

Témoignages - Page 243
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Spa, septembre-octobre : "l'adoption au-delà de la différence", une conférence et une exposition
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Le pape a rendu hommage au père Jacques Hamel, victime d'une violence satanique
De Radio Vatican (Manuella Affejee):
L'hommage du Pape au père Jacques Hamel, victime d'une violence «satanique»
(RV) «Tuer au nom de Dieu est satanique» : c’est ce qu’a répété avec force le Pape François dans son homélie, au cours de la messe qu’il a célébrée tôt ce mercredi matin, dans la chapelle de la maison Ste Marthe. Cette messe du 14 septembre 2016, en la Fête de la Croix glorieuse, était célébrée à l'intention du père Jacques Hamel, assassiné le 26 juillet dernier.
La célébration s'est tenue en présence de Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, et d’un groupe de 80 pèlerins du diocèse, dont deux sœurs et un neveu du père Jacques Hamel.
L’Église compte aujourd’hui plus de martyrs qu’aux premiers temps. Depuis les premiers siècles, jusqu’à nos jours, des chrétiens, hommes et femmes, sont assassinés, emprisonnés, torturés, égorgés, parce qu’ils ont refusé de nier le Christ. Le père Jacques Hamel, dont la photo était simplement disposée sur l’autel, est l’un d’eux. Ce prêtre «doux, bon, fraternel, qui cherchait toujours à faire la paix» a été tué comme s’il était un criminel, égorgé, alors qu’il célébrait justement le sacrifice suprême du Christ sur la Croix. Cette Croix glorieuse que l’Eglise fête aujourd’hui.
Et le Pape François de remarquer : le père Hamel, au milieu de ses souffrances, «n’a pas perdu la lucidité, et a nommé son assassin : "Va t’en,satan !"», aurait-il lancé à deux reprises à ses bourreaux. Car la cruauté de la persécution qui vise les chrétiens est «satanique», a affirmé le Pape. Et«comme il serait bon, a-t-il poursuivi, le visage grave, que toutes les confessions religieuses disent que "tuer au nom de Dieu est satanique"».
Le père Hamel a donné sa vie pour ne pas renier le Christ. «C’est un martyr, lancé le Pape, et les martyrs sont bienheureux ! Nous devons le prier pour qu’il nous donne la douceur, la paix, la fraternité, et aussi le courage de dire la vérité : tuer au nom de Dieu est satanique», a répété le Saint-Père, revêtu d'un chasuble rouge, couleur liturgique de la mémoire des martyrs.
Pour revoir la messe dans son intégralité :
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Le pape François s’investit dans la situation au Congo
L’Eglise réagit au milieu de l’indifférence générale (voir notre post Congo : l’Eglise « ne sera pas la caution d’un dialogue qui n’en est pas un » ). Lu sur RFI Afrique :« Il sera question de la RDC ce dimanche 11 septembre au Vatican. Le pape François reçoit son représentant à Kinshasa, monseigneur Luis Mariano Montemayor. Le nonce apostolique l’avait annoncé lors de sa dernière visite à Beni où il avait été envoyé par le souverain pontife après le massacre de Rwangoma, qui avait fait plus de 50 morts selon l’ONU. Au menu des discussions, la situation sécuritaire dans l’est du pays, mais aussi la crise politique. Ce sont les deux axes sur lesquels l’Église catholique s’investit en RDC.
Le pape François avait parlé de « silence honteux » deux jours après le massacre de Rwangoma, et après deux ans de tueries dans le territoire de Beni. « Preuve que le pape suit de près la situation dans les Grands Lacs », dit monseigneur Montemayor.
Au lendemain de sa visite sur les lieux du drame, le nonce n’avait pas mâché ses mots. « Premier responsable de la sécurité : le gouvernement, aucun doute là-dessus », avait-il dit. Il avait également demandé à la Monusco de faire plus pour protéger les civils et annoncé que le Vatican allait envoyer une délégation à New York pour interpeller le conseil de sécurité qui « dort un peu », avait commenté Monseigneur Montemayor.
Mais ce n’est pas le seul front sur lequel l’Eglise catholique est engagée et entend avoir son mot à dire. La conférence épiscopale (Cenco) a une mission de bons offices auprès des acteurs de la crise congolaise, mais a posé ses lignes rouges concernant sa participation au dialogue national qu’elle souhaite plus inclusif. L’Eglise appelle le gouvernement à faire plus en termes de libération de prisonniers politiques. Mais surtout, la Cenco demande le respect strict de la Constitution, notamment dans ses articles verrouillés comme l’alternance politique et la durée du mandat du président, menaçant de claquer la porte. »
Ref. Le nonce apostolique en RDC reçu par le pape au Vatican
Pour la « communauté internationale », la carte de l’Afrique centrale serait-elle redevenue vierge comme sa forêt au temps de Stanley et de Livingstone ?
JPSC
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« Dernières conversations » : le « Figaro » consacre une pleine page au nouveau livre d’entretiens de Benoît XVI avec Peter Seewald
De cet ample panorama (indisponible sur le net) réalisé par Jean-Marie Guénois nous retiendrions, en évitant de redire ce que nous avons déjà noté par ailleurs, ces quelques extraits parlant desa renonciation
« Le plus stupéfiant en définitive, est « la certitude intérieure » qui a conduit à cette décision. Acquise et mûrie par un Joseph Ratzinger priant : « J’en avais discuté avec le Seigneur assez longtemps ». Il confie : «je me sens si intimement lié au Seigneur. Il est toujours là » et pose le point final : « j’agissais en toute liberté ».
son successeur
Sur son successeur, autre élément neuf du livre, le pape émérite est peu disert. Il rappelle que « le pape est le pape, quel qu’il soit » et qu’il lui a promis obéissance. Aucun commentaire donc sur le fond des réformes engagées, en particulier sur la question des divorcés-remariés ou sur la réforme de la curie romaine. Il récuse toutefois le terme de « rupture » ou d’ « opposition » entre les deux pontificats mais admet celui d’ « infléchissements ».
Benoît XVI ne cache toutefois pas que « la surprise a été grande pour moi » de voir élire le cardinal Bergoglio : « je n’avais pas pensé à lui » parce que « personne ne s’y attendait ». Il n’était « pas considéré comme un des candidats les plus probables. En entendant son nom, j’ai été un peu hésitant dans un premier temps », note Benoît XVI, mais cela n’a pas duré : « quand je l’ai vu s’adresser d’une part à Dieu et d’autre part aux hommes, la joie m’a envahi. Et le bonheur »
lui-même
Oui, c’est un « professeur », qui ne fut peut-être pas la « personne idéale » pour être pape mais « ce n’est pas non plus inconcevable » puisque l’axe de son pontificat fut de « mettre en évidence la centralité de la foi en Dieu ».
Celui qui a toutefois subi son élection comme un « fardeau » -il n’a pas de mots assez forts pour en dire le poids- n’aura jamais été un politique : « je suis fondamentalement hostile aux conjurations et à ce genre de choses, surtout pour l’élection d’un pape et je n’ai jamais fait de politique en aucune façon ». Au sujet des querelles intestines de l’Eglise, et parlant de lui-même, il note : « les gens savent que ce type-là n’est pas dangereux ».
« le » concile
« Les évêques voulaient renouveler la foi, l’approfondir. Mais d’autres forces ont joué, de plus en plus fortes, en particulier les journalistes qui ont réinterprété beaucoup de choses… »
« A partir de 1965, j’ai donc considéré de mon devoir d’exposer clairement ce que nous voulions réellement et ce que nous ne voulions pas. On se demande évidemment si on a bien fait les choses. C’était une question à laquelle on ne pouvait pas se dérober, surtout quand on a vu que tout allait à vau-l’eau… »
« … nous n’avons certainement pas évalué correctement les conséquences politiques et les répercutions concrètes, nous avons trop pensé aux aspects théologiques et insuffisamment réfléchi aux effets que tout cela risquait d’avoir. »
l’ Europe
« La culture dans laquelle nous vivons aujourd’hui est positiviste et agnostique, elle se montre de plus en plus intolérante à l’égard du christianisme. La société occidentale, en Europe tout du moins, ne sera donc pas simplement une société chrétienne. Les croyants devront d’autant plus énergiquement continuer à former et à porter la conscience des valeurs et de la vie. Les différentes communautés et les Eglises locales devront être plus déterminées dans leur foi. La responsabilité est plus grande ».
la France
« Je dois l’avouer, oui : j’aime la culture française et je m’y sens comme chez moi.
C’était tellement beau, la grand’messe sur l’esplanade des Invalides avec deux cent mille personnes (lors de son voyage de septembre 2008 NDLR). La réception à l’Académie, où nous étions tous réunis, simplement, comme des amis, c’était très émouvant. Puis la rencontre au Collège des Bernardins, les anciens présidents étaient également présents. Giscard me connaissait et il m’a encore rendu visite par la suite. J’avais préparé mes interventions en m’appuyant sur la tradition théologique française, de sorte que le contact spirituel s’est noué de l’intérieur, pour ainsi dire…
Ma première visite à Paris fut en 1954 pour un congrès Augustinien. Cette introduction dans le grand monde de la science internationale et dans l’univers intellectuel spécifique des Français reste pour moi un souvenir vraiment marquant ».
JPSC
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SOS FSA - Relais de prière pour la Fraternité des Saints Apôtres
Les amis et paroissiens de l’église Sainte-Catherine à Bruxelles communiquent :

9 SEPT. 2016 — Chers paroissiens, amis de Sainte-Catherine et de la Fraternité des Saints Apôtres,
Vous imaginez que cette rentrée pastorale ne fut pas facile à vivre pour les Prêtres et Séminaristes de la FSA, avec toutes ces incertitudes concernant toujours l'avenir des Séminaristes.
Nous vous invitons à les soutenir dans la prière, en vous inscrivant pour une heure de prière (ou plus) via un des "Doodle" suivants:
1. Du samedi 10 à 13h jusqu'au dimanche11 septembre à minuit:http://doodle.com/poll/fuansnwsb3ehq57d
2. Le lundi 12 septembre :http://doodle.com/poll/66f3su4mhfqxmtk3
3. Le mardi 13 sept.: http://doodle.com/poll/9vh7c7r5u492376y
4. Le mercredi 14 sept. :http://doodle.com/poll/v864yuasy8xpvr55
Nous vous invitons à prier chez vous, dès ce samedi 10 septembre, à partir de 13 heures jusqu'au 14 septembre, fête de la Croix Glorieuse. Vous pouvez prendre une heure parmi ces cinq jours ou une heure chaque jour ... :-) Merci pour votre (ou vos) inscription(s) !
De votre domicile (ou ailleurs) et sous la forme de prière que vous privilégierez, vous porterez devant la Croix du Christ ces jeunes qui veulent Lui donner leur vie dans le sacerdoce, ainsi que les Prêtres de la Fraternité des Saints-Apôtres et l'année pastorale qui commence.
Merci de choisir de préférence une heure où aucune personne n'est inscrite.
Nous espérons que cette douce intercession montera vers le Père, jour et nuit, sans discontinuer, avec Espérance et dans la Charité.
Merci pour votre mobilisation tellement utile !
Les paroissiens de Sainte-CatherineDoodle: Relais de prière pour les prêtres et séminaristes de la FSA
Ref. SOS FSA - Relais de prière pour la Fraternité des Saints Apôtres
JPSC
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A propos du livre événement : Benoît XVI par lui-même
Sur ces "Dernières conversations" avec Benoît XVI, publiées chez Fayard, nous avons déjà relaté ici le commentaire du « Corriere della Sera » reproduit en français par notre confrère Diakonos.be. et notre consoeur de "Benoît et moi". Sur le site web de « Famille Chrétienne » Charles-Henri d'Andigné présente son propre éclairage dont nous extrayons les aspects complémentaires à ceux que souligne le journal italien (les intertitres sont de Belgicatho) :Un livre important
« C’est un livre événement. Probablement pour la dernière fois, le pape émérite se confie. Dans un dialogue très vivant avec le journaliste allemand Peter Seewald, il s’exprime sur les raisons profondes qui l’ont poussé à renoncer, sur les relations qu’il entretient avec François, sur Vatican II, sur son itinéraire de théologien surdoué, sur l’importance de la liturgie, sur son « progressisme », à ses débuts, sur son conservatisme supposé, l’âge mûr venant... On le retrouve tel qu’en lui-même, bienveillant, humble, et surtout très libre et ouvert d’esprit. Voyant les choses de très haut, il désamorce tranquillement, avec le sourire, toutes les questions polémiques que son interlocuteur, en bon journaliste qu’il est, se fait un plaisir de lui poser. S’en dégage une image attachante, celle d’un homme affaibli par les années, certes, mais accessible, simple, totalement dénué d’ambition personnelle. Ses réponses courtes, directes, vont droit à l’essentiel, et, en dépit d’une supériorité intellectuelle évidente, il ne cherche jamais à s’imposer, mais à expliquer avec douceur et persuasion. « Il n’est évidemment pas question de dire "Je détiens la vérité", rappelle-t-il. C’est la vérité qui nous détient. »
Originaire de Bavière, dont il parle le dialecte avec Benoît XVI, le journaliste et écrivain Peter Seewald, 62 ans, a réalisé trois livres d’entretien avec ce dernier : Le Sel de la terre (1997), longue interview du cardinal Ratzinger, Lumière du monde (2010), et enfin DernièresConversations (2016). Il est revenu à la foi catholique à la suite de ses rencontres avec le pape. »
François
« Comme tout le monde, Benoît XVI a été surpris par l’élection du pape François (« Je le connaissais, bien sûr, mais je n’avais pas pensé à lui »), et refuse d’un sourire de confirmer que les Pères du conclave de 2005 avaient déjà pensé à lui, ce que murmurent les gens prétendument bien informés... »
« …Le style assez peu conventionnel de son successeur ne lui pose aucun problème. Il se réjouit qu’un pape du Nouveau Monde — jésuite qui plus est soit élu au siège de Pierre. Toutes ces nouveautés, pour lui, sont le signe que « l’Église n’est pas immobile, qu’elle est dynamique et ouverte et qu’elle est le lieu de nouvelles évolutions. Voilà, résume-t-il, qui est beau et encourageant. »
« Les papes se suivent et ne se ressemblent pas. Faut-il les opposer, comme le font souvent les médias, et parfois les fidèles, dans les commentaires un peu faciles, ou souligner leur complémentarité ? Dieu corrige chaque pape à travers son successeur, fait remarquer Peter Seewald, lui demandant en quoi François le corrige. Le pape sourit, approuve et souligne ce qui le frappe chez François : son attention directe aux hommes. Sous-entendu : ce n’était pas mon fort. « Mais, poursuit-il, c’est aussi fondamentalement un pape de la réflexion », comme le prouve, parmi d’autres textes, l’exhortation apostolique Evangelii gaudium, parue en 2013. Tout de même, insiste Peter Seewald, n’est-il pas trop impétueux, trop excentrique ? « Chacun son tempérament », répond Benoît XVI en riant. Ajoutant : « Il y a une nouvelle fraîcheur dans l’Église, une nouvelle joie, un nouveau charisme qui plaît aux gens. »
Dieu de la Foi et Dieu de la Raison
« Impossible d’oublier en lisant ce texte que Benoît XVI est un grand théologien, même s’il parle de son brillantissime parcours d’universitaire avec modestie. Le 24 juin 1959, tout nouveau professeur de théologie à l’université de Bonn, il donne son cours inaugural. Thème : le Dieu de la foi et le Dieu de la philosophie. Le jeune intellectuel est nourri de Pascal, qui dans son Mémorial traite du « Dieu de la foi », du « Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob », par opposition au « Dieu des philosophes ». Le pape théologien explique : « Il était à l’époque très moderne de considérer la Grèce comme un fourvoiement, une intrusion erronée dans le christianisme. On s’attachait au contraire à rechercher le message biblique originel, ce qu’il y a de vivant dans le Dieu d’Abraham [...] et qui est complètement différent du Dieu des philosophes. » On songe ici au célèbre discours de Ratisbonne (2006), qui traitait des rapports entre foi et raison, et de l’apport décisif sur ce plan de la pensée grecque : « Je pense que nous pouvons voir ici l’harmonie profonde entre ce qui est grec, au meilleur sens du terme, et la foi en Dieu fondée sur la Bible », disait le pape. Cette harmonie profonde est au cœur de la pensée de Benoît XVI, qui s’appuie sur saint Augustin. « J’en suis arrivé à la conviction que nous avons évidemment besoin du Dieu qui a parlé, qui parle, du Dieu vivant. Du Dieu qui touche au cœur, qui me connaît et qui m’aime. Mais Dieu est également accessible à la raison. » Nulle opposition, donc, entre le Dieu de la foi et le Dieu des philosophes, pas plus qu’entre la foi et la raison.
« Il n’est pas question de dire "Je détiens la vérité" : c’est la vérité qui nous détient. » Benoît XVI »
Il faut évangéliser
« …Cette nouvelle évangélisation, autrement dit la rechristianisation des nations anciennement chrétiennes, n’est-ce pas un vœu pieux ? lui demande Peter Seewald. Pas du tout, rétorque le pape émérite, « il ne faut pas renoncer à annoncer l’Évangile ». Et de prendre l’exemple du monde gréco-romain, dont il était plus qu’improbable qu’une poignée de juifs démunis réussissent à l’évangéliser... Improbable à vue humaine. Benoît XVI enfonce le clou : « Il est absolument indispensable d’annoncer cette Parole qui porte en elle la force de construire l’avenir et de donner du sens à la vie des hommes. »
Ses prières jésuites préférées
« Benoît XVI apprécie particulièrement la prière de saint Ignace :
« Prends, Seigneur et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté. Tout ce que j’ai et possède, c’est Toi qui me l’as donné... » Il aime à réciter aussi celle de saint François Xavier : « Je t’aime, non parce que Tu peux me donner le paradis ou me condamner à l’enfer, mais parce que Tu es mon Dieu. Je t’aime parce que Tu es Toi. »
Sa préférée est la prière de Pierre Canisius : « Vous, mon Sauveur, vous m’avez, en quelque sorte, ouvert le cœur de votre corps très saint. J’avais l’impression d’en voir l’intérieur. Vous m’avez dit de boire à cette fontaine, m’invitant à puiser les eaux de mon salut à votre source, ô mon Sauveur. Pour moi, j’éprouvais un grand désir de voir couler de là dans mon âme, à flots, la foi, l’espérance et la charité. J’étais assoiffé de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, et je vous priais de me purifier, de la tête aux pieds, de me couvrir et de me parer. Puis, j’osai approcher de votre cœur, tout rempli de douceur et y apaiser ma soif ; et vous m’avez promis une robe tissée de paix, d’amour et de persévérance, pour couvrir mon âme dénudée. Avec cette parure de salut, je sentis grandir en moi la confiance de ne manquer de rien et que tout tournerait à votre gloire. Amen. »
Benoît XVI. Dernières conversations, avec Peter Seewald, Fayard.
Ref. Livre événement : Benoît XVI par lui-même
En attendant la suite des réactions dans la « cathosphère » et ailleurs...
JPSC
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Benoît XVI se livre : « personne ne m’a fait de chantage »
Lu sur le site web « Diakonos.be » :

Ratzinger se confesse dans le livre-entretien « Dernières conversations » qui vient de sortir en Italie. « Décider n’était pas mon fort mais je ne me considère pas comme un raté ».
C’EST MOI QUI AI ÉCRIT MA RENONCIATION
Ce texte de renonciation, c’est moi qui l’ait écrit. Je ne peux pas vous dire quand avec précision mais c’était tout au plus deux semaines avant. Je l’ai écrit en latin parce qu’une chose aussi importante doit se faire en latin. En outre, le latin est une langue que je maîtrise au point de pouvoir écrire de façon élégante. J’aurais également pu l’écrire en italien naturellement mais au risque de faire l’une ou l’autre erreur.
ON NE ME FAISAIT PAS CHANTER
Je ne me suis pas retiré sous la pression des événements et ce n’était pas non plus une fuite devant des situations que je me serais senti incapable d’affronter. Personne n’a cherché à me faire chanter. Je ne l’aurais de toute façon pas permis. Si on avait essayé de le faire, je serais resté parce qu’il ne faut pas partir sous la pression. Ce n’est pas vrai non plus que j’étais déçu ou quelque chose de ce genre. En fait, grâce à Dieu, j’étais dans l’état d’âme tranquille de celui qui a dépassé la difficulté. L’état d’âme de celui qui peut passer sereinement le témoin à son successeur.
JE SUIS CONTENT DE MON SUCCESSEUR
Mon successeur n’a certes pas voulu porter la mozette rouge. Cela ne m’a pas ému le moins du monde. Ce qui m’a en revanche touché, c’est que même avant d’apparaître au balcon, il ait cherché à me téléphoner mais il n’a pas réussi à me joindre parce que nous étions justement devant la télévision. La façon avec laquelle il a prié pour moi, ce moment de recueillement et enfin la cordialité avec laquelle il a salué la foule ont fait que l’étincelle s’est faite immédiatement. Personne ne s’attendait que ce soit lui. Moi je le connaissait, bien sûr, mais je n’avais pas pensé à lui. En ce sens, il s’agissait déjà d’une grosse surprise. Je n’avais pas pensé qu’il puisse se trouver dans la liste restreinte des candidats. Quand j’ai entendu son nom, j’ai eu un moment d’étonnement mais quand j’ai vu comment il parlait à Dieu d’une part et aux hommes d’autre part, j’ai été vraiment content. Et heureux.
L’ÉGLISE EST VIVANTE
L’élection d’un cardinal latino-américain signifie que l’Eglise est en mouvement, elle est dynamique, ouverte avec devant elle des perspectives de nouveaux développements. Elle n’est pas figée dans des schémas : il arrive toujours bien un élément surprenant qui possède sa dynamique propre capable de la renouveler en permanence. Ce qui est vraiment beau et encourageant dans notre époque c’est justement que des choses auxquelles on ne s’attendait pas arrivent et nous montrent que l’Eglise est vivante et déborde de nouvelles possibilités.
LES RÉFORMES NE SONT PAS EXCESSIVES
Chacun a son propre charisme. François est l’homme de la réforme pratique. Il a été longtemps archevêque, il connaît le métier, il a été supérieur des jésuites et il également le caractère adapté pour entreprendre des actions de nature organisationnelle. Je savais que ce n’était pas mon point fort.
SUR LE LOBBY GAY AU VATICAN
On m’avait en effet indiqué un groupe que nous avons dissous entretemps. Il était en fait signalé dans le rapport de la commission des trois cardinaux qu’on pouvait identifier un groupe de quatre ou de cinq personnes. Nous l’avons dissous. Est-ce que d’autres se formeront ? Je ne sais pas. De toute manière, on ne peut pas dire que le Vatican pullule de cas de ce genre.
L’ÉGLISE CHANGE
Il est évident que l’église abandonne toujours davantage les anciennes structures traditionnelles de la vie européenne, qu’elle change donc de visage et qu’en elle vivent des formes nouvelles. Il est également clair que la déchristianisation de l’Europe se poursuit et que l’élément chrétien disparaît chaque jour davantage de notre tissu social. En conséquence, l’Eglise doit trouver de nouvelles formes de présence, elle doit changer sa façon de se présenter. Nous sommes en train de vivre en changement d’époque mais on ne sait pas encore à quel moment l’on pourra dire avec précision que l’une ou l’autre a commencé.
JE NE SUIS PAS UN RATÉ
L’un de mes points faibles c’est que j’ai du mal à gouverner et à prendre des décisions. Sur ce point je suis en réalité davantage un professeur, quelqu’un qui réfléchit et médite sur les questions spirituelles. Le gouvernement pratique n’est pas mon fort et c’est certainement une faiblesse. Mais je n’arrive pas à me considérer comme un raté. Pendant huit ans, j’ai effectué mon service. Il y a eu des moments difficiles, il suffit par exemple de penser au scandale de la pédophilie et au cas Williamson ou encore au scandale Vatileaks ; mais somme toute c’était aussi une période au cours de laquelle de nombreuses personnes ont trouvé un nouveau chemin vers la foi et il y a également eu un grand mouvement positif.
JE ME PRÉPARE À LA MORT
Il faut se préparer à la mort. Non pas dans le sens de prendre ses dernières dispositions mais plutôt de vivre en se préparant à affronter l’ultime examen face à Dieu. A abandonner ce monde et à se trouver devant Lui et devant les saints, les amis et les ennemis. A accepter, disons, la finitude de cette vie et à se mettre en chemin pour rejoindre Dieu. Je cherche de le faire en pensant toujours que la fin s’approche. J’essaye de me préparer à ce moment et à le garder surtout à l’esprit en permanence. L’important n’est pas de se l’imaginer mais de vivre en étant pleinement conscient que toute la vie tend vers cette rencontre.
(Source : Il Corriere della sera)Ref. Benoît XVI se livre : « personne ne m’a fait de chantage »
JPSC
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Chine : les autorités multiplient les arrestations et les mises en garde après le décès de l’évêque de Wenzhou
L’agence EDA des missions étrangères de Paris publie cette information illustrant la complexité de la situation de l’Eglise en Chine :
« Ce matin, Mgr Vincent Zhu Weifang (photo) est décédé. Agé de 90 ans, il était évêque de Wenzhou, dans la province du Zhejiang. Selon les informations dont nous disposons, ses obsèques, prévues pour être célébrées le 13 septembre, se préparent dans un climat de grande tension. La police multiplie en effet les mises en garde et les arrestations au sein de la communauté « clandestine » du diocèse et on est sans nouvelles de Mgr Shao Zhumin. Appartenant à la partie « clandestine » du diocèse de Wenzhou, Mgr Shao a été nommé en 2007 par Rome évêque coadjuteur du lieu ; à ce titre, d’un strict point de vue canonique, il doit prendre la succession de Mgr Zhu.La tension qui se fait jour à Wenzhou a, semble-t-il, été anticipée par les autorités. Le décès de Mgr Zhu, étant donné son état de santé, était prévisible et la police a très certainement pris les devants. En effet, Mgr Shao Zhumin a « disparu » depuis le 23 août dernier. On peut penser qu’il a été placé au secret par les autorités pour l’empêcher de présider la messe de funérailles de Mgr Zhu, une présence qui marquerait aux yeux de tous son autorité sur l’ensemble du diocèse. Outre Mgr Shao, le P. Paul Jiang Sunian, chancelier « clandestin » du diocèse, et un autre prêtre ont eux aussi « disparu ».
Des obsèques qui se dérouleront sous haute surveillance
Depuis l’annonce du décès de Mgr Zhu, des prêtres de la partie « clandestine » du diocèse ont par ailleurs été interpellés. D’autres ont reçu des coups de téléphone leur intimant l’ordre de ne pas assister aux obsèques de Mgr Zhu, mardi prochain.
Selon une source locale citée par l'agence Ucanews, les autorités ont annoncé que l’assistance aux funérailles sera limitée à quatre cents personnes. « Même les prêtres « officiels » doivent obtenir une autorisation spéciale pour se rendre à Ma’ao, le village natal de l’évêque, où sa dépouille a été déposée dans une chapelle ardente », précise la même source.
Ce climat de tension reflète la situation particulièrement complexe de l’Eglise en Chine, une tension sans doute aggravée par le fait que cette actualité se déroule à Wenzhou, ville où la présence chrétienne, protestante et catholique, est notablement importante et qui s’est trouvée au centre de la campagne d’abattage des croix placées au sommet des édifices religieux menée par les autorités depuis fin 2013 jusqu'au printemps 2016.
Mgr Zhu appartient à cette génération de prêtres en Chine qui a connu la guerre mondiale, la guerre civile et l’emprise communiste sur le pays. Né le 10 décembre 1927 dans un district voisin de Wenzhou, Zhu Weifang a été ordonné prêtre en octobre 1954, cinq ans après la prise du pouvoir par Mao Zedong. Emporté par la persécution qui prépare la mise en place de l’Association patriotique des catholiques chinois, il est condamné à la rééducation par le travail et passe près de seize ans en camps, de 1955 à 1971. Il retournera en prison de 1982 à 1988 avant de recouvrer la liberté et de poursuivre son ministère de prêtre.
Favoriser l’unité du diocèse
En 2007, l’évêque « clandestin » de Wenzhou, Mgr Lin Xili, qui avait été ordonné à l’épiscopat dans la plus grande discrétion en 1992, est très âgé et affaibli par la maladie (il mourra deux ans plus tard, le 4 octobre 2009). En vue de favoriser l’unité entre les deux communautés « clandestine » et « officielle » de ce diocèse très dynamique, Rome décide de nommer comme ordinaire de Wenzhou, le P. Vincent Zhu Weifang, membre du clergé « officiel », avec comme coadjuteur le P. Shao Zhumin, membre du clergé « clandestin ». Le P. Zhu étant alors âgé de 81 ans et le P. Shao ayant 44 ans, il était entendu qu’à la mort de Mgr Zhu, Mgr Shao prendrait la direction du diocèse tout entier.
En agissant ainsi, le Saint-Siège souhaitait favoriser l’unité de l’Eglise, dans un diocèse où les « clandestins » sont estimés à quelque 80 000 fidèles, les « officiels » étant moitié moins. L’unité recherchée par Rome s’est cependant heurtée aux méfiances des uns et des autres ainsi qu’aux manœuvres permanentes d’immixtion des autorités civiles dans la vie de l’Eglise. Ainsi, il y a quelques années, un administrateur, en la personne du P. Ma Xianshi, a été nommé au sein de la partie « officielle » afin d’assister Mgr Zhu, affaibli par l’âge. On ne sait si Mgr Zhu a procédé volontairement ou non à cette nomination, mais il est devenu clair que les autorités chinoises n’accepteraient pas que Mgr Shao prenne la succession de Mgr Zhu et qu’elles avaient leur candidat pour ce poste, à savoir le P. Ma, une personnalité qui par ailleurs ne fait pas l’unanimité au sein même de la partie « officielle » du diocèse.
Un évêque « officiel » et indocile
Aujourd’hui que Mgr Zhu est décédé, avant même que ses obsèques aient été célébrées, on ne peut que constater que les ingérences des autorités dans les affaires de l’Eglise se poursuivent, ainsi qu’en témoigne la « mise à l’écart » de Mgr Shao et les pressions exercées sur le clergé « clandestin ».
Pour autant, Mgr Zhu et les prêtres de la partie « officielle » du diocèse pouvaient se montrer indociles envers le pouvoir. En juillet 2015, afin de protester contre la campagne d’abattage des croix, le vieil évêque avait publié, avec 26 de ses prêtres, une lettre ouverte pour appeler « les catholiques chinois et toutes les personnes animées par un sens de la justice à ne pas rester silencieux et à élever la voix ensemble ». Evoquant une « persécution qui se renforce », le prélat écrivait : « En tant que citoyens chinois, nous aspirons à une démocratie plus complète et à un véritable Etat de droit.» Avec plusieurs prêtres et derrière une banderole, Mgr Zhu était allé porter sa lettre aux autorités provinciales. En réponse, il lui avait été signifié qu’il devait se taire, faute de quoi lui et les catholiques de Wenzhou pourraient se retrouver en prison.
Le Zhejiang est cette province qui vient d’accueillir, à Hangzhou, les 4 et 5 septembre, le sommet du G20, sommet au cours duquel le pouvoir chinois a mis en scène la puissance retrouvée du pays. La ville avait été préalablement nettoyée de tout élément jugé potentiellement perturbateur. Pour des « raisons de sécurité », les lieux de culte situés dans le district où se tenait le sommet avaient ainsi été fermés.
Rome et Pékin négocient
Le décès de Mgr Zhu intervient quelques semaines après celui de Mgr Vincent Huang Shoucheng, évêque « clandestin » de Mindong, un diocèse très vivant de la province du Fujian. Là encore, la succession promet d’être délicate : Mgr Guo Xijin, coadjuteur « clandestin » de Mindong, devrait lui succéder, mais les autorités ne le reconnaissent pas comme évêque et le diocèse, dans sa partie « officielle », est dirigée depuis l'an 2000 par Mgr Zhang Silu, un des huit évêques illégitimes car ordonnés sans mandat pontifical.
Dans le cas du diocèse de Wenzhou comme dans celui de Mindong, la question de la succession épiscopale intervient alors même que Rome et Pékin ont mené, au cours du mois d’août à Rome, une nouvelle session de négociations, lesquelles pourraient déboucher sur un accord qui concernerait, entre autres choses, le mode de désignation des évêques de l’Eglise en Chine.
Un « accord » négocié entre le Saint-Siège et la Chine communiste dans un tel esprit peut-il être autre chose qu’un marché de dupes ?
JPSC
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Science et foi : une émission de KTO pour le cinquantenaire de la mort de Georges Lemaître
" La Foi prise au mot " propose de parler de science, et même d'histoire des sciences, en évoquant Georges Lemaître, un des pères de la théorie du Big Bang, disparu il y a tout juste cinquante ans. En effet, son explication des observations de Hubble et sa théorie de l'" atome primitif " influèrent de manière décisive sur les théories scientifiques sur l'origine de l'univers. Qui fut donc Georges Lemaître ? Qui se rappelle encore que ce scientifique belge né en 1894 était aussi un prêtre? Comment parvint-il à sa théorie de l'atome primitif et quelle influence exerça-t-elle sur l'élaboration des théories scientifiques du début de l'univers ? Et surtout, comment parvint-il à concilier son oeuvre de scientifique avec son état de prêtre ? Pour répondre à ces questions Régis Burnet s'entoure de deux spécialistes de Georges Lemaître, et comme lui, membres de l'académie pontificale des sciences : Pierre Léna, astrophysicien, membre de l'Académie des Sciences, et Dominique Lambert, philosophe des sciences, professeur à l'Université de Namur et membre de l'Académie royale de Belgique.
JPSC
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Du temple à l'Eglise, le récit de Serge Abad-Gallardo, une belle histoire de rédemption
Un ami nous transmet ce beau témoignage retraçant, insiste-t-il, "un cheminement de conversion inattendu, celui d'un "chrétien" qui a cherché longtemps des réponses sur Dieu et le sens de la vie dans la seule Raison éclairée par les Lumières et qui a fini par trouver la paix de l'âme et une réponse à tous ses questionnements dans la véritable découverte du Christ dans la prière, les sacrements et finalement dans la personne de chaque malade qu'il a l'occasion d'accompagner en fin de vie depuis qu'il s'est engagé comme bénévole dans cette belle oeuvre de miséricorde. Une belle histoire de rédemption qui ne s'adresse pas uniquement aux franc-maçons. C'est aussi une leçon pour chacun d'entre nous : on ne trouve pas l'idéal du Christ dans l’orgueil des raisonnements intellectuels, mais plutôt dans un esprit d'humilité nourri par la prière et les sacrements de l'Eglise, qui nous aidera à traverser toutes les épreuves et à accepter le mystère de la souffrance."
Narbonne : un frère au confessionnal (source)
Le récit de Serge Abad-Gallardo, ancien franc-maçon, haut-fonctionnaire en poste au Grand Narbonne.
La scène se passe un soir de février à Bastia. Elle tient lieu de titre dans l'ouvrage de Serge Abad-Gallardo : "J'ai frappé à la porte du temple"... Cette séquence, datée de 1989, ouvre un récit intriguant, celui d'une entrée en franc-maçonnerie.
Haut fonctionnaire actuellement en poste au Grand Narbonne, après avoir tenu les rênes de l'office public HLM de la collectivité, Serge Abad-Gallardo a choisi de relater son parcours de frère en pleine crise spirituelle, au terme de 20 ans d'évolution au sein des loges du Droit humain, une émanation du Grand Orient. Son témoignage, publié aux Éditions Pierre Téqui, offre plusieurs niveaux de lectures. L'approche philosophique, théologique et spirituelle pose une grande question, celle de la compatibilité des engagements maçonniques et catholiques, de leurs antagonismes.
Derrière la porte du temple...
Les devoirs. "Le premier est le silence sur tout ce que vous pourrez entendre ou découvrir parmi nous (...). Le deuxième est de secourir vos frères et vos sœurs quand ils en auront besoin et de les aider de toutes vos forces physiques, morales et spirituelles. Le troisième devoir est de progresser et persévérer dans la recherche de vous-même."
Le code. "'Il pleut !' Cette phrase codée permet d’obtenir instantanément le silence ou un changement de sujet lorsqu’un profane s’approche de francs-maçons."
Les signes de reconnaissance. La poignée de main des apprentis, le premier grade, "consiste à appuyer trois fois sur l’espace entre le pouce et l’index de la main de l’autre." La griffe du maître : "L’index est recroquevillé comme une griffe d’oiseau rapace et son extrémité vient appuyer sur le poignet de l’autre main (...) Outre les mots secrets, placés dans une conversation courante et destinés à “tester” l’appartenance d’inconnus, cette reconnaissance amène de facto une proximité bien utile parfois (...)"
PS. "Il était courant que mes frères et sœurs de l’époque plaisantent au sujet d’une certaine loge du Droit humain de Narbonne, en faisant remarquer que c’était une 'annexe' du Parti socialiste local, tant ses francs-maçons étaient quasiment tous militants ou sympathisants de ce parti."
Gouvernement. L’auteur rappelle les liens maçonniques prêtés - sans être démontrés - à des ministres tels que Jean-Yves Le Drian et Stéphane Le Foll, ainsi qu’à Manuel Valls. Le doute subsiste également s’agissant de Christiane Taubira. Celle-ci se serait en tout cas, selon ses sources, déplacée, en tant qu’invitée, dans une loge du Grande Orient à Narbonne.
"On apprend des choses un peu occultes"
Puisant dans son vécu, lui qui a effectué une semaine de retraite dans une cellule de l'abbaye de Lagrasse et est devenu visiteur de malades, l'auteur arrive à une conclusion : "Plus je revenais à la foi, plus elle me semblait contradictoire avec mon engagement en franc-maçonnerie. On peut concilier les deux de manière tiède, mais je pense qu'on ne peut avoir un engagement honnête en franc-maçonnerie et une foi authentiquement catholique. Moi, mon dieu, ce n'est pas un horloger."
Ce regard mordant, teinté d'une subjectivité assumée, est nourri par ses désillusions et ses frustrations. "Le parcours maçonnique est assez long, on se pose un tas de questions, analyse-t-il, on cherche le secret, on apprend petit à petit des tas de choses mystérieuses, ésotériques, plutôt occultes. J'ai fait mon chemin, mais, en ce qui me concerne, en matière de spiritualité, je n'ai rien trouvé."
Fascination et fantasmes
Loin de tout esprit de revanche, Serge Abad-Gallardo pointe une parole maçonniquement correcte et une certaine idée de la tolérance, sans pour autant faire le procès des frères. "Je n'ai pas écrit ce bouquin pour faire de la délation, souligne-t-il, d'ailleurs il n'y a pas de noms."
Il y a beaucoup plus. L'auteur lève un coin du voile, sur cette curieuse chaîne humaine, source de fascination et de fantasmes. "Vous rencontrez des gens que vous ne rencontreriez pas autrement, confie-t-il, j'ai croisé ministre, préfet, sous-préfet, etc. Je ne sais pas si ces liens sont sains, en tout cas, ils existent. Certains vont utiliser le réseau pour arriver à des fins professionnelles ou politiques. Mais on ne fait pas carrière en entrant en franc-maçonnerie. Les affairistes, j'en ai croisé, mais, heureusement pour la franc-maçonnerie, ils sont minoritaires."
Une plume alerte
La singularité de ce récit, l'un de ses intérêts, tient dans ce voyage initiatique offert au lecteur. Tenu en haleine par une plume alerte, il est entraîné sur les pas de ce jeune architecte progressivement promu aux différents grades, d'apprenti, puis compagnon à vénérable maître. Des temples de Corse, à ceux de la Guyane, de la région parisienne et la Côte d'Azur, jusqu'à Narbonne, terre maçonnique s'il en est, le voilà éclairé d'une lumière crue sur les codes, les valeurs, les rites étonnants de cette société qui cultive le secret. Avec ce livre, voilà le profane enfin aux premières loges.
# "J'ai frappé à la porte du temple, parcours d'un franc-maçon en crise spirituelle", préfacé par le père Michel, de l'abbaye Sainte-Marie de Lagrasse, Éditions Pierre Téqui (200 pages, 16€). L'ouvrage est vendu notamment à Cultura, où la séance de dédicace de l'auteur a rencontré un vif succès samedi...
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Internet : « faire du buzz pour Jésus ? »
Lui-même présent sur les réseaux sociaux, le pape François a reçu le 29 août dernier au Vatican, Mark Zuckerberg, président-fondateur de Facebook. À cette occasion, Famille chrétienne interrogé le père Pierre Amar, l’un des rédacteurs du Padreblog, auteur d’Internet : le nouveau presbytère1, à paraître prochainement.
Est-il possible de rassembler des brebis avec des souris ? Si oui, comment
Bien sûr ! Et tous les compteurs placés en bas de nos écrans en sont la preuve. Pas une seule vidéo ou article qui ne signale le nombre de « like », de « RT », de « followers » ou de « fans » obtenus. Certains chiffres donnent même le vertige : Internet brasse des multitudes ! En outre, une information peut être communiquée en un instant à toute la planète. Cette dimension mondiale ne peut que faire le bonheur de l’Église ainsi invitée à être toujours plus catholique, c’est-à-dire universelle.
Ce rassemblement se fait surtout au moyen du plus vieux média du monde : le bouche-à-oreille, la rumeur. En anglais : le buzz. Il est l’ingrédient principal d’Internet. La vraie question est donc la suivante : peut-il exister, et à quelles conditions, un « buzz catho » ? Une étude sérieuse des évangiles peut donner une première réponse à cette question : en effet, Jésus aussi a fait du buzz. Lorsqu’il demande par exemple à ses apôtres : « au dire des foules, qui suis-je? » (Luc 9, 18) il se positionne par rapport à la rumeur, une rumeur relancée par les miracles et les prodiges qu’il opère, les paraboles qu’il invente, les enseignements qu’il proclame. Bref, le défi est clair : il faut faire du buzz pour Jésus ! Le pape François dit « faire du bruit ». C’est exactement pareil. Et s’il a reçu dernièrement en audience privée le fondateur de Facebook, dont le moteur est le buzz, c’est certainement parce qu’il est convaincu de tout cela.
Evangélise-t-on de la même façon sur Internet que dans la « vraie » vie ?
Oui. Mais pour être honnête, je ne crois pas que l’on puisse se convertir sur Internet. Nous sommes chrétiens, c’est-à-dire disciples d’une rencontre incarnée, celle de Dieu avec les hommes. Lorsque Dieu a voulu sauver le monde, il a envoyé son fils, et pas une lettre, un message ou... un mail ! De la même façon, il n’y pas de baptême sans eau qui mouille, d’onction des malades sans huile qui coule, de communion sacramentelle sans hostie consacrée et d’ordination sans imposition des mains. Lorsqu’on regarde la messe à la télévision, même en direct, ce n’est pas la réalité : c’est une image de la réalité. Il semble pour autant délicat de conclure hâtivement qu’il ne se passe rien. Internet, considéré comme un lieu et un instrument, pourrait être un intermédiaire au service d’une certaine communion spirituelle. D’ailleurs, le Net n’est-il pas d’abord, littéralement, un « filet », une « toile » pour attraper du monde ?
Peut-on envisager que des cyber-missionnaires se consacrent uniquement à l’évangélisation sur Internet ?
S’ils croient qu’ils vont convertir des foules, ils risquent d’attendre longtemps. Mais s’ils pensent que, par Internet, Jésus peut être connu, alors oui, je crois que le jeu en vaut la chandelle ! Entre nous, faire connaître le Christ n’est qu’une pure démarche informationnelle, de l’ordre du renseignement, le plus exact, le plus fidèle et le plus riche possible. Le web et sa capacité à rassembler des connaissances peut donc être mobilisé dans un seul but : connaître et faire connaître Jésus. Mais ce n’est que le début : car après la connaissance, vient ensuite la Rencontre et… l’amour ! Même Voltaire le reconnaît : « on ne peut désirer ce qu’on ne connaît pas » (Zaïre, acte 1, scène 1). On pourrait du coup conseiller deux étapes aux cyber-missionnaires que vous évoquez : quand, dans un premier temps, ils s’attachent à dire avec précision « oui, Jésus-Christ existe » puis, dans un deuxième temps, qu’ils se passionnent pour dire avec entrain, dynamisme et vigueur : « il peut exister pour toi », « toi qui lit cet article ou qui visite ce site ».
Vous parlez d’une « Pentecôte numérique » pour l’Église ? Qu’est-ce donc ?
Je pense qu’Internet bouleverse et continue de bouleverser la communication de l’Église, comme la Pentecôte a bouleversé les apôtres. Par exemple, de simples prêtres de terrain, curés de paroisses, animent aujourd’hui des communautés numériques importantes et donnent même le ton lors de polémiques d’envergure nationale. De simples laïcs qui ne cachent aucunement leur foi chrétienne bénéficient du même succès. Bien sûr, on se reconnaît ou pas, on aime ou on n’aime pas la tonalité des messages de ces figures numériques. Mais force est de constater que leurs réactions sont relayées, commentées, attaquées... renforçant significativement leur place dans le continent numérique. L’autre bouleversement, c’est que la notoriété numérique acquise par ces personnes – simples prêtres ou simples laïcs – s’est doublée en notoriété médiatique. Les médias scrutent leurs messages et leurs réactions, les insèrent parfois dans la rédaction d’un article de presse ou les invitent sur des plateaux télé et radio.
Il me semble qu’une nouvelle forme d’apostolat est en train d’éclore pour l’Église qui est en France. Dans mon ouvrage, je dresse un état des lieux, je relève quelques défis et j’appelle humblement à quelques conversions pour vivre au mieux cette Pentecôte. Comme il y a deux mille ans, elle a le même objectif : que chacun, dans sa langue, puisse entendre les merveilles du Salut offert par Jésus-Christ !
Benjamin Coste
- Internet, le nouveau presbytère, Editions Artège, à paraître le 15 septembre 2016, 14,90€
Ref. « Il faut faire du buzz pour Jésus ! »
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Les femmes voilées en Belgique, un effet de mode ?
Dans la « Libre », Dorian de Meeûs pose trois questions sur le voile islamique en Belgique à Felice Dassetto, sociologue des religions, professeur émérite UCL et membre de l'Académie Royale de Belgique.
Le nombre de femmes voilées a-t-il augmenté en Belgique ces dernières années ?
A ma connaissance, il n'y a pas de chiffres à ce sujet. Mais mon impression est plutôt en sens contraire. Le pic du port du foulard semble avoir été atteint dans les années 2010. Depuis lors, il me semble que la situation est stagnante. En regardant ces questions, il faut prendre en compte également la succession des générations. La population qui a été hautement concernée a été la première et surtout la deuxième génération. En raison de l'impact de la prédication salafiste et des Frères musulmans dans les années 2000. Après le 11 septembre 2001 et les interpellations mal ressenties par une jeunesse musulmane, un sursaut identitaire pieux, alimenté par les groupes cités a trouvé son expression féminine dans l'obligation du foulard. Les choses pourraient changer auprès des troisièmes, quatrièmes générations. C'est à suivre et cela demanderait des recherches ou du travail journalistique de fond, qui manquent. Il y a également des phénomènes en sens contraire, car certaines femmes commencent à comprendre qu'elles paient un prix cher -sur le plan de l'emploi- en suivant ces obligations, qui restituent la lettre plus que l'esprit. L'esprit étant celui de la pudeur et il concerne tant les femmes que les hommes. Malheureusement, de nombreux leaders musulmans pensent que la lettre prime sur l'esprit.
Comment expliquez-vous cette "mode" ou "tendance" depuis une dizaine d’années?
La politisation et la médiatisation française autour du burkini, peut donner à penser qu'il y a là une surenchère nouvelle, ce qui ne me semble pas être le cas. Mais à condition de ne pas faire de la surenchère polémique de part et d'autre et de ne pas tomber dans des débats contreproductifs et, selon moi, erronés. Il peut y avoir un effet d'imitation, donc de mode. Mais l'impact plus grand est celui de la prédication, tant des salafistes que des Frères musulmans, qui ont fait de cet objet identitaire une marque de la "vraie" musulmane. Ils en ont également fait un drapeau: celui, avec les mosquées, de la présence de l'islam en Europe. Dans les discours saoudiens, à l'origine du salafisme, ce projet était et est, explicite.
En Belgique, le port du voile est-il un acte volontaire des femmes musulmanes ou est-ce le fruit d’une forte pression des hommes de la communauté musulmane ?
L'analyse est la même partout en Europe ; il peut y avoir des cas d'injonction externe, mais je ne généraliserais pas. Je soulignerais plutôt que globalement, c’est un climat diffus au sein des communautés musulmanes, ainsi que dans l'ensemble du monde musulman, qui ont fait de cet objet un "absolu". Il faut ajouter également que pour une jeune musulmane de la deuxième génération, dans les années 2000, porter le foulard était parfois un condition pour trouver un "bon" mari. Enfin, il ne faut pas oublier que - aussi paradoxale que cela puisse paraître, porter un foulard dans certains quartiers à fort contrôle social, c'est également synonyme de liberté de mouvement sans être harcelés par des jeunes qui trainent aux stations de métro, par les rumeurs qui circulent dans la communauté.Ref. Les femmes voilées en Belgique, un effet de mode ?
Les signes identitaires religieux ou autres n’ont plus la cote dans le monde sécularisé. Il fut néanmoins un temps, pas si lointain, où il convenait pour les femmes occidentales de mettre un chapeau pour sortir. Et les hommes eux-mêmes portaient des couvre-chefs. Question de mode vestimentaire et sans doute plus pour les dames qui se couvraient d’une mantille ou d’un « fichu » à l’église. Si vraiment le foulard des musulmanes gêne les sécularistes sectaires, pour qu’il ne soit plus un porte-drapeau, la meilleure façon de faire est de ne plus le critiquer. Une attitude libérale lui ôtera ses attraits militants ou transgressifs des dogmes de la modernité avancée.
JPSC
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