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« Le Seigneur t'abritera à l'ombre de ses ailes et sous son pennage tu espéreras. Comme d'un bouclier, sa fidélité t'entourera. » (Psaume 90, 4-5)
Commentaire spirituel
Le psaume 90 (91 selon la tradition hébraïque) est un psaume de confiance. C'est pour cela qu'il a été placé par la liturgie à l'office des complies, au soir de la journée, et au premier dimanche de Carême, à toutes les pièces de la messe sans exception. La confiance est le sentiment que l'Église veut communiquer à ses enfants au seuil de l'austère quarantaine. Elle est tout spécialement le fruit de cet offertoire et de la communion qui reprendra exactement le même texte.
Dans ce texte, le Seigneur est comparé d'abord à un oiseau. On ne sait pas de quelle espèce il s'agit, d'un aigle ou d'un moineau, d'une poule ou d'un rossignol. Mais peu importe, au fond. L'idée, c'est que l'oiseau en question, quelle que soit son envergure, protège ses petits contre toutes sortes d'ennemis en étendant ses ailes au-dessus d'eux. Dans l'Évangile, le Seigneur a utilisé cette image en se comparant lui-même justement à une poule cherchant à rassembler sa progéniture non seulement autour d'elle mais sous elle, comme pour leur assurer la protection maximum. Tous les animaux et même les petits d'homme ont d'ailleurs ce réflexe de se réfugier dans le sein maternel. Et il est touchant d’observer avec quelle rapidité, quelle brutalité même parfois pour la maman qui se laisse faire, les poussins se jettent sous leur mère. Et si la mère se déplace, les petits se marchent dessus plutôt que de perdre la place de choix de cet asile. C'est une belle réalité naturelle et très émouvante. C'est que pour ces petits, il n'y a de sécurité dans leur vie si fragile, que dans ce sein d'où ils sont sortis mais où ils ont encore laissé tout leur amour. Pour un petit animal comme pour un petit d'homme, et cela peut durer longtemps chez ce dernier, la maman est son unique amour, sa force, son refuge.
Intention de prière du pape François pour mars, « face aux nouveaux défis de la bioéthique »
3 mars 2022
Le pape François invite les catholiques à prier tout au long du mois de mars 2002 « pour que, face aux nouveaux défis de la bioéthique, les chrétiens promeuvent toujours la défense de la vie par la prière et l’engagement social« .
Recevoir le trésor qu’est la vie donnée par Dieu
Prions pour que, face aux nouveaux défis de la bioéthique, les chrétiens promeuvent toujours la défense de la vie par la prière et l’engagement social.
Ce magazine est réalisé au titre des croyants que nous sommes, des croyants qui souhaitons apporter notre contribution à la vie sociale de notre pays. Croire au Créateur, croire que Dieu est bienveillant pour sa création a longtemps été une référence qui n’était pas mise en question. Aujourd’hui, devant l’athéisme, les prétentions de la science, et devant le désir de l’homme d’être maître de son destin, de sa vie et de sa mort, le fait de croire apparaît pour des esprits forts comme une faiblesse. Pour le croyant lui-même, la décision de croire transforme sa manière de raisonner. Sa raison n’est pas son ultime référence.
Le sens de la vie se révèle dans la vie elle-même. Le sens fait signe et toujours échappe. Il murmure dans le silence à l’oreille de celui qui écoute et livre son message vivifiant. Les convictions ou les certitudes scientifiques sont d’un autre ordre : elles donnent une assurance dans des moyens et la puissance de l’efficacité qui peut faire fi du sens !
Lorsqu’un homme reconnaît qu’il est créé, il inscrit sa vie dans une relation qui inclut le respect vis-à-vis de son Créateur, a priori bienveillant envers lui. La vie humaine trouve là son sens ultime. La relation avec les autres et avec Dieu aide à entrer dans la connaissance de soi-même et de ses limites. Celui qui prend ce chemin difficile goûtera la miséricorde divine.
Jésus, dans sa vie et sa mort, ne cesse de dire combien son Père, le Créateur, croit à la bonté de la création. « Et Dieu vit que cela était bon, très bon ». Tel est le refrain du récit des origines. Jésus vit dans la confiance de cette œuvre belle, jusqu’à donner sa vie pour que les hommes ne meurent pas dans la méfiance vis-à-vis de la bonté de l’œuvre divine, comme si celle-ci pouvait priver la créature de sa liberté. Or reconnaître que l’on est créé est la condition d’une vraie liberté, la liberté d’agir en dialogue, qui est autre chose que de faire selon son idée.
Les défis de la bioéthique sont en partie techniques. Quelle conséquence sur l’avenir peut avoir ce que nous sommes capables d’expérimenter ou de pratiquer aujourd’hui ? Quel monde allons-nous laisser à nos descendants ? La bioéthique pose aussi la question du sens. Ce qui est techniquement possible est-il bon pour que l’homme grandisse dans une vie véritablement humaine ? Quelle place dans nos décisions pour le respect de la vie et sa fragilité si précieuse ? Ce souci essentiel n’est pas d’abord celui de la recherche scientifique et technique, car celle-ci est liée à des intérêts financiers et économiques puissants.
Confronté à une épreuve, chacun de nous est tenté de faire appel à la puissance, pour conjurer la fragilité du moment, au risque d’oublier ce qui est le plus précieux en nous : la vie qui se donne sans défense. Les réponses à apporter ne sont pas simples ; elles ne sont pas données à l’avance. Elles sollicitent chacun et l’ensemble de la société. Quelle vie voulons-nous vivre ?
Le pape nous invite à la prière et à l’engagement social. Dans la prière, nous accueillons le sens de nos vies et nous demandons la force de le mettre en œuvre. Dans l’engagement social, nous témoignons pour tous du trésor de la gratuité de la vie.
Daniel Régent sj,
directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape en France
Des propositions pour un parcours de Carême en ligne
Comme chaque année désormais, les propositions de parcours spirituels pour vivre le Carême, qui commence cette année mercredi 2 mars, se multiplient. Après s’être développés en ligne, ils sont désormais accessibles sur smartphones, via de nombreuses applications chrétiennes. La Croix propose une sélection non exhaustive.
Pendant ce temps du Carême, les dominicains proposent de contempler le visage de Dieu. Leur « Carême dans la ville » s’inspire en effet de la parole de Philippe à Jésus dans l’Évangile de Jean : « Montre-nous le Père. »
Le parcours en ligne, largement renouvelé chaque année, est constitué d’enseignements ou approfondissements par des frères, des sœurs et des laïcs. Il est par ailleurs proposé de participer à la prière des moniales de Beaufort. Des moments d’interactivité permettront aux retraitants de poser des questions et d’échanger en ligne sur leur vie de foi.
Retraite avec les saints du Carmel
Les carmes de la Province de Paris proposent également une retraite en ligne. Leur originalité est de la proposer en douze langues différentes, du roumain à l’indonésien. Cette année, les carmes proposent à leurs retraitants de vivre la miséricorde de Dieu avec les saints du Carmel : Thérèse d’Avila, Thérèse de Lisieux, Jean de la Croix… Par un mail hebdomadaire, des pistes de méditation et de mise en pratique seront proposées à leurs retraitants.
Le parcours de Carême proposé cette année par Prions en Église sera disponible sur la nouvelle application, disponible le 1er mars. Bénéficiant de la souplesse de ce nouveau support, le parcours permettra au retraitant de marcher à son rythme, guidé par une méditation quotidienne de la Parole par le père Sébastien Antoni, invitant à découvrir le rêve profond de Dieu. Chaque vendredi, un espace ouvert sur la page Facebook de Prions en Église permettra échanges et réactions.
Dans le même esprit, la communauté de l’Emmanuel propose quatre parcours guidés par quatre prêtres différents, sur des thèmes variés, selon des rythmes différents, disponibles en ligne ou sur application.
« Se faire un cœur de pauvre » avec Lazare
Les jésuites font, eux, cette année deux propositions différentes, en ligne ou sur application. Alors que le thème de la première appartient à la tradition spirituelle et biblique : « Que je voie ton visage », son déploiement joue sur la diversité des supports et d’expressions de prière : art, littérature, texte biblique…
Par ailleurs, les participants peuvent choisir le rythme auquel ils désirent recevoir podcasts et méditations. L’originalité du deuxième parcours est de s’adresser aux familles, en leur offrant des ressources hebdomadaires adaptées, en compagnie des grandes figures de la famille ignatienne.
Sur une thématique très biblique, mais avec la même diversité de regards, PRIXM, équipe de jeunes chrétiens autour des frères dominicains de l’école biblique de Jérusalem, propose un calendrier de Carême en 40 questions. Les réponses articulent apports bibliques, artistiques et culturels parfois surprenants, pour mener leurs lecteurs de la Création à la Résurrection en une « saga phénoménale ».
En outre, l’association Lazare, qui propose des colocations solidaires entre jeunes actifs et des personnes sans domicile fixe, propose pour le Carême de « se faire un cœur de pauvre » et d’ainsi grandir en liberté.
Cette proposition originale repose sur l’envoi quotidien d’un mail contenant une méditation de l’Évangile du jour, un témoignage d’un « coloc Lazare » et un défi à relever. De nombreuses autres propositions spirituelles diverses et variées existent pour vivre et approfondir ce temps du Carême en ligne.
Lu sur le site web "Pro Liturgia" (archive 2019) :
"L’entrée en Carême doit être pour tous les fidèles et le clergé l’occasion de redécouvrir une dimension absolument fondamentale de la prière liturgique : sa dimension ascétique.
La liturgie, en effet, a pour finalité propre l’union à Dieu par la contemplation. Mais cette finalité nécessite un état d’esprit, une disposition de la personne bien spécifique et qui ne peut pas être obtenue d’emblée. En effet, du fait du péché originel, l’être humain a naturellement tendance à ce que l’on pourrait appeler en psychologie « l’hypertrophie du moi », ou bien, en termes plus spirituels, le péché d’orgueil. Ce péché se manifeste de la manière suivante : l’individu se croit au centre de tout ; tout entier tourné sur lui dans une auto-contemplation nombriliste, il se rend incapable de voir le réel qui l'entoure, les autres et, bien évidemment, le vrai Dieu.
Cette tendance, consubstantielle à la nature humaine blessée par le péché, éclate sous nos yeux dès que nous assistons à la plupart des célébrations qui ont lieu dans nos paroisses. Le sentimentalisme qui s’y exprime est la manifestation la plus explicite de cette dictature du « moi je » qui contribue à effacer de nos célébrations le visage du Christ et à réduire les eucharisties dominicales en de simples caisses de résonances où s’entrechoquent la cécité des egos : « Moi je suis un célébrant ouvert aux autres », « moi je suis une animatrice impliquée dans la vie paroissiale », « moi je veux célébrer des messes qui plaisent », « moi je raconte ma vie », « moi je », « moi je », « moi je »... Désormais soumise à la dictature du « moi je » déclinée en cent variations sur le même thème, la liturgie ne peut être que rongée de l’intérieur par l’expression infinie des affects, des idées personnelles, de la sensiblerie mièvre des uns, du sentimentalisme des autres, de l’infinie variété des goûts personnels, des humeurs, des choix subjectifs... Dès lors, elle devient totalement incapable d’exprimer la Vérité divine objective, de refléter l’image du vrai Dieu : un Dieu qui n’est jamais réductible ni à nos choix et à nos goûts personnels et changeants, ni à la personnalité d’un célébrant qui se veut sympathique.
Or, s’il y a bien un moyen d’empêcher la liturgie d’être envahie par ce sentimentalisme dissolvant, c’est l'ascèse. Du dénuement de Job dans l’Ancien Testament aux austérités des Pères du désert, du monachisme médiéval aux grands mystiques de l’époque moderne, l’ascèse a toujours été l’outil incontournable au service de l’épanouissement de la vie intérieure. Or, la prière liturgique est tout entière fondée sur l’ascèse, indispensable pour purifier nos corps et nos pensées des œuvres mortes pour, par le biais de la contemplation, être rendus dignes de rendre un culte juste et bon - comme le chantent les préfaces - au Dieu vivant.
On le voit d’ailleurs : les pratiques ascétiques comme le jeûne sont toujours intimement liées aux différents temps liturgiques, comme préparation aux fêtes liturgiques. Tout, dans le culte liturgique, est comme façonné par l’ascèse, comme purifié par le feu de la vie ascétique.
Si l’Eglise, à travers le concile Vatican II, a en quelque sorte « canonisé » le chant grégorien, c’est justement parce que ce type de chant, par sa nature profondément ascétique, ne verse pas dans le divertissement, dans la satisfaction d’une vaine sensibilité, mais au contraire nécessite l’effacement du choriste et de l’assemblée pour laisser s’exprimer, dans une noble sobriété, l’ineffable mystère divin. Ainsi, la sobriété et la pureté des mélodies expriment-elles une beauté qui n’est pas pure ornementation, mais reste au service du texte chanté, le révélant ainsi pour ce qu’il est : une Parole vivante et sainte.
S’il y a une ascèse chorale avec le grégorien, il y a aussi une ascèse architecturale avec la pureté des lignes romanes, et aussi une ascèse rituelle, par laquelle le célébrant, par toute son attitude faite de retenue, d’humilité, de recueillement, d’effacement, d’humble obéissance aux normes et aux rites hérités de la Tradition, se comporte non comme un révolutionnaire prétentieux qui prétend tout changer selon ses caprices, mais comme un « serviteur inutile » qui s’efface derrière la personne du Christ qu’il représente.
Ce qui est vrai pour les célébrants est vrai aussi pour les fidèles. Trop de fois les nefs des églises offrent le triste spectacle de fidèles agités, distraits, incapables de silence et de concentration, tout entier remplis d’eux-mêmes et donc incapables de s’immerger dans la liturgie, par la prière intérieure, le recueillement du chant et la contemplation.
Bien évidemment, cette importance de l’ascèse s’exprime de différentes manières selon les diverses traditions liturgiques et selon les contextes : un laïc n’est pas un moine. Dans les liturgies orientales, la dimension ascétique s’exprime par la durée des offices, par la station debout, mais aussi par l’iconostase qui masque le sanctuaire aux yeux des fidèles - à la façon de nos anciens jubés -, leur faisant ainsi comprendre que l’essentiel est de voir et d’entendre non avec les yeux et les oreilles du corps mais avec ceux du cœur et de la foi.
Dans la tradition romaine, cette ascèse s’exprime davantage par la « noble simplicité » des ornements et de la paramentique liturgique (à ne pas confondre avec le misérabilisme indigent que l’on voit trop souvent dans nos célébrations), et surtout par le silence, qui est le contexte par excellence permettant à Dieu de nous parler et à nous de l’entendre, comme le rappelait le cardinal Sarah dans son ouvrage « La force du silence ».
Si l'Eglise veut sortir par le haut du bourbier dans lequel elle semble irrémédiablement engagée, elle devra nécessairement restaurer cette notion fondamentale de l’ascèse dans tous les aspects de la vie chrétienne ; notion qui ne consiste, en réalité, qu’à s’effacer soi-même pour laisser le vrai Dieu occuper la première place, spécialement dans ce culte « en esprit et en vérité » que nous lui devons.
Samuel NYOM "
J.S. Bach, BWV 622 O Mensch, bewein dein Sünde groß:
À noter: avec le Vendredi-Saint, le Mercredi des Cendres est -actuellement- la seule occurrence où l’Eglise fait encore obligation aux fidèles de pratiquer le jeûne et l’abstinence.
Message de carême 2022 du pape François (texte complet)
« Nous récolterons, si nous ne perdons pas courage »
24 février 2022
« Nous récolterons, si nous ne perdons pas courage »: dans son message de carême, publié ce mercredi 24 février 2022, le pape François invite à persévérer dans le bien, dans la prière, dans la lutte contre le mal, spécialement pendant tout ce carême, qui commence mercredi prochain, 2 mars et conduit à Pâques, dimanche 17 avril.
Le pape souligne la nécessité de prier sans se lasser: « Ne nous lassons pas de prier. Jésus a enseigné qu’il faut « toujours prier sans se décourager ». Nous devons prier parce que nous avons besoin de Dieu. Se suffire à soi-même est une illusion dangereuse. »
Personne ne peut se dispenser de la prière, qui est source de « réconfort » et de « victoire », insiste le pape: « Si la pandémie nous a fait toucher du doigt notre fragilité personnelle et sociale, que ce Carême nous permette d’expérimenter le réconfort de la foi en Dieu sans laquelle nous ne pouvons pas tenir. Personne ne se sauve tout seul, car nous sommes tous dans la même barque dans les tempêtes de l’histoire. Mais surtout personne n’est sauvé sans Dieu, car seul le mystère pascal de Jésus-Christ donne la victoire sur les eaux sombres de la mort. »
Enfin, la prière, dans la foi, dans l’Esprit Saint, permet de « traverser » les tempêtes dans « l’espérance » et « l’amour »: « La foi ne nous dispense pas des tribulations de la vie, mais elle permet de les traverser unis à Dieu dans le Christ, avec la grande espérance qui ne déçoit pas et dont le gage est l’amour que Dieu a répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint. »
Avec la prière, le pape encourage le recours au sacrement du pardon, au jeûne – notamment le jeûne des réseaux sociaux dont « l’addiction » conduit à « appauvrir les relations humaines » -, et à la charité concrète.
De fait, ce message de carême est en date du 11 novembre dernier, en la fête de saint Martin de Tours (+397), saint patron de Buenos Aires, et exemple d’une charité authentique, « apôtre de la miséricorde »: le pape le donne souvent en exemple.
Voici le texte complet du message de carême dans la traduction du Vatican.
« Ne nous lassons pas de faire le bien, car, le moment venu, nous récolterons, si nous ne perdons pas courage. Ainsi donc, lorsque nous en avons l’occasion, travaillons au bien de tous » (Gal 6, 9-10a)
Chers frères et sœurs,
Le Carême est un temps propice de renouveau personnel et communautaire qui nous conduit à la Pâque de Jésus-Christ mort et ressuscité. Pendant le chemin de Carême 2022 il nous sera bon de réfléchir à l’exhortation de saint Paul aux Galates : « Ne nous lassons pas de faire le bien, car, le moment venu, nous récolterons, si nous ne perdons pas courage. Ainsi donc, lorsque nous en avons l’occasion (chairós), travaillons au bien de tous » (Gal 6, 9-10a).
1.Semailles et récolte
Dans ce passage, l’Apôtre évoque l’image des semailles et de la récolte, si chère à Jésus (cf. Mt 13). Saint Paul nous parle d’un chairos : un temps propice pour semer le bien en vue d’une récolte. Quelle est cette période favorable pour nous ? Le Carême l’est, certes, mais toute l’existence [1] terrestre l’est aussi, et le Carême en est de quelque manière une image [1]. Dans notre vie, la cupidité et l’orgueil, le désir de posséder, d’accumuler et de consommer prévalent trop souvent, comme le montre l’homme insensé dans la parabole évangélique, lui qui considérait sa vie sûre et heureuse grâce à la grande récolte amassée dans ses greniers (cf. Lc 12 ,16-21). Le Carême nous invite à la conversion, au changement de mentalité, pour que la vie ait sa vérité et sa beauté non pas tant dans la possession que dans le don, non pas tant dans l’accumulation que dans la semence du bien et dans le partage.
Un commentaire du site web « Riposte Catholique » :
« La Fraternité Saint-Pierre vient de faire connaître le décret que le pape François a promulgué le 11 février dernier, suite à la visite de deux de ses membres au pape François. Le pape a tenu à préciser, explique le supérieur général, lors de la visite des deux prêtres,
« les instituts comme la Fraternité Saint-Pierre n’étaient pas concernés par les dispositions générales du motu proprio Traditionis custodes, l’usage des livres liturgiques anciens étant à l’origine de leur existence et prévu par leurs constitutions. »
Le décret du pape a pour objet de préciser que sont toujours concédés à cette Fraternité l’usage de tous les livres liturgiques traditionnels dans leurs maisons propres, et avec la permission de l’évêque du lieu dans les autres églises. C’est en soi une très bonne nouvelle, qui permet à bien des prêtres et aux fidèles qui s’adressent à eux de respirer. Dans la situation de guerre ouverte inaugurée en juillet dernier, il convient bien entendu, de la recevoir avec une grande prudence et en même temps d’en tirer le meilleur parti possible.
Diviser pour régner ?
Ce décret ne présume en rien, malheureusement, du contenu du texte que doit publier au mois de mars la Congrégation pour les Religieux, qui pourrait obliger les prêtres de ces instituts à célébrer aussi la liturgie nouvelle, puisque le décret pontifical ne parle pas d’usage « exclusif ».
En toute hypothèse, Rome semble ainsi réduire la célébration de la liturgie romaine traditionnelle, bien universel, à un charisme particulier. Il n’est pas parlé des autres instituts Ecclesia Dei, soit de droit pontifical (Icrsp, Ibp, Oratoire de Berlin), ni de droit diocésain (par exemple en France, la Communauté de la Miséricorde divine), mais ces communautés ne sont pas non plus exclues, et la présentation du supérieur de la FSSP les assimile à la concession en vertu des paroles expresses du pape.
En revanche, il est clair que la faveur concédée appuie par comparaison les dispositions drastiques en forme de mort annoncée de l’usage de la liturgie traditionnelle : à l’exception de certains prêtres auxquels un statut particulier est concédé, l’ensemble des prêtres de rite latin, religieux et diocésains, n’ont plus le droit natif à célébrer la liturgie traditionnelle que leur avait reconnu Summorum Pontificum.
Le commencement de la fin pour Traditionis custodes
Ces prudentes réserves faites, il reste que cette « permission » apparaît comme un recul, ou au minimum comme une stabilisation du front dans la guerre contre la liturgie traditionnelle. Beaucoup de commentateurs ont analysé cette offensive à visée destructive lancée par le pape François, la liturgie d’avant le Concile étant assimilée par lui à la doctrine d’avant le Concile, comme le tir des dernières cartouches (de la liturgie nouvelle qui apparaît comme un formidable raté ? de Vatican II lui-même, que ne défend plus qu’une sorte d’association d’anciens combattants ?)
C’est dans cette perspective qu’il faut délibérément considérer cette « concession » romaine. Concrètement, d’ailleurs, il ne sera pas possible aux évêques de distinguer ceux qui « ont le droit » de ceux qui ne l’ont pas. Il est clair que l’offensive contre le monde traditionnel et tout ce qu’il représente est en train de s’essouffler.
Communiqué officiel de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre: Le vendredi 4 février 2022, deux membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, les abbés Benoît Paul-Joseph, Supérieur du District de France, et Vincent Ribeton, Recteur du Séminaire Saint-Pierre de Wigratzbad, ont été reçus en audience privée par le Saint-Père, le Pape François, pendant presqu’une heure.
L’entretien s’est bien passé, dans un climat très cordial. À l’évocation de la naissance de la Fraternité en 1988, le Pape s’est dit très marqué par la démarche de ses fondateurs, leur volonté de rester fidèles au Pontife Romain et leur confiance en l’Église. Il a dit que ce geste devait être « préservé, protégé et encouragé ».
Lors de cette audience, le Pape a notamment tenu à préciser que les instituts comme la Fraternité Saint-Pierre n’étaient pas concernés par les dispositions générales du Motu Proprio Traditionis Custodes, l’usage des livres liturgiques anciens étant à l’origine de leur existence et prévu par leurs constitutions.
Le Saint-Père a par la suite envoyé un décret signé de sa main et daté du 11 février, jour où la Fraternité a été solennellement consacrée au Cœur Immaculé de Marie, confirmant pour les membres de la Fraternité, le droit d’utiliser les livres liturgiques en vigueur en 1962, à savoir : le Missel, le Rituel, le Pontifical et le Bréviaire Romain.
Reconnaissants envers le Saint-Père, les membres de la Fraternité Saint-Pierre sont dans l’action de grâce pour cette confirmation de leur mission. Ils invitent tous les fidèles qui se sentent proches d’eux en tant que famille spirituelle à assister ou à s’unir par la prière à la Messe, demain, en la fête de la Chaire de saint Pierre, et à prier pour le Souverain Pontife.
Voici le Décret du Pape François confirmant l’usage des livres liturgiques de 1962 :
"Le Saint-Père François, concède à tous et à chacun des membres de la Société de vie apostolique « Fraternité Saint-Pierre », fondée le 18 juillet 1988 et déclarée « de droit pontifical » par le Saint-Siège, la faculté de célébrer le sacrifice de la Messe, d’administrer les sacrements et les autres rites sacrés, et de s’acquitter de l’Office Divin, selon les éditions typiques des livres liturgiques en vigueur en l’année 1962, c’est à dire le Missel, le Rituel, le Pontifical et le Bréviaire Romain.
Ils peuvent user de cette faculté dans les églises et oratoires propres ; partout ailleurs, ils n’en useront qu’avec le consentement de l’ordinaire du lieu, sauf pour la célébration de la Messe privée.
Sans préjudice de ce qui a été dit ci-dessus, le Saint-Père suggère que, dans la mesure du possible, les dispositions du motu proprio Traditionis Custodes soient également prises en compte.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 11 février, en la fête de Notre-Dame de Lourdes, de l’an 2022, neuvième année de mon pontificat.
Les Quarante Heures d’Adoration commenceront le dimanche 27 février à 14h (pour terminer le mardi 1er mars à 18h), à l’église des Saints Jean et Etienne "aux Minimes" (rue des Minimes 62, 1000 Bruxelles ; métro arrêt Louise - bus arrêt Sablon - tram arrêt Poelaert). Selon notre belle coutume reprise de la Tradition romaine, nous offrirons ces 40 heures d'Adoration à Jésus-Eucharistie :
en réparation des péchés du carnaval et du monde, par amour pour Jésus dans le Saint Sacrement, en préparation de notre Carême…qui commencera le 2 mars, le Mercredi des Cendres.
Pendant ces 40 heures, nous allons nous relayer devant le Très Saint Sacrement (2 personnes minimum en permanence).
“Les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres”. On l’entend souvent dire, et c’est sans doute vrai (quoique cela reste quand-même à voir...) Mais en tous cas les chrétiens sont invités à un agir vraiment différent, un comportement qui dénote, qui interpelle les autres et nous-mêmes d’abord. Jésus nous invite ni plus ni moins qu’à aimer nos ennemis et à faire du bien à ceux qui nous haïssent, à ne pas réclamer à celui qui nous vole, à prêter sans espérer qu’on nous rende, à faire pour les autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous. Voilà ce qu’il nous demande. Jésus nous le dit, il faut le faire. Pourquoi nous demande-t-il cela ? Et avec quelle force pourrons-nous le faire ?
La raison de ce comportement est que nous voulons faire comme Dieu notre Père, nous voulons « être les fils du Dieu très-haut » (v.35), les dignes fils de notre Père qui nous a tout donné. Il nous fait déjà habiter son Royaume. Et en quoi consiste ce Royaume de Dieu ? Que tous les hommes soient ses fils, ses filles, que tous les hommes soient des frères et des sœurs pleinement réconciliés. Pour cela, Jésus nous invite à commencer dès maintenant les relations du Royaume.
Pour préparer les Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris en 1997, une grande campagne d’affichage avait fait placarder sur d’immenses affiches quelques phrases de l’évangile, en grosses lettres, dont celle-ci : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. » Lors d’un journal télévisé, on interviewait un passant, qui eut cette réflexion extraordinaire : “si tout le monde faisait ainsi, il n’y aurait plus d’ennemi.”
Eh bien voilà, c’est bien de cela qu’il s’agit : dans le Royaume de Dieu, il n’y a plus d’ennemis, dans la vie du ciel il n’y a plus d’ennemis, et c’est pourquoi dès maintenant nous devons souhaiter du bien à nos ennemis. Cela tranche fort avec la mentalité actuelle, qui cherche des coupables pour tout, contre lesquels on pourra se retourner, qu’il faudra faire payer. Mais vous le savez bien, la paix ne vient pas de ce qu’on voit accablé celui qui nous a fait du mal ; nous ne trouvons pas la paix non plus quand nous cherchons à récupérer notre bien à tout prix. La paix ne vient que lorsque nous entrons dans les relations pour lesquelles nous sommes faits : celles du Royaume de Dieu. Ces relations sont marquées par la miséricorde, et par la gratuité (donner sans espérer en retour, faire pour les autres ce que nous voudrions qu’ils nous fassent, avant même qu’ils fassent ainsi). Et lorsque nous entrons dans ces relations, nous sommes comblés de joie, car Dieu n’est pas chiche, et la mesure que l’on utilise dans le Royaume est « une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante » (v.38).
Parfois nous n’entrons qu’en espérance dans ces relations, car notre ennemi reste trop menaçant, ou que les blessures qu’il nous a fait endurer saignent encore. Mais vivons cela dans l’espérance, confiant que Dieu pourra donner une paix que nous souhaitons mais qui est hors de portée.
Avec quelle force pouvons-nous agir ainsi ? Autant le dire tout de suite : cette force n’est pas en nous. C’est Jésus qui permet cela. C’est le juste qui accepte d’être injustement condamné et mis à mort qui stoppe l’enchaînement des représailles. C’est Jésus acceptant sa mort par amour qui désamorce le processus incessant d’hostilité envers le coupable. Et c’est celui qui s’est donné tout entier qui nous permet de dépasser le calcul, la dureté du cœur et l’avarice. Comme dit la lettre aux Éphésiens : « en sa personne, il a tué la haine. » (Ep.2,16)
C’est Jésus qui aujourd’hui donnera la force d’introduire ceux qui nous ont fait du mal dans les relations du Royaume. C’est lui-même qui donnera la richesse intérieure pour donner sans attendre en retour, pour faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous. Tout cela nous sera donné parce que nous Le côtoyons. Jésus ne nous abandonne pas en nous laissant sur les bras un commandement impossible. Quand il nous appelle à vivre ainsi, il vient aussi tout près de nous.
Il vient dans chaque eucharistie nous donner sa force et sa paix. Vous n’êtes pas venus à la messe seulement pour entendre un commentaire plus ou moins intéressant sur les lectures, vous n’êtes pas venu apprendre des choses sur Jésus ; vous êtes venu apprendre des choses de lui, par la rencontre que vous vivez avec lui, par ce fait qu’il se donne à vous et que vous l’accueillez, et que vous vous donnez à lui en retour.
C’est par cette rencontre de Jésus que nous aurons la force d’introduire tous les hommes que nous croisons dans des relations valables pour le Royaume.
Les contraintes sanitaires étant levées les unes après les autres, les pèlerins de Pentecôte vont pouvoir marcher cette année de nouveau entre Paris et Chartres.
De Paris à Chartres, le pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté cheminera sur le thème du Sacré-Coeur, Espoir et salut des nations. Il est déjà possible de rejoindre une équipe soutiens en écrivant à responsable.rh@nd-chretiente.com
Dans ce monde où, comme le dit le père Calmel, le diable s’acharne à rendre les hommes vieux… Nous marcherons derrière la petite sainte Thérèse, sainte Jeanne d’Arc et Godefroy de Bouillon dans l’enthousiasme de la jeunesse.
Une fois de plus, nous ferons nôtre l’injonction de Charette : “On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créature humaine, la liberté de l’homme intérieur.”