bien adressé une demande à WordPress pour connaître l'identité du créateur du site, mais n'a jamais reçu de réponse. Les deux frères ont néanmoins été condamnés à mort en 2018, une peine confirmée en appel en 2022. Ils ont passé plus de dix ans en prison. Aujourd'hui, l'épouse d'Amoon effectue chaque semaine un trajet de cinq heures en bus aller-retour pour rendre une courte visite à son mari, qui souffre de dépression.

    Ahsan Masih, âgé de vingt-six ans, a été arrêté en août 2023 pour avoir prétendument republié une image blasphématoire sur TikTok , une image déjà partagée des milliers d'internautes. L'image n'a jamais été retrouvée sur son téléphone et aucune preuve n'a été produite contre lui. Malgré cela, il a été condamné à mort. Toute sa famille vit désormais dans la crainte d'un lynchage médiatique s'il venait à être libéré.

    Intizar Masih, représenté par notre organisation partenaire au Pakistan, a été arrêté en mars 2023 pour des propos qu'il aurait tenus dans un groupe WhatsApp privé . Vingt personnes sont poursuivies dans cette affaire, qui s'inscrit dans une vague plus large de plus de deux cents procédures similaires visant des participants à des groupes de discussion en ligne. Son épouse, sans qualification professionnelle, vit de la charité. Leurs enfants grandissent sans leur père. S'il est reconnu coupable, Intizar encourt la peine de mort.

    L'ECLJ appelle à une action internationale urgente

    Le 16 mai 2026, la conférence annuelle Justice AR Cornelius s'est tenue sur le thème « La liberté religieuse dans la Constitution du Pakistan ». Le président de la Cour constitutionnelle fédérale, Aminuddin Khan, s'est engagé à protéger les droits constitutionnels de chaque Pakistanais sans discrimination, réaffirmant ainsi l'attachement du pouvoir judiciaire à l'égalité et à la justice pour tous.

    Globalement, la conférence est toutefois restée largement évasive sur les questions les plus sensibles. Sans aborder de front la persécution des minorités religieuses ni les abus liés aux accusations de blasphème, les intervenants se sont principalement limités à des déclarations institutionnelles soulignant l'importance de la liberté religieuse et de l'égalité devant la loi.

    Compte tenu de la gravité de la situation, l’ECLJ appelle les États membres du Conseil des droits de l’homme à exhorter le Pakistan à :

    • Abolir la peine de mort prévue par ses lois sur le blasphème ;
    • Mener des enquêtes impartiales et approfondies dans tous les cas de blasphème ;
    • Accélérer les procès et les appels afin de mettre fin à des années d'emprisonnement injuste ;
    • Acquitter et libérer les personnes détenues sur la base d'accusations de blasphème non fondées.

    Ces recommandations sont énoncées dans une déclaration écrite soumise au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies le 23 mai 2026.

  • 13 juin 313 : promulgation de l'Edit de Milan

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    Le document qui a changé l'histoire du christianisme

    Une lecture de l'évènement, éventuellement sujette à discussion, est proposée par Zenit.org sous la signature de Mgr Vitaliano Mattioli :

    L’Edit de Milan, de 313, par lequel l’empereur Constantin (306-337) reconnut la liberté de culte à la religion chrétienne, fête ses 1700 ans cette année.

    Mais quelle est l'actualité de l'Edit de Milan? Explications de Mgr Vitaliano Mattioli, professeur à l’Université pontificale urbanienne et vice-président de l’Institut pontifical Saint-Apollinaire.

    « Selon les sources historiques, Jésus est probablement mort aux alentours de l’an 30 en Palestine qui, depuis l’an 64, était sous la protection de l’empire romain. Cette année-là, le gouverneur (représentant de l’empereur) était Ponce Pilate (26-36), qui signa la condamnation à mort de Jésus.

    Il était d’usage à l’époque que les gouverneurs envoient à Rome un rapport officiel sur ce qui se passait dans la région qui leur était confiée, comme le rapporte le tout premier historien du christianisme, Eusèbe de Césarée (260-340), dans son Histoire Ecclésiastique: « Pilate, En vertu d'une ancienne coutume, qui imposait aux gouverneurs des nations de transmettre les nouvelles au titulaire du pouvoir royal, pour qu’ils soient au courant de tout, a informé l’empereur Tibère… » (II, 2, 1).

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  • En Chine, les catholiques sont durement persécutés par le régime communiste

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    De Victoire Lemoigne sur le site de La Nef :

    En Chine, une Eglise souffrante et divisée

    Les catholiques chinois sont durement persécutés par le régime communiste depuis l’origine et cela ne s’estompe pas malgré « l’accord secret » de 2018. Explication de la situation avec un détour par l’histoire.

    Quand Mao Zedong proclame la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949, l’Église catholique compte un peu plus de 3,2 millions de fidèles et quelque 2600 prêtres chinois. À sa mort, en 1976, l’Osservatore romano dresse un bilan catastrophique : il n’en resterait plus que 500 ou 600. Entre-temps, le régime avait imposé à toutes les confessions le modèle des « trois autonomies », autonomie de gouvernement, de financement, d’apostolat. Traduction : couper chaque Église de ses racines étrangères, c’est-à-dire de Rome. Le 2 août 1957, l’Association patriotique catholique chinoise (APCC) voit officiellement le jour. Sa déclaration fondatrice exalte le « patriotisme comme devoir sacré et commandement de Dieu », dénonce le Vatican comme « traditionnellement anticommuniste, antipopulaire, antisocialiste » et proclame l’indépendance de l’Église de Chine vis-à-vis du Saint-Siège. Dès l’année suivante, l’APCC procède à des sacres épiscopaux sans mandat pontifical. Ces évêques, « validement ordonnés mais illégitimes », sont excommuniés ipso facto. Une ligne de partage s’établit pour des décennies : d’un côté l’Église « officielle », inféodée au Parti ; de l’autre, l’Église « clandestine », fidèle à Rome, acculée à la prison ou à la disparition.

    Lire la suite sur le site de La Nef

  • Projet de libéralisation de l’avortement : douze, quatorze ou dix-huit semaines, une question scientifique ou un choix éthique ?

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Belgique – Projet de libéralisation de l’avortement : 12, 14 ou 18 semaines, une question scientifique ou un choix éthique ?

    La ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), a annoncé début juin le dépôt prochain d’un projet de loi modifiant substantiellement la législation actuelle sur l’avortement. Le texte prévoit notamment d’étendre le délai légal de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) de 12 à 14 semaines de grossesse, de réduire le délai de réflexion obligatoire de six à deux jours et d’autoriser l’avortement jusqu’à 18 semaines lorsque la grossesse résulte d’un viol. Présentée comme un compromis au sein de la coalition gouvernementale, cette réforme a immédiatement ravivé les lignes de fracture entre les partis politiques. 

    Depuis plusieurs années, certains partis et organisations favorables à une libéralisation accrue de l’avortement en Belgique réclament un allongement du délai légal à 18 semaines après la conception (soit 20 semaines d’aménorrhée, ou 4 mois et demi de grossesse). Ceux-ci s’appuient notamment sur le rapport du comité d’experts interuniversitaire (mandaté par le gouvernement précédent) remis au Parlement en 2023, qui recommandait une telle extension à 18 semaines afin de limiter le nombre de femmes contraintes de se rendre à l’étranger lorsqu’elles dépassent le délai actuellement autorisé en Belgique. 

    Le projet porté par la ministre Verlinden, tout en assouplissant les conditions de pratique de l’avortement, s’écarte cependant de cette recommandation. En fixant la limite générale à 14 semaines, la ministre semble considérer qu’à partir d’un certain stade du développement prénatal, l’intérêt de l’enfant à naître mérite une protection accrue. Cette idée n’est d’ailleurs pas étrangère à la législation belge actuelle, qui repose déjà implicitement, à certains égards, sur une protection graduelle de la vie humaine avant la naissance. 

    Sensibilité du fœtus et protection de l’enfant à naître 

    Cette référence au développement du fœtus a été vivement contestée par plusieurs responsables politiques et experts favorables à une extension du délai légal de l’IVG. Le débat s’est notamment cristallisé autour de la question sensible de la douleur fœtale. Dans la presse flamande, certains sont allés jusqu’à comparer la position du président du CD&V Sammy Mahdi à une forme de négationnisme scientifique, l’accusant de s’appuyer sur des données erronées concernant le développement neurologique du fœtus. 

    Or, contrairement à ce qui est parfois affirmé de part et d’autre, la littérature scientifique ne permet pas de dégager un consensus absolu sur cette question. La majorité des études considèrent que les structures neurologiques nécessaires à une expérience consciente de la douleur ne sont probablement pas suffisamment développées à 18 semaines de grossesse. D’autres chercheurs soutiennent toutefois que certaines formes de perception ou de réponse à des stimuli nociceptifs pourraient exister plus précocement – ce qui explique que le fœtus est, à partir d’un certain stade, anesthésié avant l’avortement. La prudence scientifique invite donc à distinguer ce qui est solidement établi de ce qui demeure discuté. En tout état de cause, réduire la question de la protection du fœtus à la seule problématique de la douleur reviendrait à négliger d’autres dimensions biologiques et anthropologiques du développement humain. 

    Développement anatomique et méthodes d’avortement 

    En effet, à 14 semaines de grossesse, l’enfant à naître présente déjà un degré élevé d’organisation anatomique : ses membres sont formés, ses doigts individualisés, son visage est reconnaissable et il réalise spontanément de nombreux mouvements. À 18 semaines, son développement se poursuit rapidement : la croissance du système nerveux s’intensifie, les mouvements deviennent plus coordonnés et la mère peut parfois commencer à les percevoir.  

    Même si ces observations ne permettent pas à elles seules de déterminer ce que doit être la loi, elles montrent que le débat ne porte pas sur une simple réalité biologique indifférenciée. Le degré de développement du fœtus influence par ailleurs la méthode d’avortement : au-delà de 14 semaines, celle-ci évolue vers une dilatation-évacuation (D&E), nécessitant potentiellement le morcellement du fœtus. 

    Science, éthique et démocratie 

    Cette discussion rejoint une autre question soulevée par les critiques adressées au gouvernement : le rapport du comité d’experts constitue-t-il réellement l’expression d’un consensus scientifique que le législateur serait tenu de suivre ? Une telle présentation paraît excessive. La science peut certes éclairer le débat en décrivant le développement prénatal, les risques médicaux ou les conséquences sociales des différentes options législatives. Elle ne peut cependant pas répondre à elle seule à la question normative fondamentale : à partir de quel stade une société estime-t-elle qu’un être humain avant la naissance mérite une protection juridique particulière ? Si la science peut nourrir la discussion à cet égard – notamment sur la réalité du développement du fœtus –, en démocratie, cette question relève avant tout – et ultimement – de choix éthiques, philosophiques et politiques. 

    Au-delà des compromis gouvernementaux et des affrontements partisans, la réforme annoncée rappelle ainsi que le débat sur l’avortement ne saurait être réduit à une opposition entre « science » et « idéologie ». Les désaccords portent en réalité sur des questions anthropologiques fondamentales : quelle valeur accorder à la vie humaine avant la naissance ? Quels critères justifient sa protection ? Et comment articuler cette protection avec l’accompagnement des femmes et des couples confrontés à une grossesse non planifiée, en particulier dans un contexte de précarité ? Autant de questions qui exigent un véritable débat démocratique, à la fois fondé sur la science et sur une orientation éthique assumée. 

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    Pour aller plus loin : 

    Le fœtus pourrait ressentir la douleur dès la 13ème semaine de grossesse 

    DOSSIER - Etendre l'avortement au-delà de 3 mois de grossesse : enjeux médicaux, psychologiques et éthiques 

    Avortement en Belgique : beaucoup de questions demeurent après l’audition du comité interuniversitaire chargé de son évaluation 

    Photo : Julien Nizet 

  • Des colons israéliens terroristes incendient la ville chrétienne antique de Taybeh en Cisjordanie.

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    De Patrick Delaney sur LifeSite News :

    Des colons israéliens terroristes incendient la ville chrétienne antique de Taybeh en Cisjordanie.

    Dans le cadre d'une stratégie d'escalade de la violence contre les Palestiniens autochtones de la Cisjordanie occupée par Israël, des terroristes juifs issus de colonies israéliennes illégales ont de nouveau attaqué l'ancienne ville chrétienne de Taybeh, incendiant ses champs agricoles et cherchant à brûler des maisons, avec des informations faisant état de tirs ouverts sur ces civils également.

    Cette dernière ville entièrement chrétienne de Cisjordanie est la cible d'attaques terroristes incessantes en raison de l'établissement d'une nouvelle colonie israélienne à proximité, d'où ces attaques sont lancées.

    Ihab Hassan, militant palestinien chrétien et défenseur des droits de l'homme, a rapporté que les terroristes israéliens « mettent le feu aux champs, lancent des cocktails Molotov sur les maisons et tentent d'incendier la station-service du village ».

    Citant des sources au sein même de la ville, Hassan a indiqué que les habitants sont « terrifiés » car « des incendies encerclent le village et des colons ont ouvert le feu sur des maisons et des civils ».

    Il a également indiqué que l'armée israélienne, qui a le devoir, en vertu du droit international, de protéger ces civils, « a maintenant mené un raid sur le village et tire des grenades assourdissantes ».

    Taybeh, identifiée dans l’Évangile de Jean ( 11:54 ) comme « Éphraïm », le lieu où Jésus-Christ s’est retiré avant sa Passion, a subi des attaques terroristes répétées de colons israéliens au cours de l’année écoulée.

    En juillet 2025, des colons masqués à cheval ont fait paître du bétail sur des terres privées, ont allumé des incendies près de l'église Saint-Georges et du cimetière datant du Ve siècle, ont détruit des terres agricoles et ont terrorisé les habitants.

    Des prêtres locaux des Églises orthodoxe grecque, latine et melkite ont décrit un « siège » permanent visant à étouffer l’économie et à provoquer des déplacements de population. Les évêques de Terre sainte (patriarches et chefs des Églises de Jérusalem) ont condamné ce « climat d’impunité », accusé les autorités israéliennes de faciliter les attaques terroristes répétées perpétrées par des colons israéliens contre des chrétiens et d’autres Palestiniens, et exigé une action internationale et que les autorités israéliennes rendent des comptes.

    Ces attaques incessantes, qui se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre génocidaire de représailles menée par Israël contre la bande de Gaza en octobre 2023, ont suscité de vives condamnations de la part de certaines autorités israéliennes.

    En juillet 2024, l'ancien Premier ministre Ehud Olmert a confirmé l'affirmation des évêques ci-dessus selon laquelle le gouvernement israélien actuel soutenait effectivement des attaques terroristes de colons juifs contre des Palestiniens autochtones, y compris des chrétiens, dans le but de nettoyer ethniquement la région des non-Juifs.

    Dans une tribune publiée à l'époque dans Haaretz , Olmert annonçait :

    Je mets en garde le Premier ministre Benjamin Netanyahu : le jour approche où des mandats d’arrêt seront émis contre vous pour les crimes commis quotidiennement en Judée-Samarie (Cisjordanie) par Israël, avec le soutien de son gouvernement, tandis que vous fermez délibérément les yeux…

    Ici, des crimes sont commis quotidiennement, non pas par des soldats et non contre des soldats, mais par des émeutiers qui sont des citoyens israéliens, des Arabes haineux, avec l'intention manifeste de les expulser de leurs foyers et des villages où ils ont vécu toute leur vie.

    Plus tard en août 2024, le Times of Israel a rapporté que Ronen Bar, chef du Shin Bet (ministères israéliens de la sécurité intérieure), a averti que « le terrorisme juif perpétré par des colons violents et les actions du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir , sur le Mont du Temple causent des dommages indescriptibles à Israël ».

    L'ancien ministre de la Défense : « Des pogromistes juifs » transforment la nation en « judéo-nazis »

    Plus récemment, en mars, la députée israélienne Meirav Cohen a prononcé un discours à la Knesset condamnant le « terrorisme juif » qui s’intensifie en Cisjordanie où « des villages sont attaqués, des communautés sont chassées de leurs foyers avec préméditation, des moutons sont abattus, des vergers sont incendiés et des personnes sont attaquées pour la simple raison qu’elles sont arabes ».

    Mme Cohen a également accusé des responsables du gouvernement israélien d'avoir facilité ces crimes en dissimulant, en encourageant ou en veillant à ce que « les terroristes ne soient pas arrêtés ; toutes ces personnes sont responsables de cette terreur au même titre que les terroristes postés sur les hauteurs ».

    Par ailleurs, fin janvier, l'ancien ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, a condamné les « pogromistes juifs qui attaquent les Palestiniens » en Cisjordanie et a déploré qu'« aucun terroriste juif n'ait été arrêté » pour avoir commis ces crimes en cours.

    Il a averti que « l’idéologie de la “suprématie juive”… est devenue dominante au sein du gouvernement israélien et rappelle la théorie raciale nazie » qui, avec la violence exercée contre les Palestiniens, transforme la nation en « judéo-nazies ».

    Dans une récente présentation de la journaliste juive américaine Katie Halper, la podcasteuse développe ce thème avec tristesse et beaucoup plus de détails, concluant :

    J'ai passé les dix-huit derniers mois à interviewer des survivants de l'Holocauste qui dénoncent eux-mêmes le génocide perpétré par Israël. Comment rester passifs face à un génocide qui a exterminé tant des nôtres ? « Plus jamais ça » ne se limite pas à s'abstenir de commettre un génocide. Cela nous enjoint de briser le silence. Nous devons prendre la parole. Nous ne pouvons rester de simples spectateurs. « Plus jamais ça », c'est maintenant.