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Au rythme de l'année liturgique - Page 105

  • Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu (26e dimanche du T.O.)

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    PAROLES DE CHOC

    « Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. » (Mt 21, 31). Rarement dans l'Evangile on ne trouve parole aussi dure à l'encontre des « bons croyants » de l'époque de Jésus. Les publicains, ces collaborateurs au service de l'occupant romain, les prostituées, ces femmes qui ont toute une vie organisée à l'encontre du sixième commandement, vous précèdent, vous les chefs des prêtres, qui chaque jour vous tenez dans le Temple du Seigneur, vous les pharisiens, qui essayez de conformer votre vie en toute chose à la loi de Dieu. En quoi vous précèdent-ils ? En ce qu'« ils ont cru », tandis que vous, « vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole » (v. 32). Ce n'est pas leur qualité de pécheurs publics qui fait la grandeur des publicains et des prostituées, mais le fait qu'« ils ont cru », qu'ils ont reçu la foi dans leur pauvre vie, et que cette foi les a transformés. Jésus ne fait pas l'éloge du péché, mais de la foi qui convertit au plus profond de l'être. Avertissement à ceux qui se disent croyants. On peut être croyant, on peut même être prêtre, et avoir perdu la foi. Cela arrive quand la foi devient une habitude, une tradition, une obligation, et qu'elle n'est plus appel radical à la conversion, une transfiguration de tout l'être. « Vous ne vous êtes pas repentis ». La désertion du sacrement de la Réconciliation de la part même de bons croyants ne montre-t-elle pas que les paroles de Jésus concernent les pharisiens de tous les temps ?

    Chanoine Roland Jaquenoud

    Abbaye Saint-Maurice (CH)

    Lire aussi : Miséricorde et conversion, les armes de Dieu

  • Thérèse de Lisieux : une sainteté acquise à travers l'épreuve (1er octobre)

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    Therese1896.jpgUne réflexion parue sur missel.free.fr :

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus souffre, si l’on peut dire, d’une iconographie mièvre, propre à l’époque où son culte se développa, et beaucoup, s’arrêtant là, se refusent à faire plus ample connaissance avec elle et, ce faisant, abusés par un vocabulaire obsolète, d’en obtenir des lumières bien nécessaires à leur vie spirituelle. Or, la vie toute entière de cette carmélite que Seigneur dispensa de vieillesse, conjugue la ravissante image de l’Enfant Jésus et la douloureuse figure de la Sainte Face. Devant ces représentations affectées, sous des flots de couleurs doucereuses et des torrents de roses, beaucoup oublieront qu’elle gagna la sainteté par la souffrance, un souffrance insoupçonnée, une souffrance héroïque, telle que le Seigneur la réclame : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »

    Certes, la piété populaire ne se trompe pas qui voit en Thérèse de l’Enfant Jésus une sainte aimable, sympathique et attirante, toute de grâce et de paix. Nul ne doute qu’elle a pris le bon Dieu par ses caresses et qu’elle a conquis les âmes par le rayonnement de sa simplicité. Dans sa mission singulière qui entend convaincre nos consciences que la véritable paix et le bonheur durable ne sont que dans la fidélité à Dieu, pour nous monter que la sainteté n’est ni impossible ni renfrognée, elle nous présente assurément le visage de la joie douce. Recourant au patronage de saint François de Sales, elle écrivit souvent, sur ses cahiers d’écolière : « Un saint triste et un triste saint » ; elle se refusait d’imiter les saints qui « étaient sérieux même en récréation » et, dans cet exercice, elle ne manquait jamais de réjouir le cloître de sa jeunesse, de ses réparties et de sa gaîté au point que, lorsque c’était son tour de vaisselle, les autres carmélites disaient à regret : « Alors, nous n’allons pas rire aujourd’hui. »

    Or, cette joie, loin d’être une antithèse de la souffrance, se conjuguait avec elle, selon l’exemple qu’elle avait trouvé dans la vie du futur martyr Théophane Vénard[7] dont elle écrivit : « C’est une âme qui me plaît, parce qu’il a beaucoup souffert et qu’il était gai toujours. » Derrière la clôture du Carmel, elle est sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, par la joie, le sourire, l’épanouissement de paix et de bonheur parce qu’elle sainte Thérèse de la Sainte Face, par sa souffrance, ses épreuves, son acceptation et son offertoire. Son doux sourire épanoui et sa joyeuse vie ensoleillant, n’est pas seulement l’effet d’un bon naturel ou d’un heureux caractère, voire d’un optimisme à toute épreuve, comme si son tempérament l’avait insensibilisée à toutes les souffrances de la vie et à tous les renoncements de la vie religieuse.

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  • L´Histoire d´une âme de Thérèse de Lisieux : bien plus qu´un best-seller spirituel

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    De KTO :

    L´Histoire d´une âme de Thérèse de Lisieux. Ce petit livre, composé à part des écrits de la sainte carmélite par sa propre soeur, est plus qu´un best-seller spirituel, il symbolise pour le 20e siècle, l´idée même de spiritualité. Redécouvrons-le en compagnie de des invités de Régis Burnet : le père Didier-Marie Golay, chapelain à Lisieux, qui vient de publier Sainte Thérèse de Lisieux - Vivre d´amour (Cerf), Claude Langlois historien, spécialiste de l'histoire du catholicisme à l'époque contemporaine, et pendant toute la série, le père François Potez, curé de la paroisse Notre-Dame du Travail, à Paris.

    Diffusé le 10/03/2019 / Durée : 52 minutes

  • Les archanges Michel, Gabriel et Raphaël (29 septembre)

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    29 settembre: santi arcangeli Michele, Gabriele e Raffaele - Ultime notizie  dall'Italia e dal mondo

    Extraits de l'homélie de Benoît XVI, le 29 septembre 2009 :

    (...) Mais qu'est-ce qu'un Ange? L'Ecriture Sainte et la Tradition de l'Eglise nous laissent entrevoir deux aspects. D'une part, l'Ange est une créature qui se trouve devant Dieu, orientée de tout son être vers Dieu. Les trois noms des Archanges finissent par le mot"El", qui signifie Dieu. Dieu est inscrit dans leurs noms, dans leur nature. Leur véritable nature est l'existence en vue de Lui et pour Lui. C'est précisément ainsi que s'explique également le deuxième aspect qui caractérise les Anges:  ils sont les messagers de Dieu. Ils apportent Dieu aux hommes, ils ouvrent le ciel et ouvrent ainsi la terre. C'est précisément parce qu'ils sont auprès de Dieu, qu'ils peuvent être également très près de l'homme. En effet, Dieu est plus intime à chacun de nous que nous ne le sommes à nous-mêmes. Les Anges parlent à l'homme de ce qui constitue son être véritable, de ce qui dans sa vie est si souvent couvert et enseveli. Ils l'appellent à rentrer en lui-même, en le touchant de la part de Dieu. Dans ce sens également, nous qui sommes des êtres humains devrions toujours à nouveau devenir des anges les uns pour les autres - des anges qui nous détournent des voies de l'erreur et qui nous orientent toujours à nouveau vers Dieu. (...)

    Tout cela devient encore plus clair si nous regardons à présent les figures des trois Archanges dont l'Eglise célèbre la fête aujourd'hui. Il y a tout d'abord Michel. Nous le rencontrons dans l'Ecriture Sainte, en particulier dans le Livre de Daniel, dans la Lettre de l'Apôtre saint Jude Thaddée et dans l'Apocalypse. Dans ces textes, on souligne deux fonctions de cet Archange. Il défend la cause de l'unicité de Dieu contre la présomption du dragon, du "serpent antique", comme le dit Jean. C'est la tentative incessante du serpent de faire croire aux hommes que Dieu doit disparaître, afin qu'ils puissent devenir grands; que Dieu fait obstacle à notre liberté et que nous devons donc nous débarrasser de Lui. Mais le dragon n'accuse pas seulement Dieu. L'Apocalypse l'appelle également "l'accusateur de nos frères, lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu" (12, 10). Celui qui met Dieu de côté, ne rend pas l'homme plus grand, mais lui ôte sa dignité. L'homme devient alors un produit mal réussi de l'évolution. Celui qui accuse Dieu, accuse également l'homme.  La  foi  en Dieu défend l'homme dans toutes ses faiblesses et ses manquements:  la splendeur de Dieu resplendit sur chaque individu. (...)

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  • La Croix : quand le scandale devient salut

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    Lu sur le site web de « L’Homme Nouveau »

    images (25).jpg« À l’heure où la laïcité, fût-elle positive, tend à faire disparaître la croix (elle serait un signe ostentatoire…) de l’espace public, la fête de l’Exaltation de la sainte Croix (14 septembre) vient nous rappeler que la Rédemption ne peut passer que par elle.

    Quand le scandale a du sens

    Pour le chrétien, la Croix est tout un emblème : le symbole de sa Rédemption, l’instrument par lequel le Fils de Dieu, Jésus-Christ, offrit librement sa vie comme rançon du genre humain que le péché originel avait séparé de Dieu. Mais aux temps anciens, la Croix avait une toute autre signification : elle était le terrible outil de la justice romaine, le supplice le plus ignominieux réservé aux condamnés de la pire espèce.

    Et c’est justement ce supplice que dut endurer Jésus, malgré son innocence. Alors l’impensable se produit : la croix, cet objet de scandale, devient l’instrument de la sagesse de Dieu… Et à travers elle, c’est toute souffrance qui cesse d’être un coup aveugle du destin pour devenir une clef, cette fameuse clef de la Maison de David que le Seigneur place sur l’épaule de son Grand-Prêtre dans la vision du prophète Isaïe (Is XXII, 22) ; clef ouvrant l’accès à de nouveaux horizons, souvent insoupçonnés, dans les contours de notre vie spirituelle.

    Je suis la porte…

    « Je suis la porte de la bergerie ; celui qui ne passe pas par moi est un voleur. » (Jn X, 1) Cet avertissement de Jésus s’applique aussi à la Croix, puisqu’elle est la clef nous ouvrant la porte de son Cœur.

    Aussi vouloir profiter de la Rédemption sans Croix n’est guère possible ; et même le bon larron, duquel on dit qu’il a tout volé dans sa vie, jusqu’à son ciel, a dû y passer. « On ira tous au Paradis », chantait Polnareff, mais il oubliait d’ajouter la condition indispensable que Jésus nous a donnée pourtant : « celui qui veut venir après moi, qu’il se renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » (Mt XVI, 24)

    C’est là toute la difficulté du combat spirituel : oser ce pari fou d’accepter la Croix pour y trouver le bonheur. Notre rationalisme nous hurle la vanité d’un tel espoir, notre sensiblerie y répugne… Et pourtant quelque part, dans les profondeurs de notre âme, nous croyons entrevoir une vague lueur de foi mêlée d’un peu d’espérance : « Et si c’était vrai ? Et si c’était réellement par cette Croix que j’obtenais l’objet de mes désirs ? » C’est le pari de Constantin sur le pont Milvius, de Clovis à Tolbiac et d’Héraclius contre Chosroès (cette dernière victoire permit le retour de la Vraie Croix, volée par les Perses, à Jérusalem; et c’est elle que nous commémorons aujourd’hui), le pari grâce auquel ont été écrites les plus belles pages de l’histoire de la christianisation du monde…

    Tu me refuses, je t’écrase ; tu m’embrasses, je t’élève.

    Le paradoxe de la Croix – on ne le comprend souvent que trop tard – se trouve dans son obstination à entrer dans notre vie. Personne n’échappe à sa Croix, pas même le Christ. Sa prière à Gethsémani allait pourtant dans ce sens : « Père, s’il est possible, que ce calice (ou cette Croix) s’éloigne de moi. » (Mt

    XXVI, 39) Mais aussitôt sa volonté reprend la maîtrise de sa sensibilité épouvantée, et il s’empresse d’ajouter : « Cependant, non pas ma volonté mais la vôtre. »

    Nous ne sommes pas plus forts que lui. Dans la plupart des situations, la Croix nous fait peur. Si ce n’est pas le cas, c’est souvent parce que nous n’avons pas bien estimé sa taille et son poids… Mais quoique nous y fassions, pas moyen d’y échapper : cette Croix sera la nôtre, et il ne peut y avoir devant elle que deux attitudes : la refuser ou l’embrasser.

    Refuser sa Croix, c’est finalement l’attitude du jeune homme riche qui refuse de suivre le Christ, retenu captif par l’abondance de ses biens. Mais il ignore que cet appel qu’il ressentait à l’intime de son coeur ne le quittera jamais, comme un reproche lancinant adressé par sa conscience. Toute sa vie, il portera le poids de ce regret : « Si je le croisais à nouveau, pensera-t-il, combien ma réponse serait différente ! » Toute Croix, qu’elle soit physique comme une jambe qu’on se casse ou morale comme enfant qui s’éloigne, est définitive ; celui qui la refuserait en subirait brutalement, frontalement, toute la douleur. Comme si cette Croix voulait à  toute force l’écraser pour le punir de l’avoir refusée. Le seul moyen de faire cesser sa Croix, c’est de la traverser, ou plutôt de s’en servir comme d’une passerelle pour nous rendre sur l’autre rive : cette nouvelle étape de notre vie spirituelle, à laquelle Dieu nous appelle. Et ce n’est que lorsque nous y sommes parvenus que cette Croix prend tout son sens : parce nous l’avons embrassée, elle nous a élevés…

    « Et moi, disait Jésus à la foule des Juifs, quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi. » (Jn XII, 32) S’il nous appelle à le rejoindre, par la sainteté, c’est par la Croix qu’il nous en donne les moyens.

    Et si cette fête de l’Exaltation de la Sainte Croix était justement l’occasion de cesser de voir nos Croix en noir, pour enfin comprendre, comme le montre Martin Steffens dans La Vie en bleu, qu’elles sont bleues, de cette couleur du Ciel vers lequel elles nous font monter ? »

    Ref. https://hommenouveau.fr/la-croix/

    à lire également : Quel avenir pour la messe traditionnelle ? Entretien avec Jean-Pierre Maugendre

  • Da pacem Domine (introit du 24ème dimanche du T.O.)

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    Introitus

    Da pacem, Domine, sustinentibus te,
    ut prophetae tui fideles inveniantur:
    exaudi preces servi tui,
    et plebis tuae Israel.

    Donnez la paix, Seigneur, à ceux qui s’en tiennent à vous,

    que vos prophètes soient trouvés fidèles;
    exaucez les prières de votre serviteur,
    et de votre peuple, Israël.
    Ps.  1

    Laetatus sum in his quae dicta sunt mihi:
    in domum Domini ibimus.

    Je me suis réjoui de ces paroles qui m’ont été dites:
    Nous irons dans la maison du Seigneur.

  • Quand le Christ nous invite à aller trouver notre frère dont nous apprenons qu’il a péché

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    L'homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 23e dimanche A (10 septembre 2023) :

    Se convertir en communauté

    Aujourd’hui, le Seigneur Jésus nous invite à nous mêler de la vie des autres. Il nous demande d’intervenir si nous apprenons que quelqu’un de la communauté chrétienne s’est mal conduit, a commis un péché1. On peut penser à ce genre de péchés qui abîment le témoignage de l’Église, ceux qui font dire à certains : c’est ça, être chrétien ? Par la présence dans la liturgie du texte d’Ézéchiel 33, on peut penser aussi à ce genre de péché qui font craindre pour le salut de tel frère : comment pourra-t-il paraître face à Dieu en ayant ainsi méprisé ses commandements ? Ou plus prosaïquement : il est illusoire, le bonheur qu’il croit trouver en s’engouffrant dans ce chemin de vie sans issue.

    Comment Jésus ose-t-il nous demander de nous mêler de la vie des autres ? C’est tellement aux antipodes de la culture contemporaine où il faut professer que chacun fait ce qu’il lui plaît. On va même aujourd’hui jusqu’à penser que la tolérance est une valeur chrétienne. Peut-être l’est-elle un peu si on pense que le Christ a accueilli généreusement les pécheurs. Mais cela n’a jamais été pour leur dire qu’il tolérait leur péché, ou qu’il décrétait qu’il n’y avait plus de péché puisqu’il invitait à ne pas juger, à ne pas condamner. Il pouvait à la fois faire bon accueil au pécheur et avertir sévèrement au sujet du péché, tant en matière d’amour de l’argent, d’orgueil, d’hypocrisie, qu’en matière d’infidélité, d’impureté, de scandale. Et c’est pourquoi aujourd’hui le Christ nous invite à aller trouver notre frère dont nous apprenons qu’il a péché.

    Pas question de faire un procès à ce frère en son absence, de casser du sucre sur son dos comme on le fait si souvent. Il faut aller le trouver, lui parler, d’abord seul à seul. Ce n’est qu’ensuite qu’il faudra peut-être se montrer plus insistants, y aller à plusieurs, mais toujours en face, jamais dans le dos. Mais peut-être le frère refusera-t-il toujours de changer de conduite. Jésus demande d’aller alors jusqu’à l’excommunication : « considère-le comme un païen et un publicain ». Mais sans doute faut-il voir tout au long de cette gradation, même dans le cas du dénouement dramatique de l’excommunication, le même objectif : « gagner ton frère ». Car Dieu ne veut pas qu’un seul de ses enfants se perde, et il nous demande de travailler à cela. Considérer l’autre comme un païen, ce n’est pas désespérer pour lui, mais compter sur cet électrochoc pour un retour salutaire… ce qui nécessitera une bonne dose d’humilité.

    On travaillerait fort mal à l’œuvre de gagner nos frères si on disait : ne parlons plus de péché, la miséricorde rattrapera tout, même pour ceux qui ont refusé de se convertir. Cette minimisation du mal a conduit à des choses horribles. Elle empêche aussi les hommes d’ouvrir leur cœur à Dieu, ce qui ne présage rien de bon pour le jour où ils paraîtront face à Lui.

    On travaillerait également fort mal au salut de nos frères si dans tout cela nous nous laissions guider par un secret désir de mettre les gens au pas, de les faire rentrer dans l’ordre que nous aimons… et qui nous rassure. Le Seigneur Jésus ne veut pas nous faire apôtres de l’ordre, mais de la charité. C’est en aimant nos frères, et non pour qu’il y ait de l’ordre, que nous irons les avertir de leur péché, après avoir retiré la poutre qui est dans notre œil.

    Enfin, comment trouver le courage d’entreprendre une telle démarche ? Et comment trouver les mots ? C’est ici qu’intervient la suite de l’évangile : mettons-nous d’accord à deux ou trois pour demander au Seigneur sa grâce afin de ramener à lui notre frère qui s’égare. Soyons tous ensemble une communauté qui se convertit jour après jour et marche toujours plus résolument à la suite du Christ !

    1 La nouvelle traduction liturgique, contrairement à la précédente, a suivi la version « a péché contre toi » présente dans plusieurs manuscrits, tandis que d’autres manuscrits, suivis par la Bible de Jérusalem ou Segond, ne porte pas le « contre toi ». Alors, ajout ou perte par une partie des copistes ? La possible contamination avec le verset voisin de Mt 18,21, qui porte fort logiquement le « contre moi », fait pencher pour un ajout fautif.

  • Saint Junipero Serra, premier saint hispanique de l'Eglise d'Amérique du Nord

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    D'Evangile au Quotidien :

    Saint Junípero Serra
    Prêtre franciscain missionnaire en Californie

    fêté le 28 août

    Junípero, au siècle Miquel Josep, Serra, naît le 24 novembre 1713 à Petra sur l'île de Majorque aux Baléares.

    Il entra chez les Franciscains le 14 septembre 1730. Excellent aux études il enseigna la philosophie, avant même d'être ordonné prêtre. Il obtint également un doctorat en théologie de l'université de Palma.
    Junípero Serra part pour le Nouveau Monde en 1749. Il a alors 36 ans et enseigne d'abord la philosophie au collège de Mexico. Mais, de cœur, Serra est un pionnier et un missionnaire. C’est à l’âge de 55 ans que ce petit homme, pas particulièrement robuste et marchant à l'aide d’une canne (séquelle d’une vieille blessure), accepte la tâche de coordonner les activités missionnaires dans la région.
    Il faut d'abord reprendre les missions de la Baja California passées sous l'administration des Franciscains lorsque les jésuites furent expulsés d'Espagne et de toutes les colonies espagnoles par Charles III (en 1768).

    Avec le groupe de 15 franciscains dont il est supérieur il fonde également des nouveaux postes : San Barnabé, près de Monterrey, au nord de la colonie de Nouvelle-Espagne (l'actuel Mexique). De là, il visite les peuples aborigènes de la Californie, région encore inexplorée. En quelques années, les Franciscains fondent 21 missions. L'une d'elles fait l'objet d'une attention particulière du vice-roi de Nouvelle-Espagne, Bucareli. C’est, principalement à dos de mule qu’il couvrira les 750 miles pour rejoindre le site de sa première mission, San Diego, qu’il atteint en 1769. De cette date jusqu’à sa mort, 15 ans plus tard, il aura fondé 9 autres missions (10 au total sur un ensemble, à terme, de 21).

    Le 15 décembre 1774, le Vice-roi Antonio Maria de Bucareli adresse au Père Junipero Serra une lettre où il lui propose de participer à une expédition vers une baie d'importance stratégique, en Californie centrale, sous le commandement du capitaine de marine Juan Bautista de Anza. C'est ainsi qu'un premier camp militaire est établi en ce lieu et les Pères Palou et Cambon y célèbrent la messe pour la première fois devant une modeste cabane, la mission Dolorès. Le lieu recevra le nom de San Francisco en l'honneur de saint François d'Assise.
    Il meurt le 28 août 1784 à Monterey, en Californie, après avoir fondé de nombreuses missions dans le Nouveau monde.

    Junípero Serra a été béatifié le 25 septembre 1988 par St Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) et proclamé Saint le 23 septembre 2015, au Sanctuaire national de l’Immaculée Conception de Washington, par le Pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) lors de son voyage apostolique aux États-Unis.
    En canonisant Junípero Serra, le Pape François a donné à l'Église nord-américaine son premier Saint hispanique.

  • Réforme liturgique en Inde. Résistance de masse : les prêtres syro-malabars défient le délai du délégué papal

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    Une information publiée sur le site « The Pillar » relayé via le web « il Sismografo »

    Les prêtres de l'archéparchie indienne d'Ernakulam-Angamaly ont défié un ultimatum du délégué spécial du pape François et ont refusé d'adopter une nouvelle forme uniforme de liturgie pour l'Église catholique syro-malabare.

    L'archevêque Cyril Vasil', SJ, envoyé spécial du pape auprès de l'Église syro-malabare sui iuris, a fixé une date limite la semaine dernière, le 20 août, pour que les prêtres et les laïcs abandonnent leur opposition au mode uniforme de célébration de la Sainte Qurbana, l'Eucharistie sacrée . liturgie de l'Église syro-malabare, sous peine de sanctions ecclésiastiques.

    Vasil' a dit aux prêtres dissidents et aux laïcs qu'ils risquaient des sanctions canoniques, y compris l'excommunication, s'ils continuaient à défier l'autorité du synode syro-malabar - l'organe directeur faisant autorité pour l'Église d'Orient - et du pape François.

    Mais dimanche, des centaines de manifestants ont bloqué la célébration de la Sainte Qurbana au Syro-Malabar de la cathédrale Sainte-Marie d'Ernakulam.

    Dans tout le diocèse, les protestations ont empêché le mode uniforme d'être proposé dans la poignée d'églises avec des prêtres disposés à suivre la ligne du Vatican, y compris l'église Saint-Joseph à Chunangamvely, l'église Saint-Thomas à Malayattoor ; et l'église Holy Cross à Manjapra.

    Jusqu'à présent, seules six des plus de 320 paroisses de l'archéparchie ont accepté d'adopter le mode uniforme.

    Malgré la position intransigeante prise par Mgr Vasil' la semaine dernière, les groupes catholiques locaux opposés au régime uniforme bénéficient du soutien de la grande majorité du demi-million de laïcs de l'archiéparchie et de la quasi-totalité du clergé local.

    Vasil' a déclaré la semaine dernière que les manifestants laïcs étaient "utilisés et maltraités" par leurs prêtres qui, selon lui, les traitaient comme "des otages involontaires et souvent involontaires dans leur rébellion sacrificielle".

    Le délégué pontifical a déclaré que la résistance continue à la réforme liturgique était une question d'unité de l'Église, disant aux fidèles locaux qu'ils étaient soit "avec le pape, soit contre lui", et disant qu'une résistance supplémentaire serait un acte de schisme.

    L'archiéparchie d'Ernakulam-Angamaly est la plus grande éparchie de l'Église catholique syro-malabare et est le siège de l'archevêque majeur, ou chef, de l'Église syro-malabare. L'église syro-malabare est la deuxième plus grande des églises catholiques orientales.

    Le mode uniforme, adopté par le synode de l'Église en 2021, est un compromis entre l'ancienne tradition de l'Église syro-malabare, dans laquelle le prêtre regardait vers l'est ( ad orientem ), et l'émergence d'une pratique d'influence latine post-Vatican II dans certains églises, où le prêtre fait face au peuple tout au long de la liturgie ( versus populum ).

    « Voulez-vous rester prêtres de l'Église catholique — l'Église dirigée par le divin maître Jésus-Christ qui a confié à saint Pierre et à ses successeurs le droit de délier et de lier, d'encourager les frères dans la foi, d'enseigner et de gouverne?" a demandé Vasil' aux prêtres de l'archiéparchie la semaine dernière.

    « Il ne peut jamais y avoir de bénédiction de Dieu sur la désobéissance à sa volonté, peu importe combien vous essayez de la couvrir avec des phrases pieuses et même des prières. Il n'y aura jamais la bénédiction de Dieu sur les manifestations illégales et la rébellion », a déclaré le délégué papal.

    Malgré les avertissements de Vasil et la date limite du 20 août, le clergé local a continué à dénoncer le mode uniforme et le délégué papal, y compris au sein de la propre Compagnie de Jésus de Vasil.

    Pr. George Pattery, ancien président de la Conférence jésuite d'Asie du Sud, a déclaré samedi aux médias locaux que Vasil "semble militariser l'Eucharistie avec son dernier avertissement sur la liturgie syro-malabare sous couvert d'obéissance", et a appelé à une plus authentique processus d'engagement avec les catholiques locaux.

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  • "Nous avons droit à l'Amour, à la Vérité et à la Justice" : le parler clair de l'archevêque de Cracovie

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    Du site de l'archevêché de Cracovie (trad. avec DeepL) :

    L'ARCHEVEQUE MAREK JĘDRASZEWSKI A LUDŹMIERZ : NOUS AVONS DROIT A L'AMOUR, A LA VERITE ET A LA JUSTICE

    - Nous avons le droit à l'amour, nous avons le droit à la vérité, dans un monde où les mensonges sont utilisés pour construire le succès politique ; nous avons le droit à la justice dans notre patrie, qui est chrétienne depuis le début de son histoire - a déclaré l'archevêque Marek Jędraszewski au cours de la messe dans le sanctuaire de Notre-Dame Reine de Podhale à Ludźmierz.

    Abp Marek Jędraszewski w Ludźmierzu: Mamy prawo do miłości, prawdy i sprawiedliwościL'archevêque Marek Jędraszewski à Ludźmierz : Nous avons droit à l'amour, à la vérité et à la justice.

    Les montagnards qui ont accueilli l'archevêque Marek Jędraszewski, les prêtres et les pèlerins à Ludźmierz ont rappelé qu'il y a 60 ans, la statue de la Vierge avait été couronnée par le cardinal Stefan Wyszyński et l'évêque Karol Wojtyła. - Aujourd'hui, alors que le monde entier est tellement dans le besoin, ils nous demandent au ciel avec la Vierge. Et nous avons besoin de l'aide du ciel contre les attaques du mal et des puissances obscures, qui complotent contre Dieu depuis les temps anciens, avec des méthodes de guerre toujours nouvelles - ont déclaré les représentants de la paroisse de Ludźmierz, demandant à Marie de les aider à distinguer le bien du mal.

    Au cours de son homélie, le métropolite de Cracovie a rappelé les événements survenus il y a 60 ans, lorsque l'image de Notre-Dame de Ludźmierz a été couronnée de couronnes papales par le cardinal Stefan Wyszyński. Il a également rappelé les paroles prophétiques du primat de l'époque : "Karol, la Mère de Dieu te transmet le pouvoir", commentaire qu'il avait fait après avoir attrapé le sceptre qui était tombé de la main de la reine de Podhale lors de l'élévation de la statue. L'évêque Karol Wojtyla est ensuite devenu métropolite de Cracovie, cardinal et successeur de saint Pierre.

    L'archevêque a rappelé le leitmotiv de l'homélie du cardinal Wyszyński il y a 60 ans, qui faisait alors référence à l'encyclique Pacem in terris de Jean XXIII. Le primat a déclaré : "Chaque être humain a les mêmes droits que les autres : "Chaque être humain a les mêmes droits. Et en particulier le droit à la vérité, le droit à la liberté, le droit à la justice et au respect, et le droit à l'amour". Le métropolite de Cracovie a fait remarquer que ces paroles ont dû représenter un sérieux défi pour les autorités communistes. Le système de l'époque reposait sur un mensonge à multiples facettes, qui incluait une fausse vision de l'homme - une vision purement matérialiste. Il prêche la dictature du prolétariat, la lutte des classes sans merci et la justice socialiste, qui se traduit par des expropriations massives. Une lutte est engagée contre l'Église, qui se prépare à célébrer le millénaire du baptême de la Pologne. Les paroles du primat de l'époque répondaient à la grande soif des cœurs humains.

    L'archevêque Marek Jędraszewski a attiré l'attention sur l'actualité de ces mots après 60 ans. - Nous avons besoin de vérité, de liberté, de justice et de respect, d'amour", a-t-il déclaré, ajoutant que la révolution néo-marxiste, qui se poursuit depuis 1968, veut s'emparer toujours plus fortement des cœurs et des esprits des Polonais. Dans ce contexte, il a souligné l'assaut contre la vérité, qui se manifeste par le subjectivisme et le relativisme. L'idéologie du genre, qui remet en question le fait d'être un homme ou une femme dès la conception, est une attaque contre la vérité sur l'homme. Il a qualifié d'atteinte à la liberté de religion les demandes visant à supprimer la religion des écoles ou à "voler les catholiques". Il a souligné que, ces derniers temps, il y a eu une "attaque contre la vérité sur le péché". Il a cité un rapport de l'ONU sur la persécution religieuse dans le monde, qui accuse notamment les chrétiens d'enseigner le péché et de créer ainsi des divisions entre les peuples. - Une autre manifestation du totalitarisme idéologique, difficile à imaginer il n'y a pas si longtemps - au nom de la liberté, lutter contre la vérité de l'Évangile", a déclaré le métropolite de Cracovie.

    Il a souligné que l'Église devait chercher la réponse à cette situation dans les paroles que Jésus a adressées aux disciples au Cénacle, lorsqu'il a déclaré qu'après son départ, c'est l'Esprit Saint qui "convaincra le monde de péché, de justice et de jugement". Il a également souligné la victoire de Marie, qui communique la vérité de l'amour de Dieu pour l'homme. Le métropolite de Cracovie a également rappelé la figure de saint Maximilien Kolbe qui, à Auschwitz, a encouragé ses compagnons de détention à ne pas se laisser vaincre par le mal, le péché et la haine. Il a confirmé ses paroles par son attitude : il a donné sa vie pour un codétenu en mourant pendant de nombreux jours dans une cellule de famine.

    - Nous avons le droit à l'amour, nous avons le droit à la vérité, dans un monde où les mensonges sont utilisés pour construire des succès politiques ; nous avons le droit à la justice dans une patrie qui est chrétienne depuis le tout début de son histoire", a déclaré l'archevêque Marek Jędraszewski. Enfin, il a rappelé la victoire polonaise lors de la bataille de Varsovie, lorsque toute la nation a invoqué l'intercession de la Mère de Dieu. Il a encouragé à prier pour que dans les "nouvelles étapes de l'histoire, les Polonais sachent exiger la vérité et vivre dans la vérité" ; qu'ils sachent "vivre dans la liberté et ne pas la fuir en remettant le sort de la souveraineté de notre patrie entre d'autres mains" ; qu'ils sachent "se regarder dans un esprit de respect, et non d'humiliation, d'invectives et de mensonges" ; qu'ils reprennent l'œuvre de construction d'une véritable civilisation de l'amour".

    À la fin de la liturgie, le gardien du sanctuaire, le père Maciej Ścibor, a présenté ses vœux à l'archevêque Marek Jędraszewski à l'occasion du 50e anniversaire de son ordination sacerdotale, ainsi qu'aux autres jubilaires d'or qui ont concélébré cette eucharistie.

  • Courage, c'est moi, n'ayez pas peur... (19e dimanche du temps ordinaire)

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    "Dans l'Évangile, Jésus s'approche des disciples en marchant sur les eaux et leur dit: “Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur!” (Mt 14,27). Aujourd'hui encore, Jésus s'adresse à vous, jeunes d'Europe, et il vous dit: n'ayez pas peur! Même si les vagues de l'égoïsme agitent avec violence la barque commune de l'Europe et si les vents de ce qu'on appelle la culture de la mort planent au-dessus de vous..., ayez courage, ne doutez pas!: le Christ, Maître du temps et de l'histoire, est toujours avec vous, prêt à tendre la main et à vous saisir, comme il le fit avec l'Apôtre Pierre, quand l'insécurité, le doute ou la crainte menacent de noyer votre enthousiasme et votre optimisme juvéniles. Vous aussi vous pouvez marcher sur les eaux sans vous enfoncer si vous gardez votre regard fixé sur Celui qui vous appelle par votre nom et qui vous dit: “Viens”. Dans les moments de difficulté, souvenez-vous toujours de ce passage de l'Évangile. N'oubliez pas qu'après la tempête vient le calme, que la douleur et l'épreuve acceptées dans la confiance en Dieu ouvrent sur une joie sereine, une liberté mûrie, sur la proclamation joyeuse que Jésus est le Maître de notre vie, l'ami fidèle, le sauveur proche et fraternel, Celui qui donne la vie et l'espérance. N'ayez pas honte de vous prosterner devant lui - comme le firent les disciples dans la barque quand il apaisa le vent - et de lui dire: “Vraiment, tu es le Fils de Dieu”."

    Homélie du Cardinal Sodano à la messe de clôture de la rencontre européenne des jeunes, Saint Jacques de Compostelle, août 1999.

  • Confiance, c'est moi; n'ayez pas peur ! (19e dimanche)

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    Du frère Jean Thomas (paroisse Marie-Anne Blondin) :

    "CONFIANCE! C'EST MOI; N'AYEZ PAS PEUR"

                Exhortant toujours ses fils et filles à la prière, le père Marie-Dominique Philippe o.p, fondateur de la Famille Saint Jean, aimait leur demander, dans la routine de leur vie, de s'arrêter pour 7 actes d'adoration journaliers. Dans l'agitation de la vie, il s'agit de trouver ou retrouver la présence du Seigneur dans le silence de notre cœur. Le prophète Élie fait l'expérience du silence de la brise légère, pour rencontrer le Seigneur (1R 19, 9-13). Alors que nous sommes invités à sortir vers le monde en attitude missionnaire, restons pleinement disciples, nous laissant former dans le silence de l'amour de Dieu.

                L'épisode de Jésus qui marche sur la mer est riche de sens. La mer a toujours symbolisé la vie présente et l'instabilité du monde. On y fait souvent l'expérience de la tempête, c'est-à-dire des tribulations et difficultés de toutes sortes. La barque en revanche représente l'Église, édifiée sur le Christ, guidée par les apôtres, mais où jamais Jésus ne doit être absent. L'absence de Jésus dans cette barque ne signifie cependant pas qu'il a abandonné ses disciples. Bien au contraire, il les attend dans l'autre rivage. Eux doivent avoir le courage des épreuves de la vie en ne comptant que sur lui. En effet, Jésus domine toutes les difficultés, il marche sur la mer.

                Il y a cependant le geste de l'apôtre Pierre, qui dans son élan va à la rencontre de Jésus en marchant sur l'eau. Il est certainement le seul disciple à avoir fait cette expérience extraordinaire. Il lui faut cependant garder le regard fixé sur le Seigneur pour marcher sur les eaux. Il ne doit pas se regarder, ni fixer l'attention sur le vent, mais sur le Seigneur. Mais, cet effort de foi lui est difficile et il s'écrie: "Seigneur, sauve-moi"! (Mt 14, 30). Voilà certainement le cri qui doit jaillir de notre détresse, lorsque nous nous enfonçons dans la mer agitée de nos péchés. Pour Pierre, ce n'est pas seulement un cri. Il lui faut s'agripper à la main du Sauveur. Sa force est celle du Christ. Avec sa seule force, il ne peut pas se relever. Il doit serrer la main de Jésus qui descend vers lui. Pierre marche sur les eaux et ne s'enfonce pas, non pas par sa propre force, mais par la grâce divine. Il faut qu'il y croie: "Homme de peu de foi! Pourquoi as-tu douté?" Le doute fait qu'il ne fixe plus son regard sur Jésus, mais se laisse submerger par la peur. Quand on a peur, on n'a plus confiance dans la Parole du Christ et on s'éloigne de lui. On court alors le risque de se noyer dans la mer de la vie.

                Le pape Benoit XVI, exhortant à la confiance envers le Seigneur, exhortait à la cultiver par la proximité envers le Seigneur. Il citait alors le grand penseur Romano Guardini qui dit: "Par la proximité, nous sommes fortifiés, par la distance, mis à l'épreuve". (Angelus du 7 août 2011). Il ajoutait: " C'est le Seigneur, avant même que nous ne le cherchions et l'appelions, qui vient vers nous, abaisse le ciel pour nous tendre la main et nous élever à sa hauteur; il attend juste que nous ayons complètement confiance en lui. Que la Vierge Marie, modèle de confiance, dispose notre cœur à entendre la voix du Seigneur, surtout lorsque nous enfonçons dans la mer agitée de nos problèmes: "Confiance! C'est moi; n'ayez pas peur".

    Frère Jean Thomas