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Actualité - Page 6

  • Le militantisme progressiste à l'Opéra : trop c'est trop !

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    D'Hélène de Lauzun sur l'Incorrect :

    MILITANTISME PROGRESSISTE À L’OPÉRA : TROP, C’EST TROP !

    Ce n’est pas encore tout à fait un chœur, mais ce n’est déjà plus un solo : plusieurs artistes lyriques font entendre leur voix pour dénoncer leur ras-le-bol des mises en scène progressistes qui dénaturent les grandes œuvres du répertoire.

    16 janvier 2023

    Au mois de mai 2022, le ténor français Roberto Alagna, et son épouse et partenaire, la polonaise Aleksandra Kurzak, tiraient leur révérence et renonçaient à jouer dans la mise en scène de Tosca programmée au Liceu, l’opéra de Barcelone, pour le mois de janvier 2023. En cause, les choix esthétiques du metteur en scène espagnol Rafael R. Villalobos, jugés trop transgressifs et de « mauvais goût ».

    Du 4 au 21 janvier, l’opéra de Barcelone devait en effet accueillir les amours de Tosca (Kurzak) et de son amant Cavaradossi (Alagna) dans le chef-d’œuvre de Puccini, une co-production portée par le Théâtre Royal de la Monnaie (Belgique), le” Gran Teatre del Liceu (Espagne), le Teatro de la Maestranza de Séville (Espagne) et de l’Opéra Orchestre National de Montpellier. La mise en scène a été jouée pour la première fois en juin 2021 à Bruxelles et coche en effet toutes les cases de la transgression selon les termes du catéchisme progressiste.

    Le metteur en scène Villalobos s’est saisi d’un prétexte – la présence, en arrière-plan de l’intrigue, des institutions romaines de l’Église catholique, puisque l’histoire se passe à Rome, à deux pas du Vatican – pour construire son interprétation personnelle de l’œuvre, entièrement concentrée sur l’Église vue comme outil de domination politique et d’oppression morale. Quelle audace, quelle originalité, quelle inventivité ! Pour appuyer son propos, Villalobos multiplie tout au long de l’opéra des allusions à Pasolini, et à son film le plus sulfureux, Salò ou les 120 Journées de Sodome, qui dépeint les derniers jours du régime fasciste sombrant dans l’abjection et le sadisme. Villalobos se croit novateur, mais il ne fait qu’user des vieux procédés soixante-huitards qui n’en finissent pas de ressasser leur aigreur contre la beauté du vieux monde.

    Dans une interview accordée au site italien Connessiallopera, Roberto Alagna explique avoir initialement donné son accord avec son épouse pour la reprise d’une ancienne production de Tosca, sans plus de détails. Au moment de la présentation de la saison, tous deux ont découvert qu’il s’agirait de la version de Rafael R. Villalobos. Après l’avoir visionnée, ils ont renoncé à y participer. « Avec Aleksandra on ne voulait pas être les otages d’un projet où l’on a affaire à de la violence, du sadomasochisme, de la pédophilie, de la nudité. Des situations totalement incohérentes par rapport à la Tosca de Puccini », a indiqué le ténor français, qui estime que le travail de Villalobos est le comble du « mauvais goût. » Dans la presse polonaise Alexandra Kurzak a été encore plus explicite. « C’est dégoûtant et grotesque. J’ai cru que j’allais mourir de rire quand j’ai vu Scarpia porter un collier de sex-shop autour du cou », a déclaré la soprano polonaise.

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  • Cardinal Sarah : "Personne ne peut nous interdire de célébrer l'Eucharistie"

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    De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    UN NOUVEAU LIVRE

    Sarah : "Personne ne peut nous interdire de célébrer l'Eucharistie".

    24-01-2023

    Dans le nouveau livre qu'il a publié - Catéchisme de la vie spirituelle (Cantagalli) - le cardinal Robert Sarah indique un itinéraire de conversion à travers les sacrements comme moyen de construire une relation forte avec Dieu et de servir une Église en crise de foi. Placer l'Eucharistie au centre, sans laquelle nous ne pouvons pas vivre. 

    Si, depuis des années, l'Église vit dans la confusion, pour ne pas dire l'apostasie, ces derniers mois, nous avons assisté à une accélération qui ne peut que créer désorientation et amertume chez les simples fidèles. On parle beaucoup de la lutte contre les abus sexuels, puis on assiste impuissant à une méga-opération au plus haut niveau de l'Église pour protéger le père Marko Rupnik, jésuite et artiste, déjà reconnu coupable d'abus et dont l'excommunication a été mystérieusement levée en un temps record. Entre-temps, nous sommes confrontés à la possibilité réelle qu'un évêque qui épouse des thèses hérétiques devienne même le gardien de l'orthodoxie catholique : il s'agit de l'Allemand Heiner Wilmer, qui, en décembre, semblait destiné à diriger la Congrégation pour la doctrine de la foi, une nomination " freinée " par l'intervention auprès du pape d'une vingtaine de cardinaux, mais qui semble aujourd'hui à nouveau possible. Et encore, le triste spectacle qui se dégage du procès en cours au Vatican pour l'affaire du palais londonien au centre d'opérations financières très douteuses, dans lequel c'est l'image du pontife régnant lui-même qui est clairement écornée.

    Et ce ne sont là que quelques exemples de ce qui se passe - auxquels on pourrait ajouter la honte de la " voie synodale " allemande, la guerre contre la liturgie qui appartient à la tradition de l'Église, une préparation plus qu'ambiguë du Synode sur la synodalité, les révélations et dénonciations contenues dans les témoignages de ces semaines de Monseigneur Gänswein, des cardinaux Müller et Pell - et qui donnent l'idée d'une Église transformée en champ de bataille.

    Alors comment un simple croyant, mais aussi un consacré, un évêque et même un cardinal ne se laisserait-il pas entraîner dans des diatribes qui risque d'être toute " horizontales " ? Ne pas se laisser décourager par une Église qui semble obscurcir la présence du Christ au lieu de la révéler, dans laquelle la "trahison des apôtres", leur "souillure", comme l'a dit un jour le cardinal Ratzinger, est dramatiquement d'actualité ?

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  • Un monastère chrétien des VIe-VIIe siècles exhumé sur une île proche de Dubaï

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    De Simon Cherner sur le site du Figaro :

    Un monastère chrétien médiéval, chapitre perdu de l'histoire arabe, exhumé sur une île près de Dubaï

    Vue aérienne du monastère chrétien d'Al Sinniyah, découvert par une équipe internationale aux Émirats arabes unis. L'établissement aurait été actif du VIe au VIIIe siècle.
    Vue aérienne du monastère chrétien d'Al Sinniyah, découvert par une équipe internationale aux Émirats arabes unis. L'établissement aurait été actif du VIe au VIIIe siècle. Umm Al Quwain's Department of Tourism and Archaeology

    ARCHÉOLOGIE - Les vestiges d'une communauté d'ascètes, active du temps de la naissance de l'Islam, ont été mis au jour aux Émirats arabes unis. Ils témoignent d'une époque où un autre monothéisme faisait florès dans la péninsule.

     

    Al Sinniyah n'a rien des perles chargées de palaces et de gratte-ciels qui forment le chapelet luxueux des îles émiraties. L'îlot désertique ne fait pas de vagues le long de la côte méridionale du golfe Persique, au nord de Dubaï. Cette langue aride et ensablée ravit en revanche les archéologues des Émirats arabes unis. Ils y ont mis au jour, ces derniers mois, des vestiges pour le moins inattendus dans cette partie du monde : un monastère chrétien.

    Selon les premières datations réalisées sur les vestiges découverts sur place, le complexe religieux aurait été fondé entre la fin du VIe et le début du VIIe siècle. Cela en ferait un site qui précède de quelques dizaines d'années la naissance et la diffusion de l'Islam dans la péninsule arabique, voire qui en serait contemporain.

    Découvert dès 2021, le monastère d'Al Sinniyah a été minutieusement dégagé au cours de l'année écoulée. Le chantier a été confié aux archéologues de l'université des Émirats arabes unis, en collaboration avec l'université de New York et la mission archéologique italienne d'Umm Al Quwain. «C'est une découverte extrêmement rare», s'est réjoui dans le quotidien émirati The National , en novembre, l'archéologue britannique Tim Power, qui a participé à l'opération de fouille. «Le fait qu'il y ait eu une population arabe chrétienne en Arabie orientale a été un peu oublié, poursuit-il. Cette découverte est donc un rappel important d'un chapitre perdu de l'histoire arabe.»

    Contemporain de la conquête islamique

    Le site religieux était composé d'une église à nef unique, de cellules et d'un réfectoire. Une résidence privilégiée, une maison à cour, qui devait accueillir le responsable de la communauté a aussi été mise au jour. Des structures liées à la vie quotidienne - citernes, fours, espaces de stockage… - complétaient le tout. Parmi les éléments les plus remarquables, les chercheurs révèlent avoir identifié de possibles fonts baptismaux près de l'autel, ainsi que les vestiges de larges calices en verre sans doute d'anciennes coupes liturgiques, pour l'Eucharistie.

    Les vestiges les plus récents du site dateraient du milieu du VIIIe siècle, de la fin du Califat omeyyade, dont l'emprise s'étendait de la façade atlantique à la vallée de l'Indus. «La communauté n'a pas fait l'objet d'une conquête violente, mais a été lentement abandonnée», pointe néanmoins Tim Power, qui indique que les archéologues n'ont pas mis en évidence de traces de destruction violente du monastère. Le souvenir du site, comme des autres monastères, s'est dissipé au fil des siècles. «C'est tout un pan d'histoire cachée, en somme», résume encore Tim Power pour l'agence américaine Associated Press.

    Le monastère d'Al Sinniyah est le second établissement chrétien de ce genre découvert aux Émirats arabes unis depuis les années 1990, et le sixième autour du golfe Persique. À quelques centaines de mètres du monastère, les vestiges de deux villages ont également été fouillés par les chercheurs. Le premier avait été détruit par les Britanniques en 1820. Le second datait de l'époque préislamique. En visite sur place en novembre, la ministre émiratie de la Culture, Noura Al Kaabi, a assuré que ces différents sites feraient l'objet d'une protection patrimoniale. L'île d'Al Sinniyah n'était, au bout du compte, pas si vide que cela.

  • Le Vatican s'exprime sur le projet allemand de création d'un "conseil" des laïcs et des évêques pour la gouvernance de l'Église

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    De Luke Coppen et JD Flynn sur The Pillar :

    Le Vatican s'exprime sur le projet allemand de création d'un "conseil" des laïcs et des évêques pour la gouvernance de l'Église

    Le Vatican a lancé sa dernière salve dans la tension actuelle sur la gouvernance de l'Église en Allemagne.

    23 janvier 2023

    De hauts responsables du Vatican ont notifié aux évêques d'Allemagne qu'ils ne sont pas habilités à créer un organe législatif proposé, composé de clercs et de laïcs, qui agirait comme un organe directeur pour l'ensemble de l'Église dans le pays.

    "Nous souhaitons préciser que ni la voie synodale, ni aucun organe établi par elle, ni aucune conférence épiscopale n'a la compétence d'établir le "Conseil synodal" au niveau national, diocésain ou paroissial", explique une lettre envoyée le 16 janvier aux évêques allemands, que le Pillar a obtenue.

    La lettre a été signée par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, ainsi que par le cardinal Luis Ladaria Ferrer, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, et le cardinal Marc Ouellet, chef du Dicastère pour les évêques.

    L'idée de créer un organe permanent de gouvernement des évêques et des laïcs pour l'Église en Allemagne a été approuvée lors d'une réunion de la "voie synodale" en septembre dernier, au cours de laquelle les participants ont voté la création d'un "conseil synodal" permanent de gouvernement.

    Ce conseil prendrait également "des décisions fondamentales d'importance supra-diocésaine sur la planification pastorale, les perspectives d'avenir et les questions budgétaires de l'Église qui ne sont pas décidées au niveau des diocèses."

    Le Vatican s'est prononcé sur cette idée ce mois-ci, après que cinq évêques lui ont demandé s'ils étaient obligés de participer au "comité synodal" - une organisation transitoire prévue, qui serait composée de 74 membres épiscopaux et laïcs, et qui devait commencer cette année à préparer la mise en place du conseil synodal.

    La question a été soulevée dans une lettre du 21 décembre des chefs des diocèses de Cologne, Eichstätt, Augsbourg, Passau et Regensburg, suite à la visite ad limina des évêques allemands à Rome en novembre. Au cours de cette visite, les trois cardinaux qui ont signé la lettre du 16 janvier se sont adressés aux évêques allemands lors d'une rare réunion interdicastérielle au Vatican le 18 novembre.

    La lettre du 16 janvier précise que les évêques ne sont pas tenus de participer au "comité synodal". Elle explique ensuite que les évêques ne sont pas habilités à créer une assemblée synodale de direction ou de décision pour leur pays.

    La lettre cite le document Lumen gentium du Concile Vatican II, qui enseigne que l'ordination épiscopale "confère la charge d'enseigner et de gouverner" dans l'Église.

    La lettre du 16 janvier a été envoyée à Mgr Georg Bätzing, évêque du Limbourg et président de la conférence épiscopale. Il a été demandé à Mgr Bätzing de transmettre la lettre aux évêques avant le 23 janvier.

    Le texte de la lettre a été spécifiquement approuvé par le pape, qui a ordonné qu'elle soit envoyée, explique le document.

    Pour sa part, Bätzing a publié une déclaration publique le 23 janvier, suggérant que le projet de conseil synodal directeur ne visait pas à saper l'autorité des évêques.

    "Compte tenu de la synodalité, il ne s'agit pas en premier lieu de questions dogmatiques, mais de questions de culture synodale vécue dans la consultation et la prise de décision communes. Personne ne remet en cause l'autorité de l'épiscopat", a-t-il déclaré.

    L'évêque a qualifié d'"infondée" la crainte du Vatican "qu'un nouvel organe puisse se placer au-dessus de la conférence épiscopale ou saper l'autorité de chaque évêque".

    "Le conseil synodal, qui doit être préparé par le comité synodal, fonctionnera donc dans le cadre du droit canonique actuel, conformément au mandat contenu dans la résolution", a-t-il écrit.

    Mais l'évêque a également déclaré que l'intervention de Rome signifiera une remise en question de ce que le conseil synodal peut réellement faire.

    "Le document de Rome aura pour conséquence, pour nous en Allemagne, que nous réfléchirons beaucoup plus intensément aux formes et aux possibilités de consultation et de prise de décision synodales afin de développer une culture de la synodalité", a écrit l'évêque.

    Bien qu'il n'ait pas abordé les détails, Bätzing a insisté sur le fait que l'intervention n'était pas une perte pour les évêques allemands.

    "Je considère que cela est utile et faisable dans le cadre du portefeuille de tâches du comité synodal, tout en respectant les limites et les possibilités données par le droit ecclésiastique. Le comité synodal n'est pas remis en cause par la lettre romaine."

    Il a ajouté que le conseil permanent de la conférence épiscopale allemande avait discuté de la lettre du Vatican lors de sa réunion de lundi à Würzburg.

    On ne sait pas encore comment les autres évêques allemands vont réagir à la directive du Vatican. L'automne dernier, la perspective d'un "conseil synodal" a reçu le soutien d'une majorité d'évêques lors de la réunion de septembre de la voie synodale, qui s'est tenue à Francfort.

    Le 10 septembre, les délégués ont approuvé un document de deux pages intitulé "Renforcement durable de la synodalité : Un Conseil synodal pour l'Église catholique en Allemagne" en deuxième lecture. Quatre-vingt-treize pour cent des plus de 200 membres de la voie synodale présents ont approuvé le document, dont 88 % des évêques.

    Le document avait été fortement critiqué par l'éminent théologien allemand, le cardinal Walter Kasper, qui a déclaré qu'il menaçait de détruire la structure "que le Christ a voulu pour son Église."

    Les évêques ont voté pour la proposition malgré une déclaration du Vatican en juillet dernier selon laquelle la voie synodale n'a pas le pouvoir "d'obliger les évêques et les fidèles à adopter de nouveaux modes de gouvernance et de nouvelles approches de la doctrine et de la morale".

    "Avant un accord convenu au niveau de l'Église universelle, il ne serait pas permis d'initier de nouvelles structures ou doctrines officielles dans les diocèses, ce qui représenterait une blessure pour la communion ecclésiale et une menace pour l'unité de l'Église", disait cette déclaration.

    L'attente que le Vatican envoie une lettre importante aux évêques allemands après leur visite ad limina a été exprimée publiquement pour la première fois par l'évêque Peter Kohlgraf de Mayence le 1er décembre. L'évêque a déclaré que la lettre devrait arriver avant la cinquième et dernière assemblée synodale, prévue du 9 au 11 mars à Francfort.

    En octobre, le Comité central des catholiques allemands a élu 27 membres pour siéger au comité synodal.

    La voie synodale est un rassemblement pluriannuel d'évêques et de laïcs pour discuter de quatre sujets principaux : le pouvoir, le sacerdoce, les femmes dans l'Église et la sexualité, dans le sillage d'une crise dévastatrice des abus et au milieu d'un exode massif des catholiques allemands.

  • Un évêque allemand controversé bientôt à la tête du Dicastère pour la Doctrine de la Foi ?

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Cet évêque allemand controversé pourrait bientôt être le chef doctrinal du Vatican

    L'évêque Heiner Wilmer, qui a soutenu avec force les propositions les plus controversées de la voie synodale allemande, serait le choix "probable" du pape François pour diriger le Dicastère pour la doctrine de la foi.

    23 janvier 2023

    Il y a quelques semaines, la nomination d'un évêque allemand controversé au rôle influent de préfet du Dicastère de la Doctrine de la Foi aurait été bloquée par des cardinaux inquiets, qui ont exhorté le pape François contre cette nomination. Aujourd'hui, l'évêque Heiner Wilmer serait à nouveau le choix du Saint-Père pour diriger le bureau de la doctrine du Vatican.

    Mgr Wilmer, qui dirige le diocèse allemand de Hildesheim et qui a déploré il y a quatre mois que le synode allemand n'ait pas approuvé un texte appelant à des changements radicaux dans l'enseignement de l'Église sur la sexualité, aurait été fortement pressenti par le pape François pour succéder au cardinal Luis Ladaria en tant que préfet du Dicastère de la doctrine de la foi en décembre dernier. Mais l'intervention d'un certain nombre de prélats de haut rang, dont feu le cardinal George Pell, a mis en doute la solidité doctrinale de Mgr Wilmer et aurait dissuadé le pape d'aller de l'avant avec cette sélection, du moins temporairement.

    Aujourd'hui, selon le site Internet italien traditionaliste Messa In Latino, la candidature de l'évêque Wilmer est à nouveau fortement considérée par le Saint-Père. Dans une lettre ouverte adressée au pape François par le comité de rédaction du site, la nomination de Mgr Wilmer est qualifiée de "probable".

    L'intérêt du pape François pour l'évêque Wilmer survient au milieu de l'impasse actuelle entre le Vatican et l'épiscopat allemand au sujet du controversé Chemin synodal, un processus non contraignant au sein de l'Église catholique allemande qui cherche à apporter des changements hétérodoxes à la gouvernance ecclésiale, à l'ordination sacramentelle et à l'enseignement sur la sexualité. 

    Lors d'une réunion entre les responsables des bureaux curiaux du Vatican et les évêques allemands en novembre 2022, le cardinal Ladaria a critiqué les propositions du Chemin synodal qui "réduisent le mystère de l'Église à un simple institut de pouvoir ... qui doit être placé sous le contrôle de super-contrôleurs dès que possible". Les responsables du Vatican ont demandé un "moratoire" sur le Chemin synodal, ce que l'épiscopat allemand a rapidement rejeté.

    Selon les procès-verbaux des réunions, l'évêque Wilmer a soutenu tous les textes proposés par la Voie synodale lors de sa dernière assemblée en septembre 2022, y compris ceux demandant la création d'un Conseil synodal permanent, l'ordination des femmes et l'approbation morale des relations sexuelles entre personnes du même sexe.

    En ce qui concerne le texte appelant à des changements hétérodoxes dans l'enseignement de l'Église sur la sexualité, qui, selon le cardinal Ladaria, donnait "l'impression générale" que "rien ne peut être sauvé" dans l'enseignement orthodoxe de l'Église, "que tout doit être changé", Mgr Wilmer a non seulement soutenu la mesure, mais a déploré qu'elle n'ait pas reçu un soutien suffisant de la part des évêques allemands lors de l'assemblée de septembre pour être formellement adoptée.

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  • Un dominicain controversé dirigera en octobre une retraite pour les évêques au début du Synode

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    De Courtney Mares sur le National Catholic Register :

    Un prêtre dominicain controversé dirigera en octobre une retraite pour les évêques au début du Synode.

    Le père Radcliffe, âgé de 77 ans, a été à la tête de l'Ordre dominicain de 1992 à 2001. Ses déclarations hétérodoxes, notamment sur l'homosexualité, ont déjà suscité la controverse dans l'Église.

    23 janvier 2023

    Le cardinal Jean-Claude Hollerich a annoncé lundi que la session d'octobre 2023 du Synode des évêques sur la synodalité débutera par une retraite de trois jours dirigée par un prédicateur dominicain dont les déclarations sur l'homosexualité ont déjà suscité la controverse.

    Le père dominicain Timothy Radcliffe conduira les évêques catholiques et les participants à la 16e assemblée générale ordinaire du Synode des évêques lors d'une retraite près de Rome du 1er au 3 octobre, à l'invitation du pape François, selon le cardinal. 

    Le père Radcliffe, 77 ans, a été à la tête de l'Ordre dominicain de 1992 à 2001. Ses déclarations hétérodoxes, notamment sur l'homosexualité, ont déjà suscité la controverse dans l'Église.

    Dans le rapport anglican Pilling en 2013, le père Radcliffe a écrit que lorsqu'on considère les relations homosexuelles, "nous ne pouvons pas commencer par la question de savoir si c'est permis ou interdit ! Nous devons nous demander ce qu'elle signifie et dans quelle mesure elle est eucharistique. Il est certain qu'elle peut être généreuse, vulnérable, tendre, mutuelle et non violente. Ainsi, à bien des égards, je pense qu'elle peut être l'expression du don de soi du Christ."

    Le cardinal Hollerich a annoncé la retraite synodale lors d'une conférence de presse au Vatican le 23 janvier, promouvant une veillée de prière œcuménique qui se tiendra sur la place Saint-Pierre pour confier à Dieu les travaux du synode des évêques.

    "Le synode ne concerne pas la politique de l'Église. Il s'agit d'écouter l'Esprit de Dieu, d'avancer ensemble et de prier. Il y aura donc un point différent par rapport aux autres synodes. Après la veillée de prière, les évêques et les participants au synode partiront pour une retraite de trois jours. Nous commençons donc par la prière, par l'écoute de l'Esprit", a déclaré le cardinal Hollerich.

    La retraite des évêques et la veillée de prière œcuménique auront toutes deux lieu dans les jours précédant immédiatement la 16e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, communément appelée synode sur la synodalité.  

    La 16e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques se déroulera en deux sessions. La première session aura lieu du 4 au 29 octobre 2023, et la seconde en octobre 2024.

    Lors de la conférence de presse, le cardinal Hollerich a souligné qu'il n'est "pas préoccupé... qu'il y ait des opinions différentes dans l'Église catholique", mais qu'il voit "les tensions... comme quelque chose de positif" pour le synode sur la synodalité.

    "Nous n'avons pas besoin du synode dans l'Église catholique pour vivre des tensions. Il y a déjà des tensions sans le synode et ces tensions viennent du fait que chacun veut honnêtement voir ou partager comment nous pouvons suivre le Christ et annoncer le Christ dans le monde d'aujourd'hui. C'est là la source des tensions", a-t-il déclaré.

    "Maintenant, dans le document pour la phase continentale du synode, nous avons vu la tension aussi comme quelque chose de positif. Car pour avoir une tente, il faut une certaine tension. Sinon, la tente s'écroule. Et je pense que le synode, l'écoute de la Parole de Dieu, l'écoute de l'esprit, la prière ensemble, le fait d'être ensemble sur le chemin, vont apaiser les mauvaises tensions. Nous ne voulons pas que les mauvaises tensions détruisent l'Église, mais les bonnes tensions sont parfois nécessaires à l'harmonie."

    Le cardinal Hollerich, qui est le rapporteur général du processus synodal mondial de quatre ans, a déclaré dans une interview accordée à Vatican Media en octobre dernier qu'il pensait que la bénédiction par l'Église des unions homosexuelles, que le Dicastère pour la doctrine de la foi a rejetée, n'était pas une question réglée.

    Le cardinal a fait cette déclaration en réponse à une question sur la décision des évêques catholiques belges de soutenir la possibilité de bénir les unions de couples de même sexe, au mépris du Vatican.

    "Franchement, la question ne me semble pas décisive", a déclaré le cardinal Hollerich à L'Osservatore Romano dans une interview également publiée le 24 octobre 2022 par Vatican Media.

    Lors du point de presse d'aujourd'hui, le cardinal Hollerich a déclaré qu'il espérait que le synode conduirait à "un nouveau printemps de l'œcuménisme".

    La veillée de prière œcuménique, intitulée "Ensemble : Rassemblement du peuple de Dieu", sera animée par la communauté de Taizé en présence du pape le 30 septembre. 

    Les jeunes âgés de 18 à 35 ans de toutes les traditions chrétiennes sont invités à participer à ce que le Vatican a décrit dans un communiqué de presse comme "une suite aux Journées mondiales de la jeunesse" avec une louange et un culte avec la musique et la prière de Taizé.

    Selon son site web, plus de 50 groupes chrétiens représentant de nombreuses confessions se sont déjà associés au projet de veillée de prière, dont le Conseil œcuménique des Églises, la Fédération luthérienne mondiale et l'Exarchat métropolitain grec orthodoxe d'Europe.

    Le Vatican a invité des représentants œcuméniques à s'exprimer lors de la conférence de presse sur la veillée, notamment l'archevêque anglican Ian Ernest, l'archevêque de l'Église apostolique arménienne Khajag Barsamian et Frère Alois, le prieur de la communauté œcuménique de Taizé. Le pasteur Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France, a également participé à distance.

    L'année dernière, le Vatican a publié une lettre demandant aux évêques catholiques d'inviter les dirigeants orthodoxes et protestants locaux à participer à l'étape locale du synode sur la synodalité.

    Ernest, qui est le représentant personnel de l'archevêque de Canterbury auprès du Saint-Siège et dirige le Centre anglican de Rome, a déclaré qu'il s'était "senti plus participant qu'observateur" lors de la session inaugurale du synode en octobre 2021, car sa "voix a été écoutée dans les discussions de groupe."

    "Ce processus synodal initié par le pape François donnera des ailes à notre unité œcuménique, à notre quête de travail pour marcher ensemble, et pour voir comment nous pourrions aider au mieux la souffrance de ceux qui vivent dans des situations de détresse dans ce monde brisé", a déclaré Ernest.

  • Un " schisme nauséabond" en Allemagne ? Alors que le processus synodal touche à sa fin, un groupe de laïcs met en garde contre le pire résultat possible

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Un " schisme nauséabond" en Allemagne ? Alors que le processus synodal touche à sa fin, un groupe de laïcs met en garde contre le pire résultat possible.

    Sans une intervention décisive de Rome, les catholiques fidèles d'Allemagne risquent d'être poussés dans la 'clandestinité', met en garde New Beginning

    23 janvier 2023

    Les observateurs de l'Église catholique en Allemagne ont longtemps craint que le Chemin synodal en cours dans le pays ne conduise à une scission de Rome. Et après que les évêques allemands aient refusé la demande du Vatican, en novembre, de mettre en place un "moratoire" sur le processus controversé et sa poussée pour l'ordination des femmes, la gouvernance laïque et l'approbation des relations sexuelles homosexuelles, ces craintes n'ont probablement fait que s'intensifier.

    Mais à moins d'une intervention plus décisive du Saint-Siège, une issue encore plus dommageable qu'une rupture formelle avec l'Église universelle apparaît comme la possibilité la plus probable : un "schisme nauséabond".

    "Le schisme nauséabond" décrit la situation en Allemagne si les dictats hétérodoxes de la Voie synodale deviennent la norme dans toute l'Allemagne, sans que le Vatican n'intervienne suffisamment. Dans ce contexte, des évêques hétérodoxes gouverneraient encore canoniquement la plupart des diocèses allemands, des idées qui violent la foi universelle seraient présentées comme un enseignement authentique de l'Église, et les catholiques allemands fidèles seraient confrontés à la répression.

    Les détails d'un schisme nauséabond ont été récemment esquissés par New Beginning, un mouvement laïc de catholiques allemands opposés à la trajectoire hétérodoxe de la Voie synodale. Le groupe a tenu une réunion d'information avec des journalistes catholiques américains en début de semaine, décrivant les résultats possibles du processus synodal à l'approche de son assemblée synodale finale, du 9 au 11 mars.

    New Beginning a décrit un schisme nauséabond comme "le pire résultat possible", tant pour l'Eglise particulière d'Allemagne que pour l'Eglise universelle.

    "En fait, il y aurait deux magistères : le magistère catholique romain, qui est contraint à une existence de niche en Allemagne, et le magistère 'différemment catholique' très actuel de la voie synodale, qui est poussé par les médias laïques et ecclésiastiques", a déclaré New Beginning lors du briefing, en référence à une citation de l'évêque Georg Bätzing, président de la conférence épiscopale allemande, sur les objectifs du processus synodal.

    Le groupe a ajouté qu'un schisme nauséabond créerait les conditions dans lesquelles les catholiques allemands fidèles sentiraient qu'ils doivent "quitter l'église", c'est-à-dire le corps ecclésial reconnu publiquement, "pour rester dans l'Eglise".

    Facteurs contributifs

    Même si les propositions du Chemin synodal sont techniquement non contraignantes, les membres du New Beginning s'attendent à une large "mise en œuvre de facto" de ces idées qui circulent dans la plupart des diocèses allemands.

    Certains évêques allemands, comme Mgr Bätzing, mettront en œuvre les propositions hétérodoxes de la Voie synodale dans leurs diocèses parce qu'ils croient qu'elles sont correctes. En effet, après qu'une mesure visant à promouvoir une vision hétérodoxe de la sexualité humaine n'ait pas reçu le soutien nécessaire des deux tiers de l'épiscopat allemand lors de l'assemblée de la Voie synodale de septembre 2022, Mgr Bätzing a déclaré aux médias qu'il veillerait néanmoins à ce que le texte devienne une "réalité" dans son diocèse du Limbourg. L'influent évêque a ajouté qu'il savait que plusieurs autres évêques lui emboîteraient le pas.

    Mais il est probable que la majorité des évêques allemands accepteront les propositions de la Voie synodale non pas pour des raisons idéologiques, mais parce qu'ils ne résisteront pas à une immense pression.

    Les pressions exercées sur les évêques pour qu'ils acceptent des positions hétérodoxes sur la sexualité, l'ordination et la gouvernance proviennent non seulement des médias laïques allemands, mais peut-être surtout des institutions ecclésiastiques allemandes officielles, y compris les médias catholiques et le personnel des écoles catholiques et des chancelleries diocésaines.

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  • Déjà 400 000 inscriptions pour les JMJ 2023 à Lisbonne

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    De kerknet.be :

    Déjà 400 000 inscriptions pour les JMJ 2023 à Lisbonne

    23 janvier 2023

    Les organisateurs des Journées mondiales de la jeunesse, qui débuteront en août 2023 à Lisbonne, visent un demi-million de participants.

    Six mois avant le début, quelque 400 000 jeunes se sont déjà inscrits aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) catholiques de 2023, qui se tiendront dans la capitale portugaise, Lisbonne. Dans un message vidéo adressé aux groupes de jeunes qui se préparent à participer, le pape François s'est dit ravi des nombreuses inscriptions. Il appelle les jeunes à toujours regarder au loin dans leur vie et à ne pas construire de murs. Ouvrez votre cœur à d'autres cultures, à d'autres jeunes qui sont également présents à ces Journées mondiales de la jeunesse. 

    La 37e édition des JMJ aura lieu à Lisbonne du 1er au 6 août 2023. En raison de la pandémie de corona, cet événement majeur avait été reporté de 2022 à 2023. Le pape François a déjà participé à trois éditions de la JMJ : Rio de Janeiro au Brésil en 2013, Cracovie en Pologne en 2016 et Panama en 2019. 

    Lisez tout et inscrivez-vous aux JMJ Lisbonne 2023 : https://www.cathobel.be/2023/01/envie-de-partir-aux-jmj-2023-a-lisbonne-rejoignez-la-route-church4you/

    Source : kro-ncrv.nl/katholiek

  • Des milliers de personnes ont manifesté pour la vie à Paris

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    D'Agnès Leclair sur le site du Figaro :

    À Paris, la marche pour la vie défile contre l'euthanasie

    REPORTAGE - Lancé cet automne par Emmanuel Macron, le débat sur la fin de vie était au cœur des préoccupations des quelques milliers de manifestants, lors de cette marche annuelle contre l'avortement organisée à Paris.

    « C'est quoi l'avenir d'une société qui tue les siens ? L'euthanasie, c'est la décadence. » Cécile, 57 ans, anti-IVG, est une habituée de la Marche pour la vie. Mais en ce dimanche glacial de janvier, c'est aussi le débat sur la fin de vie, lancé cet automne par le président de la République, qui a motivé cette assistante dentaire à participer à la marche annuelle contre l'avortement organisée à Paris. Un événement qui a attiré quelques milliers de manifestants - 20.000 selon les organisateurs - près de la gare Montparnasse.

    «Je ne comprends pas cet acharnement à vouloir tuer les gens. Est-ce pour éviter de payer trop de retraites?», ironise-t-elle. À ses côtés, Marie-Alix, 65 ans. «Je suis chrétienne. “Tu ne tueras pas” : ça a un sens pour moi », commente-t-elle entre quelques drapeaux à fleur de lys ou frappés du Sacré-Cœur brandis par des traditionalistes. Pascale Morinière, à la tête des Associations familiales catholiques (AFC), espère cependant que le message ne touche pas que les croyants. «Le serment d'Hippocrate - “Je ne provoquerai jamais la mort délibérément” est un message humaniste qui va bien au-delà des religions», relève-t-elle.

    À proximité d'une enceinte qui fait retentir la Macarena, Lorie, une vendeuse de 26 ans, est venue pour «alerter la classe dirigeante contre ces dérives mortifères». C'est la première fois qu'elle participe à la Marche pour la vie. À l'inverse de François-Xavier et Marie-Alix, qui ont fait le déplacement de Nantes avec leurs enfants. Eux se sont rencontrés en 2013, à la Manif pour tous. À l'époque, la foule était plus nombreuse.

    «Arrêtez d'emmerder les embryons»

    Des Femens, seins nus, arborant le slogan «IVG, c'est sacré» sur le torse, ont fait une apparition face au cortège avant d'être interpellées. D'autres slogans émaillent les pancartes roses et jaunes distribuées par les organisateurs de la marche comme «Euthanasie serment d'hypocrite» ou «Arrêtez d'emmerder les embryons». Les organisateurs du défilé n'ont voulu faire l'impasse sur la constitutionnalisation de la loi Veil, prochainement examinée au Sénat. «La vie doit être respectée de la conception à la mort naturelle», estime Nicolas Tardy-Joubert, président du rassemblement. Il insiste cependant sur les 70 % de Français éligibles aux soins palliatifs qui n'y ont pas accès. «Là est la vraie priorité politique. Le vrai scandale», pointe-t-il. Sur le podium, le professeur de médecine Timothy Devos, auteur d'Euthanasie, l'envers du décor, est venu «mettre en garde» les Français sur l'évolution de la loi en Belgique. «20 ans après la dépénalisation de l'euthanasie, on peut voir que ce n'est pas un modèle à suivre. Une euthanasie sur trois n'est pas déclarée, critique-t-il. Une part croissante de personnes âgées et vulnérables la demandent. Ils ne sont pas en fin de vie mais craignent d'être une charge pour leur famille».

  • Une scientifique de Harvard : les merveilles de l'univers pointent vers un Créateur

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    De Jonah McKeown sur Catholic News Agency :

    Une scientifique de Harvard : les merveilles de l'univers pointent vers un Créateur

    21 janvier 2023

    Les merveilles que nous voyons dans l'univers "devraient nous faire sortir de nous-mêmes", a déclaré la semaine dernière une scientifique de l'Ivy League, "en regardant non seulement vers les merveilles elles-mêmes et vers les vérités qu'elles révèlent, mais aussi vers la source de toutes les vérités et le Créateur ultime de toutes choses."

    Karin Öberg, professeur d'astronomie et directrice des études de premier cycle à l'université de Harvard, a déclaré que son travail de scientifique l'a aidée à apprécier le fait que nous vivons dans un univers qui "a un début, un milieu et une fin qui se déroule dans le temps."

    Elle a également déclaré que la croyance en Dieu, loin d'être un obstacle à la recherche scientifique, peut en fait être utile aux scientifiques en raison de la "base sûre" que fournit la croyance en un Créateur. Mme Öberg s'est elle-même convertie de l'athéisme.

    "Je pense que nous devrions être convaincus que le fait d'avoir une vraie philosophie et une vraie religion devrait faciliter les découvertes scientifiques, et non l'inverse", a déclaré Mme Öberg dans un discours prononcé le 13 janvier.

    Karin Öberg delivers a keynote address at the Wonder Conference on Jan. 13, 2023. Credit: Word on Fire/Screenshot
    Karin Öberg prononce un discours lors de la Wonder Conference, le 13 janvier 2023. Crédit : Word on Fire/Screenshot

    Karin Öberg a prononcé le deuxième discours principal le 13 janvier à la Wonder Conference, organisée par l'apostolat catholique des médias Word on Fire, qui s'est tenue à Grapevine, au Texas, et a attiré environ 1 000 participants.

    Mme Öberg, un scientifique d'origine suédoise qui siège au conseil d'administration de la Société internationale des scientifiques catholiques, étudie principalement la formation des étoiles et des planètes. L'espace "vide" entre les étoiles, appelé "milieu interstellaire", n'est en réalité pas vide du tout, mais contient de grandes quantités de gaz et de poussière. Au fil des millions d'années, les nuages interstellaires peuvent commencer à s'effondrer sur eux-mêmes, et c'est ainsi que se forment les étoiles, a expliqué Mme Öberg.

    De nombreux scientifiques, aujourd'hui et dans le passé, ont été guidés dans leur recherche scientifique par leur foi, a déclaré Öberg. L'abbé Georges Lemaître, qui a été le premier à proposer la théorie connue aujourd'hui sous le nom de Big Bang, a contribué à répandre l'idée que l'univers avait un commencement et qu'il avait donc besoin d'un Créateur.

    "Je ne peux m'empêcher de me demander si la raison pour laquelle il a eu cette idée, contrairement à certains autres brillants scientifiques dont il était entouré, n'avait pas quelque chose à voir avec sa foi catholique. Je veux dire qu'il savait déjà, par la foi, que l'univers avait un commencement dans le temps", a déclaré Mme Öberg, faisant référence à la croyance catholique en la création telle qu'elle est décrite dans le livre de la Genèse.

    "Et je ne peux m'empêcher de me demander si cela lui a facilité l'acceptation de cette idée... [et] c'est une raison, je pense, pour laquelle de nombreux athées étaient très préoccupés par la théorie du Big Bang telle qu'elle était présentée."

    Mme Öberg a déclaré que, malgré le respect de la science et de la méthode scientifique chez nombre de ses collègues, il est important de noter que la méthode scientifique a des limites.

    "Il y a beaucoup de questions sur l'univers que nous pouvons poser qui ne sont pas scientifiques... des choses comme : Qu'apprend-on d'un art magnifique ? Qu'est-ce qui rend l'art beau ?" a-t-elle poursuivi.

    Il existe une idée commune, dit-elle, selon laquelle "on ne peut savoir si quelque chose est vrai que si on peut le démontrer scientifiquement." En réalité, il existe de nombreux moyens de parvenir à la vérité, "la science étant l'un d'entre eux", mais pas la seule méthode. Il y a des questions - comme celles de la moralité - qui sont réservées aux domaines religieux et philosophiques. Et la plupart des scientifiques peuvent en avoir l'intuition, a-t-elle dit.

    "Si vous parlez à un scientifique [et lui demandez] pourquoi il a une idée ou une hypothèse particulière, il répond souvent des choses comme : 'C'était une inspiration'. Alors qu'au fond, [la méthode scientifique] est censée être un processus hyper-rationnel", a déclaré Mme Öberg. Au lieu de cela, "vous faites essentiellement appel au Saint-Esprit", a-t-elle ajouté en riant.

    La rationalité et l'ordre que les scientifiques observent dans l'univers - et qui rendent possibles toutes sortes de recherches scientifiques - indiquent un Créateur qui est la source de toute pensée rationnelle, a-t-elle poursuivi.

    "Le projet scientifique repose sur l'existence d'un ordre et d'une intelligibilité dans l'univers, ce que la science ne peut pas prouver. C'est quelque chose qu'elle suppose exister", a déclaré Mme Öberg.

    De plus, a-t-elle ajouté, "si nous ne sommes que des animaux qui ont évolué pour survivre et procréer, il n'y a aucune raison pour que cela s'accompagne d'une raison finement accordée à la recherche de la vérité". Le fait que les humains soient rationnels et recherchent une puissance élevée montre que nos âmes sont "calquées sur Dieu lui-même".

    L'intelligibilité de l'univers, que les scientifiques continuent de découvrir, "montre l'incroyable générosité du Créateur qui partage à nouveau ses pouvoirs causaux avec la création d'une manière qui, je pense, aurait été impossible à imaginer dans le monde pré-scientifique".

    La première Wonder Conference, qui s'est déroulée au Gaylord Texan Resort & Convention Center dans la région de Dallas-Fort Worth, a été présentée comme une "occasion de dialoguer avec des théologiens et d'autres experts sur des questions importantes à l'intersection de la foi catholique et de la culture séculière". La conférence, qui a été financée en partie par une subvention de la Fondation Templeton, a donné lieu à des interventions d'érudits religieux et de scientifiques, ainsi que de l'évêque Robert Barron de Winona-Rochester, Minnesota, fondateur et visage de Word on Fire.

    "La perception d'une incompatibilité entre la foi et la science a conduit à une augmentation du nombre de personnes qui se déclarent non affiliées sur le plan religieux. Cette perception va à l'encontre de l'expérience de la tradition catholique, qui transmet la belle harmonie entre la foi et la science", peut-on lire sur le site Web de la conférence.

    Jonah McKeown est rédacteur et producteur de podcasts pour la Catholic News Agency. Il est titulaire d'une maîtrise de l'école de journalisme de l'université du Missouri et a travaillé comme rédacteur, comme producteur pour la radio publique et comme vidéaste. Il est basé à St. Louis.

  • Que va devenir l'Arménie ?

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    D'Yves Thibaut de Maisières sur RCF :

    "L'Arménie conserve une part de l'Europe qui, ici, s'efface"

    L'Arménie, premier royaume chrétien de l'Histoire, est un pays aujourd'hui éprouvé. Une situation généralement peu abordée par les médias. La province du Haut-Karabach est coupée du monde et les villes frontalières sont bombardées. André Malaise, qui se rend régulièrement en Arménie, nous raconte comment vivent les populations imprégnées de leur culture chrétienne apostolique dans ce pays situé entre la Turquie à l'ouest et l'Azerbaïdjan à l'est.

    ©Pixabay
    ©Pixabay

    Des paysages à couper le souffle, avec ses chaînes de montagnes laissant percevoir ça et là des monastères séculaires, témoignages de cette culture tellement imprégnée de leur tradition chrétienne apostolique. Comme le dit un arménien vivant à Bruxelles :" l'Arménie est authentiquement européenne et conserve une part de l'Europe qui, ici, s'efface". Il est urgent, pour André, citoyen liégeois, de sensibiliser sur ce conflit dont on parle trop peu.

    Il y a une injustice médiatique sur ce conflit !  

    C'est cette prise de conscience qui l'a poussé à se rendre sur place au début de l'intensification du conflit en 2020. C'est là, dans la zone frontalière avec l'Azerbaïdjan à 15 km du corridor actuellement fermé et menant à la province du Haut-Karabach, dans ces villes de Vardenis, Erevan ou Hadrout, qu'il rencontre des population éprouvées mais tellement résilientes, habituées aux bombardements mais choisissant de continuer leur vie presque "normalement". 

    Un conflit qui n'est pas nouveau

    Il faut remonter loin dans l'Histoire pour se rendre compte que ce premier royaume chrétien, dont la conversion remonte au 4e siècle, est sujet à des persécutions des puissances voisines, à l'instar des pogroms et génocide commis entre la fin du XIXe et son apogée en 1915. Et dans ce conflit, il semble que les populations arméniennes soient les victimes d'une haine adverse que ces derniers ne semblent pas démontrer en retour. 

    Sensibiliser en Belgique 

    André Malaise continue aujourd'hui de parcourir la Belgique et de rencontrer la diaspora pour renforcer ses liens dans notre pays. L'occasion de rappeler ce que nous devons à cette culture orientale qui a plus que jamais besoin d'aide pour faire face à une situation dramatique pour sa population.

  • Persécutions : des statistiques suffisent-elles à toucher le coeur des gens ?

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    De Louis Daufresne sur la Sélection du Jour :

    360 millions de chrétiens ont été « fortement persécutés et discriminés » en 2022

    Après Noël, des ONG tentent de réveiller l’opinion emmitouflée dans sa routine, son confort ou ses angoisses, pour plaider la cause des chrétiens persécutés dans le monde. Ce n’est pas gagné mais quels efforts ne fournissent-elles pas ! À coup chiffres, de courbes, de cartes, de rapports et de tables rondes, elles glissent sous nos yeux blasés une réalité que beaucoup de journalistes répugnent à voir et donc à montrer. La semaine prochaine, l'Aide à l'Église en Détresse (AED) organise sa 14e Nuit des Témoins où il sera fait mémoire des martyrs de l’année passée, du Tchad à la Birmanie et Haïti. Cet événement coïncide avec la publication, par l'ONG Portes Ouvertes, de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens.

    Ce baromètre fait valoir que depuis 30 ans, le nombre de pays touchés a presque doublé« En 1993, date du premier classement, 40 pays étaient concernés, aujourd’hui on en compte 76 », relève Patrick Victor, directeur de Portes Ouvertes France-Belgique dont le siège est à Strasbourg. Né d’un père indien musulman et d’une mère allemande, Patrick Victor est sensible à la dimension multiculturelle. À ses débuts, en 1955, l'association Portes Ouvertes s'occupait des pays communistes. Son fondateur, un religieux baptiste néerlandais du nom de Frère André (alias Anne van der Bilj) y faisait passer des bibles en contrebande. Cet ancien soldat de l’armée coloniale en Indonésie voyagea en Pologne, en URSS, en Chine, dans des conditions parfois épiques. Il vient de mourir à 92 ans.

    Ce contact avec la clandestinité incline Portes Ouvertes à surtout s’intéresser aux pays où les chrétiens sont le plus persécutés. Dans le top 11 de l'« extrême » figurent la Corée du Nord, la Somalie, le Yémen, l’Érythrée, la Libye, le Nigeria, le Pakistan, l’Iran, l’Afghanistan, le Soudan et l’Inde, où « depuis l’arrivée de Narendra Modi au pouvoir, les attaques violentes contre les chrétiens ont drastiquement augmenté ». Le baromètre parle de « crimes d’honneur, de jets d’acide, de passage à tabac par des foules, de jeunes filles agressées sexuellement ».

    L’an dernier, 5.621 chrétiens ont été tués, 4.542 étaient détenus et 5.259 ont été enlevés. 2.110 églises ont été fermées, attaquées ou détruites. Les atteintes vont de l'« oppression quotidienne discrète » aux « violences les plus extrêmes ». Ce recensement mobilise quelque 4000 personnes à l’année ! Il s’agit de faire remonter l’information au plus juste pour que l’aide soit adaptée en conséquence. D’outil de travail, l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens est devenu un support de communication. L’an dernier, 360 millions de chrétiens ont ainsi été « fortement persécutés et discriminés » soit 1 sur 7. Ces statistiques suffisent-elles à toucher le cœur des gens ? Ici, on bute sur plusieurs obstacles :

    D’abord, il y a le périmètre de la persécution : comment savoir qu’elle s’exerce en raison de la foi ? Portes Ouvertes dit tenir une comptabilité fine, grâce aux remontées du terrain, village par village. Tout conflit autour d’un puits ou d’un cheptel, toute attaque djihadiste, ne figure pas dans l’index. Il faut que l’intention de nuire aux chrétiens en tant que tels soit avérée. « Il ne s’agit pas de faits divers sans lien les uns avec les autres », affirme l’ONG. On présume que les chiffres retenus sont plutôt un seuil qu’un plafond.

    Deuxième obstacle : le mur des mots. Beaucoup estiment que les chrétiens ne peuvent pas être discriminés, dans la mesure où l’Église est vue comme une institution utilisant son pouvoir « pour que [son] idée du Bien l’emporte sur la liberté des autres », ainsi que l’écrit Raphaël Enthoven dans une tribune sur l'euthanasie. Pourquoi la soutiendrait-on là-bas, alors que les bonnes consciences, de Roselyne Bachelot à La Libre Pensée, s'emploient ici à raser les églises de campagne et à déboulonner les statues de la Vierge ? Conséquence de cette posture : on refuse aux chrétiens persécutés le statut à la fois de minorités et de victimes. 

    Le troisième obstacle est un angle mort médiatique, celui de l’incarnation. Malgré l’abondance de témoignages sur les violences subies, les journalistes manquent d’histoires à raconter. La persécution des chrétiens ne débouche pas sur des affaires judiciaires retentissantes. Souvenez-vous d’Asia Bibi, paysanne du Pakistan accusée de blasphème envers l’islam. Sans procès ni condamnation à mort, sans emprisonnement ni assassinat collatéral, sans libération ni exfiltration, jamais son nom ne serait sorti de son pays. Ce feuilleton mobilisa pendant 10 ans (2009-2019) des avocats, des journalistes, des politiques. La cause prit les traits d'un visage.

    Songez à la séquence provoquée par le retour des « mères » djihadistes et de leurs enfants détenus en Syrie. Media rime avec sagas. Celles-ci offrent des mise en scène, permettent à l'émotion de se libérer et, ce faisant, d'influencer l'opinion. En moyenne, 14 chrétiens sont tués chaque jour au Nigeria. Il BHL s'était insurgé contre le silence entourant ce massacre. Privé de cet aspect humain, du cri, de la colère et des pleurs, tous les index du monde seront aussi froids et insipides qu’un dépliant bancaire.

    Pour aller plus loin :

    INDEX MONDIAL DE PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS 2023

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