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Politique - Page 3

  • Pour ou contre la doctrine de la « guerre juste »; une polémique qui divise aussi l’Église

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Pour ou contre la doctrine de la « guerre juste ». Une polémique qui divise aussi l’Église

    (s.m.) Demain 7 mai, le pape Léon XIV recevra en audience Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, qui est catholique. Leur entretien portera sur la question capitale de la paix et de la guerre, qui a déjà été déjà amorcée d’abord par les grossières attaques verbales à répétition lancée par le président Donald Trump à l’encontre du pape et ensuite par la leçon de théologie malvenue en matière de « guerre juste » infligée encore une fois au pape, quelques jours plus tard, par le vice-président JD Vance, également catholique.

    Le pape Léon prêche la paix d’une part comme un choix personnel susceptible de conduire jusqu’au martyre et d’autre part comme un choix public impliquant le droit – et pour l’État le devoir – de défendre, au besoin par les armes, la liberté et la vie (sur la photo, l’archevêque majeur de l’Église grecque catholique ukrainienne, Mgr Sviatoslav Chevtchouk en prière à Bucha, après le massacre perpétré par les envahisseurs russes). Settimo Cielo avait d’ailleurs publié un article sur le sujet le 12 janvier en citant, pour soutenir ces deux chemins de paix, Flavio Felice, professeur d’histoire des doctrines politiques à l’Université pontificale du Latran.

    Mais tout de suite, Daniele Menozzi, ancien professeur d'histoire contemporaine à la Normale de Pise et auteur d'un volume imposant précisément sur « L'Église, la paix et la guerre au XXe siècle », s'était empressé de contester cette exégèse du magistère du pape Léon, l’attribuant aux « partisans irréductibles de l'idéologie de la "guerre juste" » et soutenant au contraire que — dans la lignée de ce que prêche le pape François — « la guerre est toujours une erreur » et que, par conséquent, la doctrine de la « guerre juste » ne tient plus la route.

    Selon le professeur Menozzi, il faudrait au contraire promouvoir aujourd’hui une « pédagogie de la non-violence » qui enseigne à « répondre au mal de l’injustice sans recourir au mal des armes », comme s’il la société et les fidèles catholiques souffraient d’un amour immodéré des armes et pour la guerre qu’il faudrait soigner.

    Pourtant, dans les faits, tous les sondages confirment que le sentiment qui domine – surtout en Italie – est totalement opposé au bellicisme. Un sentiment qu’Ernesto Galli della Loggia, ancien professeur d’histoire politique à l’Université de Pérouse, a d’ailleurs qualifié de « syndrome de la proie », dans un éditorial très critique publié dans le « Corriere della Sera » du 4 mai.

    Quelques jours plus tôt, toujours dans le « Corriere », un autre expert reconnu, Angelo Panebianco, professeur de sciences politiques à l’Université de Bologne, avait pris acte de ce sentiment répandu et pointé du doigt ses sérieuses lacunes, dans un éditorial intitulé « Se défendre pour avoir la paix » qui culminait en un appel à ce que l’Église « aide les Italiens » à « se débarrasser des alibis et des idéologies pacifistes » dangereuses.

    Et c’est sur cet appel du professeur Panebianco que s’appuie le commentaire publié ci-dessous. Il est signé par un autre professeur bien connu, Sergio Belardinelli, professeur de sociologie des processus culturels à l’Université de Bologne et coordinateur scientifique du Comité pour le projet culturel de la Conférence épiscopale italienne à l’époque où elle était présidée par le cardinal Camillo Ruini.

    Le professeur Belardinelli cite un autre commentaire publié le 1er mai dans le « Corriere » par Andrea Riccardi, qui est le fondateur et le dirigeant de la Communauté de Sant’Egidio. D’après ce dernier, c’est le pape François qui avait raison quand il disait qu’ « aujourd’hui, il est très difficile de défendre des critères rationnels imaginés à une autre époque pour parler de la possibilité d’une ‘guerre juste’ ».

    Le pacifisme de Riccardi est identique à celui dans lequel baigne la Conférence épiscopale italienne présidée par le cardinal Matteo Zuppi, qui fait lui aussi partie de la Communauté de Sant’Egidio, à l’instar d’une prise de position récente contre les fabricants et les marchands d’armes du cardinal et théologien Roberto Repole, archevêque de Turin et auparavant président de l’Association théologique italienne, également cité sur un ton polémique par le professeur Belardinelli.

    Son commentaire sort aujourd’hui simultanément sur Settimo Cielo et dans le quotidien italien « Il Foglio » :

    *

    Le devoir de toute société de se défendre, au besoin par les armes

    de Sergio Belardinelli

    Dans le « Corriere della Sera » du mardi 28 avril, Angelo Panebianco a lancé une sorte d’appel à toutes les forces politiques italiennes, pour leur faire comprendre l’importance de « se défendre pour avoir la paix ».

    Dans un contexte international de plus en plus caractérisé par le bruit des armes, il est aussi curieux que dramatique de voir nos élites politiques se bornent à exorciser la question de la défense nationale, au lieu de prendre à bras-le-corps. Elles s'en déchargent, au gré des opportunités, tantôt sur l'ONU, tantôt sur l'Europe ou sur l'OTAN, se réservant cyniquement le seul amour de la paix — comme si ce sentiment suffisait à nous prémunir contre d'éventuels agresseurs. Or, une telle pédagogie civile médiocre, bien qu’empreinte de nobles idéaux, alimente dans les faits la peur au sein de la population et laisse le pays sans défense, non seulement sur le plan militaire, mais également en matière culturelle.

    C’est dans ce climat de désarroi généralisé, me semble-t-il, que Panebianco, au terme de son éditorial, choisit de s’adresser directement à l’Église.

    « L’Église – écrit-il – peut jouer un rôle important pour aider les Italiens, effrayés et ne sachant plus à qui se vouer, à ne pas enfouir leur tête dans le sable et à les rendre conscients des risques que l’époque actuelle fait peser sur nous. C’est vrai, nous vivons dans une société sécularisée. Mais cela ne change rien au fait que, pour beaucoup d’Italiens, l’Église reste un repère moral majeur. Il est essentiel que les évêques italiens, tout en lançant des appels bien légitimes à la paix, aident les Italiens à comprendre qu’il n’y a pas de contraction entre vouloir la paix et se défendre des dangers potentiels, autrement dit qu’il n’y a pas de contradiction entre adopter une posture pacifique, sans la moindre agressivité à l’encontre de qui que ce soit, et dans le même temps reconnaître non pas seulement le droit mais même le devoir des gouvernements de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour défendre leur pays des potentielles agressions extérieures. Si certains ont raison de penser que les dangers ne feront qu’augmenter à l’avenir, alors il faudrait aider les Italiens à en prendre conscience. Ce qui signifie, en premier lieu, se débarrasser des alibis et des idéologies dangereuses ».

    Je crois personnellement que l’Église italienne devrait avoir le courage d’entendre cet appel, ne serait-ce que parce qu’elle lui offre l’occasion parfaite de réaffirmer ce que le pape Léon XIV a rappelé le jour de son élection, quand il a déclaré que la paix dont l’Église parle est celle de Jésus, et pas l’une de ces idéologies pacifistes qui contribuent, parfois sans le vouloir, à répandre la peur et même la haine dans la société.

    Il ne s’agit donc pas, bien entendu, de légitimer une politique plutôt qu’une autre, ni de réitérer simplement la pertinence de la doctrine millénaire de la guerre juste. Comme l’a rappelé Andrea Riccardi dans le « Corriere della Sera » du 1er mai, rien n’empêche que l’on mette à jour cette doctrine, à la lumière de la nouvelle réalité des guerres modernes.

    Mais il ne s’agit pas non plus de réduire le magistère de l’Église à des positions qui, sous couvert de non-violence, finiraient par nier à ceux qui sont victimes d'agressions (en général les plus faibles) leur droit fondamental à la légitime défense. Et c’est précisément ce droit – et ce droit seulement – qui pourrait justifier que l’on investisse des ressources dans l’armement. C’est important de le répéter, surtout si l’on veut défendre la radicalité du message de l’Évangile sans le dissoudre dans l’irréel.

    Dans un monde où l’avidité des puissants semble ne plus connaître de limites, il est important que l’Église ait une parole forte en faveur de la paix et de la justice, ce qui est par ailleurs le cas depuis longtemps, sans pour autant se confondre avec le pacifisme de ceux qui ne reconnaissent même pas le droit et le devoir des États de défendre leur propre population quand l’ennemi est à leurs portes et qui clament à tort et à travers qu’il est tout bonnement immoral d’acheter des armes en prétendant que cet argent serait mieux investi dans la santé ou l’enseignement.

    Et qui ne pourrait pas être d’accord ? Qui ne voudrait pas voir tous les conflits résolus par les seules armes de la diplomatie ? La guerre est horrible d’autant que, comme le souligne Riccardi, les guerres actuelles n’ont plus de vainqueur, mais cela n’est pas un argument pour ne pas investir dans la défense et la sécurité, bien au contraire.

    Car il n’y a qu’une seule manière de convaincre les puissants de l’inanité de la guerre, c’est que la victime potentielle montre qu’elle est en mesure de se défendre, soit parce qu’elle dispose d’un bon système de défense, soit parce qu’elle peut compter sur ses alliés.

    Comme le dit Panebianco, il serait temps que les évêques eux aussi « aident à comprendre qu’il n’y a pas de contradiction entre vouloir la paix et se défendre des dangers potentiels ». Ce qui revient à prendre le contre-pied d’un certain courant pacifiste qui s’est insinué jusque dans le monde catholique, y compris chez Riccardi lui-même. Et c’est justement pour cela qu’il faudrait clarifier les choses. La paix de Jésus ne revient pas à faire taire les armes ; elle regarde notre cœur et notre capacité à témoigner de la paix dans les situations les plus désespérées ».

    Dans son message adressé aux travailleurs pour le 1er mai, l’archevêque de Turin, Mgr Roberto Repole, a exhorté à juste titre à « ne pas s’habituer aux horreurs de la guerre ». Par contre, quand il a repris les déclarations de Léon XIV pour rappeler qu’il ne suffisait pas de parler de paix et qu’il « fallait la volonté d’arrêter de produire des instruments de destruction et de mort », pour que Turin, « la ville de l’automobile », ne devienne pas « la ville des armes », je crains qu’il ne s’aventure en terrain miné. Même si je n’ai aucune sympathie pour les marchands de canons, il faut bien reconnaître qu’ils constituent souvent l’unique espoir pour celui qui n’en a pas et qui se retrouve agressé par celui qui en a produit en abondance.

    Je sais pertinemment bien qu’aux yeux des chrétiens, comme aimait à le rappeler notamment Benoît XVI, « la non-violence n’est pas un simple comportement tactique mais bien une manière d’être de la personne, l’attitude de celui qui est à ce point convaincu de l’amour de Dieu et de sa puissance qu’il ne craint pas d’affronter le mal avec les seules armes de l’amour et de la vérité ».

    Mais nous parlons bien d’une « manière d’être de la personne », et pas de la société. Le chrétien sait bien que la fidélité à Jésus Christ est susceptible de lui imposer le sacrifice de sa propre vie. Mais jamais celle d’un autre. C’est pour cela qu’il sait également reconnaître le droit et le devoir d’une société à se défendre, en prenant les armes s’il le faut, tout en faisant en sorte qu’elles ne soient pas nécessaires. C’est rendre un grand service à la paix que d’oser le réaffirmer, surtout aujourd’hui.
     — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Pénalisation de l’avortement avant 1990 en Belgique : s'oriente-t-on vers la reconnaissance d’un « préjudice » ?

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    5 mai 2026

    Pénalisation de l’avortement avant 1990 en Belgique : vers la reconnaissance d’un « préjudice » ?

    Le Parlement fédéral belge examine actuellement une proposition de résolution « visant à reconnaître le préjudice subi par les personnes condamnées sur le fondement des dispositions pénales incriminant l'avortement avant sa dépénalisation partielle » en 1990. Déposée par plusieurs députés socialistes et présentée comme l’amorce d’une démarche de reconnaissance historique, cette initiative invite toutefois à un examen attentif de ses fondements, de ses présupposés et de ses implications, tant pour la compréhension du passé que pour les débats actuels.

    L’exposé des motifs de la proposition de résolution – qui n’a pas la valeur contraignante d’une loi – repose sur l’idée que l’avortement constituerait un « droit fondamental », relevant essentiellement de la santé publique. Or, cette approche, si elle reflète une vision sociétale défendue par d’aucuns (rappelons que l’avortement n’est pas aujourd’hui reconnu comme droit fondamental en droit belge ou européen), tend à simplifier une réalité bien plus complexe. L’avortement n’est pas un acte médical comme un autre : il consiste à mettre fin à une vie humaine en devenir. À ce titre, il engage inévitablement des dimensions éthiques, anthropologiques et sociales qui ne peuvent être évacuées au profit d’une lecture exclusivement centrée sur l’autonomie individuelle. 

    Une lecture partielle des condamnations passées 

    La proposition entend reconnaître les condamnations passées comme des atteintes « à la protection de la santé des femmes, à l’autonomie sexuelle et reproductive, à l’égalité entre les femmes et les hommes, aux droits des femmes et au droit au respect de la vie privée » (pt. 1.1). Toutefois, cette lecture apparaît partielle, dans la mesure où elle ne prend pas en compte les objectifs poursuivis à l’époque par le législateur, parmi lesquels figurait déjà la volonté de protéger la vie prénatale. Autrement dit, les normes juridiques d’hier ne relevaient pas simplement d’une logique d’oppression, mais d’une tentative d’arbitrer entre des intérêts en tension. 

    En outre, le texte ne distingue pas suffisamment les situations très différentes des personnes concernées : d’une part, les femmes ayant eu recours à l’avortement, dont la sanction apparaît aujourd’hui difficilement justifiable ; d’autre part, les personnes ayant pratiqué ces avortements, dont la responsabilité et les motivations pouvaient varier. Il convient notamment de rappeler que certaines pratiques ont pu s’inscrire dans des logiques d’exploitation, certaines personnes tirant un profit économique de la vulnérabilité des femmes. 

    C’est précisément cette complexité que la proposition de résolution tend à simplifier. En reconnaissant un préjudice exclusivement du côté des femmes et des praticiens condamnés, elle instaure une forme d’asymétrie morale : la souffrance liée aux poursuites judiciaires est reconnue, mais la réalité de la vie supprimée n’est jamais évoquée. Une telle omission n’est pas anodine. Elle contribue à réduire le débat à une seule dimension, alors que toute réflexion sur l’avortement implique nécessairement au moins deux réalités humaines en présence. 

    Par ailleurs, la démarche soulève une question délicate : peut-on juger le passé uniquement à l’aune des valeurs actuelles ? La proposition semble procéder à une relecture normative de l’histoire, considérant implicitement que les lois anciennes étaient injustes en elles-mêmes. Or, les sociétés ont longtemps accordé une valeur à la vie embryonnaire et fœtale – et ce débat demeure aujourd’hui encore ouvert. Une reconnaissance institutionnelle unilatérale risque ainsi de figer une interprétation particulière de cette question, au détriment du pluralisme éthique indispensable face à ce type d’enjeux. 

    Un texte aux implications pour les débats contemporains 

    Au-delà du regard porté sur le passé, le texte cherche aussi à influencer les débats contemporains sur l’encadrement législatif de la pratique de l’avortement. En assimilant toute restriction de l’avortement à un « préjudice », il tend à présenter cette pratique comme un droit incontestable, dont les limites seraient par nature injustes. À cet égard, le choix même du terme « préjudice » n’est pas neutre : en France, dans le texte de loi adopté sur le même sujet le 29 décembre 2025, le législateur a préféré reconnaître une « souffrance » sans retenir la notion de préjudice, afin de ne pas ouvrir la voie à une logique d’indemnisation financière. 

    Par ailleurs, la réalité vécue par de nombreuses femmes aujourd’hui demeure nuancée. L’avortement est souvent traversé par des pressions – sociales, économiques ou relationnelles – souvent diffuses et peut laisser des traces durables. Le réduire à l’exercice d’un droit risque d’invisibiliser ces expériences et de freiner les politiques de prévention et d’accompagnement. 

    Pour une approche plus globale et préventive 

    Reconnaître les souffrances du passé suppose de le faire avec prudence et discernement. Une telle démarche ne peut faire l’économie d’une prise en compte équilibrée des différentes dimensions en jeu. Plutôt que d’opposer les intérêts, il est possible de promouvoir une approche plus globale : soutenir les femmes confrontées à des grossesses difficiles, développer des alternatives concrètes à l’avortement, et réaffirmer que toute vie humaine mérite attention et protection. 

    En définitive, la véritable question n’est peut-être pas seulement de savoir comment juger le passé à travers une démarche d’amnistie, mais comment mieux accompagner le présent. Une société attentive à la fois aux femmes et à la vie naissante ne se contente pas de porter des jugements symboliques : elle s’efforce surtout de prévenir les situations de détresse, en offrant des réponses humaines, solidaires et responsables. 

    La commission Justice du Parlement fédéral examinera ce texte dans les prochaines semaines, à travers notamment la tenue d’auditions. 

  • Le sommaire du nouveau numéro de La Nef (mai 2026)

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    ÉDITORIAL
    Religion, politique et morale, par Christophe Geffroy

    ACTUALITÉ
    Léon XIV aux côtés des Africains, par l’abbé Étienne Masquelier

    L’Algérie et la liberté religieuse, par Constance Avenel
    « Un renouveau de la ferveur », entretien avec Mgr Olivier de Cagny
    Pour retrouver la paix liturgique, entretien avec le TRP dom Jean Pateau
    Gratitude à l’Abbé de Solesmes, par le chanoine Christian Gouyaud

    France – Algérie, histoire d’une relation pathologique : entretien avec Pierre Vermeren

    On ne sauve pas la foi contre le pape : réponse à Mgr Schneider à propos de la FSSPX

    ENTRETIEN
    Le retour du paganisme, entretien avec le cardinal Robert Sarah

    DOSSIER : LA VIOLENCE EN POLITIQUE
    La réflexion politique sur la violence, par Godefroy Desjonquères

    L’Église et la violence, par Henri Quantin
    La violence politique de gauche, par Jean-François Chemain
    La violence politique de droite, par Olivier Dard
    La violence politique aujourd’hui, par Pierre de Lauzun
    Conjurer la violence politique, par Benoît Dumoulin

    VIE CHRÉTIENNE
    Découvrir la théologie du corps, par le père Louis, osb

    Question de foi : Roi, prêtre et prophète, par l’abbé Hervé Benoît

    CULTURE
    Mazarin, un grand destin, par Bruno Massy de La Chesneraye

    Notes de lecture
    De verbe et de chair : L’Espagne de Saint-Cheron, par Henri Quantin
    Musique : Carlos Païta, par Hervé Pennven
    Cinéma : Maximilien Kolbe & Juste une illusion, par François Maximin
    Un Livre, un auteur, entretien avec Pierre Vermeren
    Sortir : Un mauvais rêve, par Constance de Vergennes
    À un clic d’ici, par Léonard Petitpierre
    Et pour les jeunes…, par Isabelle Le Tourneau

    DÉBATS 
    La crise de la représentation, par Adrien Louis

    CHRONIQUE PENSER LE BIEN COMMUN
    La vertu oubliée en politique, par Étienne-Alexandre Beauregard

  • Des djihadistes incendient une église catholique historique au Mozambique

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    De Gaetano Masciullo sur Sign of the Cross :

    Des djihadistes musulmans incendient une église catholique historique au Mozambique

    MOZAMBIQUE ( LifeSiteNews ) — Des militants islamistes ont détruit une paroisse catholique au Mozambique, incendiant l'église et les bâtiments environnants et forçant les civils à assister à l'attaque.

    Le 30 avril, des militants appartenant au groupe djihadiste Ansar al-Sunna, affilié à la Province d'Afrique centrale de l'État islamique (EI-CAP), ont attaqué le village de Meza, dans le nord du Mozambique, incendiant l'église historique Saint-Louis-de-Montfort, les bâtiments paroissiaux, une école maternelle et plusieurs maisons, tout en capturant des civils et en les forçant à écouter des messages extrémistes.

    « Nous demandons l’attention et la solidarité envers les victimes de Meza. Depuis neuf ans, nous voyons les insurgés incendier des chapelles et des églises dans le diocèse de Pemba. Mais la foi du peuple de Dieu ne s’éteindra jamais ; chaque jour, elle se reconstruit », a déclaré l’archevêque António Juliasse de Pemba.

    Selon les témoignages recueillis par l'Aide à l'Eglise en Détresse (AED) , les assaillants sont entrés dans l'enceinte paroissiale dans l'après-midi, vers 16 heures, « et ont commencé à tout détruire. L'église, les bureaux et la résidence des missionnaires ont été incendiés, et la maternelle a été vandalisée. »

    L'église, construite en 1946 durant la période coloniale, était depuis longtemps un symbole central de la présence catholique dans la région. L'archevêque Juliasse a également déclaré : « Les missionnaires sont sains et saufs, mais la communauté reste sous le choc, même après le départ des assaillants à la tombée de la nuit. »

    Sœur Laura Malnati, supérieure provinciale des Sœurs Missionnaires Comboniennes au Mozambique, a confirmé que les religieuses n'étaient pas présentes lors de l'attaque. « Ils ont incendié l'église, le presbytère et l'école maternelle », a-t-elle déclaré, précisant que les missionnaires avaient été prévenues à l'avance et avaient pu quitter le village avant l'arrivée des militants.

    Selon le rapport de l’ACN, « depuis novembre 2017, le conflit dans la province de Cabo Delgado a fait au moins 6 300 morts et déplacé plus d’un million de personnes, touchant des populations de différentes religions et communautés. Dans ce contexte plus large de violence, au moins 300 catholiques ont été brutalement assassinés lors d’attaques visant spécifiquement les chrétiens. »

    « Parmi les victimes figurent des catéchistes, des agents pastoraux, des fidèles laïcs et une religieuse italienne, sœur Maria de Coppi. Au moins 118 églises et chapelles ont également été détruites au cours de l’insurrection, y compris lors de ce dernier incident à Meza », a déclaré l’AEC.

    L’archevêque Juliasse a également lancé un appel à la communauté internationale pour obtenir une aide en faveur des victimes des violences djihadistes au Mozambique. Il a souligné que les attaques contre les lieux de culte chrétiens se poursuivent depuis près de neuf ans.

    « Que cesse l’incitation à la haine contre les chrétiens, et ne laissons pas non plus de place à l’islamophobie, car les musulmans ne sont pas nos ennemis, ce sont nos frères bien-aimés », a ajouté Saure.

    Les militants responsables de l'attaque appartiennent à Ansar al-Sunna, également connu localement sous le nom d'Ahlu al-Sunna wa al-Jama'a, un groupe insurgé islamiste actif dans le nord du Mozambique. Ce groupe opère en coordination avec d'autres factions, notamment les Forces démocratiques alliées (ADF), basées en République démocratique du Congo voisine. Ces deux groupes sont intégrés au réseau de la Province d'Afrique centrale de l'État islamique, une branche de l'organisation État islamique (EI).

  • Moins de 2 % : le déclin dramatique des chrétiens en Terre sainte

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    D'InfoVaticana :

    Moins de 2 % : le déclin dramatique des chrétiens en Terre sainte

    La présence chrétienne en Terre sainte a atteint un niveau critique et pourrait disparaître si la tendance actuelle ne s'inverse pas. Cet avertissement a été lancé par l'abbé bénédictin Nikodemus Schnabel lors d'une rencontre avec des représentants de l' Aide à l'Église en Détresse (AED). Il a dénoncé le fait que les chrétiens représentent désormais moins de 2 % de la population et continuent de quitter la région en raison de la guerre, de la crise économique et du manque de perspectives.

    « Le lieu où sont nés les événements centraux de notre foi risque de perdre ses chrétiens autochtones », a averti l’abbé, qui a décrit une situation marquée par l’exode constant et l’invisibilité croissante de ces communautés.

    Exode, précarité et perte de l'avenir

    Le principal facteur poussant les chrétiens à partir est économique. Comme l'explique Schnabel, près de 60 % des chrétiens arabes dépendent du tourisme, un secteur qui ne s'est pas remis de la pandémie et des conflits qui ont suivi en 2019. Faute de revenus stables, de nombreuses familles choisissent d'émigrer.

    « Les gens partent parce qu’ils ne voient pas d’avenir », a-t-il déclaré, pointant du doigt le manque de logements et d’emplois comme les deux principaux obstacles à la pérennité des communautés chrétiennes.

    Une minorité presque invisible

    Bien que Jérusalem conserve une remarquable diversité ecclésiale — avec 13 églises parmi les catholiques et autres confessions historiques —, cette richesse masque une réalité beaucoup plus fragile : une communauté très restreinte.

    L’abbé a souligné le paradoxe suivant : la Terre sainte compte moins de chrétiens que certaines des régions les plus sécularisées d’Europe. « Rêver d’atteindre 5 % ou 6 % serait déjà beaucoup », a-t-il reconnu.

    Le risque d’une « Terre sainte sans chrétiens »

    Schnabel a mis en garde contre un scénario de plus en plus plausible : la persistance de lieux saints sans communautés vivantes pour les faire vivre. « Les sanctuaires, les moines et les prêtres pourraient subsister, mais sans familles ni vie chrétienne ordinaire », a-t-il souligné.

    Ce processus transformerait la Terre sainte en une sorte d'espace symbolique ou touristique, déconnecté de la foi vécue.

    Trois groupes, une fragilité partagée

    L'abbé a identifié trois réalités majeures au sein de l'Église locale.

    D’une part, il y a les chrétiens palestiniens arabophones, historiquement enracinés dans la région, mais aujourd’hui touchés par des restrictions politiques, l’insécurité et, dans des endroits comme Gaza, une situation qu’il a décrite comme une « double pression » : le conflit extérieur et le contrôle intérieur du Hamas.

    Deuxièmement, une petite communauté croissante de catholiques hébréophones intégrés à la société israélienne.

    Enfin, le groupe le plus important : les travailleurs migrants et les demandeurs d'asile, qui comptent plus de 100 000 fidèles et soutiennent une grande partie de la vie ecclésiale.

    Allégation de conditions proches de l’« esclavage moderne »

    L’abbé a dénoncé les conditions déplorables dans lesquelles vivent nombre de ces migrants : confiscation de leurs passeports, restrictions de travail, séparation des familles et précarité juridique. Dans certains cas, a-t-il affirmé, le système pénalise même la maternité.

    « Pour ce système, l’acte le plus “criminel” peut être de dire oui à la vie », a-t-elle fait remarquer, faisant allusion aux femmes qui refusent d’avorter et se retrouvent dans une situation irrégulière.

    Entre la guerre et la fidélité à l'Évangile

    Au cœur du conflit, Schnabel a défendu la position de l'Église : « Nous ne sommes ni pro-Israël ni pro-Palestine, mais pro-humanité », et a également rappelé le témoignage des soignants migrants décédés après avoir refusé d'abandonner les personnes âgées dont ils avaient la charge lors des attaques du 7 octobre 2023, soulignant leur fidélité comme un exemple de vie chrétienne.

    L'abbé a également dénoncé les attaques perpétrées contre les chrétiens par des groupes juifs extrémistes, notamment le harcèlement, le vandalisme et la profanation, et a affirmé que ces incidents ne pouvaient plus être considérés comme isolés. Parallèlement, il a indiqué qu'il existait aussi des groupes juifs qui défendaient les communautés chrétiennes et dénonçaient ces exactions.

    Schnabel a conclu que, sans mesures concrètes, la disparition des chrétiens en Terre sainte serait inévitable. « Il n’y a pas d’Annonciation sans Nazareth, pas de Noël sans Bethléem, pas de Pâques sans Jérusalem », a-t-il déclaré, avertissant que sans communautés dynamiques, les lieux saints risquent de se réduire à des espaces dépourvus de vie chrétienne.

  • Nigéria : un attentat djihadiste a fait au moins 29 morts, ravivant les inquiétudes concernant la persécution des chrétiens

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    D'InfoVaticana :

    Au Nigéria, un attentat djihadiste a fait au moins 29 morts, ravivant les inquiétudes concernant la persécution des chrétiens.

    Au Nigéria, un attentat djihadiste a fait au moins 29 morts, ravivant les inquiétudes concernant la persécution des chrétiens.

    Au moins 29 personnes ont été tuées dans une attaque perpétrée par des combattants liés à l'État islamique dans le nord-est du Nigéria. Ce nouvel épisode de violence témoigne de l'insécurité persistante qui règne dans le pays et de la vulnérabilité de la population civile, notamment dans les zones abritant des communautés chrétiennes. Selon Tribune Chrétienne , l'attaque a eu lieu dans la nuit du 27 avril dans le village de Guyaku, dans l'État d'Adamawa.

    Des hommes armés ont pris d'assaut la ville et ont ouvert le feu sans discernement sur les habitants, faisant de nombreuses victimes. L'attaque a ensuite été revendiquée dans un message publié sur Telegram, mais l'identité du groupe impliqué n'a pas été confirmée. L'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), ainsi que d'autres groupes armés, opère avec une intensité particulière dans cette région.

    Violences profondément enracinées dans le nord du pays

    Ce qui s'est passé à Guyaku n'est pas un incident isolé. Cela s'inscrit dans une série d'attaques qui persistent depuis plus de vingt ans dans le nord du Nigeria, où la présence de groupes djihadistes, de bandes armées et de conflits locaux a engendré une situation d'instabilité chronique.

    Le gouverneur de l'État d'Adamawa, Ahmadu Umaru Fintiri, s'est rendu sur place après le massacre et a condamné l'attaque, annonçant des mesures pour renforcer la sécurité. Cependant, ces réponses institutionnelles n'ont pas permis d'enrayer la répétition des attaques contre la population civile.

    Les enlèvements et les agressions contre les mineurs constituent une menace croissante.

    L'insécurité s'étend également à d'autres régions du pays. Le même jour, dans l'État de Kogi, au centre du Nigeria, un groupe armé a attaqué un orphelinat et enlevé 23 enfants. Quinze ont été secourus par la suite, tandis que huit sont toujours portés disparus.

    Bien qu'aucune revendication n'ait été faite dans cette affaire, les enlèvements d'étudiants et d'enfants se sont multipliés ces dernières années, devenant l'une des principales formes de violence dans le pays, pour des raisons à la fois économiques et stratégiques.

    Les attaques persistent malgré les opérations militaires

    Le gouvernement nigérian affirme mener des opérations contre les groupes armés avec le soutien international, notamment grâce aux conseils des États-Unis. Cependant, la persistance d'attaques comme celle de Guyaku remet en question l'efficacité de ces efforts.

    Dans ce contexte, les communautés chrétiennes restent parmi les plus touchées, dans un scénario où la violence persiste et où de vastes régions du pays demeurent hors du contrôle effectif de l'État.

  • Une cathédrale arménienne démolie au Haut-Karabakh

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    D'Edgar Beltrán sur le Pillar :

    Une cathédrale arménienne démolie dans une région contestée

    28 avril 2026

    Le gouvernement azerbaïdjanais a démoli début avril une cathédrale arménienne située au Haut-Karabakh, selon des médias locaux, ravivant un conflit de longue date dans cette région frontalière dont le territoire est disputé entre les deux pays depuis les années 1990.

    L'Église apostolique arménienne a dénoncé la démolition de la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu dans la ville de Stepanakert, affirmant qu'elle visait à « effacer toute trace arménienne » de la région.

    La cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu en 2024. Crédit : Golden/wikimedia CC BY 4.0

    Cette évolution survient moins de trois ans après une offensive militaire de l'Azerbaïdjan qui a conduit à la dissolution de la République autoproclamée d'Artsakh dans la région contestée du Haut-Karabakh, une zone internationalement reconnue comme faisant partie de l'Azerbaïdjan mais historiquement peuplée et contrôlée par des chrétiens arméniens jusqu'en 2023.

    L'offensive de 2023 a provoqué l'exode de plus de 120 000 Arméniens et a fait des centaines de morts. Les organisations de défense des droits humains et les dirigeants arméniens ont qualifié cet exode de nettoyage ethnique.

    L'Arménie, pays de la superficie comparable à celle de l'État du Maryland, compte environ trois millions d'habitants. Elle est bordée par la Turquie à l'ouest, la Géorgie au nord, l'Azerbaïdjan à l'est et l'Iran au sud. Environ 95 % de la population appartient à l'Église apostolique arménienne et 0,6 % à l'Église catholique.

    Plusieurs organisations de défense des droits humains et des militants arméniens ont décrit la démolition de la cathédrale comme s'inscrivant dans un schéma plus large d'effacement culturel systématique dans la région.

    La démolition a eu lieu peu avant le 111e anniversaire du génocide arménien, au cours duquel on estime qu'entre 1 et 1,5 million d'Arméniens de souche ont été tués et que des millions d'autres ont été déportés de force par le gouvernement ottoman pendant la Première Guerre mondiale.

    Le gouvernement azerbaïdjanais n'a ni annoncé ni expliqué publiquement la démolition de la cathédrale, bien que des médias progouvernementaux aient affirmé que le gouvernement arménien était responsable de la destruction de monuments religieux azerbaïdjanais dans la région, semblant ainsi suggérer des représailles pour ces crimes présumés.

    Le média arménien Hetq a affirmé avoir vérifié la démolition de l'église grâce à des images satellites montrant les pavés blancs autour de la cathédrale, mais pas l'église elle-même, ce qui a incité plusieurs organisations de défense des droits de l'homme et des médias à vérifier ces informations.

    La construction de la cathédrale a débuté en juillet 2006 et elle a été consacrée en avril 2019. C'était la plus grande église arménienne de tout le Haut-Karabakh. Elle a servi d'abri anti-bombes pendant la seconde guerre du Haut-Karabakh en 2020, mais n'a subi que des dommages mineurs.

    L'organisme de surveillance du patrimoine culturel arménien Monument Watch avait signalé que l'église Saint-Jacques, construite en 2007 et située dans la même ville, avait également été démolie début avril.

    L'Église apostolique arménienne est l'ancienne Église nationale d'Arménie et fait partie des Églises orthodoxes orientales, une communion d'environ 70 millions de fidèles qui comprend également l'Église copte orthodoxe.

    Les Églises orthodoxes orientales se sont séparées de l'Église après le concile de Chalcédoine en 451, principalement en raison de divergences sur les formules utilisées pour définir la nature du Christ. Ces dernières décennies, ce désaccord est perçu comme essentiellement sémantique, toutes les parties professant la même foi en la divinité et l'humanité du Christ, bien que dans un langage différent.

    L’Église apostolique arménienne a déclaré dans un communiqué du 23 avril : « Il est évident que le gouvernement azerbaïdjanais continue de cibler les lieux saints chrétiens arméniens dans le but d’effacer toute trace arménienne d’Artsakh. »

    « Cet acte de vandalisme d’État prouve une fois de plus que la politique anti-arménienne de l’Azerbaïdjan n’a pas changé, ce qui rend les déclarations concernant l’établissement d’une paix stable et durable avec l’Arménie douteuses. »

    Les autorités ecclésiastiques ont également appelé le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan à prendre des « mesures urgentes et efficaces » pour empêcher le régime azerbaïdjanais d'anéantir le patrimoine culturel arménien dans la région.

    Cependant, interrogé le 18 avril sur les informations faisant état de la destruction de la cathédrale, Pashinyan a déclaré : « Ma préoccupation concerne les monuments historiques et culturels situés sur le territoire arménien. »

    La semaine dernière, Pashinyan a de nouveau été interrogé sur la démolition, et il a déclaré que le gouvernement arménien cherchait actuellement à obtenir davantage d'informations, mais qu'il était réticent à faire de cette destruction « un sujet de discussions internationales au niveau étatique ».

    « Sur de telles questions, surtout à ce stade, il faut faire preuve de prudence, car elles constituent une arme à double tranchant », a déclaré Pashinyan.

    Le gouvernement de Pashinyan a reconnu la souveraineté azerbaïdjanaise sur la région en 2022 et a déclaré à plusieurs reprises que la question était close pour son administration.

    Cette démolition intervient dans un contexte de confrontation entre l'Église apostolique arménienne et le gouvernement arménien.

    En février, le parquet a ouvert une enquête pénale contre le chef de l'Église apostolique arménienne et lui a interdit de quitter le pays.

    Karékine II, patriarche suprême et catholicos de tous les Arméniens , devait se rendre en Autriche pour une réunion du 16 au 19 février du synode des évêques de l'Église apostolique arménienne , dont il est le président.

    Les autorités arméniennes accusent Karékine II, chef de l'Église apostolique arménienne depuis 1999, d'entrave à la justice. L'Église rejette ces accusations, les qualifiant d'ingérence injustifiée dans ses affaires intérieures.

    Le 4 janvier 2026, Pashinyan, qui occupait le poste de Premier ministre depuis 2018, a publié une vidéo dans laquelle il lisait à haute voix une déclaration qui établissait une « feuille de route » pour la réforme de l'Église apostolique arménienne.

    Le texte prévoyait la destitution de Karékine II, l'élection d'un nouveau Catholicos de tous les Arméniens et l'introduction de nouvelles mesures visant à garantir la transparence financière et l'intégrité du clergé.

    La vidéo montrait huit évêques orthodoxes arméniens signant le document à la résidence de Pashinyan. Deux autres, absents lors de la cérémonie, l'ont également approuvé.

    Parmi les dix signataires du texte de la feuille de route des réformes figurait l'évêque Gevork Saroyan, à la tête du diocèse de Masyatsotn. Le 10 janvier, Karékine II a démis Saroyan de ses fonctions pour abus de pouvoir.

    Le 14 janvier, un tribunal civil a ordonné la réintégration de Saroyan. Karékine II a réagi le 27 janvier en destituant Saroyan de l'état clérical.

    Le 14 février, le procureur général d'Arménie a ouvert une enquête pénale contre Karékine II, l'accusant d'obstruction à l'exécution de la décision de justice ordonnant la réintégration de Saroyan. Le chef religieux aurait également été empêché d'assister au synode des évêques de l'Église apostolique arménienne en Autriche.

    Le représentant légal de Karékine II a décrit cette initiative comme une « ingérence directe dans les affaires internes de l'Église ».

    Pashinyan a affirmé que la réunion en Autriche s'inscrivait dans un plan visant à créer un « catholicosat fantoche » en dehors de l'Arménie.

    Il a déclaré : « Je ne le permettrai pas. L’Arménie ne restera pas simple spectatrice. La réaction sera très ferme. Nous détournerons l’attention de ceux qui convoitent les trésors d’Etchmiadzin, dissimulés sous le masque de bienfaiteurs, vers une tout autre direction. Si des mesures supplémentaires s’avèrent nécessaires, elles seront prises. »


    Le Vatican a été critiqué pour ses liens avec le régime azerbaïdjanais, accusé par les organisations de défense des droits de l'homme de persécution ethnique des chrétiens arméniens dans les territoires frontaliers.

    L'Azerbaïdjan a signé en septembre des accords avec l'hôpital pour enfants Bambino Gesù et la Bibliothèque apostolique et les Archives apostoliques du Vatican, ce qui a alarmé les critiques qui accusent le régime azerbaïdjanais de violations des droits de l'homme à l'encontre de la minorité arménienne et de pratiquer une « diplomatie du caviar » en utilisant son pouvoir culturel et économique pour façonner la politique du Vatican dans la région du Caucase du Sud.

    En avril 2025, le régime azerbaïdjanais a organisé une conférence à l'Université pontificale grégorienne, provoquant une vive réaction.

    La conférence s'intitulait « Le christianisme en Azerbaïdjan : histoire et modernité ». Mais des militants arméniens et des responsables religieux ont qualifié l'événement d'élément d'une campagne plus vaste visant à effacer l'héritage chrétien arménien des territoires contestés.

    Les documents promotionnels de la conférence comprenaient des textes typiquement azerbaïdjanais sur l'histoire de l'Asie occidentale, notamment une présentation du monastère arménien médiéval de Dadivank, avec l'affirmation qu'il appartenait à la culture « albanaise caucasienne », une affirmation du gouvernement azerbaïdjanais largement contestée par les historiens.

    « Cela n’a aucun fondement dans la réalité. Ils prétendent qu’il s’agit d’églises albanaises caucasiennes, mais les Albanais caucasiens ont disparu au VIIIe siècle », a déclaré l’archevêque orthodoxe Vicken Aykazian, directeur œcuménique du diocèse oriental de l’Église apostolique arménienne d’Amérique, au journal The Pillar en avril 2025.

    Malgré ces controverses, la conférence a reçu une lettre de félicitations du cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales.

    Plusieurs mois avant l'offensive de 2020 au Haut-Karabakh, la Première dame d'Azerbaïdjan, Mehriban Aliyeva, a été décorée de l'Ordre du pape Pie IX au Vatican.

    Ilqar Mukhtarov, ambassadeur d'Azerbaïdjan auprès du Saint-Siège, a reçu la même distinction le 3 avril 2025.

    La Fondation Heydar Aliyev compte parmi ses partenaires la Bibliothèque apostolique vaticane et les Musées du Vatican , et soutient plusieurs projets de restauration au Vatican.

    La liste comprend les catacombes romaines de Marcellin et de Pierre, les catacombes de Commodille et les catacombes de San Sebastiano, la restauration d'une statue de Zeus aux musées du Vatican, la restauration et la traduction de plus de 3 000 livres et 75 manuscrits à la Bibliothèque apostolique vaticane, la restauration d'un bas-relief représentant la rencontre entre le pape Léon le Grand et Attila le Hun dans la basilique Saint-Pierre, et la restauration de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

    Selon le média italien Irpi Media , les dons s'élevaient à 640 000 euros (environ 730 000 dollars). Cependant, un responsable azerbaïdjanais a déclaré publiquement en 2020 que le montant dépassait le million d'euros. De nombreux travaux de restauration ayant été effectués après 2020, il est probable que la somme réelle soit encore plus élevée.

    L'un des plus importants projets de restauration a été dévoilé en 2024, lorsque le Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican a annoncé un accord entre la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs et la Fondation Heydar Aliyev.

    Les observateurs estiment que les liens entre le Vatican et l'ancienne république soviétique ont été renforcés grâce au cardinal Claudio Gugerotti, qui est actuellement préfet du Dicastère pour les Églises orientales et qui a été nonce apostolique en Azerbaïdjan, en Arménie et en Géorgie de 2001 à 2011.

    Durant le mandat de Gugerotti comme nonce azerbaïdjanais, les autorités azerbaïdjanaises ont signé un accord bilatéral avec le Saint-Siège en 2011, nommant un ambassadeur la même année, et ont commencé à tenir des réunions fréquentes, tant en Azerbaïdjan qu'au Vatican, avec des responsables du Saint-Siège, parmi lesquels le secrétaire d'État de l'époque, le cardinal Tarcisio Bertone , et le cardinal Gianfranco Ravasi, alors président du Conseil pontifical pour la culture.

    Selon Irpi Media , Ravasi est une autre figure centrale reliant l'Azerbaïdjan et le Vatican.

    Ravasi a ouvert la voie à des projets de restauration financés par des Azerbaïdjanais au Vatican avec un accord signé en 2012 pour la restauration des catacombes romaines, ainsi qu'un autre pour la traduction et la restauration de manuscrits de la Bibliothèque apostolique.

     
  • Non, l’Occident n’a pas emprunté à l’islam l’art de bâtir les cathédrales gothiques

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    Non, l’Occident n’a pas emprunté à l’islam l’art de bâtir les cathédrales gothiques. Cette idée, relayée par Jean-Luc Mélenchon (notamment en 2011, puis en juin 2025 et mars 2026), relève d’une simplification militante et historique inexacte, comme l’explique l’historien médiéviste Sylvain Gouguenheim dans un entretien au Figaro Histoire (avril 2026).

    Les affirmations de Mélenchon

    Mélenchon a déclaré, entre autres : « S’il n’y avait pas eu Saladin, vous ne sauriez pas bâtir des cathédrales, parce que c’est lui qui vous a appris comment on faisait. C’est lui qui vous a appris comment on faisait les vitraux et qui vous a appris les maths. » Ou encore, à Bondy en mars 2026 : les bâtisseurs ont « profité du savoir qu’ils avaient rapporté des musulmans et des croisades pour faire de la physique et des mathématiques, et faire de la chimie pour faire des vitraux, parce qu’ils n’étaient pas au courant, ils n’y connaissaient rien ». Il moque aussi l’idée que « les Goths » auraient inventé les arcs brisés.

    Ces propos visent à souligner une dette supposée majeure de l’Europe chrétienne envers le monde islamique médiéval, dans un contexte politique où l’on insiste sur les « apports » de l’islam à la civilisation occidentale.

    La réponse de Gouguenheim

    Sylvain Gouguenheim, professeur émérite d’histoire médiévale à l’ENS de Lyon et auteur notamment d’Aristote au Mont Saint-Michel (2008, sur les racines grecques directes de l’Europe chrétienne), qualifie ces affirmations d’« erronées ou très approximatives » :

    • Chronologie : L’architecture gothique naît en Île-de-France dans les années 1130-1140 (basilique de Saint-Denis sous Suger, puis cathédrales de Sens, Noyon, Laon, etc.). Saladin ne prend le pouvoir qu’en 1174 et son règne (1174-1193) est postérieur aux premiers chefs-d’œuvre gothiques. Le lien direct avec lui est anachronique.
    • Mathématiques : La construction des cathédrales reposait sur une géométrie appliquée pratique, héritée de l’époque romane (règles de proportion, équerre, compas, savoir-faire empirique des maîtres maçons transmis sur les chantiers). Elle n’exigeait ni la géométrie grecque théorique avancée ni les développements algébriques arabo-persans. Les bâtisseurs médiévaux occidentaux maîtrisaient déjà les outils nécessaires.
    • Techniques spécifiques (vitraux, arcs, voûtes) : Les vitraux colorés relèvent d’un savoir-faire occidental ancien (verrerie romaine et carolingienne), perfectionné au XIIe siècle sans recours à une « chimie » importée des croisades. L’arc brisé (ou ogival) existait dans l’Antiquité tardive et l’architecture romane ; il n’est pas une invention islamique transmise miraculeusement.

    Gouguenheim insiste : ces thèses relèvent d’un « contexte militant » et d’un raccourci rhétorique, pas d’une analyse historique rigoureuse.

    Contexte historique plus large

    • Origines du gothique : Le style gothique (voûtes sur croisée d’ogives, arcs-boutants, élévation verticale, grandes baies) est une innovation franco-picarde du XIIe siècle. Il synthétise des éléments antérieurs : voûtes d’ogives anglo-normandes (Durham, Lessay), arcs-boutants bourguignons (Cluny), murs fins des basiliques paléochrétiennes d’Île-de-France. C’est un laboratoire technique occidental, porté par la vitalité économique, démographique et spirituelle de l’Europe capétienne (foi chrétienne, concurrence entre évêques et abbés, essor urbain).
    • Influences et échanges : Il existait des contacts (commerce, croisades, Sicile, Espagne de la Reconquista). Certains motifs décoratifs (arabesques, polylobés) ou techniques mineures ont pu circuler, comme dans l’art roman (ex. : certaines églises du sud). Mais l’architecture gothique n’est pas une copie ou un emprunt structurel à l’architecture islamique (mosquées à arcs brisés, coupoles, iwans). Le gothique exprime une théologie chrétienne de la lumière (Dieu comme Lux) et une aspiration verticale vers le ciel, très différente de l’esthétique islamique.
    • Transmission des savoirs : Gouguenheim a montré dans ses travaux que l’héritage grec (Aristote notamment) est parvenu en Occident via des voies directes (Byzance, traductions latines dès le XIe-XIIe siècle à Mont-Saint-Michel ou ailleurs) autant que via le monde arabo-musulman (Tolède, etc.). Ce dernier a préservé et commenté des textes, mais n’a pas été l’unique ni le principal vecteur. L’idée d’un Occident « ignorant » sauvé par l’islam est une caricature orientaliste inversée.

    Des auteurs comme Diana Darke (Stealing from the Saracens) ou Christopher Wren (XVIIe siècle, qui parlait de « style sarrasin » pour le gothique) défendent une influence plus forte, souvent en insistant sur des similarités formelles ou des transferts via les croisés. Ces thèses sont contestées par de nombreux historiens de l’art médiéval, qui y voient une surinterprétation (confusion entre motifs décoratifs et structure porteuse, ignorance des évolutions internes à l’Occident). Des critiques universitaires (Byng, Kinsella) relativisent fortement ces claims.

    Pourquoi cette polémique ?

    Elle s’inscrit dans un débat plus vaste sur les « racines » de l’Europe et la place de l’islam dans son histoire. Minimiser le génie propre de la chrétienté médiévale occidentale (son dynamisme technique, théologique et social) au profit d’un narratif de dette exclusive sert parfois un agenda politique contemporain. L’histoire réelle est plus nuancée : l’Europe médiévale a assimilé, transformé et innové à partir de multiples héritages (gréco-romain, chrétien, germanique, byzantin), sans être une tabula rasa sauvée par Bagdad ou Cordoue.

    Les cathédrales de Chartres, Reims, Amiens ou Notre-Dame de Paris restent avant tout le fruit du savoir-faire, de la foi et de l’organisation des sociétés chrétiennes occidentales du XIIe-XIIIe siècle. Elles témoignent d’un élan créateur autonome, pas d’un simple transfert technologique depuis le monde islamique. Gouguenheim a raison de le rappeler face aux approximations militantes.

    Synthèse obtenue avec l'IA

  • « Familles, élevez des vers de terre », voilà comment le Vatican sauve la planète.

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    De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    « Familles, élevez des vers de terre », voilà comment le Vatican sauve la planète.

    « L’écologie intégrale dans la vie familiale » est le nouveau et volumineux document publié par les Dicastères du Vatican pour le développement humain intégral et pour les laïcs, la famille et la vie. Il s’agit d’une synthèse sur l’écologie teintée d’une perspective cléricale, bien éloignée de la pensée catholique.

    29/04/2026

    Ingrédients : incompétence en matière d’environnement ; connaissances théologiques limitées ; servilité culturelle excessive ; une pincée de cléricalisme. Préparation : mélanger le tout, en y ajoutant progressivement une généreuse dose d’activisme, jusqu’à obtenir un document inutilement long et éloigné de la pensée catholique.

    Voici la recette du dernier document, fruit d'une collaboration entre deux dicastères du Vatican : le Dicastère pour le service du développement humain intégral et le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie – Écologie intégrale dans la vie familiale –, publié le 27 avril. Avec ses 84 pages, il s'agit d'un nouvel hommage à l'encyclique Laudato Si' (2015), à laquelle le pape François a consacré une grande partie de son pontificat, mais qui a eu pour effet d'introduire dans le Magistère des concepts – tels que le développement durable – empruntés à l'écologisme dominant et, de par leur nature même, incompatibles avec le catholicisme.

    Le nouveau document du Vatican s'inscrit dans la même lignée , visant à étendre à tous les domaines cette « conversion écologique » si chère au prédécesseur de Léon XIV. L'accent est mis ici sur la famille, appelée à entreprendre une série d'actions – à l'instar des recommandations du WWF – pour vivre pleinement sa foi chrétienne. Ainsi, après une introduction combinant le contenu de Laudato Si' et de l'encyclique controversée Fratelli Tutti (2020) pour expliquer ce qu'est l'écologie intégrale, viennent les sept thèmes sélectionnés auxquels les familles sont appelées à s'engager, reprenant les slogans habituels si souvent entendus depuis 2013 : écouter le cri de la terre, écouter le cri des pauvres et des vulnérables, adopter et promouvoir une économie écologique, adopter des modes de vie écologiques, écologie intégrale et éducation, spiritualité écologique dans une perspective familiale et participation des familles à la vie communautaire.

    Des dizaines et des dizaines de suggestions ont été faites aux familles, des plus banales et évidentes, comme éviter le gaspillage d'eau, d'électricité et de nourriture ou trier les déchets, aux plus complexes. En voici quelques-unes, à titre d'exemple, qui se passent de commentaires : « Si vous avez accès à un espace extérieur, créez un composteur ou un lombricomposteur. Si, en revanche, vous n'avez pas accès à un tel espace et que votre commune ne propose pas de service de compostage, demandez à votre école ou à votre paroisse si elles seraient disposées à accueillir un composteur communautaire. » ; « Récupérez l'eau de pluie. » ; « Fréquentez les marchés aux puces. » ; « Visitez les fermes et les ateliers locaux en famille pour rencontrer les personnes qui y travaillent et ainsi favoriser le lien social. » ; « Réparez les jouets cassés avec vos enfants. Les adolescents peuvent réparer leur propre matériel sportif et les adultes peuvent restaurer et préserver les biens des générations précédentes (meubles ou même maisons). » ; « Demandez à l'école de votre quartier de mettre en œuvre des améliorations écologiques dans ses installations. » ; « Demandez à l'école de votre quartier de mettre à jour ses activités et son matériel pédagogique sur les questions écologiques. » « Profitez-en pour prier en pleine nature, ce qui peut inclure une messe en plein air, avec la permission du prêtre local. »

    Le problème, c'est que les propositions plus ou moins absurdes présentées dans ce document découlent d'une soumission culturelle à l'écologisme dominant. Les concepts et idées que l'on trouve dans toute publication écologiste sont ainsi repris mot pour mot, sans tenir pour acquis l'ampleur, les causes et les solutions d'une prétendue crise environnementale mondiale. De ce fait, on ne saisit même pas la contradiction entre l'accent mis sur l'agriculture, manifestement durable, et l'impératif d'utiliser des panneaux photovoltaïques, qui accaparent littéralement d'immenses surfaces agricoles pour produire de l'énergie, en quantités qui resteront marginales.

    Tout en rappelant par certains aspects l’encyclique Centesimus Annus (1991) de saint Jean-Paul II, et dans la lignée du pape François, le concept d’« écologie humaine » est abandonné au profit d’une « écologie intégrale » fondamentalement différente. Cette dernière prône le respect de la vie, l’attention portée aux plus vulnérables et la centralité de la famille (points fortement soulignés dans le document), mais tous ces éléments sont ici amalgamés sans distinction, au même titre que la finance éthique et la consommation responsable. De fait, il apparaît clairement que le véritable objectif est la « conversion écologique », et que la « sainteté de la famille » y contribue. À tel point que les familles, dans l’espoir porté par le document du Vatican, sont perçues comme des noyaux de l’activisme environnemental.

    À l’inverse, dans Centesimus Annus, saint Jean-Paul II décrit une « écologie humaine » – en opposition implicite à l’écologie environnementale – où la nécessité de prendre soin de l’environnement découle du respect de l’ordre créé par Dieu, qui place la famille (fondée sur le mariage entre un homme et une femme) et la vie au sommet de la hiérarchie. « La première et fondamentale structure de l’« écologie humaine », écrit saint Jean-Paul II, « est  la famille,  au sein de laquelle l’homme reçoit les premières et décisives notions de vérité et de bien, apprend ce que signifie aimer et être aimé, et donc ce que signifie concrètement être une personne » (n° 39). Il n’est pas possible de reconnaître que la terre est un don de Dieu à l’homme – « qui doit l’utiliser en respectant sa vocation première de bien » – si l’homme ne reconnaît pas d’abord qu’il « est un don de Dieu à lui-même et doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté ».

    Une fois de plus, nous constatons donc non seulement la rupture entre le pontificat de François et le magistère de ses prédécesseurs, mais aussi la persistance de ces enseignements au sein du pontificat actuel. De toute évidence, certains cardinaux de la Curie romaine continuent de produire des documents suivant les instructions du pape François, cherchant ainsi à influencer son successeur. Attendre qu'ils atteignent la limite d'âge ou que leur mandat expire n'est peut-être pas la meilleure solution pour le bien de l'Église.

  • L'Église catholique ne bénéficie d'aucune véritable liberté en Chine.

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    De sur Bitter Winter :

    L'Église catholique ne bénéficie d'aucune véritable liberté en Chine.

    28 avril 2026

    Après l'accord de 2018, la pression sur les catholiques chinois s'intensifie face à l'indifférence apparente du Vatican, selon un rapport de Human Rights Watch.

    L'étau se resserre autour des catholiques chinois qui refusent de se soumettre à Pékin.

    Malgré un rapprochement avec le Saint-Siège en 2018, qui a concédé la nomination d'évêques à l'État chinois avec l'approbation formelle du Vatican, leur situation est plus sombre que jamais, sans aucune amélioration pour les quelque 12 millions de catholiques chinois.

    Selon Yalkun Uluyol de Human Rights Watch (HRW), dans son dernier rapport, les fidèles catholiques clandestins de Chine subissent plus de pression que jamais pour adhérer à la version « sinisée » de leur foi proposée par Pékin.

    « Dix ans après le début de la campagne de sinisation de Xi Jinping et près de huit ans après l’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la Chine, les catholiques en Chine sont confrontés à une répression croissante qui viole leurs libertés religieuses », a-t-il déclaré. Il a exhorté le pape Léon XIV à « réexaminer d’urgence l’accord et à faire pression sur Pékin pour qu’il mette fin à la persécution et à l’intimidation des Églises clandestines, du clergé et des fidèles ».

    Pékin cherche à rompre ses liens avec le Vatican depuis les années 1950, date à laquelle l'envoyé papal fut expulsé sous Mao Zedong et le cardinal Ignatius Kung de Shanghai emprisonné pendant 30 ans pour avoir refusé de renoncer à l'autorité papale. La répression a toujours été particulièrement sévère envers ceux qui refusent de prêter allégeance au Parti communiste chinois.

    Depuis son accession au pouvoir en 2012, le président Xi Jinping a redoublé d'efforts pour conformer toutes les religions au modèle communiste chinois. La sinisation des religions et l'imposition des « caractéristiques chinoises » à l'architecture, aux enseignements et aux traditions religieuses sont devenues une stratégie centrale en 2016. L'influence étrangère, sa bête noire, est devenue sa cible. Le contrôle juridique des religions s'est renforcé, le « culte patriotique » a été imposé et les activités religieuses en ligne ont été visées.

    Pékin n'a pas tardé à sévir après la signature de l'accord en 2018. Les évêques ont été contraints d'adhérer à l'Association patriotique catholique chinoise (APCC). Le Saint-Siège a semblé se rallier aux plans de Pékin lorsqu'il a publié, en 2019, des directives autorisant l'objection de conscience à l' APCC tout en acceptant l'adhésion comme une nouvelle norme.

    Depuis, une série de nouvelles lois restreignant la pratique religieuse sont entrées en vigueur, réprimant la diffusion de matériel religieux, les activités pour enfants et les œuvres caritatives catholiques. L'appel d'un prêtre catholique au Vatican pour empêcher la fermeture d'un orphelinat historique du diocèse de Zhaoxian, ainsi que d'autres établissements menacés de fermeture depuis 2018, a été ignoré .

    Toutes les activités caritatives à vocation religieuse sont désormais de facto interdites suite au nouveau « Règlement sur les affaires religieuses » de 2018 qui, tout en prétendant consacrer la liberté de croyance religieuse, a en réalité restreint la capacité des individus ou des organisations à s'engager dans de telles activités et leur a refusé tout statut légal.

    Les catholiques ne sont pas les seuls à subir l'oppression croissante qui touche toutes les grandes religions en Chine. Les bouddhistes tibétains et les musulmans ont également vu leurs lieux de culte détruits et leurs fidèles endoctrinés de force, emprisonnés et torturés lors de répressions qualifiées de crimes contre l'humanité, voire de génocide.

    En 2018, des responsables du Vatican, suscitant la consternation chez les catholiques, ont décrit la « sinisation » comme potentiellement compatible avec l'inculturation du christianisme. Ils ont interprété la « sinisation » comme le processus d'intégration de la religion à la culture chinoise locale, citant de grands missionnaires catholiques tels qu'Alessandro Valignano, Matteo Ricci et Giuseppe Castiglione, qui souhaitaient ouvrir la voie à un catholicisme « aux formes chinoises », afin de proclamer l'Évangile de Jésus-Christ dans une perspective pleinement chinoise. Cependant, l'inculturation promue par ces grands missionnaires catholiques n'avait que peu de points communs avec la « sinisation » prônée par Xi Jinping , qui exige que la religion adhère aux « valeurs socialistes fondamentales » du Parti communiste chinois.

    Ni le pape François ni l'actuel pape Léon XIV ne se sont prononcés contre l'accélération du contrôle idéologique, de la surveillance et des restrictions de voyage imposées par la Chine à 12 millions de catholiques, le pape Léon XIV ayant même approuvé sans réserve les cinq dernières nominations d'évêques par Pékin.

    Personne n'a dénoncé la détention illégale, voire la torture, de dix évêques approuvés par le Vatican, dont la persécution pendant des décennies s'est heurtée à un mur de silence, ni la mort de six autres évêques décédés au cours des six dernières années, ni celle de ceux qui ont tout simplement disparu.

    La réaction discrète du Vatican a enhardi Pékin, qui renforce son emprise sur tous les catholiques.

    Selon le rapport de HRW, certains catholiques clandestins ont déclaré se sentir trahis par le Vatican, et des dizaines de catholiques interrogés par un expert ont fait état du sentiment que le Vatican « s'en prend également à eux ».

    Un prêtre vivant à l'étranger craint que, comme aucun nouvel évêque n'est désormais nommé pour l'Église clandestine, « à long terme, les catholiques clandestins [en Chine] disparaîtront ».

    Dans un rapport, un universitaire ayant interrogé des dizaines de membres d'églises en Chine décrit la formation idéologique obligatoire imposée au clergé comme un effort concerté visant à « diminuer l'influence des figures religieuses ».

    Le renforcement de la surveillance et l'obligation, dans certaines régions, de s'inscrire au préalable pour assister à un office religieux ont dissuadé les fidèles des nouvelles églises « patriotiques » de s'y rendre, incitant certains à organiser de faux mariages pour « se réunir et prier » à l'abri des caméras des bâtiments officiels.

    Un catholique connaissant bien la situation au Shaanxi a fait part à HRW de ses craintes que les restrictions d'accès aux enfants ne visent à « rompre les liens intergénérationnels au sein de la communauté catholique ». Des documents internes ont circulé, dissuadant les parents d'« inculquer des idées religieuses à leurs enfants » et demandant aux écoles d'« inciter les élèves à signaler proactivement » tout incident de ce type aux autorités compétentes. 

    Selon le rapport de Human Rights Watch, la répression des catholiques contrevient à de nombreuses normes et lois internationales relatives aux droits humains, notamment à l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. L'article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), que la Chine a signé mais non ratifié, consacre le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit comprend pour chacun « la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, et la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, les rites, les pratiques et l'enseignement ».

    Uluyol exhorte le Saint-Siège et les gouvernements concernés à faire pression sur Pékin afin que ce dernier respecte la liberté religieuse de tous les catholiques et des autres religions en Chine. « Le gouvernement chinois doit cesser de persécuter et d'intimider les fidèles qui pratiquent leur foi et leur spiritualité indépendamment du contrôle du Parti communiste », a-t-il déclaré.


    Ruth Ingram est une chercheuse qui a beaucoup écrit pour la publication Central Asia-Caucasus, l'Institute of War and Peace Reporting, le journal hebdomadaire GuardianThe Diplomat et d'autres publications.

  • Ce que Staline a initié à Lviv en 1946 — une tentative de liquidation de l'Église — se poursuit aujourd'hui dans la guerre que Poutine mène contre l'Ukraine

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    De George Weigel sur le NCR :

    « Ecclésiacide », hier et aujourd'hui

    COMMENTAIRE : Ce que Staline a initié à Lviv en 1946 — une tentative de liquidation de l'Église — se poursuit aujourd'hui dans la guerre que Poutine mène contre l'Ukraine.

    indéfini
    La cathédrale Saint-Georges de Lviv, en Ukraine, fut le théâtre d'un « sobor » organisé par les Soviétiques en mars 1946, visant à liquider l'Église gréco-catholique ukrainienne. (Photo : Wikipedia)

    Pardonnez-moi ce néologisme d'origine latine, mais si « parricide » convient pour le meurtre de son père et « régicide » pour l'élimination d'un roi, pourquoi pas « ecclésiacide » pour la tentative d'anéantissement d'une Église entière ?

    C’est ce qui s’est passé il y a environ 80 ans, du 8 au 10 mars 1946, à la cathédrale Saint-Georges de Lviv, en Ukraine. Là, ce qui était présenté comme un concile (ou sobor ) a voté l’annulation de l’ Union de Brest de 1596 et, par conséquent, la réunification de l’Église gréco-catholique ukrainienne (UGCC) avec l’Église orthodoxe russe (ROC) – un acte qu’un haut responsable orthodoxe russe m’a un jour affirmé être parfaitement légitime (pour ainsi dire) car « lorsque les uniates [catholiques orientaux en pleine communion avec Rome] retournent dans leur foyer [orthodoxe], c’est toujours légitime ».

    Or, nous savons maintenant avec certitude, grâce à des documents de première main conservés dans les archives d'État ukrainiennes, que le soi-disant « Sobor de Lviv » de 1946 a été orchestré par les services de sécurité soviétiques et n'avait pas plus de légitimité morale, spirituelle ou légale que n'importe quel autre acte commis sous la menace des armes.

    Certes, ce « Pseudo-Sobor » fut un échec stratégique, comme le reconnut peu après le ministère soviétique de la Sécurité d’État dans une directive adressée à ses agents dans ce qui est aujourd’hui l’ouest de l’Ukraine :

    La liquidation formelle de l'Église gréco-catholique uniate, résultant des résolutions du Sobor des 8-10 mars, et la réunification formelle avec l'Église orthodoxe russe ne constituent pas l'achèvement de la liquidation effective de ces aspirations hostiles dont le clergé gréco-catholique uniate était porteur.

    Une répression massive, souvent meurtrière, s'ensuivit. Pourtant, le résultat de cette tentative d'« ecclésiacide » fut la création du plus grand réseau religieux clandestin au monde. L'Église gréco-catholique ukrainienne survécut ainsi pendant 45 ans grâce à des offices religieux clandestins, un enseignement religieux clandestin, une formation sacerdotale clandestine et des consécrations épiscopales clandestines, avant de renaître de ses cendres en 1991, après l'effondrement de l'empire soviétique.

    Aujourd'hui, l'Église catholique ukrainienne (UGCC), dynamique et influente, voit son influence croître en nombre. Son premier dirigeant après la chute de l'Union soviétique, le cardinal Lioubomyr Husar, était l'autorité morale la plus respectée d'Ukraine. Son digne successeur, l'archevêque-major Sviatoslav Chevtchouk, est une source d'inspiration nationale depuis l'invasion russe de février 2022, tout en s'imposant sur la scène internationale comme modèle de l'évêque du XXIe siècle. L'UGCC gère l'établissement d'enseignement supérieur le plus prestigieux d'Ukraine, l'Université catholique ukrainienne, et ses nombreuses initiatives caritatives, éducatives, sociales et culturelles ont contribué à l'édification de la société civile ukrainienne qui soutient aujourd'hui la lutte politique, militaire et diplomatique du pays contre la barbarie du tsar Poutine.

    Le fait que le major-archevêque Chevtchouk figurât en bonne place sur la liste des dirigeants ukrainiens à assassiner si les troupes de Poutine avaient réussi à conquérir Kiev en trois ou quatre jours, indique que l'« ecclésiacide » de l'Église gréco-catholique ukrainienne demeure un objectif russe ; il en va de même pour la prise de contrôle par les Russes de l'église gréco-catholique des Saints-Apôtres Pierre et Paul à Zaporijia, le dimanche de Pâques de cette année. En 1946, la hiérarchie de l'Église orthodoxe russe, reconstituée par Staline en 1943 pour rallier le soutien populaire à la Grande Guerre patriotique contre l'Allemagne, a collaboré avec les services de sécurité soviétiques au sein du pseudo-Sobor de Lviv.

    Quatre-vingts ans plus tard, le patriarche Kirill de Moscou a tenté de justifier l'agression de Poutine par une interprétation religieuse, tout en déclarant de manière hérétique que tout soldat russe tué à la guerre est automatiquement pardonné de tous ses péchés et conduit immédiatement au paradis. Il est indéniable que Kirill, pour le moins proche du KGB dans sa jeunesse, se réjouirait de la dissolution de l'Église gréco-catholique ukrainienne ; comment expliquer autrement qu'il bénisse une guerre où des membres du clergé de l'Église gréco-catholique ukrainienne ont été tués, enlevés et torturés lors de leur capture par les forces russes ? Pourtant, malgré tout cela, les évêques, les prêtres et les diacres de l'Église gréco-catholique ukrainienne sont restés fidèles à leurs fidèles, risquant leur vie chaque jour.

    Une conférence organisée les 27 et 28 mars à l'Université catholique d'Amérique a exploré l'histoire de la tentative russe d'« ecclésiacide » ukrainien au milieu du XXe siècle – qui a en réalité débuté en septembre 1939 lorsque l'Union soviétique a occupé ce qui est aujourd'hui l'ouest de l'Ukraine grâce au tristement célèbre pacte Molotov-Ribbentrop – ainsi que la campagne anti-ukrainienne russe actuelle, menée sous couvert de reconstitution du Russkiy Mir , le « monde russe ». Cette conférence, d'un niveau académique élevé, a notamment été marquée par l'une des interventions les plus fascinantes du Dr Sergueï Chapnin, ancien responsable du Patriarcat de Moscou de l'Église orthodoxe russe, qui a expliqué comment l' idée du Russkiy Mir a été instrumentalisée pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui : une idéologie théologico-politique dont l'un des objectifs demeure la liquidation de l'Église orthodoxe ukrainienne (et, de fait, la liquidation d'une nation ukrainienne distincte).

    Autrement dit, en ce qui concerne la Russie et l'Ukraine, rien n'a changé, 80 ans plus tard. Les hommes politiques et les diplomates qui pensent que les convictions religieuses, sincères ou perverties, n'ont aucune incidence sur les affaires internationales devraient y réfléchir à deux fois.

  • Flandre : une nouvelle vocation pour 6 églises sur 10; moins de 3 % envisagent encore un avenir exclusivement religieux

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    De Veerle Deblauwe sur VRT News :

    Nouvelle vocation pour 6 églises sur 10, moins de 3 % restent exclusivement religieuses

     
    À Roulers, la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V) a présenté une analyse des projets d'avenir pour les églises. Un cinquième des églises paroissiales flamandes ont été reconverties ces dernières années. Moins de 3 % des églises envisagent encore un avenir exclusivement religieux. Pour six églises sur dix, une reconversion ou une utilisation secondaire est à l'étude.

    25 avril 2026

    La ministre a présenté son analyse samedi matin en l'église Saint-Joseph de Roulers, elle-même un exemple de reconversion. Désacralisée en 2014, l'église abrite désormais un cabinet d'architectes et s'ouvre également à d'autres activités. Par exemple, un Repair Café y est installé ce week-end, où chacun peut faire réparer ses appareils électroménagers défectueux.

    En 2025, toutes les municipalités, les conseils paroissiaux et les diocèses flamands ont été tenus d'élaborer conjointement un plan de politique ecclésiastique. La Plateforme pour l'avenir des paroisses a analysé les 1 527 propositions soumises.

    On compte environ 1 600 églises paroissiales en Flandre, soit en moyenne 5 à 6 par commune, contre 1 786 en 2013. Depuis cette date, 377 églises (21 %) ont déjà connu une transformation significative de leur vocation : 206 ont été reconverties et 171 ont été entièrement désacralisées. Dans 80 % des églises où se déroulent encore des offices, d’autres activités sont désormais proposées.

    Sept églises sont envisagées pour une démolition partielle et deux pour une démolition totale. À Maasmechelen, par exemple, des options de reconversion sont à l'étude pour la démolition complète de l'église « Vaagd der Armenkerk van Mariaheide ». L'église « Heilig Sacramentkerk » de Berchem sera quant à elle entièrement démolie pour laisser place, à partir de 2027, à un nouveau projet de logements sociaux mené par le promoteur immobilier « Woonhaven Antwerpen ».

    La destination secondaire est une destination favorite

    L’analyse des plans de politique ecclésiastique des communes et villes flamandes révèle que les administrations actuelles envisagent de reconvertir ou de réaffecter 6 églises sur 10. « Je ne cache pas ma préférence pour la reconversion. En Flandre, nous constatons un besoin croissant de lieux où les gens peuvent se recueillir », déclare la ministre Crevits.

    Elle attend avec intérêt de voir comment les municipalités concrétiseront leurs projets pour les églises locales dans les années à venir. « Les églises rassemblent les gens, et il est important que cela reste le cas. Une reconversion ou une utilisation alternative ne doit pas rompre avec le passé. »