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Société - Page 554

  • L'avortement est un crime, c'est l'aumônier de l'Assemblée Nationale française qui l'affirme

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    Lu sur Valeurs Actuelles :

    L’aumônier de l’Assemblée nationale affirme que l’IVG “est un crime”

    Le débat animé par Pascal Praud sur CNews ce lundi 17 avril portait sur le vote des catholiques à l’élection présidentielle à venir. Présents sur le plateau : Jérôme Béglé, journaliste au Point, Charlotte d’Ornellas, journaliste à Boulevard Voltaire, Hélène Pilichowski, éditorialiste et Laurent Stalla-Bourdillon, aumônier de l’Assemblée nationale.

    Alors que le débat s’oriente sur la question de l’avortement, Laurent Stella-Bourdillon affirme que sa “position est celle de la doctrine de l’Eglise catholique : l’IVG est un crime”. Il justifie ensuite les catholiques ayant la même position idéologique : “un certain nombre de concitoyens ont besoin de défendre des réalités auxquelles ils sont attachés, parce qu'ils sentent que c'est ça qui conditionne la condition de vivre ensemble, le respect de leur identité ou de leur dignité de personnes”.

    Pour le journaliste Bruno Roger-Petit, affirmer de tels propos est “monstrueux”. Mais pour Charlotte d’Ornellas la logique est tout autre : “Est-ce que vous pouvez entendre que c’est précisément parce qu’on est préoccupés par ces femmes obligées d’avorter qu’on tient un tel discours sur l’IVG ?”, d'après des propos relevés par Marianne.

    Polémique. Sur CNews, lundi 17 avril, un débat était consacré au vote des catholiques lors de la présidentielle. L’aumônier de l’Assemblée nationale était présent sur le plateau. (à la minute 26'59'')

    Clash en direct sur CNews quand un prêtre... par morandini

  • Liège, 4 mai : Première du film "Et les mistrals gagnants"

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    Première du film "Et les mistrals gagnants"

    Liège : jeudi 04 mai 20:00 (Cinéma le Parc)

    Te raconter enfin qu’il faut aimer la vie et l’aimer même si, le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants, et les mistrals gagnants… Paroles de la chanson de Renaud

    Le film d’Anne-Dauphine Julliand nous fait rencontrer cinq enfants : Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual, ils ont entre 6 et 9 ans. Ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves. Ils vivent dans l’instant. Avec l’humour et surtout l’énergie optimiste de leur âge, ils mènent un combat contre des maladies très graves et/ou évolutives. Malgré les traitements lourds, malgré les douleurs parfois insoutenables, ils font preuve d’un appétit de vivre incommensurable, d’une énergie communicative. Ces enfants embrassent la vie sans s’apitoyer sur leur sort, sans nier non plus ce qu’ils éprouvent.

    Cliquez ici pour découvrir la fiche du film

    La projection sera suivie d’une rencontre « les enfants face à la maladie » avec la professeure  Marie-Christine Seghaye, cheffe du service pédiatrie au CHU  (sous réserve)

    Prix d’entrée habituels, places en prévente à partir du mercredi 5 avril

    Aucune réservation ni par e-mail ni par téléphone !

  • "L’affaire Mercier" et l'avortement : une nouvelle prise de conscience et une nouvelle mobilisation ?

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    Nous remercions l'auteure de cette analyse qui met en évidence les conséquences positives que "l'Affaire Mercier" permet déjà de souligner :

    Ce que « l’affaire Mercier » permet aujourd’hui…

    Puisque cela fuse de tous côtés, pourquoi ne pas réfléchir calmement sur les bienfaits possibles pour la Belgique de ce que beaucoup appellent « l’affaire Mercier ».

    Ceux qui ne sont pas au courant n’auront aucun mal à consulter Google avec les deux mots « Mercier avortement » et voir que depuis le 21 mars 2017, articles et opinions, dans les médias francophones, néerlandophones et même italiens et américains donnent leur version des faits.

    Quels sont les fruits de cette petite bombe printanière que Synergie-Wallonie en cheville avec la conseillère du recteur pour la politique du genre (oui, oui, un poste fixe dans plusieurs universités du pays !) à l’Université Catholique de Louvain a voulu faire exploser ? 

    Certains se sont offusqués du fait qu’on puisse encore mettre en doute le bien-fondé de l’avortement. Les confrontations entre étudiants de l’UCL ont été sans doute trop violentes, tout comme l’avortement lui-même est violent. « Comment ? alors qu’on croyait que ce « droit » était acquis, le voilà remis en question ? » Et de voir les soi-disant menaces défiler : Trump, Pologne, Irlande, Espagne, rétrogrades, catho …tous dans le même panier ! Il faut « dénoncer ces menaces qui pèsent sur ce droit très précieux » lance le Centre d’Action Laïque.

    Car enfin « Chaque femme a la liberté de choisir, sans contrainte, si elle souhaite ou non poursuivre sa grossesse. Ce choix, posé à un moment de la vie, doit être respecté. Choisir si l’on veut avoir des enfants ou non, avec qui, et à quel moment est un droit fondamental. »  Ces lobbies s’agitent car l’agenda est bien une dépénalisation totale de l’avortement.

    Grâce à l’affaire Mercier, une nouvelle prise de conscience, une nouvelle mobilisation est-elle en train de s’opérer ?

    Pour réaffirmer ce « droit » à l’avortement, il y a même eu une distribution de persil organisée par le Conseil des Femmes francophones dans différents lieux comme Louvain-la-Neuve. (On a ainsi pu découvrir les vertus du persil…)

    Voyant cette agitation, certaines jeunes-filles nous ont confié avoir compris que l’avortement n’était pas aussi anodin que ce que les lobbies anti-life voulaient leur faire croire. Oui, en reparler a permis de prendre la mesure du geste et de ses conséquences.

    Plusieurs, dont Stéphane Mercier et Yvan de Beauffort ont osé exprimer leur opinion, le premier par la parole, le deuxième par sa participation en tête de la Marche pour la Vie. Le lynchage a été immédiat. Il n’est plus permis pour certains de par leur engagement académique ou de par leur engagement politique d’exprimer une opinion personnelle. Le MR de Schaerbeek, dont Yvan de Beauffort fait partie a réagi au quart de tour. Le chargé de cours invité, lui aussi a été suspendu. La liberté d’expression mais aussi la liberté académique sont ici menacées comme le soulignaient les Professeurs Michel GHINS et Jean BRICMONT dans une Carte Blanche publiée dans Le Soir. Un autre cas nous a été rapporté d’une fonctionnaire menacée de perdre son emploi parce qu’elle avait exprimé son opinion lors de la MPV face à une caméra, et que ses collègues ont dénoncée dès le lendemain.

    Le rôle de l’Université et celui d’un cours de philosophie ont, eux aussi, été questionnés. Après Ghins-Bricmont, voici le Professeur V. Hanssens qui est interviewé dans La Libre. Lorsqu’elle est catholique, l’université ne doit pas, pour autant, être confondue avec une institution ecclésiale ; en tant qu’académique, elle ne peut en tout cas pas être pervertie par le débat politique. La réponse à ceci est venue de Xavier Dijon s.J. dans une opinion non publiée par La Libre qui a trouvé que cela suffisait de parler de l’avortement. La conclusion de Xavier Dijon mérite d’être relevée : «… si un professeur ne s’est pas plié à ce discours politiquement correct, préférant reprendre – même avec des maladresses – le débat à sa racine strictement philosophique, a-t-il perverti une fonction essentielle de l’université ou bien l’a-t-il plutôt honorée ? » Un autre fruit de l’affaire Mercier est de nous faire réfléchir sur le rôle de l’Université, et tout simplement réfléchir grâce à un cours de philosophie !

    Dans la même opinion, Xavier Dijon nous interpelle sur le « C » de l’UCL, catholique ou pas ? « (…) il serait tout de même dangereux que l’Université catholique évacue le message révélé du Dieu d’amour ou les acquis de la foi dans le Christ ressuscité pour développer un savoir scientifique qui ne tournerait plus que sur lui-même. On sait en effet combien la science peut faire du tort lorsqu’elle se détache de la conscience. Est-il sûr par exemple que la façon dont les embryons humains sont traités aujourd’hui dans nos centres de recherches correspond à la dignité dont ils sont titulaires ? »

    Là aussi, n’y aurait-il pas un électrochoc salutaire de « l’affaire Mercier » à se poser la question : que se passe-t-il au sein d’une institution catholique ? Car n’enseigne-t-on pas aux étudiants en médecine (aux infirmières et aux sages-femmes) comment faire des avortements, comment arrêter une grossesse pour handicap, comment réaliser la procréation médicalement assistée, comment et pourquoi faire des recherches sur les embryons, comment pratiquer l’euthanasie ? Oui, « ON » a laissé faire depuis 30 ans…

    Et si le citoyen lambda, ose se lever et exprimer une opinion dissidente à celle du Main stream, certains hurlent et crachent vulgarité, violence, obscénité et injures…(article de Moustique)

    Oser vraiment penser

    On peut rêver et être plein d’enthousiasme aussi. Sans vouloir provoquer encore plus de haine et de violence chez nos amis d’en face, oserait-on parier qu’en tant que féministe ou laïque du CAL, on puisse encore s’interroger sur ces pratiques devenues si communes et qui touchent à la vie et à la mort ? La Carte Blanche de la féministe Sophie HEINE dans Le Soir, « L’avortement: liberté ou vulnérabilité? », est en ce sens novatrice et ouvre la voie à un dialogue lorsqu’elle affirme « Dans un tel contexte, que peut bien signifier la liberté individuelle si souvent postulée dans la décision d’avorter – et confirmée par le terme officiel d’« interruption volontaire de grossesse  ? Comment les femmes peuvent-elles être effectivement libres dans de telles circonstances si elles sont structurellement soumises à des dominations ? N’est-il pas absurde de considérer que, face à la question cornélienne de prolonger ou non une grossesse, les contraintes s’imposant habituellement à elles soudain s’évaporent ? »

    Un des fruits de l’affaire Mercier, me semble-t-il, sera aussi que des jeunes médecins et autres soignants, réalisent leur vocation : soigner et accompagner ne revient pas à provoquer la mort du fœtus, de l’embryon, de ce bébé handicapé, de cette personne en fin de vie, mais bien à se placer à leurs côtés pour traverser ensemble l’épreuve et inviter chacun des citoyens, vous et moi, à s’investir dans l’aide aux plus fragiles.

    La conclusion sera laissée à au Révérend Général des Frères de la Charité, René Stockman, qui vient de publier dans Tertio cette opinion traduite en français (sur belgicatho) : « Devons-nous retourner aux catacombes ? ».

    « Ceux qui défendent la vie à naître, non seulement avec émotion mais aussi avec des arguments inspirés des enseignements de l’Eglise catholique, sont aujourd’hui en grande difficulté. Nous vivons dans une société devenue allergique à l’application, la proclamation et la défense d’une morale développée sous cet angle. Il y a pourtant dans la Constitution, le principe de la liberté d’expression, mais cela n’est apparemment vrai que pour certains, et la contrepartie est sommée de se taire. Certains de nos hommes politiques ont beaucoup de difficultés à faire valoir le principe de la liberté d’expression à d’autres. »

    A bon entendeur…

  • Le combat pour la vie nous condamne-t-il à la marginalisation et à retourner aux catacombes ?

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    De René Stockman, Révérend Général des Frères de la Charité, cet article paru sur Tertio et traduit par une amie :

    De retour aux catacombes ?

    L’affaire du Prof. Mercier et de l’UCL a de nouveau éveillé la polémique au sujet de l’avortement. C’est l’occasion d’éclaircir quelques points et d’essayer de comprendre pourquoi un cours de philosophie, dans lequel on défend une position claire, peut agiter jusqu’aux plus hautes sphères d’une université.

    Tout d’abord, il y a la position défendue et argumentée par le professeur en question, que l’avortement doit être considéré comme un crime. En soi, il n’y a aucune objection légitime à ce propos puisque l’avortement consiste à tuer délibérément un être vivant. Y compris dans la loi belge actuelle, l’avortement est encore considéré comme un crime. Celui-ci n’est que dépénalisé sous certaines conditions. Le simple fait qu’il faille partiellement dépénaliser un acte est la preuve la plus évidente qu’il s’agit d’un crime. La manière dont le professeur a abordé le sujet a certainement alimenté la polémique. Effectivement, certains exemples qu’il avait choisis n’étaient peut-être pas les plus appropriés. Un tel cours offrait l’opportunité d’ouvrir un débat sur ce sujet controversé. La discussion n’a apparemment pas eu lieu.

    De plus, le Professeur Mercier n’a aucunement parlé des drames personnels qui peuvent conduire à l’avortement, ni des cas dans lesquels l’avortement est permis comme un acte médical et même justifié. Un sujet comme l’avortement doit se présenter dans son contexte et ne pas se focaliser uniquement sur l’acte en tant que tel.

    A l’opposé, nous avons l’argument assez violent de l’UCL réduisant le professeur Mercier au silence. Sur quelle base cette décision a-t-elle été prise? Le professeur a-t-il prêché une erreur ? A-t-il été à l’encontre des principes fondamentaux de l’UCL et de sa philosophie ? Il n’y aurait donc à l’UCL qu’une place limitée pour exprimer son opinion. Ces faits ne sont-ils pas en totale contradiction avec la liberté scientifique pourtant si valorisée par les universités ? Et quid du droit à l’erreur évoqué par le Recteur de la KUL, Piet De Somer, à l’occasion de la visite du Pape Jean-Paul II à Louvain ? L’UCL se trompe en effet quand elle déclare que l’avortement est un droit. L’UCL ne supporte apparemment pas qu’une autre opinion, plus correcte, en lien avec la doctrine de l’Eglise soit formulée quand bien même les termes choisis étaient - je le répète - maladroits. Donc, visiblement, un professeur à l’UCL n’est plus autorisé à penser sur les principes fondamentaux de la doctrine de l’Eglise catholique, doctrine à partir de laquelle l’université s’est tout de même développée, mais qui maintenant s’en est plutôt éloignée.

    L’ensemble de cette campagne diffamatoire nous amène à une considération plus fondamentale du sujet de l’avortement et des autres thèmes en rapport avec la vie. Aujourd’hui, presque tout est subordonné à la morale de l’intention. Une chose est bonne quand elle sert un bon objectif. Qu’une chose puisse être intrinsèquement mauvaise, est sacrifié à l’intention que la personne en a. C’est une tendance dangereuse qui évolue de plus en plus et occupe de plus en plus de terrain. Qui sera finalement encore en sécurité dans cette morale de l’intention ? L’eugénisme, n’était-il pas également totalement focalisé sur l’intention ? Pour obtenir une race pure, tous ceux qui n’étaient pas à la hauteur devaient être écartés ou ne plus se reproduire. J’entends déjà arriver les critiques m’accusant de comparer ces pratiques eugénistes avec l’avortement. Je dois donc faire attention à ne pas prendre le même chemin que notre professeur, Stéphane Mercier, avec ses nombreux exemples. Non, dans la question de l’avortement il s’agit avant tout d’une autodétermination absolue placée au-dessus de l’inviolabilité de la vie, c’est à dire l’enfant à naître. Encore une fois, nous ne nions pas la situation dramatique dans laquelle une personne peut se trouver quand elle considère le recours à l’avortement, ni les luttes et blessures personnelles cela peut également causer. Nous ne devons en effet pas séparer l’acte de la personne, mais d’autre part ne pas confondre naïvement l’un avec l’autre. Nous devons préserver l’honnêteté afin de considérer et juger l’acte en tant qu’acte, et en même temps être ouvert aux problèmes dans lesquels se trouve la personne. Mais notre jugement de l’acte ne peut totalement changer en fonction de la situation dans laquelle se trouve la personne qui pose cet acte. C’est une morale d’intention qui a perdu les pédales. Quand on considérera l’avortement comme un droit, le prochain pas sera de le considérer comme quelque chose de bien. Ainsi, tous les efforts pour chercher des alternatives qui tiennent à la fois compte de la situation problématique dans laquelle se trouve la femme et du statut juridique de l’enfant à naître disparaitront. Il faut tout de même souligner que même la vie prénatale est et sera toujours une vie qui a le droit d’être protégée, d’autant plus qu’elle ne peut absolument pas se défendre d’elle-même. L’inviolabilité du droit à la vie n’est nulle part aussi précieuse que chez l’enfant à naître.

    Ceux qui défendent la vie à naître, non seulement avec émotion mais aussi avec des arguments inspirés des enseignements de l’Eglise catholique, sont aujourd’hui en grande difficulté. Nous vivons dans une société devenue allergique à l’application, la proclamation et la défense d’une morale développée sous cet angle. Il y a pourtant dans la Constitution, le principe de la liberté d’expression, mais cela n’est apparemment vrai que pour certains, et la contrepartie est sommée de se taire. Certains de nos hommes politiques ont beaucoup de difficultés à faire valoir le principe de la liberté d’expression à d’autres. Il semble également difficile d’aborder ouvertement une morale conforme aux enseignements de l’Eglise catholique au sein même de nos propres maisons. Notre professeur pourra en témoigner. Parce que je croyais que l’on pouvait quand même encore considérer l’UCL comme une université avec un certain cachet, une signature qui nous est familière et dans laquelle nous devrions nous sentir accueillis en tant que chrétiens, ou tout du moins y expérimenter la liberté de formuler et échanger nos points de vue judicieusement et de manière sereine. Les faits montrent que cela n’est plus d’actualité. Et l’UCL n’est pas seule dans ce cas. Quand nous voyons comment d’autres soi-disant organisations chrétiennes se laissent de plus en plus emporter par la sécularisation qui ne ronge pas les branches mais bien les racines de l’arbre. Nous nous trouvons donc dans une double sécularisation : celle de la société mais aussi celle des organisations fondées par l’Eglise, des ordres et des congrégations ; appelez ça le milieu chrétien. Cette seconde forme de sécularisation est très malheureuse et douloureuse, car c’est ainsi que naît une érosion de l’intérieur et que nous perdons aussi la plate-forme sociale où les chrétiens peuvent s’adresser les uns aux autres avec leurs engagements et visions afin de les évaluer en toute honnêteté. Faut-il alors être surpris que les individus et les groupes, qui veulent encore être fidèle à l’enseignement de l’Eglise, se replient de plus en plus sur eux-mêmes, avec le danger d’être considérés par les autres comme extrémistes ? Et ces individus et groupes peuvent bien manquer cette connotation dans une époque où l’extrémisme n’a plus rien à voir avec le vécu radical d’une doctrine. Mais lorsque les plateformes existantes disparaissent, alors on ne peut faire autrement que de créer sa propre plate-forme, jusqu’à ce qu’on soit peut-être obligé de retourner aux catacombes ! 

    Fr. René Stockman

  • France : voter tout de même...

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    D'Erwan Le Morhedec sur son blog "KozToujours" :

    Alors on vote.

    On peut être le type de gars à vouloir espérer contre toute espérance et se trouver pourtant en proie au plus grand désarroi. Je relativise certes la mystique du grand débat national que serait une élection présidentielle : la volonté de cliver, marquer sa différence, souder son camp avant de rassembler les Français, conduit à hystériser – au sens plein, névrotique – des questions essentielles. Mais si cette campagne a peut-être intéressé davantage les Français que la précédente (souvenons-nous), c’est à la façon d’une telenovela. Aucun thème ne s’est imposé, aucun enjeu majeur pour les cinq, dix et vingt années prochaines n’a été sérieusement discuté. Il y avait pourtant urgence, pour le pays, pour la politique.

    Je n’ai guère entendu de réponse satisfaisante à la seule question qui me semble devoir se poser : que voulons-nous pour la France ? J’ai entendu l’un évoquer une « startup Nation », l’autre « la première puissance économique d’Europe ». Cela ne fait pas un pays. L’économie ne fait pas un pays. Pour n’être pas un enjeu négligeable, la prospérité économique ne peut pas être l’ultima ratio de la politique, et de notre temps en particulier. Car oui, nous faisons face aujourd’hui à un enjeu de civilisation. Non que, comme certains se complaisent à l’affirmer, notre civilisation soit en péril. Mais elle est en mouvement.

    Faute de « volonté commune dans le présent » autant que de reconnaissance de « gloires communes dans le passé », c’est l’existence même d’une Nation qui est en suspens.
    Nous ne nous sommes guère penchés sur ce que nous considérons aujourd’hui encore comme des choix fondateurs de notre civilisation, de notre culture. Nous avons bien peu débattu de ce que signifie aujourd’hui former une Nation. Quelle Nation souhaitons-nous former en commun, sur quels fondements existants et avec quelle ouverture aux possibles ? Quel contrat tacite passons-nous avec l’ensemble des Français, ceux de plus ancienne implantation comme ceux de plus récente arrivée ? Si la Nation est ce « plébiscite de tous les jours » selon la formule ressassée de Renan, savons-nous seulement ce que nous voulons ? C’est bien la volonté qui forme les Nations et, comme il l’écrit plus loin, « avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour faire un peuple ». Notre peuple, notre Nation, ne se perpétueront pas par la seule invocation des gloires communes dans le passé mais par la distinction d’une volonté commune dans le présent, et l’adhésion du peuple à celle-ci. Or, en tout ceci, tant l’existence d’une volonté elle-même que celle de la mettre en œuvre en commun sont incertaines, de sorte que c’est bien l’existence même d’une Nation qui est en suspens.

    Cela aurait pu donner lieu à un débat, tant je pense que même l’efficacité économique peut découler d’une vision commune, de la volonté de participer à un destin partagé. Nous aurions pu aussi débattre en profondeur de l’éducation, « mère de toutes les batailles » –  y compris face aux visées religieuses fondamentalistes1. Il y avait bien des choses à dire, des propositions à entendre.

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  • Serions-nous victimes du syndrome de Judas ?

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    De François Brunhes sur aleteia.org :

    Entre matérialisme et crise de foi, sommes-nous victimes du syndrome de Judas ? 

    « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent » (Mt 6, 24). Cette assertion de Jésus prend une résonance singulière dans notre époque, car elle émerge de manière particulièrement vive lorsqu’on explore les racines de la grave crise actuelle de la foi.

    La trahison de Judas, esclave de « l’argent malhonnête », motivée par l’avarice, la rancœur et la convoitise, devrait nous faire réfléchir à notre rapport aux biens matériels. La crise actuelle de la foi trouve son enracinement dans le sentiment de suffisance, voire de plénitude que les acquis technologiques et industriels développent chez l’homme, de sorte que Dieu ne lui apparaît pas, d’un point de vue existentiel, nécessaire. La dépendance compulsive aux objets technologiques et aux sensations qui y sont associées, finit par faire de ceux-ci des éléments de fixation ontologique, qui capturent l’être en totalité, ne laissant aucun espace à Dieu. L’homme est littéralement aspiré par son environnement techno-matériel, à un tel point que les produits de celui-ci ne s’apprécient plus selon leur utilité, mais en tant que valeurs existentielles.

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  • La Belgique en flagrant délit d'eugénisme

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    De genethique.org :

    LA BELGIQUE EN FLAGRANT DÉLIT D’EUGÉNISME

    En Belgique, le Conseil supérieur de la santé vient d’émettre un avis concernant le « dépistage généralisé en contexte de procréation ». Ce dépistage est proposé pour identifier les futurs parents en bonne santé porteurs d’une maladie génétique récessive.

    Ces tests génétiques préconceptionnels, remboursés, doivent permettre d’identifier « des troubles graves autosomiques et liés à l'X récessifs chez les couples ayant un projet de grossesse ». Ce dépistage pourra être élargi aux couples suivis pour des questions de fertilité ou pour une maladie génétique connue, qui pourraient également « bénéficier de l'identification d'autres risques génétiques susceptibles d'affecter leurs enfants ».

    La pertinence de cette démarche et son systématisme ne lassent pas d’étonner, car elle s’apparente clairement à un procédé eugéniste : il s’agit d’éclairer les parents, avant la conception de leur futur bébé, afin qu’ils puissent prendre « des décisions en matière de procréation ». Le procédé est justifié par les auteurs de l’Avis en ce qu’il doit leur permettre « de renforcer leur autonomie en matière de procréation » : l’Etat se met en situation de dépister des maladies qui sommeillent potentiellement chez des porteurs sains, sans antécédents familiaux, pour inviter les couples à ne pas avoir d’enfant, à recourir à la Procréation médicalement assistée (PMA) avec despistage pré-implantatoire, ou bien, en dernier recours si la femme est enceinte, à interrompre la grossesse... Le Comité estime en effet que le dépistage génétique « doit être réalisé pour des troubles suffisamment graves pour justifier une adaptation des projets en matière de procréation », et qu’il devra « se concentrer sur les troubles qui se manifestent dans la petite enfance plutôt qu'à l'âge adulte ». Sur la base de quels critères ces choix sont-ils opérés ?

    La motivation économique de cet avis pointe dans un discours qui se veut bienveillant puisqu’il vise à éviter toute souffrance. En effet, le dépistage doit « comprendre des troubles graves pour lesquels des interventions thérapeutiques existent, lorsque le traitement peut générer une importante charge physique, émotionnelle ou financière »…

    Cependant, quelle fiabilité accorder à ces tests ? Quelle sera la part d’enfants qui ne verront pas le jour dans la crainte de les savoir potentiellement imparfaits, puisque malades ? Quels nouveaux ressorts de culpabilité vont s’imposer aux parents qui ne souhaiteront pas entrer dans ce marchandage affectif et financier ? Toute vie, même fragile, ne vaut-elle pas d’être vécue ? En ouvrant sur un monde encore irréel mais terrorisant, ce document laisse une impression nauséeuse.

    Timidement, les auteurs reconnaissent que « l'identification du statut de porteur d'un individu en bonne santé peut impliquer des questions éthiques et juridiques importantes » et il préconise de de demander l’avis du Comité consultatif de bioéthique. Quelles seront ses conclusions ?

    Pour l’heure, une étude pilote doit être mise en place pour réfléchir aux questions juridiques, éthique et de vie privées, définir les troubles à dépister, organiser le Conseil préconceptionnel, évaluer l’impact économique…

  • En Egypte : le calvaire des Coptes

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    De Valérie Toranian sur le site de la Revue des Deux Mondes :

    Le calvaire des Coptes en Égypte

    Les Coptes sont la minorité chrétienne la plus importante du Moyen-Orient. On estime qu’ils sont entre 7 à 12 millions, soit 10% de la population égyptienne. Dimanche 9 avril, pendant la messe des Rameaux, dans des églises bondées à craquer, quarante-quatre d’entre eux ont trouvé la mort (le bilan est provisoire). Tués pendant l’office marquant le début de la Semaine Sainte. Une bombe placée sous un banc près de l’autel de l’église Mar Girgis (Saint Georges) à Tanta, ville du delta du Nil. Et un kamikaze se faisant sauter avec sa ceinture d’explosifs aux abords de la cathédrale Saint Marc à Alexandrie, où officiait Mgr Tawadros II, le patriarche copte orthodoxe.

    Les deux attentats ont été revendiqués par l’État islamique, dont beaucoup de membres chassés d’Irak et de Syrie se sont repliés sur le Sinaï égyptien : ils y sèment la terreur au sein des populations chrétiennes et même musulmanes, à qui ils tentent d’imposer leurs codes et leur mode de vie rétrograde. Malgré ses déclarations, l’armée du président Al Sissi est à la peine pour les déloger.

    Les Coptes, comme tous les chrétiens d’Orient, ne sont pas pourchassés par l’État islamique au seul motif qu’ils embrassent la religion du Christ et constituent des « poches » mécréantes dans la conquête et l’expansion du Califat. C’est aussi parce qu’ils habitent sur cette terre depuis les origines, bien avant l’arrivée de l’islam et qu’ils sont la preuve vivante que cette terre fut autre : païenne, zoroastrienne, chrétienne, bouddhiste… Toute origine, toute influence qui atteste d’une présence historique autre que musulmane est un affront pour Daech. C’est en cela que l’islamisme est une idéologie totalitaire. Du passé faisons table rase ! Un royaume nouveau doit voir le jour, pur de toute scorie étrangère à l’islam.

    Les Talibans dynamitaient les Bouddhas de Bamyan ; Daech détruit à l’explosif les chefs-d’œuvre antiques de Palmyre, ville classée au patrimoine de l’humanité : une première fois en 2015, une seconde fois en janvier dernier lors de la reprise de la ville par l’État islamique, avec notamment la destruction du tétrapyle, un édifice romain de seize colonnes daté du IIe siècle.

    Dans l’Égypte actuelle, les Coptes sont les Égyptiens « de souche », les « aegyptos », mot dont la contraction a donné naissance à « copte ».

    Dans l’Égypte actuelle, les Coptes sont les Égyptiens « de souche », les « aegyptos », mot dont la contraction a donné naissance à « copte ». Ceux qui, à partir de 43, date de l’arrivée de l’évangéliste Marc en Égypte, vont fonder une communauté chrétienne qui va grandir et prospérer. Six siècles avant l’arrivée de l’islam.

    Les Coptes assassinés lors de la fête des Rameaux se rajoutent à la liste déjà longue de leurs martyrs. Marc en premier lieu : le succès de sa communauté irrita l’administration romaine d’Alexandrie. Son corps fut traîné par un char et déchiqueté. Ses ossements furent l’objet d’une très grande dévotion. Jusqu’en 828, où ils furent volés par des marchands vénitiens envoyés par le Doge Justinien Partizipacio, qui en fit les reliques officielles de sa cathédrale Saint Marc. (Un épisode qui entacha durablement les relations entre l’église copte d’Égypte et l’église de Rome jusqu’à ce que le Pape Paul VI rende enfin aux Coptes ce qui leur appartenait… en 1968.)

    Persécutés par Byzance parce qu’ils ne ralliaient pas la doxa chrétienne officielle, les Coptes verront d’abord d’un très bon œil l’arrivée des musulmans qui venaient les délivrer des empereurs de Constantinople. Ils déchantèrent vite.

    Minoritaires à partir du XIVe siècle, ils deviennent de plus en plus des citoyens de seconde zone, héritant du statut de dhimmi sous l’Empire ottoman. Ils prennent part à la lutte d’indépendance de l’Égypte, puis à la révolution de 1958, mais Nasser les met à l’écart de la vie politique. Dans les années soixante-dix, leur situation se détériore. Persécutions, pillages, vols, destructions, enlèvements : plus l’influence des frères musulmans augmente, plus ils sont pris à partie. Non seulement les islamistes les poursuivent de leur haine, mais l’administration ne les voit pas d’un bon œil non plus. Ils sont exclus des fonctions supérieures dans l’armée, la police, la justice.

    Lors du printemps arabe, les Coptes sont place Tahir aux côtés de leurs compatriotes musulmans et laïcs, pour demander la fin de la dictature et de la ségrégation qui les frappe. Ils sont de nouveau dans la rue en 2013 pour réclamer, aux côtés de millions d’autres Égyptiens, le départ du président islamiste Morsi. Les Frères musulmans ne le leur pardonneront pas : quatre-vingts églises, bâtiments et œuvres sociales détruits, plusieurs familles coptes assassinées, chassées, torturées, rançonnées ; écoles, champs, maisons, bétails détruits ou volés. Les Coptes accusent les autorités de laxisme et de négligence systématique lorsqu’il s’agit de coincer les auteurs des forfaits.

    Têtus comme chrétiens en Orient, les Coptes font le dos rond, s’accrochent. Jusqu’à quand ?

    Pendant des siècles, ils furent discriminés. Désormais les Coptes sont régulièrement traqués, assassinés, égorgés sur leurs lieux de culte. Attentats en janvier 2011, vingt-trois morts dans une église d’Alexandrie ; en octobre 2013, quatre morts lors d’un mariage ; en décembre 2016, vingt-neuf morts dans l’attaque suicide contre l’église Saint-Pierre et-Saint Paul. Sans parler de l’assassinat des vingt-et-un coptes kidnappés en Libye et décapités par Daech en 2015, dans une mise en scène macabre largement diffusée par vidéo… Têtus comme chrétiens en Orient, les Coptes font le dos rond, s’accrochent. Jusqu’à quand ?

    On les dit proches du président Al Sissi et on le leur reproche. Certes, l’homme fort du Caire ne brille pas par son respect des droits de l’homme, mais « au moins, il nous protège un minimum des islamistes », murmurent les Coptes.

    Ces attaques interviennent dix-neuf jours avant la visite du pape François en Égypte, les 28 et 29 avril. Certains y voient un avertissement à l’égard du gouvernement égyptien qui s’apprête à recevoir le Saint-Père commue un chef d’État. Le Pape François rencontrera également le grand imam d’al-Azhar, prestigieuse institution de l’islam sunnite, avec qui les relations étaient plutôt fraîches depuis dix ans. Le pape Benoît XVI avait en effet provoqué l’ire des pays musulmans dans une conférence à Ratisbonne en 2006 où il avait rappelé que « Mahomet a prêché sa foi par l’épée, il a autant été chef de guerre que chef religieux ; que de nos jours « on ne peut pas utiliser la violence au nom de Dieu » et que « les religions devraient inciter à un usage correct de la raison et promouvoir des valeurs éthiques ». 

    Aujourd’hui, le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde.

    Changement de discours total avec le nouveau Pape qui refuse d’identifier l’islam à la violence, et ne cesse de défendre le dialogue. Dans son message de condoléance suite aux attentats anti-Coptes du 9 avril, il demande au Seigneur de « convertir le cœur de ceux qui sèment la terreur et aussi de ceux qui fabriquent les armes et en font commerce. » Ce n’est pas la première fois que François désigne l’argent comme ennemi principal de l’humanité et donc des chrétiens. Dans son message de Carême, il avait appelé à méditer sur « l’attachement à l’argent », source de tous les maux dans le monde, conformément à la vision très sociale qui est la sienne.

    C’est tout à son honneur.

    À condition, dans sa course contre « l’ennemi argent », de ne pas oublier le sort des plus persécutés de son Église. Les chrétiens d’Orient ont pratiquement disparu d’Irak, ils fuient la Syrie, le Sinaï. Aujourd’hui, le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde. Au Soudan, au Nigéria, au Congo, au Pakistan… Sans oublier les infâmes pogroms anti-chrétiens menés par les partisans hindouistes nationalistes en Inde.

    Même si l’État islamique, dans le futur, est vaincu, cantonné, repoussé, même si le califat est réduit à néant, il aura remporté cette triste victoire : avoir réussi en grande partie à chasser de leurs terres ancestrales les premières communautés chrétiennes de l’histoire.

    Lire également : 

    Persécution des chrétiens d’Orient – C’est une part de la civilisation européenne qui est agressée

  • Quatre spécialistes mettent en cause la légitimation de l'euthanasie pour souffrances psychiques

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    Du site "EuthanasieStop" :

    Euthanasie pour souffrances psychiques : le terrain glissant qui bascule de l'autre côté

    Ces quatre auteurs, à savoir le Fr. Dr. René Stockman, Dr. Marc Calmeyn, Dr. Marc Eneman et Prof. Dr. Herman De Dijn, ont écrit un essai qui est maintenant publié en format livre sur la question de la légitimation de l'euthanasie pour souffrances psychiques. Ils l'analysent d'un point de vue médical, philosophique et croyant, et arrivent à la conclusion que l'on prend un chemin très dangereux en pratiquant l'euthanasie pour souffrances psychiques. Ils fournissent ici une précieuse contribution dans le débat public qui en laisse peu indifférents.

    Depuis 2002, l'euthanasie pour des maladies sans espoir de guérison et souffrances intolérables sont légalisées sous certaines conditions. Si, au départ, on ne prenait en compte que les souffrances physiques pour envisager l'euthanasie, les patients avec des souffrances psychiques sont, ces dernières années, de plus en plus devenus également sujets d'euthanasie. Aujourd'hui, même les mineurs peuvent sans accord de leurs parents demander l'euthanasie, et les votes s'élèvent pour étendre cela aux personnes âgées démentes et aux personnes handicapées. Dans l'un des journaux, nous avons pu lire aujourd'hui, 1 Flamand sur 20 meurt par euthanasie. Nous nous situons clairement sur un terrain glissant qui est en train de basculer totalement. Ce qui était autrefois considéré comme une exception, devient maintenant une règle et bientôt élevée à un droit de patient, où l'euthanasie devra être acceptée sur simple demande du patient. Ou comment l'euthanasie est maintenant aussi élevée à une nouvelle forme de thérapie.

    Une réflexion d'un point de vue médical

    Les auteurs de l'essai sont, outre leur opposition fondamentale à toute forme d'euthanasie, profondément préoccupés par l'approche ...

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  • En marge de l’affaire Mercier : Université et Vérité

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    sapienza.jpgDans un discours qu'il devait prononcer à la « Sapienza » de Rome le 17 janvier 2008, mais que celle-ci a refusé d’entendre, le pape Benoît XVI a posé la question du rapport entre l'université, la raison, la vérité et la foi.

    Sa leçon manquée ne s'adressait pas à une université catholique mais à une université d'état, ce qui met en relief la portée universelle de son propos. Le souverain pontife part d'un principe: l'université comme communauté scientifique, l'Eglise comme communauté de croyants, cherchent toutes deux la vérité, dans une démarche autonome. La question est alors de savoir si, du fait de cette autonomie, elles n'ont rien à se dire, à apprendre l'une de l'autre. On pense par exemple, ici, aux enjeux de l'affaire Galilée  ou à ceux de la bioéthique.

    En premier lieu, précise le pape, l'Eglise a pour mission de maintenir la communauté des croyants sur le chemin vers Dieu indiqué par Jésus. Mais la foi n'appartient pas pour autant à la seule sphère privée ou subjective. Elle entretient des rapports avec la raison éthique universelle qui, affirme-t-il, s'impose à l'humanité. Et ceci concerne directement le monde universitaire qui puise son origine dans la soif de connaissance propre à l'homme.

    Comme Socrate, dans son dialogue avec Euthyphron , les premiers chrétiens ont compris leur foi comme une dissipation du brouillard de la religion mythologique: ils accueillent comme une partie de leur identité la recherche difficile de la raison pour parvenir à la vérité toute entière.

    C'est ainsi que l'université a pu et dû naître dans le cadre de la foi chrétienne.

    Mais, comme l'a observé saint Augustin, le simple savoir rend triste car la vérité est plus que le savoir, c'est connaître le bien. C'est le sens de la question de Socrate à Euthyphron: quel est le bien qui nous rend vrais ? La vérité rend bon et la bonté est vraie. Le Logos se révèle aussi comme le Bien et Benoît XVI conclut: la raison publique universelle qui fonde la démarche universitaire ne peut évacuer cette dimension de la recherche du vrai.

    L'université est confrontée à la juste relation entre connaître et agir: la médecine scientifique inscrit l'art de guérir dans la rationalité, le droit pose la question de la justice et de la liberté.

    A ce point du raisonnement, le pape pose, avec Habermas (1), la question du conflit entre ce qu'il appelle la "sensibilité aux intérêts particuliers" et la "sensibilité à la vérité" comme concept nécessaire dans le processus d'argumentation. Poser cette question, c'est introduire dans le débat, pour en justifier le rôle, les facultés de philosophie et de théologie auxquelles, précise le Saint-Père, l'université, dès le moyen âge, a confié la recherche sur l'existence humaine dans sa totalité, avec une vive sensibilité pour la vérité.

    Qu'est-ce qu'une raison vraie ? Il n'y a pas de réponse toute faite, observe Benoît XVI, mais la philosophie ne recommence pas chaque fois du point zéro d'un sujet pensant de manière isolée. Elle s'inscrit dans le dialogue du savoir historique et, à ce titre, elle ne doit pas se fermer à ce que les religions et, en particulier, la foi chrétienne ont reçu et donné à l'humanité comme indication du chemin. Parmi les choses dites au cours de l'histoire par les théologiens, plusieurs étaient fausses et nous troublent mais, en même temps, l'humanisme de la foi chrétienne constitue une instance pour la raison publique, un encouragement vers la vérité, une force purificatrice contre la pression du pouvoir et des intérêts.

    Le danger qui menace aujourd'hui les sciences exactes et, à travers elles, les sciences humaines c'est de baisser les bras face à la question de la vérité: la raison se plie face à la pression des intérêts, elle est contrainte de reconnaître l'utilité comme critère ultime; la philosophie se dégrade en positivisme; la théologie se confine dans la sphère privée d'un groupe; la raison, sourde au grand message de la sagesse et de la foi chrétiennes, se dessèche dans le cercle étroit de ses propres argumentations: elle se décompose et se brise.

    Oui, l'Eglise a un rôle vis-à-vis du monde universitaire: l'aider à maintenir vive la sensibilité à la vérité, inviter la raison à se mettre à la recherche du vrai et du bien pour découvrir finalement, en toute liberté, Celui qui est le chemin, la vérité et la vie.

    Un tel discours (2) s'impose avec plus de force encore, faut-il le dire, aux universités qui entretiennent des liens structurels avec l'Eglise, impliquant des devoirs spécifiques à l'égard de la communauté des croyants. C'est ce qu’au même moment Mgr Michel Schooyans a encore rappelé avec vigueur le 30 janvier 2008 à Neufchâteau, en célébrant la messe grégorienne des obsèques de Monseigneur Edouard Massaux, ancien recteur de l'Université Catholique de Louvain (U.C.L.). Désapprouvant les dérives sécularistes de cette université, le défunt avait exclu, dans ses dernières volontés, toute présence officielle (cardinal grand chancelier, pouvoir épiscopal organisateur, conseil d'administration, conseil académique) à ses funérailles

    Dans sa prédication remarquable (3), Monseigneur Schooyans, a notamment rappelé que le recteur Massaux "connaissait les pièges entrelacés du scientisme, des idéologies, du relativisme et du scepticisme corrosif". Pour lui, "sciences de la nature et sciences humaines étaient deux grands portiques ouverts à l'espérance et à la lumière: à ses yeux, comme aux yeux de Benoît XVI, la raison elle-même devait être sauvée. Comme saint Augustin, il considérait que pour l'homme il n'y a de pleine lumière que là où la grâce en a déjà ouvert le chemin" et "dans ce monde universitaire où les hommes ont souvent une estime fort flatteuse d'eux-mêmes, Massaux jugeait qu'il devait y avoir place pour le don que Jésus offrait à la  Samaritaine de l'Evangile: ce don, c'est ce que nous appelons la foi".

    Près de dix ans plus tard, ces témoignages forts n’ont rien perdu de leur actualité : ils interpellent une fois de plus le monde académique et singulièrement les universités qui se parent du nom de «  catholique » .

    JPSC

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    (1) Jürgen Habermas, philosophe et sociologue allemand, né en 1929, professeur aux universités de Heidelberg et de Francfort.

    (2) Allocution du pape Benoît XVI pour la rencontre avec les étudiants de l’université romaine de la « Sapienza »

    (3) Extrait de l’homélie publiée le 3 février 2008 par le journal La Libre Belgique  : « […]« Fier de l'Alma Mater, et par conséquent exigeant, le Recteur Massaux avait mis la barre très haut pour l'Université. Il la voyait comme une communauté de chercheurs de vérité, et, autant que possible, comme une communauté de chercheurs de Dieu. Il savait et il croyait que Dieu se révèle dans sa Création, qu'il parle à travers elle. Mais en brillant universitaire, notre ami savait les limites des sciences de la nature. Il savait ce que les sciences humaines pouvaient offrir, mais il en savait aussi les limites. Notre recteur connaissait donc les pièges entrelacés du scientisme, des idéologies, du relativisme et du scepticisme corrosif.

    Pour Mgr Massaux, sciences de la nature et sciences humaines étaient deux grands portiques ouverts à l'espérance et à la lumière. À ses yeux, comme aux yeux de Benoît XVI ou du Cardinal Lustiger, la raison elle-même devait être sauvée. Comme Saint Augustin, il considérait que pour l'homme il n'y a de pleine lumière que là où la grâce en a déjà ouvert le chemin. Contre les descendants de Pélage , le Professeur Massaux déclarait que l'homme échouait à se sauver seul, et qu'il se fourvoyait s'il se posait en maître ultime du sens de la vie et de la mort. Pour lui, le pilotage de l'Université ne pouvait se faire les yeux rivés sur les classements à la mode.

    En prenant ce risque, notre Université se mettait en danger de perdre son âme. Mgr Massaux a découvert très tôt qu'une vérité d'un autre ordre s'offre à l'homme et s’offre à son amour. À ce troisième niveau, c'est le Seigneur qui fait le premier pas pour se révéler à la connaissance de l’homme  et s’offrir à son amour.

    Dans ce monde universitaire, où les hommes ont souvent une estime fort flatteuse d'eux-mêmes, Massaux jugeait qu'il devait y avoir place pour le don que Jésus offrait à la Samaritaine de l'Évangile (Jn 4).Ce don, c'est ce que nous appellons la  foi. 0 rassurez-vous, chers Frères et Sœurs ! Mgr Massaux ne rêvait pas de voir l'Université transformée en pouponnière catéchétique pour jeunes adultes ! Il n'eut jamais la tristesse de voir sa Faculté de Théologie ployer sous le joug du magistère romain, moins encore du magistère national belge. Il souhaitait, au minimum, qu'en aucun domaine l'Université ne porte de contre-témoignage; et qu'au mieux elle s'ouvre, comme la Samaritaine (Jn 4), comme Zachée (Le 19, 1-10), comme l'Aveugle-né (Jn 9) au don de Dieu. Car ni les hommes ni les institutions ne sont à l'abri de la "renégation"...

    Sans attendre une reconnaissance qui ne lui fut distillée que parcimonieusement, Mgr Massaux a donné sa vie pour la communauté universitaire, pour son pays, qu'il voulait uni, et pour l'Église, qu'il aimait avec autant de tendresse que de lucidité. Il n'a jamais transigé sur les conditions de la solidarité, de la générosité et de l'amour. Ni celui-ci ni celles-là, estimait-il, ne sauraient reposer sur des compromis précaires ni sur des marchandages inavouables. L'union, oui; mais pas au prix de l'indignité. Lorsque le Pape Paul VI lui a conféré, en 1965, le titre de Prélat d'Honneur de Sa Sainteté, le Chanoine Massaux a choisi pour devise "In libertate veritatis" : la vérité fera de vous des hommes libres (cf. Jn 8, 32). A quelque niveau que l'on envisage la liberté, celle-ci est incompatible avec le mensonge, avec l'orgueil, avec toutes les formes de violence. Tous les hommes aspirent certes à la liberté, mais la fascination du mensonge survit à ce que nous croyons être nos libérations. Il nous en coûte en effet de reconnaître que nous préférons souvent consentir à la servitude plutôt que d'accueillir Celui qui, seul, peut briser nos entraves. En définitive, seul le péché fait obstacle à notre liberté. Le chemin du bonheur n'est pas à chercher dans les sagesses trompeuses stigmatisées par Saint-Paul (cf. Col 2, 8), ni dans les fables tarabiscotées dénoncées par Saint-Pierre (2 P 1, 16), ni non plus dans des concordats signés à la sauvette avec des puissances séculières. Le bonheur, c'est d'aller sur les routes du monde pour inviter tous les hommes aux noces de Dieu faisant alliance avec nous. En fin de compte, nous devons être des messagers d'espérance. Cette espérance, dont Massaux a été témoin, nous autorise à penser que, pas plus aujourd'hui qu'hier, notre Aima Mater ne doit craindre les vents qui la font tanguer.

    Mgr Massaux a vécu à Bioul une retraite dont peu de sollicitations épiscopales sont venues troubler la sérénité. Aussi longtemps que ses forces le lui ont permis, il a assisté à des réunions scientifiques et par ticipé à leurs travaux. Il a cultivé les amitiés solides, notamment avec des personnalités d'exception comme la Princesse Liliane ou le DocteurWynen. Ceux de ses amis qui étaient, comme on dit, "en recherche" occupaient une place spéciale dans son cœur. En même temps, le théologien se tenait très au courant des dernières publications de sa spécialité. Comme Karl Barth, il ne concevait pas qu'une journée puisse se passer sans la visite de Mozart. Et quand ses forces ont commencé à décliner irrémédiablement, il est devenu une colonne de prière pour l'institution à la nuque raide (cf. Ex 32, 9) qu'il avait porté pendant trente ans à bout de bras »

  • Un entretien avec Anne-Chantal André Dumont, fondatrice et porte-parole de la Marche pour la Vie

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    Sur le site de Liberté Politique :

  • "Le Kosovo, une chrétienté en péril" : KTO revient sur ces autres chrétiens martyrisés

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    Lu sur le site « Salon Beige »

    A découvrir : 

    "Le Kosovo-Métochié est une terre où la chrétienté orthodoxe est présente depuis plus de 700 ans. Ce "berceau" du christianisme orthodoxe en Serbie, compte plusieurs monuments placés sur la liste du patrimoine mondial de l´UNESCO mais aussi sur la liste du patrimoine mondial en péril. Le Kosovo, c´est une chrétienté en péril: depuis l´an 2000 on dénombre près de 150 lieux de culte chrétien pillés, détruits, incendiés...

    Pour les serbes orthodoxes, il s'agit donc d'un enjeu de première importance depuis l'autoproclamation d´indépendance du Kosovo : maintenir la flamme vivace et préserver tout ce qui peut l´être. Ce documentaire est une sorte d´état des lieux de la situation dans laquelle perdurent la tradition et la présence serbe orthodoxe, comment elle se maintient en vie dans ses monastères et rayonne dans ses villages, chez les fidèles. Une communauté soumise à épreuve face à la tentation de radicalisation d´un Islam démographiquement majoritaire au Kosovo".

     

    JPSC