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Politique

  • L’« étatisme pacifiste » du pape Léon dans la ligne de mire d’un politologue

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    De Sandro Magister sur settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    L’« étatisme pacifiste » du pape Léon dans la ligne de mire d’un politologue. Nouveau chapitre de la discussion ouverte par Orsina

    (S. M.) L’essai de l'historien du politique Giovanni Orsina, relayé le 1ᵉʳ septembre par Settimo Cielo, très critique de cette « morale sans politique » qui constitue la limite de la prédication de paix du pape Léon, a suscité un débat d’une importance majeure chez les spécialistes de science politique et d’histoire contemporaine.

    Aujourd’hui, c'est au tour d’Antonio Caragliu, avocat au barreau de Trieste, essayiste et membre de l’Union des juristes catholiques italiens, de répondre à Orsina.

    En analysant « Magnifica humanitas », M. Caragliu observe que — contrairement à la lecture qu’en fait le professeur Orsina — la reconnaissance du pouvoir souverain par le pape ne fait aucunement défaut. On trouverait même une exaltation du modèle étatique, y compris les contraintes exercées sur les acteurs privés (avec les concepteurs d’intelligence artificielle au premier chef) au nom du bien commun.

    Selon Caragliu, pour le pape Léon, le contrôle de l’État n'est pas un problème : c’est même la solution. Une solution hélas « dévoyée en doctrine sociale de "Secrétairerie d’État" — c’est-à-dire passée au filtre d’un dicastère à ce point immergé dans ses relations diplomatiques avec les États qu’il ne parvient plus à en percevoir les dérives idéologiques. »

    Pour le dire autrement, on trouverait chez le pape Léon un excès d’étatisme plutôt que sa démystification salutaire s’inscrivant dans la « culture politique traditionnelle des démocrates-chrétiens ».

    Sur la photo, le pape apparaît aux côtés de Chris Olah, cofondateur d’Anthropic, qu’il a invité au Vatican pour présenter « Magnifica humanitas » avant de le recevoir à Castel Gandolfo.

    La parole est à M. Caragliu.

    *

    « Magnifica humanitas » : désarmée face aux États, désarmante pour les acteurs privés

    par Antonio Caragliu

    L’essai de Giovanni Orsina contient des intuitions judicieuses, mais je considère que sa lecture globale de « Magnifica humanitas » reste au moins partiellement biaisée par une grille de lecture philosophico-politique bien particulière, que l’on retrouve dans un brillant essai de Giovanni Spadolini paru en 1950, Il papato socialista (« La papauté socialiste »).

    Dans cette étude, Spadolini, alors âgé d'à peine plus de vingt ans, soulignait que le catholicisme social et le communisme partagent un ennemi commun : le libéralisme.

    Pour être exact, il faisait référence au libéralisme du Risorgimento, imprégné d’un certain hégélianisme historiciste concevant « l’État moderne comme une entité autonome et autosuffisante, douée d’une conscience et d’une loi morale propres », tout en voyant « dans la nation la forme historique de l’État, et dans le monde une lutte permanente entre États ».

    Le socialisme catholique s'opposait, selon lui, à cette vision parce qu’à la différence du socialisme marxiste moderne axé sur la lutte des classes, il rejette le principe même de l'affrontement régissant tant l’État moderne que le capitalisme, et « résout le conflit en dissolvant l’État en soi ». L’Église — expliquait Spadolini — s’est toujours opposée à la réduction de l’existence aux seules catégories de la guerre, de la lutte des classes, de la concurrence ou de la sélection naturelle. Elle « ambitionne de remporter sa victoire majeure en lançant et en imposant, une fois encore, son message de paix, d’amour, de fraternité et de charité ».

    Parfaitement aligné sur ces thèses, Orsina reproche à la pensée sociale de Léon XIV son manque de prudence et de sain réalisme lorsqu’elle confie à la politique la mission d'édifier la « civilisation de l’amour », réduisant ainsi les rapports de force et les conflits d’intérêts qui caractérisent inévitablement l’arène politique nationale et internationale à une morale transcendante. Léon « exorcise le pouvoir », « fuit dans l’utopie », et n'admet la puissance « qu’au moment où elle renonce à elle-même, se fait faiblesse et service, se disperse ». Il la soumet « à tel point à l’éthique qu’elle se trouve privée non seulement de légitimité et d’autonomie, mais en définitive, de toute capacité réelle d’action ».

    Cette position s'inscrit dans la droite ligne de la culture politique traditionnelle des démocrates-chrétiens, qui « a toujours manié le concept de souveraineté avec précaution et embarras. Elle considérait l’idée d’une puissance séparée et transcendante gouvernant le corps politique d’en haut comme une erreur théologique avant d’être politique, ne voyant dans l’État qu’un simple instrument au service du pluralisme social. » D’où « la défiance envers l’État et la vocation supranationale. »

    Si je rejoins Orsina sur l’absence de « sain réalisme » (je dirais pour ma part « réalisme augustinien ») quant à la confiance accordée par le pape à la « politique » (en réalité, à l’État), je ne peux pas le suivre dans sa dénonciation d’une véritable dilution du pouvoir (lorsqu’il évoque une « autorité diluée jusqu’à presque disparaître dans la logique de subsidiarité »). Je ne pense pas que ce soient là les conséquences politiques réelles de l’utopisme bienveillant du pape Léon. C’est même tout l’inverse. Sur ce point, c'est l'analyse d'Orsina qui me paraît être déconnectée du réel et manquer de lucidité.

    Examinons donc l’encyclique. Le sous-titre de « Magnifica humanitas » est : « Encyclique sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle ». En réalité, les enjeux éthiques, juridiques et anthropologiques propres au développement de l'IA y sont traités de manière très marginale et générique. L'objectif fondamental du texte est de récapituler et de consolider les principes et catégories du magistère social des pontifes, de Léon XIII à nos jours, en les appliquant à l’intelligence artificielle, cette dernière n'étant prise que comme une simple illustration de la catégorie globale d'innovation technologique.

    Dans cet examen des risques liés à l'IA, ce qui frappe le lecteur, c'est le silence quasi absolu du pape sur les abus que les gouvernements peuvent commettre (et commettent !) à travers le traitement automatisé des données personnelles et la surveillance de leurs citoyens, au mépris de leurs libertés fondamentales (le cas flagrant étant la Chine, bien que des dérives similaires soient notoirement perpétrées par des gouvernements occidentaux).

    La seule exception concerne les conflits armés, où il dénonce les risques de déresponsabilisation induits par l’autonomie et l’automatisation des systèmes d’IA appliqués à l’armement (n° 197 – 200). En dehors de ce cadre, le contrôle étatique n’est pas le problème aux yeux de Léon : c’est la solution. Le véritable danger — écrit-il — provient des « acteurs privés » : « Par le passé, c’étaient surtout les États qui guidaient et orientaient l’innovation. Aujourd’hui, en revanche, les principaux moteurs du développement sont des acteurs privés, souvent transnationaux, dotés de ressources et de capacités d’intervention supérieures à celles de nombreux gouvernements. Le pouvoir technologique prend ainsi un visage inédit, essentiellement privé, et donc d’autant plus difficile à cerner, à réguler et à orienter vers le bien commun. » (n° 5). Il ajoute : « Lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend à devenir opaque et à échapper au contrôle public, et augmente le risque d’un développement faussé qui engendre de nouvelles dépendances, des exclusions, des manipulations et des inégalités. » (n° 95).

    Mais est-ce vraiment le cas ? Ces acteurs privés ont-ils le pouvoir de m'arrêter ou de m’imposer des taxes ? Exercent-ils une contrainte légale ? Ont-ils un intérêt propre à censurer mes opinions politiques ou religieuses ? Ne se prêtent-ils pas plutôt à de telles pratiques en connivence avec les gouvernements, afin d'échapper aux représailles de leur pouvoir normatif ?

    Pourtant, le véritable danger — poursuit le pape — réside dans le « pouvoir de fait sur les conditions de la vie en communauté » que détient tout acteur économique et technologique majeur (n° 71).

    Dès lors que, pour Léon, le problème réside dans les « inégalités presque automatiques » (n° 79), l’« exclusion » (notion vague propice aux abus de n'importe quel tribun) et les « processus technologiques et organisationnels qui échappent au contrôle démocratique », la solution ne peut donc être que le contrôle étatique au nom de la « justice sociale » et du « bien commun ». Par quels moyens ? Par des « redistributions progressives » (n° 153), des « lois justes et des instruments de redistribution qui corrigent les déséquilibres » (n° 162).

    Dans un tel cadre, se réfugier derrière de timides concessions à la subsidiarité, à la « créativité humaine » ou à la propriété privée — comme le proposent les interprétations accommodantes de certains think tanks comme l’Acton Institute — me semble inefficace et dépourvu de sens.

    J'en reviens à Orsina. « Magnifica humanitas » manque certes de réalisme, mais contrairement à ce qu'il affirme, la reconnaissance du pouvoir souverain n'y fait nullement défaut. La contrainte y est bien présente, et son exercice se trouve légitimé dès lors qu'il s'applique aux acteurs privés pour le bien commun. Dans une lecture socio-économique qui oscille entre marxisme et keynésianisme poussé, ce constat est flagrant et inévitable.

    Dans cette encyclique, au nom de la satisfaction des besoins de tous et d'une orientation maîtrisée du développement économique, on assiste à une exaltation du schéma étatique. Certes, il s'agit d'un étatisme non belliciste : pacifiste, inclusif, et à vocation supranationale. Le projet d'une civilisation de l'amour « consiste à traduire la charité en structures de justice, à donner une forme institutionnelle à la fraternité » (n° 186) et se donne pour tâche de « transformer cette interdépendance subie en une solidarité voulue et choisie » (n° 187). Mais ici, le pouvoir n'est ni dissous, ni affaibli, ni dispersé : c'est tout le contraire.

    Certes, le problème n'est pas neuf et ne concerne pas cette seule encyclique, il serait injuste et inexact de le prétendre. Il découle d'une doctrine sociale de l'Église dévoyée en doctrine sociale de « Secrétairerie d'État » : c’est-à-dire passée au filtre d’un dicastère à ce point immergé dans ses relations diplomatiques avec les États qu’il ne parvient plus à en percevoir les dérives idéologiques. On serait en droit d’attendre de l'Église un sens plus aigu de l'histoire, un plus grand réalisme et, surtout, une compréhension plus profonde de l'Évangile. Car le fond du problème est avant tout d'ordre théologique.

    Le célèbre passage de l’Évangile où Jésus répond aux pharisiens de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu — qu’on réduit bien souvent à tort à une simple délimitation des compétences entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel — mériterait d'être approfondi à sa juste valeur. On en tirerait une précieuse démystification du pouvoir et une liberté de jugement qui font défaut aujourd'hui encore.

    On y gagnerait en réalisme et en fidélité à l'Évangile.

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.

    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • De plus en plus de chrétiens sont tués dans l'est du Congo par des djihadistes affiliés à l'EI

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    D'Anna Bono sur la NBQ :

    Nouveaux massacres de chrétiens en République démocratique du Congo

    De plus en plus de chrétiens sont tués dans l'est du Congo par des djihadistes affiliés à l'EI.

    18/09/2026

    En deux mois, à partir de la mi-juillet, au moins 200 chrétiens ont été tués en République démocratique du Congo, victimes des Forces démocratiques alliées (ADF), groupe djihadiste affilié à l'État islamique depuis 2016 et membre de l'ISCAP (Province d'Afrique centrale de l'État islamique) depuis 2019, aux côtés d'Ansar al-Sunna, groupe djihadiste actif au Mozambique depuis 2017.

    Leurs attaques les plus meurtrières ont eu lieu fin août. Le 28 août, ils ont tué 29 personnes dans les villages de Mabakoa et Biam, dans la province orientale d'Ituri, où ils mènent la plupart de leurs attaques et où ils sont installés depuis plus de 20 ans après avoir quitté l'Ouganda, pays d'origine du groupe.

    À Mabakoa et Biam, les terroristes ont également incendié des dizaines de maisons. Heureusement, des centaines de personnes ont réussi à s'échapper et à se mettre en sécurité. Le lendemain, ils ont attaqué le village d'Amani, tuant neuf personnes. Deux autres ont été atteintes et tuées à l'extérieur du village. L'intensification des attaques contre les villages et l'élargissement de leur champ d'action confirment malheureusement l'échec des interventions militaires, contrairement à ce que les autorités voudraient nous faire croire.

    Depuis décembre 2024, on estime que les ADF ont tué au moins 1 370 chrétiens en Ituri et dans la province voisine du Nord-Kivu. Leur objectif étant de libérer des territoires toujours plus vastes de la présence chrétienne, comme c'est également le cas au Nigéria, ils ne se contentent pas de tuer les chrétiens, et parfois de les enlever contre rançon, mais détruisent aussi leurs maisons et leurs récoltes. Ainsi, les survivants des massacres retournent rarement dans leurs villages une fois le danger passé. Même s'ils parviennent à surmonter leur peur, il ne leur reste plus rien où revenir et ils s'installent presque toujours ailleurs. De cette façon, leurs villages deviennent des « dar al-Islam », des foyers, des terres de l'Islam.  

  • Dix vérités essentielles sur Pie XII

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    De sur Where Peter is :

    Dix vérités essentielles sur Pie XII

    Peu d'hommes ont été autant déformés que le pape Pie XII (Eugenio Pacelli), qui dirigea l'Église catholique de 1939 à 1958. Pie XII était un homme d'une foi, d'une vertu, d'un courage et d'une charité extraordinaires, qui proclama les vérités du catholicisme et les incarna dans sa vie. Pourtant, dans les débats houleux qui ont entouré la Seconde Guerre mondiale, sa personnalité et sa conduite ont été déformées au point d'être méconnaissables. Comme le déplorait Sir Owen Chadwick, éminent historien de l'Église des temps modernes :

    Beaucoup de gens croient encore que le pape Pie XII était un ami des nazis, ou qu'il n'a rien dit du tout contre les meurtres raciaux pendant la guerre… ou encore qu'il a arrangé des fonds du Vatican pour aider des monstres comme Eichmann à s'enfuir en Amérique du Sud.

    La bonne nouvelle, c'est que ces « légendes », comme les appelait Chadwick, sont de plus en plus contestées, et que l'histoire authentique gagne du terrain. Dans cette optique, voici dix vérités essentielles sur le pape Pie XII :

    1) Pie XII avait mis en garde contre Hitler bien avant que le dictateur nazi n'accède au pouvoir.
    En 1921, peu après la fondation du parti nazi – mais douze ans avant qu'Hitler ne devienne chancelier allemand – Pacelli, alors nonce apostolique à Munich, mit publiquement en garde les Bavarois contre le risque que la menace communiste ne les aveugle face aux atrocités du nazisme. Selon l'historien Charles Bracelen Flood , la seule autre personnalité importante en Allemagne à avoir tenu de tels propos à cette époque était le romancier Thomas Mann.

    En 1923, Pacelli alerta le Vatican de la menace grandissante du nazisme, nommant Hitler et soulignant son antisémitisme et son anticatholicisme virulents. L'année suivante, il écrivit à ses supérieurs à Rome, qualifiant le nazisme de « peut-être la plus grande hérésie » des temps modernes. Et en 1929, avant de quitter l'Allemagne pour devenir cardinal secrétaire d'État du pape Pie XI, Pacelli déclara à qui voulait l'entendre qu'Hitler était un fou « complètement obsédé », capable de tout détruire sur son passage, y compris de « piétiner des cadavres ».

    2) Pie XII n'a jamais rencontré Hitler 
    En raison de la légende qui entoure le pontificat de Pie XII, certains croient encore que le pape entretenait des relations étroites et professionnelles avec Hitler. En réalité, Pie XII n'a jamais rencontré Adolf Hitler. Le plus haut responsable allemand qu'il ait rencontré pendant la guerre – et une seule fois – était le ministre des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop, qu'il a sévèrement réprimandé après l'invasion nazie de la Pologne.

    Le 14 mars 1940, le New York Times a couvert la rencontre houleuse avec le titre : « Le pape insiste sur la nécessité d’une paix juste : les droits des Juifs défendus » , suivi d’un article qui disait :

    À deux reprises en deux jours, le pape Pie XII a tenu à parler de la nécessité de la justice autant que de la paix, et les cercles du Vatican interprètent cela comme une insistance sur sa demande ferme à Joachim von Ribbentrop, ministre allemand des Affaires étrangères, que l'Allemagne répare les injustices qu'elle a commises avant qu'il puisse y avoir la paix…

    On a également appris aujourd'hui pour la première fois que le pape, dans les paroles enflammées qu'il a adressées à M. von Ribbentrop au sujet de la persécution religieuse, a également pris la défense des Juifs d'Allemagne et de Pologne.

    Charles Pichon, correspondant de guerre de premier plan, a ajouté :

    Le pape ouvrit devant lui un grand registre et commença avec une froide sévérité l'énumération de tous les faits, lieux, dates et circonstances détaillées, dûment attestés par l'autorité ecclésiastique, concernant les tortures que l'envahisseur avait déjà commencé à infliger au peuple polonais.

    3) Pie XII n'est pas resté « silencieux » face à l'Holocauste.
    De toutes les erreurs reprochées à Pie XII, aucune n'est plus répandue que son prétendu refus de condamner l'Holocauste nazi, voire même de prononcer le mot « Juif » dans ses déclarations. En réalité, c'est Radio Vatican, autorisée et soutenue par Pie XII, qui a révélé les atrocités nazies en Pologne, dénonçant explicitement les attaques contre « catholiques et juifs ». Dans sa première encyclique, Somme pontificale , publiée peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, Pie XII a non seulement mentionné le mot « Juif », mais l'a fait en citant saint Paul : « Il n'y a plus ni Grec ni Juif… Mais le Christ est tout et en tous » (Colossiens 3, 10-11).

    Il s’agissait d’une déclaration catégorique sur l’unité du genre humain et d’une condamnation simultanée du racisme antisémite des nazis. Pie XII développa ces thèmes dans ses célèbres messages de Noël en temps de guerre qui, comme le notait Pichon, « rappelaient sans cesse au monde les lois morales que l’Axe triomphant violait chaque jour avec une brutalité croissante… ».

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  • En Espagne et en France, les foules rassemblées par le pape Léon XIV remettent en question le discours laïque

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    En Espagne et en France, les foules rassemblées par le pape Léon XIV remettent en question le discours laïque.

    Le pape Léon XIV a attiré plus d'un million de personnes à Madrid cet été — et la France anticipe déjà un succès sans précédent pour son voyage de septembre.

    Le pape Léon XIV salue les catholiques dans la cathédrale Sainte-Croix-et-Sainte-Eulalie de Barcelone, en Espagne, le 9 juin 2026. Son prochain voyage le conduira en France.
    Le pape Léon XIV salue les catholiques dans la cathédrale Sainte-Croix-et-Sainte-Eulalie de Barcelone, en Espagne, le 9 juin 2026. Son prochain voyage le conduira en France. (Photo : Vatican Media)

    Des voyages européens du pape Léon XIV jusqu'à ce jour, un défi inattendu est apparu au récit qui, jusqu'à récemment, était largement tenu pour acquis à travers l'Europe : celui selon lequel la déchristianisation du continent est un fait établi. 

    Ce phénomène n'a jamais été aussi manifeste que lors de la visite du pape en Espagne, du 6 au 12 juin, qui a culminé avec une messe et une procession pour la Fête-Dieu dans des rues bordées de plus de 30 000 œillets, la Plaza de Cibeles de Madrid étant envahie par une foule immense. Les autorités espagnoles ont dénombré plus de 1,2 million de personnes – dont quelque 2 300 ministres de l'Eucharistie servant la messe – ce qui en faisait la plus grande affluence de toute la visite papale. Le nombre de jeunes catholiques participant à la visite papale était frappant, notamment lors de la veillée eucharistique du 6 juin, présidée par le pape sur la Plaza de Lima, dans la capitale. À bord de l'avion pour Madrid, le pape Léon XIV a plaisanté avec les journalistes, affirmant que malgré un concert de Bad Bunny prévu le même soir, « il y en aura aussi quelques-uns pour voir le pape ». Ces « quelques-uns » se sont avérés être plus d'un demi-million.  

    Cette présence des jeunes a pris de nombreuses formes durant le voyage, mais peu de mouvements l'ont incarnée aussi visiblement que Hakuna, un mouvement d'adoration eucharistique qui a débuté comme un simple groupe de jeunes paroissiaux à Madrid en 2013 et qui s'est depuis étendu à plus de 20 pays.  

    Lors de la veillée eucharistique de la Plaza de Lima, c'est le groupe Hakuna Group Music qui a animé la cérémonie devant la foule nombreuse rassemblée, interprétant sa chanson Tú, el único Rey en présence du Pape — une performance qui est devenue l'un des moments les plus partagés en ligne du voyage.  

    « La visite du pape en Espagne a suscité une immense joie », a déclaré Maca Torres, porte-parole du mouvement, au Register. « Ce fut une explosion de liesse dans tout le pays, c'était formidable. » 

    Un renouveau de la foi en plein essor 

    L'enthousiasme inattendu suscité par la visite de Leo, comme en témoigne l'immense nombre d'Espagnols désireux d'apercevoir le nouveau pape, a bouleversé un discours profondément ancré : celui selon lequel la déchristianisation de l'Europe est trop avancée pour que les nouvelles générations prennent l'Église au sérieux, ou du moins pas à une telle échelle.  

    Longtemps, le déclin de l'identité chrétienne en Espagne a semblé inéluctable, la proportion de catholiques parmi les 18-24 ans étant passée d'environ 90 % dans les années 1970 à à peine un tiers. Les chiffres de l'enquête CIS de décembre 2025 suggèrent toutefois que ce déclin s'est enrayé et, selon certaines analyses, s'est même légèrement inversé, notamment chez les jeunes hommes.  

    Ce regain d'intérêt, à l'instar de l'affluence record lors de la visite papale, révèle, selon Torres, un besoin plus profond et moins quantifiable que la simple taille de la foule. « Les gens ont soif de quelque chose de plus », a-t-elle déclaré. « La société, les plateformes de contenu, les réseaux sociaux, tout notre environnement tentent de nous le vendre – ils nous vendent des miettes, et on se rend compte que ça ne nous désaltère pas. »  

    Le mouvement Hakuna n'est qu'un exemple de ce renouveau de la foi en Espagne. Son Heure Sainte hebdomadaire, centrée sur l'adoration eucharistique, est au cœur du mouvement et explique en grande partie son succès international. « Si l'on exclut Dieu, on vit dans un monde qui ne s'arrête jamais, qui ne connaît jamais le silence », a déclaré Torres. « J'ai entendu un prêtre dire un jour que l'adoration est comme un bain de soleil : on ne s'en rend pas compte, mais quelque chose nous imprègne. » 

    Ce même besoin de radicalité, partagé par toute une génération, est à l'origine de la montée en puissance des jeunes qui consacrent leur vie entière à l'Église, un phénomène que Torres dit avoir observé dans son propre cercle d'amis : « Une renaissance de la foi va nécessairement conduire beaucoup de gens à vouloir donner leur vie entière. » 

    Phénomène contagieux ? 

    Ayant constaté ce renouveau de la foi parmi ses pairs, Sofia Alas, une Guatémaltèque membre de la communauté Hakuna, a déclaré que ce phénomène commence souvent par une influence sociale qui laisse ensuite place à quelque chose de plus intériorisé et de plus profond. 

    « On voit ses amis heureux et on se demande pourquoi », dit-elle. « Ils traversent peut-être la pire période de leur vie, mais ils sont heureux… Cette force vient d’autrui, et on le voit. Et puis on la désire aussi. » Cette même ouverture, dit-elle, s’étend désormais à l’expression publique de sa foi : « Il est évident que les jeunes ont de moins en moins peur de montrer leur foi au reste du monde. » 

    Torres a cité l'exemple de Siloé, un groupe de musique urbaine espagnol populaire sans connotation catholique, dont le chanteur, Fito Robles, a déclaré en interview que son rêve d'enfant était de chanter devant le pape et que son art musical était indissociable de sa foi. « En tant que croyant, cela m'inspire profondément », a déclaré Torres. « Quel courage de s'exprimer ainsi dans la culture sécularisée d'aujourd'hui ! » 

    Le renouveau de la foi en France 

    Torres et Alas se demandent tous deux si le renouveau de la foi qu'ils ont observé en Espagne se manifestera lors de la visite du pape en France du 25 au 38 septembre, notamment compte tenu de sa culture anticléricale.  

    De fait, le regain de ferveur religieuse qui semble animer la jeunesse espagnole fait écho à des observations similaires en provenance de la France voisine, où l'attente suscitée par la visite du pape Léon XIV a déjà entraîné la vente de billets à guichets fermés et des dons sans précédent. 

    Par exemple, Torres et Alas indiquent suivre de près la hausse inattendue des baptêmes d'adultes en France. 

    Les premiers chiffres en provenance de France témoignent d'un enthousiasme qui pourrait déjà rivaliser avec celui observé en Espagne en juin. Lors d'une conférence de presse le 8 septembre, les organisateurs ont annoncé que les inscriptions pour la messe en plein air du 26 septembre place de la Concorde à Paris atteignaient toujours 8 000 par jour, faisant ainsi grimper en flèche l'estimation initiale de 500 000 participants. Ils ont également indiqué envisager d'étendre la zone de l'événement au-delà de l'Arc de Triomphe afin d'accueillir la foule.  

    Les évêques français qualifient cette réaction d'inédite. « Cet enthousiasme témoigne d'une très grande soif spirituelle dans notre pays », a déclaré le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence épiscopale française, lors du point de presse. 

    Quels que soient les chiffres finaux, pour Torres et Alas, l'essentiel du prochain voyage du Pape réside dans son impact spirituel. Pour Alas, le Saint-Père joue un rôle déterminant dans la consolidation du renouveau spirituel cette année. « C'est merveilleux de voir comment Dieu agit parmi les jeunes », a-t-elle déclaré, « et comment ces jeunes, à leur tour, peuvent aider ceux qui sont plus éloignés à rencontrer Jésus. » 

  • Le Pape appelle à protéger la vie, de la conception à son terme naturel

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    De Cecilia Seppia sur Vatican News :

    Le Pape appelle à protéger la vie, de la conception à son terme naturel

    Léon XIV a envoyé un message à l’occasion de la cinquième édition de la Marche pour la Vie à Bratislava, en Slovaquie pour promouvoir une culture qui prenne soin des plus fragiles et des plus vulnérables. Le secrétaire de la Conférence épiscopale explique que l’Église demande aux institutions de protéger avant tout les enfants à naître, «mais aussi d’aider concrètement les mères et les familles en difficulté».

    Une manifestation qui soit un «moment de prière et de témoignage» et qui suscite une «prise de conscience renouvelée du don précieux de la vie, reçu de Dieu, qu’il faut accueillir et préserver à chaque étape, de la conception jusqu’à son terme naturel». C’est ce que souhaite le Pape Léon XIV dans son message adressé aux organisateurs et aux participants de la cinquième édition de la Marche nationale pour la vie, qui s’est déroulée ce dimanche 20 septembre à Bratislava, capitale de la Slovaquie. Dans ce texte, lu sur la scène de la Marche par le nonce apostolique en Slovaquie, Mgr Nicola Girasoli, le Pape encourage en outre à «promouvoir une culture capable de prendre soin avant tout des plus fragiles et des plus vulnérables, contribuant ainsi à l’édification d’une société plus fraternelle et solidaire».

    Des milliers de familles dans les rues de Bratislava

    La place était bondée à Bratislava pour la dernière édition de la Marche nationale pour la vie, l’un des événements de mobilisation sociale et religieuse les plus importants de Slovaquie. Plus de 30 000 personnes, simples citoyens, familles et jeunes venus de toutes les régions du pays, se sont rassemblées dans la capitale pour réaffirmer la valeur et la dignité intrinsèque de chaque être humain, déterminées à promouvoir et à mettre en œuvre une culture de l’accueil qui protège la vie à toutes ses étapes, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.

    L'objectif de la mobilisation

    Née à l'origine aux États-Unis en 1974 (en réponse à l'arrêt Roe v. Wade), cette manifestation est devenue au fil des ans un événement très suivi et de grande envergure, qui en est venu à inclure et à mobiliser de nombreuses capitales européennes. Son objectif principal est de sensibiliser l’opinion publique et les institutions législatives à la nécessité d’offrir une protection juridique et un soutien social tant aux enfants à naître qu’aux mères en difficulté, en s’opposant à des pratiques telles que l’avortement et l’euthanasie, sur lesquelles le Pape Léon XIV s’est récemment prononcé, lors de l’audience générale du 16 septembre dernier, en les qualifiant de «honteuses».

    «Tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et même le suicide délibéré; tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques; tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable: toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes», a-t-il dit citant Gaudium et spes.

    Marche pour la vie à Bratislava, le 20 septembre 2026
    Marche pour la vie à Bratislava, le 20 septembre 2026   (Dominik Karina)

    Protéger et aider

    En Slovaquie, cet événement est coordonné par les évêques du pays en collaboration avec différentes associations pro-vie; il se présente non seulement comme un moment de réflexion éthique, mais aussi comme une véritable fête des familles. «Notre message est simple: toute vie humaine a sa dignité et doit être protégée. Nous voulons avant tout protéger les enfants à naître. Mais nous voulons aussi aider concrètement les mères et les familles en difficulté», a déclaré Mgr Ivan Ružička, secrétaire général de la Conférence épiscopale slovaque.

    Non à la maternité de substitution

    Cette année, a précisé le secrétaire, la question de la maternité de substitution est également à l’ordre du jour. «Un enfant n’est pas un produit et ne peut faire l’objet d’un contrat. C’est pourquoi nous demandons que la maternité de substitution soit totalement interdite en Slovaquie.» «Nous sommes très heureux, a-t-il ajouté, de voir aujourd’hui autant de familles et de jeunes ici à Bratislava. Pour nous, la Marche pour la Vie est un témoignage d’espoir. Nous voulons construire une société qui protège chaque personne, en particulier les plus vulnérables». La marche s’achèvera dans l’après-midi par des témoignages, des chants et des moments de fête, confirmant ainsi la position de la Slovaquie comme l’un des pôles du débat bioéthique au cœur de l’Europe.

  • Souffrances et espérance de l’Église en France

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    Du site de l'ECLJ :

    La France a le bonheur et l’honneur de recevoir le Saint Père cette semaine, à Paris, Lourdes et Metz. Pour cette grande occasion, le Centre européen pour le droit et la justice a rédigé un nouveau rapport intitulé «Souffrances et espérance de l’Église en France», que nous publions aujourd’hui.

    Des centaines de milliers d'inscrits aux cérémonies, un engouement fort et large dans la société... Et pourtant, face à cet enthousiasme, certaines voix s'opposent, critiquent cette venue pontificale et invoquent la laïcité et le coût de ce déplacement... 

    C'est précisément cette tension permanente vis-à-vis du catholicisme en France qui est au cœur de notre rapport.

    Après un état des lieux de la pratique religieuse en France, nous présentons les pressions idéologiques, injustices et discriminations «légales» subies par l’Église et les catholiques en France, en particulier dans les domaines religieux, éducatif et sanitaire.

    Nous exposons aussi l’augmentation de la violence à l’encontre des chrétiens, qu’il s’agisse de violences verbales, physiques, ou d’atteintes aux lieux de culte.

    De fait, la «France catholique» reste victime d’injustices et de violences dans son propre pays.

    Mais le but de ce rapport n’est pas d’enfoncer les catholiques dans une attitude victimaire, et de s’y complaire. Il est au contraire de les aider à changer de mentalité: à se libérer d’un esprit de défaite et de soumission à l’égard du monde, auxquels nous nous sommes trop longtemps habitués, pour défendre les droits et libertés de l’Église et de Dieu dans la société.

    Alors que la société s’effondre sous nos yeux et que la France déchoit chaque année davantage, l’Église retrouve, miraculeusement, au milieu des ruines, une nouvelle vigueur. Ce ne sont pas ces ruines qui attirent les milliers de jeunes gens qui se convertissent, mais le désir de tout restaurer dans le Christ.

    Puisse cet exposé des souffrances et de l’espérance de l’Église en France, associé à l’engouement spectaculaire de la venue du Pape, contribuer à libérer les catholiques et à ouvrir les yeux des Français.

    Couverture Rapport

    Les catholiques français se sont habitués à vivre avec une souffrance latente, un sentiment de précarité politique, d’ostracisation, presque de honte. Les catholiques sont non seulement devenus minoritaires au sein de la société française mais, plus grave encore, ils sont à présent incompris. La population, dans son immense majorité, a perdu le sens des réalités essentielles de la foi chrétienne...

    Les catholiques, en revanche, gardent espoir, animés par la foi, l’espérance et la charité, riches de l’immense patrimoine de la chrétienté...

    ­Lire le document

  • L’exposition sur les enfants à naître qui fait peur à la gauche

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    D'Ermes Dovico sur la NBQ :

    Mostra sui nascituri al Parlamento europeo (foto Pro Vita e Famiglia)

    L’exposition sur les enfants à naître qui fait peur à la gauche

    Au Parlement européen, quatorze panneaux présentent le développement de l’enfant dans le sein maternel. La gauche s’insurge, allant jusqu’à demander leur retrait — une demande qui n’a pas été acceptée. Un épisode qui confirme les contradictions de l’idéologie, laquelle redoute la réalité.

    18 septembre 2026

    « L’aventure de la vie commence au moment de la conception, lorsque le spermatozoïde du père féconde l’ovule de la mère, donnant naissance au zygote, premier stade d’un être humain nouveau, unique et irremplaçable. » Ce sont des paroles que l’on pourrait lire dans n’importe quel manuel de biologie. Elles figurent dans une exposition de quatorze panneaux intitulée Just EUman – Comment naît un citoyen européen, qui décrit les différentes étapes du développement de la vie humaine prénatale, de la conception au neuvième mois.

    L’exposition, promue par le député européen Paolo Inselvini (Fratelli d’Italia – groupe des Conservateurs et Réformistes européens) et conçue par Pro Vita & Famiglia, a été présentée du 14 au 17 septembre à Strasbourg, dans les locaux du Parlement européen. Quatre jours seulement : telle était la durée de l’autorisation. Pourtant, certains — c’est-à-dire la gauche et ses alliés — ont tenté de la faire retirer avant son terme.

    « Un rejet des valeurs européennes », « une blessure infligée à la démocratie », « une offense faite à toutes les femmes », sans oublier l’inévitable « retour au Moyen Âge », etc. Dans les commentaires publiés ces derniers jours contre l’exposition, on retrouve tout l’arsenal des slogans forgés au cours des dernières décennies par la propagande favorable à l’avortement pour faire passer pour un « libre choix » ce qui, selon l’auteur, n’en est pas un : la mise à mort d’un être humain innocent.

    Ces réactions émanent de personnalités connues de la politique italienne, telles qu’Alessandra Moretti (Parti démocrate), Ilaria Salis (Alliance des Verts et de la Gauche), Carolina Morace et Valentina Palmisano (Mouvement 5 étoiles), mais aussi de députés européens étrangers, comme la Française Manon Aubry.

    C’est précisément Aubry, coprésidente du groupe de la Gauche, qui a formulé ce qui apparaît comme le commentaire le plus paradoxal, puisqu’il se retourne en quelque sorte contre son auteur : « L’avortement est un meurtre. Voilà, en substance, le message que le Parlement européen diffuse dans ses couloirs à travers une exposition hostile à la liberté de choix, qui affirme que l’embryon est une vie humaine dès la conception. »

    Et qu’est-il donc, sinon une vie humaine ? Un commentaire qui, aux yeux de l’auteur, confine au grotesque et qui illustrerait la manière dont l’idéologie peut s’accompagner d’une méconnaissance de la réalité biologique la plus élémentaire : la vie constitue un continuum, dont le commencement est clairement la conception.

    Cela ne lui a pas suffi. Manon Aubry avait également écrit à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, pour lui demander le retrait de l’exposition — laquelle, comme on l’a indiqué, s’est finalement tenue normalement jusqu’à la date prévue, c’est-à-dire jusqu’à hier.

    À sa lettre s’étaient associés l’autre coprésident du groupe de la Gauche, Martin Schirdewan, ainsi que les présidentes des groupes des Socialistes et Démocrates, Iratxe García Pérez, et des Verts, Terry Reintke. Ilaria Salis avait elle aussi demandé une intervention immédiate de Roberta Metsola, tandis que Carolina Morace était même allée jusqu’à réclamer l’ouverture d’« une enquête interne afin de vérifier que toutes les procédures avaient été respectées ».

    La contradiction est manifeste : nous avons ici des responsables politiques qui, d’un côté, parlent de démocratie et de liberté de choix et qui, de l’autre, voudraient censurer une exposition présentant des informations scientifiquement établies. L’objectif de l’exposition était d’informer afin que « ceux qui sont appelés à légiférer puissent d’abord regarder et constater par eux-mêmes ce que démontre la science ». Depuis quand cela serait-il interdit ?

    Le fond du problème, selon l’auteur, est que les militants favorables à l’avortement ne supporteraient pas une exposition comme celle de Strasbourg parce qu’elle constitue une représentation concrète de la réalité : chacun de nous est passé par chacune des étapes décrites sur ces quatorze panneaux et il ne saurait exister de « droit » ni de « valeur européenne » si l’on ne reconnaît pas au préalable le droit à la vie, à commencer par celui des enfants à naître.

    À celles et ceux qui, comme Moretti, reprochent à l’exposition de « piétiner le droit des femmes à disposer de leur propre corps », l’auteur répond que, lors d’un avortement volontaire, le corps auquel il est mis fin est celui d’une autre personne, laquelle existe en tant que telle dès la conception et serait donc porteuse de tous les droits qui en découlent (cf. Donum Vitae et Dignitas Personae).

    Cette vérité, poursuit-il, échapperait manifestement à certains représentants d’une institution, le Parlement européen, qui depuis quelque temps se « distingue » par des initiatives jugées radicales — notamment le vote par lequel a été adoptée une résolution demandant l’inscription du « droit à l’avortement » dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Et ce, alors même que cette matière ne relève pas des compétences de l’Union européenne elle-même : pour qu’une telle modification puisse éventuellement devenir effective, il faudrait notamment l’accord unanime de tous les États membres.

    Lors des obsèques civiles d’Emma Bonino, le secrétaire de +Europa, Riccardo Magi, avait fait l’éloge de la défunte, affirmant qu’elle « n’avait jamais eu peur de critiquer les institutions, jusqu’à désobéir aux lois qu’elle estimait injustes ».

    Parmi les lois que Bonino combattait au nom de ce qu’elle considérait comme des « injustices » figuraient celles qui interdisaient l’avortement. Selon l’auteur, son combat aurait ainsi contribué à normaliser ce qui, auparavant, était unanimement reconnu comme un mal.

    Et ce qui s’est produit avec l’exposition de Strasbourg confirmerait, toujours selon lui, que la normalisation de l’avortement est allée jusqu’à nier à l’autre partie la liberté d’expression la plus élémentaire et la mieux fondée : montrer que celui qui est tué est un être humain, le plus vulnérable de tous ; et montrer qu’une loi de cette nature — opposée à la loi morale naturelle — est précisément une loi injuste.

    Mais, conclut l’auteur, c’est une désobéissance que le pouvoir n’admet pas.

  • Recul de le liberté religieuse en Espagne

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    De zenit.org :

    La liberté religieuse est en recul en Espagne

    57 % de cas supplémentaires par rapport à 2023, selon un nouveau rapport

    18 septembre 2026

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    (ZENIT News / Madrid, le 16 septembre 2026) – L’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience (OLRC) a présenté son rapport 2025 sur les atteintes à la liberté religieuse en Espagne le mercredi 16 septembre 2026. Avec 306 cas documentés, le rapport enregistre le niveau le plus élevé de la série historique de ce rapport, qui a débuté en 2012 : 26 % de plus qu’en 2024 (243 cas) et 57 % de plus qu’en 2023 (195 cas).

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    Deux attaques sur trois visent des chrétiens

    Sur les 306 attaques recensées, 173 (56,5 %) ont visé des catholiques. Si l’on ajoute les 33 cas enregistrés contre les chrétiens en général, les cinq contre les évangéliques et le cas contre les orthodoxes, le total s’élève à 212 ; autrement dit, deux attaques sur trois contre la liberté religieuse en Espagne ciblent les chrétiens. Les catégories ayant le plus d’impact sur cette communauté sont le laïcisme militant (60 cas) et la parodie de la religion (40 cas). Par ailleurs, cinq évangéliques ont été victimes d’attaques et un orthodoxe.

    L’antisémitisme a été multiplié par 13

    Avec 40 cas en 2025 (13 % du total), la communauté juive se classe deuxième en nombre absolu d’attaques. Ce chiffre est particulièrement alarmant, sachant que la population juive en Espagne représente moins de 0,1 % de la population totale. Depuis 2022, les attaques contre les Juifs ont été multipliées par treize.

    Les musulmans ont subi 26 attaques (une augmentation notable par rapport aux 11 de 2024) et les Témoins de Jéhovah, 11. Enfin, 17 cas sont considérés comme visant toutes les confessions.

    Les violences physiques contre les croyants se poursuivent

    Par catégorie, le rapport recense six cas de violence physique contre des croyants (un chiffre identique à celui de 2024). « Que la violence physique contre les croyants se maintienne à six cas est scandaleux. Ce chiffre est disproportionné et ne saurait être toléré. Un seul cas d’agression physique contre une personne en raison de sa foi serait intolérable dans un État de droit. »

    « Derrière chacun de ces six cas se cache une personne agressée physiquement en raison de ses convictions. Rien ne peut justifier de tels actes, et nous exigeons que les autorités les traitent avec la même fermeté que si les victimes appartenaient à un autre groupe », déclare María García, présidente de l’Observatoire pour la liberté religieuse et la liberté de conscience.

    Nouvelles attaques contre des lieux de culte

    En 2025, on a également dénombré 73 attaques contre des lieux de culte et des symboles religieux (59 % de plus qu’en 2024), 50 cas de harcèlement de croyants (67 % de plus qu’en 2024), 72 cas de moquerie envers la religion (7 % de plus qu’en 2024) et 105 cas de laïcité belliqueuse (12 % de plus qu’en 2024), la catégorie la plus nombreuse pour la deuxième année consécutive.

    « Le fait que les attaques contre les lieux de culte aient augmenté de près de 60 % en une seule année est une statistique alarmante pour tout gouvernement soucieux de la coexistence pacifique. Cette augmentation est d’autant plus préoccupante qu’elle affecte le patrimoine des communautés religieuses et leur capacité à pratiquer leur foi normalement. Dans la plupart des cas, les auteurs de ces actes restent inconnus, ce qui entrave les poursuites judiciaires, mais n’exonère pas le public de sa responsabilité de prévenir et de réprimer plus efficacement ces actes », souligne García.

    Le gouvernement espagnol, à l’avant-garde de la responsabilité politique

    Près d’un tiers des attaques proviennent de représentants politiques ou de groupes parlementaires : 105 cas au total. Les principaux partis identifiés comme responsables sont le PSOE (31 cas), Sumar (26) et Podemos (18). Le fait que les deux partis au pouvoir en Espagne figurent en tête de liste constitue, de l’avis de l’Observatoire, une grave responsabilité institutionnelle. Dans le domaine médiatique, RTVE est impliquée dans 5 cas, les attaques ayant débuté le 1er janvier avec l’émission spéciale du Nouvel An, durant laquelle une image caricaturale du Sacré-Cœur de Jésus a été diffusée.

    « Il est inacceptable que la télévision publique, financée par les impôts de tous les Espagnols, y compris les croyants, soit l’un des acteurs les plus fréquemment responsables des atteintes à la liberté religieuse. Il est tout aussi inacceptable que les partis au pouvoir figurent en tête de liste des responsables politiques. Ce n’est pas de la laïcité : c’est une laïcité belliqueuse et une hostilité envers la religion », a déclaré le président de l’Observatoire.

    La liberté artistique comme bouclier

    Le rapport documente l’instrumentalisation systématique de la liberté artistique et d’expression pour justifier la moquerie et le ridicule des croyants, notamment catholiques. Des exemples tirés de la télévision et de la radio publiques et privées, d’affiches de partis politiques et de spectacles de carnaval révèlent un schéma qui se répète année après année. L’Observatoire souligne que ce traitement inégal par rapport aux autres groupes constitue, en soi, une violation du principe d’égalité.

    Répartition géographique

    L’Andalousie (37 cas), la Catalogne (32) et la Communauté de Madrid (31) enregistrent le plus grand nombre d’attaques au niveau régional. À cela s’ajoutent 78 cas d’envergure nationale, recensés par des déclarations institutionnelles, des initiatives législatives et des médias d’État.

    Les exigences de l’Observatoire

    Face à cette situation, l’Observatoire de la liberté religieuse exige du gouvernement et des législateurs espagnols qu’ils protègent les symboles religieux et les lieux de culte, maintiennent le délit d’outrage aux sentiments religieux dans le Code pénal, respectent le droit de prier en public et éradiquent le laïcisme belliqueux des institutions publiques et des médias. « L’Espagne a l’obligation, envers ses citoyens et envers le droit international, de garantir que la liberté religieuse ne soit pas un droit de second ordre », conclut le président de l’Observatoire.

  • Europe : on marchera pour la vie durant ce week-end

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    Marches pour la vie dans les villes de l'UE ce week-end

    Ce week-end, des milliers de personnes participeront aux Marches pour la vie à travers l'Europe.

    Samedi 19 septembre, des marches auront lieu à Berlin et à Cologne , en Allemagne .

    Le dimanche 20 septembre, la Marche nationale pour la vie aura lieu à Bratislava, en Slovaquie . 

    Ces rassemblements envoient un message fort d'espoir pour la vie, réunissant les gens pour défendre la dignité et la protection de chaque vie humaine.

    (One of Us)

  • Le Pape en France : quand la presse française, ou plutôt parisienne, est en émoi

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Presse française, in nomine Ecclesiae, et saison des récompenses

    18 septembre 2026

    Personne ne prend plus de plaisir que moi à taquiner les Français. C’est vraiment l’un des petits plaisirs innocents de la vie. Il y a quelque chose dans le caractère national gaulois qui, pour certains d’entre nous, appelle tout simplement à être un peu dégonflé.

    Ne vous méprenez pas : j’aime à la fois la France et les Français, dans l’ensemble. La cuisine, le vin, la langue, l’art, l’architecture — sans parler de la beauté intrinsèque du pays lui-même — en font un endroit merveilleux. Et je n’hésite pas à le dire : la grande majorité des Français sont des gens simples et authentiques, ouverts d’esprit, curieux et intéressants, et tout simplement de bonne compagnie.

    La vérité, c’est que lorsque des gens comme moi avouent aimer piquer « les Français », ce que nous voulons vraiment dire, c’est « les Parisiens ».

    Paris est à la France ce que New York est aux États-Unis : un piège à touristes en permanence dysfonctionnel, gangrené par la criminalité, surestimé et hors de prix, où la nourriture est médiocre, les rues non balayées, et les habitants d’une supériorité méprisante. C’est le genre de combinaison qui donne aux gens honnêtes l’envie de les provoquer — c’est ainsi, et c’est pourquoi, qu’a été inventée la pizza deep-dish de Chicago.

    Je mentionne tout cela parce que la presse française, ou plutôt parisienne, est en émoi cette semaine : apparemment, le Vatican a opposé un non poli mais ferme à toute une série de demandes concernant la prochaine visite du pape Léon en France. J’ai lu avec intérêt que le Saint-Siège a refusé que le pape soit accueilli avec une garde militaire complète, décoré de la grand-croix de la Légion d’honneur, soumis à un banquet d’État et enchaîné au président Macron pour une visite privée de Notre-Dame.

    J’aimerais croire que Léon, en tant que fils de Chicago, manifeste simplement une impatience midwestern sans chichis face au faste et au cérémonial inutiles, ainsi qu’une allergie native à la prétention. Mais je ne pense pas que ce soit tout à fait cela.

    La France traverse actuellement le même cycle politique toxiquement acrimonieux que le reste de l’Occident, et la liste des choses auxquelles Léon a répondu « merci, mais non merci » est largement interprétée là-bas comme une manière habile du Vatican d’éviter que le voyage du pape ne soit récupéré en une série de séances photo présidentielles d’une semaine.

    Il me semble assez clair que Léon a toujours conçu ce bref passage en France comme une visite pastorale du pasteur en chef du troupeau du Christ, et non comme une visite d’État du Père des princes et des rois. Cette distinction est à la fois formelle et assez évidente d’un point de vue diplomatique, et bien établie dans les voyages pontificaux.

    Le voyage de saint Jean-Paul II au Royaume-Uni en 1982 fut le premier de l’histoire effectué par un pape régnant, mais s’il a rencontré la reine Élisabeth II en sa qualité de gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, et non de chef d’État, il a — d’un commun accord — évité soigneusement le chef du gouvernement, Margaret Thatcher. En revanche, la visite de Benoît XVI en 2010 fut une véritable occasion d’État, avec tout le faste, littéral et métaphorique, que Macron a apparemment demandé… et qui lui a été refusé.

    Je m’attends à ce que les attentes de Léon pour ce voyage aient été clairement exprimées dès le départ, et que l’Élysée ait simplement espéré tirer un peu plus de jus d’un pape encore dans sa saison de rookie. Mais le Quai d’Orsay du Vatican n’est pas composé de débutants, et Léon n’est pas un naïf.

    Je suis content qu’il garde sa poudre diplomatique au sec et qu’il réserve le prestige de chef d’État de la papauté pour le moment où lui, et lui seul, décidera de l’utiliser. La question est : où sera-ce ? Cela vaudra la peine d’être observé.

  • Le Vatican et la Russie

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    De George Weigel sur le NCR :

    Le Vatican et la Russie
     
    COMMENTAIRE : Le monde d'aujourd'hui a désespérément besoin d'un leadership moral sérieux. Ce pouvoir de témoignage moral est le seul véritable pouvoir dont dispose le Saint-Siège en politique internationale.
     
    16 septembre 2026
     
    L'archevêque Paul Gallagher, le « ministre des Affaires étrangères » du Saint-Siège (dont le titre officiel est Secrétaire pour les Relations avec les États et les Organisations internationales), s'est rendu à Moscou du 24 au 28 août, où il a rencontré de hauts responsables du régime de Poutine et de l'Église orthodoxe russe. Les réactions à cette visite ont été mitigées.
     
    Un de mes amis ukraino-américains, présent en Ukraine à ce moment-là, a qualifié cette visite de « surréaliste » — peut-être parce que les Russes ont marqué la mission diplomatique de l'archevêque non pas par des gestes de paix, mais en intensifiant leurs frappes meurtrières de missiles et de drones contre des cibles civiles à Kiev et dans d'autres villes ukrainiennes.
     
    Le chef de l'Église grecque-catholique ukrainienne, le grand-archevêque Sviatoslav Chevtchouk (que les Russes auraient assassiné si leur guerre éclair contre Kiev avait réussi en février 2022), a salué l'appel de Mgr Gallagher à des négociations pour mettre fin à l'agression russe. Il a toutefois comparé cette visite à « une descente aux Enfers, lorsqu'un sermon sur la résurrection des morts résonne depuis les profondeurs de l'Hadès ».
     
    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'est montré beaucoup plus optimiste. Dans ses déclarations après sa rencontre avec Mgr Gallagher, M. Lavrov, selon un article d'ACI Stampa, « a noté avec satisfaction que, malgré les profonds changements survenus dans le contexte géopolitique… les relations entre la Fédération de Russie et le Vatican continuent d'être marquées par la confiance, l'amitié et le pragmatisme ». M. Lavrov a également déclaré avoir remercié ses collègues du Saint-Siège « pour leur position équilibrée sur la situation en Ukraine et dans les zones environnantes ».
     
    M. Lavrov est un menteur expérimenté et raffiné, qu'il ne faudrait pas croire s'il annonçait que le soleil se lèvera à l'est demain matin. Néanmoins, son choix de mots est instructif, ne serait-ce que pour démontrer ce qu'il pensait pouvoir se permettre en présence d'un très haut responsable du Vatican.
     
    Un « contexte géopolitique » modifié ?
     
    Voilà qui bat tous les records d'euphémisme pour décrire la brutale guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine et sa guerre hybride contre les alliés européens de l'Ukraine (enfin reconnue comme telle début septembre par la ministre allemande de l'Intérieur). Et que vient faire cette allusion au « pragmatisme » ? M. Lavrov suggérait-il que la diplomatie du Saint-Siège est dénuée de principes ou de fondements moraux ?
     
    Quant à la « position équilibrée du Vatican sur la situation en Ukraine et dans les zones environnantes », il s'agissait d'une autre insulte tacite, suggérant que Mgr Gallagher, le cardinal Pietro Parolin (secrétaire d'État du Saint-Siège) et le pape Léon XIV ne comprennent pas qui a envahi qui en février 2022, et dans quel but.
     
    La diplomatie du Vatican doit parfois endurer de telles prévarications éhontées pour atteindre des objectifs humanitaires, tels que la libération de prisonniers de guerre ou le retour des enfants ukrainiens kidnappés par la Russie. Cependant, cette tolérance a un prix si ces mensonges restent indéfiniment sans réponse. 
     
    Mgr Gallagher a également rencontré le métropolite Antoine de Volokolamsk, responsable des « relations extérieures » (c'est-à-dire à la fois de l'œcuménisme et des relations internationales) de l'Église orthodoxe russe. Dans une interview accordée à Vatican News après son séjour en Russie, Mgr Gallagher a déclaré qu'il existait « une relation très cordiale et fraternelle » entre « le métropolite Antoine et le Saint-Siège ». L'archevêque a reconnu qu'« une divergence de vues subsiste sur certaines questions », notamment sur la situation internationale, « mais en même temps, nous cherchons à nous encourager mutuellement à suivre la voie de l'Évangile », concluant que la rencontre avait été globalelement « très encourageante ».
     
    Deux semaines et demie avant la mission de Mgr Gallagher à Moscou, j'ai publié une chronique dans le Wall Street Journal, consacrée au nouveau livre du patriarche Cyrille, chef de l'Église orthodoxe russe. Dans son ouvrage, Cyrille défend la guerre de Poutine en Ukraine en des termes que l'on ne peut qualifier que d'hérétiques et de blasphématoires — un avis qui n'est pas seulement le mien, mais aussi celui du patriarche œcuménique Bartholomée de Constantinople, premier parmi ses pairs au sein du leadership de l'Orthodoxie orientale. Dans cette chronique, je soulignais une évidence aveuglante : face à Cyrille, les responsables du Vatican n'ont pas affaire à un chef religieux, mais à un homme de paille du Kremlin qui a subordonné son Église au pouvoir de l'État russe et trahi l'Évangile au passage.
     
    Il semble fort peu probable que le métropolite Antoine, qui doit son poste à Cyrille, soit d'un autre avis que le patriarche. Dès lors, comment une « relation très cordiale et fraternelle » est-elle possible dans de telles circonstances ? Une telle suggestion ne retarde-t-elle pas encore le jour où une véritable conversation théologique œcuménique avec l'Orthodoxie russe sera possible ? 
     
    Le monde d'aujourd'hui a désespérément besoin d'un leadership moral sérieux : un leadership qui transcende le « pragmatisme » et dit la vérité au pouvoir. Ce pouvoir de témoignage moral est la seule force réelle dont dispose le Saint-Siège sur la scène politique mondiale. La réflexion romaine sur la diplomatie du Vatican devrait commencer par ce fait, et nulle part ailleurs. 

  • Un évêque courageux

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    D'Austin Ruse sur le CWR :

    Un évêque qui montre la voie

    L’évêque Michael Francis Burbidge du diocèse d’Arlington, en Virginie, mène la lutte pour empêcher deux changements radicaux dans la constitution de l’État.

    L'évêque Michael F. Burbidge d'Arlington (Virginie) s'est exprimé récemment au sujet de deux amendements proposés à la Constitution de Virginie. (Image : Capture d'écran / YouTube)
    Les électeurs de Virginie sont appelés à se prononcer sur deux amendements à la constitution de l'État. Tous deux se situent à l'avant-garde de la révolution sexuelle.

    Et l'évêque Michael Francis Burbidge du diocèse d'Arlington mène la lutte pour les arrêter.

    Non seulement on inscrirait l'avortement sur demande dans la Constitution de Virginie , ce qui est inutile puisque l'avortement est déjà légal dans cet État, mais on autoriserait également le personnel non médical à pratiquer des avortements, et ce jusqu'au terme de la grossesse. Sans oublier que les mineurs pourraient interrompre l'avortement sans la surveillance de leurs parents.

    L'autre amendement inscrirait le mariage homosexuel dans la Constitution , ce qui est également inutile puisque le « mariage homosexuel » a été imposé à notre pays par la Cour suprême des États-Unis. Ce même amendement protégerait « l'idéologie du genre » dans la Constitution de Virginie.

    Ce sont parmi les initiatives référendaires les plus radicales du pays. Les démocrates n'en ont besoin que pour provoquer les catholiques et les autres chrétiens.

    En temps normal, ce serait une période où la voix de l'Église serait la seule à se faire entendre, ou bien où des laïcs organisés prendraient la parole, les évêques restant pour la plupart silencieux.

    C’est assurément le cas en Virginie actuellement, mais nous constatons également que l’évêque d’Arlington prend l’initiative.

    Il y a quelques semaines, l'évêque Burbidge a lancé une campagne « Votez Non » sur le site web du diocèse. C'était déjà remarquable. Puis, il a demandé aux 70 curés de paroisse de s'engager pour faire échouer ces amendements. L'évêque a envoyé des tracts, des pancartes et des affiches, et a demandé à ses hommes de les afficher dans leurs paroisses. La plupart l'ont fait. Dimanche dernier, il leur a demandé de lire une lettre de sa part sur ce sujet à chaque messe !

    « Nous tous, en Virginie, serons bientôt confrontés à de très graves menaces juridiques qui pèsent sur le caractère sacré de la vie humaine et la sainteté du mariage. Durant la prochaine période électorale, du 18 septembre au 3 novembre, deux initiatives dangereuses seront soumises au vote de tous les électeurs. »

    Il s'est adressé directement à tous les catholiques : « Premièrement, je vous demande d'être des disciples fidèles et de vous engager à voter en visitant CatholicVoteno.com, où vous pourrez vous informer et partager la vérité sur ces initiatives légitimes et radicales. Deuxièmement, je vous demande de vérifier votre inscription sur les listes électorales et de vous organiser pour aller voter dès ce vendredi 18 septembre, date du début du vote anticipé. Je vous encourage vivement à voter tôt afin de pouvoir exercer votre droit de vote lors de cette élection cruciale. »

    Il organise même des bénévoles pour envoyer 400 000 cartes postales personnelles demandant aux catholiques de voter non.

    C'est tout simplement stupéfiant. Nous, catholiques, sommes habitués à la timidité des évêques face aux prises avec des positions politiques radicales. Ils craignent d'être taxés de « guerriers culturels » et de franchir, d'une manière ou d'une autre, cette ligne sacrée et illusoire censée séparer l'Église et l'État. Certes, l'évêque nous assure que l'Église est apolitique et que cette élection ne porte pas sur les personnes, mais sur les enjeux. Mais même cela est sidérant.

    Mais cela ne nous surprend pas vraiment dans le diocèse d'Arlington. Notre évêque n'est pas un militant culturel, mais il est aussi courageux, à sa manière discrète et persévérante.

    Il y a plusieurs années, quasiment seul parmi les évêques, il a publié une lettre catéchétique contre l'idéologie du genre . Il affirmait que personne ne peut naître dans le mauvais corps. Il disait même qu'il ne fallait pas se laisser abuser par de faux pronoms.

    Les fidèles doivent éviter d'utiliser des termes ou des pronoms « affirmant le genre » qui expriment une approbation ou renforcent le rejet de la vérité par la personne concernée. Refuser d'utiliser un tel langage n'est ni dur ni moralisateur. Dans la société en général, les catholiques peuvent subir une forte pression pour adopter une terminologie culturellement approuvée. Cependant, nul ne doit être contraint d'utiliser un langage contraire à la vérité. Le droit de dire la vérité est inhérent à la personne humaine et ne peut être remis en cause par aucune institution humaine. Les tentatives de l'État, des entreprises ou des employeurs pour imposer un tel langage, notamment par des menaces de poursuites judiciaires ou de licenciement, sont injustes. Nous devons aimer dans la vérité, et la vérité doit être fidèlement exprimée par nos paroles. Parallèlement, la clarté doit toujours être au service de la charité, dans le cadre d'une volonté plus large de conduire les personnes vers la plénitude de la vérité.

    Ce diocèse est tout à fait particulier. Petit par la taille, il n'en est pas moins dynamique. Plus de 50 hommes étudient et se préparent à la prêtrise. Un grand diocèse ne pourrait pas en compter autant. Nous avons ordonné 12 prêtres l'an dernier. Actuellement, 46 hommes et femmes sont en formation pour la vie religieuse.

    Il y a une dizaine d'années, j'ai siégé quelques années au comité d'examen diocésain. Nous n'avons pratiquement jamais eu affaire à des accusations d'agressions sexuelles. Il n'existe pas ici de sous-culture de prêtres homosexuels. Un prêtre, fervent défenseur de l'association Rainbow Zeus, a organisé une réunion Zoom avec une paroisse il y a plusieurs années. Alerté, l'évêque Burbidge nous a assuré que cela ne se reproduirait plus jamais.

    Certes, Mgr Burbidge a dû faire preuve d'une grande habileté. Lorsque le pape François a injustement restreint la messe traditionnelle en latin, Mgr Burbidge a réduit le nombre de messes célébrées de 21 à 8, soit 13 de moins. Trois de ces huit messes sont restées dans les églises paroissiales, tandis que les cinq autres ont été déplacées. Cette décision a suscité une profonde tristesse parmi les catholiques attachés au rite traditionnel. Il est à noter que l'évêque a maintenu deux de ces messes près de Washington, D.C., où l'archevêque a pourtant interdit la messe traditionnelle. Mgr Burbidge aurait pu les maintenir dans des paroisses plus éloignées, jusqu'en Virginie-Occidentale, mais il ne l'a pas fait. Il les a conservées à proximité de Washington, D.C. Enfin, récemment, et pour la première fois, la Fraternité Saint-Pierre a été autorisée à intervenir dans le diocèse pour accompagner les fidèles assistant à la messe traditionnelle.

    Prenons l'exemple des tables de communion. Elles ont été arrachées partout dans le pays. À Arlington, elles n'ont même pas été installées lors de la construction de toutes ces églises modernes et laides. Mais dès son arrivée en 2016, Burbidge a autorisé leur utilisation et leur installation. Plusieurs ont été mises en place, ou d'autres sont désormais utilisées. Et vous savez quoi ? Les fidèles les apprécient, communiant à genoux et sur la langue.

    Et malgré toutes ces églises laides, l'évêque Burbidge a entrepris l'an dernier de rénover l'architecture de sa propre cathédrale Saint-Thomas-More (elle n'était pas complètement affreuse, mais elle l'était quand même). Comme me l'a dit un ami : « Il est même parvenu à transformer une cathédrale objectivement laide en un édifice évoquant l'esthétique Tudor, ce qui n'est pas une mince affaire. »

    Et toutes les nouvelles églises en construction sont classiques, magnifiques, telles que devraient être les églises, et non pas comme ces églises futuristes construites ici lors de la fondation du diocèse il y a 50 ans. Ce diocèse est remarquable.

    Et voici notre évêque. C'est lui qui montre la voie.