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Débats - Page 141

  • "Les jurés du prix Nobel de littérature ont préféré l’idolâtrie du sexe à la lucidité"

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    Une tribune de Henri Quantin parue sur le site Aleteia.org :

    Nobel de littérature : Annie Ernaux versus Michel Houellebecq

    Avec leurs perpétuelles polémiques sur la surreprésentation des mâles dans les palmarès, la seule chose qu’ont réussi les féministes est de faire soupçonner un choix idéologique chaque fois qu’une femme est récompensée par un prix autre que celui de Miss seins nus. En 1928, quand Sigrid Undset obtint le prix Nobel de littérature, personne ne pensa que le jury s’était cru obligé de choisir une femme, encore moins que cela couronnait la conversion de la romancière norvégienne au catholicisme en 1924. Le jury récompensait une grande œuvre, voilà tout.

    Avec le prix Nobel d’Annie Ernaux, le doute est permis, tant ses livres, sans exception, sont un hommage à ce que l’idéologie ambiante vante à flots continus, à commencer par les bienfaits supposés de la « libération des femmes ». « Après Simone Veil au Panthéon, remarque une jeune lectrice peu convaincue par le roman L’Événement, ça devait arriver… L’avortement est un bon pourvoyeur d’héroïnes nationales. » Les supporters déçus de l’échec de Houellebecq ont eu beau jeu de dire que le sexe de leur poulain était un handicap insurmontable.

  • Comment les catholiques sont devenus prisonniers de Vatican II

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    Lu sur « Il Sismografo » cet article extrait du New York Times

    le concile a 60 ans maxresdefault (5).jpg« (Ross Douthat, The New York Times) Le Concile Vatican II, la grande révolution dans la vie de l'Église catholique moderne, s'est ouvert il y a 60 ans cette semaine à Rome. Une grande partie de ce monde des années 1960 est décédée, mais le conseil est toujours avec nous; en effet, pour une église divisée, ses conséquences toujours en cours ne peuvent être échappées.

    Pendant longtemps, cela aurait été une revendication libérale. Dans les guerres au sein du catholicisme qui ont suivi le concile, les conservateurs ont interprété Vatican II comme un événement discret et limité - un ensemble particulier de documents qui contenaient divers changements et évolutions (sur la liberté religieuse et les relations catholiques-juives en particulier), et ouvraient la porte à une version révisée et vernaculaire de la messe. Pour les libéraux, cependant, ces détails n'étaient qu'un point de départ : il y avait aussi un « esprit » du concile, similaire au Saint-Esprit dans son fonctionnement, qui était censé guider l'église. dans de nouvelles transformations, une réforme perpétuelle.

    L'interprétation libérale a dominé la vie catholique dans les années 1960 et 1970, lorsque Vatican II a été invoqué pour justifier un éventail toujours plus large de changements - à la liturgie, au calendrier et aux prières de l'Église, aux coutumes laïques et à la tenue cléricale, à l'architecture de l'église et à la musique sacrée, à la discipline morale catholique. Puis l'interprétation conservatrice s'est installée à Rome avec l'élection de Jean-Paul II, qui a publié une flottille de documents destinés à établir une lecture faisant autorité de Vatican II, à freiner les expérimentations et les altérations plus radicales, à prouver que le catholicisme avant les années 1960 et Le catholicisme par la suite était toujours la même tradition.

    Maintenant, dans les années du pape François, l'interprétation libérale est revenue - non seulement dans la réouverture des débats moraux et théologiques, l'établissement d'un style d'écoute permanente de la gouvernance de l'église, mais aussi dans la tentative de supprimer une fois de plus l'ancien catholique rites, la liturgie latine traditionnelle telle qu'elle existait avant Vatican II.

    L'ère de François n'a pas restauré la vigueur juvénile dont jouissait autrefois le catholicisme progressiste, mais elle a justifié une partie de la vision libérale. Par sa gouvernance et même par sa simple existence, ce pape libéral a prouvé que le Concile Vatican II ne peut pas être simplement réduit à une seule interprétation établie, ou voir son travail en quelque sorte considéré comme terminé, la période d'expérimentation terminée et la synthèse restaurée.

    Au lieu de cela, le concile pose un défi permanent, il crée des divisions apparemment insolubles et il laisse le catholicisme contemporain face à un ensemble de problèmes et de dilemmes que la Providence n'a pas encore jugé bon de résoudre.

    Voici trois déclarations pour résumer les problèmes et les dilemmes. D'abord, le concile était nécessaire. Peut-être pas sous la forme exacte qu'il a prise, un concile œcuménique convoquant tous les évêques du monde entier, mais dans le sens où l'Église de 1962 avait besoin d'adaptations importantes, d'une réflexion et d'une réforme importantes. Ces adaptations devaient être tournées vers le passé : la mort de la politique du trône et de l'autel, la montée du libéralisme moderne et l'horreur de l'Holocauste ont tous exigé des réponses plus complètes de la part de l'Église. Et ils devaient aussi être tournés vers l'avenir, dans le sens où le catholicisme du début des années 1960 commençait à peine à compter avec la mondialisation et la décolonisation, avec l'ère de l'information et les révolutions sociales déclenchées par l'invention de la pilule contraceptive.

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  • Vatican II a 60 ans : un retour en arrière pour aller de l'avant ?

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    Du Père Raymond J. de Souza sur le National Catholic Register :

    Vatican II a 60 ans : un retour en arrière pour aller de l'avant ?

    Le pontificat du pape François semble se sentir plus à l'aise dans la période post-conciliaire immédiate, mais ceux qui souhaitent ramener l'Église en 1972 doivent faire face à l'héritage interprétatif colossal de Jean-Paul II et Benoît XVI.

    11 octobre 2022

    Note de l'éditeur : Cet article fait partie du symposium du Register sur Vatican II à 60 ans.

    Pour les catholiques trop jeunes pour se souvenir de la période postconciliaire immédiate, le 60e anniversaire de Vatican II offre une chance de revivre le passé. L'Église est en train de régresser. Il y a un large consensus sur ce point. Il y a un désaccord sur la destination historique précise. 

    Avec une rhétorique de plus en plus pointue, le pape François dénonce ceux qui commettent le "péché du retour en arrière" - un néologisme qu'il a inventé pour caractériser ceux qui, selon lui, veulent revenir à la situation d'avant le concile Vatican II. 

    Le pontificat de près de dix ans du pape François semble, en revanche, se sentir plus à l'aise dans la période postconciliaire immédiate de la fin des années 1960 et des années 1970 - avant Veritatis Splendor (1993), le Catéchisme de l'Église catholique (1992), la théologie du corps (1979-1984), Familiaris Consortio (1980) et peut-être même tout le projet de saint Jean-Paul II (élu en 1978) de stabiliser l'Église après une décennie de troubles.

    C'est le jugement du cardinal Angelo Scola, ancien archevêque de Milan et de Venise, et figure de proue de l'Église des années 1970 jusqu'à sa retraite en 2017. Il a publié un livre d'entretiens, Betting on Freedom : Ma vie dans l'Église, en novembre 2021. Le prélat de longue expérience et de grande estime y affirme que l'Église recule, poussée ironiquement par ceux qui clament sans cesse que l'Église doit aller radicalement de l'avant, de peur de se laisser distancer par la culture contemporaine. Cela provoque la réaction "rétrograde" que le pape François dénonce.

    "À ceux qui pensent que l'Église a pris du retard, je réponds que nous sommes plutôt en train de revenir en arrière, plus précisément à l'époque des débats entre conservateurs et progressistes après le Concile", écrit le cardinal Scola. "Je constate une opposition renouvelée, avec beaucoup de surexcitation, entre les gardiens de la tradition telle qu'elle est comprise de manière rigide et les partisans de la conformation des pratiques, mais aussi de la doctrine, aux exigences du monde."

    L'Année de la foi sur le 50e

    En octobre 2012, le pape Benoît XVI a inauguré une "Année de la foi", marquant le 50e anniversaire de l'ouverture de Vatican II et le 20e anniversaire du Catéchisme de l'Église catholique. Il a rappelé que saint Paul VI avait déclaré une "Année de la foi" en 1967-1968, immédiatement après le Concile, alors que le navire de la foi était en eaux périlleuses. 

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  • Les trois trous noirs du Synode qui mettent l'Eglise en danger

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana

    Les trois trous noirs du Synode qui mettent l'Eglise en danger

    12-10-2022

    Le parcours qui culminera en 2023 avec le Synode des évêques présente au moins trois trous noirs. La première est que sa conduite n'a rien de synodal, confirmant l'attitude directive de François. Le deuxième trou noir concerne l'écoute, viciée par le fait qu'il a déjà été décidé ce qu'il faut écouter et ce qu'il ne faut pas écouter. La troisième est l'idée d'introduire la démocratie libérale dans l'Église. Mais cela dénature l'Église elle-même.

    Le parcours synodal sur la synodalité, qui se terminera en 2023 avec le véritable Synode des évêques après la longue " phase d'écoute ", présente plusieurs trous noirs qui le rendent très problématique et nous demande de ne pas pécher par naïveté.

    Le premier de ces trous noirs est que sa conduite n'a rien de synodal. Le document final du synode américain indique que 0,01% des fidèles ont participé à la phase d'écoute. En pratique, un petit groupe qui ne s'écoutait et ne parlait qu'à lui-même. C'est surtout François qui appuie sur l'accélérateur, et il le fait de manière non synodale mais impérative. Son pontificat est caractérisé par pas moins de 53 motu proprio, plus que ceux de ses deux prédécesseurs réunis. Les évêques sont coincés entre lui et les conférences épiscopales, et la synodalité entrave la collégialité. Les nominations au sommet de la direction du Synode démontrent déjà une volonté de le diriger, voire de le déterminer. Après tout, c'était aussi le cas des synodes précédents, à commencer par la Mère de tous les synodes, celui sur la famille en 2014/2015. Le fait que la synodalité soit une voie à sens unique est démontré par les slogans qui sont servilement répétés dans les documents finaux des synodes diocésains et dans la bibliographie de référence fournie aux synodes. Parmi les nombreux, je voudrais signaler celui du diocèse de Padoue, qui est tout au nom du progressisme : sur cette base, le résultat du synode de Padoue est déjà gravé dans la pierre.

    Même les théologiens les plus favorables au synode, comme Giacomo Canobbio de Milan, notent la contradiction d'un synode sur la synodalité poussé de manière centraliste. Dans le numéro actuel de "Studia Patavina", Canobbio saisit "un piège même dans l'enseignement/comportement du Pape François : d'une part, il veut impliquer tout le monde dans le processus synodal, d'autre part, c'est encore lui qui détermine les chemins des Conférences épiscopales, et notamment de la Conférence italienne". Cette hâte à brûler les étapes de la synodalité par imposition jette une lumière politique ambiguë sur l'ensemble du processus en cours et confirme qu'il s'agit d'une synodalité décidée a priori et imposée.

    Un deuxième trou noir concerne l'attitude d'écoute, présentée comme fondamentale à ce stade de la préparation du synode. Chacun peut constater que c'est une écoute imparfaite dans la mesure où elle est déjà orientée vers l'écoute de ceci et non de cela. C'est aussi une écoute instrumentale pour conduire les choses là où on veut les conduire. En outre, l'attitude d'écoute est compromise par une confusion entre le sensus fidei des fidèles et la catégorie de personnes propre à la "théologie du peuple". Ce lien problématique a été théorisé par Francis à plusieurs reprises. Le sensus fidei, ou "instinct de la foi", selon François, se produit avec le souffle de l'Esprit et fait jouir le fidèle baptisé d'une certaine connaturalité avec les réalités divines dont découle une sagesse dans le discernement. Il fonde sur cela le besoin d'écoute au sein de l'Eglise, pour éviter le verticalisme et le cléricalisme. Il y associe ensuite la théologie du peuple, puisqu'une certaine assistance connaturelle de l'Esprit Saint existerait aussi en dehors de l'Église, dans le peuple en tant que peuple. C'est pourquoi l'écoute doit aussi s'adresser aux personnes éloignées. Par peuple, on entend l'humanité, le monde, il y aurait donc un parallèle entre l'Église et le monde, une égalité dans l'écoute. L'idée est certes conforme à de nombreux courants de la théologie contemporaine, mais cela ne suscite (en fait) aucune inquiétude. Le danger de penser le peuple dans un sens sociologique se profile et le glissement vers l'affirmation que le souffle de l'Esprit est présent dans les revendications LGBT d'aujourd'hui est immédiat. Sur cette base, le Synode trouve un fondement très équivoque.

    Le troisième trou noir est que l'on veut introduire la démocratie libérale moderne dans l'Église. Le susdit Giacomo Canobbio l'a dit clairement : "Imaginer que la vérification [sic !] du sensus fidelium n'ouvre pas la porte à des formes de démocratisation de l'Église signifie tomber dans une forme de spiritualisation de la vie ecclésiale". Si la synodalité - poursuit Canobbio - doit se traduire par des décisions dans un synode, "les expériences empruntées aux sociétés démocratiques ne peuvent être mises de côté". De son point de vue, il a raison : si la démocratie vérifie (sic !) le sensus fidelium, alors l'Église doit être démocratique. Aujourd'hui, les décisions des synodes sont placées entre les mains de l'évêque ou du pape, mais la perspective est celle d'une nouvelle synodalité, dans laquelle les décisions des synodes, prises démocratiquement, ne devront plus se référer au pape ou à l'évêque, car dans ce cas on retomberait dans le cléricalisme ; "si c'est encore à lui [le pape] de dire le dernier mot, on risque d'ouvrir la voie à de nouveaux verticalismes". Le vote démocratique témoignerait de la présence de l'Esprit Saint dans les décisions synodales. Une promotion radicale de la démocratie procédurale moderne, remontant à nul autre que les exigences de l'Incarnation, mais en réalité c'est de l'historicisme.

    Si l'on réunit ces trois trous noirs, on peut se demander si l'Église qui sortira du synode sur la synodalité sera encore l'Église catholique. Le niveau d'alarme est élevé, même si peu de gens le disent.

  • Philo à Bruxelles - Saison 2022/2023 : Promenades philosophiques au cœur des vertus

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    Philosophie à Bruxelles à la Grand-Place

    Stéphane Mercier nous présente le nouveau cycle 2022-2023

    Video de présentation : saison 2022-2023

    Voici le programme des 9 conférences :

    ­C’était, dit-on, l’habitude d’Aristote d’enseigner la philosophie en se promenant, ou de dispenser ses leçons dans un lieu désigné pour la promenade, et c’est à ce type de promenades philosophiques que nous vous convions pour la saison 2022/2023 de Philo à Bruxelles.

    Des promenades, donc, pour l’esprit, car vous pourrez les suivre en demeurant assis, à moins que vous ne préfériez les écouter en replay en vous promenant véritablement, pour un bénéfice double du corps et de l’esprit !

    Nous vous proposons, cette année, neuf conférences sur des sujets qui tendent ensemble à explorer les conditions d’un agir vertueux animé par l’amour de la sagesse.

    Nous commencerons, dans la première conférence de ce cycle, par porter un regard sur la pensée contemporaine, pour découvrir l’imprégnation kantienne de nos esprits. Oui, nous sommes tributaires de Kant, et c’est chez Kant qu’il faut aller chercher non la source unique, mais l’une des racines de l’agnosticisme contemporain. Prendre la mesure du mal, c’est en même temps éprouver le besoin du remède, de sorte que ce diagnostic porté sur l’agnosticisme hérité de Kant, nous invitera, une fois encore, à renouer avec saint Thomas d’Aquin.

    À ce premier exposé succédera une deuxième conférence, où saint Thomas viendra couronner une antique réflexion du monde grec sur les vertus cardinales. Après avoir parlé, l’an dernier, des péchés capitaux, il n’est en effet pas inutile de déployer l’histoire des vertus qui structurent une vie équilibrée et aussi humainement réussie que peut l’escompter la nature.

    Cette centralité de la vertu nous suggérera la matière d’une troisième conférence : si la vertu est au cœur de la philosophie, c’est que la théorie n’est pas et ne doit surtout pas être déconnectée de la pratique. Le fossé entre théorie et pratique n’a pas cessé de s’approfondir depuis des siècles alors que la pensée grecque non seulement envisageait la philosophie dans sa dimension spéculative, mais considérait aussi la grave nécessité de traduire dans la pratique son enseignement. Cette idée d’une philosophie comme mode de vie est également au cœur de ce que l’on peut désigner, à l’autre extrémité du continent eurasiatique, comme la pédagogie morale inscrite au cœur de la tradition confucianiste. Cette troisième conférence proposera donc de croiser les perspectives entre Occident et Orient lointaine.

    L’idée tellement grecque d’une philosophie conçue comme mode de vie orienté vers l’acquisition de la sagesse permet de mieux comprendre, comme nous le ferons dans une quatrième conférence, pourquoi ceux qu’on a appelés les Pères apologistes, ces écrivains chrétiens du deuxième siècle, se sont efforcés de montrer et de démontrer que le christianisme, loin d’être imputable au dérèglement d’un quarteron de forcenés factieux, réalisait supérieurement l’objectif de la philosophie comme amour de la sagesse : au lieu d’une sagesse humaine, trop humaine, le christianisme est en effet l’amour de la Sagesse éternelle, de Dieu lui-même, maître et origine de toute chose.

    Parmi les philosophies antiques qui connaîtront une fortune remarquable en régime chrétien, une en particulier met l’accent sur la pratique : c’est le stoïcisme. La cinquième conférence nous permettra de suivre les étapes de cette intégration de la pensée et de la discipline stoïciennes dans le monde chrétien depuis la fin de l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne.

    La conscience occidentale, au milieu du dix-septième siècle, est revenu quelque peu de sa fascination pour l’antique philosophie, pour se montrer volontiers sceptique. C’est à l’aspect le plus stimulant de ce recul, de cette prise de distance, que sera consacrée la sixième conférence. Suivant le mot de Pascal : « se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher » : nous parlerons de la place de l’humour, du rire ou du sourire, et certainement de la détente en philosophie.

    Dans la septième conférence, nous aborderons le problème du mal chez saint Augustin en particulier, mais, renouvelant la perspective comparatiste qui nous avait servi dans la troisième conférence, nous ferons le lien entre Augustin et Xunzi, l’un des plus remarquables et des principaux représentants de l’antique pensée confucianiste. Lui aussi, soucieux d’affronter la question du mal dans une perspective certes très différente certes de la perspective occidentale, jette sur elle un éclairage bien digne d’intérêt.

    S’agissant d’un problème de première importance, le mal nous occupera encore dans la huitième conférence, où cette fois nous verrons comment la Révélation de l’Ancien Testament, et du livre de Job en particulier, s’intègre au contexte culturel du Proche-Orient ancien pour en dépasser les antiques perspectives comme plus tard la pensée chrétienne sera le levain dans la pâte culturelle du monde gréco-romain.

    La philosophie, la pensée, la Révélation : autant d’événements qui se produisent dans le temps et nous invitent à réfléchir sur la nature du temps. Nous reviendrons à saint Augustin pour nous servir de guide dans la neuvième conférence, la dernière de ce cycle : qu’est-ce que le temps ? le temps de l’homme et celui des hommes, le temps de mon histoire personnelle, et celui de l’Histoire avec une majuscule. Les vicissitudes du temps, son passage et les modalités de son déroulement nous invitent à voir dans le temps un tremplin vers l’éternité, à suspendre le cours du temps au présent éternel et immuable de Dieu. Et cette suspension du temps nous signifiera opportunément qu’il est temps, avec cet exposé, d’achever la promenade de ce cycle pour l’année 2022-2023.

    Au plaisir de vous retrouver le mardi 18 octobre, à 19 h 30 pour entreprendre la première de ces promenades philosophiques !

    Regarder la courte vidéo de présentation­

    Retrouvons-nous le mardi prochain,
    18 octobre, à 19 h 30, pour la
    Conférence de rentrée avec Stéphane Mercier sur le thème

    Kant, marâtre de l’agnosticisme contemporain.

    Adresse
    À la Bécasse
    Rue de Tabora 11, 1000 Bruxelles
    salle à l’étage

    ­­­Je m’inscris­­

    Vous pouvez également suivre la conférence en direct ici.

    ­Kant, marâtre de l’agnosticisme contemporain­­­

    Kant, marâtre de l’agnosticisme contemporain

    ou : Comment conserver la santé mentale avec une belle-mère métaphorique, mais néanmoins encombrante ?

    De quoi sera-t-il question ? D’un sujet grave et sérieux, pour commencer, et strictement philosophique celui-là.

    Qui d’entre nous a lu Kant ? Moi certes un peu, quand je le devais et que je parvenais à garder les yeux ouverts devant le dénuement glacé et l’accablante technicité de sa prose, que j’avoue cependant ne connaître que par traduction interposée. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu Kant pour être kantien : ce sera le sujet de notre première conférence. Pour le dire d’un mot, Kant est la marâtre de l’agnosticisme contemporain, l’éminence grise qui, en coulisses, rend compte d’un état d’esprit largement répandu chez nous, Occidentaux, qui, à cause de Kant, nous sommes si universellement murés dans un scepticisme qui ne nous empêche pas de dogmatiser.

    De Dieu, diront en effet beaucoup de nos contemporains avec l’aplomb de ceux qui détiennent un savoir certain, de Dieu nous ne pouvons pas dire s’il est ou s’il n’est pas. Dogmatisme et scepticisme. S’agit-il de deux postures contradictoires ? Pas du tout : nous verrons, en effet, comment la pensée de Kant explique la catastrophe agnostique contemporaine. Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ; et nous sommes, nous, beaucoup plus kantiens que nous ne l’imaginons. Heureusement, on peut sortir de l’impasse kantienne par le haut, en particulier avec l’aide de saint Thomas : le Docteur d’Aquin, le « génie intelligent » (pour reprendre l’expression du P. dominicain Charles-Damien Boulogne), nous prescrira le remède qui nous permettra de ne pas étouffer en demeurant confinés avec l’envahissante marâtre de Königsberg.

    Quand ?       Mardi 18 octobre à 19 h 30

    ?            À la Bécasse Rue de Tabora 11, 1000 Bruxelles Salle à l’étage

    Séance de questions & réponses à la fin de la conférence, sur place. Pour les téléspectateurs, envoyez vos questions par chat, en direct sur YouTube ou par SMS, Telegram, Signal, emailformulaire de contact etc.)

    Mardi 15 novembre : Petite histoire des vertus cardinales, de Platon à saint Thomas.

    Mardi 13 décembre : Progrès spirituel et discipline de vie en Orient et en Occident : perspectives croisées.

    Agenda - Philo à Bruxelles

  • Peut-on conclure à l'authenticité du Saint Suaire ?

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    De Marguerite Aubry sur le site de l'Homme Nouveau :

    Le Linceul de Turin est-il authentique ? Entretien avec Jean-Christian Petitfils

    Que nous montrent l'histoire et la science à propos du linceul de Turin ? Ce suaire est-il bien le témoin de la Passion et de la Résurrection du Christ ? Jean-Christian Petitfils, auteur de Le Saint Suaire de Turin (Taillandier), répond à nos questions.

  • Déclarée en « fin de vie », elle se réveille et poursuit le médecin en justice

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    France : le médecin la déclare en « fin de vie », elle se réveille et le poursuit en justice

    10 octobre 2022

    Cinq ans après les faits, le Conseil d’État vient de rejeter une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par la famille de Linage[1]. Elle poursuit le médecin chef du service de réanimation de l’hôpital de la Roche-sur-Yon pour « faute déontologique » suite à la façon dont il a traité Amélie de Linage, mère de cinq enfants.

    « Son projet de vie, c’est de mourir »

    En 2014, Amélie de Linage fait un arrêt cardiaque après s’être étouffée avec un aliment. Elle est placée sous respiration artificielle. Son médecin juge que son cerveau est « détruit ». « Son projet de vie, c’est de mourir », estime-t-il (cf. Jean-Claude Seknagi : aujourd’hui sorti du coma, il aurait pu être “débranché”).

    Cinq jours plus tard, Amélie n’est plus alimentée du tout, et hydratée « au minimum ». Malgré les supplications de son mari, l’hôpital supprime également sa ventilation artificielle une semaine plus tard. Mais Amélie respire seule. Ce qui ne remet pas en cause le diagnostic des médecins qui jugent toujours la quadragénaire en « fin de vie ». Finalement, après être restée 15 jours sans être alimentée, Amélie parvient à dire : « j’ai faim ».

    Une « mauvaise application de la loi Leonetti »

    La mère de famille a retrouvé son domicile en décembre 2015. Elle souffre de « lésions » mais parle et peut marcher avec une aide. Son mari Cédric est parvenue à obtenir son dossier médical au bout de trois ans. Me Jean Paillot, avocat du couple, dénonce une « mauvaise application de la loi Leonetti ». « On a oublié toutes les garanties, pointe-t-il, on n’a pas demandé son avis à la famille, ni obtenu l’avis d’un médecin tiers, ni écrit la décision d’arrêt des soins. »

    Malgré la réponse du Conseil d’Etat, la procédure judiciaire doit poursuivre son cours. « Il nous semble important de tirer quelques leçons déontologiques et médicales des erreurs commises, pour qu’Amélie ne soit pas une victime inutile », explique Cédric de Linage.

    [1] Conseil d’État – 4ème chambre jugeant seule 28 septembre 2022 / n° 465394

    Source : Le Figaro, Stéphane Kovacs (07/10/2022)

  • Belgique : retour sur l'euthanasie de la jeune Shanti

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    De Stefano Chiappalone sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    L'euthanasie de l'espoir : le "cas Shanti" révèle l'abîme des droits civils

    11-10-2022

    Après avoir survécu à une attaque terroriste de l'organisation Etat islamique, Shanti De Corte, une Flamande de 23 ans, a été traumatisée au point de demander l'euthanasie, avec le consentement de ses parents. Il y avait des alternatives, selon un neurologue. Mais sans perspective de vie après la mort, on finit par rejeter la réalité, également constituée de drames, et par s'échapper par tous les moyens, y compris la mort.

    Le 7 mai, Shanti De Corte, une jeune Flamande de 23 ans, est décédée par euthanasie, entourée de ses parents qui ont suivi son choix. La nouvelle s'est répandue ces jours-ci, alors que même la Cour européenne des droits de l'homme, qui a approuvé l'euthanasie pour les personnes dépressives, a dû déplorer le laxisme de la Belgique en matière de contrôle a posteriori des procédures d'euthanasie et les conflits d'intérêts entre ceux qui devraient contrôler et les militants de la "mort douce".

    Shanti a demandé à mourir non pas à cause d'une maladie physique incurable, mais à cause d'un mal plus caché qui la rongeait de l'intérieur, qui a éclaté après le tragique attentat d'Isis à l'aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016, dans lequel elle a également perdu des camarades de classe, en plus du choc de l'événement lui-même. La jeune fille avait survécu, mais - déjà éprouvée par des problèmes antérieurs, eux aussi de nature psychologique - elle n'avait pas pu se remettre depuis.

    Depuis, Shanti a vécu un calvaire de six ans, comprenant des hospitalisations, des médicaments et même une tentative de viol à l'hôpital. En 2020, elle a tenté de mettre fin à ses jours. Elle se sentait "comme un fantôme qui ne peut plus rien ressentir". Sa mère a raconté que c'était "une bataille qu'elle ne pouvait pas gagner". Elle était tellement limitée par la peur qu'elle ne pouvait plus faire ce qu'elle voulait. Elle vivait dans une peur constante et avait complètement perdu son sentiment de sécurité. Chaque fois que Shanti sortait, elle était toujours sur le qui-vive. Ne suis-je pas en danger ? Est-ce que quelque chose pourrait arriver ?".

    Jusqu'à la décision extrême : "Après une grave tentative de suicide, elle s'était retrouvée aux urgences. C'était la première fois qu'elle me demandait : "Pourquoi je ne peux pas mourir ?". Sa mère a répondu qu'elle ne voulait pas la perdre mais qu'elle comprenait en quelque sorte sa demande. Être là et la soutenir "est la seule chose que vous pouvez faire en tant que mère", a-t-elle confié, "vous continuez à espérer que ça va marcher, mais en même temps, j'ai senti dès le début que c'est ce qu'elle voulait vraiment". Enfin, la décision de Shanti était aussi la sienne : "J'ai réalisé que Shanti devrait passer ses dernières années à survivre, et qu'il n'était pas possible pour elle de continuer à vivre comme ça".

    Une décision prématurée, cependant, selon le neurologue Paul Deltenre, de la clinique Brugmann à Bruxelles, qui a exprimé les préoccupations médicales et éthiques soulevées par cette affaire et, en général, par la loi permissive sur l'euthanasie en Belgique. Alors que la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie s'est retranchée derrière la rectitude formelle, déclarant que "la jeune fille était dans un tel état de souffrance psychique que sa demande était logiquement accordée", selon le neurologue Deltenre, l'affaire n'aurait pas dû être poursuivie, car ce n'était de loin pas la seule solution. Sur son rapport, la justice anversoise a ouvert une enquête.

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  • L'objectif "pastoral" de Vatican II est la source de malentendus

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Vatican II, l'objectif "pastoral" est la source de malentendus.

    11-10-2022

    Soixante ans après son inauguration, on se demande encore si l'évaluation de Vatican II doit porter uniquement sur son application ou également sur ses documents. Il y a un facteur, spécifique au Concile, qui s'est prêté à des déformations de son application : son objectif " pastoral ", qui a influencé la présentation de la doctrine.

    Le Concile Vatican II inauguré par Jean XXIII le 11 octobre 1962, il y a soixante ans, ne cesse d'interroger l'Eglise, malgré les tentatives soit de le célébrer comme un acquis incontesté, voire un dogme, soit de le considérer comme dépassé parce que nous serions dans la phase d'un post-concile définitif. Il est assez difficile de se débarrasser du Concile en tant que problème.

    La principale question qui reste ouverte est de savoir si son évaluation doit porter uniquement sur l'application du Concile ou sur le Concile lui-même. Est-ce que ce sont seulement les applications (souvent) aventureuses du Concile, sans rapport avec les textes approuvés par les Pères, qui ont posé problème et provoqué la discussion, ou bien y a-t-il quelque chose qui se prête au malentendu, même dans les textes ? Y a-t-il eu quelque chose au Concile qui a ensuite échappé à tout contrôle, quelque chose qui a ensuite échappé à tout contrôle parce qu'il a été formulé au Concile de manière à permettre qu'il échappe à tout contrôle ?

    On peut donner des exemples à l'infini des applications erronées du Concile, des progrès réalisés en faisant appel à son "esprit" et non à sa "lettre". Ces soixante années, y compris nos jours, en sont pleines. Cependant, de nombreux éléments étayent également le fait qu'il y avait des problèmes mal définis au sein du Concile lui-même. Sinon, on ne s'expliquerait pas pourquoi de nombreuses applications déformées de tel ou tel passage des documents du Concile ont pu faire levier sur tel ou tel autre. Par exemple, la synodalité qui s'impose aujourd'hui avec la phase synodale actuelle se fonde sur la notion de " signes des temps ", une des expressions les plus ambiguës de Vatican II et qui se prête à toutes les instrumentalisations : aujourd'hui, dans l'Église, on dit que même l'émergence des droits des couples homosexuels serait un signe des temps, c'est-à-dire un souffle de l'Esprit.

    Le Concile en tant que problème ne peut donc pas être relégué à ses lacunes, mais est également lié à des facteurs qui lui sont propres. La question se pose maintenant : quel était le principal de ces facteurs propres ? Quel élément produit des obstacles à la pleine compréhension du Concile, et continue de le faire même après soixante ans ? À mon avis, c'est son caractère essentiellement "pastoral". Vatican II a été convoqué pour des besoins pastoraux, mais c'est précisément cette caractéristique qui a semé la confusion, de sorte qu'aujourd'hui encore, elle reste à décrypter.

    Il était, et il est toujours, très difficile de penser que l'objectif pastoral de re-présenter le message chrétien à l'homme contemporain - l'objectif même du Concile - n'impliquait pas également une remise en question de la doctrine. Une certaine naïveté dans ce domaine est perceptible dans le discours d'ouverture de Jean XXIII, mais plus maintenant. En fait, le Concile était pleinement doctrinal, approuvant même des Constitutions "dogmatiques". En même temps, cependant, son but n'était pas principalement doctrinal, puisqu'il était principalement pastoral, de sorte que ce dernier but (pastoral) a affecté la repensée et l'exposition de l'autre élément (doctrinal). D'où tous les problèmes qui se sont posés.

    Entre-temps, pour des raisons pastorales, certains éléments de la doctrine ont été soit passés sous silence, soit formulés de manière à ne pas déplaire. Le communisme n'a pas été condamné pour ces raisons ; le rapport entre l'Écriture et la Tradition a été pensé en tenant compte des exigences des relations œcuméniques avec les protestants ; même la discussion en assemblée sur la place à accorder à Marie Très Sainte a été affectée par ces préoccupations ; l'acceptation du personnalisme est due à l'idée que la mentalité contemporaine valorise fortement la subjectivité.

    Puis, pour des raisons pastorales, on a choisi un langage non pas définitionnel mais narratif, nécessairement plus nuancé et à interpréter. Le problème de la langue du Concile est important. Dans les textes, il y a de nombreuses expressions, comme l'incipit de Gaudium es spes, qui sont continuellement citées, mais qui ont très peu de précision doctrinale et une faible cohérence théologique. Gaudium et spes est appelée (de manière problématique) une " constitution " pastorale, mais quelle valeur théologique et magistérielle a la photographie du monde contemporain qu'elle propose dans sa première partie en langage sociologique et existentiel ? De nombreuses expressions doivent être reliées à d'autres pour obtenir une image complète du problème présenté, mais c'est une tâche complexe et difficile pour les non-initiés. Pensez, à cet égard, à la définition du bien commun dans Gaudium et spes, ou à la célèbre phrase selon laquelle l'homme est la "seule créature que Dieu a voulue pour elle-même". Cela peut être interprété à la fois dans un sens anthropocentrique et théocentrique.

    Pour des raisons pastorales, les problèmes ont donc été présentés de manière nouvelle, sans toutefois les résoudre de manière adéquate du point de vue de la certitude magistérielle. On pense à la doctrine de la liberté religieuse dans Dignitatis humanae. Cet enseignement ne ferme pas la boucle et fait encore l'objet de débats aujourd'hui. Si elle l'avait fermée, il n'y aurait pas eu besoin de publier Dominus Iesus et, inversement, François n'aurait pas signé la déclaration d'Abu Dhabi.

    Plus généralement : dans les textes conciliaires, il est difficile de distinguer ce qui est doctrinal et ce qui est pastoral, ce qui a ensuite permis à une nouvelle vision de la pastorale de s'imposer dans la théologie, une pastorale qui coproduit la doctrine avec la Révélation. Et cela ouvre la porte à tant d'aspects inacceptables de la théologie contemporaine. La théologie du Concile était encore une théologie de la pastorale, mais on a ensuite développé une théologie pastorale, dans laquelle s'inscrit aujourd'hui la nouvelle version pastoraliste de la synodalité.

    Le concile Vatican II engagera également l'Église dans les soixante prochaines années.

  • Un saint qui a fait notre malheur : Jean XXIII, le pape du concile

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    Du Frère Pierre de la Transfiguration sur crc-resurrection.org :

    LE BIENHEUREUX QUI A FAIT NOTRE MALHEUR Jean XXIII, le pape du Concile

    Jean XXIII

    Le 3 juin 1963, à 19 heures 45, tandis que le cardinal Traglia, provicaire de Rome, venait de chanter l’Ite missa est de la messe qu’il disait pour le Souverain Pontife mourant, le “ bon pape Jean ” s’éteignit doucement, âgé de 81 ans. Sur la place Saint-Pierre, la foule pleurait ce pontife dont la bonhomie avait conquis les cœurs. Le monde entier, y compris Moscou, lui rendit hommage. Et sa réputation de sainteté, entretenue par les partisans du concile Vatican II qu’il avait convoqué, aboutit à sa béatification par Jean-Paul II, le 3 septembre 2000.

    Une de ses dernières paroles rend bien toute l’ambivalence de ce pape qui porte la responsabilité d’avoir ouvert l’Église au monde. Après avoir reçu en toute conscience l’extrême-onction, il montra le crucifix à la tête de son lit, et dit à son entourage : « Le secret de mon ministère est dans le Crucifix que j’ai toujours voulu avoir devant mon lit. Je peux ainsi le voir dès mon réveil et avant de m’endormir. Il est là, je peux lui parler pendant les longues heures du soir. Regardez-le, voyez comme je le vois. Ces bras ouverts ont été le programme de mon pontificat : ils disent que le Christ est mort pour tous, pour nous. Nul n’est exclu de son amour, de son pardon. »

    Quelques instants plus tard, il dit encore : « J’ai eu la grâce d’être appelé par Dieu comme un enfant, je n’ai jamais pensé à rien d’autre, je n’ai jamais eu d’autres ambitions. (…) Pour ma part, je n’ai pas conscience d’avoir offensé qui que ce soit, mais si je l’ai fait, j’en demande pardon. (…) En cette dernière heure, je me sens calme et sûr que le Seigneur, dans sa miséricorde, ne me rejettera pas. Quelque indigne que je sois, j’ai voulu le servir et j’ai fait mon possible pour rendre hommage à la vérité, la justice, la charité et pour garder le cor mitis et humilis [le cœur doux et humble] de l’Évangile ».

    Jean XXIII se voulait donc un apôtre de l’amour inconditionnel que le Christ porte aux hommes, mais les saints canonisés avant ces dernières années, pensaient-ils que l’amour du Christ était inconditionnel ? Pour prendre la mesure de ce qui les sépare du 261e successeur de Pierre, il suffit de raconter sa vie, en suivant son biographe le plus informé, Peter Hebbletwhaite, un universitaire anglais, jésuite défroqué, spécialiste de l’histoire de l’Église contemporaine.

    JEUNESSE CLÉRICALE EN SERRE LIBÉRALE

    Comme saint Pie X et ainsi que l’écrit son biographe, Angelo Roncalli « est né pauvre », mais ce sera bien le seul point commun avec son saint prédécesseur car il n’a pas « vécu pauvre » ni « n’est mort pauvre ». La “ bonhomie ” avec laquelle il appréciait les trésors des églises où il célébrait, pour se les faire offrir, était célèbre et redoutée des sacristains. Il vit le jour le 25 novembre 1881 dans un petit village près de Bergame en Lombardie, quatrième des douze enfants d’une famille de métayers, profondément chrétienne.

    Angelo se montre un enfant pieux, imperméable à la propagande de l’école laïque où il est contraint d’aller. Cela lui vaut de faire sa première communion exceptionnellement dès l’âge de 8 ans. C’est d’ailleurs son curé qui discerne son intelligence et convainc ses parents de lui faire continuer ses études ; ce qu’il fera avec courage dans de dures conditions, tout au moins les premières années.

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  • CEDH : feu vert à l’euthanasie

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    De Grégor Puppinck en tribune sur le site de Valeurs Actuelles :

    La CEDH donne son feu vert à l’euthanasie

    Grégor Puppinck, docteur en droit, directeur du Centre européen pour le droit et la Justice (ECLJ), revient sur les conséquences d'un jugement de la Cour européenne des Droits de l'Homme dans une affaire d'euthanasie. L’ECLJ est intervenu dans cette affaire et y est cité de nombreuses fois.

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  • Tout est réuni pour que l’Église catholique connaisse dans les mois et années à venir des divisions spectaculaires

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    De Maximilien Bernard sur Riposte catholique :

    Processus

    9 octobre 2022

    Extrait de la lettre d’information de Jean-Marie Guénois dans Le Figaro, Dieu seul le sait :