Madame, Monsieur,
Ce dimanche 2 juillet 2023, l'ECLJ fête ses 25 ans d'existence!
C'est au début du mois de juillet 1998, que Jay Sekulow et d'autres avocats créèrent, à Strasbourg, le Centre européen pour le droit et la justice.
C'est une grande grâce pour nous de fêter cet anniversaire, en contemplant ce que notre association a pu réaliser pour la protection de la vie, de la famille et de la liberté religieuse en France, en Europe et dans le monde.
Ces dizaines d'interventions à la CEDH, l'affaire des crucifix, l'affaire Lambert, nos rapports sur la CEDH et sur l'ONU, ces conférences, ces chrétiens emprisonnés dont nous avons obtenu la libération... Tous ces combats n'auraient pas pu être menés sans votre soutien! Alors du fond du cœur, Grégor Puppinck et toute l'équipe de l'ECLJ vous remercient!
De Caterina Maniaci sur ACI Stampa:

Lectures : le cas Eugenio Corti
Cette année marque le 40e anniversaire de la première édition du "Cheval rouge", le chef-d'œuvre de Corti, publié en 1983.
30 juin 2023
Le "cas" Eugenio Corti peut se résumer en quelques mots : un grand écrivain, selon certains spécialistes internationaux le plus grand écrivain italien depuis les années 50, avec un lectorat en constante augmentation, mais presque ignoré par les critiques italiens. Un écrivain à contre-courant, à l'écriture tranchante et classique, ancré dans la réalité, dans la terre (en particulier sa Brianza) et le regard tourné vers le haut. Quoi de plus désuet et démodé ? Si peu adaptable, diffusable, réductible, et pourtant toujours capable d'attirer, de donner des réponses à cet inépuisable désir de sens. Cette année marque le 40e anniversaire de la première édition du "Cheval rouge", le chef-d'œuvre de Corti, publié en 1983.
La maison d'édition Ares, qui a toujours édité et publié ses œuvres, a voulu commémorer cet anniversaire et, pour l'occasion, Elena Rondena, professeur à l'Université catholique de Milan, a illustré l'exposition avec laquelle les Rencontres de Rimini (20-25 août) rendront hommage à l'écrivain et à son chef-d'œuvre littéraire. Corti est né à Besana en Brianza en 1921 et y est décédé en 2014 ; la Brianza, disions-nous, comme lieu de vie, de formation, d'inspiration, la terre d'où a jailli l'épopée du Cheval rouge, un roman qui a démontré, entre autres, que la littérature italienne peut atteindre la "longue foulée" d'un Tolstoï ou d'un Dostoïevski. Ses œuvres de fiction sont, outre "Il cavallo rosso", "I più non ritornano", "Gli ultimi soldati del re", "Il Medioevo e altri racconti" et les "Racconti per immagini", "Catone l'antico", "La terra dell'indio" et "L'isola del paradiso". À l'époque, il a écrit le drame "Procès et mort de Staline", qui a été très bien accueilli. En 2015, le volume "Je reviendrai" rassemble sa correspondance de la campagne de Russie ; en 2019, "Je veux ton amour" rassemble ses épîtres avec sa future femme Vanda, qui est également l'éditrice du volume ; en 2021, "Chacun est pressé par sa Providence" rassemble ses journaux intimes de 1940 à 1949.
Préjugés idéologiques pendant longtemps, non-appartenance aux bons cercles, puis inattention, Corti semblait, et semble encore, dans l'ombre. Et pourtant... Ainsi, comme le rappelle Alessandro Zaccuri dans un article de l'Avvenire, "ses funérailles, célébrées dans la basilique à côté de laquelle se dresse le monument inspiré du Cheval rouge, avaient été un événement populaire bien plus qu'un événement de foule : la convocation d'une communauté de lecteurs qui avaient reconnu dans les pages d'Eugenio Corti leur propre vision du monde et leur propre expérience de la vie. En un mot, leur propre foi, qui était alors la foi inébranlable et obstinée des "paolotti", comme l'écrivain continuait à les appeler avec fierté, faisant justice au préjugé qui confinait le christianisme des "simples" aux marges de l'histoire.
Oui, la foi, au centre de tout, la reconnaissance d'une communauté puis d'un peuple, dans la manière de vivre et donc d'écrire de ce Briançonnais sobre et vif, réservé mais plein d'élans et de fulgurances, premier des dix enfants d'une famille qui avait créé une solide entreprise industrielle.
Formation religieuse et culturelle rigoureuse, université catholique, participation à la tragique campagne de Russie... Ses débuts d'écrivain avec I più non ritornano, mémoire de la retraite du Don, datent de 1947. Corti se fait connaître et apprécier dans le climat littéraire effervescent, et pas seulement, de l'après-guerre, mais se heurte ensuite aux idéologies dominantes, notamment lorsqu'il écrit et publie en 1962 le presque prophétique Procès et mort de Staline. La marginalisation est décrétée et promulguée. Mais Corti ne s'inquiète pas, il se met à l'écart pour préparer son chef-d'œuvre, ce "Cavallo rosso" (Cheval rouge) qui paraît en 1983, méticuleusement sédimenté, distillé entre souvenirs personnels et "lecture" d'événements historiques dans sa maison de Besana, avec sa femme Vanda toujours à ses côtés.
Une épopée, une œuvre épique, rare dans notre panorama littéraire, d'une grande ampleur et surtout largement ouverte à une dimension spirituelle, de l'Histoire et des histoires de chaque personnage, le long d'un cycle historique si exigeant de 1940 à 1974. Foi, cohérence, guerre, violence, mort, amour, désillusion, désespoir : les grands thèmes éternels ne sont pas banalisés, éludés, réduits à des formules, mais joués à fond, dans la tension d'une écriture élaborée mais directe, comme de l'argile travaillée et modelée sur une longue période. Ce n'est pas un hasard si des auteurs comme Tolstoï et Dostoïevski ont été cités, avec des pierres angulaires de la littérature mondiale comme Guerre et Paix et Les Frères Karamazov. Mais aussi, bien sûr, les Promessi Sposi (Les Fiancés) de Manzoni, même si les différences sont nombreuses, y compris sur le plan théologique, si l'on peut dire, entre les deux auteurs. Plus de mille pages pour plonger dans une vision du monde, une lecture qui pénètre, interroge. Plus qu'une lecture, une expérience.
Presque ignoré des circuits officiels en Italie, en France, en revanche, il devient rapidement un roman culte, traduit, diffusé, étudié, aimé. Mais là aussi, il s'est peut-être produit quelque chose d'inattendu : grâce à un bouche-à-oreille actif, sa notoriété s'est consolidée au fil du temps, ses lecteurs se sont multipliés et se sont attachés avec ténacité à l'écrivain, comme s'il était une présence concrète et réelle dans leur vie. Les centaines de lettres reçues au fil du temps en témoignent. On sort des pages de Il Cavallo Rosso comme d'un long voyage, même à l'intérieur de soi, illuminé par la certitude d'un sens authentique de ce qui se passe et nous entoure.

De Luke Coppen et Brendan Hodge sur The Pillar :
Les catholiques allemands ont quitté l'Église en nombre record l'année dernière
28 juin 2023
Un nombre record de 522 821 personnes ont officiellement quitté l'Église catholique en Allemagne en 2022, selon de nouvelles statistiques.
Si l'on tient compte des décès, le nombre de membres de l'Église a diminué de 708 285 en 2022, avec seulement 1 447 personnes rejoignant l'Église pour la première fois et 3 753 personnes réadmises.

Le précédent record de "sorties de l'Église" avait été établi en 2021, avec 359 338 personnes ayant quitté l'Église, ce qui représentait en soi une augmentation significative par rapport à 2020, où 221 390 personnes avaient quitté l'Église.
Les nouveaux chiffres ont été publiés le 28 juin par la conférence épiscopale allemande et les 27 diocèses du pays.
La perte de plus d'un demi-million de catholiques signifie qu'il y a maintenant 20 937 590 membres de l'Église en Allemagne, ce qui représente 24,8 % de la population totale de 84 millions d'habitants, contre 26 % l'année précédente.
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De Figaro Histoire via le site "Pour une école libre au Québec" :
Le génie du christianisme
28 juin 2023
Recension de l’ouvrage Ces Idées chrétiennes qui ont bouleversé l’histoire de Jean-François Chemain, diplômé de l’IEP de Paris, agrégé et docteur en histoire, docteur en histoire du droit.
L’une des questions sur lesquelles on nous a demandé de nous pencher était ce qui expliquait le succès, en fait la prééminence de l’Occident dans le monde entier. Nous avons étudié tout ce que nous pouvions des points de vue historique, politique, économique et culturel (…), nous nous sommes rendu compte que le cœur de votre culture, c’est votre religion : le christianisme. C’est pour cette raison que l’Occident est aussi puissant. » : ainsi témoignait un membre de l’Académie chinoise des sciences (cité par David Aikman dans Jesus in Beijing). C’est une évidence, reconnue par le monde entier, que seul l’Occident s’évertue à nier : celle d’une marque chrétienne qui a donné forme, âme, force et durée à notre civilisation.
C’est cette empreinte chrétienne que Jean-François Chemain, professeur d’histoire dans des établissements supérieurs catholiques, entreprend de démêler dans son livre, Ces idées chrétiennes qui ont bouleversé le monde. Des sermons de saint Augustin à ceux de Bossuet, des harangues de Savonarole aux sonnets de Louise de La Vallière, cette synthèse érudite expose de façon lumineuse et vivante les grandes idées qui charpentent la cathédrale européenne depuis la bataille du pont Milvius (312), date de la conversion de Constantin, jusqu’à nos jours.
Jean-François Chemain bouscule les poncifs véhiculés par la légende noire qu’ont fabriquée les ennemis de l’Église : non, celle-ci n’a pas justifié l’esclavage, elle n’a pas asservi les femmes, elle n’a pas entravé la science, bien au contraire ! C’est dans les pays de marque chrétienne qu’a été abolie la servitude, rendue possible l’émancipation féminine et sont nées les plus grandes révolutions scientifiques qui ont donné lieu au monde moderne…
Bien sûr, il y a toujours eu des écarts entre l’idéal et la pratique. Les Européens ont fait la guerre, commis des massacres, asservi leur prochain. « Que des chrétiens aient commis des horreurs, c’est incontestable. Qu’ils les aient commises en tant que chrétiens, et au nom du christianisme, c’est à nuancer fortement », écrit l’auteur. Car toujours l’Église, malgré ses contradictions, tenait le flambeau d’une morale circonvenant le pouvoir politique à des obligations supérieures. D’Ambroise de Milan tançant Théodose à la pénitence de Canossa, les exemples sont nombreux d’un pouvoir spirituel imposant sa limite à l’hubris des puissants.
Jean-François Chemain insiste sur cette séparation entre le pouvoir politique et l’autorité religieuse, qu’il prend soin de ne pas appeler « laïcité », le terme aujourd’hui galvaudé n’ayant rien à voir avec la distinction établie par saint Augustin entre les deux cités, forgeant l’architecture spirituelle de l’Europe. L’auteur fait un détour intéressant par la Russie, sorte de contre-exemple où des siècles de césaropapisme, où autorité spirituelle et politique n’ont jamais été séparées, ont forgé un tout autre modèle civilisationnel.
La simonie est un danger, mais le spirituel détaché de tout enracinement n’en est-il pas un autre ? « L’Évangile sans l’Église est un poison », écrivait Joseph de Maistre. Sans aller jusque-là, on ne peut que souscrire au constat de Chesterton sur ces « vertus chrétiennes devenues folles » qui emplissent la modernité. Jean-François Chemain n’élude pas le sujet et aborde dans les derniers chapitres de son livre la « mauvaise conscience et le sentiment de culpabilité » qui habitent notre continent, trace évidente d’une mentalité chrétienne qu’aucune autre civilisation ne partage (ni les pays musulmans, ni les pays asiatiques ne se repentent jamais pour la litanie de massacres qui émaillent leur histoire). De même pour l’ouverture migratoire inconditionnelle, propre de notre civilisation.
L’application du christianisme conduit-elle à son effacement ? C’était la thèse formulée par Marcel Gauchet dans Le Désenchantement du monde. C’est un défi permanent que lance le christianisme à la chrétienté, nous rappelle Jean-François Chemain : « Être en cohérence avec son origine (…) au péril même de sa survie en tant que civilisation chrétienne et donc terre de liberté. » La question n’a pas fini de hanter l’Europe : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra », ce commandement vaut-il pour une civilisation ? Ce livre nous plonge dans ce vertigineux dilemme.
Source : Figaro Histoire
Ces idées chrétiennes qui ont bouleversé le monde
de Jean-François Chemain,
publié le 10 mai 2023,
aux éditions Artège,
à Paris,
280 pages,
ISBN-13 : 979-1033614036
De Solène Tadié sur le National Catholic Register :
Le catholicisme en France pourrait bientôt devenir minoritaire mais plus traditionnel, selon les experts
Dans le pays connu comme la "fille aînée de l'Église", l'islam et le protestantisme évangélique pourraient atteindre des positions hégémoniques au cours des prochaines décennies, tandis que le catholicisme s'ancrerait dans une dynamique plus orthodoxe.
26 juin 2023
L'annonce aujourd'hui de la démission de deux évêques français souffrant d'épuisement épiscopal et la publication imminente d'un rapport potentiellement dévastateur sur les allégations d'abus sexuels au sein de la Communauté Saint-Jean en France ont attiré une nouvelle fois l'attention sur l'état fragile de l'Église en France. Le catholicisme est-il aujourd'hui en voie d'extinction en France, "fille aînée de l'Église" et patrie de saint Louis et de sainte Jeanne d'Arc ?
Des études sur l'évolution du paysage religieux du pays l'ont déjà suggéré au cours des derniers mois. La plus récente d'entre elles montre que le catholicisme est la religion qui connaît le plus fort déclin et le plus faible taux de transmission intrafamiliale.
Ces résultats ont conduit l'historien et sociologue des religions Guillaume Cuchet à suggérer que, dans quelques décennies, le catholicisme pourrait être minoritaire, dépassé par l'islam, le protestantisme évangélique et, surtout, par les personnes sans religion. Dans le même temps, cette tendance devrait s'accompagner d'une approche plus traditionnelle et plus pratiquante chez les catholiques minoritaires.
Si ces prévisions se vérifient, le visage de la France, dont l'histoire de 1500 ans a commencé avec le baptême du roi Clovis par saint Remi, sera profondément modifié, tout comme celui de la pratique catholique elle-même.
L'effondrement de la transmission familiale
Ce déclin du catholicisme, contre lequel Cuchet a souvent mis en garde ces dernières années, s'est accéléré de façon spectaculaire depuis 2008, comme le montre l'enquête "Trajectoires et Origines 2" (TEO2) commandée par l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). Les résultats de cette enquête ont été rendus publics en avril 2023.
En effet, seuls 25 % des Français âgés de 18 à 59 ans se déclarent catholiques en 2020, contre 43 % en 2008 selon l'enquête Trajectoires et Origines 1. Alors que les personnes sans religion sont passées de 45 % à 53 %, l'islam a progressé de 37 % au cours de la même période, et une autre étude indique que les musulmans représentent aujourd'hui environ 10 % de la population totale de la France
Commentant l'étude dans une interview accordée au magazine La Vie, M. Cuchet a également souligné la "montée spectaculaire" des protestants évangéliques au cours de la dernière décennie, qui représentent une part croissante des 9 % de la population française qui sont des chrétiens non catholiques.
Ces données ont conduit le sociologue à émettre l'hypothèse que le catholicisme pourrait devenir, "un jour assez proche", la deuxième, voire la troisième religion du pays.
Pour l'historien Yann Raison du Cleuziou, spécialiste du catholicisme contemporain et auteur de Qui sont les Cathos aujourd'hui ?, cette théorie est presque une évidence mathématique.
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