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Actualité - Page 9

  • Qu’est-ce qu’un bon évêque pour le pape Léon ? Une analyse de ses dernières nominations

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Qu’est-ce qu’un bon évêque pour le pape Léon ? Une analyse de ses dernières nominations

    Le 6 février dernier, le nouvel archevêque de New York, Mgr Ronald A. Hicks (photo), a fait son entrée solennelle dans la cathédrale dédiée à saint Patrick, au cœur de Manhattan et il a esquissé en chaire les grandes lignes de son programme, parfaitement en phase avec les recommandations du pape Léon : « Nous sommes appelés à être une Église missionnaire, une Église qui catéchise, qui évangélise et qui met notre foi en pratique. Une Église faite de disciples missionnaires qui vont faire d’autres disciples et transmettent la foi d’une génération à l’autre. Une Église qui prend soin des pauvres et des plus faibles. Une Église qui défend, respecte et soutient la vie, de sa conception à sa mort naturelle ».

    La nomination de Mgr Hicks n’est pas la seule nomination décidée par le pape Léon qui jalonnera dans les prochaines années la marche de l’Église catholique aux États-Unis. En effet, le 19 décembre dernier, vingt-quatre heures à peine après la nomination du nouvel archevêque de New York, le pape procédait à une autre nomination importante en confiant le diocèse de Palm Beach, en Floride, à Mgr Manuel de Jesús Rodriguez.

    C’est à Palm Beach qu’est situé le domaine de Mar-a-Lago, la résidence préférée du président Donald Trump, dont les politiques dures en matière d’immigration lui ont valu une levée de boucliers de la part de la Conférence épiscopale catholique des États-Unis. D’autant que le nouvel évêque Rodriguez est lui-même un immigré, puisqu’il est né en République Dominicaine, où il a été ordonné prêtre avant d’être envoyé dans une paroisse du diocèse de Brooklyn, dans la ville de New York où il officiait hier encore, et dont les 17 000 fidèles sont pour la plupart « latinos ».

    Mais Mgr Rodriguez n’est pas du genre à monter aux barricades. Après sa nomination, il a déclaré que le président Trump « faisait également de bonnes choses pour les États-Unis et pour le monde. Mais quand il s‘agit des migrants et de la politique sur l’immigration, nous voulons lui venir en aide ». Il a des compétences aussi bien en droit civil qu’en droit canon, tout comme le pape Léon, qui apprécie grandement cette expertise juridique quand il s’agit de confier des rôles importants, comme celui de préfet du Dicastère pour la nomination des évêques à la Curie vaticane, un poste attribué à Filippo Iannone, un canoniste réputé.

    Mgr Hicks également s’est montré en mesure de gérer des situations difficiles, comme à Chicago, où il a été vicaire général et ensuite auxiliaire de l’archevêque et cardinal Blase Cupich et ensuite comme évêque de Joliet, dans l’Illinois, un État frappé de plein fouet par le fléau des abus sexuels. À présent qu’il est arrivé à New York, il devra mettre en place le plan de dédommagement des victimes de l’ordre de 300 millions de dollars que lui a légué son prédécesseur, le cardinal Timothy Dolan.

    Mgr Hicks est un compatriote du pape Robert F. Prevost. Il vient comme lui de la périphérie de Chicago, et est originaire d’une banlieue appelée South Holland, juste à côté de la banlieue de Dalton où le pape est né. « Nos maisons n’étaient distantes que de 14 blocs l’une de l’autre », a‑t-il déclaré. Et pourtant leur première rencontre ne remonte qu’à 2024, lors d’une conférence du cardinal Prevost dans l’Illinois en marge de laquelle ils ont pu avoir un entretien en tête à tête. « J’ai trouvé – dit aujourd’hui Mgr Hicks – qu’il était clair, concis, créatif et toujours humble, capable d’écouter avant de décider ».

    La proximité entre Mgr Hicks et Mgr Cupich, qui est l’une des figures de proue du courant progressiste des évêques des États-Unis, dans le sillage du cardinal Joseph Bernardin (1928 – 1996), lui aussi archevêque de Chicago avant de devenir pendant une décennie le leader historique de ce courant, a laissé chez certains l’impression d’une certaine similitude entre ces deux personnages, dans la mouvance du Pape François.

    Mais en réalité, le véritable mentor de Mgr Hicks était le prédécesseur de Mgr Cupich à Chicago, le cardinal Francis George (1937 – 2015) qui était à la tête du courant conservateur bien plus important, en plus d’avoir été président de la Conférence épiscopale entre 2007 et 2010. C’est lui qui avait suggéré à son successeur de nommer Mgr Hicks en tant que vicaire général. Et c’est surtout lui qui, en 2005, a envoyé le jeune prêtre qu’il était en mission au Salvador pendant cinq ans, pour prendre en charge un orphelinat appelé « Nuestros Pequeños Hermanos ».

    Depuis lors, Mgr Hicks parle parfaitement l’espagnol, qui est par ailleurs la langue maternelle d’une grande partie des catholiques aux États-Unis. Et il a demandé que sa messe d’installation à New York soit célébrée aussi bien en anglais qu’en espagnol. Il a même prononcé l’homélie dans les deux langues. Et il souhaité que ce soit l’un des jeunes orphelins auxquels il est venu en aide au Salvador, Samuel Jimenez Coreas, qui lise l’une des lectures de la messe, extraite de l’épître de saint Paul aux Galates. L’archidiocèse de New York compte plus d’un million de catholiques hispaniques sur un total de 2,4 millions.

    Mgr Hicks partage avec le pape Léon une même vision unitaire et cohérente de l’éthique de la vie, comme la « seamless garment », la tunique sans couture que portait Jésus : une image chère au cardinal Bernardin. Le droit à la vie doit être protégé à chacune de ses étapes, non seulement « de la conception à la mort naturelle », mais également contre la guerre, la pauvreté, l’oppression, même si l’approche est différente. À Joliet, Mgr Hicks avait pris l’habitude de participer au National Day of Remembrance for Aborted Children et bénissait à cette occasion les tombes des enfants non nés. Mais il a également souhaité faire figurer sur ses armoiries épiscopales un plan de « romero », de romarin en espagnol, en hommage à Oscar Romero, cet archevêque du Salvador mort en martyr sur son autel en 1980, sous les balles d’un escadron de la mort.

    Mgr Hicks est également apprécié comme formateur de jeunes prêtres, parfaitement dans la ligne – comme on le découvre aujourd’hui – de la lettre exigeante que le pape Léon a envoyée le 9 février aux prêtres de Madrid mais en réalité à toute l’Église. En 2024, il a été élu président de la Commission pour le clergé, la vie consacrée et les vocations par la Conférence épiscopale des États-Unis avec 68% des voix. Et à New York, il aura du pain sur la planche, vu la chute vertigineuse des vocations à la prêtrise de ces dernières années.

    Il fait preuve de beaucoup de compréhension et de tolérance envers ceux qui célèbrent la messe selon l’ancien rite, tout en restant assez éloigné du profil d’un « cultural warrior » et de l’école théologique néoconservatrice de Richard John Neuhaus, Michael Novak et George Weigel, au contraire de son prédécesseur à New York, le cardinal Dolan.

    Pour le dire plus simplement, Mgr Hicks fait voler en éclats les clivages entre progressistes et conservateurs. Tout comme le pape Léon, l’essentiel pour lui est surtout d’être « in Illo uno unum », unis dans l’unique Seigneur, comme sur la devise augustinienne du blason papal.

    Les principales nominations du pape Léon sont toutes du même ordre. Voici comment Stanislav Přibyl, le nouvel archevêque de Prague, l’une des capitales d’Europe les plus hermétiques à la foi, a immédiatement décrit la voie qu’il souhaite emprunter, dans la foulée de sa nomination le 2 février dernier : « La réconciliation au sein de l’Église me tient particulièrement à cœur, et le premier pas doit précisément être de chercher à l’atteindre. Le Christ est au-dessus de toutes les factions et de tous les groupes d’influence et ce n’est qu’en lui que nous pouvons être véritablement unis ».

    On peut également citer en exemple la nomination le 6 octobre 2025 de Mgr Fabien Lejeusne, à la tête du diocèse belge de Namur. Âgé de 52 ans, ancien supérieur général pour l’Europe de la Congrégation des Augustiniens de l’Assomption, c’est un religieux augustinien comme le pape Léon. Dès son entrée en fonction, ses priorités ont été d’assainir la gestion financière du diocèse et surtout de relancer l’évangélisation, avec une attention particulière envers les jeunes. Tout en se tenant à l’écart des controverses doctrinales poussées à l’extrême.

    Tous ces évêques incarnent l’Église que le pape Léon aime : une Église unie et missionnaire, ouverte à tous mais sans controverses intestines. Avec une place pour le cardinal dominicain Timothy Radcliffe, auquel le pape a demandé de prononcer les méditations introductives du consistoire des cardinaux de janvier dernier, et une autre pour l’évêque trappiste Erik Varden, appelé à prêcher les exercices spirituels de début de Carême au pape et aux personnalités de la Curie vaticane, qui sont tous deux des théologiens de haut vol, mais de tendances clairement différentes.

    C’est également entre de telles personnalités que Léon souhaite mettre en œuvre l’unité « dans le seul Seigneur » au sein de l’Église. Avec une différence importante entre les deux qu’il est important de mentionner ici, car si Mgr Radcliffe, âgé de 81 ans et ancien maître général de l’Ordre des prêcheurs, est au crépuscule de son parcours, Mgr Varden quant à lui, âgé de 52 ans, évêque de Trondheim, en Norvège, et président de la Conférence épiscopale de Scandinavie, a encore tout l’avenir devant lui. Et tout ce qu’il a déjà fait et écrit jusqu’à présent – repris à plusieurs occasions sur Settimo Cielo – nous laisse entrevoir qu’il s’annonce d’ores et déjà très prometteur.

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Le Nicaragua persécute l'Église et le Vatican se tait bizarrement

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    Le Nicaragua persécute l'Église et il y a cet étrange silence du Vatican.

    La persécution des catholiques au Nicaragua, perpétrée par le régime sandiniste d'Ortega et de Murillo, ne cesse de s'aggraver. Non seulement des prêtres sont arrêtés, mais les fidèles sont empêchés de célébrer les fêtes religieuses de quelque manière que ce soit. Le Vatican garde le silence. 

    17 février 2026
    Daniel Ortega (AP)

    La situation s'est aggravée au Nicaragua, avec le maintien de l'interdiction des missions pastorales dans le diocèse de León et le durcissement des restrictions imposées aux événements religieux organisés par l'Église catholique à Managua et dans d'autres villes du pays. Malgré l'arrivée du nouveau pape, le Vatican garde un silence lâche face à la persécution des fidèles et des religieux par les tyrans nicaraguayens. Le dimanche 2 février, le cardinal Leopoldo José Brenes a annoncé le transfert de 23 prêtres à l'archidiocèse de Managua, une réorganisation imposée par l'expulsion de membres du clergé, laissant de nombreuses paroisses sans curé au Nicaragua. L'ampleur de la persécution religieuse au Nicaragua se reflète dans des chiffres alarmants : selon le rapport « La foi sous le feu des critiques  » de l'ONG Colectivo Nicaragua Nunca Más, au moins 261 religieux ont été expulsés du pays depuis 2018, dont quatre évêques, environ 140 prêtres, plus de 90 religieuses, une douzaine de séminaristes et trois diacres. Parmi les expulsés figurent le président de la Conférence épiscopale, Carlos Enrique Herrera, et les évêques Silvio Báez, Rolando Álvarez et Isidoro Mora.

    La dictature du président Daniel Ortega et de son épouse et coprésidente, Rosario Murillo , tient « un discours de réconciliation et d'amour, mais leurs paroles ne correspondent pas à leurs actes : ils craignent la foi et l'amour de Dieu que ressentent les gens », a expliqué Martha Patricia Molina, chercheuse nicaraguayenne en exil et auteure du rapport « Nicaragua : Une Église persécutée  », dans une déclaration faite le 10 février dernier à ACI Prensa, agence de presse chrétienne internationale de langue espagnole. Les prêtres sont depuis longtemps soumis à diverses formes de surveillance policière, notamment des rapports hebdomadaires sur leurs activités et même des demandes d'examen de leurs téléphones portables pour connaître leurs contacts. Depuis le 21 janvier, selon le témoignage de Molina, également rapporté par l' agence ACI , la dictature a interdit les missions pastorales dans le diocèse de León, qui comprend les districts de León et de Chinandega, dirigé par l'évêque René Sándigo. 

    La résurgence des persécutions antireligieuses est également confirmée par un troisième témoin faisant autorité, Félix Maradiaga , président de la Fondation pour la Liberté au Nicaragua, qui a averti que la dictature « ne se contente plus de harceler les chefs religieux ou d'annuler des processions, mais cherche désormais à faire taire la foi au quotidien et à punir toute expression spirituelle qu'elle ne contrôle pas ». Dans une déclaration à ACI Prensa, Maradiaga a souligné comment Ortega-Murillo interdisent désormais « des fêtes populaires profondément enracinées dans la culture et la religion, comme la fête traditionnelle en l'honneur des saints patrons de plusieurs villes à Diriamba, et limitent les célébrations d'une grande importance communautaire, comme celle de l'Enfant Jésus à Matagalpa ». Ces interdictions et persécutions visent également la prédication de porte-à-porte pratiquée par d'autres confessions chrétiennes. 

    « La dictature n'autorise que l'introduction d'images de saints dans l'atrium des églises », poursuivit Maradiaga, rappelant comment les mêmes interdictions avaient affecté « la célébration de la Vierge de Candelaria [à Managua], confinée à l'intérieur des murs de l'église pour empêcher une plus grande participation des fidèles ». Afin d'exercer un contrôle accru et une persécution plus efficace des célébrations catholiques et de la liberté de culte chrétienne, les municipalités sandinistes, avec tout leur appareil organisationnel et technologique, occupent les atriums des églises pour y mettre en scène leurs spectacles : elles choisissent des reines, organisent des bals en plein air pour distraire la population et, de fait, perturbent de toutes les manières les célébrations à l'intérieur des églises.

    Dans ce contexte, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a récemment appelé la dictature de Daniel Ortega et Rosario Murillo à mettre fin aux violations des droits humains et à libérer inconditionnellement toutes les personnes emprisonnées pour des raisons politiques au Nicaragua. Dans sa déclaration, la CIDH condamne « la répression persistante au Nicaragua, caractérisée par la poursuite des arrestations arbitraires et des privations de liberté à motivation politique à l'encontre de toute personne adoptant une position perçue comme une opposition au régime ». Alors que le Vatican, depuis son exil aux États-Unis, maintient un silence incompréhensible et déconcertant, comparable seulement à celui observé concernant les exactions perpétrées par le régime chinois, seul l'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Báez, a exhorté les catholiques à ne pas se taire, appelant l'Église à prendre la parole malgré la répression. Peut-on espérer une intervention des forces spéciales de Trump à Managua ? 

  • FSSPX : comment Léon XIV entend-il aborder l'une des premières crises de son pontificat ?

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV et l'absorption des crises

    16 février 2026

    La rencontre annoncée entre le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, le cardinal Victor Manuel Fernández, et le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le père Davide Pagliarani, était très attendue.

    À l'approche de la rencontre, les parties ont toutefois compris que leur conversation serait la première d'une longue série. Il reste à voir comment Léon XIV entend aborder l'une des premières crises de son pontificat.

    Il reste beaucoup de dossiers en suspens du pontificat de François – il suffit de penser au cas du jésuite Marko Rupnik ou à la saga judiciaire en cours au Vatican concernant la gestion des fonds de la Secrétairerie d'État –, mais l'affaire avec la FSSPX est la première crise ecclésiastique « nouvelle » de l'ère léonine.

    La crise traditionaliste n'est pas nouvelle.

    Tous les papes depuis le Concile Vatican II en ont hérité, et son plan général est un vestige d'un débat dépassé depuis plusieurs générations.

    Paul VI s'est retrouvé dans un dialogue dramatique avec le fondateur de la FSSPX, Mgr Marcel Lefebvre, puis le pape Saint Jean-Paul II a dû faire face à la question du schisme créé par les ordinations illégitimes, et Benoît XVI a proposé une ouverture liturgique mais a demandé à la Fraternité de signer un préambule doctrinal que la FSSPX ne pouvait accepter (ou en tout cas, n'a pas accepté). François a accordé des facultés et d'autres accommodements aux prêtres de la Fraternité, mais n'a jamais vraiment pris de mesures pour résoudre les problèmes sous-jacents.

    Léon XIV devra trouver sa propre approche.

    La réunion du 12 février s'est conclue comme prévu, par une promesse de dialogue et une menace de non-dialogue. La promesse de dialogue est celle d'un cheminement doctrinal qui clarifie certaines questions du Concile Vatican II, y compris celles de la FSSPX, afin de définir les exigences fondamentales minimales pour la pleine communion.

    À bien y réfléchir, c'est un peu moins que le préambule doctrinal que Benoît XVI avait demandé de signer.

    Benoît XVI ne pouvait accepter la version de la FSSPX selon laquelle le Concile était un événement historique, mais purement pastoral, et que ses développements pouvaient donc être contestés ou ignorés. Et ce n'était pas parce que Benoît XVI était un progressiste, mais parce qu'il comprenait « le concile des Pères », sa différence avec le « concile des médias » et la nécessité de le défendre malgré l'opinion publiée.

    La menace d'une rupture du dialogue découle du fait que le Saint-Siège a officiellement demandé à la Fraternité de renoncer à toute nouvelle ordination épiscopale et a expliqué – en termes clairs – que toute ordination de ce type provoquerait un schisme, et que ce schisme mettrait fin à tout dialogue.

    Léon XIV a décidé, comme il était naturel, que le Dicastère pour la doctrine de la foi devait se saisir de la question.

    L'absence de la Commission Ecclesia Dei, chargée du dialogue avec la FSSPX depuis les premières ordinations épiscopales de la FSSPX, est quelque chose que les initiés du Vatican ressentent vivement, ou devraient ressentir.

    François a supprimé la commission Ecclesia Dei et a transféré ses responsabilités au Dicastère pour la doctrine de la foi (alors appelé CDF) en 2019.

    Et peut-être qu'une conséquence naturelle sera de rétablir une commission comme Ecclesia Dei, ou au moins un comité de dialogue permanent, précisément pour favoriser délicatement le dialogue. Une commission comme Ecclesia Dei ouvre cependant également la possibilité de rétablir d'autres commissions.

    Au cours du pontificat de François, de nombreuses commissions internes ont été abolies ou abandonnées, tandis que le pape en a formé de nouvelles et provisoires (la CRIOR sur l'IOR, la COSEA sur l'administration, le comité et la commission pour la réforme des communications du Vatican, le Conseil des cardinaux lui-même) et a abandonné celles qui étaient restées actives dans le passé.

    Par exemple, il n'y a pas eu d'autres nouvelles concernant la réunion de la Commission sur la Chine convoquée par Benoît XVI, et Ecclesia Dei a été supprimée avant la répression menée par François contre le mouvement traditionaliste avec le motu proprio Traditionis Custodes et son application ultérieure, qui a effectivement abrogé la libéralisation de l'ancien rite autorisée par Benoît XVI.

    Peut-être aurons-nous donc une nouvelle (ancienne) commission.

    Mais peut-être aussi que la FSSPX décidera de procéder quand même aux ordinations qu'elle a menacé d'effectuer, en se basant sur ce qu'elle considère comme une faille dans le droit canonique, selon laquelle on ne peut encourir l'excommunication si la personne qui commet un acte potentiellement passible de cette peine l'a fait face à une situation grave.

    Il s'agit là d'une appréciation tout à fait subjective, même au sein du Code, raison pour laquelle il a été répété à plusieurs reprises que l'excommunication des évêques lefebvristes, révoquée par la suite par Benoît XVI au milieu d'une grande controverse, n'avait jamais été valide.

    Le fait est que, au-delà des faits et des interprétations subjectifs, lorsque le pape formalise l'excommunication, c'est fait, et il n'y a rien à faire. L'objectif aujourd'hui est d'éviter d'atteindre ce point de rupture, de trouver une forme de dialogue, même si cela signifie prolonger le débat et attendre qu'il soit absorbé.

    Il ne s'agit pas d'une crise décisive pour le pontificat, c'est certain, mais c'est une crise qui en dit long sur le style de gouvernement de Léon.

    Léon procède par les voies institutionnelles – le dicastère compétent – et ne s'engage pas personnellement dans le dialogue, car il ne se sent pas doté du charisme nécessaire pour faire avancer les choses. Il exige que chacun agisse selon la justice.

    Mais surtout, Léon XIV attend.

    Il prend des décisions lorsqu'elles sont inévitables et irrévocables, et c'est pourquoi il réfléchit mûrement avant de se prononcer.

    Reste à voir si c'est la meilleure stratégie pour le monde traditionaliste. Il est toutefois vrai que les adeptes de l'ancien rite sont de plus en plus nombreux et jeunes – il suffit de penser au pèlerinage traditionaliste annuel de Paris à Chartres, qui rassemble des milliers de jeunes traditionalistes. C'est un segment de l'Église qui ne peut être ignoré. En cette période de crise des vocations, le monde traditionaliste peut être un réservoir de nouvelle foi ou la cause d'un schisme et d'une division.

    Le pape devra décider de la marche à suivre, et chaque décision sera une révélation.

  • A 31 ans, il renonce à l'euthanasie grâce à la réussite d’un traitement

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Belgique : à 31 ans, il renonce à l'euthanasie grâce à la réussite d’un traitement

    15 février 2026

    Antoine Peters, un Belge de 31 ans victime d’addictions et souffrant d’une profonde dépression, souhaitait recourir à l’euthanasie. Il y a finalement renoncé grâce à un traitement « de la dernière chance » (cf. Stimulation cérébrale profonde : trois Espagnols renoncent à l’euthanasie).

    Un traitement risqué

    C’est en octobre 2025, alors qu’il vient de publier son premier livre autobiographique, Trop tard pour l’innocence, qu’il révèle avoir introduit une demande d’euthanasie. Antoine a subi de la sismothérapie, c’est-à-dire un traitement par électrochocs dirigés vers le cerveau, sous anesthésie générale. Sans succès. Il doit alors subir une sismothérapie bilatérale : « C’est quelque chose qu’on ne fait quasi jamais, parce que le risque de séquelles est grand. Et l’intensité des décharges est deux fois plus forte. C’est vraiment très éprouvant » explique-t-il. Mais après la deuxième séance : « Tout a changé ».

    A la suite de ce traitement, Antoine Peters témoigne ne plus avoir d’idées noires, de mélancolie ou d’envie de consommer. Il explique ressentir à nouveau certaines émotions : « J’ai pleuré alors que ça m’était plus arrivé depuis mes 18 ans. C’est comme si j’évacuais la douleur encaissée ces dernières années », explique-t-il. « Mon esprit est beaucoup plus apaisé. »

    « Il faut vraiment sensibiliser sur la dépression »

    Antoine décide alors de se remettre à écrire, un deuxième livre intitulé Refaire battre les ruines. Il est également allé témoigner dans son ancienne école et exprime son souhait de faire de la pair-aidance, c’est-à-dire de partager son parcours avec des personnes qui traversent les mêmes difficultés.

    « Il faut vraiment sensibiliser sur la dépression et la détection de certains signaux d’alarme, interpelle-t-il. Ces derniers sont souvent négligés. »

    Source de la synthèse de presse : L’avenir, Julie Wolff (10/02/2026)

  • Bientôt atteint par la limite d'âge, Mgr Delville annonce sa démission

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    L'évêque de Liège, Mgr Jean-Pierre Delville atteindra 75 ans le 29 avril 2026. Conformément au droit canonique (canon 401 §1), tout évêque doit remettre sa démission au Pape à cet âge.

    Dans une interview publiée aujourd’hui par Sudinfo, l’évêque de Liège a confirmé qu’il enverra sa lettre de démission au pape Léon XIV une fois ses 75 ans atteints, c’est-à-dire fin avril 2026. Il fait part de son intention de se fixer à la collégiale Saint-Barthélemy et d'y rejoindre la Communauté Sant'Egidio à laquelle il est attaché. Lors de sa retraite, il compte s'adonner à des recherches historiques et se consacrer à la lecture.

    Il n’a pas encore envoyé sa lettre de démission (il le fera en avril). Il reste donc pleinement évêque de Liège jusqu’à ce que le Saint-Siège accepte sa renonciation et nomme un successeur.

    La succession au siège épiscopal de Liège est donc ouverte... A quoi faut-il s'attendre ? L'avenir nous le dira mais il pourrait y avoir des surprises comme en témoignent les récentes nominations à Namur et à Tournai. Le jeune âge des candidats semble être un critère déterminant.

  • Ankara s'en prend aux chrétiens et aux journalistes; le Parlement européen intervient

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    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    Ankara s'en prend aux chrétiens et aux journalistes, Strasbourg intervient

    En Turquie, la liberté religieuse et la liberté de la presse sont menacées par des expulsions ciblées, des restrictions légales et des églises incendiées ou transformées en mosquées. Ces violations et ces actes de harcèlement ont été condamnés par le Parlement européen, tandis que la Commission européenne renforce ses relations diplomatiques avec Erdoğan.
    16 février 2026

    CARLO CARINO - imagoeconomica

    Le 12 février, le Parlement européen a adopté à Strasbourg une résolution condamnant fermement les expulsions ciblées de journalistes étrangers et de chrétiens de Turquie, expulsions menées systématiquement au nom de « raisons de sécurité nationale », sans preuve ni procès.

    La Turquie de Recep Erdoğan n'est pas un pays pour les journalistes ni pour les chrétiens , qui risquent quotidiennement l'expulsion, voire la mort, en raison de leur travail ou de leur foi. Selon un rapport faisant autorité du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), le nombre de chrétiens en Turquie est passé d'environ 20 % en 1915 à moins de 0,3 % aujourd'hui, soit 257 000 personnes. Il s'agit de chrétiens catholiques, arméniens, orthodoxes grecs, syriaques et protestants, victimes d'une répression brutale au quotidien .
    Plus précisément, depuis 2020, plus de trois cents chrétiens ont été expulsés de Turquie, leur présence étant considérée comme une « menace pour la sécurité nationale », sans qu'aucune preuve de malversation n'ait été trouvée à leur encontre.

    Dans ce pays à majorité sunnite (99 %), les églises et lieux de culte sont régulièrement incendiés ou transformés en mosquées : selon le rapport 2025 de l'organisation Aide à l'Église en Détresse, l'église du Sauveur-in-Chora, une église catholique du IVe siècle devenue mosquée, a subi ce sort en 2024.
    D'après ce même rapport, entre janvier 2023 et décembre 2024, « une détérioration de la liberté religieuse a été constatée en Turquie. Les minorités sont confrontées à des obstacles juridiques, à des discours de haine et à des ingérences de l'État. Des pasteurs protestants ont été expulsés, des églises fermées et des offices chrétiens interdits. »

    Concernant les catholiques, l'association tire la sonnette d'alarme : « Bien que les Églises latines de Turquie aient obtenu une reconnaissance légale partielle par le biais d'associations ou de fondations », déclare-t-elle dans un appel lancé au nom des communautés catholiques turques, « le statut des communautés religieuses non musulmanes demeure problématique, compte tenu des nombreuses restrictions qui pèsent sur leur reconnaissance légale, leurs biens, leurs lieux de culte et leurs activités. »

    Parallèlement, les restrictions à la liberté de la presse et les violences contre les journalistes en Turquie ont atteint des niveaux préoccupants. De nombreux journalistes étrangers ont été arbitrairement détenus, menacés d'expulsion, voire agressés par les autorités d'Ankara, comme la journaliste syrienne Nujan Mala Hassan, blessée par balle par des gardes-frontières turcs en janvier dernier alors qu'elle couvrait des manifestations à la frontière syro-turque. Déjà en 2022, la CLa Commission des droits de l'homme du Conseil de l'Europe avait publié un mémorandum concernant l'hostilité du régime d'Erdoğan envers la presse.

    Le Parlement européen semble désormais avoir reconnu les graves violations des libertés religieuses et d'expression commises par Ankara et, dans une résolution unique adoptée le 12 février, il a tenu le gouvernement turc responsable, à la demande de l' Intergroupe sur la liberté de religion et de conviction . Le Parlement européen note que « les chrétiens figurent parmi les groupes religieux les plus persécutés au monde » et que « le fait de ne pas reconnaître cette réalité et d'y répondre compromet la crédibilité des efforts internationaux visant à protéger la liberté de religion et de conviction », indique la résolution.

    Le Parlement lui-même « exprime son ferme soutien aux chrétiens et affirme que la liberté de religion et de conviction, y compris le droit de pratiquer, de changer ou de manifester sa religion individuellement ou en communauté, doit être pleinement protégée conformément au droit international des droits de l'homme et respectée sans discrimination ni ingérence de la part des autorités étatiques ». Par conséquent, considérant que « ces dernières années, au moins 300 pasteurs et missionnaires chrétiens étrangers ont été expulsés de Turquie et se sont vu refuser le droit d'y revenir », et que des dizaines de journalistes étrangers sont emprisonnés arbitrairement et risquent l'expulsion en raison de leur travail, le Parlement européen « condamne fermement les expulsions ciblées de journalistes et de chrétiens étrangers sous le prétexte infondé de sécurité nationale et sans procédure régulière ; déplore l'absence d'accès aux preuves et l'absence de contrôle juridictionnel effectif ».

    Bien que la résolution ne vise spécifiquement que les journalistes et les chrétiens étrangers , elle a le mérite d'attirer l'attention des institutions européennes sur les violations de la liberté religieuse et de la liberté d'expression commises par Ankara, au moment même où la Commission européenne renforce ses relations diplomatiques avec Erdoğan. De plus, le soutien explicite apporté aux chrétiens persécutés dans la résolution constitue une étape importante dans la défense d'une communauté victime d'oppression mondiale et établit un précédent institutionnel important, de bon augure pour l'avenir. Nous espérons que le Parlement européen continuera de défendre les droits de l'homme et d'adresser des documents similaires aux gouvernements des nombreux pays qui violent ces mêmes libertés fondamentales.

  • Fin de vie, euthanasie... Un infirmier belge alerte

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    Du site youtube du Figaro :

    En Belgique, la loi légalisant l’euthanasie, en vigueur depuis 2002, a profondément estompé la frontière entre les soins palliatifs et l’euthanasie. Trufin, infirmier en soins palliatifs, qui n’a jamais souhaité participer à des protocoles léthaux, l’a constaté à ses dépens, essoré par les critiques de certains de ses supérieurs et de ses collègues. Selon lui, la liberté de conscience, bien que garantie dans la loi, est très fragile dans les faits, au point que certains médecins finissent par y renoncer. Il regrette également que la légalisation de l’euthanasie ne se soit jamais accompagnée des moyens suffisants pour que les soins palliatifs profitent à tous, et met en garde la France contre un scénario similaire. L’infirmier, désormais en phase avec la philosophie de l’établissement qui l’emploie, livre un plaidoyer pour l’accompagnement humain, jusqu’aux derniers moments.

  • Republication de l'oeuvre majeure de Monseigneur Léonard : « Foi et philosophies » aux éditions des Béatitudes

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    Republication de l'oeuvre majeure de Monseigneur Léonard : « Foi et philosophies » aux éditions des Béatitudes.

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    Un grand "classique" vient d’être enfin réédité ! Paru il y a 35 ans en 1991, le « Foi et Philosophies » de Monseigneur André Léonard vient d’être réédité aux EdB. Pour l’occasion, l’ouvrage a été relu par son auteur, et préfacé avec beaucoup d’intelligence par Emmanuel Tourpe. Avec son savoir académique et la hauteur de son jugement et de son expérience, Monseigneur Léonard éclaire notre Foi à la lumière des 25 plus grands philosophes et théologiens modernes et contemporains, dont il synthétise et organise la pensée selon les trois voies classiques de toute réflexion philosophique : cosmologique, anthropologique et théologique. Une synthèse remarquable et indispensable à tout étudiant, à tout prêtre, à tout enseignant.
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    Recension pour le BLE (Institut Catholique de Toulouse)
     
    Mgr André LEONARD, Foi et philosophies.
     Guide pour un discernement chrétien Préface d’Emmanuel Tourpe, EdB, janvier 2026, 282 pages, 19€
     
    Par le frère Tanguy Marie Pouliquen cb
     
    La réédition de l’ouvrage de référence « Foi et philosophies » de Mgr André Léonard aux Éditions des Béatitudes est une heureuse initiative. Elle permettra, comme elle l’a déjà fait pour une génération de prêtres, religieux, formateurs chrétiens,laïcs en quête de vérité, qui courraient à l’université de Louvain-la-Neuve l’écouter de toute l’Europe à partir des années quatre-vingt, de permettre à une nouvelle génération de bénéficier de l’apport principal de l’ouvrage : unifier la foi et la pensée (tant philosophique que théologique), cela à la suite de saint Augustin, credo ut intellegam, intellego ut credam (je crois pour comprendre, je comprends pour croire) et de l’encyclique Fides et ratio à laquelle l’auteur a participé en amont. La pensée mais aussi l’agir, tant une bonne action est subordonnée à une direction claire. Une claque amicale mais bien réelle aux anti-intellectuels qu’ils soient matérialistes, psychologisants ou spiritualistes.
     
    La préface d’Emmanuel Tourpe met les pendules à l’heure.
     
    Avant de devenir évêque, André Léonard est un grand, et même un très grand philosophe de niveau international, de la carrure d’un Hegel dont il a fait l’analyse précise de sa Logique (1830). Il n’a rien d’un conservateur, étiquette fallacieuse que les médias veulent lui coller à la peau ecclésiastique. Sa manière de réfléchir est plutôt « prophétique ». Sa méthode est dialogale : écouter toujours plus profondément le point de vue philosophique de l’autre, qu’il soit ou non contemporain. Il adopte le même principe que dans son autre ouvrage clé, « Métaphysique de l’être » (2006), scruter jusque dans les jointures ce que l’on peut retenir de bon dans la pensée contemporaine, attitude éminemment aussi spirituelle : vouloir d’abord sauver le point d’autrui pour le respecter. Discerner est le maître mot de son attitude rationnelle, d’où le sous-titre Guide pour un discernement chrétien, avant toute prise de position. Dialoguer pour mieux discerner – un pli de la pensée à retenir pour éviter la polarisation inutile des débats – ce qu’il y a de bon dans les trois axes principaux tant de la philosophie que de la théologie. Une conviction réaliste habite l’auteur : nous parlons toujours d’un quelque part qui concerne des présupposés, cosmologique, anthropologique ou métaphysique.
     
    Il ne convient pas pour l’auteur de choisir l’une de ces trois voies, mais de les laisser mutuellement s’imprégner, à partir de la hauteur la plus grande : la métaphysique de l’être que Léonard puise dans la conception de l’acte d’être de Thomas d’Aquin ou dans une orientation théologique puisée dans l’amour divin avec Hans Urs von Balthasar. L’auteur opère quelques ajouts à l’édition initiale, sur son ami Claude Bruaire trop tôt décédé, et grand initiateur d’une philosophie du don, et sur le théologien suisse de Bâle, Balthasar, car la beauté de l’amour de Dieu irrigue toute l’action de Dieu tant dans les cœurs que sur tout l’univers : Seul l’amour est digne de foi, incipit de sa Trilogie. Léonard n’a pas une pensée de surplomb, prédéfinie. Il ne tranche à partir d’idées hors-sol. Sa pensée est intégrative. La clarté de sa manière de réfléchir, sa pédagogie, plairont. Elle est aussi exigeante.
     
    À partir de chacune de ces trois voies, cosmologique (comprenons, partant du monde), anthropologique (partant de l’homme), métaphysique (partant des fondements), Léonard expose la pensée d’un grand auteur, typique de la voie, la confronte en deux temps à une approche philosophique puis théologique, pour retenir dans la conclusion de chacune des parties le meilleur d’un point de vue chrétien et juger du moins bon. Perspective qui permet au lecteur d’entrer lui-même dans un discernement dynamique et de pendre position, plus librement. La porte d’entrée mais aussi de sortie est finalement métaphysique : l’acte d’être se conjuguant avec l’amour qui vient d’en haut par la Révélation de l’amour divin en Jésus Christ. L’amour au début et à la fin. Au terme de l’ouvrage, l’auteur synthétise son approche : « Les approches cosmologique et anthropologique convergent vers la voie théologale qui les assume respectueusement dans sa perspective esthétique englobante. » La figure objective du Christ, analogia entis concret, synthétise en sa personne les plus hautes aspirations humaines tout en les unifiant.
     
    Un livre à livre pour éviter des années d’errements. Je pense particulièrement aux plus jeunes qui cherchent unifier la pensée, l’être et l’action, tant en raison que par la foi chrétienne, pour leur plus grand bonheur.
  • "My Voice, My Choice" : il est encore temps d'agir avec Clara Life

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    De Wouter J. Suenens (CLARA Life) wouter@clara-life.org 

    15 février

    Bonjour !

    L’initiative citoyenne européenne “My Voice, My Choice” (MVMC) pousse l’Union européenne vers un mécanisme de “solidarité” qui reviendrait, concrètement, à forcer des États à financer l’avortement à l’étranger pour contourner leurs propres règles démocratiques.

    Le 15 octobre 2025, au Parlement européen, nous avions justement soutenu et relayé un événement organisé par One of Us, une fédération européenne dont CLARA Life est membre, qui rappelait l’essentiel : une vraie liberté pour les femmes suppose d’abord un soutien concret au lieu de toujours faciliter l'avortement.

    Aujourd’hui, la Commission doit se prononcer. Nous pouvons agir en 2 minutes : envoyer une lettre au Commissaire européen belge via NoAbortionTourism.eu.

    Il suffit de compléter le formulaire avec :

    • votre prénom ;
    • votre nom ;
    • votre adresse e-mail ; et
    • (facultatif, mais recommandé): votre numéro de carte d’identité (en Belgique : les chiffres à l’avant de la carte, généralement 59x-xxxxxxx-xx).

    Un courriel sera envoyé automatiquement.

     Agissez ici : NoAbortionTourism.eu

    Si vous souhaitez également écrire au Premier ministre Bart De Wever, aux députés européens belges, et à M. Georges-Louis Bouchez, président du MR, parti dont Mme Lahbib, Commissaire belge, est membre, nous vous y encourageons vivement.Envoyer automatiquement un courriel à la Commission européenne

    Si vous souhaitez nous aider avec un geste simple et très concret, un don — même modeste — fait une réelle différence :

    BE02 7310 4206 5740

    (CLARA Life)

    Merci de relayer autour de vous : chaque message compte.

    Wouter J. Suenens
    Président

  • Les défaillances dramatiques de l'Etat nigérian

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    De sur le Catholic World Report :

    Les enlèvements d'hommes d'église sont un fléau au Nigeria, tandis que des religieux déclarent le pays « État failli ».

    Une campagne de violence dévastatrice qui dure depuis 15 ans a fait 185 000 morts au Nigéria, selon un rapport de la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety).

    Une vague de terreur s'est abattue sur le centre du Nigeria, marquée par une série d'enlèvements et de meurtres d'une violence inouïe. Le dernier incident en date remonte au 6 février, lorsque des hommes armés ont enlevé neuf adolescents, fidèles de l'église catholique Saint-Jean-de-la-Croix, dans le district d'Utonkon, lors d'une veillée de prière.

    « Notre communauté est en deuil », a déclaré John Okpali, un habitant, à News Central. « Ces enfants étaient désarmés, ils étaient vulnérables… Leurs familles souffrent, toute la communauté est en deuil. »

    Il s'agissait de la deuxième église visée en deux jours. Juste avant l'aube du 5 février, des terroristes présumés ont pris d'assaut la paroisse de la Sainte-Trinité, dans le diocèse catholique de Kafanchan, et ont enlevé le curé, le père Nathaniel Asuwaye, ainsi que dix autres personnes.

    L’évêque Michael Ekwoyi Apochi du diocèse catholique d’Otukpo a condamné l’attaque du 6 février, la qualifiant de « profondément triste et regrettable », et a appelé à prier pour la libération saine et sauve des otages. Il a souligné que de tels actes de violence ne sont pas isolés dans la région, rappelant qu’au moins sept chrétiens avaient été enlevés dans la même localité en décembre.

    « C’est quelque chose dont nous sommes témoins tous les jours », a-t-il déclaré.

    Climat d'insécurité croissant

    Ces attaques soulignent le climat d'insécurité croissant qui règne dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. Une semaine auparavant, près de 200 personnes avaient été massacrées dans l'État de Kwara – un incident que le président Bola Tinubu a qualifié de « lâche et barbare », précisant que les hommes armés avaient pris pour cible des villageois qui refusaient d'imposer un régime autoritaire. Par ailleurs, les ravisseurs des neuf adolescents exigeraient une rançon de 30 millions de nairas (environ 22 000 dollars).

    « Il est louable que les membres de la communauté, même musulmans, aient refusé d’être enrôlés de force dans une croyance qui prône la violence plutôt que la paix », a déclaré le président dans un communiqué.

    La vague d'enlèvements et de meurtres est tellement alarmante que les religieux et chefs religieux nigérians n'ont pas hésité à exprimer leur mécontentement, déclarant à CWR que la recrudescence des enlèvements visant les chrétiens et les prêtres reflète un « État défaillant et en voie de défaillance » incapable de protéger ses citoyens.

    « L’enlèvement de prêtres est le reflet de l’incapacité de l’État nigérian à protéger ses citoyens », a déclaré le père Stan Chu Ilo dans une interview exclusive accordée à CWR.

    Le prêtre catholique nigérian du diocèse d'Awgu et professeur de recherche principal au Centre pour le catholicisme mondial et la théologie interculturelle de l'université DePaul a noté que les dernières attaques sont également « une indication que les agents pastoraux sont ciblés au Nigéria par ces groupes [terroristes], soit pour faire une déclaration [que nous sommes toujours là et que nous pouvons toujours vous faire du mal], soit pour renforcer le discours que beaucoup d'entre nous ont fini par adopter et qui nous inquiète, selon lequel les prêtres, les agents pastoraux, sont des cibles d'attaques délibérées de la part de ces islamistes radicaux », a-t-il déclaré à CWR.

    « Que ces cibles soient choisies au hasard ou non, les prêtres, les agents pastoraux et les chrétiens en général sont visés au Nigéria », a-t-il ajouté.

    La révérende sœur Cecilia Ojetunde, membre des Sœurs Franciscaines de l'Immaculée Conception, Ilesa, État d'Osun, dans l'ouest du Nigéria, a exprimé des sentiments similaires, déclarant à CWR que « des personnes sont enlevées comme des marchandises en échange d'argent ».

    « La plupart de ces ravisseurs en ont fait un commerce », a-t-elle déclaré.

    Les attaques contre les chrétiens constituent un problème national plus vaste.

    Une campagne de violence dévastatrice qui dure depuis 15 ans a fait 185 000 morts au Nigéria, selon un rapport de la Société internationale pour les libertés civiles et l'État de droit (Intersociety).

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  • Qui sera béatifié en 2026 ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Qui sera béatifié en 2026 ?

    En 2026, cinq cérémonies de béatification sont déjà confirmées, et sept autres sont considérées comme imminentes.

    Le nombre moyen de bienheureux varie considérablement d'une année à l'autre, une seule cérémonie de béatification pouvant aboutir à la béatification d'un seul nouveau bienheureux à plusieurs centaines. Le pape Benoît XVI, par exemple, a béatifié 498 martyrs de la guerre civile espagnole en 2007.

    Treize cérémonies de béatification ont eu lieu en 2025 : une sous le pontificat du pape François et douze sous celui de son successeur, le pape Léon XIV. Il est trop tôt pour dire si le nombre de béatifications augmentera ou diminuera sous le pontificat du pape né aux États-Unis. Il est fort probable qu’il reste sensiblement le même, avec peut-être une légère hausse du nombre de bienheureux américains.

    En 2026, cinq cérémonies de béatification sont déjà confirmées, et sept autres sont considérées comme imminentes.



    béatifications confirmées

    La première cérémonie de 2026 a eu lieu samedi dernier. Le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les causes des saints, a présidé la béatification, le 7 février, du prêtre espagnol du XIXe siècle Salvador Valera Parra .

    Valera a été surnommé « le Curé d'Ars espagnol » car, bien qu'étant un élève peu brillant, il a néanmoins eu un impact profond sur ses paroissiens grâce à son dévouement au travail pastoral, notamment au confessionnal.

    Les prochaines béatifications sont prévues le 6 juin. Semeraro présidera la béatification de Jan Świerc et de huit compagnons à Cracovie, en Pologne. Les neuf membres de l'ordre salésien ont été assassinés dans les camps de concentration nazis d'Auschwitz et de Dachau en 1941 et 1942.

    Le 6 juin également, le cardinal Michael Czerny, préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, béatifiera les prêtres tchèques Jan Bula et Václav Drbol , exécutés sous le régime communiste du pays au début des années 1950.

    Un mois plus tard, le cardinal Luis Antonio Tagle, propréfet de la Section pour la Première Évangélisation et les Nouvelles Églises Particulières du Dicastère pour l'Évangélisation, présidera la béatification du prêtre vietnamien Francis Xavier Truong Buu Diep . Ce dernier, homme travailleur qui a fondé des paroisses au Cambodge et au Vietnam, a été tué par des déserteurs de l'armée japonaise en 1946.

    La cinquième béatification confirmée aura lieu le 27 septembre à Bologne, en Italie. Semeraro béatifiera les prêtres Elia Comini Ubaldo Marchioni et Nicola Capelli , exécutés par les nazis en 1944.

    béatifications attendues

    Plusieurs autres causes ont atteint le stade de la béatification. Cependant, elles ne figurent pas encore sur la page du Dicastère pour les causes de béatification des saints , avec une date et un lieu confirmés.

    Le 27 janvier 2025, le pape François a reconnu le martyre de Pedro de Corpa et de quatre de ses compagnons, communément appelés les martyrs de Géorgie . Ces frères franciscains ont été tués en 1597, dans l'actuel État américain de Géorgie, en signe d'odium fidei (haine de la foi). Certaines sources indiquent qu'ils pourraient être béatifiés en octobre.

    Dans l'un de ses derniers actes officiels, le 14 avril 2025, le pape François a reconnu le martyre du prêtre italien Nazareno Lanciotti . Missionnaire au Brésil, Lanciotti a été tué dans l'État du Mato Grosso en 2001. Sa béatification aura vraisemblablement lieu au Brésil.

    Le 18 décembre 2025, le pape Léon XIV a reconnu un miracle attribué à l'intercession de l'homme d'affaires argentin du XXe siècle Enrique Ernesto Shaw , ouvrant la voie à sa béatification, probablement à Buenos Aires.

    Le même jour, Léon XIV a également reconnu le martyre du séminariste Ignacio Aláez Vaquero et de 10 compagnons , tués en odium fidei dans la province de Madrid pendant la guerre civile espagnole.

    Le 22 janvier 2026, le pape Léon XIII a reconnu un miracle attribué à l'intercession d' Angela Caterina Isacchi , la fondatrice italienne de la Congrégation des Ursulines du Sacré-Cœur de Jésus d'Asola, réputée pour son travail pastoral et éducatif.

    Le même jour, le pape a reconnu le prêtre franciscain du XXe siècle, Augusto Rafael Ramírez Monasterio, comme martyr. « Fray Augusto » a été torturé par l’armée guatémaltèque, apparemment pour avoir refusé de rompre le secret de la confession, et tué aux abords de la ville de Guatemala en 1983.

    Enfin, l'évêque de Peoria, Louis Tylka, a annoncé le 9 février 2026 que le Vatican avait approuvé la béatification de l'archevêque Fulton Sheen, pionnier du télévangélisme. La messe de béatification de Sheen devrait avoir lieu fin septembre ou début octobre.

  • Les présidents des conférences épiscopales française, italienne, allemande et polonaise ont appelé les chrétiens à contribuer à façonner l'avenir de l'Europe

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    Du site de la Conférence épiscopale italienne :

    Appel : Chrétiens pour l'Europe. La force de l'espoir

    « Il est beau de devenir pèlerins de l’espérance. Et il est beau de le rester, ensemble ! » Telle est l’invitation que le pape Léon XIV, à la fin du Jubilé de l’Espérance, a adressée à toutes nos Églises, afin que le temps qui s’ouvre soit « le commencement de l’espérance ». En tant que présidents des Conférences épiscopales européennes, nous nous sentons investis de la responsabilité d’accueillir et de relayer l’invitation du Pape. Nous vivons dans un monde déchiré et polarisé par la guerre et la violence. Nombre de nos concitoyens sont angoissés et désorientés. L’ordre international est menacé. Dans ce contexte, l’Europe doit retrouver son âme afin d’offrir au monde entier sa contribution indispensable au « bien commun ». Nous pouvons y parvenir en réfléchissant à ce qui a contribué à la fondation de l’Europe. D’un point de vue historique, après les civilisations hellénistique et romaine, le christianisme a été l’un des fondements essentiels de notre continent. Il a largement façonné le visage d’une Europe humaniste, solidaire et ouverte sur le monde.

    Aujourd'hui, nous vivons dans une Europe pluraliste, caractérisée par la diversité linguistique, les différences culturelles régionales et la multitude de traditions religieuses et spirituelles. Bien que moins nombreux, les chrétiens n'en demeurent pas moins courageux et persévérants, fidèles à leurs convictions.

    Au lendemain d'une guerre dévastatrice, marquée par l'extermination de millions de personnes pour des raisons raciales, religieuses ou identitaires, l'urgence de construire un monde nouveau s'est imposée. Nombre de laïcs catholiques ont résolument conçu l'Europe comme une maison commune et se sont engagés dans l'élaboration d'un nouveau cadre international, notamment par la création des Nations Unies. Leur objectif était de bâtir une société réconciliée, conçue comme un point de convergence et une garantie de respect mutuel des spécificités, un bastion de la liberté, de l'égalité et de la paix.

    Dans la Déclaration qui a conduit à la création de la CECA, la Communauté européenne du charbon et de l'acier, premier pas vers l'Union européenne, les rédacteurs ont sagement affirmé : « La contribution organisée et essentielle qu'une Europe peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien de relations pacifiques. L'Europe ne se construira pas d'un seul coup, ni par une construction commune ; elle se construira par des réalisations concrètes, créant avant tout une solidarité de fait . » Les pères fondateurs de l'Europe, Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi, inspirés par leur foi chrétienne, n'étaient pas de naïfs rêveurs, mais les architectes d'un édifice magnifique, quoique fragile. « Parce qu'ils aimaient le Christ, ils aimaient aussi l'humanité et ont œuvré à son unité », comme l'a souligné à maintes reprises saint Jean-Paul II, rappelant le rôle des chrétiens dans la construction de l'Europe.

    Le 25 mars 1957, lors de son discours prononcé à l'occasion des traités instituant la CEE et la CEAE, Konrad Adenauer déclara : « Jusqu'à récemment, nombreux étaient ceux qui considéraient l'accord que nous consacrons officiellement aujourd'hui comme irréalisable (…). Nous sommes conscients de la gravité de notre situation, qui ne peut être résolue que par l'unification de l'Europe ; nous savons également que nos projets ne sont pas motivés par l'égoïsme, mais visent à promouvoir le bien-être du monde entier. La Communauté européenne poursuit exclusivement des fins pacifiques et n'est dirigée contre personne (…). Notre objectif est de travailler avec tous pour promouvoir le progrès dans la paix . »

    La tragédie meurtrière de la Seconde Guerre mondiale avait mis en garde la génération fondatrice de l'Europe contre la tentation, pour les régimes totalitaires se nourrissant de nationalisme, de poursuivre des objectifs hégémoniques dont l'issue ne peut être que la guerre. « Le nationalisme exacerbé est une forme d’idolâtrie : il place la nation au rang de dieu et l’oppose à l’humanité », affirmait Alcide De Gasperi, soulignant que « l’Europe unie n’est pas née contre les patries , mais contre les nationalismes qui les ont détruites ».

    L’Europe ne saurait se réduire à un marché économique et financier, au risque de trahir la vision originelle de ses pères fondateurs. Respectueuse de l’État de droit et rejetant la logique exclusiviste de l’isolationnisme et de la violence, elle privilégiera la résolution supranationale des conflits, en choisissant les mécanismes et les alliances appropriés. Elle doit toujours être prête à renouer le dialogue, même en temps de conflit, et à œuvrer pour la réconciliation et la paix. L’Europe est appelée à rechercher des alliances qui jettent les bases d’une véritable solidarité entre les peuples.
    Malgré la présence de nombreux mouvements eurosceptiques dans divers pays du continent, les Européens se sont rapprochés, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Un cadre international est en train de disparaître et un nouveau reste à voir le jour. Le pape François, conscient que nous vivons une période de bouleversements historiques, l’a définie ainsi : « Au siècle dernier, l’humanité a été témoin d’un nouveau départ : après des années de conflits tragiques, culminant avec la guerre la plus terrible de mémoire d’homme, une nouveauté sans précédent dans l’histoire a surgi, par la grâce de Dieu. Les cendres des décombres n’ont pu éteindre l’espoir et la quête de l’autre qui brûlaient dans le cœur des Pères fondateurs du projet européen. Ils ont posé les fondements d’un bastion de paix, d’un édifice construit par des États unis non par imposition, mais par le libre choix du bien commun, renonçant à jamais à la confrontation. L’Europe, après tant de divisions, s’est enfin retrouvée et a commencé à bâtir sa demeure . (…)L’Église peut et doit contribuer à la renaissance d’une Europe fatiguée, mais encore riche d’énergie et de potentiel. Sa tâche coïncide avec sa mission : l’annonce de l’Évangile, qui aujourd’hui plus que jamais se traduit avant tout par un appel aux souffrances de l’humanité, par la présence forte et simple de Jésus, par sa miséricorde consolatrice et encourageante (Discours prononcé à l’occasion de la remise du prix Charlemagne, le 6 mai 2016).

    Le monde a besoin de l’Europe. C’est cette urgence que les chrétiens doivent saisir afin de s’engager résolument, où qu’ils soient, pour son avenir, avec la même conscience aiguë que les Pères fondateurs. « Vécue comme un engagement désintéressé au service de la cité, au service de l’humanité, la politique peut devenir un engagement d’amour envers son prochain », expliquait Robert Schuman. Au nom de leur foi, les chrétiens sont appelés à partager leur espérance de la fraternité universelle avec tous les habitants du continent européen.

    Cardinal Jean-Marc Aveline,
    archevêque de Marseille,
    président de la Conférence épiscopale française

    Cardinal Matteo Maria Zuppi,
    archevêque de Bologne,
    président de la Conférence épiscopale italienne

    Monseigneur Georg Bätzing,
    évêque de Limbourg,
    président de la Conférence des évêques allemands

    L'archevêque Tadeusz Wojda
    de Gdansk,
    président de la Conférence épiscopale polonaise