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Actualité - Page 2

  • Synodalité : le discours du pape aux fidèles du diocèse de Rome

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    TEXTE INTEGRAL DU DISCOURS DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS AUX FIDÈLES DU DIOCÈSE DE ROME (source)

    Salle Paul VI, Samedi 18 septembre 2021

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Comme vous le savez, ce n'est pas nouveau ! -, un processus synodal est sur le point de commencer , un cheminement dans lequel toute l'Église s'engage sur le thème : « Pour une Église synodale : communion, participation, mission » : trois piliers. Trois phases sont prévues, qui se dérouleront entre octobre 2021 et octobre 2023. Cet itinéraire a été conçu comme une dynamique d'écoute mutuelle, je veux souligner ceci : un dynamisme d'écoute mutuelle, mené à tous les niveaux de l'Église, impliquant tout le peuple de Dieu. Le Cardinal Vicaire et les Évêques auxiliaires doivent s'écouter, les prêtres doivent s'écouter, les les religieux doivent s'écouter, les laïcs doivent s'écouter. Et puis, tout le monde s'inter-écoute. Écoutez-vous; parler et s'écouter. Il ne s'agit pas de recueillir des opinions, non. Ce n'est pas une enquête; mais il s'agit d'écouter l'Esprit Saint, comme on le trouve dans le livre de l' Apocalypse: « Quiconque a des oreilles, écoutez ce que l'Esprit dit aux églises » (2,7). Avoir des oreilles, écouter, est le premier engagement. Il s'agit d'entendre la voix de Dieu, de saisir sa présence, d'intercepter son passage et son souffle de vie. Il est arrivé au prophète Elie de découvrir que Dieu est toujours un Dieu de surprises, même dans la façon dont il passe et se fait sentir :

    « Il y avait un vent impétueux et fort qui fendait les montagnes et brisait les rochers […], mais le Seigneur n'était pas dans le vent. Après le vent, un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre. Après le tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était pas dans le feu. Après le feu, le murmure d'une brise légère. Dès qu'il l'entendit, Elie se couvrit le visage de son manteau" ( 1R 19, 11-13).

    C'est ainsi que Dieu nous parle. Et c'est pour cette « brise légère » - que les exégètes traduisent aussi « fine voix de silence » et quelqu'un d'autre « un fil de silence retentissant » - que nous devons préparer nos oreilles, pour entendre cela brise de Dieu.

    La première étape du processus (octobre 2021 - avril 2022) concerne les différentes Églises diocésaines. Et c'est pourquoi je suis ici, en tant que votre Evêque, pour partager, car il est très important que le diocèse de Rome s'engage dans ce chemin avec conviction. Ce serait une folie de la part du diocèse du Pape de ne pas s'engager là-dedans, n'est-ce pas ? Un imbécile pour le Pape et pour vous aussi.

    Le thème de la synodalité n'est pas le chapitre d'un traité d'ecclésiologie, encore moins une mode, un slogan ou le nouveau terme à utiliser ou à exploiter dans nos rencontres. Non! La synodalité exprime la nature de l'Église, sa forme, son style, sa mission. Et donc on parle d' Église synodale , en évitant cependant de considérer qu'elle est un titre parmi d'autres, une manière de la penser qui offre des alternatives. Je ne dis pas cela sur la base d'une opinion théologique, pas même comme une pensée personnelle, mais en suivant ce que nous pouvons considérer comme le premier et le plus important "manuel" d'ecclésiologie, qui est le livre des Actes des Apôtres .

    Le mot « synode » contient tout ce qu'il faut comprendre : « marcher ensemble ». Le livre des Actes, c'est l'histoire d'un voyage qui part de Jérusalem et, traversant la Samarie et la Judée, se poursuivant dans les régions de Syrie et d'Asie Mineure puis en Grèce, se termine à Rome. Cette route raconte l'histoire dans laquelle la Parole de Dieu et les gens qui tournent leur attention et leur foi vers cette Parole marchent ensemble. La Parole de Dieu marche avec nous. Tout le monde est le protagoniste, personne ne peut être considéré comme un simple extra. Il faut bien le comprendre : tout le monde est protagoniste. Le Pape, le Cardinal Vicaire, les Évêques Auxiliaires ne sont plus les protagonistes ; non : nous sommes tous des protagonistes, et personne ne peut être considéré comme un simple figurant. A cette époque, les ministères étaient encore considérés comme des services authentiques. Et l'autorité est née de l'écoute de la voix de Dieu et du peuple - ne les sépare jamais - qui maintenait ceux qui la recevaient "en bas". La "base" de la vie, à qui il fallait rendre service de la charité et de la foi. Mais cette histoire n'est pas seulement en mouvement en raison des lieux géographiques qu'elle traverse. Exprime une continuation-agitation intérieure : c'est un mot clé, agitation intérieure . Si un chrétien ne ressent pas cette inquiétude intérieure , s'il ne l'éprouve pas, il manque quelque chose ; et cette inquiétude intérieure naît de sa propre foi et nous invite à évaluer ce qu'il y a de mieux à faire, ce qu'il faut maintenir ou changer. Cette histoire nous enseigne que l'immobilité ne peut pas être une bonne condition pour l'Église (cf. Evangelii gaudium , 23). Et le mouvement est une conséquence de la docilité au Saint-Esprit, qui est le metteur en scène de cette histoire dans laquelle chacun est un protagoniste agité et incessant.

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  • Succès de la "Marche pour la Vie" à Zurich

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    De kath.net/news :

    "Marcher signifie vivre"

    19 septembre 2021

    Succès de la "Marche pour la vie" à Zurich Oerlikon - Plusieurs attaques à la peinture contre des organisations de soutien au cours de la période préparatoire.

    La 11e Marche pour la vie s'est déroulée le samedi 18 septembre à Zurich-Oerlikon avec des salutations des marches pour le droit à la vie du monde entier, des témoignages émouvants, une déclaration politique saisissante et des représentants des églises. Environ 1400 participants se sont réunis sur la place du marché d'Oerlikon à partir de 14h30 pour célébrer la vie et attirer l'attention sur l'importante question des grossesses chez les adolescentes.

    Les personnes présentes ont été accueillies par des messages vidéo en provenance du monde entier : des responsables des mouvements de la Marche de la Vie d'Argentine, du Canada, des États-Unis et d'Allemagne ont fait savoir aux militants pro-vie de Suisse : "Nous sommes avec vous ! ("Nous sommes avec vous !"). Les évêques Charles Morerod (Fribourg) et Jean-Marie Lovey (Sion) ont également envoyé des vœux, qui ont été lus par l'évêque auxiliaire émérite Marian Eleganti (Coire). Ce dernier avait déjà organisé le matin un service pour la "Marche pour la vie" dans la Liebfrauenkirche de Zurich.

    Une pression énorme sur les jeunes femmes

    Sur le thème de cette année "Jeune, enceinte, impuissante ?", Joy a raconté dans un clip vidéo comment elle est tombée enceinte à 15 ans et a dû se battre pour décider de garder l'enfant. Avec l'aide d'une organisation, elle a finalement trouvé un oui à son bébé, a pu être placée dans un foyer mère-enfant et, plus tard, a également pu poursuivre ses études. À propos de la décision qu'elle a prise, la jeune femme, aujourd'hui âgée de 22 ans, déclare : "Ce n'était pas toujours facile, mais vous aviez la vie dans une communauté, ils m'ont soutenue partout où ils le pouvaient."

    La jeune mère n'a jamais regretté sa décision : "Je voudrais toujours avoir mon enfant à nouveau, je le choisirais toujours. Même si ce n'est pas toujours facile, un enfant vous apporte tellement !". Son message aux jeunes femmes enceintes : "Croyez en vous ! Ce ne sera pas toujours facile. Vous aurez besoin de soutien car il est méga difficile de le faire seul. Acceptez le soutien, croyez en vous ! Toujours penser positif !"

    Maria Grundberger, qui a travaillé pendant de nombreuses années comme sage-femme et conseillère auprès des femmes enceintes, a également évoqué la difficulté pour les jeunes mères de garder leur enfant. La pression exercée sur les jeunes mères et pères pour qu'ils avortent est énorme, a-t-elle dit. Si les jeunes femmes décident d'avoir leur enfant malgré la pression, la pression est également forte par la suite, par exemple en matière d'éducation. La conseillère expérimentée a démontré de manière impressionnante, à l'aide d'exemples pratiques, que la situation avec un enfant est presque impossible pour les mères adolescentes. Selon elle, il est urgent d'élargir les offres d'aide et de fournir davantage de soutien, notamment aux jeunes parents, afin d'éviter aux jeunes femmes le traumatisme d'un avortement et de sauver la vie des enfants.

    "La force du peuple se mesure au bien-être des faibles".

    Dans la deuxième partie du rassemblement, le conseiller national valaisan Benjamin Roduit (PDC/Die Mitte) a déclaré dans son discours : " Marcher, c'est vivre. Nous marchons pour le plus faible, l'être humain le plus prometteur : Pour l'enfant dans le ventre de sa mère !" Le politicien s'est référé au préambule de la Constitution fédérale, qui stipule : "La force du peuple se mesure au bien-être des faibles". Des milliers de personnes parmi les plus faibles sont appelées à grandir et à devenir grandes. Le taux d'avortement étant très élevé, notamment chez les jeunes mères, M. Roduit a souligné : "Elles et les futurs jeunes pères ont besoin de notre aide."

    Le rassemblement s'est achevé vers 17h30 avec l'intervention du révérend Patrick Werder (Église réformée de Zurich), qui a souligné : " Je voudrais vous encourager aussi : Ne croyez pas qu'il n'y a pas d'espoir ! Prenez les bonnes décisions ! C'est tellement important ! Je connais une femme qui a dit : "C'était la meilleure décision de sa vie - la décision pour son enfant. Malgré la pression, malgré les difficultés, malgré l'opposition, malgré tout. C'était la bonne chose à faire. La meilleure chose."

    L'événement a été encadré musicalement par le Bethel Worship Band. Le point culminant a été la marche d'une heure dans les rues d'Oerlikon, que la ville de Zurich voulait interdire au préalable, mais qui a été autorisée par le bureau du gouverneur. La marche pacifique s'est déroulée avec une importante présence policière, bien qu'avec un certain retard dû aux blocages des milieux d'extrême gauche.

    Avant la marche, plusieurs attaques à la peinture avaient déjà eu lieu jeudi soir et vendredi contre diverses organisations de soutien à Zurich, Berne et Winterthur. Les bureaux de l'Alliance évangélique suisse (AES), de l'association Pro Life et de la fondation Zukunft CH ont été graffités et endommagés. Les organisations condamnent ces attaques et ont chacune porté plainte contre des inconnus. Marc Jost, secrétaire général du SEA, a déclaré : "Il n'est plus évident de pouvoir s'exprimer librement en Suisse sans être touché par la haine et le vandalisme. Nous sommes préoccupés par ce changement culturel. Cependant, nous ne laissons pas cette minorité criminelle limiter notre engagement socio-politique. Nous faisons également l'expérience, encore et encore, que des débats controversés et en même temps respectueux sont tout à fait possibles".

    Photo : Rallye à Zurich © March for Life

    et aussi : 4500 participants à la 17e Marche pour la Vie à Berlin

  • "On ira tous au Paradis" ?

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    De Sixtine Chartier sur le site de La Vie :

    « On ira tous au paradis »: mais qu'a vraiment voulu dire le pape François ?

    Lors de sa conférence de presse dans l’avion de retour de son voyage en Slovaquie le 15 septembre, le pape François a prononcé une petite phrase qui suscite d'anciennes réflexions théologiques : irons-nous tous au paradis ?

    17/09/2021

    C’est une tradition à laquelle le pape François déroge rarement : la petite phrase aussi sibylline que polémique prononcée sur un ton badin lors de la conférence de presse donnée dans l’avion de retour d’un voyage apostolique.

    Cette année, de retour de Slovaquie, le pape répondait à une question sur les unions civiles et le mariage entre personnes de même sexe. François se dit favorable aux unions civiles pour les couples homosexuels mais pas au mariage en tant que sacrement. Rien de très nouveau jusque là, puisqu’il avait déjà pris position sur le sujet.

    Au détour de ses explications sur le sujet, très claires, il glisse : « Nous sommes tous égaux. Il faut respecter tout le monde. Et le Seigneur est bon. Il sauvera tout le monde. Ça il ne faut pas le dire trop fort. (rire) Le Seigneur veut sauver tout le monde. »

    À quoi bon un enfer ?

    Voilà qui ouvre de complexes réflexions théologiques au sujet du salut et des fins dernières. Car énoncer que Dieu « sauvera tout le monde » est pour le moins problématique du point de vue de la doctrine catholique. Concrètement, cela met en jeu l’existence de l’enfer : si Dieu sauve tout le monde, c'est-à-dire qu’il les emmène tous au paradis, à quoi bon un enfer ? Or l’Eglise catholique professe toujours son existence. 

    « C’est une question ancienne qui a été tranchée lors du 5e concile de Constantinople au VIe siècle », explique le dominicain Marie Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond. Le débat se concentre autour de la figure d’Origène, père de l’Eglise dont une partie de l’enseignement a été rejeté par ce concile œcuménique du début de l’ère chrétienne. En particulier, sa conviction que « toute la création retrouvera la splendeur perdue lors de la chute d’Adam ». Un concept théologique qui répond au nom technique d’ « apocatastase », explique le dominicain. 

    « Il n’y a pas de miséricorde sans justice »

    Sauver tout le monde après la mort : quel est le problème ? « Si nous sommes tous sauvés quoique nous fassions sur terre, que sauvegarde-t-on de la liberté humaine ? détaille le frère Marie Augustin. Est-ce que Dieu est tellement tout puissant qu’il puisse contraindre l’Homme au salut ? Dieu peut il nous imposer d’être sauvés contre notre gré ? »

    Il s’agirait d’une « prédestination inversée » qui suscite encore d’autres questions, explique le dominicain : « Si nous sommes tous destinés au salut, à quoi bon travailler au bien de notre prochain sur terre ? » Nous pourrions répondre que faire le bien n’attend pas forcément de rétribution. Néanmoins, se pose une question de justice : « Notre Dieu est un Dieu de miséricorde, précise le frère Marie Augustin. Il veut donc le salut de tous. Mais il n’y a pas de miséricorde sans justice ; on le voit bien à l’échelle humaine dans les affaires d’abus sexuels. C’est la même chose pour Dieu, il ne peut pas laisser le mal impuni. »

    « Il faut maintenir l’enfer comme possibilité réelle, mais il faut espérer qu’il soit vide » 

    N’est-il pas terrible de concevoir un Dieu autorisant l’existence de l’enfer ? Sur ce point, le dominicain renvoie à un court ouvrage écrit par le théologien Hans Urs Von Balthazar, L’enfer. Une question paru en 1992. « Il dit en somme : il faut maintenir l’enfer comme possibilité réelle, mais il faut espérer qu’il soit vide. » 

    Il faut aussi rappeler que le débat sur l’enfer est, comme toutes les questions eschatologiques (c'est-à-dire touchant aux fins dernières), hautement spéculatif.  Pour ne pas s’enferrer dans des débats abscons, frère Marie Augustin propose un critère simple : « Est-ce que ce que nous disons sur la vie de l’homme dans la vie éternelle est compatible avec notre expérience présente de la vie ? » La vie éternelle étant le prolongement de la vie terrestre, l’une ne saurait contredire radicalement l’autre. Et Dieu ne saurait se contredire lui-même. 

    Une stratégie de petites phrases

    Revenons au pape François. L’épisode de l’avion est difficile à interpréter car ambigu : sa petite phrase est immédiatement corrigée par l’assertion que Dieu « veut » sauver tout le monde, ce qui annule sa première assertion et est parfaitement conforme à la doctrine catholique. 

    « Cet épisode participe de son attitude générale assez ouverte, décomplexée, sympathique, estime frère Marie Augustin. Il sait très bien que ce sujet suppose une élaboration beaucoup plus profonde, mais n’estime-t-il pas que ces constructions théologiques subtiles n’intéressent pas grand monde aujourd’hui ? » En homme de média, le pape François n’ignore certainement pas cette réalité.

    Quant au fait que son intervention se situe au sein d’une question sur le mariage homosexuel, ce n’est pas anodin. « On voit bien que depuis le début de son pontificat, sur les questions LGBT, il adopte une stratégie de petites phrases, indique le dominicain. Une façon de contourner l’impossibilité catholique de faire évoluer les textes du magistère. » Cela donne la mesure du propos du pape qui s’adresse au grand public : « Certes l’Eglise ne vous paraît pas très inclusive aujourd’hui, mais vous verrez, dans l’éternité, elle sera inclusive. Le salut est offert à tous sans distinction malgré ce que les apparences laissent croire dans la vie de l’Eglise aujourd’hui : l’accès au salut ne se fait pas en fonction de l’orientation sexuelle. » 

    Comme l’écrivait le grand mystique espagnol saint Jean de la Croix : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour ». 

  • Le wokisme : un despotisme démocratique, symptôme d'une société déchristianisée

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    D' sur le site du Figaro Vox :

    Conversations Tocqueville: «Le “wokisme”, une fièvre américaine qui atteint l'Europe»

    Le concept «d'intersectionnalité» repose sur l'idée selon laquelle les dominations (de sexe, de classe, de genre, ethniques) ne seraient pas indépendantes les unes des autres ; elles s’entremêleraient, voire se renforceraient puis aboutiraient à faire «système». Ainsi, tous les «dominés» doivent converger dans une lutte contre les «dominants». Les réunions en non-mixité, excluant les personnes blanches au profit des noires en constituent un exemple parfait. «Pourquoi des personnes partageant la même couleur de peau ou la même orientation sexuelle, seraient identiques les unes aux autres ?», s'interroge Rachel Khan, présente pour débattre de la question raciale. La nébuleuse woke, rongée par ses fantasmes de fusion, cherche à faire perdre à chaque individu sa «signature» et à l'enfermer dans une «identité figée», déplore l'auteure, née d'un père immigré africain et d'une mère juive polonaise, fille de déportés. Or, si les individus sont identifiés par leur race comment peuvent-ils s'en affranchir ?

    Pourtant certains d'incarner l'idéal démocratique, les woke instituent une tyrannie, souligne Janice Rogers-Brown, ancienne juge de la Cour Suprême de Californie. Pointant du doigt les membres de certains groupes sociaux comme des agresseurs, ils en font ses boucs émissaires et demandent leur suppression de la vie sociale : «il faut annuler les scandales vivants», résume Alain Finkielkraut.

    S'il voulait garantir la pérennité de la démocratie, Alexis de Tocqueville connaissait aussi ses dangers intrinsèques : «Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme.» (De la démocratie en Amérique, II, Chapitre 4)

    L’individu démocratique, érigeant l'égalité comme finalité de l’action politique, non seulement ne supporte plus l’inégalité, mais considère la moindre différence comme une offense. Même si l’égalité semble réalisée, l’apparence d’une inégalité injurie en quelque sorte la conscience collective. Ainsi, il n’est plus question de veiller au respect de l’égalité, mais de scruter ce qui pourrait représenter une esquisse de divergence, jugée forcément discriminante, a poursuivi le producteur de la célèbre émission Répliques.

    Symptôme d'une société déchristianisée

    Dostoïevski affirmait dans la préface des Frères Karamazov que le communisme se voulait la réalisation du royaume de Dieu sur Terre. Embrassant la théorie de l’écrivain russe, le professeur de théorie politique à Georgetown, Josh Mitchell, a développé, devant l'auditoire, l'idée selon laquelle le wokisme était une nouvelle expression du religieux dans une société déchristianisée. En effet, il se caractérise par un contrôle social inédit pour l’époque, un amour pour la vérité officielle, une obsession de la pureté morale, des relations sociales devenues pathologiques et lorsqu’un récit de persécution provient du persécuté, ne pas y croire relève du blasphème.

    Mais si la bonne parole du totalitarisme soviétique émanait de l'État, cette nouvelle tyrannie trouve racine dans nos démocraties libérales. À ce propos, René Girard disait déjà il y a 20 ans que le souci pour la victime tenait du fanatisme : «La surenchère perpétuelle transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente.» Alors que le Christ était le bouc émissaire de l'humanité tout entière, se livrant sur la croix pour sauver les hommes, chacun devient désormais le coupable à désigner, argumente l'universitaire américain.

    Préserver l'idéal démocratique

    Pour s'opposer à cette nouvelle hégémonie et promouvoir un récit collectif alternatif à ce discours, le passé ne semble plus être un recours, mais un repoussoir pour les plus extrêmes : «Le cadavre des anciennes humanités fait place aux revendications des minorités», a ainsi déploré Alain Finkielkraut. Pourtant, nous sommes les dépositaires d'une Histoire plus ancienne que nous, et c'est à la préserver qu’œuvrent les Conversations Tocqueville.

    À l'orée de ce moment charnière, les orateurs se sont entendus sur la nécessité de ne pas céder aux concurrences victimaires. Pour assurer un avenir commun, il faudra aller puiser au cœur des institutions démocratiques, ont-ils conclu cette première journée de discussions.

  • Russie : le film "Benedetta" jugé offensant pour les croyants est interdit d'écrans

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    Du site de La Libre :

    La Russie interdit Benedetta, le dernier film de Paul Verhoeven

    La Russie a interdit Benedetta, le nouveau film de Paul Verhoeven avec l'actrice franco-belge Virginie Efira.

    Le film, qui devait sortir dans les cinémas russes le 7 octobre, n'a pas reçu de licence de distribution de la part du ministère de la Culture, a rapporté samedi l'agence étatique russe Tass.

    Certaines scènes violent en effet la législation russe en la matière et sont considérées comme offensantes pour les croyants.

    Le nouveau film du réalisateur néerlandais de 83 ans raconte l'histoire d'amour entre deux religieuses homosexuelles. Le film a été présenté en avant-première à Cannes début juillet.

  • Le motu proprio « Traditionis custodes » du pape François : un document à effet unilatéral ?

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    Une réaction de Denis Crouan sur le site « Pro liturgia » :

    « NOUVEAU Samedi, 18 septembre 2021. Depuis la publication du Motu proprio “Traditionis custodes”, un certain nombre d’évêques se focalisent sur les fidèles et les lieux de culte attachés à la forme “extraordinaire” de la liturgie romaine.

    Il serait bon qu’ils regardent aussi du côté des paroisses où l’on dit recevoir Vatican II et la liturgie restaurée dans le sillage de ce Concile. Car c’est de ce côté-là - bien plus que du côté des ”traditionalistes” - que viennent la majorité des problèmes liturgiques dont sont révélatrices les liturgies dénaturées célébrées dimanche après dimanche depuis des années. Mais ça, les évêques refusent de le voir. Et pour une raison très simple : les liturgies dénaturées sont les fruits d’une pastorale qu’ils ont eux-mêmes approuvée et encouragée. Et nos pasteurs semblent avoir à la fois trop de fierté pour faire leur “mea culpa” et pas assez de courage pour corriger les nombreuses malfaçons des célébrations paroissiales.

    NOUVEAU Samedi, 18 septembre 2021. Quand on assiste à une messe paroissiale, on constate que très peu de fidèles savent qu’ils doivent s’agenouiller à certains moments de la célébration. Il est vrai que durant plusieurs années, cette attitude d’adoration fut proscrite par un clergé autoproclamé “conciliaire”, lequel a d’ailleurs fait supprimer les agenouilloirs dans un très grand nombre d’églises.

    Pourtant, la “Présentation générale du Missel romain” consacre un long passage aux “gestes et les attitudes du corps”. On y lit :

    “Les gestes et les attitudes du corps, tant ceux du prêtre, du diacre ou des ministres, que ceux du peuple doivent viser à ce que toute la célébration manifeste une belle et noble simplicité, que soit perçue toute la vraie signification de ses diverses parties et que soit favorisée la participation de tous. On devra donc être attentif aux normes de cette Présentation générale et à la pratique reçue du rite romain ainsi qu’au bien commun spirituel du peuple de Dieu, plutôt qu’à ses goûts personnels et à son propre jugement.

    Les attitudes communes à observer par tous les participants sont un signe de l’unité des membres de la communauté chrétienne rassemblée dans la sainte Liturgie; en effet, elles expriment et développent l´esprit et la sensibilité des participants.

    Les fidèles (...) s’agenouilleront pour la consécration, à moins que leur état de santé, l’exiguïté des lieux ou le grand nombre des participants ou d’autres justes raisons ne s’y opposent. (...) Là où il est de coutume que le peuple demeure à genoux depuis la fin du Sanctus jusqu’à la fin de la Prière eucharistique, et avant la communion quand le prêtre dit Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), il sera bon de conserver cette coutume.”

    Ref. https://www.proliturgia.org/actua.html

    Au point où se trouve actuellement l’usage du missel de Paul VI, est-il encore réformable dans un sens plus proche de l’esprit de la constitution liturgique « sacrosanctum concilium » de Vatican II (1963) ?

    JPSC

  • L'ère de la manipulation de masse

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    De Anne-Laure Debaecker sur le site de Valeurs Actuelles :

    Tous manipulés

    À travers les décennies, les techniques développées par des ingénieurs du consentement n’ont eu de cesse de se développer et de s’améliorer pour influencer nos comportements, détaille David Colon. Entretien. 

    16 septembre 2021

    La « persuasion des foules » « trouve bel et bien son origine dans la démocratie » et, ainsi, des experts « fabriquent le consentement ou le dissentiment » depuis plus d’un siècle, explique David Colon dans son dernier ouvrage, les Maîtres de la manipulation . Professeur à Sciences Po Paris, membre de son administration et chercheur dans son centre d’histoire, l’enseignant a déjà consacré son précédent livre à la manipulation de masse. À travers vingt portraits de « maîtres de la persuasion » au cours du XXe siècle se dévoilent les mises en place de techniques publicitaires et de lobbying, développées pour influer sur nos actes de plus en plus discrètement. D’Edward Bernays à Walt Disney en passant par Goebbels, David Ogilvy ou encore Mark Zuckerberg, on découvre ainsi comment des hommes politiques, des idéologues, des industriels ont vu leurs intérêts servis et couronnés de succès par des entreprises de manipulation à grande échelle. On peut seulement regretter que le livre soit pudique sur le matraquage actuel opéré dans la sphère médiatique pour promouvoir le progressisme. 

    Valeurs actuelles. Dans notre XXIe siècle, en quoi consiste l’art de la persuasion de masse ? Par quels biais nous faisons-nous influencer voire manipuler ?

    On a longtemps vécu avec la conviction que l’éducation et l’information nous préservaient des dispositifs de manipulation de masse. Or, de plus en plus de recherches tendent à accréditer l’idée que nous sommes davantage influencés et manipulés aujourd’hui que par le passé. Nous sommes en effet à la fois beaucoup plus en quête d’informations et beaucoup plus informés. Nous passons quotidiennement des heures en contact avec des écrans et, par eux, nous sommes ainsi exposés tous les jours à de la propagande et des opérations publicitaires, dont certaines opèrent à notre insu. Elles sont le produit du travail d’“ingénieurs du consentement” ou d’“ingénieurs des âmes”, que j’appelle les “maîtres de la manipulation”. Au cours du siècle qui s’est écoulé, ceux-ci ont inventé et déployé des techniques et des dispositifs toujours plus perfectionnés de persuasion de masse.

    Pour illustrer cet art, votre livre met en avant une vingtaine de portraits de ces maîtres de la manipulation. Sur quels critères les avez-vous retenus ?

    J’ai retenu vingt personnages qui ont en commun d’avoir eu l’intention de persuader ou de manipuler les masses, qui ont eu la capacité de le faire à grande échelle, ce qui n’est pas donné à tout le monde, et qui ont atteint leur but en produisant des effets mesurables. Tous sont des hommes, ce qui s’explique par le fait que le milieu dans lequel ils évoluent est très largement masculin, qu’il s’agisse de la publicité, du cinéma, de la communication politique ou des géants du numérique. Beaucoup d’entre eux se connaissent, s’inspirent les uns des autres, se plagient parfois, et rivalisent d’ingéniosité pour s’imposer face à leurs concurrents. À travers ces vingt portraits, je retrace un siècle d’histoire de la persuasion et de la manipulation de masse.

    Comment expliquer l’écrasante majorité d’Américains dans vos portraits ?

    Les États-Unis sont le creuset de l’industrie de la manipulation de masse. Depuis le début du XXe siècle, ils sont la première puissance économique mondiale et ont vu naître la consommation de masse, les relations publiques, le marketing, les études de marché, les sondages, la publicité scientifique… Ils accueillent les plus grands centres d’étude de la communication, de la propagande et des comportements humains. Ils ont ainsi dominé l’art de la manipulation de masse et continuent de le faire à travers certaines entreprises de la Silicon Valley comme Facebook, qui est le plus grand outil de manipulation de masse de l’histoire, capable de modéliser, de prédire et d’influencer les attitudes et les comportements de 2,8 milliards d’utilisateurs.

    Vous distinguez différentes approches concurrentes de la persuasion, lesquelles ?

    La première est celle de l’exposition, qui repose sur la conviction que plus on expose les individus à une publicité ou à un programme politique, plus on a de chance de les encourager à adopter le comportement voulu. La deuxième est une approche scientifique, qui consiste à déterminer un contenu persuasif en fonction des effets mesurés par des expériences ou des études de marché. La troisième est l’approche psychologique, qui consiste à appliquer la psychologie à l’art de la persuasion en vue d’identifier et d’influencer les mobiles des conduites humaines.

    Tout au long du XXe siècle, ces approches ont été plus ou moins concurrentes et distinctes. Elles tendent désormais à devenir complémentaires dans les dispositifs publicitaires proposés par Facebook et par d’autres firmes de la Silicon Valley. L’analyse prédictive du comportement des utilisateurs combine en effet une approche scientifique reposant sur l’exploitation de leurs données comportementales et l’élaboration de leur profil psychologique, et une approche par l’exposition consistant à déterminer le moment le plus approprié pour porter, souvent de façon répétée, un message individualisé à la connaissance des individus ciblés. C’est ce qui fait des services publicitaires des plates-formes comme Facebook des outils de manipulation individualisée de masse, et les rend d’autant plus redoutables que les dispositifs de persuasion sont de plus en plus difficilement perceptibles. La manipulation est devenue furtive.

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  • Un million de priants sur "Hozanna"

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    De Mathilde de Robien sur Aleteia.org :

    Le réseau social de prière Hozana dépasse le million de membres

    17/09/21

    Hozana, réseau social permettant de rejoindre des communautés de prière et de déposer des intentions, a dépassé cette semaine la barre du million d’inscrits. Une performance pleine d’espérance.

    Un site, quatre langues, 700 intentions déposées quotidiennement, 35.000 prières par jour… et un million de personnes inscrites depuis peu, priant les unes avec les autres, et les unes pour les autres. Un million de membres à travers le monde, principalement âgés de 25 à 50 ans, dont 420.000 priants en français, 335.000 en espagnol, 115.000 en anglais et 135.000 en portugais. Des chiffres impressionnants atteints en seulement sept ans. « Même si on s’y préparait depuis quelque temps, cette barre du million est arrivée plus tôt que prévu, il y a eu une forte croissance ces dernières semaines », explique à Aleteia le fondateur d’Hozana, Thomas Delenda, 32 ans. « Un million, c’est une étape très réjouissante, qui démontre qu’Hozana répond à un vrai besoin. Je voulais réunir des millions de personnes autour de la prière grâce au web, au début, personne n’y croyait vraiment. Cette étape aujourd’hui montre que c’est possible, et plusieurs millions devraient suivre! »

    La genèse d’Hozana remonte à 2014. Thomas Delenda, jeune diplômé d’HEC, est convaincu que la prière peut transformer les cœurs et changer le monde. D’où son désir de rassembler les personnes afin de prier ensemble et de partager leur foi. Aujourd’hui, Hozana est géré par 70 bénévoles et une vingtaine de salariés de l’association. Les témoignages affluent, racontant les fruits reçus grâce à la prière commune. Ce missionnaire 2.0 a répondu à l’appel du pape Benoît XVI à « évangéliser le continent numérique ». Un défi qu’il n’a de cesse de relever en visant désormais des dizaines de millions de priants.

  • Aujourd’hui 17 septembre : le diocèse de Liège fête saint Lambert

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    Patron du diocèse de Liège 

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    L'évêque Lambert fut assassiné un 17 septembre d'une année entre 696 et 705 que les historiens hésitent encore à fixer. Son martyre eut lieu à Liège dans la villa franque qu'il possédait sur le site de l'actuelle place Saint-Lambert. Un culte populaire du saint martyr s'y développa. Il fut favorisé par la décision de son successeur, saint Hubert, d'y transférer sa dépouille mortelle qui, dans un premier temps, avait été ramenée au siège du diocèse alors fixé à Maastricht. La dévotion jamais démentie à la mémoire de notre Saint entraîna ensuite le déplacement à Liège de la résidence officielle des évêques: un acte véritablement fondateur pour l'avenir de la Cité et ce qui deviendra, plus tard, le Pays de Liège.

    Le "dies natalis", la naissance au ciel, de saint Lambert se fête le 17 septembre de chaque année mais la solennité de cette fête peut aussi  se célébrer le dimanche qui suit : ce sera le cas en l'église du Saint-Sacrement au Bd d’Avroy, dimanche prochain 19 septembre 2021 à 10 heures, où la messe sera aussi chantée en grégorien et en plain chant liégeois. À l’orgue : Patrick Wilwerth

    DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 2021 À 10 HEURES 

    A l'église du Saint-Sacrement

    Journées patrimoine 2021 DSCN2411 2.JPG

    Boulevard d'Avroy, 132 à Liège 

    Le programme des chants:

    Propre grégorien de la fête :

    Introït « Gaudeamus », graduel « Ecce sacerdos magnus », alleluia « Ego sum pastor bonus », offertoire « Posuisti » et communion « Ego sum pastor bonus »:

    Ces chants du propre de la fête sont ceux de la messe de saint Lambert en usage à Liège au XXe siècle, à partir de la réforme de saint Pie X. Il démarque lui-même une partie de la messe, beaucoup plus ancienne cette fois, du deuxième dimanche après Pâques, le dimanche du Bon Pasteur. On sait que la représentation la plus précoce du Christ dans les catacombes était celle d’un berger ayant une brebis sur ses épaules, illustration en forme d’arcane de la parabole du bon berger : d’où sa présence dans la liturgie pascale. L’adaptation de cette liturgie aux évêques martyrs est obvie, puisqu’ils ont, comme le bon berger de l’Evangile, « donné leur vie pour leurs brebis ». C’est le cas du verset alléluiatique « Ego sum pastor bonus » (1er mode) et du verset de communion sur le même texte (IIe mode). D’autres textes chantés de la messe proviennent du répertoire destiné aux fêtes d’évêques, peut-être créés en partie pour la célébration de la fête de saint Martin de Tours. Ce serait le cas du graduel « Ecce sacerdos magnus » (Ve mode) et de l’offertoire « Posuisti » (VIIIe mode). L’introït est le très célèbre « Gaudeamus » (1er mode) attesté dès le haut moyen âge et qui a tant de fois servi de « teneur » aux compositions polyphoniques ; cette page, peut-être écrite primitivement pour la commémoration du martyre de sainte Agathe, se retrouve aux fêtes de la Toussaint et de Notre-Dame.

    (D’après la notice du musicologue Carl de Nys accompagnant le disque « Plain-chant pour le millénaire de Liège ») 

    Kyriale « Cunctipotens genitor Deus » :

    Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus Dei et Credo IV

    Plain-chant liégeois :

    Séquence à saint Lambert "Christi nomine laetemur et Lamberto gratulemur"

    17_Sequentia_Christi_nomine_laetemur.mp3

    Cette prose ou séquence « Christi nomine laetemur » (Ve mode), qui se chante après l’alleluia, avant la lecture de l’Evangile, ne se trouve pas dans le répertoire : il s’agit plus que probablement, de l’adaptation d’un texte assez récent sur un schéma mélodique ancien en usage à Liège. 

    Hymne de la Principauté de Liège "Magna Vox",

    La  Magna vox  fut considérée comme l’hymne « national » de la Principauté de Liège. Un des derniers maîtres de chapelle de la cathédrale Saint-Lambert, Jean-Noël Hamal (Liège 1709-1778) nous en a laissé une belle version polyphonique à six voix.  En fait, il s’agit de l’antienne ad Magnificat des premières Vêpres de l'office liégeois de saint Lambert . Sa version primitive, en plain-chant, a été composée par l’évêque Etienne de Liège ( ° c.850 + 920). C’est cette version que l’on peut lire et  écouter ici, interprétée par des grégorianistes du diocèse:

    JPSC

  • Robert Bellarmin (fêté aujourd'hui) affirmait déjà le droit de résister à une loi injuste

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    Le droit de résistance passive et active à une loi injuste (source : missel.free.fr)

    L’encyclique Evangelium vitæ (25 mars 1995) relance le débat sur la résistance passive aux lois injustes (prudemment appelée objection de conscience) et la race des journalistes mondains qui parlent de tout sans en rien connaître, ont cru y découvrir une nouveauté. Il m’a semblé intéressant, puisque nous célébrons la fête de saint Robert Bellarmin[1], de nous rappeler ce qu’il enseignait du droit de résistance passive et active à une loi injuste.

    C’est la révolte des Vénitiens contre Paul V (1606)[2] qui força Robert Bellarmin à exposer ses idées sur la légitimité de la résistance à une loi injuste, quand les théologiens de la Sérénissime République qui affirmaient que L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas, et qui déclaraient coupables de péché mortel ceux qui avaient obéi à Paul V. Certes, Bellarmin souligne que lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir ; ainsi en va-t-il pour les princes séculiers qui commandent à tous leurs sujets de renier le Christ ou de sacrifier aux idoles, ainsi en va-t-il pour un pape, homme de mauvaise vie, comme l’ont été quelques-uns au temps passé (si les récits qui nous sont parvenus sont véridiques), et voulant user de fait d’une injuste violence (...) si, par exemple, un pape voulait ruiner l’église de Saint-Pierre, pour en bâtir un palais à ses parents, ou s’il voulait déposer tous les évêques, et par ce moyen mettre l’Eglise en trouble, ou s’il voulait faire la guerre sans occasion ni sujet, pour ôter les Élats à leurs vrais possesseurs, ou en gratifier ses proches, les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. A Paolo Sarpi[3] qui objectait : Si le prince me commande quelque chose qui soit au détriment des biens temporels, je lui dois obéir, d’autant que le bien particulier doit céder au bien commun, Bellarmin répondait : Je dis que cette raison n’est de mise, d’autant qu’il peut arriver que le prince commande injustement la perte de biens temporels ; et si cette injustice est évidente, je ne lui dois pas obéir ; l’exemple de Naboth est trop clair qui refusa d’obéir au roi Achaz[4].

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  • 22 septembre - 31 octobre : 40 days for life "pour aider à mettre fin à l'injustice de l'avortement"

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    Du site de 40 days for life :

    traduction de la présentation :

    Aider à mettre fin à l'injustice de l'avortement

    40 jours pour la vie est une campagne de 40 jours coordonnée au niveau international qui vise à mettre fin à l'avortement au niveau local par la prière et le jeûne, la sensibilisation de la communauté et une veille pacifique toute la journée devant les établissements pratiquant l'avortement.

    PRIÈRE ET JEÛNE

    Le Christ nous a dit que certains démons ne peuvent être chassés que par la prière et le jeûne. Les deux vont de pair. La prière nous maintient enracinés dans le fait que notre désir est d'accomplir la volonté de Dieu. Le jeûne est un sacrifice qui nous aide à dépasser nos propres limites avec l'aide de Dieu.

    Chaque jour, pendant les 40 jours pour la vie, les individus, les églises, les familles et les groupes seront invités à s'unir dans la prière pour une demande spécifique, afin que le Corps du Christ tout entier puisse s'unir autour d'un objectif commun.

    Les personnes de foi sont également invitées à jeûner tout au long des 40 jours pour la vie. Nous croyons que lorsque le peuple de Dieu jeûne avec un esprit brisé, repentant et contrit, notre Père céleste entendra du ciel et guérira nos vies, nos églises, nos communautés, notre nation et notre monde.

    VEILLE CONSTANTE

    La pièce maîtresse visible et publique des 40 jours pour la vie est une veillée de prière ciblée, de 40 jours, non-stop, 24 heures sur 24, devant un seul centre Planned Parenthood ou autre établissement pratiquant l'avortement dans votre communauté.

    Il s'agit d'une présence pacifique et éducative. Ceux qui sont appelés à témoigner pendant cette présence 24 heures sur 24 envoient un message puissant à la communauté sur la réalité tragique de l'avortement. C'est aussi un appel à la repentance pour ceux qui travaillent dans le centre d'avortement et ceux qui le fréquentent.

    Si vous n'avez pas de centre d'avortement ou de bureau de Planned Parenthood dans votre ville, vous pouvez tout de même organiser les 40 jours pour la vie ; cependant, vous devrez choisir un autre endroit qui a une certaine importance stratégique - peut-être près de la mairie, d'un palais de justice ou d'une intersection très visible.

    SENSIBILISATION DE LA COMMUNAUTÉ

    Pendant les 40 jours pour la vie, le message est porté de manière proactive dans tous les coins de votre communauté. La sensibilisation des médias se fait par le biais de reportages, d'émissions-débats et d'éditoriaux soigneusement ciblés. La participation des églises commence par des rencontres avec les pasteurs locaux, d'autres responsables d'églises et les membres de différentes congrégations.

    Une pétition et une campagne d'information en porte-à-porte sont lancées auprès de chaque foyer de votre ville. Les gens montrent visiblement leur soutien aux 40 jours pour la vie en portant des bracelets, en plaçant des panneaux dans leur jardin ou en affichant des autocollants sur leur véhicule.

    Si votre communauté possède un campus universitaire, un grand nombre d'étudiants peuvent être touchés par une action intense de 40 jours sur le campus. Cela peut consister en des campagnes de tracts, des témoignages publics, des campagnes de pétition, des expositions de tables, et bien plus encore.

  • Le Parlement européen réclame une reconnaissance du mariage pour tous dans toute l’UE

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    « Mariage pour tous » : le Parlement européen réclame une reconnaissance dans toute l’UE

    16 Sep, 2021

    Le Parlement européen réclame une reconnaissance des « unions homosexuelles » dans toute l’UE

    Mardi, les députés européens ont adopté un texte non contraignant réclamant « que les couples homosexuels puissent bénéficier des mêmes droits que les autres dans tout l’Union européenne ». Notamment en ce qui concerne la liberté de circulation, et le regroupement « familial ». Ils visent en particulier la Roumanie, la Pologne et la Hongrie, appelant l’UE « à prendre des mesures supplémentaires » à leur encontre. Mais aussi « onze pays » dans lesquels « les parents légaux d’un enfant ne peuvent être deux femmes ou deux hommes et donc la filiation des deux parents ne sera pas reconnue pour les familles homosexuelles arrivant d’un autre État membre ».

    De la contraception au « mariage homosexuel »

    Dans un livre sur l’Europe paru ce 16 septembre en Italie, le pape émérite Benoit XVI relie le « mariage homosexuel » à l’introduction de la pilule contraceptive, qui a « transformé les consciences des hommes, lentement d’abord, puis de plus en plus clairement » : « Si la sexualité est séparée de la fécondité, alors, inversement, la fécondité peut naturellement être pensée sans sexualité ». L’homme devient « un produit planifié », et les conséquences sont lourdes : « ce qui peut être fabriqué peut aussi être détruit ».

    Est-il juste de tuer une vie humaine pour résoudre un problème ?

    De son côté, le pape François a accordé une demi-heure d’entretien aux journalistes présents lors de son voyage retour de Slovaquie. Parmi les sujets évoqués, l’avortement :

    « L’avortement est plus qu’un problème. L’avortement est un homicide. Qui pratique l’avortement tue, sans demi-mesurePrenez n’importe quel livre sur l’embryologie pour les étudiants en médecine. La troisième semaine après la conception, tous les organes sont déjà là, même l’ADN… C’est une vie humaine, cette vie humaine doit être respectée, ce principe est tellement clair ! À ceux qui ne peuvent pas comprendre, je poserais cette question : est-il juste de tuer une vie humaine pour résoudre un problème ? Est-il juste d’engager un tueur à gages pour tuer une vie humaine ? Scientifiquement, c’est une vie humaine. Est-il juste de la supprimer pour résoudre un problème ? »

    Source : Aleteia (16/09/2021) ; Le Figaro, Jean-Marie Guénois (15/09/2021) ; La Croix, Xavier Le Normand (16/09/2021) ; AFP (14/09/2021); Photo : Pixabay DR