Pour toutes informations, y compris les dates des séances du cycle de cette nouvelle saison, nous vous renvoyons à notre site www.batirsamaisonsurleroc.be.
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"Bâtir sa maison sur le roc" : nouvelle saison de formation à l'amour et au mariage
Une nouvelle saison de formation à l'amour et au mariage "Bâtir sa maison sur le roc" démarrera d'ici quelques semaines.Le parcours de formation à Bruxelles (première séance le samedi 10 octobre 2026) aura lieu cette année à Schaerbeek, Rue Victor Lefevre 52. Les séances auront lieu en après-midi (début à 16h).Faites la promotion de cette formation auprès de vos amis et connaissances ! Tous les couples sont les bienvenus, fiancés, mariés ou réfléchissant à un engagement. Ils peuvent tous en tirer profit. Mais les inscriptions allant déjà bon train, qu’ils ne tardent pas à se manifester car le nombre de places est limité.Par ailleurs, comme l'année passée nous organisons en collaboration avec IFFD Belgium, pour les couples mariés désirant rebooster leur relation, un week-end "Vivre l'amour durable", animé par le thérapeute conjugal Marc d'Anselme et l'abbé Stéphane Seminckx, les 13-14 mars 2027 au Sanctuaire de Beauraing. Les informations détaillées ne sont malheureusement pas encore disponibles, mais, compte tenu du succès de la première édition de ce WE en janvier dernier, nous invitons ceux qui souhaiteraient s'inscrire à nous le signaler par retour de courriel. Nous les informerons alors en priorité dès que les inscriptions formelles seront ouvertes.Sachez que la Communion Priscille & Aquila organise désormais aussi chaque année à Beauraing un week-end Maranatha pour couples. Nous y avons participé l'année dernière et recommandons très chaudement ces WE. Le prochain aura lieu du 22 au 24 janvier 2027Enfin, nous vous invitons à suivre notre page facebook, sur laquelle vous trouverez de nombreuses publications enrichissantes. -
Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : un colloque dont on peut craindre le pire
14-16/9/2026 : Catholicismes européens, Église catholique et sexualités. Plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle
" Du 14 au 16 septembre 2026, le groupe de recherche d'histoire des christianismes (GHB - RSCS) et l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) organisent un colloque à Louvain-la-Neuve : "Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle. Le religieux, la norme et l’hégémonie, un réservoir de complicités et de subversions". " (programme détaillé)
Le cadrage du colloque laisse clairement attendre une approche critique, souvent subversive par rapport à la doctrine et à la tradition morales catholiques classiques, plutôt qu’une défense ou une simple description interne de celle-ci.
Le titre complet est révélateur : « Catholicismes européens, Église catholique et sexualités : plaidoyer pour une histoire croisée, de l’âge confessionnel au XXIe siècle. Le religieux, la norme et l’hégémonie, un réservoir de complicités et de subversions ». Il s’agit d’un colloque international coorganisé par le groupe d’histoire des christianismes de l’UCLouvain (RSCS) et l’EHESS, les 14-16 septembre 2026 à Louvain-la-Neuve. L’argumentaire souligne que les questions de genre et de sexualité dominent l’attention contemporaine, mais que leurs liens avec le religieux sont « occultés » en contexte de sécularisation, et que le dialogue entre histoire religieuse et histoire des sexualités reste « délicat ». Le colloque part d’un « postulat contraire » en étudiant les « dynamiques et évolutions réciproques » du catholique et des sexualités.
Ce langage (« hégémonie », « complicités et subversions », « norme ») s’inscrit dans une historiographie influencée par les études de genre, les approches critiques de la norme et de l’hégémonie (souvent gramscïennes ou foucaldiennes), et l’histoire des sexualités. Il ne s’agit pas d’une approche théologique ou magistérielle interne (qui partirait de l’Écriture, de la Tradition, de la loi naturelle ou du Catéchisme), mais d’une lecture historico-sociale qui interroge le pouvoir normatif de l’Église, ses accommodements, ses résistances et les espaces de contestation ou de réinterprétation.
Les organisateurs renforcent cette orientation :
- Régis Schlagdenhauffen (EHESS) détient la chaire de socio-histoire des catégories sexuelles. Ses travaux portent sur l’histoire LGBT, la mémoire des victimes homosexuelles du nazisme, les condamnations pour « impudicité », les mouvements homosexuels et les normes sexuelles.
- Jean-Pascal Gay (UCLouvain, histoire du christianisme moderne et contemporain) travaille sur les normativités catholiques, la théologie morale, la casuistique, et l’intersection religion/genre/sexualité. Il a publié sur la focalisation religieuse sur la sexualité à l’âge confessionnel.
- Autres membres du comité : Camille Banse Wauty (doctorante UCLouvain, études de genre/histoire), Silvia Mostaccio (UCLouvain), Théo Hagenmuller (EHESS/UCLouvain). Le comité scientifique mentionné dans l’appel inclut des spécialistes d’histoire du genre et des sexualités (Céline Béraud, Sylvie Steinberg, etc.).
L’appel à communications (ouvert jusqu’en mai 2026) et le programme détaillé (flyer PDF sur le site UCLouvain) confirment une invitation à des communications d’histoire croisée, pas de doctrine apologétique. Dans le contexte universitaire actuel (EHESS + UCLouvain post-sécularisation, forte présence des gender studies), il est raisonnable d’anticiper des communications qui :
- historicisent et relativisent les normes sexuelles catholiques (mariage, chasteté, condamnation des actes homosexuels comme « intrinsèquement désordonnés », contraception, etc.) ;
- mettent en avant les « subversions » internes (pratiques déviantes, résistances, réinterprétations, complicité avec des évolutions sociales) ;
- analysent l’Église comme productrice d’hégémonie normative plutôt que comme gardienne d’une vérité révélée immuable.
Cela ne signifie pas que toutes les interventions seront polémiques ou militants anti-traditionnels : l’histoire académique sérieuse peut aussi documenter la continuité doctrinale, les pratiques pastorales ou les résistances. Mais le cadrage explicite (« réservoir de complicités et de subversions ») et le profil des organisateurs orientent fortement vers une lecture critique et déconstructive, loin d’une fidélité à la tradition magistérielle (Catéchisme §§ 2337-2359, Persona humana, Humanae vitae, etc.).
En résumé : oui, on peut s’attendre à des discours qui, du point de vue de la tradition catholique classique, apparaîtront subversifs ou révisionnistes. C’est cohérent avec une grande partie de l’historiographie universitaire contemporaine sur le sujet.
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La nouvelle ambassadrice de la Belgique auprès du Saint-Siège est gay-friendly
D'InfoVaticana :
Caroline Vermeulen, participante à la Gay Pride de Vienne, nouvelle ambassadrice de la Belgique auprès du Saint-Siège
28 août 2026
Le pape Léon XIV a reçu au Palais apostolique du Vatican Caroline Vermeulen, nouvelle ambassadrice de la Belgique auprès du Saint-Siège, à l’occasion de la présentation de ses lettres de créance. La diplomate arrive à Rome après avoir exercé, entre 2022 et 2026, les fonctions d’ambassadrice de la Belgique en Autriche, en Slovaquie et en Slovénie, ainsi que de représentante permanente auprès des organisations internationales ayant leur siège à Vienne.
Au cours de ses quatre années passées dans la capitale autrichienne, Mme Vermeulen a participé aux marches de la Fierté de Vienne en 2023 et 2026 au sein du contingent « Diplomats for Equality ». Son action diplomatique a également inclus d’autres initiatives liées aux revendications LGBT et aux politiques d’égalité entre les sexes, notamment une projection du film Girl pendant le « Mois de la fierté » et son adhésion au réseau International Gender Champions.
Deux participations à la Marche des fiertés de Vienne
La participation de Mme Vermeulen à la Marche des fiertés est attestée à au moins deux reprises au cours de son mandat d’ambassadrice en Autriche.
En juin 2023, la diplomate a fait partie du contingent de « Diplomats for Equality » lors de la 27e Regenbogenparade de Vienne. Ce groupe réunissait des ambassadeurs et d’autres représentants diplomatiques accrédités en Autriche afin de soutenir les revendications de la communauté LGBT.
Vermeulen y a participé à nouveau en 2026, cette fois-ci lors de la 30e édition de la Gay Pride de Vienne, toujours aux côtés du contingent de Diplomats for Equality. Les comptes rendus de l’événement l’identifient expressément comme ambassadrice du Royaume de Belgique.
Son engagement dans ce domaine ne s’est pas limité aux défilés. Le 17 mai 2026, la représentation belge à Vienne s’est jointe à une déclaration de Diplomats for Equality Vienna à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie (IDAHOBIT), qui réaffirmait « l’égalité et la dignité des personnes LGBTI ».
Une projection à l’occasion du « Mois de la fierté »
En juin 2024, Mme Vermeulen et Carl Hallergård, alors ambassadeur de l’Union européenne auprès des organisations internationales à Vienne, ont organisé une projection du film belge Girl à l’occasion du « Mois de la fierté ».
Le film, réalisé par Lukas Dhont, raconte l’histoire d’un adolescent de 15 ans qui s’identifie comme une femme et aspire à devenir danseuse. L’événement a été organisé en collaboration avec l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et le festival international du film sur les droits de l’homme « This Human World ».
L'annonce officielle présentait la projection comme faisant partie des activités organisées dans le cadre du « Mois de la fierté ».
Membre d'International Gender Champions
Au cours de son affectation à Vienne, Mme Vermeulen a également rejoint International Gender Champions, un réseau international qui rassemble des responsables d'organisations internationales, de missions diplomatiques et d'autres institutions engagées dans la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Dans le profil publié par l’organisation, la diplomate belge déclare : « La diversité, y compris la diversité de genre, dans un environnement professionnel améliore la qualité et les résultats du travail d’équipe. »
Parmi ses engagements au sein du réseau figurent des initiatives destinées aux jeunes femmes ainsi que des actions de sensibilisation et de prévention de la violence à l’égard des femmes.
De la Maison royale belge au Saint-Siège
Née le 13 octobre 1973, Mme Vermeulen est mariée et mère de deux enfants, selon la biographie diffusée par le Bureau de presse du Saint-Siège. Elle a obtenu un master en histoire contemporaine à l’Université catholique de Louvain et aux Facultés universitaires Saint-Louis de Bruxelles, puis un master en études européennes au Collège d’Europe de Bruges.
Elle est entrée dans le service diplomatique en 1997. Après avoir occupé des fonctions au Japon, au ministère des Affaires étrangères et à la Représentation permanente de la Belgique auprès de l’Union européenne, elle a été première secrétaire à l’ambassade en Russie entre 2002 et 2004.
Entre 2004 et 2011, elle a occupé le poste de secrétaire de la reine Paola de Belgique au Palais royal de Bruxelles. Elle a ensuite dirigé le bureau belge à Taïwan entre 2011 et 2015, puis a été chef de mission adjointe à l’ambassade en République populaire de Chine jusqu’en 2019.
De 2019 à 2022, elle a occupé le poste de directrice des relations extérieures européennes au ministère belge des Affaires étrangères. Sa prochaine affectation l’a conduite à Vienne, d’où elle a exercé simultanément les fonctions d’ambassadrice en Autriche, en Slovaquie et en Slovénie, ainsi que de représentante permanente auprès des organisations internationales.
Ce jeudi, elle a présenté ses lettres de créance à Léon XIV en tant que nouvelle ambassadrice de la Belgique auprès du Saint-Siège. Le Bureau de presse du Vatican a rendu compte de l’audience et publié sa biographie, sans donner de détails sur le contenu de la conversation entre le pape et la diplomate.
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Où le catholicisme résiste-t-il le mieux en Belgique ?
Avec l'IA :
En Flandre (surtout dans certaines zones rurales ou provinciales comme le Limbourg/Hasselt ou historiquement la Campine et le sud des Flandres), le catholicisme a longtemps mieux « résisté » en termes de pratique et d’ancrage institutionnel, mais la situation s’est largement égalisée et la sécularisation est forte partout.
Données historiques et pratiques
Les statistiques plus anciennes (années 1980-2000) montraient clairement une pratique plus élevée en Flandre :
- Pratique dominicale : autour de 14-32 % en Flandre contre 7-21 % en Wallonie (et encore moins à Bruxelles).
- Baptêmes, mariages religieux et funérailles : systématiquement plus élevés au nord (ex. baptêmes ~68 % en Flandre vs ~54 % en Wallonie vers 2006 ; funérailles ~70 % vs ~50 %).
Des zones flamandes comme le Limbourg, la Campine anversoise ou certaines parties de la Flandre occidentale/occidentale avaient des taux encore plus élevés (parfois 80 % ou plus dans le passé). L’Église y restait mieux intégrée dans le tissu social (écoles, hôpitaux, mutualités, etc.). En Wallonie, la sécularisation a commencé plus tôt, liée à l’industrialisation et à l’influence socialiste/libérale.
Situation récente (années 2020)
La baisse est généralisée : pratique dominicale nationale autour de 2 % de la population un dimanche ordinaire (environ 173 000 fidèles en 2024, en légère hausse), avec ~50 % d’auto-identification catholique (ou un peu moins selon les sondages).
- Identification : Un sondage 2024 (RTL/Ipsos/Le Soir) donne ~45 % en Wallonie, ~42 % en Flandre et ~33 % à Bruxelles. D’autres estimations officielles de l’Église tournent autour de 50 % nationalement.
- Pratique effective : Très basse partout. Les écarts régionaux se sont réduits. Bruxelles bénéficie parfois d’une présence étrangère/immigrée plus dynamique. Les baptêmes d’adultes progressent davantage côté francophone/wallon récemment, signe d’un catholicisme plus « de conviction » qu’institutionnel.
- Institutions : L’empreinte catholique reste plus forte en Flandre (écoles, hôpitaux : ~75 % des lits hospitaliers vs ~42 % en Wallonie).
Les diocèses flamands (Bruges, Gand, Anvers, Hasselt) affichent encore des pourcentages de catholiques nominaux élevés dans les statistiques ecclésiastiques anciennes, mais la pratique réelle a chuté partout de façon drastique depuis les années 1960-70.
En résumé
Le catholicisme « résiste » le mieux (relativement) en Flandre, particulièrement dans des provinces comme le Limbourg ou des zones rurales/traditionnelles, grâce à un héritage plus durable et à un réseau institutionnel plus dense. Cependant, la sécularisation a largement nivelé les différences : la pratique hebdomadaire est devenue marginale dans tout le pays, et l’auto-identification reste comparable (voire parfois légèrement plus élevée en Wallonie selon certains sondages récents). Bruxelles est le plus sécularisé/pluraliste. Les tendances actuelles montrent plutôt un passage d’un catholicisme culturel/social à un catholicisme de choix personnel, avec des signes de vitalité localisés (urbains, immigrés, baptêmes d’adultes).
Mais, aujourd'hui, le catholicisme résisterait-il mieux en Wallonie qu'en Flandre ?
Non, pas clairement : le catholicisme ne « résiste » pas mieux en Wallonie qu’en Flandre de manière globale aujourd’hui. Les écarts se sont fortement réduits, et la situation dépend des indicateurs. La sécularisation reste massive partout, avec une pratique très faible (autour de 2 % de la population un dimanche ordinaire).
Identification et pratique
- Un sondage 2024 (RTL/Ipsos/Le Soir) donne une auto-identification légèrement plus élevée en Wallonie (~45 %) qu’en Flandre (~42 %), contre ~33 % à Bruxelles. D’autres estimations de l’Église tournent autour de 50 % nationalement.
- La pratique effective (messe régulière) est très basse dans les deux régions. Les données nationales ne montrent pas d’avantage net wallon ; historiquement, la Flandre était plus pratiquante, et les écarts se sont largement nivelés.
- Les « débaptisations » (radiations des registres) ont été massives en Flandre après des scandales d’abus (ex. documentaire Godvergeten), avec 98 % des demandes en 2023 provenant de Flandre et de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Cela pèse sur les chiffres flamands.
Baptêmes d’adultes : un avantage wallon net
C’est l’indicateur le plus clair d’un dynamisme relatif côté francophone :
- En 2024 : environ 173 en Wallonie (diocèses de Liège, Namur, Tournai + Brabant wallon) contre ~68 en Flandre pure, plus une part à Bruxelles.
- En 2025 : ~255 en Wallonie vs ~108 en Flandre (sur 536 au total).
- En 2026 (prévisions) : encore plus élevé, avec Tournai et Liège particulièrement dynamiques, et Bruxelles aussi fort.
Cela reflète un passage plus marqué vers un catholicisme de conviction (choix personnel) en Wallonie, où la sécularisation a commencé plus tôt. En Flandre, les baptêmes d’enfants restent proportionnellement un peu plus présents dans certaines zones rurales, donc moins de « nouveaux » adultes.
Institutions et héritage
- La Flandre conserve un ancrage institutionnel plus fort (écoles catholiques très présentes, hôpitaux ~75 % des lits vs ~42 % en Wallonie, pèlerinages comme Scherpenheuvel qui attire le plus de fidèles).
- Les sanctuaires mariaux wallons (Banneux, Beauraing) restent importants, mais le plus fréquenté est flamand.
Conclusion
Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le catholicisme résiste mieux en Wallonie. L’identification est comparable (légèrement favorable à la Wallonie dans certains sondages), la pratique ordinaire est faible partout, et l’héritage institutionnel reste plus dense en Flandre. En revanche, la Wallonie (et Bruxelles) montre un regain relatif via les baptêmes d’adultes et un catholicisme plus « choisi » que culturel. La tendance générale reste celle d’un déclin de la pratique institutionnelle dans tout le pays, avec des signes de vitalité localisés (urbains, immigrés, catéchuménat).
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Veronica O’Brien, confidente spirituelle du roi Baudouin, en route vers la béatification
De 7sur7.be :
La conseillère spirituelle du roi Baudouin en route vers la béatification
C’est par une célébration eucharistique dans la chapelle du grand séminaire de Malines que s’achèvera, le 8 septembre prochain, une première étape vers la béatification de Veronica O’Brien (1905-1988).
Cette laïque irlandaise était une proche collaboratrice du cardinal Leo Suenens. Elle est surtout connue pour avoir contribué à la rencontre (et au mariage) entre le roi Baudouin et Fabiola, ainsi que pour avoir été la conseillère spirituelle du souverain jusqu’au décès de celui-ci.
L’enquête diocésaine en vue de la béatification, ouverte en 2022 par le cardinal Jozef De Kesel, a été menée dans l’archidiocèse de Malines-Bruxelles, Veronica O’Brien étant décédée à Wemmel et ayant longtemps vécu dans la région bruxelloise.Le cardinal De Kesel a constitué un tribunal qui a recueilli des témoignages sous le sceau du secret. En parallèle, une commission historique a travaillé à la collecte des sources, notamment en se rendant dans les lieux où O’Brien a vécu — en Irlande, en France et en Italie — et en rassemblant plusieurs mètres de documents d’archives.
L’ensemble du matériel recueilli est scellé au sein de l’archidiocèse avant d’être envoyé à Rome, où une commission historique et des théologiens se pencheront sur le dossier.
Le roi utilisait un nom de code pour la désigner
L’Irlandaise Louise-Mary O’Brien est entrée en religion à Paris en 1924, où elle a pris le nom de Veronica. En 1935, avec l’autorisation de ses supérieurs, elle a quitté la vie religieuse pour devenir missionnaire laïque.
En France, elle est devenue la promotrice de la Légion de Marie — fondée par son compatriote Frank Duff et axée sur l’évangélisation directe. Le 7 juillet 1947, elle a rencontré pour la première fois Leo Suenens, alors évêque auxiliaire de Malines, envoyé par le cardinal Van Roey pour découvrir la Légion de Marie. Ce fut le début d’une intense collaboration. En 1958, elle s’est établie à Bruxelles.
Durant le concile Vatican II, elle a travaillé à Rome comme secrétaire particulière du cardinal Suenens, devenu entre-temps l’un des quatre modérateurs du Concile.
Dans sa récente biographie de Baudouin, l’historien Vincent Dujardin confirme les événements déjà décrits par le cardinal Suenens en 1995: Veronica O’Brien a joué un rôle essentiel dans le rapprochement et le mariage entre Baudouin et Fabiola, en arrangeant une rencontre secrète à Lourdes. Pendant 33 ans, elle a assuré l’accompagnement spirituel du souverain. Dans ses journaux intimes et sa correspondance, le Roi utilisait pour la désigner le nom de code “Grace”.
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Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie
Une dépêche de l'Agence Fides :
ASIE/MONGOLIE - Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie
20 août 2026Oulan-Bator (Agence Fides) – Le père Robert Goessens, missionnaire belge de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM), est décédé le 15 août au Japon, à l’âge de 97 ans. Figure clé des débuts de la présence catholique contemporaine en Mongolie, il avait fait partie, en juillet 1992, du premier groupe de trois missionnaires de la CICM arrivés à Oulan-Bator, dans un pays qui sortait alors de plusieurs décennies de régime communiste. Aux côtés du père Wenceslao Padilla, missionnaire philippin qui allait devenir le premier Préfet Apostolique d’Oulan-Bator, et du père Gilbert Sales, le père Goessens fut chargé de lancer la mission. Arrivés le 10 juillet 1992, à la veille de la fête nationale du Naadam, les trois religieux se sont retrouvés face à une tâche tout à fait nouvelle : apprendre la langue mongole, aller à la rencontre d’une population qui ne connaissait que peu ou pas du tout le catholicisme et jeter patiemment les bases d’une communauté ecclésiale.
Avant de rejoindre Oulan-Bator, le père Goessens avait profondément marqué le paysage pastoral et social du Kansai. Arrivé au Japon le 2 octobre 1955, peu après son ordination sacerdotale, il y avait exercé son ministère pendant près de quatre décennies, notamment dans le diocèse d’Osaka et dans la paroisse de Sakai. Outre ses activités paroissiales, il s’était distingué par son engagement pionnier dans le domaine de l’action sociale et de l’enfance. Il a notamment fondé l’organisme médico-social Junshinkai (社会福祉法人 淳心会), sous l’égide duquel plusieurs jardins d’enfants et crèches (Heiwa no Sono) ont été créés. Cette attention portée aux plus vulnérables et aux enfants, associée à un profond respect des cultures locales, constituera la marque distinctive qu’il mettra ensuite en œuvre avec succès sur le sol mongol.
Né en Belgique en 1928, le père Goessens avait déjà à son actif une longue expérience missionnaire au Japon, où il avait vécu et exercé son ministère pendant 37 ans avant son départ pour la Mongolie. Sa connaissance de l’Asie et son expérience pastorale ont été mises au service de cette nouvelle mission confiée aux « Scheutistes », nom sous lequel sont communément appelés les membres de la CICM, fondée à Scheut, près de Bruxelles, par le père Théophile Verbist.
Au début, les missionnaires ont vécu à l’hôtel avant d’emménager dans un appartement. Ils célébraient la messe pour les catholiques étrangers résidant dans la capitale et proposaient des cours d’anglais. Ils accueillaient également les Mongols désireux de comprendre leur présence et leur mode de vie. « Aucun d’entre nous ne savait comment s’y prendre. Nous n’avions donc élaboré aucun plan avant notre arrivée, car nous voulions d’abord prendre la température », confiait-il à l’agence APIC en 2001. Cette présence s’est rapidement traduite par des initiatives sociales, notamment en faveur des enfants des rues. Avec le soutien des autorités mongoles, la mission catholique a participé à la création d’un centre d’accueil pouvant héberger une centaine d’enfants, tout en développant des activités éducatives et des cours de langue. Par la suite, l’œuvre a pris de l’ampleur et a notamment favorisé l’arrivée d’autres missionnaires issus de différentes congrégations religieuses.
L’action des premiers missionnaires de la CICM se caractérisait par le refus du prosélytisme et par la volonté d’établir des relations respectueuses avec la société mongole, ses traditions religieuses et ses autorités, selon le principe « venez et vous verrez », une attitude qui devait permettre à l’Église catholique de se développer lentement mais sereinement. En 2012, le père Goessens était revenu en Mongolie pour participer aux célébrations du vingtième anniversaire du retour de la présence catholique dans le pays et pour retrouver les personnes avec lesquelles il avait partagé les années fondatrices de cette mission. Ce voyage fut sa dernière visite en Mongolie.
Dans un message de condoléances, la Préfecture apostolique d’Oulan-Bator a rendu hommage à celui qu’elle décrit comme l’un des premiers missionnaires à avoir contribué à jeter les fondations de l’Église catholique mongole. Le communiqué rappelle son fidèle service, accompli aux côtés de ses confrères, ainsi que son engagement à semer « la foi, l’espérance, la compassion et l’amour » parmi le peuple mongol. Les confrères de la CICM au Japon ont célébré la messe funéraire du père Robert Goessens le 18 août, rendant grâce pour sa vie et son ministère. L’Église catholique de Mongolie a exprimé ses condoléances à la famille, aux confrères et à tous ceux qui ont travaillé avec lui, confiant son âme à la miséricorde de Dieu. « Que les graines de foi qu’il a semées en Mongolie, l’amour du Christ qu’il a partagé et l’espérance dont il a témoigné continuent de porter leurs fruits dans la vie de l’Église catholique en Mongolie », a souhaité la Préfecture Apostolique d’Oulan-Bator.(MLK) (Agence Fides 20/8/2026) -
Sainte Julienne de Cornillon, promotrice du culte eucharistique (7 août)
De BENOÎT XVI, lors de l'AUDIENCE GÉNÉRALE du mercredi 17 novembre 2010 (source) :Sainte Julienne de Cornillon
Chers frères et chères sœurs,
Ce matin également, je voudrais vous présenter une figure féminine, peu connue, à laquelle l’Eglise doit toutefois une grande reconnaissance, non seulement en raison de sa sainteté de vie, mais également parce qu’à travers sa grande ferveur, elle a contribué à l’institution de l’une des solennités liturgiques les plus importantes de l’année, celle du Corpus Domini. Il s’agit de sainte Julienne de Cornillon, également connue sous le nom de sainte Julienne de Liège. Nous possédons quelques informations sur sa vie, en particulier à travers une biographie, probablement écrite par un ecclésiastique qui lui était contemporain, dans laquelle sont recueillis divers témoignages de personnes qui eurent une connaissance directe de la sainte.
Julienne naquit entre 1191 et 1192 près de Liège, en Belgique. Il est important de souligner ce lieu, car à cette époque, le diocèse de Liège était, pour ainsi dire, un véritable «cénacle» eucharistique. Avant Julienne, d’éminents théologiens y avaient illustré la valeur suprême du sacrement de l’Eucharistie et, toujours à Liège, il existait des groupes féminins généreusement consacrés au culte eucharistique et à la communion fervente. Guidées par des prêtres exemplaires, elles vivaient ensemble, se consacrant à la prière et aux œuvres de charité.
Devenue orpheline à l’âge de 5 ans, Julienne, avec sa sœur Agnès, fut confiée aux soins des sœurs augustiniennes du couvent-léproserie du Mont-Cornillon. Elle fut éduquée surtout par une religieuse prénommée Sapience, qui suivit sa maturation spirituelle, jusqu’à ce que Julienne elle-même reçoive l’habit religieux et devienne elle aussi moniale augustinienne. Elle acquit une culture considérable, au point de lire les œuvres des Pères de l’Eglise en latin, en particulier saint Augustin, et saint Bernard. Outre sa vive intelligence, Julienne faisait preuve, dès le début, d’une propension particulière pour la contemplation; elle possédait un sens profond de la présence du Christ, dont elle faisait l’expérience en vivant de façon particulièrement intense le sacrement de l’Eucharistie et s’arrêtant souvent pour méditer sur les paroles de Jésus: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20).
A l’âge de seize ans, elle eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.
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L'abbaye de Brialmont va disparaître
L’abbaye de Brialmont va fermer.
Selon l’annonce officielle de l’Ordre cistercien de la stricte observance (OCSO) du 24 février 2026 :
- La communauté était consciente depuis un certain temps de sa fragilité (vieillissement, diminution du nombre de moniales – environ 6 début 2025 –, manque de vocations).
- Après réflexion avec l’aide du Père Immédiat (1) (Dom Xavier Frisque, d’Orval) et de la Commission pour l’avenir, la supérieure Mère Marie-Pascale Dran et les sœurs ont conclu qu’il n’était pas possible de se relever de cette situation.
- Le 13 février 2026, l’Abbé Général et son Conseil ont voté, au nom du Chapitre général, pour demander au Saint-Siège la suppression de la communauté.
- Une Commission de fermeture a été nommée le même jour pour mettre en œuvre le processus, sous la présidence de Dom Xavier Frisque.
Un message récent (25 juillet 2026) évoque déjà une messe d’action de grâce et un « au-revoir » pour les 65 ans de présence des religieuses à Tilff.
Contexte
L’abbaye Notre-Dame de Brialmont (trappistines) à Tilff (Esneux) existait depuis 1961 sur ce site (communauté fondée en 1934). Elle avait développé une expérience originale de cohabitation avec le collectif de jeunes « Tutti Frutti » (écologie, habitat partagé), mais cela n’a pas suffi à assurer la pérennité monastique de la communauté elle-même.
C’est donc bien une fermeture canonique en cours, dans le cadre plus large du déclin des communautés contemplatives en Europe occidentale. Cela s'avère tout particulièrement crucial dans le diocèse de Liège où ne subsistent que deux communautés monastiques : celle des bénédictines de la Paix-Notre-Dame à Liège et celle des bénédictins de Wavreumont (Stavelot), tandis que se sont éteintes : la communauté monastique du Val-Dieu, celle des carmes de Chèvremont, celles des carmélites de Cornillon et de Méhagne et, à présent, celle des cisterciennes de Brialmont.
(1) Un père immédiat est l'abbé d'un monastère fondateur (la maison-mère) qui exerce un rôle officiel de soutien, de vigilance et d'accompagnement canonique auprès d'un monastère « fille » ou d'une communauté religieuse autonome, en particulier dans la tradition de l'Ordre cistercien.
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Au sanctuaire de Banneux, premier Festival marial missionnaire : Marie, visage du dialogue et de la mission en Asie
Une dépêche de l'Agence Fides (Marie-Lucile Kubacki) :
Au sanctuaire de Banneux, premier Festival marial missionnaire : Marie, visage du dialogue et de la mission en Asie
24 juillet 2026
Banneux (Fides) - Mettre en évidence le lien qui unit la dévotion à la Mère de Dieu à la vocation missionnaire et à la joie d'annoncer l'Évangile, joie que l'on peut ressentir par chaque baptisé : c'est le cœur de la première édition du Festival Marial Missionnaire, qui se tiendra au sanctuaire de Notre-Dame de Banneux, en Belgique, le dimanche 26 juillet 2026.
Organisé par l’Union Pontificale Missionnaire (UPM) en collaboration avec la communauté européenne de pèlerinage vietnamien, cet événement inédit rassemble fidèles et missionnaires autour de la figure mariale, dont la dévotion est largement répandue sur le continent asiatique. Comme l'explique le Père Dinh Anh Nhue Nguyen (OFMConv), Secrétaire Général de l'Union Pontificale Missionnaire : « Il s'agit de la première édition d'un festival qui réunit la matrice mariale et la matrice missionnaire. La dévotion mariale, très ressentie dans les pays asiatiques, s'unit à l'engagement missionnaire de tous les baptisés. Ils sont appelés à être des disciples missionnaires comme Marie. »
À l’occasion de cette première édition, une messe d’action de grâce sera célébrée pour la béatification du prêtre martyr Francis Xavier Trương Bửu Diệp le 2 juillet 2026, événement de portée majeur puisqu’il s’agissait de la toute première cérémonie de béatification jamais célébrée sur le sol vietnamien. La célébration eucharistique (en vietnamien) sera présidée par Mgr Frédéric Rossignol, évêque de Tournai. En amont de la messe, deux conférences — dispensées en anglais et en vietnamien — seront animées par le père Anthony Chantry (MHM), directeur national de Missio pour l'Angleterre et le Pays de Galles, et le père Dinh Anh Nhue Nguyen.
Le Père Anh Nhue indique que ces enseignements :« seront concentrés sur les aspects du vécu et du témoignage de la foi dans toutes les circonstances de la vie, que ce soit à la paroisse, au travail, à l’école, et dans la famille, et donc aussi sur le martyre, autour de la promesse du Christ venu "donner sa vie” afin que ses brebis “aient la vie en abondance." Il souligne également que cette perspective rejoint le message du Pape pour la prochaine Journée Missionnaire Mondiale, dans lequel le Souverain Pontife met l'accent sur la "Mission de l'Amour."
En plaçant la Mère du Christ au centre de ce festival, les organisateurs mettent également l’accent sur une réalité importante de la vie spirituelle en Asie, celle de la dévotion mariale comme lieu privilégié d'inculturation et de rencontre interculturelle sur le continent. Mais comment? Et quelles conclusions les missionnaires peuvent-ils tirer de ce constat?
Marie, pont entre les croyants et les cultures
En 2023, le centre de recherche américain Pew Research Center a publié une enquête sur le bouddhisme, l'islam et le pluralisme religieux en Asie du Sud et du Sud-Est, en interrogeant plus de 12 000 personnes en Thaïlande, au Cambodge, en Malaisie, à Singapour et en Indonésie. Cette enquête a établi que de nombreux non-chrétiens vénéraient Marie. Afin de comprendre en profondeur la manière dont les Chrétiens et non-Chrétiens d'Asie abordent la Mère du Christ, l'Initiative for the Study of Asian Catholics (ISAC), un réseau académique international hébergé par l'Institut de recherche sur l'Asie de l'Université nationale de Singapour, en partenariat avec le Center for Marian Studies de Londres, ont organisé une conférence de recherche. Au cours de cette journée, 18 travaux de recherche explorant les dévotions mariales dans 11 pays et à travers cinq traditions religieuses ont été présentés.
Le théologien et anthropologue Michel Chambon, fondateur d’ISAC, a présenté les résultats dans le World Mission Magazine, où il relève que la Vierge Marie transcende les frontières religieuses et donne plusieurs exemples. À l'église de la Novéna à Singapour, comme sur les sites de pèlerinage de Velankanni en Inde ou de Mariamabad au Pakistan, des milliers de fidèles musulmans et hindous viennent régulièrement confier leurs intentions et faire des vœux à Marie. À Singapour, le mouvement taoïste « Origin of the Self » (Origine du Soi), fondé par le professeur Zhang Bu Sheng, intègre Marie dans son panthéon aux côtés de Jésus et de saint Joseph. Ces fidèles ne s’intéressent pas à la maternité physique ; pour eux, la figure de Marie, considérée à la lumière de leurs croyances, incarne plutôt le modèle accompli de la personne qui, par la méditation et la vertu, génère un être divin de l'intérieur et transcende la mort. En Asie de l'Est, Marie coexiste avec des divinités féminines comme le Bodhisattva Guanyin ou la déesse Mazu à Taïwan. Des statues japonaises de l'ère Edo (Maria Kannon) aux peintures dissimulées de la dynastie Qing, jusqu'aux statues contemporaines coréennes en granit sculptées par Choi Jong-Tae selon le style bouddhique du VIe siècle, la figure mariale dialogue en profondeur avec le patrimoine artistique et spirituel asiatique.
Michel Chambon rappelle également que l'attrait pour Marie s'enracine dans l’intimité des maisons, où ses images côtoient parfois d'autres figures spirituelles. La sphère domestique devient ainsi un lieu d'expression d'une « religion vécue ».
De plus, la réappropriation culturelle de figures comme Notre-Dame de La Vang au Viêt Nam,représentée depuis la fin des années 1990 en tenue traditionnelle (áo dài), montre comment le catholicisme se redéfinit continuellement comme une foi authentiquement asiatique. « Les dévotions asiatiques soulignent la centralité de Marie dans le dialogue que les populations asiatiques entretiennent avec les traditions chrétiennes et non chrétiennes, affirme Michel Chambon. Marie en Asie reste une question intrigante qui nous fait sortir de notre zone de confort. Avec ses dévots haut en couleur, elle est une figure stimulante qui nous invite à reconsidérer notre position religieuse et nos manières de conceptualiser la religion, le catholicisme et le dialogue interreligieux. »
En rassemblant la communauté à Banneux, ce premier Festival Marial Missionnaire illustre ainsi que la mission est avant tout une affaire de rencontre : celle qu'incarne le témoignage des martyrs et que Marie continue de favoriser entre les cultures et les croyants du monde entier.
(Agence Fides 24/7/2026) -
Le roi Baudouin, mystique et politique
De Paul Vaute sur Le Passé belge :
Le roi Baudouin, mystique et politique
De l’emprise des partis aux questions éthiques, de la décolonisation aux réformes de l’Etat, les carnets privés du cinquième Roi des Belges révèlent le regard de foi qu’il porta sur chaque événement comme sur le drame de ne pas avoir d’enfant. Le constat de son humanité, manifestée de multiples manières, fit l’unanimité (1950-1993)
Entre les débuts du prince royal, nullement préparé, considéré par ses ministres comme un « non-interlocuteur » , et le dernier hommage rendu au Roi par quelque 500.000 Belges faisant la file devant le palais et 38 chefs d’Etat présents aux funérailles, que de chemin parcouru! Vincent Dujardin, professeur à l’Université catholique de Louvain, n’a pas ménagé ses peines pour le retracer [1].
Spécialiste de nos temps contemporains, il a entrepris ses recherches au moment le plus opportun, quand les archives commençaient à s’ouvrir alors qu’un nombre important de témoins et d’acteurs pouvaient encore être interrogés. On soulignera particulièrement l’importance des entretiens de l’historien avec la reine Fabiola et de l’accès qu’elle lui a ouvert aux écrits privés de son mari.
Si la qualification de « non-interlocuteur » est quelque peu exagérée, elle correspond en tout cas à la réputation faite au chef de l’Etat pendant ses difficiles premières années. Une époque où, selon un ambassadeur du Luxembourg, un ancien ministre catholique (!) affirmait qu’il vivrait assez longtemps pour assister à la prestation de serment du premier président de la république belge (p. 85). Le voyage triomphal au Congo en 1955 amorça le tournant, pleinement accompli à partir du mariage en 1960. « On nous a changé Baudouin! » , proclamait alors le Pourquoi Pas ? (16 décembre 1960, cité p. 192). L’image fâcheuse de la dyarchie disparut, les relations difficiles avec l’atrabilaire princesse Lilian ayant conduit à une prise de distance de Baudouin, ainsi que de son frère et de sa sœur, avec leur père.
Le cinquième Roi des Belges prit de la bouteille. Même si sa marge d’intervention personnelle dans la vie politique n’était plus comparable à celle de ses prédécesseurs, sa magistrature d’influence et son poids moral allèrent grandissant. S’il déplora, notamment en 1981 dans une lettre à Léopold III, en pleine valse des ministères, la « dégradation dans le gouvernement du pays par l’emprise des partis » (cité p. 521), il se garda de provoquer ceux-ci publiquement. Les couacs, au total, ont été rares. Comme l’observa Jean Stengers, dont les travaux sur le « métier » royal font autorité, innombrables furent les chausse-trapes communautaires dans lesquelles il aurait pu tomber (cité p. 840).
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