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Actualité - Page 6

  • « Magnifica humanitas » : la première encyclique du pape Léon XIV paraîtra après Pâques

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    De kath.net/news :

    La première encyclique du pape Léon XIV paraîtra après Pâques

    16 mars 2026

    Selon un article de la revue « Repubblica », l'encyclique s'intitule « Magnifica humanitas » et contient une mise en garde exhaustive concernant les conséquences négatives potentielles de l'intelligence artificielle.

    La première grande encyclique du pape Léon XIV est apparemment en phase finale de révision. Comme l'a rapporté le quotidien « La Repubblica » samedi, sa publication est prévue après Pâques. Son titre provisoire est « Magnifica humanitas » (Magnifique Humanité), et son thème principal est une mise en garde générale contre les conséquences négatives potentielles de l'intelligence artificielle (IA). Elle abordera notamment ses implications sur le marché du travail et les relations humaines.

    En octobre dernier, le site web « Silere non possum » avait spéculé sur le titre et le thème de cette première encyclique, se basant sur des hypothèses similaires. Cependant, les observateurs du Vatican anticipaient alors une publication plus rapide. Les encycliques sont des documents doctrinaux pontificaux contraignants pour l'ensemble de l'Église catholique, mais elles suscitent également un vif intérêt au-delà de ses frontières.

  • Léon XIV : un moment de grands changements ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV, les premiers changements

    16 mars 2026

    L'emménagement de Léon XIV dans les appartements pontificaux a coïncidé cette semaine avec une nomination importante.

    Le cardinal Konrad Krajewski a été nommé archevêque de Łódź. Cette nomination met fin à plus de trente ans de collaboration avec le Vatican. Avant tout, il cède la direction du Bureau des œuvres de charité apostoliques.

    Pour le remplacer, Léon XIV a fait appel à un augustinien, Mgr Luis Marin de San Martín, qui se voit désormais attribuer le titre d’archevêque. Jusqu’à présent, Marin de San Martín était sous-secrétaire du Synode des évêques. Le pape lui confère le titre d’« archevêque », titre qui revient à un aumônier.

    Ce changement est important pour quatre raisons distinctes, chacune marquant un changement d’approche.

    La première raison concerne la manière dont le pape constitue son équipe. Un augustinien est nommé aumônier et chef du Dicastère de la Charité, renforçant ainsi la présence des augustins au sein de la famille pontificale. La sacristie de la basilique Saint-Pierre et la paroisse de Sant’Anna au Vatican sont également confiées aux augustins. Léon XIV ajoute un autre augustinien, donnant l’impression de former sa propre famille pontificale qui partage la même langue et les mêmes connaissances. Lors d’une future transition, le pape pourrait rétablir la charge d’aumônier en tant que fonction personnelle plutôt que comme dicastère de la Curie, revenant ainsi à l’ancienne tradition de la charité papale et la libérant de la bureaucratie.

    Lors des visites d'État, l'aumônier siège à la gauche du pape, tandis que le préfet de la Maison pontificale siège à sa droite. Ce poste était vacant sous le pape François, mais il pourrait bientôt être pourvu par l'archevêque Petar Rajić, nonce en Italie.

    Rajić, issu de la diplomatie papale, fera le lien avec la Secrétairerie d’État. Léon XIV trouve un équilibre entre la nomination d’un préfet lié à la Secrétairerie d’État et celle d’un aumônier en qui il a entièrement confiance. Marin est venu à Rome en tant que bibliothécaire des Augustins à la demande du père Robert Prevost, qui était alors prieur général.

    En bref, la famille papale est en train d’être reconstituée.

    Léon XIV semble très attentif à l'équilibre entre les deux. Tout d'abord, il a rééquilibré le groupe de ses collaborateurs en nommant un ancien garde suisse aux côtés d'un ancien gendarme. À présent, il reconstitue les rangs de l'ancienne Maison pontificale en plaçant un membre de son propre ordre aux côtés d'une personnalité de rang diplomatique.

    La deuxième raison est que Léon XIV commence à constituer sa propre équipe, et surtout, qu'il le fait en dehors du cercle qui entourait autrefois le pape François. Krajewski était très estimé en tant qu’aumônier. Son rôle d’aide et de soutien aux pauvres faisait de lui un excellent candidat à ce poste et le rendait cher au pape François. En conséquence, le pape a décidé de le nommer cardinal pour souligner que même la « charité » du pape devait avoir un chapeau rouge aux côtés de la « foi » — c’est-à-dire aux côtés du préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi.

    Krajewski incarnait le pontificat du pape François. Il a mené des missions humanitaires très médiatisées et adressé des lettres de remerciement aux donateurs. Sa notoriété l’a même conduit à rétablir illégalement l’électricité pour un groupe occupant un immeuble à Rome. Après avoir côtoyé Jean-Paul II, servi sous Benoît XVI et être devenu le bras droit du pape François, Krajewski est retourné dans son pays natal. Pour la première fois, il est archevêque d’un diocèse.

    Il a été envoyé à Łódź, un archidiocèse complexe laissé vacant par le cardinal Ryszard Ryś, qui a été nommé archevêque de Cracovie.

    Il ne s’agissait pas d’un promoveatur ut amoveatur — littéralement « promouvoir pour écarter » — ne serait-ce que parce que Krajewski était déjà cardinal. On peut néanmoins se demander comment Léon XIV allait constituer son équipe. Il semble le faire sans heurts, en tirant parti des opportunités et en recherchant l’harmonie.

    La troisième raison montre la volonté du pape de rétablir un profil plus institutionnel et de s’entourer d’hommes adaptés à cette fin.

    Cette volonté était évidente dès le début de son pontificat, lorsqu’il a décidé de revêtir la mozzetta. Par exemple, Mgr Luis Marín a expliqué dans une interview que le pape François avait constitué une exception ; néanmoins, la tenue de chœur du pape reste blanche et rouge, reflétant, entre autres, une manière typiquement augustinienne.

    La nomination de l’archevêque Filippo Iannone au poste de préfet du Dicastère pour les évêques est une nomination institutionnelle. La nomination de Mgr Marin au poste d’aumônier est également une question institutionnelle. La nomination de quatre nouveaux évêques auxiliaires du diocèse de Rome, tous originaires de Rome, ainsi que la restructuration du secteur central, sont des questions institutionnelles. Prochainement, une nomination institutionnelle désignera un nouveau préfet de la Maison pontificale.

    Beaucoup plus de choses seront possibles lorsque Léon XIV choisira le remplaçant du sostituto, une figure clé de la Secrétairerie d’État et, en fait, le premier collaborateur du pape.

    La quatrième raison concerne l’avenir du Synode des évêques.

    Le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, a immédiatement insisté pour que le calendrier du processus synodal soit maintenu tel qu’il avait été conçu. Léon XIV a d’emblée évoqué la « synodalité » comme une marque distinctive de son pontificat. Le Secrétariat général du Synode a continué à publier des documents, à animer des groupes de travail et à avancer sur sa voie sans interruption.

    Mais la décision de démettre Marin revêt une importance considérable. Léon XIV retire un homme de confiance du Synode au moment même où celui-ci cherche un nouvel élan. Reste à voir qui le pape choisira pour succéder à Marin au poste de sous-secrétaire.

    Le départ de Marin laisse également entrevoir, avant tout, un démantèlement de la structure du Secrétariat du Synode. Quoi qu’il en soit, cette décision laisse entendre – à tort ou à raison – que le Pape n’a pas l’intention d’accorder au Secrétariat du Synode toute l’importance qu’il avait autrefois sous le pape François.

    Assistons-nous à une dynamique synodale nouvelle et différente ? Il est certain que quatre points d’intérêt accompagnent la nomination du nouvel aumônier et le départ de Krajewski. Ils donnent matière à réflexion. Pendant ce temps, le pape poursuit son parcours institutionnel et retourne vivre au Palais apostolique. Cela semble être un moment de grands changements.

  • Taybeh (Cisjordanie) :  ne pas laisser les chrétiens palestiniens devenir un souvenir du passé

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    De Christophe Lafontaine sur le site de l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    Taybeh :  ne pas laisser les chrétiens palestiniens devenir un souvenir du passé

    12 mars 2026

    A l’est de Ramallah, à Taybeh, seul village entièrement chrétien de Cisjordanie, l’année écoulée a été marquée par une recrudescence d’attaques et d’intimidations de la part de colons israéliens : destruction des terres agricoles, incendies de voitures et tentative d’incendie d’une ancienne église, graffitis haineux et menaçants, bétail lâché dans le village ou encore volé comme ce fut le cas dernièrement. Sans compter les multiples postes de contrôle militaires installés aux entrées de la ville. Le 8 février 2026, le gouvernement israélien a adopté une décision administrative renforçant l’autorité de son administration civile et militaire sur les terres et le foncier en Cisjordanie. Dans une interview accordée à Aid to the Church in Need, le père Bashar Fawadleh, le curé de la paroisse latine, évoque une « pression qui va augmenter » sur les 1 400 âmes du village, ainsi qu’un « manque de protection ».

    Le père Bashar Fawadleh

    Quelle a été votre réaction face à la décision du 8 février 2026 renforçant le contrôle israélien en Cisjordanie ?

    Le gouvernement israélien a pris une décision très grave concernant la Cisjordanie. Par l’intermédiaire de son cabinet de sécurité, Israël a décidé de renforcer son contrôle direct sur ce territoire. Cette décision est considérée comme l’une des plus dangereuses depuis 1967. Beaucoup de personnes la voient comme le début d’une annexion officielle de la Cisjordanie.

    D’abord, de nombreuses responsabilités administratives et civiles sont transférées aux institutions israéliennes, même dans des zones qui devaient être sous gestion palestinienne. Deuxièmement, l’expansion des colonies est encouragée. Les colons peuvent acheter plus de terres et agrandir leurs implantations. Cela exerce une pression croissante sur les villes et les villages palestiniens, comme le nôtre. Troisièmement, Israël prend le contrôle total de sites religieux importants, notamment la mosquée d’Abraham à Hébron (ndlr : construite sur le Tombeau des Patriarches). Les autorités palestiniennes y perdent leur rôle. Cela affecte les droits religieux et culturels des habitants. Quatrièmement, les démolitions de maisons et les restrictions de mouvement augmentent. Les villes et les villages sont isolés les uns des autres.

    Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour un village comme Taybeh, votre paroisse ?

    Cette décision rend la vie quotidienne des gens encore plus difficile. Des familles perdent leur maison. Des travailleurs ne peuvent plus aller à leur travail. Des élèves ont des difficultés à se rendre à l’école. Des agriculteurs ne peuvent plus accéder à leurs terres. Depuis des années, les habitants de Taybeh subissent des attaques de colons voisins : incursions sur des terres agricoles encore en février dans les zones orientales du village, incendies de biens, et empêchement des agriculteurs d’accéder à leurs oliviers, qui sont leur principale source de revenus. Le 28 février, des colons sont entrés sur un terrain appartenant à une famille et ont volé un cheval et son poulain. Par ailleurs, le contexte régional marqué notamment par la guerre à Gaza continue d’avoir des répercussions profondes sur la Cisjordanie. Le climat général est devenu plus fragile et plus tendu, avec une augmentation des opérations militaires, des restrictions de circulation imposées par l’installation de postes de contrôle militaires à plusieurs entrées de la ville, dont un nouveau il y a environ deux semaines. Les forces israéliennes en contrôlent l’ouverture et la fermeture, perturbant la vie quotidienne des civils.

    Les colons juifs incendient souvent des terres à Taybeh et dans ses environs

    Avec cette nouvelle décision israélienne de février 2026, la pression va encore augmenter. L’expansion des colonies menace les terres agricoles. Le manque de protection laisse les habitants sans soutien juridique. La violence crée un climat de peur et d’insécurité.

    A cause de ce contexte, les chrétiens de Taybeh envisagent d’émigrer. Quel message avez-vous pour eux ? Comment encourager ceux qui restent ?

    Malheureusement, l’idée de l’émigration est de plus en plus présente dans les esprits. Plusieurs familles ont déjà quitté Taybeh – 16 entre 2023 et 2025 – et d’autres y pensent sérieusement, surtout à cause de l’insécurité et du manque de perspectives économiques.

    L’histoire de Taybeh parle de maisons vides, de terres perdues, de communautés brisées, et de la disparition progressive des chrétiens de leur terre historique.

    Comme prêtre et pasteur, mon message est avant tout un message de compréhension et de proximité : je comprends la peur et la responsabilité des parents envers leurs enfants.

    Mais je veux aussi rappeler que la présence chrétienne à Taybeh est une mission et un témoignage vivant : celui d’une foi enracinée dans cette terre où le christianisme est né. Quitter la terre est parfois une nécessité humaine, mais rester est souvent un acte de foi et d’espérance. L’espérance ne nie pas les difficultés, mais elle rappelle que la dignité humaine, la justice et la paix restent possibles. Les chrétiens de Terre Sainte veulent continuer à être des artisans de dialogue, de paix et de présence évangélique au cœur de cette région blessée.

    Les colons font passer leur bétail à travers la ville pour déranger les habitants

    Quel rôle espérez-vous de la part des États, de l’Église universelle et des organisations chrétiennes internationales ?

    En tant que curé de cette paroisse, j’attends des États et de la communauté internationale, des visites sur place, une documentation des incidents et une action claire pour garantir la sécurité des civils, un accès sécurisé aux terres agricoles et aux moyens de subsistance, la protection des lieux de culte et la fin de l’impunité.

    J’attends de l’Église universelle, une voix forte et constante en faveur des chrétiens de Terre sainte, ainsi qu’un soutien pastoral et matériel pour aider les familles à rester sur leur terre.

    Enfin, j’attends des organisations chrétiennes internationales, comme l’Aide à l’Église en Détresse, un appui essentiel à travers des projets concrets dans les domaines de l’éducation, du logement, de l’emploi et du soutien psychologique et spirituel.

     Le père Bashar célébrant la messe à Taybeh, le dernier village entièrement chrétien de Cisjordanie

    Quel message souhaitez-vous adresser aux chrétiens du monde entier ?

    Comme prêtre de Taybeh, je voudrais dire aux chrétiens du monde entier : nous avons besoin de votre solidarité. Taybeh n’est pas seulement un village, c’est un signe vivant de la présence chrétienne en Terre sainte.

    Priez pour nous, mais soutenez-nous aussi par vos actions, votre engagement et votre témoignage. Aidez-nous à faire en sorte que les chrétiens de cette terre restent une communauté vivante, enracinée dans la foi, et ne deviennent pas seulement un souvenir du passé. Merci encore pour votre soutien et votre prière pour les communautés de Terre Sainte.

    Lire également : Les chrétiens en Terre sainte : le maillon faible d'une guerre mondiale

  • Sur les écrans : DAENS, le retour

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    DAENS, le retour.

    DAENS

    A partir de ce mercredi 11 mars, une trentaine de salles de cinéma mettent à l’affiche le film de Stijn Coninx consacré à l’abbé Adolf Daens (1839-1907) et à son action, à Alost, en faveur des travailleurs des filatures, exploités et réduits à la misère.

    Le film est superbe et ses qualités plastiques méritent incontestablement le détour. C'est à juste titre qu'il a été retenu à Hollywood parmi les cinq meilleurs films étrangers… en 1993 !

    Une première question se pose : pourquoi ce film revient-il sur nos écrans trente-quatre ans après sa sortie ? Stijn Coninx déclare dans La Libre Belgique (11 mars 2026) que « le film peut ouvrir une discussion actuelle sur les conditions de travail ». Il ajoute : « Qui va donner à manger à tous ces enfants ? c’est une phrase qui résonne encore dans beaucoup de pays et même dans certaines familles en Belgique. » Certes, dans beaucoup de pays existent encore des travaux pénibles, malsains, mal rémunérés mais, en Belgique, nous n’en sommes plus aux conditions de vie du XIXe siècle. Tous les économistes estiment que notre pouvoir d’achat a doublé depuis 1990[1] et que le risque de pauvreté a diminué[2]. De plus, toute une série d’organismes publics et privés sont là pour subvenir aux besoins essentiels des plus défavorisés. Pour mourir de faim, chez nous, il faut le vouloir mais Stijn Coninx persiste et évoque la « misère » réelle d’aujourd’hui c’est-à-dire le « burn out ». Pour traiter de ce mal réel et répandu, il faudrait un autre film, dans un autre cadre.[3] La misère à laquelle se confronte Daens est celle d’autres pays où le film a peu de chances d’être projeté. Alors, pourquoi ce retour chez nous ? La veille de la manifestation nationale du 12 mars pour bien persuader les manifestants que rien n’a changé ? Tocqueville a bien montré que plus une société est égalitaire et plus la moindre inégalité devient insupportable.[4] A chaque manifestation nationale, on entend cette plainte : pourrai-je emmener mes enfants en vacances ? On manifeste aujourd’hui, non pour survivre mais pour gagner plus et travailler moins. Alors, pourquoi ressortir ce film maintenant ? On peut tenter une autre explication vu qu’à l’approche de Pâques, il est de coutume, notamment sur certaines chaînes de télévision, de donner des leçons à l’Eglise.  Daens servirait-il à décrire l’Eglise dont tout un chacun rêve ou devrait rêver ? Voyons cela de plus près.

    Le film, en lui-même, est très interpellant. Il montre de manière saisissante I'extrême et scandaleux dénuement de la classe ouvrière à Alost au XIXe siècle, l'indifférence cynique et calculatrice de la bourgeoisie francophone et d'un Parti catholique borné, gangréné par le libéralisme, conservateur à I'excès. Le film est même susceptible de bouleverser davantage encore le spectateur si celui-ci pense que les ouvriers d'hier sont devenus les affamés du Tiers monde et que les nantis aveugles qui discourent dans les salons ou se donnent bonne conscience par des soupes populaires, sont notre propre image ! Ainsi, les analyses et les demandes pressantes de Léon XIII dans Rerum novarum, réactualisées par Jean-Paul II dans Centesimus annus, par Benoît XVI dans Caritas in veritate, par François dans Fratelli tutti et résumées par Léon XIV dans Dilexi te, doivent continuer à guider I'action sociale, économique et politique des hommes de bonne volonté, d'autant plus qu'aujourd'hui la question sociale est devenue mondiale ! Le film montre que cette question sociale, hier en Belgique comme aujourd'hui sur I'ensemble de la planète, ne peut se régler durablement par de simples "aides humanitaires" qui ne sont souvent, comme l'écrit avec audace et lucidité M. Schooyans[5], que des "feuilles de vigne" cachant de troubles jeux d'intérêts. Hier comme aujourd'hui, I'avenir des pauvres n'est pas simplement dans les collectes ou I'expédition de boîtes de lait, la solution passe par l'évangélisation intégrale des hommes et des sociétés. A ce titre, le film est une parabole grave qui doit mobiliser les consciences.

    Toutefois, nous ne pouvons souscrire sans réserve à toutes les dimensions de ce film.

    1. Un jugement erroné

    L'abbé Daens y est présenté comme un héros sans reproche, attaché à appliquer I'enseignement de Rerum novarum et, à cause de cela, semble-il, en opposition de plus en plus radicale avec la hiérarchie de I'Eglise de Belgique et même avec l'Eglise de Rome. Il est acculé finalement à continuer son action dans la dissidence pour rester fidèle à la classe ouvrière qui le soutient et à sa conscience généreuse[6] .

    Dans cet esprit, le film nous montre, sans réserve et finalement de manière positive, trois comportements qui ne peuvent être acceptés par une conscience chrétienne bien formée parce qu'ils sont contraires à I'enseignement le plus constant de I'Eglise :

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  • « Quo vadis, humanitas ? » : Un guide succinct pour les lecteurs pressés

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    « Quo vadis, humanitas ? » : Un guide succinct pour les lecteurs pressés

    Quelle est l'origine du nouveau document de l'ITC ? Et que dit-il ?

    Au sein de l'appareil bureaucratique complexe du Vatican, il existe un organisme qui fait office de système d'alerte précoce en matière théologique.

    L'ITC est dirigée par son secrétaire général italien, Mgr Piero Coda. Elle compte actuellement 26 membres, dont le mandat de cinq ans expire ou peut être renouvelé en 2026. Les membres basés aux États-Unis sont les professeurs Reinhard Huetter et Robin Darling Young, de l'Université catholique d'Amérique .

    Début mars, le CTI a publié un nouveau document, dont la traduction française est parue cette semaine. Il s'intitule Quo vadis, humanitas ? (« Humanité, où vas-tu ? »).

    Quelle est l’origine de ce nouveau document, sous-titré « Réflexions anthropologiques chrétiennes face à certains scénarios pour l’avenir de l’humanité » ? Et que dit-il ?

    Voici un guide rapide pour les lecteurs pressés.

    Quel est le contexte ?

    Durant son mandat actuel de cinq ans, l'ITC s'est concentré sur l'anthropologie chrétienne — l'étude des êtres humains en relation avec Dieu — à la lumière des défis culturels contemporains.

    Elle a examiné le sujet à travers le prisme de Gaudium et spes, un document fondateur du Concile Vatican II, dont le 60e anniversaire a eu lieu en 2025.

    Ce projet a été piloté par une sous-commission composée des membres suivants :

    Après trois années d'étude et de débat, les membres du CTI ont approuvé à l'unanimité le texte « Quo vadis, humanitas ? » en 2025. Ce texte a été soumis au président du CTI, le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui l'a présenté au pape Léon XIV.

    Avec l'approbation du pape, le cardinal Fernández a autorisé la publication du document le 9 février 2026. Il a été publié en italien et en espagnol le 4 mars.

    Qu'est-ce que ça dit ?

    Le document soutient que la culture évolue si rapidement, en raison des progrès technologiques, que les notions autrefois stables de ce que signifie être humain risquent d'être renversées.

    Il propose des pistes pour que les catholiques puissent proclamer avec conviction la conception chrétienne de la nature et du but de l'humanité, alors que le monde est secoué par une série de crises culturelles, économiques, sanitaires et militaires.

    Elle soutient que la vie humaine se définit par les relations — avec la nature, les autres et surtout Dieu — et que, puisque l'existence humaine est un don, elle s'accompagne de certaines contraintes et responsabilités, mais peut s'ouvrir à une communion impressionnante avec Dieu.

    Ce texte d'environ 28 000 mots se lit en deux heures environ. Il s'adresse probablement aux théologiens, aux philosophes s'intéressant à la pensée catholique et aux laïcs ayant déjà étudié des textes théologiques. Son style est d'une clarté inhabituelle pour un document du Vatican.

    Le texte se compose d'une introduction, suivie de quatre chapitres et d'une conclusion.

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  • Les mathématiciens peuvent devenir des « signes d'espoir pour le monde », déclare le pape Léon XIV.

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    De Victoria Cardiel sur EWTN News :

    13 mars 2026

    Les mathématiciens peuvent devenir des « signes d'espoir pour le monde », déclare le pape Léon XIV.

    À l'occasion de la Journée internationale des mathématiques, le pape Léon XIV a envoyé un message invitant à réfléchir au rôle que peuvent jouer les mathématiques de qualité dans le monde d'aujourd'hui.

    Dans un message transmis par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, le pape Léon XIV a déclaré vendredi que les mathématiciens peuvent devenir des « signes d'espoir pour le monde », en particulier dans un contexte marqué par des progrès technologiques rapides et les défis auxquels l'humanité est confrontée.

    Le message du pape était adressé à la mathématicienne et professeure d'université turque Betül Tanbay, présidente de la Journée internationale des mathématiques, célébrée le 13 mars.

    Tanbay avait informé le pape d'un webinaire consacré au thème « Mathématiques et Espérance ». En réponse, le pape a adressé une lettre présentant ses salutations cordiales et ses meilleurs vœux à tous les participants à cette initiative.

    Dans ce texte, Léon XIV invitait à réfléchir au rôle que les mathématiques peuvent jouer face aux « multiples défis auxquels est confrontée la famille humaine », citant le développement technologique rapide, avec tout son potentiel « pour le bien comme pour le mal ».

    Le pape a encouragé les participants à réfléchir à la manière dont les mathématiciens peuvent témoigner positivement auprès de la société. « Un domaine de recherche particulièrement fructueux est l’utilisation des algorithmes, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle », a-t-il souligné.

    Le pape a toutefois souligné que travailler dans ces domaines exige bien plus que des compétences techniques. Comme il l'a fait remarquer, cette tâche requiert « non seulement un effort intellectuel et de l'ingéniosité, mais aussi un développement intégral de la personne », capable de prendre en compte la dimension morale des technologies émergentes.

    Se remémorant sa propre expérience d'enseignant de mathématiques et de physique, Léon XIV a cité les mots qu'il avait adressés aux étudiants lors du Jubilé mondial de l'éducation, qui s'est tenu le 30 octobre 2025 : « Posséder de vastes connaissances ne suffit pas si nous ne savons pas qui nous sommes ni quel est le sens de la vie. »

    Dans cette optique, le pape a exprimé l'espoir que les participants seraient attentifs « aux profonds besoins spirituels du cœur humain » et chercheraient des moyens d'humaniser le monde numérique afin qu'il devienne une occasion de fraternité et de créativité.

    De même, il encourageait les mathématiciens à être des « prophètes d’espoir, de vérité et de bonté dans le monde ».

    Le message s'est conclu par une prière du pape pour tous les participants à la Journée internationale des mathématiques, sur lesquels il a invoqué « d'abondantes bénédictions divines de sagesse, de joie et de paix ».

    Les connaissances mathématiques du pape Léon XIV

    Robert Francis Prevost, devenu le pape Léon XIV, obtint en 1977 une licence en mathématiques à l'université Villanova de Pennsylvanie, après avoir également étudié la philosophie. Il commença ensuite ses études de théologie la même année par son entrée au noviciat augustinien.

    Durant son séjour à l'Union théologique catholique de Chicago, Prevost a combiné sa formation religieuse avec l'enseignement : il a enseigné les mathématiques à temps partiel au lycée catholique Mendel de Chicago et a travaillé occasionnellement comme professeur de physique suppléant au lycée Ste Rita de Cascia.

  • Le Vatican attend les prochaines décisions du pape Léon XIV.

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    De Francis X. Rocca sur le NCR :

    Le Vatican attend les prochaines décisions du pape Léon XIV.

    JOURNAL DU VATICAN : À l'approche de son premier anniversaire de pontificat, le Saint-Père devrait imprimer davantage sa marque sur son mandat.

    Le pape Léon XIV s'arrête pour parler aux journalistes alors qu'il quitte Castel Gandolfo pour retourner au Vatican le 3 mars 2026.
    Le pape Léon XIV s'arrête pour parler aux journalistes alors qu'il quitte Castel Gandolfo pour retourner au Vatican le 3 mars 2026. (photo : Daniel Ibáñez / EWTN Vatican)

    Cette année, au Vatican, le Carême ressemble à l'Avent à certains égards, tant l'atmosphère est empreinte d'attente. À l'intérieur comme à l'extérieur de l'institution, on attend, avec plus ou moins de curiosité et d'enthousiasme, les annonces tant attendues du pape Léon XIV. 

    Le premier anniversaire de l'élection de Léon approche, le 8 mai. Bien que les papes ne travaillent pas sous la pression d'une date butoir, certains observateurs sont surpris qu'il n'ait pas encore davantage marqué de son empreinte la direction du Vatican, remplaçant ainsi l'équipe qu'il a héritée du pape François.  

    Jusqu'à présent, Léon XIV n'a procédé qu'à deux nominations importantes. En septembre, il a nommé Mgr Filippo Iannone préfet du Dicastère pour les évêques, succédant ainsi au cardinal Robert Prevost, devenu pape. Le 12 mars, il a muté le cardinal Konrad Krajewski, aumônier du Vatican, à Łódź, sa ville natale en Pologne, où il exercera les fonctions d'archevêque. Le pape a nommé son confrère augustinien, Mgr Luis Marín de San Martín, nouvel aumônier. 

    La Curie compte actuellement cinq préfets âgés de plus de 75 ans, âge auquel le droit canonique les oblige à démissionner. On spécule que Léon XIV acceptera ces démissions presque immédiatement. Cependant, il arrive souvent que les papes laissent des cardinaux en poste, même jusqu'à 80 ans. Le cardinal Michel Czerny, préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, atteindra cet âge en juillet prochain, mais les autres cardinaux de la Curie ont encore au moins un an à exercer. 

    Si Léon XIV maintient certains de ces hommes en poste encore un peu, cela témoignera sans doute de sa confiance en leurs compétences. Cela reflétera également le style de gouvernement réfléchi et patient dont il a fait preuve jusqu'à présent en tant que pape. Il a adopté une approche plus traditionnelle du protocole et de la liturgie que son prédécesseur et a annulé certaines décisions du pape François concernant les finances, mais Léon XIV n'a pas annoncé de rupture brutale avec le programme du pontificat précédent. Cela a contribué à apaiser les tensions après douze années souvent tumultueuses sous le pontificat de François et a permis à Léon XIV, quels que soient les changements qu'il envisage, de ne pas dévoiler ses intentions. 

    La même logique pourrait s'appliquer à la manière dont Léon gère les nominations les plus controversées et, à certains égards, les plus emblématiques de François à la Curie romaine.  

    Le cardinal Victor Fernández était déjà controversé avant même sa nomination comme préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi en juillet 2023, notamment à cause d'un livre qu'il avait écrit sur « l'art du baiser ». Un autre livre, sur la spiritualité des orgasmes, a été redécouvert après son arrivée au Vatican.  

    Sa promulgation, en décembre 2023, de directives concernant les bénédictions non liturgiques pour les couples de même sexe fut l'une des décisions les plus controversées du dernier pontificat, entraînant une confrontation avec les évêques d'Afrique, qui refusèrent d'autoriser de telles bénédictions sur leur continent. 

    Le cardinal Fernández n'a que 63 ans et si Léon XIV le remplaçait avant la fin de son mandat en 2028, cela serait probablement perçu comme une critique du jugement du pape François sur des questions sensibles de doctrine morale. Quelles que soient les positions de Léon XIV sur ces sujets, il pourrait s'inspirer de son prédécesseur concernant cette charge.  

    Le premier préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du pape François, l'archevêque Gerhard Müller, était en poste depuis moins d'un an lorsque le nouveau pape a accédé à l'évangélisation en 2013. Les deux hommes étaient loin d'être d'accord, comme l'ont clairement montré les critiques ultérieures de Müller. Mais François l'a maintenu en fonction et l'a même nommé cardinal, avant de finalement le remplacer à la fin de son mandat de cinq ans. 

    Intelligence artificielle 

    La première mention publique de l'intelligence artificielle par Léon XIV eut lieu lors de son deuxième jour complet en tant que pape, dans un discours prononcé devant le Collège des cardinaux où il laissa fortement entendre qu'il l'aborderait dans une encyclique dans la tradition de Rerum Novarum (Sur le capital et le travail) de son homonyme, le pape Léon XIII. 

    Depuis, le Saint-Père a évoqué l'IA à de nombreuses reprises, exprimant ses inquiétudes quant à l'impact de cette technologie sur tous les domaines, des systèmes d'armement aux homélies, qu'il estime que les prêtres devraient rédiger eux-mêmes et ne pas sous-traiter à un chatbot. 

    L'encyclique sociale de Léon XIV abordera sans aucun doute divers sujets, mais l'intelligence artificielle (IA) sera assurément au centre de l'attention des médias et, par conséquent, de ceux – la grande majorité – qui en prennent connaissance indirectement par le biais des actualités. Les paroles du pape susciteront probablement un vif intérêt, car la perplexité et l'anxiété face à l'IA s'accentuent chaque jour. Ceux qui ne croient pas aux promesses miraculeuses des magnats de la technologie recherchent désespérément des repères, et la source la plus crédible de ces repères est la papauté, qui représente ce qui se rapproche le plus d'une autorité morale mondiale, même pour de nombreux non-catholiques. 

    La situation qui s'en rapproche le plus est l'enthousiasme suscité par Laudato Si' , l'encyclique du pape François de 2015 sur la sauvegarde de la création, qui a fait la une des journaux en appelant à lutter contre le changement climatique par la réduction de l'utilisation des énergies fossiles. Mais l'environnement est un sujet hautement politisé, et les réactions au document de François se sont largement polarisées selon les clivages partisans. À l'inverse, l'intelligence artificielle inquiète des personnes de tous horizons idéologiques, ce qui signifie que le public potentiel du message de Léon  XIV est pratiquement illimité. 

    Le risque est que les attentes concernant ce message soient démesurées et que beaucoup se détournent déçus, notamment ceux qui s'attendent à des recommandations politiques concrètes que Léon est peu susceptible d'approuver dans un domaine aussi complexe et en constante évolution. 

    Déménager au palais apostolique 

    Au début de son pontificat, Léon XIV avait annoncé son intention de s'installer au Palais apostolique, tandis que François lui avait préféré la résidence Sainte-Marthe, au Vatican. Ce fut l'une des nombreuses décisions du pape visant à rétablir des traditions abandonnées par son prédécesseur. 

    Les préparatifs de son déménagement se poursuivent près d'un an après, et en attendant, Léon XIV demeure dans les appartements du Vatican qu'il occupait lorsqu'il était cardinal. Après être resté fermé pendant douze ans, l'appartement papal a nécessité d'importants travaux de rénovation, notamment le nettoyage des fientes de pigeons accumulées sur la terrasse, selon une source proche du dossier. La résidence, conçue pour une famille avec du personnel de maison, est également en cours de réaménagement afin de faciliter la préparation des repas par le pape, un passe-temps qu'il pratiquerait lors de ses visites hebdomadaires à la villa papale de Castel Gandolfo – une autre résidence que François a toujours évitée. 

    Un responsable du Vatican m'a confié que, selon lui, le déménagement de Léon pourrait constituer un tournant et que des changements plus importants, notamment en matière de nominations, pourraient intervenir plus rapidement une fois que le pape sera installé dans sa nouvelle résidence. Quelles qu'en soient les conséquences, il doit l'attendre avec impatience plus que quiconque. 

  • Film-documentaire "Baroudeurs du Christ" à Liège

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    Film-documentaire "Baroudeurs du Christ" à Liège

    Ce magnifique film révèle des prêtres portés par une foi ardente et une profonde rage de vivre, que certains appellent : “Les Baroudeurs du Christ”.  Réalisé par Damien Boyer, après "Sacerdoce".

    Séance unique à Liège le mardi 7 avril:

    Infos sur le film : https://www.sajedistribution.be/baroudeurs-du-christ/ 
    Tickets pour Liège : https://www.billetweb.fr/baroudeurs-du-christ

     

    BAROUDEURS DU CHRIST - BANDE ANNONCE OFFICIELLE

  • 20ème Marche des mères à Banneux

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    20ème Marche des mères à Banneux

    La Marche des mères se tiendra les 21 et 22 mars 2026 au sanctuaire de Banneux Notre-Dame . Ce week-end de ressourcement propose des temps de marche, de partage et de prière pour les mamans. 

    Infos et inscriptions: https://www.marchedesmeres.be/

  • 16ème Marche des hommes avec saint Joseph, à Val-Dieu

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    16ème Marche des hommes avec saint Joseph, à Val-Dieu

    Jeudi 19 mars, jour de la fête de saint Joseph, plus de 400 hommes se donnent rendez-vous pour marcher, partager, prier et s'inspirer. Autour de 8 abbayes et hauts-lieux, dont l'abbaye de Val-Dieu où ils seront plus de 100.

    Infos et inscriptions : https://marche-de-saint-joseph.be/ 

  • Quatre nominations épiscopales qui revêtent une véritable importance stratégique

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    De Miguel Escrivá sur InfoVaticana :

    Les quatre nominations qui préfigurent le modèle de cardinal du nouveau pontificat

    Les quatre nominations qui préfigurent le modèle cardinal du nouveau pontificat

    Alors que le pontificat de Léon XIV approche de sa première année, il devient possible de distinguer, parmi les nombreuses nominations épiscopales de ces derniers mois, celles qui revêtent une véritable importance stratégique. La plupart répondent à la logique habituelle de pourvoir des postes vacants, mais certaines se distinguent par le fait qu'elles concernent des fonctions dont l'accession au cardinalat est quasi assurée, avec tout ce que cela implique. Parmi celles-ci, quatre nominations méritent une analyse conjointe : le nouveau préfet du Dicastère pour les évêques et les nominations aux sièges épiscopaux de Vienne, Prague et New York. Ces quatre décisions offrent un aperçu du type de cardinal qui commence à se dessiner comme figure de proue du nouveau pontificat et de la génération qui pourrait bien façonner le cours de l'Église dans les décennies à venir.

    Les quatre noms auxquels je fais référence sont Filippo Iannone au Dicastère pour les évêques, Josef Grünwidl à Vienne, Stanislav Přibyl à Prague et Ronald A. Hicks à New York. Iannone a été nommé préfet le 26 septembre 2025 ; Grünwidl est passé d’administrateur apostolique à archevêque de Vienne le 17 octobre 2025 ; Hicks a été transféré à New York le 18 décembre 2025 ; et Přibyl a été promu à Prague le 2 février 2026. Vienne demeure un siège cardinalice, et New York l’est depuis des générations ; Prague conserve un poids symbolique considérable et, bien que le cardinalat ne lui soit pas garanti, elle est en très bonne position pour l’obtenir.

    S'il faut définir ces profils dans leurs grandes lignes, ce n'est pas à cause d'une idéologie profondément enracinée, mais parce qu'ils appartiennent tous à la catégorie des ecclésiastiques « post-conflit ». Ce ne sont pas les progressistes à l'ancienne, agitant des bannières, négligés et rustres, se délectant de scandaliser la bourgeoisie catholique avec une esthétique du « pauvre prêtre » érigée en performance morale. Ce ne sont pas non plus des artisans de la restauration doctrinale, liturgique ou ascétique. Ils sont autre chose : des administrateurs ecclésiastiques aux manières douces, à l'aise avec les réalités culturelles, institutionnellement fiables, habiles avec les médias et suffisamment malléables pour ne rompre avec rien, mais plutôt pour infléchir l'axe de l'Église sans avoir besoin de le déclarer. Cela est peut-être plus déstabilisant que le progressisme tapageur des années 1980, car il s'essouffle sans bruit et réforme sans admettre qu'il s'agit de réformes. La mutation cesse d'être présentée comme un combat et devient la norme. C'est là sa force.

    Filippo Iannone est peut-être l'exemple le plus frappant de profil technocratique. Il n'est pas un homme à la théologie profonde ni affilié à une école spirituelle reconnue, mais plutôt à l'appareil juridique et canonique de Rome. Juriste et canoniste de formation, il est préparé pour les tribunaux, les universités et l'administration de la Curie romaine ; son discours public insiste sur les procédures, les normes, les processus et l'efficacité du droit pénal canonique. Pour l'instant, tout cela relève du vœu pieux. Il dirige actuellement l'instance même qui assiste le pape dans la nomination des évêques du monde entier. Un préfet qui, vraisemblablement, ne prêchera pas l'hétérodoxie, mais qui promouvra des hommes « équilibrés », « orientés vers le dialogue », « non clivants », et d'ici une décennie, le corps épiscopal mondial sera façonné par le haut, avec des profils souples, dociles et doctrinalement ouverts.

    Josef Grünwidl correspond parfaitement à l'archétype du « prêtre des années 90 », et des quatre, il est le plus audacieux lorsqu'il s'agit de sortir des sentiers battus et d'explorer les profondeurs de l'hétérodoxie. Sa biographie est celle d'un homme d'envergure diocésaine viennoise, dépourvu de la profondeur intellectuelle comparable à celle de Schönborn et d'une quelconque maîtrise liturgique manifeste. Dans des entretiens avec l'archidiocèse de Vienne, il a plaidé pour la poursuite du débat sur le diaconat féminin, affirmé que le célibat est un mode de vie précieux mais pas nécessairement indissociable du sacerdoce, appelé à une plus grande participation des femmes aux processus décisionnels et mis en garde contre le « néo-intégralisme » et un christianisme « exclusiviste ». Tout cela définit assez bien son profil : il n'est pas un révolutionnaire de principe, mais un homme de décompression doctrinale, vigilant face à toute affirmation trop catégorique de l'identité catholique qui pourrait paraître trop exclusive ou trop sûre d'elle. Ce type d'évêque peut être plus corrosif qu'une rupture frontale, car il ne se présente pas comme un ennemi de la tradition, mais comme un modéré raisonnable qui la relègue au coin des personnes suspectement rigides.

    Stanislav Přibyl propose une version centre-européenne de ce même modèle. Son discours public insiste sur le dépassement des polarisations, la construction de ponts, l'écoute, le dialogue, l'apprentissage du processus synodal et la levée des « bulles sociales ». Parallèlement, il évoque le dépôt de la foi et la nouvelle évangélisation, ce qui lui permet de se présenter comme un homme équilibré, et non comme un progressiste affirmé. C'est précisément là le nœud du problème : il n'est plus nécessaire de nier verbalement le dépôt de la foi pour le vider de sa substance normative dans les faits. Il suffit de l'envelopper d'une rhétorique constante de réconciliation, d'écoute et d'accompagnement, où toute définition tranchée est soupçonnée de créer des divisions. D'un point de vue critique, c'est là que réside le danger : la vérité révélée n'est pas niée, mais fonctionnellement subordonnée à l'idéal supérieur de la coexistence ecclésiale.

    Ronald A. Hicks incarne aux États-Unis ce nouveau cléricalisme modéré. Son ascension est indissociable de ses origines chicagoanes et de sa longue collaboration avec Blase Cupich, auprès duquel il exerça les fonctions d'évêque auxiliaire et de vicaire général avant de rejoindre Joliet, puis New York. Dès sa première interview après sa nomination à New York, il employa le langage désormais caractéristique de ce courant : l'écoute attentive des fidèles, la volonté d'éviter les divisions, le soutien aux personnes en souffrance, la priorité accordée à la guérison et une gouvernance axée sur la mission. On ne retrouve nulle part le progressisme intransigeant de certains prélats américains du début de l'ère post-Vatican II, mais bien la même évolution vers un épiscopat thérapeutique, inclusif et apaisé. D'un point de vue traditionnel, le passage, à New York, d'un homme comme Dolan, avec toutes ses limites, à un homme formé au sein de l'écosystème Cupich est loin d'être anodin. Cela signifie que même les principaux diocèses américains n'exigent plus un profil idéologique marqué : un responsable pastoral au ton affable, obéissant aux préceptes romains et utilisant un langage apaisant suffit.

    Autrement dit, ces hommes ne sont pas dangereux parce qu'ils ressemblent à des loups. Ils le sont parce qu'ils paraissent inoffensifs. Ils n'affichent pas l'agressivité du progressisme des années 1980, mais au fond, ils partagent la même méfiance envers un catholicisme défini, viril, sacrificiel et hiérarchisé. Simplement, ils l'expriment désormais autrement. Ils ne ridiculisent plus la tradition ; ils la relativisent. Ils ne l'attaquent plus aussi frontalement et la manipulent en en minimisant l'impact. Ils ne font plus de provocations ; ils instaurent un climat où ce qui est fort, clair et liturgiquement sérieux devient marginal par simple désintérêt institutionnel.

    Ces profils révèlent une masculinité sacerdotale affaiblie : des gestes plus doux, une autorité paternelle moindre, une plus grande propension au langage émotionnel et relationnel, un ascétisme moins rigoureux, et une moindre gravité ni un sentiment de sacralité. Il serait imprudent de réduire cela à une caricature psychologique, mais il serait naïf de nier l’évolution de l’habitus clérical. Le prêtre séminariste des années 1990 et du début des années 2000 était socialisé de manière à ne pas paraître trop autoritaire ni trop détaché de son environnement. On attendait de lui qu’il soit accessible, sensible, davantage un bâtisseur de relations qu’un gardien du mystère. Il en résulte un épiscopat qui, en apparence, peut sembler élégant, voire courtois, mais qui rayonne rarement du poids quasi mystique de sa charge.

    C’est pourquoi ils ont aussi tendance à manquer d’un véritable intérêt pour la liturgie. Ils ne sont pas des iconoclastes liturgiques comme dans les années 1970, mais la liturgie n’a plus pour eux une importance théologique centrale. Elle leur sert de cadre pastoral, de scène fonctionnelle, de soutien communautaire. En fin de compte, l’absence de débat liturgique ne signifie pas l’amour de la liturgie, mais plutôt l’indifférence.

    Le progressisme brutal de la génération précédente a suscité des réactions hostiles. Il a scandalisé, provoqué des résistances et contraint les individus à se définir. Ces nouveaux profils, eux, n'ont pas cet effet. Ils sont suffisamment orthodoxes en apparence, suffisamment corrects dans leurs formes, suffisamment institutionnels dans leur langage. Ils n'incitent pas à la rupture car ils ne tiennent presque jamais de propos formellement intolérables. Mais ils remodèlent la sensibilité ecclésiale par osmose : moins de dogmes explicites, moins de ferveur surnaturelle, moins de place centrale accordée au sacrifice, moins de conscience du combat spirituel, moins de sacerdoce comme altérité sacrée, moins de liturgie comme acte de culte, davantage de processus, plus d'écoute, plus d'accompagnement, plus d'équilibres, et un synodalisme très marqué.

    En ce sens, ils peuvent être plus dangereux. L'ancien modèle progressiste engendrait des conflits. Le nouveau engendre la dissolution. Le premier apparaissait comme un adversaire. Le second se présente comme un évêque ordinaire. Un modèle post-héroïque, post-liturgique, post-dogmatique dans le ton, sinon toujours dans la lettre ; une Église qui conserve le vocabulaire catholique, mais le prononce avec une conviction toujours plus faible.

  • Le conflit iranien et les critères de l'Église pour une guerre juste

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    Du Père Gavan Jennings  sur le Catholic Herald :

    12 mars 2026

    Le conflit iranien et les critères de l'Église pour une guerre juste

    L'adage selon lequel « la première victime de la guerre est la vérité » est généralement attribué au dramaturge grec antique Eschyle. Il aurait peut-être dû dire que la première victime de la guerre est la rationalité. Rien n'attise autant les passions que la vue des dernières armes de guerre : avions de chasse F-35, missiles hypersoniques, bombes MOAB, etc., ou le spectacle de l'ennemi enfin vaincu. C'est dans des moments comme celui-ci que la théorie classique de la guerre juste, formulée notamment par saint Augustin, saint Thomas d'Aquin et l'École espagnole de Salamanque, se révèle un trésor pour l'Église, nous permettant de réfléchir avec lucidité à la guerre.

    Cette théorie de la guerre juste sous-tend le paragraphe 2309 du Catéchisme de l'Église catholique et les « conditions strictes » exigeant un « examen rigoureux » avant que le recours à la force militaire défensive puisse être légitimement envisagé. Ces quatre conditions sont essentiellement les suivantes : cause juste, dernier recours, probabilité de succès et proportionnalité.

    Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe contre l'Iran, baptisée « Opération Fureur Épique ». Lors des premières attaques, ils ont mené 900 frappes contre des missiles iraniens, des systèmes de défense aérienne, des infrastructures militaires et des sites de pouvoir, tuant le guide suprême iranien, Ali Khamenei, ainsi que d'autres responsables.

    Le monde est inquiet. Nous espérons que les dirigeants des États-Unis et d'Israël sont conscients de leurs actes, car, comme le stipule le paragraphe 2309 : « L'évaluation de la légitimité morale de ces conditions relève du jugement prudentiel de ceux qui sont responsables du bien commun. » Tout jugement prudentiel exige une analyse approfondie de toutes les informations pertinentes disponibles concernant une action envisagée – informations auxquelles nous, simples citoyens, n'avons généralement pas accès. Compte tenu de l'incroyable complexité des enjeux géopolitiques et militaires liés à la guerre, il est très difficile d'avoir une certitude absolue quant à la légitimité d'une action militaire particulière, et nos propres jugements sont donc toujours limités par ce manque de connaissances.

    Cela dit, il pourrait être utile d'examiner ce que certains des principaux commentateurs catholiques ont dit à propos de cette guerre, à la lumière des « conditions strictes » énoncées dans le Catéchisme de l'Église catholique .

    Concernant l'exigence d'une cause juste – à savoir que « le préjudice infligé par l'agresseur à la nation ou à la communauté des nations doit être durable, grave et certain » – il ne fait guère de doute que l'Iran sème le chaos au Moyen-Orient et au-delà par le biais de ses groupes terroristes affiliés tels que le Hamas, le Hezbollah et les Houthis, même si, le plus souvent, leur victime est Israël plutôt que les États-Unis, et Israël est parfaitement capable d'assurer sa propre sécurité, comme le souligne Edward Feser. L'affirmation du président Donald Trump selon laquelle « notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes émanant du régime iranien » semble exagérée.

    En juillet dernier, George Weigel a soutenu les frappes contre l'infrastructure nucléaire iranienne, déclarant que « priver le régime iranien de l'immense capacité destructrice des armes nucléaires était impératif, moralement et stratégiquement. Dans ce cas précis, face à l'échec manifeste de la diplomatie, aux diverses formes d'agression en cours et aux intentions très claires du régime, la frappe préventive était moralement justifiable, même si les conséquences à moyen et long terme de cette action justifiée ne peuvent être connues avec certitude à l'heure actuelle. »

    On peut toutefois se demander si la menace d'une action nucléaire de la part de l'Iran était plus lointaine que imminente, auquel cas l'action américano-israélienne semble davantage préventive (éliminer une menace future possible) que préemptive (répondre à une attaque imminente), cette dernière étant moralement défendable mais la première risquant de conduire à l'anarchie mondiale, comme l'a récemment souligné le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican.

    Cette action militaire est-elle un dernier recours ? N’a-t-elle été entreprise qu’après que « tous les autres moyens d’y mettre fin… se soient révélés impraticables ou inefficaces », comme le stipule la seconde condition ? La question est discutable, bien que Robert Royal estime que l’action militaire se justifie par l’échec des « décennies de “dialogue” international avec l’Iran » à empêcher ce pays de « développer des missiles à longue portée, d’enrichir de l’uranium et de soutenir le terrorisme – et ce, depuis un demi-siècle ».

    On peut supposer que l'alliance américano-israélienne était convaincue, avant d'agir, que les « perspectives sérieuses de succès » – la troisième condition requise par le Catéchisme – existaient bel et bien, même si la définition du « succès » reste quelque peu floue. Plusieurs critères semblent pouvoir être envisagés : la destruction de la capacité de l'Iran à produire et à déployer des armes nucléaires ; la destruction du programme de missiles balistiques iraniens et de sa marine ; la réduction de la capacité de l'Iran à financer et à approvisionner ses alliés ; et enfin, la libération du peuple iranien de la tyrannie théocratique.

    Or, il apparaît déjà que cette guerre remplit très peu clairement la condition de proportionnalité, selon laquelle « l’emploi des armes ne doit pas engendrer des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer ». L’appréciation de la proportionnalité prend en compte les conséquences prévisibles. Il n’aurait sans doute pas été difficile d’anticiper au moins une partie du chaos susceptible de résulter de cette intervention militaire.

    Au moment où j'écris ces lignes, un peu plus d'une semaine après l'intervention militaire contre l'Iran, le Moyen-Orient est en proie à l'agitation, les cours mondiaux du pétrole se sont envolés et – de façon inquiétante – Vladimir Poutine a offert son « soutien indéfectible » au nouveau dirigeant iranien. Lors de son angélus du 8 mars, le pape Léon XIV a averti qu'« outre les épisodes de violence et de dévastation, ainsi que le climat généralisé de haine et de peur, il y a aussi la crainte que le conflit ne s'étende et que d'autres pays de la région, dont le Liban, ne replongent dans l'instabilité ».

    Nous ignorons ces avertissements à nos risques et périls, et malheureusement, nous avons déjà connu une telle situation. La chute du régime de Saddam Hussein en Irak en 2003 a engendré des maux bien plus graves qu'elle n'en a résolus : une guerre civile sectaire en Irak (2006-2008) qui a fait des dizaines de milliers de morts, la montée en puissance de Daech, l'expansion de l'influence iranienne au Moyen-Orient et l'exode de la grande majorité des chrétiens d'Irak – l'un des plus grands effondrements de communautés chrétiennes au Moyen-Orient depuis l'Antiquité. On se souvient que le Saint-Siège, sous le pontificat de Jean-Paul II, s'était fermement opposé à l'invasion menée par les États-Unis et avait prédit une grande partie de ses conséquences.

    Le Catéchisme a raison d'affirmer que toute action militaire défensive requiert une « réflexion rigoureuse » avant d'être entreprise, et alors que les conséquences de l'attaque contre l'Iran commencent à se manifester, j'ai pour ma part le sentiment persistant que nous pourrions assister à une répétition du fiasco de 2003.