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BELGICATHO - Page 2034

  • L'acharnement du ministre Marcourt contre le réseau libre

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    Alice Dive, dans la Libre de ce 4 décembre, revient sur le projet de restructuration de l'enseignement supérieur ("Une réforme à la nord-coréeenne").

    Elle fait état des réactions de plusieurs responsables de grandes écoles qui "viennent de prendre chacune "en urgence" une motion de méfiance contre l’avant-projet de décret du ministre. Pour rappel, le potentiel futur paysage de l’enseignement supérieur s’articulerait autour d’une structure faîtière unique et de cinq pôles géographiques respectivement centrés sur l’ULB, l’UCL, l’ULg, l’UMons et l’Université de Namur."

    Ainsi, l'administrateur général de l'IHECS, Jean-François Raskin, déclare "refuser fermement que le gouvernement impose, via cette logique géographique, la conclusion d’alliances avec certaines institutions plutôt qu’avec d’autres". Il s’explique :

    "Cela fait plus de 15 ans que l’Ihecs a des accords avec l’UCL. Expliquez-moi pourquoi il faudrait que l’on interrompe cela ? Pourquoi faudrait-il que l’on passe des accords avec l’ULB alors qu’aucun membre des hautes sphères de cette dernière ne nous a jamais proposé quoi que ce soit ?".

    Selon lui, le projet du ministre propose précisément l’inverse de ce qu’il faudrait pour notre enseignement supérieur. "C’est un modèle basé sur l’hyper-centralisation et la perte d’autonomie totale des institutions qui gravitent autour de quelques gros morceaux, une sorte d’immense machine bureaucratique où les pouvoirs publics ont une mainmise totale sur l’enseignement supérieur. C’est digne d’un modèle à la nord-coréenne".

    Dans ce projet de réforme, il dit constater également "un acharnement du ministre contre le réseau libre. On a vraiment l’impression que la volonté de M. Marcourt est d’affaiblir le pôle autour de l’UCL et de scléroser les énergies à l’intérieur des institutions ". Et le même d’insister : "Qu’on laisse les hautes écoles et universités s’organiser, évoluer, et échanger avec le monde entier en toute liberté".

  • A Looz : une église bâtie comme un mirage...

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    Une curieuse réalisation présentée ICI

    "C'est une église qui selon le point de vue s'effacerait du paysage. Le projet du duo d'architectes belges, Pieterjan Gijs et Arnout Van Vaerenbergh, baptisé Reading between the lines -Lire entre les lignes- est plus esthétique que spirituel. Édifier une église dont les murs composés de lattes d'acier horizontales modifieraient la perception du bâtiment.

    La collaboration entre les deux remonte à 2007, quand Gijs et Van Vaerenberghdécident de réaliser plusieurs projets dans l'espace public avec une portée architecturale et artistique. Leurs intentions ne sont pas motivées par des commandes de clients mais par une autonomie et une volonté d'expérimenter et de réfléchir. ...."

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  • Profanation de l'église Marie Immaculée à Dakar

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    Nous lisons sur seneweb.com :

    Le président sénégalais Macky Sall s’est dit "ému" par la profanation de la Paroisse Marie Immaculée de la commune d’arrondissement des Parcelles-Assainies de Dakar et a "engagé" la Sécurité publique à sévir contre les auteurs de cet acte, selon son porte-parole Abou Abel Thiam.

    ‘’Soucieux de la sauvegarde des équilibres et de la bonne cohabitation des croyances dans une République laïque, le chef de l'État, M. Macky Sall, exprime son émotion à toutes les personnes éprises de foi touchées par de tels actes’’, rapporte M. Thiam, dans un communiqué reçu à l’APS, lundi soir. 

    Selon M. Thiam, le président Sall a ‘’engagé les forces publiques à une meilleure sécurisation des biens et de personnes, et les invite à ne ménager aucun effort afin de retrouver les auteurs de ces actes pour que la loi leur soit appliquée dans toute sa rigueur’’.

    ‘’L’église Marie Immaculée des Parcelles-Assainies de Dakar a reçu hier (la nuit du dimanche), vers 5h du matin, la visite d’individus mal intentionnés qui ont cassé la tête de la statue de la Vierge Marie et le bras de l’enfant Jésus. Ce qui irrite les paroissiens’’, rapporte Le Quotidien, lundi.

    Pour la communauté catholique de Dakar, la profanation de l’Église des Parcelles-Assainies intervient après une série de violations de sépultures au cimetière Saint-Lazare de Béthanie, en octobre dernier.
  • Biographie de Benoît XVI : bientôt un livre et un film

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    Lu sur le site du « suisse rom@in », alias l’abbé Rimaz, se référant à l’agence I Media :

    Un film sur la vie de Joseph Ratzinger va être produit en Allemagne sur la base d’une biographie écrite par le journaliste Peter Seewald à paraître début 2014. C’est ce qu’annonce la maison de production bavaroise Odeon Film dans un communiqué publié le 29 novembre 2012.

    Note:

    Benoît XVI, Joseph Ratzinger est une personnalité historique. Depuis plus de 50 ans, il contribue avec une intelligence hors du comun, une patience, une humilité, une douceur et une précision très fines, à l'interprétation correcte du Concile Vatican II.

    Je pense qu'il a tout d'un Père de l'Eglise, d'un saint Augustin, ou d'un saint Ambroise. L'avenir mettra encore plus en lumière l'oeuvre immense de ce grand homme, un Titan, dont le monde a tant besoin. Pour le bienheureux Jean Paul II, c'était Santo Subito. Pour Benoît XVI, ce sera Santo Illico. Trop enthousiaste ? Je ne le pense pas. Nous adressons bien des louanges à un Roger Federer ou un Lionel Messi sans que personne ne trouve rien à redire. Pour ce Pape, autant le dire de son vivant. Joachim Navarro Valls, porte-parole émérite du Pape, le disait bien: "nous sommes saints de notre vivant, ou ne nous le serons jamais". 

    LA FUTURE BIOGRAPHIE DE JOSEPH RATZINGER PAR PETER SEEWALD SERA ENSUITE PORTÉE À L’ÉCRAN

    Peter Seewaald est un « vieux complice » de Joseph Ratzinger auquel il a consacré plusieurs livres d’interviews sur la foi, tout à fait remarquables

  • La vie d'un chef vendéen bien malgré lui

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    61fcfe4c-2cf0-11e2-9486-6533ad266c57-200x300.jpgDans La Libre, sous le titre "En révolte contre la Révolution", Paul Vaute recense un livre de Philippe de Villiers consacré à Charette :

    La vie d’un chef vendéen bien malgré lui, fusillé à Nantes le 29 mars 1796.

    Entre 1793 et 1796, le soulèvement de la Vendée "catholique et royale" et sa répression par la Convention se soldent par un nombre de morts estimé entre 120 000 et 600 000 selon les historiens. Les combattants républicains en représentent quelque 10 %. La presse officielle désigne alors la population de Vendée comme la " race rebelle ". Robespierre, dans le "Journal des Jacobins", a appelé à " exterminer tous ces êtres vils et scélérats ". Les "colonnes infernales" de Turreau et les noyades de Carrier à Nantes inaugurent des techniques d’extermination de masse bien avant le XXe siècle. Le général Santerre, dans une lettre au ministre de la Guerre, réclame, pour "nettoyer" les départements insoumis, des mines, " des fumées soporatives " ou encore une composition chimique " dont la vapeur, dégagée par le feu, devrait asphyxier tout être vivant fort loin à la ronde ".

    Le peuple vendéen en révolte contre la Révolution a besoin de chefs. Les paysans du canton de Machecoul sont allés chercher un lieutenant de vaisseau, François Athanase Charette de la Contrie. Ils l’ont trouvé sous son lit, où il s’était caché, peu désireux de s’embarquer dans cette galère. Ainsi démarre bien peu glorieusement l’épopée qui a séduit Philippe de Villiers !

    Homme politique mais aussi initiateur du parc et du spectacle historiques du Puy du Fou, où la Vendée se raconte, l’auteur a choisi de donner à sa biographie une forme romancée. Le vainqueur de Saint-Christophe près de Challans en 1794, capturé puis fusillé à Nantes le 29 mars 1796, s’exprime ici à la première personne. Impossible, dès lors, de discerner les détails réels ou les propos effectivement tenus de ceux qui résultent d’extrapolations. Restent la trame d’ensemble, le contexte, les figures principales et ce qui les anime, globalement bien conformes à l’histoire et traités par quelqu’un qui leur est familier.

    Issu d’une lignée de soldats, Charette a grandi "sous un modeste toit d’ardoises breton", en lisière du bourg de Couffé. Dans la Marine du Roi, il a participé à l’indépendance de l’Amérique et à d’autres grands événements de son temps, des pays baltes à l’Empire ottoman. Il aurait pu passer le reste de sa vie à raconter ses souvenirs, entre deux chasses à la perdrix. "Les convulsions du pays et la fuite des hiérarchies" en ont décidé autrement.

    Philippe de Villiers ne le cache pas : son héros est un meneur d’hommes qui ne sont pas tous des anges. Mais à ses trousses, un général Rossignol, parfaite illustration du monde nouveau, rendant compte au Comité de salut public de ses efforts pour détruire les ennemis de la Liberté, ajoute : "Mais il y a encore des hommes humains et, en révolution, c’est un défaut selon moi". Et c’est encore d’un basculement prémonitoire de bien des Big Brothers à venir que Charette témoigne quand, après que les conventionnels aient rebaptisé la paroisse de Bouin "L’Isle-Marat" et Noirmoutier "L’Isle-de-la-Montagne", cette réflexion lui est prêtée : "Ils veulent prendre nos vies et effacer jusqu’à nos souvenirs".

     

    Le roman de Charette Philippe de Villiers Albin Michel 480 pp., env. 22 €

  • France : quand Madame Duflot envisage de réquisitionner des biens de l'Eglise

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    Nous lisons sur le Figaro :

     

    Pour la ministre du Logement, l'Église doit mettre ses locaux inutilisés à la disposition des plus démunis.


    L'appel de Cécile Duflot à la solidarité de l'Église pour loger les sans-abris dans ses bâtiments inoccupés provoque l'étonnement dans la communauté chrétienne. Dans une interview au Parisien , la ministre du Logement n'hésite pas à parler de réquisitions. «Je le ferai sans mollesse, comme l'avaient fait De Gaulle ou Jacques Chirac», dit-elle. J'ai bon espoir qu'il n'y ait as besoin de faire preuve d'autorité. Je ne comprendrais pas que l'Église ne partage pas nos objectifs de solidarité».«L'Église n'a pas attendu la menace de réquisition brandie par la ministre Madame Duflot pour prendre des initiatives», répond un communiqué commun du Secours Catholique, de l'Archevêché de Paris et de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref).


    L'Archevêché met notamment en avant son opération «Hiver solidaire» qui met ses paroisses à la disposition des SDF pour une nuit et un petit-déjeuner en compagnie de paroissiens bénévoles. «Cette année ce sont vingt-six paroisses parisiennes qui se mobilisent - contre vingt l'an dernier - pour accueillir chacune 3 à 10 personnes dans leurs locaux. Ces sans-abris sont ainsi reçus pour le dîner, la nuit et le petit-déjeuner pendant deux à trois mois en continu et suivis par des bénévoles spécialement formés», souligne Charles Gazeau, délégué épiscopal pour la solidarité du diocèse de Paris.


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  • L'immigration constitue-t-elle un raz de marée susceptible de nous ruiner ?

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    Pax Christi propose une analyse de l'immigration qui va à l'encontre d'un certain nombre d'idées reçues.

    L’immigration, un raz de marée démographique qui va nous ruiner ?

     Rédigé le 28 novembre 2012 par: Nicolas Bossut


    Parler de l’étranger, c’est réveiller toutes les peurs qui sont tapies au plus profond de nous-mêmes. Tous, nous sommes angoissés ; angoissés d’être impuissant face à l’autre, angoissés de voir notre territoire menacé, de voir nos repères bouleversés. Aujourd’hui, cette angoisse a submergé le débat public au point de le déconnecter de tout sens des réalités.

    À écouter certains commentateurs et politiciens, loin d’être tous liés à l’extrême-droite, la Belgique et l’Europe serait à la veille d’un bouleversement sans précédent. Le risque d’un raz-de-marée démographique prêt à engloutir le monde que nous avons connu serait bien réel. Pire, ce raz-de-marée serait la conséquence d’une stratégie concertée pour anéantir l’Europe avec la complicité des élites « multiculturalistes » qui préfère occulter ce danger.Ce discours catastrophiste et aux conséquences potentiellement dramatiques percole dans l’ensemble de la société. Ainsi, en 2011, 72% des Belges jugeaient l’immigration négative.

    Nous verrons que non seulement les étrangers sont beaucoup moins nombreux qu’on ne le dit, qu’il est bien plus difficile d’entrer sur le territoire qu’on ne le pense mais qu’en plus, les étrangers sont très rentables pour les caisses de l’Etat.

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  • La mission depuis Vatican II

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    Le concile Vatican II a été le prétexte à une perversion de la mission évangélisatrice de l’Église. Le mensuel « La Nef » publie sous la signature de l’abbé Fabrice Loiseau une « petite explication » d’un grand désordre qui, selon son auteur, serait en voie de résorption. Extraits :

    Certaines propositions du récent Synode (sur la « nouvelle évangélisation ») ont permis d’aborder la question théologique de l’évangélisation des personnes appartenant à des religions non chrétiennes. Bien que le Magistère depuis Vatican II ait maintes fois affirmé la doctrine catholique sur le sujet, cette annonce de la foi à tous les hommes religieux est sans arrêt remise en cause par des théologiens, des universités ou des missionnaires. Nous assistons depuis cinquante ans à un véritable brigandage du concile. Il est important de refaire le point.

    (…) La proposition n. 6 (de ce synode) a pour titre la proclamation de l’Évangile : « Dieu notre Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité (1 Tm 2, 4). » Puisque l’Église croit dans ce plan divin du Salut universel, elle doit être missionnaire (Evangelii Nuntiandi) …

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  • Parier avec Pascal

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    couv9665g_260.jpg"Parier avec Pascal" est le livre que l'abbé de Tanoüarn vient de publier, dans le but, affirme-t-il, de "faire comprendre que le pari n'est pas un calcul de probabilité mais une quête de l'évidence de Dieu..."

    François Bousquet, dans le numéro de novembre de Spectacle du monde, rencontre l'auteur :

    Prêtre traditionaliste, philosophe et homme de foi, directeur du Centre Saint-Paul, l’abbé Guillaume de Tanoüarn publie aux éditions du Cerf (318 pages, 28 €), un Parier avec Pascal.

    Pourquoi Pascal est-il si crucial ?

    Il l’est parce qu’il a en quelque sorte ressenti à l’avance, comme aucun autre, la montée en puissance du rationalisme moderne. Son but dans les Pensées ? Trouver une parade à ce rationalisme, au nom de la plus grande intelligence. Du fond de son scepticisme naturel, c’est la raison elle-même qu’il va scruter - les pouvoirs de la raison - en distinguant d’un côté l’esprit de géométrie, fondée sur le principe d’identité, et de l’autre l’esprit de finesse, fondée sur « la grande pensée de la ressemblance ». Que peut dire Pascal à Monsieur Homais, le pharmacien ratiocineur de Flaubert ? La raison ne fonctionne pas uniquement à travers le principe d’identité, il ne suffit pas d’écrire : A = B, B = C, donc A= C ; la raison n’est pas seulement mesurante, elle s’exerce aussi à travers des intuitions et des ressemblances ; nous dirions : des analogies. Pour Pascal, Dieu – l’Infini - est la plus évidente de ces intuitions. Le problème qui se pose à lui, c’est que cette évidence de Dieu n’est pas assez forte dans nos vies. D’où le pari par lequel il veut donner force à l’évidence de Dieu.

    Mais réduit à sa plus simple expression, en quoi consiste le pari ?

    Ce que l’on appelle pari est en réalité un fragment – un manuscrit de quatre page, raturé et annoté - que Pascal a intitulé : « Infini-rien ». Pascal est hanté par cette idée de l’infini, cette idée des deux infinis, le grand et le petit, si disproportionnés au regard de l’homme. Le pari, stricto sensu, c’est qu’il vaut toujours mieux vivre pour l’infini que de vivre sans l’infini. Pascal le présente comme un calcul, mais on est au-delà du calcul. Il dit d’ailleurs - comme Platon au fond - que si Dieu n’existait pas, il vaudrait mieux être un homme de bien de toutes les façons que de s’être laissé porter par nos désirs.

    Peut-on dire de l’œuvre de Pascal qu’elle est un dialogue entre la foi et scepticisme, entre lui et Montaigne ?

    On peut évidemment penser que c’est un dialogue entre la foi et le scepticisme, Montaigne n’étant pas uniquement du côté du scepticisme, mais aussi du côté de la foi, puisqu’il meurt au cours d’une messe célébrée dans sa chambre, dans une sorte d’étonnante extase au moment de la consécration. Montaigne et Pascal ont en commun d’avoir posé la relation du scepticisme et de la foi. C’est parce que la raison humaine est impuissante que la foi est nécessaire. Dit autrement : le scepticisme ouvre le vaste champ de la foi.

    Quel est le génie de Pascal ?

    On pourrait dire du génie de Pascal que c’est celui de la vérité contraire. Vous savez qu’il dit à propos de l’hérésie qu’elle n’est pas le contraire de la vérité, mais l’oubli de la vérité contraire. Il donne ainsi une image de la foi catholique faite de deux vérités contraires. Par exemple, la grâce et la liberté humaine sont les deux vérités contraires autour desquelles, en tant que janséniste, Pascal a tourné, sans jamais sacrifier l’une à l’autre.

    Une sorte de dialectique pré-hégélienne ?

    Non, parce que la dialectique hégélienne produit une synthèse qui n’est, Dieu me pardonne, qu’une foutaise, alors que Pascal laisse ouverte la dualité de toute approche. Avec lui, le choix n’est jamais fermé. Ainsi cela reste-t-il un pari.

  • Dix chrétiens nigérians égorgés par les islamistes

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    Du Vif :

    Nigeria: dix chrétiens égorgés par des islamistes présumés dans le nord

    (Belga) Dix personnes ont été égorgées par des islamistes présumés qui sont passés de maison en maison samedi soir dans le quartier chrétien de la ville de Chibok, dans le nord du Nigeria, a-t-on appris dimanche auprès de responsables locaux.

    "Les assaillants sont arrivés vers 21h en scandant +Alahu Akbar+ (Dieu est grand) (...) ils se sont rendus dans des maisons qu'ils avaient identifiées dans un quartier à dominante chrétienne de la ville pour massacrer 10 personnes comme des moutons", a déclaré à l'AFP un responsable local qui a requis l'anonymat. Les assaillants "ont ensuite mis le feu à des maisons du quartier. Ils ont saccagé toute la zone", a rapporté de son coté Ezekiel Damina, un habitant du quartier de Myan, en périphérie de Chibok. Chibok se trouve à 170 km de Maiduguri, le fief du groupe islamiste Boko Haram. Les violences liées à Boko Haram - dont le nom en langue Haoussa signifie "l'éducation occidentale est un péché" - et leur répression sanglante par les forces de l'ordre ont fait, selon les estimations, plus de 3.000 morts depuis le lancement de l'insurrection islamiste en 2009. Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, avec 160 millions d'habitants, et premier producteur de pétrole du continent, est divisé entre un nord, majoritairement musulman, et un sud à dominante chrétienne. (DLA)

  • Un martyr laïc indien béatifié ce 2 décembre

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    Un grand jour pour l’Eglise en Inde : un martyr laïc converti a été béatifié

    Radio Vatican


    Le 2 décembre, après l’Angélus, Benoît XVI a évoqué la béatification, le jour même, à Kottar, en Inde, d’un laïc du 18° siècle, Devasahayam Pillai, mort en martyr. Le Pape a invité les fidèles à s’unir à la joie de l’Eglise de ce grand pays et à prier pour que le nouveau bienheureux soutienne la foi des chrétiens indiens. C’est la première fois qu’un martyr indien laïc est proclamé bienheureux, un événement d’une grande signification dans le contexte actuel.

    Devasahayam Pillai, père de famille, officier au palais, apprécié par le roi, est fusillé en 1752, dans l’Etat indien du Tamil Nadu. Il n’a que 40 ans. Pendant trois ans, il a été incarcéré et torturé y compris en public. Son seul tort : s’être converti de l’hindouïsme au catholicisme. Il avait été baptisé sept ans plus tôt par un missionnaire jésuite. Son exemple créait des émules. Sa dépouille, jetée dans la forêt, sera retrouvée par les chrétiens et inhumée devant l’autel de l’église Saint-François-Xavier. 

    Une page glorieuse du christianisme indien

    300 ans après sa naissance, Devasahayam Pillai a été béatifié dans son diocèse d’origine. La cérémonie a été présidée, au nom du Pape, par le préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints. Le cardinal Amato a affirmé que le nouveau bienheureux avait écrit une des pages glorieuses du christianisme indien. Benoît XVI, qui avait approuvé en juin dernier le décret reconnaissant son martyre, espère qu’il soutiendra la foi des chrétiens, souvent mise à l’épreuve aujourd’hui en Inde. 

    Des chrétiens qui subissent des discriminations et dont la liberté religieuse est limitée. Dans certains Etats, comme l’Orissa, les attaques violentes contre les villages indiens, ne sont pas rares de la part des extrémistes hindous. Les attaques verbales, haineuses, sont également fréquentes dans les discours, surtout contre les missionnaires qui travaillent auprès des plus pauvres. Le nouveau bienheureux, modèle de fermeté dans la foi et de persévérance, rappelle que la liberté de conscience ne peut être bafouée. 

    Lors de leur assemblée en février dernier, les évêques indiens ont regretté l’entrée en vigueur, ces dernières années, d’une série de lois visant à interdire les conversions au christianisme. 

  • L’anarchisme chrétien ou l’épée de Perceval

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    9782356310613.jpg“Voici le peuple immense de ceux qui t’ont cherché”, chante la liturgie de la Toussaint. Cette exclamation tirée du psaume 23 pourrait résumer L’anarchisme chrétien de Jacques de Guillebon et Falk van Gaver. Oui, voici le peuple immense, turbulent et bariolé des chercheurs de Dieu, tel qu’il défile sous nos yeux étonnés au long des 400 pages de cet ouvrage dont le titre est un paradoxe et un défi. En effet, comment peut-on être en même temps anarchiste et chrétien? Comment réconcilier Ni Dieu ni maître avec Mon Dieu et mon tout (S. François d’Assise)? Comment prétendre faire marcher ensemble les poseurs de bombes et les semeurs de joie? Réponse : en retournant à la source de toute révolte pure : la soif de justice. Pas seulement la soif, mais aussi la faim, telles que Jésus les proclame en S. Matthieu (5, 6) : “Heureux ceux qui ont faim et soif de justice : ils seront rassasiés!” La soif et la faim signifient que l’être tout entier est mobilisé par le désir infini de justice. Et ce désir n’est pas sans conséquence politique, car “la foi chrétienne, qui est accidentellement politique, est intimement subversive des pouvoirs aliénants éternellement constitués” (p. 11). 

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    Jacques de Guillebon; Falk van Gaver

    Or, les âmes ardentes et les esprits passionnés ne peuvent que se fracasser contre l’ordre d’airain des sociétés humaines.

    Le croyant sait que la justice des hommes n’est pas forcément celle de Dieu, il est même invité par le Christ à “dépasser la justice des scribes et des pharisiens” sous peine de ne pas entrer dans le Royaume des Cieux (Mt 5, 20), saint Pierre engage même les croyants à “obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes” (Actes 5, 29) ; quant aux hommes de bonne volonté, ces “saints laïcs” mus par la seule justice, ils devront faire l’expérience douloureuse de la résistance aux commandements du monde.

    On connaît la recommandation de saint Paul enjoignant aux chrétiens de se “soumettre aux autorités en charge, car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées par Dieu” (Rom. 13, 1). Toute révolte contre un ordre inique serait-elle dès lors interdite? Non, bien sûr, au contraire. L’Eglise invite même les chrétiens à la résistance “si l’autorité viole gravement et de façon répétée les principes du droit naturel” et saint Thomas d’Aquin précise qu’ “on n’est tenu d’obéir... que dans la mesure requise par un ordre fondé en justice” (Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, Cerf, p. 225).  Si donc l’ordre des hommes en vient à s’opposer frontalement à l’ordre divin, l’insoumission devient un droit, voire un devoir. Les martyrs des premiers siècles ont été principalement condamnés pour le simple motif qu’ils refusaient de sacrifier aux idoles et de reconnaître la divinisation du pouvoir politique. Dans nos sociétés, où les nouvelles idoles se présentent à l’adoration sous des formes multiples et où l’Etat en vient à règlementer l’espace de la conscience et à déplacer d’autorité les fondements immémoriaux de l’ordre social, cette résistance peut prendre deux formes principales : l’engagement chrétien radical ou l’insurrection comme étape vers la sainteté.

    C’est à partir de ce tronc commun que les auteurs nous invitent à considérer les pensées et les actes des anarchistes.

    Ils démontrent ce que l’anarchisme et le premier socialisme doivent au christianisme plus qu’à n’importe quelle autre doctrine ou philosophie.

    En nous plongeant dans les eaux profondes de l’insoumission à l’ordre des hommes, les auteurs nous font découvrir une foule de personnages originaux, étonnants, extraordinaires, connus ou méconnus, une troupe d’assoiffés et d’affamés de justice, quelquefois très éloignés de Dieu, en apparence, quelquefois très proches de Lui, mais à leur manière.

    Les auteurs ne canonisent personne, ce n’est pas leur moindre mérite ; ils analysent les ressorts de l’âme, les fondements des actes, la volonté droite. Ils posent en définitive un regard pénétrant et miséricordieux sur la vie de ces défunts qui forment la cohorte tempétueuse et haute en couleurs de ceux qui cherchent Dieu à travers la Justice, en piétinant quelquefois nos pelouses sacrées ou zigzagant à travers les transepts en heurtant les chaises alignées. Ainsi Proudhon (“L’anarchie, c’est l’ordre sans le pouvoir” ou encore “Il est surprenant qu’au fond de notre politique, nous trouvions toujours la théologie”) voisine avec Tolstoï (“La grande révolution, c’est le véritable christianisme, base de l’égalité entre les hommes et de la vraie liberté”) qui fraternise avec le prince noir Kropotkine (“Du berceau à la tombe, l’Etat nous étrangle dans ses bras”); Barbey d’Aurevilly, Claudel, Hello, Bloy, Péguy, Bernanos, Thibon forment la procession chrétienne de ces cavaliers de l’Apocalypse ; puis viennent les errants, les clochards, les fols en Christ, les dandies : l’archimandrite Spiridon, figure brûlante et exaltée de la foi russe, S. Benoît Labre, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Oscar Wilde, Adolphe Retté (athée, matérialiste militant, anarchiste et jouisseur, auteur de Contes blasphématoires  et qui décrit sa conversion incroyable dans Du diable à Dieu) ; les pages consacrées à Gandhi sont d’une stupéfiante luminosité évangélique ; et l’on ne s’étonnera pas de retrouver notre cher G. K. Chesterton en si tonifiante compagnie.

    On voudrait s’attarder sur tous les personnages décrits dans ce livre, tant chacun d’eux devient attachant et fraternel, fût-ce à travers ses errances et ses maladresses.

    Le trait commun de tous ceux qui forment ce “peuple immense” est la recherche éperdue de justice et de vérité - jusqu’à la résistance passive, jusqu’à la désobéissance, jusqu’à rupture sociale voire la prise de maquis (le “recours aux forêts” : Thoreau, Jünger, Hainard). Un fil rouge traverse cet ouvrage, et ce fil relie entre elles toutes ces personnalités diverses et contradictoires en une sorte de tapisserie mystique en laine brute, une communion des saints tout étonnés d’être là : à la noce divine, seront conviés “les mauvais comme les bons”, trouvés sur les chemins (Mt 22, 10), “les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux ramassés sur les places et les rues de la ville” (Lc 14, 21).

    On aura compris que l’anarchie analysée dans ce livre n’est pas celle des assassins ni des déséquilibrés. L’anarchisme est ici présenté dans son processus intellectuel et affectif, quand il procède d’un sentiment quasi océanique, c’est-à-dire “tributaire de forces parfois inconscientes, parfois mises au jour, que meut pourtant toujours un  désir de s’extraire de la fausse contradiction moderne imposée par la domination  des ethos socialiste et libéraux” (p. 12), contradiction à masque d’alternance, dont le seul point commun est le “narcissisme anthropocentrique et la même négation de la nature” (p. 315).

    Il y a pourtant bien une troisième voie (qui est en réalité la première et la plus éternellement moderne) : l’amour de Dieu et du prochain comme source de subversion par le bien, comme seule alternative aux culs-de-sac idéologiques de tous les temps. La vraie et seule révolution ne commence-t-elle pas dans le cœur de l’homme, avec les premiers mots de Jésus dans l’Evangile selon S. Marc : “Convertissez-vous!”

    Pierre René Mélon

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    Jacques de Guillebon et Falk van Gaver, L’anarchisme chrétien, Editions de l’Œuvre, 2012, 411 p., 29 €.