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Débats - Page 691

  • Synode sur la nouvelle évangélisation : le grand retour de l' « enfouissement » !

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    lunettes-hippies-rondes-roses.jpgUn synode style “rétro” des années soixante (ci-contre) pour les cinquante ans de Vatican II ? C’est, du moins, ce qui ressort de l’article laudateur publié hier sur le site de “La Vie” par Laurent Grzybowsky (extraits):

    “Ces dernières années, certains milieux d'Eglise avaient cherché à nous convaincre que l'« enfouissement » des chrétiens au cœur du monde, c'était fini, terminé, has been... Ce n'est pas ce qu'ont dit les évêques réunis à Rome.

    Le Synode des évêques qui s'est tenu à Rome du 7 au 28 octobre 2012, sur le thème "La Nouvelle Evangélisation pour la transmission de la foi chrétienne", a voulu mettre en avant la figure évangélique de la Samaritaine. Une figure choisie par Benoît XVI, dans la droite ligne du concile Vatican II, comme symbole du « devoir de s’asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps » .

    Ces dernières années, certains milieux d'Eglise avaient cherché à nous convaincre que l'« enfouissement » des chrétiens au cœur de la société, c'était fini, terminé, has been... Il ne fallait plus avoir « honte » de sa foi et perdre son temps à converser ou à cheminer avec nos contemporains. L'heure était venue de sortir de la clandestinité et d'agiter les drapeaux. Notre monde, un monde sécularisé (mon Dieu, quelle horreur !), un monde sans foi ni loi, au bord du désastre, ne comprenait plus rien au sens de la vie. Il fallait donc lui apporter la vérité, quitte à entrer dans un choc frontal.

    Une pensée bien éloignée de celle des évêques réunis à Rome (…):Nous ne nous sentons pas intimidés par les conditions des temps que nous vivons. C'est un monde plein de contradictions et de défis, mais il reste création de Dieu, blessé certes par le mal, mais toujours aimé de Dieu, dans lequel peut germer à nouveau la semence de la Parole afin qu’elle donne un fruit neuf. » Germination, semence, enfouissement... Voila des mots que nous avions un peu oubliés.

    A plusieurs reprises, dans ses paraboles, Jésus utilise l'expression de la semence « enfouie » dans la bonne terre. Etre enfoui, c'est agir à l'intérieur de la société, pour la transformer en profondeur. Le monde n'est pas notre ennemi, il est cette Galilée où le Christ toujours nous précède. Je comparerais volontiers l'enfouissement évangélique à un virus ou à une bactérie très active.(…) Et bien, quand je lis la déclaration finale du Synode sur la nouvelle évangélisation, je retrouve beaucoup de passages qui nous invitent à cette même attitude. Deo Gratias !

    L'idée que certains se font de la nouvelle évangélisation est ainsi battue en brèche par les évêques eux-mêmes : « Il ne s’agit pas d’inventer on ne sait quelles stratégies, comme si l’Évangile était un produit à placer sur le marché des religions(…),» Autre passage, mais il y en a tellement que je ne peux pas les mettre tous : « Témoigner de l’Évangile n'est le privilège de personne. Ainsi reconnaissons-nous avec joie la présence de tant d'hommes et de femmes qui par leur vie se font signes de l’Évangile au milieu du monde. »

    Pour les évêques, l'évangélisation ne doit pas devenir une opération marketing, (…) cela veut dire que la nouvelle évangélisation veille avec un soin particulier au dialogue avec les cultures, dans la ferme confiance qu’elle trouvera en chacune d'elles les « semences du Verbe » dont parlaient les Pères.(…) Malheureusement, beaucoup de catholiques aujourd'hui, ne sachant pas de quoi ils parlent, considèrent que l'enfouissement est un abandon, voire une trahison. Cette représentation est souvent le fruit d'une méconnaissance. Je connais tant de saints et de héros (hérauts aussi) de la foi qui vivent aujourd'hui encore cette attitude spirituelle, que cette accusation a quelque chose d'insupportable tant elle paraît injuste. Il est grand temps de quitter nos caricatures.(…) Et remercions les évêques (et l'Esprit-Saint qui les a inspirés!) de nous montrer la voie."

    Ici:    Synode sur l'évangélisation : le grand retour de l' « enfouissement » !

    Bien: les semeurs ont enfoui la semence de Vatican II, voici cinquante ans, mais dans quelle terre et qu’est-ce qui a germé ? Les beaux rêves ont aussi une fin.

  • Un chercheur de la KUL licencié en raison de ses convictions religieuses

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    Nous vous livrons cette information que des correspondants nous ont transmise tout en attendant que des compléments d'information viennent nous éclairer sur le fond du problème.

    L'Institut de recherche pour le travail et la société (Hiva), et la KUL, prient un chercheur, Fernando Pauwels, de prendre la porte parce qu'il est chrétien. (De Morgen).

    Fernando Pauwels explique sur un site comment, en 2003, il a rencontré Jésus et comment il veut faire d'autres disciples de Jésus. "Je comprends parfaitement que certaines personnes trouvent ma conviction personnelle bizarre", explique Pauwels qui souligne avoir déjà travaillé à l'Institut Hiva durant huit ans avant de devenir chrétien, mais il insiste sur la distinction qu'il a toujours faite sienne entre ses convictions religieuses et ses recherches scientifiques. Et pourtant, le 4 octobre, on lui a signifié son congé. Son contrat - qui court jusqu'au 31 janvier 2013 - n'est plus prolongé. "Les opinions tranchées et religieuses extrêmes professées sur son site internet mettent sa crédibilité scientifique en jeu", a déclaré le recteur Mark Waer, qui n'apporte aucune preuve que la foi de Pauwels ait influencé son approche scientifique dans son travail pour l'université. Il semble étrange que ce soit justement la KU Leuven, dont le caractère catholique subsiste, qui procède au renvoi d'un employé parce qu'il est, de l'avis de ses supérieurs, trop préoccupé par sa foi ? «La foi catholique moderne n'est pas contraire à la réalité scientifique», explique Waer. «Que nos employés sont croyants ou non est en effet sans aucune importance. Mais quiconque travaille à la KU Leuven ne doit pas compromettre la réputation de l'institution." Selon Roger Blanpain, professeur émérite du travail, le droit constitutionnel relatif à la liberté d'expression et à la liberté de religion s'applique à l'université "Tout dépend de la situation concrète. Peut-être que dans le cas de l'employé en question, que ce soit en raison de ce qui s'est dit ou de ce qui s'est fait, la collaboration avec son employeur est finalement devenue impossible. Le tribunal du travail devra décider si le licenciement est justifié par une raison de cette nature." Pauwels déjà déposé une plainte auprès du Centre pour l'Egalité des Chances et pour la Lutte contre le Racisme et veut que l'Université soit amenée à répondre de son comportement discriminatoire. «Je n'avais jamais pensé que ce serait possible dans une université catholique. Je travaille depuis onze ans pour Hiva; j'ai toujours été évalué positivement. Ma dernière recherche sur la migration des Roms vers la Flandre, a été extrêmement bien reçue. (...). Bien que mon contrat coure encore jusqu'au 31 Janvier, je ne dois plus me rendre dans les bureaux de la Hiva, ni communiquer au nom de cet Institut. Il n'y a pas de dialogue à ce sujet. Personne ne m'a demandé ce que je crois. Si cela était arrivé au Pakistan, je pourrais encore comprendre. Mais ici en Belgique? J'ai beaucoup de mal."  (synthèse et traduction par les soins de belgicatho)

  • Elections américaines, ce qui nous interpelle

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    Alors que les sondages effectués aux Etats-Unis révèlent une opinion publique très partagée sur le futur scrutin présidentiel et deux candidats au coude à coude, il en va tout autrement de ce côté-ci de l'Atlantique. Lorsqu'on interroge le quidam européen sur celui qui bénéficierait de son vote, il répond très spontanément Obama. Si les élections avaient lieu ici, les résultats seraient dignes d'une république bananière avec une majorité écrasante en faveur du candidat démocrate. C'est très symptomatique d'une opinion publique formatée par des médias orientés de façon totalement partisane. Ainsi, Romney fait figure de repoussoir prêt à tout sacrifier sur l'autel d'un néo-libéralisme échevelé et disposé à faire régresser la société dans des voies puritaines et discriminatoires, tandis que son adversaire apparaît comme le champion d'un modèle sociétal moderne, ouvert et libéré. Que les citoyens du vieux continent puissent être conditionnés de la sorte sans s'interroger sur le bien-fondé d'une vision aussi simpliste et caricaturale ne peut qu'inviter à constater la dégradation de toute forme d'esprit critique dans des cerveaux complètement lobotomisés.

  • Sortir de la crise autrement que par des politiques budgétaires dévastatrices ?

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    Nous lisons sur le site des Jésuites de France :

    Sortir de la crise autrement que par des politiques budgétaires dévastatrices, c’est possible ! Loin des discours sur une inéluctable austérité, Gaël Giraud, chercheur en économie au CNRS, jésuite, donne les moyens de comprendre les ressorts de la crise financière et propose un chemin inédit où la  transition écologique est centrale.

    Gaël Giraud, jésuite français et économiste indépendant aux travaux reconnus et précieux (nominé pour le prix du meilleur jeune économiste 2009), analyse dans ce livre  les enjeux et perspectives économiques auxquels la France et l’Europe doivent faire face pour engager un vrai plan de sortie de crise qui soit viable, et financer la transition écologique nécessaire.

    Présentation du livre

    Illusion financière Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taireL’impasse économique dans laquelle la crise financière a plongé des États désemparés, alimentée par une véritable fascination pour les marchés financiers, occulterait-elle une solution de sortie de crise originale ? C’est ce que pense Gaël Giraud, nominé pour le prix du meilleur jeune économiste 2009, qui affirme que la seule politique viable de sortie de crise consiste à financer la transition écologique par une création monétaire massive de la BCE.

    Cette proposition originale est motivée par une critique poussée de « l’illusion financière » qui consiste à croire que seuls les marchés financiers sont capables d’apporter une prospérité durable. La contrainte énergétique et climatique actuelle s’imposerait alors comme l’élément déterminant conditionnant toute prospérité durable en Europe, si bien que tout projet économique qui ignorerait cette contrainte promet de se heurter au mur d’une réalité qui ne dépend pas de notre bon vouloir politique : la raréfaction relative des énergies fossiles et les bouleversements telluriques que provoque déjà le réchauffement climatique. En proposant de financer la transition écologique par la planche à billets et non pas par les marchés financiers, l’auteur veut à la fois relever ce défi et dépasser l’addiction mortifère de notre économie à l’égard d’une finance dérégulée. Bien conscient que l’obstacle majeur à cette transformation réside dans le changement des conventions monétaires, il propose des arguments visant à désamorcer la doxa qui associe l’utilisation de la planche à billets à une inflation démesurée propice à l’instabilité politique.

    Non seulement les chrétiens ne sauraient rester à l’écart d’un tel bouleversement de société mais ils sont appelés à jouer un rôle d’avant-garde dans ce combat contre l’illusion financière, véritable culte du veau d’or des temps modernes. Par respect pour la création ; par amour pour l’autre, ce prochain éventuellement “lointain” que sont les prochaines générations ; au nom des plus fragiles, celles et ceux qui seront les premières victimes de l’ajustement énergétique et climatique qui nous sera imposé par la nature si nous ne négocions pas la transition avec intelligence et dans le souci de la justice.

    L’auteur

    Gaël Giraud est jésuite depuis 2004, chercheur au CNRS professeur affilié à l’ESCP‐Europe, membre du Conseil scientifique du laboratoire d’excellence REFI (régulation financière), membre du laboratoire d’excellence OSE, collaborateur au CERAS, enseignant au Centre Sèvres, collaborateur au programme de recherche « Responsabilité éthique des multinationales dans les pays émergents » à l’ESSEC.
    Il est l’auteur de plusieurs livres dont :
    La Théorie des jeux (Flammarion, 2009, 3e éd. revue et augmentée)
    et Vingt Propositions pour réformer le capitalisme (Flammarion, 2012, 3e éd. revue et augmentée, poche). Il collabore par ce titre à la collection Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire (Immigration (François Soulage, Géneviève Médevielle, 2011) et Extrême droite (Etienne Pinte, Jacques Turck, 2012).

    Salué unanimement par la presse,  Illusion financière  est un indispensable pour penser la société de demain sur de nouvelles bases.

    « [...]  il importe de comprendre que l’idée d’une contrainte financière agissant “de l’extérieur ” sur nos économies, incarnée par des “marchés anonymes” n’est qu’une illusion »

  • A propos d'Amour, le film de Haneke

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    Pierre Granier, sur InfoCatho.be, rend compte du film "Amour" de Haneke. Il rend hommage à un film dont les qualités esthétiques semblent évidentes tout en évoquant le caractère contestable de l'issue du film. Ce compte-rendu a suscité une réaction très appropriée de Carine Brochier :

    Avec Amour, Haneke nous introduit à la légitimité du meurtre…par amour.

    Oui, Trintignant, dans le rôle du mari, trop éprouvé par les souffrances de sa femme et pris d’une compassion vraie se retrouve être le seul capable de comprendre sa femme démente, de saisir sa demande muette d’être tuée.

    « Il l’a mise à mort par amour ». Parler de cette façon n’amène-t-il pas à une déviance ? L’amour n’est-il pas le contraire de la mort et de la neutralisation de l’autre quand bien même en ferait-il la demande ? Imaginons cette maman qui « par amour » tuerait son enfant handicapé. Nous sentons très bien que cela n’est pas juste de faire rimer amour et mort provoquée. Car aimer, c’est surtout faire exister et se donner. Et qu’est-ce que l’amour sans vie ?

    La mort provoquée revient à une absence d’avenir, à une absence d’éternité.

    C’est pourquoi le film « Amour » de Haneke, malgré la beauté, la justesse du rendu de la souffrance et du jeu des acteurs, peut être pervers dans sa finalité. Ne fait-il pas croire au spectateur non averti que ce geste d’étouffer la personne aimée à sa demande avec un oreiller est l’ultime preuve d’amour à lui donner ? Non, décidément, le réalisateur nous embarque sur l’autre rive d’une façon pernicieuse. Et d’ailleurs… lors de la soirée du palmarès à Cannes, Hanneke ne s’est-il pas livré à un vibrant plaidoyer en faveur de l’euthanasie ? L’énigme de la vie cède la place au manifeste. Encore un film sur l’euthanasie… CQFD

  • Les questions demeurent posées

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    Une réflexion post-synodale de Gérard Leclerc sur le site de « France Catholique » :

    « Le cinquantenaire de l’ouverture de Vatican II, le Synode sur la nouvelle évangélisation, l’Année de la foi, autant d’invitations à réfléchir à la situation du christianisme dans le monde contemporain, en définissant risques et chances. Les interventions qui se multiplient sur le sujet ne sont pas d’égal intérêt. Beaucoup d’entre elles conduisent à des impasses, et il est symptomatique de constater que celles qui se réclament le plus de l’ouverture à la modernité, aux tendances contemporaines, à l’évolution des mœurs, sont celles qui apparaissent comme les plus obsolètes, les plus vieillies, comme si elle étaient porteuses d’un virus mortel. D’ailleurs, on le constate sur le terrain. Où sont les communautés les plus vivantes, celles qui associent tous les âges, attirent les jeunes, rassemblent familles avec enfants et bébés que l’on ne manquera pas d’associer à la liturgie eucharistique ? Ces réalités-là sont du côté d’une tradition ecclésiale assumée, tranquille, joyeuse, où l’on sait transmettre la foi de génération en génération.

    Comment s’étonner que là où la critique de l’institution est amère, répétitive et lassante, la continuité n’est pas assurée et que les plans chimériques multiplient échecs et découragements ? Comment le sacerdoce serait-il perpétué là où il est sans cesse vilipendé ? Comment la culture chrétienne pourrait-elle se renouveler, se développer, alors qu’elle est réduite à néant, dès le moment où elle devrait pénétrer les esprits, les cœurs et les imaginations ? Un héritage qui n’est plus assumé, intériorisé, ne peut plus que s’étioler. Une communauté qui n’est plus capable de transmettre est promise au déclin. Quand se décidera-t-on à faire le bilan de certaines catastrophes pour en identifier les vraies causes ? Il ne s’agit nullement de s’enfermer dans la névrose du ressentiment, mais de promouvoir les clarifications nécessaires afin de rebondir. Ce n’est pas une question d’idéologie. C’est une question de vérité, qui se traduit notamment dans le langage et l’identification des modèles. Le langage de vérité se vérifie à l’écho qu’il nous renvoie. Saint Paul, saint Bernard, saint Vincent de Paul, saint Jean Bosco, saint Jean-Marie Vianney, saint Maximilien Kolbe s’exprimeraient-ils ainsi ? Leurs successeurs authentiques – cela ne fait aucun doute – témoigneront de la même vérité et renouvelleront la face de la terre. » 

     ici: Le secret du renouveau

  • Quel bilan pour le synode sur la nouvelle évangélisation ? Réponse du Général des Jésuites

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    Le Père Adolfo Nicolas est le préposé général de la Compagnie de Jésus, en d'autres termes le "patron" des jésuites du monde entier. Il a été l'un des participants du synode sur la Nouvelle évangélisation qui s'est tenur au Vatican du 9 au 28 octobre. Devant les journalistes, il a confié sa vision du Synode sur quelques points importants, présentés par Jean Mercier sur le site de  “La Vie” (extraits):

    Sur le synode et son fonctionnement

    (…) Le travail du synode implique beaucoup de paperasse, et c'est un travail considérable, qui demande des capacités techniques. Mais les Pères qui ont été élus pour faire ce travail l'ont été pour leurs compétences spirituelles et non pas pour leur talent à traiter des documents. Dans quelle mesure cela va-t-il aider l'Eglise et le pape à avancer ? Je suis incapable de le dire. 

    Le Dialogue avec les autres religions

    (…) La réalité dont nous parlons concerne surtout l'islam. En Afrique, c'est une forte réalité. Il y a une prise de conscience grandissante des questions liées au fondamentalisme. Mais il ne faut pas se situer dans une attitude de condamnation et de négativité à l'égard des musulmans (…)

    Sur la nature de l'Evangélisation

     (…) Il nous faudrait prendre conscience de l'Histoire de la Nouvelle Evangélisation et en tirer les leçons. Il y a des choses que nous avons bien su faire, mais nous avons aussi fait de grosses erreurs.

    Sur la participation des laïcs

     (…) C'est un synode d'évêques. Les laïcs sont donc ici invités en qualité d'experts . En ce qui me concerne, j'aimerais qu'ils soient plus nombreux, et pas qu'en situation d'experts. Steve Jobs a dit a propos d'Apple : "Je suis plus intéressé par les questions des consommateurs que par celle des techniciens". J'aimerais que les laïcs puissent aussi être entendus en tant que "consommateurs".

    Ici: "L'Eglise catholique doit donner plus de place aux laïcs"

    Une phrase du P. Nicolas nous fait dresser l'oreille: “il nous faudrait, dit-il,  prendre conscience de l'Histoire de la Nouvelle Evangélisation et en tirer les leçons. Il y a des choses que nous avons bien su faire, mais nous avons aussi fait de grosses erreurs”

    Mais encore? Le Synode n’était-il pas là pour élucider en profondeur ce genre de questions liées à la “nouvelle” (et controversée) ecclésiologie déduite de Vatican II ?

    Le Père général donne sa réponse (un peu avant que la question lui ait été posée): “Le Concile Vatican II, qui a institué le synode, n'a rien dit sur la manière de réunir 250 personnes en un temps limité. Aucune entreprise ne vivrait une chose pareille. Trois semaines, c'est une contrainte énorme, d'autant que toute l'Eglise est représentée”.

    Par elles-mêmes, les assemblées font rarement avancer les choses. L’importance d’un synode ne doit pas être majorée. Ses recommandations éventuellement utiles vaudront ce que les vrais décideurs en feront. 

  • L'Occident aurait-il évacué la notion de sacré ?

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    Telle est la question que soulève Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE sur son blog :

    " Le sacré est ce qui donne vie et ce qui la ravit " ( Roger Caillois)


    L'Occident a-t-il évacué le sacré de ses préoccupations ? Certaines orientations pourraient nous le laisser craindre.  Il semblerait, en effet, que le  questionnement existentiel qui incitait l'homme à s'interroger avec perplexité sur ses origines et sa finalité ne soit plus d'actualité, puisque l'opinion en vogue tente d'accréditer avec force argumentation l'idée que nous descendons du singe et roulons vers le néant, nous condamnant, si nous n'y prenons garde, à n'être plus que des animaux supérieurs ou, mieux, des citoyens consommateurs qu'il serait aisé d'asservir comme une masse humaine aussi homogène que possible, astreinte à un prêt-à-penser égalitaire. Voilà ce qui risque de se produire, à plus ou moins brève échéance, si l'homme s'éloigne de ce qui, jusqu'alors, en avait fait une créature à part sur notre planète, pour la raison qu'elle peut, tout à la fois, se penser et penser l'univers, se tourner vers le passé aussi bien que se projeter dans l'avenir, et s'imaginer un destin qui outrepasse les frontières fixées par la matière. Un être qui unit chair et esprit.


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  • A propos des "trois religions du Livre"...

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    De "Jejomau" sur le Forum catholique

    ELLUL Jacques, Islam et judéo-christianisme, Paris, PUF, coll. Que sais-je ?, 2006, 109 p. 

    " Islam et judéo-christianisme est préfacé par Alain Besançon qui rappelle que Jacques Ellul n’a pu achever son ouvrage avant son décès en 1994 (p. 13). L’auteur établit un constat d’« incompatibilité théologique » entre l’islam et le judéo-christianisme (p. 11). De plus, il affirme qu’il n’y a pas de « continuité » entre la Bible et le Coran (p. 18), et récuse ainsi les expressions suivantes : « les trois religions abrahamiques », « les trois religions monothéistes »…, « les trois religions du Livre ». Écrit par Dominique Ellul, fille de l’auteur, l’avant-propos d’Islam et judéo-christianisme présente l’ouvrage. 

    Intitulé par l’auteur « Les trois piliers du conformisme », le texte central de l’ouvrage de Jacques Ellul est constitué de trois chapitres de « nature théologique » (p. 36). 

    Le premier, Nous sommes tous des fils d’Abraham, comprend une analyse de l’histoire d’Abraham et de ses descendants Ismaël et Isaac. L’auteur souhaite démontrer « l’opposition complète » entre Ismaël et Isaac, entre filiation arabe et filiation judéo-chrétienne… : il considère que c’est Isaac qui a reçu une « bénédiction éternelle », « une promesse universelle », en somme « l’Alliance entre Dieu et l’homme », tandis qu’Ismaël n’a reçu qu’une « bénédiction temporelle », « une promesse séculière » de Dieu (p. 55-56). Pour l’auteur, la formule "Nous sommes tous des fils d’Abraham" ne signifie rien (p. 58). 

    Dans le deuxième, intitulé "Le monothéisme", l’auteur réfute l’expression « les trois religions monothéistes » : d’abord, il énonce que, pour l’islam, le christianisme n’est pas un monothéisme à cause de la Trinité ; ensuite, il souligne la différence, « la rupture » entre le Dieu biblique et Allah. Une différence du fait de l’Incarnation : le Dieu biblique « sort de son ciel » pour « devenir homme », alors qu’il n’y a pas d’incarnation imaginable de Dieu en islam (p. 70). 

    Dans son troisième chapitre, Des religions du Livre, l’auteur développe une autre opposition entre islam et judéo-christianisme. Elle concerne l’origine de la Bible et du Coran : pour l’islam inspiré par Dieu, le Coran a été révélé à un seul homme, Muhammad, tandis que la Bible a été écrite par « des dizaines d’auteurs ». En outre, ces deux Livres sont opposés dans leur conception : la Bible serait un livre de « liberté » et d’ « amour » ; le Coran est un livre de « devoir » et de « contrainte » (p. 80-87). "

  • Le cardinal Burke appuie là où ça fait mal

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    Nous lisons ici :

    Le cardinal Raymond L. Burke, préfet de la Cour suprême de la signature apostolique, a jeté un pavé dans la mare le 23 octobre au cours du synode sur la nouvelle évangélisation. Selon lui, l’abandon de la discipline interne à l’Eglise a rendu vains les efforts de mettre en place les réformes du Concile Vatican II.

    Pour ce prélat, ancien archevêque de Saint-Louis aux Etats-Unis, la faute serait à chercher du côté de l’antinomianisme, qui, selon lui, infecte la vie ecclésiale post-Vatican II. Il s’agit de la croyance selon laquelle la grâce exempte les chrétiens d’obéir à la loi morale, ce qui serait une des plus graves blessures de la société aujourd’hui. Ainsi la légalisation de tout ce qui est « intrinsèquement mal » : avortement, recherche sur les cellules-souches, euthanasie, mariage gay, etc.. « Après le Concile, tout le monde était enthousiaste devant la perspective d’établir une nouvelle Eglise qui enseigne la liberté et l’amour », explique le cardinal Burke. D’où une attitude d’indifférence à l’égard de la discipline de l’Eglise, et même d'hostilité. Les réformes de la vie ecclésiale espérées par les pères du Concile auraient été, pour cette raison, entravées, sinon trahies. « Dans un travail de nouvelle évangélisation, conclut-il, l’Eglise devrait restaurer la tradition disciplinaire de l’Eglise et le respect de la loi dans l’Eglise. » Un point de vue décalé qui a de quoi susciter des réactions !

  • Un portrait nuancé de Pie XII, vraiment ?

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    Le site des "médias catholiques", après le colloque organisé à "l'université de Namur" sur "Pie XII et ses images" nous annonce un  portrait de Pie XII "tout en nuances", pour aussitôt reproduire tous les poncifs habituels sur un pape auquel d'autres historiens rendent pourtant justice. 

    Ainsi, peut-on lire sur ce site :

    "En privilégiant la discrétion, Pie XII a refusé de dénoncer clairement le nazisme et ménagé les tendances totalitaires. (...)

    ou encore :

    "Selon Muriel Naudin (EPHE, Paris), la prudence de Pie XII est contestée, en interne, dès le début de son pontificat, avant même le début du conflit de 40-45. On lui reprochera ensuite d’avoir « trop peu parlé » pendant le conflit et « trop parlé après ». (...) Des silences du pape, certains en arrivent au silence de Dieu…

    heureusement, Dominique Lambert sauve une part de la mise :

    "Avant d’être Pie XII, le secrétaire d’État a joué un rôle central dans la fondation de l’Académie pontificale des Sciences, en 1936. Ce faisant, il a défendu« l’autonomie du savoir scientifique » et refusé de faire de ce sénat scientifique une académie réservée aux seuls catholiques. Car, comme l’a souligné Dominique Lambert, cette Académie pontificale des sciences « a joué un rôle important de résistance au fascisme », en nommant des académiciens juifs ou en publiant des textes de savants juifs."

    Nous vous conseillons d'aller consulter ce site consacré à ce pape calomnié  : http://www.pie12.com/index.php?

    avec les rubriques suivantes :

  • La Bible serait-elle née "écrite" ?

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    EEChO met en ligne une réponse à cette théorie défendue dans "Le monde de la Bible" :

    ——"Il en est encore qui croient que la Bible est sortie du calame d’écrivains inspirés ou, pour ce qui est des écrits du Nouveau Testament, de communautés chrétiennes produisant des textes des dizaines d’années après les événements liés à la vie de Notre Seigneur._Nous ne résistons pas au plaisir de reproduire la réponse d’Yves Beaupérin à l’article paru dans le hors-série d’automne 2012 de la revue « Le monde de la Bible », où l’on trouve ce genre de croyance exégétique."

    « LA BIBLE EST NEE ECRITE… »

    ____Telle est l’affirmation de Benoît de Sagazan que nous lisons dans le hors série d’automne 2012 de la revue « Le Monde de la Bible », p. 23. Il semblerait, toutefois, que la Bible née écrite dont parle cette revue vise spécialement l’Ancien Testament, si l’on en juge par les articles qui y sont contenus.

    Une tradition orale « techniquement impossible », dixit Pierre Gibert…

    ____Cette affirmation de Benoît de Sagazan est la conclusion qui s’impose après la lecture de l’article du Pierre Gibert, dans la même revue, que de Sagazan résume ainsi : « L’écriture de la Bible a-t-elle été précédée d’une longue tradition orale ? L’exégète Pierre Gibert réfute catégoriquement cette supposition et met en évidence qu’elle n’a jamais été démontrée et qu’elle se révèle techniquement impossible. C’est l’écrivain qui élabore l’oral et non l’inverse… ».

    ____La démonstration de Pierre Gibert s’appuie d’abord sur une affirmation de Jean Astruc, « l’un des pères fondateurs de l’exégèse moderne » au XVIIIe siècle, dont toute la solidité de la démonstration repose sur l’argument suivant : « il est difficile de se persuader que, dans une tradition plusieurs fois répétée, on ait pu se souvenir exactement [suivent quelques exemples] ».

    _____Il est difficile, en effet, à des gens de style écrit, dépourvus de toute mémoire digne de ce nom, d’imaginer que d’autres personnes de style global-oral puissent avoir une mémoire différente et efficace, capable, comme le fait la mémoire des griots africains, de retenir la généalogie de tous les membres de la tribu et de permettre, par exemple, à Alex Haley, ce descendant d’esclave africain exporté aux Etats-Unis et auteur du livre Racines, de retrouver l’histoire de son lointain ancêtre Kounta Kinté. Ou encore comme la mémoire de la caste des historiens Achantis retenant les généalogies depuis des temps immémoriaux, sans aucune variation possible du texte oral, puisque toute variation est sanctionnée par la mise à mort de son auteur. En cette matière, ce n’est pas d’impressions personnelles, d’homme blanc lettré, dont on a besoin mais de faits observés sur le terrain.

    suite de la réponse d’Yves Beaupérin

    Dans le même ordre d'idées, on écoutera avec intérêt les Emissions de radio avec Frédéric Guigain

    6 octobre 2011 : Radio Notre Dame, émission « A quoi ça sert l’Eglise » avec Sylvain Sismondi : Quel crédit accorder aux récits bibliques ?

    18 octobre 2011 : Radio Notre Dame, émission « A quoi ça sert l’Eglise » avec Sylvain Sismondi : Qui étaient vraiment les 12 apôtres ?

    6 avril 2012 : Radio Notre Dame, émission « A quoi ça sert l’Eglise » avec Sylvain Sismondi : Les racines juives de la Pâque

    27 mai 2012 : sur Radio Fréquence Protestante, émission Midi Magazine avec Nathalie Zanon : La récitation orale de la Nouvelle Alliance

    22 juin 2012 : sur Radio Courtoisie, avec l’abbé de Tanoüarn : Origine des évangiles : comment les disciples du temps de Jésus sont-ils passés de l’oralité des sermons et des enseignements vocaux à la mise par écrit de la parole du Christ sous forme de récit ? En deux parties : première partie et deuxième partie