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Culture - Page 28

  • Pourquoi nous avons besoin des Églises orientales, selon les propres mots du pape Léon XIV

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    Du sur le CWR :

    Pourquoi nous avons besoin des Églises orientales, selon les propres mots du pape Léon XIV

    Le pape Léon a déjà, au cours des premières semaines de son pontificat, indiqué quelques manières dont le poumon occidental peut trouver une inspiration auprès de son homologue oriental.

    Le pape Léon XIV prononce l'homélie lors de la messe avec les cardinaux électeurs dans la chapelle Sixtine le 9 mai 2025. (Crédit : Vatican Media)
    « L’Église a besoin de vous. »

    Au cours de la première semaine de son pontificat, le pape Léon XIV a prononcé ces paroles devant les membres des Églises catholiques orientales réunis à Rome pour célébrer le Jubilé. Le 2 juin , il a également honoré un martyr catholique oriental, le bienheureux Iuliu Hossu, évêque gréco-catholique de Cluj-Gherla. Ces rencontres providentielles avec l'Orient chrétien nous rappellent le cri insistant de Jean-Paul II dans  Ut Unum Sint :  « L'Église doit respirer avec ses deux poumons ! »

    Le discours du pape Léon XIV à l'occasion du Jubilé de l'Église catholique orientale met en avant quelques manières dont le poumon occidental peut trouver l'inspiration auprès de son homologue oriental.

    1. Liturgie

    Tout d’abord, Léon nous indique le point d’influence le plus évident : la beauté des liturgies catholiques orientales, qui ont conservé leur mystère transcendant.

    Il commente : « La contribution que l'Orient chrétien peut nous offrir aujourd'hui est immense ! Nous avons un grand besoin de retrouver le sens du mystère qui demeure vivant dans vos liturgies, des liturgies qui engagent la personne humaine dans sa totalité, qui chantent la beauté du salut et suscitent l'émerveillement devant la majesté de Dieu qui embrasse notre fragilité humaine ! »

    Dans un monde qui s'est détourné de Dieu, le chemin du retour ne passe pas par des expériences banales et centrées sur l'humain. L'Occident a besoin d'un réenchantement, et l'Orient chrétien offre un témoignage indispensable de la manière dont la liturgie chrétienne peut éveiller le cœur et l'imagination.

    2. Ascétisme

    Tout comme les Églises orientales ont préservé leurs liturgies antiques, elles ont également conservé des formes traditionnelles d'ascèse – la pénitence et l'autodiscipline qui ont façonné la conversion chrétienne. Le pape Léon XIV y voit également un moyen de surmonter l'éclipse de Dieu dans la culture occidentale :

    Il est également important de redécouvrir, surtout en Occident chrétien, le sens de la primauté de Dieu, l'importance de la mystagogie et les valeurs si caractéristiques de la spiritualité orientale : l'intercession constante, la pénitence, le jeûne et les pleurs pour ses propres péchés et ceux de l'humanité entière (penthos) ! Il est donc vital de préserver ses traditions sans les atténuer, peut-être par souci d'utilité ou de commodité, de peur qu'elles ne soient corrompues par la mentalité consumériste et utilitariste.

    Le pape Léon XIV résume succinctement le malaise spirituel de l'individualisme occidental, où la présence de Dieu est obscurcie par les distractions constantes de notre culture, avec ses distractions monétisées au service de notre confort matériel. L'ascétisme du désert se concentre sur le Christ, tournant l'esprit et le cœur vers lui, et discipline le corps, plutôt que de le choyer, afin qu'il puisse, lui aussi, louer Dieu. L'Église occidentale s'adapte souvent à notre culture laïque et consumériste plutôt que de proposer un défi sérieux par l'autodiscipline.

    3. Prière

    Léon XIV souligne également comment la tradition ascétique conduit à la transformation personnelle par la prière. La prière orientale utilise des icônes pour transmettre la présence du Christ et prie notamment en invoquant son nom dans la Prière de Jésus.

    Le but est la divinisation, la recherche de la paix par la guérison et la transformation par la grâce, comme le souligne le pape Léon :

    Vos traditions spirituelles, anciennes et pourtant toujours nouvelles, sont thérapeutiques. En elles, le drame de la misère humaine se conjugue à l'émerveillement devant la miséricorde divine, afin que notre péché ne nous mène pas au désespoir, mais nous ouvre à l'acceptation du don gracieux de devenir des créatures guéries, divinisées et élevées au ciel.

    Ici encore, nous trouvons un horizon plus large pour la prière qui nous amène au-delà d’une fixation sur le sentiment et le confort.

    4. Synodalité

    Enfin, alors que l'Église discerne une approche appropriée de la synodalité, une pratique ancienne de gouvernance épiscopale, Léon XIV se tourne à nouveau vers l'Orient comme modèle. Cette synodalité n'est pas une mêlée démocratique visant à réinventer l'Église pour une nouvelle ère. Elle exprime plutôt la communion de l'Église et la responsabilité des évêques dans sa gouvernance. Léon XIV le souligne :

    Merci, chers frères et sœurs d'Orient, terre où Jésus, Soleil de Justice, s'est levé, d'être des « lumières dans notre monde » (cf. Mt 5, 14). Continuez à vous distinguer par votre foi, votre espérance et votre charité, et rien d'autre. Que vos Églises soient exemplaires et que vos pasteurs promeuvent la communion avec intégrité, en particulier dans les Synodes des Évêques, afin qu'ils soient des lieux de fraternité et de coresponsabilité authentique. Assurez la transparence dans l'administration des biens et soyez signes d'un dévouement humble et total au saint peuple de Dieu, sans égard pour les honneurs, le pouvoir temporel ou l'apparence.

    Espérons que dans ce domaine, comme dans les autres, l’Orient puisse demeurer un modèle de renouveau authentique dans l’Église.

    Une recommandation

    À tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur la tradition orientale de la prière, je recommande le nouveau livre, à la fois profond et accessible, du Dr Alexander Harb, «  Le Royaume du Cœur : Méditations de l’Orient chrétien  » (Sophia Institute Press, 2024). J’ai trouvé dans le troisième chapitre de l’ouvrage, intitulé « Le Cœur », une autre raison importante de s’intéresser aux Églises orientales.

    Leur tradition contribue à contrer notre culture de distraction et de superficialité en créant une vigilance intérieure :

    Être constamment à l'affût des pensées et des impulsions pécheresses ou distrayantes est appelé  nepsis , ou vigilance. Ce concept est abordé par la quasi-totalité des Pères orientaux. … Tout ce que nous faisons marque notre cœur, et donc, pour être vigilants, nous devons reconnaître ce qui menace la lumière de Dieu en lui. De même, nous devons savoir défendre notre cœur.

    Harb fait souvent référence à la liturgie et s'inspire largement des Pères orientaux, notamment ceux du désert. Voici un exemple tiré de saint Antoine le Grand :

    Pour garder le cœur, Abba Antoine invoquait continuellement le nom de Jésus, puis le prononçait silencieusement dans son cœur. Abba Antoine disait à ses disciples : « Le royaume des cieux est en vous… » Vivant ainsi, veillons attentivement, et, comme il est écrit : « Gardez nos cœurs avec une entière vigilance. »

    Grandir dans la vigilance nous permettra de répondre à l'appel de la liturgie de saint Jean Chrysostome : « Soyons attentifs. » Pour tourner notre regard vers le Seigneur, il serait bon de regarder vers l'Orient, comme le pape Léon l'a judicieusement recommandé.

  • Exigez qu'Apple s'excuse pour une attaque blasphématoire anticatholique !

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    De CitizenGo.org :

    Exigez qu'Apple s'excuse pour une attaque blasphématoire contre les chrétiens !

    Exigez qu'Apple s'excuse pour une attaque blasphématoire contre les chrétiens !
    image de l'auteur de la pétitionCitizenGO - a lancé cette pétition Tim Cook, PDG, Apple Inc. CC: Équipe de programmation Apple TV+ - undefined

    Nous sommes attaqués – encore une fois.

    Cette fois, c'est Apple.

    Et ce qu'ils viennent de faire est l'une des pires profanations publiques de l'Eucharistie jamais diffusées.

    Dans leur série télévisée « Your Friends & Neighbours » (Saison 1, Épisode 6), Apple a diffusé une scène si ignoble et blasphématoire que nous ne pouvons pas rester silencieux.

    Ils y ont montré deux acteurs :

    Pénétrant illégalement dans une église catholique.

    Ouvrant le tabernacle.

    Prenant le ciboire contenant les hosties consacrées.

    Ouvrant le ciboire plein d'hosties consacrées.

    Volant les hosties consacrées.

    Trempant le Corps du Christ dans la confiture.

    Riant de ce qu'ils font à l'Eucharistie.

    Se moquant de la Communion.

    Simulant l'absolution.

    Et en plus de ça... il ont montré les deux acteurs initiant un acte sexuel dans les bancs – avec le ciboire encore plein d'hosties consacrées posées à terre.

    Ce n'était pas de la satire. Cela n'a rien à voir avec de l'art.

    C'était un acte de haine ciblée – une attaque directe contre Jésus-Christ, et chaque chrétien qui croit en Lui.

    Et Apple l'a fait de manière souhaitable. Ils savaient exactement ce qu'ils montreraient.

    Parce qu'ils ne détestent pas seulement notre foi – ils détestent nos valeurs.

    Ils détestent la vérité, la beauté et le sacrifice qui représente notre foi chrétienne.

    Ils pensent qu’il est facile de se moquer de nous.

    Ils pensent que nous resterons silencieux.

    Mais nous ne le serons pas.

    Souvenez-vous de Paris : près de 400 000 d'entre nous ont signé une pétition en seulement une semaine lorsque la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques a tourné en dérision la Cène, la transformant en défilé de drag queens – et notre bus « Stop aux attaques contre les chrétiens » a traversé la ville jusqu'à ce que les autorités finissent par prendre note.

    Nous avons refusé de nous taire à l'époque – et nous ne restons pas silencieux maintenant.

    Apple doit faire face aux conséquences. Nous exigeons qu'ils RETIRENT cet épisode blasphématoire et présentent des excuses publiques complètes pour avoir moqué l'Eucharistie et profané ce qui est sacré.

    Mais les mots seuls ne suffiront pas.

    Nous appelons à un BOYCOTT d'Apple TV – et nous exhortons chaque chrétien à arrêter de s'abonner, annuler leurs comptes, supprimer l'application, et refuser de dépenser un centime de plus sur tout produit ou service Apple jusqu'à ce que Tim Cook retire cet épisode et présente ses excuses.

    Frappez-les là où ça fait mal : leur résultat net et leur réputation.

    Ajoutez votre nom maintenant à notre pétition – « Boycott : Exigez qu'Apple s'excuse pour son attaque blasphématoire contre les chrétiens !

    Inondez Apple et ses dirigeants d'indignation, et faites-leur savoir que c'est la guerre. Quand ils s'en prennent au Christ, ils s'en prennent à nous – et nous ne reculerons pas.

    SIGNER LA PETITION

    Demande immédiate de retrait de l'épisode blasphématoire et excuses publiques

    Cher Monsieur Cook,

    Je vous écris pour exprimer ma profonde indignation et ma profonde déception concernant la diffusion de la saison 1, épisode 6 de la série Apple TV+ Your Friends & Neighbours .

    Dans cet épisode, des acteurs pénètrent illégalement dans une église catholique, ouvrent le tabernacle et volent des hosties consacrées – le Corps du Christ. Ils vont ensuite jusqu'à tremper l'Eucharistie dans de la confiture, se moquant de la Sainte Communion, puis simulant un acte sexuel dans les bancs avec le ciboire contenant encore des hosties sur le sol. Cette séquence n'est pas seulement profondément offensante pour les catholiques ; elle constitue une profanation religieuse délibérée et une attaque ciblée contre l'un des éléments plus sacrés de la foi chrétienne.

    Ce n'était pas un oubli artistique mais une provocation réalisée visant à humilier les croyants. En approuvant et en distribuant ce contenu, Apple démontre un mépris total pour les convictions spirituelles de plus d'un milliard de chrétiens dans le monde. Rester silencieux face à un tel manque de respect flagrant serait de la complicité.

    En conséquence, j'exige les actions suivantes sans délais :

    1. Le retrait immédiat de cet épisode d'Apple TV+ dans toutes les régions.
    2. Des excuses publiques et formelles de la part d'Apple reconnaissant le délit, l'offense et la discrimination religieuse causée par la diffusion de cette scène.
    3. Un engagement d'Apple pour qu'en l'absence de telles excuses, un boycott total des produits et services Apple TV par les spectateurs concernés se poursuive sans entrave.

    Une entreprise qui se targue d'inclusion, de respect et de diversité ne peut rester les bras croisés tout en diffusant du contenu qui constitue de la haine, de la moquerie et de la violence spirituelle envers une foi mondiale. Plus cet épisode reste disponible, plus la réputation d'Apple est ternie par sa complicité dans le sectarisme anti-chrétien.

    Nous exigeons une action immédiate. Si Apple ne retire pas l'épisode et ne présente pas ses excuses, ceux d'entre nous qui ont été offensés organisateuront et maintiendront un boycott des produits et services Apple TV jusqu'à ce que vous fassiez ce qu'il faut.

    Cordialement,

    SIGNER LA PETITION

    En relation : L’Eucharistie moquée à la télévision, ciblée par les manifestants : comment les catholiques doivent-ils réagir ?

  • Le site Internet du Vatican supprime les photos d'œuvres d'art créées par le Père Rupnik

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    De Christopher R. Altieri sur Crux :

    Le site Internet du Vatican supprime les photos d'œuvres d'art créées par un prêtre accusé d'abus

    9 juin 2025

    Des images d'œuvres d'art créées par un célèbre religieux en disgrâce accusé d'abus sexuels en série et d'autres abus ont disparu des sites Web officiels des médias du Vatican sans explication, près d'un an après que le chef de l'agence de communication du Vatican a fermement défendu l'utilisation continue de ces images par son département, même face à un tollé public soutenu.

    Les victimes et les défenseurs ont accueilli la nouvelle avec une faveur prudente, mais cette évolution souligne le chemin que le Vatican et l’Église doivent encore parcourir pour parvenir à une véritable réforme de la sauvegarde de la culture et du système de justice ecclésiastique.

    « L'art du viol »

    Les images incriminées étaient des reproductions numériques d’œuvres créées par le père Marko Rupnik – un ancien jésuite accusé d’avoir abusé spirituellement, psychologiquement et sexuellement de dizaines de victimes sur une période de trente ans – pendant laquelle Rupnik était basé à Rome.

    Pendant des décennies, Rupnik a bénéficié de la faveur des papes, des responsables du Vatican et de ses anciens supérieurs de la Compagnie de Jésus.

    Rupnik aurait abusé de ses victimes dans le cadre de son « processus créatif » – un fait qui, selon les survivants, les défenseurs des victimes et les observateurs de tout le spectre de l’opinion au sein de l’Église, rend les abus de Rupnik indissociables de ses œuvres « d’art », que l’on trouve dans des sanctuaires et des chapelles partout dans le monde et même au Palais apostolique.

    Certaines victimes et défenseurs ont qualifié l’œuvre de Rupnik d’« art du viol » et beaucoup ont demandé son retrait de l’espace sacré.

    « Mes clients ont accueilli la nouvelle favorablement », a déclaré Sgrò. L'une des victimes accusatrices de Rupnik, Mirjam Kovacs, a déclaré à Crux qu'elle considérait cette évolution comme « un signe encourageant ».

    « L’utilisation de telles images a été décriée à plusieurs reprises par les victimes que je représente », a déclaré Sgrò, « qui ont considéré leur utilisation comme pour le moins inopportune, dans la mesure où elles étaient une source de souffrance ultérieure pour mes clients. »

    Images discrètement supprimées

    Samedi après-midi encore, aux États-Unis, l'œuvre en question était encore visible sur les pages officielles du calendrier liturgique de Vatican News, y compris celles de plusieurs fêtes du mois de juin 2025.

    Il n'était pas certain que ces images soient un jour retirées jusqu'à ce que cela devienne un fait accompli, et en fait, leur présence était une question de politique déclarée, malgré les protestations mondiales persistantes contre leur utilisation par le Vatican.

    « Il ne s'agit pas d'abus sur mineurs », a déclaré le préfet du Dicastère pour la Communication du Saint-Siège, le Dr Paolo Ruffini, devant une salle de banquet remplie de journalistes en juin 2024, en réponse à une question sur l'utilisation continue des images de Rupnik par son département. « Nous n'avons pas publié de nouvelles photos », a précisé M. Ruffini, « nous avons simplement conservé les images restantes. »

    Ruffini a répondu aux questions après avoir prononcé le discours d'ouverture du dernier jour de la Conférence des médias catholiques 2024, le principal événement annuel de la Catholic Media Association aux États-Unis.

    Les appels des victimes et des défenseurs de la réforme se sont intensifiés à la suite des propos de Ruffini, demandant non seulement le retrait des images, mais aussi sa démission ou son renvoi. Ruffini, cependant, est resté à son poste, tout comme les images de Rupnik, jusqu'à leur disparition au cours du week-end.

    Parmi ceux qui ont appelé à l'arrêt de l'utilisation des images de Rupnik se trouvait le président fondateur de la Commission pour la protection des mineurs du pape François, le cardinal Sean O'Malley, qui a publié une déclaration une semaine après que Ruffini a offert sa défense aux journalistes.

    « La prudence pastorale empêcherait d'exposer des œuvres d'art d'une manière qui pourrait impliquer soit une exonération, soit une défense subtile » des agresseurs présumés, « ou indiquer une indifférence à la douleur et à la souffrance de tant de victimes d'abus », a écrit O'Malley dans une lettre adressée aux chefs de département du Vatican à la suite de la controverse.

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  • Pentecostes : Factus est repente, de caelo sonus advenientis spiritus vehementis…

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    Soudain, il se fit du ciel le bruit de l’arrivée d’un vent impétueux, là où ils étaient assis, alleluia : tous furent remplis du Saint-Esprit et professant les merveilles de Dieu¨ : une composition musicale de l’un des plus jeunes musiciens écossais, James MacMillan. « Jeune », c’est une façon de parler puisqu’il est né en 1959 ! Mais voilà, en musique la jeunesse n’a pas d’âge. MacMillan est un homme de convictions: politiques (très « à gauche ») et religieuses (catholique dans un pays protestant): Son épouse et lui sont tertiaires dominicains, c’est dire s’ils sont engagés. La référence au sacré est de fait omniprésente dans son œuvre. Ici la superbe « transfiguration » et non défiguration du propre de l’antienne de communion de la messe grégorienne traditionnelle de la Pentecôte.

     

  • Un nouveau livre de George Weigel se concentre sur les universités, la vérité, la foi et la raison

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    De sur le CWR :

    Le nouveau livre de George Weigel se concentre sur les universités, la vérité, la foi et la raison

    « Le culte du scepticisme », dit l’auteur prolifique, en discutant de Pomp, Circumstance et Unsolicited Advice, « est profondément ancré dans l’ADN de l’establishment universitaire du XXIe siècle. »

    Pomp, Circumstance, and Unsolicited Advice (Ignatius Press, 2025) rassemble une vingtaine de discours de remise de diplômes et de conférences universitaires de George Weigel, donnés depuis le début du siècle. Ces discours et conférences, donnés dans un cadre universitaire, sont à la fois solides et accessibles. Ils visent à inciter auditeurs et lecteurs à mieux apprécier la véritable nature de l'apprentissage et à mieux comprendre les vérités fondamentales d'une grande tradition.

    M. Weigel a récemment correspondu avec CWR au sujet du livre, des graves problèmes rencontrés aujourd’hui dans de nombreuses universités d’élite, de la relation entre la foi et la raison, et de certains géants intellectuels des deux derniers siècles.

    CWR : Les discours de fin d’études sont souvent oubliables, ou mémorisés pour de mauvaises raisons. Comment avez-vous procédé pour sélectionner les discours de fin d’études de ce volume ? Et quels critères (ce qu’il faut inclure et ce qu’il faut éviter) utilisez-vous pour rédiger un discours de fin d’études ?

    Weigel :  Un discours de remise de diplôme ne doit pas être tiré d’un dossier intitulé « discours générique de remise de diplôme ». Il doit refléter la situation particulière de l’établissement d’origine. Ce serait la règle n° 1.

    Ensuite, une pincée d'humour, quelques réflexions sur les défis du moment pour le discipulat missionnaire et de sincères remerciements aux parents des diplômés, souvent ignorés.

    J’espère que les discours de fin d’études contenus dans mon livre, qui ont été prononcés dans divers environnements universitaires – tous catholiques, mais dans un paysage diversifié, allant de l’Europe de l’Est au pays cajun jusqu’aux Rocheuses – présentent ces qualités.

    CWR : Comme vous le soulignez dans la préface, on assiste à une implosion dans de nombreuses universités autrefois prestigieuses. Quelles en sont les causes ? Et comment vos essais dans ce volume abordent-ils certains des problèmes essentiels et leurs solutions ?

    Weigel : Je crois que j'ai abordé la cause profonde – pardonnez-moi l'expression ! – de la dégénérescence des « élites » dans cette préface : la perte d'emprise sur la notion de vérité, que la présidente Drew Faust de Harvard a déclaré lors de son investiture comme étant une « aspiration », et non une « possession ».

    Pourtant, l’ensemble de l’entreprise universitaire telle que nous la comprenons aujourd’hui a été lancée par des catholiques au XIIIe siècle qui croyaient être en « possession » de vérités connues à la fois par la révélation et par la raison – non pas des vérités à enterrer dans le sable, mais des vérités à recevoir comme un don et à déployer ensuite dans de nouvelles recherches de la vérité des choses.

    Quand il n'y a que « votre » vérité et « ma » vérité, et rien que nous reconnaissions tous deux comme la  vérité, qu'obtient-on ? On se retrouve avec des antisémites sur-privilégiés qui déchaînent leurs passions sur les campus « d'élite ». J'espère qu'ils l'ont compris à Harvard et ailleurs, mais j'ai des doutes : le culte du scepticisme est profondément ancré dans l'ADN de l'establishment universitaire du XXIe siècle.

    CWR : Quels sont certains de vos discours ou conférences de fin d’études les plus mémorables, en termes de discours et de circonstances ?

    Weigel : Six mois après avoir prononcé mon discours de remise des diplômes à l’Université catholique ukrainienne de Lviv et lancé un défi à ses diplômés : rester fidèles à l’héritage des martyrs de l’Église gréco-catholique ukrainienne du XXe siècle, nombre de ces étudiants ont risqué leur vie pour protester contre l’autoritarisme croissant lors de la Révolution de la Dignité de Maïdan de 2013-2014 à Kiev. J’en ai été profondément touché. J’ai prononcé le discours de remise des diplômes de ma fille à l’Université de Dallas et celui de mon petit-fils à Raleigh, deux discours où je me suis inspiré de mon expérience personnelle du pape Jean-Paul II.

    CWR : Est-il exact de dire que la plupart, voire la totalité, des interventions de ce volume portent sur la vérité et la relation entre foi et raison ? Quels sont les points sur lesquels vous revenez souvent lorsque vous abordez ces sujets importants ?

    Weigel :  Oui, la plupart d'entre eux abordent ce sujet, et j'espère que ce n'est pas dû à un manque de créativité ou d'imagination de ma part, mais parce que je pense que cette relation est essentielle pour sauver la civilisation occidentale de sa ruée actuelle vers Gadara vers la falaise du wokery.

    La raison purifie la foi afin qu'elle ne se décompose jamais en superstition. La foi met la raison au défi d'ouvrir le champ de ses préoccupations et de ne pas se contenter de s'attarder sur les petites questions, mais plutôt de s'attaquer aux grandes questions : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Comment discerner la vérité dans un monde de mensonges ? Qu'est-ce qui fait une vie digne d'intérêt ?

    CWR : Dans une conférence donnée en Pologne en 2018, vous vous êtes concentré sur l’encyclique Veritatis Splendor de Jean-Paul II . Pourquoi cette encyclique conserve-t-elle toute son importance ? Et pensez-vous que le pape Léon XIII devra, d’une manière ou d’une autre, réaffirmer les points forts de Jean-Paul II concernant la vérité, le mal intrinsèque, la conscience et les questions connexes ?

    Weigel :  Déconstruire  Veritatis Splendor et l'insistance de cette grande encyclique sur certaines vérités morales fixes que nous ignorons à nos risques et périls était un projet majeur de plus d'une force au cours du pontificat qui vient de s'achever.

    Dans un monde en proie à une hémorragie de sang due aux effets catastrophiques du relativisme né du nihilisme et du scepticisme, il faut bien que quelqu'un défende le fait que certaines choses sont bonnes et vivifiantes, point final, et que d'autres sont mauvaises et mortifères, point final. Les gens normaux le comprennent intuitivement.

    Il faut une certaine bêtise académique pour se déformer au point de prétendre qu'il n'existe pas d'actes « intrinsèquement mauvais » : qu'en est-il du viol ? De la torture des enfants ? Du génocide ? Allez, amis de la théologie morale, soyez sérieux !

    L'Église est le dernier grand défenseur institutionnel de la capacité de l'humanité à saisir la vérité des choses, y compris la vérité morale des choses, et j'espère vivement que le pape Léon XIV suivra l'exemple de son noble homonyme, Léon XIII, et réaffirmera cela.

    CWR : Il est frappant de constater que les cinq essais sous la rubrique « Hommes de génie » concernent un philosophe et pape polonais, un théologien et pape allemand, un converti et cardinal français, un converti et cardinal anglais, et un théologien américain passé du progressisme au conservatisme. Quels sont les points communs entre ces hommes ? Et qu’est-ce qui vous intéresse chez eux et dans leur pensée ?

    Weigel :  Karol Wojtyła, Joseph Ratzinger, Jean-Marie Lustiger, John Henry Newman et Michael Novak étaient tous des penseurs de premier ordre qui sont restés ouverts à de nouvelles questions et perspectives tout au long de leur vie.

    Leur curiosité intense et incessante, leur détermination à ne jamais se contenter de produits intellectuellement médiocres, était et est une source d’inspiration : une source d’inspiration que, dans quatre cas, j’ai eu la grande chance de vivre personnellement.

    CWR : Qu’espérez-vous que les lecteurs gagneront et apprécieront davantage en lisant ces essais ?

    Weigel :  Le sentiment que la vie de l’esprit peut être amusante.

  • Comment la science confirme la vision chrétienne de la création du monde

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    D'Antoine de Montalivet sur 1000 raisons de croire :

    Comment la science corrobore la vision chrétienne de la création du monde

    L’expression « fine tuning » (« réglage fin ») désigne l’extrême précision des constantes physiques qui rendent la vie possible dans l’Univers. Ce constat scientifique, reconnu par la communauté académique, révèle qu’une infime variation de ces constantes aurait empêché toute structure biologique complexe. Ni la nécessité physique ni le hasard ne peut expliquer ce réglage précis. La seule hypothèse raisonnable est celle d’un dessein intelligent. Cela rejoint pleinement l’enseignement chrétien selon lequel Dieu est l’origine de tout ce qui existe, le Créateur de l’Univers visible et invisible. Pour la foi chrétienne, Dieu a créé l’Univers avec amour et intention pour accueillir non seulement l’homme, mais la Vie véritable : Jésus-Christ.

    Les raisons d'y croire :

    • Les lois de l’Univers témoignent d’un ordre rigoureux et d’une intelligence prodigieuse. Cette précision renvoie à un Dieu qui agit avec sagesse, « avec poids, mesure et nombre » (Sg 11,20). La foi chrétienne affirme justement que la création reflète la raison divine.
    • Toutes les constantes physiques semblent réglées en vue de permettre l’apparition de la vie. Cela suggère une intention derrière la création : faire exister des êtres vivants. La foi chrétienne enseigne que la vie est un don de Dieu, voulu et aimé, et que toute la création est tournée vers la vie.
    • Tout semble indiquer que l’Univers a été préparé pour permettre non seulement la vie, mais l’émergence d’êtres capables de conscience, de liberté et d’amour. Cela rejoint la conviction chrétienne que l’homme est « créé à l’image de Dieu » (Gn 1,27), couronnement et finalité de toute la création.
    • L’extrême soin avec lequel l’Univers a été réglé manifeste non seulement la puissance divine, mais surtout son amour. Un amour tendre, fidèle et patient, comme l’exprime si bien cette parole : « Depuis toujours je t’ai aimé » (Jr 31,3). L’Univers tout entier devient alors le berceau d’une histoire d’amour entre Dieu et l’homme. La foi chrétienne affirme même que Dieu n’aime pas l’humanité de manière générale, mais qu’il aime et connaît chaque personne individuellement. « Avant même de te façonner dans le ventre de ta mère, je te connaissais » (Jr 1,5). Le réglage fin de l’Univers devient ainsi un signe de cette attention unique de Dieu pour chacun de nous.
    • Selon l’Évangile, Jésus dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Dès lors, si l’Univers est orienté vers la vie, il est aussi, mystérieusement, orienté vers le Christ. Le réglage fin de l’Univers prend alors une dimension christocentrique : tout a été créé pour accueillir la Vie divine elle-même.

    Synthèse :

    Parmi les nombreuses preuves de l’existence de Dieu et de la vérité de la foi chrétienne, l’une occupe une place à part. Par sa force de persuasion auprès des scientifiques les plus éminents et les calculs stupéfiants qui la soutiennent, l’argument du « fine tuning » (réglage fin de l’Univers) unit d’une manière tout à fait singulière la lecture scientifique du monde et la foi chrétienne.

    Le fine tuning n’est pas, à l’origine, un argument en faveur de l’existence de Dieu, mais un constat objectif, reconnu par l’ensemble de la communauté scientifique : certaines constantes fondamentales de l’Univers doivent posséder une valeur d’une précisionextrême, et être réglées avec une finesse inouïe, pour que l’Univers soit en mesure d’accueillir la vie.

    Parmi ces constantes fondamentales, on retrouve par exemple la constante gravitationnelle, la constante cosmologique, la constante de Planck, la vitesse de la lumière, la charge de l’électron, la densité initiale de la matière, le taux d’expansion de l’Univers, etc.

    Chacune de ces constantes possède une valeur si précise que, si l’une d’elles avait varié, ne serait-ce que d’une infime fraction, la vie n’aurait tout simplement pas pu exister dans l’Univers. Attention, il ne s’agit pas seulement des formes de vie que nous connaissons, mais de toute forme de vie, quelle qu’elle soit. Plus encore : non seulement la vie, mais aucune structure un tant soit peu complexe n’aurait pu voir le jour.

    Prenons un exemple. Si la densité de la matière au moment du Big Bang avait varié de seulement 1 sur 10⁶⁰, c’est-à-dire 0,000000… avec soixante 0 avant le 1, alors soit l’Univers se serait effondré sur lui-même presque instantanément, soit il se serait dilaté à une telle vitesse qu’aucune structure complexe n’aurait jamais pu se former. De même, si la constante cosmologique, responsable de l’accélération de l’expansion de l’Univers, avait varié ne serait-ce que d’une valeur de 1 sur 10¹²¹, l’Univers aurait connu, là encore, un tout autre destin. Il se serait soit effondré sur lui-même en un instant, soit dilaté si rapidement que les particules auraient été séparées par des distances de plusieurs années-lumière, rendant impossible toute forme de structure complexe.

    Une telle analyse peut être faite pour de nombreuses autres constantes qui régissent le cosmos – une vingtaine environ –, comme celles que nous avons citées tout à l’heure.

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  • 10 leviers utilisés par les médias pour fabriquer l'opinion

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    De Martin Dousse sur La Sélection du Jour :

    Les 10 leviers utilisés par les médias pour fabriquer l'opinion

    Synthèse n°2491, publiée le 31/05/2025

    Inspiré par les écrits de l'intellectuel américain Noam Chomsky, spécialiste de la manipulation des masses, l'écrivain français Sylvain Timsit a dressé une liste de 10 ressorts sur lesquels s'exerce le pouvoir médiatique afin d'influencer l'opinion (consulter notre sélection en bas de page). En voilà une version inspirée de l'actualité récente.

    Il vous est peut-être à vous aussi arrivé d'entendre au journal de 20h un micro-trottoir qui trouve formidable la grève de la SNCF qui vous a fait perdre des heures, alors que toutes les personnes que vous avez croisées ce jour-là étaient aussi furieuses que vous. Rassurez-vous, ce n'est qu'un des nombreux leviers qui sont utilisés par certains journalistes pour biaiser l'information dans le sens de leur vision du monde. Sylvain Timsit, ulcéré par ces pratiques, a mis le doigt sur 10 techniques qu'il décortique :

    1. Le mensonge. C'est la technique de manipulation la plus simple, mais elle est toujours d'actualité. En témoigne, par exemple, le laborieux désamorçage de l'exécutif à propos de l'embarassante « chamaillerie » entre Brigitte et Emmanuel Macron lors d'une visite diplomatique au Vietnam. Des agences de presse internationales diffuse l'image de la Première dame repoussant de façon brusque le visage de son époux. L'Élysée dénonce d'abord un montage fallacieux, puisque la vidéo avait été relayée par Russia Today, avant de faire marche arrière quand elle est publiée par Associated Press, une agence américaine. L'entourage du président évoque alors un « moment de détente et de complicité ». Lui-même se justifie : il s'est « chamaillé » ou a plutôt « plaisanté » avec sa femme. En admettant que cette dernière version soit exacte, il reste que la première réaction de l'Élysée fut de nier ce qui était vrai.

    2. Les demi-vérités. Elles sont en général habilement utilisées pour orienter l'information vers l'idéologie. Une certaine presse tend ainsi à présenter la France comme un « vieux pays d'immigration » et donc défendre une ouverture insouçiante des frontières. Pourtant, si des mouvements migratoires conséquents ont en effet eu lieu jusqu'aux invasions vikings, il reste qu'entre cette période et le XVIIIe siècle, la population de la France est restée plutôt homogène. Même l'immigration (majoritairement européenne) du XIXe et du début du XXe n'a que peu à voir avec celle que l'Hexagone connaît aujourd'hui.

    3. L'angle biaisé. Ce modus operandi est fréquent en ce qui concerne ces fameux micro-trottoirs, déjà évoqués, où l'on sélectionne les gens en fonction de leur profil ou de ce qu'on sait qu'elles vont dire. Quand on souhaite décrédibiliser une manifestation, on interroge les personnes les plus caricaturales. Pour tourner un discours en ridicule, on en accumule des extraits sortis de leur contexte (les méthodes des journalistes de Quotidien sont un modèle en la matière). Cette tactique s'applique aussi aux images, où l'angle de vue peut complètement changer ce qu'on en perçoit...

    4. L'émotion. Comment ne pas penser à la photo du petit Aylan, l'enfant syrien gisant au bord de la Méditerranée, dont la mort tragique a été utilisée pour justifier l'immigration de masse en 2015. Tout comme l'est aujourd'hui le cas de Charles Biétry, le journaliste victime de la maladie de Charcot qui milite pour justifier l'euthanasie. Les défenseurs de ces causes insistent sur la puissance de leur charge émotionnelle en faisant fi d'une réflexion froide. Certes, ces drames humains doivent être pris en compte. Mais des cas particuliers justifient-ils d'adopter sans vrai discernement des mesures qui concerneront toute la société ?

    5. La stratégie de la gradualité. On peut la comparer au pied placé dans la porte entrouverte, comme dans ce discours du Dr. Jean Louis Touraine en faveur de la légalisation de l'euthanasie. Il le dit lui-même : le plus important est de faire accepter la mesure, même si elle est restreinte, dans un premier temps, à des cas très particuliers. À ce moment là, la partie est déjà gagnée, car tout le monde trouvera ensuite une bonne raison d'en réclamer le droit et l'extension de l'euthanasie se fera donc de façon progressive et naturelle.

    6. Renforcer un problème pour y apporter sa solution. La crise du Covid a montré qu'un discours alarmiste sur un problème grave permet d'imposer sans discussion les solutions les plus radicales. Quand le chef de l'État français déclare dans une allocution télévisée qu'on est « en guerre » contre le virus, il peut ensuite décréter le confinement dans la foulée sans réactions. Même si des études prouveront peu après l'inefficacité de l'assignation à domicile (voir LSDJ n° 2420).

    7. La distraction. À l'aube des élections 2022, la France sort de plusieurs crises. Il y a eu les gilets jaunes, la gestion mitigée du Covid, l'explosion de la dette, sans compter la réforme des retraites qui divise le pays. Mais l'invasion de l'Ukraine, devient d jour au lendemain le sujet médiatique numéro 1. La politique internationale détourne l'attention des problèmes intérieurs. On parle de menace existentielle, venant de la Russie. Cela stimule un effet drapeau autour du président Macron, qui n'a pas vraiment besoin de faire campagne pour être réélu. Une autre variante de cette stratégie est de multiplier les contenus audiovisuels abêtissants, qui divertissent le public sans l'informer.

    8. La stratégie du différé. On vante à court terme des mesures tel le « quoi qu'il en coûte », sans cacher que les effets futurs seront problématiques (la dette). Les contraintes à venir sont moins tangibles et donc plus faciles à faire accepter. L'inverse fonctionne également. De nombreux militants écologistes cherchent ainsi à imposer les énergies renouvelables au détriment de l'énergie nucléaire, justifiant qu'elles représentent la solution d'avenir alors qu'elles sont intermittentes et plus coûteuses.

    9. Imposer son vocabulaire. « Faites leur manger le mot, ils avaleront la chose », disait Lénine, imité par la France Insoumise qui travaille à faire adopter son lexique militant dans la sphère publique. Celui-ci est ensuite repris par les médias qui emploient l'expression « violences policières », distillant l'idée que les forces de l'ordre sont arbitrairement violentes, ou qui parlent de « quartiers populaires », sans en décrire l'islamisation croissante. Ils mentionneront aussi des « jeunes », délinquants ou criminels, ou des « émeutiers », en évitant plus de précisions.

    10. Traiter les thèses dissidentes de théories du complot. Il est utile de dénoncer les théories délirantes qui de nos jours circulent sur la toile. Mais on constate que les médias ont tendance à taxer de complotiste toute idée qui s'écartera du consensus dominant à un instant. Un moyen efficace de la discréditer. Il fut complotiste de dire que le virus du Covid s'est échappé d'un laboratoire, étant pourtant la théorie la plus probable aujourd'huiComplotiste de parler de grand remplacement, quand les chiffres montrent bien une transformation radicale de la population française. Complotiste de douter du fait que Joe Biden soit entièrement maître de ses moyens au moment de son élection en 2020, avant que la vérité sur ses problèmes cognitifs n'éclate au grand jour (voir LSDJ n° 2486).

    Voilà, Sylvain Timsit pense nous avoir prévenu ... et sans doute pourrons-nous être dorénavant un peu moins vulnérables ou moins naïfs, puisqu'un homme averti en vaut deux..

    La sélection
    Mediapart
  • Plus de 45 000 personnes à Bruges pour la Procession du Saint-Sang

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    De Thomas Philipp Reiter sur KN.NL :

    Bruges honore une relique vieille de plusieurs siècles avec une impressionnante procession du Saint-Sang

    2 juin 2025

    Des milliers de croyants et de visiteurs ont défilé dans le centre-ville de Bruges le jour de l'Ascension pour la procession annuelle du Saint-Sang. Cette procession historique se déroule depuis 1304 en l'honneur d'une relique datant de l'époque des Croisades.

    Plus de 45 000 personnes ont rempli les rues de Bruges jeudi et ont participé à la Procession du Saint-Sang, qui a lieu chaque année le jour de l'Ascension depuis le 3 mai 1304. La procession tourne autour d'une relique du Saint-Sang du Christ qui a été apportée dans la ville flamande occidentale après les croisades.

    Scènes bibliques et historiques

    L'organisation est assurée par la « Confrérie du Saint-Sang » et, cette année, quelque 1 800 participants ont assisté au spectacle. Ils ont représenté 53 scènes bibliques et historiques.

    Le cortège traverse le centre-ville médiéval de Bruges, déclaré site du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2000.

    Participant bien connu

    Outre l'évêque brugeois Lode Aerts, l'un des participants les plus marquants de cette année était le cardinal Dominique Mathieu. Ce clerc belge a été nommé archevêque de Téhéran-Ispahan par le pape François en 2021 et admis au Collège des cardinaux en décembre 2024.

    image

     Photo : CNA - Thomas Philipp Reiter

    Mathieu parle six langues, dont l'arabe, et est membre de l'Ordre des Frères Mineurs Franciscains. Né dans la province belge du Luxembourg, il a grandi à Damme, près de Bruges.

    Reconnaissance mondiale

    En 2009, la Procession du Saint-Sang a été inscrite sur la liste du patrimoine immatériel de l'humanité de l'UNESCO. Cette reconnaissance mondiale intervient exactement 700 ans après que le pape Clément V eut officiellement autorisé la vénération du Saint-Sang à Bruges en 1310, par la bulle papale Licet .

    Selon la tradition, lors d'une croisade en 1150, Thierry d'Alsace, comte de Flandre, rapporta quelques gouttes du sang du Christ de Jérusalem. Depuis, la relique est conservée dans la chapelle du Saint-Sang de Bruges, qui attire chaque jour pèlerins et touristes du monde entier.

  • La révolution sexuelle est minée par son propre triomphe

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    De sur le CWR :

    La révolution sexuelle est minée par son propre triomphe

    La « pente glissante », dit Nathanael Blake, auteur de Victimes de la Révolution , « s’est avérée plus prophétique que fallacieuse, et la chute ne sera pas arrêtée en cherchant un point d’appui solide à mi-chemin. »

    De nombreux ouvrages et essais ont examiné les multiples aspects culturels, sociaux et historiques de la Révolution sexuelle. Mais rares sont ceux qui se sont penchés sur les destructions et les souffrances causées par cette révolution et ont apporté une réponse chrétienne attentive, directe et bienveillante à la douleur et à la misère qui nous entourent aujourd'hui, des décennies plus tard. Le nouvel ouvrage de Nathanael Blake  , Victims of the Revolution: How Sexual Liberation Hurts Us All  (Ignatius Press, 2025), fait précisément cela, alliant érudition, sagesse et compassion authentique centrée sur le Christ.

    Blake est membre du Centre d'éthique et de politique publique de Washington, D.C., et publie régulièrement des chroniques pour The Federalist ,  WORLD Opinions, Catholic World Report et d'autres publications. Il a obtenu son doctorat à l'Université catholique d'Amérique et réside en  Virginie avec sa femme et ses enfants.

    Il a récemment correspondu avec moi au sujet de son livre, dont il m'a parlé pour la première fois lorsqu'il m'a rendu visite chez moi dans l'Oregon en décembre 2022.

    Olson : De quoi parle votre livre et pourquoi l'avez-vous écrit ?

    Nathanael Blake :  La révolution sexuelle a trahi ses promesses, infligeant misère et souffrance au lieu du plaisir et de la liberté promis. Alors que ses effets néfastes deviennent de plus en plus indéniables, les chrétiens peuvent montrer à un monde en souffrance pourquoi notre compréhension de la personne humaine et de la sexualité est le fondement d'une meilleure façon de vivre.

    Olson : Vous écrivez dès le début que votre livre est une « critique sociale ancrée dans la tradition chrétienne du droit naturel ». Pouvez-vous développer cela un peu ? Et que diriez-vous aux lecteurs potentiels qui ne sont pas chrétiens ou qui rejettent le droit naturel ?

    Blake :  Le christianisme enseigne qu’il existe un ordre moral donné par Dieu dans notre nature, et que nous pouvons donc connaître et exprimer de nombreuses vérités morales malgré notre péché, même sans révélation divine. Ces vérités de la loi naturelle nous guident vers notre bien-être et notre épanouissement, tant individuellement que collectivement.

    La tradition chrétienne du droit naturel a été inaugurée par la lettre de l'apôtre Paul à l'Église de Rome, qui débutait par sa description de la déviance sexuelle comme une défiance à la loi naturelle inhérente à la création divine. Aujourd'hui, l'Église catholique est bien connue pour son affinité avec la théorie du droit naturel, et la théologie réformée a récemment connu un renouveau de cette pensée.

    Ainsi, la tradition chrétienne du droit naturel offre un moyen de diagnostiquer les dysfonctionnements de notre culture relationnelle et sexuelle, et de les expliquer même aux non-chrétiens. Ceux qui rejettent le christianisme sont ainsi confrontés au défi de fournir une explication plus convaincante de la nature humaine et de la vérité morale, une explication plus claire des dysfonctionnements de notre culture.

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  • La mort d'Alasdair MacIntyre, un "penseur essentiel"

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    De Denis Sureau sur son blog "Chrétiens dans la Cité" :

    Pour saluer Alasdair MacIntyre, penseur essentiel

    Alasdair MacInture vient de mourir à l'âge de 96 ans. Voici le chapitre que je lui ai consacré dans mon livre Pour une nouvelle théologie politique (Parole et Silence, 2008) :

    Né en 1929 à Glasgow, Alasdair Chalmers MacIntyre a étudié au Queen Mary College de Londres, puis à Manchester et Oxford avant d’enseigner à Manchester, Leeds, Essex et Oxford. En 1953, il publie son premier livre, consacré au marxisme.1 En 1969, il émigre aux États-Unis. Il enseigne au Wellesley College puis dans diverses universités : Vanderbilt, Princeton, Brandeis, Boston, Duke, Yale et surtout dans la grande université catholique Notre-Dame, dans l'Indiana. Il a épousé en troisièmes noces la philosophe Lynn Joy.

    Parmi sa trentaine d’ouvrages, trois d’entre eux ont eu un fort retentissement, marquant un nouveau départ dans la philosophie morale contemporaine: Après la vertu en 19812, suivi sept ans plus tard par Quelle justice ? Quelle rationalité ? puis Trois versions rivales de l’enquête morale : Encyclopédie, Généalogie et Tradition, en 1990. Ces dernières années, il a rassemblé des séries d’études publiées dans des ouvrages collectifs dans deux livres : The Tasks of Philosophy et Ethics and Politics: Selected Essays. Plus récemment, il s’est intéressé à l'œuvre philosophique d'Édith Stein.

    L’itinéraire intellectuel de MacIntyre est pour le moins étonnant. Il a été membre du Parti communiste à 20 ans, militant de la Nouvelle Gauche à 30 (comme les futurs philosophes communautariens Charles Taylor et Michael Walzer5), puis vaguement trotskiste. Au plan religieux, de confession presbytérienne, il devient anglican, perd la foi vers 1960 avant de se convertir au catholicisme en 1983. Sa pensée a été particulièrement marquée par le jeune Marx, Karl Barth, Ludwig Wittgenstein, Aristote et saint Thomas.

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  • Un rapport (qui n'est plus) secret révèle une France favorable à la charia

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    De Lorenza Formicola sur la NBQ :

    Un rapport (qui n'est plus) secret révèle une France favorable à la charia

    La capitulation de la France face à l'islamisation : ce n'était pas exactement le résultat attendu par le gouvernement Attal qui a commandé l'enquête sur l'infiltration du croissant dans le pays. Un réseau tentaculaire lié à la « Confrérie » qui menace toute l’Europe.

    21_05_2025

    Le rapport désarmant du gouvernement Attal, Les Frères musulmans et l'islamisme politique en France, a été qualifié de « secret ». Le Figaro a réussi à l'obtenir en avant-première, ainsi qu'en exclusivité. Réseaux tentaculaires, organisation secrète, quartiers islamisés : le tableau dressé est le schéma détaillé de la  tentative de recrutement  visant à établir un État islamique sous le joug de la charia. 
    La version déclassifiée mais allégée sera présentée aujourd'hui, 21 mai, par Macron au Conseil de défense. La question de l'infiltration islamiste et des Frères musulmans agite le 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré. 

    Le document de défense hautement sensible, dont l'intégralité du contenu ne sera probablement jamais rendu public , et sur lequel un préfet et un ambassadeur ont travaillé avec l'aide d'un riche réseau diplomatique, n'était pas exactement ce que Macron espérait ajouter à la liste de ses déjà nombreuses contrariétés. Ce n'est que le 12 mai que l'Assemblée nationale, à l'initiative de la coalition de centre-droit, a présenté la  proposition de résolution  visant à créer une commission d'enquête sur les liens existant entre les représentants de mouvements, organisations et réseaux politiques qui soutiennent l'action terroriste ou propagent l'idéologie islamiste.

    Puis vint le rapport qui n'était plus « secret ». Il s'agissait d'une mission de plus d'un an , menée en France et dans plusieurs autres régions d'Europe, au cours de laquelle des dirigeants musulmans ont été rencontrés au niveau national et local, considérés comme une expression des Frères musulmans à Paris.
    Annoncée  il y a environ un an, l'enquête a révélé un contexte dans lequel la présence de l'islam lié aux Frères musulmans est enracinée dans au moins vingt départements. Le rapport confirme également que la toile de fond d’un phénomène qui semble s’amplifier est aussi l’impact de la guerre qui a éclaté après l’attentat terroriste perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Le mécanisme d’influence des Frères musulmans apparaît avec force : à travers des stratégies de séparatisme et de subversion, les Frères ont pu mener un processus d’islamisation du territoire français, contribuant à la déstabilisation de la République .

    Le rapport gouvernemental parle d'un cercle interne du mouvement des Frères musulmans, c'est-à-dire du noyau dur, qui compterait entre 400 et 1000 personnes, avec un budget d'environ 500 000 euros, et qui, en raison des tentatives du gouvernement pour contenir le phénomène, a diminué d'au moins la moitié au cours des cinq dernières années. Jusqu’en 2019, les Frères musulmans ont pu bénéficier de  financements étrangers, notamment du Qatar, entre autres.

    Ce qui en ressort, c’est une France qui est une porte d’entrée, plus qu’ouverte, grande ouverte à l’islamisme. Les 73 pages reçues en exclusivité par Le Figaro montrent qu'il existe environ 139 lieux de culte dépendant directement de la Confrérie et représentant la principale émanation du mouvement. Ils ont désormais redéfini le bien et le mal, selon un critère qui mélange réalisme politique et utilitarisme économique.

    Au fil des années, ils ont réussi à occuper le  secteur de l’éducation , devenu une priorité pour la branche française des Frères musulmans. Selon le rapport, il existe 21 instituts liés à la Confrérie et ils accueillent plus de  4 200 étudiants. On compte, en revanche, 815 écoles coraniques à travers le pays qui accueillent au total 66 050 élèves mineurs. Alors que le voile reste l'étendard de la préservation de l'islam dans la France de Macron.

    Les services secrets, encore, ont recensé dans la région lyonnaise pas moins d'"une cinquantaine d'associations musulmanes (...) qui manifestent plus généralement une inclinaison vers les Frères musulmans" et ce sont deux grandes mosquées, dont probablement celle de Villeurbanne, qui font office de piliers du système. Les figures religieuses, omniprésentes, exercent une influence tous azimuts « dans les domaines de la charité et de l’engagement humanitaire, de l’éducation religieuse, de la famille, du mariage, de l’insertion professionnelle, de l’entrepreneuriat musulman, de la protection des consommateurs, des services à la personne, de l’éducation des adultes » et, bien sûr, dans la « lutte contre l’islamophobie ». Ce contrôle total se traduit par une « pratique religieuse rigoureuse avec un nombre très élevé de filles portant l’ abaya et une augmentation massive et visible du nombre de filles portant le voile ». Même à l'âge de cinq ans. 

    Le rapport retrace l'histoire du mouvement en Europe, qui a débuté il y a au moins 70 ans, « en suivant les mouvements migratoires et la répression dont ils font l'objet dans le monde musulman depuis les années 1950 ». 
    Il y a quelques semaines, Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur,  déplorait  la possibilité, selon lui, que les Frères musulmans puissent se présenter à l'élection présidentielle de 2027 avec leur propre parti ou avec un réseau capable de soutenir un candidat choisi parmi les forces déjà existantes dans le pays : « si vous nous emmenez avec vous, nous vous apporterons beaucoup de voix. » "Le but ultime est de mettre  toute la société française à genoux devant la charia  " , affirme le ministre Retailleau. 
    Et, pendant ce temps, au moment même où nous écrivons, Fondapol, le groupe de réflexion dirigé par  Dominique Reynié, a publié le  rapport Combattre l'islamisme sur le terrain  rédigé par le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, et avec une contribution du ministre de l'Intérieur Retailleau. Presque comme une confirmation du rapport choquant des services de renseignement sur les Frères musulmans.

    Concernant l'accélération de l'entrée de l'islam dans la société , selon le préfet Brugère, les islamistes progressent et ont infiltré « tous les domaines de notre vie collective ». Les prédicateurs sur les réseaux sociaux ; écoles islamiques privées n’ayant pas signé de contrat avec l’État ; des clubs sportifs qui mélangent effrontément sport et prière, séparent les femmes des hommes et promeuvent le voile dans les compétitions ; activités commerciales halal qui favorisent l’appartenance au groupe  – c’est-à-dire qu’elles sont nées pour renforcer le sentiment d’appartenance communautaire parmi les musulmans, pour transmettre des valeurs religieuses et alimenter une logique de séparation et d’isolement. 
    Quant aux lieux de culte, le préfet souligne la difficulté d'identifier les prêches liés au terrorisme car la stratégie de la dissimulation (la fameuse  taqîya ) est en place pour éviter d'être dénoncé.

    Pour contester tout ce qui est  occidental  en France, « les Frères musulmans misent sur le nombre, avec un puissant carburant : la victimisation face à la prétendue menace de  l'islamophobie. Chacun peut constater à quel point ce néologisme, utilisé à toutes les sauces, est devenu un argument marketing imparable pour inciter des millions de Français à se retirer de la communauté nationale », écrit le préfet  Brugère  dans son dossier.
    Les Frères musulmans partagent des éléments de certaines sectes, des méthodes d’entrée et d’infiltration comparables à une organisation mafieuse. Les Frères musulmans mènent une guerre de basse intensité que, malheureusement, nous percevons à travers le prisme déformant du  radicalisme.

    L’objectif est de réunir la oumma , la nation musulmane, la seule légitime à leurs yeux . Ils veulent établir une société islamique mondialisée conformément à une exigence divine. Dans les sociétés sans tradition musulmane, on veut rendre la société « conforme à la charia » jusqu’à ce qu’elle « se soumette » naturellement à l’islam. À l’heure où la France est rongée par un malaise existentiel, l’exécutif devra porter la réponse à un tout autre niveau. Ce n’est pas seulement la France qui est en danger, mais toute l’Europe. (et la Belgique en particulier, ndB)

  • Journée de commémoration de l’Holocauste au Cambodge; comment Pol Pot a aboli la famille, tirant les leçons de la Révolution française

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    De Valter Lazzari sur la NBQ :

    Comment Pol Pot a aboli la famille, tirant les leçons de la Révolution française

    Le 20 mai est la Journée de commémoration de l’Holocauste chaque année au Cambodge. Car ce jour-là, l’Angkar a imposé l’obligation de la vie collective et a détruit la famille. D’où vient cette idéologie mortelle ? De France, à partir de la Révolution française.
     
    20_05_2025

    Génocide des Khmers rouges, ossuaire de Siem Reap (La Presse)

    Cela fait cinquante ans. Le 20 mai est la Journée de commémoration de l’Holocauste chaque année au Cambodge. Car ce jour-là, l’Angkar a imposé l’obligation de la vie collective et a détruit la famille.

    Les « libérateurs » avaient des idées claires : une société pure, une véritable égalité , non pas le socialisme mais le communisme. La République démocratique du Kampuchea est née . Il y avait avant tout l' Angkar , qui n'était pas une personne, il n'y avait pas de leader charismatique, pas de césarisme, pas de culte de la personnalité. L’Angkar était une entité collective, une Commission, on peut la traduire par « l’Organisation ». Oui, il y avait Kieu Sampam mais il n'était pas au sommet, c'était Pol Pot, qui n'apparaissait même pas en public. La dévotion était due à l'Angkar .

    Une palingénésie, repartant de l'An Zéro, pour une Société nouvelle. Dans lequel il n'y avait de la place que pour deux grandes classes : Les paysans (collectivisés) sont le Peuple ancien ou simple Peuple des campagnes ou plutôt des territoires "libérés" dans les années et les mois précédant le 17 avril 1975. Ils devaient haïr tous les habitants des villes. Et ils l’ont bien enseigné aux enfants qui composaient leur armée (les enfants soldats n’ont pas été inventés en Afrique).

    Il y avait ensuite le Nouveau Peuple ou Peuple du 17 avril, car ils avaient été « libérés » après le 17 avril. Et tous étaient des ennemis potentiels, car corrompus par les modes de vie occidentaux. Ils représentaient une menace : les personnes instruites, les professionnels, les enseignants, les médecins, les avocats, les locuteurs de langues étrangères, les personnes portant des lunettes, les personnes faibles et handicapées, les moines, les nonnes et, en bref, tous les habitants de la ville. « Les nouveaux venus sont une plante parasite : ils ont perdu la guerre et sont prisonniers de guerre . » « Il n'y a aucun avantage à vous garder ici, il n'y a aucun inconvénient à vous perdre . »

    Il fallait les rééduquer : c'est pour cela qu'ils furent tous expulsés des villes. À la campagne, dans les fermes collectives, tout vêtement coloré était interdit, il fallait donc les teindre en noir, tout le monde s'habillait en noir. La religion est interdite, les origines et les croyances religieuses sont répudiées. Commerce interdit, éducation interdite, argent et propriété privée abolis. Les familles ont été divisées et les gens ont été déportés dans différentes parties du pays : hommes avec hommes, femmes avec femmes ; avec des mères seules ayant des enfants de moins de 6 ans. Résultat? Plus de 3 millions de Cambodgiens tués par les Cambodgiens eux-mêmes, soit un quart de la population : comme si 15 millions d'Italiens avaient été tués par d'autres Italiens.

    Demandons-nous comment il a pu se faire que ce pays ait connu la terreur (même ceux qui cueillaient simplement des fruits sauvages étaient punis de mort) et soit tombé dans la famine, allant même jusqu’au cannibalisme ? Comment la tragédie de la soi-disant République démocratique du Kampuchea, 1975-79, a-t-elle pu se produire ?

    Suong Sikoeun était un cadre de ce régime : il publia ses puissants mémoires en France ( Itinéraire d'un intellectuel khmer rouge éd. Cerf). Son apprentissage, comme celui de tous les autres, s'est déroulé à Paris, sanctuaire des étudiants cambodgiens, où une série de professeurs d'université les ont initiés aux concepts de la Révolution de 1789 combinés à l'expérience communiste. Suong confesse : « Mon processus a été lent et remonte aux années 1950, lorsque j’étais au lycée : je suis devenu passionné par la Révolution française. J'ai fait miens les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité. Et encore plus quand je suis venu en France pour l'université. Au fil des années, je me suis lancé à corps perdu dans des activités et des débats politiques, en arrivant peu à peu à la conclusion que seule une révolution violente, menée par une poignée de militants dévoués et résolus, intimement liés aux masses, sous la direction du Parti marxiste-léniniste, pourrait mettre fin aux maux dont souffraient mon pays et mon peuple : la domination étrangère, l’oppression féodale et l’injustice sociale. (…) Je lisais avidement tout ce qui concernait la Révolution française, avec une préférence pour les Jacobins et leur chef, Robespierre, qui était mon héros, mon idole. Et je me suis décidé à l'idée d'une transformation de la société par la méthode révolutionnaire et à la nécessité d'une dictature prolétarienne."

    En bref, c'est ce que soutenait (bien que moqué) le cardinal archevêque de Paris Jean-Marie Lustiger, qui dans son livre-entretien (La Scelta di Dio, Longanesi) indiquait dans le mélange entre la Révolution de 1789 et le marxisme , dont était imprégnée une certaine culture française du XXe siècle, la responsabilité d'avoir « armé le canon » du génocide cambodgien.

    C'est une histoire qui commence il y a longtemps, la rédemption par Dieu est remplacée par l'idée d'auto-rédemption par l'homme. L'histoire antique et médiévale est marquée par la présence de sectes professant des hérésies manichéennes et gnostiques : les Cathares (XIe-XIIIe siècles), les Frères du Libre Esprit (XIIe-XIVe siècles) (Adamites, Béghards, Hussites, Taborites, ...), les Frères Apostoliques (XIIIe-XIVe siècles), Fra Dolcino : l'avènement d'un renouveau radical du genre humain et l'instauration d'un état définitif de perfection. Puis, au sein de la révolte protestante, des chefs se sont investis en prophètes : T. Műnzer : « que tous étaient égaux, que toutes choses étaient communes à tous les hommes, que chacun recevait selon ses besoins, mais... un impie n'a pas le droit de vivre s'il entrave les pieux... l'épée est nécessaire pour les exterminer ». La « Nouvelle Jérusalem » est Münster : là, pour la première fois, la terreur systématique est appliquée comme moyen de réaliser le rêve messianique de « refaire la création ». L’enthousiasme de F. Engels et de l’historiographie marxiste pour ce « prophète du communisme » est bien connu, car son esprit égalitaire se combinait avec l’action révolutionnaire. Les constantes de ces phénomènes révolutionnaires sont : la création d’un monde nouveau et parfait n’est possible qu’en faisant table rase de l’ancien monde ; toujours la pratique de la Terreur ; la subordination coercitive de tout et de tous au plan politique aujourd'hui pour parvenir demain à la liberté absolue .

    Démocratie totalitaire : son théoricien le plus éminent est Jean Jacques Rousseau . Il nie le péché originel, l'homme est intrinsèquement bon et a vécu heureux dans "l'état de nature" (le bon sauvage) mais l'évolution des rapports sociaux, la naissance de la propriété privée le corrompent. Il faut alors un contrat social : « Chacun de nous met en commun sa propre personne et toute sa propre puissance sous la direction suprême de la volonté générale . » Dans la douce contrainte de Rousseau, la guillotine et le Goulag apparaissent en filigrane . Car « Comment peut-on espérer qu'une multitude aveugle, souvent ignorante de ses propres désirs, exprime une volonté commune ? La sollicitude active d'un leader qui incarne la volonté générale jusqu'à ce que le peuple soit éduqué à la vouloir. »

    D'où vient l'homo ideologicus ? Dans les sociétés de pensée (salons philosophiques, groupements politiques, loges maçonniques et, plus tard, partis idéologiques). Ils parlent de tout, ils se basent sur des mots, pas sur la réalité ; c'est le domaine de l'opinion : il faut briser les obstacles à la liberté, qui sont l'expérience, la tradition, la foi. « Dans les révolutions, l’abstraction tente de s’élever contre le concret. C'est pour cela que l'échec est inhérent aux révolutions" (J. Ortega y Gasset, Masse e aristocrazia , Volpe). Selon A. Cochin ( Mechanics of Revolution , Rusconi) nous avons trois phases.

    Une première étape d'incubation idéologique (1750-1789) : où la Terreur domine déjà les lettres, une Terreur exsangue, dont l'Encyclopédie fut le Comité de Salut public et D'Alembert le Robespierre : avec l'instrument de la diffamation (infamie ) . Le réseau d'entreprises réparties sur toute la France adopte cette méthode.

    Ensuite, deuxième étape, la philosophie devient action politique pour la réalisation de la volonté générale. Cochin fournit la preuve des manipulations par lesquelles les « sociétés » parvenaient à faire adopter des résolutions avant le vote dans les assemblées et, par le biais du réseau corporatif, à les faire converger rapidement vers Paris. Les institutions représentant le peuple de Paris, la Commune et les Sections, finirent par être dominées par une petite minorité de révolutionnaires professionnels , eux-mêmes dirigés par des tireurs de ficelles, les chefs jacobins. Il fallait créer un produit maniable, le citoyen , c’est-à-dire un individu sans protections sociales. Et ainsi affaiblir les liens familiaux « Les enfants appartiennent à la République, avant leurs parents » (GJ Danton).

    Troisième phase (1793-94) : l'État révolutionnaire . Celui qui incarne la volonté générale a le devoir d'élargir le champ des ennemis du peuple et de « punir non seulement les traîtres mais aussi les indifférents » (Saint-Just, Terreur et liberté , Editori riuniti). Ennemis du peuple : le terme (sinistrement abondant dans le vocabulaire communiste) est né avec la Terreur jacobine. Elle est globale : par exemple, dans la loi du 22 prairial an II, la définition des « ennemis du peuple » est si vague que tout le monde peut y être inclus : puisqu'il suffit d'« inspirer le découragement », de chercher à « corrompre les mœurs » ou à « altérer la pureté et la puissance des principes révolutionnaires », rien n'étant défini sur ce que signifient ces termes très généraux. Le droit-devoir d’exercer la terreur : « La terreur n’est rien d’autre qu’une justice prompte, sévère, inflexible ; c'est donc une émanation de la vertu. » Et la machine de la Terreur se nourrit de dénonciation et se couvre de silence. Il faut alors trouver les « coupables » des échecs révolutionnaires (famine, effondrement de la production, défaites militaires, ...). Finalement, la Révolution dévore ses enfants.

    Voici les étapes de la démocratie totalitaire et voici le Kampuchea démocratique : contrairement à l'Occident, où ce trouble-fête de l'Église vous empêche de faire les choses exactement comme elles devraient être faites, à l'Est les étudiants étaient assidus et savaient appliquer les théories avec le plus grand zèle.