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Politique

  • France : un groupe parlementaire veut forcer les prêtres à briser le secret de la confession

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    De Philippe Marie sur Tribune Chrétienne :

    « Une atteinte sans précédent à la liberté religieuse »: un groupe parlementaire veut forcer les prêtres à briser le secret de la confession

    À la veille de l’examen d’une proposition de loi du groupe "Ensemble pour la République", de Gabriel Attal, la Conférence des évêques de France exprime sa « grande préoccupation » et estime que plusieurs dispositions du texte menacent des libertés fondamentales, parmi lesquelles le secret de la confession

    La Conférence des évêques de France a choisi de tirer la sonnette d’alarme. Dans une déclaration publiée le 29 mai, à quelques jours de l’examen en séance publique de la proposition de loi visant à prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire, les évêques font part de leur « grande préoccupation » face à plusieurs dispositions qu’ils jugent dangereuses pour les libertés fondamentales. Les évêques prennent soin de rappeler qu’ils soutiennent pleinement la lutte contre les violences faites aux enfants. Ils soulignent que l’Église est elle-même engagée depuis plusieurs années dans « un travail de vérité » et dans la prévention des abus sexuels. Mais ils estiment que certains articles du texte franchissent une limite préoccupante.

    Dans leur déclaration, ils écrivent ainsi que « certains articles de la proposition de loi qui sera débattue lundi en séance publique à l’Assemblée nationale remettent en cause plusieurs libertés fondamentales, comme la liberté de conscience, le secret professionnel, la liberté d’enseignement ou la liberté de culte ». C’est pourquoi la Conférence des évêques de France « interpelle les parlementaires à ce sujet et exprime ici sa grande préoccupation ». Au cœur de cette inquiétude figure l’article 9 de la proposition de loi. Celui-ci modifie l’article 434-3 du Code pénal en ajoutant une disposition particulièrement sensible : « N’en sont pas exceptés les ministres des cultes s’agissant des informations dont ils ont eu connaissance dans l’exercice de leur ministère. »

    Pour l’Église catholique, il ne fait guère de doute que cette disposition vise directement le secret de la confession. Les ministres du culte sont explicitement mentionnés et les informations reçues « dans l’exercice de leur ministère » comprennent nécessairement celles confiées dans le cadre du sacrement de pénitence.

    Or, pour l’Église, le secret de la confession n’est pas un simple secret professionnel comparable à d’autres obligations de confidentialité. Il relève du droit divin et de la nature même du sacrement. Le Code de droit canonique affirme sans ambiguïté que « le secret sacramentel est inviolable ». Le canon 983 précise qu’il est interdit au confesseur de trahir le pénitent « en paroles ou de toute autre manière et pour quelque cause que ce soit ». Depuis des siècles, l’Église enseigne qu’aucune autorité civile ne peut exiger d’un prêtre qu’il révèle ce qu’il a appris sous le sceau de la confession. Un confesseur doit accepter toutes les conséquences possibles plutôt que de violer ce secret. Aux yeux de nombreux catholiques, la disposition examinée par les députés constitue donc une remise en cause directe de la liberté de culte.

    L’inquiétude de l’épiscopat ne concerne toutefois pas uniquement la confession. Le texte renforce également les pouvoirs de l’État sur les établissements privés sous contrat, dont une grande partie relève de l’enseignement catholique. Le nouvel article L. 442-1-5 du Code de l’éducation permet ainsi au représentant de l’État de prononcer « la fermeture définitive de l’établissement ou des classes concernées ». Plus encore, le nouvel article L. 442-1-6 prévoit que certaines mesures pourront être prises « sans mise en demeure préalable » en cas « d’atteinte d’une particulière gravité aux valeurs de la République ».

    Pour les évêques, ces dispositions soulèvent également des interrogations majeures en matière de liberté d’enseignement. En associant dans une même mise en garde la liberté de conscience, la liberté de culte, le secret professionnel et la liberté d’enseignement, la Conférence des évêques de France montre qu’elle perçoit dans ce texte un enjeu qui dépasse largement le seul cadre de la protection de l’enfance.

  • Magnifica humanitas : une magnifique encyclique, mais aussi incohérente sur la guerre et la paix

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Magnifique encyclique, mais aussi incohérente sur la guerre et la paix

    “Désarmée et désarmante”: voilà comment devrait également être l’intelligence artificielle selon le pape Léon. Dans son encyclique “Magnifica humanitas”, il consacre tout un chapitre, le cinquième et dernier, à s’opposer à la “culture de la puissance” qui normalise la guerre, élevée au rang de “prolongement naturel de la politique” alors que les développements technologiques sont désormais en mesure d’imposer même “dépassement de la théorie de la ‘guerre juste’ trop souvent invoquée pour justifier n’importe quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict”.

    Dans les 240 pages que compte ce document, on retrouve de nombreuses invectives contre les guerres et les armes mais à peine quelques lignes – aux paragraphes 192 et 197 – consacrées à reconnaître que “l’usage de la force armée ne doit intervenir en dernier recours, en cas de légitime défense”, mais qu’on ne pourrait cependant plus qualifier de “juste”.

    Pour appuyer cette thèse, dans une note de bas de page, la n°182, le pape Léon renvoie à l’encyclique “Fratelli tutti” du pape François, qui a en effet été le premier à déclarer dans un document pontifical qu’il était “très difficile aujourd’hui de défendre les critères rationnels, mûris en d’autres temps, pour parler d’une possible ‘guerre juste’”.

    Mais dans la même note, le pape Léon renvoie également au Catéchisme de l’Église catholique, d’une valeur magistérielle bien supérieure, qui réaffirme en revanche au n°2309 le bien-fondé de “la doctrine dite de la ‘guerre juste’” et qui énumère “les strictes conditions d’une légitime défense par la force militaire” et qui résume comme suit, au n°2308, l’enseignement de l’Église, avec les mots de la constitution “Gaudium et spes” du Concile Vatican II : Aussi longtemps cependant "que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifique, le droit de légitime défense”.  Un droit – précise le Catéchisme au n°2265 – qui “peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui”, étant donné que “la défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire” incluant “le droit de recourir même aux armes”.

    Selon le Catéchisme, les “conditions strictes” susceptibles de justifier une guerre défensive sont au nombre de quatre et doivent être rencontrées cumulativement :

    1. “Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain.”
    2. “Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces.”
    3. “Que soient réunies les conditions sérieuses de succès.”
    4. “Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l’appréciation de cette condition.”

    Si c’est bien ce que nous disent les documents magistériels de l’Église, il faut donc reconnaître que, sur la question de la “guerre juste” et de la légitime défense, l’encyclique “Magnifica humanitas” pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

    Premièrement par la contradiction entre la “légitimité” reconnue à une guerre de défense armée s’inscrivant dans le cadre des conditions fixées par le Catéchisme et la négation de la qualification de “juste” à une telle guerre.

    Deuxièmement par la disproportion flagrante entre la quantité d’invectives contre toutes les guerres et les armes, non seulement dans “Magnifica humanitas” mais aussi dans de nombreuses autres interventions orales et écrites du pontificat actuel, et les très rares et dérisoires références à la légitimité de la guerre défensive, pourtant reconnue.

    Et troisièmement, par le contraste entre le soutien de fait apporté par le pape Léon à l’héroïque guerre de défense menée par l’Ukraine contre l’agresseur russe et les nombreux discours dans lesquels ce même pape condamne toutes les guerres et les armes, apparemment sans exception.

    Toutes ces contradictions sont mises en lumière avec une rare finesse documentaire par Luca Diotallevi, professeur de sociologie à l’Université de Rome III et aux Facultés théologiques de l’Italie septentrionale dans une longue intervention que l’on retrouvera dans le dernier numéro de la prestigieuse revue “Il Regno”, proposée en lecture intégrale y compris pour les non-abonnés.

    L’analyse du professeur Diotallevi montre combien ces contradictions ont marqué les dernières décennies de la vie de l’Église à tous les niveaux, jusqu’au sommet de la hiérarchie, tout en passant sous silence le pontificat de François – sur lequel un jugement semble “prématuré” – et plus encore sur celui de Léon.

    On retrouve en effet dans l’Église un certain pacifisme qui non seulement tait ce que le Catéchisme dit noir sur blanc mais aussi ce que Paul VI avait déclaré aux Nations Unies le 4 octobre 1965 outre son cri très souvent cité “jamais plus la guerre, jamais plus la guerre!”, d’ailleurs repris tel quel dans l’encyclique “Magnifica humanitas”, c’est-à-dire que “Tant que l'homme restera l'être faible, changeant, et même méchant qu'il se montre souvent, les armes défensives seront, hélas!, nécessaires.”

    Personne ne semble davantage se rappeler l’appel de Jean-Paul II en 1992 devant les Nations Unies et l’Europe à “désarmer l’agresseur” dans les Balkans en guerre : “La conscience de l'humanité, désormais soutenue par les dispositions du droit international humanitaire, demande que soit rendue obligatoire l'ingérence humanitaire dans les situations qui compromettent gravement la survie de peuples et de groupes ethniques entiers : c'est là un devoir pour les nations et la communauté internationale.”

    On oublie aussi l’affirmation nette de Joseph Ratzinger le 4 juin 2004 à l’occasion de la commémoration du débarquement de Normandie, qui a sonné le début de la fin de la domination nazie et de la victoire du monde libre : “S’il y a eu jamais, dans l’histoire, un bellum justum, c’est bien ici, dans l’engagement des Alliés, car l’intervention servait finalement aussi au bien de ceux contre le pays desquels a été menée la guerre.”

    Sur le terrain des faits, il n’y a aucun doute que le pape Léon – à la différence de son prédécesseur François qui en était venu à demander à l’Ukraine de hisser “le drapeau blanc” – considère comme “juste” la défense armée déployée par la nation ukrainienne contre l’agression russe. On se souvient du jugement tranché qu’il a posé sur ce conflit avant d’être élu pape. Et on peut se douter que ce jugement tient toujours aujourd’hui, si l’on prend la peine de décrypter ses faits et gestes.

    On peut prendre pour exemple ce qu’il a déclaré à l’occasion du quatrième anniversaire de l’agression russe, à l’Angélus du 22 février 2026 : “Quatre ans se sont écoulés depuis le début de la guerre contre l’Ukraine. Mon cœur se tourne encore vers la situation dramatique qui est sous les yeux de tous : combien de victimes, combien de vies et de familles brisées, combien de destructions, combien de souffrances indicibles ! J’invite tout le monde à se joindre à la prière pour le peuple ukrainien meurtri.”

    Ou encore ce que le pape Léon a déclaré lors de l’audience générale de mercredi dernier après l’aggravation des attaques russes contre la population civile : “Je suis avec une profonde préoccupation l’évolution du conflit en Ukraine, qui connaît ces jours-ci une intensification dramatique. Je tiens à exprimer ma proximité envers toutes les victimes des récentes attaques, particulièrement lorsque celles-ci touchent des populations civiles. Là où s’abattent les missiles et les drones, ce sont les espérances qui s’effondrent, les foyers et les lieux de prière qui sont réduits en cendres, et des vies innocentes qui sont brisées.”

    Mais si on ne peut remettre en question la solidarité du pape Léon avec le peuple ukrainien qui combat pour défendre sa liberté et sa vie, il semble incohérent que de tels soutiens soient assortis de condamnations aussi fréquentes que généralisées sur les dépenses militaires, comme si ces dernières étaient toutes et toujours peccamineuses.

    L’encyclique “Magnifica humanitas” est truffée de telles condamnations. Mais elles se trouvent résumées dans le discours que le pape Léon a prononcé le 14 mai dernier à l’occasion de sa visite à l’Université “La Sapienza” de Rome : “Au cours de l’année écoulée, l’augmentation des dépenses militaires dans le monde, et en particulier en Europe, a été considérable : on ne peut appeler ‘défense’ un réarmement qui accroît les tensions et l’insécurité, appauvrit les investissements dans l’éducation et la santé, dément la confiance dans la diplomatie, enrichit des élites qui se moquent du bien commun. Il faut également être attentif au développement et à l’application des intelligences artificielles dans les domaines militaire et civil, afin qu’elles ne déresponsabilisent pas les choix humains et n’aggravent pas la tragédie des conflits. Ce qui se passe en Ukraine, à Gaza et dans les territoires palestiniens, au Liban et en Iran illustre l’évolution inhumaine de la relation entre la guerre et les nouvelles technologies, dans une spirale d’anéantissement. Que l’étude, la recherche et les investissements aillent dans la direction opposée : qu’ils soient un ‘oui’ radical à la vie ! Oui à la vie innocente, oui à la vie des jeunes, oui à la vie des peuples qui invoquent la paix et la justice !”.

    On peut être d’accord avec plusieurs aspects de cette déclaration du pape, mais certains passages se heurtent à la réalité. Comment par exemple condamner la défense nécessaire dont l’Europe doit se doter – d’autant plus dans un contexte de désengagement croissant de l’allié américain – pour garantir sa propre sécurité contre des agressions futures et, de fait, contre celles qui s’exercent déjà depuis des années sur son flanc oriental, en Ukraine ?

    On ne peut condamner a priori les innovations technologiques mises en œuvre par cette même Ukraine pour produire les systèmes de défense et d’attaque de drones de nouvelle génération les plus avancés au monde, en mesure de bloquer l’avancée russe.

    Ces incohérences dans la prédication du pape Léon recueillent l’adhésion ininterrompue, qu’elle soit sincère ou calculée, d’une grande partie de l’opinion publique et des classes dirigeantes, à l’enseigne d’une invocation consensuelle à la paix.

    Mais si l’on aspire véritablement à une paix juste, à une pax opus iustitiae, on ne peut pas davantage faire comme si elles n’existaient pas.
     — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Le pape affirme que le rejet des racines chrétiennes par l'UE a conduit à une « stérilité dramatique »

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    De Fionn Shiner sur CruxNow :

    Le pape affirme que le rejet des racines chrétiennes par l'UE a conduit à une « stérilité dramatique ».

    27 mai 2026

    Le pape Léon XIV a déclaré que la crise démographique en Europe peut s'expliquer en partie par le rejet du christianisme par l'Union européenne (UE) et par des politiques familiales « contradictoires » qui promeuvent l'avortement et discriminent la maternité.

    S'adressant lundi aux membres de l'intergroupe Démographie du Parlement européen, le pape a souligné que la mise à mal du christianisme avait largement contribué au problème démographique.

    « Au cours des dernières décennies, nous avons pu constater que le rejet de l’inspiration chrétienne des pères fondateurs des institutions de l’UE a conduit à une période de stérilité extrême, non seulement parce que trop d’enfants ont été privés du droit de naître, mais aussi parce qu’il y a eu un échec dans la transmission des outils matériels et culturels dont les jeunes ont besoin pour affronter l’avenir », a-t-il déclaré.

    « De ce fait, nous sommes fréquemment confrontés aux affirmations contradictoires de politiques prétendument favorables à la famille, qui, simultanément, promeuvent la discrimination à l’égard de la maternité, érigent l’avortement en droit et sapent le fondement même du désir de fonder une famille. Heureusement, il existe aujourd’hui de merveilleuses exceptions ! » a ajouté le pape.

    D'après le dernier rapport démographique d'Eurostat, l'âge médian dans l'UE atteignait 44,9 ans en 2025 et le taux de natalité était de 7,9 naissances pour 1 000 habitants en 2024. Depuis 2004, tous les pays de l'UE enregistrent une baisse de leur taux de natalité.

    Dans ce contexte, le pape Léon a cité le défunt pape François, qui disait que l'Europe est un « vieux continent » qui ne l'est plus « non plus à cause de sa glorieuse histoire, mais à cause de son âge avancé ».

    « Les problèmes engendrés par la stagnation démographique sont nombreux et complexes, et comprennent notamment la pandémie de solitude. De plus, les données démographiques ne sont pas de simples statistiques ; elles parlent de paternité, de maternité et d’enfants. Et les enfants sont l’avenir ! » a déclaré le pape Léon XIV.

    Le rôle de la famille

    Le pape a déclaré que toute solution à la crise démographique devait placer la famille au cœur de ses préoccupations, laquelle est fondée sur le mariage entre un homme et une femme.

    « Au cœur de ces défis urgents, et dans la clé des solutions, se trouvent la dignité fondamentale de toute personne et le rôle de la famille dans la société. Comme nous l’a rappelé saint Jean-Paul II, la famille est « la première et irremplaçable école de la vie sociale » et se fonde sur le mariage entre un homme et une femme, une réalité qui unit les dimensions personnelle et publique », a-t-il déclaré.

    « Car ce n’est qu’en respectant et en promouvant cette place centrale de la famille, et en appliquant le principe de subsidiarité, qu’il est possible d’éviter les deux extrêmes que sont l’interventionnisme étatique excessif et l’individualisme », a-t-il ajouté.

    Le pape Léon XIV s'exprimait lors de la Conférence sur la famille et la démographie qui se tenait à Rome. Étaient également présentes la commissaire européenne pour la Méditerranée, Dubravka Šuica ; la ministre italienne de la Famille, de la Naissance et de l'Égalité des chances, Eugenia Roccella ; et la représentante spéciale de l'OSCE pour les changements démographiques et la sécurité, Gudrun Kugler.

    Il a chargé les personnes présentes de « promouvoir la responsabilité partagée et le rôle actif des familles dans la vie sociale, politique et culturelle ».

    Avoir hâte de

    Le pape a déclaré qu'un « renouveau printanier » était nécessaire pour la famille, qui pourrait être induit par des changements de politique, de philosophie et de culture.

    « Enfin, cette approche ne consiste pas à revenir aux modèles sociaux du passé, mais à offrir aux hommes et aux femmes de notre époque les principes immuables qui peuvent assurément les guider pour répondre aux questions fondamentales posées à chaque époque : quel est le sens et la valeur de la vie humaine ; qu’est-ce qu’une société humaine authentique ; et quel genre de monde voulons-nous léguer aux générations futures », a-t-il déclaré.

    « À cet égard, les politiques nationales et européennes doivent être élaborées et formulées en partenariat avec la société civile », a-t-il ajouté.

    Le pape a souligné comment des groupes comme la Fédération des associations familiales catholiques en Europe (FAFCE) et la Commission des conférences épiscopales de l'Union européenne (COMECE) ont collaboré avec l'Intergroupe sur la démographie, démontrant ainsi comment des groupes ayant chacun leur « domaine de compétence » peuvent « travailler ensemble pour garantir un changement efficace qui améliorera la qualité de vie de tous ».

    « C’est cette impulsion que les chrétiens apportent au projet européen, afin que les politiques prennent en compte la personne humaine dans son intégralité et promeuvent toujours la dignité humaine », a déclaré le pape Léon XIV.

    « De cette manière, une voie véritablement humaine peut être ouverte pour résoudre la crise démographique, orientée vers le bien commun et le bien-être des générations futures. En effet, seul un renouveau familial peut dissiper la morosité hivernale de nos populations vieillissantes ! » a-t-il ajouté.

  • "Le mariage est une union durable entre un homme et une femme, fondée sur le don mutuel de l’amour, ouverte à la transmission de la vie et à la construction d’une communauté familiale" (les évêques de Pologne)

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    Du site de la Conférence épiscopale de Pologne :

    Position du Conseil de la Conférence épiscopale polonaise pour les affaires familiales sur la protection de la conception constitutionnelle du mariage

    Le mariage entre une femme et un homme revêt une importance sociale, anthropologique et spirituelle exceptionnelle ; par conséquent, le débat sur sa place dans l'ordre juridique et social doit être mené avec responsabilité, calme et un souci sincère du bien commun – appellent les évêques dans la Position du Conseil de la Conférence épiscopale polonaise pour la famille sur la protection de la conception constitutionnelle du mariage.

    Les membres du Conseil pour la famille de la Conférence épiscopale polonaise observent avec préoccupation et inquiétude les actions et interprétations juridiques ultérieures relatives à la définition du mariage, notamment suite aux récentes décisions des tribunaux administratifs concernant la transcription des certificats de mariage étrangers entre personnes de même sexe. Ils rappellent que l'article 18 de la Constitution de la République de Pologne dispose que « le mariage est l'union d'un homme et d'une femme et, à ce titre, est placé sous la protection et la tutelle de l'État ».

    « En tant que chrétiens, nous considérons le mariage non seulement comme une institution légale, mais aussi comme une réalité ancrée dans le droit naturel et le dessein révélé de Dieu pour l’humanité », écrivent les évêques. Ils soulignent également que « l’enseignement de l’Église catholique a toujours montré, depuis ses origines, que le mariage est une union durable entre un homme et une femme, fondée sur le don mutuel de l’amour, ouverte à la transmission de la vie et à la construction d’une communauté familiale. »

    Les membres du Concile soulignent qu’en défendant le mariage, entendu comme l’union d’un homme et d’une femme, ils ne souhaitent « prendre position contre quiconque ni priver quiconque de sa dignité ». Ils ajoutent également que « le respect de chaque personne ne signifie pas renoncer à la vérité sur le mariage, que l’Église proclame depuis ses origines ».

    Les évêques appellent toutes les personnes de bonne volonté à « être responsables de la loi, de l’avenir de la famille polonaise et de la préservation des fondements constitutionnels et moraux de la République de Pologne ». « Le mariage entre un homme et une femme revêt une importance sociale, anthropologique et spirituelle exceptionnelle ; par conséquent, le débat concernant sa place dans l’ordre juridique et social doit être mené avec responsabilité, calme et un souci sincère du bien commun », peut-on lire dans la déclaration de position.

    Nous publions le texte intégral de la position :

    Position du Conseil de la Conférence épiscopale polonaise pour les affaires familiales sur la protection de la conception constitutionnelle du mariage

    À la lumière des récentes décisions des tribunaux administratifs concernant la transcription des certificats de mariage étrangers entre personnes de même sexe, nous suivons avec préoccupation et inquiétude les actions et interprétations juridiques en cours relatives à la définition du mariage. Celles-ci touchent en effet à l'une des réalités les plus fondamentales qui façonnent la vie sociale et familiale en Pologne.

    L’article 18 de la Constitution de la République de Pologne stipule que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme et, à ce titre, relève de la protection et de la tutelle de l’État. Il ne s’agit pas d’une simple disposition formelle. Derrière ces mots se cache une conception particulière de l’humanité, de la famille et de la responsabilité envers les générations futures, ainsi que la conviction que la communauté durable formée par un homme et une femme, par essence ouverte à la transmission de la vie et à la création d’un environnement sûr pour l’épanouissement des générations futures, constitue la cellule fondamentale de la société et l’un des piliers du bien commun.

    Nous vous rappelons également que, conformément à l'article 8 de la Constitution de la République de Pologne, celle-ci est la loi suprême du pays. Aucune loi ni interprétation juridique ne peut lui être contraire. L'article 91 de la Constitution prévoit expressément la primauté des accords internationaux ratifiés sur les lois, mais cela n'implique pas que la conception constitutionnelle du mariage, telle qu'exprimée à l'article 18, puisse être ignorée. Dès lors, les interprétations juridiques émergentes qui tentent de donner un nouveau sens à l'article 18 soulèvent de sérieuses questions quant aux limites de l'interprétation juridique et au respect de l'ordre constitutionnel de l'État.

    En tant que chrétiens, nous considérons le mariage non seulement comme une institution légale, mais aussi comme une réalité ancrée dans le droit naturel et le dessein révélé de Dieu pour l'humanité. Depuis ses origines, l'enseignement de l'Église catholique a toujours affirmé que le mariage est une union indissoluble entre un homme et une femme, fondée sur le don mutuel de l'amour, ouverte à la transmission de la vie et à la construction d'une famille.

    Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique : « L’alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme établissent entre eux une communauté de toute leur vie, ordonnée par sa nature au bien des époux et à la procréation et à l’éducation des enfants, a été élevée par le Christ Seigneur entre les baptisés à la dignité de sacrement » (CEC 1601).

    Saint Jean-Paul II, dans son exhortation apostolique Familiaris consortio, a également souligné que l’avenir de l’humanité passe par la famille et que la protection du mariage est l’une des missions fondamentales de la société et de l’État. Le pape François, dans Amoris laetitia, a rappelé qu’« il n’y a aucun fondement pour comparer ou établir une analogie, même ténue, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu pour le mariage et la famille » (AL 251). Tout en demeurant fidèle à sa conception du mariage, l’Église rappelle simultanément la dignité inaliénable de chaque personne et l’obligation de respecter, d’être sensible et d’éviter tout langage de mépris ou d’exclusion.

    Nous sommes de plus en plus préoccupés par le fait que des interprétations extensives de la loi puissent entraîner un affaiblissement de la conception constitutionnelle du mariage. Des questions aussi fondamentales ne sauraient être résolues par des interprétations qui soulèvent de graves préoccupations sociales et constitutionnelles, surtout lorsqu'elles concernent une réalité si profondément ancrée dans le système juridique polonais, la tradition culturelle et la conception chrétienne du mariage et de la famille, qui ont façonné pendant des siècles la conception européenne de l'humanité.

    En défendant le mariage, entendu comme l’union d’un homme et d’une femme, nous ne souhaitons nous opposer à personne ni porter atteinte à sa dignité. Nous désirons au contraire rester fidèles à la vision de l’humanité et de la famille qui, depuis des siècles, fonde la conception chrétienne de l’amour, de la parentalité et de la responsabilité sociale. Toute personne, quelles que soient son histoire, ses sensibilités ou son vécu, mérite le respect, la protection de sa dignité et un langage exempt de mépris. Le respect de chaque personne ne signifie toutefois pas renoncer à la vérité sur le mariage, proclamée par l’Église dès ses origines.

    Nous lançons donc un appel à toutes les personnes de bonne volonté afin qu'elles assument leurs responsabilités envers la loi, l'avenir de la famille polonaise et la préservation des fondements constitutionnels et moraux de la République de Pologne. Le mariage entre un homme et une femme revêt une importance sociale, anthropologique et spirituelle exceptionnelle ; par conséquent, le débat relatif à sa place dans l'ordre juridique et social doit être mené avec responsabilité, sérénité et un souci sincère du bien commun.

    L’archevêque Wiesław Śmigiel,
    président du Conseil pour les affaires familiales de la Conférence épiscopale polonaise

    Varsovie, le 22 mai 2026

  • Pourquoi certains politiciens et médias refusent-ils de reconnaître ce que de nombreux chrétiens nigérians et leurs partisans considèrent comme un génocide manifeste ?

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    D' sur Bitter Winter :

    Massacres et enlèvements massifs de chrétiens au Nigéria : la preuve d'un génocide

    27 mai 2026

    Pourquoi certains politiciens et médias refusent-ils de reconnaître ce que de nombreux chrétiens nigérians et leurs partisans considèrent comme un génocide manifeste ?

    Victimes d'une attaque terroriste de Boko Haram. Crédits.
    Victimes d'une attaque terroriste de Boko Haram. Crédits .

    Le 16 mai 2026, des hommes armés ont pris d'assaut trois écoles de la zone de gouvernement local d'Oriire, dans l'État d'Oyo, enlevant 39 élèves et sept enseignants lors d'une attaque coordonnée. La directrice du lycée communautaire, Rachael Alamu Folawe , a été emmenée de force dans sa propre voiture sous la menace d'une arme et contrainte de se réfugier dans une réserve forestière. L'un des enseignants enlevés, le professeur de mathématiques Michael Oyedokun, a été décapité en captivité. Ses assassins ont filmé l'exécution et diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux. 

    Une opération de sauvetage conjointe menée par des soldats, des policiers et des milices locales a été interrompue lorsque les secouristes ont découvert des engins explosifs improvisés posés par les assaillants. Six suspects ont été arrêtés. Les autres victimes sont toujours portées disparues.

    Le « New York Times » a qualifié l’affaire de rare, mais les attaques contre les communautés chrétiennes du Nigeria sont loin d’être exceptionnelles. Meurtres, enlèvements et agressions sont quotidiens, faisant des milliers de victimes chaque année. Les auteurs de ces actes de violence appartiennent à tous les principaux groupes armés impliqués, notamment les militants peuls , Boko Haram et l’ISWAP , tous des groupes musulmans. Pourtant, lorsqu’aucun groupe ne revendique la responsabilité d’une attaque, le gouvernement nigérian et une grande partie de la presse internationale qualifient les assaillants de « bandits » ou d’« hommes armés non identifiés ».

    Le fait de qualifier les islamistes de « bandits » et de « tireurs » résulte d'une politique délibérée. Un message interne diffusé sur une plateforme WhatsApp officielle de l'armée nigériane révèle que des responsables de la défense ont demandé aux journalistes d'abandonner ces termes. Le directeur des opérations médiatiques de la Défense, Markus Kangye, a écrit : « Il s'agit d'une question de terminologie. Nous souhaitons cesser d'utiliser le mot “bandits”. Des lois et des décrets les désignent déjà comme “terroristes”. » La réponse de Kangye laisse entendre que certains reconnaissent que ces attaques relèvent du terrorisme et non du simple banditisme.

    Dans la ceinture centrale du Nigeria, notamment dans les États de Benue, Plateau et Nasarawa, les attaques attribuées à des « bandits » suivent un schéma récurrent : des villages sont rasés, des agriculteurs déplacés, des chrétiens tués et des églises détruites. Les témoignages des survivants contredisent formellement les versions officielles. Malgré les attributions des autorités à des criminels, de nombreux témoins oculaires ont déclaré à International Christian Concern que les assaillants étaient des milices peules musulmanes, criant « Allahu Akbar » avant de tuer. 

    Lors de mon séjour au Nigéria, j'ai assisté à deux conférences de pasteurs chrétiens consacrées aux violences. J'y ai mené de nombreux entretiens avec des victimes et des témoins oculaires , qui ont tous confirmé que les assaillants étaient des islamistes peuls . De plus, ils ont tous décrit les attaques comme ayant une dimension religieuse.

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  • L'Europe prise au piège démographique

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    De Stephan Baier sur le Tagespost :

    L'Europe prise au piège démographique

    Le pape Léon XIV a lancé un appel aux hommes politiques pour un « nouveau printemps pour la famille », mais cela nécessiterait une conversion radicale.

    26 mai 2026

    Depuis un demi-siècle, la quasi-totalité des sociétés européennes se précipitent à une vitesse croissante vers une impasse démographique. Les experts tirent la sonnette d'alarme depuis des décennies, mais les responsables politiques persistent dans leur attitude. La pyramide des âges est inversée, et tandis que la pénurie d'enfants et de jeunes devient le principal défi sociétal, la politique et la société entravent de plus en plus la formation de véritables familles, tant sur le plan financier que sur celui du climat social.

    Le pape Léon XIV a abordé un sujet sensible dans un discours adressé aux responsables politiques européens. Il critique les « affirmations contradictoires de politiques prétendument favorables à la famille qui, simultanément, favorisent la discrimination envers les mères, glorifient l'avortement comme un droit et sapent le désir même de fonder une famille ». Emmanuel Macron en est un exemple frappant : le président français, sans enfant, a récemment plaidé pour un « réarmement démographique », mais milite depuis des années pour un « droit à l'avortement » à l'échelle européenne. Afin de lutter contre la faible natalité en France, il recommande aux femmes âgées de 29 à 37 ans de faire congeler leurs ovocytes gratuitement (donc aux frais du contribuable).

    Une nouvelle prise de conscience est nécessaire.

    Tant que les sociétés européennes ne redécouvriront pas l'essence de la famille et la valeur de la vie, un bouleversement démographique restera inconcevable. Personne ne conçoit ni ne donne naissance à des enfants simplement pour fournir à l'État davantage de contribuables ou à l'économie plus de travailleurs, ni parce qu'un président instrumentalise la question du « réarmement démographique ». Par conséquent, tant que les fondements de la famille seront ébranlés et son essence érodée idéologiquement, tant que la vie, à son commencement comme à sa fin, sera menacée par l'érosion progressive de l'État de droit, les États et les sociétés continueront de s'enfoncer toujours plus profondément dans un piège. Et cela a des conséquences dramatiques pour la société dans son ensemble, sa prospérité et son État-providence .

    Comme Léon XIV l’a justement souligné dans son message du lundi de Pentecôte, il ne s’agit pas d’un retour aux modèles sociétaux du passé, mais de la viabilité future de l’Europe. Pour se préparer à l’avenir, les Européens doivent dépasser l’hypocrisie et l’égocentrisme qui caractérisent le présent et développer une nouvelle conscience du bien commun des générations futures. Dans la lignée de ses prédécesseurs, le Pape a rappelé aux responsables politiques que seul un renouveau familial peut dissiper le froid hivernal du vieillissement de notre population.

  • « Le premier droit humain est le droit à la vie » : dans Magnifica Hunanitas, Léon XIV réaffirme avec force le refus de l’avortement et de l’euthanasie

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    Non à l'avortement et à l'euthanasie, Léon XIV renoue avec la métaphysique

    Dans sa première encyclique, le pape Prévost a réaffirmé la condamnation par l'Église de l'avortement provoqué et de l'euthanasie, soulignant la dignité naturelle de la personne, fondée sur l'unité du corps et de l'âme. Cela représente un retour à une morale ancrée dans l'ontologie et, par conséquent, dans la métaphysique.

    27/05/2026

    Léon XIV signe Magnifica Humanitas (Vatican Media/LaPresse)

    L’avortement, l’euthanasie et la gestation pour autrui sont également abordés dans l’encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV . Le pontife expose sa réflexion sur ces questions à partir du postulat suivant : « Il est important de veiller à ce que cette prise de conscience croissante de la dignité humaine ne soit pas obscurcie par la pression de nouvelles idéologies ou de certains intérêts très puissants dans le monde actuel. Parmi ces idéologies, j’estime particulièrement insidieuse celle qui suggère que chaque personne doit mériter ou justifier sa propre valeur, au point d’attribuer une plus grande valeur à ceux qui sont plus efficaces et plus performants. Dans une telle perspective, la personne finit par être réduite à un moyen d’obtenir des résultats, à une ressource à utiliser et à exploiter, et n’est plus reconnue comme une fin en soi, inaliénable. Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle accomplit ou produit, et il existe des droits inhérents à chacun du simple fait d’être une personne. Aucune puissance humaine ne peut légitimement les lui refuser ou les limiter arbitrairement » (51).

    La critique de l'utilitarisme anthropologique exige cependant un argument solide pour être considérée comme valable. Cet argument se trouve dans le concept de dignité naturelle de la personne ou dignité ontologique : « C'est la dignité qui appartient à tout être humain du simple fait d'exister, d'avoir été voulu, créé et aimé de Dieu : aucun péché, aucun échec, aucune humiliation, aucune exclusion ne peut altérer la valeur profonde d'une vie humaine qu'Il a voulue et appelée à l'existence. Par conséquent, la dignité fondamentale de toute personne n'est ni acquise ni méritée » (52-53). Plus précisément, on peut rappeler que le terme « dignité » signifie « précieuse ».

    La valeur inestimable de l'être humain découle des deux principes qui le constituent : le corps et l'âme . L'âme rationnelle communique sa valeur au corps puisqu'elle l'informe (le corps possédant déjà sa propre valeur intrinsèque). Ainsi, la dignité personnelle émane de la nature rationnelle de l'âme qui anime le corps humain. De là, comme l'a expliqué le Pape, aucune imperfection physique, aucune limitation fonctionnelle, aucun échec existentiel, etc., ne peut porter atteinte à cette dignité, car elle se situe sur le plan métaphysique de l'être, même si elle anime également la matière. Par conséquent, une personne est précieuse non pas pour ce qu'elle est – en bonne santé, malade, jeune, âgée, etc. – ni pour ce qu'elle fait – capable, incapable – mais pour ce qu'elle est, pour qui elle est. Exister suffit à être reconnu comme une personne ; aucune autre condition n'est requise. La dignité personnelle est donc intrinsèque, et non extrinsèque.

    Une telle dignité requiert donc la reconnaissance du droit à certains droits . Un sujet d’une telle valeur doit être reconnu comme ayant les droits qui lui sont dus précisément en raison de sa dignité. Ainsi, le Pape déclare : « Dans la perspective chrétienne, les droits de l’homme ne sont pas un ajout extérieur à la personne, mais une traduction historique de sa dignité intrinsèque, que la communauté internationale est appelée à protéger et à promouvoir. Les droits de l’homme sont inviolables, car ils sont inhérents à la personne humaine et à sa dignité. […] Parmi ces droits, le premier est le droit à la vie, de la conception à sa fin naturelle, sans lequel il est impossible d’exercer tout autre droit. Lorsque ce droit fondamental est nié, comme c’est le cas pour l’avortement provoqué, le meurtre d’innocents et l’euthanasie, on se trouve confronté à des choix que l’Église juge gravement illicites » (54-55).

    Il est intéressant de noter que, pour le Pape, l'attaque contre les droits fondamentaux de la personne, et parmi ceux-ci, au premier rang desquels le droit à la vie, découle avant tout de la méconnaissance de l'avant-dernier fondement de ces droits : la nature humaine (le fondement ultime étant Dieu). Léon XIV écrit : « En regardant notre époque, nous ne pouvons ignorer que la protection des droits de l'homme est aujourd'hui exposée à deux risques particulièrement graves. Le premier est celui d'une déclaration purement formelle […] Le second, qui est en réalité à la racine du premier, est celui de ne plus être capable de reconnaître le fondement de leur universalité, car nous avons renoncé à la “recherche des fondements plus solides qui sous-tendent nos choix et nos lois” » (56). Et il conclut ainsi, concernant leur fondement : « Lorsque la raison se laisse sérieusement interroger sur la nature humaine, elle est capable de découvrir des valeurs qui sont valables pour tous, car elles en découlent » (56). Dès lors, la référence au fondement des droits de l'homme dans la nature humaine est, pour le Pape, le principal instrument de sa campagne en faveur du droit à la vie.

    Enfin, on trouve une condamnation, quoique implicite, de la pratique de la gestation pour autrui . On la trouve lorsque le Pape parle de nouvelles formes d’esclavage : « S’inscrivant dans la tradition inaugurée par Léon XIII, l’Église renouvelle sa ferme condamnation de toutes les formes d’esclavage, de traite des êtres humains et de marchandisation des personnes, et appelle à un vaste mouvement de réflexion et d’action urgent qui place la dignité inaliénable de chaque être humain et le bien commun au centre, comme fins de la société et comme critères de tout choix personnel, social et politique. »

    L’aspect le plus pertinent de l’intervention du Pape sur ces questions de bioéthique concerne sans doute le paradigme moral de référence choisi : la nature humaine. Léon XIV renoue avec une morale ontologiquement, et donc métaphysiquement, fondée. Cette approche est ainsi antithétique à celle suivie par Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, sous la direction expresse du pape François, comme nous avons eu l’occasion de l’expliquer hier . Cela dit, Léon XIV, fidèle à son style diplomatique, a réussi à trouver une déclaration du pape François favorable à cette approche métaphysique, déclaration que l’on trouve dans Fratelli tutti (208) et qui a également été citée dans cet article. Mais, nous le répétons, il s’agit d’une citation faite dans un esprit de médiation et qui ne réfute pas l’orientation de la philosophie phénoménologique défendue par François, comme Mgr Paglia l’a lui-même explicitement confirmé dans l’interview accordée il y a quelques jours à Settimana News , que nous avons commentée. Nous saluons donc ce changement manifeste de paradigme moral.

  • Démographie et famille en Europe: Léon XIV en appelle à un «nouveau souffle»

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    De Jean-Paul Kamba, SJ sur Vatican News :

    Démographie et famille en Europe: Léon XIV appelle à un «nouveau souffle»

    Le Pape a reçu ce lundi 25 mai les membres de l’Intergroupe du Parlement européen sur la démographie. Il les a exhortés à affronter sans attendre la crise démographique qui touche le continent. Défendant le rôle central de la famille et la solidarité entre générations, Léon XIV a dénoncé une «stérilité dramatique» de l’Europe contemporaine et plaidé pour des politiques fondées sur la dignité humaine et le bien commun.

    Devant les responsables politiques européens, Léon XIV a souligné l’importance d’un engagement politique commun face au déclin démographique qui frappe l’Europe. Il a rappelé que cette question représente «un défi urgent ayant des implications pratiques pour des millions de personnes et leurs familles». Citant son prédécesseur immédiat, il a évoqué «le Vieux Continent, non plus en raison de sa glorieuse histoire, mais de son âge avancé».

    Au-delà des chiffres, le Pape a insisté sur la dimension profondément humaine des données démographiques indiquant que les données démographiques «ne sont pas seulement des statistiques, mais elles parlent de paternité, de maternité et d’enfants… les enfants, c’est l’avenir!», a-t-il fait remarquer en mettant en garde contre les conséquences sociales du vieillissement et de la baisse des naissances. Le Saint-Père a également évoqué notamment «la pandémie de la solitude» qui touche de nombreuses sociétés européennes.

    La solidarité entre générations au cœur de l’avenir européen

    Tout projet d’avenir pour l’Europe, a souligné le Saint-Père, devrait reposer sur une véritable solidarité intergénérationnelle. Or, a-t-il expliqué, évoquant la doctrine sociale de l’Église, «parler d’avenir implique un développement intégral et durable, qui se heurte à de sérieux obstacles en l’absence de solidarité entre les générations».

    Le Pape a en outre déploré le fait que le rejet de l’inspiration chrétienne des pères fondateurs des institutions de l’Union européenne ait conduit à «une période de stérilité dramatique». Cette stérilité, a-t-il précisé, ne concerne pas seulement la natalité, mais aussi «l’échec à transmettre les outils matériels et culturels dont les jeunes ont besoin pour affronter l’avenir».

    Le Saint-Père a ainsi dénoncé des contradictions dans certaines politiques contemporaines, évoquant des mesures «prétendument favorables aux famillesqui, dans le même temps, encouragent la discrimination à l’égard de la maternité, exaltent l’avortement comme un droit et sapent les fondements mêmes du désir de fonder une famille».

    La famille, «première école de la vie en société»

    La famille, a encore expliqué Léon XIV, joue un rôle fondamental dans la construction sociale et politique de l’Europe. Citant saint Jean-Paul II, il a rappelé que la famille est «la première et irremplaçable école de la vie en société». Il a également réaffirmé l’enseignement de l’Église selon lequel la famille est fondée sur «le mariage entre un homme et une femme», une réalité qui unit «la dimension personnelle et la dimension publique». L’évêque de Rome a encouragé les responsables politiques à promouvoir davantage la responsabilité et la participation active des familles dans la vie sociale, culturelle et politique.

    Un engagement commun pour le bien commun

    Le Pape a enfin insisté sur la nécessité d’une coopération entre institutions politiques, universitaires, sociales et religieuses afin de répondre efficacement à la crise démographique. Il a salué la collaboration entre l’Intergroupe du Parlement européen sur la démographie, la Fédération des associations familiales catholiques en Europe (Fafce) et la Commission des conférences épiscopales de l’Union européenne (Comece), qu’il a présentée comme «un excellent exemple» de coopération au service du bien commun. Les politiques, a-t-il affirmé, doivent prendre en compte la personne humaine dans sa globalité et promouvoir toujours la dignité des êtres humains»«Seul un nouveau souffle printanier pourra transformer la froideur hivernale de nos populations vieillissantes!», a-t-il conclu.

  • Chine : une importante communauté protestante perd son sanctuaire à la suite d'une opération longuement préparée par les autorités

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    De He Yuyan sur Bitter Winter :

    L'église Yayáng réduite en ruines à Wenzhou

    25 mai 2026

    Une importante communauté protestante perd son sanctuaire à la suite d'une opération longuement préparée par les autorités.

    La police entre dans Yayáng. Photo fournie par des chrétiens locaux.
    La police entre dans Yayáng. Photo fournie par des chrétiens locaux.

    Lorsque « Bitter Winter » a rendu compte en décembre dernier de l’opération policière de cinq jours à Wenzhou, il était déjà clair que l’église Yayáng – également connue localement sous le nom d’église Yazhong – était devenue la cible d’une campagne d’une détermination inhabituelle. À cette époque, des dizaines de fidèles avaient été arrêtés lors de raids coordonnés menés à l’aube les 14 et 15 décembre, le bâtiment de l’église avait été saisi et le quartier environnant était soumis à un niveau de surveillance habituellement réservé aux situations d’urgence politique. Des chrétiens locaux ont déclaré à « Bitter Winter » que les policiers avaient occupé les lieux, bloqué les voies d’accès et interdit aux habitants de parler à des personnes extérieures. L’atmosphère était celle d’un siège qui se resserrait progressivement.

    Ces événements antérieurs, relatés par « Bitter Winter » et cités par la suite par « Le Monde » dans son article et son reportage vidéo (qui cite notre magazine comme source), semblent désormais avoir été le prélude à l’acte final. Ces derniers jours, des informations provenant de chrétiens locaux confirment la démolition de l’église. Des engins de chantier ont été acheminés après des semaines d’accès restreint à la zone, des points de contrôle et des postes de garde étant apparemment positionnés à près d’un kilomètre du site. Des témoins ont décrit des véhicules de chantier pénétrant par des passages contrôlés et commençant à démanteler la structure à plusieurs niveaux, des étages supérieurs vers le bas. Au matin du 19 mai, il ne restait plus rien du sanctuaire orné, si ce n’est un champ de décombres.

    La démolition s'est déroulée dans le même climat d'opacité que les raids de décembre. Les familles des fidèles détenus auraient reçu l'ordre de garder le silence, et ceux qui tentaient de documenter la scène ont été refoulés. Plusieurs autres membres de la congrégation ont été arrêtés pendant la démolition, rejoignant ainsi le groupe déjà détenu depuis l'année précédente. Selon des chrétiens locaux, la croix qui surmontait l'édifice avait été recouverte d'un tissu noir les jours précédant l'arrivée des engins de démolition, un geste que beaucoup ont interprété comme un symbole du sort que les autorités avaient déjà réservé à l'église.

    La destruction de l'église Yayáng marque l'aboutissement d'une campagne que les autorités s'étaient engagées à mener à son terme. Ce qui avait commencé par une opération d'arrestations massives et soudaines a abouti à la disparition physique de l'une des communautés protestantes non enregistrées les plus visibles de Wenzhou. Ce scénario est récurrent dans le Zhejiang, où l'hostilité de longue date des autorités envers les activités chrétiennes indépendantes s'est souvent traduite par des actions architecturales. Toutefois, l'ampleur de l'opération, la durée du confinement et la volonté d'isoler le site du regard du public témoignent d'une détermination accrue à empêcher tout examen.

    Pour les fidèles de l'église Yayáng, la destruction de leur édifice n'est qu'un aspect d'une épreuve bien plus vaste, marquée par des détentions, des interrogatoires et des pressions constantes sur leurs familles. Pour les observateurs de la politique religieuse en Chine, cette démolition rappelle une fois de plus que les campagnes contre les églises non enregistrées continuent de s'intensifier, même lorsque l'attention internationale se tourne brièvement vers le dialogue.


  • « Magnifica humanitas ». Points communs et divergences entre le pape mathématicien et les technocrates de l’IA

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    « Magnifica humanitas ». Points communs et divergences entre le pape mathématicien et les technocrates de l’IA

    Lundi 25 mai, le pape Léon XIV présentera au monde sa première encyclique, « Magnifica humanitas », en compagnie de la théologienne anglaise Anna Rowlands de la Durham University, récompensée en 2023 du prix de la Fondation Joseph Ratzinger-Benoit XVI, ainsi que de l’entrepreneur américain Christopher Olah (photo), co-fondateur d’Anthropic. Ces deux personnes sont tout particulièrement engagées dans la résolution des questions importantes soulevées par l’intelligence artificielle, l’IA, auxquelles l’encyclique est consacrée.

    Signée par le pape Léon le 15 mai, à exactement 135 ans d’intervalle de la signature apposée par son prédécesseur et homonyme Léon XIII sur la première et historique encyclique « Rerum novarum » consacrée à la doctrine sociale de l’Église, « Magnifica humanitas » entend, elle aussi, répondre aux questions essentielles soulevées par la nouvelle révolution qui est en train de se jouer dans la société humaine : celle de l’intelligence artificielle.

    Anthropic n’est bien sûr pas la seule grande entreprise active dans le domaine. On peut également citer Palantir d’Alexandre Karp et Peter Thiel, OpenAI de Sam Altman ou encore xAI et Grok d’Elon Musk, chacune porteuse d’une vision techno-philosophique différente.

    Thiel a notamment fait parler de lui le mois dernier, à l’occasion de sa tournée à Rome pour un cycle de conférences à huis clos sur le thème de l’Antéchrist. Mais, au-delà de sa vision apocalyptique inspirée de René Girard, il pèse surtout politiquement par sa proximité avec JD Vance, le vice-président américain, converti à un catholicisme en rupture avec les orientations dominantes de l’Église. Vance est un critique acerbe d’une Europe qui, avec son AI Act adopté en 2024, prétend réguler l’intelligence artificielle au moyen de réglementations, en classant et en sanctionnant les risques de manière préventive. Une tentative illusoire dans un domaine en perpétuelle évolution.

    Anthropic, en revanche, s’inscrit dans une vision très originale, que l’Église de Rome suit avec attention. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le pape Léon a demandé à Olah de présenter « Magnifica humanitas ».

    Pour mieux comprendre cette vision, on peut reprendre mot à mot la description qu’en a faite dans le journal « Il Foglio » du 18 mai un grand expert en la matière, Carlo Alberto Carnevale Maffè, professeur de stratégie entrepreneuriale à l’Université Bocconi de Milan et qui est appelé à enseigner dans quelques-unes des universités les plus prestigieuses au monde, la Columbia University à la Wharton School, en passant par la Steinbeis University de Berlin et le St. Mary’s College en Californie.

    Les autres co-fondateurs d’Anthropic, en plus d’Olah, sont Dario Amodei, qui en est actuellement le PDG, ainsi que sa sœur Daniela. L’essai « Machines of Loving Grace » qu’ils ont publié à deux en 2024 exprime le mieux leur vision, qui n’est pas dénuée de dimension politique.

    « C’est un texte de 15 000 mots qui valent la peine d’être lus dans leur intégralité – écrit le professeur Carnevale Maffè  — avant d’exprimer le moindre jugement sur la Silicon Valley. Leur thèse est nette : ‘Nous ne voyons aucune raison structurelle pour laquelle l’IA devrait favoriser de préférence la démocratie et la paix’. C’est un aveu qu’aucun de leurs collègues n’a eu le courage de formuler avec autant de clarté et qui mériterait à lui seul qu’on y consacre un séminaire de philosophie politique ».

    « Amodei reconnaît – poursuit Carnevale Maffè – que l’IA peut renforcer la propagande et la surveillance, les deux instruments classiques des autocrates, et que les démocraties doivent par conséquent s’impliquer activement pour obtenir un avantage structurel, ne pouvant pas faire confiance à l’inertie technologique. Cette position sépare Amodei du déterminisme optimiste qui a dominé la pensée californienne des années 1990 avec cette idée, d’inspiration vaguement clintonienne, qu’internet aurait automatiquement exporté la démocratie (on se rappelle tous les ‘printemps arabes’ et les illusions qui ont suivi). Amodei démolit explicitement ce récit : ‘Internet a probablement avantagé l’autoritarisme, et pas la démocratie’. Il s’agit d’une correction historique importante et surprenante de la part d’un PDG américain du secteur ».

    D’où la proposition d’Amodei de mettre en œuvre ce qu’il appelle une « stratégie d’alliance ». « Il s’agit d’une coalition de démocraties qui s’assurent de garder la main sur l’IA à travers le contrôle de la filière des semi-conducteurs et l’action militaire stratégique (‘the stick’, le bâton) combinée à la distribution des bénéfices (‘the carrot’) pour déplacer les équilibres mondiaux ».

    Dans son essai suivant de 2025, « The Adolescence of Technology », Amodei a approfondi cette ligne « en ajoutant une inquiétude qui est devenue sa marque théorique », écrit encore le professeur Carnevale Maffè. « Le risque contre lequel il met en garde ce n’est pas seulement que les autocrates pourraient utiliser l’IA contre les démocraties, mais bien que les démocraties elles-mêmes, au nom de l’efficience, ne dérivent vers des formes de techno-autoritarisme interne. Le ‘country of geniuses in a datacenter’, selon la formule consacrée d’Amodei désormais entrée dans le lexique commun, est une utopie conditionnée : elle ne fonctionne que si les géométries institutionnelles sont capables de tenir le choc de la concentration de la puissance de calcul ».

    Parmi toutes les positions sur la table, commente Carnevale Maffè, « celle d’Anthropic est la plus résolument kantienne dans sa forme et churchillienne dans sa substance. Ce n’est pas un hasard qu’elle soit aussi la plus respectée dans les milieux académiques occidentaux et la seule, il faut le souligner, qui se soit préoccupée de se soumettre à la critique, en suscitant des débats publics tels que celui du Leverhulme Centre for the Future of Intelligence de Cambridge, qui a fourni une lecture sévère mais constructive de l’essai d’Amodei ».

    Les co-fondateurs d’Anthropic ne sont pas les seuls à agir en se laissant guider par une vision techno-philosophique. Alexander Karp, le PDG de Palantir, a un doctorat en théorie sociale de l’Université de Francfort et, dans son essai de 2025, qu’il signe avec Nicholas Zamiska, intitulé « The Technological Republic : Hard Power, Soft Belief, and the Future of the West », il écrit dans le ton d’un ex-élève de Jurgen Habermas et de l’École de Francfort. En pratique, sa thèse est que l’Occident a besoin de construire un complexe IA-industriel analogue au complexe d’industrie militaire de l’époque d’Eisenhower, s’il espère rester en lice dans la compétition cognitive avec les régimes autocratiques.

    Mais si Karp, avec Palantir, tient à maintenir, voire à renforcer, sa collaboration historique avec le gouvernement américain, il n’en va pas de même pour Olah et Amodei, dont la société, Anthropic, a été mise au ban par Donald Trump en février dernier après son refus de donner à l’armée américaine un accès illimité à sa technologie d’IA.

    Rien d’étonnant donc, à ce que le pape Léon, qui est déjà en délicatesse avec la Maison Blanche, ait justement demandé que ce soit Olah qui présente « Magnifica humanitas ». Il y a des points de convergence indéniables, en matière d’intelligence artificielle, entre la vision des cofondateurs d’Anthropic et celle de l’Église de Rome, ce que l’on peut d’ailleurs déjà constater dans le document « Antiqua et nova » du Dicastère pour la Doctrine de la foi de janvier 2025, et qui anticipe cette nouvelle encyclique.

    En effet, les nouveaux produits technologiques ne sont pas neutres, peut-on lire dans « Antiqua et nova » : « ils reflètent la vision du monde de leurs concepteurs, propriétaires, utilisateurs et régulateurs et, grâce à leur pouvoir, ils façonnent le monde et engagent les consciences au niveau des valeurs ». Cette critique, observe le professeur Carnevale Maffè, « est exactement celle qu’Habermas et l’École de Francfort auraient faite ». Léon XIV, le pape mathématicien de la Villanova University, « ne joue pas contre la Silicon Valley. Il joue avec la Silicon Valley intelligente contre une version plus grossière, chauvine et idolâtre ».

    Pour le dire autrement : « Si l’on accepte cette cartographie, la distance entre le personnalisme augustinien du pape Léon et le démocratisme prudent d’Anthropic est, au niveau des objectifs finaux, bien moindre que celle qui les sépare tous deux du trumpisme de Vance et du libertarisme de Musk ».

    Il convient également de mentionner les visions de Karp et de Thiel, plus discutables quant à elles, mais qu’on ne peut ignorer pour autant, dans l’optique de s’allier avec la partie saine de la techno-politique afin de réaliser une critique de la technocratie autoritaire.

    « C’est bien ce que l’Église a toujours su faire quand elle fonctionnait bien », conclut le professeur Carnevale Maffè. « Tenir ensemble thomistes et franciscains, jésuites et dominicains, au nom d’une vérité plus grande que toutes les écoles. Diversité des moyens, diversité des liturgies, diversité des cathédrales : le datacenter de Karp et la basilique de Saint Pierre. Mais l’ennemi est le même. Et l’histoire, quand elle veut être malicieuse, place les alliances les plus surprenantes dans les recoins les plus improbables ».

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Le Cardinal Michel Czerny rend hommage aux martyrs du communisme à l'approche des béatifications de prêtres

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    De Tyler Arnold sur le CWR :

    Un cardinal tchèque rend hommage aux martyrs du communisme à l'approche des béatifications de prêtres.

    Le cardinal Michael Czerny a évoqué cette semaine le martyre des catholiques qui ont témoigné de Jésus-Christ sous le régime communiste en Europe centrale et orientale, lors de la conférence « Bienheureux martyrs sous le communisme » organisée à Rome par l'ambassade de la République tchèque auprès du Saint-Siège.

    Czerny, préfet d'origine tchèque du Dicastère pour le service du développement humain intégral, a évoqué les causes de canonisation de deux prêtres tchèques — le père Jan Bula et le père Václav Drbola — qui seront béatifiés le 6 juin.

    « Le témoignage du père Jan et du père Václav s’adresse à chacun de nous individuellement dans nos luttes quotidiennes, grandes et petites », a déclaré Czerny lors de la conférence du 20 mai, selon Vatican News, média du Vatican .

    « Leur martyre nous enseigne qu’il n’existe aucune situation humaine — aussi dégradante ou injuste soit-elle — dans laquelle le Christ ne puisse être témoigné », a-t-il déclaré.

    Selon le Dicastère pour les causes des saints , les deux prêtres furent emprisonnés et tués entre 1951 et 1952, dans le contexte de la persécution de l'Église catholique par le régime communiste tchécoslovaque après la Seconde Guerre mondiale. Ils appartenaient au diocèse de Brno.

    Les deux prêtres œuvraient beaucoup auprès des jeunes catholiques et furent finalement emprisonnés. Selon le dicastère, ils furent accusés à tort en prison d'avoir comploté pour assassiner des responsables communistes et furent par la suite exécutés.

    Le dicastère affirme qu'ils ont été persécutés et tués en raison de leur travail pastoral et de la haine du régime envers la foi catholique.

    « Pour Jan et Václav, les mains de Dieu ont été leur soutien derrière les barreaux de la prison de Jihlava, leur défense lors des longs interrogatoires et la sauvegarde de leur dignité, qui est restée intacte même au milieu des humiliations les plus dégradantes », a déclaré Czerny lors de la conférence.

    « Le régime communiste ne voulait pas seulement les tuer ; il voulait anéantir leur identité sacerdotale », a-t-il déclaré. « Il voulait qu’ils trahissent, qu’ils renient, qu’ils renoncent à leur foi. »

    Czerny a déclaré que Bula et Václav « ont su transformer les ténèbres de la haine et le froid de l’échafaud en un lieu de rencontre vivante avec le Seigneur ». Il a ajouté qu’ils « ont témoigné par leur vie même que la lumière peut percer les nuages ​​sombres de l’histoire ».

    « Nous admirons la splendeur du grain de blé qui, après être resté caché pendant des décennies dans le sillon du sol de Bohême et de Moravie — nourri malgré une histoire difficile et fertilisé par le sacrifice — jaillit maintenant sous nos yeux », a déclaré Czerny.

    Cette pousse, qui a percé le sol gelé de l'athéisme et de l'oppression, est la preuve qu'aucune violence ne peut étouffer la vie de Dieu chez ceux qui se confient à lui.

    Cardinal Michel Czerny

    préfet du dicastère pour le service du développement humain intégral

    « Ce germe, qui a percé le sol gelé de l’athéisme et de l’oppression, est la preuve qu’aucune violence ne peut étouffer la vie de Dieu chez ceux qui se confient à lui », a-t-il ajouté.

    Czerny a déclaré que la béatification des deux martyrs démontre la réalité de la promesse du Christ dans Matthieu 28:20 : « Je suis avec vous tous les jours », le préfet ajoutant que la promesse « brille accomplie et inscrite dans le sang et la joie de ces deux prêtres ».

    « Puisse leur sacrifice nous aider à être des chrétiens, des citoyens, des hommes et des femmes qui savent donner leur vie au service, au pardon et à la vérité », a-t-il déclaré, « car au-delà du voile de l’épreuve et de la mort, nous attend la lumière éclatante du sourire aimant de Dieu et une joie que personne ne pourra jamais nous ravir. »

    Le pape Léon XIV a approuvé la béatification des deux prêtres en octobre 2025, ainsi que celle de neuf serviteurs de Dieu martyrisés par le régime nazi en raison de sa haine de la foi catholique.

  • Le Parlement européen adopte une meilleure protection des victimes, mais avec un arrière-goût amer.

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    Un communiqué de presse d'ALFA (Action pour le droit à la vie pour tous) :

    Le Parlement européen adopte une meilleure protection des victimes, mais avec un goût amer.

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    Le Parlement européen adopte une protection renforcée des victimes, mais avec un goût amer : la directive européenne mentionne pour la première fois l’avortement.

    Augsbourg. Le 21 mai, le Parlement européen a adopté une nouvelle directive européenne sur les droits des victimes, associant ainsi, du point de vue d'ALfA, une avancée attendue depuis longtemps en matière de protection des victimes mais associée à une manœuvre idéologique inacceptable.

    La directive révisée modernise pour la première fois depuis 2012 le cadre de l'UE pour les victimes de la criminalité. Elle renforce les normes minimales de soutien et de protection, établit des lignes d'assistance téléphonique à l'échelle de l'UE (116 006), améliore l'accès à l'aide juridique et à l'indemnisation, et protège mieux les données personnelles des victimes contre les auteurs de crimes.

    « Nous saluons tout particulièrement toute mesure visant à mieux protéger les véritables victimes de crimes », explique Cornelia Kaminski, présidente fédérale de l’Action pour le droit à la vie pour tous (ALfA). « Les femmes victimes de violence, en particulier, ont besoin d’une aide facilement accessible, de conseils avisés, d’une thérapie pour les traumatismes et d’un soutien juridique. »

    L'infanticide prénatal est inscrit dans les directives destinées aux victimes

    ALfA critique le fait que la directive mentionne explicitement l'accès à l'avortement pour la première fois. Un considérant précise que les services de santé dans le domaine de la « santé sexuelle et reproductive » destinés aux victimes de violences sexuelles pourraient également inclure l'accès à l'avortement ; les États membres sont tenus de fournir ou de faciliter ces services « lorsque leur législation nationale le permet ».

    « Ce texte consacre l’avortement dans un cadre qui n’a en réalité rien à voir avec le sujet. C’est de la politique symbolique classique, menée sous couvert de protection des victimes », a déclaré Kaminski. « Dans l’UE, on estime que plus de 600 000 enfants sont tués avant leur naissance chaque année. L’enfant à naître est donc la victime la plus fréquente de violence, et non seulement il n’est pas mentionné dans ce texte, mais il est explicitement victimisé : son avortement prénatal est présenté comme un élément de la protection des victimes de violences sexuelles. »

    Le principe de subsidiarité et la dignité humaine bafoués

    ALfA souligne que la politique en matière d'avortement relève de la compétence exclusive des États membres, conformément aux traités européens.

    « Lorsque Bruxelles instrumentalise une directive relative aux victimes pour légitimer politiquement l’avortement, il s’agit d’un glissement insidieux des compétences et d’une violation du principe de subsidiarité », critique Kaminski. « L’UE invoque la dignité humaine, mais l’applique de manière sélective. Apparemment, elle ne s’applique pas aux enfants à naître. »

    Appel aux États membres

    La directive doit maintenant être formellement adoptée par le Conseil ; ensuite, les États membres disposent de deux ans pour la transposer en droit national.

    « Nous appelons les gouvernements membres du Conseil à ne pas approuver ce texte en l’état », déclare Kaminski. « L’Europe a besoin d’une protection efficace des victimes, mais pas d’une instrumentalisation de cette protection pour faire progressivement de l’avortement un “quasi-droit fondamental” européen. »