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Société - Page 402

  • Les cours de morale et de religion en perte de vitesse, le cours de religion islamique en plein essor

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    Belgique — Moins de cours de morale et de religion catholique, le cours de religion islamique en plein essor (source)

    Les cours de religion islamique, protestante et orthodoxe sont quant à eux de plus en plus fréquentés.

    Depuis septembre 2017, les élèves de primaire et de secondaire du réseau officiel de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont obligés de suivre une heure de cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté par semaine. Pour ne pas alourdir leur horaire, il a été décidé que les cours de religion, d’une part, ou de morale, d’autre part, passeraient de deux heures par semaine à une heure par semaine.

    Il a aussi été décidé que les élèves qui souhaitaient ne plus suivre de cours de morale laïque ou de religion puissent remplacer ce cours par une heure supplémentaire d’éducation à la philosophie à la citoyenneté.

    Selon une analyse de l’Orela (Observatoire des religions et de la laïcité), 12,2 % des parents d’élèves de primaire et 15,3 % des parents d’élèves de secondaire ont opté pour une seconde heure d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté (EPC) pour l’année 2018-2019. L’année précédente, ces pourcentages s’établissaient à 10,9 au niveau primaire et à 12,1 % en secondaire.

    Depuis qu’il est possible d’opter pour deux heures de cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté, les cours de religion catholique et de morale non confessionnelle connaissent une baisse significative de leur fréquentation, tandis que les cours de religion islamique, protestante et orthodoxe continuent de voir leur fréquentation augmenter, note l’Observatoire.

    C’est le cours de morale laïque qui est le plus fortement touché par cette diminution. Ce qui est assez logique puisque le cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté est lui aussi d’inspiration « laïque ».

    En Communauté flamande et en Communauté germanophone, aucune réforme de ce type n’a encore été mise en œuvre.

    Rappelons que, depuis la loi du Pacte scolaire, les parents — et les élèves majeurs — ont, durant toute la scolarité obligatoire, le choix entre un cours d’une des religions reconnues et un cours de morale non confessionnelle. Les six religions reconnues (par l’Autorité fédérale) sont actuellement le catholicisme, le protestantisme, l’anglicanisme, le judaïsme, l’islam et le christianisme orthodoxe. Toutefois, la Communauté française n’organise pas de cours de religion anglicane, en raison de la faiblesse de la demande.

    Le contenu des cours de religion relève de la responsabilité des cultes. Le contenu du cours de morale non confessionnelle est quant à lui arrêté, comme les programmes des autres matières, par la Communauté française. En dépit de son organisation par les pouvoirs publics, la Cour constitutionnelle a déterminé que le cours de morale non confessionnelle était un cours engagé et non neutre, et elle a imposé la possibilité d’une dispense de tout cours de religion ou de morale. Pour répondre à cette exigence, le législateur a prévu la possibilité d’opter pour une seconde heure du CPC (cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté) à la place du cours de religion ou de morale.

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  • Les ligues de vertu féministes s’attaquent aux contes pour enfants

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    D'Olivier Babeau sur le site du Figaro Vox :

    Quand les ligues de vertu féministes s’attaquent aux contes pour enfants

    Quand les ligues de vertu féministes s’attaquent aux contes pour enfants

    FIGAROVOX/TRIBUNE - Des écoles de Barcelone ont supprimé plusieurs contes pour enfants de leur collection, au prétexte qu’ils véhiculeraient des «stéréotypes sexistes». Cette institution d’une police de l’orthodoxie des livres est une régression majeure, explique le professeur Olivier Babeau.


    Olivier Babeau est professeur d’université et président de l’Institut Sapiens. Il a publiéÉloge de l’hypocrisie (éd. du Cerf, mars 2018).


    Plusieurs écoles de Barcelone viennent de supprimer 200 livres de leur collection, dont la Belle au bois dormant et Le petit chaperon rouge, jugés «stéréotypants et sexistes». Une purge représentant un tiers de leur catalogue qui est un inquiétant premier pas.

    Une telle décision procède d’abord d’une méconnaissance du rôle des histoires en question, jugées «sans valeur pédagogique». Le petit chaperon rouge peut précisément se lire comme une façon de prévenir la prédation sexuelle pour les petites filles. Une leçon toujours utile à n’en pas douter. Dans son livre Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim avait montré combien les contes ont une utilité profonde dans la formation des jeunes esprits: ils montrent chacun à leur manière les difficultés auxquelles les enfants seront confrontés dans l’existence, et la façon dont il est possible de les surmonter.

    C’est ensuite une incompréhension extrêmement inquiétante de ce qu’est la littérature elle-même: une exploration en pensée de toutes les turpitudes humaines, un récit des possibles où les plus noirs tréfonds de l’âme doivent avoir leur place. Une littérature uniquement morale est aussi stérile que pouvait l’être l’art officiel des nazis ou des communistes. N’autoriser que des textes qui sont des catéchismes de la morale du jour revient ni plus ni moins qu’à réactiver le projet de contrôle de la pensée qui avait dominé jusqu’à l’époque moderne. L’institution d’une police de l’orthodoxie des livres est une régression majeure pour un Occident des Lumières qui s’était précisément bâti sur le refus du pouvoir théocratique sélectionnant les contenus orthodoxes et brûlant les autres. Elle n’a rien à envier au ministère de la promotion de la vertu et de la répression du vice instituée en Afghanistan par les talibans.

    On ne rend pas les hommes vertueux en leur cachant l’existence du mal ou de l’erreur, mais au contraire en leur permettant d’aboutir à leur propre jugement.

    Il ne faut jamais craindre l’homme qui a beaucoup lu, mais tout craindre, selon la fameuse phrase de Thomas d’Aquin, de «l’homme d’un seul livre». Tout doit pouvoir être dit, écrit et lu. Imaginer que les citoyens ne soient pas capables, par la force de la raison et au moyen du débat argumenté, de choisir les options morales collectivement bonnes revient à nier la possibilité même de la démocratie. Comment imaginer faire reposer un système sur le choix d’individus dont on nie la capacité d’opinion éclairée? On ne rend pas les hommes vertueux en leur cachant l’existence du mal ou de l’erreur, mais au contraire en leur permettant d’aboutir à leur propre jugement. Une civilisation qui commence à trier ses livres, quels qu’en soit les motifs, est en phase régressive. Ce geste est absolument similaire à celui qui fait interdire les Suppliantes d’Eschyle, changer la fin de Carmen ou censurer telle figure du passé comme Christophe Colomb dont certaines dimensions de la vie n’ont pas exactement collé aux canons moraux de notre XXIe siècle. Notre monde devient sottement manichéen. Aidés par la complaisance ou la honte d’observateurs incapables de se dresser contre ceux qui prétendent incarner le camp du Bien, les élans purificateurs se font de plus en plus violents et décomplexés.

    Hugo disait qu’ouvrir une école c’était fermer une prison. On peut craindre que supprimer des livres des écoles, et donc fermer leur savoir, soit la meilleure façon de finir par ouvrir des goulags. Notre société doit réagir face à la montée insidieuse des nouveaux censeurs, quelles que soient les louables intentions qu’ils affichent.

  • Notre-Dame exposée à de nouveaux dangers

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    Du site aleteia.org (Philippe de Saint-Germain):

    Jean Sévillia : « Notre-Dame devra affronter de nouveaux dangers »

    Notre-Dame a échappé au feu, mais elle devra affronter de nouveaux dangers : celui de la transgression et de la défiguration. Mais pour l’historien Jean Sévillia, qui explique cette volonté de détournement du patrimoine, l’âme de l’Église de France a les ressources pour traverser l’épreuve. Entretien.

    Aleteia : Quelle fut votre première impression à l’annonce de l’incendie de Notre-Dame ? 
    Jean Sévillia : Un effet de sidération, comme si la guerre était entrée à nos portes. Comme chrétien et comme Français, je me suis senti atteint au cœur. Puis après le choc mental, l’abattement, j’ai été touché par l’émotion nationale qui s’est exprimée dans tout le pays, y compris par la France laïque. Libération titre au lendemain de la tragédie : « Notre Drame ». Devant une catastrophe d’une telle ampleur, ce pays tellement laïcard, aux tendances christianophobes de plus en plus marquées, ne cache pas sa tristesse. Et l’on voyait bien que ce n’était pas seulement pour des raisons patrimoniales : il y avait autre chose. Dans l’inconscient collectif, même si personne ne l’avoue, la Sainte Vierge parle aux Français.

    Il semble cependant que cette unité était fragile…
    Oui, c’est ma deuxième observation : ce beau moment de communion française n’a pas duré vingt-quatre heures. La première polémique a éclaté autour des promesses de dons pour la reconstruction de la cathédrale. Voici des grandes familles qui offrent des centaines de millions d’euros, qui renoncent à leurs avantages fiscaux pour Notre-Dame, et elles sont insultées d’emblée. Le vieux fond révolutionnaire français s’est réveillé, avec ses sentiments de haine du riche, de jalousie, d’envie.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • Notre-Dame : l'arbre ne doit pas cacher la forêt des églises vandalisées

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    De Béatrice Le Grand sur le site d'Ouest France :

    Autel incendié, hosties jetées, vierge renversée… Cinq églises dégradées en une semaine

    Cinq églises ont été vandalisées en une semaine (illustration).

    Cinq églises ont été vandalisées en une semaine (illustration). | BÉATRICE LE GRAND / OUEST-FRANCE

    En une semaine, 5 églises ont été ciblées par des dégradations. Christ en croix et statue de la vierge renversés au sol, vase brisé, hosties jetées… La plupart des auteurs n’ont pas été identifiées. Mardi en fin de journée, le feu avait également été mis à un autel d’une chapelle latérale de la cathédrale Saint-Alain de Lavaur (Tarn).

    Des dégradations ont été commises dans cinq églises catholiques en France la semaine dernière, à Maisons-Laffitte et Houilles (Yvelines), Dijon, Nîmes et Lavaur (Tarn), a-t-on appris lundi de sources policières et diocésaines. Le tabernacle de l’église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte a été renversé dimanche, selon des sources policières. Une enquête a été ouverte et un homme, un SDF de 35 ans, placé en garde à vue, a reconnu les faits, selon la police.

    Selon un bilan du ministère de l’Intérieur, en 2017, ont été dénombrées 978 atteintes aux édifices religieux et aux sépultures, dont 878 contre des lieux chrétiens. La semaine dernière à Houilles, des actes de vandalisme ont été constatés dans l’Église Saint-Nicolas, selon la préfecture qui a condamné « avec la plus grande fermeté ces violences graves et inadmissibles contre ces lieux de culte ».

    Vase cassé, hosties jetées, vierge renversée

    Des dégradations, Christ en croix et statue de la vierge renversés au sol et brisés notamment, avaient déjà été constatées fin janvier dans cette même église, selon la police. Les auteurs n’ont pour l’heure pas été identifiés. Le commissariat de Houilles est saisi de l’affaire.

    Samedi, le diocèse de Dijon a également fait part de sa « tristesse » dans un tweet relayant des photos de dégradations dans l’Église Notre-Dame de Dijon : un vase cassé, des hosties jetées sur l’autel, une nappe roulée en boule.

    Tentative d’incendie

    Des actes de vandalisme ont par ailleurs été constatés mercredi dans une église de Nîmes située dans le quartier des Amoureux, selon des sources judiciaires et policières. Le tabernacle a été cassé, des hosties projetées sur les murs et à terre, divers objets religieux dégradés et des excréments jetés sur les murs intérieurs de l’édifice, selon ces sources. Le parquet de Nîmes a ouvert une enquête confiée aux policiers de la sûreté départementale de Nîmes.

    Mardi en fin de journée, le feu avait également été mis à un autel d’une chapelle latérale de la cathédrale Saint-Alain de Lavaur (Tarn), indique le diocèse sur son site internet.

    « Ces profanations doivent être punies »

    « Des églises incendiées, saccagées, profanées. Nous ne pourrons jamais nous habituer à ce que ces lieux de paix soient la proie de violences, à ce que nous avons de plus beau et de plus précieux, le corps du Christ, soit piétiné », a réagi sur Twitter Olivier Ribadeau Dumas, le porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF). 

    O.RIBADEAU DUMAS@ORDUMAS
  • USA : la Caroline du Sud et le Texas légifèrent pour protéger les bébés survivant à un avortement

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    USA : DEUX ETATS LÉGIFÈRENT POUR PROTÉGER LES BÉBÉS SURVIVANT À UN AVORTEMENT

    sur genethique.org

    Aux Etats-Unis, lundi et mardi dernier, la Chambre des représentants, puis le Sénat de la Caroline du Nord ont voté un projet de loi imposant aux médecins et infirmières de soigner les bébés nés vivants après un avortement tardif, comme tout nouveau-né, sous peine de sanctions pénales.

    Un porte-parole du gouverneur démocrate Roy Cooper, a critiqué la mesure. Ce qui laisse à penser que le gouverneur pourrait opposer son veto à la loi. Pourtant, les républicains, favorables à cette mesure, ont déclaré que cela dépassait le cadre de l'avortement puisqu’il s’agit de protéger un bébé né vivant.

    Au Texas, la semaine dernière, un projet de loi semblable intitulé the Texas Born Alive Protection Act,destiné à « renforcer les protections accordées aux bébés qui survivent à un avortement », a été approuvé par 93 voix contre 1 à la Chambre des représentants, et par 21 voix contre 10 au Sénat.

    Pour aller plus loin :

  • Les vieux Disney : le fanatisme des déconstructeurs progressistes

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    Un billet de Mathieu Bock-Côté paru il y a dix jours sur le site "Pour une école libre au Québec" :

    Les vieux Disney : les déconstructeurs progressistes sont des fanatiques

    Quiconque s’intéresse au mouvement des idées à notre époque est obligé de constater que nous sommes les témoins, en même temps que les victimes, d’une grande purge culturelle, comme s’il fallait purifier notre existence et la délivrer du mal. Le monde intellectuel, ou plus exactement, ses élites intellectuelles et médiatiques sont engagées dans un grand mouvement de déconstruction culturelle et sociale qu’elles assimilent à la lutte contre les préjugés qui pollueraient notre culture et pousseraient à la reproduction de structures sociales inégalitaires en plus de contribuer à l’exclusion des minorités. Pour que le paradis diversitaire advienne, pour qu’un nouveau monde arraché à l’ancien puisse enfin naître, il faudrait aller jusqu’au bout de la déconstruction.

    Cette logique folle se manifeste dans tous les domaines de l’existence, même les plus improbables. On a pu le constater encore une fois il y a une dizaine de jours dans la presse européenne qui rapportait la publication d’une étude universitaire britannique dénonçant... les dessins animés de Walt Disney ! Blanche neige, La Belle et la Bête, Aladdin et Le Roi Lion sont notamment ciblés. Sans surprise, on les accuse... de racisme ! 

    Car y a-t-il une seule œuvre aujourd’hui qu’on ne trouve pas moyen d’accuser de racisme ? Ce terme dont la définition ne cesse de s’étendre ne veut à peu près plus rien dire. On accuse aussi ces films de sexisme, La Belle et la Bête, apparemment, poussant même... à la violence conjugale ! Les œuvres plus récentes de Disney, toutefois, feraient la promotion de bonnes valeurs et on pourrait les recommander aux enfants. Fiou ! En d’autres mots, il faudrait considérer ces œuvres comme autant d’instruments de propagande devant faire la promotion de la vision recommandée de la société, sans quoi on aura la tentation de les proscrire. Comment ne pas constater que les savants à l’origine de ces études sont en fait des idéologues militants ?

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  • Affrontements autour des notes du pape émérite sur les abus

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    De Sandro Magister (Settimo Cielo) en traduction française sur le site Diakonos :

    C’est la guerre entre théologiens sur les « notes » du pape Ratzinger. Une attaque et une riposte.

    Les « notes » du pape émérite Benoît XVI sur le scandale des abus sexuels dans l’Église catholique ont enflammé les débats dans le monde entier, et nous en donnons en exemple dans cet article.

    Le texte qui suit est la réponse d’un éminent théologien américain, Robert Imbelli, à l’attaque frontale lancée contre Joseph Ratzinger par deux hauts représentants de l’Association allemande des théologiens pour l’étude de la morale, les professeurs Christof Breitsameter et Stephan Goertz.

    On peut trouver l’original en allemand du texte de ces deux théologiens sur le site de la conférence épiscopale allemande :

    > Moraltheologen kritisieren Benedikt-Text: “Misslungener Beitrag”

    Les versions en italien et en anglais sont disponibles sur ces autres pages de Settimo Cielo :

    > Prisoner of Prejudice

    > Prigioniero del pregiudizio

    Des théologiens sans théologie

    de Robert P. Imbelli

    Deux représentants de l’Association allemande des théologiens pour l’étude de la morale ont publié un commentaire critique de la récente analyse menée par le pape émérite Benoît XVI sur les origines et les causes de la crise des abus qui accable l’Église.

    Les professeurs Christof Breitsameter et Stephan Goertz portent plusieurs accusations contre Benoît XVI.  Ils prétendent qu’il accuse les bouleversements sociaux des années soixante et la révolution sexuelle d’être la seule cause de la crise plutôt que d’admettre la culpabilité institutionnelle de l’Église en tant que telle.

    Ils sont particulièrement agacés par ses critiques sur les développements de la théologie morale des années soixante qui, selon Benoît, encourage une approche au cas par cas finissant par déboucher sur un relativisme moral.  Ils prétendent que cette mise en cause est injuste et non fondée et que la théologie morale pratiquée par les membres de leurs association affirme elle aussi des absolus moraux tels que l’inhumanité de la peine de mort.

    Sans même vouloir défendre la moindre ligne de l’analyse du pape émérite, deux aspects du raisonnement de ces critiques me semblent déplorables et symptomatiques.

    En premier lieu, le style général de leur réponse indignée me fait penser au réflexe d’auto-défense d’une corporation encline à protéger ses privilèges et ses prérogatives contre toute critique externe.

    En second lieu, même si les signataires se présentent comme des spécialistes de la théologie morale, leurs affirmations contiennent très peu d’éléments étant  susceptibles d’être qualifiés de « théologiques ».  Ce qui est au centre des préoccupations du pape Benoît, c’est la question proprement théologique de la perte du sens significatif de Dieu dans la culture contemporaine et d’un grave déclin dans la conception et dans la pratique eucharistique dans une grande partie de l’Église actuelle.

    En revanche, la déclaration de ces éminents professeurs , membres d’une association qui étudie la théologie morale, ne contient aucune référence ni à Dieu ni à son Christ.  Elle est totalement dépourvue du moindre signe d’engagement exigeant en faveur d’une vision et d’une pratique eucharistique fondée sur la présence réelle de Jésus Christ.

    Malgré qu’ils aient l’outrecuidance d’accuser le pape Joseph Ratzinger de pratique une « approche approximative de la théologie », ils sont eux-mêmes incapables de manifester le moindre sens d’une théologie en tant que discipline ecclésiale gouvernée par la « règle de la foi ».  Bien au contraire, l’impression qu’ils donnent c’est que c’est la culture contemporaine qui fournit les standards de vie authentique à laquelle l’Église devrait se soumettre.  Mais cela, ce n’est plus l’approche du véritable « aggiornamento » mais plutôt une capitulation totale à la culture mondaine.

    Nul besoin donc d’être un théologie « contextuel » pour se demander si l’Association allemande pour l’étude de la théologie morale n’est pas en réalité une association de professeurs d’éthique qui avance à tâtons vers une compréhension de la belle vie que les cathèdres universitaires financées par l’État dans une société post-capitaliste offrent à leurs occupants.

    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

  • Semaine Sainte et Notre-Dame de Paris : Le service public de la transcendance

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    Iborra.jpgLe Jeudi Saint, l'abbé Eric Iborra a prononcé en l'église Saint-Eugène-Sainte Cécile de Paris un vibrant sermon reliant les événements à Notre-Dame de Paris à la Semaine Sainte.  « Nous ne pouvons en rester à notre tristesse, rappelle ainsi l'abbé Iborra, nous sommes stimulés par l’espérance théologale ».Lu sur le site web du bimensuel « L’Homme Nouveau » :

    "Nous voici rassemblés ce soir pour commémorer le dernier repas du Seigneur avec ses disciples. Ce repas, qui est aussi celui de sa Pâques, de son passage sacrificiel vers le Père. Ce repas où il manifeste déjà le plus grand amour dont il comble ceux dont il veut faire ses frères en s’abaissant à leur laver les pieds, lui le Maître et Seigneur. Ce repas, enfin, où il fait des onze les ministres qui devront réitérer le sacrifice du Vendredi Saint sous la forme du pain et du vin du Jeudi Saint. Onze, puisque Judas s’en est allé, lui, le symbole de tant de serviteurs indignes à venir tout au long de l’histoire de l’Église.

    En commémorant ce soir l’institution de l’Eucharistie, nous commémorons aussi, en effet, l’institution du sacerdoce. La tradition liturgique a voulu, en ce jour, qu’il soit mis en relief en réunissant tout le clergé autour de l’évêque à l’occasion de la bénédiction des huiles saintes dans l’église-mère du diocèse. C’est d’ailleurs S. Jean de Latran, la cathédrale de Rome, qui est l’église stationnale de la messein cena Domini. Chaque eucharistie célébrée ne peut l’être qu’en lien de charité avec l’évêque car, disait S. Cyprien de Carthage au 3e siècle, ubi episcopus, ibi ecclesia : là où est l’évêque, là est l’Église. Et pourtant c’est à S. Sulpice que le clergé parisien s’est retrouvé hier soir pour la messe chrismale, puisque l’église-mère du diocèse n’était plus que ruine fumante.

    Permettez-moi ce soir de vous partager quelques réflexions nées de la rencontre de cet événement avec notre Semaine Sainte. Cet événement qui a causé une émotion sans pareille et cela bien au-delà du double cercle des catholiques et des Parisiens. Émotion causée bien sûr par la brutalité du sinistre et le caractère apocalyptique de l’incendie qui a ravagé la charpente, abattu la flèche et fait croire un moment à l’effondrement prochain de tout l’édifice. En contemplant la carcasse de la cathédrale le lendemain, du pont des Tournelles, je me suis rappelé que j’y avais été ordonné prêtre il y a bientôt trente ans...

    L'homme reste finalement petit

    La première réflexion que je voudrais partager est celle-ci : au XXIe siècle, l’homme soit-disant augmenté, riche en technologie de toute sorte, reste finalement très petit face aux éléments en furie. Il a fallu, vous le savez, une quinzaine d’heures à un demi-millier de pompiers pour circonscrire cet incendie de fin du monde. Nous avons vu se déchaîner un combat terrifiant entre les quatre éléments cosmiques : le feu, attisé par l’air, opposé à la pierre des voûtes et à l’eau que les hommes tiraient du fleuve. Tableau digne de l’antique où les Anciens auraient vu l’expression de la colère des dieux.

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  • RDC : l'archevêque de Kinshasa encore sévère dans son message de Pâques après les élections

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    Lu sur le site web de la RTBF : 

    Ambongo 5cbcdc299978e253477b2bbb.jpg«L'archevêque de Kinshasa, l'un des voix de l'église catholique très influente en République démocratique du Congo, a estimé que les "récents événements socio-politiques n'ont pas beaucoup réalisé les rêves de notre peuple", dimanche dans son message de Pâques, trois mois après la première alternance à la tête de l'État.

    "Dans notre pays, nous célébrons cette fête dans un contexte où les désespoirs gagnent de plus en plus les cœurs des congolaises et de congolais", a déclaré l'archevêque de Kinshasa, qui conteste le résultat officiel de l'élection du 30 décembre 2018 et la victoire de l'opposant Félix Tshisekedi.

    L'archevêque a récemment déclaré que M. Tshisekedi "a été désigné par l'ancien président" Joseph Kabila, ce qu'affirme et dénonce aussi l'autre opposant Martin Fayulu qui revendique la victoire. "En même temps, nous sentons que nous devons le soutenir", avait ajouté l'archevêque de Kinshasa dans un entretien à Jeune Afrique après une tournée aux États-Unis et en Europe.

    "Il y a quelques temps, les espoirs de tout un peuple ont été brisés et sacrifiés sur l'autel des intérêts et calculs égoïstes de quelques personnes, créant ainsi frustration et découragement", a-t-il détaillé dans son message pascal. "Pire encore, nous constatons que les conditions d'une société de paix et de justice traînent encore à advenir", a-t-il ajouté. "Et les événements socio-politiques de ces derniers jours ne font qu'entretenir un climat d'incertitude pour un lendemain meilleur en RDCongo".

    Les récentes élections au sénat, entachées d'accusation de corruption, ont conforté la majorité parlementaire de l'ex-président Joseph Kabila, de même que l'élection des gouverneurs à la tête de 24 des 26 provinces.

    "Ne laissez pas la haine, le tribalisme, la corruption ainsi que ses effets, la division (...) gagner vos cœurs. Malheureusement, c'est vers cette direction que beaucoup veulent conduire le peuple congolais", a-t-il conclu.

    Le président Tshisekedi a assisté dimanche à la messe de Pâques dans la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa en présence de l'ex-archevêque Laurent Monsengwo, une autre voix très critique du régime Kabila. "Que les médiocres dégagent", avait lancé Mgr Monsengwo début janvier 2018 après la répression sanglante d'une première marche catholique anti-Kabila. »

    Ref. RDC : l'archevêque de Kinshasa encore sévère dans son message de Pâques après les élections

    Le Medvedev de Kabila n’a aucune latitude qui lui permettre de faire longtemps illusion, même aux yeux de populations immatures. Combien de temps encore va durer cette supercherie qui ne trompe personne ?

     JPSC

  • Mgr Aupetit : un archevêque à la hauteur de la situation

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    Du Figaro via ce site :

    Le Figaro Premium – Monseigneur Michel Aupetit: «Que veut nous dire le Seigneur à travers cette épreuve?»

    GRAND ENTRETIEN – L’archevêque de Paris voit dans l’incendie de Notre-Dame un appel à la «conversion» des cœurs.

    Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, avait reçu Le Figaro pour une longue interview juste avant le drame de Notre-Dame. Il l’a complétée ce mardi.

    LE FIGARO. – Notre-Dame de Paris, votre cathédrale, est en partie détruite: qu’avez-vous perdu lundi soir?

    Mgr Michel AUPETIT. – Le signe spirituel de l’incendie de notre église mère, en ce jour du lundi saint où tous les chrétiens entrent dans la grande semaine de la Passion et de la Résurrection du Christ, est une immense douleur. Qu’est-ce que le Seigneur veut nous dire à travers cette épreuve? Nous voici dans un scandale de mort, vers le mystère d’une résurrection. Notre espérance ne nous décevra jamais car elle est fondée non sur des édifices de pierre, toujours à reconstruire, mais sur le Ressuscité qui demeure à jamais. Nous avons perdu la beauté de l’écrin, mais nous n’avons pas perdu le bijou qu’elle contenait: le Christ présent dans sa Parole et dans son Corps livré pour nous.

    «La destruction de la cathédrale suscite un élan spontané de prière et de générosité dans le monde entier qui nous touche beaucoup. Mais le chemin sera long.»

    Êtes-vous optimiste pour la reconstruction, son financement?

    La destruction de la cathédrale suscite un élan spontané de prière et de générosité dans le monde entier qui nous touche beaucoup. Mais le chemin sera long.

    La France, croyante ou non, a vibré lundi: de quoi Notre-Dame de Paris est-elle le signe?

    Elle est l’âme de la France par son histoire. Elle est le signe de la foi de ce peuple qui, même s’il l’oublie, comme le disait Lacordaire à Notre Dame, demeure la «fille aînée de l’Église».

    L’Église traverse une crise sans précédent. Son vaisseau amiral qui brûle: est-ce un signe spirituel?

    Au-delà de la reconstruction des pierres, il s’agit de reconstruire l’Église tout entière par la conversion de notre cœur. «Va, dit le Seigneur à saint François d’Assise, et rebâtis mon Église qui tombe en ruines.»

    Le gouvernement clôt un grand débat, l’Église catholique doit-elle ouvrir le sien?

    L’Église a ouvert son débat au niveau de ses responsables dès qu’elle a pris conscience de la réalité et de la gravité des faits. Aujourd’hui, c’est aux fidèles de s’emparer de ce débat. Il y a un trouble profond chez les catholiques mais ce n’est pas un rejet des prêtres car tous se ressoudent, malgré une souffrance très forte, autour d’une commune espérance. Les fidèles veulent toutefois s’exprimer, c’est ce qu’ils font actuellement dans les paroisses. C’est tant mieux. Il faut qu’ils puissent dire ce que cette crise provoque en eux et nous devons les aider en ce sens.

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  • L’Ohio est le sixième état américain à avoir adopté la loi de l’ heartbeat bill

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    HEARTBEAT BILL : L’OHIO RESTREINT À SON TOUR LES DÉLAIS POUR UN AVORTEMENT

    de genethique.org

    L’Ohio est le sixième état américain à avoir adopté la loi de l’ heartbeat bill, qui interdit l’avortement à partir du moment où les battements du cœur du bébé sont détectables. Le gouverneur Mike DeWine a signé et promulgué la loi hier. Le gouverneur précédent avait déjà opposé deux fois son veto à des lois similaires. Mike DeWine a déclaré qu’il s'était engagé à soutenir les femmes enceintes et les personnes vulnérables : « Je veux juste que ce soit très très clair, notre préoccupation ne concerne pas que les enfants à naître, mais également toutes les personnes qui ont besoin de protection. Je crois que c’est notre devoir et une fonction essentielle du gouvernement que de protéger ceux qui ne peuvent pas se protéger eux-mêmes ».

    L’ACLU[1] de l’Ohio a déjà annoncé qu’elle ferait appel auprès des tribunaux pour non constitutionnalité de la loi. Les défenseurs de la loi « espèrent provoquer une contestation judiciaire susceptible de renverser l’arrêt rendu en 1973 par la Cour suprême des États-Unis », légalisant l’avortement jusqu’à la viabilité, vers 22 à 24 semaines. « L'Ohio a tracé une ligne et continue de faire progresser la protection des bébés à naître », s’est réjoui Mike Gonidakis, président de Right of Life en Ohio.

    Pour aller plus loin :

  • Asia Bibi est toujours retenue au Pakistan

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    Du site "La sélection du Jour" :

    ASIA BIBI N’A PAS ENCORE PU QUITTER LE PAKISTAN !

    On la croyait en sécurité au Canada avec sa famille. Mais le démenti, cruel, est venu du Premier ministre du Pakistan en personne : il a reconnu dans un entretien à la BBC diffusé le 10 avril qu’Asia Bibi était toujours au Pakistan « à cause de certaines complications ». Interrogé sur ces « complications », il a répondu « qu’il ne pouvait pas en parler dans les médias », tout en assurant qu'elle pourrait quitter le pays « dans les prochaines semaines ».

    Ainsi, après neuf ans d’emprisonnement, cette chrétienne mère de famille condamnée à mort pour un prétendu « blasphème » avant d’être, après de multiples péripéties judiciaires angoissantes, définitivement innocentée par la Cour suprême du Pakistan, le 29 janvier, n’a toujours pas retrouvé la pleine liberté. Elle vit certes désormais en compagnie de son mari dans un endroit protégé, mais cela ne diffère guère d’une résidence surveillée. Cette « protection » dans un pays où les islamistes ont juré de la tuer, elle et les siens, ressemble à celle d’une cage immergée au milieu d’un banc de requins.

    La cause de cette assignation à résidence est la même que celle qui a fait condamner à mort puis maintenir en prison contre toute justice cette humble paysanne pakistanaise : la terreur que font régner les islamistes au Pakistan, « le pays des purs » musulmans. Asia Bibi est l’une des nombreuses victimes de la « loi anti-blasphème » contre le prophète Mahomet ou contre le Coran, qui donne prétexte à des dénonciations ubuesques à la disposition de quiconque veut se venger d’un adversaire ou d’un gêneur. Mais son cas ayant été providentiellement médiatisé, Asia Bibi est devenue un symbole dans le monde entier, surtout en Occident. D’où la haine des islamistes. Déjà les émeutes provoquées par son acquittement, le 31 octobre 2018, avaient paralysé de nombreuses villes du pays. Le sceau définitif apposé par la Cour suprême à son acquittement en refusant la demande de révision exigée par les islamistes, en janvier dernier, a encore fait monter la pression dans la cocotte-minute. C’est une explosion que redoute les autorités le jour elle aura enfin été exfiltrée du pays.

    Cette affaire emblématique de beaucoup d’autres (plus de 1500 cas de « blasphème » répertoriés au Pakistan) montre à la face du monde la nature totalitaire de l’islam. La vie des Pakistanais, non seulement appartenant à des minorités religieuses mais à la masse des musulmans, est suspendue à un arbitraire proche de celui des citoyens soviétiques ou chinois aux époques de terreur rouge. La différence, notable, c’est que les autorités pakistanaises ne pilotent pas ou plus cet arbitraire, mais tentent, tant bien que mal, de l’endiguer. Dans l’affaire Asia Bibi, deux de ses défenseurs, un gouverneur musulman et un ministre catholique, l’ont payé de leur vie.