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Religions - Page 45

  • Le Doyen d'Arlon : "je ne veux plus me taire devant les incohérences des mesures et le mépris dont culte et culture sont l’objet"

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    De cathobel.be :

    OPINION – Culte et culture, des essentiels, que diable !

    Depuis un an, les orientations choisies, les décisions prises, le vocabulaire utilisé, voire labellisé, révèlent une certaine conception de l’être humain qui nous pose question. Parmi celles-ci, qu’en est-il de l’essentiel pour vivre ou survivre ? Peut-on se contenter de ce qu’offrent les commerces dits essentiels, les déplacements dits essentiels, les relations dites essentielles… ?

    Certes, préserver la santé des citoyens est une intention plus que louable. Alors qu’aujourd’hui le déconfinement s’amorce timidement, le monde de la culture proteste avec raison en s’affirmant le parent pauvre des décisions successives. En tout temps, la culture nous est précieuse. Elle permet de prendre de la hauteur, d’interpeller, de critiquer et sert de garde-fou à une instrumentalisation de l’être humain aux seules fins économiques ou techniques. La culture ne serait-elle pas du registre de l’essentiel ?

    Et le spirituel, qu’en est-il ? Ne risque-t-il pas d’être remisé au vestiaire ? Pendant ces jours de pandémie, les cultes, comme on les désigne officiellement, n’ont guère droit au chapitre. Pourtant, l’actualité touche directement leur raison d’être : le sens de la vie, la cruauté de la mort, l’épreuve de la souffrance … Ceux qui ont interrogé leur foi, écouté une Parole de Vie, accueilli la paix intérieure, se sont laissés réconforter par la prière, ont mesuré que la dimension spirituelle n’a rien de secondaire, qu’elle est même vitale. Osons l’affirmer : le spirituel est de l’ordre de l’essentiel pour vivre en humain.

    Or, les dernières décisions du Comité de concertation manifestent non seulement leurs incohérences mais, une fois encore, le mépris des cultes et de la culture. En outre, elles confirment une indifférence insupportable réduisant l’être humain à une mécanique dépourvue d’esprit. Réduits à la catégorie du ‘non essentiel’, culte et culture ne sont pas pris en considération. Une célébration dans une église peut réunir 15 personnes alors qu’un concert dans le même lieu est interdit. Désormais les funérailles religieuses peuvent réunir 50 personnes (heureuse nouvelle pour les familles endeuillées) mais la messe dominicale seulement 15, que ce soit dans l’église du village ou dans la basilique de Koekelberg. Au même moment, ils sont des centaines au supermarché du coin se croisant, se heurtant ou faisant la queue ; ils sont plus de 50 à un procès d’assise mais interdit de théâtre et de cinéma et réduit à quelques-uns pour une liturgie communautaire.

    Il est temps de sortir de ce silence assourdissant. Bravo aux artistes qui se sont fait entendre au risque d’encourir des soucis avec la justice. Alors que les chrétiens se préparent à Pâques, sommet de l’année liturgique et plus grande fête chrétienne, les autorités du pays n’envisagent aucun ajustement de bon sens quant aux normes en vigueur pour l’exercice des cultes. Allons-nous rester silencieux et une fois encore faire le gros dos ? Personnellement, je ne veux plus me taire devant les incohérences des mesures et le mépris dont culte et culture sont l’objet. Dimanche, autour d’un cercueil (vide), nous nous recueillerons nombreux pour le repos éternel du vieil homme instrumentalisé et réduit à sa corporéité. Dimanche, autour d’un cercueil (vide), nous prierons dans l’espérance de la résurrection d’un homme nouveau pris au sérieux dans toutes ses dimensions et respecter dans sa liberté.

    Abbé Pascal ROGER, doyen d’Arlon

  • Pandémie et choix de société : "Nous sommes en colère !"

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    De Véronique de Stexhe sur le site de la Libre Belgique (Opinions)

    La colère nous submerge devant les choix de société qui sont faits depuis des mois

     
    Comment justifier ce que j’ai vu à City 2 ces dernières semaines ? Comment justifier que l’on puisse aller si nombreux dans une grande surface de vêtements ou d’alimentation alors que nous sommes interdits de théâtres, de cinéma, de restaurants, de concerts, et quasiment de lieux de culte ?

    Une opinion de Véronique de Stexhe, bibliste.

    Mesdames et Messieurs les experts, Mesdames et Messieurs du gouvernement,

    Nous sommes en colère !

    Oui, la colère nous submerge devant les choix de société que vous faites depuis des mois sans entendre, sans tenir compte de ce que nous essayons de vous dire sur tous les tons, et de manière pacifique.

    Devrons-nous entrer en résistance comme nos pères ou nos mères qui se sont battus pour préserver nos libertés ?

    Où sont les Résistants aujourd’hui ?

    Alors que lors de votre dernière intervention du vendredi 5 mars vous n’avez cessé de nous rappeler nos responsabilités, vous nous annoncez une fois encore le maintien d’un ensemble de restrictions qui nous déresponsabilisent.

    Sous prétexte de nous protéger, vous limitez nos libertés les plus élémentaires, celles qui sont essentielles à la vie quel que soit l’âge, quel que soit le milieu, quelle que soit l’orientation philosophique ou spirituelle.

    Depuis des mois, nous sommes privés de tout ce qui donne sens à nos vies.

    L’homme ne vit pas seulement de pain et, pour reprendre les mots d’un ancien professeur, il y a une manière de se "nourrir" qui donne la vie et une manière de se "nourrir" qui donne la mort.

    Comment justifier ce que j’ai vu à City 2 ces dernières semaines ? Comment justifier que l’on puisse aller si nombreux dans un grand magasin d’ameublement et de décoration bien connu aux abords de Bruxelles, ou bien dans une grande surface de vêtements ou d’alimentation alors que nous sommes interdits de théâtres, de cinéma, de restaurants, de concerts, et quasiment de lieux de culte ?

    Dans ces lieux de consommation matérielle, nous croisons des foules de personnes agglutinées devant des vitrines, devant une cuisine équipée, ou bien dans des escalators bondés, comme si toutes ces "choses" pouvaient nourrir nos désirs de vivre, de joie, de plénitude !

    Cette seule forme de nourriture, Mesdames, Messieurs, elle finit par nous donner la nausée.

    En revanche, se retrouver avec nos proches, ou pour un concert, une soirée théâtrale, au cinéma ou à l’église, en respectant les distances sociales, ça c’est nourrissant. Nourrissant de beauté, de rêve, d’amour, de créativité. En un mot : nourrissant de vraie vie.

    Et puisque nous parlons de vie, parlons aussi de la mort ; cette mort qui semble nous guetter tous et qui s’insinue en nous plus qu’avec le virus. Cette mort affreuse de ceux qui se retrouvent seuls pour l’affronter. Cette mort que nous ne pouvons plus célébrer, entre croyants ou non-croyants. Nous ne pouvons plus accompagner nos proches hospitalisés mais nous ne pouvons plus non plus nous retrouver ensemble pour leur rendre hommage et partager une dernière fois tout ce qu’ils ont été pour nous.

    Après des mois d’attente, de 15 personnes, nous sommes passés à 50 !

    50 personnes qu’il faut choisir pour enterrer un proche. Prêtres et chorale comprise.

    Que ce soit au crématorium ou à l’église, 50 personnes et les autres en visioconférence.

    50 personnes dans des espaces immenses qui peuvent, pour certains, accueillir 1 000 personnes ! Comment en sommes-nous arrivés là ?

    De plus, pas un mot n’a été dit pour les célébrations hors funérailles. Pas un mot pour ces milliers de citoyens pour qui la célébration des cultes est une nourriture essentielle. Comme si l’article 19 de la Constitution garantissant la liberté de culte était balayé d’un revers de la main !

    Mesdames, Messieurs, ne nous prenez pas pour des moutons, qui obéiraient sans broncher à une succession de mesures qui varient au gré des peurs des uns et des conseils des autres.

    Le risque zéro n’existe pas. Quand allons-nous nous décider à résister au joug de l’illusion du risque sanitaire zéro ?

    La vie est risquée, l’amour est risqué, la foi est risquée. Ne plus prendre de risque fait de nous des morts-vivants. Est-ce cela que nous souhaitons ?

    Mesdames et Messieurs, écoutez-nous ! Nous avons plus de 60 ans et nous vous demandons d’arrêter de détruire des vies pour nous protéger. De prendre des mesures équilibrées qui puissent préserver nos libertés fondamentales en tenant compte de notre appétit de vivre. Nous voulons choisir notre "nourriture", celle qui nourrit la beauté partagée, les relations, la foi. La vie tout simplement.

    Laissez-nous célébrer la vie et célébrer la mort en ouvrant nos espaces de culte ou autres lieux de réunions essentiels, afin de pouvoir de nouveau, de façon organisée, prier, chanter, pleurer et aussi nous recueillir autour de nos défunts, sans devoir faire des choix inhumains pour respecter ce nombre arbitraire (et inadapté) de 50 personnes, chorale comprise !

    Mettons fin, ensemble, à ce système qui nous enferme et qui nous enterre vivants !

  • "La liberté religieuse est un droit universel"

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    De Vatican News (Isabella Piro):

    Mgr Jurkovič rappelle que la liberté religieuse est un droit universel

    L’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'ONU à Genève a tenu à souligner qu'il fallait défendre la liberté religieuse et de croyance pour tous les groupes et communautés, et non pour un seul.

    «Dans le scénario actuel, alors que la liberté religieuse est de plus en plus mise à mal par la nécessité de protéger des vies humaines contre la propagation de la pandémie de Covid-19, il est essentiel que les autorités civiles s'engagent à la respecter, protéger et défendre, en tant que dimension de la dignité de la personne humaine», a affirmé avec force Mgr Ivan Jurkovič en ouverture de son intervention le 4 mars dernier lors de la 46e session du Conseil des droits de l'Homme de l’ONU.

    L’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève a également fait référence au rapport présenté par le relateur spécial sur la liberté religieuse de l’ONU, notant «avec préoccupation» la portée «limitée» du thème choisi, à savoir "La haine anti-musulmane / l'islamophobie".

    Considérer tous les groupes religieux

    «Le Saint-Siège ne peut que déplorer le fait que le rapport ne prenne pas suffisamment en compte le contexte de la persécution de toutes les personnes de foi, ou de celles qui n'ont pas de foi du tout», a souligné Mgr Jurkovič. Pour le Saint-Siège qu’il représente, il est clair que tous les actes de haine, de discrimination et de persécution religieuses doivent être condamnés avec véhémence, même ceux à l'encontre des musulmans. Toutefois, compte tenu de «l'universalité de la liberté religieuse sanctionnée par la Déclaration universelle des droits de l'Homme», la décision de «limiter le sujet du rapport présenté à un groupe religieux particulier sans référence aux nombreux autres, pourrait représenter un changement substantiel dans l'approche méthodologique», regrette le prélat.

    Non aux discriminations

    Si un tel changement devait être mis en œuvre, il ne conduirait pas à «une réduction du profilage négatif et de la stigmatisation de ces groupes», estime Mgr Jurkovič , mais ferait courir «le risque réel d'être source de division, de favoriser une mentalité du "nous" contre le "eux"». En fait, pour le prélat, «toute législation ou pratique qui exclut un groupe spécifique sur la base, au moins en partie, de critères religieux, représente une forme subtile de discrimination, quels que soient les effets escomptés ou le résultat réel de ces lois ou pratiques».

    La liberté religieuse, un droit universel

    Pour cette raison, l'archevêque a exprimé sa «profonde inquiétude»: parce que ce rapport qui «devrait défendre le droit humain fondamental et universel de la liberté religieuse et de croyance, était en fait axé sur un seul groupe religieux à l'exclusion des autres, avec le risque de polariser la communauté internationale et de créer encore plus de conflits», mettant «encore plus en danger» précisément ces droits que le Conseil des Nations unies «devrait promouvoir et protéger».

  • Le pape en Irak : pari gagné

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    De Louis Daufresne sur la Sélection du Jour :

    VOYAGE EN IRAK : LE PAPE FRANÇOIS GAGNE SON PARI

    Il voulait aller en Irak ; le pape François l'a fait ! Malgré le Covid et le risque d’attentat. Fin janvier, une énième attaque terroriste faisait encore 32 morts à Bagdad… Ce voyage put avoir lieu grâce au confinement quasi-total de la population et à un dispositif sécuritaire hors norme. Jamais aucun de ses prédécesseurs ne s’était rendu sur la terre natale d’Abraham, père des trois monothéismes. Jean-Paul II souhaitait faire le voyage en 2000 mais en fut empêché par feu Saddam Hussein. En trois jours, le pape aura parcouru 1445 kilomètres, en avion, en hélicoptère, en voiture blindée. Avec à la clé de belles images. Prenons-en quelques-unes :

    La plus symbolique : samedi à Najaf, ville sainte chiite du sud, François rencontrait le grand ayatollah Ali Sistani, de cinq ans son aîné. Il n’avait jamais parlé à un pape. L’entretien confidentiel s’éternisa (50 minutes). « Cela me fit du bien à l’âme », s’écria François dans l’avion le ramenant à Rome. L'imam lui dit œuvrer pour que les chrétiens vécussent en « sécurité » et avec « tous leurs droits constitutionnels ». Néanmoins, il ne parapha point le document sur la « fraternité humaine » signé en 2019 à Abu Dhabi par Ahmed Al-Tayeb, le grand imam sunnite d'Al-Azhar (Égypte). Sistani incarne une vision plus nationale qu’Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, ce qui explique le poids donné à cette rencontre. D’autant que le chiisme est majoritaire en Irak (60%) et influent en Syrie et au Liban. Mais ces deux pays ne furent jamais cités, François ne voulant pas donner à ce sommet une teinte géopolitique. Sistani est aussi perçu comme plus modéré que son homologue de Téhéran. Néanmoins, sa fatwa de 2006 appelant à tuer les homosexuels « de la pire manière qui soit » laisse perplexe. Il reste celui qui en 2014 appela à prendre les armes contre le groupe sunnite État islamique (EI). Cette rencontre « récompense » symboliquement l’action du Hachd al-Chaabi. Sans cette puissante coalition paramilitaire, les forces irakiennes auraient-elles vaincu l’EI fin 2017 ? Du coup, François et lui sont présentés en Iran comme « les porte-drapeaux de la paix mondiale ». Comme quoi, en recevant un pape, on capte un peu de son image.

    La plus émouvante : hier matin, le pape toucha la foule, à Mossoul, ancienne « capitale du califat » où se trouve la tombe du prophète Jonas. La ville est encore privée d’eau et d’électricité. François apparut sur une estrade construite au milieu des ruines, faute d'église toujours debout. On le vit marcher difficilement à cause de sa sciatique. Il fit un tour en voiturette sous les youyous et les vivats. Le pape estima que le départ des chrétiens est « un dommage

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  • Les trois appels lancés par le pape aux chrétiens d'Irak

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    De la rubrique "au quotidien" (n° 163) de l'Homme Nouveau :

    Le voyage de François en Irak a été particulièrement suivi par la presse française. Dans le Figaro (8 mars), Jean-Marie Guénois, par exemple, souligne les trois appels lancés par le pape aux chrétiens de ce pays.

    Le soleil irakien de ce dimanche jette une lumière crue sur les ruines blanches de Mossoul. Place Hosh al-Bieaa, les éboulis des quatre églises qui la forment, stigmates des destructions de Daech, s’étalent encore comme des plaies ouvertes. Une lourde limousine blindée noire, sous une escorte de sécurité inouïe, dépose le pape. François a absolument tenu à prier au cœur de cette ville martyre, qui fut la capitale éphémère de l’aventure meurtrière de Daech, pour laquelle il avait déjà beaucoup prié lors de l’horreur de 2014. Prier large « pour toutes les victimes des guerres », sans exclusion, et même prier pour les agresseurs islamistes : « Nous te confions ceux dont la vie terrestre a été écourtée par la main violente de leurs frères, dit François, et nous t’implorons aussi pour tous ceux qui ont fait du mal à leurs frères et à leurs sœurs : qu’ils se repentent, touchés par la puissance de ta miséricorde. » (…)

    Ce 33e voyage de son pontificat, en Irak - qu’il a attendu depuis six ans, assurent ses proches -, a été présenté par François comme une « pénitence ». Risqué pour sa sécurité et sa santé, avec la pandémie qui ravage l’Irak, ce déplacement historique se veut aussi porteur d’une forte symbolique de paix. Et un encouragement aux chrétiens d’Irak pour les aider à relever la tête, aux Irakiens à se donner la main. Sur cette place de Mossoul, l’ardeur des mots du pape a étreint l’assemblée, ­résumant tout l’esprit de son voyage : « Si Dieu est le Dieu de la vie - et il l’est - il ne nous est pas permis de tuer nos frères en son nom. Si Dieu est le Dieu de la paix - et il l’est - il ne nous est pas permis de faire la guerre en son nom. Si Dieu est le Dieu de l’amour - et il l’est - il ne nous est pas permis de haïr nos frères. » (…)

    Depuis la basilique de l’Immaculée-Conception, profondément endommagée avant d’être restaurée, il implore : « Ne vous rendez pas, ne perdez pas l’espérance » car « le terrorisme et la mort n’ont jamais le dernier mot. Le dernier mot appartient à Dieu. »

    Ce qui implique trois devoirs pour les chrétiens du Moyen-Orient. Le premier est de ne pas céder à la « tentation de répondre à ceux qui nous ont agressés ». C’est un « piège où il est facile de tomber », explique François à Erbil, dernière étape de son voyage. « Le piège de montrer aux autres que nous sommes forts » mais « le piège aussi de nous faire une fausse image de Dieu », alors que « le Christ nous fortifie afin que nous sachions résister à la tentation de chercher à se venger, qui fait s’enfoncer dans une spirale de représailles sans fin. »

    Second devoir, le « pardon ». C’est une « parole clé » dit François. « Il est nécessaire de la part de ceux qui ont survécu aux attaques terroristes ». Il « est nécessaire pour demeurer dans l’amour, pour demeurer chrétien. La route vers une pleine guérison peut être encore longue, mais je vous demande, s’il vous plaît, de ne pas vous décourager. La capacité de pardonner est nécessaire et, en même temps, le courage de lutter. Je sais que cela est très difficile. »

    Troisième devoir pour ces chrétiens si exposés, celui de « persévérer ». Afin de « ne pas perdre le grand héritage spirituel laissé par les chrétiens de cette région. Cet héritage est votre force ! Étreignez cet héritage ! Vous n’êtes pas seuls ! L’Église tout entière vous est proche ». Enfin François d’exhorter : « N’oubliez pas qui vous êtes et d’où vous venez ! (…) protégez vos racines ! »

  • Le pape de retour d'Irak : "ce qui m'a le plus touché..."

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso en traduction française sur Diakonos.be :

    De retour d’Irak : « Ce qui m’a le plus touché… »

    Au cours de la traditionnelle conférence de presse à bord de l’avion de retour d’Irak, le Pape François a déclaré que le moment qui l’avait le plus marqué de tout son voyage était le témoignage de cette femmes chrétienne qui avait fui Qaraqosh devant les milices de l’État Islamique qui avaient tué son enfant.

    Le témoignage de cette femme, ainsi que sa photo, ont été publiées intégralement par Settimo Cielo il y a deux jours :

    > “Le martyre de ces trois anges…”. Du carnet de voyage en Irak

    Et voici le commentaire du Pape François, retranscrit mot à mot :

    « Ce qui m’a le plus touché, c’est le témoignage d’une maman à Qaraqosh, […] une femme qui a perdu un fils dans les premiers bombardements de Daesh.  Elle a dit un mot : je pardonne.  Cela m’a ému.  Une maman [qui dit] : je pardonne et je demande pardon pour eux. […] Ce mot, nous l’avons oublié, nous savons insulter à tort et à travers, nous savons condamner à tort et à travers, moi en premier, cela nous le savons bien.  Mais pardonner !  Pardonner les ennemis : ça c’est l’Évangile pur ».

    Mais tout de suite après, Catherine Marciano de France-Presse a posé cette question au Pape François :

    « Vous avez soutenu les femmes de Qaraqosh avec de très belles paroles, mais que pensez-vous du fait qu’une femme musulmane amoureuse ne puisse pas se marier avec un chrétien sans être rejetée par sa famille ou pire encore ».

    Et là, le Pape a été évasif.  Il a parlé d’autres formes d’oppression, mais pas de celle-là.

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  • L'équivoque interreligieuse des "Enfants d'Abraham"

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    L'équivoque interreligieuse des "Enfants d'Abraham"

    07-03-2021

    Il est bien beau d'inviter les trois religions à collaborer pour le développement et la paix, mais "les Fils d'Abraham" ne peuvent pas devenir une nouvelle religion. C'est pourtant précisément le risque encouru par l'approche du pape François hier, à Ur. 

    On savait, et on sait, que le voyage du pape François en Irak serait, et est, plein de dangers. Il y a beaucoup de questions controversées, beaucoup de déchirements encore actuels, beaucoup d'intérêts politiques et religieux en jeu. On savait, et on sait donc, que ses interventions auraient dû tenir compte d'une situation délicate, avec des nerfs exposés et des explosifs. Sur certains sujets, il aurait été préférable de se taire, sur d'autres d'utiliser les mots les plus appropriés, sur d'autres encore de ne faire qu'une allusion et, enfin, de parler clairement ou même très clairement des autres. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un voyage très "politique". Il n'est donc pas surprenant que, de l'avis de certains, de meilleures choses auraient pu être dites sur certains sujets et que, de l'avis d'autres, le pape ait plutôt bien fait de parler comme il l'a fait.

    Après avoir précisé que les attentes de cette visite doivent, pour les raisons qui viennent d'être évoquées, être adaptées de manière réaliste à la situation concrète, un problème reste ouvert, lié oui à la visite en Irak mais doté d'une importance beaucoup plus grande. Une question sur laquelle cette visite aura une grande influence à l'avenir. Je veux parler du dialogue interreligieux.

    Dans une situation complexe comme celle de l'Irak, on comprend la nécessité de parler de collaboration et, surtout, de collaboration entre les religions, en particulier entre les chrétiens, les juifs et les musulmans. Dans un climat explosif comme celui de l'Irak, il faut asperger d'eau, pas allumer de nouvelles flammes. On comprend alors que le pape se soit présenté comme un messager de paix et de coexistence fraternelle, en cherchant à éteindre les tensions et la haine et en semant l'espoir.

    Mais il faut aussi se demander si un tel discours de paix et de collaboration devait aller jusqu'à éliminer la distinction entre les trois religions et indiquer la voie du dialogue interreligieux de manière discutable. Si la situation en Irak nécessite la collaboration sur le plan humain et social des trois religions les plus représentatives, cela n'a rien à voir avec une présentation uniforme des trois religions comme si elles n'en formaient qu'une : "la religion des enfants d'Abraham".

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  • Comment la majorité des chrétiens irakiens se sont résignés à l’exode au cours des dix-huit dernières années

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    De Soulayma MARDAM BEY sur le site de L'Orient - Le Jour :

    Comment l’Irak s’est vidé de ses chrétiens

    Depuis 2003, les violences et les discriminations à leur encontre ont poussé nombre d’entre eux à prendre, la mort dans l’âme, le chemin de l’exil.

    – « Les musulmans ne veulent pas de nous, c’est bien simple. Ils veulent le pays rien que pour eux.

    – Comment ça rien que pour eux? Il appartient à tous. C’est le nôtre et celui de nos ancêtres ! Je dirais même : à nous plus qu’aux autres. L’histoire le prouve. (...) Si ce n’est pas notre pays, alors c’est celui de qui, tu peux me dire ? – (...) C’était peut-être notre pays avant, mon oncle, il y a longtemps, dans un lointain passé, mais aujourd’hui, c’est fini. »

    Derrière l’âpreté du dialogue opposant Youssef, septuagénaire, et sa jeune nièce Maha – les deux héros du roman Ave Maria* de l’auteur irakien Sinan Antoon –, ce sont deux expériences qui se confrontent autour de la place des chrétiens sur l’une de leurs terres ancestrales. Lui n’a jamais voulu quitter l’Irak, son pays, s’exiler comme la majorité de ses proches après l’invasion américaine de 2003, et se réfugie dans la nostalgie d’une époque révolue fondée sur une coexistence idéalisée. Elle, étudiante en médecine, encore à l’école primaire au milieu des années 90, n’a pas vraiment connu le monde d’avant, celui qui a précédé la chute du régime de Saddam Hussein, et ne rêve que d’une chose, partir. En cette journée d’octobre 2010, son passé comme son présent sont façonnés par l’instabilité et les violences intercommunautaires, par les attentats jihadistes, les meurtres et les enlèvements de chrétiens, fidèles ordinaires ou dignitaires religieux, par ces églises qui brûlent et ces commerces incendiés. Livrés à eux-mêmes face à une situation qui les dépasse, la majorité des chrétiens irakiens se sont résignés à l’exode au cours de ces dix-huit dernières années. Les chiffres sont implacables. Selon les estimations, l’Irak dénombrait, à la veille de la guerre de 2003, plus d’un million de chrétiens. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’entre 150 000 et 400 000.

    « Si ce n’est pas notre pays, alors c’est celui de qui ? » s’interroge à juste titre Youssef. Car en se vidant d’une grande partie de ses chrétiens, ce sont des pans immenses de l’identité irakienne qui s’évaporent. Un déracinement qui entraîne dans son sillage celui de toute une région dont le pluralisme culturel est l’une des caractéristiques historiques fondamentales. « La Mésopotamie est l’un des premiers berceaux du christianisme, l’un des lieux de base de sa propagation. C’est un christianisme indigène et autochtone, né sur cette terre », rappelle Joseph Yacoub, professeur honoraire en sciences politiques de l’Université catholique de Lyon. Au cœur de la Mésopotamie, Ninive, un nom désormais associé aux indicibles crimes commis par l’État islamique, lorsque le 10 juin 2014, la province irakienne éponyme est envahie par les jihadistes, et, plus encore, lorsque le 17 juillet de la même année, ils imposent aux populations chrétiennes locales de choisir entre la conversion à l’islam, l’impôt, l’exil ou le glaive, confisquant leurs biens et transformant leurs lieux de culte en quartiers généraux. Un fanatisme par définition anhistorique. Car c’est dès le premier siècle que, selon la tradition, Ninive reçoit le message chrétien, à travers la prédication de l’apôtre saint Thomas et de deux disciples du Christ, Addai et Mari, à l’origine de l’Église d’Orient, dans ses deux branches chaldéenne et assyrienne. La visite du pape François du 5 au 8 mars en Irak, et notamment dans la ville de Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive, que l’EI avait érigée en capitale, est en ce sens très symbolique. C’est la première fois que la plus haute autorité catholique s’y rendra à la fois pour y réaffirmer le caractère pluriséculaire de la chrétienté et relancer le dialogue interreligieux. « C’est une visite qui porte en elle un message d’espoir pour les chrétiens et qui peut encourager ceux qui vivent dans la province de Ninive à retourner dans leurs foyers à Mossoul, qu’ils avaient quittés à cause de l’EI », commente Jamil al-Jamil, journaliste irakien.

    « Une maison de la sagesse »

    Indéniablement, le déclin démographique des chrétiens en Irak s’est accéléré après l’intervention américaine de 2003. Mais la tendance est en réalité largement antérieure et s’inscrit dans un XXe siècle riche en soubresauts politiques, lui-même héritier d’une longue histoire de domination islamique – aux contours ambigus – vis-à-vis des non-musulmans et qu’illustre l’institution ancestrale de la « dhimma ». Pour certains, les violences et discriminations que subissent aujourd’hui les chrétiens en Irak s’inscrivent dans cette continuité.

    Lire la suite sur le site de l'Orient - Le Jour

  • Entre ministres et virologues: voici l’évêque d’Anvers, Johan Bonny, en campagne vaccinatoire anti-covid 19

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    Une information de Sarah Poucet publiée le 5 mars sur le site cathobel, organe officiel de presse interdiocésain :

    « Dans un message vidéo, l’évêque Johan Bonny, accompagné du virologue Steven Van Gucht, a encouragé la communauté catholique à se faire vacciner.

    His_Master's_Voice.jpgSteven Van Gucht assure que le vaccin est sûr et ce, peu importe la marque. Après la période compliquée que nous avons vécue, le début vaccination est un signe d’espoir, souligne-t-il. L’évêque d’Anvers, pour sa part rappelle que nous avons reçu la vie de Dieu et que nous sommes tenus d’en prendre soin. Il appelle la communauté à se faire vacciner. C’est aussi la seule façon d’atteindre un seuil de sécurité suffisant que pour reprendre les activités au sein de l’Église, précise-t-il.

    Selon Kerknet, cette vidéo est une initiative du cabinet de Bart Somers, ministre flamand du Vivre ensemble et des Affaires intérieures soutenue par Vincent van Quickenborne, ministre de la Justice »

    Ref. L’évêque Johan Bonny appelle à se faire vacciner

    Pendant ce temps, la ministre régionale wallonne de la santé était interpellée par Mathilde Vandorpe (cdh) concernant la mise à l’écart des maisons de repos pour religieux du plan de vaccination.  Même si elle est « consciente du problème », Christie Morreale a expliqué que « le manque d’uniformité entre les structures l’empêche de prendre une décision » : la stratégie de vaccination ne sera donc pas modifiée. On joue à quoi exactement ?

    JPSC

  • Le pape en Irak : Abraham, notre père commun ?

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    De Riccardo Cascioli sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le pape en Irak, l'enjeu d'Abraham

    05-03-2021

    Le pape François arrive aujourd'hui en Irak pour un pèlerinage "sous le signe du père Abraham". Dans un pays dévasté par la guerre et la haine religieuse, c'est un appel à la coexistence pacifique dans la reconnaissance d'une fraternité commune entre chrétiens et musulmans. Mais le pape doit surmonter le double risque d'un appel qui ignore la situation politico-militaire réelle et d'un syncrétisme qui censure la diversité de la conception de Dieu, à commencer par la figure d'Abraham lui-même.

    En attendant l'arrivée du Pape

    Un pèlerinage "sous le signe du père Abraham, qui unit musulmans, juifs et chrétiens en une seule famille" : c'est ainsi que le pape François a défini le voyage historique en Irak qui commence aujourd'hui. Et le rendez-vous le plus symboliquement important de ce voyage est certainement celui de demain à Ur des Chaldéens, lieu de la vocation d'Abraham, point de départ d'un voyage qui devait conduire à la Terre promise. Le Pape indique un chemin de réconciliation, la reconnaissance d'une fraternité qui passe avant toutes les divisions et les différences, dans une terre dévastée par une guerre dont les chrétiens sont les premières victimes (...).

    Mais la référence au père Abraham, aussi suggestive soit-elle, risque d'être tragiquement simpliste et contre-productive si elle ne s'accompagne pas d'une double prise de conscience de la situation concrète en Irak et des conceptions différentes que les chrétiens et les musulmans ont d'Abraham lui-même, pour ne pas parler de Dieu.

    Quant à la situation sur le terrain, il est clair que la paix et la coexistence ne pourront jamais être fondées sur la dénonciation générique de la violence entre différents groupes ethniques et religieux. Les choses doivent être appelées par leur nom, les persécutés et les persécuteurs, les milices et les armées d'occupation et les personnes sans défense contraintes de fuir ne peuvent être mis sur le même plan. C'est pourquoi la semaine dernière, le père Rebwar Basa a invoqué comme modèle souhaitable le discours que Jean-Paul II a prononcé en Sicile contre la mafia, invitant les assassins à se convertir.

    Après la défaite d'Isis en 2017, ce sont les milices chiites qui ont empêché les chrétiens de retourner chez eux dans la plaine de Ninive. Dans la NBQ du 26 février, Don Aisen Elia Barbar a mis en garde à juste titre contre une probable exploitation par les dirigeants chiites et le risque que l'enthousiasme pour la visite du Pape fasse oublier la situation réelle des chrétiens irakiens, qui n'a jamais été aussi proche de l'extinction sur cette terre qu'ils ont habitée depuis l'époque de l'Eglise apostolique et où ils parlent encore la langue de Jésus.

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  • Qui sont les chrétiens d'Irak ?

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    De Radio Vatican via zenit.org :

    « Qui sont les chrétiens d’Irak? », réponses de Radio Vatican

    Moins de 2 % de la population, soit 400 000 personnes

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    «Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, (…) Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu» (Ac 2, 9.11). Le récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres témoigne de l’évangélisation de la Mésopotamie, territoire de l’Irak actuel, dès les temps apostoliques.

    Les premiers siècles: une Église missionnaire

    Les chrétiens irakiens sont donc les héritiers d’une implantation religieuse très ancienne, bien antérieure à la naissance de l’islam au VIIe siècle. L’Église chaldéenne a été fondée à Babylone par saint Thomas, en route vers l’Inde, et par ses disciples, parmi lesquels Addaï et Mari. Ils évangélisèrent des païens et des juifs exilés. Vers l’an 70 après Jésus-Christ, une église est déjà construite à Séleucie; vers 90, l’Église est établie à Arbèle et Adiabène, au nord de l’actuel Irak, comme le relève Mgr Petrus Yousif, Professeur à l’Institut Catholique de Paris et à l’Institut Pontifical Oriental de Rome. Elle s’appelle alors « Église de l’Orient ». Les communautés grandissent, et au début du IVe siècle se concrétise l’unification hiérarchique, alors même que les persécutions persanes se déchaînent.

    En 345, le Patriarche envoie une grande mission au Malabar (en Inde), une région déjà évangélisée par saint Thomas. À partir de 646, commence une véritable épopée missionnaire vers la Chine, puis la Mongolie. L’Église d’Orient parvient jusqu’en Mandchourie, à Sumatra et aux frontières du Japon à l’Est, jusqu’à Chypre à l’Ouest et jusqu’au Yémen au Sud. Aux XIIe et XIIIe siècles, l’Église d’Orient compte plus de 200 diocèses et représente la moitié de la chrétienté en nombre de fidèles et en superficie.

    De grandes écoles catéchétiques et théologiques se mettent en place, comme celles d’Édesse, d’Antioche et de Nisibe. D’illustres auteurs contribuent au rayonnement de ces centres de production littéraire et spirituelle, tels que saint Éphrem.

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  • Le pape en Irak : un "voyage historique"

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    Pope Plans Historic Visit To Iraq As Its Christian Populations Dwindle |  KPBS

    Du Père Charbel Eid en Opinions sur le site de la Libre :

    Le voyage du Pape en Irak sera historique pour le Moyen-Orient

    Du 5 au 8 mars, François se rend en Irak pour un voyage qui marquera les esprits, et au cours duquel il posera des gestes symboliques et concrets pour soutenir les chrétiens d’Orient et encourager le dialogue avec l’islam.

    Du Père Charbel Eid, coordinateur des opérations pour l'aide à l'Eglise en détresse (AED) au Moyen-Orient

    Ce vendredi 5 mars, le pape François atterrira en Irak pour son premier déplacement à l’étranger depuis le début de la pandémie, mais surtout pour un voyage historique, notamment à Mossoul et sur la plaine de Ninive occupée par les djihadistes du groupe État islamique entre 2014 et 2017. Ce séjour marquera les esprits pour plusieurs raisons qu’il est important de rappeler.

    La première est qu’il constituera un encouragement sans précédent pour les chrétiens d’Irak, qui n’ont reçu la visite d’aucune personnalité gouvernementale étrangère depuis plus de cinq ans. Or, cette communauté fut l’une des cibles privilégiées d’organisations terroristes et, par d’insoutenables persécutions, fut largement forcée de fuir le pays pour ne jamais y revenir tant les tensions restent importantes et les infrastructures publiques détruites. Ainsi, jusqu’en 2003, l’Irak comptait un million et demi de chrétiens. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 300 000, selon l’ONG Hammourabi, qui milite pour la défense des droits de la minorité chrétienne.

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