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Doctrine - Page 26

  • Le pape en Belgique : un contact physique avec une Église en état d'auto-sécularisation

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    De Bernhard Meuser sur le TagesPost :

    Quand le pape ose dire la vérité

    L'Université catholique de Louvain inflige une gifle retentissante à François. Le pape ressent ainsi ce que c'est que de vivre dans une Eglise en mode d'aliénation, une Eglise dans laquelle tu ne peux plus respirer parce que des idéologies implantées dominent l'espace et que des interdictions de langage empêchent l'expression de positions différentes.

    01.10.2024

    Voilà donc le pape qui vient spécialement en Belgique pour encourager une Eglise locale qui - à l'instar de l'Eglise allemande - est à bout de souffle. Et comme l'université « catholique » de Louvain a 600 ans d'existence (en partie très glorieuse), le pape l'honore de sa présence. Au lieu de saluer ce geste avec respect et gratitude, la direction de l'université, qui n'est plus vraiment catholique, lui donne une gifle retentissante, à peine le pontife a-t-il terminé son discours. Dans un document visiblement préparé d'avance, les professeurs supérieurs de l'université lui font part de leur « incompréhension et de leur désapprobation face à la ... position exprimée par le pape sur le rôle de la femme dans l'Eglise et dans la société ». Les vues du chef de l'Eglise sont « conservatrices », et en plus « déterministes et réductrices ».

    Le pape a donc osé affirmer des monstruosités, par exemple que la féminité « parle de réception féconde, de dévouement nourrissant et donnant la vie ». Plus encore, le pape avait osé faire des déclarations sur l'essence de la femme et se référer au droit naturel : « Ce qui caractérise la femme, ce qui est vraiment féminin, n'est pas établi par des consensus ou des idéologies, de même que la dignité elle-même n'est pas garantie par des lois sur le papier, mais par une loi originelle écrite dans nos cœurs ».

    Avec un sens aigu du paternalisme toxique, les enseignants de Louvain se sont énervés contre les paroles du pape, telles que : « La féminité nous parle. Pour cette raison, une femme est plus importante qu'un homme, mais il est terrible qu'une femme veuille être un homme : non, elle est une femme, et c'est 'lourd' et important » Comment le pape François a-t-il pu provoquer si brutalement l'intelligence féministe mondiale, au point de ne pas trouver un ton d'excuse, même dans l'avion, et de ne pas dévier d'un millimètre de son point de vue, même là ?

    Un contact physique avec une Église en état d'auto-sécularisation

    L'ensemble du processus rappelle de sinistres souvenirs du suicide collectif de l'Eglise hollandaise et belge dans les années soixante-dix et quatre-vingt du siècle dernier, lorsque les Eglises locales, autrefois florissantes, se sont émancipées de la grande tradition de l'Eglise, ont aboli toute autorité spirituelle - que ce soit celle des évêques ou celle du pape - et se sont jetées avec dévotion dans les bras du « monde ». En l'espace de deux décennies, la démission quasi totale de la "mater et magistra" a eu pour conséquence que les églises locales du Benelux ont d'abord sombré dans le chaos, puis dans l'insignifiance, et ne représentent plus aujourd'hui qu'un petit groupe de personnes. Certes, les premiers signes d'un nouveau printemps apparaissent, qui n'est en aucun cas le fruit de l'auto-sécularisation, mais bien celui de charismes qui fleurissent tranquillement, d'une piété intacte et d'une nouvelle dévotion à l'Évangile.

    Le pape d'Amérique latine a eu l'occasion d'entrer en contact avec des Eglises locales qui se disent encore « catholiques », mais dont les marges institutionnelles refroidies se sont depuis longtemps dissoutes dans l'anarchie. L'anarchie est le mot qui convient ; il vient du grec et signifie « absence d'autorité ». L'anarchie a l'avantage que tout le monde a le droit. Or, une université « catholique » - quelle que soit sa taille, son ouverture, ses liens avec l'État et son dévouement à la science - existe dans le cadre de convictions fondamentales élémentaires qui ont quelque chose à voir avec la Révélation. Celui qui se pare, même de loin, du titre de « chrétien » ou de catholique, vient de ce changement de domination que Jésus exige en Mt 16,16 et en bien d'autres endroits de ceux qui veulent lui appartenir. Il est le « Seigneur » (Ph 2,11) ; c'est à partir de lui et des révélations de Dieu que nous pensons et essayons de le rejoindre par la raison. Pour les institutions et les instances d'enseignement chrétiennes, il n'y a pas d'autorité au-dessus, pas de lieux secondaires qui iraient à l'encontre de l'intuition centrale de base. La structure de toute action et de toute pensée dans l'Église n'est pas un ring de boxe où le vainqueur se révèle après douze rounds. Être catholique signifie se mouvoir dans un ordre « sacré » - en grec : hiérarchie. Et cette hiérarchie est justement au stade d'une reconnaissance simplement formelle. L'anarchie accueille encore le pape. En réalité, elle le considère comme un Auguste de Dieu qui ferait mieux de faire censurer ses discours au préalable pour obtenir un consensus.

    Des extensions difficilement justifiables du terme « catholique ».

    Le pape a pu durant ce jour « sentir » ce que c'est que de vivre dans une Eglise en mode d'aliénation, une Eglise dans laquelle tu ne peux plus respirer parce que des idéologies implantées dominent l'espace et que les interdictions de parler sont à l'ordre du jour. La « maladie belge » est en réalité la maladie de la moitié de l'Europe. La question de l'identité ecclésiale, qui s'emballe brutalement, n'existe pas seulement en Belgique ; au fond, la situation n'est que graduellement différente en Allemagne et en Suisse - et en Autriche aussi, il existe des extensions à peine justifiables du terme « catholique ».

    Catholique devrait justement signifier : chacun fait ce qu'il veut et appelle cela une nouvelle morale. Chacun enseigne ce qu'il veut et appelle cela une conversion à la réalité de la vie actuelle. Dans les faits, nous avons affaire à une Eglise qui s'est laissée mettre sens dessus dessous : « L'Eglise ne doit plus convertir le monde, mais elle doit elle-même se convertir au monde. Elle n'a plus rien à dire au monde, elle n'a plus qu'à l'écouter ». (Louis Bouyer) L'université catholique de Louvain vient elle aussi avec son discours standard qui l'élève au-dessus de l'Eglise traditionnelle, elle est justement une « université inclusive qui s'engage contre les violences sexistes et sexuelles », il s'agit pour elle du libre épanouissement de l'être humain, « indépendamment de son origine, de son sexe ou de son orientation sexuelle ». Tandis que l'Eglise exclut et discrimine. Elle enseigne et agit de manière sexiste. Elle est l'incarnation de l'abus. Il ne manque plus que l'invocation des droits de l'homme, avec laquelle on aurait pu lever le nez encore un peu plus haut. 

    Un pape qui reste ferme dans un avion ...

    On peut maintenant être fier d'un pape qui exprime l'évidence avec franchise et qui récolte la raclée prévue à cet effet dans l'Evangile (Jn 15,20) : Qu'il y a des hommes et des femmes XX et XY - et sinon peut-être des personnes qu'il faut traiter avec respect, parce qu'elles sont peut-être blessées et que leur équilibre émotionnel n'est pas congruent avec leur identité corporelle. Qu'il existe quelque chose comme les « femmes », et que c'est beau qu'elles existent. Qu'elles ont un être qui est indisponible et qui échappe aux attributions extérieures, et que personne n'a le droit d'y toucher. Qu'il y a une dignité qui peut être reconnue à partir de la nature et du droit naturel, tout comme les juifs et les chrétiens le reconnaissent encore plus profondément dans l'amour créateur de Dieu, dans lequel l'homme et la femme sont appelés à la fécondité et à la ressemblance avec Dieu. 

    Tout cela constitue le fer de l'enseignement et non de la pâte à modeler pour le séminaire supérieur de théologie. C'est aussi du bon sens. Car c'est bien sûr ce que croit la grande majorité des gens, qui se détournent avec dégoût d'une idéologie élitiste qui veut faire croire à nos enfants qu'on peut changer de sexe chaque année et qu'il est tout à fait acceptable qu'un homme se faisant passer pour une femme tabasse une femme sur le ring aux Jeux olympiques. Et heureusement, peu de femmes souhaitent vraiment avoir le droit de faire tuer leurs propres enfants.

    Sur l'autonomie universitaire et le libéralisme religieux

    Dans ce qui se passe en Belgique, nous avons une fois de plus affaire à une conception de l'autonomie qui s'autorise elle-même et qui se ferme à toute objection extérieure - même si c'est par l'intermédiaire d'un pape qui se réfère à la « doctrine », à la « vérité » et à la « parole de Dieu ». Nous retrouvons ce concept radical d'autonomie tout au long de l'humanisme (athée) et maintenant aussi dans l'interprétation erronée de Kant par Magnus Striet et d'autres théologiens. Chez Kant, l'autonomie est là pour faire le bien avec la plus grande authenticité, - le concevoir comme un « devoir » envers une loi morale objective et générale et non comme un droit à un événement de liberté libéré de toute détermination extérieure. Dans un espace de pensée où seule la liberté détermine la liberté, la « vérité » n'a nécessairement pas de place, ni la justice objective, ni la dignité, qui est plus grande et au-delà de ce que « je » veux ou de ce que « nous » voulons. La théologie et « Dieu » ne peuvent surtout pas être classés dans cette pensée de l'autonomie absolue. Magnus Striet fait ses adieux au Tout-Puissant non seulement de l'éthique, mais aussi de la raison ; il dit ainsi : « Si la liberté humaine a pour suprême dignité la liberté, elle ne peut accepter qu'un Dieu qui s'insère dans son univers moral ». La moralité de Dieu, résume Engelbert Recktenwald, « consiste en sa soumission aux attentes humaines ». L'université signifie alors : ne plus se laisser dire par personne ce que nous n'avons pas déjà découvert ou ne découvrirons pas encore par nous-mêmes. 

    Logiquement, nous n'aboutissons pas alors à la vérité, mais d'abord à la fameuse « dictature du relativisme, qui ne reconnaît rien comme définitif et ne laisse comme mesure ultime que son propre moi et ses envies ». (Pape Benoît XVI) Et deuxièmement, nous avons affaire au libéralisme religieux que John Henry Newman fustigeait déjà au XIXe siècle : « Le libéralisme en religion est la doctrine selon laquelle il n'y a pas de vérité positive en religion, qu'au contraire une profession de foi en vaut une autre. ... Il (le libéralisme) enseigne que tout le monde doit être toléré, mais que tout est affaire d'opinion. La religion révélée n'est pas une vérité, mais un sentiment et une affaire de goût, pas un fait objectif, pas surnaturel, et chaque individu a le droit de lui faire dire ce qui lui convient ». J'ai été très heureux d'entendre le philosophe américain D. C. Schindler déclarer dans l'interview du Tagespost à propos de l'idée du libéralisme religieux - où chacun est libre de décider si et à quoi il s'engage - : « Le problème est que nous modifions profondément la nature du bien, de la religion et de la tradition lorsque nous les transformons en objets de choix, au lieu de les concevoir comme des réalités qui nous précèdent, fondent notre existence et nous permettent en premier lieu de faire des choix ».

  • Le Pape contesté par ceux qui s'inspirent de ses ouvertures

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Le Pape interpellé par les partisans de ses ouvertures

    Le théologien belge Gabriel Ringlet ne digère pas les expressions « papales » de François contre l'avortement et le réprimande au nom de l'éthique des exceptions. A force d' « initier des processus », le Pontife est lui-même dépassé.

    2_10_2024

    Gabriel Ringlet, un prêtre belge et théologien, est de ceux qui aiment se qualifier de « libres penseurs ». Et ce n'est pas n'importe quel prêtre, mais un professeur et pro-recteur émérite de l'Université catholique de Louvain, celle qui s'est récemment fait remarquer pour avoir contesté le Pape (voir ici ).

    Ses protestations, à quatre-vingts ans, sont « historiques » et de grande envergure : contre l'Ordinatio sacerdotalis qui réitérait l'impossibilité de conférer l'Ordre aux femmes, protestant contre la rigidité doctrinale de Benoît XVI, se déclarant en faveur de l'euthanasie légale et « accompagnée », ouvert au dialogue entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie. Et manifestant à présent contre le pape François pour ses récentes paroles condamnant résolument l'avortement.

    "Écoutez, c'est affolant", répond-il à un journaliste de la RTBF belge qui le provoque. « Et ce n’est pas seulement affolant, c’est injurieux pour des médecins qui sont attentifs à une souffrance tout à fait réelle et qui travaillent d’ailleurs dans un cadre légal. Le pape n’a pas l’air de s’en rendre compte ou bien ne veut pas l’entendre. Et j’ajoute, ce qui est un tout autre plan, c’est grave".

    Selon Ringlet, la gravité des propos de François réside dans sa vision éthique de l'avortement, incapable d'en saisir les « nuances » : «Théologiquement, l’éthique est une chose très sérieuse. C’est une chose complexe qui demande la nuance, qui demande l’accueil de situations difficiles. L’éthique peut exiger dans certaines circonstances la transgression d’une situation. C’est le cas dans certains cas d’avortement, dans certains cas d’euthanasie où cette transgression peut être tout à fait légitime. On dirait que tout cela a disparu et que cette théologie, qui est une théologie vraiment élémentaire, une théologie, une théologie essentielle, ne fait plus partie de la réflexion. Donc, cette déclaration du pape dans l’avion m’a vraiment, vraiment sidéré."

    Le théologien belge reproche donc au pape d'avoir abordé la question de l'avortement sans admettre d'exceptions, définissant tout acte avorté comme un meurtre, sans en comprendre les nuances et sans considérer les circonstances. En termes plus techniques, Ringlet pointe du doigt les absolus moraux, c'est-à-dire ces interdits de la loi morale qui sont toujours valables, sans exceptions, parce que l'acte accompli est intrinsèquement mauvais, et revendique au contraire une éthique plus élastique, une éthique capable de saisir des conséquences significatives. des exceptions qui nécessiteraient de transgresser l’interdit moral.

    On a l'impression de relire certaines allusions d'Amoris Lætitia et surtout les déclarations de divers commentateurs, qui déchiraient leurs vêtements pour montrer que c'est précisément la morale classique - que Ringlet qualifierait d'élémentaire et essentielle - qui admet des exceptions même dans les absolus moraux, en vertu de l'epicheia, du bien possible, de la gradualité de la loi (qu'on fait passer pour la loi de la gradualité), de la souveraineté absolue du discernement. C'est comme si on lisait les interviews et les textes de Don Aristide Fumagalli, Don Maurizio Chiodi, Don Davide Guenzi, tous démolisseurs « prudents » des absolus moraux avec leur ouverture à la contraception, à l'insémination artificielle homologue, à l'homosexualité, et argumentant assidûment sur le fait des circonstances, au nom duquel Ringlet a fustigé le Pape. Et, curieusement, tous récemment nommés consulteurs au Dicastère pour la Doctrine de la Foi par le pape.

    Le fait est que l’interdiction de tuer une personne innocente est un absolu moral, que le pape François tient à réitérer à juste titre en référence à l’avortement et à l’euthanasie, tout comme l’interdiction d’empêcher la conception par des actes contraceptifs ou d’avoir des relations sexuelles avec une femme qui n'est pas votre épouse ou avec un homme qui n'est pas votre mari. Il n'y a aucune raison de penser que le Pape n'ait pas été sincèrement convaincu lors des propos tenus contre l'avortement, opposition qu'il a eu l'occasion d'exprimer à plusieurs reprises ; mais il y a plus d'une raison de douter qu'il se rende compte que c'est précisément l'approche de son pontificat, notamment à travers la nomination de certains personnages à des postes décisifs, qui ne sont certainement pas « inférieurs » au théologien belge, qui a apporté un soutien théorique aux reproches comme ceux que Ringlet a adressés au pape. Parce que l'éthique des exceptions n'admet pas d'exceptions : s'il existe des circonstances capables de transformer l'adultère en une réalisation imparfaite du mariage, alors il doit y avoir des circonstances analogues qui transforment l'avortement en un support imparfait pour la vie naissante. Si la contraception peut être configurée comme le bien actuellement possible pour un couple afin de préserver l'union conjugale, alors l'avortement peut être vu comme la possibilité hic et nunc pour un médecin de faire face à la souffrance d'une femme.

    En raison d'une sorte d'hétérogénéité des fins, le Pape se retrouve désormais confronté aux conséquences indésirables de ses propres processus ; et même si le temps est supérieur à l'espace, il y a un moment où le temps rend ce qui a été semé, dans un espace bien précis.

    C'est au pape François de décider ce qu'il veut faire : s'il entend continuer à condamner sans si ni mais, comme nous l'espérons, l'avortement et l'euthanasie pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des meurtres, alors il doit renvoyer de manière cohérente d'où ils viennent les personnages qu'il vient de nommer à la DDF et clôturer définitivement la discussion sur la contraception et l'adultère. Sinon il se retrouvera acculé le dos au mur par les fidèles disciples de ses ouvertures, qui n'acceptent pas les exceptions (justement). Et il ne semble plus y avoir d’hésitations possibles.

  • Quand Benoît XVI évoquait l'existence des anges

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    Le 29 septembre 2008, rencontrant les communautés religieuses et civiles de Castelgandolfo avant de prendre congé, le Pape leur disait déjà (le texte original est en italien sur le site du Vatican , référence en français ici):

    * * *

    « Chers frères et sœurs invoquons leur aide (ndlr: celle des trois archanges, Michel, Gabriel et Raphaël) avec confiance, ainsi que la protection des anges gardiens, dont nous célébrerons la fête le 2 octobre (ndlr: La fête des anges gardiens a été établie au 2 octobre par le pape Paul V dès 1608)
    La présence invisible de ces esprits bienheureux nous est d'une grande aide, et d’un grand réconfort : ils marchent à côté de nous, ils nous protègent, en toute circonstance, ils nous défendent dans les dangers, et nous pouvons avoir recours à eux à tout moment.

    Beaucoup de saints, ont entretenu avec les anges un rapport de véritable amitié, et nombreux sont les épisodes qui témoignent de leur assistance dans des occasions particulières ».

    Benoît XVI a également expliqué la mission spéciale des anges en citant la Lettre aux Hébreux (1, 14) : « Les anges sont envoyés par Dieu pour ‘servir ceux qui hériteront le salut’. C’est pour cela qu'ils nous sont d’une aide valide dans notre pèlerinage terrestre vers la Patrie céleste ».

    * * *

    Pareillement, à la fin de l'habituelle homélie d'Angelus, le 2 octobre 2011, il a dit:

    Chers amis, le Seigneur et toujours présent et agit dans l'histoire de l'humanité, et il nous accompagne aussi avec la présence singulière de ses Anges, que l'Eglise vénère aujourd'hui comme "gardiens", c'est-à-dire ministres de la sollicitude divine pour chaque homme. De son début jusqu'à l'heure de la mort, la vie humaine est entourée de leur incessante protection.

    * * *

    Dans le second livre d'entretiens avec Peter Seewald, traduit en français sous le titre "Voici quel est notre Dieu" (Plon 2001), voici comment s'exprimait le cardinal Ratzinger:

    - Selon la doctrine chrétienne, le monde est divisé en deux domaines, un monde invisible et un monde visible. Elle parle d'en haut et d'en bas. Que veut-elle dire par là ?

    - Parler de haut et de bas, c'est évidemment une façon imagée de parler qui provient de notre propre expérience. Bien sûr, ce symbolisme peut aboutir à une conception naïve du monde où tout est vu de manière physique et qui passe à côté de l'essentiel. En tant qu'image originelle, qui est parlante en elle-même, elle est précieuse. Elle nous apprend qu'il existe des profondeurs et des hauteurs, qu'il y a des degrés d'être, l'infiniment grand et l'infiniment petit, que la vraie hauteur existe, le Dieu vivant.

    De même nous faisons concrètement l'expérience de la distinction entre le visible et l'invisible. Il y a des forces que nous ne pouvons voir et qui sont pourtant réelles. Prenons d'abord les réalités proprement dites, les réalités de l'esprit et du cœur. Je peux voir dans les yeux de quelqu'un, dans son expression et dans d'autres faits, quelque chose de son intériorité mais seulement en tant que reflet de sa profondeur. Ainsi, à travers des réalités matérielles, l'invisible transparaît, de sorte que cet invisible devient une certitude pour nous et nous attire. Dans tous les cas les forces invisibles, dont nous pouvons pourtant sentir les effets, nous indiquent que le monde a une profondeur qui échappe à notre regard et aux phénomènes sensoriels.

    - En relation avec « le haut et le bas », avec « le visible et l'invisible », l’Ancien Testament nous présente des êtres mystérieux. Ils se présentent comme les messagers de Dieu ou « anges du Seigneur ». Trois de ces anges, les archanges, portent même des noms. Il y a Michel, (le nom signifie : « Qui est comme Dieu »), puis Raphaël (« Dieu a guéri »), et Gabriel (« Dieu a rendu fort »). Nous apprenions autrefois, à l'école, que les anges sont de purs esprits, ayant raison et volonté. Est-ce toujours vrai ?

    Oui, c'est toujours vrai. L'Écriture nous le dit et, par ailleurs, nous savons au fond de nous-mêmes que nous ne sommes pas les seules créatures spirituelles. Dieu a aussi peuplé le monde d'autres créatures spirituelles qui nous sont proches parce qu'il n'y a qu'un seul monde. Ces créatures sont, elles aussi, l'expression de sa plénitude, de sa grandeur, de sa bonté. Dans ce sens les anges appartiennent véritablement à la conception chrétienne du monde. Ils entrent dans l'espace de la création qui comporte aussi des créatures spirituelles non matérielles, différentes de nous. Les anges sont en présence immédiate de Dieu dans laquelle nous sommes appelés à être intégrés.

    - D'après l'enseignement de l'Église, dans le domaine des anges, il n'y a pas que les archanges, les chérubins, les séraphins et les anges ordinaires. Il y a les anges gardiens. Il est difficile de croire que chaque être humain a un ange gardien avec qui il peut même collaborer.

    - C'est pourtant la foi de l'Église qui s'est formée au cours de l'histoire et qui a des fondements sérieux. Personne n'est obligé d'y croire. Cette foi n'a pas le même degré de certitude que les déclarations concernant Jésus ou Marie. Elle appartient aux convictions intérieures qui sont nées dans l'expérience chrétienne : Dieu place un compagnon à mes côtés qui m'est particulièrement assigné et à qui je suis assigné. Chacun, bien sûr, ne se familiarisera pas intérieurement de la même manière avec ce compagnon.

    Connaissez-vous votre ange gardien personnellement ?

    - Non. Je me sens moi-même si directement concerné par Dieu que, tout en étant reconnaissant qu'il y ait un ange gardien, j'échange directement avec Dieu lui-même. C'est une question de tempérament. À d'autres il est donné d'échanger avec leur ange gardien, et c'est pour eux une certitude qui les console. Évidemment, il ne faut pas s'y arrêter mais se laisser conduire vers Dieu : tout doit être orienté vers la relation à Dieu.

  • Le cardinal Müller critique la cérémonie pénitentielle précédant l'ouverture du Synode

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    De Simon Caldwell sur le Catholic Herald :

    Le cardinal Müller critique la cérémonie pénitentielle précédant l'ouverture du Synode

    30 septembre 2024

    Un éminent cardinal allemand a sévèrement critiqué les plans d'une « célébration pénitentielle » au Vatican, alléguant que le service encouragera des « idéologies non catholiques » en assimilant des infractions contre « l'idéologie woke et l'idéologie du genre » à des péchés.

    Le cardinal Gerhard Müller s'est exprimé sur les craintes que l'événement prévu pour le 1er octobre, qui coïncidera juste avec le début de la 16e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, énumère une série de « péchés nouvellement inventés par les humains » au lieu de ceux qui sont universellement reconnus par l'Église.

    Le cardinal Müller, qui a été préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi entre 2012 et 2017, a déclaré que le service promouvait des « idéologies non catholiques ».

    Parmi les péchés qu'il sera demandé à Dieu de pardonner au cours de la « célébration pénitentielle » figurent le « péché contre la création », le « péché contre les migrants », le « péché consistant à utiliser la doctrine comme des pierres que l'on lance » et ce qui est décrit comme le « péché contre la synodalité - le manque d'écoute, de communion et de participation à l'encontre de tous ».

    Le service aura lieu dans la basilique Saint-Pierre et sera présidé par le pape François.

    Dans un article publié sur Kath.net, un site web catholique allemand, le cardinal Müller a déclaré que la liste des péchés « se lit comme une liste se conformant à l'idéologie woke et du genre, quelque peu laborieusement déguisée en chrétienne ».

    Le cardinal a expliqué : « Pour tromper les crédules, il y a aussi des méfaits que tout chrétien devrait considérer comme allant de soi. Les naïfs peuvent être aveuglés par la compilation arbitraire de vrais péchés contre le prochain et la critique justifiée des inventions théologiquement absurdes des participants au synode ».

    Il a ajouté : « L'enseignement de l'Église n'est pas, comme le croient certains anti-intellectuels dans l'épiscopat, qui aiment invoquer leurs dons pastoraux en raison de leur manque de formation théologique, une théorie académique sur la foi, mais la présentation rationnelle de la parole révélée de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité par l'intermédiaire de l'unique médiateur entre Dieu et les hommes : l'homme Christ Jésus, le Verbe de Dieu son Père fait chair.

    « Il n'y a pas non plus de péché contre une forme de synodalité qui est utilisée comme un outil de lavage de cerveau pour discréditer les soi-disant conservateurs comme des hommes d'hier et des pharisiens déguisés, et pour nous faire croire que les idéologies progressistes qui ont conduit au déclin des Églises en Occident dans les années 1970 sont l'achèvement des réformes de Vatican II qui ont été prétendument arrêtées par Jean-Paul II et Benoît XVI.

    « La coopération de tous les croyants au service de la construction du Royaume de Dieu est dans la nature de l'Église, Peuple de Dieu, Corps du Christ et Temple de l'Esprit Saint.

    « Mais on ne peut relativiser la fonction épiscopale en fondant la participation au Synode des évêques sur le sacerdoce commun de tous les croyants et sur une nomination papale, écartant ainsi implicitement la sacramentalité du ministère ordonné - l'ordre des évêques, des prêtres, des diacres - et relativisant en fin de compte la constitution hiérarchique-sacramentelle de l'Église de droit divin que Luther avait niée dans son principe ».

    Le cardinal Müller poursuit : « Dans l'ensemble, les grands agitateurs des voies synodales et du synodalisme rampant sont plus préoccupés par l'acquisition de positions influentes et la mise en œuvre de leurs idéologies non catholiques que par le renouvellement de la foi au Christ dans le cœur des gens.

    « Le fait que les institutions de l'Église dans des pays autrefois entièrement chrétiens s'effondrent - séminaires vides, ordres religieux mourants, ruptures de mariages et de familles, démissions massives de l'Église, [y compris] plusieurs millions de catholiques en Allemagne - ne les ébranle pas pour autant.

    « Ils s'entêtent à poursuivre leur programme, qui revient à détruire l'anthropologie chrétienne, jusqu'à ce que la dernière personne éteigne les lumières et que les coffres de l'Église soient vides ».

    Le cardinal conclut : Le renouveau de l'Église dans l'Esprit Saint ne peut se produire que si le pape, au nom de tous les chrétiens, confesse courageusement et à haute voix sa foi en Jésus et lui dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

    La « célébration pénitentielle » marque la fin d'une retraite spirituelle de deux jours pour tous les participants qui prendront part à la session finale du synode triennal.

    La retraite comprendra des témoignages de trois personnes qui ont souffert du péché de guerre, du péché d'abus et, selon les organisateurs, du péché d'« indifférence au drame présent dans le phénomène croissant des migrations dans le monde entier ».

    La cérémonie pénitentielle déplorera également les péchés de pauvreté et contre les femmes, la famille, les jeunes, la paix et les populations indigènes. À la fin de la confession des péchés, le pape demandera le pardon de Dieu et de toute l'humanité.

    L'événement est organisé conjointement par le diocèse de Rome, le secrétariat général du synode et l'Union des supérieurs généraux. Dans un communiqué commun, ils ont déclaré que la liturgie « oriente le regard intérieur de l'Église vers les visages des nouvelles générations ».

    « En effet, ce sont les jeunes présents dans la basilique qui recevront le signe que l'avenir de l'Église leur appartient, et que la demande de pardon est le premier pas d'une crédibilité missionnaire et pleine de foi qui doit être établie », ont déclaré les organisateurs.

    Le cardinal Müller est l'une des nombreuses personnalités de l'Église qui ont ouvertement critiqué le synode.

    En 2022, il a déclaré dans une interview à EWTN que le Synode était une « occupation de l'Église catholique » et une « prise de contrôle hostile de l'Église de Jésus-Christ ».

    Le cardinal a déclaré que les partisans du synode cherchaient à « détruire l'Église catholique » et a invité les autres catholiques à le rejeter et à s'y opposer.

  • La Babel synodale va reprendre de plus belle

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    La Babel synodale continue

    (...) Le concept de synodalité est vague et théologiquement imprécis ; il est même erroné lorsqu'on affirme que « l'Église est synodale » ; la synodalité est considérée comme un « processus » et une « méthode à apprendre », mais cela l'expose à des malentendus dus à la primauté de la praxis sur la doctrine ; la synodalité actuelle est en net contraste avec celle de Paul VI ; le concept de « peuple de Dieu » subit une distorsion horizontale ; le sensus fidei des fidèles est compris comme un « nez » qui doit guider les Pasteurs eux-mêmes ; le « souffle » de l'Esprit est conçu comme un vent de nouveauté ; on ne distingue plus l'Église enseignante de l'Église apprenante ; on adopte des méthodes « démocratiques » et d'assemblée, empruntées aux pratiques du monde, tant politiques que corporatives ; on utilise des expressions à caractère psychologique, sentimental ou sociologique, telles que « conversion relationnelle » ou « conversation dans l'Esprit », comme on peut le lire également dans l'Instrumentum laboris préparé pour la deuxième session du Synode actuellement en cours.

    La nature et la structure du Synode sont modifiées par le nouveau concept de synodalité. À son tour, le Synode, ainsi transformé, diffuse la nouvelle synodalité dans tous les aspects de la vie de l'Église. (...) Certes, des questions comme le diaconat féminin, le célibat des prêtres ou l'évolution de la morale sexuelle sont très pertinentes, mais le vrai problème se situe en amont de ces sujets et d'autres sujets brûlants et réside précisément dans la nouvelle conception de la synodalité. Il se peut que cela ne se traduise pas à court terme par des déclarations bouleversantes sur les questions limites que nous venons d'évoquer, que les tactiques permettent de gérer les choses sans compromis clairs, que les questions épineuses soient diluées ou reportées... mais si la nouvelle conception de la synodalité demeure, la bombe reste amorcée, ses fragments se répandront dans les pratiques quotidiennes, les sensibilités des pasteurs et des fidèles changeront réellement par inertie ou par assimilation aux comportements dominants.

    La nouvelle synodalité se propagera par mille ruisseaux d'en bas, au fur et à mesure que de nouvelles pratiques se multiplieront, comme les bénédictions de couples homosexuels, les célébrations syncrétistes avec d'autres religions, les synodes diocésains avec un pouvoir délibératif ou avec des propositions indécentes auxquelles, cependant, l'évêque ne dira pas non par esprit synodal, de nouveaux rôles pour les laïcs, en particulier les femmes, à l'autel pendant la messe, même en prétextant un manque de prêtres, la contestation des nominations de curés au nom de la démocratie synodale, la création de conseils et d'agrégations diocésains avec la présence d'athées, etc. Sans parler de l'action de groupes et d'associations catholiques de contestation et de lutte, comme l'« Alliance pour l'égalité catholique » suisse, qui agissent pour imposer de nouvelles pratiques sur des questions cruciales.

    Ces observations nous ramènent à l'image de Babel. Beaucoup se plaignent de la confusion qui, même un an plus tard, continue à planer autour du synode et ne se rendent pas compte que cette confusion est fonctionnelle à la nouvelle synodalité. Le 16 février 2024, François a inopinément retiré des travaux synodaux la compétence sur dix macro-sujets, qui ont été confiés à dix groupes d'étude extérieurs au synode qui devront conclure leurs travaux d'ici juin 2025. On pourrait penser qu'en retirant ces patates chaudes, il a affaibli le synode, mais il l'a au contraire rendu plus libre, plus agile et plus efficace. C'est l'un des nombreux aspects de la Babel synodale : le cadre est constamment révisé et d'autres acteurs interviennent au fur et à mesure de l'avancement des travaux. Le Synode lui-même n'est qu'un des acteurs de la nouvelle synodalité qui se déroule désormais « à plusieurs voix », comme un processus diffus et donc plus pénétrant. Outre les dix nouveaux groupes d'étude et les interventions quasi quotidiennes de François en faveur des communautés homosexuelles et LGBT, qui influencent indubitablement les travaux du synode, il convient de rappeler le mouvementisme des dicastères du Saint-Siège. L'Académie pontificale pour la vie, dirigée par Mgr Vincenzo Paglia, a donné de nombreuses preuves de la manière « synodale » de traiter les questions épineuses de bioéthique... La Déclaration Fiducia supplicans (18 décembre 2023) du Dicastère pour la doctrine de la foi, avec son admission de la bénédiction des couples homosexuels, a certainement montré au Synode un nouveau chemin pour « marcher ensemble ». Il en va de même pour Dignitas infinita (8 avril 2024), qui étend le concept de synodalité à l'ensemble de la fraternité humaine.

    (...) Il est difficile de nier que nous sommes en présence de « coups de grâce » par des interventions ciblées de multiples acteurs qui dictent l'ordre du jour du Synode et inhibent la pensée autonome des synodes. Il est également difficile de nier que la nouvelle synodalité est plus large et plus profonde que le Synode lui-même. De cette manière, cependant, la Babel se révèle être une Babel ordonnée. Les acteurs sont nombreux, mais il y a une direction. (...)

    La majorité des fidèles ne connaît pas ou peu ces questions, mais ce n'est pas un obstacle à la mise en œuvre du synodalisme, car les masses inconscientes peuvent être conduites (dans leur bonne foi) vers des formes révolutionnaires de religiosité sans qu'elles s'en rendent compte. La gestion « à plusieurs voix » permet ensuite des choix tactiques articulés : en cas de controverse, le pape n'intervient pas mais nomme une commission, comme dans le cas du diaconat féminin ; de nombreuses questions seront finalement tranchées par François, peut-être même atténuées, mais entre-temps les processus auront avancé ; les positions extrêmes seront attribuées à l'intempérance de l'assemblée et non à ceux qui ont mené les travaux, sauf pour les reprendre dans de nouveaux contextes. De cette manière, les responsabilités se diluent, de sorte que le « peuple de Dieu » ne sait plus où donner de la tête et suivre le courant. La synodalité est comme un poisson qui échappe aux mains de ceux qui veulent l'attraper et qui, en même temps, produit ses effets.

  • Un texte inédit de Benoît XVI sur une question capitale que le synode sur le point de s’ouvrir ignore totalement

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (diakonos.be) :

    Un texte inédit de Benoît XVI sur une question capitale que le synode sur le point de s’ouvrir ignore totalement

    (s.m.) Le texte inédit que nous reproduisons ci-dessous est la partie finale d’un des écrits autographes que Joseph Ratzinger / Benoît XVI n’a souhaité voir publiés qu’après son décès. Il l’a rédigé entre Noël et l’Épiphanie de l’hiver 2019-2020 avant de le confier le 9 janvier à Don Livion Melina, qui a dirigé avec José Granados l’ouvrage « La verità dell’amore. Tracce per un cammino », qui sortira prochainement en librairie aux éditions Cantagalli, qui le publie pour la première fois intégralement.

    Le titre de cet ouvrage est également le titre de « Veritas Amoris Project », un plan de recherche théologique et pastorale imaginé et fondé en 2019 par ces deux mêmes chercheurs, le premier est par ailleurs l’ancien président de l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille et ils sont tous deux professeurs de théologie dogmatique et morale dans ce même institut jusqu’à sa décapitation, en 2019 justement, et la chasse aux sorcières qui s’en est suivie pour éliminer les chercheurs les plus éminents avant de changer la finalité de l’Institut, sur ordre du Pape François qui avait mandaté pour cette besogne le Grand Chancelier Vincenzo Paglia.

    À l’époque, plusieurs professeurs s’étaient en vain opposés à cette purge, en partie les mêmes, issus de plusieurs pays, qui collaborent aujourd’hui au « Veritas Amoris Project » et signent les douze thèses qui le développement, à travers autant de chapitres de l’ouvrage.

    Benoît XVI lui-même « considérait que cette mesure était injuste et inacceptable et avait cherché par plusieurs moyens de faire en sorte que les responsables se ravisent », écrit Melina dans l’introduction au texte inédit du pape disparu. Ce dernier « avait accueilli avec grand enthousiasme l’idée de regarder vers l’avenir et d’entreprendre de nouvelles initiatives de recherche et de formation dans le cadre du projet ‘Veritas amoris’ qui mûrissait et prenait forme dans notre groupe de collègues et d’amis ‘Ein nuer Anfang’ : un nouveau départ ! »

    Entre le mois d’août 2019 et janvier 2020, Benoît XVI a accueilli à sept reprises Melina dans sa résidence située dans les jardins du Vatican (voir photo), pour discuter avec lui de ce projet en phase de démarrage.

    Ce projet part de la réalité que la crise actuelle de la foi chrétienne est dans une large mesure une perte de la vérité de cet amour suprême que Dieu a révélé en offrant le Fils fait homme, et donc également de l’amour entre les êtres humains. Le drame d’aujourd’hui c’est que l’amour n’a que la vérité très fragile que chacun de nous veut bien lui attribuer.

    Le fait que l’archevêque Gerg Gänswein, son ancien secrétaire, ait rédigé la préface de cet ouvrage montre à quel point « le rapport entre vérité et amour était central dans tout l’enseignement de Benoît XVI ».

    Mais laissons à présent la parole au pape disparu. Ce qui va suivre est la partie finale des douze pages manuscrites de sa contribution au « Veritas Amoris Project ».

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  • Abus, Baudouin, UCL... : dans l'avion qui le ramenait à Rome, le pape a mis les points sur les i

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    Lors de son retour de Belgique en avion, le pape n'a pas mâché ses mots (source) :

    Valérie Dupont, RTBF: Saint-Père, merci pour votre disponibilité. Excusez ma voix mais la pluie m'a un peu touchée. Vos propos sur la tombe du roi Baudouin ont suscité un peu d'étonnement en Belgique....

    Mais vous savez que l'étonnement est le début de la philosophie et c'est très bien...

    Peut-être… Certains y ont également vu une ingérence politique dans la vie démocratique de la Belgique. Le processus de béatification du roi est lié à ses fonctions. Et comment concilier le droit à la vie, la défense de la vie, et aussi le droit des femmes à avoir une vie sans souffrance?

    Toutes ces vies... Le roi a été courageux parce que face à une loi de mort, il n'a pas signé et a démissionné. Il faut du courage, non? Il faut un homme politique «avec un pantalon» pour faire cela. Il faut du courage. Lui aussi a fait passer un message en agissant de la sorte et il l'a fait parce que c’était un saint. Il n'est pas encore saint, mais le processus de béatification va avancer, car nous en avons eu la preuve.

    Les femmes. Les femmes ont droit à la vie: à leur vie, à la vie de leurs enfants. N'oublions pas de dire ceci: un avortement est un homicide. La science nous dit que le mois de la conception, tous les organes sont déjà là... Vous tuez un être humain. Et les médecins qui s'y prêtent sont -permettez-moi le mot- des tueurs à gages. Ce sont des tueurs à gages. Et sur ce point on ne peut pas discuter. On tue une vie humaine. Et les femmes ont le droit de protéger la vie. Les méthodes anti-contraceptives sont autre chose. Il ne faut pas confondre. Je ne parle maintenant que de l'avortement. Et cela ne peut pas être débattu. Pardonnez-moi, mais c'est la vérité.

    Je vous remercie. Sur ce dernier point... Il y a déjà un département au Vatican. Il y a une structure, dont le président est un évêque colombien, pour les cas d'abus. Il y a une commission mise sur pied par le cardinal O'Malley. Cela fonctionne! On reçoit tous les dossiers au Vatican et on en discute. Moi aussi, j’ai reçu des victimes d'abus au Vatican et j’insiste avec force que les choses avancent. C'est le premier point. Deuxièmement,

    J'ai écouté les victimes. Je crois que c'est un devoir. Certains disent: les statistiques disent que 40-42-46% des abus sont commis dans la famille et le voisinage, et seulement 3% dans l'Église. Tout ça m’importe peu, je m'occupe des victimes dans l'Église! Nous avons la responsabilité d'aider les victimes d'abus et de prendre soin d'elles. Certaines ont besoin d'un traitement psychologique, nous devons les aider. On parle aussi d'indemnisation, parce qu'en droit civil, il y en a une. En droit civil, je pense que le montant est de 50 000 euros en Belgique, ce qui est trop faible. Je crois que c'est le chiffre, mais je n'en suis pas certain. Ce n'est pas quelque chose d’utile. Mais nous devons nous occuper des personnes maltraitées et punir les agresseurs, car la maltraitance n'est pas un péché d'aujourd'hui qui n'existera peut-être plus demain... C'est une tendance, une maladie psychiatrique et c'est pourquoi nous devons les placer sous traitement et les contrôler de cette manière. On ne peut pas laisser un abuseur libre vivre une vie normale, avec des responsabilités dans les paroisses et les écoles. Après leur procès et la condamnation, certains évêques ont donné à des prêtres ayant commis de tels abus une activité, par exemple, dans une bibliothèque, mais sans contact avec les enfants dans les écoles et les paroisses. Nous devons poursuivre dans cette voie. J'ai dit aux évêques belges de ne pas avoir peur et de continuer, d’avancer. La honte, c’est de couvrir. C'est ça la honte.

    (...)

    Tout d'abord, cette déclaration a été faite au moment où j'ai pris la parole. Elle a été faite à l'avance et ce n'est pas moral. Je parle toujours de la dignité des femmes et j'ai dit quelque chose que je ne peux pas dire au sujet des hommes: l'Église est «femme», elle est l'épouse de Jésus. Masculiniser l'Église, masculiniser les femmes, ce n'est pas humain, ce n'est pas chrétien. Le féminin a sa propre force. En effet, les femmes -je le dis toujours- sont plus importantes que les hommes, parce que l'Église est femme, l'Église est l'épouse de Jésus. Si cela semble conservateur à ces dames, alors je suis Carlo Gardell (célèbre chanteur de tango argentin, ndlr)., parce que… je ne comprends pas... Je remarque qu'il y a un esprit obtus qui ne veut pas entendre parler de cela. La femme est l'égale de l'homme, et même, dans la vie de l'Église, la femme est supérieure, parce que l'Église est femme. En ce qui concerne le ministère, la mystique de la femme est plus grande que le ministère. Un grand théologien a fait des études à ce sujet: lequel est le plus grand, le ministère pétrinien ou le ministère marial? Le ministère marial est plus grand parce que c'est un ministère d'unité, engageant, tandis que l'autre est un ministère de guide. La maternité de l'Église est une maternité de femmes. Le ministère est un ministère très mineur, donné pour accompagner les fidèles, toujours dans le cadre de la maternité. Plusieurs théologiens ont étudié cette question et disent que c'est une réalité, je ne dis pas moderne, mais réelle. Ce n'est pas dépassé. Un féminisme exagéré qui veut que les femmes soient machistes ne fonctionne pas. Il y a d’un côté un machisme qui ne va pas, et de l’autre un féminisme qui ne va pas non plus. Ce qui fonctionne, c'est l'Église «femme», qui est supérieure au ministère sacerdotal. Et parfois, on n'y pense pas.

    Mais je vous remercie pour cette question. Et merci à vous tous pour ce voyage, pour le travail que vous avez accompli. Je regrette que le temps soit compté. Mais merci, merci beaucoup. Je prie pour vous, vous priez pour moi. Priez pour moi!

  • Le discours du pape à l'Aula magna de Louvain-la-Neuve

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    Un discours qui a fait grincer des dents, notamment celles de la rectrice de l'UCL qui n'apprécie pas que l'on rappelle la différence entre les sexes ni la vocation respective de chacun d'entre eux et qui considère que ces propos du pape relèvent d'un insupportable conservatisme...

    VOYAGE APOSTOLIQUE DE SA SAINTETE FRANCIS
    AU LUXEMBOURG ET EN BELGIQUE
    (26-29 septembre 2024)

    RENCONTRE AVEC DES ÉTUDIANTS UNIVERSITAIRES 

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE

    Aula Magna de l'Université Catholique de Louvain
    Samedi, 28 Septembre 2024

    ___________________________

    Chers frères et sœurs, bonjour !

    Merci, Madame la Rectrice, pour vos aimables paroles. Chers étudiants, je suis heureux de vous rencontrer et d'écouter vos réflexions. Dans ces mots, j'entends la passion et l'espoir, un désir de justice, une recherche de la vérité.

    Parmi les questions que vous abordez, j'ai été frappé par celle de l'avenir et de l'angoisse. Nous voyons combien le mal qui détruit l'environnement et les peuples est violent et arrogant. Il semble ne connaître aucune limite. La guerre est son expression la plus brutale - vous savez que dans un pays, que je ne nommerai pas, les investissements les plus générateurs de revenus sont aujourd'hui des usines d'armement, c'est moche ! - et ne semble pas connaître de limites à cet égard : la guerre est une expression brutale, tout comme la corruption et les formes modernes d'esclavage. La guerre, la corruption et les nouvelles formes d'esclavage. Parfois, ces maux polluent la religion elle-même, qui devient un instrument de domination. Attention ! Mais c'est un blasphème. L'union des hommes avec Dieu, qui est l'Amour sauveur, devient alors un esclavage. Même le nom du Père, qui est une révélation d'attention, devient une expression d'arrogance. Dieu est Père, pas maître ; il est Fils et Frère, pas dictateur ; il est Esprit d'amour, pas dominateur.

    Nous, chrétiens, savons que le mal n'a pas le dernier mot - et sur ce point nous devons être forts : le mal n'a pas le dernier mot - qu'il a, comme on dit, ses jours comptés. Cela n'enlève rien à notre engagement, au contraire : l'espérance est notre responsabilité. Une responsabilité à assumer parce que l'espoir ne déçoit jamais, ne déçoit jamais. Et cette certitude a raison de la conscience pessimiste, du style de Turandot... L'espoir ne déçoit jamais !

    Et maintenant, trois mots : gratitude, mission, fidélité.

    La première attitude est la gratitude, parce que cette maison nous est donnée : nous n'en sommes pas les maîtres, nous sommes des hôtes et des pèlerins sur la terre. Le premier à en prendre soin est Dieu : nous sommes avant tout pris en charge par Dieu, qui a créé la terre - dit Isaïe - « non pas comme une contrée affreuse, mais pour qu'elle soit habitée » (cf. Is 45, 18). Le huitième psaume est plein de gratitude émerveillée : « Quand je vois tes cieux, œuvre de tes doigts, / la lune et les étoiles que tu as fixées, / qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, / le fils de l'homme pour que tu prennes soin de lui ? » (Ps 8, 4-5). La prière du cœur qui me vient est : Merci, ô Père, pour le ciel étoilé et pour la vie dans cet univers !

    La seconde attitude est celle de la mission : nous sommes dans le monde pour en préserver la beauté et le cultiver pour le bien de tous, en particulier de la postérité, celle qui suivra dans l'avenir. C'est le « programme écologique » de l'Église. Mais aucun plan de développement ne réussira si l'arrogance, la violence, la rivalité demeurent dans nos consciences, voire dans notre société. Il faut aller à la source du problème, qui est le cœur de l'homme. C'est aussi du cœur de l'homme que vient l'urgence dramatique de la question écologique : de l'indifférence arrogante des puissants, qui privilégient toujours l'intérêt économique. L'intérêt économique : l'argent. Je me souviens de ce que me disait ma grand-mère : « Fais attention dans la vie, car le diable vient dans tes poches ». L'intérêt économique. Tant qu'il en sera ainsi, tout appel sera réduit au silence ou ne sera pris en compte que dans la mesure où il convient au marché. Cette « spiritualité » est donc celle du marché. Et tant que le marché restera premier, notre maison commune souffrira d'injustice. La beauté du don exige notre responsabilité : nous sommes des hôtes, pas des despotes. À cet égard, chers étudiants, considérez la culture comme la culture du monde, et pas seulement des idées.

    C'est là que réside le défi du développement intégral, qui requiert la troisième attitude : la fidélité. Fidélité à Dieu et fidélité à l'homme. Ce développement concerne en effet toutes les personnes dans tous les aspects de leur vie : physique, morale, culturelle, sociopolitique ; et il s'oppose à toute forme d'oppression et de mise à l'écart. L'Eglise dénonce ces abus, s'engageant avant tout à la conversion de chacun de ses membres, de nous-mêmes, à la justice et à la vérité. En ce sens, le développement intégral fait appel à notre sainteté : c'est une vocation à une vie juste et heureuse, pour tous.

    Alors maintenant, l'option à faire est entre manipuler la nature et cultiver la nature. Une option comme celle-ci : soit manipuler la nature, soit cultiver la nature. En commençant par notre nature humaine - pensez à l'eugénisme, aux organismes cybernétiques, à l'intelligence artificielle. L'option entre manipuler ou cultiver concerne également notre monde intérieur.

    La réflexion sur l'écologie humaine nous amène à une question qui vous tient à cœur et, avant cela, à moi et à mes prédécesseurs : le rôle des femmes dans l'Église. J'aime ce que vous avez dit. La violence et l'injustice pèsent lourd ici, ainsi que les préjugés idéologiques. C'est pourquoi nous devons redécouvrir le point de départ : qui est la femme et qui est l'Église. L'Église est la femme, elle n'est pas « l'Église », elle est « l'Église », elle est l'épouse. L'Église est le peuple de Dieu, pas une multinationale. La femme, dans le peuple de Dieu, est fille, sœur, mère. Comme je suis fils, frère, père. Telles sont les relations qui expriment notre être à l'image de Dieu, homme et femme, ensemble et non séparément ! En effet, les femmes et les hommes sont des personnes et non des individus ; ils sont appelés dès le « commencement » à aimer et à être aimés. Une vocation qui est une mission. Et c'est de là que vient leur rôle dans la société et dans l'Église (cf. saint Jean-Paul II, Lettre apostolique Mulieris Dignitatem, 1).

    Ce qui caractérise la femme, ce qui est féminin, n'est pas consacré par des consensus ou des idéologies. Et la dignité est assurée par une loi originelle, non pas écrite sur le papier, mais dans la chair. La dignité est un bien inestimable, une qualité originelle, qu'aucune loi humaine ne peut donner ou enlever. À partir de cette dignité, commune et partagée, la culture chrétienne élabore toujours à nouveau, dans des contextes différents, la mission et la vie de l'homme et de la femme et leur être mutuel, en communion. Non pas l'un contre l'autre, ce qui serait du féminisme ou du machisme, et non pas dans des revendications opposées, mais l'homme pour la femme et la femme pour l'homme, ensemble.

    Rappelons-nous que la femme est au cœur de l'événement salvifique. C'est à partir du « oui » de Marie que Dieu lui-même vient au monde. La femme est accueil fécond, attention, dévouement vital. C'est pourquoi la femme est plus importante que l'homme, mais il est mauvais que la femme veuille être homme : non, elle est femme, et c'est « lourd », c'est important. Ouvrons les yeux sur les nombreux exemples quotidiens d'amour, de l'amitié au travail, de l'étude à la responsabilité sociale et ecclésiale, de l'union conjugale à la maternité, à la virginité pour le Royaume de Dieu et pour le service. N'oublions pas, je le répète : l'Église est femme, elle n'est pas masculine, elle est femme.

    Vous êtes ici pour grandir en tant que femmes et en tant qu'hommes. Vous êtes en voyage, en formation en tant que personnes. C'est pourquoi votre parcours académique englobe différents domaines : la recherche, l'amitié, le service social, la responsabilité civile et politique, l'expression artistique...

    Je pense à l'expérience que vous vivez chaque jour, dans cette Université catholique de Louvain, et je partage avec vous trois aspects simples et décisifs de la formation : comment étudier ? pourquoi étudier ? et pour qui étudier ?

    Comment étudier : il n'y a pas seulement une méthode, comme dans toute science, mais aussi un style. Chacun peut cultiver le sien. En effet, l'étude est toujours un chemin vers la connaissance de soi et des autres. Mais il y a aussi un style commun qui peut être partagé dans la communauté universitaire. On étudie ensemble : avec ceux qui ont étudié avant moi - les professeurs, les camarades plus avancés - avec ceux qui étudient à mes côtés, dans la salle de classe. La culture comme soin de soi implique de prendre soin les uns des autres. Il n'y a pas de guerre entre les étudiants et les professeurs, il y a un dialogue, parfois un peu intense, mais il y a un dialogue et le dialogue fait grandir la communauté universitaire.

    Deuxièmement, pourquoi étudier ? Il y a une raison qui nous pousse et un objectif qui nous attire. Il faut qu'ils soient bons, car le sens des études en dépend, la direction de notre vie en dépend. Parfois, j'étudie pour trouver ce type de travail, mais je finis par vivre en fonction de cela. Nous devenons la « marchandise », nous vivons en fonction du travail. Nous ne vivons pas pour travailler, mais nous travaillons pour vivre ; c'est facile à dire, mais il faut s'engager à le mettre en pratique de manière cohérente. Et ce mot de cohérence est très important pour tout le monde, mais surtout pour vous, les étudiants. Vous devez apprendre cette attitude de cohérence, être cohérent.

    Troisièmement : pour qui étudier ? Pour vous-mêmes ? Pour rendre des comptes aux autres ? Nous étudions pour pouvoir éduquer et servir les autres, avant tout avec le service de la compétence et de l'autorité. Avant de nous demander si nous étudions pour quelque chose, préoccupons-nous de servir quelqu'un. Une bonne question à se poser pour un étudiant universitaire : qui est-ce que je sers, moi ? Ou ai-je le cœur ouvert à un autre service ? Le diplôme universitaire témoigne alors d'une capacité à servir le bien commun. J'étudie pour moi, pour travailler, pour être utile, pour le bien commun. Et cela doit être très équilibré, très équilibré !

    Chers étudiants, c'est une joie pour moi de partager ces réflexions avec vous. Ce faisant, nous percevons qu'il existe une réalité plus grande qui nous éclaire et nous dépasse : la vérité. Qu'est-ce que la vérité ? Pilate a posé cette question. Sans vérité, notre vie perd son sens. L'étude a un sens lorsqu'elle cherche la vérité, lorsqu'elle essaie de la trouver, mais avec un esprit critique. Mais la vérité, pour la trouver, a besoin de cette attitude critique, pour pouvoir avancer. L'étude a du sens quand elle cherche la vérité, ne l'oubliez pas. Et en la cherchant, elle comprend que nous sommes faits pour la trouver. La vérité se fait trouver : elle est accueillante, elle est disponible, elle est généreuse. Si nous renonçons à chercher ensemble la vérité, l'étude devient un instrument de pouvoir, de contrôle sur les autres. Et je vous avoue que cela m'attriste de trouver, partout dans le monde, des universités qui ne préparent les étudiants qu'à acquérir ou à détenir le pouvoir. C'est trop individualiste, sans communauté. L'alma mater est la communauté universitaire, l'université, ce qui nous aide à faire société, à faire fraternité. L'étude sans (recherche de la vérité) ensemble n'est pas utile, elle domine. Au contraire, la vérité nous rend libres (cf. Jn 8,32). Chers étudiants, voulez-vous la liberté ? Soyez des chercheurs et des témoins de la vérité ! Essayez d'être crédibles et cohérents à travers les choix quotidiens les plus simples. C'est ainsi qu'elle devient, chaque jour, ce qu'elle veut être : une université catholique ! Et allez-y, allez-y, et n'entrez pas dans les luttes avec des dichotomies idéologiques, non. N'oubliez pas que l'Église est une femme et que cela nous aidera beaucoup.

    Merci pour cette rencontre. Merci d'être bons ! Je vous bénis de tout cœur. Je vous bénis de tout cœur, vous et votre chemin de formation. Et je vous demande de prier pour moi. Et si quelqu'un ne prie pas ou ne sait pas prier ou ne veut pas prier, envoyez-moi au moins de bonnes ondes, qui sont nécessaires ! Je vous remercie !

    Traduit de l'italien avec deepl

  • Les Belges "libéraux" donnent du fil à retordre à François

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    Du Catholic Herald :

    Les Belges libéraux donnent du fil à retordre à François

    28 septembre 2024

    ROME – Au début de son week-end prolongé au Luxembourg et en Belgique, le pape François a annoncé aux journalistes qu'il ne saluerait pas chacun d'entre eux, se disant trop fatigué. Cette décision intervient après que François a annulé deux audiences en début de semaine en raison d'un rhume, selon le Vatican.

    Il y a fort à parier que ce vendredi en Belgique n'a pas non plus beaucoup remonté le moral du pontife, car c'était l'une des journées les plus difficiles qu'il ait eues sur son chemin depuis un certain temps.

    Le Premier ministre belge Alexander De Croo a réprimandé le pape François pour les scandales d'abus sexuels dans l'Eglise. Le recteur de l'Université catholique de Louvain, Luc Sels, a lancé un appel à la création de prêtres femmes, une proposition à laquelle le pape a déjà fermement répondu par un « non », et a également exhorté l'Eglise à être encore plus ouverte à la communauté LGBTQ+.

    Et, dans des remarques aux journalistes, Benedict Lemley, le doyen de la faculté de théologie de Louvain, a déclaré avec désinvolture que l'attachement de l'Église aux « vérités universelles » peut être un problème dans une université catholique qui cherche à être « critiquement loyale » à la foi.

    Même la rencontre du pape vendredi soir avec un groupe de survivants d'abus sexuels, censée être un geste de sensibilité pastorale, a suscité la colère d'un groupe de défense qui a qualifié la session de simple « limitation des dégâts ».

    Dans l’ensemble, ce n’était pas une journée facile pour représenter la religion institutionnelle dans l’une des sociétés les plus laïques de la planète – et tout cela s’ajoutait au fait que c’était une journée froide et pluvieuse à Bruxelles, ce qui ajoutait à l’ambiance légèrement morose.

    Tout au long de cette période, François a maintenu son message, insistant sur le fait que l’Église « ne doit jamais se conformer à la culture prédominante, même lorsque cette culture utilise, de manière manipulatrice, des valeurs dérivées de l’Évangile, en en tirant des conclusions inauthentiques qui provoquent souffrance et exclusion ».

    La journée a commencé par la rencontre de François avec le roi Philippe et la reine Mathilde, suivie de sa rencontre avec De Croo, qui assure actuellement l'intérim jusqu'à ce qu'un nouveau gouvernement puisse être formé. Si c'était là son chant du cygne, De Croo semblait déterminé à en profiter au maximum. « Nous ne pouvons pas ignorer les blessures douloureuses qui existent dans la communauté catholique et dans la société civile », a-t-il déclaré au pape. « De nombreux cas d’abus sexuels et d’adoptions forcées ont miné la confiance. » « Vous vous êtes engagés à adopter une approche juste et équitable, mais le chemin est encore long », a déclaré De Croo au pape. « Les ministres de l'Église travaillent avec conviction et charité, mais si quelque chose ne va pas, les dissimulations sont inacceptables. »

    La Belgique a été particulièrement touchée par les scandales d'abus ecclésiastiques, notamment le cas notoire de l'ancien évêque Roger Vangheluwe, qui a démissionné après avoir admis avoir abusé de mineurs, dont deux de ses propres neveux.

    « Aujourd’hui, les mots ne suffisent plus », a déclaré De Croo. « Il faut prendre des mesures concrètes. Les victimes doivent être entendues et occuper une place centrale. Elles ont droit à la vérité et les injustices doivent être reconnues. » « Pour pouvoir regarder vers l’avenir, l’Église doit d’abord faire la lumière sur son passé », a-t-il déclaré.

    François n'a pas esquivé le sujet, qualifiant les abus de « fléau auquel l'Église s'attaque avec fermeté et détermination en écoutant et en accompagnant ceux qui ont été blessés, et en mettant en œuvre un programme de prévention dans le monde entier ».

    Mais la réaction négative aux scandales d'abus n'a pas été la seule note amère entendue par le pape, puisque Sels, le recteur de Louvain, l'a également bousculé sur le rôle des femmes dans l'Église. « L’autorité de l’Église dépend aussi de la mesure dans laquelle elle accueille la diversité dans la société », a déclaré Sels, demandant à haute voix pourquoi le catholicisme « tolère cet énorme fossé entre les hommes et les femmes, dans une Église qui est de facto souvent dirigée par des femmes ? » « L'Eglise ne serait-elle pas plus cordiale si elle accordait aux femmes une place plus importante, y compris dans le sacerdoce ? » a-t-il demandé, sachant pertinemment que le pape avait déjà donné sa réponse, et qu'il s'agissait donc plutôt d'une question rhétorique.

    Sels a également appelé à une position plus ouverte sur les questions LGBTQ+, affirmant que « l’Église dans le monde entier est appelée à mettre les récentes découvertes scientifiques en dialogue avec la théologie », et a ajouté que le catholicisme devrait se méfier des réponses « une fois pour toutes ».

    Enfin, Lemley, doyen de la faculté de théologie et d’études religieuses de Louvain, a informé le pape que si l’université est « au service de notre Église », cet engagement s’exprime de manière « critique et loyale ». « Un véritable ami ne vous dit pas toujours ce que vous aimez entendre », a déclaré Lemley. « Il vous dit aussi… ce que vous devez améliorer. »

    Lemley a offert au pontife un livre intitulé L’évêque de Rome et les théologiens de Louvain, qui comprend, entre autres, un chapitre consacré à « repenser les normes de l’Église en matière de sexualité ». Le livre commence par un aveu honnête : « Cette visite papale n’est pas sans controverse, en partie à cause des nombreux scandales entourant les abus sexuels, émotionnels et spirituels dans l’Église », peut-on lire dans l’introduction. « Ceux qui s’associent à elle ne peuvent pas compter sur beaucoup de bonne volonté de la part de la société et de la culture. »

    Lemley a suggéré que l’Église devrait peut-être repenser certains principes fondamentaux. « Je pense qu’un problème auquel l’Église est confrontée aujourd’hui est qu’elle a tendance à essayer de trouver des vérités universelles, vous savez, des dogmes universels, des points de vue universels… c’est en quelque sorte un problème parce que nous avons tellement de pays différents avec tellement de cultures différentes, et certains sont sécularisés, d’autres ne le sont pas. » « Et donc, tant que nous essayons d’avoir une vérité universelle et intouchable pour tous et chacun, cela est difficile », a-t-il déclaré, créant une fois de plus un casse-tête pour un pape qui représente une Eglise qui prétend proclamer de telles vérités universelles.

    A sa manière, François n'a pas reculé devant le défi, déclarant vendredi après-midi aux professeurs de Louvain que « c'est une belle chose de considérer les universités comme des génératrices de culture et d'idées, mais surtout comme des promotrices de la passion pour la recherche de la vérité, au service du progrès humain ».

    François a déploré ce qu’il a appelé la « fatigue intellectuelle » de ceux qui refusent de chercher la vérité et restent ainsi dans un « état permanent d’incertitude, dépourvu de toute passion, comme si la recherche de sens était inutile et la réalité incompréhensible ».

    Cela constituait un puissant contre-point à la fin d’une journée difficile – une journée au cours de laquelle François lui-même aurait pu être excusé de ressentir un peu de lassitude, sinon intellectuelle, du moins physique et, peut-être même pastorale.

  • Saint Thomas d'Aquin : dispensateur de la vérité catholique

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    De kath.net/news :

    Le Triomphe de saint Thomas d'Aquin de Benozzo Gozzoli, vers 1450-1475 [Louvre Paris]. Thomas d'Aquin, entouré d'Aristote et de Platon, renverse à ses pieds l'érudit musulman Averroès, qu'il respectait mais qu'il rejeta finalement.

    Thomas d'Aquin : dispensateur de la vérité catholique

    26 septembre 2024

    « Dans le christianisme, il n'y a pas de place pour l'abattement, le fatalisme et le nihilisme, car nous sommes tous , entre les mains de Dieu ». Par Gerhard Card. Müller

    Kath.net documente les explications du cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sur saint Thomas d'Aquin dans l'original en langue allemande et remercie S.E. de son aimable autorisation de republication :

    Annoncer à tous les hommes « l'Évangile de Dieu... et de son Fils... Jésus-Christ notre Seigneur » (Rm 1,-1-4) est la mission essentielle de l'Église.

    Pour qu'elle puisse accomplir sa mission divine, « l'Esprit Saint l'introduit dans toute la vérité, l'unit dans la communion et le service, la prépare et la dirige par les divers dons hiérarchiques et charismatiques, et l'orne de ses fruits ». (Lumen gentium 4).

    C'est l'expression de leur constitution hiérarchique et sacramentelle lorsque les apôtres et leurs successeurs épiscopaux exécutent le mandat de Jésus, qui leur a dit par autorité divine : « Allez vers toutes les nations... et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit ». (Mt 28, 19).

    Et en même temps, la capacité d'enseigner est aussi l'un des charismes libres par lesquels l'Esprit Saint rassemble et construit l'unique corps du Christ dans la diversité de ses membres : « Si quelqu'un est appelé à enseigner, qu'il enseigne ! » (Rm 12, 7) - dit l'apôtre Paul aux chrétiens de Rome, afin que chacun contribue, avec le don qui lui a été attribué, à l'édification de l'Église dans l'amour.

    La théologie chrétienne est une fonction essentielle de l'Eglise du Logos incarné - qu'elle soit représentée par des professeurs de rang sacerdotal ou laïc. Et elle ne doit jamais oublier cette double référence, qu'elle est à la fois ancrée dans la mission du Christ et de l'Église apostolique, et qu'elle ne sera préservée d'un rationalisme froid et d'un positivisme sans humour que si elle n'oublie pas son élément charismatique. « Car personne ne peut dire 'Jésus est le Seigneur' - s'il ne parle pas dans l'Esprit Saint... Car à chacun est donnée la révélation de l'Esprit pour qu'elle soit utile aux autres,... (par exemple) le charisme de communiquer la sagesse et d'apporter la connaissance ». (1 Co 12, 3.7.8).

    La théologie est en effet la troisième forme d'enseignement dans l'Église, après la présentation officielle de la foi révélée par le magistère et après sa médiation catéchétique et homilétique dans la vie liturgique et sociale des fidèles. La théologie fait appel aux méthodes scientifiques et à l'argumentation logique. En effet, toute personne qui s'interroge sur le « Logos de notre espérance » (1 P 3, 15) mérite une réponse rationnelle. Celle-ci ne doit certes pas soumettre les vérités de la révélation au pouvoir de compréhension limité de la raison naturelle. Mais la raison de la foi (ratio fidei) participe, par la lumière du Saint-Esprit, au Logos de Dieu qui, en Jésus-Christ, s'est placé dans l'horizon de compréhension de l'homme, l'a élargi et élevé. « Car la vraie lumière, celle qui éclaire tout homme, est venue dans le monde... et à tous ceux qui l'ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». (Jn 1, 9.12).

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  • Que des théologiens progressistes dans l'équipe du cardinal Fernandez

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    les nouveaux consultants

    Changer la morale : seuls des théologiens progressistes dans l'équipe de Fernandez

    Les nouveaux Consulteurs du Dicastère pour la doctrine de la foi appartiennent à la théologie progressiste et promettent de changer la doctrine de l'Église sur la contraception, l'homosexualité, le mariage, la théologie du corps, de changer substantiellement la morale catholique en général.

    25_09_2024

    Les nouveaux Consulteurs du Dicastère pour la doctrine de la foi ont été nommés et le choix des noms s'est fait principalement dans le sens d'une théologie progressiste. L'épine dorsale des nouveaux Consulteurs est constituée de théologiens qui ont toujours contesté l'encyclique Veritatis splendor de Jean-Paul II, ont préparé et soutenu les innovations d' Amoris laetitia , veulent changer ce que dit l'Église sur le mariage et la sexualité, affirment que les Humanae vitae est réformable, ils comprennent l'amour au sens large et comme un processus qui accueille chacun en tenant compte du fait que quelqu'un peut être plus en avance et d'autres plus en retard mais que personne n'est en dehors, ils sont parfaitement en phase avec les besoins synodaux de la nouvelle Église , ils parlent beaucoup de conscience et de discernement, leur attribuant la même importance que la loi naturelle et divine a dans la vie morale, ils rejettent le concept de loi naturelle, la considérant tout au plus comme une sédimentation des nombreux actes de discernement historiquement ultérieurs. .

    Il existe des figures historiques du progressisme théologique, notamment en théologie morale , comme Aristide Fumagalli . Maurizio Chiodi est également nominé. En 2022, dans un article publié dans une revue dehoniens, il disait que l'enseignement de Humanae vitae pourrait être modifié . Le nom de Chiodi est très significatif car il est étroitement lié aux événements de l'Institut Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille, où il a déménagé pour enseigner de Milan à Rome. On peut dire qu'il est comme l'emblème de cette opération de Francesco et Paglia visant à liquider définitivement l'enseignement de Jean-Paul II sur ces thèmes, transformant fondamentalement la physionomie de l'Institut qu'il voulait et qui portait son nom.

    Ceux qui ont suivi ces événements n'ont certainement pas été surpris par sa nomination comme Consulteur du Dicastère du Préfet Fernández. Viennent ensuite bien d'autres, de Pier Davide Guenzi , théologien moral qui préside l'association professionnelle, à Antonio Staglianò qui préside par contre l'Académie pontificale de théologie, à Giacomo Canobbio qui voudrait une Église démocratique au sens de démocratie politique, jusqu'à quelques gloires historiques comme Basilio Petrà. Nous n'avons pas l'intention de faire une liste, mais force est de constater que le choix a été très prudent. On peut déjà savoir d'avance qu'un nombre important de Consulteurs vont changer la doctrine de l'Église sur la contraception, l'homosexualité, le mariage, l'amour conjugal, la théologie du corps, et changer substantiellement la morale catholique en général. Nous le savons parce qu’ils l’ont déjà fait et écrit et c’est précisément pour cela qu’ils ont été nominés.

    Chacun de nous, en entendant l’expression Dicastère pour la Doctrine de la Foi, imagine quelque chose qui ressemble à l’ancien Saint-Office. Bien sûr, nous savons tous qu'elle ne s'appelle plus ainsi et qu'elle ne s'appelle même plus Congrégation, mais nous imaginons qu'elle a conservé quelque chose qui a à voir avec la tradition et l'autorité, quelque chose qui a trait à la défense de la doctrine, à la dénonciation des déviations, les fidèles étant mis en garde contre les falsifications de la vérité tant dans le domaine de la loi naturelle que dans celui de la vérité révélée.

    Prenons par exemple la vie de ce Dicastère pendant le pontificat de Jean-Paul II et sous la direction du cardinal Ratzinger. Au total, les condamnations directes ont été peu nombreuses par rapport au passé, mais de nombreux documents officiels ont été produits pour clarifier des questions délicates. Les fidèles pensent encore à quelque chose comme ceci : peu importe les condamnations des théologiens et les publications qui diffèrent de la doctrine, mais au moins les clarifications doctrinales devraient continuer à être là. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas et quiconque pense encore que c’est le cas se trompe. Le sens de cette ancienne Congrégation a été changé, maintenant transformé en un stimulant pour la recherche théologique orientée vers le changement.

    François l'avait dit dans la lettre personnelle envoyée au cardinal Víctor Manuel Fernández à l'occasion de sa nomination comme préfet du Dicastère : il fallait éviter les « méthodes immorales » de condamnation utilisées dans le passé, ne plus poursuivre les erreurs doctrinales mais promouvoir la recherche théologique, stimuler le charisme des théologiens non selon une « théologie de bureau », pour utiliser toutes les philosophies sans exception. Personne ne doit donc plus attendre du Dicastère un dernier mot sur une question controversée, mais bien le contraire : le rejet des certitudes et l’ouverture de questions controversées. En fait, si nous examinons tous les documents signés jusqu’à présent par Fernández (et par François), nous constatons qu’ils visent à déplacer et non plus à confirmer, qu’ils sont provocateurs et parfois scandaleux. Le nouveau Dicastère pour la doctrine de la foi nous invite à ne pas croire ce qu'il dit mais à être en désaccord et pour ce faire, il nomme comme consulteurs ceux qui, jusqu'à hier, étaient des théologiens de la dissidence. Il semble que la contestation des années 70 soit montée jusqu'au Palais du Saint-Office et prétende de là devenir (contradictoirement) la norme.

    Nous ne pensons pas que les consultants ne soient pas importants. Ils le sont plus que les membres eux-mêmes, tout comme les théologiens l’étaient plus que les Pères conciliaires de Vatican II. Bien sûr, pas tous les Consulteurs, mais ceux qui connaissent les salles secrètes savent bien qu'il y a les Consulteurs qui ne sont pas consultés et ceux qui sont consultés. Il ne fait aucun doute que ce dernier cas est le cas du groupe de théologiens progressistes nouvellement nommés.

  • Le pape François nomme des consultants au bureau de doctrine du Vatican, dont un théologien controversé

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    D'Hannah Brockhaus sur ACIPrensa :

    Le pape François nomme des consultants au bureau de doctrine du Vatican, dont un théologien controversé

    23 septembre 2024

    Le pape François a nommé 28 nouveaux consultants auprès du Dicastère pour la doctrine de la foi (DDF) du Vatican, parmi lesquels le théologien moral Maurizio Chiodi, qui a exprimé des opinions contraires aux enseignements de l'Église catholique.

    Chiodi, un théologien moraliste, a fait l'objet d'une attention médiatique ces dernières années pour avoir suggéré que l'utilisation de contraceptifs dans le mariage pourrait être moralement permise dans certaines circonstances.

    Lors d’une conférence à Rome en 2017, le prêtre a également déclaré que les relations homosexuelles « sous certaines conditions » pourraient être « le moyen le plus fructueux » pour ceux qui ont des attirances pour le même sexe de « jouir de bonnes relations ».

    Chiodi a été nommé professeur de théologie à l'Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille en 2019 suite à sa refondation par le pape François. Il est également membre de l'Académie pontificale pour la vie depuis 2017.

    Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le bureau du Vatican chargé des questions d'orthodoxie doctrinale dans l'Église catholique et des enquêtes et poursuites concernant les abus sexuels commis par des prêtres, est sous la direction du cardinal Víctor Manuel Fernández depuis septembre 2023.

    Au cours de l'année écoulée, le DDF a été aux prises avec les conséquences internes et œcuméniques de la Fiducia supplicans , la déclaration du dicastère autorisant les bénédictions non liturgiques pour les couples de même sexe. Elle a également publié un document sur la dignité humaine , Dignitas Infinita , qui aborde les préoccupations croissantes concernant la théorie du genre, les changements de sexe, la maternité de substitution et l'euthanasie, ainsi que l'avortement, la pauvreté, la traite des êtres humains et la guerre.

    En mai, le dicastère a également publié de nouvelles normes pour juger les prétendues apparitions mariales, approuvant par la suite la dévotion mariale dans plusieurs lieux spirituels, et récemment à Medjugorje .

    Les près de trois douzaines de nouveaux consultants externes, experts en théologie, droit canonique et Écriture, rencontreront les consultants existants du DDF pour conseiller les dirigeants et les membres du dicastère à intervalles réguliers.

    Les 28 nouvelles nominations sont pour la plupart des prêtres-théologiens italiens, mais comprennent également six femmes – deux religieuses et quatre théologiens laïcs – et deux théologiens laïcs.

    La liste complète des nouveaux consultants ci-dessous :

    Mgr Antonio Staglianò, président de l'Académie pontificale de théologie.

    P. Giovanni Ancona, professeur de théologie.

    P. Giacomo Canobbio, directeur scientifique de l'Académie catholique de Brescia.

    P. Carlo Dell'Osso, secrétaire de l'Institut Pontifical d'Archéologie Chrétienne de Rome.

    Père Basilio Petrà, théologien.

    Père Bruno Fabio Pighin, canoniste.

    P. Mario Stefano Antonelli, recteur du Séminaire Pontifical Lombard des Saints Ambrogio et Carlo à Rome.

    Père Pasquale Bua, théologien.

    Père Maurizio Chiodi, théologien.

    Père Massimo Del Pozzo, canoniste.

    P. Aristide Fumagalli, théologien.

    P. Federico Giuntoli, bibliste.

    P. Pier Davide Guenzi, théologien moral.

    Père Franco Manzi, théologien.

    P. Massimo Regini, théologien.

    Père Raffaele Talmelli, supérieur général de la Congrégation des Serviteurs du Paraclet et exorciste.

    P. Denis Chardonnens, OCD, théologien.

    Père Armando Genovese, MSC, théologien.

    P. Juan Manuel Granados Rojas, SJ, bibliste.

    P. Dominic Sundararaj Irudayaraj, SJ, bibliste.

    Mario Bracci, théologien.

    Sœur Giuseppina Daniela Del Gaudio, SFI, directrice de l'Observatoire des Apparitions et Phénomènes Mystiques de la Vierge Marie dans le Monde.

    Sœur Benedetta Rossi, Missionnaires de Marie, bibliste.

    Donatella Abignente, théologienne.

    Claudia Leal Luna, théologienne.

    Sandra Mazzolini, théologienne.

    Ignazia Siviglia, théologienne.

    Emanuele Spedicato, canoniste.