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Politique - Page 5

  • France : quelles sont les origines du principal promoteur de l’euthanasie et du suicide assisté ?

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    De Grégor Puppinck sur le site de l'ECLJ :

    Aux origines de l’ADMD : eugénisme anglo-saxon et « internationale humaniste »

    18 Janvier 2026

    L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est le principal promoteur de l’euthanasie et du suicide assisté en France depuis plus de 40 ans, mais son histoire est peu connue. C’est ce voile que nous allons lever quelque peu, pour montrer que loin de l’image lisse et consensuelle qu’elle cherche à imposer aujourd’hui, l’ADMD est directement issue des mouvements euthanasistes et eugénistes anglo-saxons, ainsi que de l’internationale « humaniste ». Cet article remonte dans le temps pour tracer l’histoire du mouvement pro-euthanasie, puis présente ses traductions politiques. Cet article résume une étude approfondie de l'histoire de La promotion de l'euthanasie au XXe sicècle disponible ici.

    L’ADMD : un « produit d’importation » (1979-1980)

    On ignore généralement que l’ADMD est un produit d’importation. Elle a été fondée en 1980 par un américain, Michel Lee Landa, après que celui-ci a publié dans Le Monde une tribune faisant l’apologie de « l’auto-délivrance »[i] en prenant d’ailleurs pour exemple la pratique américaine. Il publia cette tribune de retour d’un congrès tenu à Londres. D’emblée l’ADMD adopte le logo de l’association euthanasiste britannique Exit représentant la chaine brisée de la vie, marquée par la mort. L’acronyme ADMD figure à l’emplacement de cette brisure, c’est-à-dire de la mort. Le choix du nom « ADMD » est aussi emprunté à l’association américaine pour la légalisation de l’euthanasie qui a adopté le nom « Society for the Right to Die » en 1974. Le programme de l’ADMD est aussi copié des associations britanniques et américaines. Il consistait initialement en la promotion des « testaments de vie » (ancêtre des « directives anticipées »), dont la diffusion a été initiée aux États-Unis dans les années 1970, puis en la traduction et diffusion en France du « Guide de l’auto-délivrance » publié d’abord par Exit au Royaume-Uni, et qui donna la matière au fameux livre Suicide, mode d’emploi publié en 1982.

    L’ADMD-France s’inscrit ainsi complètement dans cette filiation anglo-saxonne ; celle-ci s’ajoute à sa filiation humaniste ou franc-maçonne qui est, elle, beaucoup plus connue. En effet, il est de notoriété publique que les principaux fondateurs de l’ADMD sont fortement engagés dans la franc-maçonnerie. C’est le cas en particulier du sénateur Henri Caillavet et de Pierre Simon.

    Les premières propositions de loi en faveur de l'euthanasie (1969-1978)

    Au Royaume-Uni, la British Humanist Association s’engagea formellement en 1968 à œuvrer pour la légalisation de l’euthanasie. De même, la National Secular Society adopta une résolution reconnaissant « le droit naturel des individus à demander l’euthanasie pour eux-mêmes lorsque leur vie est devenue intolérable, et pour leurs médecins de pouvoir les aider sans risquer d’être poursuivis pour crime »[ii]. C’est ainsi toute la mouvance de la libre-pensée britannique qui s’engagea publiquement en faveur de l’euthanasie. Cet engagement conduisit à l’introduction, à partir de 1969, d’une série de propositions de loi par des membres de cette école de pensée ; mais sans succès.

    En juillet 1974, l’American Humanist Association (AHA) publia un manifeste[iii] en faveur de l’euthanasie cosigné par les présidents des associations humanistes américaine et britannique, ainsi que par trois prix Nobel. Ce manifeste fut traduit et publié le même jour par Le Figaro, donnant le coup d’envoi de la campagne pour l’euthanasie en France. Il s’ensuivit une série de livres et de publications favorables à l’euthanasie, ainsi que le dépôt par les sénateurs Henri Caillavet et Jacques Mezard d’une proposition de loi visant à obtenir la reconnaissance légale de « testaments de vie », en 1978. Ce n’est qu’après l’échec de cette proposition de loi que l’ADMD fut fondée en France, à une époque où le mouvement euthanasiste anglo-saxon entreprit de se diffuser dans le monde.

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  • Tiraillée entre l’Europe et la Russie, l’Église arménienne se déchire; l’Azerbaïdjan se frotte les mains et Rome applaudit

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Tiraillée entre l’Europe et la Russie, l’Église arménienne se déchire. L’Azerbaïdjan se frotte les mains, et Rome applaudit

    L’Arménie chrétienne et l’Azerbaïdjan musulman faisaient autrefois partie de l’Union Soviétique, au Sud du Caucase, entre la Turquie et la Mer Caspienne. Mais depuis leur indépendance, elles n’ont cessé de se combattre, jusqu’à cette espèce de simulacre de paix signée à Washington le 8 août dernier, avec l’Azerbaïdjan en position de vainqueur et l’Arménie déconfite et épuisée, en proie à des déchirements internes, tant sur le plan politique qu’au sein de son Église.

    Le malheur de l’Arménie, c’est que tout ce qui se passe aujourd’hui dans le monde se retourne à son désavantage et favorise en revanche son rival. Et même au sommet de l’Église catholique, l’Azerbaïdjan jouit depuis longtemps d’un traitement plus favorable.

    Le Pape Léon a rencontré à Istanbul, le 30 novembre dernier, le patriarche arménien de Constantinople Sahak II (photo), après avoir reçu le 16 septembre à Castel Gandolfo le Catholicos, c’est-à-dire le chef suprême de l’Église arménienne Kerekin II. Mais rien n’a transpiré de cette dernière audience, bien que Karékine se trouve, dans son pays, au centre d’un conflit ecclésial et civil à cause de ses prises de positions pro-russes et anti-gouvernementales.

    En revanche, l’audience accordée le 17 octobre par le Pape à la vice-présidente de l’Azerbaïdjan, Mehriban Aliyeva, épouse du président Ilham Aliyev, s’est déroulée avec tout le faste et les honneurs réservés aux chefs d’État, avec force communiqués sur les « bonnes relations existantes », tout particulièrement en matière de « collaboration dans le domaine culturel ».

    Et en effet, depuis de nombreuses années Aliyeva, qui se trouve à la tête d’une riche fondation portant le nom d’Heydar Aliyev, père de son mari et fondateur de la dynastie qui gouverne d’une main de fer l’Azerbaïdjan sans interruption depuis 1993, finance d’importantes restaurations d’antiquités romaines, de concert avec la Commission pontificale d’archéologie sacrée et les cardinaux qui président le Dicastère du Vatican pour la Culture, hier Gianfranco Ravasi et aujourd’hui José Tolentino de Mendonça, encore dernièrement dans les catacombes de Commodilla et des Saints Marcellin et Pierre ainsi que dans le complexe monumental de San Sebastiano fuori le Mura, à chaque fois avec des inaugurations solennelles.

    Et ce n’est pas tout. Pendant le pontificat de François, Aliyeva – ainsi que l’ambassadrice d’Azerbaïdjan – a reçu la Grand-Croix de l’Ordre de Pie IX, la plus haute distinction accordée par le Saint-Siège, la même que celle décernée par Léon le 23 octobre dernier à la reine Camilla d’Angleterre.

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  • Le pape Léon XIV appelle à prier pour la paix en République démocratique du Congo

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    De Victoria Cardiel (ACI Prensa) sur EWTN News :

    Le pape Léon XIV appelle à prier pour la paix en République démocratique du Congo

    Le pape a marqué le début de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens en demandant des prières pour ceux qui souffrent des violences dans ce pays africain.

    18 janvier 2026

    Le pape Léon XIV a exhorté dimanche à prier pour la paix en République démocratique du Congo, alors que les violences dans l'est du pays continuent de forcer des familles à fuir leurs foyers et à franchir les frontières.

    « Nombreux sont ceux qui ont été contraints de fuir leur pays – notamment vers le Burundi – en raison des violences, et ils sont confrontés à une grave crise humanitaire », a déclaré le pape après avoir prié l’Angélus sur la place Saint-Pierre le 18 janvier. « Prions pour que le dialogue en faveur de la réconciliation et de la paix prévale toujours entre les parties en conflit. »

    Léon XIV a également assuré de ses prières les personnes touchées par les graves inondations en Afrique australe.

    Le pape a également marqué le début de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens.

    « Durant ces journées, j’invite toutes les communautés catholiques à approfondir leurs prières pour l’unité pleine et visible de tous les chrétiens », a déclaré Léon, rappelant que « les origines de cette initiative remontent à deux siècles » et notant que le pape Léon XIII « l’a grandement encouragée ».

    Le thème de la célébration de cette année est tiré de la Lettre de saint Paul aux Éphésiens : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation » (4,4). Les prières et les réflexions, a précisé le pape, ont été préparées par « un groupe œcuménique coordonné par le Département des relations inter-Églises de l’Église apostolique arménienne ».

    Dans sa réflexion précédant la prière de l'Angélus, Léon XIV a lié l'appel à la paix et à l'unité à une mise en garde contre ce qu'il a décrit comme une culture des apparences, exhortant les fidèles à suivre l'exemple de saint Jean-Baptiste, qui s'est effacé après avoir conduit les autres vers le Christ.

    L’Évangile du jour (Jn 1, 29-34), a souligné le pape, montre Jean identifiant Jésus comme le Messie : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ! » (v. 29). L’humilité de Jean demeure un témoignage nécessaire, a affirmé Léon, car « l’approbation, le consensus et la visibilité sont souvent survalorisés, au point d’influencer les idées, les comportements et même la vie intérieure des individus ».

    « Cela engendre souffrance et division, et donne naissance à des modes de vie et à des relations fragiles, décevantes et emprisonnantes », a déclaré le pape.

    Au lieu de courir après ce qu’il appelait des « substituts au bonheur », Léon XIV a déclaré que les chrétiens devraient se souvenir que « notre joie et notre grandeur ne reposent pas sur des illusions passagères de succès ou de gloire, mais sur la certitude d’être aimés et désirés par notre Père céleste. »

    Léon a souligné que l'amour de Dieu n'est pas une question de spectacle, mais de proximité et de compassion : « L'amour dont parle Jésus est l'amour d'un Dieu qui, aujourd'hui encore, vient parmi nous, non pas pour nous éblouir par des démonstrations spectaculaires, mais pour partager nos luttes et prendre nos fardeaux sur lui. »

    Il a conclu en exhortant les croyants à résister aux distractions et à cultiver la prière et la simplicité : « Ne gaspillons pas notre temps et notre énergie à courir après les apparences », a-t-il déclaré, encourageant les catholiques à prendre chaque jour, si possible, du temps pour le silence et la prière — « pour se retirer dans le désert », afin de rencontrer le Seigneur.

  • Le Mexique commémore le centenaire de la guerre des Cristeros

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    De kath.net/news :

    Le Mexique commémore le centenaire de la guerre des Cristeros

    19 janvier 2026

    Les lois contre l'Église, votées par le président Calles en 1926, ont poussé les croyants à prendre les armes – un grand rassemblement de jeunes et un congrès rappellent un conflit qui n'a guère été abordé jusqu'à présent.

    Il y a près de cent ans, le 14 juin 1926, la « Ley Calles » était promulguée au Mexique. Cet ensemble de lois, édicté par le président Plutarco Elias Calles (1877-1945), restreignait sévèrement la pratique publique du culte et plaçait l'Église sous le contrôle de l'État, engendrant des années d'insécurité généralisée, de persécution et de fortes tensions entre l'État et l'Église. Les croyants opposèrent alors une résistance armée lors d'un conflit qui, selon la Conférence épiscopale nationale, fit 200 000 morts et est entré dans l'histoire sous le nom de « Guerre des Cristeros ». D'après les historiens, les répercussions de ce conflit continuent de façonner la société mexicaine et l'Église jusqu'à nos jours.

    Aujourd'hui, la Ley Calles est considérée comme le fruit d'une stratégie anticléricale de longue haleine menée par l'État mexicain, dont les racines remontent au XIXe siècle. Les réformes libérales et les idéologies laïques, influencées par les modèles européens et les mouvements américains, visaient à limiter l'influence de l'Église catholique. Après la Révolution mexicaine (1910-1920) et l'échec, en 1925, de la création d'une Église d'État catholique distincte au Mexique, indépendante de Rome, le président Calles appliqua avec une sévérité particulière les dispositions constitutionnelles anti-Église déjà en vigueur. Pour une grande partie de la population, majoritairement catholique, cela se traduisit par une profonde intrusion dans leurs pratiques et leur identité religieuses, contribuant à l'escalade du conflit.

    La réglementation de 1926 excluait en grande partie l'Église catholique de la sphère publique. L'instruction religieuse était interdite, de même que les symboles et les processions religieuses. Toutes les autres activités de l'Église furent placées sous le contrôle de l'État, le culte public fut sévèrement restreint et l'Église fut privée de sa personnalité juridique et de ses droits de propriété. Les prêtres étaient tenus de s'enregistrer, devaient être d'origine mexicaine et leur nombre était limité par État. De plus, il leur était interdit de critiquer l'État. Les infractions étaient passibles de lourdes amendes ou d'emprisonnement. En outre, les autorités étatiques étaient habilitées à fermer ou à confisquer les églises, les monastères, les écoles ou les maisons paroissiales.

    Suspension des offices religieux publics :
    En réponse, le 31 juillet 1926, les évêques mexicains suspendirent les messes publiques dans tout le pays. Des appels au boycott des lois et des produits des entreprises liées à l'État se firent entendre, ainsi qu'une large solidarité avec les victimes. Le gouvernement intensifia la répression par des arrestations massives, des expulsions et des actions militaires contre la population civile, ce qui mena à une escalade du conflit : les « Cristeros » — laïcs, populations rurales et communautés villageoises entières — se soulevèrent contre l'intervention de l'État ; des prêtres participèrent également au soulèvement. Leur nom provient du cri « ¡Viva Cristo Rey! » (Vive le Christ Roi !), né lors d'interrogatoires où les prisonniers, contraints de prêter allégeance à l'État, affirmaient leur appartenance religieuse.

    Le gouvernement, militairement et technologiquement supérieur, répliqua par de nombreuses exécutions. Des dizaines de victimes ont par la suite été béatifiées ou canonisées par l'Église catholique, parmi lesquelles des personnalités telles que les prêtres Miguel Agustín Pro et Mateo Elias Nieves Castillo, ainsi que le laïc Anacleto González Flores. Le pape François a canonisé José Sánchez del Río à Rome en 2016. Ce dernier avait rejoint les rebelles et servi comme courrier et messager pour eux ; il fut exécuté à l'âge de 14 ans seulement après avoir subi de terribles tortures.

    Le conflit armé prit officiellement fin en 1929 avec un accord entre le gouvernement mexicain et les évêques, conclu sous d'intenses pressions diplomatiques et grâce à la médiation de l'ambassadeur américain Dwight W. Morrow. Cet accord permit la reprise des offices religieux publics et abrogea de fait les mesures les plus sévères des Ley Calles. Malgré la fin officielle du conflit, les violences et la répression locales, notamment la persécution et le meurtre de Cristeros désarmés, persistèrent pendant des années. Ce n'est qu'avec la réforme législative de 1992 que l'Église catholique au Mexique recouvra la pleine souveraineté.

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  • «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort»; 10.000 personnes ont manifesté à Paris

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    D' sur le site du Figaro (extraits) :

    «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort» : à Paris, la «marche pour la vie» à l’épreuve du calendrier politique

    Pendant que les bénévoles terminent les préparatifs. Geneviève Bourgeois, gériatre et porte-parole de la «marche pour la vie», inscrit le sujet dans une lecture historique, et met en garde contre une pente qu’elle estime déjà observable ailleurs en Europe : «Plus on regarde l’histoire, que ce soit en France ou dans les autres pays d’Europe, plus on se rend compte que depuis plus de 50 ans un mouvement mortifère tente de s’emparer de la conscience collective et attire les politiques vers des décisions toujours plus contraires à la vie.»

    Marie-Lys Pellissier, autre porte-parole, assume la ligne politique du mouvement : «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort mais d’une société qui protège et accompagne les plus fragiles, à tous les moments de leur vie, quels que soient leur état de dépendance et le coût de leur existence.» Face à l’expression de «droit à mourir dans la dignité», elle oppose un autre impératif : «Nous demandons un droit effectif - et je dis bien effectif - à un accompagnement médical complet, c’est-à-dire aux soins palliatifs, seule solution légitime au problème de la fin de vie en France.» Le Sénat a remplacé «le droit à l’aide à mourir» par «une assistance médicale à mourir» : qu’en penser ? Marie-Lys Pellissier tranche : «Il est question d’assistance médicale, donc on considère le fait de donner la mort comme un soin.»

    «Là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté»

    À 14 heures, la place Vauban change de visage. Les arrivées s’accélèrent, par vagues. Des familles, des groupes de jeunes, des couples, des personnes âgées. Les pancartes se distribuent rapidement : «La souffrance se soigne, la vie se protège»«La dignité, pas la mort»«Soigner, pas supprimer ». L’ambiance est joyeuse, paisible, presque festive - une légèreté revendiquée, comme pour éviter de réduire la marche à une procession de contestation.

    Sur la scène, les discours prennent un ton plus martial. Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus-Toulon, dénonce : «Ce projet de loi est un dévoiement de la mission du corps médical, qui est de protéger la vie. L’histoire l’a montré, là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté.» Vient ensuite le témoignage de Maxence Clicquot de Mentque. 21 ans, étudiant à Toulouse, atteint de la myopathie de Duchenne, il dit sa joie de vivre malgré un corps très atteint. Un hommage suit, à Charlie Kirk«mort pour avoir défendu la vie», influenceur américain conservateur et représentant de la jeunesse pro-Trump, tué par balle sur un campus d’une université de l’Utah le 10 septembre 2025. Puis le cortège s’élance.

    La marche avance pour une boucle dans le quartier. Parmi les jeunes regroupés près de la tête, Gonzague, 23 ans, venu de Bourgogne, ne cache pas une forme de colère froide : «Malgré le fait que la loi avance dans son processus législatif, il faut ne rien lâcher. Même si la loi passe, le but est aussi d’influencer l’opinion, de montrer que la jeunesse se mobilise et que la vie doit être défendue quoi qu’il arrive.» Il poursuit : «Si l’euthanasie est inscrite dans la loi, ça ne nous empêchera pas de défendre la vie de sa conception jusqu’à sa fin. Les législateurs ne se rendent pas compte qu’ils ouvrent une boîte à toutes les dérives.» (...)

    Selon les organisateurs, la «marche pour la vie» 2026 a rassemblé 10.000 participants, et 7.300 selon la préfecture de police de Paris au plus fort de la manifestation. (...)

  • « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques français contre le projet de loi Fin de vie

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    De Famille Chrétienne (Angeline Desdevises / Hans Lucas) :

     
    « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques contre le projet de loi Fin de vie

    À la veille du débat dans l’hémicycle, les évêques de France rappellent leur opposition à l’aide à mourir et plaident pour un renforcement des soins palliatifs.

    « Les soins palliatifs sont l’unique bonne réponse », soulignent les évêques de France jeudi dans une tribune, alors que le débat parlementaire sur la fin de vie a repris depuis mercredi en commission au Sénat. Tout en rappelant leur « profond respect pour les personnes en fin de vie », ils rappellent que la France a fait depuis plus de 25 ans le « choix singulier et précieux » de « refuser à la fois l’acharnement déraisonnable et la mort provoquée ». Dans ce texte transmis à la presse et signé par les évêques du conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), les prélats interrogent « la question du sens de la vie, de la souffrance et de la mort », et soulignent que leur motivation « n’est pas d’abord ni exclusivement confessionnelle ».

    Un « mensonge »

    Les évêques rappellent que l’accès aux soins palliatifs demeure « très inégal sur le territoire national. Aujourd’hui encore, près d’un quart des besoins en soins palliatifs ne sont pas couverts »« Nous appelons solennellement les responsables politiques à mesurer la portée anthropologique, sociale et éthique de leurs débats et de leurs votes », appuient-ils. « Évoquer une loi de fraternité quand il s’agit de faire mourir, de donner la possibilité de s’administrer une substance létale, ou d’inciter un soignant de le faire contre sa conscience, est un mensonge », écrivent-ils. « Présenter l’euthanasie et le suicide assisté comme des actes de soin brouille gravement les repères éthiques (…) Nous refusons en particulier l’instrumentalisation de notions essentielles telles que la dignité, la liberté ou la fraternité », souligne leur texte.

    Le Sénat a repris depuis mercredi l’examen de ce texte, souhaité par l’exécutif mais reporté à plusieurs reprises en raison des soubresauts politiques. La chambre haute en débattra dans l’hémicycle à partir du 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Puis l’Assemblée nationale devrait s’en saisir à nouveau en février.

  • « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » : la Marche pour la vie descend dans la rue le 18 janvier

    15 janvier 2026
     

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » Dimanche, 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes à la veille de l’examen par le Sénat des propositions de loi relatives à la fin de vie, à compter du 20 janvier.

    « L’euthanasie n’est évidemment pas le seul thème de la Marche pour la vie, mais elle en constitue aujourd’hui l’enjeu central », explique Guillaume de Thieulloy, le président du mouvement. « Aujourd’hui, on parle de vie et de mort », souligne Marie-Lys Pellissier, porte-parole du collectif.

    « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas »

    « Il existe encore en France des personnes qui estiment que la dignité humaine tient à notre condition d’homme, et non à notre état, à notre âge, à notre santé ou à notre richesse », affirme le président de la Marche pour la vie. Parmi les intervenants prévus dimanche, un jeune homme atteint de la myopathie de Duchenne : « Pour toutes les personnes comme lui, qui seraient en soi éligibles à l’euthanasie ou au , cette proposition de loi est une véritable violence, puisque la mort leur est présentée comme un soin », s’indigne la porte-parole (cf. « Droit à l’aide à mourir » : « cette loi nous indique froidement la porte de sortie »).

    Afin d’encourager les Français à rejoindre la place du Trocadéro, le collectif a financé l’affrètement de plusieurs cars, en provenance de différentes villes de France. « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas », rappelle Guillaume de Thieulloy.

    Sources de la synthèse de presse : Famille chrétienne (14/01/2026) ; Valeurs actuelles, Bertille Vaur (13/01/2026)

  • Lorsque des intérêts économiques sont en jeu, la persécution des chrétiens passe au second plan

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    De Sina Hartert sur le Tagespost :

    Les droits de l'homme en court-circuit

    Lorsque des intérêts économiques sont en jeu, la persécution des chrétiens passe au second plan.

    14 janvier 2026

    Suite au rapport sur la liberté religieuse publié fin 2025 par l'Aide à l'Église en Détresse, l'organisation interconfessionnelle chrétienne d'aide aux chrétiens Portes Ouvertes, dont la Liste de surveillance mondiale a été publiée aujourd'hui, confirme que la persécution des chrétiens s'est intensifiée dans le monde par rapport au précédent rapport. Les chiffres de Portes Ouvertes indiquent que plus de 388 millions de chrétiens sont victimes de persécutions et de discriminations intenses en raison de leur foi. Cela représente environ un chrétien sur sept dans le monde.

    Bien que le Nigéria n'occupe « que » la 7e place, il reste le pays le plus meurtrier pour les chrétiens dans le monde – sur les 4 849 victimes documentées de violences antichrétiennes, 3 490 sont mortes au Nigéria, selon Portes Ouvertes.

    Pas un mot sur l'état catastrophique de la liberté religieuse en Inde.

    Compte tenu des liens économiques actifs entre les pays de l'UE et des États persécuteurs comme le Nigéria, le Pakistan et l'Inde, il est clair que les déclarations politiques en faveur des droits de l'homme n'ont que peu d'effet concret.

    Par exemple, le Nigéria est l'un des principaux partenaires commerciaux de l'UE en Afrique, notamment dans les secteurs des matières premières et de l'énergie, et l'Inde est l'un des principaux partenaires commerciaux de l'UE à l'échelle mondiale, avec d'importants échanges de biens, de services et d'investissements. Lors de la visite officielle du chancelier Friedrich Merz en Inde, pas un mot n'a été prononcé sur la situation catastrophique concernant la liberté religieuse dans le pays. On peut supposer que cela a considérablement affecté le Premier ministre Modi, ce qui est d'autant plus regrettable qu'il souhaite conclure rapidement un accord de libre-échange UE-Inde.

    L’organisation d’aide papale « Aide à l’Église en Détresse », qui parle d’une « persécution hybride » dans le cas de l’Inde, se manifestant par une combinaison d’oppression d’État et de foules violentes, et où les structures administratives cimentent le statut des minorités comme citoyens de seconde zone, appelle la chancelière allemande dans son dernier communiqué de presse à « lier les accords de coopération prévus avec l’Inde à l’exigence du respect des droits fondamentaux de la personne ».

    La liberté de religion comme « premier de tous les droits de l'homme »

    Dans son remarquable discours du Nouvel An aux diplomates, le 9 janvier, le pape Léon XIV a rappelé que Benoît XVI avait souligné que la liberté religieuse était « le premier de tous les droits de l'homme », car elle exprime « la réalité la plus fondamentale de l'homme ». Il a déploré que, dans de nombreux contextes, la liberté religieuse soit perçue davantage comme un « privilège » ou une concession que comme un droit humain fondamental.

    Son intuition quant à un véritable « court-circuit » des droits humains dans le contexte actuel est très pertinente : « Le droit à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté de religion, et même le droit à la vie sont restreints au nom d’autres prétendus nouveaux droits, ce qui conduit à l’affaiblissement du système des droits humains lui-même et ouvre la voie à la violence et à l’oppression. Cela se produit lorsque chaque droit individuel devient autoréférentiel et surtout lorsqu’il perd son lien avec la réalité des choses, leur nature et la vérité. »

    Il est donc primordial pour les chrétiens de prier pour que les hommes politiques prennent leurs décisions selon leur conscience – et, si possible, avec révérence pour Dieu – au lieu d’être guidés uniquement par des intérêts économiques ou des calculs de pouvoir.

  • La France se dépeuple pour la première fois depuis 1942

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    De la Lettre du Figaro du mercredi 14 janvier 2026 :

    En 2025, 645.000 bébés ont vu le jour en France. C’est 2,1% de moins qu’en 2024. 

    Les scénarios les plus pessimistes de l’Ined prévoyaient en 2021 un indice de fécondité de 1,69 enfant par femme. L’hypothèse était qualifiée de « fécondité très basse ». Nous en sommes à 1,56. C’est un désastre pour la France sur tous les plans. Votre journal alerte depuis longtemps et régulièrement sur ce péril. Un cap funeste vient d’être franchi : avec 651 000 décès et 645 000 naissances, notre solde naturel est devenu négatif. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, en 1942 pour être précis, nous nous dépeuplons.

    Ce basculement s’explique par deux facteurs : non seulement « la baisse des naissances s’est accentuée et a notamment été spectaculaire en 2023, avec 7 % de moins », mais en plus le nombre de décès augmente à la faveur du départ des baby-boomers. Les causes de la dénatalité sont multiples, mais un constat demeure : les Français ont moins d’enfants qu’ils le voudraient. La difficulté des conditions matérielles explique donc en grande partie le problème. La diminution des allocations familiales par François Hollande a porté un coup terrible à notre fécondité, visible nettement sur les courbes.

    Parmi les problèmes identifiés et non réglés par les pouvoirs publics, le logement. Des chercheurs commencent à établir un lien direct entre baisse des naissances et crise de l’immobilier. C’est limpide : « Un jeune actif payé au salaire médian a perdu l’équivalent de deux chambres d’enfant dans nos grandes villes », explique l’économiste Maxime Sbaihi. À Bordeaux, une pièce en plus coûte 60 000 euros, 100 000 à Paris. Qui peut se le permettre ?

    « Triste humanité que celle qui n’espère plus, dans ses entrailles, le cri de la naissance, le jaillissement impérieux, mystérieux et merveilleux de l’à-venir, l’augmentation d’elle-même non par la technologie ou la quête infinie des droits personnels mais par le cœur ! », alerte Laurence de Charette dans son éditorial.

  • 2025 : plus de 388 millions de chrétiens sont exposés à des persécutions et discriminations fortes en raison de leur foi

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    Du site "Portes Ouvertes" :

    Voici quelques résultats majeurs de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026:

    • Plus de 388 millions de chrétiens sont exposés à des persécutions et discriminations fortes en raison de leur foi. À l’échelle mondiale, cela représente 1 chrétien sur 7. Pour la treizième année consécutive, la persécution envers les chrétiens augmente.
    • 15 pays ont atteint le niveau de «persécution extrême». C’est le plus grand nombre de pays jamais enregistré dans cette catégorie.
    • Sur la période d’étude de l’Index, ont été rapportés:
      • 4.849 chrétiens tués, dont 3.490 au Nigéria,
      • 3.632 églises ciblées, dont plus de 1.000 en Chine, 
      • 4.712 chrétiens détenus, dont 2.192 en Inde, 
      • 3.302 chrétiens enlevés ou portés disparus, dont 2.293 au Nigéria.
    • La Syrie connaît la plus forte progression dans le classement: elle passe de la 18ᵉ à la 6ᵉ place.
    • La violence physique contre les chrétiens est en augmentation, notamment en Afrique subsaharienne.
    • L’oppression étatique s’intensifie dans plusieurs pays. 

    RÉSULTATS DE L’INDEX MONDIAL DE PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS 2026

    13 chrétiens tués chaque jour pour leur foi

    4.849 chrétiens tués en un an, soit 13 chrétiens par jour: c’est le sombre constat du rapport de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026 publié aujourd’hui.

    Les 10 pays les plus dangereux pour les chrétiens

    Parmi les 50 pays recensés et classés dans l’Index 2026, ces 10 pays sont ceux où les risques sont les plus sévères pour les chrétiens.

    5 faits sur l’Index 2026

    L’Index nous invite à regarder au-delà des chiffres pour comprendre le quotidien de millions de chrétiens exposés à la persécution et aux discriminations pour leur foi.

  • Les priorités de la Commission européenne pour 2026

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    De Javier Villamor sur The European Conservative :

    Vous pensiez que le wokisme était mort ? Bruxelles affirme qu'il s'agit d'une priorité politique majeure pour 2026.

    Bruxelles mise encore plus sur l'égalité des sexes, la diversité et la décarbonation, tandis que les problèmes stratégiques et sociaux de l'Europe sont mis de côté.
    La Commission européenne vient de publier ses priorités politiques pour 2026, et le résultat est difficilement justifiable d'un point de vue un tant soit peu réaliste. Dans un contexte international marqué par la guerre, la compétition géopolitique, l'insécurité énergétique et la dégradation des conditions sociales internes, Bruxelles a choisi de persister dans une voie idéologique qui semble totalement déconnectée des réalités matérielles auxquelles sont confrontés les Européens.

    Alors qu'une grande partie du monde évolue vers des positions plus pragmatiques en matière de politique étrangère, de défense et de souveraineté économique, l'Union européenne persiste à faire de l'idéologie climatique et de genre les piliers centraux de son action politique.

    Le contraste est éloquent. Parmi les problèmes que la Commission prétend laisser derrière elle figurent des questions essentielles à la vie quotidienne et à la stabilité stratégique du continent : la guerre en Ukraine, la dépendance au gaz russe, l’envolée des prix du logement, la précarité de l’emploi et les inégalités sociales croissantes. À leur place, les priorités pour 2026 se résument à une répétition familière de concepts vagues et politisés : « démocratie et valeurs européennes », égalité des genres, droits des personnes LGBT, décarbonation accélérée, sécurité en ligne et finance durable. Le message est clair : les problèmes structurels sont relégués au second plan au profit d’un agenda axé sur les valeurs culturelles et identitaires.

    Cette approche n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète fidèlement les orientations politiques 2024-2029 présentées par le président de la Commission, qui consacrent la continuité du Pacte vert, l’élargissement des politiques d’égalité et de diversité, et une conception militante de la « défense de la démocratie », de plus en plus perçue comme un contrôle du discours public et des espaces numériques.

    Sous couvert de lutte contre la désinformation et l'extrémisme, Bruxelles renforce son emprise réglementaire sur les médias, les réseaux sociaux et les algorithmes, tout en éludant tout débat sérieux sur le véritable pluralisme et la liberté d'expression.

    Dans le même temps, l'obsession climatique reste au cœur des débats, malgré son coût économique et social. La Commission insiste sur l'accélération de la décarbonation et l'approfondissement du Pacte vert, alors même que l'industrie européenne perd en compétitivité, que les classes moyennes peinent à supporter le coût élevé de l'énergie et que des pays clés hors UE privilégient sans complexe la sécurité énergétique et la croissance économique. Le discours officiel parle de « transition juste », mais la réalité est un amas de réglementations qui pénalisent les agriculteurs, les PME et les secteurs industriels stratégiques.

    Une dynamique similaire est à l'œuvre avec la question identitaire. La promotion active des politiques de genre et LGBT est présentée comme une priorité transversale, déconnectée de tout débat démocratique constructif au sein des États membres. Il ne s'agit plus de garantir les droits fondamentaux – un point rarement contesté – mais d'imposer une vision anthropologique et culturelle spécifique comme s'il s'agissait d'un consensus européen incontestable. Loin de favoriser la cohésion, cette dérive alimente le mécontentement populaire et renforce l'impression d'une UE déconnectée des préoccupations réelles des familles, notamment en pleine crise démographique sans précédent.

    Tout ceci se déroule alors même que la Commission reconnaît explicitement la gravité de la situation internationale et la nécessité d'investir davantage dans la défense et la sécurité. Les documents stratégiques soulignent la fragilité de l'ordre mondial, les pressions migratoires et les menaces extérieures ; pourtant, ces constats coexistent sans complexe avec une hiérarchie des priorités qui, dans les faits, les relègue au second plan.

    Il en résulte une politique européenne schizophrénique : la rhétorique de l'urgence géopolitique combinée à une action axée sur l'ingénierie sociale et des objectifs climatiques maximalistes.

    Javier Villamor est un journaliste et analyste espagnol. Basé à Bruxelles, il couvre les affaires de l'OTAN et de l'UE pour europeanconservative.com. Fort de plus de 17 ans d'expérience en politique internationale, défense et sécurité, il travaille également comme consultant, apportant son expertise stratégique sur les affaires mondiales et les dynamiques géopolitiques.
  • Dé-fécondité; ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

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    Une recension sur gènéthique.org :

    Dé-fécondité. Ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

    13 janvier 2026

    Année après année, le constat est là : la natalité est en baisse. Abyssale.

    Les raisons sont diverses. Tantôt théoriques comme le « souci de la planète » qui confère au fait de ne pas engendrer « un tour responsable et altruiste », tantôt pratiques telle l’« évaporation des communautés » qui laisse les parents livrés à eux-mêmes. « La dénatalité exprimerait, faute de mieux, une forme de défection intérieure », analyse Olivier Rey.

    L’enfant viendrait-il restreindre la liberté de ses parents ? Mais en fait de liberté, il s’agit d’une « aliénation complète au mode de vie consumériste ». Dès lors, « l’enfant entre en compétition avec l’ensemble des biens de consommation dont, par le temps qu’il requiert et les dépenses qu’il occasionne, il barre l’accès ». Et, « au gré de cette compétition, il tend à devenir lui-même un bien de consommation, dont le rapport qualité/prix pourra paraitre dissuasif ». Dissuasive aussi la perspective d’une grossesse, cette « maladie » qu’il faudrait à tout prix éviter.

    Mais « aux raisons sérieuses qu’il y a de ne pas engendrer, peuvent être opposées des raisons au moins aussi sérieuses de le faire » et c’est à cela que s’emploie avec profondeur le philosophe et mathématicien dans cet essai.

    Olivier Rey le rappelle : « Péguy, quant à lui, écrivait il y a déjà un siècle : « Il n’y a qu’un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c’est le père de famille. Les autres, les pires aventuriers ne sont rien, ne le sont aucunement en comparaison de lui. Ils ne courent absolument aucun danger en comparaison de lui « ». Car « l’aventure dans laquelle père et mère (dont Péguy aurait aussi dû parler) d’enfants se trouvent embarqués est trop grande pour eux – c’est une caractéristique de l’humanité que d’être vouée à des tâches qui dépassent ses forces, affirme le philosophe. C’est ainsi qu’elle continue. »

    L’aventure est risquée, éprouvante, mais elle est nécessaire. Elle est belle. Et « les enfants qui naissent apportent avec eux la raison de leur présence. »

    Editeur : Gallimard, Collection Tracts

    Date de publication : 30/10/2025

    Nombre de pages : 64